Les Carnets d'Emilie

18 févr. 18

Chap. 55. Crescendo.

Je sursaute et me retourne vivement. Mes yeux confirment ce que j’avais entendu.
C’est Kristale !
Elle n’est pas seule.
Elle est accompagnée d’une femme que je connais. Nous nous sommes brièvement croisées a la Colombière l’année dernière.*
Toute vêtue de noir, les cheveux aile de corbeau aux reflets métalliques et un maquillage charbonneux. Elle tranche étrangement avec la blondeur ivoirine et l’ensemble de lin blanc de Kristale. Elle a une trentaine d’année peut être plus et son accoutrement me semble parfaitement étudié pour s’accorder avec le pelage du dogue noir qu’elle traine au bout d’une imposante laisse de cuir patinée par l’usage qui, après examen détaillé, se révélera être un long fouet de cuir tressé transformé en laisse.
C’est Maud, accompagnée de son molosse !
Laure et moi nous levons d’un seul élan de nos transats et prenons une pose respectueuse. Kristale dépose sur la table la plus proche un sac de plage qu’elle portait en bandoulière, et lance sans nous regarder.
— Alors ? Cela s’est bien passé ?
Aucun salut, aucun geste de courtoisie, de retrouvailles, tout se passe comme si son absence avait été effacée.
Elle fait un pas en avant.
— Viens là Isabelle !
Sans hésiter je vais à sa rencontre. Arrivée à sa hauteur elle me saisit par le coude et me force à me retourner. Je comprends que c’est pour s’assurer que Laure a bien suivie ses directives. Par-dessus mon épaule elle lui lance.
— Hé bien ! C’est une petite fouettée pour jouvencelle que tu lui as donné…
Perspicace, elle continue.
— Vous avez joué, n’est ce pas ?
Elle s’adresse à Laure qui ne ment jamais.
— Oui, Madame !
Elle prend alors Maud à partie.
— Regarde-moi çà ! Qu’est-ce-que tu en penses ?
Elle me tourne de nouveau pour présenter ma croupe à son amie. Je me retiens de lever les yeux au ciel. Je suis la seule à être nue et il est des plus humiliant d’être ainsi montrée comme un bibelot. Je garde la tête baissée et les mains jointes sur mon ventre en une attitude marquant ma résignation, le poing gauche dans ma main droite. Maud s’approche. Le dogue la suit et se met à me flairer les mollets. Je serre les dents. J’ai peur des chiens. La truffe froide insiste et se balade jusque au dessus du genou, puis m’abandonne, soulagée.
— Quand a été donnée la punition ?
Laure répond immédiatement
— Hier soir, Madame !
« Madame ». Maud a donc bien le statut de maîtresse.
— Effectivement, ce n’est pas bien méchant… Tu as retenu ta main ?
Mon visage se décompose. On voit bien que ce n’est pas elle qui a reçu les coups.
Laure qui me fait face tente de se justifier, se tourne vers Kristale.
— J’ai pensé qu’il ne fallait pas trop la… défigurer… pour ce soir !
Kristale n’est pas convaincue par l’argumentation.
— Mouais ! Bien !  On va remédier à çà ! Laure, va me chercher la cravache… Et pas la badine hein !… Trop fine !
La Kajira s’éloigne avec empressement.
Kristale me saisit par le bras et me traine jusqu'à la table libre la plus proche.  Elle empoigne mes cheveux, les regroupe au dessus de ma tête et tirant dessus me force à me pencher sur la surface métallique. Mes seins entrent en contact avec la surface glacée, mais je ne proteste pas. D’un même geste elle s’empare de mes mains et me les ramène dans le dos. La bascule me fait poser la joue sur le métal froid  mes cheveux retombent sur mon visage et m’aveuglent. Je plonge dans une vapeur de lumière pourpre qui sourd entre mes mèches rousses. Je sais pourquoi je suis ainsi exposée. Je garde les jambes serrées.
—Cela te dit d’exercer tes talents sur ce joli cul, ma chérie ?
La réponse de Maud ne se fait pas attendre
— J’y pensais justement.
—  Viens, caresse-moi çà ! Comme elle est douce !
Une main froide se pose sur mes reins et parcourt les globes de mes fesses outrageusement projetés comme pour en jauger les possibilités.
— Cela va être un vrai plaisir. Elle donne vraiment envie.
Tout en continuant à me tenir les poignets fermement Kristale se place face à moi en s’asseyant sur une chaise libre. Son visage se rapproche, je sens son souffle sur ma nuque prés de mon oreille. Elle murmure.
— Maud va s’occuper de toi !
— Tu ne veux pas que j’utilise mon fouet ?
Et je sens la laisse du chien qui se promène sur mes cuisses tendues.
Kristale a un moment d’hésitation
— Non ! Çà va être un peu fort ! Laure a raison, il ne faut pas trop la défigurer  pour ce soir… D’autant plus que ces messieurs vont lui administrer une autre volée.
Je me pince les lèvres pour ne pas penser à cette échéance.
Je n’ai pas entendu les pas de Laure, Féline.
— Merci Laure !
— Une barre de cuir se pose sur le haut de mes fesses s’y appuyant fortement pour bien me faire comprendre que c’était là l’instrument de mon prochain tourment.
Maud s’exclame.
— Je veux qu’elle compte !
Le souffle de Kristale sur mon oreille.
— Tu as compris Isabelle ?
Bien sur que j’ai compris, Maud veut ajouter mon humiliation à son plaisir. Mais je ne réponds pas à Maud et murmure à l’intention de Kristale.
— Oui, Madame !
Maud a perçu mon acceptation du bout des lèvres et c’est une trainée de feu qui y répond. Je sursaute de tout mon corps, me cabre violement et  ne peux retenir une ruade et un cri de douleur tellement le coup est violent.  Sursaut jugulé par l’étreinte de Kristale sur mes poignets. Mon visage retombe sur la table. J’halète de souffrance tandis qu’un feu liquide sourd de la morsure de la cravache et se répand sur mes reins. Je fais une grimace et mon corps se tend comme un arc en attendant le deuxième choc.
Mais il ne vient pas.
—Alors ?
Kristale me rappelle à l’ordre. Je dois égrener les coups de mon tourment.
Je souffle
— Un !
— Plus fort !
— Un !
— Crie-le !
— UN !
A peine hurlé le début du décompte qu’un nouveau sillon de feu s’ouvre sur le haut de ma croupe. Encore une fois la douleur vibrante est si intense que je ne peux m’empêcher de hurler. Ma raison s’abolie. Croyant m’attirer les bonnes grâces de Maud mon cri se termine par un…
— DEUX !
Cela n’a pas attendrit mon bourreau, qui n’a cure des larmes qui jaillissent de mes yeux écarquillés par la souffrance.
—TROIS !
Le monde se recroqueville et se réduit au bas de mon dos et de l’incandescente douleur qui irradie a la surface de ma peau.
— QUATRE !

— CINQ !
Au fil des coups La douleur s’estompe laissant place à une sorte de vacuité de mon corps. Je ne serais bientôt plus qu’une plaie ouverte qui reçoit le stick de cuir à pleine volé sans sourciller, parce que la douleur accumulée est plus forte que celle reçue. Même mes hurlements s’estompent et finiront par mourir.
— Neuf !
Je n’arrive plus à crier et ma raison vacillante n’arrive même plus à souhaiter que cela s’arrête. Seul le fil de mon décompte me rattache encore à la réalité
— Qua..tor.. ze !
Je perçois à peine la voix de Kristale qu'estompent les brumes délétères de mon supplice.
—Attends ! Arrête !
Elle s’adresse à Maud.
Me laissant groggy, elle se lève, me lâche les mains qui retombent de chaque cotés de mes hanches, inertes, puis crie d’une voix forte.
— Bonjour, monsieur Hector !… Je vous ne vous avais pas vu… Vous allez bien ?...
Derrière moi une voix lointaine, inintelligible, lui répond.
Elle insiste.
— Approchez donc !
Mon sang se glace.
Comme par enchantement la brulure de mes reins reflue et la douleur résiduelle s’estompe en une sourde chaleur palpitante. Instinctivement je serre les genoux. Le jardinier que j’ai croisé dans le jardin, a qui j’ai servi mon image la plus prude, la plus timide et embarrassée. Celui a qui je m’évertuais de cacher au mieux ma féminité et surtout les marques de ma croupe, va me voir entièrement nue, renversée sur une table de jardin, les fesses striées, projetées, offertes à la contemplation de tout à chacun, impudique.  Je me pince les lèvres de frustration et plisse les yeux pour en expulser les dernières larmes qui s’écrasent sur la table.
Des pas lourds et trainants, se rapprochent derrières moi.
Kristale a le don, et le goût,  de me mettre dans les pires embarras.
— M. Hector ! Toujours aussi matinal !
Une voix bourrue mais respectueuse lui réponds.
— Il faut bien çà M’dame, après il fera trop chaud… Je viens de terminer la taille du cornouiller… Il a gelé ce printemps… Il ne fera pas de fleurs.
—C’est bien dommage ! C’est rare les gelées ici, pas de chance ! Peut-être faudra-t-il le changer de place !
— Oui M’dame, çà serait préférable, peut-être le mettre prés du…
Je m’échappe dans mes pensées tout en essayant de ne pas bouger, réduisant même ma respiration au minimum. Se faire invisible, du moins en esprit. Comme si mon immobilité pouvait détourner l’attention du jardinier de la jeune fille nue qui lui tourne le dos et lui offre le spectacle de son humiliation.
— Elle est jolie n’est ce pas ?
L’homme a un raclement de gorge.
Je l’imagine embarrassé par Kristale qui vient de surprendre un regard furtif sur ma croupe offerte, pendant leur conversation horticole.
— Oui M’dame… Je lui ai déjà dit… Tout à l’heure !
— Ha ! Vous vous êtes déjà rencontré ?
— Dans le jardin M’dame !
Un silence puis elle lance à brûle pourpoint.
— Elle vous fait envie ?
Je me pince les lèvres un peu plus fortement. Maud vient s’assoir à ma droite et s’accoude sur la table. Elle repousse mes cheveux sur ma nuque pour contempler mon visage en silence et me lance un clin d’œil, elle a deviné le jeu de Kristale.
Le jardinier a un silence embarrassé.
— Elle ne vous tente pas M. Hector ?
— Oh que oui, M’dame ! Mais je ne sais si...
Kristale pose une main sur mon épaule et ne lui laisse pas le temps de terminer.
— He bien, elle est à vous !
Elle semble se raviser, et s’adresse directement à moi.
— Enfin ! Si Mademoiselle Isabelle n’y voit pas d’inconvénient !... Si elle ne prononce pas les mots que j’attends d’elle !
Nous y voilà ! Je sais que Kristale utilisera tous moyens pour me faire révéler le mot de passe qui verrouille ma soumission. M’offrir en pâture au vieux jardinier de la maison et m’humilier un peu plus, en fait partie.
— Alors, Mademoiselle ?
Malgré la honte intense qui s’empare de moi, et consciente de ne pas faillir à mon Maître, je n’hésite pas.
— Oui, Madame !
Kristale est surprise.
— Oui… Quoi ?
Pense-t-elle que je vais lui donner ce qu’elle attend de moi ?
— Oui… Je n’y vois pas d’inconvénient, Madame !
Et intérieurement, résignée, je me prépare déjà à l’assaut qui ne va pas manquer de se produire.
Elle  réplique immédiatement, comme pour elle-même.
— Oui bien sur, je ne m’attendais pas à cela aussi facilement. Tu préfères faire ta chienne jusqu’au bout… On verra bien çà !
Puis elle s’adresse directement au jardinier.
— Elle est à vous Hector ! Elle est d’accord… Mais s’il vous plait, n’enlevez pas vos gants, cette jeune fille à du piquant !
Je sens un mouvement derrière moi. Un temps de latence, un grognement dépité d’Hector.
Amusée, Kristale s’exclame.
— Ha oui, je vois!…Comme la derniere fois ?... Laure tu aides Monsieur Hector ! Mets le en forme et introduit le !
Laure s’approche, ses longs cheveux frôlent mes cuisses et je devine qu’elle s’agenouille.
Je ferme les yeux et imagine la Kajira s’exécutant, ouvrant le pantalon de velours côtelé du jardinier et s’activant des lèvres de son mieux pour affermir la virilité déclinante du vieil homme. Et je sais qu’elle est maitresse en la matière.
Le silence se fait autour d’un discret bruit de succion et des grognements montant de l’homme. Parvenue à ses fins, Laure se relève rapidement, sa main glisse entre mes jambes. Pressée, elle me griffe peu mais ce n’est rien en comparaison du feu qui a envahi tout mon postérieur et pulse sourdement. Je sens ses doigts qui écartent sans ménagement mes lèvres humides et y présente le gland d’ivoire qu’elle a poli consciencieusement de la bouche. Ainsi guidé l’homme n’a plus qu’a forcer l’entrée moite qui lui est offert.
Ce qu’il fait avec précipitation. Sa progression est fulgurante. Peu sûr de la duré de ses capacités, il veut manifestement en profiter pleinement. Et c’est en un instant qu’il se loge à l’intérieur de mon fourreau, si fichant profondément. Sous l’âpreté de l’assaut, mes cuisses cognent contre la table de fer. Je serre les poings et me mords un peu plus les lèvres. Malgré son âge il a une taille suffisante pour me combler au plus profond et assez de vigueur pour me le faire sentir. Ses deux mains gantés de cuir râpeux s’emparent de mes hanches et tire violement dessus pour augmenter encore un peu plus sa pénétration. Parfaitement installé en moi il entame alors un pilonnage frénétique rythmé par un borborygme incompréhensible dans lequel je crois deviner les compliments qu’il me destine. — Hooo ! la salope… La pt’ite salooope, hmm, Hmm, la salope…
 Il n’a fallu qu’un instant pour que le jardinier affable, le courtois vieil homme, emporté par son désir libidineux, perde toute retenue et se transforme en satyre rustique à l’empressement grossier.
Mon esprit s’évade, et flotte au dessus de la scène du jardinier chapeau de paille élimé vissé sur la tête, la verge à peine sortie de son pantalon de velours plantée entre mes jambes, qui me pilonne consciencieusement dans des râles gutturaux. Laure s’est détournée, aussi indifférente à ma déchéance que le grand chien noir couché paresseusement  à ses pieds. Maud et Kristale le sourire triomphant, hautaines, affichant un feint écœurement, échangent des clins d’œil complices par-dessus mon corps offert au caresses rugueuses des gants de cuir, contentes de l’épreuve supplémentaires qu’elles m’imposent.
Tous cela je n’en ai cure…
Je m’échappe…
Comme à mon habitude !

