Les Carnets d'Emilie

24 mai 17

Chap. 50. Jacquerie.

Kristale tend son bras vers mon visage, le téléphone posé à plat sur sa paume. L’écran luit doucement d’une lumière froide, menaçante. L’invite est suffisamment éloquente pour qu’elle n’ait rien à dire. Lentement, je déplie mes bras de derrière mon dos et me saisis de l’appareil. Une courte inspiration pour essayer de me détendre. Je le porte à mon oreille et lance d’une voix blanche.
— Oui.
Je ressens l’immense jubilation que porte la voix qui me répond.
— Isabelle ? Isabelle la rouquine !  C’est bien toi ?
— Oui.
Un rire gras me fait écho, un rire qui se meurt dans un hum de satisfaction.
Un court silence puis.
— On ne t’a pas appris à dire « Oui, Monsieur » ?
Je regarde Kristale qui vient de se recroqueviller sur le divan  entourant son genou replié de ses mains jointes, elle m’observe, un demi-sourire de connivence aux coins des lèvres.
— Oui. Monsieur.
Je ne mets aucune déférence dans le ton de ma voix que j’essaye de garder le plus froid possible espérant désamorcer l’excitation que je sens vibrer  au bout du fil.
— C’est mieux Isabelle !… Tu as entendu ce qu’a dit Madame Kristale, tu vas m’appartenir entièrement… Cela te fait plaisir ?
Comment donner mon assentiment alors que tout mon être rejette cette évidence. Oui, je vais lui appartenir. Il va pouvoir parachever ce qu’il a commencé dans le couloir sombre de ce même bâtiment.  Il me vient comme à l’évidence qu’il faut que je me courbe docilement aux moindres fantaisies, même les plus lubriques, du jeu de Kristale et des ses sbires. Et comment dire non alors que ses yeux de glace bleue  scrutent la moindre de mes réactions ?
Pour tenir quatre jours il faut absolument que j’évite les motifs de punition et même de simple réprimande.
Je baisse la tête et murmure sans chaleur.
— Oui. Monsieur.
— Et comme je suis quelqu’un qui aime bien partager… Pas comme ton maître ! Je vais te faire goûter les talents de mes copains...
Une onde glacée me court le long du dos. Ma nuque se raidit.
—… Combien en veux-tu ? … Suffisamment pour augmenter ton chiffre… Tu en es à combien ?
— Onze.
Je réponds sèchement et n’ajoute pas le Monsieur protocolaire. Mon interlocuteur ne relève pas, perdu qu’il est dans son délire.
— Seulement ? Et si on doublait ce chiffre  demain soir ? Une dizaine de beaux mâles rien que pour toi ? … Cela te ferait plaisir ?
Cette fois je ne réponds pas. D’ailleurs Jacques ne m’en laisse pas le temps.
— Tu vas adorer ! Je vais t’organiser une soirée dont tu vas te souvenir et je vais prendre un plaisir immense à te voir saillir par mes copains… Tu vas être notre chose… Mais rassure toi,  je te prendrai le premier… A ma façon, comme tu aimes !... Tu aimes comment ?
Mes yeux se voilent, et je me retiens de les fermer mais ne répond pas. Devant mon silence Jacques insiste. Il a déjà commencé à jouer et cette humiliation en est le préambule.
— Tu aimes comment Isabelle ?… je veux te l’entendre dire, devant Kristale !
Se couler dans son jeu, lisse et sans accrocs. Je prends une inspiration.
— Je… Par… Par derrière, Monsieur... J’aime par derrière !
Une flamme rougeoyante me monte au visage et j’observe Kristale par en dessous. Son sourire s’élargit.
Jacques éclate d’un rire moqueur.
— Tu sais ce qu’il y a de bien avec toi ?… C’est que tu restes toujours aussi prude, petite morue débutante. Je suis sûr qu’après que mes copains te seront passés dessus toute la nuit, au matin tu ne seras toujours pas dessalée...
Je frissonne d’indignation.
— … Oui ce que tu aimes c’est qu’on te bourre le cul c’est çà que tu aimes ! Et compte sur moi pour t’écarter la rondelle… Tu vas jouir comme une reine. Mais avant pour bien me mettre en forme, tu vas me sucer jusqu'à la garde et crois moi tu vas la sentir passer entre tes lèvres, ma queue… Jusqu’au fond de ta gorge…Je ne vais pas te ménager...
Je sens son excitation monter comme le ton de sa voix. Ce qu’il confirme immédiatement.
—… Rien qu’a cette idée je bande déjà comme un taureau…  Et toi Isabelle ?… Tu mouilles bien ? … Tu m’attends ?
J’avais espéré qu’il ne me prenne plus à témoin,  Espérance futile.
— Je sais que sous ton apparence d’aristocrate bien élevée tu es une petite dévergondée… Alors ?
— Je … Oui, Monsieur !
— Oui, quoi ?
— Oui, je mouille !
Jacques ne se laisse pas abuser par le ton neutre de ma voix.
— Alors, caresses toi !... Branles toi devant ta maîtresse !  Et  repasses la moi, qu’elle me raconte ! Sans répondre et soulagée de la fin de cette discussion outrageante je tends brusquement le téléphone à Kristale.
Lentement elle le porte à son oreille. Dans le même temps je glisse ma main entre mes jambes et mime mollement une caresse intime. Sans conviction. Les récentes étreintes de Kristale en ont épuisé l’envie.
Ses yeux de glace se lèvent sur moi et s’informe du lent mouvement de va et vient que j’imprime à mes doigts.
— Oui… Elle est en train !
—…
— Oui, nous descendons cet après-midi sur la côte… Nous serons à la Galiniere ce soir !
—  …
Elle ricane, moqueuse.
— Non pas ce soir… Tu es trop pressé !
C’est ce moment que choisit la longue silhouette de Laure pour se glisser en silence dans la pièce. La belle odalisque est nue, sa chevelure noire, encore humide, entortillée en une tresse improbable et ramenée sur son épaule, coule entre ses seins. Kristale s’aperçoit de sa présence et comme si elle se désintéressait brusquement de la conversation elle abrège.
— Oui ! Bien… Bon… Tu fais le nécessaire !... A demain !
Sans attendre de réponse elle referme d’un geste vif son portable et fait un geste vers Laure lui intimant d'approcher.

A suivre : Chap. 51. Les Sphères Célestes.

 

 

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10 mars 17

Chap. 49. Les desseins de Kristale.

