23 oct. 07

Chap.10. Terminus... Paris.

Peu à peu le silence se fait entre nous. Plus nous approchons de l'hôtel moins j'ai envie de parler. C'est la fin de ce séjour hors du temps, hors de ma vie bien rangée de petite fille sage. Un manteau de tristesse commence à peser sur mes épaules. Il va bientôt falloir regagner la foule grise des trottoirs de Paris. Me fondre dans l'anonymat avec au fond de mon cœur, tapie, une braise rougeoyante sur laquelle il n'aura qu'a souffler pour que je me réanime et me jette à ses pieds. Le ciel bleu au-dessus de ma tête qui annonce une belle semaine ne participe vraiment pas a mon spleen, et il n'arrive pas à me réjouir.
Nous ne traversons pas le hall de l'hôtel en courant et en riant comme la dernière fois. Plus je me rapproche de la chambre plus je veux faire demi-tour. Prolonger cette expérience contre toute raison. Une irrépressible envie de le saisir par la manche de revenir sur mes pas, de l'entraîner vers ce bar où ce week-end a débuté et ou tout doit recommencer… Pour l'éternité…
La porte s'est refermée derrière moi. Une boule de chagrin dans la gorge, je fouille machinalement dans mon sac et en sort quelques effets fripés. Cela serra de toute façon plus propre que ce que je porte. Sans un mot, il a ouvert la fenêtre et s'est accoudé à la balustrade de pierre. La vision fugace de nos ébats à cette même fenêtre glisse devant mes yeux. Il s'est mis à contempler la rue, je me suis saisis de mes affaires et me dirige vers la salle d'eau pour noyer mes larmes sous le jet d'eau brûlant.
Je ressors de la douche sans avoir réussi à atténuer mon spleen. Mécaniquement je me suis habillée. J'ai consciencieusement replacé mon fin collier de cuir qui tinte discrètement à chaque mouvement de ma tête et suis sortie de la salle d'eau. Il m'attend assis sur le lit. La fenêtre est refermée. En silence je fais le tour de la chambre et vérifie ne rien avoir oublié. Je suis largement en avance mais maintenant je veux quitter ce lieu chargé d'émotion, sans me retourner. Je m'empare de mon sac au pied du lit et me dirige vers la porte.
- Attend un peu !
Sa voix a claqué dans le silence. C'est pour moi un soulagement que de pouvoir rompre ce mutisme embarrassé.
- Pose ton sac et viens là.
Du doigt il désigne l'espace devant lui. Je m'exécute avec un sourire forcé aux lèvres. Je me place face à lui, les mains dans le dos. J'écarte légèrement les jambes et baisse la tête vers lui. Sans quitter le lit sur lequel il est assis ses mains s'envolent vers mon ventre et déboutonne mon pantalon. Il faut à peine un instant pour qu'il tombe à mes pieds, découvrant mon string noir. Il a un moment de réflexion puis me lance.
- Tu as tes règles ?
- Non, Monsieur !
- Alors pourquoi ce slip ?
- Je … Je croyais que c'était fini pour ce week-end !
- Fini ?
- Oui…Excusez-moi Monsieur !
En fait, je me suis habillée machinalement et j'ai enfilé ce slip sans penser à la première règle qu'il m'a dicté, il y a longtemps maintenant. Et je cherche une excuse pour adoucir son courroux.
Il souffle bruyamment, émet ce claquement de langue caractéristique qui marque sa contrariété et se lève d'un bond.
- Terminé ! Terminé ?… Et tu crois donc que c'est toi qui décide ? Il faut donc que l'on termine ce week-end sur une sanction ?
Une âpre saveur d'adrénaline monte de ma gorge et envahie mon palais lorsqu'il porte les mains à sa ceinture de cuir noir. Lentement il la fait glisser le long de sa taille la libérant des passants et la replie en une boucle dans sa main droite.
- Tourne-toi, penche-toi en avant, appuie-toi sur le mur !
Mon cœur s'emballe un peu plus. Maladroitement, gênée par le pantalon qui entoure mes chevilles. Je me tourne vers le mur aux tapisseries orangées. Je me penche vers l'avant et appuie fermement mes mains sur le mur. Comme un rideau, mes cheveux tombent de part et d'autre de mon visage. Pour tromper mon angoisse je m'absorbe dans la contemplation de mes pieds. Je sais parfaitement à quoi m'expose une telle position et je me pince les lèvres d'appréhension. Ses mains se posent délicatement sur mes hanches et glisse vers mes cuisses entraînant dans son mouvement la fine ceinture de mon string. Ils abaissent doucement mon slip et s'arrêtent à mi-cuisse. C'est étonnant comme cette demi-déculottée peu avoir quelque chose d'humiliant. De sentir ma pudeur à demi dévoilé est très troublant pour moi. Ses mains remontent sur mes fesses et les caresses amoureusement. Un doigt se fraye un passage entre les deux globes ainsi offerts, écarte la délicate fente de mon abricot lisse et s'introduit en moi. Je ne peux m'empêcher d 'émettre un gémissement de plaisir étouffé. Un gémissement qui incite à aller plus loin. Tout en gardant son doigt fureteur en moi il se penche à mon oreille et me murmure.
- Je te rappelle qu'il s'agit d'une punition. Je t'interdis de ressentir le moindre plaisir… Je t'interdis de jouir !
Mon dieu ! Voilà bien une exigence que je vais avoir du mal à tenir. Surtout de la façon dont commence cette "punition". Je serre les dents et essais de faire le vide dans mon esprit. Mais comment faire obéir mon ventre ? Mon intimité se mouillant inexorablement sous la caresse qui se fait plus profonde et qui vient de recevoir le renfort d'un deuxième doigt ? Comment empêcher mon vagin de se dilater impudiquement révélant ainsi son impatience de recevoir son assaut ? Je me concentre sur ma position humiliante essayant de toutes mes forces de faire abstraction des désirs de mon corps. Malgré cela ses doigts ressortent trempés d'entre mes cuisses. Négligemment, il les essuie sur mon dos Et je sens le contact glacial de la ceinture de cuir se poser sur mes reins.
La lanière glisse doucement contre ma peau comme pour se réchauffer à son contact. Je me souviens de la morsure de la cravache sur mes reins lors de notre étrange balade sur les Causses et je ferme les yeux. La ceinture quitte mes fesses, le temps semble s'arrêter, infernale attente ! Je me mords les lèvres. Un sifflement déchire l'air suivi d'un claquement assourdissant. Une traînée de feu s'embrase sur mes reins. La douleur vrillante et soudaine irradie dans tout mon corps et je ne peux me retenir un sursaut et un cri guttural. Ce premier coup est immédiatement suivi d'un deuxième qui laboure le bas de mes fesses. Il me semble encore plus violent que le premier et m'arrache un cri de bête blessée. Un cri interrompu par le troisième coup qui s'abat avec fureur et incendie un autre sillon au bas de mon dos. La ceinture se repose doucement sur mes reins comme pour se reposer de son labeur. Il me laisse reprendre mon souffle les mains crispées contre le mur, les jambes tremblante tendues à se rompre. J'ai l'impression d'avoir été foudroyée sabrée en deux par une lame de feu, je gémis sourdement la bouche ouverte, cherchant à reprendre ma respiration coupée par la douleur fulgurante. Un peu de salive coule de mes lèvres et s'écrase sur le sol et des larmes perlent le long de mes cils. Je suis sure que les coups ont été donnés avec toute la force dont il est capable, provoquant un ébranlement complet de mon corps et de mon esprit. La douleur irradie maintenant sourdement sur tout mon postérieur et le haut de mon dos.
- Voilà pour la punition…
Déclare t il, à voix basse. Le ton calme et posé contraste étonnement avec la violence qu'il vient de me faire subir.
- Maintenant je veux continuer… Pour mon plaisir !
J'ai cru un instant que mon supplice allait cesser.
- Tu veux bien ?
Il a posé la question avec une telle candeur que j'en reste abasourdie. La douleur m'empêche de penser correctement. Mais je m'étonne qu'il me demande mon avis. Alors que je suis à sa main, pliée en deux contre le mur, la culotte baissée, honteusement offerte, ouverte et consentante. Je me rends compte que cette question n'est là que pour appuyer mon humiliation et valider ma soumission. Il me demande mon consentement tout en sachant pertinemment la douleur que j'endure et l'envie pressante que cela finisse vite.
- Tu veux bien... Isabelle ?
L'emploi de mon prénom me révèle son impatience et l'exigence d'une réponse rapide. Je renifle mes larmes et comme dans un rêve, comme si je me dédoublais, je m'entends répondre.
- Oui… Oui, Monsieur !
Ses mains se posent sur mes fesses et les caressent doucement longeant la ceinture posée au creux de mes reins. Il se penche de nouveau à mon oreille et murmure.
- Je vais te faire mal Isabelle... Très mal… Uniquement pour mon plaisir… Tu comprends çà ?
Sa voix me glace le sang. Comme pour se dérober à la souffrance mon esprit s'éloigne de mon corps, marionnette sans force. J'aimerais fuir mais il n'y a pas ici de sortie de secours.
- Oui, Monsieur… Je comprends.
Un silence prolongé, il attend autre chose il attend plus de mon engagement !
- Faites le Monsieur… Je suis à vous… Pour votre plaisir…
Le mot plaisir se noie dans mes sanglots.