* Une Saison d’Airain, Chap. 50. Canary Bay.

A suivre : Chap. 56. La Meute.

 

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10 janv. 18

Chap. 54. Une biche aux abois

Une lumière intense vient me frapper le visage, un courant d’air frais monte le long de mes jambes me frôle le ventre et s’évente sur ma poitrine, la pointe de mes seins se dressent sous la caresse. Je cligne des yeux et me tourne sur le coté lançant un bras à la recherche de la belle odalisque qui a partagé ma nuit.
Le lit est vide.
Péniblement,  je me redresse sur la couche de nos ébats et je souris, le gros édredon gît sur le côté du lit, replié sur lui-même comme un bibendum dégonflé. Le drap est chiffonné au pied du lit, le traversin replié et tassé sur lui-même et il manque un oreiller. Je me tourne. Il est au sol à l’autre bout de la chambre. Je remets de l’ordre dans mes cheveux ébouriffés et fronce les sourcils. Comment a-t-il pu arriver là ?
Une des fenêtres est grande ouverte. Il est tôt. Le soleil pénètre à flot dans la chambre et inonde le lit, mais il n’a pas encore la chaleur promise de la journée.
Je me déplie et me lève gagnant la fenêtre. En contrebas Laure, en peignoir, est installée sur la terrasse de la piscine, attablée devant un copieux plateau de viennoiserie. Mon ventre lance une plainte de rappel. Je retiens une grimace de dépit. Elle a perçu ma présence et lève la tête vers moi. Un large sourire et un geste en ma direction —Viens !—

Je cherche un instant dans la chambre de quoi me vêtir, lorsque je réalise que cela ne fais certainement pas partie de mes prérogatives d’être habillée, aussi peu que cela soit. Je renonce donc et m’aventure nue hors de la chambre. Je descends à pas comptés le large escalier de chêne qui mène au séjour et de là gagne la terrasse.
Sans un mot je prends place en face de Laure pendant qu’elle pousse vers moi un mazagran.
— Thé ou café ?
Je lorgne vers la panière de viennoiseries
— Je peux avoir du chocolat et un croiss… ?
La réponse fuse.
— Non.

— Tu sais bien que non… N’essaye pas s’il te plait !
Je me résigne.
— Thé …avec du sucre ?
D’un geste las et en soufflant du nez, elle pousse vers moi la sucrière.
Tout en portant la tasse à mes lèvres je lance innocemment.
— Tu ne devais pas me fouetter ce matin ?
Laure croque à pleines dents dans un croissant.
— Humm, Non… C’est Kristale qui devait le faire… Mais elle n’est pas encore arrivée.
Elle a un geste évasif.
Ce n’est pas son problème et n’a pas à anticiper les désirs de sa maitresse du moment. Surtout si çà ne l’enchante pas. En çà elle agit en parfaite Kajira, libre dans les limites de sa soumission choisie. Mon ventre gargouille  et le fumet des viennoiseries encore chaudes n’arrange  rien à l’affaire. Je repousse la chaise et me lève. Je contemple les alentours et décide que quelque pas me feraient du bien et surtout m’éloigneraient des tourments du buffet.

Nonchalamment, sans but précis, je longe la piscine et gagne le fond du terrain. Le jardin est méticuleusement entretenu. C’est une garrigue policée aux buissons taillés en nuages comme dans un jardin japonais mais d’une facture toute méditerranéenne. De grands pins parasols en forment la voûte et au sol un petit chemin de dalle d’ardoise invite à s’y promener. Curieuse, je m’y engage. Les ardoises sont tièdes sous mes pieds nus je frôle des mains les buissons de sauge et d’estragon libérant des parfums épicés. Je m’enfonce dans le sous bois en goutant le plaisir ouaté d’être entièrement nue au milieu de la végétation qui s’éveille sous le soleil. Enjouée, j’esquisse un pas de danse et tournoie sur moi-même les bras écartés, les yeux mi-clos et au détour de l’allée bute sur une forme courbée sur un buisson qui se redresse lentement.
Je fais un pas en arrière en lâchant un petit cri de surprise.
— Ho… Excusez… moi ! Je...
l’homme se redresse mais reste à genou face au buisson.
Un vieil homme au visage buriné mais avenant,  à la barbe poivre et sel, aux cheveux blanc qui s’échappent d’un chapeau de paille élimé. Il porte un pantalon  de velours côtelé noir tenu par une large ceinture de cuir et une chemise de bucheron canadien à gros carreau rouge. Un tablier de serge bleu le protège  et un sécateur pend dans sa main droite ganté de cuir épais. Un personnage tout droit sorti d’un roman de la comtesse de Ségur.
 Je fais un nouveau pas en arrière et instinctivement cache mes seins de mon bras gauche  et mon ventre de ma main droite.
Je balbutie, consciente de l’incongruité de ma tenue.
— Je… Désolé je ne vous avais pas vue !
Les yeux bleus profonds de l’homme pétillent de malice en me détaillant de la tête aux pieds.
— Vous êtes bien jolie, mademoiselle !
Le compliment fait avec un accent du sud charpenté accroît encore mon trouble et une chaleur intense enflamme mes joues.
Je fais encore un pas en arrière.
— Je… Merci.
Je suis sur le point de me retourner et prendre mes jambes à mon cou lorsque je me rends compte qu’ainsi j’offrirais à sa vue mon dos et mes fesses striées du rose des coups de fouet. Je me refrène et lentement, à reculons, m’éloigne de l’homme qui reste, immobile,  à me dévorer des yeux.  Pas à pas je finis par prendre suffisamment de distance et au contournement d’un arbuste touffu me retourne et cours vers la piscine avec le sentiment d’un regard pesant sur ma croupe marquée.

Je surgis en trottinant prés de  Laure qui a pris place sur un des transats, elle lève les yeux de la revue qu’elle est en train de parcourir, interloquée par mon attitude de biche aux abois qui vient se réfugier près d’elle.
— Il y a un homme là bas… Dans le jardin !
Je garde un bras sur ma poitrine et une main sur mon sexe nu, tournant instinctivement le dos à la direction que j’indique du menton.
— Ha oui !... C’est Hector… Le jardinier !
Et elle se replonge dans sa lecture.
— Mais heu !... Je vais restée comme çà !
Je fais allusion à ma nudité.
Cette fois elle repose son magazine et prend un ton exaspéré.
—  T’inquiète pas ! C’est le jardinier de la maison… Il en a vu d’autres. Et puis tu ne risques pas grand-chose avec lui… A moins que tu y mettes vraiment du tiens… Si tu vois ce que je veux dire !
Elle a un clignement d’œil appuyé à mon attention.
Interloquée je m’assois sur le transat le plus proche.
— Mais, il fait partie de… du…
Laure sourit.
— Non, pas réellement. Mais on peut compter sur sa discrétion.
Intriguée par le « pas réellement » Je continue.
— Mais… s’il voulait… Il pourrait… Enfin tu vois ! Toi… Moi !
— Si il lui en venait l’envie, oui ! Et tu ne pourrais pas t’y soustraire.
Je frissonne
— Ha ? Et toi tu a déjà ! … Avec l…
Je ne termine pas ma phrase. Une exclamation vigoureuse aux intonations germaniques m’interrompt net.
— Ha ! Enfin mes chéries, vous voilà !

A suivre : Chap. 55. Crescendo.

 

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26 déc. 17

Chap. 53. Les feux de la nuit

Distraitement j’observe la chambre qui m’a été désignée. Un peu désuète, des papiers peints fleuris et de lourds rideaux de velours mordorés qui bordent les deux fenêtres entrouvertes sur la nuit. Le jardin est encore illuminé. La piscine émet une lueur iridescente, hypnotique. Mon jeun commence à faire ses effets, je me sens légère, détachée du monde.
Le lien de chanvre me pince la peau du poignet gauche, surprise, je lance un petit cri de protestation. L’étreinte se relâche et le doigt de Laure se glisse entre le lien et ma peau pour en vérifier la tension. Nous échangeons un sourire de compassion et de compréhension. Tandis qu’elle s’affaire, mon attention se reporte devant moi. Je suis face à un lit à baldaquin lourd et massif garnie d’un volumineux édredon qui s’accorde parfaitement à la chambre, mes cuisses nues s’appuient sur le pied de lit sculpté et Laure entreprend de lier mon poignet droit à l’épaisse colonne qui soutient le ciel du lit.

— Tu veux que je t’attache ?
La question m'est posée à brûle pourpoint pendant qu’elle me faisait visiter ma chambre. Devant mon regard d’incompréhension, elle précise.
— Pour te fouetter. Tu veux que je t’attache ?
— Je… Je ne sais pas… Tu crois que c’est nécessaire ?
Elle a une petite moue rieuse en détournant le regard
— J’aimerais bien !
La candeur de la Kajira me désarçonne.
— Ha ? Alors d’accord ! Tu peux !
Et je me rends compte immédiatement que je viens de donner mon autorisation. Nous ne sommes pas ici dans un rapport de maître à soumise et cela me laisse dans l’expectative.

