Les Carnets d'Emilie

Chap. 46. Acceptation.

J’essaye de me composer un visage le plus naturel possible, mais je sens encore battre mon cœur à mes tempes et le sang affluer à mes joues. J’esquisse un demi-sourire.  Marc se penche sur moi, une ride d’interrogation  fronce ses sourcils. Il lance un œil rapide à Loreleï et la commissure de ses lèvres se crispe en un sourire retenu. Je connais sa perspicacité et son œil très sûr pour deviner les émois et sentiments les mieux dissimulés et je me doute qu’à cet instant il devine ce qui vient de se passer.
Kristale, elle, ne nous porte aucune attention. Elle repose son verre sur la table et dans un même mouvement se resserre un doigt de whiskey. Elle se tourne vers Marc et constate que son verre est encore à demi-plein. Elle ne lui en propose pas.
Marc se redresse et me lance.
— Venez donc avec moi Mademoiselle Isabelle… J’ai à vous parler !
Je me lève rapidement en vacillant un peu et emboite le pas de Mon Maître qui se dirige vers la piscine sans me porter plus attention.
Il sait qu’il sera obéit.

Marc est debout à un pas du bord du bassin, tourné vers Laure qui a regagné les eaux de la piscine et s’est lancée à faire des longueurs en  une nage souple et vigoureuse.
Instinctivement je m’immobilise un pas derrière lui. Il me tourne le dos, mais je sais qu’il est en train de suivre des yeux la silhouette nue, fuselée, de la Kajira qui fend l’eau comme l’étrave d’un bateau. J’admire en même temps que lui la puissance animale de la belle italienne.
Il prend une profonde inspiration et me lance sans me regarder.
— Te rends tu compte qu’en ce moment les jeunes filles de ton âge sont en train de se faire dorer sur la plage après avoir passé toute la nuit en boite ?...  Peut-être même passent-elles sagement leurs vacances en famille ? Entre copines ? Voir même studieusement ?
Arrivée à notre hauteur Laure amorce un virage brusque projetant quelques gouttelettes sur le bord de la piscine qui s’évaporent immédiatement au contact du travertin brulant.
— Et toi, tu as choisi de passer les tiennes en apprentissage de la soumission. !
Ce n’est pas une question. Une simple constatation. Pourtant  je me sens obligée de répondre sans quitter des yeux la naïade qui s’éloigne vers l’autre bord.
— Oui, Monsieur !
Un second virage impeccable. La nage de Laure ne ralentie pas, le clapotis qui accompagne son sillage trouble à peine le long silence qui suit.
Il veut en savoir plus, il attend.
Je continue après un petit raclement de gorge pour assurer ma voix
— C’est ce que j’ai choisi, Monsieur… Et j’aime çà !
— Jusqu’où aimes-tu çà ?
— Aussi loin que vous voudrez bien m’emmener, Monsieur !
Marc pivote sur ses talons pour me faire face.
Je quitte la nageuse des yeux et les baisse à un mètre au sol, sur le bord de la piscine.
Comme pour lui-même, il murmure.
—  C’est vrai que nous sommes déjà loin !... Difficile de faire demi-tour !
Puis d’une voix assurée.
— Et que penses-tu du jeu que Kristale nous propose ?
— C’est vous qui décidez, Monsieur, je suis à votre disposition…
Et je crois bon de rajouter
— … Et Loreleï est très jolie !
Marc me saisie le menton et me force à le regarder droit dans les yeux. Il a un petit sourire moqueur.
— Oui, j’ai remarqué qu’elle était à ton goût !
Je pique un fard, et ne peux m’empêcher de détourner le regard. Je me doutais bien que mon incartade ne lui avait pas échappée.
Il enfonce le clou.
— Et justement, qu’elle goût a-t-elle cette pucelle ? Hum ?
— Je… Monsieur, Oui… Elle… Elle est douce et acidulée… Je crois que… vous allez aimer !
Enhardie, je m’empresse d’ajouter
— Mais je ne crois pas qu’elle soit aussi vierge que cela ! … Ni aussi candide qu’elle le laisse paraitre. Cela va être facile pour vous de la… mater !
Il éclate de rire en me lâchant le menton.
— Je te remercie Isabelle ! Je vais te nommer gouteuse en plus de toutes tes autres fonctions à mon service. Pour ce qui est de sa virginité nous serons vite fixés.
J’accompagne son hilarité d’un sourire timide.
Il redevient sérieux.
— Loreleï est un appât pour te prendre Isabelle ! Bien sûr que le challenge est déséquilibré. Il va m’être facile de la mater comme tu dis… Et c’est ce que veut Kristale !
Interloquée, mes yeux s’arrondissent.
— Elle veut perdre Loreleï ?
— Non... Elle veut te gagner à tout prix !
Je fronce les sourcils d’incompréhension. Il continue.
— Kristale te sait intelligente, mais sensible. Je pense qu’elle compte que tu baisseras ta garde lorsque tu t’apercevras que Loreleï va prendre ta place de façon irrévocable.
Je me liquéfie littéralement. Une onde de larmes me monte aux yeux.
Il a raison. Je lance un rapide regard vers la baie ouverte. Kristale est assise à côté de la jeune fille nue et lui parle, une main délicatement posée sur la cuisse.
Je reviens vers Marc.
— Elle est si belle !
Mon Maître a un pincement des lèvres
— Oui… Mais elle n’a pas ton charme !
D’un seul coup mon chagrin reflue et s’évanouie. J’existerai toujours dans le cœur de Mon Maître. Même lorsqu’il possédera cette jeune fille sûre de ses attraits.
Il continue en détournant la conversation.
—  Elle est comme toi Isabelle, tu ne trouves pas ? Elle n’est pas là par hasard. Elle a choisi, comme tu as choisi de donner forme à tes fantasmes, tes envies. Une petite fille sage en apparence … En apparence seulement… Kristale a découvert que son attitude de mijaurée cache un gout certain pour les jeux les plus licencieux, dont celui de la soumission. Comme toi, comme tu es venue à moi !... N’ai-je pas raison, Mademoiselle ?
Il accentue le mot Mademoiselle pour bien me faire comprendre qu’il l’utilise dans le sens de ma condition de servitude acceptée.
Je baisse de nouveau la tête.
Bien sûr que Loreleï n’est pas là par hasard, son attitude de lolita enamourée, ses réponses à mes caresses, ses gémissements outranciers pour  me faire comprendre son plaisir, ses envies… Elle aime sa situation comme j’aime la mienne. Mais peut-être d’une façon plus insouciante.
— Oui Monsieur,…. Comme moi !
Marc reprend, gravement.
—  Tu sais ce que tu risques si tu… Disons si, je, perds à ce jeu ! Tu lui donneras le safeword et s’en sera fini de …
Je l’interromps brutalement en m’écriant.
— Je n’ai pas du tout l’intention de donner notre safeword  à Kristale ! … Et en plus vous gagnerez Loreleï !
Marc ne relève pas mon indiscipline. Il me fixe intensément et je crois deviner une lueur de fierté dans son regard.
Il porte sa main à son menton.
— Soit… Alors tu acceptes ?
Ma réponse fuse, sans hésitation.
— Oui, Maître !
 Il se tourne vers Laure qui vient juste de regagner le bord du bassin à nos pieds. Essoufflée, elle croise les bras sur la margelle et lève vers nous son visage ruisselant, impassible. Son lourd anneau de fer tinte doucement contre la pierre.
Sans se soucier d’elle, Marc revient à moi.
— Je vais regretter de ne pas être là pour voir çà ! Kristale te veux ! Et je la sais prête à toutes les extrémités pour çà !
Je me pince les lèvres et un frisson me parcourt le dos malgré la chaleur.
— Les dés sont jetés Isabelle, et ils vont rouler pendant quatre longues journées. On se retrouvera alors… Ou pas !
J’opine du chef résignée mais maintenant sure de moi, assurée de ma détermination.
Le ton de Marc change brutalement et devient plus léger, marquant la fin de la discussion.
— Allons, déshabillez-vous, Mademoiselle !
Je m’empresse de m’exécuter. Je quitte rapidement mon chemisier et le laisse tomber sur le bord de la piscine devant La Kajira qui m’observe un demi-sourire aux lèvres. Ma jupe et mes ballerines la rejoignent aussitôt.
Nue, je prends la pose de soumission adéquate. Marc pointe mon cou du doigt.
— Ton collier aussi… C’est le mien. Kristale t’en donnera un si elle le désire.
Je me raidis et mon geste se ralenti lorsque je lève les mains derrière ma nuque pour, repoussant mes cheveux, dénouer la lanière de cuir.
Quitter le collier de Mon Maître, c’est le quitter Lui.

