09 septembre 2009
Une longue absence
Oui, je vous dois quelques excuses ! Après trois nouvelles semaines à ses pieds me voici de retour. Oui bien sûr que je vous raconterais çà !
Je vous ai laissé tomber un peu cavalièrement. En fait, je me suis laissée surprendre par le temps !
A peine ai-je fait paraître le dernier chapitre de mes aventures que je me suis retrouvée assise dans l’avion qui m’emmenait vers la verte Erin, pour la visite annuelle de ma grande famille irlandaise. Et à peine suis-je revenue, sans même passer par le haras, gagnant mon petit appartement de Paris, à la descente de l’aéroplane, pour y glaner quelques vêtements propres que je repars pour le sud… Vers Mon Maître.
En fait, je brûle de le faire, de vous conter l’étrange rencontre auquel il m’a convié, Je vous conterais aussi la douce attente, nue au pied de son chevalet tandis qu’il s’applique, sans me porter attention, occupé à tracer les courbes parfaites de ses modèles. Dans ces moments je ne suis qu’un corps vibrant dans l’attente qu’il se lève, qu’il s’occupe enfin de moi, que je devienne encore une fois l’objet sur lequel il va faire retomber la tension de ses efforts.
Oh mon Dieu ! Que je suis bien dans ces moments là !
Mais je m’égare !
Revenons deux ans en arrière avec la suite de ce qui m'a encore une fois amenée, cet été, à accepter, à rechercher, sa domination bienveillante.
Je suis revenue ce week-end. J’ai devant moi, avant la rentrée universitaire, quelques temps à consacrer à mes carnets… à vous consacrer !
24 décembre 2008
Interludes. Impact.
Le choc a été rude, je me souviens à peine du grand soleil que j’ai effectué dans les airs. Puis l’impact avec le sol, les bois de l’obstacle, la douleur vive, insupportable, un cri bref et mes pensées qui s’arrêtent mon corps qui gémit et tremble. Le souffle coupé, le monde se rétrécie, je le perçois à travers un brouillard cotonneux. Des cris d’alarme de l’autre coté de la carrière. La respiration de ma monture sur mes cheveux, je souris, il vient me consoler, je pleure. Les gyrophares, le brancard, le crissement du cuir des pompiers. Une voix qui me parle que je ne comprends pas. Le visage de ma mère, livide, qui a accouru de l’autre côté du haras. J’ouvre les yeux en souriant, il y a quelqu’un dans la chambre ! Nadège ! Elle me sourit. Je suis un peu gênée car si je souris c’est que j’émerge d’un rêve érotique. C’est fou comme un corps blessé peut forcer l’esprit à se réfugier dans des mondes si agréable. Nadège change brutalement de ton. Elle baisse la tête et me demande à brûle pourpoint sans me regarder
J’ai sommeil, je veux dormir, pourtant c’est le matin !
Mon arrivé a la clinique a été des plus mouvementés. Les urgences, les examens, les questionnaires, les médecins inquiets ou rassurant. Ils ne m’ont pas laissé de répits, mais je n’en avais cure. Ils s’occupaient de mon corps, mon esprit était ailleurs, indifférent, comme déconnecté. Je n’ai pu m’assoupir que tard le soir quand tout le monde est reparti, rassurés.
Nadège souriante.
- Te voici de retour ?
Je réponds, penaude, a son sourire.
- Tu n’avais pas mis ta bombe ? Tu vas certainement te prendre le savon de ta vie quand ton père va savoir çà !
Je regarde mon bras gauche immobilisé, double facture, sans compter les hématomes divers et cette minerve qui m’empêche de bouger correctement. Elle a raison, je l’ai échappé belle. Pourtant des chutes j’en ai faites dans ma vie de cavalière, mais là ! Je ne l’ai pas bien joué ce refus d’obstacle !
- En plus tu montais Scipion !
Scipion ! Le plus beau de nos étalons, le plus fougueux aussi. Scipion le noir, Scipion l’Africain, venu droit des pays de sable. Là encore elle à raison. J’aurais du le fatiguer avant de l’emmener à la carrière. Une erreur de débutante présomptueuse. Mais j’avais tellement hâte ce matin là !
- Dis-moi ? … C’est qui Marc ?
Une ligne de feu cingle mon dos. Je suis tellement prise au dépourvue que je ne sais quoi répondre et la regarde, interloquée. Elle continue.
- C’est l’artiste que tu vas voir l’été ?
Je lutte intérieurement pour que mon visage ne s’embrase pas et répond timidement.
- Oui.
Un silence, puis enjouée elle lance.
- Ah ! … Et… Tu l’appelles Maître ?
Je comprends brusquement que j’ai du parler pendant mon sommeil. Un froid glacial me parcourt de la tête aux pieds. J’ai toujours caché mon étrange relation avec Marc à Nadège. Pour elle, lorsque je descends dans le sud c’est pour parfaire mon histoire de l’art et ses techniques. Mon esprit tourne à toute vitesse et avec aplomb finis par dire.
- C’est la coutume dans un atelier, d’appeler Maître celui qui t’enseigne…
Cette demi-vérité me sauve pour un temps.
Nadège me regarde bizarrement ;
- Ah !.. Bon !
Quelque chose la chagrine et je sens qu’elle n’ose pas le dire. Il faut que je sache.
- J’ai parlé dans mon sommeil ?
Elle hoche la tête en souriant.
- Et... Qu’est ce que j’ai dit... d’autre ?
Mon cœur bat la chamade et je crains d’écouter ce qu’elle va me dire.
- Non... Non... Rien ! … Mais…Tu avais l’air…Heureuse !
