Les Carnets d'Emilie

Le dressage d'une oie blanche.

17 mai 2009

Chap. 38. Sombres Couloirs

Sont ce les caresses de Kristale et nos fougueux ébats qui m’ont tourné la tête ?
Je n’arrive pas a retrouver mon chemin ! Une suite de couloirs et d’escalier sombres, chichement éclairés. Comme cette maison est grande !
Je crois me retrouver lorsque je débouche dans le salon où nous avons été accueillis. Kristale ne m’a pas donné d’indications sur l’endroit où pouvaient se trouver Marc et Laure. Je me dirige vers la porte dérobée et m’engage sur le palier de pierre. Surtout ne pas descendre à la cave, là où Stéphanie subit mille tourments. Du bas de l’escalier monte le son assourdi d’une musique et perce une lumière sourde. Instinctivement Je tends l’oreille pour essayer d’y percevoir les gémissements de la jeune martyre. Rien ! Je m’engage sur les degrés qui montent aux niveaux supérieurs. C’est le chemin, me semble-t-il, que Marc a emprunté en partant et que j’ai suivi un temps avec Kristale. Je relève ma chaîne qui tape régulièrement contre les marches de pierre évitant ainsi de signaler ma présence. Je ne me sens pas rassurée. La peur s’insinue en moi. Je suis trop proche de l’antre ou se perpétue d’ignobles outrages et je sais quelle proie facile je dois être pour ceux qui y sont. Nue, tremblante et surtout, seule. Seule ! Je me remémore l’avertissement de Mon Maître. Une frayeur sans nom me glace les reins. Il faut que je retrouve Marc au plus vite.
Arrivée au palier supérieur je pousse la porte qui donne sur un nouveau couloir.
Celui ci n’est pas éclairé. Dans l’obscurité Je cherche un interrupteur que je ne trouve pas. Heureusement la fenêtre du bout du couloir n’est pas aveuglée et une douce lumière lunaire y pénètre. Mes yeux s’habituent peu à peu à la pénombre. Le planché craque sous mes pieds lorsque je longe l’enfilade de portes de chêne qui doivent donner chacune sur une chambre semblable à celle d’où je viens. Je dresse l’oreille cherchant à deviner à travers leurs épaisseurs quelques bruits qui m’indiqueraient une présence. Seul le silence me répond à travers les bruit des battements de mon cœur à mes tempes et au loin, la musique qui monte de la cave. Je me tords les mains d’indécision, que faire ? Ouvrir les portes une a une et risquer de déranger un couple en pleins ébats ou pire ? Je me penche, aucune lumière ne filtre sous les portes ! Je me résous à continuer mes recherches et me dirige vers un deuxième escalier au fond du couloir.

- Alors on se promène !
Je sursaute violemment. Mon cœur fait un bon à sortir de ma poitrine. J’ai eu tellement peur qu’un cri de surprise est resté bloqué au fond de ma gorge. Je lâche la chaîne que je tenais dans la main
- Dans le noir en plus… Ce n’est pas prudent !
La voix vient de derrière moi. Les cheveux de ma nuque se hérissent et je ne peux m’empêcher de me retourner. Je manque défaillir. L’homme qui vient de m’interpeller, c’est Jacques.
– C’est pratique ce grelot à ton collier pour te retrouver, Kristale m’a dit que tu étais dans la chambre jaune… Seule…. Il a fallut que je te cherche !
Maudite Kristale !
Je fais un pas en arrière avec l’idée de m’éloigner de lui.
- Non, non, non, ma belle… Tu reste là !
Il s’avance prestement et me saisit par la nuque. Je frissonne de tout mon corps.
- Je... je vais rejoindre Mar... Mon Maître.
Je lève les yeux vers lui. Son regard brille intensément. Il a un petit sourire en coin. Le regard d’un chat qui vient d’attraper une souris. Sa main glisse de ma nuque et il me prend par les épaules me détaillant de la tête aux pieds. Comme s’il n’avait pas entendu ma réponse il continu d’une voix sourde.
- C’est vrai que tu es belle... Et si jeune… Je t’imaginais bien ainsi, une belle rouquine !
Il continue à détailler intensément ma nudité, la tête me tourne un peu. Dans la pénombre il ne prête pas attention au rouge de honte et d’appréhension qui empourpre mon visage.
- Je lis ton blog tu sais ! …
Il a un sourire carnassier.
- Tu ne prends pas la pose de soumission ? Tu es en face d’un Maître !
Je manque défaillir. Nous y voilà !
Jacques a passé la soirée à me dévisager, le paroxysme a été atteint lorsqu’il possédait Stéphanie tout en me braquant du regard. L’effet que je lui fais est évident, et ce n’est vraiment pas fait pour me rassurer. L’envie de fuir me tenaille, pourtant j’ai les jambes coupées devant lui, je suis comme anesthésiée, sans force. Comme dans un cauchemar je me vois obéir à l’injonction, j’écarte les jambes et mets les mains dans le dos, dans une résistance futile je ne baisse pas la tête, je la détourne même, et ne cambre pas les reins.
- Non je préfère les mains sur la tête... Et écarte plus les jambes !
Sa voix vibre d’excitation. En obéissant à son ordre je viens d’accepter sa domination. Mais que pouvais-je faire d’autre ? Dans ma tête les pulsions les plus contradictoires se télescopent, fuir, obéir, refuser ces ordres, être digne de Mon Maître, tout accepter comme j’en ai fait le serment à Marc.
Je dénoue les mains de mon dos et lentement vient les poser sur le dessus de me tête, ce qui me fait cambrer les reins contre ma volonté. Je force un peu l’écartement de mes jambes
Dans la pénombre je distingue son sourire de satisfaction . Il sait qu’il a gagné que je lui obéirai.
Je ferme les yeux de dégoût lorsque ses mains se posent sur ma poitrine et viennent en caresser les tétons qui se dressent malgré ma répulsion. Constatant la réaction épidermique et la prenant comme un assentiment de ma part il s’empare de mes seins à pleines mains et les malaxe en émettant un "hum " de satisfaction. De ses mains froides il explore la surface de ma peau encore voilée du parfum de Kristale. Il glisse les bras le long de mes hanches et vient caresser le haut de mes fesses crispées. Son corps se rapproche du mien. Le peignoir blanc frôle la pointe de mes seins. Son souffle chargé d’alcool fort et de tabac froid tombe sur ma nuque, sur mes bras levés. Il s’attarde un moment sur la chute de mes reins et ses mains remontent le long de mon dos pour venir caresser mes cheveux. Mes jambes commencent à trembler d’indignation, ma gorge se noue sur un sanglot de désespoir. J’ai peur car je sais ce qu’il veut et que rien maintenant ne pourra l’empêcher. Comme à mon habitude dans les moments éprouvant où je ne peux pas fuir, mon esprit lui, s’échappe, s’éloigne de mon corps. Jacques n’aura qu’un pantin entre ses mains, il n’aura pas mon âme. Mon Maître a parfaitement réussi mon dressage ! Docile je suis, docile je reste, même à mon corps défendant parce que mon Maître me l’a demandé, me l’a ordonné. Cette pensée a l’effet d’un mantra purificateur, je retrouve un peu de fierté et ravale une larme.