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27 mai 07

Préambule

EmilieNous nous sommes rencontrés mi-septembre 2006, presque à la fin des vacances universitaires. Mes parents sont, à leurs heures, collectionneurs d'art. Je les ai accompagnés dans son atelier. Je suis restée silencieuse alors qu'ils discutaient. Ils ont voulu tout voir. Ils ont fouiné jusqu'à découvrir cette alcôve où il dérobait à la vue des non-initiés une série de dessins, de pastels et de sculptures époustouflantes. Des nus de jeunes femmes soumises à de terribles contraintes. Elles semblaient à la fois heureuses et accablées, prisonnières de liens divers.
Cela a été un véritable choc pour moi. Une révélation. Cela correspondait tellement à cette partie de moi, cette partie que je cachais que je refoulais. Nous avons pris congé après des salutations courtoises et chaleureuses avec, pour mes parents, un magnifique pastel (qui siège aujourd'hui au mur de la bibliothèque). Et pour moi une carte de visite subtilisée discrètement à la pile de bristols qui trônait à côté du livre d'or de l'artiste. Elle présentait ses coordonnées internet avec en filigrane une jeune femme nue, ligotée. Nous sommes repartis sur Paris.
Début octobre j'ai repris mes études à Paris VII.
Cet automne là, de nombreuse fois j'ai visité son site, j'ai longuement hésité et enfin je me suis décidée. Dans ce que je qualifierais d'acte manqué, j'ai égaré sa carte. Heureusement (merci Google) je l'ai retrouvé sur un forum où il présentait ses œuvres les plus récentes accompagnées de charmants poèmes. J'ai pris contact à travers ce forum timidement et maladroitement certainement. Il se souvenait de moi, du rouge de mes joues et de mon mutisme gêné lors de notre visite. Je me suis enhardie. Et bientôt nous avons échangé régulièrement. Peu à peu je lui ai confié mes expériences et mes fantaisies les plus intimes. Il ne s'est pas moqué, il ne m'a pas jugée. Mes fantasmes il en fait son univers artistique, vous pensez bien que je ne le surprenais pas. Cela n'a pas été facile de lui avouer que mon rêve le plus fou avait germé cet été dans son atelier. Il avait grandi et s'était fortifié jusqu'à devenir une évidence…Je voulais être une de ses modèles un de ses "Sujets" et j'étais prête à tout pour cela.

La suite a dépassé tous mes espoirs. C'est cette aventure que je me décide enfin à raconter ici.

Sur une suggestion de Marc les premiers chapitres de l'histoire de notre rencontre ont tout d'abord été postés sur un forum adulte pour tester leur intérêt. Mes écrits ont été très mal reçus par les administratrices à tel point que j'en ai été censurée. J'ai compris alors qu'il y a des vérités que beaucoup de personnes ne peuvent entendre ou même imaginer. Et qu'à l'impact qu'avaient eu mes modestes récits j'étais sur la bonne voie.

Jusqu'à maintenant je rédigeais sur papier. Il est temps pour moi de passer un cap nécessaire à toute étudiante en lettres, impie aux yeux de certains puristes du papier, je décidais de rédiger un Blog. Et ce Blog Marc a accepté de l'illustrer épisodiquement.

Voici donc confié à vous chères lecteurs et lectrices mon premier carnet, pas très intime il est vrai. Tout mon cœur, ma vie, mes expériences, mes fantasmes et au-delà vous y sont offerts.
Acceptez ce don avec bienveillance.

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Chap. 1 - Au commencement ...

Il y a deux jours j'ai reçu la clef du meublé par courrier. Elle était accompagnée d'une feuille de papier manuscrite à la plume. La liste des affaires que je devais amener, ainsi que les instructions pour mon voyage. Cela ne va pas être facile de parcourir six cent kilomètres nue sous mes vêtements surtout en jupe courte. Mon permis tout neuf en poche. En espérant ne pas commettre d'impair sur la route. J'imagine d'ici le contrôle de police ou de gendarmerie... Et la fouille au corps, peut être ?
Dans la liste des recommandations, un désir, pardon que dis-je, une exigence de celui que je vais rejoindre. Simple et compliquée à la fois. Simple pour la dingue de littérature que je suis et compliqué pour ma pudeur. Tenir le journal de cette aventure et le publier.
Ces vacances de Pâques s'annoncent studieuses..

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Chap. 2 - La présentation.

M'y voici, mon cœur bat la chamade. Je pousse la porte de la bâtisse de pierre et pénètre dans la salle d'exposition. Le tintement du carillon de cuivre annonce mon entrée. La pièce est vide. Je fais quelques pas et contemple les dessins et peintures qui m'ont fait découvrir ce qui dormait en moi. Un froissement de rideau qui s'écarte. Il est là, souriant.
- Bonjour, … je suis Isabelle.
Et voilà je me frapperais la tête contre les murs de sortir une banalité pareille. Je me sens rougir de confusion. Il sait, Bien sûr qu'il sait… Il m'attendait.
Il m'invite à passer dans l'autre pièce en écartant le rideau. Je me faufile dans une grande salle claire qui sent la térébenthine et le bitume de Judée. Deux grandes baies au sud et deux autres au nord C'est ici que posent ses "Sujets", …Je sens leur présence à travers les esquisses qui parsèment sa table de travail, punaisées sur les murs, …Et je viens en faire partie, … Les mots ne franchissent pas mes lèvres, … Je marche dans l'atelier pour calmer les battements de mon cœur. Il me suit. Lorsque j'arrive au fond de l'atelier devant un canapé de cuir noir. Il me saisit doucement par les épaules se penche sur moi et chuchote à mon oreille.
- Agenouille-toi !
Sa voix est douce et ferme à la fois. Je n'hésite pas une seconde, je m'exécute prenant la pose qu'il affectionne et qu'il a maintes fois dessinée. A genoux sur le sol taché de peinture, les cuisses largement écartées et les mains dans le dos. En un instant je deviens la soumise que je rêvais d'être. Je n'ai plus qu'à me laisser guider. Se détournant de moi il se verse un café (café dont j'apprendrais qu'il est addict) et s'installe confortablement dans le sofa face à moi. Il passe un long moment à me contempler. Un silence pesant qui me met mal à l'aise. Il continue à me détailler. Je sais le spectacle que j'offre, mon jean délavé moulé sur mes cuisses ouvertes et qui ne cache rien des formes de ma féminité et mes seins qui pointent à travers mon sweat forcés par le rejet de mes épaules en arrière. N'y tenant plus je romps le silence.
- Je,... Je, … Ma voix se brouille, …
Je me ressaisis et lâche d'une traite, …
- Vous pensez que je ferais un bon modèle ?
De tant d'effort mon cœur s'arrête un instant. Son regard foudroie le mien. Il sourit mais semble contrarié. Et brutalement je prends conscience que je viens de commettre ma première erreur. J'ai parlé sans lui demander l'autorisation. Il émet un petit bruit de désapprobation. Un claquement de langue que j'apprendrais à reconnaître comme un signe de contrariété.
- Nous allons voir ça de suite… Déshabille toi.
Il a dit ça le plus naturellement du monde en portant à ses lèvres la tasse de porcelaine. Je savais qu'il faudrait en passer par là. Je ne pensais pas que cela serait aussi rapide. Et puis, jamais je ne m'étais dénudée devant un presque inconnu et de surcroît en plein jour. J'ai pris une profonde inspiration et me suis relevée, j'ai ôté mon sweat maladroitement. Je me sentais gourde sous son regard, un trouble intense m'emplit la tête de coton. Comme hypnotisée, je continue mon effeuillage c'est mon pantalon qui tombe, mon bustier noir et bientôt mon string assorti qui rejoint mes frusques sur le sofa à coté de lui. Je sais que je suis rouge comme une pivoine. Des sentiments contradictoires me traversent l'esprit, plaisir malsain, envie de fuir de me cacher. Ça y est, je suis nue sous son regard inquisiteur.
- Reprend la pose.
Je m'agenouille sur le sol. J'écarte les jambes. Je ferme les yeux. J'entrouvre la bouche. En m'écartant ainsi j'offre, impudique, à ses yeux la vision de mon ventre parfaitement épilé ainsi qu'il l'avait exigé lors de nos précédentes correspondances.
- Enlève tes bijoux". Continua-t-il "Quand je dis nue, je te veux sans aucun ornement autres que ceux que je t'offrirais".
J'enlève mes bagues, boucles d'oreille et la petite chaîne d'or qui porte ma croix de baptême. Il s'étonne qu'aucun piercing ne troue ma peau.