Je connais Nadège depuis la petite enfance. Et je sais qu’elle emploie des euphémismes quand elle n’ose pas prononcer des mots plus intimes, plus crus. " Heureuse ". Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. J’imagine les petits cris de soumission ou les gémissements enamourés que j’ai pu laisser échapper pendant mon sommeil tout en prononçant Son Nom. Je sais que j’ai eu un rêve érotique mais je ne me souviens pas de sa teneur. Bizarre !
Pourquoi ai-je l’impression qu’elle n’est pas dupe de mes explications !
Nous nous regardons en silence. Elle a un petit sourire en coin. Et ses yeux verts pétillent intérieurement. Le père de Nadège est kabyle, elle en a hérité la malice et l’intelligence. Nous nous entendons comme des sœurs depuis que nos pères se sont associés et qu’ils parcourent le monde ensembles mu par la même passion des chevaux. Comme moi, elle ne le voit pas souvent. Sa famille s’est établi pas très loin et nous avons un parcourt commun. Elle est mon double à la merveilleuse peau de miel doré. Mais jamais je ne pourrais lui raconter ce que je vis avec Marc! Elle ne comprendrait pas, et je ne veux pas la perdre. Elle est si réservée, si sage. Sa culture musulmane doit y jouer une grande part. A 21 ans je ne lui connais aucune aventure et elle détourne la conversation à chaque fois que nous parlons de çà. Je la soupçonne d’être encore vierge. Comment pourrait-elle comprendre !
Elle secoue ses longs cheveux bouclé et fait le geste de chasser une mouche imaginaire. Elle vient de s’apercevoir qu’elle s’est lancer dans une conversation qui risque de la mener à la limite de ses convenances. D’elle-même elle va détourner la conversation.
La paix retombe sur mon corps tendu comme un arc.
L’alerte a été chaude !
Une infirmière entre après avoir frappé à la porte. C’est l’heure de ma toilette. Nadège sort en me lançant un petit signe de la main. Elle va patienter dans le couloir.
Je prends brutalement conscience que je suis nue sous la grande chemise blanche. Je rougis brutalement en comprenant que l’infirmière risque d’entrevoir mon entrejambe soigneusement épilé et que peut être tout le staff qui m’a soigné est au courant. Une panique intense me gagne à cette pensée !
Elle se penche sur moi en souriant.
- Allons-y Mademoiselle !
24 août 2008
Interludes. Arabesques
Décidément cette jument ne veut rien entendre ! Il est temps !
Je souffle d’exaspération et laisse retomber mes bras le long du corps tapotant l’étrier droit de ma cravache. Inutile de vouloir continuer à la travailler aujourd’hui. D’une pression des genoux je la lance au pas autour de la carrière. Elle a sentit que je n’étais pas là et a décidée de n’en faire qu’à sa tête.
Partir, déjà… Encore ! Partir pour le retrouver me mettre à Sa disposition…
J’ai fêté mon 21ème anniversaire il y a deux semaines… Deux ans ! Deux années d’une étrange aventure.
Un dédoublement de ma vie !
Il y a Isabelle la sage, l’étudiante appliquée, travailleuse, gentille et attentionnée qui s’efforce de ne pas commettre de faute de goût. Tout au long de l’année une jeune fille irréprochable. Et quand le temps vient, quand Il m’appelle, surgit Isabelle l’impudique qui perd l’esprit et lui fait don de son corps. L’Isabelle-Objet dont il peut jouer à sa guise. Isabelle qui jouit de plaisir lorsqu’elle est à Ses pieds et qu’Il entraîne dans des aventures où la chair s’embrasse où les pensées s’évaporent.
Je stop net ma monture au beau milieu de la carrière. Son souffle de vapeur couvre mon soupir. Un étrange poids pèse sur ma poitrine. Je lève la tête. Le matin est clair et lumineux, tout le monde s’affaire autour des box. Sur le bâtiment principal, haut dans le ciel on a hissé les couleurs du haras. Je souris, quelque part dans le monde un de nos yearling a gagné une course ! Un honneur qui retombe sur tout l’élevage et ceux qui le servent…
Irrésistiblement mes pensées reviennent à Lui.
Quelle étrange aventure je vis avec Marc !
Cet été en Irlande j’ai fait la connaissance d’un garçon empressé, yeux clairs, épaules larges sourire ravageur. Il me plaisait, je n’en étais pas franchement amoureuse, mais il me plaisait. Nous restions de longues heures ensemble à chevaucher et sortir loin dans la nuit. Et ce qui devait arriver est arrivé ; nos lèvres se sont trouvées. Il n’a pas compris lorsque j’ai refusé son étreinte et ses caresses. Et puis j’ai osé ! Ce n’était pas la pudeur qui me retenait. Non ! Vous pensez bien qu’en deux ans de soumission Marc m’a fait vivre l’extrême et ma pudeur avait fondu comme neige au soleil. Non… Il me fallait l’autorisation de Mon Maître et j’ai osé… La lui demander !
Etrange Maître que celui qui n’a pas besoin de laisse pour me tenir. Etrange Maître qui me laisse libre de mes choix et donc de ma soumission. A la fin de la conversation j’ai compris que je n’étais sa soumise que parce que je le voulais bien et que tant que cela serait nécessaire, je reviendrais à lui, que c’était à moi de décider que faire avec ce garçon.
Cette histoire ne lui appartenait pas, ne l’intéressais même pas !
Je suis comme cette jument que je monte. Elle peut n’en faire qu’a sa tête, mais c’est toujours moi qui tiens les rennes et lorsque nous le décidons, ensemble, nous effectuons les plus belles des figures. Et ces arabesques sur le sable blanc sont semblables à la ligne que je suis sous la férule de Mon Maître.
