Les Carnets d'Emilie

28 déc. 16

Chap. 47. Renonciation.

A regret, je dénoue la lanière de cuir. Je m’en saisis avec respect, comme d’un objet d’une grande fragilité et, en m’accroupissant, le dépose sur le tas de mes vêtements.  Je croise le regard de Laure qui me lance subrepticement une œillade entendue. Je ne lui réponds pas. Je me redresse et machinalement regroupe mes cheveux en les tordant en une tresse improbable derrière ma nuque tout en reprenant la pose protocolaire.
Je ne baisse pas les yeux,  je sais que sans le collier, j’ai le droit.
Marc me détaille de la tête aux pieds.
Singulièrement, sans mon collier de soumission, je me sens totalement nue et vulnérable. Cette simple lanière de cuir avec l’anneau de fer qu’elle porte me donne l’impression d’être protégée et de me couvrir bien plus qu’un vêtement. En la portant ma nudité n’est que la représentation de mon état.
Son regard glisse sur ma peau et la caresse aussi surement que pourrait le faire sa main. Je frissonne sous les rayons du soleil qui commencent déjà à brûler ma peau laiteuse peu habituée a être ainsi exposée à ses ardeurs.
Mon Maitre à un petit sourire crispé qui se veut rassurant et, sur un clin d’œil rapide à mon attention se détourne, s’éloignant d’un pas mesuré pour regagner le séjour où l’attendent Kristale et Loreleï.
Je reste un moment indécise, sans injonction de sa part je ne sais pas si je dois rester comme une statue au bord de la piscine comme le ferais une soumise aguerrie. Mais je comprends que sans le collier je n’ai plus à craindre d’inconduite, et emboite le pas de Marc.

A notre arrivée dans le salon, Kristale est occupée à dénouer les entrelacs et les tresses qui ornaient la chevelure de sa protégée, libérant des flots soyeux d’or blanc.  S’apercevant de notre entrée, elle  repousse Loreleï et se lève vivement. Elle s’avance vers nous s’adressant à directement à Marc, abruptement.
—  C’est fait ?… Oui a ce que je vois !
A son tour, elle détaille ma nudité. Je glisse mes mains dans le dos pour me donner une constance assurée. Son inspection s’arrête sur mon cou et constate l’absence de collier. Elle se tourne alors vers Loreleï qui achève de se lisser les cheveux, sans nous porter attention, vautrée sur le divan de cuir blanc et aboie sèchement.
— Opstaan!
Immédiatement la jeune fille sort de son indolence lascive et se redresse, le feu aux joues. Elle s’avance d’un pas en portant ses mains devant son ventre glabre en un geste de pudeur feinte. Kristale se penche sur son cou et lui ôte le lacet de cuir blanc qui porte l’anneau d’or.
Kristale le tend à Marc.
— Elle est à vous, pour ces quatre jours et quatre nuits,  Maître Marc… Suivant nos conditions, vous me la ramènerez bien dressée et vierge !
Marc s’empare du collier et le fait disparaitre prestement dans sa poche. Il se tourne vers moi et m’empoigne le bras pour me pousser vers Kristale.
— Et voici Isabelle, qui sera à vous pendant ce même temps… Et je gage qu’elle me reviendra encore plus forte qu’av…
Kristale le coupe effrontément.
— Ou elle deviendra mienne pour toujours !
Marc a une moue agacée.
Il porte une main à son menton et réfléchit un instant.
— Je veux ajouter une close au contrat Kris !
Kristale fronce les sourcils, surprise, puis arbore un large sourire carnassier en haussant le menton, hautaine.
— Soit, Marc… Pourquoi pas ! Si cela augmente l’intérêt du jeu.
— Je crois que çà va le faire… Si dans quatre jours tu n’as pas découvert le safeword de mon dressage… Non seulement Loreleï m’appartiendra mais en plus, tu accepteras la domination d’Isabelle pendant ce même lapse de temps de quatre jours et… nuits !
Le visage de la blonde nordique se fige dans une attitude outragée et ses yeux de glace bleue se voilent un instant. Dans le même temps, je prends conscience de la portée de ce que vient de lui proposer Mon Maître. Mon cœur loupe un battement et mes jambes flageolent. Je me retiens de me tourner vers lui pour l’interroger du regard.
A-t-il conscience de ce qu’il vient de dire ! Moi ! La maîtresse de Kristale ?
En un éclair j’en envisage toute les contingences et les repousse aussitôt.
En écho à ma réflexion, Kristale s’emporte.
— Moi ? La soumise de… de … de cette… Petite gourde ?
Il n’y a plus dans sa voix le ton  taquin qu’elle mettait jusqu'alors dans les deux mots de « Petite Gourde », mais plutôt du mépris. Je devine qu’elle aussi vient de s’imaginer une fraction de seconde à genoux en face de moi, en une attitude de servile soumission.
Impensable pour la magistrale Kristale !
Elle me toise du regard. Les muscles de sa mâchoire crispée tressautent nerveusement trahissant son courroux. J’évite son regard sombre en baissant les yeux. Marc se rend-t-il donc compte que par cette nouvelle proposition  Kristale va tout faire pour, ces prochains jours, me faire servilement ânonner la phrase magique qui déverrouillera son enseignement. Pourtant Marc en ajoutant ses conditions ne fait que suivre le précepte qui évite la soumission gratuite sans but autre que le plaisir physique. Un précepte qui semble bien établie dans le cercle. Nul châtiment n’est appliqué sans que le commanditaire  ne soit également impliqué, d’une façon où d’une autre. Et Marc vient d’impliquer Kristale au plus haut point. Je ne peux m’empêcher également de penser qu’il vient de libérer contre moi, les chiens de guerre de la blonde nordique.
Kristale claque dans ses mains, me faisant sortir de mes réflexions angoissées.
— Bien ! Alors il n’y a pas de temps à perdre… Je ne vais pas vous retenir Maître Marc.
Sans la regarder, elle aboie un ordre que seules les oreilles de Loreleï peuvent comprendre. La jeune fille prend immédiatement la direction de la porte par laquelle elle était arrivée, en trottinant.
Ensuite Kristale s’adresse directement à moi
—Toi, petite gourde, tu as quartier libre !… Je raccompagne Monsieur Marc et sa soumise.
Elle n’a pas dit « ton maître ». Une première flèche pour me faire comprendre que, dorénavant et au moins jusqu'à la fin de ces quatre jours… Il ne l’était plus.

 

 A suivre : Chap. 48. Perdue, sans collier.
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14 oct. 16

Chap. 46. Acceptation.

J’essaye de me composer un visage le plus naturel possible, mais je sens encore battre mon cœur à mes tempes et le sang affluer à mes joues. J’esquisse un demi-sourire.  Marc se penche sur moi, une ride d’interrogation  fronce ses sourcils. Il lance un œil rapide à Loreleï et la commissure de ses lèvres se crispe en un sourire retenu. Je connais sa perspicacité et son œil très sûr pour deviner les émois et sentiments les mieux dissimulés et je me doute qu’à cet instant il devine ce qui vient de se passer.
Kristale, elle, ne nous porte aucune attention. Elle repose son verre sur la table et dans un même mouvement se resserre un doigt de whiskey. Elle se tourne vers Marc et constate que son verre est encore à demi-plein. Elle ne lui en propose pas.
Marc se redresse et me lance.
— Venez donc avec moi Mademoiselle Isabelle… J’ai à vous parler !
Je me lève rapidement en vacillant un peu et emboite le pas de Mon Maître qui se dirige vers la piscine sans me porter plus attention.
Il sait qu’il sera obéit.