C'est ainsi que nous allons converser pendant plus d'une heure. Lui confortablement installé, moi à genoux devant lui, nue comme au jour de ma naissance. Peu à peu au fil de la conversation je m'habitue à ma situation et commence même à ressentir un trouble plaisir. Il m'explique tout ce qu'il attend de moi. Une disponibilité totale, une soumission totale, une confiance totale. J'acquiesce d'un hochement de tête à chaque énumération de ces exigences et prends la parole chaque fois qu'il me l'autorise.
C'est à cette occasion que je reçois le save-word Ce mot de passe qui, si je le prononce, doit interrompre un acte que je refuserais d'effectuer ou de subir. Mais il attache une condition terrible à l'emploi de cette porte de sortie. Si je l'utilise, je ne pourrais pas revenir en arrière. Il me faudra alors partir et ne plus revenir. Ne pas aller au bout de mon expérience ? Une perspective que je ne peux même pas imaginer.

 Enfin le moment arrive, celui dont j'avais tant rêvé, qui va marquer mon adoubement, celui qui va sceller notre contrat et mon destin pour au moins les dix prochains jours. Il se lève, s'éclipse quelques instants et revient avec un coffret de bois blanc. A l'intérieur sur un lit de velours noir plusieurs colliers de cuir ouvragés de cuivre et d'acier. Ceux que j'ai tant admirés. Il se saisit de celui gravé d'une silhouette féminine enchaînée en position de soumission "Le collier d'une novice" dit-il. Il s'agenouille face moi et porte à mon cou la parure tant convoitée. Le pacte est scellé. La joie irradie mon visage. Il m'embrasse tendrement sur le front.
Je vais recevoir dans le même temps un autre collier. Plus petit, une lanière de cuir noir parsemée de clous sur lequel est fixé un petit grelot d'or. C'est le collier d'apparat celui que je ne quitterai pas, celui que tous le monde pourra voir comme un simple bijou, un peu gothique, mais qui représente bien plus en fait. Le tintement du grelot me rappellera à chaque mouvement de tête à qui j'appartiens et qui je peux maintenant appeler… Maître.

Ma nuit a été agitée, nombre de fois le grelot m'a ramenée à cette première journée. Je me suis revue nue soumise dans cette pose impudique. Bien sûr, je me suis caressée,... je n'y tenais plus, et mes fantasmes ont peuplé mes rêves. J'ai réalisé qu'à part le baiser fraternelle posé sur mon front Il ne m'avait pas touché. J'ai compris que mon chemin ne faisait que commencer, et que j'allais être guidée à pas comptés.

Posté par isabelle_mad à 15:30 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

Chap. 3 - Caresses.

 Lorsque j'arrive à l'atelier il est au travail. Il esquisse patiemment sur une grande toile l'ébauche de paysages de corps que je connais. Comme convenu, je ne le dérange pas. Je me faufile sans bruit dans la cabine des modèles. Je me déshabille entièrement et mets le collier qui m'attend sur une chaise. Je reviens dans l'atelier. Toujours sans bruit je m'agenouille près de lui prenant la pose qui marque ma soumission, je mets les mains dans le dos je baisse la tête, j'attends tremblante son bon vouloir. La musique envoûtante d'Am'ganesha'n me berce doucement.
Après de longues minutes, (je le soupçonne d'avoir fait durer le plaisir) Il s'interrompt et s'adresse enfin a moi.
- Qu'as-tu fait hier soir ?
Il continue de dessiner.
À voix basse je lui raconte le vide que j'ai ressenti après ma première séance. Puis la soirée morne, mes notes que j'ai commencées à mettre au clair. Zapping, une douche, un livre et au lit.
- Et ?
Mon sang se glace, il semble lire en moi comme dans un livre ouvert. Il a fallu que je lui dise que je m'étais caressée, que les souvenirs de la séance m'avaient excitée.
- Montre-moi !
J'ai relevé la tête j'ai fait mine de ne pas comprendre.
- Montre-moi comment tu t'es caressée ! Dit-il d'un ton agacé.
Ce n'était pas une requête c'était un ordre.
Alors qu'une tempête se déclenchait dans mon crâne j'ai ramené mes mains sur ma poitrine et j'ai commencé à les masser maladroitement. Mes doigts se sont emparés de mes tétons déjà durcis. Par pudeur j'ai fermé les yeux.
Un petit claquement de langue désapprobateur.
- Ouvre les yeux … regarde-moi!
Il est facile et agréable de se caresser dans le secret douillet et protecteur d'un lit chaud. Mon Dieu que cela devient difficile de le faire sous le regard d'un homme, vulnérable et impudique. Au moins les yeux fermés je gardais une part d'intimité, je me protégeais. J'ai obéi, il m'a regardée droit dans les yeux, … j'ai continué mes caresses. Mes mains ont parcouru mes seins, mon ventre, mes hanches mimant un amant invisible. Lorsque mes doigts ont touché mon sexe j'ai marqué un temps d'arrêt.
Il m'a encouragé doucement à voix basse.
- Ne t'arrête pas,... continue !
J'ai pris une profonde inspiration et introduit l'index dans ma fente humide comme je l'avais souvent fait seule. L'excitation montait et j'avais du mal maintenant à le cacher. Ma respiration s'accélère en un halètement retenu. Je me sens de plus en plus a l'aise je me dépouille peu à peu de ma pudeur et de ma honte. J'accélère le doux frottement ce qui finit par m'arracher de petits gémissements. Ces gémissements c'est, je crois, ce qu'il attendait. La preuve que je prenais réellement du plaisir à me masturber devant lui. Et non pas un show mécanique et imposé.
Il m'a interrompu.
- C'est bien... Arrête maintenant !
Alors que j'aurais voulu continuer vers un possible orgasme ! Je ramène mes mains dans le dos en séchant discrètement deux doigts poisseux à l'intérieure de ma main gauche. Mon souffle reprend un rythme normal.
- S'il te vient de nouveau l'envie de te caresser, je t'ordonne de m'en demander l'autorisation avant. Tu as compris ? Me dit-il.
J'ai acquiescée en hochant vigoureusement de la tête.