Kristale bascule en arrière, se couchant confortablement au fond du sofa tout en m’attirant à elle par les épaules. Elle me cale la tête contre sa poitrine et me caresse doucement le haut du front cherchant à enrouler mes mèches rebelles autour de son majeur.
Je suis bien.
Ses doigts ont abandonné mon entrejambe irradié de spasmes brulants et reposent poisseux de liqueur de cyprine sur ma cuisse qui barre paresseusement son bassin. Je retrouve mon calme et mon souffle. Sa respiration balaye mon front où elle dépose de temps à autre de petits baisers comme on le ferait sur le front d’une enfant chérie.
Elle rompt le silence à voix basse.
—  Il n’est peut-être pas nécessaire de se faire du mal pendant ces prochaines journées !
Je ne réponds pas.
Je sorts doucement de la langueur d’après l’amour et entends sa voix très loin comme dans un rêve.
Elle continue
— Cela pourraient être quatre jours… trois nuits… Paradisiaques … Non ?
Je comprends où elle veut en venir. Je resserre l’étreinte de ma cuisse contre ses jambes et lance un humm, étouffé,  incertain.
— Tu n’as qu’à prononcer un mot… ou plusieurs !
Elle dépose de nouveau un baiser plus appuyé sur mon front, guettant le moindre de mes mouvements qui pourrait passer pour un assentiment.
Mes pensées tournent dans ma tête comme un rat en cage. A toute vitesse.
Oui, cela serait tellement plus simple ! Pourtant une petite sonnette d’alarme résonne très loin en moi. Cela serait la fin d’une  aventure que j’ai choisi, et le début d’une autre, que là, je n’aurais pas choisie.
Comme si Kristale avait lu dans mes pensées, elle murmure.
— Tu pourras continuer à voir Marc ! Tu sais comme nous sommes proches et que nous partageons tout. Tu feras partie de ce partage.
Pourquoi est-ce que cela ne me satisfait pas ?
Je murmure sur un ton dépité.
— Oui, Madame. Je sais !
Elle a perçu ma réticence, mon indécision  et attaque sur un autre angle.
— Marc va vite se détourner de toi. Loreleï va s’en charger. Sous ses airs mièvres elle cache bien des talents auxquels aucun maître ne pourrait résister.
Braquée, je demande par défi.
— Lesquels ?
Sans hésiter Kristale lance
— Elle n’a aucune expérience ! C’est une feuille vierge qui s’offre et sur laquelle on peut écrire tout ce qui passe par la tête d’un dominant. Et elle le sait, elle l’espère de tout son être.  Tu as senti comme elle trépignait d’impatience. Marc va en faire la parfaite soumise qu’elle aspire à être. Il va la façonner comme jamais il ne l’a fait, même avec toi.
Une rage sourde me prend. Je sais qu’elle a raison.
— Mais moi aussi, il m’a eu sans expérience et…
Kristale me coupe péremptoire, sa voix laisse poindre l’exaspération et monte d’un ton.
— Elle est vierge, et n’a aucune retenue sexuelle… J’y ai veillé… Si cela ne te suffit pas ! Même un ascète n’y résisterait pas !
Déboussolée et a court d’argument, je murmure.
— … Il n’y a pas que le sexe !
En me rendant compte immédiatement de la faiblesse de mon argumentation. Cela fait bondir Kristale.
Sans ménagement, elle me repousse sur le coté du sofa
et se lève d’un bond. D’un mouvement vif, elle remet de l’ordre dans son chemisier de tulle blanc. Je remarque amusée une tache d’humidité sombre sur son pantalon de lin froissé au niveau de sa cuisse là où ma fleur, épuisée de caresses, a rendu de son nectar sous ses doigts.
— Vraiment petite gourde ? Tu crois cela ? Puisque la douceur n’est pas suffisante,  c’est par la violence et le sexe que je vais te faire cracher ton safeword !
Je la regarde, éberluée par le brusque revirement de ton. Au comble de l’énervement elle aboie presque.
— Et c’est quoi cette attitude ? Qu’est ce que tu attends pour prendre la pose ?
Je vais pour m’agenouiller sur le sol. Mais elle repousse l’album photo contre les verres et la bouteille qui se heurtent durement et tintent bruyamment.
— Non ! Sur la table ! Face à moi !
Je m’installe comme elle me l’a demandé. La table est assez grande pour que je puisse écarter les jambes largement, je me cambre et passe mes deux mains au creux des reins. Je baisse la tête en un signe de parfaite soumission, mais continue à l’observer à la dérobé, par en dessous.
Kristale se rassoie sur l’autre aile du divan en se massant les mains comme une pianiste avant d’entamer un morceau particulièrement difficile sur son clavier. Elle m’inspecte pendant un long moment. Se penche sur la table et se sert un verre de liqueur ambrée. Elle porte le verre à ses lèvres sans me quitter du regard et semble retrouver son calme.
— Bien ma belle ! Nous avons donc quatre jours pour te faire parler. Il est encore temps de me donner le mot de passe ! Non ?
Je me fais l’impression d’être au bord d’un gouffre noir dans lequel je dois sauter en faisant confiance à la corde qui me lie les chevilles et aux voix qui, au fond du gouffre, m’encouragent. Dans l’incapacité de sauter le pas, je reste muette.
— Bien… Alors je vais t’exposer mon programme !
Kristale repose son verre juste entre mes jambes.
— Pour commencer tu seras fouettée deux fois par jour. A ton coucher et à ton lever. Ce sera Laure qui se chargera de çà… Ou bien une autre personne de mon choix.
Kristale s’enfonce un peu plus dans le coussin du sofa.
— Je vais également te livrer aux maraudeurs une ou plusieurs fois peut être si tu t’entête. Tu connais les maraudeurs ? Marc m’a dit que oui… Ce ne sont pas des tendres, hein ?
Elle sourit aux anges se perdant un instant dans ses pensées lubriques.
— En plus, quand je vais leur dire ce qu’ils ont à faire, crois moi que tu vas passer les heures les plus…
Elle s’interrompt brutalement et ses yeux s’allument de malice
— Attends !
Kristale se lève d’un bond et se saisit de son téléphone resté sur une sellette non loin du divan. Elle revient y prendre place tout en composant un numéro. L’écran s’illumine et elle le porte à son oreille tout en m’adressant un clin d’œil.
— Jacques ?
Je frissonne à l’énoncé du prénom.
Je perçois un bredouillement presque inaudible qui vient du portable.
Elle continue.
— Devine qui j’ai devant moi ?
— …
— Bon alors, je ta la décris…
Kristale penche la tête sur le côté en me détaillant intensément.
— … Elle est plutôt jolie, je dirais même, très jolie, elle est nue, à genoux sur la table basse du salon, les jambes écartée, les mains dans le dos, à ta disposition. D’ailleurs la pointe de ses seins est bien tendue…et il y a de quoi contenter les mains d’un honnête homme.
— …
Kristale s’esclaffe.
— Oui je me doute !... Oui tu la connais !
— …
— Bon un peu plus alors !  Elle a les yeux noisette, une peau très blanche, et de longs cheveux roux…
De nouveau elle éclate de rire
— Ouiii ! C’est çà !... Elle est là !
Elle retrouve son sérieux et continue, cette fois sans plus me prêter attention.
— J’ai besoin que tu réunisses les gaillards du Cap pour quelques soirées en compagnie avec elle… Demain soir, c’est possible ?
— …
— Non juste elle, elle sera seule… Il ne sera pas là !
— …
— Oui entièrement… En fait le but du jeu est de lui faire prononcer son safeword.
 Elle ricane grassement.
— Vous aurez toute latitude pour cela ! … Non, Non ! Pas de restriction.
Mes épaules se tassent au fur et mesure que se poursuit l’étrange discussion. J’ai bien compris ce que prépare Kristale et je sais à qui elle demande cela. Jacques !
Jacques, que Marc a humilié en me refusant à lui alors que son empressement à me posséder était devenu une obsession.*  Kristale allait, sans sourciller, libérer toutes les pulsions les plus sordides de mon  tourmenteur sur ma pauvre personne.
Un froid glacial me parcourt les reins et un frisson me hérisse les cheveux de la nuque. Devant la menace, comme à mon habitude, je me réfugie dans une sorte de vacuité cotonneuse, mon esprit tente de s’échapper, mais c’est sans compter la malveillance de Kristale qui tient à mener son ignominie jusqu’au bout.
— Attends, le mieux est que je te la passe !
Et, elle me tend son téléphone.

* Une Saison d'Airain. > Chap. 39. Sombres étreintes.

 A suivre : Chap. 50. Jacquerie.

 

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18 févr. 17

Chap. 48. Perdue, sans collier.

Ils sont partis.
Loreleï est réapparue, habillée d’un jean habilement déchiré qui moule ses formes juvéniles tandis qu’un chemisier blanc vaporeux lui fait comme une  corolle chiffonnée serrée à la taille. Je sais que sous ces deux simples pièces de tissus, elle est nue. Sans me prêter attention, Marc et Kristale, servilement suivis par la jeune fille à l’insouciant déhanché, se sont éloignés vers le pavillon d’entrée de la propriété.
Me voici seule, nue, plantée au milieu du salon. Je prends une profonde inspiration pour tenter de chasser la mélancolie qui s’est emparée de mon être. Je me hisse sur la pointe des pieds et cherche Laure du regard. Mais la piscine est vide et je ne distingue pas sa silhouette. Je retombe sur mes talons. Je contemple un instant la table basse sur laquelle sont encore posés les verres autour de la bouteille de whiskey. Je me sens brusquement  perdue, étrangère en terre hostile.
Malgré ce qu’elle a affirmé, je sais que je dois attendre le retour de ma maîtresse et ne sais trop  quelle attitude adopter pour l’accueillir. Peut-être, tout simplement, respecter l’étiquette ! Après tout, elle est valable en toutes circonstances et est, pour une soumise, un refuge rassurant.

J'en décide autrement. Pour tromper l’ennuie, et surtout l’angoisse, je parcours d’un pas lent le salon décoré avec goût de meubles en bois précieux, furetant du regard cherchant à deviner l’empreinte de la maitresse de maison. Je passe à côté d’une bibliothèque aux livres soigneusement alignés.
L’un d’eux attire mon attention. Bien plus volumineux que les autres, il n’a pas trouvé sa place sur les étagères trop petites et a été négligemment posé à plat sur le bord du secrétaire intégré à la bibliothèque. C’est un grand livre à la couverture de cuir noir. Il ne porte aucune indication, ni titre, ni auteur. Curieuse, je soulève la couverture et la page de garde. C’est un album de photos. Mon attention se fixe alors sur les premières photographies. J’y reconnais immédiatement le travail de Marc, des jeunes femmes, nues pour la plupart, dans des poses à l’indéniable érotisme.
La curiosité piquée au vif, je m’empare prestement de l’ouvrage et me dirige vers la table basse. J’écarte les verres et la bouteille et y dépose délicatement le livre que j’ouvre en grand. Je m’assois en tailleur sur le grand divan de cuir blanc qui de glacé se réchauffe rapidement au contact de mes fesses nues.

Amusées, je tourne les premières pages découvrant des scènes des plus insolites.
Etant moi-même le modèle de Marc je suis curieuse de découvrir ce qu’il a pu faire avec d’autres. Il a toujours été d’une discrétion absolue avec ses travaux et j’ai la délicieuse impression d’espionner une de ses séances cachées par le petit trou de la serrure. Une saveur d’adrénaline monte le long de ma gorge et mon cœur se met à battre plus fort, plus profond.

LCE 01

Je m’arrête sur une jeune fille à demi-nue attachée par des liens de chanvre, elle balance suspendue au milieu d’une petite rivière de montagne, une cascade en arrière-plan. C’est l’automne et ce n’est pas la longue et fine tunique de soie qui pend et trempe dans le cours d’eau qui doit la protéger des frimas. Elle semble pourtant sereine, impudiquement écartelée, elle contemple, impassible, son reflet dans l’onde noire. Je frissonne d’empathie en apercevant des plaques de neige qui parsèment le sol autour d’elle.
Je tourne rapidement la page pour découvrir, impatiente, d’autres photographies.
Ici dans un clair obscur savant deux femmes se font face dans un moment qui prélude une étreinte amoureuse.

Là, une autre, entièrement nue, ligotée, offerte, passive, la poitrine tendue que l’on sent frémissante surplombe un visage énigmatique, méditatif. Sous la photo dans la grande marge blanche une phrase discrètement inscrite en minuscule italique comme pour ne pas détourner l’attention de l’œuvre mais simplement la souligner pour ceux qui s’y attardent
« Attachée, je ne suis plus responsable, je ne suis plus coupable… Je suis libre ! »

LCE 04


 Une chaleur sourde nait entre mes jambes et de petits crépitements électriques me parcourent le périnée. Oh oui ! Comme je connais cet état ! Etre livrée sans possibilité de refuser, ou de guider, les attouchements qui vont faire s’effondrer les barrières de la décence, de la morale.

