Sans un bruit, Laure s’approche. Elle se glisse entre le sofa et la table basse où je suis agenouillée. Elle nous touche presque et son ventre parfaitement épilé se tend vers mon visage exhalant  une bouffée de parfum d’épices et de fleurs précieuses. Restant debout, elle écarte les jambes autant que lui laisse possible l’espace entre les deux meubles et glisse ses mains dans le dos. Attentive.
Kristale ne résiste pas à l’envie, et d’une main nonchalante se saisit de la cuisse de la belle italienne, la caressant comme elle le ferait d’un animal de compagnie.
— Bien … Reprenons les choses sérieuses !
Elle glisse une langue gourmande sur ses lèvres.
— Laure va s’occuper de toi suivant une règle stricte. Comme je te l’ai dit tu seras fouettée deux fois. Une fois le matin et une fois le soir… Peut-être plus, si nécessaire, ou suivant mes envies.
Comme je ne proteste pas, elle continue.
— De plus, à partir de maintenant tu ne prononceras aucun mots à part « oui »  et bien sûr celui que j’attends de toi.
Elle a un sourire de connivence à mon endroit, enlace la cuisse tendue de la belle et y pose la joue.
— Laure va te préparer pour ces quatre jours. Elle s’occupera de ta toilette, aussi bien courante, qu’intime. Je te veux parfaitement préparée et disponible à toutes les envies des hommes que tu vas combler demain soir. Ce qui inclut tes reins qui devront être libre et dégagés… Laure sait ce qu’elle a faire. Et pour ne pas gâcher cela tu resteras à jeun tout ce temps. Tu ne seras nourrie que de café, de bouillon et du sperme de tes amants.
Mon estomac se contracte et je contiens un sursaut nauséeux.
Kristale a perçu mon trouble. Elle a un petit sourire machiavélique et sa caresse sur la cuisse de Laure se fait plus ample, plus pressante.
— Tu vois le programme est simple, mais ne t’y trompes pas ! Je te réserve quelques surprises… Pas forcement agréables. Je ne perds pas de vue mon objectif de te faire avouer ton mot de passe.
Mais tu peux échapper à cela dés à présent.
Elle me lance un clin d’œil interrogateur.
Je reste cloîtrée dans mon mutisme.
Froissée, elle relâche la cuisse de Laure et se rejette au fond du sofa. Son regard se porte au loin, à l’extérieur comme si, maintenant, elle se désintéressait de mon sort.
— Occupes-toi d’elle ! Nous partons dans deux heures !
Sans une hésitation Laure tend une main vers moi, paume vers le haut, pour m’inviter à la suivre. Je me redresse et me déplie, un peu flageolante. La perspective de m’éloigner de Kristale me soulage un peu.  La main fraiche de la belle italienne se pose sur mes reins pour m’accompagner et nos hanches nues se frôlent. Ce contact lénifiant me rassure.
Un ordre bref, presque aboyé, dans notre dos lorsque nous prenons la direction de la salle d’eau.
— Et, pas de caresses !
La main me quitte immédiatement.

Il n’est pas un endroit de mon corps qui n’a été le fruit d’un lavage méticuleux de la part de Laure. Sans un mot en me guidant uniquement de gestes doux mais fermes. J’ai renoncé à lui dire qu’Ignés avait déjà procédé ce matin à un lavage méticuleux. Mon entrejambes encore rose de l’épilation à la cire qu’elle avait prodiguée en témoignait. J’y ai renoncé surtout quand armée d’une canule elle a entrepris de débarrasser mes entrailles de la moindres des souillures qui pouvait y stagner.
Pourquoi n’ai-je pas eu honte lorsque je me débarrassais sous ses yeux imperturbables des derniers vestiges du précédent repas ? Peut-être parce que déjà j’endossais mon statut de chose, sans état d’âme.
La belle Kajira a poussé la méticulosité jusqu'à introduire un, puis deux doigts enduits d’un baume parfumé dans mon anus en les tournant dans tous les sens pour les ressortir absolumentt propre, justifiant le parfait de son acte.
Je n’ai pas protesté, je n’ai pas crié, juste serré les dents un peu plus fort.
Sans état d’âme. Elle a fait ce qu’elle avait à faire avec des gestes presque médicaux. Sans un mot, la belle esclave a procédé à ma purification.
Et c’est avec la même méticulosité qu’elle m’a habillé.
Une petite culotte blanche, ce qui me fait froncer les sourcils. Apparemment les règles à respecter ne seront pas les mêmes que celles de Mon Maître à qui je devais prouver ma disponibilité à chaque instant. Mon étonnement a grandis lorsqu’elle ma aidé à enfiler un jean épais et serré. Un chemisier blanc brodé, un peu désuet,  complète et finalise mon habillage. Mes cheveux ont été ramenés en arrière en une queue de cheval attachée haute sur mon crane. C’est une fois achevé ce rituel d’habillage que Laure a daigné ouvrir la bouche et lancer avec cet accent italien qui me charme.
— C’est bien ! Tu me suis, il faut que je te trouve un blouson à ta taille !
Je fronce à nouveau les sourcils en un signe d’incompréhension. La Kajira sourit.
— Je t’emmène sur ma moto… Ordre de Kristale !
Devant mon attitude circonspecte, elle continue.
— Tu es une championne d’équitation ?
— Oui !
Le seul mot que j’ai le droit de prononcer.
— La moto c’est pareil ! Comme la danse aussi, tu tiens mes hanches et tu suis mes mouvements sans les contrarier. Je hoche la tête, dubitative, cela n’a pas l’air bien compliqué.