Marc est debout à un pas du bord du bassin, tourné vers Laure qui a regagné les eaux de la piscine et s’est lancée à faire des longueurs en  une nage souple et vigoureuse.
Instinctivement je m’immobilise un pas derrière lui. Il me tourne le dos, mais je sais qu’il est en train de suivre des yeux la silhouette nue, fuselée, de la Kajira qui fend l’eau comme l’étrave d’un bateau. J’admire en même temps que lui la puissance animale de la belle italienne.
Il prend une profonde inspiration et me lance sans me regarder.
— Te rends tu compte qu’en ce moment les jeunes filles de ton âge sont en train de se faire dorer sur la plage après avoir passé toute la nuit en boite ?...  Peut-être même passent-elles sagement leurs vacances en famille ? Entre copines ? Voir même studieusement ?
Arrivée à notre hauteur Laure amorce un virage brusque projetant quelques gouttelettes sur le bord de la piscine qui s’évaporent immédiatement au contact du travertin brulant.
— Et toi, tu as choisi de passer les tiennes en apprentissage de la soumission. !
Ce n’est pas une question. Une simple constatation. Pourtant  je me sens obligée de répondre sans quitter des yeux la naïade qui s’éloigne vers l’autre bord.
— Oui, Monsieur !
Un second virage impeccable. La nage de Laure ne ralentie pas, le clapotis qui accompagne son sillage trouble à peine le long silence qui suit.
Il veut en savoir plus, il attend.
Je continue après un petit raclement de gorge pour assurer ma voix
— C’est ce que j’ai choisi, Monsieur… Et j’aime çà !
— Jusqu’où aimes-tu çà ?
— Aussi loin que vous voudrez bien m’emmener, Monsieur !
Marc pivote sur ses talons pour me faire face.
Je quitte la nageuse des yeux et les baisse à un mètre au sol, sur le bord de la piscine.
Comme pour lui-même, il murmure.
—  C’est vrai que nous sommes déjà loin !... Difficile de faire demi-tour !
Puis d’une voix assurée.
— Et que penses-tu du jeu que Kristale nous propose ?
— C’est vous qui décidez, Monsieur, je suis à votre disposition…
Et je crois bon de rajouter
— … Et Loreleï est très jolie !
Marc me saisie le menton et me force à le regarder droit dans les yeux. Il a un petit sourire moqueur.
— Oui, j’ai remarqué qu’elle était à ton goût !
Je pique un fard, et ne peux m’empêcher de détourner le regard. Je me doutais bien que mon incartade ne lui avait pas échappée.
Il enfonce le clou.
— Et justement, qu’elle goût a-t-elle cette pucelle ? Hum ?
— Je… Monsieur, Oui… Elle… Elle est douce et acidulée… Je crois que… vous allez aimer !
Enhardie, je m’empresse d’ajouter
— Mais je ne crois pas qu’elle soit aussi vierge que cela ! … Ni aussi candide qu’elle le laisse paraitre. Cela va être facile pour vous de la… mater !
Il éclate de rire en me lâchant le menton.
— Je te remercie Isabelle ! Je vais te nommer gouteuse en plus de toutes tes autres fonctions à mon service. Pour ce qui est de sa virginité nous serons vite fixés.
J’accompagne son hilarité d’un sourire timide.
Il redevient sérieux.
— Loreleï est un appât pour te prendre Isabelle ! Bien sûr que le challenge est déséquilibré. Il va m’être facile de la mater comme tu dis… Et c’est ce que veut Kristale !
Interloquée, mes yeux s’arrondissent.
— Elle veut perdre Loreleï ?
— Non... Elle veut te gagner à tout prix !
Je fronce les sourcils d’incompréhension. Il continue.
— Kristale te sait intelligente, mais sensible. Je pense qu’elle compte que tu baisseras ta garde lorsque tu t’apercevras que Loreleï va prendre ta place de façon irrévocable.
Je me liquéfie littéralement. Une onde de larmes me monte aux yeux.
Il a raison. Je lance un rapide regard vers la baie ouverte. Kristale est assise à côté de la jeune fille nue et lui parle, une main délicatement posée sur la cuisse.
Je reviens vers Marc.
— Elle est si belle !
Mon Maître a un pincement des lèvres
— Oui… Mais elle n’a pas ton charme !
D’un seul coup mon chagrin reflue et s’évanouie. J’existerai toujours dans le cœur de Mon Maître. Même lorsqu’il possédera cette jeune fille sûre de ses attraits.
Il continue en détournant la conversation.
—  Elle est comme toi Isabelle, tu ne trouves pas ? Elle n’est pas là par hasard. Elle a choisi, comme tu as choisi de donner forme à tes fantasmes, tes envies. Une petite fille sage en apparence … En apparence seulement… Kristale a découvert que son attitude de mijaurée cache un gout certain pour les jeux les plus licencieux, dont celui de la soumission. Comme toi, comme tu es venue à moi !... N’ai-je pas raison, Mademoiselle ?
Il accentue le mot Mademoiselle pour bien me faire comprendre qu’il l’utilise dans le sens de ma condition de servitude acceptée.
Je baisse de nouveau la tête.
Bien sûr que Loreleï n’est pas là par hasard, son attitude de lolita enamourée, ses réponses à mes caresses, ses gémissements outranciers pour  me faire comprendre son plaisir, ses envies… Elle aime sa situation comme j’aime la mienne. Mais peut-être d’une façon plus insouciante.
— Oui Monsieur,…. Comme moi !
Marc reprend, gravement.
—  Tu sais ce que tu risques si tu… Disons si, je, perds à ce jeu ! Tu lui donneras le safeword et s’en sera fini de …
Je l’interromps brutalement en m’écriant.
— Je n’ai pas du tout l’intention de donner notre safeword  à Kristale ! … Et en plus vous gagnerez Loreleï !
Marc ne relève pas mon indiscipline. Il me fixe intensément et je crois deviner une lueur de fierté dans son regard.
Il porte sa main à son menton.
— Soit… Alors tu acceptes ?
Ma réponse fuse, sans hésitation.
— Oui, Maître !
 Il se tourne vers Laure qui vient juste de regagner le bord du bassin à nos pieds. Essoufflée, elle croise les bras sur la margelle et lève vers nous son visage ruisselant, impassible. Son lourd anneau de fer tinte doucement contre la pierre.
Sans se soucier d’elle, Marc revient à moi.
— Je vais regretter de ne pas être là pour voir çà ! Kristale te veux ! Et je la sais prête à toutes les extrémités pour çà !
Je me pince les lèvres et un frisson me parcourt le dos malgré la chaleur.
— Les dés sont jetés Isabelle, et ils vont rouler pendant quatre longues journées. On se retrouvera alors… Ou pas !
J’opine du chef résignée mais maintenant sure de moi, assurée de ma détermination.
Le ton de Marc change brutalement et devient plus léger, marquant la fin de la discussion.
— Allons, déshabillez-vous, Mademoiselle !
Je m’empresse de m’exécuter. Je quitte rapidement mon chemisier et le laisse tomber sur le bord de la piscine devant La Kajira qui m’observe un demi-sourire aux lèvres. Ma jupe et mes ballerines la rejoignent aussitôt.
Nue, je prends la pose de soumission adéquate. Marc pointe mon cou du doigt.
— Ton collier aussi… C’est le mien. Kristale t’en donnera un si elle le désire.
Je me raidis et mon geste se ralenti lorsque je lève les mains derrière ma nuque pour, repoussant mes cheveux, dénouer la lanière de cuir.
Quitter le collier de Mon Maître, c’est le quitter Lui.

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16 sept. 16

Chap. 45. Langue vivante

Je me redresse pour la contempler à loisir.
Largement écartelée par mes soins, ses mains levées au dessus de la tête, alanguie, offerte et consciente de s’offrir à mon inspection, je perçois le frémissement contenu de tout son être. Loreleï relève la tête et me fixe comme pour m’hypnotiser. Une lueur de malice irise ses yeux bleus lagon en une muette interrogation et elle affiche un demi-sourire de défi qui me laisse deviner son attente.
Devant ma retenue et pour mieux se faire comprendre elle pousse un soupir de lassitude et cambre un peu plus les reins accentuant l’impudeur de sa posture en projetant les deux sphères parfaite de ses seins juvéniles vers moi. Cette petite n’a rien d’une ingénue, elle semble parfaitement connaitre les arcanes de la séduction et sait en jouer sans retenue.
Et pourquoi résister ?
Je tends le buste et le cou pour apercevoir par-dessus le divan les silhouettes de Marc et Kristale toujours en pleine discussion. Rassurée, je me laisse retomber sur le corps frémissant de la jeune fille et cherche ses lèvres avec précipitation.
J’avais deviné juste ! Sans ambages, ses mains se posent de chaque côtés de ma tête et me guide vers sa bouche entrouverte. Nos lèvres se joignent et je plonge avec délice dans le suave orifice au gout de friandise à la rencontre de sa langue fraiche qui entame une danse tournoyante et syncopée.
En un instant, je me laisse submerger par le besoin de n’être plus qu’une avec la jeune fille. Cette envie profonde et irrépressible de la faire mienne et la faire jouir au delà de tout entendement. Je lâche sa bouche et m’enivre des parfums de sa peau aussi fine et velouté que celle d’une pèche en parcourant d’une langue fébrile son cou, sa poitrine, ses seins aux  mamelons durcis que je résiste à l’envie de croquer à pleines dents et que je mordille tendrement pour en faire saillir le plaisir.
La douce Loreleï semble, plus que moi, avoir conscience de l’urgence de venir au bout de mon entreprise. A peine me laisse-t-elle le temps de jouer avec ses tendres aréoles que ses mains graciles se posent sur mes épaules et appuient sur elles d’une pression lente mais ferme, me faisant comprendre que mes baisers sont attendus en des endroits autrement plus torrides.
Ravie qu’elle devance ma proposition, je me laisse guider docilement en survolant son ventre tendue, son nombril joliment ourlé sur lequel je ne m’attarde guère, pour me trouver enfin en suspension au dessus de la fente entrouverte du fruit de toutes mes attentions. Face à la source de tous les plaisirs je veux tempérer les ardeur de la nymphe, prendre le temps de goûter à ses charmes, même si je sais qu’à chaque instants nous pouvons être surprises par nos maitres et maitresse respectifs. Pour autant, il me semble que j’en ai cure et peut être même que cela ajoute à l’excitation et l’impératif de nos étreintes.