Posté par isabelle_mad à 17:27 - Intermede: Une Saison d'Airain. - Commentaires [11] - Permalien [#]

Commentaires

Impressionnant
vite la suite meme si je la devine
Sale moment pour toi Isabelle !!!

Posté par Le Passager, 17 mai 2009 à 22:00

Si j'ai bien suivi, Jacques est donc sur le point de se faire définitivement virer du Cercle...

Bien. Lourdaud et grossier, ce type n'est vraiment pas sympathique. Le Cercle ne pourra qu'y gagner.

Posté par Pacific Blue, 19 mai 2009 à 07:36

Brrr!

Froid dans le dos.
Je te plais ma pauvre chérie, et en même temps j'adore de te voir dans cette situation
Oui oui, vite la suite je veux enfin savoir
Bisoux baveux
Aurore

Posté par Aurore, 19 mai 2009 à 07:40

Je ne pense pas Pacific que cet odieux personnage se fasse exclure. Aprés tout notre belle Isabelle se retrouve seule, sans maitre, contrairement aux recommandations et avertissement. Jacques ne fait que profiter de sa disponibilité

Posté par Rabelais72, 19 mai 2009 à 13:09

seule la jouissance est interdite en elle (il doit se "finir" dans/sur Stéphanie - pour le reste erreur fatale à assumer avec honneur...

Posté par Phil, 19 mai 2009 à 20:29

Piège tendu

Cette Krystale se venge de ton refus de lui appartenir mais c'est une bien vilaine vengeance , bien basse (dire à Jacques ou tu te trouvais)!
Je suis de tout coeur avec toi Isa.
Biz Colombe

Posté par colombine13, 19 mai 2009 à 22:27

Oui, mais...

Oui, mais Rabelais, il ne va pas y résister ce cuistre.

En tous cas, moi je n'aurais pas résisté, quitte à me faire exclure. Toute chose a son prix.

Posté par Pacific Blue, 20 mai 2009 à 00:52

Ha les mecs

çà je me doute bien que vous ne pourriez resister.
vous ne valez pas mieux que jacques ;)

Posté par Aurore, 20 mai 2009 à 07:48

Lapsus Aurore !!!

Cette fois c'est toi qui a fait un lapsus Aurore !
mdr. " Je te plais ma pauvre chérie.."
Bon ben d'accord... Tu me plais aussi!
BisouxX

Posté par Isabelle, 21 mai 2009 à 18:57

Bises à tous

Bises à tous, mais là j'ai pas trop envie de commenter.
Trop difficile pour moi.

Posté par Isabelle, 21 mai 2009 à 19:00

Un loup de couloir pour la naive agnelle

Ah,...je l'avais bien écrit--méfiance,méfiance... de la tigresse Kristal-- et pourtant à lire ton récit,Isabelle,sans renier mon commentaire précédent,je suis excité par ta mauvaise rencontre,par ton obéissance à l'injonction première de ton Maitre,il n'aura pas à rougir de toi.
Tu vas etre prise par un soudard fière de sa bonne aubaine,et..... malgré toi tu en jouiras...Ta nature,comme toujours,ne pourras résister à la montée et aux déchainements de ton plaisir.
Affreusement et honteusement désolé,je me délecte néamoins de ce qui t'arrives,surtout par la façon dont tu le relates.

Tendre compassion et bisous,Isabelle.

Hanuman

Posté par Hanuman, 01 juin 2009 à 07:51

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