Il ne faut pas longtemps à Laure pour achever de me lier fermement les poignets aux colonnes du baldaquin. Crucifiée, je laisse tomber ma tête dans une attitude de totale résignation. Je joins fermement mes cuisses et me cambre pour tendre ma croupe comme se doit de le faire une soumise promise au fouet. Laure parfait ma posture en glissant ses mains sur mes cuisses pour en tendre les genoux et appuie sur mes reins pour en accentuer la cambrure. Je ferme les yeux et l’entends ouvrir un autre tiroir de la même commode où elle a trouvé les liens de chanvre. Elle revient vers moi et cette fois c’est une caresse de cuir glacé qui se met à courir sur mon dos. Une caresse, promesse de souffrance.
—  Combien ?
Sa voix est froide, impersonnelle. Comme si tout à coup elle prenait une distance avec moi. Elle a juste une tâche à accomplir dans le jeu de Kristale.
Je balbutie
— Que… Combien quoi ?
— He bien ! Combien de coups de fouet ? Six,  neuf, douze, quinze… ?
Une chape de chaleur me tombe sur les reins et mon esprit se met à tourner à toute vitesse. Quoi ! On me donne à choisir ?
Je devine immédiatement le piège et le supplice moral qu’il implique.
Trop peu et je risque le plus !
Je sais que cela va par trois. Ça, Mon Maître me l’a appris.  J’essaye de me souvenir ma dernière incartade qui a conduis à une flagellation. Je n’ai pas compté, mais je sais que cela a duré une éternité.
Je déglutis et me mord les lèvres d’indécision. Je relève la tête et cherche à voir ce que tient Laure entre ses mains. Elle a saisi mon regard et tend son bras en face de moi.
En fait de fouet il s’agit plutôt d’une badine de cuir tressé. Très mince mais nerveuse sur toute sa longueur et terminé par une fine boucle de cuir. La main de Laure en tiens fermement le manche  et l’agite doucement devant mes yeux.
— Alors ?
Je connais ce type de badine. Bien utilisée sa finesse permet des coups nombreux et terriblement cinglants sans que cela ne marque trop. Un peu comme les cordes de nylon d’une corde à sauter qui, gamine, me cinglaient les mollets et parfois les cuisses lorsque je n’étais pas assez rapide.
Je cherche à accrocher le regard de ma tortionnaire et lance avec une moue interrogative.
— Douze ?
Laure a un large sourire
— C’est ce que j’aurais choisi aussi !
 J’ai à peine le temps de voir la badine disparaître de mon champ de vision qu’un long trait de feu incendie le bas de mon dos. Le claquement de la deuxième  volée couvre mon cri de surprise et j’ai à peine le temps de me crisper de tout mon corps que déjà le troisième coup ouvre un sillon brulant au creux de mes reins.
Je suis sur le point de protester, de montrer ma désapprobation à cet assaut sans avertissement  que ma bouche s’ouvre sur un nouveau cri de douleur figé. Une nouvelle série de trois cinglées assenées sans retenue me coupe littéralement en deux.
Cette fois je cris de tout mon être et implore la Kajira de tempérer sa main.
Une sueur malsaine me couvre la peau et je tremble de tout mon corps et tente de reprendre mon souffle, haletante.
Une main fraîche se pose sur ma croupe endolorie.
— Allons Isabelle ! On en est déjà à la moitié. Tu voudrais que cela aille moins Vite ?
Je tire sur mes liens et tente de reprendre mon souffle profitant de l’accalmie. Je balbutie.
— Ho Oui !… Non ! … Non, mais …
Ma respiration saccadée parle pour moi.
La main de Laure de ma croupe glisse entre mes jambes. Les ongles de ses doigts curieux frôlent la rosette de mon anus et sans s’y attarder cherchent les lèvres sirupeuses de mon ventre offert. Tandis qu’elle tente de s’introduire  en moi, spontanément, j’écarte les jambes. Profitant de cette renonciation, elle s’enfonce sans vergogne dans le fourreau brûlant que je sais nappé de l’onctuosité du plaisir coupable, irrépressible, impossible à dissimuler à sa main
Elle a un petit rire de complicité et se penche sur mon oreille en murmurant.
— Cela te fait toujours cet effet là, le fouet ?
Honteuse d’exposer ainsi le plaisir que je prends sous sa main, je gémis dans un soupir de résignation coupable.
— Oui !
Gardant deux doigts profondément enfoncé en moi elle entame, de son auriculaire replié, un mouvement rapide, frictionnant le bourgeon turgescent de mon clitoris outrageusement gonflé. L’effet est immédiat. Une envolée de  papillons électriques  crépite dans mon ventre tourbillonnant jusque dans ma nuque. J’inspire profondément  pour masquer un soupir de plaisir.
— On continue ?
Je reprends un peu mes esprits, mais cherche à rester dans la vacuité doucereuse de ses caresses.
— Je… Oui… oui
je dernier oui meurt sur mes lèvres, comme à regrets. Ses doigts se retirent lentement pour aller enduire le manche de la badine de ma liqueur de cyprine. Je resserre les jambes pour protéger la tendre fleur des coups qui ne manqueront pas de la flétrir si je la laisse ainsi exposée.

— Sept !
J’ai à peine le temps de comprendre que Laure reprends le compte à haute voix qu’une traînée de feu cingle le bas de mon dos, juste à la limite de la taille.
— Huit !
Une lame rougie s’abat sur le haut de mes cuisses au pli le plus tendre. J’ai un rictus de douleur mais je retiens un cri en inspirant farouchement de l’air entre mes dents serrées. Je me hisse sur la pointe des pieds en attendant le coup  suivant qui je le sais ne vas pas se faire attendre.
— Neuf !
J’ai l’impression que la lanière de cuir me coupe en deux. Laure n’a pas retenu sa main et la badine a ouvert un nouveau sillon de feu juste au dessous du premier coup encore cuisant. Cette fois je ne retiens pas mon cri et je rue, me tortille sous la douleur. Mais les liens de chanvre me maintiennent fermement au baldaquin et mes  vaines confortions ne me feront pas échapper à la prochaine volée.
— Dix !
Courage ! Je serre les dents tandis que la lanière s’écrase au beau milieu de mes fesses
— Onze !
Un trait de feu grésillant manque de peu ma fleur exposée mais protégée entre les deux globes protecteurs qui encaissent les dommages du coup à sa place. Je ne retiens pas une larme qui roule et s’écrase sur le pied de lit de bois sculpté. Mais je ne crierais plus !
— Douze !
Je reçois avec soulagement la dernière morsure de braise qui me fait ployer les genoux sous le choc. Pour la dernière, cette fois encore, Laure ne s’est pas retenu.

C’est enfin fini !
Je me redresse et dégluti avec peine. Une feu intense court sur mon dos et incendie mon ventre et mon entrejambe. Je ferme les yeux pour goûter l’embrasement sourd d’un  plaisir trouble qui me laisse abasourdie.
Laure entreprend de me délier.
Mes bras retombent le long de mon corps. Instinctivement, je passe mes mains sur mes hanches et mes fesses à la recherche des scarifications que le fouet n’a pas manqué d’y laisser et me dirige vers le miroir qui orne un immense bahut de chêne cérusé en face du lit. Je me cambre lui offrant ma croupe et me contorsionne pour contempler par-dessus mon épaule l’étendue du ravage.
A mon grand étonnement je n’y contemple que de longues estafilades roses sur ma peau de lait qui s’estompent déjà. Bien plus vite que le feu intérieur qu’elles ont allumé. Je me retourne vers Laure ravie que son ouvrage n’ait pas défigurer mon dos.
Elle me répond d’une voix enjouée.
— Cela te va ? Tu es contente ?  Je ne t’ai pas trop abimée ?
— Je… Non ! Non… Merci !
Elle jette nonchalamment la badine dans un coin de la pièce.
— Du bon travail… Et tout travail mérite salaire !
Le plus naturellement du monde elle dénoue le peignoir qu’elle porte depuis sa sortie de la piscine. Il glisse à ses pieds la laissant nue. Sans se retourner, elle s’assoie sur le lit et d’un lascif mouvement de reptation sur les coudes s’enfonce dans l’édredon se calant au beau milieu du lit, offerte, comme le serait un bijou de chair  au milieu d’un écrin de satin. Impudique, elle écarte largement les cuisses dévoilant un fruit charnu parfaitement glabre fendu de pourpre qui laisse sourdre un filet de jus opalin. Elle aussi a pris son plaisir à me fouetter ! Et l’invite est clairement faite de le lui prolonger d’une manière la plus douce.
— Viens là !
Ses yeux sombres pétillent de malice et c’est comme hypnotisée par la sculpturale Kajira je m’approche lentement du lit. Je  butte contre le montant de satin et y pose un genou. Je me penche. Un parfum intense de cannelle et de musc me monte au visage. Je bascule au ralentie en montant mon deuxième genou sur le lit et m’y voici cul par-dessus tête à y happer à pleine bouche le fruit offert. Mon cœur chavire lorsque mon menton se mouille et que mes dents rencontre le clitoris turgescent déclenchant une ruade de Laure qui se cambre et enfonce ses doigts dans mes cheveux roux, me forçant à boire à la source qui, je le sais, loin de les éteindre, ne pourra qu’embraser un peu plus les feux de la nuit.

A suivre : Chap. 54. Une biche aux abois.

 