La séance s'est poursuivie par l'apprentissage des postures de soumission. Toutes plus impudiques les unes que les autres. J'ai appris à me tenir disponible dans toutes sortes de situations. Avec le facteur commun de toujours avoir les cuisses ouvertes largement ou seulement entrebâillées mais jamais fermées ou verrouillées. La bouche entrouverte en un baiser ininterrompu. Les yeux baissés, toujours offerte et soumise à la moindre de ses envies. J'ai appris aussi les signes de soumission que je pouvais,... Pardon,... Que je devais, employer en présences de "Vanilles", de personnes non-initiées. J'ai été une élève appliquée car je sais que bientôt il me mettra à l'épreuve.

Ce soir, après avoir couché dans mon carnet l'épisode de cette journée, réveillant ainsi l'empire du plaisir, j'ai téléphoné à mon Maître pour lui demander l'autorisation de me caresser…
Il a refusé.

 

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28 mai 07

Chap. 4 - Liens et bâillon.

Des cordes de chanvres sont soigneusement alignées sur une table. Il n'a pas dit un mot. Je suis debout, nue, en position de soumission.

Une première corde me lie les coudes dans le dos Ses gestes sont lents et assurés. Les deux brins passent sous ma poitrine en un bustier rugueux et viennent se nouer dans mon dos. Une deuxième corde rapproche vigoureusement mes poignets et les tire vers le bas glisse entre mes jambes et s'insinue entre les lèvres de ma vulve épilée. Il fait frais dans l'atelier mais le contact de la fibre contre mon clitoris provoque une bouffée de chaleur qui monte le long de mon ventre et électrise ma peau. La corde remonte entre mes seins et, en un mouvement, les deux petits nœuds qui terminent chacun des brins s'entortillent et se coincent dans le premier assurant une solide cohésion sans nœud.
Un troisième lien vient renforcer le premier bloquant de tout mouvement mes épaules et, renforçant le premier, ceinture fermement ma poitrine faisant pointer mes mamelons de façon impudique. Il marque un temps d'arrêt, fait un pas en arrière et contemple son œuvre.
Je lui fais face, toujours debout jambes écartées et regard baisé. Il revient vers moi et de ses pouces il caresse doucement la pointe de mes seins. Je frissonne de tout mon être. Enfin une caresse de sa part ! L'entrave qui passe entre mes jambes va sûrement garder la trace humide de mon émoi.
Le haut de mon corps est totalement immobilisé. Les cordes rugueuses émettent une odeur animale. Il m'assoit sur le sol et s'affaire maintenant à attacher chacune de mes chevilles au haut de mes cuisses puis à chacun de mes bras. Je me retrouve bientôt en chien assis. En chienne assise devrais je dire ! Largement écartelée et la corde qui passe entre mes jambes, encore plus tendue, s'enfonce profondément dans mon ventre trempé.
L'œuvre est terminée. Je suis dans l'impossibilité de faire un geste, totalement offerte. Cela crée en moi un état d'excitation et de désir incontrôlable. Je voudrais qu'il reprenne ses caresses… Alors qu'il se penche vers moi pour nouer un ruban de velours noir sur mes yeux, en état second, dans un souffle, comme dans un rêve je m'entends lui murmurer.
- Embrasse-moi !
Le ruban de velours retombe. Un ébranlement violent me ramène à la réalité. Une gifle magistrale. Un sifflement cuivré qui emplit mes oreilles et décroît lentement me laisse abasourdie. Interloquée le souffle coupé, des larmes involontaire s'échappent de mes yeux. Le choc me laisse quelques instants vide de pensée dans un néant insondable.
- Depuis quand tu me tutoies ?
- Je,... je, …
Je reprends mon souffle et ravale mes sanglots.
- Excusez-moi,...
Il me saisit la tête entre ses mains séchant mes larmes de ses pouces.
- Puisque tu l'as demandé la première chose que je prendrais de toi sera ta bouche.
Je mets un moment à comprendre. Un vent de panique me passe par la tête Cette caresse, celle qu'il vient d'évoquer, je l'ai toujours refusée à mes petits amis, la trouvant dégradante, … avilissante. Ma détermination a vacillé à ce moment. Pourtant je me suis reprise et j'ai redressé la tête. Je me suis entendue répondre d'une voix blanche.
- Oui, … Comme il vous plaira.

En Lui il y a le désir de se faire pardonner. En Lui chaque violence est accompagnée de douceur. Ce soir nous sommes allés au restaurant le plus coté de la vallée. Serveur stylé et sommelier prévenant. Repas digne d'une princesse. Une princesse sans sous-vêtement autre qu'une corde de chanvre ceignant sa taille et passant entre ses cuisses. C'est un morceau de cette corde découpée au couteau et encore imprégnée de l'odeur de mon intimité que je fais rouler entre mes doigts pendant que j'écris ces lignes… Souvenirs.

 

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30 mai 07

Le chemin.

Je marche sur un chemin au milieu des herbes vertes. Il s'enfonce en sinuant dans la forêt.
Arrivé dans une clairière le sentier se sépare en deux. C'est là qu'il m'apparaît, au beau milieu du chemin de droite me barrant le passage qui scintille de lumière derrière lui. Il est entièrement habillé de cuir blanc et tient à la main une badine de cuir, blanche également. Je vais pour me jeter à ses genoux. Il m'arrête d'un geste, me sourit, et de sa cravache désigne le chemin de gauche. A regret mais confiante je m'engage sur ce chemin qui devient de plus en plus sombre. Les arbres noircissent, le ciel se couvre de nuages menaçant, un vent froid balaye les feuilles mortes sur le sol. Je m'aperçois que je suis nue, un collier de fer au cou. Une force impérieuse me fait avancer malgré la frayeur qui me gagne. Le joug devient de plus en plus lourd et m'attire vers le sol. Je suis bientôt obligée de progresser à quatre pattes. Je sens qu'on m'observe, des présences menaçantes rodent autour de moi. Le collier devient brutalement plus lourd et me plaque le visage au sol. Je ne peux plus progresser. Je suis à genoux et une force irrésistible m'écarte les jambes. Mon cœur s'accélère lorsque j'entends des pas lourds qui se rapprochent derrière moi. Une terreur innommable me saisit lorsqu'un souffle profond et des grognements de bête retentissent près de moi. Je voudrais fuir mais je ne peux pas. Je hurle, mais il ne sort aucun son de ma gorge. Je me réveille en sursaut au moment ou des griffes se posent sur mes reins….

Je suis en sueur, une sueur froide qui poisse mes draps. Il me faut un long moment pour reprendre mon souffle. Comme c'est bon d'être dans un lit chaud ! Le jour pointe à travers les volets. Pour prolonger la nuit je coule la tête sous les draps. Pour me rassurer mes mains courent sur mon corps, s'attardent sur mes seins, mes doigts glissent entre mes jambes, je m'aperçois que je suis trempée… D'une sueur chaude !

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Chap. 5 - Kristale.