Mon sac est prêt. Demain je vais courir le rejoindre, comme chaque fin d’été. Je vais parfaire mon apprentissage… Mon dressage. A cette pensée mon cœur bat à tout rompre, ma respiration s’accélère, les images de notre dernière rencontre dansent devant mes yeux et tout au fond de moi, entre mes jambes écartées sur la selle, une douce et vibrante chaleur m’envahit.
02 août 2008
Interludes. De terre et de crin.
Me voici de retour ! Ce collier de pierre et de crin qui se superpose à ma croix de baptême, je sais que je vais bientôt le quitter pour le remplacer par un autre. Un collier de cuir et de fer. A cette pensée le poids qui pèse sur mes épaules s’amenuise peu à peu, jusqu'à me quitter totalement. Je vais Le rejoindre à la fin du mois d’août.
Oui je sais, je vous avais dit trois semaines !
Et en fait mon absence s’est un peu prolongée. Il faut absolument que je vous raconte, et je suis sûre que vous me pardonnerez.
Dans la dernière des semaines de mon escapade irlandaise j’ai reçue un appel de mon père. Un appel qui m’invite à le rejoindre. Un saut par Londres, direction New-York, à peine le temps d’entrevoir la grosse pomme et de nouveau l’avion pour le rejoindre à Denver. Là, sous un soleil de plomb, mon père m’attend! Mon dieu comme c’est bon de le retrouver ! De nouveau l’avion, un Piper Club bringuebalant qui fonce au plus profond des Grandes Plaines. Va suivre une trop courte semaine avec mon père que je n’oublierais jamais. Une semaine de découverte de cet élevage de mustangs aux marches des Grandes Plaines dont seule, à l’horizon, la ligne bleutée des Rocheuses rompt la monotonie.
Une semaine merveilleuse, inoubliable, en compagnie de mon père entourée des hommes et des femmes les plus dingues que je n’ai jamais rencontrés. Des garçons prêts à tout pour épater la petite Franchy, l’emmener en balade bien calée sur une selle profonde et confortable comme un fauteuil, et, avec fierté et gravité, lui faire découvrir le plus impressionnant paysage qu’il m’a été donné de voir. Une mer verte aux vagues d’herbes ondulantes sous les vents que rien n’entrave. Et, divine vision et suprême récompense, sur ces flots ondoyants, ces hordes de chevaux mythiques qui galopent comme si la gravité n’existait pas. Pégases indiens aux sabots légers venus du fond des âges
C’est au milieu de ces chevaux et de ces Hommes à la fois doux et rugueux que j’ai redécouvert mon père. Il s’entend avec eux comme larron en foire et il leur partage cet amour immodéré des chevaux. Un amour qui le porte aux quatre coins du monde, loin de moi, souvent, longtemps… trop longtemps. Je ne puis m’empêcher de faire l’évocation de ma propre histoire. Nous avons tous deux une vie secrète, il m’a fait toucher du doigt la sienne. Je frissonne de peur à l’idée qu’il puisse un jour apprendre quelque chose de la mienne.
Me voici de nouveau seule dans l’avion qui me ramène en France. La poitrine écrasée par le chagrin. La tête encore pleine du vent des grands espaces. Je porte la main à mon cou un pendentif de pierre et de crin de chevaux offert par cet Indien. Un peu de la terre et de la vie de ce pays " Pour que tu reviennes, Ginger " m’ont-ils dit. " Un grand chaman Cheyenne " ont cru bon de rajouter les garçons sur le ton de la plaisanterie en se gobergeant d’avance de ma crédulité. Le vieil homme à murmuré quelques mots à mon oreille que je n’ai pas compris, m’a prise par les épaules et sans que je puisse réagir colle ses lèvres contre les miennes et les retire aussitôt. " French Kiss " s'exclame-t-il avec un grand sourire pendant que toute l’assemblée se tord de rire et que mon père se tient les côtes pour essayer de garder un peu de son sérieux devant ma mine stupéfaite.
Un autre voyage, une autre aventure… Merci Monsieur…Merci Maître !
06 juillet 2008
Interludes. Je vous quitte !
Mon Cher Maître, Monsieur … Je vous quitte !
Chère lecteurs et lectrices, vous qui partagez avec moi ces moments si intenses, je vous quitte !
Posés dans un coin de ma chambre, mon sac à dos et quelques bagages de cuir m’attendent. Départ ce soir pour ma verte Erin. Comme tous les ans, je pars rejoindre ma famille gaélique. Je vais me saouler de ballades irlandaises et de balades équestres sur les falaises frappées d’embruns salés.
Trois semaines… Trois semaines loin de vous ! Et pourtant je pars le cœur léger. Car je sais qu’a mon retour je vous retrouverai. Dans mon sac de cabine un carnet de papier, un carnet qui contient tous mes secrets indécents que je vais continuer à griffonner, la fièvre au corps. A son côté, mon fidèle portable qui a vu nos étreintes et garde précieusement dans sa froide mémoire électronique la plus chaude de mes passions.
Mon Maître, vous m’avez fait vivre la plus incroyable des aventures. Vous m’avez révélé à moi-même au delà de ce qu’il est concevable. Et je sais que ce chemin je vais continuer à le suivre, les yeux baissés, guidée par votre main charitable.
A mon retour je vous rejoindrais, et pour ce deuxième été sous votre férule, je vous promets alors d’être la fille la plus soumise qui n’ai jamais été. Je veux être chienne parfaitement dressée à vos genoux. J’attendrais patiemment le moindre de vos désirs et les comblerais avec zèle et dévotion. Je vous promets le don de mon corps, de mon âme, et vous laisse le soin de les damner pour l’éternité si cela vous chante.