LCE 02

J’effleure une nouvelle page de papier glacé. Je pouffe en découvrant Stéphanie, la blonde impudique, la fille fontaine qui semble ici si sérieuse, ligotée méticuleusement sur un échafaudage de bambou, en l’attente d’une hypothétique sanction. Je penche la tête tendrement devant son évocation, espiègle Stéphanie !
Fébrilement, je tourne les pages une à une. Si Stéphanie est dans cet album photos alors peut être que… Je me fige et m’arrête sur une image que je ne connais pas et qui pourtant m’est familière, puisque la jeune fille nue lascivement exhibée… c’est moi !



Avez-vous remarqué comme on se sent étranger à sa propre image ? Pourtant je me vois chaque jour ! Chaque jour devant ma glace, je me contemple et finis par me construire une image que j’aime ou que, parfois, je déteste… Mais là ! C’est un autre qui fait ce travail et c’est moi que je vois au travers des yeux de Marc.
Toute ma réserve a disparu, ma timidité envolée, je suis nue sans retenue, offerte avec dans le regard une acceptation, une invitation…  Je suis le reflet de ma condition de soumise.
Mais peut être suis-je simplement telle qu’il veut que je sois !
Rien ici ne laisse supposer la jeune étudiante timide, bien au contraire. Je souris et me laisse bercer par la contemplation de mon impudicité, quand je sens une présence à côté de moi
Je lève les yeux sur Kristale qui vient de s’approcher sans un bruit et me contemple de toute sa hauteur. Je referme précipitamment l’ouvrage.
Avec une douceur que je ne lui connais pas elle lance.
— Elles sont belles, n’est ce pas ?
D’un mouvement souple elle s’assoit contre moi, genoux joints, en m’enserrant  les épaules et d’un même mouvement rouvre délicatement le livre d’images.
Sa main sur mon épaule est fraiche, mais sont corps collé contre le mien irradie une chaleur et un parfum animal, apaisant.
En un instant, je me sens bien et ai presque envie de lui poser la tête sur l’épaule pour lui répondre.
— Oui, Madame ! Elles sont belles !
Sans savoir s’il s’agit des œuvres ou des jeunes femmes qu’elle désigne ainsi.
Elle s’arrête à son tour sur ma photo. Elle passe ses doigts fins parfaitement manucurés sur la surface glacée, comme pour me caresser.
— Marc sait parfaitement te découvrir… Tu es belle et désirable à ses yeux… et aux miens.
Son étreinte se resserre un moment, amicalement.
— Mais toutes les autres aussi !
Et ce disant elle tourne les autres pages au hasard, découvrant une multitude de photographies à la sensualité exacerbée. Plusieurs fois,  je me redécouvre dans ces images ainsi que Stéphanie, Laure, et de nombreuses autres que je ne connais pas… Pas encore.
Comme pour moi je murmure.
— Mais elles, n’ont pas de collier !
Kristale glousse ostensiblement et sans me répondre renverse la moitié des feuillets sur la gauche jusqu'à plusieurs photographies en noir et blanc bordées de noir qui font comme une sorte d’intercalaire à la tranche sombre au milieu du livre.
Et là, apparaissent mes doubles en soumission.
L’atmosphère a changé, même si j’y retrouve les mêmes corps offerts, cette fois ci leurs postures de soumission  sont exacerbées par le port d’un collier de cuir, ou par des entraves de chanvre équivoques.
Lâchant l’ouvrage Kristale pose sa main sur ma cuisse et la caresse doucement en petits cercles légers comme pour en éprouver le soyeux. Mon ventre s’amollit, ma raison commence à s’abolir, comme elle le fait chaque fois que je suis prête à sombrer dans le plaisir. La main de Kristale s’approche de mon entrejambe glissant sur le plus sensible du satin de ma peau. Troublée, mais ma curiosité étant la plus forte, faisant comme si de rien n’était, je prends une inspiration profonde et m’enhardis à basculer une autre page, puis une autre, et encore une faisant défiler les raisons de mon sourd embrasement.
Je m’arrête sur une photographie pleine page. Une femme sculpturale à la posture farouche jugulée par un entrelacs de corde de chanvre. Il est manifeste qu’elle est offerte à son corps défendant et ses muscles sont tendus comme ceux d’un animal pris au piège. Ce que confirme  son visage barré par un large bandeau de satin noir qui passe devant ses yeux, ses lèvres sont ouvertes sur une muette interrogation. Hypnotisée par la puissance de la posture je ne peux qu’appréhender les cheveux d’or blanc qui cascadent sur son épaule et l’éclat du cristal d’aigue-marine qui luit au creux de son nombril. Cette femme c’est Kristale !
Du coin de l’œil j’entrevois qu’elle sourit.
J’ose lancer, pour lui confirmer que je l’ai reconnu, tout en accrochant son regard.
— Tu… Vous ne portez pas de collier ?
Son sourire s’élargit.
—Toi non plus… en ce moment. Et pourtant tu es à ma disposition !
Elle appuie ses paroles en poussant sa main entre mes jambes. Et pour ne pas la contredire j’écarte un peu les cuisses avec déférence lui permettant l’accès à ma fleur humide et vibrante.
Tout en acceptant l’offrande et en la caressant doucement elle continue.
—  Le collier n’est pas tout !
Elle se penche vers l’album et se contemple en penchant la tête de côté pour ne pas me perdre de vue. Ses cheveux de lin rejoignent ceux de la photo en se posant à côté.
— Tu veux que je t’apprenne quelque chose sur cette photo ?
J’entrouvre la bouche mais elle ne me laisse pas le temps d’opiner.
— Tu vois ce bandeau autour de mes yeux ?
— Oui… Madame !
— Et bien, c’est un code. Un signal que Marc laisse au spectateur… Il signal que durant la séance il m’a possédée…
J’entrouvre la bouche et fronce les sourcils dans un rictus d’incompréhension. Kristale sourit largement sans rien dire me laissant le temps d’appréhender ce qu’elle vient de me dire. Je ne peux m’empêcher de lancer un peu bredouillant.
— Toutes ?... Je veux dire vous et les autres … Sur les autres photos aussi ?
Kristale éclate de rire franchement.
— Oui toutes, d’une façon ou d’une autre !

LCE 05

D’un mouvement vif elle se redresse et feuillète vigoureusement l’album. Elle s’arrête sur une photo me montrant écartelée, offerte la bouche largement ouverte dans un cri silencieux et... J’ai les yeux bandés.
Kristale a un sourire malicieux.
— Sur celle-ci par exemple… C’est bien toi ?... Comment t’a-t-il baisé là ? Il a forcé ta bouche, enfilé ta chatte ou défoncé ton petit cul… Les trois peut-être ? Tu sembles y être disposée pour !
Je rougis violemment à la description crue de ce qui peut ainsi être aussi facilement dévoilé aux yeux de tous, par un simple bandeau de velours.
— Et tu as aimé n’est ce pas ?... Faire l’amour les yeux bandés et attachée en plus, sans possibilité de ne rien refuser à son amant est un plaisir  rare… Bien sûr que tu as aimé !… N’est-ce pas ?
Je garde le silence, confuse.
Elle insiste.
— N’est-ce pas Isabelle ?
Et sa caresse se fait plus précise, forçant sans peine le passage entrouvert, ses doigts s’enfoncent dans le fourreau brulant à la recherche d’une réponse onctueuse sans équivoque.
Mes yeux se ferment, un voile noir tombe sur mon visage.

A suivre : Chap. 49. Les desseins de Kristale..
Une partie des travaux de Marc est visible ici : http://shimenawaspirit.canalblog.com/

 

 

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28 déc. 16

Chap. 47. Renonciation.

A regret, je dénoue la lanière de cuir. Je m’en saisis avec respect, comme d’un objet d’une grande fragilité et, en m’accroupissant, le dépose sur le tas de mes vêtements.  Je croise le regard de Laure qui me lance subrepticement une œillade entendue. Je ne lui réponds pas. Je me redresse et machinalement regroupe mes cheveux en les tordant en une tresse improbable derrière ma nuque tout en reprenant la pose protocolaire.
Je ne baisse pas les yeux,  je sais que sans le collier, j’ai le droit.
Marc me détaille de la tête aux pieds.
Singulièrement, sans mon collier de soumission, je me sens totalement nue et vulnérable. Cette simple lanière de cuir avec l’anneau de fer qu’elle porte me donne l’impression d’être protégée et de me couvrir bien plus qu’un vêtement. En la portant ma nudité n’est que la représentation de mon état.
Son regard glisse sur ma peau et la caresse aussi surement que pourrait le faire sa main. Je frissonne sous les rayons du soleil qui commencent déjà à brûler ma peau laiteuse peu habituée a être ainsi exposée à ses ardeurs.
Mon Maitre à un petit sourire crispé qui se veut rassurant et, sur un clin d’œil rapide à mon attention se détourne, s’éloignant d’un pas mesuré pour regagner le séjour où l’attendent Kristale et Loreleï.
Je reste un moment indécise, sans injonction de sa part je ne sais pas si je dois rester comme une statue au bord de la piscine comme le ferais une soumise aguerrie. Mais je comprends que sans le collier je n’ai plus à craindre d’inconduite, et emboite le pas de Marc.

