28 octobre 2009
Chap. 53. Partenaire particulier.
Après un long moment de silence dans les bras l’une de l’autre, rompant le charme Laure se redresse, se relève et s’éloigne laissant traîner négligemment sa main le long de ma cuisse et mon genou. Je reste étendue, le souffle court. Heureuse d’un bonheur que je serais bien incapable d’expliquer. A travers un voile trouble, je contemple le corps athlétique de la belle ténébreuse s’approcher de la commode et en ouvrir le premier tiroir. Laure a glissé un bras sous ma nuque. Son corps encore brûlant est allongé contre le mien. Entre nous deux le curieux amant aux capacités insoupçonnées. Je le regarde par en dessous comme avec méfiance. Qui a bien pu inventer un objet aussi diabolique ? Jamais je ne me serais imaginée prendre autant de plaisir avec un accessoire aussi vil.
Elle en retire un coffret de bois. Aiguillonnée par la curiosité je cligne plusieurs fois des yeux pour retrouver une vision normale. Elle s’approche en tenant l’objet à deux mains comme s’il s’agissait de la chose la plus fragile du monde. Religieusement, elle le dépose sur mon ventre. Je frissonne à son contact froid. Il s’agit d’un coffret précieusement orné de marqueterie de bois rare et de nacre aux fermetures de bronze. Il porte la patine du temps et il est facile de deviner qu’il est très ancien. Les longs doigts de Laure en effleurent la surface et l’ouvrent d’une pression.
Couché sur un lit de velours rouge gît un objet oblong tout en ivoire blond rehaussé a sa base d’incrustation d’or et d'argent. Il est sculpté dans sa longueur de gravures érotiques. La forme évocatrice de son éminence, qui imite à la perfection un gland poli, ne laisse aucun doute quant à sa destination. Mon malaise augmente et je me relève sur les coudes en prenant soin de ne pas renverser le coffret. Se méprenant sur mon intention de fuir Laure m’arrête d’une main sur la poitrine et s’empare de l’autre de l’olisbos chryséléphantin.
Il faut que je lui fasse confiance. Je retombe sur le dos et l’observe les yeux mi-clos. La boite glisse au pied du lit et tout en me regardant, elle porte l’engin à ses lèvres et l’embrasse dévotement.
Nos caresses bien qu’elles m’aillent portées loin dans les nues m’ont laissées une impression d’inachevé. La chaleur qui explose dans mon ventre en voyant s’activer les lèvres de la belle esclave sur la tête de l’engin me révèle ce manque. J’ai un peu peur. Malgré mon jeune âge je sais parfaitement à quoi sert ce curieux objet. Mais je n’en ai jamais utilisé, en trouvant l’utilisation vulgaire. Jusqu'à maintenant seuls mes doigts ont servit à mes plaisirs solitaires.
Apparemment Laure a décider de m’initier au maniement de ce partenaire particulier.
Et je ne me trompe pas.
Sa bouche s’ouvre largement engloutissant ainsi l’énorme gland d’ivoire. Il en ressort luisant de salive. Elle pose une main à l’intérieur de ma cuisse et appuie dessus afin de m’écarter la jambe. Un peu paniquée j’ai un mouvement de recul, l’arrière de mon crâne heurte la tête de lit. Je ne peux reculer plus, pas d’échappatoire possible. Et c’est en retenant ma respiration que j’attends la pénétration de l’étrange amant. L’olisbos plonge entre mes jambes, accompagné de la main experte de Laure. De son pouce elle écarte délicatement mes lèvres et y présente le globe poli. Il me semble bien imposant pour forcer un si étroit passage, je m’y prépare tant bien que mal en écartant de moi même les cuisses et en cambrant les reins. Mes yeux se ferment. Il est clair que Laure a prise ma posture pour une acceptation Et le bélier d’ivoire force les portes humides de mon ventre, y pénétrant lentement mais sûrement.
