26 février 2008
Chap.6. Au coin de la rue.
Je me suis précipitée à la fenêtre du salon. J’ai tiré vivement les rideaux et entrouvert la fenêtre. L’air glacial du matin s’est engouffrer dans la pièce enveloppant mon corps nu. Je frissonne de froid, mais j’en ai cure. Le voir une dernière fois ! Je me penche sur la balustrade en me cachant les seins de mes mains pour scruter la rue. Il est là ! Au coin du carrefour, adossé au mur. Il m’attendait… Je suis sure qu’il m’attendait ! Il savait que j’allais ouvrir la fenêtre. Il relève un peu plus la tête et me fait un signe de la main. La rue est déserte à part une voiture qui s’engouffre sur la chaussée et file sans ralentir. Je lève une main à mon tour, découvrant une partie de ma poitrine. Il se décolle du mur, pivote sur ses talons et disparaît au coin de la rue. Post-scriptum.
Je reste un long moment debout dans le froid à regarder l’angle de la rue. Je commence à grelotter. Un froid intense me gagne mais ce n’est rien comparé au vide qui glace mon esprit. Je sursaute. Un réflexe de sauvegarde ! Je referme la fenêtre en baissant la tête, une boule au fond de la gorge, des larmes au bord des yeux. Pourquoi faut-il que nos entrevues soient si courtes ?
Comment d’écrire l’étrange sensation de vacuité qui s’empare alors de moi ? La sensation d’être perdue au milieu d’un vide sidéral. C’est ce qui m’arrive à chaque fois que Marc a poussé mon dressage un peu plus loin. Un peu comparable à l’instant qui suit un orgasme ou un plaisir intense, l’impression de ne plus m’appartenir. J’oserais presque la comparer à une sensation de manque d’un drogué. Aussitôt fini, je voudrais que cela recommence, que cela reprenne vite. Je sais que nous ne nous reverrons pas avant longtemps maintenant ? Peut-être à Pâques, peut-être au prochain été… C’est si loin ! Comme un automate sans âme je me prépare un petit déjeuner en pensant à autre chose. Mes pensées s’égarent et je fais trop cuire mes rashers et mes œufs. Toujours nue, je m’attable et mange sans appétit.
Ma décision et prise. Je ne veux pas rester ici à attendre le lundi. Je veux retourner dans ma contrée ! Respirer l’odeur des box, sentir le souffle puissant des chevaux. L’air vivifiant d’une course sur mon visage et sa caresse dans mes cheveux.
Je prends une douche rapide, m’habille et, comme si je fuyais les lieux, m’engage sur le palier … Je suis stoppée net par un oubli impardonnable. Je fais demi-tour et récupère le PC portable qui m’attendait sagement sur le sol. Ce portable qui maintenant devient un fidèle ami, mon lien direct avec Lui.
C’est toujours dans un état second que je descends l’escalier. Et dans un étrange raccourci temporel je me croise, montant les degrés à quatre pattes, la jupe relevée sur mes fesses dénudée, mon Maître sur mes talons. Mes joues s’enflamment et une étrange chaleur monte entre mes jambes. Heureusement je ne rencontre personnes. Je m’élance sur le trottoir, sortant du porche comme un diable surgit de sa boite. Je continue à m’enfuir !
Lorsque que je me dirige vers l’angle de la rue où a disparu Marc mes pas s’accélèrent et mon cœur se met à bondir d’impatience. Dans mon obsession il m’attend là, le sourire aux lèvres, content du tour qu’il m’a encore une fois joué. Mais la rue est vide ! C’est son ombre que j’ai cru voir. Il est loin maintenant ! Ma déception est si grande que je reste plantée là, un long moment, au coin de la rue. Une larme perle sur mes cils. Je fais un pas en arrière. Je ne peux pas prendre le métro et le train c’est au-dessus de mes forces. Je fais vivement demi-tour et me dirige vers le parking ou est stationnée ma voiture.
En fait, c’est plusieurs jours que je suis restée chez moi. Une petite grippe me cloue au lit. D’aucun parlerons de somatisation pour moi qui tombe rarement malade. Un mal pour camoufler un autre mal. Une mélancolie profonde qui va s’estomper peu à peu pour laisser place à un feu radieux. Un espoir ! Une perspective qui me fait entrevoir à l’horizon notre prochaine rencontre.
Mais entre-temps, pour entretenir ce feu il est nécessaire que je vous conte ce fol été 2007. Assurément le plus difficile des récits que j’aurais à écrire et à vous livrer, fidèles lecteurs et lectrices. Mais certainement pour moi un récit libérateur. Libérateur comme une confession. La plus intime des confessions !
Commentaires
N'est tu pas
Un peu sensible pour etre une soumise ? y prend tu vraiment du plaisir? Tu es en train de réaliser un fntasme de petite fille gatée mais es tu vraiment faites pour çà?
Je dis çà en toute amitié Mais si cela doit te rendre malade.
Enfin! Maintenant tu vas pouvoir passer aux choses serieuses. Les vacacnces quon attend tous.
Tendres Baisers
Oh oui ! enfin les vacances.........
j'en suis toute chose d'avance.......qu'a t'il bien pu se passer lors de ces folles vacances.......?
vite vite...racontes nous stp.......
Je t'envie vraiment d'oser vivre tes fantasmes ainsi..Si seulement j'osais.......
Delphine...
Exemple de chronologie
Par exemple, ici, nous sommes le 28 février 2008 - Chapitre VI. Et après... moi je retrouve le fil mais pas évident pour celle ou celui qui prends ton chemin en route.
Tout !
Il faut tout lire depuis le début.
Moi....cela m'a pris en tout avec les commentaires,sur quatre jours,à peu près une vingtaine d'heures.
Cependant,entre récit fictif et réel,je m'y suis perdu quelque fois.
Cela a été une très agréable lecture,excitante et intéressante,mais on peut mettre plus de temps.
Lecture de ton blog
Pour ma part j'ai également pris en route et j'ai relu tout depuis le début. C'est super de nous faire partager ton experience si intense
J'aime bcp ce que fait Marc aussi
Tu as vraiment de la chance.
Je me permet de t'embrasser.
Oona, qui reve de toi ;)