Je vous quitte donc pour mieux vous retrouver et mieux me perdre encore. Car je serai, pour toujours ou selon votre bon plaisir… Votre fervente et très dévouée, Isabelle.
22 mai 2008
Interludes. Un an.
Fébrilement j’ouvre le paquet soigneusement clos de papier kraft. Une jolie écriture à la plume mentionne mon nom et mon adresse. C’est ma mère qui me l’a tendu, l’extirpant de la pile de courrier que nous recevons journellement. Ma sœur est là, elle a un sourire mi-figue mi-raisin de complicité.
- Un admirateur qui t’envoie un cadeau ?
Je la pilerais dans ces moments là ! Je sais qu’elle sait de qui il s’agit et elle ne peut pas s’empêcher de me taquiner.
Je rougis jusqu'à la pointe des oreilles et fait gentiment le geste de la gifler.
- Mais non…C’est un truc que j’ai acheté sur E-bay.
Il fallait bien que je donne le change à ma mère et c’est la seule excuse que j’ai trouvée à ce moment là. J’ai détourné la conversation comme j’ai pu pour leur faire oublier le paquet, discutant des chevaux, du haras et des pansages qu’il va falloir faire aujourd’hui.
Nonchalamment, j’ai gagné ma chambre et fermé la porte derrière moi en tirant le verrou. Je me suis assise en tailleur sur mon lit et commencé à ouvrir le paquet.
Je soulève délicatement le couvercle. Un objet est enveloppé dans une peau chamoisée couleur caramel. Sur l’objet un bristol, une carte de visite de Marc, et sur cette carte de visite un seul petit mot écrit à la plume, sans autre commentaire : " Un an ! " Un petit pincement au cœur, j’aurais aimé une lettre plus longue, mais ce simple mot résume à lui seul toutes les images qui m’assaillent. Un an… Un an de soumission... à Marc ! Je dépose religieusement la carte sur le couvre lit et démaillote l’objet de sa fine couverture de peau. Je souris, c’est un collier, magnifique, une fleur de métal maintenue à une courroie de cuir par deux clous d’acier. Une fleur crucifiée ! Et bien sûr un anneau, un anneau d’or qui perce les lèvres délicates que forme les pétales de cette étrange orchidée. Il va remplacer mon fidèle lacet de cuir celui qui tinte à chaque mouvement de la tête. Le grelot de novice va être enfin remplacé par la symbolique forte d’un anneau de soumission
Il est vrai que je ne suis plus réellement une novice. Je me suis découverte durant cette année. Et j’ai tellement découvert ! La passion, la honte la plus absolue, la jouissance qu’apporte cette honte, la jouissance physique aussi. Mon premier orgasme obtenu de façon si peut conventionnel. Et cette trouble attirance pour les femmes pour ces corps qui me ressemblent. Marc l’avait vu, il me l'a révélé peu à peu. Il m’a forcé à regarder au fond de moi.
En laissant le collier dans sa boite, je descends du lit et me déshabille rapidement. La réception d’un tel objet ne se fait pas sans un minimum de cérémonie. Une fois nue, je me saisis de la boite que je dépose sur le sol. Dans un rayon de lumière du soleil matinal je m’agenouille et écarte les cuisses, largement. Je me cambre, glisse mes mains dans le dos, j’entrouvre les lèvres, ferme les yeux et baisse la tête en signe de soumission. Cette pose combien de fois l’ai-je prise ? Je garde en mémoire la première fois ou je me suis retrouvé nue, offerte, dans cette posture, sous ses yeux inquisiteurs Des yeux qui vous percent plus profondément qu’une lance. Je soupire profondément. C’est bizarre comme cette pose agit comme un soutra sur moi. Elle me détend intérieurement, j’ai l’impression que rien ne peut m’arriver quant je la prends. Je deviens alors une puissante statue de bronze indestructible que rien ne peut souiller. Dans les situations les pires que Marc m’a fait subir cette position a été mon refuge, lorsque je pouvais la prendre, à genoux ou debout, elle a été et reste le lieu de ma ressource. Et en un an Marc m’a fait éprouver des choses que l’adolescente que j’étais (j’en sortais à peine alors !) ne peut que difficilement imaginer. Et... J’ai absolument adoré çà ! Etrange comme les sentiments et les actes les plus contradictoires vont bien ensemble ! amour-haine, douleur-plaisir soumission-domination, Marc-Isa…Contradictoire comme l’est notre couple. Enfin notre couple ! Je parle comme quelqu’un qui veut se caser dans une vie de femme fidèle au foyer, son petit homme, sa petite maison, sa petite vie…La routine, une banalité à laquelle je ne pourrais certainement plus jamais me résoudre et qui me saisi d’effroi lorsque j’y pense. Oh ! Inutile de me faire des illusions, cela ne pourra durer. Un jour il me rendra ma liberté, Il me l’a dit... Jour maudit entre tous ! Je n’arrive même pas à savoir quelle place j’occupe dans la foule qui l’entoure. Marc est d’une discrétion de chanoine en ce qui concerne ses relations, ses modèles. Au début de notre histoire, lors de nos conversations je tentais malicieusement d’en savoir plus, mais rien n’y faisait. Soit, il me retournait mes questions, soit, il gardait un silence énigmatique et détournait habilement la conversation. Et puis j’ai compris ! Cet été j’ai été introduite dans un cercle qui nécessite une discrétion absolue si on veut en faire parti. Une discrétion qui va au delà de ces lignes mais que je vais essayer de vous faire comprendre. Ce cercle de silence, je l’avais déjà perçu au travers de mon premier contact avec Kristale. Bien sur, il ne peut pas cacher ses œuvres et j’ai surpris de nombreuses fois des photos de ses " Sujets " qui n’étaient pas moi, punaisées à sa table de travaille. Il ne me fait connaître que les personnes nécessaires à mon "dressage "et ils sont déjà nombreux. J’apprends peu à peu à faire une croix sur ma jalousie, mais c’est si difficile.