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21 oct. 17

Chap. 52. La Galinière

On s’habitue à tout, à la douleur comme au plaisir.
Mais jamais à l’humiliation.
Jusqu'à ce qu’on regagne le ruban lisse et uniforme de l’autoroute  Laure ne m’a pas ménagée. Les virages et la chaussée mal entretenues ont ajouté aux vibrations du moteur entre mes jambes. Au fond de mon ventre les facétieuses grenailles, prisonnières des sphères, tressautent en tout sens créant une myriade de caresses intimes. Et c’est sans compter le poids des sphères jumelles qui semblent douées de vie propre sous les accélérations vigoureuses et cherchent à se rejoindre, inséparables.
La traversée de Montpellier a été des plus humiliante. Juchée haute, à cheval sur l’arrière du monstre rouge, les jambes à demi écartées, presque couchée sur Laure, la croupe offerte, projetée en arrière et cintrée de l’épais blouson de cuir, je ne pouvais pas passer inaperçue. Provocation aux mâles qui nous regardaient défiler devant eux, médusés.
Il n’a pas fallu longtemps pour que fussent les premiers lazzis et que les propositions les plus salaces se fassent aux arrêts des feux tricolores. J’avais l’impression que la ville entière contemplait, goguenarde, la suppliciée consentante que j’étais. Heureusement le casque sombre dissimulait aux regards le rouge de mes joues et la crispation de plaisir de mon visage.
La traversée de la ville m’a paru durer une éternité mais pourtant, peu à peu, la honte a laisser place à un trouble sentiment de fierté d’être ainsi exposée et désirée, provocante.
Bientôt les premiers embruns salés saturent l’air. Nous longeons maintenant la mer et nous nous engageons dans un de ces petits villages qui bordent la côte, anciens repères de pécheurs. Encore un instant et la Ducati stoppe devant un imposant portail de bois blanc. Sans arrêter le moteur Laure tend la main vers le pilier du porche et dans un déclic sec la porte s’ouvre lentement nous laissant le passage.
A peine ai-je le temps de déchiffrer la plaque d’émail bleu « La Galinière ». Le roadster s’engage au pas dans une grande cour intérieure et se gare devant une majestueuse maison typique de cette partie de la côte méditerranéenne.
Laure coupe le moteur.
Je continue à ressentir l’indécente vibration au fond de mes entrailles. Je descends d’un pas mal assuré, le ventre crépitant. J’ôte rapidement mon casque d’où s’échappe en cascade le flot de mes cheveux roux emmêlés et poisseux de sueur. Laure fait de même et s’assure que le portail se referme derrière nous.
- Viens !
Et sans attendre que je la suive elle se dirige vers l’ombre d’une pergola rehaussée de vigne vierge que l’on aperçoit à la droite de la maison.
Le pas de Laure est vif et décidé, je comprends son empressement lorsque j’aperçois la fraicheur désirable d’une large piscine aux eaux bleues. Elle pose son casque sur une des tables de fer peinte en blanc qui meublent le patio et d’un mouvement rapide se débarrasse de sa combinaison qu’elle  fait glisser le long de ses cuisses et laisse choir nonchalamment sur le sol. Elle était entièrement nue sous sa combinaison de motard et la voir surgir ainsi, majestueuse, de sa chrysalide de cuir pourpre me coupe le souffle.
Je reste bouche bée.
Elle me regarde et éclate de rire
— Allez! Ôtes-moi donc tout çà, tu ne crèves pas de chaud ?
Elle fait un pas vers moi et entreprend de me débarrasser de mes vêtements. Ils sont peu nombreux et un instant suffit pour que je me retrouve aussi nue que la belle esclave. Elle crochète d’un doigt la chaine qui entoure ma taille et qui relis les deux sphères douillettement installées en moi.
— Je t’enlève çà !?
C’est à la fois une injonction et une demande d’assentiment
Par la chainette qui se tend entre mes jambes, elle me tire à elle et me prend par les épaules pour me pousser vers une des tables du patio. Mes fesses touchent le bord froid, je ne peux plus reculer. La pression augmente, je me couche. Ma peau brulante entre en contact avec la surface glacée de la table. J’ai un petit gémissement de surprise mais Laure n’en tient pas compte. D’un geste vif elle écarte mes jambes et se glisse entre elles plaquant sa vulve onctueuse contre la mienne. Elle se penche sur moi appliquant ses seins sur les miens et appelle un baiser que je lui rend. Un baiser qui se prolonge sur mon cou et prés de mon oreille où elle susurre.
 — Tou’ a aimé ?
La belle italienne reprend facilement son accent lorsque nous sommes seules.
Je sais qu’elle parle des sphères indécentes qui s’agitent encore au fond de mon ventre quand, malicieuse, elle entame un discret mouvement de ses hanches comme pour  me pénétrer.
Troublée, mais contente de retrouver la chaleur de ses bras,  je resserre mes cuisses autour de sa taille pour en accentuer la pression et lance un « oui » énamouré à son oreille. Cela semble lui suffire et elle se redresse dardant ses yeux sombres au fond des miens.
— Madame  Kristale nous rejoindra  demain matin… Nous avons toute la nuit et la maison pour nous deux !
Je frissonne de tout mon corps et me laisse aller dans une douce torpeur alors qu’elle appuie son allusion par un baiser sur  mon sein droit en en mordillant le téton outrageusement dressé.  Je soupir d’aise et me laisse emporter par la dextérité amoureuse de la brune odalisque.
Retirer les boules de geisha est un jeu pour Laure ; Elle s’empare de la chainette et m’intimant de rester couchée sur la table, les jambes largement écartées, lui imprime de petites secousses en la tirant vers elle. Je me redresse sur les coudes pour l’observer. Elle s’amuse de me voir sursauter à chaque saccade. Comme dotées de leur volonté propre les sphères rechignent à s’extraire des douillets fourreaux. Je les sens toutefois progresser à l’intérieur de moi dans une langoureuse caresse. Laure s’arrange pour qu’elles effectuent le chemin de sortie de concert afin qu’elles atteignent leurs issus respectives au même moment. Lorsque je sens qu’elles dilatent les portes de mes orifices prêtent à abandonner leur refuge, dans un dernier geste,  comme un pêcheur qui fer sa prise d’un coup violent, ma douce tortionnaire force les deux sphères à s’expulser de mon ventre. Sous la surprise je ne peux m’empêcher de lâcher un petit cri vite réprimé.
Mues par l’impulsion et entrainées par leur vitesse, les deux sphères argentées spiralent dans l'air autour de la chaîne qui les relie et finissent par se coller l’une à l’autre dans un bruit sec achevant leur course qu’elles reprennent aussitôt en sens inverse sans se décoller, parfaitement soudées l’une à l’autre.
Je fronce les sourcils en observant leur étrange ballet. Elles sont aimantées ! Et je comprends mieux maintenant leur propension obstinée à vouloir se rejoindre en moi.
Laure, dépose les deux sphères sur une table voisine où elles restent sagement enlacées, immobiles. Elle se dirige vers la douche qui borde la piscine en me lançant une œillade, une invitation à la suivre.
— Tou’ est libre  maintenant !
Etonnant pourtant comme je me sens vide, je regarde une dernière fois les sphères damasquinées qui m’ont comblée et rejoins la Kajira sous la douche.

Je plonge sans élan m’enfonçant profondément dans l’eau fraiche. Je me laisse porter par mon élan en relâchant un peu d’air par le nez. J’ouvre les yeux et découvre dans un brouillard bleuté, à quelque mètre, le corps sculptural d’une vénus antique. De Laure  seul est visible sous le plafond iridescent de la surface les partie immergées, ses seins galbés aux sombres mamelons, son ventre tendu et ses jambes fuselées à demi écartées. Retenant ma respiration  je la rejoins en deux mouvements de brasse, écrasant mon visage contre son nombril orné d’un  joyau semblable à celui de Kristale  et y souffle une myriade de bulles d’air. A bout de souffle de remonte doucement à la surface en passant ma langue entre ses seins et émerge à quelques centimètres de son visage souriant, ravie de mon espièglerie.
Elle dépose un baiser sur mon front tandis que je reprends mon souffle. Je m’éloigne et me maintiens en suspension dans l’eau. J’observe les alentours, le jardin et la maison somptueuse.
— Cette maison est à Kristale ?
Laure fronce les sourcils, surprise de ma curiosité.
— Je ne sais pas !
— Tu ne sais pas ? … Tu y es déjà venu pourtant… Tu en as les clés !
Les deux bras en croix, agrippée au bord de la piscine Laure penche la tête sur le côté et fait la moue, mes questions l’ennuient, des questions sans importance pour elle.
— Oui… c’est Kristale qui me les a donnés… C’est comme çà !
J’ai envie de jouer.
— La Colombière pour les tourterelles… La Galinière pour les…. Poules… Elles choisie bizarrement ses noms !
Je lui lance une œillade malicieuse.
Laure fronce les sourcils, elle ne comprend visiblement pas.
Je change de conversation.
—  J’ai faim ! On va préparer le dîner ?
Le visage de Laure se durcit.
— Tu n’as pas le droit… Je vais te préparer un bouillon !
Déçue, je la teste.
— Mais Kristale n’est pas là ! Elle ne saura pas !
Laure détourne les yeux et comme pour elle-même murmure.
— Elle saura, Kristale saura… Il faut te donner le fouet aussi !
Un frisson me parcours, mais je n’ai pas envie de penser à cela. Je me ressaisis et m’éloigne d’un vif dos crawlé en riant.
— Il faudra que tu m’attrapes pour çà !
Laure feule un rire carnassier et lâche le rebord de la piscine, plongeant vers moi.
En riant, je me retourne sur la surface de l’eau et entame une nage endiablée. Mais je sais que je ne pourrais pas distancer la belle naïade.

A suivre : Chap. 53. Les feux de la nuit

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16 juil. 17

Chap. 51. Les sphères célestes.

Sans un bruit, Laure s’approche. Elle se glisse entre le sofa et la table basse où je suis agenouillée. Elle nous touche presque et son ventre parfaitement épilé se tend vers mon visage exhalant  une bouffée de parfum d’épices et de fleurs précieuses. Restant debout, elle écarte les jambes autant que lui laisse possible l’espace entre les deux meubles et glisse ses mains dans le dos. Attentive.
Kristale ne résiste pas à l’envie, et d’une main nonchalante se saisit de la cuisse de la belle italienne, la caressant comme elle le ferait d’un animal de compagnie.
— Bien … Reprenons les choses sérieuses !
Elle glisse une langue gourmande sur ses lèvres.
— Laure va s’occuper de toi suivant une règle stricte. Comme je te l’ai dit tu seras fouettée deux fois. Une fois le matin et une fois le soir… Peut-être plus, si nécessaire, ou suivant mes envies.
Comme je ne proteste pas, elle continue.
— De plus, à partir de maintenant tu ne prononceras aucun mots à part « oui »  et bien sûr celui que j’attends de toi.
Elle a un sourire de connivence à mon endroit, enlace la cuisse tendue de la belle et y pose la joue.
— Laure va te préparer pour ces quatre jours. Elle s’occupera de ta toilette, aussi bien courante, qu’intime. Je te veux parfaitement préparée et disponible à toutes les envies des hommes que tu vas combler demain soir. Ce qui inclut tes reins qui devront être libre et dégagés… Laure sait ce qu’elle a faire. Et pour ne pas gâcher cela tu resteras à jeun tout ce temps. Tu ne seras nourrie que de café, de bouillon et du sperme de tes amants.
Mon estomac se contracte et je contiens un sursaut nauséeux.
Kristale a perçu mon trouble. Elle a un petit sourire machiavélique et sa caresse sur la cuisse de Laure se fait plus ample, plus pressante.
— Tu vois le programme est simple, mais ne t’y trompes pas ! Je te réserve quelques surprises… Pas forcement agréables. Je ne perds pas de vue mon objectif de te faire avouer ton mot de passe.
Mais tu peux échapper à cela dés à présent.
Elle me lance un clin d’œil interrogateur.
Je reste cloîtrée dans mon mutisme.
Froissée, elle relâche la cuisse de Laure et se rejette au fond du sofa. Son regard se porte au loin, à l’extérieur comme si, maintenant, elle se désintéressait de mon sort.
— Occupes-toi d’elle ! Nous partons dans deux heures !
Sans une hésitation Laure tend une main vers moi, paume vers le haut, pour m’inviter à la suivre. Je me redresse et me déplie, un peu flageolante. La perspective de m’éloigner de Kristale me soulage un peu.  La main fraiche de la belle italienne se pose sur mes reins pour m’accompagner et nos hanches nues se frôlent. Ce contact lénifiant me rassure.
Un ordre bref, presque aboyé, dans notre dos lorsque nous prenons la direction de la salle d’eau.
— Et, pas de caresses !
La main me quitte immédiatement.

Il n’est pas un endroit de mon corps qui n’a été le fruit d’un lavage méticuleux de la part de Laure. Sans un mot en me guidant uniquement de gestes doux mais fermes. J’ai renoncé à lui dire qu’Ignés avait déjà procédé ce matin à un lavage méticuleux. Mon entrejambes encore rose de l’épilation à la cire qu’elle avait prodiguée en témoignait. J’y ai renoncé surtout quand armée d’une canule elle a entrepris de débarrasser mes entrailles de la moindres des souillures qui pouvait y stagner.
Pourquoi n’ai-je pas eu honte lorsque je me débarrassais sous ses yeux imperturbables des derniers vestiges du précédent repas ? Peut-être parce que déjà j’endossais mon statut de chose, sans état d’âme.
La belle Kajira a poussé la méticulosité jusqu'à introduire un, puis deux doigts enduits d’un baume parfumé dans mon anus en les tournant dans tous les sens pour les ressortir absolumentt propre, justifiant le parfait de son acte.
Je n’ai pas protesté, je n’ai pas crié, juste serré les dents un peu plus fort.
Sans état d’âme. Elle a fait ce qu’elle avait à faire avec des gestes presque médicaux. Sans un mot, la belle esclave a procédé à ma purification.
Et c’est avec la même méticulosité qu’elle m’a habillé.
Une petite culotte blanche, ce qui me fait froncer les sourcils. Apparemment les règles à respecter ne seront pas les mêmes que celles de Mon Maître à qui je devais prouver ma disponibilité à chaque instant. Mon étonnement a grandis lorsqu’elle ma aidé à enfiler un jean épais et serré. Un chemisier blanc brodé, un peu désuet,  complète et finalise mon habillage. Mes cheveux ont été ramenés en arrière en une queue de cheval attachée haute sur mon crane. C’est une fois achevé ce rituel d’habillage que Laure a daigné ouvrir la bouche et lancer avec cet accent italien qui me charme.
— C’est bien ! Tu me suis, il faut que je te trouve un blouson à ta taille !
Je fronce à nouveau les sourcils en un signe d’incompréhension. La Kajira sourit.
— Je t’emmène sur ma moto… Ordre de Kristale !
Devant mon attitude circonspecte, elle continue.
— Tu es une championne d’équitation ?
— Oui !
Le seul mot que j’ai le droit de prononcer.
— La moto c’est pareil ! Comme la danse aussi, tu tiens mes hanches et tu suis mes mouvements sans les contrarier. Je hoche la tête, dubitative, cela n’a pas l’air bien compliqué.