A notre arrivée dans le salon, Kristale est occupée à dénouer les entrelacs et les tresses qui ornaient la chevelure de sa protégée, libérant des flots soyeux d’or blanc.  S’apercevant de notre entrée, elle  repousse Loreleï et se lève vivement. Elle s’avance vers nous s’adressant à directement à Marc, abruptement.
—  C’est fait ?… Oui a ce que je vois !
A son tour, elle détaille ma nudité. Je glisse mes mains dans le dos pour me donner une constance assurée. Son inspection s’arrête sur mon cou et constate l’absence de collier. Elle se tourne alors vers Loreleï qui achève de se lisser les cheveux, sans nous porter attention, vautrée sur le divan de cuir blanc et aboie sèchement.
— Opstaan!
Immédiatement la jeune fille sort de son indolence lascive et se redresse, le feu aux joues. Elle s’avance d’un pas en portant ses mains devant son ventre glabre en un geste de pudeur feinte. Kristale se penche sur son cou et lui ôte le lacet de cuir blanc qui porte l’anneau d’or.
Kristale le tend à Marc.
— Elle est à vous, pour ces quatre jours et quatre nuits,  Maître Marc… Suivant nos conditions, vous me la ramènerez bien dressée et vierge !
Marc s’empare du collier et le fait disparaitre prestement dans sa poche. Il se tourne vers moi et m’empoigne le bras pour me pousser vers Kristale.
— Et voici Isabelle, qui sera à vous pendant ce même temps… Et je gage qu’elle me reviendra encore plus forte qu’av…
Kristale le coupe effrontément.
— Ou elle deviendra mienne pour toujours !
Marc a une moue agacée.
Il porte une main à son menton et réfléchit un instant.
— Je veux ajouter une close au contrat Kris !
Kristale fronce les sourcils, surprise, puis arbore un large sourire carnassier en haussant le menton, hautaine.
— Soit, Marc… Pourquoi pas ! Si cela augmente l’intérêt du jeu.
— Je crois que çà va le faire… Si dans quatre jours tu n’as pas découvert le safeword de mon dressage… Non seulement Loreleï m’appartiendra mais en plus, tu accepteras la domination d’Isabelle pendant ce même lapse de temps de quatre jours et… nuits !
Le visage de la blonde nordique se fige dans une attitude outragée et ses yeux de glace bleue se voilent un instant. Dans le même temps, je prends conscience de la portée de ce que vient de lui proposer Mon Maître. Mon cœur loupe un battement et mes jambes flageolent. Je me retiens de me tourner vers lui pour l’interroger du regard.
A-t-il conscience de ce qu’il vient de dire ! Moi ! La maîtresse de Kristale ?
En un éclair j’en envisage toute les contingences et les repousse aussitôt.
En écho à ma réflexion, Kristale s’emporte.
— Moi ? La soumise de… de … de cette… Petite gourde ?
Il n’y a plus dans sa voix le ton  taquin qu’elle mettait jusqu'alors dans les deux mots de « Petite Gourde », mais plutôt du mépris. Je devine qu’elle aussi vient de s’imaginer une fraction de seconde à genoux en face de moi, en une attitude de servile soumission.
Impensable pour la magistrale Kristale !
Elle me toise du regard. Les muscles de sa mâchoire crispée tressautent nerveusement trahissant son courroux. J’évite son regard sombre en baissant les yeux. Marc se rend-t-il donc compte que par cette nouvelle proposition  Kristale va tout faire pour, ces prochains jours, me faire servilement ânonner la phrase magique qui déverrouillera son enseignement. Pourtant Marc en ajoutant ses conditions ne fait que suivre le précepte qui évite la soumission gratuite sans but autre que le plaisir physique. Un précepte qui semble bien établie dans le cercle. Nul châtiment n’est appliqué sans que le commanditaire  ne soit également impliqué, d’une façon où d’une autre. Et Marc vient d’impliquer Kristale au plus haut point. Je ne peux m’empêcher également de penser qu’il vient de libérer contre moi, les chiens de guerre de la blonde nordique.
Kristale claque dans ses mains, me faisant sortir de mes réflexions angoissées.
— Bien ! Alors il n’y a pas de temps à perdre… Je ne vais pas vous retenir Maître Marc.
Sans la regarder, elle aboie un ordre que seules les oreilles de Loreleï peuvent comprendre. La jeune fille prend immédiatement la direction de la porte par laquelle elle était arrivée, en trottinant.
Ensuite Kristale s’adresse directement à moi
—Toi, petite gourde, tu as quartier libre !… Je raccompagne Monsieur Marc et sa soumise.
Elle n’a pas dit « ton maître ». Une première flèche pour me faire comprendre que, dorénavant et au moins jusqu'à la fin de ces quatre jours… Il ne l’était plus.

 

 A suivre : Chap. 48. Perdue, sans collier.
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14 oct. 16

Chap. 46. Acceptation.

J’essaye de me composer un visage le plus naturel possible, mais je sens encore battre mon cœur à mes tempes et le sang affluer à mes joues. J’esquisse un demi-sourire.  Marc se penche sur moi, une ride d’interrogation  fronce ses sourcils. Il lance un œil rapide à Loreleï et la commissure de ses lèvres se crispe en un sourire retenu. Je connais sa perspicacité et son œil très sûr pour deviner les émois et sentiments les mieux dissimulés et je me doute qu’à cet instant il devine ce qui vient de se passer.
Kristale, elle, ne nous porte aucune attention. Elle repose son verre sur la table et dans un même mouvement se resserre un doigt de whiskey. Elle se tourne vers Marc et constate que son verre est encore à demi-plein. Elle ne lui en propose pas.
Marc se redresse et me lance.
— Venez donc avec moi Mademoiselle Isabelle… J’ai à vous parler !
Je me lève rapidement en vacillant un peu et emboite le pas de Mon Maître qui se dirige vers la piscine sans me porter plus attention.
Il sait qu’il sera obéit.

Marc est debout à un pas du bord du bassin, tourné vers Laure qui a regagné les eaux de la piscine et s’est lancée à faire des longueurs en  une nage souple et vigoureuse.
Instinctivement je m’immobilise un pas derrière lui. Il me tourne le dos, mais je sais qu’il est en train de suivre des yeux la silhouette nue, fuselée, de la Kajira qui fend l’eau comme l’étrave d’un bateau. J’admire en même temps que lui la puissance animale de la belle italienne.
Il prend une profonde inspiration et me lance sans me regarder.
— Te rends tu compte qu’en ce moment les jeunes filles de ton âge sont en train de se faire dorer sur la plage après avoir passé toute la nuit en boite ?...  Peut-être même passent-elles sagement leurs vacances en famille ? Entre copines ? Voir même studieusement ?
Arrivée à notre hauteur Laure amorce un virage brusque projetant quelques gouttelettes sur le bord de la piscine qui s’évaporent immédiatement au contact du travertin brulant.
— Et toi, tu as choisi de passer les tiennes en apprentissage de la soumission. !
Ce n’est pas une question. Une simple constatation. Pourtant  je me sens obligée de répondre sans quitter des yeux la naïade qui s’éloigne vers l’autre bord.
— Oui, Monsieur !
Un second virage impeccable. La nage de Laure ne ralentie pas, le clapotis qui accompagne son sillage trouble à peine le long silence qui suit.
Il veut en savoir plus, il attend.
Je continue après un petit raclement de gorge pour assurer ma voix
— C’est ce que j’ai choisi, Monsieur… Et j’aime çà !
— Jusqu’où aimes-tu çà ?
— Aussi loin que vous voudrez bien m’emmener, Monsieur !
Marc pivote sur ses talons pour me faire face.
Je quitte la nageuse des yeux et les baisse à un mètre au sol, sur le bord de la piscine.
Comme pour lui-même, il murmure.
—  C’est vrai que nous sommes déjà loin !... Difficile de faire demi-tour !
Puis d’une voix assurée.
— Et que penses-tu du jeu que Kristale nous propose ?
— C’est vous qui décidez, Monsieur, je suis à votre disposition…
Et je crois bon de rajouter
— … Et Loreleï est très jolie !
Marc me saisie le menton et me force à le regarder droit dans les yeux. Il a un petit sourire moqueur.
— Oui, j’ai remarqué qu’elle était à ton goût !
Je pique un fard, et ne peux m’empêcher de détourner le regard. Je me doutais bien que mon incartade ne lui avait pas échappée.
Il enfonce le clou.
— Et justement, qu’elle goût a-t-elle cette pucelle ? Hum ?
— Je… Monsieur, Oui… Elle… Elle est douce et acidulée… Je crois que… vous allez aimer !
Enhardie, je m’empresse d’ajouter
— Mais je ne crois pas qu’elle soit aussi vierge que cela ! … Ni aussi candide qu’elle le laisse paraitre. Cela va être facile pour vous de la… mater !
Il éclate de rire en me lâchant le menton.
— Je te remercie Isabelle ! Je vais te nommer gouteuse en plus de toutes tes autres fonctions à mon service. Pour ce qui est de sa virginité nous serons vite fixés.
J’accompagne son hilarité d’un sourire timide.
Il redevient sérieux.
— Loreleï est un appât pour te prendre Isabelle ! Bien sûr que le challenge est déséquilibré. Il va m’être facile de la mater comme tu dis… Et c’est ce que veut Kristale !
Interloquée, mes yeux s’arrondissent.
— Elle veut perdre Loreleï ?
— Non... Elle veut te gagner à tout prix !
Je fronce les sourcils d’incompréhension. Il continue.
— Kristale te sait intelligente, mais sensible. Je pense qu’elle compte que tu baisseras ta garde lorsque tu t’apercevras que Loreleï va prendre ta place de façon irrévocable.
Je me liquéfie littéralement. Une onde de larmes me monte aux yeux.
Il a raison. Je lance un rapide regard vers la baie ouverte. Kristale est assise à côté de la jeune fille nue et lui parle, une main délicatement posée sur la cuisse.
Je reviens vers Marc.
— Elle est si belle !
Mon Maître a un pincement des lèvres
— Oui… Mais elle n’a pas ton charme !
D’un seul coup mon chagrin reflue et s’évanouie. J’existerai toujours dans le cœur de Mon Maître. Même lorsqu’il possédera cette jeune fille sûre de ses attraits.
Il continue en détournant la conversation.
—  Elle est comme toi Isabelle, tu ne trouves pas ? Elle n’est pas là par hasard. Elle a choisi, comme tu as choisi de donner forme à tes fantasmes, tes envies. Une petite fille sage en apparence … En apparence seulement… Kristale a découvert que son attitude de mijaurée cache un gout certain pour les jeux les plus licencieux, dont celui de la soumission. Comme toi, comme tu es venue à moi !... N’ai-je pas raison, Mademoiselle ?
Il accentue le mot Mademoiselle pour bien me faire comprendre qu’il l’utilise dans le sens de ma condition de servitude acceptée.
Je baisse de nouveau la tête.
Bien sûr que Loreleï n’est pas là par hasard, son attitude de lolita enamourée, ses réponses à mes caresses, ses gémissements outranciers pour  me faire comprendre son plaisir, ses envies… Elle aime sa situation comme j’aime la mienne. Mais peut-être d’une façon plus insouciante.
— Oui Monsieur,…. Comme moi !
Marc reprend, gravement.
—  Tu sais ce que tu risques si tu… Disons si, je, perds à ce jeu ! Tu lui donneras le safeword et s’en sera fini de …
Je l’interromps brutalement en m’écriant.
— Je n’ai pas du tout l’intention de donner notre safeword  à Kristale ! … Et en plus vous gagnerez Loreleï !
Marc ne relève pas mon indiscipline. Il me fixe intensément et je crois deviner une lueur de fierté dans son regard.
Il porte sa main à son menton.
— Soit… Alors tu acceptes ?
Ma réponse fuse, sans hésitation.
— Oui, Maître !
 Il se tourne vers Laure qui vient juste de regagner le bord du bassin à nos pieds. Essoufflée, elle croise les bras sur la margelle et lève vers nous son visage ruisselant, impassible. Son lourd anneau de fer tinte doucement contre la pierre.
Sans se soucier d’elle, Marc revient à moi.
— Je vais regretter de ne pas être là pour voir çà ! Kristale te veux ! Et je la sais prête à toutes les extrémités pour çà !
Je me pince les lèvres et un frisson me parcourt le dos malgré la chaleur.
— Les dés sont jetés Isabelle, et ils vont rouler pendant quatre longues journées. On se retrouvera alors… Ou pas !
J’opine du chef résignée mais maintenant sure de moi, assurée de ma détermination.
Le ton de Marc change brutalement et devient plus léger, marquant la fin de la discussion.
— Allons, déshabillez-vous, Mademoiselle !
Je m’empresse de m’exécuter. Je quitte rapidement mon chemisier et le laisse tomber sur le bord de la piscine devant La Kajira qui m’observe un demi-sourire aux lèvres. Ma jupe et mes ballerines la rejoignent aussitôt.
Nue, je prends la pose de soumission adéquate. Marc pointe mon cou du doigt.
— Ton collier aussi… C’est le mien. Kristale t’en donnera un si elle le désire.
Je me raidis et mon geste se ralenti lorsque je lève les mains derrière ma nuque pour, repoussant mes cheveux, dénouer la lanière de cuir.
Quitter le collier de Mon Maître, c’est le quitter Lui.