Il se relève. La ceinture de cuir quitte mon dos. Dans le silence de la chambre un sifflement. Une douleur fulgurante strie mes reins. J'étouffe un cri venu du plus profond de ma poitrine. Une deuxième brûlure me coupe le souffle et écarquille mes yeux. Un troisième choc me coupe en deux et ouvre ma bouche sur un cri silencieux. Une pause. Je gémis doucement. Ma respiration est précipitée syncopée, je cherche désespérément à contrôler la douleur qui, de mes reins, irradie et pulse à travers mes cuisses et mon dos. Mais il ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits, mon martyr continu. Trois nouvelles fois mes fesses offertes sont parcourues mais des traînées de feu. La douleur est si violente que je me suis laisser basculer de tout mon poids contre le mur et que je me mords le poignet pour ne pas hurler, mon visage est inondé de larme. Jamais je n'aurais cru supporter un tel calvaire. De nombreuse fois la ceinture va s'élever et de nombreuse fois elle va s'abattre sur mes chairs. Par série de trois coups elle va mordre cruellement ma peau fragile. Peu à peu mon esprit s'envole et s'anesthésie sous les coups. Mes cris étouffés et gémissements se sont transformés en râles continus, incoercibles.
Combien de temps a duré mon supplice ? Je ne saurais le dire ! Je reviens à la réalité en comprenant que les coups ont cessé et que ce sont maintenant ses mains qui caressent mes fesses comme le ferais un chef de guerre parcourant le champ de bataille pour se repaître des dégâts infligés. Sur ma croupe brûlante Elles me paraissent fraîches et agréables. Leur douceur me tire peu à peu de ma torpeur douloureuse. Comme par magie les vaques brûlantes s'apaisent et il ne subsiste bientôt plus qu'une onde chaude et agréable qui rayonne jusque dans mon ventre. Les caresses se font plus précises et regagnent mon entrejambes. Je m'aperçois avec stupéfaction que je suis littéralement inondé. Comment mon corps martyrisé a-t-il pu prendre son plaisir ? Profitant de mon détachement et de l'envol de mon esprit, il a composé lâchement avec son tortionnaire. Ce plaisir veule pris comme sous une caresse amoureuse, sans le consentement de ma raison me démontre une fois de plus ma vraie nature. Cette nature que je réfrène sans cesse, que je cache à tous et que Marc a su me révéler. Le motif de mes tourments et de mes fantasmes qui, tel un rocher noir, se découvre à chaque reflux de l'océan de mon âme... A chaque tempête de mon corps !
Ses doigts s'introduisent en moi sans douceurs, dans un réflexe j'essaye d'écarter les jambes, sans y parvenir, prisonnière du pantalon tombé à mes chevilles et le lien de mon slip tendu a mi-cuisses. Délicatement il pose sa ceinture en travers de ma nuque. Les deux bouts de la lanière de cuir pendent maintenant de chaque coté de mon visage comme pour me rappeler ce a quoi je dois mes souffrances. Ses doigts me quittent immédiatement remplacé par un visiteur autrement plus attendu. Il s'est rapidement dégrafé et c'est maintenant son membre arrogant qui frappe à la porte de mon ventre écartant sans vergogne de sa tête d'ivoire poli les lèvres brillantes de ma vulve, s'engageant à demi dans le conduit humide. Doucement, ses deux mains se posent sur mes hanches et d'un coup de rein ferme, d'un seul élan, il me pénètre, s'introduisant sans effort au plus profond de mon ventre. Sous l'assaut je ne peux prévenir un soupir de contentement et de bonheur que j'accentue en cambrant les reins pour lui manifester ma docilité. Plusieurs fois, mécaniquement, sans âme, il va me posséder vigoureusement. Son membre huilé de mon plaisir ressortant entièrement de mon ventre, presque à le quitter, et y replonger violemment se ruant d'un seul mouvement au plus profond de mon vagin, ses mains crispées par l'effort sur ma croupe martyrisée. Par ce rythme étrange il refuse de me communiquer le moindre sentiment. Il me prend comme on prendrait une poupée de chair, sans amour. Il assoie ainsi sa toute puissance et me remet à ma place de simple sujet de plaisir. Comprenant que je ne recevrais aucune caresse, aucune preuve d'affection, je baisse la tête et attend passivement la fin de l'assaut. Malgré son assertion, je sais que c'est la punition qui continue. Je redécouvre une fois de plus le plaisir trouble de n'être qu'un objet. Les coups de boutoirs finissent par m'arracher de petite plainte de chatte énamourée. Et c'est dans un râle rauque de contentement, au plus profond de mon ventre, qu'il va jouir et s'épancher froidement comme pour soulager une envie naturelle. Il me quitte aussitôt pris son plaisir de mâle, sans caresse, sans flatterie dont il est d'habitude coutumier. Je n'ose me relever sans son consentement. Suprême humiliation il essuie son sexe gluant contre mes fesses martyrisé. Je l'entends se réajuster. Il se baisse et s'empare de mon pantalon qu'il remonte lentement le long de mes jambes entraînant dans le même mouvement mon slip toujours baissé a mi-cuisses. Sans se préoccuper de remettre ma culotte, il réajuste mon jean délavé autour de ma taille et d'un même mouvement me tirant par les cheveux me redresse et me fait pivoter face à lui. Il achève de reboutonner mon pantalon. Une fois fait, il me prend le menton dans sa main et pose un baiser délicat sur mes lèvres. Je réponds et lui souris.
- On file à la gare... Tu vas être en retard !
Vous avez déjà couru avec votre slip à demi-baissé à l'intérieur de votre pantalon ? Sur le quai je cherche le numéro de la voiture ou m'attend ma place. Quelle étrange impression, quelle honte de me sentir moite, souillée entre les jambes et les cordons de ce slip volontairement mal réajusté qui tire sur mes cuisses à chaque pas. Et j'ai traversé toute la ville à pieds en trottinant au coté de Marc regardant sans cesse derrière moi passant de temps en temps la main sur mes fesses endolories et entre mes jambes pour m'assurer qu'aucune tâche humide ne transparaît à travers le tissu. Je finis par m'engager dans le couloir qui mène à ma place. J'ai l'impression que tout le monde me regarde et peut deviner mon slip baissé à travers le tissu. Je me sens gourde et maladroite, je perds mes moyens. Lorsque je m'aperçois que la place qui m'est réservé est directement à côté d'un homme plongé dans son journal. Mon sang ne fait qu'un tour. Ce n'est pas possible ! Je ne peux pas m'asseoir là ! Passer une heure à coté de lui. Je sais ou crois deviner l'odeur d'amour que je dois exhaler et qu'il ne manquera pas de percevoir. Je connais l'effet que provoque chez certains hommes mon doux parfum de rousse, et notamment chez mon Maître. Je connais l'excitation que déchaîne cet appel hormonal et j'ai déjà, dès mon adolescence, repoussé des appels pressant d'hommes mure de par ce fait. Mais là, il s'agit d'un parfum qui me signale comme la gamine venant de subir les assauts d'un homme et donc peut être ma disponibilité à un autre ! Je ne me sens pas de force à supporter çà. Je repère une rangée vide et me dirige vers elle, Tant pis pour le contrôleur, le wagon n'est plein qu'au trois-quarts je l'amadouerais d'un sourire.
Je n'ai pas le cœur de sortir mon carnet de notes et commencer à aligner les lignes qui vont vous décrire cet incroyable week-end. Sur la vitre du train les images fugaces de ces trois jours se superposent à la toile de fond des paysages qui défilent à une vitesse infernale. Je sais que chaques lignes va me faire revivre intensément chacune de mes peurs, de mes angoisses, de mes joies et des humiliations consenties. Le trajet n'est pas très long je ne suis plus très loin de la capitale lorsque mon portable se met à sonner. Je fouille fébrilement dans la poche avant de mon sac pour en sortir le tremblant messager. Je jette un œil à l'écran…C'est lui ! Je réponds fébrilement.
- Oui Monsieur !
- Tu es confortablement assise.
Il fait cruellement allusion au feu qui couve sous moi, m'empêche de garder longtemps une position assise et me fait me tortiller sur mon fauteuil. Je jette un œil un œil autour de moi et baisse la voix.
- Oui, Oui... Mais c'est pas facile avec ce slip baissé au fond mon pantalon.
- Vraiment ? …Oui ! ... J'imagine !
Il se moque gentiment de moi. Cela me redonne un peu le sourire.
- Il y a du monde autour de toi ?
- Non trop pas, je suis presque au fond du wagon.
- Très bien… Ouvre ta braguette.
Pour me rassurer, je jette de nouveau un regard autour de moi. La plupart des passagers sont occuper à lire, dorment ou sont plongés dans leurs ordinateurs portables. Il ne me viendrait pas à l'idée de lui désobéir. J'ouvre rapidement les boutons de cuivres, mes doigts froids effleurent la peau chaude de mon bas ventre.
- Caresse-toi !
Sans hésiter, je glisse ma main par l'étroite ouverture mes doigts rencontrent l'humidité intime laissé par son précédent passage et s'enfonce dans le chaud orifice frottant doucement. Je me délecte de la petite vibration qui m'électrise lorsque j'effleure mon clitoris turgescent d'excitation. Je lâche un soupir et un petit gémissement dans le micro pour lui indiquer que j'exécute son ordre et que j'aime çà.
- Très bien Isabelle…Lèche tes doigts maintenant !
Je porte à ma bouche mes doigts luisant. Un goût acide aux odeurs mêlées explose sur ma langue.
- Quel goût as-tu, Isabelle ?
- Je… Le… Le votre… Monsieur !
La communication se coupe immédiatement. Il a raccroché ! C'est ce qu'il voulais m'entendre dire.
D'une main je referme mon portable et appuyant mon front contre la vitre, les yeux perdus dans le vague pour prolonger l'instant je tète amoureusement mes doigts… En attendant le terminus.

 

 

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04 oct. 07

Chap.9. Un goût de vanille.

