Les Carnets d'Emilie

Le dressage d'une oie blanche.

13 mai 2009

Chap. 37. Confidences

Je reprends mon souffle, blottie contre elle, une main sous ma tête et l’autre posée sur son ventre, ma bouche effleurant délicatement la peau de son épaule au satin de pêche et au goût de lait, je respire son odeur douce et enivrante.
J’ai laissé ses mains réinventer mon corps. J’ai laissé ses doigts agiles vagabonder, s’emparer de la pointe dressée de mes seins, s’enfoncer en moi, se saisir du pistil érectile de mon sexe et le caresser à m’arracher des mugissements étouffés, les reins cambrés et le corps tendu comme un arc réclamant que jamais ne cesse l’indécente étreinte. J’ai caché mon visage derrière mes bras croisés pour que l’on ne voie pas mes yeux révulsés de plaisir contenu lorsque sa bouche, sa langue, est venue fouiller mon intimité et que ses cheveux d’or pale se sont répandus sur mon ventre. Je n’ai pas protesté lorsque sa main a guidé la mienne dans le brûlant orifice de son entrejambe, accompagnant ma caresse de doigts experts, ses yeux fixés dans les miens, la bouche entrouverte sur l’appel d’un baiser… D’un autre encore ! Et encore… Jusqu'à ce que ma raison s’évapore et que la jouissance me fasse crier son nom…
Kristale se redresse sur un coude. Sa main vient balayer les cheveux mouillés de sueur qui jouent sur mon front. Elle me contemple un instant en souriant. Ses yeux de glace bleue se font affectueux. Un sourire plus appuyé et son regard se détourne, elle se plonge dans une réflexion intérieure tandis que sa main, comme pour s’occuper, vient replacer la longue chaîne de métal entre mes seins.
- Marc a bien de la chance…
Dit-elle comme pour elle-même.
Ses yeux reviennent à moi.
- Il a bien de la chance de t’avoir.
Elle souffle comme si elle lâchait prise à la bride de ses pensées et prend le ton de la confidence.
- T’a-t-il dit que je lui ai proposé de t’acheter ?
Elle penche la tête sur le coté avec un sourire en coin désarmant.
Je ne comprends pas de suite ce qu’elle veut dire. J’opte pour une moue interrogative. Et devant ma mimique elle continue.
- J’ai envie de t’avoir comme soumise à part entière… Tu serais d’accord ?
Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. Moi ! La soumise de Kristale ?
Comment répondre à cela ? Kristale est la première femme à avoir exercé sa domination sur moi et je dois avouer, qu’une fois les premiers moments de stupeurs passés… J’ai plutôt apprécié ! Mais quitter la férule de mon Maître, cette soumission choisie, pour la sienne ! Un frisson de peur me parcourt la colonne vertébrale. J’ose poser la question qui me taraude.
- Et… Et, il a accepté ?
Son regard se voile.
- Il a trouvé ma proposition intéressante… Mais la question n’est pas là !
Elle me fixe alors intensément.
- La question est de savoir si toi, tu acceptes…Marc m’a dit que si tu le voulais, il y consentirait !
Il y consentirait ! Cette affirmation me plonge dans l’expectative. Marc m’abandonnerait aussi facilement ? Ou bien était ce encore un de ses jeux ? Il sait pertinemment que Kristale me poserait la question et qu’il faudrait que j’y réponde. Peut être qu’en détournant la conversation !
- Et Laure ?
Kristale étouffe un rire. Sa main viens se poser sur mon sein et joue nonchalamment avec la pointe de mon téton qui se durcit sous la caresse.
- Oui ! J’ai remarqué tes regards ce soir… Elle est belle, hein !
Sa caresse se précise et son corps brûlant vient se plaquer contre le mien comme pour se pelotonner ! Elle glisse une cuisse entre les miennes s’appuyant et massant imperceptiblement mon bas ventre. Mon cœur s’emballe une nouvelle fois. Sa bouche s’approche de mon front et vient déposer un baiser sur ma tempe. Elle me murmure à l’oreille.
- Tu sais Laure n’est pas ma soumise… Elle n’est que mon esclave. Elle sera la tienne si tu le désires… Tu n’a qu’un mot à dire !
Je ne suis pas encore bien au fait des différents rapports de soumission. Il est clair que Kristale fait la distinction entre soumise et esclave. Là, je me sens vraiment "gourde " comme elle dit. Et puis Laure, mon esclave ! Je n’arrive même pas à l’imaginer. Encore une idée nouvelle droite sortie du monde dans lequel me mène Mon Maître et à laquelle il va falloir que je m’habitue.
Ses baisers se prolongent sur mes joues, mon cou et dans mes cheveux. Ils tournent autour de mon oreille. Visiblement Kristale à des choses à me dire.
- Laure est une experte, en cet instant elle s’occupe de Marc. Et il doit certainement apprécier… Il ne doit pas penser à toi en ce moment !
Kristale vient de faire mouche ! Une bouffée de colère et de frustration monte du plus profond de mon ventre. Je frissonne de tout mon être à la vision de la sculpturale hamadryade aux cheveux d’ébènes aux pieds de Mon Marc le comblant d’attentions et de plaisirs que mon inexpérience ne soupçonne même pas. Kristale a senti le frémissement d’indignation de ma peau. Elle relève la tête vivement.
- Hum ! Mais dit donc ! Tu l’as dans la peau ton Maître ?
Nos regards se croisent. Je rougis, mais la colère ne m’a pas quitté. Et sans réfléchir tout à trac je lance avec assurance, presque arrogante.
- Mais c’est aussi le vôtre !