Les tchic tchac de l'appareil me mitraille. Voici maintenant plus de deux heures que s'enchaînent les poses, les réglages d'éclairage et les shoots de l'appareil photographique. Je suis nue sous l'œil glacé de son instrument et je sais combien seront chaudes les images qui en sortiront. La séance vient à peine de s'achever. Je me suis remise nue en posture de soumission au milieu de l'atelier pendant qu'il range quelques précieux instruments.
Il est 5 heures lorsque quelqu'un frappe à la porte. Prise de panique en un mouvement inconscient je fais mine de me relever avec l'idée d'aller me couvrir. Il m'interrompt d'un geste impératif. Je reprends la pose. Il passe dans la pièce d'exposition et j'entends se déverrouiller la porte d'entrée. Des exclamations de bienvenue retentissent suivies de murmures indistincts. La porte se referme et les murmures se poursuivent. Je suis terrifiée, il y a maintenant deux personnes ici. Et moi qui suis nue dans cette posture inconvenante…

KristaleLe rideau s'écarte, mon Maître entre. Il est accompagné d'une femme, grande, vêtue d'un jean moulant, de bottines de daim et d'une chemise blanche brodée d'arabesques. Elle est très belle, d'une allure hautaine bourgeoise. Un visage régulier encadré de longs cheveux blonds presque blanc. Bien plus âgée que moi 30-35 ans je pense. Son regard glisse sur moi comme si j'étais transparente. Ils se rapprochent de la cafetière et Il lui propose un café qu'elle accepte avec un fort accent hollandais. Ils entament une discussion sur son travail. Elle veut voir ses dernières réalisations. Pendant prés d'une heure ils vont ainsi palabrer passant d'une toile à l'autre discutant à voix basse sans me porter aucune attention alors que je suis morte de confusion et que je n'ose bouger. Une affaire semble avoir été conclue. Une deuxième tasse de café est servie.
La femme s'approche alors de moi et comme si elle me découvrait et s'adresse à Lui.
- Eh bien ! Tu les choisis à la sortie des écoles maintenant ?
Bizarre comme son accent étranger me fait tressaillir.
Il ne répond pas et se contente de sourire. Elle tourne autour de moi. Je sens son regard parcourir mon corps, effleurer mon intimité, c'est presque un contact physique je suis à la limite de défaillir. Je lance des regards apeurés à mon Maître mais il détourne les yeux et se plonge dans sa tasse de café. Je suis toujours à genoux, les cuisses largement écartées et les mains dans le dos.
Brusquement la femme pose sa tasse sur une desserte proche et sans hésitation me saisit à la nuque. Appuyant fortement elle me force à me pencher vers l'avant collant ma joue sur le sol et basculant mes fesses vers le haut. Impossible de résister. Me voici cul-par-dessus tête. Mais elle ne se contente pas de cela. Je sens sa main libre qui me caresse les fesses et se faisant plus précise explore mon entre jambes. En un sursaut je tente de me relever pour échapper à l'ignoble caresse mais sa poigne est trop forte et surtout je sais qu'il m'observe. Je refrène ce mouvement. L'exploration de la femme se fait plus précise. Je ferme les yeux et je me mords les lèvres, je pressens ce qu'elle va faire et je me crispe. Un premier doigt s'insinue en moi je ne peux retenir un gémissement de protestation. Sourd à mon petit cri de contestation un deuxième doigt rejoint le premier et les deux ensemble s'enfoncent plus profondément encore. Durant un long moment qui me semble une éternité ses doigts vont explorer mon intimité sans ménagement, ses ongles longs me griffent un peu, un mouvement de va et vient qui finit par être de plus en plus doux, lubrifié par le liquide qui m'inonde peu a peu.
- Elle est un peu étroite, mais elle mouille bien cette gamine !
Son accent et son ton sarcastique me vrillent les nerfs. Je suis morte de honte. Me faire ainsi caresser par une inconnue dans cette posture humiliante sous Ses yeux. Et mon corps qui manifeste son plaisir sans vergogne à sa main alors que mon esprit le rejette… Mon humiliation prend fin. Enfin je le croyais. Ses doigts quittent mon ventre et me saisissant par les cheveux elle me redresse dans ma position initiale.
J'ai gardé les mains dans le dos. Je peux de nouveau voir mon Maître qui reste impassible et observe la scène. La femme sourit largement ses yeux bleus pétillent de malice. Elle présente les deux doigts qui viennent de m'humilier devant ma bouche. Mon sang se glace, je détourne instinctivement la tête. Il émet un petit claquement de langue désapprobateur. L'inconnue me saisit de nouveau par les cheveux et me force à lui faire face.
- Ouvre la bouche !
Son ton est sec, péremptoire, le ton de quelqu'un qui a l'habitude de se faire obéir. Je jette un coup d'œil désespéré à mon Maître. Je sais qu'il faut que je m'exécute. Lentement j'entrouvre la bouche. Immédiatement les doigts encore luisant de mon humidité s'engouffrent entre mes lèvres. Me voici obligée de goûter mon odeur intime. Bien sûr, je la connais, mes caresses solitaires m'ont appris le goût de mon ventre. Mais là, c'est imposé, dans le seul but de m'humilier.
- Suce petite !
Rouge de confusion j'amorce un mouvement de succion.
Ses doigts toujours dans ma bouche goûtant ma caresse buccale elle s'adresse à de nouveau à Lui.
- Son dressage est en cours ? … Cela fait longtemps ?
- Quelques jours, … Tu es un peu rude là…
- Faudra qu'elle s'y fasse, … Il te faut me la prêter quand tu en auras fini avec elle.
- J'y penserai. Dit-il en souriant.
Elle me laisse téter ses doigts quelques instants et y prend apparemment beaucoup de plaisir. Mais comme à regret elle les enlève de ma bouche et les essuie dans mes cheveux.
- Bon,... On m'attend…. J'ai hâte de faire plus ample connaissance ma belle.
Elle a dit ça sur un ton menaçant en me prenant le menton dans la main et me fixant de ses yeux de glace bleue.
Mon maître la raccompagne à la porte de l'atelier.
Seule je ne peux retenir mes larmes. La tension et l'humiliation ont été trop fortes un spasme secoue tout mon être. Encore une fois des sentiments contradictoires me parcourent, honte, plaisir sensuel, jouissance inavouée à moi-même que je découvre. Je sens encore dans mon ventre la caresse ignoble de cette femme. Et le plaisir veule qu'elle a éveillé en moi.
Il revient et se rassoit en face de moi. Il ne peut ignorer les traces humides de mes larmes qui courent sur mes joues mais ne semble pas s'en préoccuper.
Après un long moment de réflexion il lâche.
- Tu peux parler.
Je renifle un peu et commence.
- Vous, …Vous saviez qu'elle viendrait ?
- Elle s'appelle Kristale*…
Kristale un nom qui va bien avec sa blondeur nordique et son accent. Kristale la première femme à m'avoir pénétrée. Je ravale mes larmes. J'insiste.
- Vous aviez préparé sa venue ? …Vous saviez qu'elle viendrait ?
- J'ai souvent des visites impromptues… Tu as aimé ?
Il m'horripile à répondre à une question par une question. Et en plus celle qui m'atteint au plus profond. Comment apprécier ce qui a été un véritable viol ! Et en même temps le plaisir que j'en ai ressenti. Inutile de me mentir à moi-même et encore moins à lui.
- Oui. Dis-je à voix basse, presque inaudible, en baissant la tête.
À ces mots il se rapproche de moi. Pose une main sur ma nuque et m'oblige à me pencher vers l'avant. De nouveau je me retrouve la joue contre le sol. De nouveau une caresse parcours mes reins, mes fesses. Deux doigts s'introduisent en moi. Mais je ne proteste pas, au contraire je me détends et m'écarte un peu plus pour lui faciliter le passage. Comme elle est douce et chaude cette caresse ! Plusieurs va-et-vient qui mouillent mon ventre. Il me redresse comme l'avait fait Kristale en me tirant par les cheveux. Comme l'avait fait Kristale, il présente ses doigts devant ma bouche. Mais cette fois je devance son désir je me porte en avant la bouche ouverte pour sucer dévotement ses doigts salvateurs imprégnés de mon odeur.

De ce que m'a fait subir Kristale il ne reste rien. La joie me transporte, je me suis dépassée. Je viens de découvrir chez mon Maître la magie de ses caresses capables d'effacer d'un effleurement la souillure, la honte, et la douleur.