J’entrouvre les yeux et contemple le collier. Je ramène mes mains devant moi, me penche et me saisi de l’objet que te tourne entre mes mains. La fleur de métal émet un éclair de lumière froide, l’anneau vient à la rencontre de mon index comme le ferait une bague de fiançailles. La lanière de cuir ne présente qu’un seul trou. Je souris, Marc connaît parfaitement mes mensurations et donc mon tour de cou. Cet unique trou de réglage signifie que nulle autre que moi ne peut porter ce collier. Il est à moi comme je suis à Lui. D’un geste solennel je le porte à mon cou et le lace sur ma nuque. Un frisson parcours mon corps. Le simple contact du cuir, ce cuir qui a été façonné de Ses mains, provoque une onde de plaisir sur ma peau. Je reprends la pose et me remets à penser à nous, de toutes mes forces. Des images défilent sur l’écran lumineux de mes paupières, Marc, l’atelier, L’hôtel à Lyon, Marc, les coups sur ma croupe, cette nuit de tendresse, Marc, la folle chevauchée, Kristale, ma honte, mon plaisir, mon orgasme, ma bouche violée, mes reins forcés, ma joie, Marc, Ses mains sur ma nuque, Stéphanie, la soirée chez Kristale, Jacques l’élégant et Laure, la cave chez Kristale, encore Stéphanie… pauvre Stéphanie, les fous rire avec Marc lors des séances de poses, mes pleurs, la maison dans la foret, ce pavillon de chasse ou j’ai certainement vécu le pire de mon dressage, terrible maison, J’ai un haut le cœur à cette évocation, et pourtant… Le rire et les yeux froids de Kristale. Le regard bienveillant de mon Maître… Tout se télescope dans mon esprit. De mon ventre monte une chaleur sourde bien connue. Du bas de mon dos prend naissance une onde électrique qui grimpe le long de ma colonne vertébrale pour venir mourir sur ma nuque… sur mon collier. Je suis bien !
Juste avant le crépuscule j’ai mis mon collier pour sortir, faire une ballade. Ma sœur a tenu à m’accompagner. Nos deux montures vont au pas côte à côte, lorsqu’elle se tourne vers moi. Elle tend le bras vers mon cou. Se saisit de l’anneau doré qu’elle caresse entre le pouce et l’index. Son visage devient grave. Et d’une voix un peu enrouée elle me lance.
- Jusqu’où iras tu ?
Elle a toujours pris mon aventure avec Marc comme une passade, une expérience d’adolescente qui découvre sa sexualité. Mais au bout d’un an ma passion est toujours aussi forte. En fait, je la crois encore plus forte qu’au premier jour. Je ne peux plus rayer ce que j’ai vécu d’un simple geste. Et je ne le veux pas !
Je me pince les lèvres et la regarde droit dans les yeux.
- Jusqu’au bout !
Tout en ne sachant pas moi-même où est ce bout. Et pour couper court à cette conversation embarrassante je talonne violemment ma monture qui pique des deux sur le chemin de terre laissant ma sœur sur place. Le bruit des fers de sa monture me suit de prêt, elle me remonte peu à peu et juste avant l’orée de la forêt. Me lance en hurlant pour couvrir le bruit du vent à mes oreilles.
- Je t’admire... Je t’aime.
Que ma sœur aînée me fasse cette déclaration me chavire et me gonfle le cœur d’allégresse. Je me tourne vers elle, elle est à une foulée de moi, et je me lance dans un rire à gorge déployée. Et c’est deux folles hilares qui traversent au galop les pommeraies du Jonquet déjà en fleurs de l'été qui s'annonce.
22 septembre 2007
Interludes. Matinée d'automne.
Samedi 22 septembre. J'ai gagné les écuries très tôt dans la matinée. La campagne est encore endormie la lueur solaire effleure à peine l'horizon tout baigne dans une lumière bleutée rehaussée de mauve. L'air est froid et piquant. Dans les box les chevaux ont senti ma présence et curieux un à un sorte leur tête de leur stalle respective. J'ai choisi ce jeune alezan magnifique, nerveux et l'oeil vif. Je dépose le harnachement récupéré a la sellerie sur le sol et le rassure en le flattant. Je lui passe le filet et le sort de son box. Ses fers tintent haut et clair sur le sol pavé de granit. Un bruit qui secoue le silence figé de l'aube et résonne à travers la cour. Cérémonieusement, j'installe le tapis et la selle sur son dos. Il trépigne. Certainement l'impatience de s'élancer vers les étendues qui entourent le haras. Je le calme de la voix et d'un geste assuré, fluide, sans a coups, dans un crissement de cuir frotté me hisse sur son dos. Au pas nous passons le porche que j'ai pris soin de laissé ouvert et gagnons le Chemin de Perte. Passé la Pommeraie je quitte les chemins de terre d'exploitation et m'élance à travers champs en direction du bois des Plantis Toute la puissance de ma monture lancée au galop monte à travers mes mollets mes cuisses et gagne mon ventre libérant mon excitation et mon exaltation retenue. Le vent siffle à mes oreilles, les fers de mon centaure alezan tambourinent violemment la prairie lui arrachant de grosse motte de terre qui volent dans les airs. Je voudrais me redresser et hurler ma joie primale, ma joie de dominer la puissante musculature qui ondule entre mes jambes. Mais le rythme est trop rapide et manquerait de me désarçonner. Imprudemment j'ai oublié de prendre ma bombe. Je veux sentir mes cheveux roux voler au travers du ciel bleu. Je calme le jeu à l'approche de la lisière de la forêt. Un formidable sentiment d'être seule au monde me parcourt. Il est encore tôt et j'ai quitté les chemins les plus parcourus depuis longtemps. Aussi loin que porte mon regard, nulle présence humaine ou de construction. Encore lancé au trot je traverse la futaie de part en part me garant des branches basses en me couchant sur l'encolure de mon cheval. Je finis par déboucher sur une vaste prairie récemment fauchée à l'herbe rase. D'un geste vif je stoppe Gento et d'un même mouvement met pieds a terre. Mon cœur bat à grands coups encore à l'unisson avec celui de l'anglo-arabe qui souffle bruyamment lâchant des naseaux un jet de vapeur dans l'air glacé du matin.