Nous traversons la place St Jean lorsqu'il consulte sa montre. Le temps m'a paru s'étirer à l'infini et j'espère que mon calvaire, qui a commencé au pied d'une basilique, va se terminer sur le parvis de cette cathédrale qui se dresse devant nous. Las ! Nous nous enfonçons un peu plus dans les ruelles étroites.
Enfin nous finissons par nous présenter à la porte d'un Bouchon. L'unique salle est bondée mais il reste quelques tables à deux couverts libres le long du mur intérieur. On nous les désigne et nous prenons place. Je m'installe confortablement et m'attends à tout moment l'ordre qui me délivrera. Moi qui redoutais tant ce commandement avilissant, j'en suis à le réclamer avec impatience. Mais il fait durer ma pénitence. Il prend le temps de commander deux Portos, sans, bien sur, me demander mon avis, et se met à observer attentivement la salle. Lorsque le serveur dépose les deux petits verres remplis à ras bord du liquide au reflet de rubis il semble enfin s'apercevoir de mon existence. Il prend un des deux verres et le fait délicatement tourner entre ses doigts tout en me détaillant. Il boit délicatement une goulée du vin, repose son verre et me sourit.
- Bravo… Tu t'en es vraiment bien tirée…Avale maintenant !
Il faut maintenant que je m'exécute. A vrai dire ma bouche ne renferme plus qu'un liquide a la saveur impersonnelle. Tout au long de mes pérégrinations dans les rues de Lyon la liqueur à finis par couler par intermittence au fond de ma gorge. Il ne reste plus qu'un peu du souvenir de sa jouissance entre me lèvres, mêlé de salive abondante. Je déglutis sans peine. Soulagée. Soulagée et contente à la fois d'avoir supporté sans broncher une telle épreuve. Je porte ma main vers mon verre pour aider à effacer définitivement les traces de cette humiliation. Elle est immédiatement arrêtée dans son geste. Il vient de me prendre le poignet.
- Tu n'oublie pas quelque chose ?
Il me regarde sévèrement.
- Excusez moi… Je vous remercie Monsieur !
- Tu me remercies pour quoi ?
-  Je… Je vous remercie pour ce que vous m'avez donnez !
- Tu as aimé ?
- … J'aime tout ce qui vient de vous Monsieur.
J'ai baissé la tête en signe de soumission ce qui a un peu caché la rougeur de mes joues. Il me lâche la main et m'autorise à goûter l'apéritif. Le repas va être enjoué nous discutons à bâtons rompus comme si rien ne s'était passé. Le dessert est servi. Notre conversation semble s'épuiser lorsqu'elle va prendre un ton nouveau.
Alors qu'il est en train de tourner sa longue cuillère dans son Colonel sans me regarder, il me lance.
- Alors comme çà tu aimes bien te faire défoncer le cul ?
Un frisson intense me parcourt, j'interromps la dégustation de mon île flottante. Il a parlé d'un ton fort. J'ai l'impression que toute la salle a pu l'entendre. Je rentre la tête dans les épaules et reste bouche bée. Jamais je ne l'ai entendu s'exprimer de cette façon. C'est un langage qui sied plus à Kristale qu'à lui. Je cherche à reprendre ma respiration. Et souffle à voix basse comme pour l'inciter à parler moins fort.
- Oui, Monsieur… J'ai aimé çà.
Mes veines battent sourdement a mes tempes et je sens de nouveau le rouge m'envahir.
- Il est vrai que c'est un vrai plaisir avec toi. Tu bouges comme une vraie salope quand je te sodomise.
Mon cœur loupe un battement. Mais que se passe-t-il ? Que lui arrive-t-il ? Le ton n'a pas baissé et est toujours aussi fort. Paniquée, je jette un œil autour de moi. Le brouhaha de la salle continu comme si de rien n'était. Tout le monde discute joyeusement dans le cliquetis des verres et couverts, sans nous porter attention. Il a bien vu que j'observais la salle. Je reviens à lui, il me regarde en penchant la tête de côté et me souriant. Un demi-sourire malicieux. Je connais cet air ! Il se passe bien quelque chose... Mais quoi ? Et il continu.
- Te voir hurler, empalée au bout de ma queue est ce qui a de plus beau je pense. Ce qu'un homme peut rêver de mieux… As-tu remarqué que tu as encore des cris de gamine quand tu jouis ?
Mon dieu mais jusqu'où va-t-il aller ?
- Non, Monsieur... Je… Je ne m'entends pas réellement.
Je réponds par réflexe. Mon esprit fonctionne à cent à l'heure. Je cherche à savoir ce qui se passe. Mais je suis devant un vide insondable. Je ne comprends pas où il veut en venir. Je suis sur le point de renoncer et m'apprête simplement à subir, la tête baissée, lorsque, du coin de l'œil à la limite de mon champ visuel je perçois deux jambes qui se croisent et se décroisent nerveusement. Je lance un regard à ma droite. A un mètre à la gauche de Marc, une jeune fille rencontre mon regard et détourne vivement le visage. C'est la seule dans tout ce capharnaüm de bruit à garder le silence. Elle est attablée avec ce qui semble être sa famille. Des touristes en visite j'imagine. Deux couples, la quarantaine bien tassée. Trois garçons à l'âge improbable quinze à vingt ans peut être, deux filles, dont la plus jeune a attiré mon attention... C'est elle qui par un mouvement de jambes s'est ostensiblement approchée du bord de la table Cherchant certainement ainsi à mieux saisir notre conversation. Tous les autres convives devisent joyeusement entre eux sans lui accorder d'attention. Elle se penche maintenant sur son assiette la fixant obstinément et se remet à manger en coupant sa viande avec un soin forcé. Pendant que mon Maître continue à parler à voix haute. Je la détaille, les cheveux raides, un brun brillant et une longue frange qui cache son regard, mais j'ai pu saisir un éclair vert avant quelle ne détourne la tête. Elle est jeune, très jeune, seize ou dix-sept ans et un physique avenant. Une jupe un peu courte pour la saison un chemisier blanc immaculé et un pull-over de marque jeté négligemment sur ses épaules. Une petite fille bien élevée ! Quand je pense à ma tenue vestimentaire défraîchie et souillée d'herbe et de terre ! Elle me semble vraiment jolie…
- Et toi…. Isabelle ?
La voix appuyée de mon Maître me tire de ma contemplation… Je sursaute.
- Oui... Je… Je… !
- Tu ne m'écoutais plus ?
Ses sourcils se froncent de mécontentement.
- Si, Si, mais je… excusez-moi Maître.
- Parle plus fort s'il te plaît, je ne t'entends mal avec ce bruit !
Je prends une inspiration et hausse le ton à mon tour essayant de contrôler ma voix.
- Excusez-moi, Maître !
Peine perdue. Ma voix est parvenue à l'oreille de la petite curieuse. Elle me lance un regard par en dessous, Je me sens rougir un peu plus.
- Je te demandais donc si tu aimais que je te mette à genoux et t'oblige à me sucer ?
Je lance une œillade à sa voisine. Elle a le nez plongé dans son assiette, mais je sais que son oreille est tendue vers nous. Elle penche légèrement vers Marc. Je comprends maintenant parfaitement ce qu'il recherche. C'est pour être audible de sa voisine qu'il parle plus fort et m'oblige à lui faire écho sur la même note. Inutile de vouloir échapper à son jeu. Maintenant que j'ai découvert son manège autant aller au bout.
- Oui, Monsieur !
- Oui … Quoi ?
- J'ai… J'aime quand je vous su… Suce à genoux...
Il pioche une cuillère de sorbet à la vodka dans sa coupe de verre. La déguste et reprends.
- Il faut dire que tu es très belle quand tu es à mes genoux. Ta bouche est douce et brûlante…Et c'est divin de jouir entre tes lèvres et de savoir que tu vas avaler… En bonne soumise que tu es.
Je reste tétanisée par son langage mais je m'habitue peu à peu. La jeune fille a relevé la tête et n'a pu s'empêcher de regarder rapidement Marc qui continu a déguster son dessert, impassible. Elle s'est ensuite tournée vers moi et a tenté un timide sourire. J'ai hésité, mais j'y ai répondu, un peu crispée. Apres tout, si cela l'a fait mouiller, pourquoi pas ! Je la détaille encore un moment. Elle me paraît si jeune et a l'air un peu gauche. Je suis sure qu'elle est encore vierge.
- J'ai oublié de te demander quel goût j'avais ?
J'ouvre grand les yeux en signe d'incompréhension.
- Oui, tu sais le goût de mon sperme, celui que tu avales ?
Il a dit çà sur un ton goguenard moqueur. La petite brunette ne se cache plus pour écouter ouvertement et apparemment attends, elle aussi, une réponse.
- C'est bizarre, Un peu âpre et doux à la fois, un peu anisé… J'ai du mal à définir.
Il me sent embarrassée, marque une petite pause pendant qu'on ou amène le café et l'addition, puis il reprend.
- Cette petite conversation m'a mise en appétit. Si cela ne tenait qu'a moi je t'allongerais sur cette table, t'écarterais les jambes et te prendrais de suite… Tu es dans le même état que moi ?
Décidément, il a de ces questions !
- Oui Monsieur !
Je ne sais quoi dire d'autre et me sent un peu stupide. Mais il est vrai que mon ventre s'est peu à peu liquéfié au fils de cette étrange conversation.
- Alors …Montre-moi !
Une chape glacée me tombe sur les épaules. Cet ordre je l'ai déjà entendu et je l'ai déjà exécuté au fond de cette brasserie de la place des Terreaux. Je me recroqueville, je lance un regard circulaire, comment faire ici ? Si je me lève j'attirerais immanquablement l'attention ! Il a compris mon interrogation et mon désarroi.
- Tes doigts…Montre-moi tes doigts mouillés !
Bien sur ! C'est la façon la plus simple de lui prouver. Je prends une profonde inspiration et glisse ma main gauche, celle qui est contre le mur, entre mes jambes. Pas facile de défaire les trois boutons de mon jean, j'abandonne l'ouverture du quatrième. Ne pas porter de slip me facilite la tache. Je m'arrête un bref instant pour observer les convives autour de nous. Seule la petite indiscrète m'observe de près. Elle a baissé la tête et se frotte les lèvres de sa serviette tout en m'espionnant par en dessous. Je ne suis vraiment pas a l'aise. Ma tête s'emplit de coton et se met à bourdonner. Faire çà devant elle ! Dans un réflexe de pudeur je me saisis de ma serviette et la pose sur mes genoux cachant ainsi la main fureteuse. J'écarte un peu plus les jambes et m'introduis rapidement deux doigts. Je rencontre une onde chaude et onctueuse, je m'étonnerais toujours de cette douceur et la facilité avec laquelle on s'y sent bien. Ma honte est si forte que j'aimerais m'y couler entièrement, disparaître aux yeux du monde. Je ne peux progresser bien loin, l'ouverture de mon pantalon n'est pas suffisante et l'écartement de mes jambes est limité par les deux pieds de la petite table. Je bouge un peu les premières phalanges pour parfaire l'enrobage de mes doigts de la chaude liqueur de Cyprine. Mes contorsions ne passent pas inaperçues de la fille aux yeux verts qui, comme hypnotisée, ne peut détacher son regard du dessus de ma table. Une table qui cache à ses yeux la caresse interdite. J'imagine la tempête qui doit déferler sous son crâne. Il n'y a pas si longtemps j'étais à sa place. Une adolescence fébrilement curieuse de tous ce qui concerne le sexe accompagné de son cortège de fantasmes plus ou moins fleurs bleues. J'imagine que je lui offre ainsi une scène qui dépasse ses rêves les plus fous. J'extirpe la main de mon entrecuisse et, prestement, la présente à marc par dessus la table.
Il observe un instant mes doigts luisant.
- Oui, je vois que toi aussi...
Il se saisit de mon poignet et porte doucement ma main à sa bouche. Sa langue brûlante tourne autour de mes doigts. De mes reins monte une vague incandescente qui pulse dans tout mon corps, je fais un effort pour éviter que mes yeux se révulsent, pour ne pas être submergée par ce brusque déferlement de plaisir. Mon souffle se bloque, et à travers le brouillard de mes yeux mi-clos j'aperçois la gamine qui pique un fard, se passe un doigt rapide sur les lèvres et baisse la tête vers son assiette. La caresse cesse brutalement et il me lâche la main.
- Décidément, la saveur des rousses !
Il lève les yeux au ciel et semble perdu dans des limbes de contentement. Il se ressaisit vite.
- Boit ton café, il faut qu'on y aille ! Il ne faut pas que tu rates ton train.
Mon dieu, c'est vrai, j'avais oublié ! Mon Train… Une vague de tristesse balaye tous les sentiments de honte et de plaisirs mêlés. Tous ces étranges sentiments sur lesquels je n'arrive pas encore à mettre un nom. Je redescends sur terre. Ce week-end de folie touche à sa fin.
Il se saisit de sa tasse et la boit d'un trait sans déguster, esquisse une grimace, s'essuie la bouche, s'empare de la note et se lève. Je l'imite, mon café a refroidi, et me lève à mon tour. C'est à ce moment qu'il choisit de se pencher sur sa voisine et lancer à haute voix.
- Bon appétit, Mademoiselle !
Dans un réflexe de politesse la petite brunette a levé la tête vers lui pour répondre. Mais, interloquée, elle reste la bouche ouverte, rougit violemment, a un moment d'hésitation et enfin se détourne. Mais Marc n'attend pas de réponse et il est déjà parti se dirigeant vers le comptoir. A son départ la jeune fille relève la tête et me regarde. Je lui souris, elle sourit à son tour.

Dans la rue, je trottine gaiement à ses cotés.
- Vous saviez qu'elle écoutait notre conversation ?
Il rit.
- Bien sur… C'est bien de contribuer à l'éducation des jeunes filles.
Je reste un moment déconcertée et nous partons tous deux dans un grand éclat de rire. Entre deux rires, il continue
- Je serais toi, je ne rirais pas autant !
- Pourquoi ?
- Parce que je te rappelle que tu n'as pas de slip… Et que ta braguette est restée ouverte.
Je m'arrête brutalement, interloquée, alors qu'il s'éloigne dans un grand éclat de rire en me laissant plantée au milieu de la rue.