Sous les semelles de mes mocassins le gravier de l’allée glisse comme des nuages. Je me sens légère, pure, débarrassée de tous ce qui me lie à la terre et ses souillures. Je suis dévotement la belle Kajira. Seul le poids du blouson de cuir épais et du casque de moto que je tiens au bout de mon bras m’empêche de m’envoler.
Nous nous approchons de l’entrée où se tiens Kristale, fermement campé devant le monstre mécanique de Laure. Elle tient nonchalamment un petit coffret sous le bras. Elle fait un pas vers moi.
— Baisse ton pantalon à mi-cuisse et écarte les jambes !
Sur mon nuage, je ne suis même pas étonnée de l’interpellation et vais pour déposer le casque par terre et m’exécuter. Laure se précipite et intercepte le casque avant qu’il ne touche le sol et me l’arrache presque rageusement évitant in extremis son contact avec le gravier et la probable rayure qui en aurait suivie.
Je me redresse et entreprends de déboutonner mon jean.
Kristale ouvre le coffret de bois d’acajou et en dévoile le contenu.
Deux sphères d’argent finement ciselées de motifs non répétitif que je n’arrive pas à décrypter tant le soleil accroche et difracte sur leurs surfaces brillantes. Elles ont la taille de gros abricots et sont reliées entre elles par une épaisse chaîne d’argent également. Chaîne qui se prolonge et se love sur le côté du lit de satin noir dans lequel elles sont précieusement couchées.
La boite ouverte, posée à plat dans sa main gauche, Kristale plie un genou pour se retrouver face à mon ventre dénudé. Elle se saisit d’une des boules et avec la dextérité d’une longue expérience la présente entre mes jambes. Une poussée précise et les lèvres de mon sexe s’écartent, gobant la sphère comme la bouche le ferait d’un raisin. Ses deux doigts la suivent et je sens progresser dans mon vagin la sphère froide qui se réchauffe rapidement. Posant la boite sur le sol, entre mes pieds, et gardant plaquée sa main droite sur mon ventre, deux doigts à demi introduit comme pour garantir l’éventuelle expulsion de la première sphère, elle glisse entre me jambes dans un mouvement compliqué de sa main gauche contournant et enlaçant  ma cuisses par dessus ma culotte baissée  et vient se  saisir  du deuxième globe posé sagement dans sa boite. La sphère coulisse le long de la chaîne qui pend entre mes jambes pour rejoindre sa jumelle. Mais elle n’en prend pas le même chemin et vient se présenter à l’orée de mon anus. Je me crispe, mais n’ai pas le temps de protester. L’onguent dont Laure a enduit le passage en facilite l’intromission. A peine ai-je le temps mesurer la dilatation de la porte étroite que déjà elle remonte en moi et se loge douillettement contre la paroi qui la sépare de sa sœur de chaine. Rapidement Kristale remonte la petite culotte blanche parfaitement serrée et ajustée, culotte dont je comprends maintenant la fonction, et libérant ainsi ses mains prend le temps d’ajuster la longue chaine  entre mes fesses en en ceignant ma taille.
Satisfaite de son ouvrage Kristale se relève  et sans même me regarder se détourne et s’éloigne lançant un dédaigneux « Bon voyage !», me laissant rajuster seule mon pantalon aussi serré que ma petite culotte et qui parfait ainsi l’emprisonnement des deux sphères dans mes entrailles.
Je me tourne vers La Kajira qui a déjà enfilé son casque et me fait signe de faire de même en me désignant le mien posé sur la moto. Mortifiée, mais soucieuse de le cacher, Je vais pour faire un pas décidé vers elle. Je suis stoppée net. Ce seul mouvement  a fait s’animer les globes en moi et c’est comme si un fantôme venais de me caresser, me posséder d’une manière des plus intime, des plus indécente. Je me fige et me cabre en écarquillant les yeux et les doigts de mes mains vers l’avant comme pour repousser cet amant imaginaire. A ma frimousse déconfite Laure éclate de rire et se saisit de mon casque qu’elle vient m’aider à ajuster.
Les deux pas qui me séparent de la moto sont plus facile, mais pas les moins surprenant de sensation. Enfourcher la Ducati en écartant les jambes et les resserrer sur les flancs de la machine en empoignant la hanche de Laure l’a été encore davantage. Mais c’est lorsque laure a mis le contact de son Monster que j’ai compris l’étendue de ce qui m’attendait. Les vibrations sourdes de la puissante mécanique ont fait prendre vie au deux sphères lubriques en faisant tressauter la grenaille qui s’agite en elle, me communiquant leur fébrile agitation. Mes yeux se révulsent de surprise. C’est une flamme de plaisir contenu qui nait entre mes jambes me pénètre si intimement que c’est tout mon corps qui vibre à l’unisson.
Je pose ma tête sur l’épaule de Laure. Nos casques se cognent doucement. Mes mains se crispent une peu plus sur ses hanches.
Le roadster franchit les grilles de la Colombière qui se referment lentement derriere nous et s’engage en accélérant sur le ruban d’asphalte qui fuit vers Montpellier.
Combien de temps cette chevauchée ?
Une heure ?
Une heure et demie ?
Deux…Peut-être !

A suivre : Chap. 52. La Galinière

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24 mai 17

Chap. 50. Jacquerie.

Kristale tend son bras vers mon visage, le téléphone posé à plat sur sa paume. L’écran luit doucement d’une lumière froide, menaçante. L’invite est suffisamment éloquente pour qu’elle n’ait rien à dire. Lentement, je déplie mes bras de derrière mon dos et me saisis de l’appareil. Une courte inspiration pour essayer de me détendre. Je le porte à mon oreille et lance d’une voix blanche.
— Oui.
Je ressens l’immense jubilation que porte la voix qui me répond.
— Isabelle ? Isabelle la rouquine !  C’est bien toi ?
— Oui.
Un rire gras me fait écho, un rire qui se meurt dans un hum de satisfaction.
Un court silence puis.
— On ne t’a pas appris à dire « Oui, Monsieur » ?
Je regarde Kristale qui vient de se recroqueviller sur le divan  entourant son genou replié de ses mains jointes, elle m’observe, un demi-sourire de connivence aux coins des lèvres.
— Oui. Monsieur.
Je ne mets aucune déférence dans le ton de ma voix que j’essaye de garder le plus froid possible espérant désamorcer l’excitation que je sens vibrer  au bout du fil.
— C’est mieux Isabelle !… Tu as entendu ce qu’a dit Madame Kristale, tu vas m’appartenir entièrement… Cela te fait plaisir ?
Comment donner mon assentiment alors que tout mon être rejette cette évidence. Oui, je vais lui appartenir. Il va pouvoir parachever ce qu’il a commencé dans le couloir sombre de ce même bâtiment.  Il me vient comme à l’évidence qu’il faut que je me courbe docilement aux moindres fantaisies, même les plus lubriques, du jeu de Kristale et des ses sbires. Et comment dire non alors que ses yeux de glace bleue  scrutent la moindre de mes réactions ?
Pour tenir quatre jours il faut absolument que j’évite les motifs de punition et même de simple réprimande.
Je baisse la tête et murmure sans chaleur.
— Oui. Monsieur.
— Et comme je suis quelqu’un qui aime bien partager… Pas comme ton maître ! Je vais te faire goûter les talents de mes copains...
Une onde glacée me court le long du dos. Ma nuque se raidit.
—… Combien en veux-tu ? … Suffisamment pour augmenter ton chiffre… Tu en es à combien ?
— Onze.
Je réponds sèchement et n’ajoute pas le Monsieur protocolaire. Mon interlocuteur ne relève pas, perdu qu’il est dans son délire.
— Seulement ? Et si on doublait ce chiffre  demain soir ? Une dizaine de beaux mâles rien que pour toi ? … Cela te ferait plaisir ?
Cette fois je ne réponds pas. D’ailleurs Jacques ne m’en laisse pas le temps.
— Tu vas adorer ! Je vais t’organiser une soirée dont tu vas te souvenir et je vais prendre un plaisir immense à te voir saillir par mes copains… Tu vas être notre chose… Mais rassure toi,  je te prendrai le premier… A ma façon, comme tu aimes !... Tu aimes comment ?
Mes yeux se voilent, et je me retiens de les fermer mais ne répond pas. Devant mon silence Jacques insiste. Il a déjà commencé à jouer et cette humiliation en est le préambule.
— Tu aimes comment Isabelle ?… je veux te l’entendre dire, devant Kristale !
Se couler dans son jeu, lisse et sans accrocs. Je prends une inspiration.
— Je… Par… Par derrière, Monsieur... J’aime par derrière !
Une flamme rougeoyante me monte au visage et j’observe Kristale par en dessous. Son sourire s’élargit.
Jacques éclate d’un rire moqueur.
— Tu sais ce qu’il y a de bien avec toi ?… C’est que tu restes toujours aussi prude, petite morue débutante. Je suis sûr qu’après que mes copains te seront passés dessus toute la nuit, au matin tu ne seras toujours pas dessalée...
Je frissonne d’indignation.
— … Oui ce que tu aimes c’est qu’on te bourre le cul c’est çà que tu aimes ! Et compte sur moi pour t’écarter la rondelle… Tu vas jouir comme une reine. Mais avant pour bien me mettre en forme, tu vas me sucer jusqu'à la garde et crois moi tu vas la sentir passer entre tes lèvres, ma queue… Jusqu’au fond de ta gorge…Je ne vais pas te ménager...
Je sens son excitation monter comme le ton de sa voix. Ce qu’il confirme immédiatement.
—… Rien qu’a cette idée je bande déjà comme un taureau…  Et toi Isabelle ?… Tu mouilles bien ? … Tu m’attends ?
J’avais espéré qu’il ne me prenne plus à témoin,  Espérance futile.
— Je sais que sous ton apparence d’aristocrate bien élevée tu es une petite dévergondée… Alors ?
— Je … Oui, Monsieur !
— Oui, quoi ?
— Oui, je mouille !
Jacques ne se laisse pas abuser par le ton neutre de ma voix.
— Alors, caresses toi !... Branles toi devant ta maîtresse !  Et  repasses la moi, qu’elle me raconte ! Sans répondre et soulagée de la fin de cette discussion outrageante je tends brusquement le téléphone à Kristale.
Lentement elle le porte à son oreille. Dans le même temps je glisse ma main entre mes jambes et mime mollement une caresse intime. Sans conviction. Les récentes étreintes de Kristale en ont épuisé l’envie.
Ses yeux de glace se lèvent sur moi et s’informe du lent mouvement de va et vient que j’imprime à mes doigts.
— Oui… Elle est en train !
—…
— Oui, nous descendons cet après-midi sur la côte… Nous serons à la Galiniere ce soir !
—  …
Elle ricane, moqueuse.
— Non pas ce soir… Tu es trop pressé !
C’est ce moment que choisit la longue silhouette de Laure pour se glisser en silence dans la pièce. La belle odalisque est nue, sa chevelure noire, encore humide, entortillée en une tresse improbable et ramenée sur son épaule, coule entre ses seins. Kristale s’aperçoit de sa présence et comme si elle se désintéressait brusquement de la conversation elle abrège.
— Oui ! Bien… Bon… Tu fais le nécessaire !... A demain !
Sans attendre de réponse elle referme d’un geste vif son portable et fait un geste vers Laure lui intimant d'approcher.