Je ne suis pas venu là par hasard, une force au-dessus de moi m'y a poussé, m'y a contrainte. J'entreprends de desseller méticuleusement l'étalon. Je pose le lourd équipements sur le sol le tapis fumant le rejoint. Je dois faire vite je ne veux pas que ma monture en sueur se refroidisse. Comme hypnotisée La tête encore embrumée par la cavalcade, j'ôte ma veste et mon sweet. Mon pantalon mes bottes les suivent sur le sol. Je ne porte pas de sous-vêtement, comme toujours lorsque je suis sous son emprise. Me voici nue et frissonnante à côté de ma monture. Je fouille dans les poches de la veste et récupère mon téléphone portable et lorsque je le glisse en bandoulière autour de mon cou mes doigts rencontre mon collier de cuir. Je le lisse un instant des images fugaces dansent devant mes yeux des images de soumission. Le froid de l'air et le foin coupé qui égratigne mes chevilles me ramène à la réalité. Je frissonne de tout mon corps. Pas facile de monter sur la fière monture sans étriers. J'amène Gento près de la selle posée sur le sol et prend appuis sur elle. Un vif coup de rein et me voici juché sur mon cheval.
Mon dieu quelle impression ! J'avais déjà monté à cru par amusements et cela fait parti des exercices d'équilibres. Mais là ! Je suis nue. La bête exhale une odeur musquée qui m'envahit profondément. Je sens entre mes cuisses l'onctuosité de son pelage mouillée de sueur, mon ventre épilé de frais en contact étroit avec sa musculature puissante qui irradie une chaleur animale. Une émotion intense me parcourt mes yeux se révulse et ma bouche s'ouvre sur un soupir de béatitude. Je resserre les rennes entre mes mains et jette un dernier regard inquiet aux alentours… Personnes. C'est à ce moment que le soleil se décide à surgir au-dessus des futaies et percer la fine couche de brume matinale. J'accueille la fin de l'aurore par un large sourire. Ses rayons me réchauffent et m'incitent à talonner ma monture. Je m'élance sur la plaine m'éloignant de l'endroit ou s'empilent mes vêtements et la selle.
Ses désirs étaient clairement énoncés, me retrouver nue sur mon cheval préféré au beau milieu d'une vaste étendue et sans que je puisse me rhabiller si quelqu'un surgissait. Tout au plus pourrais-je me sauver et encore, pas au galop car cela m'aurait été difficile sans ma selle. Je parviens bientôt au beau milieu des champs moissonnés. Plus rien autour de moi. Seule, je ne distingue plus l'endroit d'où je viens.
Une angoisse monte en moi et si je ne retrouve pas mes vêtements ? Si je ne retrouve pas l'endroit ou je les ai laissé ! Je m'imagine revenir nue aux écuries sous la risée des palefreniers. Paniquée, je scrute l'horizon, je repère le bouquet d'arbres qui me servira d'amer pour revenir sur mes pas. Rassurée, je saisi mon portable. Pas facile de prendre une photo ainsi juchée, à bout de bras ! Je tends ma main au maximum, me penche en m'appuyant sur l'encolure et déclenche l'appareil photo du portable. Il me faut faire plusieurs essais pour obtenir une photo correcte. Une fois fait, je tape fébrilement Son numéro et mon image s'envole sur les ondes, vers Mon Maître…
Il ne faut pas longtemps pour que mon téléphone sonne. Je regarde l'écran il affiche "Mon Maître" c'est bien lui ! Mon cœur loupe un battement et fait un bond dans ma poitrine. Je décroche.
- Oui, Monsieur !
- …
- Merci j'ai fait de mon mieux…
- …
- J'ai un peu froid…Oui Monsieur, sauf entre les cuisses … C'est chaud.
Il réussit à me faire rougir même à des centaines de kilomètre de là.
- …
- Oui, Monsieur !
Ma main glisse sur ma poitrine, mes seins sont déjà durcis par le froid, mes caresses les réchauffent et les tend encore un peu plus.
- …
- Oui Monsieur !
Je me penche vers l'arrière, ma main passe sur mon ventre et s'insinue entre mes cuisses. Je touche du dos de la main le pelage humide de l'animal tandis que mon doigt s'insinue en moi. Gento s'est mis à brouter, totalement indiffèrent à la scène qui se passe sur son dos. Je m'enfonce plus profondément et commence à frotter comme est en train de me l'indiquer Marc dans l'écouteur. Mon souffle s'accélère et je ne peux retenir un petit gémissement.
- …
- Oui, Monsieur j'aime…J'aime çà !