Les deux perles

Je dépose un délicat baiser à la commissure de l’orifice gardé par l’anneau d’or et forçant les lèvres enduites de liqueur de Cyprine, je recherche du bout de la langue le clitoris dressé. A sa découverte Lorelei répond par des murmure de plaisir en néerlandais qui n’ont pas besoin d’être traduit. J’aspire le téton de chair et le glisse entre me dents. Au contact de mes incisives, Une onde fulgurante parcourt le corps de la jeune fille. Elle se cabre sous la caresse et appuie de toutes ses forces sur ma tête plaquant mon visage entre ses jambes brulantes. Une vibration puissante, rythmée par les gémissements étouffés de la nymphette  me fais perdre définitivement pied. Je m’enivre du parfum et me délecte de la liqueur à la saveur acidulée qui maintenant me barbouille les lèvres et suinte sur mon menton. Je plonge ma langue tendue dans l’étroit passage barré par l’anneau d’or avec le secret espoir d’y embrasser le voile virginal. Désespérée de ne pas y parvenir je cherche mon chemin fébrilement, glissant dessus et sous l’anneau qui jointe intimement ses lèvres, bousculant le dispositif qui barre l’entrée de mes envies avec de plus en plus de frénésie. Une frénésie partagée avec Lorelei qui appuie maintenant de toutes ses forces contre ma nuque et par de petits coups de rein saccadés m’invite à gober à plein bouche le fruit charnu gorgé de plaisir.
Peu à peu je m’enfonce dans les limbes de l’euphorie et pourtant dans le lointain de ma conscience une petite lueur, une alarme, se met à retentir, Un sentiment de péril s’empare de moi. Lorelei qui n’a pas l’intention de stopper la caresse continue à  se trémousser contre ma bouche, perdue dans ses borborygmes de gémissement de plaisir, en une impérieuse invitation à forcer sa jouissance. L’alarme se fait brusquement plus pressante. Comme réveillée en sursaut par un danger imminent, je me redresse brusquement, me dégageant violement de l’étau des mains de Lorelei et jette impulsivement un regard vers la piscine. Une onde glacée me parcours. Kristale et Marc sont en train de se diriger vers nous à pas nonchalants tout en devisant d’une façon calme et posée.
Ils marchent lentement et cela me donne le temps de repousser fermement Lorelei qui elle n’a pas perçu le retour de nos maîtres. Elle va pour protester. Je pose un doigt sur ma bouche pour lui intimer le silence et désigne du pousse la direction de la piscine.
Je me rassois précipitamment remettant de l’ordre dans ma tenue.
La jeune fille, qui a enfin compris, a vite fait de fermer les jambes et se redresser pour reprendre la posture qu’elle avait avant le départ de nos maîtres.
Quand Kristale et Marc franchisent le seuil de la baie, j’inspecte rapidement Lorelei, les joues rouges du plaisir interrompu, ses yeux papillotent et elle fixe le sol devant elle. Cela pourrait n’être qu’une manifestation de timidité si il n’y avait le vernis onctueux et brillant qui suinte et barbouille les commissures de son entrecuisse.
Je m’imagine fugacement la chaleur sourde et les vibrations de plaisir qui doivent encore papillonner entre ses jambes. Et je m’aperçois que je ne suis pas en reste en resserrant convulsivement mes cuisses sur mon sexe en feu tout en essayant de calmer les battements de mon cœur.
Une ombre me surplombe. Je m’essuie encore une fois le menton d’un geste rapide pour en essuyer les dernières traces du sirop vaginal de Lorelei et lève mon visage vers Mon Maître.

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10 juil. 16

Chap. 44. Sex Machina

Lentement je me relève du sol où j’étais agenouillée. Je m’étire et sans prêter attention à Loreleï me glisse sur le divan à ses cotés. En restant dissimulée, recroquevillée, je tends le cou par-dessus le dossier pour observer Marc et Kristale qui s’éloignent vers la piscine.  Je cherche Laure des yeux. J’entrevois juste un longs bras pendre mollement d’un des transats qui s’alignent le long du bassin. Arrivés à sa hauteur Marc et Kristale s’immobilisent se tournant face à face. Une conversation animée semble s’engager. Je retiens mon souffle et cille des yeux pour essayer de percevoir au mieux le dialogue que je ne peux entendre.
Marc est de dos, solidement campé sur ses deux jambes légèrement écartés comme prêt à livrer un combat. Je ne vois pas son visage mais la raideur de sa stature ne suggère pas la détente. Kristale est plus expressive, plusieurs fois elle fait non de la tête, elle parle vivement en faisant des gestes dans ma direction. Plusieurs fois elle ploie même un genou avec une mimique d’une personne qui n’arrive pas à se faire comprendre. Il est clair qu’ils parlent de moi… De nous !
Dépitée, je me laisse retomber sur le divan renonçant à saisir les tenants et aboutissants de l’étrange tractation.
Je me tourne vers la jeune nymphe, sa respiration s’est calmée. Raide, les genoux et les mains jointes le regard fixé droit devant elle, elle semble perdue dans ses pensées, détachée de son sort qui se joue à quelques pas.

Le silence pesant me gène et je ne sais pas trop comment engager la conversation. Je me racle la gorge d’un petit toussotement et commence.
— Alors ! Comme çà tu vas être la soumise de Marc ?
Son visage angélique se lève vers moi et ses grands yeux de lapis s’écarquillent d’interrogation.
Irritée, je continue.
— Ah oui, c’est vrai que tu comprends rien de rien !
Je souffle du nez et j’ai un petit sourire de complicité à son égard.
— Kristale a l’habitude de s’entourer de « gourdes », comme elle dit !
Lorelei réagit au nom de sa Maitresse, elle a une petite moue comique et ouvre les mains paumes vers le ciel en signe d’incompréhension.
Je lui souris en réponse et renonçant à un échange verbal, je me rapproche d’elle d’un déplacement de hanche. Je ne peux m’empêcher de la détailler une fois de plus. Elle est d’une beauté à couper le souffle et semble si fragile !  Mon cœur s’emballe et une chaleur sourde me monte au visage, mes oreilles se mettent à bourdonner. Mon univers se rétrécis autour de nous je ne vois plus qu’elle. Un élan impérieux  me donne envie de la prendre dans mes bras en un geste protecteur. Je reste un instant figée par la violence de ma réaction et tente de me ressaisir en secouant la tête. Je sors de mon trouble mais  attirée comme par un aimant, d’un autre coup de hanche,  je  m’approche d’elle un peu plus encore. Elle ne bouge pas et m’observe en silence, intriguée.
Je désigne  mon collier semblable à celui qu’elle porte, en blanc,  glissant un doigt sur l’anneau de fer.
– Marc est un très bon maître… J’ai de la chance… Tu as de la chance !
Je tente de la rassurer pourtant en prononçant ces derniers mots une vague de jalousie me submerge et je serre les dents sur un soupir.
Ses lèvres s’entrouvrent et me dispensent alors la plus jolie musique que je n’ai jamais entendue.
— Marc ? …dit is uw Meester ?
Ces quelques mots sont les premier sons que Lorelei émettent et le timbre cristallin de sa voix fluette et enfantine me fait frissonner jusqu'à la pointe des pieds. Le chant des anges nordiques ! Mon sourire s’élargit. Nul besoin de traduction, à la façon dont elle à prononcé le mot maitre. Et cette simple phrase me laisse deviner qu’elle semble bien au fait du monde dans lequel elle évolue.
Je pose ma main sur ma poitrine et réponds avec une pointe de fierté non dissimulée.
— Oui… C’est Mon Maitre !
Et dans un élan de complicité je pose ma main sur sa cuisse. Le satin le plus fin ne s’aurait être plus doux.
— Je … Je voudrais voir… çà… S’il te plait ?
Je tends un index de mes yeux vers son bas ventre. Mon geste est comme guidé par une volonté extérieure, ma curiosité me pousse à en voir un peu plus sur l’étrange dispositif qui barre l’accès de sa virginité tout en provocant les indécentes caresses qui l’ont secouée de la tête aux pieds.
Pour lui faire comprendre et appuyer ma requête, je tire doucement vers moi sa cuisse droite. Elle ne résiste pas. Ses jambes s’écartent passivement laissant entrevoir l'éclat fugitif de l’anneau d’or. Je me penche sur elle tout en repoussant encore un peu plus sa cuisse gauche de le paume de la main découvrant dans toute sa nudité le merveilleux spectacle de son fruit frais fendu de rose tendre vernissé de sirop voluptueux. Un parfum chaud, d’épices et de savon monte vers mon visage. L’effet en est immédiat. Mon ventre s’électrise et une bouffée de désir trouble enflamme mes reins.
Loreleï, dans un dernier geste de pudeur, porte les doigts à sa bouche en mordillant ses phalanges et détourne la tête semblant se désintéresser de mon entreprise et pourtant elle cambre les reins discrètement, facilitant ainsi mon examen.
Comme hypnotisée je contemple l’indécent bijou.
L’anneau perce et rassemble les deux lèvres épilées interdisant tout passage autre que les besoins naturels. Il est clair qu’il est là, ainsi que l’a dit Kristale, comme un cachet de cire de certification de sa virginité, mais le dispositif ne s’arrête pas là ! Pour en deviner plus il me faut écarter des doigts les deux lèvres et en faire apparaître le mécanisme. Enhardie par la passivité de la jeune fille, je m’exécute délicatement. Je repousse la chainette d’or de l’index et entrouvre du pouce qui se mouille de sa liqueur, les lèvres scellées. Un soupir et un petit gémissement contenu de Lorelei répondent à mon entreprise. Elle ferme les yeux et ses cuisses s’écartent encore un peu plus en une invite à continuer. Je me penche me rapprochant encore me laissant grisée par les parfums virginaux qui s’exhalent sur mon visage.
Une sorte de long levier pivotant autour de la partie intérieure  de l’anneau qui lui sert d’axe émerge d’entre les lèvres décloses et au bout de ce levier une sphère d’or à la surface irrégulière hérissé de picots émoussés vient s’appuyer exactement à l’entrée de la vulve, sur le clitoris gonflé de Loreleï.
La chainette est accrochée à l’autre extrémité du balancier. Je ne peux m’empêcher de la saisir et de tirer dessus mettant en branle le dispositif. Peut-être avec un peu trop de vigueur ! La réaction de l’ingénue est immédiate. Surprise par la caresse mécanique elle sursaute et émet un cri de désarroi. D’un spasme, son ventre se soulève vers moi pour diminuer la tension de la chainette ce qui n’a pour effet que de rendre encore plus impudique son attitude, projetant son ventre contre mon visage. Surprise par la violence de sa réaction, je me redresse.
Ainsi je comprends mieux le désarroi et les ondulations lascives de la nymphette lorsque Marc manipulait la chainette ! Chaque vibration se transmettait à la sphère  et lui agaçait le clitoris en une implacable caresse.
Je relâche la chaine d’or. Lorelei se détend. Son ventre retombe et elle me lance un sourire comme pour s’excuser.

