Les Carnets d'Emilie

Le dressage d'une oie blanche.

24 avril 2009

Chap. 35. Echange protocolaire.

Les deux femmes contournent les corps enchevêtrés de Stéphanie et de ses persécuteurs en action sans même leur porter attention et viennent se placer devant nous.
Kristale pose un genou à terre, se mettant ainsi au niveau de Marc, tandis que Laure écarte les jambes, place ses mains dans le dos et se cambre en une parfaite attitude de soumission. La longue chaîne, semblable à la mienne, qui pend à son cou se balance doucement entre ses jambes effleurant son ventre.
Sans me regarder, Kristale s’adresse directement à Mon Maître.
- Me permettez-vous, Cher Maître, d’emprunter votre soumise une partie de la soirée ? Je vous laisse Laure en échange, C’est une chienne parfaitement dressée qui vous tiendra compagnie de la meilleure façon !
Comme si il s’attendait à cette demande, Marc sourit et contemple un instant le magnifique présent que lui fait Kristale en échange de…Moi ! Un frisson me parcourt le dos et j’attends avec crainte sa réponse, en ayant le secret espoir qu’il refuse cette curieuse invitation.
- Comment résister à une telle proposition !
Une chape de glace me tombe sur les épaules.
Il se tourne vers moi.
- Isabelle, Tu accompagne Madame… Tu es à sa disposition !
.Ainsi Mon Maître, Mon vénéré Maître, m’échange comme une vulgaire marchandise !
- As-tu compris Isabelle ?
La demande se fait pressante. Je suis tellement anéantie que je ne réagis pas tout de suite. J’aurais tellement aimé passer la soirée avec lui. Mais, bien sûr, il est impensable que je le déçoive !
Je réponds la gorge serrée.
- Oui, Monsieur… J’ai compris !
J’ai compris que je venais, d’une simple phrase, changer de main, à mon grand désarroi.
Il se penche à mon oreille et murmure la phrase désormais rituelle.
- …Et fais que je sois fier de toi !
Sans attendre de réponse, il se lève vivement, enlevant le bras de mes épaules, se tourne vers Kristale qui est maintenant à ses genoux et lance.
- Elle est à vous !
Puis, sans plus m’accorder d’attention, il s’éloigne vers une des portes de la grande salle de pierre suivi de près par Laure qui s’empare au passage du peignoir blanc posé sur l’accoudoir.
Un sentiment d’abandon et de tristesse me laisse un arrière goût amer dans la bouche et mon cœur loupe un battement lorsqu’il disparaît de ma vue. Mais Kristale ne me laisse pas le temps de m’abandonner à mon chagrin. Elle se saisit de la chaîne qui pend à mon cou et se relève en tirant dessus. Je me déplie du sofa en catastrophe pour ne pas être étranglée et me retrouve debout face à elle.
- Enlève-moi cette jupe ridicule !
Son ton est sévère. Fébrilement, comme dans un rêve, je déboutonne le seul bouton qui retient la jupe écossaise et en entrouvre la fermeture éclair. En me trémoussant, je la fais glisser le long de mes hanches pour la laisser tomber au sol. Du coin de l’œil j’observe les trois hommes dont l’intérêt pour Stéphanie semble soudain avoir retombé. Seul Pierre qui alors pour la seconde fois se glisse entre les lèvres de la jeune fille ne lève pas la tête vers moi, trop occupé semble-t-il à satisfaire son plaisir. Les yeux de Jacques brillent d’un feu malsain comme jamais. La jupe tombée au sol découvre mon slip resté baissé à mi-cuisses révélant du même coup aux yeux de tous mon bas-ventre nue, parfaitement épilé.
- Le slip aussi... Et tout le reste, petite gourde !
Petite gourde ! Les mots préférés de Kristale pour me qualifier. Sous l’insulte je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux. Je prends une profonde inspiration pour me calmer. Le sang bat à mes tempes un peu moins fort. Je glisse deux doigts dans le fin élastique de ma petite culotte blanche et la tire définitivement vers le bas. Je me penche vers l’avant et soulève mes pieds à tour de rôle pour la dégager et la laisser tomber enfin au sol. J’en profite dans le même geste pour me débarrasser de mes escarpins noirs et de mes socquettes blanches. Je suis maintenant entièrement nue devant Kristale et offerte au regard de tous. J’ai l’impression que je vais m’évanouir de pudeur. Mais dans un effort surhumain je prends la pose, jambes à demi écartées et les deux mains dans le dos, j’entrouvre les lèvres et en gardant la tête haute, je baisse les yeux au niveau de la poitrine de Kristale.
Ma Maîtresse par procuration semble satisfaite.
Elle me détaille longuement de la tête au pied. Je sens le regard des hommes en faire autant. Un petit scintillement dans ses yeux et un sourire narquois puis elle se détourne brusquement sans lâcher ma chaîne qu’elle tend négligemment par dessus son épaule et se dirige d’un pas décidé vers la porte où Marc et Laure ont disparus. Je suis surprise par la tension de la chaîne qui se tend brusquement et me tire violemment dans son sillage, je manque trébucher et suis obligée de trottiner derrière elle pour ne pas être étranglée sous les quolibets gouailleurs des hommes.
- Eh ! Kristale ! Ne la garde pas trop longtemps pour toi !
- Jolie pouliche que tu tiens en laisse !
- Ramène-nous là rapidement qu’on puisse la monter !
- …
Je baisse la tête et rougis violemment. Nue, sous les railleries, je me sens totalement démunie et vulnérable. Je sais qu’il suffirait d’une parole de Kristale pour que la meute lubrique se jette sur moi. Sous les interpellations, elle ralentis son pas en arrivant à la porte et fait volte face. Je n’ose pas me retourner et affronter leurs regards qui doivent maintenant se poser sur mon dos, mes reins, mes fesses !
Par dessus mon épaule, elle leur lance avec le même ton moqueur
- Chaque chose en son temps… Occupez vous donc avec Mademoiselle Stéphanie. Elle ne demande que çà…
Les hommes éclatent de rire. Il y a une promesse qui n’a échappé à personnes dans sa réponse… "chaque chose en son temps ".
Elle reprend son chemin en me traînant derrière elle et à peine avons nous passé le pas de la porte qu’un hurlement accompagné d’un long cri de détresse retenti à mes oreilles. Le cri de détresse est suivi de clameurs de protestations qui se transforment en supplications désespérées. En hurlant, Stéphanie implore ses tourmenteurs.
Sans se retourner, Kristale me lance en riant avec son étrange accent hollandais.
- Ah ! Je crois que nos amis ont décidé de faire découvrir à ta copine les plaisirs que tu apprécie tant !
La tête baissée, je fais un effort violant pour repousser l’image qui passe devant mes yeux. L’image des reins de Stéphanie forcés par les trois soudards. Je presse le pas pour m’éloigner au plus vite de la salle sombre où se perpétue l’ignoble outrage.