A suivre : Chap. 51. Les Sphères Célestes.

 

 

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10 mars 17

Chap. 49. Les desseins de Kristale.

Kristale bascule en arrière, se couchant confortablement au fond du sofa tout en m’attirant à elle par les épaules. Elle me cale la tête contre sa poitrine et me caresse doucement le haut du front cherchant à enrouler mes mèches rebelles autour de son majeur.
Je suis bien.
Ses doigts ont abandonné mon entrejambe irradié de spasmes brulants et reposent poisseux de liqueur de cyprine sur ma cuisse qui barre paresseusement son bassin. Je retrouve mon calme et mon souffle. Sa respiration balaye mon front où elle dépose de temps à autre de petits baisers comme on le ferait sur le front d’une enfant chérie.
Elle rompt le silence à voix basse.
—  Il n’est peut-être pas nécessaire de se faire du mal pendant ces prochaines journées !
Je ne réponds pas.
Je sorts doucement de la langueur d’après l’amour et entends sa voix très loin comme dans un rêve.
Elle continue
— Cela pourraient être quatre jours… trois nuits… Paradisiaques … Non ?
Je comprends où elle veut en venir. Je resserre l’étreinte de ma cuisse contre ses jambes et lance un humm, étouffé,  incertain.
— Tu n’as qu’à prononcer un mot… ou plusieurs !
Elle dépose de nouveau un baiser plus appuyé sur mon front, guettant le moindre de mes mouvements qui pourrait passer pour un assentiment.
Mes pensées tournent dans ma tête comme un rat en cage. A toute vitesse.
Oui, cela serait tellement plus simple ! Pourtant une petite sonnette d’alarme résonne très loin en moi. Cela serait la fin d’une  aventure que j’ai choisi, et le début d’une autre, que là, je n’aurais pas choisie.
Comme si Kristale avait lu dans mes pensées, elle murmure.
— Tu pourras continuer à voir Marc ! Tu sais comme nous sommes proches et que nous partageons tout. Tu feras partie de ce partage.
Pourquoi est-ce que cela ne me satisfait pas ?
Je murmure sur un ton dépité.
— Oui, Madame. Je sais !
Elle a perçu ma réticence, mon indécision  et attaque sur un autre angle.
— Marc va vite se détourner de toi. Loreleï va s’en charger. Sous ses airs mièvres elle cache bien des talents auxquels aucun maître ne pourrait résister.
Braquée, je demande par défi.
— Lesquels ?
Sans hésiter Kristale lance
— Elle n’a aucune expérience ! C’est une feuille vierge qui s’offre et sur laquelle on peut écrire tout ce qui passe par la tête d’un dominant. Et elle le sait, elle l’espère de tout son être.  Tu as senti comme elle trépignait d’impatience. Marc va en faire la parfaite soumise qu’elle aspire à être. Il va la façonner comme jamais il ne l’a fait, même avec toi.
Une rage sourde me prend. Je sais qu’elle a raison.
— Mais moi aussi, il m’a eu sans expérience et…
Kristale me coupe péremptoire, sa voix laisse poindre l’exaspération et monte d’un ton.
— Elle est vierge, et n’a aucune retenue sexuelle… J’y ai veillé… Si cela ne te suffit pas ! Même un ascète n’y résisterait pas !
Déboussolée et a court d’argument, je murmure.
— … Il n’y a pas que le sexe !
En me rendant compte immédiatement de la faiblesse de mon argumentation. Cela fait bondir Kristale.
Sans ménagement, elle me repousse sur le coté du sofa
et se lève d’un bond. D’un mouvement vif, elle remet de l’ordre dans son chemisier de tulle blanc. Je remarque amusée une tache d’humidité sombre sur son pantalon de lin froissé au niveau de sa cuisse là où ma fleur, épuisée de caresses, a rendu de son nectar sous ses doigts.
— Vraiment petite gourde ? Tu crois cela ? Puisque la douceur n’est pas suffisante,  c’est par la violence et le sexe que je vais te faire cracher ton safeword !
Je la regarde, éberluée par le brusque revirement de ton. Au comble de l’énervement elle aboie presque.
— Et c’est quoi cette attitude ? Qu’est ce que tu attends pour prendre la pose ?
Je vais pour m’agenouiller sur le sol. Mais elle repousse l’album photo contre les verres et la bouteille qui se heurtent durement et tintent bruyamment.
— Non ! Sur la table ! Face à moi !
Je m’installe comme elle me l’a demandé. La table est assez grande pour que je puisse écarter les jambes largement, je me cambre et passe mes deux mains au creux des reins. Je baisse la tête en un signe de parfaite soumission, mais continue à l’observer à la dérobé, par en dessous.
Kristale se rassoie sur l’autre aile du divan en se massant les mains comme une pianiste avant d’entamer un morceau particulièrement difficile sur son clavier. Elle m’inspecte pendant un long moment. Se penche sur la table et se sert un verre de liqueur ambrée. Elle porte le verre à ses lèvres sans me quitter du regard et semble retrouver son calme.
— Bien ma belle ! Nous avons donc quatre jours pour te faire parler. Il est encore temps de me donner le mot de passe ! Non ?
Je me fais l’impression d’être au bord d’un gouffre noir dans lequel je dois sauter en faisant confiance à la corde qui me lie les chevilles et aux voix qui, au fond du gouffre, m’encouragent. Dans l’incapacité de sauter le pas, je reste muette.
— Bien… Alors je vais t’exposer mon programme !
Kristale repose son verre juste entre mes jambes.
— Pour commencer tu seras fouettée deux fois par jour. A ton coucher et à ton lever. Ce sera Laure qui se chargera de çà… Ou bien une autre personne de mon choix.
Kristale s’enfonce un peu plus dans le coussin du sofa.
— Je vais également te livrer aux maraudeurs une ou plusieurs fois peut être si tu t’entête. Tu connais les maraudeurs ? Marc m’a dit que oui… Ce ne sont pas des tendres, hein ?
Elle sourit aux anges se perdant un instant dans ses pensées lubriques.
— En plus, quand je vais leur dire ce qu’ils ont à faire, crois moi que tu vas passer les heures les plus…
Elle s’interrompt brutalement et ses yeux s’allument de malice
— Attends !
Kristale se lève d’un bond et se saisit de son téléphone resté sur une sellette non loin du divan. Elle revient y prendre place tout en composant un numéro. L’écran s’illumine et elle le porte à son oreille tout en m’adressant un clin d’œil.
— Jacques ?
Je frissonne à l’énoncé du prénom.
Je perçois un bredouillement presque inaudible qui vient du portable.
Elle continue.
— Devine qui j’ai devant moi ?
— …
— Bon alors, je ta la décris…
Kristale penche la tête sur le côté en me détaillant intensément.
— … Elle est plutôt jolie, je dirais même, très jolie, elle est nue, à genoux sur la table basse du salon, les jambes écartée, les mains dans le dos, à ta disposition. D’ailleurs la pointe de ses seins est bien tendue…et il y a de quoi contenter les mains d’un honnête homme.
— …
Kristale s’esclaffe.
— Oui je me doute !... Oui tu la connais !
— …
— Bon un peu plus alors !  Elle a les yeux noisette, une peau très blanche, et de longs cheveux roux…
De nouveau elle éclate de rire
— Ouiii ! C’est çà !... Elle est là !
Elle retrouve son sérieux et continue, cette fois sans plus me prêter attention.
— J’ai besoin que tu réunisses les gaillards du Cap pour quelques soirées en compagnie avec elle… Demain soir, c’est possible ?
— …
— Non juste elle, elle sera seule… Il ne sera pas là !
— …
— Oui entièrement… En fait le but du jeu est de lui faire prononcer son safeword.
 Elle ricane grassement.
— Vous aurez toute latitude pour cela ! … Non, Non ! Pas de restriction.
Mes épaules se tassent au fur et mesure que se poursuit l’étrange discussion. J’ai bien compris ce que prépare Kristale et je sais à qui elle demande cela. Jacques !
Jacques, que Marc a humilié en me refusant à lui alors que son empressement à me posséder était devenu une obsession.*  Kristale allait, sans sourciller, libérer toutes les pulsions les plus sordides de mon  tourmenteur sur ma pauvre personne.
Un froid glacial me parcourt les reins et un frisson me hérisse les cheveux de la nuque. Devant la menace, comme à mon habitude, je me réfugie dans une sorte de vacuité cotonneuse, mon esprit tente de s’échapper, mais c’est sans compter la malveillance de Kristale qui tient à mener son ignominie jusqu’au bout.
— Attends, le mieux est que je te la passe !
Et, elle me tend son téléphone.

* Une Saison d'Airain. > Chap. 39. Sombres étreintes.

 A suivre : Chap. 50. Jacquerie.

 

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18 févr. 17

Chap. 48. Perdue, sans collier.

Ils sont partis.
Loreleï est réapparue, habillée d’un jean habilement déchiré qui moule ses formes juvéniles tandis qu’un chemisier blanc vaporeux lui fait comme une  corolle chiffonnée serrée à la taille. Je sais que sous ces deux simples pièces de tissus, elle est nue. Sans me prêter attention, Marc et Kristale, servilement suivis par la jeune fille à l’insouciant déhanché, se sont éloignés vers le pavillon d’entrée de la propriété.
Me voici seule, nue, plantée au milieu du salon. Je prends une profonde inspiration pour tenter de chasser la mélancolie qui s’est emparée de mon être. Je me hisse sur la pointe des pieds et cherche Laure du regard. Mais la piscine est vide et je ne distingue pas sa silhouette. Je retombe sur mes talons. Je contemple un instant la table basse sur laquelle sont encore posés les verres autour de la bouteille de whiskey. Je me sens brusquement  perdue, étrangère en terre hostile.
Malgré ce qu’elle a affirmé, je sais que je dois attendre le retour de ma maîtresse et ne sais trop  quelle attitude adopter pour l’accueillir. Peut-être, tout simplement, respecter l’étiquette ! Après tout, elle est valable en toutes circonstances et est, pour une soumise, un refuge rassurant.

J'en décide autrement. Pour tromper l’ennuie, et surtout l’angoisse, je parcours d’un pas lent le salon décoré avec goût de meubles en bois précieux, furetant du regard cherchant à deviner l’empreinte de la maitresse de maison. Je passe à côté d’une bibliothèque aux livres soigneusement alignés.
L’un d’eux attire mon attention. Bien plus volumineux que les autres, il n’a pas trouvé sa place sur les étagères trop petites et a été négligemment posé à plat sur le bord du secrétaire intégré à la bibliothèque. C’est un grand livre à la couverture de cuir noir. Il ne porte aucune indication, ni titre, ni auteur. Curieuse, je soulève la couverture et la page de garde. C’est un album de photos. Mon attention se fixe alors sur les premières photographies. J’y reconnais immédiatement le travail de Marc, des jeunes femmes, nues pour la plupart, dans des poses à l’indéniable érotisme.
La curiosité piquée au vif, je m’empare prestement de l’ouvrage et me dirige vers la table basse. J’écarte les verres et la bouteille et y dépose délicatement le livre que j’ouvre en grand. Je m’assois en tailleur sur le grand divan de cuir blanc qui de glacé se réchauffe rapidement au contact de mes fesses nues.

Amusées, je tourne les premières pages découvrant des scènes des plus insolites.
Etant moi-même le modèle de Marc je suis curieuse de découvrir ce qu’il a pu faire avec d’autres. Il a toujours été d’une discrétion absolue avec ses travaux et j’ai la délicieuse impression d’espionner une de ses séances cachées par le petit trou de la serrure. Une saveur d’adrénaline monte le long de ma gorge et mon cœur se met à battre plus fort, plus profond.