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18 sept. 07

Chap.8. Pénitence.

Après avoir flâné quelques temps sur la terrasse qui surplombe la cité, nous nous engageons sur un escalier de pierre qui plonge dans un parc verdoyant. C'est l'esprit léger que je m'engage à ses cotés sur le petit chemin qui descend vers le vieux Lyon. Il n'a pas dit un mot depuis notre sortie de la basilique. Des regards, des sourires, et surtout ces œillades brillantes qui me transpercent de part en part qui signalent l'effervescence de son imagination au travail et qui présagent un événement important.
es pluies de cette nuit ont imprégné la terre. Une odeur d'humus et d'humidité nous entoure, je frissonne et referme mes bras autour de moi. Il s'en aperçoit et, comme personne ne nous suit, ceinture mes épaules de son bras m'apportant un peu de sa chaleur. Il se tourne vers moi et tout en marchant me lance.
- Il faut penser à ta pénitence !
Une pénitence ? Bien sur, il y a toujours une pénitence après une confession ! Même une petite, ne serais ce que pour faire bonne mesure, personne n'étant parfait et ayant quelque chose à se faire pardonner… Surtout moi. J'ai donc bien compris la lueur des ses yeux et son sourire en coin. Un autre frisson me parcourt, mais pas de froid.
Le sentier de bitume traverse le parc et descend en pente douce vers la ville. Il sinue entre les massifs et les plates bandes De place en place, de petits sentiers le quittent et rejoignent des clairières agrémentées de banc. C'est sur un de ces sentiers qu'il m'entraîne en resserrant son étreinte sur mes épaules. Le chemin devient étroit et les feuilles que je frôle laisse des traces froides et mouillées sur mon pantalon. Nous nous enfonçons dans la végétation humide pour finir par déboucher dans une étroite clairière entourée de massif d'hortensia. Les arbres clairsemés permettent encore d'entr'apercevoir le chemin que nous avons quitté. Il pivote alors sur lui-même et me prend par les épaules, me contemple longuement. Je lui souris. Son regard se fait plus dur. Un nouveau frisson me parcourt. Ses changements d'attitudes me désarçonnent toujours autant. Il prend une profonde inspiration.
- A genoux… En prière !
Sa voix est calme mais impérative il n'a pas élevé le ton mais celui ci ne souffre pas de discussion.
Je baisse les yeux, le sol est détrempé. Je lui jette un regard suppliant. Mais je crois que m'épargner de mouiller mes vêtements est le dernier de ses soucis. Devant mon hésitation il fronce les sourcils. Prise de panique je m'exécute immédiatement. Je m'abaisse, pose un premier genou dans l'herbe trempée puis un deuxième, j'écarte largement les jambes et me redresse en cambrant les reins. Mon visage se lève vers lui et mes mains viennent se joindre devant ma bouche en un simulacre de prière. Enfin je ferme les yeux puisque c'est une condition de cette "Position de Requête"… De supplication…Et d'attente !
Je sais ce qu'annonce une telle position et je m'y prépare en entrouvrant légèrement la bouche. Je ne me trompe pas. Le bruit des boutons qui quittent leurs œillets, des tissus que l'on manipule est suivi par la présentation de sa verge tendue et impatiente qui s'insinue entre mes mains en prière. Elle s'y loge confortablement et vient butter contre mes lèvres. Lèvres que j'achève d'ouvrir prête à accueillir l'intrus. Contre toute attente, il ne s'engouffre pas vers ma gorge mais le gland d'ivoire poli s'introduit à demi dans ma bouche stoppant sa course et restant comme suspendu entre mes doigts. Je crois comprendre qu'il m'appartient de compléter la caresses et me penche un peu plus vers l'avant pour l'emboucher totalement. Le bruit caractéristique d'un claquement de langue sur le palais m'en dissuade. Je refrène mon mouvement me recule un peu pour de nouveau me retrouver le gland à demi embouché. J'attends ainsi sans bouger son bon vouloir. Mon esprit s'envole un instant. Je pense avec une pointe d'angoisse au chemin que l'on vient de quitter et des promeneurs qui peuvent surgir à chaque instant. Je m'imagine surprise ainsi à genoux…Etonnamment j'en tire plus d'excitation que de peur. Et puis, je dois lui faire confiance je suis cachée par les massifs d'hortensias et il me préviendrait…Enfin j'espère !
Il goutte un long moment la situation puis ses mains viennent rejoindre les miennes autour de la chaude colonne de chair. Lentement, délicatement, il leur imprime un mouvement de va et vient le long de la hampe tendue. Il m'accompagne un moment dans cette caresse et finis par me lâcher. J'ai bien sur compris son désir et je continu le mouvement de moi-même. Une de ses mains se pose sur ma tête près de mon front. Je réalise ma pénitence méticuleusement avec une honte sourde qui monte peu à peu en moi. Je prends conscience que je ne suis qu'un réceptacle actif pour une offrande qui me révulse. Il me contraint ainsi à le masturber en attendant la bouche ouverte le résultat de son plaisir tout en m'empêchant de prendre, ne serais ce qu'un peu, du mien en refusant la caresse de mes lèvres. Mes gestes deviennent mécaniques, régulier, rythmés, sans âme. Le temps s'étire et me semble une éternité d'attente. Paradoxalement je me sens seule face à l'objet de mon tourment et je m'inflige moi-même ma propre pénitence. Enfin ce que je redoute tant finit par se produire. Le gland se durcit imperceptiblement entre mes lèvres et un spasme le traverse libérant la liqueur apre qui jaillis et s'écrase sur mon palais, et retombe en flots sirupeux sur ma langue crispée contre mes dents comme pour éviter le contact de l'offrande. L'acte se consomme en trois jaillissements brefs emplissant ma bouche de honte absolue. Je prolonge ma caresse quelque instant pour en recueillir les dernières gouttes. Lentement, je retire mes mains et les place délicatement dans mon dos en soumise bien dressée lui signalant ainsi que suis dans l'attente de son bon vouloir. Je pense que l'ordre exécré ne va pas tarder et qu'il va falloir que je boive ma honte jusqu'à la lie. Mais l'ordre ne vient pas. Il reste un long moment entre mes lèvres gouttant certainement le spectacle. L'humidité du sol traverse la toile de mon pantalon mouillant mes genoux et augmentant l'inconfort de ma situation. Il finit par quitter ma bouche et se réajuste. Généreux il m'accorde l'autorisation d'ouvrir les yeux.
- Mais garde la bouche ouverte ! - Précise-t-il.
Il prend son temps et s'offre même le luxe de déambuler lentement autour de moi. Il s'amuse ainsi à prolonger mon attente qu'il me sait pénible. Revenant devant moi, il me prend par les épaules et me relève. Se redresser en gardant la bouche ouverte sans en renverser l'abject contenu et en gardant les mains dans le dos m'oblige à me cambrer à l'extrême. Il me regarde longuement avec un sourire de contentement évident, pose sa main droite sur ma joue et de son pouce referme délicatement mes lèvres.
- Je t'interdis d'avaler une goutte sans mon ordre !
La consternation qui s'abat sur moi me fait presque vaciller. J'écarquille les yeux et relève les sourcils en un mouvement d'incompréhension. Mais j'entrevoie déjà la teneur réelle de ma pénitence je vais être punie là où mon éducation pèche.
- Tu as compris ?
Il attend une réponse tout en sachant que je ne peux parler. Je hoche la tête plusieurs fois, presque grotesque. Bien sur que j'ai compris !
- Très bien… Alors ont y va !
Sans attendre, il tourne les talons et s'éloigne à travers les massifs, rejoignant le chemin d'asphalte. Je reste un moment interloquée. Je ne m'attendais vraiment pas à çà ! Sortant de ma torpeur je le rejoins rapidement après avoir tenté vainement de nettoyer mon pantalon en le frottant de mes mains.

