- Amenez-moi donc la brailleuse !
Son ton ne souffre pas de discussion. Les deux hommes traversent la pièce en traînant Ange avec eux. Ils la présentent en la projetant en avant. Elle vient presque se cogner à nous en titubant. Ses cheveux sont en bataille, ses joues mouillées de larmes, elle renifle bruyamment en continuant de gémir.
Son attitude m’interpelle et me met mal à l’aise. Est-elle vraiment ici de son plein gré ? Son collier de cuir blanc la désigne pourtant bien comme une soumise novice. Mais est-elle vraiment consciente des épreuves auxquelles elle pouvait être astreinte ? Elle, ou son Maître ? Ou bien est-ce que cela fait partie d’un jeu qu’elle joue à merveille ? Je me rappelle Stéphanie et sa facilité à interpréter la vierge effarouchée en connaissant parfaitement l’effet excitant que peut provoquer ce type d’attitude sur les Maîtres ! Pour Ange le rôle de la Jeune Fille en Détresse est certainement la posture de soumission qu’elle a choisie. Cette idée me rassérène ! Après tout le prénom d’Ange n’est certainement pas choisi au hasard.
En tous les cas les soudards n’en ont cure ! Pour eux, toutes personnes trouvées dans les geôles de la bâtisse sont autant de jouets qu’ils peuvent utiliser pour combler leurs désirs de la manière qui leur convient.

D’un geste rapide l’homme me lâche abandonnant la caresse onctueuse et se saisit du visage d’Ange lui tordant la bouche de son pouce et son index.
- Vous ne savez donc pas comment faire taire cette pleurnicharde les gars ?
Il enfonce profondément son pouce dans la bouche de la jeune fille. Elle a un haut le cœur et tente instinctivement d’éructer l’intrus.
- A genoux !
Le ton autoritaire, presque hurlé, semble tétaniser Ange. Elle roule des yeux comme si elle cherchait une échappatoire. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner ce que l’homme allait exiger d’elle. Comme elle tarde à s’exécuter l’homme tatoué fait un pas en avant, l’empoigne fermement aux épaules  et pèsent sur elles de toutes ses forces. Anges plie les genoux et se retrouve au sol les jambes écartées son visage tourné vers nous dans une dernière supplication. Sa cuisse s’appuie sur mon mollet et je frissonne à son doux contact. Sans un mot mon tourmenteur ôte son pouce de la bouche de la jeune fille et me saisie par les épaules y laissant la trace chaude et humide de la salive d’Ange. Il me déplace avec un sourire, presque avec douceur, me disposant derrière elle. Mon ventre touche sa tête et ses cheveux blonds se mêlent à ma toison rousse.
Prenant son temps l’homme dégrafe la braguette de son pantalon.
Mon regard se porte vers Estelle qui s’ébat dans l’ombre.
- Aaah non !… Tu regarde ma belle ! Tu vas regarder ce que j’aurais aimé faire avec toi…
Puis se tournant vers ses deux complices.
- Voilà comment on fait taire une petite piailleuse, les gars !
Et sans autre forme de procès présente son sexe tendu à la bouche de la jeune fille. Ange a un mouvement de recul sa tête se blottissant contre ma vulve comme si elle voulait y chercher refuge, puis acculée et estimant qu’elle ne pourra échapper à l’odieuse caresse que l’homme veut lui imposer, elle revient vers l’avant. Elle ne proteste plus lorsque le gland turgescent se pause sur ses lèvres. Vaincue, résignée, docilement elle entrouvre la bouche.
De ma position dans un étrange raccourcie, je vois le gland disparaître sous le nez de la jeune fille, happé par le visage d’Ange. Ainsi forcée par le bélier de chair l’arrière de sa tête vient cogner contre mon pubis provocant une étrange sensation comme si sa tête devenait le prolongement de mon ventre en une étroite communion. L’homme se saisie de mes hanches et leur imprime un léger mouvement de tangage ce qui a pour effet de presser un peu plus mon bas-ventre contre la tête de la jeune femme la forçant ainsi à engloutir une part conséquente du sexe de son tortionnaire. Elle émet une protestation étouffée lorsque la pression se fait plus forte. Mais l’homme n’y prête aucune attention et semble bien décidé à se rapprocher encore de moi. Comme s’il voulait me pénétrer en passant outre les gémissements d’Ange qui se font plus pressant. Sa tête n’est bientôt plus qu’un coussin de cheveux blond séparant mon bas ventre de celui de l’homme et je devine que celui ci s’est enfoncé entre ses lèvres jusqu'à la garde. Ce que confirme  les spasmes désespérés du corps de la jeune fille en proie à l’étouffement et qui dans un sursaut cherche à se relever. Mais ses efforts sont vains, coincée qu’elle est, dans l’étau de chair de nos deux corps.