04 novembre 2009
Chap. 54. Ricochet
- Alors tu as fait connaissance avec… Notre serviteur ? Un long silence s’en suit. Kristale s’éloigne de deux pas.
Le ton de Kristale est à la fois moqueur et chargé de reproche.
Je n’ose pas répondre. Elle continue.
- Sais-tu qu’il a appartenu à une proche de la Marquise de Montespan ?… Tu imagines les femmes célèbres qu’il a comblé ! Il a spécialement été conçu et réalisé pour elle ! … Enfin… C’est ce qui se dit !… Et j’aime à le croire.
Et je suis, également, bien prête à la croire. Kristale fait preuve d’un goût sans faute. Je n’ai pour cela qu’a laisser promener mon regard dans la pièce. Tout n’est que bibelots précieux, œuvres d’art, tapis et meubles de style. Je me doute qu’elle doit faire preuve d’autant de discernement en ce qui concerne ses jouets de débauche.
- Je l’ai offerte à Laure…
Elle a une œillade vers son esclave qui à prise une pose parfaite de soumission
- Et… Tu as aimé ?
Ses yeux de glace bleue se plante au fond des miens.
Elle attend une réponse.
Une onde froide me parcourt le dos tandis qu’une chaleur intense me brûle les joues. Je lance un regard désemparé à Marc adossé au mur, les bras croisés, et qui suit attentivement la conversation. Mais il reste impassible.
- Je … Je… Oui Madame !
Ma voix est à peine audible.
- C’est bien !
Elle a dit cela en regardant vers le sol comme pour elle-même.
Elle continue.
- L’ennuie, c’est que tu y as peut être pris un peu trop de plaisir…Qui dois-je punir pour votre retard ? Toi ou Laure ?
Je baisse les yeux.
Lorsque je me suis réveillée dans les bras de la belle esclave le soleil avait largement décliné. Mon œil exercé de fille passant sa vie à la campagne, sans montre au poignet, avait immédiatement enregistré qu’au moins trois heures avaient passées. J’ai réveillé Laure en lui secouant l’épaule. Elle a pris un air paniqué lorsqu’elle s’est rendu compte, elle aussi, de l’heure tardive. Elle s’est précipité dans les couloirs en me tirant par la main et en me pressant d’accélérer le pas. Mon cœur battait la chamade, j’avais parfaitement conscience que nous avions outrepassé une limite et l’attitude affolée de Laure n’était pas là pour me rassurer.
Nous avons débouché en trombe dans le salon et là, mon cœur à loupé un battement.
Au beau milieu de la pièce se tenaient Marc et Kristale. Sylvie et Stéphanie étaient assises sur le divan et leurs yeux surpris se sont braqués vers nous. Ce qui me mit le plus mal à l’aise c’est qu’ils étaient tous habillés, et nous étions entièrement nues. Je m’arrête net lâchant la main de Laure et pique un fard. Je m’avance d’un pas vers Marc et bredouille lamentablement quelques mots entre mes dents avant de comprendre en voyant son visage sévère, les lèvres pincées, que je ferais mieux de me taire.
Laure a réagit plus vite que moi. Elle s’est immédiatement figée en une pose de soumission la tête baissée.
Je fais de même.
Tous les regards sont braqués vers nous et je n’en mène pas large. La réaction de Kristale ne se fait pas attendre. Les poings sur les hanches, elle aboie presque, ce qui augmente son accent hollandais.
- Laure à genoux !… Isabelle ! Va t’habiller immédiatement… Ton Maître t’attend depuis trop longtemps !
Sous le coup de l’émotion j’ai du mal à penser, mais je me souviens tout de même que mes effets sont restés dans la cave. Gardant la tête baissée, je trottine vers la porte dérobée et file sans demander mon reste, soulagée de quitter les lieux pour un temps.
Il ne m’a fallu qu’un instant pour retrouver au fond du sofa et sur le sol de pierre mon slip de coton blanc, ma jupe écossaise et mes socquettes. Je recherche fébrilement mon chemisier avant de me rappeler qu’il est pendu dans le dressing de l’entrée. Je cours le plus vite possible en évitant de passer par le salon pour le récupérer. Le sang bat à mes tempes lorsque, enfin rhabillée, je pousse la porte du salon. Laure est toujours à genoux, la tête baissée, ses longs cheveux noir tombant de chaque coté de sa tête me cache son visage.
Apparemment une explication a eu lieu…
- Alors ? Qui dois je punir pour cela ?
L’interpellation au ton germanique de Kristale me perce de part en part.
Je n’ose pas dire un mot. Et rougis encore plus fortement. Dans un éclair de lucidité je décide d’agir comme avec Mon Maître. Peut être que cela permettra d’atténuer son courroux !
Je plie un genou en une profonde génuflexion.
- Je… C’est, moi Madame… Je … Je suis responsable !
Mon ventre se tord d’angoisse, j’ai l’impression que je vais m’évanouir. La personnalité de Kristale est telle que j’ai, face à elle, le sentiment d’être vraiment une gamine prise en faute. Je déglutis péniblement et baisse la tête pour dissimuler l’humidité de mes yeux.
Son ton se radoucit.
- Soit… Je vais donc te punir… Pour cela je vais fouetter Laure !
Mon esprit s’enraye. Il me faut un moment avant de saisir ce qu’elle vient de dire. Je viens de me désigner comme fautive et c’est Laure qu’elle va punir ?