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10 juin 16

Chap.43. La chair de son enchère

Kristale se relève avec empressement et se rapproche de sa protégée. Elle se place à son côté et lui pose les mains sur les épaules dans un geste protecteur. Rassurée, Loreleï se tourne vers elle avec un sourire espiègle. Mal lui en prend ! L’intransigeante hollandaise fronce les sourcils et la foudroie du regard. Le visage de la jeune fille se ferme et elle reprend immédiatement sa pose contemplative, la tête baissée.
Avec un embrassement feint, Kristale se racle la gorge et se tourne vers moi.
— Loreleï n’est pas tout à fait aussi disciplinée que toi ma chérie.
Elle a un rapide sourire condescendant accompagné d’un clin d’œil à mon intention. Puis elle se reporte sur Marc qui se cale confortablement dans le sofa.
— C’est un peu pour cela que je tenais à vous voir avant l’assemblée, cher maître. Pour vous proposer un marché, qui sera aussi un jeu… Un jeu qui, je crois, va vous intéresser tous les deux.
Elle marque un temps d’arrêt, et sa main caresse doucement la nuque de la jeune fille. Echaudée, Loreleï reste pétrifiée dans sa posture de soumission.
Kristale sais ménager ses effets.
— De plus, je vais vous proposer à ce jeu une mise qui à l’issue de ce petit divertissement pourrait devenir… définitif ! Il va de soi qu’il n’y a pas de jeu intéressant sans enjeu, sans récompense… Et celui que je mets sur la table est conséquent.
Elle se tourne de nouveau vers moi.
— Voyez-vous, Mademoiselle Isabelle,  Loreleï est vrai trésor dont je fais cadeau à Marc car Loreleï est totalement vierge !
Sa main qui caressait négligemment le cou de cygne de Loreleï se saisit de son menton la forçant à relever la tête. Elle se penche sur le visage et y dépose un délicat baiser sur les lèvres ainsi offertes. La jeune fille répond en laissant entrapercevoir un petit bout de langue rose qui se glisse entre ses lèvres. Ses yeux se ferment, elle a manifestement plaisir à rendre ce baiser furtif vite interrompu par Kristale qui se redresse brusquement.
— Enfin ! Je veux dire vierge… d’hommes !
Lâchant sa protégée, elle fait un pas vers moi.
– Et elle m’apporte beaucoup de satisfaction.
Elle a un large sourire en me regardant droit dans les yeux comme pour me mettre au défi.
Elle se retourne vers Marc, très enjouée, comme si l’affaire était déjà conclue.
— Ses virginités … Je vous en fais cadeau maître Marc… Sauf la principale… En fait, le jeu que je vous propose est de conduire son dressage comme vous savez si bien le faire. Mais de me la rendre vierge à l’issue de ce dressage. Quant à sa bouche et son petit cul… Vous en disposerez comme bon vous semble. Je dois ajouter que Loreleï ne parle pas un seul mot de français ni d’anglais.
Elle a une tape amicale sur la croupe de la jeune fille qui sursaute mais ne quitte pas sa posture.
— Cette donzelle est un vrai petit cancre à l’école.
Puis elle revient à Marc moqueuse.
— Et comme vous ne parlez pas Néerlandais cher Marc !
Elle marque un temps d’arrêt, songeuse, puis reprend.
— Donc, en résumé, voici mon challenge… Faire de Loreleï votre parfaite soumise alors qu’elle n’a connu aucun homme, de me la présenter vierge et parfaitement disciplinée. Et tout cela sans que vous puissiez communiquer verbalement avec elle.
— Quant à moi…
Elle me dévore littéralement des yeux
— … Quant à moi, je me fais fort de faire dire à votre pouliche le mot de passe qui verrouille votre enseignement… Ainsi selon vos conventions, il me semble, Isabelle redevient libre…  Mais bien sûr je la reprends en main, en échange de Loreleï, et elle devient mon esclave de toute éternité puisqu’avec moi il n’y a pas de safeword !

Une onde glacée me parcourt l’échine. Impulsivement je me tourne vers Marc. Depuis toujours Kristale a eut des visées sur moi. Elle ne s’en cachait pas et depuis notre première rencontre (Cf. Kristale.) elle  exerçe une pression permanente sur Marc pour qu’il me cède et que je passe sous sa coupe. Elle venait de trouver, sous couvert de jeu, le moyen de concrétiser son ambition.
Mon Maître passe une main sur son menton tout en nous jaugeant tour à tour. Ses lèvres se pincent et son front se plisse trahissant une intense réflexion. L’onde glacée qui me parcourt se transforme en une catatonie de tous mes muscles. Je suis tendue à l’ extrême, le souffle coupé dans l’attente de sa réponse. Mais je sais au fond de moi qu’il ne refusera pas un jeu aussi intense. Et Kristale le sais aussi parfaitement. En témoigne son sourire gourmand. De plus les enjeux me semblent totalement déséquilibrés. Il va être facile à Marc de dresser cette douce péronnelle. Je soupçonne Kristale d’en être absolument consciente et que son machiavélisme donne Marc déjà vainqueur. En ce cas qu’en est-il pour moi ?
Aussi sûr soit-il de son talent il pourrait me perdre. Et surtout je pourrais le perdre, et cette pensée me tétanise.
Sans un mot Marc se penche et se saisit de la chainette d’or qui pend entre les jambes de Lorelei son regard se porte sur elle et il se met à faire tournoyer l’étrange lien dans l’air à la manière d’une corde à sauter. La jeune fille pousse un petit cri de surprise et lance un regard désespéré vers Kristale.
Tout en continuant son mouvement Marc se tourne vers Kristale.
— Elle est vraiment vierge ?
La réponse fuse.
— Parfaitement… Je lui ai même fait poser un sceau de certification… Vous en tenez le prolongement entre les mains.
Lorelei tressaute imperceptiblement sous les vibrations que lui transmet la chainette. Pour tenter d’échapper à l’obscène tension qu’elle exerce sur sa vulve elle se cambre et son ventre se tend vers Mon Maître. Les pointes de ses seins trahissent l’excitation qui monte en elle à chaque tour de chaine. Son visage se congestionne dans un ultime effort pour se contenir. Elle a fermé les yeux, mais sa bouche s’entrouvre sur de petits soupirs contenus. Maintenant en équilibre sur la pointe des pieds, ses deux longues jambes tendues, elle semble sur le point de chavirer et ses gémissements augmentent.
Mais elle ne quitte pas sa posture pour autant.
La constance et la docilité de la jeune fille à l’air de ravir Marc.
Mon cœur bas la chamade, l’observe la magnifique  silhouette de cette nymphe nordique qui commence à se tordre de plaisir et me dis qu’aucun homme ne pourrait résister à la tentation de posséder un tel joyau.
Marc lâche soudainement la chainette au moment ou Lorelei, qui maintenant halète comme si elle manquait d’air, allait perdre tout contrôle.
Il observe un instant la grosse  goutte de cyprine qui a pris naissance entre les lèvres gonflées et humides de plaisir qui progresse le long de la chainette de maillon en maillon, alimentée par la liqueur qui sourd de l’entrejambe de la jeune fille et dans lequel disparait le lien d'or.
 Il se lève rapidement.
— Je veux te parler seul à seul Kristale !
Et sans attendre l’assentiment de notre hôtesse, prenant son verre à la main, il sort du salon par la baie restée ouverte et s’éloigne en direction de la piscine.
Il ne faut qu’un instant pour que Kristale lui emboite le pas, glapissant un ordre bref à Lorelei en sortant, sans même la regarder.
La jeune fille se détend alors. Penaude, encore essoufflée, elle rassemble la chainette d’or entre ses doigts fins, se la ceint rapidement autour de la taille, puis s’assoit en chien de fusil sur le canapé de cuir blanc en me lançant un regard embarrassé de gamine prise en faute.

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05 mai 16

Chap. 42. Loreleï

Impulsivement je baisse les yeux, sans répondre. Comment d’un simple mot peut-elle ainsi me désarçonner ?  Me refaire devenir gamine timide sans autre répartie que le pourpre de ses joues. Je fais un effort pour ne pas rougir, effort vain, je ne peux aller contre ma nature. Et je sais au fond de moi qu’elle doit être satisfaite de l’effet de sa boutade.Elle s’avance d’un pas martial, se saisit de mon menton et me force à la regarder. Son visage s’avance et ses lèvres se posent sur les miennes. Inutile de résister. Sa langue force mes faibles défenses. J’écarte les lèvres et je réponds furtivement à son baiser de bienvenu en lapant l’intruse avec déférence.
Satisfaite, Kristale relâche son étreinte et fait un pas en arrière. Je baisse de nouveau le regard, juste ce qu’il faut pour ne pas toiser son regard et voir, derrière elle Laure sortir de la piscine, nue seulement parée d’un fin collier de cuir noir où pend son anneau de servitude. Elle se dirige vers nous d’un pas mesuré, ruisselante d’eau. Fascinée par la démarche féline et le déhanché de déesse de la belle italienne  j’écoute à peine Kristale qui invite Marc à prendre un rafraichissement dans le salon. Arrivée à un pas en arrière de Kristale, sans un mot, sans un bruit, la Kajira se prosterne sur le sol comme si il s’agissait de la chose la plus naturelle au monde. Elle ploie les genoux, écarte les jambes et se cambre les mains derrière le dos, baissant dévotement la tête. Ses longs cheveux de jais noirs effleurent le sol y traçant des arabesques de gouttes d’eau perlantes.