 

*Les noms sont, bien sur, modifiés !

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Chap. 6 - Ballade pour une cravache.

Il fait vraiment un temps formidable pour la saison. Un ciel bleu rayonnant pas un temps à rester dans un atelier. Nous avons pris une route sinueuse qui nous portent sur les Causses. Après une petite demi-heure de route nous arrivons au haras. Je reconnais immédiate le lieu de l'été dernier ou j'ai, en compagnie de ma sœur, effectué un stage d'équitation. C'est grâce à ce stage que je l'ai rencontré pour la première fois. C'était à l'occasion d'une visite des villages alentours je venais à peine de fêter mes 19 ans. J'ai appris rapidement par la suite que nous partagions une passion commune celle des chevaux et qu'il fréquentait également assidûment la paille des box.
Deux chevaux sellés nous attendaient, Passionata et Dakota. Nous nous sommes dirigés vers le Club-House pour nous changer et nous rafraîchir. Il me confie une bombe et une cravache extrait de son casier. Il me tend la badine après en avoir éprouvé la souplesse en la pliant entre ses mains tout en me jetant un regard moqueur. J'ai répondu à son sourire alors qu'un frisson me parcourait le dos. Nous avons rejoins nos montures et avons piqué des deux vers les plateaux. Une bonne heure de ballade ponctuée de galops effrénés, de courses enfantines. C'était la seule occasion que j'avais de le défier. Courses qui se terminaient par des fous rires lorsque je prenais de l'avance. Les chemins que nous suivions montaient fortement et devenaient de plus en plus étroits. Nous finissons par déboucher sur une clairière en haut d'une colline. Le paysage est magnifique. Au loin les monts d'Aubrac encore enneigés brillent sous le soleil. Nous dominons la vallée tapissée d'une brume de chaleur vibrante. Au centre de la clairière au point le plus haut culmine une croix de pierre, très vieille, pas entretenue, en fait personne ne doit jamais venir prier ici. Il met pied à terre. Je l'imite et côte à côte nous admirons le paysage.
Ma contemplation est interrompue par le doux son de sa voix.
- Déshabilles-toi !
La voix est calme comme tiré du fond de sa méditation.
Je ne m'attendais pas à une telle requête mais il était hors de question de ne pas y obéir. Je jette un coup d'œil circulaire. Personne ne peut venir ici, personne ne peut nous surprendre. Je m'approche du centre de la clairière et commence par enlevé mon sweat pendant qu'il éloigne nos montures et les attache à un frêne en lisière. Je fais vite et lorsqu'il revient, je suis nue et frissonnante malgré le soleil qui chauffe ma peau. L'air est vivifiant et l'herbe fraîche me chatouille les chevilles. Instinctivement je prends la pose, debout jambes à demi écartées les mains dans le dos la tête baissée. Mon cœur s'est accéléré.
Il tourne autour de moi et prend le temps de me contempler, s'approche de mes vêtements, se baisse et se saisit de la cravache de cuir noir que j'ai posé à côté. Il revient et lentement parcours la surface de mon corps avec le bout de la badine. Je frissonne à chaques contacts. Le cuir passe sur mes hanches, mes reins, ma poitrine, s'attarde sur les pointes de mes seins durci par la fraîcheur et l'excitation, remonte le long du cou jusqu'à ma joue puis redescend sur mes cuisses pour enfin se glisser entre mes jambes. La pression s'accentue la baguette se faufile entre les lèvres de ma vulve caressant au passage mon clitoris, provoquant un sursaut de tout mon corps. Il entreprend de jouer de moi comme le ferait un violoncelliste. Le doux archet de cuir effectue un va-et-vient saccadé faisant vibrer ma corde intérieure et s'enduisant de toute sa longueur de la liqueur de Cyprine qui mouille maintenant mon entrejambe. Le rythme se précipite sa main libre se pose sur ma hanche pour assurer sa prise et accroître la pression comme s'il voulait me scier en deux avec la cravache. Je commence à perdre pieds, mon souffle s'accélère, je ferme les yeux, la jouissance monte, je gémis…
Brusquement tout s'arrête. Fermement Il m'entraîne vers la petite croix de pierre. Encore sous l'empire des caresses je titube un peu. Il me penche vers l'avant et forçant ma cambrure me fait prendre à pleine main chaque branche de la croix de pierre. Il présente devant ma bouche la cravache avec laquelle il m'a caressé si intimement. Elle est encore luisante de mon plaisir.
- Prends çà !
J'entrouvre la bouche. Il insère le mors de cuir entre mes dents. Ma langue retrouve le goût et l'odeur de mon ventre en fleur. Je comprends brusquement ce qui va se passer. Ma position, mes reins cambré, mes fesses offertes ne peuvent que susciter un cruel tourment. Se saisissant de sa propre cravache il m'en donna quelques légers coups à l'intérieure des cuisses. J'ai compris que je dois écarter un peu plus les jambes.Ce que je fais en rentrant la tête dans les épaules dans l'attente d'un premier châtiment. Un long silence pendant qu'il me contemple dans cette position humiliante. Sa cravache se pose sur les haut de mes reins. Je ne peux retenir un petit gémissement d'angoisse à son contact. Un temps d'arrêt. Je ferme les yeux. Et brusquement, une décharge foudroyante cingle mes reins. Le choc est terrible. De surprise je manque de lâcher la cravache que je tiens dans ma bouche. Mes mains se crispent sur la croix de pierre et je serre les dents qui s'incrustent dans le cuir de mon bâillon improvisé. Un deuxième coup féroce s'abat aussi fort que le premier puis un troisième. La cravache reprend son appui sur le haut de mon dos. Je sens les traînées de feu au travers de ma croupe qui palpitent sourdement. La douce main de mon Maître vient en atténuer la brûlure. La caresse apaisante coure sur mes fesses. Une pause, mais je n'ai pas le temps de reprendre mon souffle que de nouveau la tempête se déchaîne. Un coup violent vient strier le bas de mes fesses. Un autre s'abat si fort qu'une douleur fulgurante me pénètre le ventre, ma vulve offerte et proéminente vient d'amortir le choc. Un dernier déchire mes reins d'un claquement sonore.
De nouveau la cravache se repose au creux de mon dos et la main apaisante vient atténuer la souffrance qui vrille mon échine. Je ne peux retenir des larmes silencieuses. Une chaleur intense vibre en vagues brûlantes et embrase mon postérieur. Mes jambes flageolent et mes genoux tremblent nerveusement. Mais cela ne l'arrête pas. Trois autres sifflements furieux viennent marquer mes chairs. Ils sont de plus en plus forts. Le deuxième coup me fait lâcher dans un cri la badine qui bâillonnait ma bouche. Le troisième me fait hurler. Un spasme violent me rejette la tête en arrière qui retombe entre mes bras tendus, secouée par un flot de sanglots incoercibles. Je ne peux plus retenir mes pleurs une étrange sensation de dédoublement s'empare de moi. Il y a l'Isabelle qui souffre et sanglote à chaudes larmes et celle qui jouit qui prend plaisir lorsque la main fraîche de son Maître parcours ses fesses martyrisées. Cette fois ci la caresse ne s'arrête pas, se fait plus insistante. Sa main glisse entre mes cuisses écartées et ses doigts trouvent facilement un passage vers l'intérieur de mon ventre, Je prends conscience que je suis littéralement inondée. Deux doigts inquisiteurs progressent facilement en moi tandis qu'un troisième vient titiller mon bourgeon turgescent déclenchant une série de décharge électrique qui me tétanisent me faisant me dresser sur la pointe des pieds. La caresse se prolonge tandis que peu à peu mes sanglots se calment. Je plonge de nouveau vers le plaisir. Abandonnant mon ventre. Il me redresse, arrachant presque mes mains crispées à la croix de pierre, … Ma croix de souffrance. Je me retrouve debout face à lui. Il sèche mes larmes de ses doigts odorants. Je ne peux m'empêcher, en un mouvement inattendu, de me pendre à son cou et épanche mes derniers sanglots sur son épaule Il me caresse doucement les cheveux et le bas du dos. Il attend patiemment que je me calme. Il fait bon dans ses bras. Nous sommes baignés de soleil comme dans un rêve... Il me repousse délicatement lorsque mon corps se fait plus pressant et commence à onduler entre ses mains. J'ai compris et je reprends la pose de soumission ramenant les mains dans mon dos écartant les jambes et baissant la tête dévotement. Quelques larmes restées accrochées à mes cils tombent sur le sol.
- Mets tes bottes !
Anesthésiée parce que je viens de subir, je ne cherche pas à comprendre, j'enfile rapidement les deux bottes de cuir tandis qu'il va chercher mon cheval.
- Allez monte !
Comme dans un rêve je saisis les rennes, prend appuie sur l'étrier et d'un mouvement souple enfourche ma monture. Le contact du cuir patiné de la selle sur mes fesses nue me ramène vite au réel. Me voici perchée sur l'animal, les fesses en feu. Une sourde angoisse me saisit et je ne peux m'empêcher de regarder autour de moi. Heureusement nous sommes toujours seuls. Qui aurait bien l'idée de venir jusqu'ici a pied ?
Il a vu mon mouvement d'angoisse et s'en amuse.
- Ne t'inquiète pas,... On ne perdrait pas la vue à te voir ainsi, nue, sur ta monture.
- Fait moi donc quelques cercles autour de cette clairière.
Je talonne légèrement Dakota et commence ma ronde tandis qu'adossé à la croix de pierre Il me suis des yeux. Le spectacle que j'offre semble le contenter au plus au point. Un sourire bienveillant illumine son visage.
Le balancement du cheval les frottements du cuir sur mes fesses meurtries augmente leur chaleur tandis que le pommeau de la selle vient se mouiller contre mon sexe largement écartelé comme s'il voulait me pénétrer.
- Au trot ! Me lance-t-il.
Je me penche vers l'avant et, d'une pression des genoux, lance ma monture en un petit trot saccadé. Le battement régulier de la selle enflamme mon postérieur et pétrit mon ventre sans douceur.
Amazone impudique, nue. Comme dans un songe je tourne autour de mon Maître en un manège étourdissant dont il tient les rennes…