Je relève vivement la tête et prend la parole sans y être invité.
- Mais, mais, je…
Et m’interromps brusquement, restant bouche bée. Je viens de comprendre ce que va faire la blonde nordique. Elle va me punir à travers Laure !
Elle sait pertinemment que Laure exerce sur moi plus qu’une fascination trouble. Et que de la voir punir sous mes yeux à la place et à cause de moi va m’atteindre au plus profond.
La voilà sa punition machiavélique ! Il en va ainsi depuis que je connais Marc. Je ne peux m’appuyer sur aucune certitude, Rien n’est jamais évident ou prévisible. Tout est fait pour me rappeler que ma façon de penser dejeune fille bien éduquée n’a pas cours ici.
- Laure… Ma cravache de dressage !
Je reste pétrifiée à l’idée de ce qui va se passer. Laure sans l’ombre d’une hésitation se relève vivement et court vers un long buffet de laque noir en extirper une badine de cuir beige. C’est effectivement une de ces cravaches que l’on utilise pour dresser les chevaux et diriger leurs pas à la longe. Mais elle toutefois plus fine et un peu moins longue.
Laure la présente dévotement à Kristale, les deux mains tendues vers elle, la cravache posée sur les paumes. La Maîtresse de la maison s’en empare et en teste la flexibilité en la courbant entre ses mains.
- En position Laure !… Contre le mur !
Encore une fois Laure montre sa célérité à obéir. Elle s’approche du mur le plus proche, se penche en avant, s’appuyant mains tendues contre le crépis blanc et écarte les jambes à demi, en se cambrant. La pose qui ne cache rien de son intimité met en valeur la courbe de ses reins et le galbe de ses fesses offertes. Elle a baissé la tête entre les bras. Sa longue chevelure d’ébène touche presque le sol et je ne peux qu’admirer la parfaite plastique de l’esclave.
Je détourne la tête sachant ce qui va se passer.
- Non, non, Isabelle !… Tu regardes … Et vous aussi Mesdames !
Elle se tourne vers Stéphanie, blême, et Sylvie qui a joint ses mains devant sa bouche. Je prends une profonde inspiration, lance un regard déconcerté vers mon Maître, qui reste impassible, puis reviens au corps magnifique exposé prêt à subir les foudres de Kristale.
Un silence pesant s’établit.
Kristale prend son temps, ce qui augmente la tension qui plane maintenant dans la pièce. Mon cœur bat à cent à l’heure. Elle va pour se positionner derrière Laure lorsque Marc l’interpelle.
- Kristale s’il te plaît, tu peux venir me voir !
Tous les regards se tournent vers lui. Kristale penche la tête sur le côté et, comme à regret, place la badine sous son bras pour rejoindre Marc d’une démarche souple. Une fois ensemble ils nous tournent le dos et Marc murmure quelque chose à son oreille. Elle se redresse et hoche plusieurs fois la tête. Mon Maître reprend sa place, adossé au mur les bras croisés, en me regardant intensément.
Kristale se dirige alors vers moi, et je n’oublierai jamais le sourire en coin qu’elle a eut lorsqu’elle m’a annoncé en me tendant la cravache;
- Isabelle… C’est toi qui va donner la punition à Laure !
Commentaires
Et alors ?
Et alors....et alors ?.....
Aaaagh.........tu vas pouvoir donné toute la mesure de tes penchants de dominatrice selon le même enfièvre-ment que celui de O sur Yvonne Chez Anne-marie,ou peut-être pas....
Vite, vite ....la suite, s'il te plait Isabelle....
Bisous belle Isa
Va tu le faire ?
Oui bien sur
tu y est obligé.
Mais va tu y trouver du plaisir ?
Huumm je brule de le savoir
BisouxX tendre ma Louve
Aurore
ohhhh
je ne pourrais jamais faire cela!!
j'ai pas l'âme d'une domina et ni l'envie de tester..beurk...lol.
il me tarde de lire la suite même si je sais que déjà cette scène ne me plaira qu'à moitié car les punitions de mes "consoeurs" me font mal au plus profond de moi.
bisous
Très juste
Il y a là un de la part de Maître Marc un discernement et un sens de la justice que l'on ne peut qu'approuver sans réserve.
domina ?
Qui parle de dominatrice concernant isabelle... ?
l'humiliation ultme, faire punir une soumise par une autre, surtout si elles ont des "affinités" c'est le comble du sadisme... et de la perverité.
On commence à connaitre Marc...
Valmont21
Disons que si elle ne devient pas domina, elle a peut-être une attirance à vouloir tester et d'être de l'autre côté du fouet....et je suis certaine que Marc l'a bien ressenti..mais ce sera juste une expérience de plus pour Isa mais quelle expérience.....
Mademoiselle
Bonjour Mademoiselle Isabelle
Nous nous sommes entraperçu cet été a l'exposition de Marc (le couple avec le petit chien blanc) Nous tenions à vous dire que vous etes tres jolie et que nous apprecions vraiment beaucoup vos écrits (découvert par Marc)
Nous ne somme pas du milieu SM Mais vous le décrivez si bien que cela nous permet de le comprendre un peu mieux. Meme si votre difference d'age nous "etonne" un peu
Quelle aventure vous vivez là !
Cordialement
Nicole
Je me souviens du petit chien blanc;-)