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16 sept. 16

Chap. 45. Langue vivante

Je me redresse pour la contempler à loisir.
Largement écartelée par mes soins, ses mains levées au dessus de la tête, alanguie, offerte et consciente de s’offrir à mon inspection, je perçois le frémissement contenu de tout son être. Loreleï relève la tête et me fixe comme pour m’hypnotiser. Une lueur de malice irise ses yeux bleus lagon en une muette interrogation et elle affiche un demi-sourire de défi qui me laisse deviner son attente.
Devant ma retenue et pour mieux se faire comprendre elle pousse un soupir de lassitude et cambre un peu plus les reins accentuant l’impudeur de sa posture en projetant les deux sphères parfaite de ses seins juvéniles vers moi. Cette petite n’a rien d’une ingénue, elle semble parfaitement connaitre les arcanes de la séduction et sait en jouer sans retenue.
Et pourquoi résister ?
Je tends le buste et le cou pour apercevoir par-dessus le divan les silhouettes de Marc et Kristale toujours en pleine discussion. Rassurée, je me laisse retomber sur le corps frémissant de la jeune fille et cherche ses lèvres avec précipitation.
J’avais deviné juste ! Sans ambages, ses mains se posent de chaque côtés de ma tête et me guide vers sa bouche entrouverte. Nos lèvres se joignent et je plonge avec délice dans le suave orifice au gout de friandise à la rencontre de sa langue fraiche qui entame une danse tournoyante et syncopée.
En un instant, je me laisse submerger par le besoin de n’être plus qu’une avec la jeune fille. Cette envie profonde et irrépressible de la faire mienne et la faire jouir au delà de tout entendement. Je lâche sa bouche et m’enivre des parfums de sa peau aussi fine et velouté que celle d’une pèche en parcourant d’une langue fébrile son cou, sa poitrine, ses seins aux  mamelons durcis que je résiste à l’envie de croquer à pleines dents et que je mordille tendrement pour en faire saillir le plaisir.
La douce Loreleï semble, plus que moi, avoir conscience de l’urgence de venir au bout de mon entreprise. A peine me laisse-t-elle le temps de jouer avec ses tendres aréoles que ses mains graciles se posent sur mes épaules et appuient sur elles d’une pression lente mais ferme, me faisant comprendre que mes baisers sont attendus en des endroits autrement plus torrides.
Ravie qu’elle devance ma proposition, je me laisse guider docilement en survolant son ventre tendue, son nombril joliment ourlé sur lequel je ne m’attarde guère, pour me trouver enfin en suspension au dessus de la fente entrouverte du fruit de toutes mes attentions. Face à la source de tous les plaisirs je veux tempérer les ardeur de la nymphe, prendre le temps de goûter à ses charmes, même si je sais qu’à chaque instants nous pouvons être surprises par nos maitres et maitresse respectifs. Pour autant, il me semble que j’en ai cure et peut être même que cela ajoute à l’excitation et l’impératif de nos étreintes.

Les deux perles

Je dépose un délicat baiser à la commissure de l’orifice gardé par l’anneau d’or et forçant les lèvres enduites de liqueur de Cyprine, je recherche du bout de la langue le clitoris dressé. A sa découverte Lorelei répond par des murmure de plaisir en néerlandais qui n’ont pas besoin d’être traduit. J’aspire le téton de chair et le glisse entre me dents. Au contact de mes incisives, Une onde fulgurante parcourt le corps de la jeune fille. Elle se cabre sous la caresse et appuie de toutes ses forces sur ma tête plaquant mon visage entre ses jambes brulantes. Une vibration puissante, rythmée par les gémissements étouffés de la nymphette  me fais perdre définitivement pied. Je m’enivre du parfum et me délecte de la liqueur à la saveur acidulée qui maintenant me barbouille les lèvres et suinte sur mon menton. Je plonge ma langue tendue dans l’étroit passage barré par l’anneau d’or avec le secret espoir d’y embrasser le voile virginal. Désespérée de ne pas y parvenir je cherche mon chemin fébrilement, glissant dessus et sous l’anneau qui jointe intimement ses lèvres, bousculant le dispositif qui barre l’entrée de mes envies avec de plus en plus de frénésie. Une frénésie partagée avec Lorelei qui appuie maintenant de toutes ses forces contre ma nuque et par de petits coups de rein saccadés m’invite à gober à plein bouche le fruit charnu gorgé de plaisir.
Peu à peu je m’enfonce dans les limbes de l’euphorie et pourtant dans le lointain de ma conscience une petite lueur, une alarme, se met à retentir, Un sentiment de péril s’empare de moi. Lorelei qui n’a pas l’intention de stopper la caresse continue à  se trémousser contre ma bouche, perdue dans ses borborygmes de gémissement de plaisir, en une impérieuse invitation à forcer sa jouissance. L’alarme se fait brusquement plus pressante. Comme réveillée en sursaut par un danger imminent, je me redresse brusquement, me dégageant violement de l’étau des mains de Lorelei et jette impulsivement un regard vers la piscine. Une onde glacée me parcours. Kristale et Marc sont en train de se diriger vers nous à pas nonchalants tout en devisant d’une façon calme et posée.
Ils marchent lentement et cela me donne le temps de repousser fermement Lorelei qui elle n’a pas perçu le retour de nos maîtres. Elle va pour protester. Je pose un doigt sur ma bouche pour lui intimer le silence et désigne du pousse la direction de la piscine.
Je me rassois précipitamment remettant de l’ordre dans ma tenue.
La jeune fille, qui a enfin compris, a vite fait de fermer les jambes et se redresser pour reprendre la posture qu’elle avait avant le départ de nos maîtres.
Quand Kristale et Marc franchisent le seuil de la baie, j’inspecte rapidement Lorelei, les joues rouges du plaisir interrompu, ses yeux papillotent et elle fixe le sol devant elle. Cela pourrait n’être qu’une manifestation de timidité si il n’y avait le vernis onctueux et brillant qui suinte et barbouille les commissures de son entrecuisse.
Je m’imagine fugacement la chaleur sourde et les vibrations de plaisir qui doivent encore papillonner entre ses jambes. Et je m’aperçois que je ne suis pas en reste en resserrant convulsivement mes cuisses sur mon sexe en feu tout en essayant de calmer les battements de mon cœur.
Une ombre me surplombe. Je m’essuie encore une fois le menton d’un geste rapide pour en essuyer les dernières traces du sirop vaginal de Lorelei et lève mon visage vers Mon Maître.

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10 juil. 16

Chap. 44. Sex Machina

Lentement je me relève du sol où j’étais agenouillée. Je m’étire et sans prêter attention à Loreleï me glisse sur le divan à ses cotés. En restant dissimulée, recroquevillée, je tends le cou par-dessus le dossier pour observer Marc et Kristale qui s’éloignent vers la piscine.  Je cherche Laure des yeux. J’entrevois juste un longs bras pendre mollement d’un des transats qui s’alignent le long du bassin. Arrivés à sa hauteur Marc et Kristale s’immobilisent se tournant face à face. Une conversation animée semble s’engager. Je retiens mon souffle et cille des yeux pour essayer de percevoir au mieux le dialogue que je ne peux entendre.
Marc est de dos, solidement campé sur ses deux jambes légèrement écartés comme prêt à livrer un combat. Je ne vois pas son visage mais la raideur de sa stature ne suggère pas la détente. Kristale est plus expressive, plusieurs fois elle fait non de la tête, elle parle vivement en faisant des gestes dans ma direction. Plusieurs fois elle ploie même un genou avec une mimique d’une personne qui n’arrive pas à se faire comprendre. Il est clair qu’ils parlent de moi… De nous !
Dépitée, je me laisse retomber sur le divan renonçant à saisir les tenants et aboutissants de l’étrange tractation.
Je me tourne vers la jeune nymphe, sa respiration s’est calmée. Raide, les genoux et les mains jointes le regard fixé droit devant elle, elle semble perdue dans ses pensées, détachée de son sort qui se joue à quelques pas.