Posté par isabelle_mad à 09:21 - Intermede: Une Saison d'Airain. - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

Belle plume... toujours.

Cela devient de plus en plus intéressant...

Posté par Valincourt, 24 avril 2009 à 19:57

Pauvre Stéphanie

Depuis quelque temps ma vie a changé..et je dois dire que j'ai eu peur en lisant ce paragraphe même d'en lire la suite à mon retour de vacances...
Bisous Isa.

Posté par Colombine13, 24 avril 2009 à 22:47

Violent !

Tu as écrit "effort violant..." c'est un lapsus révélateur ? le viol de Stéphanie est violent il est vrai Mais et ce vraiment un viol?
Ne change rien ;)
Bisou violant... Heue Bisou violent!
Tu choisi ma Louve ;)

Posté par Aurore, 25 avril 2009 à 09:01

Pauvre Stéphanie ! Aura t'elle du plaisir au moins ?
Et toi, que vas-tu devenir ? Quel sort te réserve la perverse Kristale...
Je t'imagine nue, offerte en attente d'elle...
Bises, belle Isabelle

Posté par Domi, 26 avril 2009 à 17:37

Peur !

Peur de me lire Colombine ?
Ce n'est vraiment pas mon intention. Un simple réçit de la première "soirée" à laquelle m'a convié Mon Maître.Il m'a fallu deux ans avant de pouvoir la raconter. J'ai eu peur aussi ! Bien plus que l'on pourrait croire ! C'était...Pas facile... Et très excitant aussi.
La réalité n'a rien à voir avec un simple fantasme. Stéphanie peut en témoigner, elle a subit bien plus que moi ce soir là cher Domibec
Je vais choisir "Bisou violent" Aurore. Bien vu pour le lapsus, mais je corrigerai pas.
Bizz à tous !

Posté par Isabelle, 26 avril 2009 à 21:06

Magnifique je suis sous le charme. Un trésor d'écriture.

Posté par Berocca, 28 avril 2009 à 09:00

Merveilleuse Isabelle, moi aussi j'ai peur pour toi. Tu es bien jeune pour assistera cela et encore plus le subir et pourtant j'attend la suite avc impatience c mon coté voyeur
Ton Marc a perdu au change tu es certainement plus belle que Laure malgré c que tu dis

Posté par Le Passager, 28 avril 2009 à 14:53

Ta soumission

Superbe
tu raconte bien ta soumission a marc
je découvre ce qui fait c'est génial
j'adore ses bijou et ses peintures
Tu a une marque?
tu as vraiment bcp de chance

je vous embrasse tout ls 2
Oona

Posté par Oona23, 29 avril 2009 à 13:48

La marque de Marc

Je vois ce à quoi tu fais allusion Oona !
Non, pas encore.
Je redoute le jour où cela se fera...
Et je l'espère en même temps !
Je t'embrasse aussi.
Isabelle
P.S. Merci de mettre une majuscule à Marc

Posté par Isabelle, 29 avril 2009 à 21:09

Poster un commentaire