Sous les semelles de mes mocassins le gravier de l’allée glisse comme des nuages. Je me sens légère, pure, débarrassée de tous ce qui me lie à la terre et ses souillures. Je suis dévotement la belle Kajira. Seul le poids du blouson de cuir épais et du casque de moto que je tiens au bout de mon bras m’empêche de m’envoler.
Nous nous approchons de l’entrée où se tiens Kristale, fermement campé devant le monstre mécanique de Laure. Elle tient nonchalamment un petit coffret sous le bras. Elle fait un pas vers moi.
— Baisse ton pantalon à mi-cuisse et écarte les jambes !
Sur mon nuage, je ne suis même pas étonnée de l’interpellation et vais pour déposer le casque par terre et m’exécuter. Laure se précipite et intercepte le casque avant qu’il ne touche le sol et me l’arrache presque rageusement évitant in extremis son contact avec le gravier et la probable rayure qui en aurait suivie.
Je me redresse et entreprends de déboutonner mon jean.
Kristale ouvre le coffret de bois d’acajou et en dévoile le contenu.
Deux sphères d’argent finement ciselées de motifs non répétitif que je n’arrive pas à décrypter tant le soleil accroche et difracte sur leurs surfaces brillantes. Elles ont la taille de gros abricots et sont reliées entre elles par une épaisse chaîne d’argent également. Chaîne qui se prolonge et se love sur le côté du lit de satin noir dans lequel elles sont précieusement couchées.
La boite ouverte, posée à plat dans sa main gauche, Kristale plie un genou pour se retrouver face à mon ventre dénudé. Elle se saisit d’une des boules et avec la dextérité d’une longue expérience la présente entre mes jambes. Une poussée précise et les lèvres de mon sexe s’écartent, gobant la sphère comme la bouche le ferait d’un raisin. Ses deux doigts la suivent et je sens progresser dans mon vagin la sphère froide qui se réchauffe rapidement. Posant la boite sur le sol, entre mes pieds, et gardant plaquée sa main droite sur mon ventre, deux doigts à demi introduit comme pour garantir l’éventuelle expulsion de la première sphère, elle glisse entre me jambes dans un mouvement compliqué de sa main gauche contournant et enlaçant  ma cuisses par dessus ma culotte baissée  et vient se  saisir  du deuxième globe posé sagement dans sa boite. La sphère coulisse le long de la chaîne qui pend entre mes jambes pour rejoindre sa jumelle. Mais elle n’en prend pas le même chemin et vient se présenter à l’orée de mon anus. Je me crispe, mais n’ai pas le temps de protester. L’onguent dont Laure a enduit le passage en facilite l’intromission. A peine ai-je le temps mesurer la dilatation de la porte étroite que déjà elle remonte en moi et se loge douillettement contre la paroi qui la sépare de sa sœur de chaine. Rapidement Kristale remonte la petite culotte blanche parfaitement serrée et ajustée, culotte dont je comprends maintenant la fonction, et libérant ainsi ses mains prend le temps d’ajuster la longue chaine  entre mes fesses en en ceignant ma taille.
Satisfaite de son ouvrage Kristale se relève  et sans même me regarder se détourne et s’éloigne lançant un dédaigneux « Bon voyage !», me laissant rajuster seule mon pantalon aussi serré que ma petite culotte et qui parfait ainsi l’emprisonnement des deux sphères dans mes entrailles.
Je me tourne vers La Kajira qui a déjà enfilé son casque et me fait signe de faire de même en me désignant le mien posé sur la moto. Mortifiée, mais soucieuse de le cacher, Je vais pour faire un pas décidé vers elle. Je suis stoppée net. Ce seul mouvement  a fait s’animer les globes en moi et c’est comme si un fantôme venais de me caresser, me posséder d’une manière des plus intime, des plus indécente. Je me fige et me cabre en écarquillant les yeux et les doigts de mes mains vers l’avant comme pour repousser cet amant imaginaire. A ma frimousse déconfite Laure éclate de rire et se saisit de mon casque qu’elle vient m’aider à ajuster.
Les deux pas qui me séparent de la moto sont plus facile, mais pas les moins surprenant de sensation. Enfourcher la Ducati en écartant les jambes et les resserrer sur les flancs de la machine en empoignant la hanche de Laure l’a été encore davantage. Mais c’est lorsque laure a mis le contact de son Monster que j’ai compris l’étendue de ce qui m’attendait. Les vibrations sourdes de la puissante mécanique ont fait prendre vie au deux sphères lubriques en faisant tressauter la grenaille qui s’agite en elle, me communiquant leur fébrile agitation. Mes yeux se révulsent de surprise. C’est une flamme de plaisir contenu qui nait entre mes jambes me pénètre si intimement que c’est tout mon corps qui vibre à l’unisson.
Je pose ma tête sur l’épaule de Laure. Nos casques se cognent doucement. Mes mains se crispent une peu plus sur ses hanches.
Le roadster franchit les grilles de la Colombière qui se referment lentement derriere nous et s’engage en accélérant sur le ruban d’asphalte qui fuit vers Montpellier.
Combien de temps cette chevauchée ?
Une heure ?
Une heure et demie ?
Deux…Peut-être !

A suivre : Chap. 52. La Galinière