Le silence pesant me gène et je ne sais pas trop comment engager la conversation. Je me racle la gorge d’un petit toussotement et commence.
— Alors ! Comme çà tu vas être la soumise de Marc ?
Son visage angélique se lève vers moi et ses grands yeux de lapis s’écarquillent d’interrogation.
Irritée, je continue.
— Ah oui, c’est vrai que tu comprends rien de rien !
Je souffle du nez et j’ai un petit sourire de complicité à son égard.
— Kristale a l’habitude de s’entourer de « gourdes », comme elle dit !
Lorelei réagit au nom de sa Maitresse, elle a une petite moue comique et ouvre les mains paumes vers le ciel en signe d’incompréhension.
Je lui souris en réponse et renonçant à un échange verbal, je me rapproche d’elle d’un déplacement de hanche. Je ne peux m’empêcher de la détailler une fois de plus. Elle est d’une beauté à couper le souffle et semble si fragile !  Mon cœur s’emballe et une chaleur sourde me monte au visage, mes oreilles se mettent à bourdonner. Mon univers se rétrécis autour de nous je ne vois plus qu’elle. Un élan impérieux  me donne envie de la prendre dans mes bras en un geste protecteur. Je reste un instant figée par la violence de ma réaction et tente de me ressaisir en secouant la tête. Je sors de mon trouble mais  attirée comme par un aimant, d’un autre coup de hanche,  je  m’approche d’elle un peu plus encore. Elle ne bouge pas et m’observe en silence, intriguée.
Je désigne  mon collier semblable à celui qu’elle porte, en blanc,  glissant un doigt sur l’anneau de fer.
– Marc est un très bon maître… J’ai de la chance… Tu as de la chance !
Je tente de la rassurer pourtant en prononçant ces derniers mots une vague de jalousie me submerge et je serre les dents sur un soupir.
Ses lèvres s’entrouvrent et me dispensent alors la plus jolie musique que je n’ai jamais entendue.
— Marc ? …dit is uw Meester ?
Ces quelques mots sont les premier sons que Lorelei émettent et le timbre cristallin de sa voix fluette et enfantine me fait frissonner jusqu'à la pointe des pieds. Le chant des anges nordiques ! Mon sourire s’élargit. Nul besoin de traduction, à la façon dont elle à prononcé le mot maitre. Et cette simple phrase me laisse deviner qu’elle semble bien au fait du monde dans lequel elle évolue.
Je pose ma main sur ma poitrine et réponds avec une pointe de fierté non dissimulée.
— Oui… C’est Mon Maitre !
Et dans un élan de complicité je pose ma main sur sa cuisse. Le satin le plus fin ne s’aurait être plus doux.
— Je … Je voudrais voir… çà… S’il te plait ?
Je tends un index de mes yeux vers son bas ventre. Mon geste est comme guidé par une volonté extérieure, ma curiosité me pousse à en voir un peu plus sur l’étrange dispositif qui barre l’accès de sa virginité tout en provocant les indécentes caresses qui l’ont secouée de la tête aux pieds.
Pour lui faire comprendre et appuyer ma requête, je tire doucement vers moi sa cuisse droite. Elle ne résiste pas. Ses jambes s’écartent passivement laissant entrevoir l'éclat fugitif de l’anneau d’or. Je me penche sur elle tout en repoussant encore un peu plus sa cuisse gauche de le paume de la main découvrant dans toute sa nudité le merveilleux spectacle de son fruit frais fendu de rose tendre vernissé de sirop voluptueux. Un parfum chaud, d’épices et de savon monte vers mon visage. L’effet en est immédiat. Mon ventre s’électrise et une bouffée de désir trouble enflamme mes reins.
Loreleï, dans un dernier geste de pudeur, porte les doigts à sa bouche en mordillant ses phalanges et détourne la tête semblant se désintéresser de mon entreprise et pourtant elle cambre les reins discrètement, facilitant ainsi mon examen.
Comme hypnotisée je contemple l’indécent bijou.
L’anneau perce et rassemble les deux lèvres épilées interdisant tout passage autre que les besoins naturels. Il est clair qu’il est là, ainsi que l’a dit Kristale, comme un cachet de cire de certification de sa virginité, mais le dispositif ne s’arrête pas là ! Pour en deviner plus il me faut écarter des doigts les deux lèvres et en faire apparaître le mécanisme. Enhardie par la passivité de la jeune fille, je m’exécute délicatement. Je repousse la chainette d’or de l’index et entrouvre du pouce qui se mouille de sa liqueur, les lèvres scellées. Un soupir et un petit gémissement contenu de Lorelei répondent à mon entreprise. Elle ferme les yeux et ses cuisses s’écartent encore un peu plus en une invite à continuer. Je me penche me rapprochant encore me laissant grisée par les parfums virginaux qui s’exhalent sur mon visage.
Une sorte de long levier pivotant autour de la partie intérieure  de l’anneau qui lui sert d’axe émerge d’entre les lèvres décloses et au bout de ce levier une sphère d’or à la surface irrégulière hérissé de picots émoussés vient s’appuyer exactement à l’entrée de la vulve, sur le clitoris gonflé de Loreleï.
La chainette est accrochée à l’autre extrémité du balancier. Je ne peux m’empêcher de la saisir et de tirer dessus mettant en branle le dispositif. Peut-être avec un peu trop de vigueur ! La réaction de l’ingénue est immédiate. Surprise par la caresse mécanique elle sursaute et émet un cri de désarroi. D’un spasme, son ventre se soulève vers moi pour diminuer la tension de la chainette ce qui n’a pour effet que de rendre encore plus impudique son attitude, projetant son ventre contre mon visage. Surprise par la violence de sa réaction, je me redresse.
Ainsi je comprends mieux le désarroi et les ondulations lascives de la nymphette lorsque Marc manipulait la chainette ! Chaque vibration se transmettait à la sphère  et lui agaçait le clitoris en une implacable caresse.
Je relâche la chaine d’or. Lorelei se détend. Son ventre retombe et elle me lance un sourire comme pour s’excuser.

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10 juin 16

Chap.43. La chair de son enchère

Kristale se relève avec empressement et se rapproche de sa protégée. Elle se place à son côté et lui pose les mains sur les épaules dans un geste protecteur. Rassurée, Loreleï se tourne vers elle avec un sourire espiègle. Mal lui en prend ! L’intransigeante hollandaise fronce les sourcils et la foudroie du regard. Le visage de la jeune fille se ferme et elle reprend immédiatement sa pose contemplative, la tête baissée.
Avec un embrassement feint, Kristale se racle la gorge et se tourne vers moi.
— Loreleï n’est pas tout à fait aussi disciplinée que toi ma chérie.
Elle a un rapide sourire condescendant accompagné d’un clin d’œil à mon intention. Puis elle se reporte sur Marc qui se cale confortablement dans le sofa.
— C’est un peu pour cela que je tenais à vous voir avant l’assemblée, cher maître. Pour vous proposer un marché, qui sera aussi un jeu… Un jeu qui, je crois, va vous intéresser tous les deux.
Elle marque un temps d’arrêt, et sa main caresse doucement la nuque de la jeune fille. Echaudée, Loreleï reste pétrifiée dans sa posture de soumission.
Kristale sais ménager ses effets.
— De plus, je vais vous proposer à ce jeu une mise qui à l’issue de ce petit divertissement pourrait devenir… définitif ! Il va de soi qu’il n’y a pas de jeu intéressant sans enjeu, sans récompense… Et celui que je mets sur la table est conséquent.
Elle se tourne de nouveau vers moi.
— Voyez-vous, Mademoiselle Isabelle,  Loreleï est vrai trésor dont je fais cadeau à Marc car Loreleï est totalement vierge !
Sa main qui caressait négligemment le cou de cygne de Loreleï se saisit de son menton la forçant à relever la tête. Elle se penche sur le visage et y dépose un délicat baiser sur les lèvres ainsi offertes. La jeune fille répond en laissant entrapercevoir un petit bout de langue rose qui se glisse entre ses lèvres. Ses yeux se ferment, elle a manifestement plaisir à rendre ce baiser furtif vite interrompu par Kristale qui se redresse brusquement.
— Enfin ! Je veux dire vierge… d’hommes !
Lâchant sa protégée, elle fait un pas vers moi.
– Et elle m’apporte beaucoup de satisfaction.
Elle a un large sourire en me regardant droit dans les yeux comme pour me mettre au défi.
Elle se retourne vers Marc, très enjouée, comme si l’affaire était déjà conclue.
— Ses virginités … Je vous en fais cadeau maître Marc… Sauf la principale… En fait, le jeu que je vous propose est de conduire son dressage comme vous savez si bien le faire. Mais de me la rendre vierge à l’issue de ce dressage. Quant à sa bouche et son petit cul… Vous en disposerez comme bon vous semble. Je dois ajouter que Loreleï ne parle pas un seul mot de français ni d’anglais.
Elle a une tape amicale sur la croupe de la jeune fille qui sursaute mais ne quitte pas sa posture.
— Cette donzelle est un vrai petit cancre à l’école.
Puis elle revient à Marc moqueuse.
— Et comme vous ne parlez pas Néerlandais cher Marc !
Elle marque un temps d’arrêt, songeuse, puis reprend.
— Donc, en résumé, voici mon challenge… Faire de Loreleï votre parfaite soumise alors qu’elle n’a connu aucun homme, de me la présenter vierge et parfaitement disciplinée. Et tout cela sans que vous puissiez communiquer verbalement avec elle.
— Quant à moi…
Elle me dévore littéralement des yeux
— … Quant à moi, je me fais fort de faire dire à votre pouliche le mot de passe qui verrouille votre enseignement… Ainsi selon vos conventions, il me semble, Isabelle redevient libre…  Mais bien sûr je la reprends en main, en échange de Loreleï, et elle devient mon esclave de toute éternité puisqu’avec moi il n’y a pas de safeword !