Son visage se fige. Elle réfléchit un instant. Ses caresses cessent mais sa main reste posée sur ma poitrine, sur mon sein durci.
- Tu as raison petite gourde… Cela arrive de temps à autre, pour mon plus grand plaisir ! Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut te montrer insolente.
Et tout en appuyant sur le mot, insolente, elle s’empare de la pointe de mon sein et le tord violemment. Je sursaute de douleur et pousse un cri de surprise. Mais je n’ose pas me plaindre davantage. Je viens de comprendre que j’ai flirté avec la limite de ce que peut accepter Kristale. Mes yeux quittent les siens.
- Excusez-moi, Madame… Je ne voulais pas…
La douleur m’a arraché une larme qui perle puis roule le long de ma joue. Est-ce que cela a adoucit Kristale ? Ses caresses reprennent massant doucement le téton qu’elle vient de supplicier, comme pour me consoler.
– Il ne faut pas toucher à ton Maître, Hein !
Elle sourit largement. Lâchant mon sein, elle s’empare de mon visage et me force à la regarder.
- La première fois que je t’ai vue dans l’atelier de Marc, J’ai voulu t’avoir… Tu te souviens ?
Si je me souvenais ? Oh, que oui ! J’étais nue offerte et tremblante c’était la première fois qu’une femme me voyais ainsi. La première fois qu’une femme a fouillé mon intimité, m’humiliant sous les yeux de mon Maître. Cette première femme c’était elle… Kristale ! (Souvenirs)
- Oui… Oui Madame !
- Et donc je te demande une fois encore… Veux-tu te soumettre à moi ?
Sa voix est douce, elle se penche sur moi et ses lèvres viennent effleurer ma joue buvant la larme salée qu’elle a fait jaillir de mes yeux. Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. Une réponse négative et c’est à coup sûr subir les foudres de la blonde hyperboréenne. Dire oui et c’est chambouler toute ma vie, changer la ligne que je me suis fixée, arrêter cette expérience que j’adore pour une autre, un saut dans l’inconnu. Marc m’a fait comprendre que j’appartenais à Kristale, pour ce soir en tout cas ! Il lui a dit qu’il consentirait à mon choix si je devais accepter à l’étrange proposition. Je suis en plus dans une situation de soumission où le "non " est totalement impossible à dire à ma Maîtresse provisoire ! Et si cela n’était qu’un jeu, un test ! Une épreuve mise au point par mon machiavélique Maître. Cela serait bien de lui çà !
- Je n’ai pas finie mon dressage Madame ! Je ne suis encore qu’une novice ! Il faudrait que Marc …termine mon… mon éducation ! Après…Peut-être !
Les lèvres de Kristale quittent ma joue.
- Oui... Ton dressage n’est pas terminé, il est vrai. Cela traîne un peu en longueur… Je pourrais accélérer cela !
Elle s’empare de mon poignet gauche orné du petit bracelet de cuir tressé rouge et blanc et le contemple longuement en souriant. Apparemment elle connaît la signification de ce bracelet. Je brûle d’envie de lui demander mais elle ne m’en laisse pas le temps.
- Ton Marc est un romantique, il prend son temps… Je crois qu’il t’apprécie vraiment beaucoup pour ce que tu lui donnes !
Elle baisse la tête et saute du coq à l’âne et devient mystérieuse.
- Il a prévu une épreuve pour toi... Une punition…Importante ! Elle n’est pas encore fixée mais ton Maître à beaucoup d’imagination ! … Je lui ai demandé d’en prendre la responsabilité !
Elle a dit ces derniers mots sur un ton glacial. C’est une menace non dissimulée. Une menace appuyée par ce que Stéphanie est en train de subir en ce moment même. Il me vient à l’esprit que j’aurais pu être à sa place sur simple décision de Mon Maître. Une onde glaciale me parcourt le dos.
Elle se détend soudainement, sa jambe qui me chevauche et me maintient plaquée contre le lit me libère. D’un coup de rein souple elle quitte la couche se lève s’éloignant du lit. Elle est belle ! Ses longs cheveux de lin lui caressent le dos rehaussant l’éclat mat de ses fesses parfaitement galbées. D’une démarche assurée elle s’approche d’un portemanteau et s’empare de l’unique peignoir de soie rouge qui y pend. Elle l’enfile prestement en se retournant vers moi. Les pans du déshabillé se croisent sur son ventre et sa fleur glabre encore luisante de mes caresses. Elle est pour moi l’image de la femme mure, sûre d’elle que j’aimerais devenir.
- Vas y… Vas rejoindre ton Maître !
Elle lisse ses cheveux entre ses mains en les ramenant au-dessus de sa tête. Son ton est redevenu neutre comme si rien ne s’était passé. La discussion est close.
Elle s’empare de la cravache restée tout le temps de nos ébats au pied du lit et la glisse sous son bras
- Et dit à Laure que je l’attends. C’est un ordre !… Je suis dans la cave…
Et sans se retourner, sans même me jeter un regard, elle franchit le seuil de la chambre laissant la porte grande ouverte.
Seule sur le lit, je reste un long moment à réfléchir sur ce qui vient de se dire durant cet étrange entretien. Les questions se bousculent dans mon esprit. L’envie de retrouver mon Maître devient de plus en plus impérative. A mon tour je me lève. Le grelot de mon collier tinte doucement et la longue chaîne de métal suis mon mouvement venant cogner contre mes jambes. Je jette un regard circulaire dans la chambre jaune. Apparemment il n’a pas été prévu de peignoir pour moi. Et c’est nue que je franchis à mon tour la porte ouverte sur le corridor.