Je cherche désespérément à garder mon équilibre, mes jambes se resserre sur les flancs du cheval qui fait un pas en avant et se remet à brouter, mes abdominaux me font mal, mais le plaisir monte peu à peu en vague brûlante de mon ventre. Mes doigts s'enduisent de la chaude liqueur de Cyprine. Je jette de temps en temps des regards angoissé autour de moi. Mais cette impression d'être épiée d'être en danger, vulnérable, impudique, augmente encore mon plaisir. Et voilà que pour couronner le tout il me demande de lui décrire mes caresses à haute voix.
- Je… j'ai entré mes doigts en moi, Monsieur… C'est chaud. Je voudrais que ce soit vos doigts… Oui... Je sais, je serais patiente. Je… Ohh... Je frotte fort en pensant à vous. J'aimerais que vous me preniez… Nue, sur le dos de ce cheval… Oh Oui ! Comme j'aimerais ! Je … Je Ohhh… Oh, je… Ohh Monsieur Ohhh….
Mes reins se tétanisent, mon souffle se raccourcis, je ne peux plus parler et ne peux offrir à mon Maître que les râles indécents de mon plaisir. Mais il a d'autres exigences et il me les dicte au téléphone. Je l'écoute attentivement et referme d'un geste vif le téléphone.
Je reprends mon souffle un instant. De nouveau j'observe l'horizon autour de moi. Le ciel est maintenant dégagé de ses brumes matinales quelque gros nuages traînent encore, et le soleil me gratifie de sa chaleur sur ma peau nue. Je prends une profonde inspiration et glisse l'objet oblong entre mes jambes. Je le pose sur le dos du cheval et l'introduis en moi à demi. Je le place sur la tranche de façon à ce qu'il appui fermement contre mon clitoris puis, je me couche sur l'encolure de ma monture. Etrange sensation que d'être à demi pénétrée par le froid métal qui se réchauffe rapidement. Sous moi le grand corps puissant émet une chaleur réconfortante. Je suis bien et je colle ma joue contre sa crinière respirant son odeur suave. Une onde vibrante éclate dans mon ventre me tirant de ma torpeur. Je pousse un petit cri de surprise et je me mords les lèvres. La série de vibration me secoue de bas en haut irradiant de mon ventre vers tout mon corps. Gento a senti aussi. Il relève la tête et avance de deux pas, inquiet. Un instant de répit tout de suite suivit d'une nouvelle série de vibrations. Je me mords les doigts pour ne pas crier de plaisir et ne pas effrayer ma fidèle monture. Il a voulu me caresser, il a voulu participer à mon plaisir. De très loin il me prodige ses faveurs. Je ferme les yeux et me laisse aller. La troisième série de vibration m'achève, j'écarte largement les jambes pour profiter au mieux du contact avec le curieux olisbos. Je perds pieds et un flot de chaleur humide s'écoule de mon ventre. Il me faut un long moment pour reprendre mon souffle. Les caresses ont cessé et je sais que cela signifie la fin de notre étrange dialogue. Exténuée, je me redresse péniblement et extirpe le téléphone de son doux nid. Il est gluant de liqueur de Cyprine. Je l'essuie rapidement sur le pelage de Gento et le raccroche à sa bandoulière. Je me saisis des rennes et d'un coup de talon lance ma monture vers le bosquet d'arbre ou je sais retrouver mes vêtements. Le trot enlevé qui me porte continue la caresse de mon Maître. A chaque foulée mon ventre cogne contre le garrot du cheval, m'ouvrant en peu plus a chaque fois et libérant les preuves liquide de mon désir. Je n'en peux plus de plaisir forcé lorsque j'arrive à l'orée du bois. Mes vêtements et la selle sont bien là. D'un coup de rein je me dégage et saute à terre. J'avais oublié que j'étais pieds nus et mes chevilles viennent se griffer cruellement contre les pailles acérées du foin fraîchement coupé. Peu importe, je vais retrouver un peu de dignité. Je me rhabille rapidement. Retrouvant la sécurité de ces fines couches de tissus et quittant cette étrange sensation d'irréalité.
Le soleil est haut dans le ciel lorsque j'arrive au haras. Je passe le porche au pas. Les gens de ferme s'activent et déjà de nombreux cavaliers sont en selle. En nous croisant nous nous saluons de la main. Je mets pied à terre et confis Gento aux mains expertes du garçon qui s'est empressé de venir vers moi. Je suis encore sous les effets de cette étrange balade et bredouille un merci rapide, détourne les yeux et m'éloigne rapidement. Je sens son regard interrogateur qui me suis. Je suis plus bavarde d'habitude, mais là je n'ai vraiment pas envie de parler. D'autant plus qu'une dernière requête de mon Maître m'impose de filer devant mon ordinateur pour raconter le plus vite possible cette cavalcade, il l'attend pour ce soir toutes affaires cessantes. Et c'est la sage Isabelle un peu maladroite, un peu timide que tout le monde salut et apprécies qui traverse d'un pas rapide la cour pavée, l'entrejambes encore brûlant et trempé de sa secrète escapade…
Brutalement en tapant ces lignes une angoisse terrible me saisit. Revivant cet épisode je revois rapidement la tache humide que j'ai laissée sur le dos de Gento Dans ma précipitation je n'ai pas prise le temps de l'essuyer. Oh certes ce n'est pas grand chose et la couverture posée par dessus l'a certainement séché... Certainement ! Mais je m'imagine l'interrogation du lad qui a étrillé Gento. Et qui peut être perplexe a touché du doigt l'étrange dépôt gluant. Peut être même l'a t il porté à son nez pour en estimer l'odeur, craignant une blessure de l'animal. Mes jambes flageolent à cette idée. Je me lève et regarde par la fenêtre au loin, vers les bâtiments de l'écurie. Peu importe, il est trop tard maintenant et je souris intérieurement en regardant le soleil se coucher. Je vais aller dîner l'esprit encore troublé par cette chevauchée d'automne. Puis, je reviendrais, suivant ses désirs, corriger et poster ma brève histoire en pensant à Lui.