Une fois sortie du parc son pas ralenti et je me replace à ses côtés. Cette fois il ne met plus son bras autour de mes épaules. Il est vrai que nous sommes de nouveau en publique ! Il nous faut un long moment pour rejoindre le centre du vieux Lyon. Nous ne pouvons pas, et pour cause, échanger le moindre mot mais je croise de temps à autre son regard moqueur, content de lui. Et content, il peut l'être, une punition aussi machiavélique ne peut que réjouir son auteur. Ma bouche est envahie par sa saveur. Une saveur doucement saumâtre et un peu acidulé en même temps, difficile à définir. Une texture suave qui glisse sur ma langue et que dilue ma salive. Je me rends compte que je m'habitue rapidement à ce goût et finis même par ne plus le sentir. Il ne subsiste plus que l'immense honte de marcher dans la rue les genoux tachés de terre et la bouche fermée sur le résultat d'une obscène caresse buccale consentie à mon Maître.
Je détourne la tête à chaque fois que nous croisons un badaud comme pour me protéger et cacher le rouge de mes joues. Mon malaise augmente encore lorsque nous débouchons sur la rue piétonnière principale. Elle est noire de monde et il faut que je me fraye un passage entre les touristes en baissant la tête. Je me demande s'ils peuvent deviner le lourd secret que porte la jeune fille rougissante qui les frôle ? Je fixe obstinément le sol à deux mètres de moi relevant de temps en temps la tète pour ne pas perdre Marc qui vient de se mettre à longer les vitrines s'intéressant à leur contenu plus qu'a moi. Moi, qui d'habitude adore faire du lèche vitrine, je suis à des lieux d'apprécier le ralentissement de son pas !
Il finit par s'arrêter devant une devanture de bijouterie. Il reste un moment songeur a observer les différentes parures exposées. Il me jette un coup d'œil, son regard glisse sur ma bouche et mon cou, nu. Et brusquement sans hésiter pousse la porte de l'échoppe.
Je suis catastrophée. En aucun cas je ne veux entrer. Ma tête se met à bourdonner, je suis à la limite de perdre pied, je voudrais m'évanouir et reste tétanisée devant la vitrine, les yeux dans le vague. Il ressort, d'un mouvement sûr me prend la main et me tire vers l'intérieur. Je résiste un moment traînant les pieds. Son regard se durcit et sa main écrase la mienne. Je me rends compte que suis en train de désobéir et que cela ne peut qu'aggraver ma punition… Si cela est possible ! Je me laisse entraîner et m'engouffre à sa suite dans le magasin.
Les vendeuses de bijouterie doivent toutes être comme çà ! Jeune, jolie, blonde, pas plus grande que le client, parfaitement maquillée jupe droite noire et chemisier blanc immaculé, un parfum suave et sucré et surtout un large sourire qui découvre des dents carnassières parfaitement alignées. Et moi, qui entre dans son univers sophistiqué, tirée par la main comme une gamine capricieuse, des vêtements froissé de trois jours, les cheveux en bataille, les genoux tachés de terre et d'herbe… Si je pouvais m'enfoncer sous terre, je le ferais immédiatement! Et Marc qui fanfaronne, entamant prestement une conversation enjouée avec la jolie vendeuse. Oui il cherche un bijou ! … Un collier ! … Elle lui présente plusieurs modèle en strass. Non ! Ce n'est pas ce qu'il cherche, il se tourne vers les vitrines basses, elle le suit les mains jointes. La discussion reprend ponctuée de petits rires qui accompagnent ses plaisanteries à l'emporte-pièce. Tous deux sont maintenant penchés sur une série de colliers filiformes…Ils ne portent aucune attention à moi, la blonde vendeuse est toute yeux et oreilles pour lui, elle ne me jette même pas un coup d'œil. Elle à tout de suite compris qui dirigeait et qui décidait. Comment fait-il çà ? Ce détachement absolu qui fait que j'ai l'impression de ne plus exister ? De devenir une simple spectatrice de ma vie. Comment fait-il pour être capable en un éclair de m'oublier totalement comme si je n'avais jamais existée, et, tout aussi rapidement, me faire renaître d'un simple regard ? Enfin ils se relèvent, il a trouvé ce qu'il cherchait. Il se tourne vers moi, il tient entre ses mains un large ruban de velours rehaussé d'un cœur de brillant. Un kitsch à n'en plus pouvoir ! Une humiliation de plus ! Il s'approche et le noue autour de mon cou. Il se recule et interpelle la vendeuse.
- Charmant… n'est ce pas ?
- Il lui va très bien.
Répond la vendeuse d'une voix fluette tout en me détaillant de la tête aux pieds. Elle semble découvrir mes genoux tachés, elle fronce les sourcils et me lance un regard interrogateur mais elle n'ose aller plus loin dans son examen.
- Il te va très bien !
Il me contemple un moment esquisse un sourire et reprend.
- Tu aimes ?
Il s'adresse à moi, tout en sachant pertinemment que je ne peux ouvrir la bouche. Il ne m'a pas tendu un miroir, il ne m'a pas entraîné devant cette psyché qui trône dans un coin de l'échoppe. C'est la blonde qui se propose mais il l'arrête d'un geste.
- Alors… Tu aimes ?
Il attend une réponse et… Et brusquement je comprends, ou crois comprendre, le sens de sa question. Bien sur ce n'est pas à propos du collier qu'il demande mon avis. Il a un goût suffisant pour juger par lui-même. Non! Ce qu'il me demande c'est si j'aime cette situation ! Ce qu'il me demande c'est si j'aime mon état de soumise exhibée à une vanille la bouche pleine de son sperme. Le sang qui rougissait mon visage reflue violemment, j'ai froid tout à coup. Le sol vacille sous moi. Il faut que je garde contenance à tout prix. Je hoche rapidement la tête et détourne le regard. L'atmosphère s'est brutalement alourdie. La vendeuse devient soudainement gauche, sans voix. Je crois qu'elle commence à se rendre compte de l'étrange relation qui nous lie sans aller, je pense, imaginer l'impensable contenu que retiennent mes lèvres !
- Je... Je vous fais un paquet ?
Marc sourit largement.
- Non merci… C'est pour consommer tout de suite !
Et voilà comment il retourne une situation ! D'une simple boutade mais qui résume tellement bien la situation. Je passe en un instant de la honte la plus profonde à une envie de rire irrépressible. Je glisse la langue entre mes dents et me la mords férocement. Je n'y tiens plus, sans me retourner et surtout sans l'assentiment de mon Maître j'ouvre rapidement la porte de verre et sort de la boutique.
Il me rejoint quelques instant après. Je me suis adossée au mur à côté de la boutique et tente de me calmer, de reprendre mon souffle par le nez.
- Tu n'es pas gentille de partir sans dire au revoir à cette charmante personne !
Il rit et se moque ouvertement. Je lui lance des yeux furibonds. Il a porté à son paroxysme mon humiliation devant cette fille. Je le hais pour cela. Mais ma colère retombe de suite lorsqu'il porte sa main à ma joue.
- Ouvre la bouche !
Je lance des regards anxieux au badauds qui circulent autour de nous. Mais à part quelques regards en coin ils ne portent pas attention à nous. J'entrouvre les lèvres découvrant leur précieux contenu. Je baisse les yeux. Mon humiliation n'aura donc pas de fin !
- C'est bien… J'ai eu peur que ton départ précipité et ton fou rire ne te fasse avaler ta pénitence.
Il referme ma bouche de son pouce et s'éloigne. Du coin de l'œil je saisis une silhouette qui s'avance en dehors de la bijouterie. C'est la vendeuse qui certainement intrigué par mon comportement n'a pu s'empêcher de sortir pour nous observer. M'a-t-elle vu ouvrir la bouche et baisser les yeux ? Nos regards se croisent, gênée, elle esquisse un sourire timide. Je ne réponds pas à son sourire et lui lance un œil noir. D'un coup de rein arrogant je me décolle du mur auquel je suis adossé et d'un pas décidé sans me retourner, je rejoins mon Maître…

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03 sept. 07

Chap.7. Les Confessions.

Lorsque j'ouvre les yeux, il n'est plus là ! Une feuille de papier est coincée sous mon collier de cuir. Je m'empare nonchalamment de la feuille et me met sur le dos pour parcourir confortablement l'élégante écriture." Je t'attends aux amphithéâtres sur la colline de Fourviere, prends le funiculaire, ne mets pas ton collier de cuir, mais surtout n'oublie pas ta croix".

Confessions

 

Décidément il ne fera rien simplement ! Pourquoi n'y sommes nous pas allez ensemble à ces amphithéâtres ? La suite du message m'intrigue. Pas de collier de cuir ? Quant à la croix je pense qu'il fait allusion à ma croix de baptême ! Pour lever ce mystère il ne faut pas le faire attendre. Une douche rapide, je saute dans mon jean. Pas le temps de prendre un breakfast, on verra bien là haut ! Et comme indiqué, traversant le quartier à grandes enjambées, je me précipite à la station de métro de la place Bellecour. A sa sortie consultant le plan que j'avais pris à l'office de tourisme je m'engage d'un pas résolu vers les ruines romaines. Les orages de cette nuit ont lavé le ciel, quelques nuages effilochés traînent encore mais un doux soleil baigne les hauteurs de Fourviere.