Posté par isabelle_mad à 14:40 - Intermede: Une Saison d'Airain. - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

Que j'aime t'imaginer dans les bras de Kristale, frémir sous ses caresses... je me souviens d'une texte précédent où la contact d'une femme (Stéphanie ?) semblait te révulser. Mais là tu prends du plaisir... Tu visiterais mon blog, tu saurais que j'aime ces amours entre femmes, entre toi jeune "oie blanche" et cette femme mûre...
Ainsi Marc envisageait de te "vendre" ! Vendre ? Vas-tu dire oui ? Tu aurais ainsi une maîtresse et une esclave ! Trois femmes magnfiques au service du plaisir... Bigre. Ca promet. Bises, belle Isa...

Posté par Domi, 13 mai 2009 à 15:58

Narration

Voilà qui confirme ma premiere impression.
Une qualité narrative indéniable.
Bravo et merci pour cette émotion.

Posté par Rabelais72, 13 mai 2009 à 21:25

J'achete.

Je vois que tu t'es reconciliee avec Kristale
te vendre Ouaff mais quel sera le prix d'une perle comme toi ma louve ;-)
je suis curieuse
Aurore

Posté par Aurore, 15 mai 2009 à 06:49

J'achete.

Je vois que tu t'es reconciliee avec Kristale
te vendre Ouaff mais quel sera le prix d'une perle comme toi ma louve ;-)
je suis curieuse
Aurore

Posté par Aurore, 15 mai 2009 à 06:50

suspense

Je viens de lire et maintenant j'atends la suite et espère qu'elle ne rencontrera personne dans ce couloir !
Biz

Posté par colombine13, 15 mai 2009 à 16:41

Prémonitions ou récit cousue de fils blancs ?

A la lecture de ce qui précède,j'avais raison dans les grandes lignes pour mon précédent commentaire sans toutefois,avoir deviné la suite des circonstances,et,très important,je n'ai pas triché....
en allant lire tes autres récents posts,sauf au début,concernant ton avant-dernier post avec mon premier commentaire!!!...(tout de suite après,je suis allé lire chronologiquement ton blog).

Pauvre Isabelle,....mon sang s'est glacé,j'ai peur,je tremble pour toi,d'autant que je ne crois pas que se soit un scénario fictif bien ficelé issus de ton imagination...

Alors j'espère continuer à te lire comme La Soumise sous la férule de ton adoré de Maitre Marc.
Mais je me l'avait lu,il l'avait presque promis,...un jour....il te vendra quant tu seras devenue,après l'application de sa signature,sa propriété pleine et entière.
A ce moment là,tu disposera déjà d'une alternative qui,in fine,te permettras tout au moins une proximité géographique d'avec Marc.
Et comme dit--domi--,une Maitresse et une esclave...ton esclave,...et..en plus Votre Seigneur Tutélaire.

En attendant,gaffe à la tigresse.....

Bisous,tout plein...

Hanuman

Posté par Hanuman, 01 juin 2009 à 07:17

Vente

Il est bien évident que la vente d'une esclave sort du champ du réel pour rentrer dans celui de la fiction

Mais soumise ou esclave?

On ne vend pas une soumise mais une esclave oui

Mais l'esclave n'a rien à dire

Là Kristale te demande ton avis. Et il t'est impossible de répondre

Toute réponse est biaisée par rapport à ton statut

Il y a l'échappatoire Goréenne:

"The girl is very pleased to serve her Master but the Master is the Master and the Slave is the Slave
The Master does what he wants with her slave"

Mais là tu n'est encore que soumise

Et que Laure devienne ton esclave??

J'ai l'impression que vos relations ont prise une autre diection

Posté par esthete, 31 octobre 2009 à 13:42

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