 

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01 juin 07

Chap. 7 - La tasse.

Lorsque je pénètre dans l'atelier, il est vide. La musique de fond et l'odeur de café frais qui flotte dans l'air m'indique qu'il s'est absenté. Il ne va pas tarder à revenir. Je m'apprête à le recevoir. Seule, je me déshabille et mets la parure qui m'attend. Nue, parée de mon collier de servitude je gagne le centre de la pièce. Je vais pour m'agenouiller lorsqu'Il apparaît.
- Reste debout !  Me dit-il en gagnant d'un pas rapide la cafetière.
Il se verse une tasse de café sans m'en proposer une. Je reste donc debout et prends la pose de soumission appropriée. La tasse à la main il s'approche de moi, me contourne. Ses doigts effleurent mes fesses encore marquées de la séance d'hier. Il les examine en se baissant et paraît satisfait.
- Cela va vite disparaître ! ...
- …Tu étais très belle hier, nue, sur ton cheval, … Très excitante.
- Merci Monsieur.
- Tu m'as donné envie de toi…
Une boule de chaleur se forme dans mon ventre.
… Comme promis, je vais prendre ta bouche !
Il dit çà d'un ton calme sans passion comme si c'était une évidence une chose de tout à fait normale, un dû. Il me l'avait promis effectivement lors de ma deuxième faute. Ma première faute je l'ai payé hier. Un vent de panique me submerge. Jamais je n'avais pratiqué ce genre de caresse et surtout je m'y refusais absolument décevant mes premiers amants.
- Tu as compris ce que je viens de dire ?