LCE 01

Je m’arrête sur une jeune fille à demi-nue attachée par des liens de chanvre, elle balance suspendue au milieu d’une petite rivière de montagne, une cascade en arrière-plan. C’est l’automne et ce n’est pas la longue et fine tunique de soie qui pend et trempe dans le cours d’eau qui doit la protéger des frimas. Elle semble pourtant sereine, impudiquement écartelée, elle contemple, impassible, son reflet dans l’onde noire. Je frissonne d’empathie en apercevant des plaques de neige qui parsèment le sol autour d’elle.
Je tourne rapidement la page pour découvrir, impatiente, d’autres photographies.
Ici dans un clair obscur savant deux femmes se font face dans un moment qui prélude une étreinte amoureuse.

Là, une autre, entièrement nue, ligotée, offerte, passive, la poitrine tendue que l’on sent frémissante surplombe un visage énigmatique, méditatif. Sous la photo dans la grande marge blanche une phrase discrètement inscrite en minuscule italique comme pour ne pas détourner l’attention de l’œuvre mais simplement la souligner pour ceux qui s’y attardent
« Attachée, je ne suis plus responsable, je ne suis plus coupable… Je suis libre ! »

LCE 04


 Une chaleur sourde nait entre mes jambes et de petits crépitements électriques me parcourent le périnée. Oh oui ! Comme je connais cet état ! Etre livrée sans possibilité de refuser, ou de guider, les attouchements qui vont faire s’effondrer les barrières de la décence, de la morale.

LCE 02

J’effleure une nouvelle page de papier glacé. Je pouffe en découvrant Stéphanie, la blonde impudique, la fille fontaine qui semble ici si sérieuse, ligotée méticuleusement sur un échafaudage de bambou, en l’attente d’une hypothétique sanction. Je penche la tête tendrement devant son évocation, espiègle Stéphanie !
Fébrilement, je tourne les pages une à une. Si Stéphanie est dans cet album photos alors peut être que… Je me fige et m’arrête sur une image que je ne connais pas et qui pourtant m’est familière, puisque la jeune fille nue lascivement exhibée… c’est moi !



Avez-vous remarqué comme on se sent étranger à sa propre image ? Pourtant je me vois chaque jour ! Chaque jour devant ma glace, je me contemple et finis par me construire une image que j’aime ou que, parfois, je déteste… Mais là ! C’est un autre qui fait ce travail et c’est moi que je vois au travers des yeux de Marc.
Toute ma réserve a disparu, ma timidité envolée, je suis nue sans retenue, offerte avec dans le regard une acceptation, une invitation…  Je suis le reflet de ma condition de soumise.
Mais peut être suis-je simplement telle qu’il veut que je sois !
Rien ici ne laisse supposer la jeune étudiante timide, bien au contraire. Je souris et me laisse bercer par la contemplation de mon impudicité, quand je sens une présence à côté de moi
Je lève les yeux sur Kristale qui vient de s’approcher sans un bruit et me contemple de toute sa hauteur. Je referme précipitamment l’ouvrage.
Avec une douceur que je ne lui connais pas elle lance.
— Elles sont belles, n’est ce pas ?
D’un mouvement souple elle s’assoit contre moi, genoux joints, en m’enserrant  les épaules et d’un même mouvement rouvre délicatement le livre d’images.
Sa main sur mon épaule est fraiche, mais sont corps collé contre le mien irradie une chaleur et un parfum animal, apaisant.
En un instant, je me sens bien et ai presque envie de lui poser la tête sur l’épaule pour lui répondre.
— Oui, Madame ! Elles sont belles !
Sans savoir s’il s’agit des œuvres ou des jeunes femmes qu’elle désigne ainsi.
Elle s’arrête à son tour sur ma photo. Elle passe ses doigts fins parfaitement manucurés sur la surface glacée, comme pour me caresser.
— Marc sait parfaitement te découvrir… Tu es belle et désirable à ses yeux… et aux miens.
Son étreinte se resserre un moment, amicalement.
— Mais toutes les autres aussi !
Et ce disant elle tourne les autres pages au hasard, découvrant une multitude de photographies à la sensualité exacerbée. Plusieurs fois,  je me redécouvre dans ces images ainsi que Stéphanie, Laure, et de nombreuses autres que je ne connais pas… Pas encore.
Comme pour moi je murmure.
— Mais elles, n’ont pas de collier !
Kristale glousse ostensiblement et sans me répondre renverse la moitié des feuillets sur la gauche jusqu'à plusieurs photographies en noir et blanc bordées de noir qui font comme une sorte d’intercalaire à la tranche sombre au milieu du livre.
Et là, apparaissent mes doubles en soumission.
L’atmosphère a changé, même si j’y retrouve les mêmes corps offerts, cette fois ci leurs postures de soumission  sont exacerbées par le port d’un collier de cuir, ou par des entraves de chanvre équivoques.
Lâchant l’ouvrage Kristale pose sa main sur ma cuisse et la caresse doucement en petits cercles légers comme pour en éprouver le soyeux. Mon ventre s’amollit, ma raison commence à s’abolir, comme elle le fait chaque fois que je suis prête à sombrer dans le plaisir. La main de Kristale s’approche de mon entrejambe glissant sur le plus sensible du satin de ma peau. Troublée, mais ma curiosité étant la plus forte, faisant comme si de rien n’était, je prends une inspiration profonde et m’enhardis à basculer une autre page, puis une autre, et encore une faisant défiler les raisons de mon sourd embrasement.
Je m’arrête sur une photographie pleine page. Une femme sculpturale à la posture farouche jugulée par un entrelacs de corde de chanvre. Il est manifeste qu’elle est offerte à son corps défendant et ses muscles sont tendus comme ceux d’un animal pris au piège. Ce que confirme  son visage barré par un large bandeau de satin noir qui passe devant ses yeux, ses lèvres sont ouvertes sur une muette interrogation. Hypnotisée par la puissance de la posture je ne peux qu’appréhender les cheveux d’or blanc qui cascadent sur son épaule et l’éclat du cristal d’aigue-marine qui luit au creux de son nombril. Cette femme c’est Kristale !
Du coin de l’œil j’entrevois qu’elle sourit.
J’ose lancer, pour lui confirmer que je l’ai reconnu, tout en accrochant son regard.
— Tu… Vous ne portez pas de collier ?
Son sourire s’élargit.
—Toi non plus… en ce moment. Et pourtant tu es à ma disposition !
Elle appuie ses paroles en poussant sa main entre mes jambes. Et pour ne pas la contredire j’écarte un peu les cuisses avec déférence lui permettant l’accès à ma fleur humide et vibrante.
Tout en acceptant l’offrande et en la caressant doucement elle continue.
—  Le collier n’est pas tout !
Elle se penche vers l’album et se contemple en penchant la tête de côté pour ne pas me perdre de vue. Ses cheveux de lin rejoignent ceux de la photo en se posant à côté.
— Tu veux que je t’apprenne quelque chose sur cette photo ?
J’entrouvre la bouche mais elle ne me laisse pas le temps d’opiner.
— Tu vois ce bandeau autour de mes yeux ?
— Oui… Madame !
— Et bien, c’est un code. Un signal que Marc laisse au spectateur… Il signal que durant la séance il m’a possédée…
J’entrouvre la bouche et fronce les sourcils dans un rictus d’incompréhension. Kristale sourit largement sans rien dire me laissant le temps d’appréhender ce qu’elle vient de me dire. Je ne peux m’empêcher de lancer un peu bredouillant.
— Toutes ?... Je veux dire vous et les autres … Sur les autres photos aussi ?
Kristale éclate de rire franchement.
— Oui toutes, d’une façon ou d’une autre !

LCE 05

D’un mouvement vif elle se redresse et feuillète vigoureusement l’album. Elle s’arrête sur une photo me montrant écartelée, offerte la bouche largement ouverte dans un cri silencieux et... J’ai les yeux bandés.
Kristale a un sourire malicieux.
— Sur celle-ci par exemple… C’est bien toi ?... Comment t’a-t-il baisé là ? Il a forcé ta bouche, enfilé ta chatte ou défoncé ton petit cul… Les trois peut-être ? Tu sembles y être disposée pour !
Je rougis violemment à la description crue de ce qui peut ainsi être aussi facilement dévoilé aux yeux de tous, par un simple bandeau de velours.
— Et tu as aimé n’est ce pas ?... Faire l’amour les yeux bandés et attachée en plus, sans possibilité de ne rien refuser à son amant est un plaisir  rare… Bien sûr que tu as aimé !… N’est-ce pas ?
Je garde le silence, confuse.
Elle insiste.
— N’est-ce pas Isabelle ?
Et sa caresse se fait plus précise, forçant sans peine le passage entrouvert, ses doigts s’enfoncent dans le fourreau brulant à la recherche d’une réponse onctueuse sans équivoque.
Mes yeux se ferment, un voile noir tombe sur mon visage.

A suivre : Chap. 49. Les desseins de Kristale..
Une partie des travaux de Marc est visible ici : http://shimenawaspirit.canalblog.com/

 

 

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28 déc. 16

Chap. 47. Renonciation.

A regret, je dénoue la lanière de cuir. Je m’en saisis avec respect, comme d’un objet d’une grande fragilité et, en m’accroupissant, le dépose sur le tas de mes vêtements.  Je croise le regard de Laure qui me lance subrepticement une œillade entendue. Je ne lui réponds pas. Je me redresse et machinalement regroupe mes cheveux en les tordant en une tresse improbable derrière ma nuque tout en reprenant la pose protocolaire.
Je ne baisse pas les yeux,  je sais que sans le collier, j’ai le droit.
Marc me détaille de la tête aux pieds.
Singulièrement, sans mon collier de soumission, je me sens totalement nue et vulnérable. Cette simple lanière de cuir avec l’anneau de fer qu’elle porte me donne l’impression d’être protégée et de me couvrir bien plus qu’un vêtement. En la portant ma nudité n’est que la représentation de mon état.
Son regard glisse sur ma peau et la caresse aussi surement que pourrait le faire sa main. Je frissonne sous les rayons du soleil qui commencent déjà à brûler ma peau laiteuse peu habituée a être ainsi exposée à ses ardeurs.
Mon Maitre à un petit sourire crispé qui se veut rassurant et, sur un clin d’œil rapide à mon attention se détourne, s’éloignant d’un pas mesuré pour regagner le séjour où l’attendent Kristale et Loreleï.
Je reste un moment indécise, sans injonction de sa part je ne sais pas si je dois rester comme une statue au bord de la piscine comme le ferais une soumise aguerrie. Mais je comprends que sans le collier je n’ai plus à craindre d’inconduite, et emboite le pas de Marc.