J’ai envie de lui sauter au cou ! Mais la voix autoritaire de la blonde nordique me tire brusquement de ma rêverie.
— Toi aussi Isabelle… Cela te concerne directement !
Laissant Laure sur le pavage brulant de soleil, nous nous dirigeons de nouveau vers le salon précédés de notre hôtesse.
Kristale nous désigne des canapés jumeaux de cuir blanc disposés en angle autour d’une large table basse. Mon Maître s’installe confortablement et dans un reflexe, copiant l’attitude de Laure, je m’agenouille sur le sol à ses pieds dans l’angle des sofas. Kristale nous tourne le dos, penchée sur le bar. Il ne lui faut qu’un instant pour emplir les verres d’un liquide ambré et les disposer devant nous sur la table  en s’asseyant à notre gauche sur l’autre canapé.
M’observant attentivement elle lance.
— Ton dressage semble porter ses fruits, Marc ! Ta petite chienne est bien élevée !
Elle porte son verre à la hauteur des notre.
— Trinquons à cela !
Je reste interloquée. Que Kristale me prépare un verre et qu’elle me propose de trinquer en présence de Marc à ma soumission réussie, me laisse interrogative. Mais je les imite et porte le verre à mes lèvres. Le liquide me brûle la gorge et je pose précipitamment le verre sur la table en retenant avec peine une quinte de toux parfumée d’alcool qui me remonte dans les narines.
Kristale éclate de rire.
— Tu devrais aimer ! C’est de l’Irlandais… Le meilleur de Midleton.
Puis elle redevient grave tout à coup. Et comme pour elle même en contemplant le liquide doré de son verre.
— Une fortune, très rare !... Comme toi !... Et comme celle que je vais vous présenter !
Elle repose son verre et, avec un grand sourire, interpelle Mon Maître
— Je t’avais parlé d’une surprise, Marc !
D’un geste elle coupe court à toutes tentatives d’interrogations avec un sourire énigmatique.

D’un mouvement souple elle se lève et se dirige vers la porte qui mène au boudoir. Elle l’entrebâille et lance dans l’interstice un appel bref mais puissant au accent germanique. Sans attendre elle revient vers nous et s’assoit en tailleur à côté de moi en me tapant doucement sur la cuisse. Marc pose son menton dans sa main, attentif. Comme si il essayait de deviner ce qu’il y avait derrière la porte.
Des bruits de pas feutré se rapprochent et il ne faut pas longtemps pour que la porte s’ouvre doucement sous la poussé timide d’une main qui se faufile vers la poignée. Je devine une épaule puis un regard inquiet qui scrute la pièce. S’apercevant de notre présence la silhouette a un léger mouvement de recul, comme pour fuir.
Kristale aboie alors ce qui semble être un ordre impératif.
— Kom hier !… Snel ! Approche et vite !
 Un temps d’arrêt, puis l’épaule, le torse et la silhouette gracile d’une jeune femme se montre enfin. Je reste stupéfaite par une apparition toute droite venue des légendes hyperboréennes. La jeune fille est entièrement nue à l’exception d’un fin collier de cuir tressé blanc qui laisse pendre un anneau d’or imposant. Elle cherche instinctivement à cacher le bas de son ventre et sa poitrine. Elle s’avance à petits pas la tête baissée, nous jetant de temps à autre des regards apeurés.
Sa démarche, sur la pointe des pieds, bien qu’hésitante reste souple, comme si elle marchait avec précaution sur des tessons de verre. Je devine une poitrine menue, haute et bien formée aux mamelons rose tendre que cache mal une main fine aux doigts délicats et déliés. Sa taille commence sous les seins et lui donne une allure serpentine et suave aux jambes longues et au ventre tendu.

Lorelei

Et son visage ! Mon dieu son visage ! S’il existe des anges elle leur ressemble. De grands yeux bleus azur éclairent une frimousse juvénile qui se déploie en  un ovale parfait. Un petit nez mutin surplombe une bouche gourmande aux lèvres pulpeuses discrètement vernissées de gloss rose acidulé qui appelle au baiser. Une chevelure d’un blond ivoirin est harmonieusement coiffée en de petites nattes enroulées sur ses tempes à la mode traditionnelle nordique. Je ne peux m’empêcher de la comparer à Kristale en beaucoup plus jeune, la ressemblance est frappante. Je pense qu’elle doit être bien plus jeune que moi. Troublée, je reste hypnotisée par la beauté irréelle de la jeune fille.
Elle doit le sentir  car ses joues s’empourprent discrètement d’un rose léger.
Par empathie je me mets aisément à sa place. Il n’est pas facile de se retrouver nue et détaillée de la tête aux pieds par des inconnus. Nos regards se croisent brièvement. Elle détourne les yeux mais j’ai eu le temps d’y lire la honte de l’impudeur de sa situation.
Elle sursaute lorsque de nouveau Kristale lance ce qui semble être un commandement. L’accent guttural de la blonde nordique renforce l’impression de puissance et de domination qu’a manifestement Kristale sur cette frêle jeune fille. Elle s’exécute immédiatement, se place devant Marc et écarte ses longue jambes fuselées Elle se cambre et porte ses mains dans son dos en une parfaite stature de soumission.
Je m’aperçois alors que les mains qu’elle portait devant son ventre ne l’étaient pas forcément par pudeur. En plaçant ses mains dans son dos la jeune fille a lâché une longue chaînette d’or, cachée dans le creux de sa paume, qui vient se dérouler et heurter le sol dans un petit tintement cristallin.
Intriguée j’en suis le fil brillant jusque entre ses jambes. La chaînette est reliée à un anneau d’or scellé à la crête de la lèvre de son ventre juste sous le clitoris caché dans les replis ainsi formé par l’anneau comme le ferait une fibule d’une cape de chair. Je frissonne et une chaleur se glisse entre mes jambes. Je devine à la façon dont est placé l’anneau que le moindre frémissement de la chainette le fait frotter contre le clitoris déclenchant ainsi un feu de caresses électriques. Mon idée est confirmée par la liqueur brillante qui nappe l’orifice des deux lèvres pourtant hermétiquement closes. Elle trahit ainsi de la façon la plus obscène et certainement à son corps défendant, l’excitation qui mouille son ventre.
- Je vous présente Loreleï !

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12 avr. 16

Chap. 41. Le Lit de Sonia

Je mâchouille nonchalamment le brin d’herbe que j’ai cueilli à la volée avant de monter dans la voiture. Le soleil à peine voilé est déjà haut. Notre matinée s’est prolongée mais cela ne m’a pas reposée pour autant.
Nous avons passé la soirée tous les trois à deviser autour de la meilleure table de la vallée comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il est vrai que l’odeur intime de Sonia imprégnait encore mes doigts et je prenais un plaisir particulier à les porter à mon visage pour en humer la puissante fragrance aphrodisiaque. Est-ce l’effet des phéromones de la belle ? Toujours est-il que ma jalousie envers elle a fondu comme neige au soleil et a été remplacée par la chaleur d’un tendre intérêt. Ce seul parfum suffisait à m’évoquer les étreintes les plus licencieuses. Et je le faisais d’une manière si ostensible que Sonia me lançait des œillades complices à chaque fois que je portais mes doigts sous mon nez. Un manège qui n’a pas échappé à Mon Maître.
A la fin de la soirée, Marc  s’est enquis auprès de Sonia si elle disposait d’un hébergement.
Elle a acquiescé
— Et votre lit est assez grand  pour accueillir Isabelle ?
Sonia n’a pas cillé, et a même lancé avec audace, les yeux pétillants comme le champagne de son verre.
— Ho oui !… Bien assez grand !… Et pour vous aussi d’ailleurs !
Marc a souri, mais a décliné l’invitation en se levant de table.
— Merci Mademoiselle,… Nous aurons certainement l’occasion de faire plus ample connaissance, je pense !
Sur un dernier clin d’œil de complicité il nous a saluées en quittant la table puis le restaurant sur un de ces petits signes convenus à mon intention.
L’attention de Sonia se reporte sur moi, visiblement gênée par sa dernière effronterie. La suggestion de Marc est suffisamment explicite pour que nous n’ayons pas besoin de parler. Elle a compris comme moi.
Je ne viens pas à son secours et touille nonchalamment le reste de café de ma tasse et la porte lentement aux lèvres en la contemplant.
Enfin, elle a petit raclement de gorge embarrassé et me lance en souriant.
- Bien… Heu ! . Je crois qu’il serait bon d’aller nous cou…
Elle s’arrête interloquée, cette fois c’est son visage qui s’enflamme en s’apercevant de ce qu’elle allait dire et de ce que cela impliquait.
— Je … je veux dire, nous… coucher !
Ses sourcils s’arquent une mimique comique, comme si elle cherchait à minimiser ses paroles.
Comme je me sens confiante tout-à-coup face à sa candeur !
Je repose lentement ma tasse, la fixe intensément et lui lance tout de go.
— Tu n’as vraiment jamais fait l’amour avec une femme ?
Elle a un petit mouvement de tête négatif et baisse les yeux sur ma tasse.
Enhardie, Je me saisie de sa main sous la table.
— Alors viens !

