Je me redresse pour la contempler à loisir.
Largement écartelée par mes soins, ses mains levées au dessus de la tête, alanguie, offerte et consciente de s’offrir à mon inspection, je perçois le frémissement contenu de tout son être. Loreleï relève la tête et me fixe comme pour m’hypnotiser. Une lueur de malice irise ses yeux bleus lagon en une muette interrogation et elle affiche un demi-sourire de défi qui me laisse deviner son attente.
Devant ma retenue et pour mieux se faire comprendre elle pousse un soupir de lassitude et cambre un peu plus les reins accentuant l’impudeur de sa posture en projetant les deux sphères parfaite de ses seins juvéniles vers moi. Cette petite n’a rien d’une ingénue, elle semble parfaitement connaitre les arcanes de la séduction et sait en jouer sans retenue.
Et pourquoi résister ?
Je tends le buste et le cou pour apercevoir par-dessus le divan les silhouettes de Marc et Kristale toujours en pleine discussion. Rassurée, je me laisse retomber sur le corps frémissant de la jeune fille et cherche ses lèvres avec précipitation.
J’avais deviné juste ! Sans ambages, ses mains se posent de chaque côtés de ma tête et me guide vers sa bouche entrouverte. Nos lèvres se joignent et je plonge avec délice dans le suave orifice au gout de friandise à la rencontre de sa langue fraiche qui entame une danse tournoyante et syncopée.
En un instant, je me laisse submerger par le besoin de n’être plus qu’une avec la jeune fille. Cette envie profonde et irrépressible de la faire mienne et la faire jouir au delà de tout entendement. Je lâche sa bouche et m’enivre des parfums de sa peau aussi fine et velouté que celle d’une pèche en parcourant d’une langue fébrile son cou, sa poitrine, ses seins aux  mamelons durcis que je résiste à l’envie de croquer à pleines dents et que je mordille tendrement pour en faire saillir le plaisir.
La douce Loreleï semble, plus que moi, avoir conscience de l’urgence de venir au bout de mon entreprise. A peine me laisse-t-elle le temps de jouer avec ses tendres aréoles que ses mains graciles se posent sur mes épaules et appuient sur elles d’une pression lente mais ferme, me faisant comprendre que mes baisers sont attendus en des endroits autrement plus torrides.
Ravie qu’elle devance ma proposition, je me laisse guider docilement en survolant son ventre tendue, son nombril joliment ourlé sur lequel je ne m’attarde guère, pour me trouver enfin en suspension au dessus de la fente entrouverte du fruit de toutes mes attentions. Face à la source de tous les plaisirs je veux tempérer les ardeur de la nymphe, prendre le temps de goûter à ses charmes, même si je sais qu’à chaque instants nous pouvons être surprises par nos maitres et maitresse respectifs. Pour autant, il me semble que j’en ai cure et peut être même que cela ajoute à l’excitation et l’impératif de nos étreintes.

Les deux perles

Je dépose un délicat baiser à la commissure de l’orifice gardé par l’anneau d’or et forçant les lèvres enduites de liqueur de Cyprine, je recherche du bout de la langue le clitoris dressé. A sa découverte Lorelei répond par des murmure de plaisir en néerlandais qui n’ont pas besoin d’être traduit. J’aspire le téton de chair et le glisse entre me dents. Au contact de mes incisives, Une onde fulgurante parcourt le corps de la jeune fille. Elle se cabre sous la caresse et appuie de toutes ses forces sur ma tête plaquant mon visage entre ses jambes brulantes. Une vibration puissante, rythmée par les gémissements étouffés de la nymphette  me fais perdre définitivement pied. Je m’enivre du parfum et me délecte de la liqueur à la saveur acidulée qui maintenant me barbouille les lèvres et suinte sur mon menton. Je plonge ma langue tendue dans l’étroit passage barré par l’anneau d’or avec le secret espoir d’y embrasser le voile virginal. Désespérée de ne pas y parvenir je cherche mon chemin fébrilement, glissant dessus et sous l’anneau qui jointe intimement ses lèvres, bousculant le dispositif qui barre l’entrée de mes envies avec de plus en plus de frénésie. Une frénésie partagée avec Lorelei qui appuie maintenant de toutes ses forces contre ma nuque et par de petits coups de rein saccadés m’invite à gober à plein bouche le fruit charnu gorgé de plaisir.
Peu à peu je m’enfonce dans les limbes de l’euphorie et pourtant dans le lointain de ma conscience une petite lueur, une alarme, se met à retentir, Un sentiment de péril s’empare de moi. Lorelei qui n’a pas l’intention de stopper la caresse continue à  se trémousser contre ma bouche, perdue dans ses borborygmes de gémissement de plaisir, en une impérieuse invitation à forcer sa jouissance. L’alarme se fait brusquement plus pressante. Comme réveillée en sursaut par un danger imminent, je me redresse brusquement, me dégageant violement de l’étau des mains de Lorelei et jette impulsivement un regard vers la piscine. Une onde glacée me parcours. Kristale et Marc sont en train de se diriger vers nous à pas nonchalants tout en devisant d’une façon calme et posée.
Ils marchent lentement et cela me donne le temps de repousser fermement Lorelei qui elle n’a pas perçu le retour de nos maîtres. Elle va pour protester. Je pose un doigt sur ma bouche pour lui intimer le silence et désigne du pousse la direction de la piscine.
Je me rassois précipitamment remettant de l’ordre dans ma tenue.
La jeune fille, qui a enfin compris, a vite fait de fermer les jambes et se redresser pour reprendre la posture qu’elle avait avant le départ de nos maîtres.
Quand Kristale et Marc franchisent le seuil de la baie, j’inspecte rapidement Lorelei, les joues rouges du plaisir interrompu, ses yeux papillotent et elle fixe le sol devant elle. Cela pourrait n’être qu’une manifestation de timidité si il n’y avait le vernis onctueux et brillant qui suinte et barbouille les commissures de son entrecuisse.
Je m’imagine fugacement la chaleur sourde et les vibrations de plaisir qui doivent encore papillonner entre ses jambes. Et je m’aperçois que je ne suis pas en reste en resserrant convulsivement mes cuisses sur mon sexe en feu tout en essayant de calmer les battements de mon cœur.
Une ombre me surplombe. Je m’essuie encore une fois le menton d’un geste rapide pour en essuyer les dernières traces du sirop vaginal de Lorelei et lève mon visage vers Mon Maître.