Une onde glacée me parcourt l’échine. Impulsivement je me tourne vers Marc. Depuis toujours Kristale a eut des visées sur moi. Elle ne s’en cachait pas et depuis notre première rencontre (Cf. Kristale.) elle  exerçe une pression permanente sur Marc pour qu’il me cède et que je passe sous sa coupe. Elle venait de trouver, sous couvert de jeu, le moyen de concrétiser son ambition.
Mon Maître passe une main sur son menton tout en nous jaugeant tour à tour. Ses lèvres se pincent et son front se plisse trahissant une intense réflexion. L’onde glacée qui me parcourt se transforme en une catatonie de tous mes muscles. Je suis tendue à l’ extrême, le souffle coupé dans l’attente de sa réponse. Mais je sais au fond de moi qu’il ne refusera pas un jeu aussi intense. Et Kristale le sais aussi parfaitement. En témoigne son sourire gourmand. De plus les enjeux me semblent totalement déséquilibrés. Il va être facile à Marc de dresser cette douce péronnelle. Je soupçonne Kristale d’en être absolument consciente et que son machiavélisme donne Marc déjà vainqueur. En ce cas qu’en est-il pour moi ?
Aussi sûr soit-il de son talent il pourrait me perdre. Et surtout je pourrais le perdre, et cette pensée me tétanise.
Sans un mot Marc se penche et se saisit de la chainette d’or qui pend entre les jambes de Lorelei son regard se porte sur elle et il se met à faire tournoyer l’étrange lien dans l’air à la manière d’une corde à sauter. La jeune fille pousse un petit cri de surprise et lance un regard désespéré vers Kristale.
Tout en continuant son mouvement Marc se tourne vers Kristale.
— Elle est vraiment vierge ?
La réponse fuse.
— Parfaitement… Je lui ai même fait poser un sceau de certification… Vous en tenez le prolongement entre les mains.
Lorelei tressaute imperceptiblement sous les vibrations que lui transmet la chainette. Pour tenter d’échapper à l’obscène tension qu’elle exerce sur sa vulve elle se cambre et son ventre se tend vers Mon Maître. Les pointes de ses seins trahissent l’excitation qui monte en elle à chaque tour de chaine. Son visage se congestionne dans un ultime effort pour se contenir. Elle a fermé les yeux, mais sa bouche s’entrouvre sur de petits soupirs contenus. Maintenant en équilibre sur la pointe des pieds, ses deux longues jambes tendues, elle semble sur le point de chavirer et ses gémissements augmentent.
Mais elle ne quitte pas sa posture pour autant.
La constance et la docilité de la jeune fille à l’air de ravir Marc.
Mon cœur bas la chamade, l’observe la magnifique  silhouette de cette nymphe nordique qui commence à se tordre de plaisir et me dis qu’aucun homme ne pourrait résister à la tentation de posséder un tel joyau.
Marc lâche soudainement la chainette au moment ou Lorelei, qui maintenant halète comme si elle manquait d’air, allait perdre tout contrôle.
Il observe un instant la grosse  goutte de cyprine qui a pris naissance entre les lèvres gonflées et humides de plaisir qui progresse le long de la chainette de maillon en maillon, alimentée par la liqueur qui sourd de l’entrejambe de la jeune fille et dans lequel disparait le lien d'or.
 Il se lève rapidement.
— Je veux te parler seul à seul Kristale !
Et sans attendre l’assentiment de notre hôtesse, prenant son verre à la main, il sort du salon par la baie restée ouverte et s’éloigne en direction de la piscine.
Il ne faut qu’un instant pour que Kristale lui emboite le pas, glapissant un ordre bref à Lorelei en sortant, sans même la regarder.
La jeune fille se détend alors. Penaude, encore essoufflée, elle rassemble la chainette d’or entre ses doigts fins, se la ceint rapidement autour de la taille, puis s’assoit en chien de fusil sur le canapé de cuir blanc en me lançant un regard embarrassé de gamine prise en faute.

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05 mai 16

Chap. 42. Loreleï

Impulsivement je baisse les yeux, sans répondre. Comment d’un simple mot peut-elle ainsi me désarçonner ?  Me refaire devenir gamine timide sans autre répartie que le pourpre de ses joues. Je fais un effort pour ne pas rougir, effort vain, je ne peux aller contre ma nature. Et je sais au fond de moi qu’elle doit être satisfaite de l’effet de sa boutade.Elle s’avance d’un pas martial, se saisit de mon menton et me force à la regarder. Son visage s’avance et ses lèvres se posent sur les miennes. Inutile de résister. Sa langue force mes faibles défenses. J’écarte les lèvres et je réponds furtivement à son baiser de bienvenu en lapant l’intruse avec déférence.
Satisfaite, Kristale relâche son étreinte et fait un pas en arrière. Je baisse de nouveau le regard, juste ce qu’il faut pour ne pas toiser son regard et voir, derrière elle Laure sortir de la piscine, nue seulement parée d’un fin collier de cuir noir où pend son anneau de servitude. Elle se dirige vers nous d’un pas mesuré, ruisselante d’eau. Fascinée par la démarche féline et le déhanché de déesse de la belle italienne  j’écoute à peine Kristale qui invite Marc à prendre un rafraichissement dans le salon. Arrivée à un pas en arrière de Kristale, sans un mot, sans un bruit, la Kajira se prosterne sur le sol comme si il s’agissait de la chose la plus naturelle au monde. Elle ploie les genoux, écarte les jambes et se cambre les mains derrière le dos, baissant dévotement la tête. Ses longs cheveux de jais noirs effleurent le sol y traçant des arabesques de gouttes d’eau perlantes.

J’ai envie de lui sauter au cou ! Mais la voix autoritaire de la blonde nordique me tire brusquement de ma rêverie.
— Toi aussi Isabelle… Cela te concerne directement !
Laissant Laure sur le pavage brulant de soleil, nous nous dirigeons de nouveau vers le salon précédés de notre hôtesse.
Kristale nous désigne des canapés jumeaux de cuir blanc disposés en angle autour d’une large table basse. Mon Maître s’installe confortablement et dans un reflexe, copiant l’attitude de Laure, je m’agenouille sur le sol à ses pieds dans l’angle des sofas. Kristale nous tourne le dos, penchée sur le bar. Il ne lui faut qu’un instant pour emplir les verres d’un liquide ambré et les disposer devant nous sur la table  en s’asseyant à notre gauche sur l’autre canapé.
M’observant attentivement elle lance.
— Ton dressage semble porter ses fruits, Marc ! Ta petite chienne est bien élevée !
Elle porte son verre à la hauteur des notre.
— Trinquons à cela !
Je reste interloquée. Que Kristale me prépare un verre et qu’elle me propose de trinquer en présence de Marc à ma soumission réussie, me laisse interrogative. Mais je les imite et porte le verre à mes lèvres. Le liquide me brûle la gorge et je pose précipitamment le verre sur la table en retenant avec peine une quinte de toux parfumée d’alcool qui me remonte dans les narines.
Kristale éclate de rire.
— Tu devrais aimer ! C’est de l’Irlandais… Le meilleur de Midleton.
Puis elle redevient grave tout à coup. Et comme pour elle même en contemplant le liquide doré de son verre.
— Une fortune, très rare !... Comme toi !... Et comme celle que je vais vous présenter !
Elle repose son verre et, avec un grand sourire, interpelle Mon Maître
— Je t’avais parlé d’une surprise, Marc !
D’un geste elle coupe court à toutes tentatives d’interrogations avec un sourire énigmatique.

D’un mouvement souple elle se lève et se dirige vers la porte qui mène au boudoir. Elle l’entrebâille et lance dans l’interstice un appel bref mais puissant au accent germanique. Sans attendre elle revient vers nous et s’assoit en tailleur à côté de moi en me tapant doucement sur la cuisse. Marc pose son menton dans sa main, attentif. Comme si il essayait de deviner ce qu’il y avait derrière la porte.
Des bruits de pas feutré se rapprochent et il ne faut pas longtemps pour que la porte s’ouvre doucement sous la poussé timide d’une main qui se faufile vers la poignée. Je devine une épaule puis un regard inquiet qui scrute la pièce. S’apercevant de notre présence la silhouette a un léger mouvement de recul, comme pour fuir.
Kristale aboie alors ce qui semble être un ordre impératif.
— Kom hier !… Snel ! Approche et vite !
 Un temps d’arrêt, puis l’épaule, le torse et la silhouette gracile d’une jeune femme se montre enfin. Je reste stupéfaite par une apparition toute droite venue des légendes hyperboréennes. La jeune fille est entièrement nue à l’exception d’un fin collier de cuir tressé blanc qui laisse pendre un anneau d’or imposant. Elle cherche instinctivement à cacher le bas de son ventre et sa poitrine. Elle s’avance à petits pas la tête baissée, nous jetant de temps à autre des regards apeurés.
Sa démarche, sur la pointe des pieds, bien qu’hésitante reste souple, comme si elle marchait avec précaution sur des tessons de verre. Je devine une poitrine menue, haute et bien formée aux mamelons rose tendre que cache mal une main fine aux doigts délicats et déliés. Sa taille commence sous les seins et lui donne une allure serpentine et suave aux jambes longues et au ventre tendu.