Sonia n’avait pas menti,  le lit du meublé était grand, peut-être même trop grand, surtout au vu du peu de place que nous y avons occupée. Je souris aux anges à l’évocation de la pudeur de Sonia qui a tenu à éteindre toutes les lumières avant de s’avancer vers moi une fois nue  et de chercher ma peau frémissante à tâtons. Il n’a pas fallu longtemps pour que la belle s’enhardisse et laisse tomber ses derniers chastes remparts, se laisse enlacer tendrement et que nos lèvres se cherchent et se trouvent dans la nuit avant de repartir explorer les recoins les plus intime de nos corps avides de caresses.
Mon visage s’éclaire et mon ventre s’amollit lorsque dans ma tête résonnent ses petits cris de jouissance étouffée. Je goutais alors directement à la source, entre ses jambes largement écartées, le jus de Cyprine dont l’abondance trahissait son total abandon… Nous sommes endormies toutes les deux tendrement enlacées comme des amantes de toujours.
Il est plus de onze heures lorsque Marc vient me chercher. Il a pénétré dans l’appartement sans s’annoncer. Il y a bien longtemps que je laisse les portes ouvertes derrière moi lorsque je sais qu’il doit me rejoindre. Je termine de me coiffer et Sonia sort à peine de la douche nue comme un vers lorsqu’elle s’aperçoit de sa présence. Elle prend immédiatement la pose de soumission un peu gauchement comme prise en faute et me lance une œillade interrogative,  s’étonnant que je ne l’aie pas prise moi-même. Marc hausse les sourcils mais ne fait pas de remarque. Sonia devra apprendre dans quelles conditions la pose s’impose.
Sans plus s’occuper d’elle, il me lance.
— On y va … Kristale nous attend !

Sous les pneus le crissement des gravillons du chemin qui mène à la Colombière me sort de ma langoureuse léthargie. Je me redresse sur mon siège rabattant ma jupe relevée impudiquement sur mon ventre nue. Ce trajet est passé si vite, perdue que j’étais dans les bras de Sonia. Je cille plusieurs fois des paupières et observe l’entrée de la bâtisse. Mon cœur fait un bon. Là, juste à droite du perron d’accès, une moto rutilante, une grosse cylindrée, que je reconnais comme la monture de Laure. Je veux me tourner vers Marc et l’interroger. Il ne m’a pas dit que Laure serait là !... J’ouvre la bouche mais me ravise. Ce n’est certainement pas la surprise de Kristale ! Il faut que je me montre patiente, mais intérieurement je trépigne. Je vais revoir Laure que je n’avais pas vue depuis mes dernières vacances.
A la suite de Mon Maître je pénètre dans le hall d’entrée, là même où Kristale m’avait imposé sa première humiliation. Mais comme personne n’est là pour nous accueillir Marc continue vers le salon aux baies grandes ouvertes que nous traversons de part en part vers la piscine.
Une naïade est en train d’y faire des longueurs et de nouveau mon cœur loupe un battement. J’ai reconnu la longue chevelure noire de jais de Laure qui s’arrête brusquement de nager comme sur un signal, comme si elle avait perçu notre présence par quelques mystérieux sens cachés. Sa tête hors de l’eau se tourne vers nous et  elle passe ses mains sur son visage pour en écarter l’eau et les cheveux qui brouillent sa vision. A notre vue, son visage s’éclaire d’un petit sourire vite réprimé. Je sais qu’elle ne manifestera pas sa joie. Je suis sur le point de faire un pas vers le bord du bassin lorsque qu’une voix hautaine au fort accent germanique éclate derrière nous.
— Vous voilà enfin !... J’ai cru que vous vous étiez perdus en route.
Je me retourne vivement. Marc fait de même mais d’une façon plus posée.
Kristale  nous rejoint d’un pas décidé faisant claquer ses hauts talons sur le travertin de la terrasse.
Elle est élégamment  vêtue d’un pantalon de lin écru et d’un chemisier de tulle blanc, vaporeux, qui la couvre entièrement des poignets  jusqu’au cou mais qui est si léger et transparent qu’il ne cache rien de la poitrine libre aux areoles arrogantes qu’elle darde vers nous.
Elle s’arrête à un mètre de nous, me crucifiant de ses yeux de glace bleue, les mains sur les hanches.
— Revoilà donc ma petite gourde !

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05 mars 16

300 000

Penchée, le nez dans le mug fumant, je ne l’ai pas vu approcher. Il fait beau et la douceur de l’air de cette fin d’automne particulièrement chaud invite à la boisson fraiche et pourtant j’ai commandé un thé brulant. J’ai fui les mondanités du vernissage avec l’assentiment de Marc et je me suis réfugiée sur la terrasse du café le plus proche.
— Vous... Vous êtes Isabelle n’est ce pas ? Isabelle Madigan ?
Je n’ai pas trop envie de sortir de mes songes. Je lève la tête et la regarde l’air hébété, sans comprendre.
—  Je m’excuse ! Je vous ai suivie… je n’ai pas osé vous aborder avec tout ce monde ! J’ai juste échangé quelques mots avec M. Marc. Enfin je… Je ne vous dérange pas ?
Elle à un tressautement d’excitation et un large sourire comme si elle contemplait un cadeau de fête et exprime un ravissement enfantin…  Je n’ai pas envie de parler mais je n’ai pas non plus la force de la congédier et je me contente de la fixer, les yeux dans le vague. Sans y être conviée, elle approche une chaise de la petite table de marbre sur lequel m’attend mon Darjeeling. Et tout en s’asseyant avec précipitation me lance.
— Vous savez je vous lis… Sur votre blog !
Je souris complaisamment.
—  Je suis une soumise moi aussi…
Instinctivement mon attention se porte vers sa main gauche. Elle a saisit mon regard et elle tend vers mon visage une main joliment potelée qui porte une de ces bagues bon marché. Une bague avec pour chaton une boule grise percée d’un anneau plus large que la bague elle-même. Elle semble très fière de son bijou et de la condition qu’elle implique.
— C’est mon mari qui s’occupe de mon dressage !
Je ferme les yeux un bref instant pour éviter quelle voit mes yeux se lever au ciel et me force à sourire.
Je m’entends répondre d’une voix faussement enjouée.
— Ha oui ?... C’est bien !
Et je me plonge dans ma tasse de thé tandis que mon pouce gauche vient caresser mon anneau de fer niellé d’or. Un anneau porté à l’auriculaire comme doit le porter une Maitresse de second rang. Soumise et Maîtresse à la fois…
Elle commence à se raconter et mon esprit s’échappe…

Combien de temps ?
Ces années ont passé à la vitesse d’un pur-sang au galop et chacune de ses foulées marque de son empreinte de fer le chemin que j’ai suivi avec Marc. Cela pas toujours été de tout repos de vous conter ce chemin, et aujourd’hui je m’aperçois que, sans compter les témoignages que je reçois presque chaque jour, un nombre effrayant de visiteurs sont venues s’enquérir de mon insouciante balade. Je souris intérieurement en en faisant l’improbable inventaire. Il y a ceux de passage ou les égarés rejetés par hasard sur les rivages de mon iles par les courants aléatoires des moteurs de recherche. Parmi eux les fureteurs, les chercheurs de lignes qui alimentent le feu de leurs fantasmes. L’amoureux et l’amoureuse transit qui m’envoie des messages électroniques crépitant de déclarations flamboyantes et qui veulent me sauver de ma condition. Ma condition !
Ceux qui me jurent sympathie et amitié en me tendant une laisse.
Ceux qui me traquent partout pour une image, un sourire, alors qu’ils m’ont sous les yeux.
Ceux qui veulent écrire à ma place mon histoire ou qui me disent ce que je dois écrire.
Ceux avec qui j’échange tendrement régulièrement.
Ceux qui me juge moi ou mon Maître et sont outragés par notre relation… Mais pourquoi me lisent-ils, au fait ?
Ceux qui me rencontrent, comme la femme que j’ai en face de moi et qui a l’insouciante audace de superposer son imagination à ma réalité
—  Il dit que je suis sa Kajira …
Je relève vivement la tête, effarée. J’ai perdu le fil de sa conversation mais le mot Kajira me tire de ma torpeur. Elle prend cela comme un intérêt intense et continue toute enjouée.
— Oui, oui sa Kajira, Je suis entièrement à ses ordres…
De nouveau sa voix se perd dans l’écho de mes souvenirs. Mais sait-elle seulement ce que signifie être une Kajira ?
L’image de Laure se projette sur le voile des larmes qui me montent brusquement aux yeux. La belle italienne, la fougueuse silencieuse celle qui d’un regard vous faisait comprendre que vous étiez le centre du monde. La Kajira qui se prosternait sans même que vous ayez à lui demander. Celle qui m’a fait découvrir ce qu’était la soumission absolue, sans maître, libre…
C’est au guidon de son monstre mécanique qu’elle a rencontré son destin. Et il ne pouvait en être autrement. Je m’imagine encore sa silhouette gainée de cuir rouge projetée dans les airs sur une petite route du Val d’Aoste en descente du Gran Paradiso… Le Grand Paradis !
Je repousse la vision de son corps à la souplesse féline, magnifique, disloqué trente mètre plus bas.
Il est dit que les anges, même maudits, ne vieillissent pas !
Je retiens avec peine un sanglot. Je m’étrangle dans un hurlement silencieux qui me brule la gorge et le cœur. Je veux la faire taire…. Je me répète comme un mantra : Mais sait-elle seulement de quoi elle parle ! A-t-elle la moindre idée de ce qu’être une Kajira veut dire ?  Je suis sur le point de me lever et mettre fin à son monologue lorsque mon regard accroche une silhouette qui gambade sur la place et se rapproche d’une allure enjouée avec un sourire désarmant. Un rayon de soleil me transperce de part en part, Elle vient à mon secours ! Ma flamboyante Sappho aux cheveux d’or fin, à la marche assurée comme si la terre quelle foule lui appartenait de plein droit. A demi-levée je me rassoie avec un soupir de soulagement. Elle se glisse entre les tables et les clients d’un déhanché provocant qui se font retourner la plupart des hommes attablés. Elle se saisit autoritairement d’une chaise libre de la table d’à côté sans demander à ses occupants interloqués et s’assoit face à moi en fixant ma voisine qui s’est brusquement interrompue, abasourdie par cette brutale intrusion.
Le visage de Mon amazone blonde prend la rigidité du marbre et la fixe intensément lui lançant sur un ton qui ne souffre pas de réponse.
— Je veux parler à Isabelle…Seule !
Elle tente pourtant.
— Mais… Je… Mais...
Les yeux de l’intruse ne cillent pas et devant son attitude déterminée…
— Oui… Bien sûr ! Excusez-moi !
Mon interlocutrice se lève et s’éloigne sans se retourner.
La blonde fougueuse se tourne vers moi et son visage s’éclaire. Elle fronce les sourcils en une interrogation muette.
— Je… Elle m’a rappelé… Enfin je… je pensais à ... Laure…
Son nom s’étrangle dans ma gorge. Mes mains se portent à la rencontre de mes yeux embués.
Elle hoche la tête d’un air entendu.
— J’ai bien senti qu’elle te gavait.
Ma douce hétaïre s’empare des deux poignets qui cachent mon visage et sur lequel roulent maintenant de grosses larmes. Par-dessus la table, elle se penche à mon oreille et murmure.
— Quand je te vois comme çà, Maitresse, j’ai envie de te bouffer la chatte à te faire hurler de plaisir !
J’ai un sursaut de surprise ! J’ouvre des yeux tout ronds.
Elle me rend mon interrogation en écarquillant elle aussi les yeux dans une mimique comique qui lui fait pencher la tête sur le côté, en l’attente de ma réaction à sa proposition outrancière. Un spasme incoercible monte le long de mon ventre me libérant de la tristesse qui m’étouffait et nous partons toutes deux d’un fou rire irrépressible qui se font se retourner sur nous les clients attablés de la terrasse.