Je finis par le repérer, assis tout en haut des gradins de pierre absorbé dans la contemplation d'un groupe de musiciens en train d'accorder leurs instruments ou de faire les balances…Il y a concerts ce soir !
Je m'approche silencieusement et m'assois à côté de lui. Il ne se tourne même pas vers moi et reste absorbé par le spectacle.
- Tu as bien dormi ?
Je sens une pointe d'ironie et de malice dans sa voix. Je sais que je ne devrais plus maintenant et pourtant je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux à l'évocation de cette folle nuit où j'ai perdu toute retenue.
- Oui merci… Votre absence m'a réveillée !
- Bien… Allons-y !
Sur ce il se lève vivement sans me regarder et s'engage vers la sortie des amphithéâtres. En trottant à côté de lui je me risque à une question.
- Où allons-nous Monsieur ?
- Tu as déjà prié j'imagine ? - Dit-il d'une voix enjouée.
La réponse ne me renseigne pas plus que cela et me laisse dans l'expectative. Et comme souvent il répond à une question par une question ce qui a toujours le don de me hérisser au plus au point car je sais qu'il donne ainsi une partie de la réponse.
La basilique de Fourviere brille d'un blanc pur dans le soleil du matin. Mon dieu qu'elle est belle. Elle me fait penser à la Cité Blanche du Seigneur des Anneaux. Elle surplombe Lyon de toute sa majesté et pourtant elle lui tourne le dos. La rejoindre a été facile, elle jouxte les amphithéâtres. Malgré l'heure matinale il y a déjà de nombreux touristes sur le parvis. Nous nous faufilons a travers la foule vers l'entrée principale.
Pénétrer dans la nef d'une église est pour moi un émerveillement renouvelé et ici cela est plus fort encore. Peut-être l'ambiguïté de ma situation ! J'ai remarqué qu'en entrant, Marc a enlevé sa casquette noire. Je souris intérieurement, Mon Maître n'est pas tout à fait immoral, en fin de compte ! Il a quelques principes ou au moins du respect pour le sacré. Il en est que plus humain à mes yeux. Par réflexe. Je m'approche de l'imposant bénitier de marbre, mouille mes doigts et me signe en ployant un genou vers l'hôtel. Ma famille irlandaise est très pieuse, presque dévote pour certain, et je ne déroge pas à la règle, même si je suis plus engagée par coutume que par conviction religieuse. Marc est resté un peu à l'écart et me regarde accomplir ma dévotion. Il reste de glace et me regarde sévèrement comme pour un reproche. Je suis trop loin de lui mais je peux presque percevoir dans le silence feutré le petit claquement de langue désapprobateur. Je fronce les sourcils, je ne comprends pas ! Que se passe-t-il ? Il a trop de respect pour m'interdire une simple génuflexion face à mon … Mais bien sur ! En un éclair je viens de saisir les raisons de son mécontentement. Confuse, je baisse la tête écarte gracieusement les bras du long de mon corps et plie discrètement le genou dans sa direction lui signifiant ainsi que j'ai compris. Lorsque je me redresse un large sourire de compassion éclaire son visage. Il ne m'empêchera pas de sacrifier à un seigneur tant que celui ci règne sur un monde céleste. Mais il ne faut pas que j'oublie à qui j'appartiens sur cette terre et à qui je dois rendre hommage pour mon corps, ma chair.
Nous nous joignons au flot clairsemé des visiteurs qui fait lentement le tour de la basilique. Lorsque nous passons devant un confessionnal, Marc s'arrête et jette un regard circulaire. Il fait la moue et à l'air embarrassé. Trop de monde cela ne correspond pas à ses plans. Il me lance un regard déçu et après un moment de réflexion finit par me prendre par la main et sans un mot m'entraîne dans une des travées de la nef. Il s'assoit sur un banc, je fais de même à côté de lui. Nous restons un long moment silencieux à contempler les magnifiques ornements qui nous surplombent. J'aime cette atmosphère de recueillement et de calme. Les touristes qui tournent autour de nous n'enlèvent rien à cette sérénité.
Il finit par rompre le silence. Et commence à voix basse…
- C'est le dernier jour que nous passons ensemble…
Un froid glacial me parcourt de la tête aux pieds, j'entrouvre la bouche pour protester.
- …Pour ce week-end.
Mon dieu même dans les instants qui se veulent graves, il réussit à jouer avec moi. Je me détends et souris. Mais il est vrai que ce soir je repars vers Paris et cette évocation n'est pas faite pour me réjouir. Il continue.
- Il est peut être temps de faire le point. C'est le lieu idéal pour cela !
Il a dit cela en prenant mes mains entre les siennes.
- Il est temps que tu m'entrouvre ton âme puisque tu m'as ouvert ton corps ! Je veux tout savoir de toi… Tes rêves, tes peurs, tes désirs…Tu as compris ?
Je réalise qu'il va falloir que je parle de mes fantasmes, de mes aversions, de mon plaisir. Mon dieu comme cela m'est facile de le faire à travers ces lignes, confortablement installée dans mes souvenirs. Mais là ! Face à lui ! Les yeux dans les yeux ! Il a remarqué mon trouble et mon émotion. Il répète.
- Tu as compris, Isabelle !
L'énoncé de mon prénom me fait presque sursauter. Il accroît ainsi la solennité de l'instant.
- Oui … Oui, Monsieur, j'ai compris.
Je cherche mes mots, je ne sais pas par ou commencer, Les images de ces derniers mois dansent devant mes yeux. J'ai l'impression d'avoir la tête pleine de coton. Après un long moment Il vient à mon secours.
- Commençons par le commencement… Comment as-tu perdu ta virginité ?
Cette simple évocation me fait rougir violemment. Je prends une profonde inspiration et à voix basse comme pour moi-même, je commence mon histoire…
Je lui confie ce que j'ai de plus secret, Je me raconte. Je lui raconte ce jeune homme de 23 ans qui a fait l'amour à mes quinze ans. Le peu de plaisir que j'en ai ressenti. Je l'ai fait parce qu'il fallait le faire, je crois. Curiosité, fantasme, mise en danger, déjà ! Ne pas paraître gourde devant les copines. Autant de prétextes fallacieux. Il veut entendre tous les détails. La soirée, alors que mes parents étaient absents et ma sœur chez son ami. Mon cœur qui battait fort parce que je savais déjà ce que j'allais faire. Ses mains, sa bouche, qui m'ont cherché devant la télé et mes faibles protestations lorsqu'il a baissé ma culotte de coton blanc, lorsqu'il a écarté mes cuisses. Il ne s'est même pas donné la peine de me déshabiller et de faire de même. Il m'a prise sur le divan de cuir devant la télévision encore allumée. Je n'ai pas eu mal, je n'ai pas ressenti de plaisir non plus. Je ne suis pas fière de cet épisode de ma vie, je l'aurais voulu plus solennelle, plus romantique. C'était d'une banalité affligeante, comparé à ce que je vis maintenant. Une première épine !
- Tu as eu d'autres amants ?
- Oui deux autres histoires, toutes aussi banales. Très vite j'ai su qu'il me fallait autre chose mais je ne savais quoi. En fait, je pense que je l'avais au fond de moi caché, tapis dans l'ombre…refoulé. La visite de votre atelier a été l'élément déclencheur. Ce n'est pas facile avec ma timidité naturelle d'expliquer çà à des garçons qui ne pense qu'à vous ajouter à leur tableau de chasse ou vous marier. Difficile d'expliquer que je voulais une vie autre que celle de faire valoir ou de potiche au foyer… Vous me voyez dire çà ? Moi, l'Isabelle rougissante pour un rien ! Timide à se briser ! Expliquer mes rêves ou le romantisme se mélange à la perversité absolue !
Je reprends mon souffle je m'aperçois que mon ton est monté, je suis en colère. En colère contre moi-même pour n'être que ce que je suis. Il va vite faire retomber la tension et recentrer notre conversation.
- Et tu as joui avec eux ?
Voilà qui me ramène à la réalité !
- Non, non pas vraiment, j'ai aimé le faire mais sans plus.
- Pas d'orgasme ?
- Non !
- Quand as-tu eu ton premier orgasme ?
Je relève la tête pour le regarder. Jusqu'où veut-il aller ? Où me mène -t il ? Mes mains se crispent sur les siennes. Il le sait, il le sait parfaitement ! .Mais il veut l'entendre de ma bouche... Fanfaronnade de mâle content de son exploit et qui veut se l'entendre dire ? Non ! … Je ne crois pas… Pas lui ! Il n'a rien a prouver ! Il cherche autre chose ! Je lance un regard autour de moi. Les visiteurs déambulent autour de nous. Je ne pense pas qu'ils puissent nous entendre Au plus doivent-ils être étonnés de ce couple qui discute à voix basse en ce lieu et ils se détournent, laissent un vide autour de nous, respectant ainsi notre intimité.
- C'est… C'est lorsque... Vous m'avez…
Je lance ma tête en arrière rejetant mes cheveux sur les épaules et souffle par les narines, marquant mon embarras. Il est des mots que j'ai du mal à prononcer!
- Lorsque vous m'avez… Sodomisé…
J'ai prononcé le mot dans un soupir inaudible. Et pourtant j'ai l'impression qu'il résonne comme un coup de tonnerre à travers tout l'édifice et que les tous les regards se tournent vers moi. Je baisse la tête de honte
- Je n'ai pas bien compris… Peux-tu parler un peu plus fort !
Il le fait exprès ! Bien sur qu'il a compris ! J'avale ma salive et répète un peu plus assurée
- C'est lorsque vous m'avez sodomisé… Chez Kristale !
Il me semble que l'écho porte ma voix aux oreilles du monde entier. Je baisse un peu plus la tête de confusion.
- Tu as été surprise ?
-  Oui… Vous m'avez fait trés mal, mais je ne savais pas que l'on pouvait jouir aussi fortement comme cela. J'ai... j'ai…j'aime çà !
Je suis au comble de la honte d'avoir à révéler ainsi de vive voix ce plaisir contre nature. Il me laisse un long moment de répit avant de reprendre le cruel interrogatoire.
- Quel est le plus difficile dans ce que t'impose ton Maître ?
En parlant de lui à la troisième personne il vient subtilement de se mettre à la place d'un confesseur. Je me retrouve en terrain connu... La suite va être plus facile. Je suis dans son jeu et décide de lui parler comme à mon propre confesseur.
- Je… J'aime moins quand il prend ma bouche. En fait ce n'est pas qu'il prenne ma bouche... C'est plutôt qu'il jouisse en moi de cette façon… C'est difficile à expliquer… Je trouve cela très dégradant. C'est pour cela que je l'avais refusé à mes précédents amants.
- Et pourtant tu t'y soumets, j'imagine qu'il ne pourrait pas te l'imposer sans ton consentement … Et donc... Tu dois y trouver un certain plaisir !
- Oui… Oui, je lui obéirais quoiqu'il demande, çà je le sais… Je le veux ! En fait, je dois avouer que si l'acte est dégradant, une part de moi adore l'instant de soumission intense qu'il induit. C'est purement… cérébral ! J'aime me voir résignée à pratiquer cette caresse et accepter ce qui m'attend à son terme.
- Sais-tu ou cela peut te mener en consentant à une telle humiliation ?
- Pas vraiment ! Je me doute et je commence à l'entrevoir. Je ne pensais pas que cela puisse être aussi difficile. Il est vrai qu'au début c'était de la curiosité, un jeu un peu pervers, de la bravade aussi. Un moyen de vaincre ma timidité, mon manque de confiance en moi… Je pensais même, qu'il allait me rejeter que je ne serais pas assez bien pour lui. Pourtant aujourd'hui je suis là, et j'adore cette expérience.
Je relève la tête à la recherche de son regard. Mais ses yeux sont perdus dans le vague. Il a lui aussi baissé la tête dans une attitude d'écoute intense. Il se tourne vers moi en se plaçant à califourchon sur le banc de bois, resserrant ainsi l'espace autour de nous. J'achève de fermer cet espace en m'asseyant en tailleur et en pivotant face à lui. Me voici sans le vouloir l'entrejambe largement écarté face à lui. Je sais que son regard doit glisser sur mes cuisses et mon bas-ventre parfaitement moulé par mon jean. Pas réellement une attitude décente en ces lieux Mais plus rien n'existe autour de nous. L'atmosphère est des plus surréaliste et pourtant apaisante.
Il continu.
- Penses-tu qu'il éprouve le même plaisir à te soumettre ?
- J'espère que je lui apporte ce plaisir, et pourtant je sais que parfois c'est difficile pour lui aussi. C'est bizarre n'est ce pas ?.
Cette fois c'est moi qui réponds par une question. Je lui lance un regard malicieux, complice. Il ne relève pas.
- Comme ?
- Comme chez Kristale, lorsqu'il est venu me délivrer dans la cave…Ou, ou bien hier également, après m'avoir livrée à un inconnu !
Il ne répond pas. Un silence s'installe. J'ai le cœur qui bat à tout rompre. Du fond de moi une question, un sentiment, qui ne demande qu'a sortir et pourtant j'hésite…
- Je… Je… Je crois… Je crois qu'il tient à moi !
Mon cœur bat la chamade mais je ne l'écoute pas. Et dans un souffle.
- Je crois… Qu'il m'aime !
Le mot est lâché aussitôt après je voudrais ne l'avoir jamais prononcé. Je me sens stupide. Mes épaules s'effondrent, je me recroqueville sur moi-même...
Ses mains lâchent les miennes. Les abandonnent.
Tu es bien présomptueuse pour croire qu'il t'aime ! Tu oublie ton état de soumise. Apres tout, tu n'es qu'un objet entre ses mains. Et tu as choisi cet état !
Voilà qui a le don de me ramener sur terre. Il joue un jeu dangereux, il pourrait me perdre avec une telle déclaration. Mais je suis persuadée qu'il s'agit d'une épreuve. Non ! En fait, sans lui, c'est moi qui me perdrais. La tension est si forte que je ne peux m'empêcher de lâcher une larme qui roule sur ma joue, tombe comme je suis en train de tomber et s'écrase sur le banc de bois avec un bruit mat.
Je ne sais plus ou j'en suis. Ma tête bourdonne, je n'arrive plus à réfléchir. Suis-je encore dans cette partie étrange commencée avec lui ? Ou s'arrête ce jeu ? Où commence ma vie ? Mes émotions ? Est-ce que je dois faire le trie entre mes sentiments et nos ébats ? Pourtant cela me semble étrangement entremêlé ? Parce qu'en fait, je cherche aussi un peu d'amour à travers lui. J'ai commencé à admirer son œuvre, égoïstement, en me voyant à la place de ces femmes offertes sous ses pinceaux. Une pulsion érotique intense. Et peu à peu c'est lui qui commence à occuper mon esprit. D'avoir aimé la création, je commence à adorer le créateur.
Je respire profondément et lâche un soupir.
- Je sais... j'ai choisi et je sais qu'a chaque instant je peux y renoncer. Mais j'ai peine à imaginer le vide qui se produirait si cela devait finir.
Je tente une échappatoire pour ne plus penser à tout cela, me rassurer.
- Et puis, je crois que le plus difficile est passé, il suffisait de commencer et de suivre mon désir.
J'ai dit çà en souriant, presque d'un ton badin, enjoué, qui trahit ma tentative de fuite. Il pose sa main sur ma joue et essuie la trace de larme de son pouce pour me montrer qu'il n'est pas dupe.
- Tu crois vraiment que tu as vécu le plus difficile du dressage ?
Devant mes yeux défilent les scènes endurées sous sa férule. L'humiliation entre les mains de Kristale. La douleur de la cravache sur mes reins au sommet des Causses. La terreur et la honte absolue face aux deux hommes dans la cave de Kristale. La première profanation de ma bouche. Le désespoir d'être livrée à un inconnu, de n'être qu'un objet. Je m'étonne même de ma résistance. Oui je pense avoir subit au moins l'essentiel de mon épreuve.
Il continu comme s'il avait deviné mes pensés.
- Tu te trompes… Cela n'est qu'un début, des préliminaires indispensables pour que tu puisses supporter la suite. Mais je dois avouer que tu m'impressionne. Bien d'autres auraient renoncer au dixième de ce que je t'ai fait subir. Cela me conforte dans le fait que cela est plus pour toi qu'un simple fantasme. Tu es en train de passer de l'autre coté Isabelle. Et je suis le passeur que tu as choisi. J'ai donc aussi des responsabilités et des devoirs envers toi… Ne me fais pas les regretter.
D'un revers de la main je sèche un début de larme, me redresse et souris. Une vague de fierté me parcourt.
- Non, Monsieur… Jamais Monsieur. Faites de moi ce qu'il vous plaira. Guidez moi… S'il vous plaît !
Un sourire attendrissant éclaire son visage, en écho au mien.
- Il en sera ainsi… Amen !
Il tape doucement sur mes genoux et se lève marquant ainsi la fin de l'entretien.
Je déplie mes jambes engourdies et me relève à mon tour. J'ai encore la tête embrumée et vibrante de ce qui vient d'être dit. J'ai le sentiment confus que tout aurait pu s'arrêter ici. Je me sens comme une étudiante après un examen trop difficile pour elle mais ou elle s'est surpassée.
Le soleil nous accueille à la sortie de l'édifice. Je m'arrête un instant, lève la tête et offre mon visage à la chaleur. Une renaissance après le froid du tombeau ! Mais déjà sans m'attendre, comme à son habitude, il s'éloigne. En trottinant derrière lui, je rejoins Mon Maître… Mon Guide… Mon Seigneur.