De sa main Il me relève le menton et de son pouce il entrouvre un peu plus ma bouche en appuyant sur ma lèvre inférieure.
Je détourne mon regard et réponds d'une voix étranglée.
- Oui Maître, … j'ai compris.
- Et qu'as-tu compris exactement ?
Il joue avec moi. Il sait par nos conversations que ma bouche est vierge, ainsi que mes reins d'ailleurs. Jamais je n'ai accueilli d'homme dans ces orifices peu naturels.
- Vous,... Vous, … je rougis violemment et d'une traite je lâche.
- Vous allez prendre ma bouche comme on prend un sexe.
Je n'ai rien trouver de mieux comme description. Mon inexpérience révélée augmente la rougeur de mes joues.
- Oui, … En fait… Ce n'est pas moi qui vais la prendre. C'est toi qui va me l'offrir. C'est toi qui va me faire ce cadeau,... N'est ce pas ?
- Oui Monsieur,... Avec,... Avec joie !
En fait de joie c'est plutôt de l'appréhension. Mais je dois le flatter peut-être renoncera-t-il devant ma mine défaite et la peur évidente qui fait trembler ma voix.
De ses mains agiles Il coiffe et ramène mes cheveux sur la tête. A l'aide d'un cordon tiré de sa poche il les noue en une queue de cheval me libérant la nuque et le visage. Il se penche à mon oreille et murmure doucement.
- En chienne !
Je déglutis péniblement je lui jette un regard de chien battu pour tenter de l'amadouer… En vain. Lentement comme pour retarder l'échéance je me mets à quatre pattes sur le sol. Il s'éloigne se verse une énième tasse de café et se cale confortablement dans le canapé de cuir les jambes légèrement écartées.
- Vient là. Dit-il d'un ton autoritaire.
J'esquisse l'intention de me redresser pour le rejoindre. Je suis arrêtée net dans mon élan.
- NON ! ,… A quatre pattes !
Bien sur, suis-je gourde, j'aurais du le faire de moi-même sans que l'on me rappelle à l'ordre. Me voici traversant l'atelier, nue, à quatre pattes, me dirigeant vers lui, vers son entrejambe ou m'attend ce que je considère alors comme un suprême humiliation. J'atteins le sofa et je me place face à lui me redressant et prenant appuis sur ses genoux, croyant bien faire.
- Reste à quatre pattes. Sa voix s'est adoucie.
Je me remets à quatre pattes. Me voici le visage face à sa braguette. Il se redresse et tout en se calant au fond du canapé remet la tasse de café dans sa coupe qu'il pose délicatement au beau milieu de mon dos à la naissance de mes fesses. Me voici table basse, cela ajoute un peu plus à ma honte. Je ne peux faire de mouvement brusque sans la faire tomber ce qui, je n'en doute pas, provoquera son courroux. Tirant un bandeau de velours noir de sa poche il me l'applique sur les yeux le nouant fermement derrière la tête. Je perçois la douce chaleur de la tasse sur mes reins.
- Ouvre mon pantalon. Sa voix est calme mais ferme.
Me voici de nouveau confronté à mes démons. Tout mon être refuse ce que je vais faire et pourtant comme un automate, la raison abolie, je m'exécute. En tâtonnant, je dégrafe maladroitement un à un les boutons récalcitrants. La tasse vibre dans sa coupelle. Je fouille d'une main tremblante dans les sous-vêtements. J'ai un moment d'arrêt lorsqu'elle rencontre le bâton de chair. Je baisse la tête et étouffe un soupir. Il est encore temps de revenir en arrière de refuser l'innommable caresse. Il n'a pas le droit d'exiger çà de moi, c'est trop dégradant. Bien sur, je l'avais déjà fait, … En fantasme. Mais ce n'étaient que des fantasmes d'adolescente de ceux qui peuple mes songes et qu'on rêve de réaliser pour faire bisquer les copines lorsqu'on leur racontera. Mais là, c'est la réalité qui me rattrape. Je suis confronté à un homme dans la force de l'âge qui est en droit de tout attendre et surtout pas des atermoiements de gamine.
Sa voix me tire de ma réflexion.
- Ne t'arrête pas.
Bien sur que je ne vais pas m'arrêter. Comment faire autrement je ne me vois pas fuir, je ne peux plus faire demi-tour ! Je tire délicatement la verge hors de son écrin de coton. Une chaude odeur de musc mêlée de savon me parvient. Dans ma main le bâton s'affermit, grossit. Les yeux bandés je ne peux que le deviner à tâtons, mon autre main vient à mon secours. Quand elle rencontre le gland je la retire comme si je mettais brûlée ! Il a saisi mon mouvement de recul et semble s'en amuser.
- Embrasse-le.
Sa voix est calme, posée, impérative. Il me dirige comme il dirigerait une élève, imperturbable. Je me penche un peu plus vers l'avant. Ma bouche rencontre et effleure le gland. Je m'humecte les lèvres sèches d'émotion et dépose un baiser délicat sur l'objet de mon humiliation. C'est doux et lisse comme l'ivoire et je dois le dire maintenant agréable au contact. Mais il veut plus qu'un simple baiser.
- Un vrai baisé, avec la langue.
J'entrouvre la bouche que je pose sur le sommet du gland le lissant avec ma langue mimant un timide baisé. Je me sens un peu stupide de pas savoir. Il me laisse faire quelques instant puis d'une main leste appuie sur ma nuque. Je n'ai pas vu venir le geste, projetée vers l'avant j'embouche à demi l'objet de mes caresses. Surprise, je rejette la tête en arrière. La tasse de café tremble sur mon dos. Mais il insiste, sa main appui fermement sur ma nuque. Je ferme les yeux et suis le mouvement qu'il m'imprime, le premier outrage a été à demi consommé plus rien n'empêche d'aller plus loin. J'ouvre largement la bouche et lentement j'engloutis la sphère polie. Mes lèvres s'arrondissent autour de la colonne de chair qui durcit un peu plus. La pression s'accentue le gland se fraye un passage sur ma langue vers le fond de ma gorge. Je panique un peu J'ai du mal à respirer et un haut le cœur me gagne. Je ne peux m'empêcher d'émettre un gémissement de détresse étouffé. La pression sur ma nuque diminue, j'en profite pour repousser un peu du sexe qui empli ma bouche. Une nouvelle pression me force à engouffrer ce que j'avais lâcher. De nouveau le gland bute au fond de ma gorge et me suffoque. Peu à peu le mouvement devient plus ample. De sa main il rythme le va et vient à sa convenance. La cadence prise, il lâche ma nuque, mais je n'interromps pas la caresse. Avec beaucoup d'application j'offre à mon Maître l'embrassade honnie, détestée. Je prends de l'assurance et m'enhardis, je coiffe le gland de mes lèvres et ma langue parcours la colonne palpitante. Pendant ce qui me semble un siècle ma bouche n'est plus qu'un instrument de jouissance. Et je me vois à quatre pattes les jambes écartées une tasse de café sur les reins, ma bouche forcée, réduite à un objet de plaisir. Cette image intérieure provoque en moi un sentiment de honte et de sensualité mêlée. Enfin le rythme ralentit et finit par s'arrêter. Il me saisit la tète à deux mains. Je garde le gland palpitant posé sur ma langue. Il détache le bandeau qui occulte ma vue. Je ferme les yeux pour poursuivre mon songe intérieur, regagner mon refuge.
- Regarde-moi.
Sa voix est ferme et je ne peux qu'entrouvrir les yeux. De haut il me contemple en souriant et passe une main délicatement sur mon front tandis que de l'autre il parcourt des ses doigts le contour de mes lèvres distendues. Je suis morte de honte et de confusion, mes joues s'enflamment sous son regard. Il se penche sur moi pour reprendre sa tasse de café. Je tente désespérément de garder le gland dans ma bouche sans le lâcher. Il se rejette en arrière. Prenant son temps, et, savourant ostensiblement la situation, sirote un peu de café tout en me détaillant à loisir la bouche emplie de son désir. Satisfait, il repose la tasse dans sa coupelle et sur mes reins. D'une main posée sur ma tète m'oblige à reprendre le va-et-vient. Ma bouche est maintenant parfaitement lubrifiée de salive Cela me semble plus facile. Il accompagne le mouvement d'imperceptible coup de reins. Le rythme s'accélère. Pour me concentrer sur ma tache je ferme les yeux. Soudainement le mouvement s'arrête le gland gonfle et durcit un peu plus, un liquide doux et âpre envahit ma bouche, éclaboussant mon palais s'insinuant dans mes joues coulant vers ma gorge me noyant, m'étouffant. La surprise me fait sursauter violemment, je me recule, je me dégage de l'étreinte en un mouvement brusque qui fait chuter à terre la tasse et le café. Je recrache sur le sol avec écœurement la liqueur salée qui souille ma bouche toussant et raclant ma gorge pour en rejeter la moindre goutte. Je n'ose le regarder, je reste à quatre pattes la tête baissée les yeux humides reprenant mon souffle et attendant ses remontrances. Elles ne viennent pas. Il prend le temps de se réajuster. Puis il s'adresse à moi.
- Et bien, … Il va falloir que tu apprennes à garder ce qu'on t'offre. Dit-il d'une voie gouailleuse.
Je ne réponds pas, j'ai trop honte.
- Lève toi et essuie ce que tu as fait.
Je m'exécute rapidement saisis un rouleau d'essuies-tout près de la cafetière et je m'accroupis essuyant le café et le liquide opalescent qui tachent le sol. Je replace la tasse et sa coupelle à côté de la cafetière.
- Va te rhabiller c'est bon pour aujourd'hui on se revoit demain. Je te laisse le temps de réfléchir, tu devras me faire une proposition de punition. il semble contrarié.
Penaude, la tête toujours baissée.
- Oui Monsieur.
Je file vers la cabine pour me rhabiller. Lorsque je ressorts je suis sur le point de quitter l'atelier quand Je suis arrêtée net.
- Attends,... Tu n'as pas fini, … Tu oublis çà.
Il pointe de son index quelques gouttes de spermes qui tache le cuir du sofa. Je m'empare de nouveau du rouleau de papier et vais pour essuyer…
- Non, non, non ! S'exclame t il.
Je le regarde étonnée, je ne comprends pas.
- Avec ta langue.
Mon sang se fige. Mon humiliation n'est donc pas finie ? Je prends une profonde inspiration et regarde longuement le liquide blanchâtre. Lentement je m'agenouille. Mon visage s'approche du cuir noir. Je ferme les yeux et lèche lentement la surface froide recueillant les quelques gouttes salées réprimant un haut-le-cœur. Ma besogne achevée je me relève la bouche emplie de la saveur de mon Maître. Il me saisit par le menton. Mon regard se détourne, mon avilissement est insupportable. Je ne suis pas fier de moi.

 

Lorsque je quitte l'atelier je m'enfuis presque. Je me suis réfugiée dans mon meublé. Je n'ai rien pu manger ce soir là. J'ai rageusement jeté cette séance sur le papier. Au fur et à mesure que je me racontais j'ai pris conscience du plaisir ressenti à cette extrême humiliation. Et je me suis surprise à faire tourner ma langue à l'intérieur de ma bouche pour y découvrir un reste de Lui.
C'est en fin de compte avec une certaine bonne humeur que j'ai prise une autre feuille de papier et commencé à aligner les possibles pénitences qu'Il pourrait m'appliquer.

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