16 août 2007
Interludes. Anniversaire.
Aujourd'hui c'est mon anniversaire… Je quitte les années "Teens" avec fracas et effervescence. Je rentre confiante dans ma 20eme année. Çà fait tout bizarre de quitter symboliquement la post adolescence. Cet après-midi mes amis vont commencer à arriver, le temps est couvert mais je sais que cela va s'éclaircir, dans l'air frais l'eau de la piscine m'a paru chaude. Je me suis levée tôt, je vais aider ma sœur et mes parents au buffet. Je sais que ce soir la nuit va être blanche et je viens de boire ma quatrième tasse de café (Tiens çà aussi je lui dois, ce goût immodéré du moka). Je vais aller prendre ma douche, m'apprêter. Dans le secret de ma chambre, Nue, je vais me mettre à genoux sur le parquet et religieusement ceindre mon cou du discret collier de cuir et de fer au tintement cristallin qui me rappellera à moi et aux yeux des initiés que quoi qu'il arrive… Je lui appartiens.
C'est l'heure des bilans aussi. Et il en est un que je ne peux ignorer. Voici maintenant presque un an que je vis une aventure qui me dépasse un peu parfois. Six mois que je découvre un monde qui m'attire irrésistiblement et dans lequel je me suis plongée à corps perdu. Je sais que j'en ai été profondément changée ! Ma sœur, mes amies, s'en sont aperçu et, pour les plus intimes, dont vous faites parties chères lecteurs et lectrices, savent le chemin que j'ai pris. Jamais je n'aurais penser vivre pour mes 19 ans une équipée d'une telle intensité, ces derniers mois j'ai l'impression d'avoir eu dix vie en une seule, et je sais que cela n'est pas fini.
Cela je le dois à celui qui ne sera pas là aujourd'hui.
Je lui dois cette nouvelle Isabelle toujours rougissante et émotive bien sur, il se moque assez de cela, mais une Isabelle qui paradoxalement, soumise, est plus forte et plus confiante que jamais. Je me rappellerais toujours de mes premières séances de pose… de soumission ! Je n'arrive plus tellement à faire la différence entre les deux, les deux faisant parti de mes désirs cachés lorsque j'ai pris contact avec Marc. Je sens aussi que tout cela me laisse entrevoir l'aboutissement d'une œuvre ultime. Pendant ces premières séances si j'avais eu des chaussettes je serais tomber dedans. Mais quelle sensation !
Je lui dois aussi ces écrits que j'ose enfin soumettre à vos yeux. En cela je lui serais toujours reconnaissante. Reconnaissante de m'avoir révélé une telle facilité d'écriture. Facilité que je soupçonnais mais que je n'osais, par timidité encore une fois, mettre en valeur. C'est aussi cela un Maître ! C'est sous sa férule que l'on se découvre. Physiquement je dirais même sexuellement, et intellectuellement.
11 août 2007
Interludes. Retour d'Irlande.
L'avion d'Air Lingus vient de décoller de l'aéroport de Cork. Dans un peu plus d'une heure je serais de retour à Paris. Adieu ma verte Irlande et à bientôt mes amis, ma famille gaélique. Je me saisis de mon carnet, de mon bout de crayon (un stylo est une arme dans un avion ! Mais, il est vrai, pas que dans un avion, …Pour tous les autoritarismes aussi !) et pelotonnée, sur mon siège je commence à écrire. Deux semaines de vacances à me saouler d'espace, de rire, … A me languir aussi. Ses exigences étaient simples, "Tu pars en vacances, repose-toi, pas de contact, pas de téléphone, on se retrouve fin août. Prends soin de toi !" Prends soin de toi ! Il en a de bonne ! Quand je retrouvais ma chambre dans la nuit après ces soirées Pub interminables, échauffée de danse et de tapage avec ces rêves récurrents qui éveillaient en moi les désirs les plus doux. Comment ne pas transgresser une des premières règles qu'il m'a fait suivre ! " Tu ne te caresse pas sans me demander l'autorisation" Et comment faire s'il refuse que je l'appelle ? Et cette cour de garçons irlandais, adorables et attentionnés au demeurant, qui ne pensait qu'a "sortir" la petite Française et plus si affinités. Combien de déceptions ? Plusieurs fois, seule dans la salle de bains, j'ai pris la position imposée, nue, à genoux sur le carrelage, les jambes écartées, les mains dans le dos et la tête baissée. Je fermais les yeux et m'imaginais sa présence attentive. Cela suffisait à déclencher en moi un plaisir trouble qui mouillait mon ventre et me laissait pantois. Plusieurs fois lors de mes longues balades à cheval le long des falaises battues par les vents et les embruns mon ventre est venu à la recherche du pommeau de cuir de la selle, s'y est pressé, s'y est frotté alors que je me couchais sur l'encolure de ma monture et fermais les yeux de plaisir. J'ouvre les yeux, je me suis assoupie un instant. Je contemple mon carnet ouvert sur mes genoux couvert de notes hâtivement griffonnées. Un moment de panique, je jette un œil à ma voisine mais elle est absorbée dans la lecture d'un magazine féminin. Elle n'a pas lu ces phrases interdites, la suite de mes aventures à Lyon, que je vais bientôt mettre au clair et éditer dans mes carnets. Mais avant toute chose dès ce soir…Lui passer un coup de fils, … Les vacances sont terminées !