 

 

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14 août 07

Chap.6. Amazone.

Comme elle chaude et agréable cette eau qui coule sur ma peau ! Sensuelle et salvatrice. Elle éloigne de moi les caresses indésirables. J'y resterais des heures, emportée par mes pensés. Je ressens en flash-back agressifs les attouchements négligés de mon offenseur. Je repousse ces évocations douloureuses en fermant les yeux et savoure les ruissellements de l'eau brûlante sur mon corps. Comme sous l'action d'un choc électrique, je sursaute ! Une panique me saisie, mon cauchemar va-t-il recommencer ?
Deux mains se posent sur mes hanches. Il vient de me rejoindre dans la vapeur de la douche. Toute à ma méditation je ne l'ai pas entendu s'approcher et se glisser à mes cotés. Rassurée, je referme les yeux et me colle contre lui. Nos mains esquissent un ballet langoureux. Il susurre à mes oreilles des mots qui me calme. Il coupe l'eau, le ruissellement cesse, s'empare du savon et entreprend de m'enduire méticuleusement le corps d'une liqueur onctueuse et parfumée. Ses mains m'effleurent et glissent sur mon corps savonné. Aucune des parties ne lui échappe. Je découvre la sensualité des glissements imperceptibles, les pressions d'un masseur divin aux mains évanescentes. Le film huileux qui enduit ma peau transforme chaque caresse en frôlement intimes insoutenables qui finissent par faire monter en moi un désir provocant. Je me colle passionnément contre lui. Je le veux en moi ! De façon impérieuse ! Je perds toute réserve et mes mains glissent entre ses jambes m'emparant de sa verge tendue. L'enserrant fermement entre mes doigts je polis la colonne de chair délicatement et, sous l'effet de l'empressement un peu maladroitement. Contenir sa puissance entre mes mains n'est pas fait pour me calmer. Je me hisse sur la pointe des pieds et écarte les jambes le dirigeant impatiemment vers ma rose entrouverte. Il ne répond pas à mon désir. Il ne fait qu'effleurer la porte entrebâillée, mais n'en franchit pas le seuil. Il joue avec moi, avec mon désir. Il se penche sur mon épaule et me murmure à l'oreille.
- Tourne-toi !
Je réalise que c'est lui qui doit mener la danse, et pas moi ! Lentement langoureusement je me tourne et colle mon dos contre son ventre emprisonnant sa verge entre nous deux. Je m'amuse de le sentir ainsi dressé au bas de mon dos.
- Penche-toi en avant !
Sa voix se fait plus forte, plus directive.
La pression de ses mains glisse de mes épaules sur le bas de mon dos, gagnent mes fesses offertes. Poussant plus avant leurs caresses savonnées, elles écartent et explore le doux sillon. Je suis tellement bien et détendue que je ne sens pas tout de suite le pouce qui force mes reins. Une simple pression qui distend l'étroit passage et me pénètre discrètement. Je réalise qu'il a choisi de jouir d'un autre passage que ceux qui viennent d'être utilisé par l'inconnu. Il affirme ainsi son choix et sa domination. Je me crispe et me cabre un peu pour marquer ma désapprobation, mais très vite sous la tendre caresse, je me détends de nouveau me souvenant de ma première expérience si douloureuse et si plaisante à la fois!
J'enfouis ma tête dans mes bras, me cale fermement dans l'angle de la douche et me prends les lèvres entre les dents. Sans qu'il me le demande j'écarte un peu les jambes et cambre les reins montrant ainsi que j'accepte et me prépare à l'assaut qui va suivre. Il ne se fait pas attendre ! Bien que mieux préparée et aidée par le voile huileux sa pénétration n'en est pas moins redoutable. Il m'arrache un premier cri étouffé en s'engageant et en forçant le passage. Ce n'est pas mes plaintes qui vont faire cesser la charge. Loin de là ! Un deuxième, suivit d'un troisième coup de boutoir achèvent de faire tomber mes défenses et il s'enfonce profondément dans mes entrailles. Une douleur fulgurante qui vite s'estompe marque sa victoire. Mes cris se transforment en un hurlement que j'essaye d'étouffer en écrasant mon visage et ma bouche contre le carrelage froid et humide de la douche. J'espère que l'hôtel est bien insonorisé ! Mais sur le moment je n'en ai cure. Je redécouvre une seconde fois que la douleur peut être maîtresse du plaisir. Pendant de longues minutes et sous les assauts répétés c'est le plaisir qui va peu à peu remplacer la souffrance transformant mes cris de détresse en profonds vagissements de jouissance. La charge est maintenant si violente qu'elle me décolle parfois du sol et me plaque contre les parois de faience. Comme un pantin désarticulé je cherche dans des gesticulations désordonnées un appui pour me raccrocher ! Je ne suis bientôt plus que qu'une boule de plaisir intense abolie de toute raison et de tout équilibre. Mes mains étreignent tour à tour mon visage, pour étouffer mes cris, mes hanches, pour parer et tenter d'amortir les coups de béliers, s'agrippent nerveusement au mitigeur, se pendent à la pomme de douche. Mais tout est enduit de savon tout glisse et m'échappe. je ne suis plus maîtresse de ce corps onctueux empalé sur une colonne de béatitude…

Je suis restée longtemps sous la douche à me remettre et à redescendre sur terre. Il s'est éclipsé comme il était venu, discrètement, un simple visiteur qui a laissé le feu à mon ventre et mes reins. Je me sens légère, ragaillardie, et pourtant il est tard et ma journée a été des plus éprouvante. Je me sèche nonchalamment et gagne la chambre. Une seule des deux lampes de chevets est allumée. Il règne une douce ambiance chaleureuse alors que dehors l'orage n'en finit pas de tonner à notre fenêtre.
Il est là, allongé paresseusement sur le lit, nu. Les deux mains sous la nuque la jambe repliée sous un genou, les yeux clos… le repos du guerrier. Je suis sure qu'il ne dort pas. Je jette négligemment le drap de bain sur le sol et m'approche du Seigneur au repos. Une silhouette massive large d'épaule, protectrice. Le corps d'un homme dans sa maturité. Une musculature que l'on devine puissante mais pas arrogante, utile, moelleuse, ou de nombreuses têtes ont dû s'appuyer pour y chercher le réconfort. Une peau légèrement halée paré d'une pilosité dorée qui brille doucement sous le discret éclairage. Un ventre tendu presque creux ou l'on a envie de passer la main. Sa poitrine se soulève dans un rythme régulier, serein. Je me sens tout à coup faible et désemparée. Si jeune, si inexpérimentée. Une envie animale de chercher protection de me pelotonner contre ce corps ou les cicatrices de la vie ont laissées des marques attendrissantes.
Un pas de plus et je suis prêt de lui. Je m'assois sur le lit. Mon regard ne peut s'empêcher de se poser sur l'instrument de mes tourments. Lui aussi est au repos niché dans son nid de paille d'or, la tête appuyée sur la cuisse, inoffensif… Désarmant. Comme hypnotisée, je ne peux m'empêcher de poser la main sur lui. Timidement de deux doigts je le caresse doucement. Comme une gamine prise en faute, je lui jette un coup d'œil par en dessous Il n'a pas bougé, Il n'a pas ouvert les yeux et pourtant je sais qu'il m'observe à travers ses paupières à demi closes. Je m'enhardis et force la caresse. Un frémissement léger. Je soulève le gland vers moi et le contemple en souriant intérieurement. Comment cette chose si fragile peut faire autant de mal et donner autant de plaisir ? Dans une impulsion irraisonnée de tendresse je plonge le visage vers lui et dans un tendre baiser le ceinture de mes lèvres.
Il n'en faut pas plus pour réveiller le doux tourmenteur. Entre mes doigts il se déplie et se tend. Dans ma bouche il enfle doucement mais sûrement, envahissant bientôt tout l'espace qui lui est offert. Je parfais mes caresses avec ma langue et l'embouche prestement avant qu'il atteigne toute sa démesure. La sensation unique de sentir ma bouche ainsi envahie me trouble profondément. Contre ma langue et au fond de mon palais je suis témoin intime de la résurrection de mon Maître en moi. J'en tire une immense fierté. Je veux qu'il me voie. Je veux qu'il contemple à qu'elle point je peux être entreprenante. Je sais maintenant qu'il peut jouer le bel indifférent, il se trahit dans ma bouche même. D'un geste je rabats sur le coté mes cheveux qui s'étalaient sur son ventre découvrant à ses yeux, comme un rideau qui se lève, la scène que je joue pour lui.
Il est maintenant tendu comme un arc. Je suis ravie que cela soit entièrement de ma faute. Mon ventre s'est enflammé et ma nuque se raidit sous l'effort. Je n'y tiens plus. Je le veux en moi de nouveau. J'enduis de salive le fier gland lisse comme le marbre en prévision de mon assaut. Le tenant toujours d'une main je saute sur le lit et me mets à califourchon sur lui. Je le regarde. Il n'a pas bougé. Il reste les mains derrière la nuque, les yeux mi-clos. Puissant Seigneur attendant ma révérence charnelle. Je glisse sa verge entre mes jambes a la rencontre de ma vulve déjà entrouverte et humide d'excitation et l'insinue facilement en moi. Je m'agenouille un peu plus et le voici entamant sa progression dans le passage trempé de mon intimité. Une fois introduit, je le relâche et, les deux mains dans le dos, levant la tête au plafond, cambrant les reins, lentement… très lentement je m'empale sur le pieu lisse goûtant chaque centimètre de sa progression entre mes cuisses. Je fais durer le plus longtemps possible le doux empalement et finis par l'engloutir totalement. Nos ventres se rejoignent, mes cuisses largement écartelées sur lui, comblée, Je ne retiens pas un profond soupir de contentement. Il est en moi ! Je sens son pieu planté au plus intime de mon corps. Une contraction irrépressible de mon ventre et je le moule aussi sûrement que le doigtier d'un gant de cuir fin. Je peux deviner chaque pulsation, chaque tension de son sexe contre les parois de mon vagin. Un courant électrique crépite le long de mon dos et ma vulve se rétracte dans un reflex, le serre comme pour ne plus le laisser repartir. Je reste un long moment à goûter l'instant. Mais il m'en faut plus! Je me soulève un peu et retombe lordement m'empalant plus profondément encore. Une fois, deux fois… J'amorce le mouvement autour du piston. Il réagit enfin ! Dégageant ses mains de sous la nuque il les pose sur mes cuisses m'encourageant à continuer ma chevauchée. Il a ouvert les yeux et je sais quel spectacle impudique je lui offre. Jeune dévergondée, les reins cambrés, la poitrine dressée, les jambes largement écartées, fièrement empalée sur son sexe. Seules mes mains que j'ai ramenées dans le dos et la tête que j'ai abaissée, atteste de sa domination et de ma soumission.
Encouragée par son attention je commence une longue cavalcade. Un trot saccadé le long du piston huilé de ma liqueur de Cyprine. Je ne veux plus me contenir. Le trot devient galop. A chaque pénétration je ne peux retenir de petits cris de chatte énamourée Une chaleur intense gagne mon ventre, mes suisses se tendent et mes muscles me font mal. Qu'importe ! Le plaisir monte et je vais à sa rencontre en une cavalcade échevelée... Un arc électrique me fauche en pleine course. Mon ventre et ma nuque se tétanisent, un voile lumineux passe devant mes yeux révulsés. Tout mon corps se crispe et se paralyse. La bouche grande ouverte sur un cri silencieux je m'abats au ralenti sur sa poitrine… Je tente de reprendre mon souffle en des halètements ponctués de petits vagissements indécents de plaisir consommé.
Il ne m'a pas rejoins dans ce plaisir. Ses mains se posent sur mon dos trempé de sueur, descendent le long de ma colonne vertébrale, déverrouillent mes mains qui s'abattent sans force sur le lit, le long de son corps et gagnent mes fesses, les écartent doucement. Ses doigts glissent à la rencontre des lèvres de ma vulve encore empalée qu'ils lissent doucement. C'est à ce moment qu'il décide de me récompenser et m'honorer d'un liquide brûlant qui inonde mon ventre. Béate, j'accueille son offrande d'un soupir d'acquiescement lui signalant ainsi mon contentement.