Pour faciliter son intromission, Laure lui donne du poignet un mouvement de rotation comme pour le visser entre mes jambes. Il est effectivement très gros et me distant, sans pour autant me faire mal. Sa surface parfaitement polie et lubrifiée lui assure un glissement régulier et sans à coup. Le froid de l’ivoire se tempère rapidement au contact de mon intimité surchauffé. Je ne peux m’empêcher d’ouvrir les yeux et découvre interloquée mon ventre à demi empalé sur le pieu opalin que pousse lentement Laure en le tournant avec douceur. Elle lève les yeux vers moi avec intérêt. Sous son regard je me sens rougir violemment. Elle cherche à deviner quels effets produit l’indécent rapport sur moi. Je me pince les lèvres et échappe à son regard en reportant mon attention sur son ouvrage. L’objet est maintenant enfoncé aux trois quarts entre mes cuisses et mes lèvres l’épouse parfaitement. Il est comme happé et englouti au plus profond de mon ventre et me comble parfaitement. Encore une poussée de Laure et les gravures d’or et d’argent finissent par entrer en contact avec ma vulve écartelée A leur contact une fulguration me traverse le ventre et le périnée. Une décharge électrique me tétanise et je ne peux sous la surprise m’empêcher de lancer un petit cri suraigu tout en lançant ma main vers le poignet de Laure pour interrompre son mouvement, persuadée, que c’est le contact de l’objet qui a provoqué cette onde ravageuse et libérée, dans un spasme incontrôlé, un flot de liqueur de Cyprine. En haletant, je laisse ma main sur son poignet et lance un œil interrogateur sur le curieux olisbos. Laure en me souriant, écarte doucement mais fermement ma main de son poignet. Je la repose sur le lit en prenant appui dessus. Mon initiatrice reprend son mouvement d’introduction. De nouveau la muqueuse de ma vulve entre en contact avec les ornements métallique de l’olisbos et de nouveau une explosion électrique me secoue. L’impulsion me semble moins forte, sans doute parce que, cette fois-ci, ne vient pas s’y ajouter l’effet de surprise. Cela ne m’empêche pas de lâcher encore une fois un petit cri strident. Ma respiration s’accélère lorsque Laure, sourde à mes gémissements, imprime un mouvement de va et vient au bélier d’ivoire qui force mon sexe et qui a chaque contact de son anneau d’or et d’argent provoque une crispation de tout mon être.
Je n’en peux bientôt plus. Renonçant à lutter, je me laisse retomber sur le dos. Le haut de ma tête heurte de nouveau le montant du lit, mais je n’en ai cure. Le plaisir monte en moi à une vitesse fulgurante. Irradiée par les impulsions électrisantes, je serre les mains à m’en enfoncer les ongles dans les paumes. Arc-boutée sur les coudes, cambrée à me briser les reins, la pointe des seins dressée vers le ciel je m’apprête à laisser libre cours au feu qui embrase mon bas ventre et pulse le long de ma colonne vertébrale. Mes yeux se voilent et ma bouche s’ouvre sur un cri silencieux bloqué au fond de ma poitrine. Au diable la pudeur et ma timidité je veux jouir et je vais jouir des mains de la belle esclave. Ma respiration s’accélère et se fait saccadée, mes halètements se meurent en de petits gémissements contenus de chatte énamourée. C’est ce qu’attendait certainement Laure. Que j’arrive à la limite de l’explosion orgasmique, pour cesser brusquement les mouvements de l’olisbos.
La tension retombe immédiatement, je suis déçu comme pour un rendez vous manqué. Essoufflée, je retombe sur le lit, la regarde et prend un air suppliant, parce que je n’aurais pas le courage de lui dire.
- Ne t’arrête pas Laure, s’il te plaît encore, encore… je t’en supplie !
Elle a un petit sourire pincé et pose une main sur ma cuisse me forçant à basculer sur le côté. Une autre pression sur mes hanches, puis mes chevilles et me voici à genoux sur le lit le visage enfoui dans les draps dans une position des plus indécente ; La croupe tendue et offerte, l’amant d’ivoire toujours profondément enfoncé entre mes cuisses. Laure se hisse sur le lit et pose ses mains sur mes hanches appuyant son ventre contre mes fesses. Elle vient de prendre l’emplacement qu’un homme prendrait pour me posséder. Je ramène mes bras sous mon visage. Un trouble intense me saisit lorsqu’elle donne un premier coup de rein ; L’olibos d’ivoire vient brusquement de prendre vie comme s’il était le prolongement du corps de Laure. La petite impulsion donnée le propulse et l’agite au fond de mon vagin, l’impression est tel que je me mords le poignet pour ne pas crier.
J’apprendrais, un peu plus tard, qu’a l’intérieur de la sculpture d’ivoire est logé une longue ampoule de verre empli au tiers de mercure qui au gré des impulsions qu’on lui donne telle une vague s’écrasant sur une jetée vient en frapper l’extrémité avec force puis reflux et revient à la charge de lui-même. Un curieux dispositif oscillant qui semble donner une vie propre au bélier à l’intérieur de mon ventre.
Et il ne faudra pas longtemps pour que les étreintes et les coups de rein puissants et répétés de Laure, accompagnés des impulsions électriques qui vrillent mon périnée me fasse perdre mes moyens. De nouveau, l’irrésistible marée monte en moi. Mes yeux se voilent, un éclair lumineux passe devant mes yeux. Je lance mes bras en arrière pour chercher désespérément le contact rassurant des mains de Laure. Geste qui restera en suspension en s’agitant dans le vide tandis que tout mon être explose en une nébuleuse de plaisir.
Une bouffé d’adrénaline me monte à la gorge comme un sanglot. Je détourne la tête et me cache le visage dans les cheveux parfumés de Laure pour y dissimuler ma honte.
Commentaires
Et bien...
... si tu savais dans quel état je me trouve chaque fois que je viens ici et que je te lis... Bellement écrit... Quelle force, quelle violence... Que j'aurais voulu être là
J'imagine
J'imagine votre état M. Domi...mdr
Isabelle
Petite question
Bonjour Isabelle,
Je me pose une petite question vis de tes relations saphiques avec tes compagnes de soumission. Est-ce autorisé par ton Maître ou prends tu une liberté interdite ?
