- Monsieur ?
- …
- Monsieur ?
- … Hmmm !
La chambre baigne dans une pénombre à peine troublée par les premiers rayons du soleil.
Mon Maître est à mon côté, allongé nu sur le dos, la respiration paisible. Le sommeil du juste. Je n’ai osé lui adresser la parole lorsque j’ai senti un changement de rythme de son souffle. Mon Maître s’éveille, et j’attendais cela avec impatience. Impossible pour moi de dormir. Les images tournent dans ma tête. Les cellules, Estelle, Ange, … La maraude… Ces hommes !
Je frissonne. Je me tourne sur le côté et glisse une cuisse nue sur la sienne, mon ventre se colle à sa chaleur animale. A demi sur lui et je me redresse et cherche son regard dans l’ombre. Ses yeux restent obstinément clos.
- Vous… Vous savez pourquoi Estelle porte un numéro à son prénom ?
Un silence, puis, comme si cela lui coûtait un effort intense.
- Mmmoui !
Je fronce les sourcils.
- … Et ?
- Et, quoi ?
Je trépigne.
Mais Heu !… Pourquoi ?… Pourquoi elle porte un numéro accolé à son nom ?
Un silence.
- Elle ne te l’a pas dit ?
Mon Maître ne répond jamais à mes questions directes. Cela m’horripile mais j’ai compris que c’était toujours pour me forcer à l’introspection.
Les images de la soirée défilent de nouveau devant mes yeux. Cela s’est passé si vite, comme dans un rêve… ou un cauchemar. Les rires rauques des hommes, les cris de jouissance d’Estelle, Les pleurs et supplications d’Ange…
Ma voix s’éraille.
- Non… On n'a pas eu le temps de se parler trop… En fait pas du tout.
Nouveau silence
- Alors ce n’est pas a moi de te le dire !
Je me renfrogne et baisse la tête balayant sa poitrine de mes cheveux roux. Inutile d’insister pour le moment. D’un mouvement vif je me redresse totalement rejetant le drap au pied du lit et me glisse promptement à califourchon sur son ventre le maintenant fermement entre mes cuisses. D’un léger déhanchement je pose délicatement la fleur humide de ma vulve sur son membre à demi dressé comme pour y déposer un baiser des lèvres de mon ventre en feu et me couche de nouveau sur sa poitrine.
- Monsieur !
- Mmmh !
Je me tortille pour rendre plus pressante ma demande, me penche à son oreille et murmure timidement.
- … J’ai envie !
Marc ricane doucement
- Je le sens bien … - Un soupir - …Vous m’avez crevé avec ta sœur !
Je rougis et cache mon visage sur son épaule à l’évocation de nos ébats et des premières nuits de servitude de Béatrice. Je me rends compte que cela fait à peine quelques jours que Marc est passé me prendre au haras et ma vie est déjà rythmée par un abandon total à ma soumission à Mon Maître et au tourbillon de sensations exacerbées dans lequel il m’entraîne.
Sans lever la tête, mes lèvres contre son cou, je lance sur un ton espiègle.
- Béatrice, ou… Agnès ? … Ou Sophie ?
Faisant allusion à la jolie brune libérée du cachot et dont j’ai prise la place.
Je n’obtiens pas plus de réaction. Je m’écarte alors un peu plus m’aplatissant en me tortillant contre son ventre. Un frémissement du pilier de chair que je convoite effleure mon clitoris gonflé d’envie.
Je souris intérieurement.
- Et … Et si je vous racontais ?… Si je vous racontais ce qui s’est passé dans les caves ?