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18 févr. 16

Chap. 40. L’appel de l’alpha

Embarrassée par l’insistance de son regard je fais mine de m’essuyer les mains sur les hanches et finis par baisser les yeux. Doucement je m’assois à demi sur le bord du sofa. Un silence pesant s’installe. Sonia reprend son souffle et sa prestance mais elle aussi semble terriblement gênée. Elle oscille imperceptiblement sur la base de ses jambes écartées. Elle tente, tant bien que mal, de reprendre contenance.
Je relève timidement les yeux. Marc continue de me dévisager avec insistance, comme si il me découvrait pour la première fois. Déstabilisée,  je porte la main à ma bouche pour étouffer une petite toux gênée et vais pour parler lorsque Marc s’adresse à Sonia sans me quitter des yeux.
— Vous pouvez vous habiller Sonia ! … Attendez nous dehors, à la terrasse du café, nous vous y rejoindront !
La jeune femme ne se fait pas prier, d’un mouvement souple elle se relève et récupère ses vêtements éparpillés sur le sol. Il ne lui faudra qu’un instant pour se vêtir du peu qu’elle portait. Toujours en silence, suivie par nos regards, elle se dirige vers la porte. Elle soulève le rideau qui barre l’accès, se retourne vers nous et fait mine de nous parler mais semble se raviser, elle se détourne et le rideau retombe sur sa silhouette. Bientôt je perçois le carillon au son cuivré qui signale sa sortie du bâtiment.
Marc revient à moi. D’un signe du menton il désigne l’emplacement que  Sonia vient de quitter.  Pas besoin de parole. Je me précipite au sol, j’écarte les genoux en relevant ma jupe pour découvrir aussi largement que possible mes cuisses et mon bas-ventre nu. Je  croise mes bras dans le dos en me cambrant à l’excès. Ma poitrine pousse contre mon chemisier  laissant deviner la pointe saillante de mes seins tendus.
Comme je suis bien tout à coup, je retrouve ma place… Mon rang !

    Posément Marc ferme son carnet d’esquisses et se penche vers moi. Il prend un air mécontent et sur un ton de sévérité.
— Hé bien Isabelle !  Avec ce que tu viens de lui faire subir, je crois que nous ne la reverrons pas de sitôt !
Je baisse la tête comme prise en faute mais je lance, sûre de moi.
—  Je suis désolée Monsieur, mais je crois que si, Monsieur… Je suis bien revenue moi !
Et en disant cela je redresse la tête fièrement.
— Ce n’est pas ce que vous auriez fait vous ! Pour tester sa détermination ?
Marc fronce les sourcils. Et comme a son habitude répond à ma question par une autre.
— Tu as la mémoire courte. C’est ce que j’ai fait avec toi la première fois que tu t’es présentée ?
Je me renfrogne, prise en défaut et d’un air affligée
— Heu… Non Monsieur… Vous ne m’avez pas touchée !
Marc hausse des épaules…
— Bon ! De toutes les façons, nous allons vite le  savoir… Si elle nous attend à la terrasse comme je lui ai demandé…Ou bien si elle a fuit !
Il a un sourire moqueur mais je ne sais pas si c’est à son encontre ou de la mienne, ou bien tout simplement à l’idée de cet ultime test à l’intention de Sonia qu’il n’avait pas prévu. Mais Marc sait laisser filer sa proie pour mieux la jauger. Si Sonia s’en va sans  demander son reste, c’est qu’elle n’aura pas été à la hauteur de ce qu’il en attendait. Une impression qu’il confirme immédiatement.
— Il aurait été regrettable qu’elle me fasse perdre mon temps.
Brusquement Mon Maitre se redresse en prenant une profonde inspiration.
— Mais revenons à toi !... Tu as aimé ?
Surprise, mais pas tout à fait étonnée, du changement de conversation, je reste coite
— Oui, tu sais !… Tu as aimé la dominer ?
J’avale ma salive difficilement.
— Je… Oui, Monsieur, je crois !
Marc éclate de rire.
— Tu crois ?... Tu crois !... Mais tu ne t’es pas vue !… Bien sûr que tu as aimé !
De nouveau il se penche sur moi et sur le ton de la confidence.
— Y aurait- il une jeune Maitresse cachée en toi ? Ce n’est pas la première fois que tu cèdes à l’appel de l’alpha ou je dirais plutôt de la louve ! Non ?
L’appel de l’alpha ! Une expression que j’ai souvent entendue dans le cercle de  Mon Maître. On n’a jamais daigné me l’expliquer mais j’en devine maintenant toute la portée. L’appel de l’alpha, ce besoin irrésistible de dominer d’affirmer sa position dominante et de le faire savoir. Il est arrivé à Marc et Kristale d’échanger longuement devant moi pour tenter de résoudre le mystère de cette pulsion et de savoir ce qui la provoquait. Le dominant ou le dominé ? Ce soir là, ils m’ont démontré que j’appelais à être dominée et ils ont cédé à l’appel de l’alpha, pour mon plus grand plaisir !
A cette évocation, je me sens brusquement rougir jusqu'à la pointe des oreilles.
— Je… Oui Monsieur !...  Avec Stéphanie ! (Cf. La peur de Stéphanie)
Je tente de me justifier et ma voix monte d’un ton !
— Mais… C’était pour lui rappeler ses devoirs de soumise, Maître !
Un sourire non contenu barre le visage radieux de Marc.
— Il n’empêche…
Il redevient sérieux et incline ta tête sur le côté.
— Je dois quand même te dire que je t’ai trouvée très belle dans… l’action !
— Merci Monsieur… Je peux vous poser une question ?
Marc a un geste d’assentiment de la main.
— Vous… vous pensez  que… Enfin je veux dire… Vous pensez vraiment que j’ai quelque chose d’une Maitresse ?
Marc réfléchit un moment ses yeux pétillent de malice.
— Toute pièce à deux faces. Rares sont les opposés qui ne sont pas liés d’une façon plus ou moins subtile. Quant à savoir si la domination est l’exact contraire de la soumission ? Ne serait-il pas plutôt complémentaire ?
Il se passe la main sur le menton
— Cela va être une belle discussion de fin de soirée çà !
Il a un sourire chafouin et me lance un clin d’œil de complicité.
 — Allons voir donc voir si notre prétendante l’est toujours !
D’un bond il se lève et me tend la main pour m’aider à me relever. Un geste totalement improbable de sa part. Pourtant je lui donne la mienne sans hésiter.

     Ensemble nous remontons la ruelle de pavés vers le petit café qui jouxte la place centrale.
Je cherche parmi les quidams installés sur la terrasse de bois. Il ne me faut qu’un instant pour y repérer la chevelure rousse de Sonia, attablée dos au mur, une tasse de café devant elle.
Elle nous a vus.
Elle se redresse et ses jambes s’écartent doucement de chaque côté de la chaise de fer qui la porte. Elle a visiblement fait son choix.
Marc murmure comme pour lui-même.
— On aurait du parier !
Je souris, en essayant de deviner quel aurait été l’enjeu de ce pari.

 

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03 févr. 16

Chap. 39. Coup de sang

Moi ? Que puis-je en penser ?
Je me revois devant Mon Maître la première fois. Peut-être un peu moins arrogante que Sonia mais avec une aussi grande impatience de découvrir  un monde que je soupçonnais à peine et qui m’attirait avec tant de force que j’en étais prête à donner mon âme pour en faire partie !