Merci encore une fois pour tes textes superbes.
Infidélité
Tu a donc fait des infidélité a Stéphanie
Attention au retour de bâton.
Je t'embrasse ma Louve
Ton Aurore
Splendide
Merci Isabelle
J’ai découvert ton blog il y a quelques jours et je n’ai eu de cesse de le lire entièrement
Il y a longtemps que je n’avais pas lu un texte de cette qualité
Depuis “Images” je crois
Sur le web parfois cela démarre bien mais il y a toujours un moment où cela dérape et où la soumise ne devient plus que de la viande à sexe sans émotion.
Toi, comme O, tu subis par amour et par amour tu peux accepter des choses qui te révulsent même si parfois tu peux être ambigüe
Cette phrase dans la chapitre *
"Comme cela serait beau si l’acte n’était pas abject !"
résume beaucoup de choses
Cela mérite une vraie publication pour entrer dans le panthéon de la littérature érotique
Elaguer un peu peut être
Toutes les descriptions ne sont pas nécessaires
Etudiante en lettre vous savez que les ellipses sont parfois les plus fortes
et puis toute oeuvre littéraire a sinon une fin mais une chute
Ce dernier épisode me conduit à une évidence
Tu seras vendue par Marc à Kristale
Une inconnue : tes rapports avec Laure
A bientot le plaisir de lire la suite
Gourde.....un peu...
Tu l'étais assurément......mais, il y a de cela trois ans maintenant, et aujourd'hui es-tu suffisamment dessalée ?
Je me réjouis, de n'être plus le seul à penser, que tu seras un jour vendue à Kristale.
Penses-tu toujours que les sextoys sont vulgaires ?
Ils ont pourtant depuis longtemps franchis les portes glauques des sex-shops pour s'afficher dans des boutiques tout ce qu'il y a de plus fashions.
A l'image de la boutique "Passage du désir" - "Le Love Store Rivoli" au 11 rue Saint Martin ou je te convie à visiter.
" Qui a bien pu inventer un objet aussi diabolique " demandes-tu, réponse : les chinois, il y a de cela quatre mille ans et des poussières...
Délicieux ton récit, un régale, mais un chouia chargé AHMA (acronyme de : à mon humble avis)
Bisous, belle Isa..
vendue ??
Pourquoi Marc vendrait-il Isabelle? La prêtait? Peut-être? Sûrement!!Mais à mon avis Isabelle "appartient" à Marc pour un bout de temps puisque 3ans après Isabelle dit que c'est toujours son Maître!!
Sur c'est toujours un plaisir de te lire Isa.
Bisous .
littérature & réalité
Bien sur Isabelle et Marc sont liés par un amour profond
Mais je ne parlais pas de leur vie mais du chef d'oeuvre de la littérature érotique qu'isabelle est en train de nous concocter
Une oeuvre littéraire n'est pas la vie qui, elle, n'a qu'une seule fin. Dans un roman il y a une dernière page, comme il y a le mot FIN sur l'écran de cinéma.
"Isabelle quitte la maison de Marc suivant Kristale à qui elle vient d'être vendue"
La suite peut être l'objet d'un autre roman..
littérature & réalité
Bien sur Isabelle et Marc sont liés par un amour profond
Mais je ne parlais pas de leur vie mais du chef d'oeuvre de la littérature érotique qu'isabelle est en train de nous concocter
Une oeuvre littéraire n'est pas la vie qui, elle, n'a qu'une seule fin. Dans un roman il y a une dernière page, comme il y a le mot FIN sur l'écran de cinéma.
"Isabelle quitte la maison de Marc suivant Kristale à qui elle vient d'être vendue"
La suite peut être l'objet d'un autre roman..
je comprends mais..
vois-tu je préfère un enfin du style....ils décidèrent de vivre ensemble..lol !!
Je suis soumise mais j'aime les fins de roman qui finissent "bien" si je puis dire...
je comprends mais..
vois-tu je préfère une fin du style....ils décidèrent de vivre ensemble..lol !!
Je suis soumise mais j'aime les fins de roman qui finissent "bien" si je puis dire...
Fin
Oui une fin du style:
"Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
Après tout
pourquoi pas? Mais bon c'est certainement impossible car Marc me semble assez indépendant sentimentalement malgré qu'il soit le Maitre d'Isa et je me souviens qu'elle avait accepté d'être sa soumise tout en sachant que cette relation cesserait un jour mais je souhaite que ce soit le plus tard possible....
La fin
Moi aussi Colombine je la souhaite la plus tardive possible.
BisouxX tendres
David
Mon cher David, je n'ai qu'a me laisser aller, Marc s'occupe de tous et est au courant de tous ce qui me concerne. Cette liberté il me l'accorde et l'orchestre de main de Maître.
Isa
De rien Isa car je sais au travers de tes écrits combien tu aimes ton Maitre.....Bisous