Lorelei

Et son visage ! Mon dieu son visage ! S’il existe des anges elle leur ressemble. De grands yeux bleus azur éclairent une frimousse juvénile qui se déploie en  un ovale parfait. Un petit nez mutin surplombe une bouche gourmande aux lèvres pulpeuses discrètement vernissées de gloss rose acidulé qui appelle au baiser. Une chevelure d’un blond ivoirin est harmonieusement coiffée en de petites nattes enroulées sur ses tempes à la mode traditionnelle nordique. Je ne peux m’empêcher de la comparer à Kristale en beaucoup plus jeune, la ressemblance est frappante. Je pense qu’elle doit être bien plus jeune que moi. Troublée, je reste hypnotisée par la beauté irréelle de la jeune fille.
Elle doit le sentir  car ses joues s’empourprent discrètement d’un rose léger.
Par empathie je me mets aisément à sa place. Il n’est pas facile de se retrouver nue et détaillée de la tête aux pieds par des inconnus. Nos regards se croisent brièvement. Elle détourne les yeux mais j’ai eu le temps d’y lire la honte de l’impudeur de sa situation.
Elle sursaute lorsque de nouveau Kristale lance ce qui semble être un commandement. L’accent guttural de la blonde nordique renforce l’impression de puissance et de domination qu’a manifestement Kristale sur cette frêle jeune fille. Elle s’exécute immédiatement, se place devant Marc et écarte ses longue jambes fuselées Elle se cambre et porte ses mains dans son dos en une parfaite stature de soumission.
Je m’aperçois alors que les mains qu’elle portait devant son ventre ne l’étaient pas forcément par pudeur. En plaçant ses mains dans son dos la jeune fille a lâché une longue chaînette d’or, cachée dans le creux de sa paume, qui vient se dérouler et heurter le sol dans un petit tintement cristallin.
Intriguée j’en suis le fil brillant jusque entre ses jambes. La chaînette est reliée à un anneau d’or scellé à la crête de la lèvre de son ventre juste sous le clitoris caché dans les replis ainsi formé par l’anneau comme le ferait une fibule d’une cape de chair. Je frissonne et une chaleur se glisse entre mes jambes. Je devine à la façon dont est placé l’anneau que le moindre frémissement de la chainette le fait frotter contre le clitoris déclenchant ainsi un feu de caresses électriques. Mon idée est confirmée par la liqueur brillante qui nappe l’orifice des deux lèvres pourtant hermétiquement closes. Elle trahit ainsi de la façon la plus obscène et certainement à son corps défendant, l’excitation qui mouille son ventre.
- Je vous présente Loreleï !

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12 avr. 16

Chap. 41. Le Lit de Sonia

Je mâchouille nonchalamment le brin d’herbe que j’ai cueilli à la volée avant de monter dans la voiture. Le soleil à peine voilé est déjà haut. Notre matinée s’est prolongée mais cela ne m’a pas reposée pour autant.
Nous avons passé la soirée tous les trois à deviser autour de la meilleure table de la vallée comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il est vrai que l’odeur intime de Sonia imprégnait encore mes doigts et je prenais un plaisir particulier à les porter à mon visage pour en humer la puissante fragrance aphrodisiaque. Est-ce l’effet des phéromones de la belle ? Toujours est-il que ma jalousie envers elle a fondu comme neige au soleil et a été remplacée par la chaleur d’un tendre intérêt. Ce seul parfum suffisait à m’évoquer les étreintes les plus licencieuses. Et je le faisais d’une manière si ostensible que Sonia me lançait des œillades complices à chaque fois que je portais mes doigts sous mon nez. Un manège qui n’a pas échappé à Mon Maître.
A la fin de la soirée, Marc  s’est enquis auprès de Sonia si elle disposait d’un hébergement.
Elle a acquiescé
— Et votre lit est assez grand  pour accueillir Isabelle ?
Sonia n’a pas cillé, et a même lancé avec audace, les yeux pétillants comme le champagne de son verre.
— Ho oui !… Bien assez grand !… Et pour vous aussi d’ailleurs !
Marc a souri, mais a décliné l’invitation en se levant de table.
— Merci Mademoiselle,… Nous aurons certainement l’occasion de faire plus ample connaissance, je pense !
Sur un dernier clin d’œil de complicité il nous a saluées en quittant la table puis le restaurant sur un de ces petits signes convenus à mon intention.
L’attention de Sonia se reporte sur moi, visiblement gênée par sa dernière effronterie. La suggestion de Marc est suffisamment explicite pour que nous n’ayons pas besoin de parler. Elle a compris comme moi.
Je ne viens pas à son secours et touille nonchalamment le reste de café de ma tasse et la porte lentement aux lèvres en la contemplant.
Enfin, elle a petit raclement de gorge embarrassé et me lance en souriant.
- Bien… Heu ! . Je crois qu’il serait bon d’aller nous cou…
Elle s’arrête interloquée, cette fois c’est son visage qui s’enflamme en s’apercevant de ce qu’elle allait dire et de ce que cela impliquait.
— Je … je veux dire, nous… coucher !
Ses sourcils s’arquent une mimique comique, comme si elle cherchait à minimiser ses paroles.
Comme je me sens confiante tout-à-coup face à sa candeur !
Je repose lentement ma tasse, la fixe intensément et lui lance tout de go.
— Tu n’as vraiment jamais fait l’amour avec une femme ?
Elle a un petit mouvement de tête négatif et baisse les yeux sur ma tasse.
Enhardie, Je me saisie de sa main sous la table.
— Alors viens !

Sonia n’avait pas menti,  le lit du meublé était grand, peut-être même trop grand, surtout au vu du peu de place que nous y avons occupée. Je souris aux anges à l’évocation de la pudeur de Sonia qui a tenu à éteindre toutes les lumières avant de s’avancer vers moi une fois nue  et de chercher ma peau frémissante à tâtons. Il n’a pas fallu longtemps pour que la belle s’enhardisse et laisse tomber ses derniers chastes remparts, se laisse enlacer tendrement et que nos lèvres se cherchent et se trouvent dans la nuit avant de repartir explorer les recoins les plus intime de nos corps avides de caresses.
Mon visage s’éclaire et mon ventre s’amollit lorsque dans ma tête résonnent ses petits cris de jouissance étouffée. Je goutais alors directement à la source, entre ses jambes largement écartées, le jus de Cyprine dont l’abondance trahissait son total abandon… Nous sommes endormies toutes les deux tendrement enlacées comme des amantes de toujours.
Il est plus de onze heures lorsque Marc vient me chercher. Il a pénétré dans l’appartement sans s’annoncer. Il y a bien longtemps que je laisse les portes ouvertes derrière moi lorsque je sais qu’il doit me rejoindre. Je termine de me coiffer et Sonia sort à peine de la douche nue comme un vers lorsqu’elle s’aperçoit de sa présence. Elle prend immédiatement la pose de soumission un peu gauchement comme prise en faute et me lance une œillade interrogative,  s’étonnant que je ne l’aie pas prise moi-même. Marc hausse les sourcils mais ne fait pas de remarque. Sonia devra apprendre dans quelles conditions la pose s’impose.
Sans plus s’occuper d’elle, il me lance.
— On y va … Kristale nous attend !

Sous les pneus le crissement des gravillons du chemin qui mène à la Colombière me sort de ma langoureuse léthargie. Je me redresse sur mon siège rabattant ma jupe relevée impudiquement sur mon ventre nue. Ce trajet est passé si vite, perdue que j’étais dans les bras de Sonia. Je cille plusieurs fois des paupières et observe l’entrée de la bâtisse. Mon cœur fait un bon. Là, juste à droite du perron d’accès, une moto rutilante, une grosse cylindrée, que je reconnais comme la monture de Laure. Je veux me tourner vers Marc et l’interroger. Il ne m’a pas dit que Laure serait là !... J’ouvre la bouche mais me ravise. Ce n’est certainement pas la surprise de Kristale ! Il faut que je me montre patiente, mais intérieurement je trépigne. Je vais revoir Laure que je n’avais pas vue depuis mes dernières vacances.
A la suite de Mon Maître je pénètre dans le hall d’entrée, là même où Kristale m’avait imposé sa première humiliation. Mais comme personne n’est là pour nous accueillir Marc continue vers le salon aux baies grandes ouvertes que nous traversons de part en part vers la piscine.
Une naïade est en train d’y faire des longueurs et de nouveau mon cœur loupe un battement. J’ai reconnu la longue chevelure noire de jais de Laure qui s’arrête brusquement de nager comme sur un signal, comme si elle avait perçu notre présence par quelques mystérieux sens cachés. Sa tête hors de l’eau se tourne vers nous et  elle passe ses mains sur son visage pour en écarter l’eau et les cheveux qui brouillent sa vision. A notre vue, son visage s’éclaire d’un petit sourire vite réprimé. Je sais qu’elle ne manifestera pas sa joie. Je suis sur le point de faire un pas vers le bord du bassin lorsque qu’une voix hautaine au fort accent germanique éclate derrière nous.
— Vous voilà enfin !... J’ai cru que vous vous étiez perdus en route.
Je me retourne vivement. Marc fait de même mais d’une façon plus posée.
Kristale  nous rejoint d’un pas décidé faisant claquer ses hauts talons sur le travertin de la terrasse.
Elle est élégamment  vêtue d’un pantalon de lin écru et d’un chemisier de tulle blanc, vaporeux, qui la couvre entièrement des poignets  jusqu’au cou mais qui est si léger et transparent qu’il ne cache rien de la poitrine libre aux areoles arrogantes qu’elle darde vers nous.
Elle s’arrête à un mètre de nous, me crucifiant de ses yeux de glace bleue, les mains sur les hanches.
— Revoilà donc ma petite gourde !

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