     Je repose les feuillets sur mes genoux et regarde Sonia. Elle tremble mais pas de peur, il fait doux dans l’atelier et même nue elle ne doit pas avoir froid ! Les pointes de ses seins dardent outrageusement vers nous, provocants.
Pourquoi est-ce que je partage son excitation ?
Prise un peu au dépourvue que Marc me demande mon avis je commence par des banalités. Je la regarde mais m’adresse à Mon Maître.
— Elle est jolie ! Je crois qu’elle fera un bon modèle…
Je cherche mes mots tentant de ravaler ma jalousie mais il faut bien convenir que je pense ce que je dis. D’ailleurs inutile de mentir ou d’être condescendante, Marc s’en apercevrait immédiatement, et je n’ai vraiment pas envie de me faire sermonner devant elle.
Je continue.
— Et pour ce qui est de son aptitude à…  Euh !... à l’obéissance … Je pense que je ne peux que vous laisser juge, Monsieur !
Marc porte son crayon à ses lèvres et le mordille en souriant. Il hausse les sourcils en une mimique qui m’invite à continuer.
Je me tourne alors vers Sonia.
— Mais en fait Sonia ! Vous êtes là comme modèle ou comme soumise ?
Elle me lance un regard de biais, hautain, puis revient à Marc comme si à ses yeux je n’étais que quantité négligeable.
— Je crois que c’est un peu la même chose, disons que les travaux de Monsieur Marc le suggère tellement. Cela m’a semblé …Evident !
Elle se tourne cette fois franchement vers moi en soutenant mon regard, moqueuse.
Et en plus elle me prend pour une crétine qui pose des questions à la réponse évidente ! Si je perds pieds les rôles risquent de s’inverser. Je fais un gros effort pour ne pas baisser les yeux. Une chaleur intense me brule l’estomac et une rage intérieure me saisit. Je vais montrer à cette présomptueuse par où je suis passée pour avoir l’autorisation d’être assise à la droite de Mon Maître.
Sous une irrépressible impulsion et sans demander l’autorisation à Marc,  je me lève en jetant les feuillets de papier là où j’étais assise. D’un pas je fais face à Sonia que je domine de toute ma hauteur, l’obligeant ainsi à lever la tête pour me parler. Son sourire moqueur a disparu. Je reste un bref moment à la contempler de haut. Une bouffée de puissance me saisie à l’avoir ainsi à mes pieds.  Et cette pulsion de puissance et de domination je vais m’y voir céder, comme dans un rêve…un dédoublement.

    Je ploie un genou pour me retrouver à sa hauteur et me saisie d’une pleine poignée de ses cheveux de la main gauche tandis que ma main droite s’empare sans ménagement d’un des fiers tétons que je presse doucement entre deux doigts.
— Je vous trouve très excitée pour être un simple modèle et bien arrogante pour une soumise… Savez-vous au moins ce que Marc attendant de vous ? Pour l’instant, je n’ai entendu qu’une leçon bien apprise.
Je tire sa tête vers l’arrière d’un geste vif. Sous la douleur, dans un reflex, elle quitte sa posture et lève les bras dans une esquisse de défense.
Je n’attendais que cela. Je hurle presque à la limite de l’hystérie.
— Remettez vos mains dans le dos… Immédiatement !
Et je maintiens ma prise sur ses cheveux trop roux à mon goût.
Sonia lance un regard apeuré vers Marc, mais celui-ci reste de marbre et elle ne peut que se résoudre à m’obéir pour ne pas perdre toute la crédibilité qu’elle recherche à ses yeux. Une vague d’orgueil me parcours de la tête aux pieds, une jouissance intense d’avoir été obéie. Et je me laisse submerger pas cette vague avec volupté
— C’est bien ! Vous aller apprendre à obéir comme la bonne chienne que vous voulez devenir !
Et pour appuyer mes mots, je tors la pointe de sein qui n’a que durci un peu plus entre mes doigts. Sonia ne bouge pas mais laisse échapper un petit gémissement de surprise. Ses yeux se ferment et une larme perle à la commissure de ses paupières. Loin de m’apitoyer cette larme ne m’incite qu’à aller plus loin. Je jubile. Je lâche le téton martyrisé et glissant ma main sur son ventre vers son entre-jambes cherche l’entrée du calice qu’elle devra toujours avoir de disponible. Je m’aperçois qu’il n’y a pas que les seins qui sont outrageusement ferme. Je rencontre le témoin du plaisir de Sonia. Un clitoris épais et gluant qui pointe d’ entre ses lèvres distendues. Je le caresse de deux doigts fureteurs qui s’enduisent de l’abondante liqueur de cyprine exsudant  de son ventre comme le miel de la cire. Elle ne peut pas cacher son excitation et pour parfaire son humiliation  je veux en faire part à Marc. Je me penche vers son oreille et murmure sur le ton de la confidence, mais d’une voix suffisamment forte pour être entendue de Mon Maître.
— Mais vous mouillez comme une petite salope, Mademoiselle Sonia…
J’appuie sur le Mademoiselle
— Peut être que vous êtes bien ce que vous semblez être ! Mais vous savez cela ne sera pas suffisant d’écarter les jambes. Il vous faudra aussi offrir votre bouche et votre cul… Mon Maître adore çà ! Pour vous humilier il n’ira pas par quatre chemins … Vous êtes prête à çà, petite chienne ?
Sonia ouvre la bouche pour répondre, mais je ne lui en laisse pas le loisir.
— Nous allons voir çà !... Penchez vous !
Ce disant j’appuie sur sa nuque. Elle résiste. D’une voix moqueuse je lance.
—  Allons ne faites pas votre mijaurée ! Montrez nous que vous êtes obéissante !
Cette fois elle obtempère. Sa tête s’abaisse et sa croupe se dresse, mise en valeur par une cambrure que je force d’une main. Son visage vient presque se poser sur les genoux de Marc que je vois du coin de l’œil continuer à dessiner, imperturbable. Je cherche son regard, son approbation. Devant son impassibilité une brutale bouffée d’indétermination m’étreint.  Je viens de  m’apercevoir de ce que je suis en train de faire. Je ne me reconnais plus. Je reste un moment pétrifiée baissant les yeux sur la nuque de Sonia. Ma vision se brouille et une chaleur intense me monte au visage. J’ai l’impression de sortir, tel un somnambule brusquement tiré de son sommeil, d’un rêve éveillé !
Mais que suis-je en train de faire ? Je ne me sens soudain en déphasage complet avec la réalité. Il me faut un moment pour me ressaisir. Je crois que Marc a compris mon trouble. Il cesse de dessiner et lève la tête vers moi. Son visage reste de marbre et il a juste un petit haussement du menton dans ma direction…Une mimique que je reconnais comme une invite — Continue,…Je te laisse la main ! — Je prends une profonde inspiration pour tenter de recouvrer mes idées. De toutes les façons je ne peux plus faire marche arrière.
Mon étreinte se relâche, mais pas totalement. Je maintiens d’une main les poignets de la jeune femme dans son dos et glisse l’autre entre ses jambes écartées. Sans préambule je m’immisce à tâtons entre les lèvres drapées qui bordent l’orifice brulant. Je les masse brutalement les écartant et coinçant entre mes doigts le clitoris épais. Sous la caresse appuyée Sonia se cambre et laisse échapper un gémissement étouffé. Elle baisse la tête comme vaincue mais je sens son corps tendu et vibrant comme la corde d’un arc prêt à décocher, jugulant un sursaut qui la mettrait hors d’atteinte de l’humiliant frôlement.
Et c’est justement ce que je recherche. Montrer à Marc qu’elle ne tiendra pas les promesses qu’elle veut lui offrir.
Abandonnant le clitoris raide, j’introduis mon majeur et mon index dans l’orifice humide. Ma progression est facile, le fourreau brûlant est nappé d’une huile abondante et prometteuse. Et c’est dans un glissement sans à-coup que je m’y enfonce profondément provoquant un nouveau spasme de Sonia. Je m’y installe si profondément que la palme de ma main vient se loger entre le sillon de ses fesse et que la pulpe de mon pouce se pose sur la rosette tendue de son anus. J’ai un petit mouvement de recul mais ma détermination à lui faire perdre toute dignité vient à bout de mon mouvement de pudeur. Tandis que mon majeur et mon index s’écartent à l’intérieur de l’incandescent écrin mon pouce masse délicatement le rectum ainsi dévoilé. A-t-elle deviné ce que je m’apprête à faire ? Toujours est-il que dans un sursaut de tout son être Sonia se redresse dans un cri de supplication.
— Non ! S’il vous plait... Pas comme çà... Pas maintenant ! S’il vous plait !
Je suis presque soulagée de l’entendre ainsi supplier.
Il ne m’en fallait pas plus !
J’ai gagné !
Cela me suffit. Je relâche brusquement mon étreinte.
Sonia se redresse vivement. Son visage est écarlate, les yeux exorbités et sa bouche déformée par un rictus de crainte mêlé de dépit. Ses cheveux mouillés de sueur collent à son front. Elle a perdue toute sa superbe. Cela me ravit et me terrifie à la fois. Je m’aperçois alors que je ne suis pas loin d’être dans le même état qu’elle. Mon cœur bat à tout rompre et ma poitrine est serrée comme dans un étau, respiration  bloquée. Je me suis laissée emporter par une bouffée de colère incontrôlable. Je tente de garder un semblant de contrôle en prenant une profonde inspiration. Je me relève et ne prêtant  plus aucune attention à Sonia, vais pour m'asseoir, lorsque je croise le regard interloqué de Marc.

Posté par isabelle_mad à 18:06 - - Commentaires [5] - Permalien [#]