A notre arrivée dans le salon, Kristale est occupée à dénouer les entrelacs et les tresses qui ornaient la chevelure de sa protégée, libérant des flots soyeux d’or blanc.  S’apercevant de notre entrée, elle  repousse Loreleï et se lève vivement. Elle s’avance vers nous s’adressant à directement à Marc, abruptement.
—  C’est fait ?… Oui a ce que je vois !
A son tour, elle détaille ma nudité. Je glisse mes mains dans le dos pour me donner une constance assurée. Son inspection s’arrête sur mon cou et constate l’absence de collier. Elle se tourne alors vers Loreleï qui achève de se lisser les cheveux, sans nous porter attention, vautrée sur le divan de cuir blanc et aboie sèchement.
— Opstaan!
Immédiatement la jeune fille sort de son indolence lascive et se redresse, le feu aux joues. Elle s’avance d’un pas en portant ses mains devant son ventre glabre en un geste de pudeur feinte. Kristale se penche sur son cou et lui ôte le lacet de cuir blanc qui porte l’anneau d’or.
Kristale le tend à Marc.
— Elle est à vous, pour ces quatre jours et quatre nuits,  Maître Marc… Suivant nos conditions, vous me la ramènerez bien dressée et vierge !
Marc s’empare du collier et le fait disparaitre prestement dans sa poche. Il se tourne vers moi et m’empoigne le bras pour me pousser vers Kristale.
— Et voici Isabelle, qui sera à vous pendant ce même temps… Et je gage qu’elle me reviendra encore plus forte qu’av…
Kristale le coupe effrontément.
— Ou elle deviendra mienne pour toujours !
Marc a une moue agacée.
Il porte une main à son menton et réfléchit un instant.
— Je veux ajouter une close au contrat Kris !
Kristale fronce les sourcils, surprise, puis arbore un large sourire carnassier en haussant le menton, hautaine.
— Soit, Marc… Pourquoi pas ! Si cela augmente l’intérêt du jeu.
— Je crois que çà va le faire… Si dans quatre jours tu n’as pas découvert le safeword de mon dressage… Non seulement Loreleï m’appartiendra mais en plus, tu accepteras la domination d’Isabelle pendant ce même lapse de temps de quatre jours et… nuits !
Le visage de la blonde nordique se fige dans une attitude outragée et ses yeux de glace bleue se voilent un instant. Dans le même temps, je prends conscience de la portée de ce que vient de lui proposer Mon Maître. Mon cœur loupe un battement et mes jambes flageolent. Je me retiens de me tourner vers lui pour l’interroger du regard.
A-t-il conscience de ce qu’il vient de dire ! Moi ! La maîtresse de Kristale ?
En un éclair j’en envisage toute les contingences et les repousse aussitôt.
En écho à ma réflexion, Kristale s’emporte.
— Moi ? La soumise de… de … de cette… Petite gourde ?
Il n’y a plus dans sa voix le ton  taquin qu’elle mettait jusqu'alors dans les deux mots de « Petite Gourde », mais plutôt du mépris. Je devine qu’elle aussi vient de s’imaginer une fraction de seconde à genoux en face de moi, en une attitude de servile soumission.
Impensable pour la magistrale Kristale !
Elle me toise du regard. Les muscles de sa mâchoire crispée tressautent nerveusement trahissant son courroux. J’évite son regard sombre en baissant les yeux. Marc se rend-t-il donc compte que par cette nouvelle proposition  Kristale va tout faire pour, ces prochains jours, me faire servilement ânonner la phrase magique qui déverrouillera son enseignement. Pourtant Marc en ajoutant ses conditions ne fait que suivre le précepte qui évite la soumission gratuite sans but autre que le plaisir physique. Un précepte qui semble bien établie dans le cercle. Nul châtiment n’est appliqué sans que le commanditaire  ne soit également impliqué, d’une façon où d’une autre. Et Marc vient d’impliquer Kristale au plus haut point. Je ne peux m’empêcher également de penser qu’il vient de libérer contre moi, les chiens de guerre de la blonde nordique.
Kristale claque dans ses mains, me faisant sortir de mes réflexions angoissées.
— Bien ! Alors il n’y a pas de temps à perdre… Je ne vais pas vous retenir Maître Marc.
Sans la regarder, elle aboie un ordre que seules les oreilles de Loreleï peuvent comprendre. La jeune fille prend immédiatement la direction de la porte par laquelle elle était arrivée, en trottinant.
Ensuite Kristale s’adresse directement à moi
—Toi, petite gourde, tu as quartier libre !… Je raccompagne Monsieur Marc et sa soumise.
Elle n’a pas dit « ton maître ». Une première flèche pour me faire comprendre que, dorénavant et au moins jusqu'à la fin de ces quatre jours… Il ne l’était plus.

 

 A suivre : Chap. 48. Perdue, sans collier.
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14 oct. 16

Chap. 46. Acceptation.

J’essaye de me composer un visage le plus naturel possible, mais je sens encore battre mon cœur à mes tempes et le sang affluer à mes joues. J’esquisse un demi-sourire.  Marc se penche sur moi, une ride d’interrogation  fronce ses sourcils. Il lance un œil rapide à Loreleï et la commissure de ses lèvres se crispe en un sourire retenu. Je connais sa perspicacité et son œil très sûr pour deviner les émois et sentiments les mieux dissimulés et je me doute qu’à cet instant il devine ce qui vient de se passer.
Kristale, elle, ne nous porte aucune attention. Elle repose son verre sur la table et dans un même mouvement se resserre un doigt de whiskey. Elle se tourne vers Marc et constate que son verre est encore à demi-plein. Elle ne lui en propose pas.
Marc se redresse et me lance.
— Venez donc avec moi Mademoiselle Isabelle… J’ai à vous parler !
Je me lève rapidement en vacillant un peu et emboite le pas de Mon Maître qui se dirige vers la piscine sans me porter plus attention.
Il sait qu’il sera obéit.

Marc est debout à un pas du bord du bassin, tourné vers Laure qui a regagné les eaux de la piscine et s’est lancée à faire des longueurs en  une nage souple et vigoureuse.
Instinctivement je m’immobilise un pas derrière lui. Il me tourne le dos, mais je sais qu’il est en train de suivre des yeux la silhouette nue, fuselée, de la Kajira qui fend l’eau comme l’étrave d’un bateau. J’admire en même temps que lui la puissance animale de la belle italienne.
Il prend une profonde inspiration et me lance sans me regarder.
— Te rends tu compte qu’en ce moment les jeunes filles de ton âge sont en train de se faire dorer sur la plage après avoir passé toute la nuit en boite ?...  Peut-être même passent-elles sagement leurs vacances en famille ? Entre copines ? Voir même studieusement ?
Arrivée à notre hauteur Laure amorce un virage brusque projetant quelques gouttelettes sur le bord de la piscine qui s’évaporent immédiatement au contact du travertin brulant.
— Et toi, tu as choisi de passer les tiennes en apprentissage de la soumission. !
Ce n’est pas une question. Une simple constatation. Pourtant  je me sens obligée de répondre sans quitter des yeux la naïade qui s’éloigne vers l’autre bord.
— Oui, Monsieur !
Un second virage impeccable. La nage de Laure ne ralentie pas, le clapotis qui accompagne son sillage trouble à peine le long silence qui suit.
Il veut en savoir plus, il attend.
Je continue après un petit raclement de gorge pour assurer ma voix
— C’est ce que j’ai choisi, Monsieur… Et j’aime çà !
— Jusqu’où aimes-tu çà ?
— Aussi loin que vous voudrez bien m’emmener, Monsieur !
Marc pivote sur ses talons pour me faire face.
Je quitte la nageuse des yeux et les baisse à un mètre au sol, sur le bord de la piscine.
Comme pour lui-même, il murmure.
—  C’est vrai que nous sommes déjà loin !... Difficile de faire demi-tour !
Puis d’une voix assurée.
— Et que penses-tu du jeu que Kristale nous propose ?
— C’est vous qui décidez, Monsieur, je suis à votre disposition…
Et je crois bon de rajouter
— … Et Loreleï est très jolie !
Marc me saisie le menton et me force à le regarder droit dans les yeux. Il a un petit sourire moqueur.
— Oui, j’ai remarqué qu’elle était à ton goût !
Je pique un fard, et ne peux m’empêcher de détourner le regard. Je me doutais bien que mon incartade ne lui avait pas échappée.
Il enfonce le clou.
— Et justement, qu’elle goût a-t-elle cette pucelle ? Hum ?
— Je… Monsieur, Oui… Elle… Elle est douce et acidulée… Je crois que… vous allez aimer !
Enhardie, je m’empresse d’ajouter
— Mais je ne crois pas qu’elle soit aussi vierge que cela ! … Ni aussi candide qu’elle le laisse paraitre. Cela va être facile pour vous de la… mater !
Il éclate de rire en me lâchant le menton.
— Je te remercie Isabelle ! Je vais te nommer gouteuse en plus de toutes tes autres fonctions à mon service. Pour ce qui est de sa virginité nous serons vite fixés.
J’accompagne son hilarité d’un sourire timide.
Il redevient sérieux.
— Loreleï est un appât pour te prendre Isabelle ! Bien sûr que le challenge est déséquilibré. Il va m’être facile de la mater comme tu dis… Et c’est ce que veut Kristale !
Interloquée, mes yeux s’arrondissent.
— Elle veut perdre Loreleï ?
— Non... Elle veut te gagner à tout prix !
Je fronce les sourcils d’incompréhension. Il continue.
— Kristale te sait intelligente, mais sensible. Je pense qu’elle compte que tu baisseras ta garde lorsque tu t’apercevras que Loreleï va prendre ta place de façon irrévocable.
Je me liquéfie littéralement. Une onde de larmes me monte aux yeux.
Il a raison. Je lance un rapide regard vers la baie ouverte. Kristale est assise à côté de la jeune fille nue et lui parle, une main délicatement posée sur la cuisse.
Je reviens vers Marc.
— Elle est si belle !
Mon Maître a un pincement des lèvres
— Oui… Mais elle n’a pas ton charme !
D’un seul coup mon chagrin reflue et s’évanouie. J’existerai toujours dans le cœur de Mon Maître. Même lorsqu’il possédera cette jeune fille sûre de ses attraits.
Il continue en détournant la conversation.
—  Elle est comme toi Isabelle, tu ne trouves pas ? Elle n’est pas là par hasard. Elle a choisi, comme tu as choisi de donner forme à tes fantasmes, tes envies. Une petite fille sage en apparence … En apparence seulement… Kristale a découvert que son attitude de mijaurée cache un gout certain pour les jeux les plus licencieux, dont celui de la soumission. Comme toi, comme tu es venue à moi !... N’ai-je pas raison, Mademoiselle ?
Il accentue le mot Mademoiselle pour bien me faire comprendre qu’il l’utilise dans le sens de ma condition de servitude acceptée.
Je baisse de nouveau la tête.
Bien sûr que Loreleï n’est pas là par hasard, son attitude de lolita enamourée, ses réponses à mes caresses, ses gémissements outranciers pour  me faire comprendre son plaisir, ses envies… Elle aime sa situation comme j’aime la mienne. Mais peut-être d’une façon plus insouciante.
— Oui Monsieur,…. Comme moi !
Marc reprend, gravement.
—  Tu sais ce que tu risques si tu… Disons si, je, perds à ce jeu ! Tu lui donneras le safeword et s’en sera fini de …
Je l’interromps brutalement en m’écriant.
— Je n’ai pas du tout l’intention de donner notre safeword  à Kristale ! … Et en plus vous gagnerez Loreleï !
Marc ne relève pas mon indiscipline. Il me fixe intensément et je crois deviner une lueur de fierté dans son regard.
Il porte sa main à son menton.
— Soit… Alors tu acceptes ?
Ma réponse fuse, sans hésitation.
— Oui, Maître !
 Il se tourne vers Laure qui vient juste de regagner le bord du bassin à nos pieds. Essoufflée, elle croise les bras sur la margelle et lève vers nous son visage ruisselant, impassible. Son lourd anneau de fer tinte doucement contre la pierre.
Sans se soucier d’elle, Marc revient à moi.
— Je vais regretter de ne pas être là pour voir çà ! Kristale te veux ! Et je la sais prête à toutes les extrémités pour çà !
Je me pince les lèvres et un frisson me parcourt le dos malgré la chaleur.
— Les dés sont jetés Isabelle, et ils vont rouler pendant quatre longues journées. On se retrouvera alors… Ou pas !
J’opine du chef résignée mais maintenant sure de moi, assurée de ma détermination.
Le ton de Marc change brutalement et devient plus léger, marquant la fin de la discussion.
— Allons, déshabillez-vous, Mademoiselle !
Je m’empresse de m’exécuter. Je quitte rapidement mon chemisier et le laisse tomber sur le bord de la piscine devant La Kajira qui m’observe un demi-sourire aux lèvres. Ma jupe et mes ballerines la rejoignent aussitôt.
Nue, je prends la pose de soumission adéquate. Marc pointe mon cou du doigt.
— Ton collier aussi… C’est le mien. Kristale t’en donnera un si elle le désire.
Je me raidis et mon geste se ralenti lorsque je lève les mains derrière ma nuque pour, repoussant mes cheveux, dénouer la lanière de cuir.
Quitter le collier de Mon Maître, c’est le quitter Lui.

Posté par isabelle_mad à 21:23 - - Commentaires [3] - Permalien [#]