Je tourne la tête collant ma joue sur son épaule et à travers un voile de larmes et de sueur je distingue, luisant faiblement sur la table de chevet, mon collier de cuir et la chaîne d'or qui porte ma croix de baptême. Ce soir je n'ai choisi que la soumission au plaisir et il a accepté. Je lui ai démontré ma capacité à devancer son plaisir et ses désirs. Dans un état de ravissement intense je ferme les yeux et m'endors, sereine amazone, sur la poitrine de mon Maître.

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23 juil. 07

Chap.5. L'offrande.

La pluie tombe par intermittence Evidemment je n'avais pas prévu de vêtement de pluie pour ce week-end. C'est trempée que je m'engouffre dans le bar mais je suis à l'heure c'est déjà çà ! Je mets un moment à le repérer. Il est assis au fond de la salle devant un verre de liqueur incolore. Il me sourit. Je vais pour m'asseoir en face de lui mais il se décale sur la banquette et indique de la main la place qu'il vient de libérer. Je m'installe à côté de lui. D'une main il me prend par les épaules et de l'autre signe un serveur.
- Tu veux boire quelque chose ?
- Un Monaco ! ?
Il me regarde fait une moue, ses sourcils se soulèvent.
- Non… Quelque chose d'un peu plus fort.
Le serveur se place devant nous et sans me demander mon avis il lui lance.
- Un Caipiroska !
Le serveur s'éloigne.
Il appuie un peu plus fort sur mon épaule les caressant rudement.
- Tu va en avoir besoin !
Et voilà comment il réussit à provoquer chez moi un sentiment de panique irraisonné. Son regard est grave et son sourire un peu contraint, comme s'il me demandait mon approbation. Sans un mot, comme à son habitude il dépose un baiser sur mon front. Mais cette fois celui ci il se prolonge et descend le long de mon nez et cherche ma bouche. Sa langue s'insinue entre mes lèvres. Je réponds avec délectation. Le temps s'arrête mais une sensation de menace me saisi. Que ce passe-t-il ? Jamais il n'avait manifesté une telle tendresse ! Lorsque je redescends sur terre le serveur est planté devant nous, il attend de poser la boisson sur la table. Embarrassée, je me redresse et lance un "merci" timide. Il me jette une œillade rigolarde ! Je baisse la tête et observe par en dessous les autres clients. Des regards sont tournés vers moi. Et brusquement je comprends ou je crois comprendre leurs interrogations. "Elle est si jeune"… "Il pourrait être son père"…"c'est dégouttant"… Leurs voix résonnent dans ma tête. Comment un simple baiser peu déclencher autant d'intérêt chez eux ? Et encore, s'ils savaient ? Nous vivons vraiment dans un autre monde maintenant! Cette pensée me rassérène. Une fois le serveur parti. C'est moi qui cherche sa bouche, ostensiblement. Je leur montre que c'est moi qui ai choisi !
Il accepte mon baiser avec un plaisir évident, il se fiche des regards. Peut-être même les recherche-t-il ? Apres une longue minute il me repousse délicatement.
- Termine ton verre…Nous allons être en retard.
En retard ?
J'avale d'un trait la boisson citronnée qui laisse dans ma gorge une traînée de feu. La vodka irradie une chaleur qui gagne tout mon corps et me prépare à affronter la pluie.
Enlacés nous traversons la Saône sous la pluie et gagnons mon hôtel. Je suis trempée, sa veste et son sac de cuir m'ont un peu protégée, mais en fait nous avons partagé la pluie plus que l'abri. Nous franchissons le hall en trombe. Il était temps, les premiers grondements d'orage résonnent au-dessus de la ville et la pluie redouble. Nous gagnons ma chambre sans nous arrêter. Une fois la porte fermée, nous nous ébrouons en riant. Je me sèche les cheveux et les peigne longuement. Je sais qu'il va se passer quelque chose mon ventre irradie une douce chaleur une attente que je trompe en prenant soin de moi. Mais il semble pressé. Il désigne rapidement le lit du doigt.
- Déshabille-toi et monte sur le lit.
Il se penche sur son sac de cuir, l'ouvre et en sort des écheveaux de corde de chanvre. Ces cordes je les connais déjà. Sans fioritures ni effet langoureux je me déshabille et monte sur le lit. Je prends la position de soumission adéquate. Je n'ai plus qu'a attendre. Méticuleusement, il démêle et dispose les liens à côté de moi. Une odeur de foin coupé me parvient, l'odeur caractéristique du chanvre, cela me ramène à mes souvenirs. Mes premiers encordages dans l'atelier, mes premiers émois de captives, mon plaisir à être immobilisée. Je sens mon ventre se mouiller à cette seule évocation.
Sans un mot il me ramène les mains sur la poitrine et me met en position de suppliante. Il lie mes poignets et me ceinture le torse avec la corde comprimant mes seins. Avec sa dextérité il ne lui faut pas longtemps pour immobiliser le haut de mon corps. Il passe à mes jambes. Les chevilles sont vite liées au haut de mes cuisses. Tout mouvement m'est maintenant impossible. , Dans un même geste, il m'ôte délicatement mon collier de servitude ainsi que la petite chaîne d'or qui porte ma croix de baptême. Je ne comprends pas ce que cela veux dire. Cela a certainement une signification, il ne fait jamais rien qui n'aie un sens… Je murmure tristement à voix basse comme pour moi-même sans attendre de réponse.
- Pourquoi ?
Effectivement, il ne répond pas. La réponse doit être en moi !
Son œuvre achevée Il se donne le temps de prendre quelques photos puis il pose ses mains sur mes genoux et s'éclaircit la voix.
- Il est des étapes difficiles à franchir….
Je perçois le trouble de sa voix !
- Celle-ci en est une…Autant pour toi que pour moi !
Dehors le grondement de l'orage s'accentue. Décidément il sera dit que mes étapes délicates seront marquées par le courroux des cieux.
- Je vais te…
C'est à ce moment précis que son portable se met à sonner. Il s'interrompt et porte le téléphone à son oreille.
Oui… Tu es où ? …Troc Bar… OK… Tu m'attends j'arrive. !
Il raccroche rapidement. Cherche sa respiration et continu.
…Je vais te laisser… Un homme va venir… Tu devras lui obéir comme tu m'obéis.
Il a dit ça posément, sans attendre d'assentiment de ma part. Et de toutes les les façons, que puis-je faire ? Je suis dans l'impossibilité de bouger! Dans l'impossibilité même de contester ! Au fond de moi je me refuse à écouter ce qu'il me dit. Et pourtant je comprends immédiatement ce que cela signifie. Il va me donner à un autre! Comment peut-il me faire çà ? . Une onde froide cours sur la surface de ma peau, j'ai l'impression que les liens de chanvre se resserrent et s'incrustent dans mes chairs. Et moi qui me réjouissais d'une soirée en amoureux !
Il se relève et s'empare d'un bandeau de velours noir qui accompagne les cordes. Je lui lance un regard suppliant. Le rideau sombre s'approche de mon visage. La nuit tombe sur mes yeux. Le nœud du bandeau se serre fermement derrière ma tête. Me voici aveuglée. Peut-être cette épreuve sera-t-elle plus douce si je peux me réfugier dans la nuit !
Il me dépose un baiser appuyé sur le front, me caresse doucement les hanches, ses doigts courent le long du pli de l'aine. Il s'assure que mes cuisses sont au maximum de leur écartement. Délicatement, il passe une main entre mes jambes. Je fonds littéralement lorsqu'il vient recueillir en surface de ma fleur la délicate rosée de mon corps. Une boule d'angoisse qui grossit dans ma gorge, une envie de pleurer, de hurler pour qu'il ne m'abandonne pas. Mais est-ce que cela aura un effet sur lui ? Et la phrase qui résonne à mon oreille qui marque le début de la séance, un rituelle maintenant.
- Fais que je sois fier de toi !
Je l'entends se redresser, quitter le lit. De nouveau le bruit caractéristique de l'appareil photo. Ses pas sur le sol. La porte qui claque et se referme à clef. Le silence qui tombe dans la chambre. Les battements mon cœur résonnent furieusement à mes oreilles. Dehors les grondements de l'orage se rapprochent.

Le temps semble s'étirer sans fin. L'attente est insupportable mon esprit s'engourdit et ma position n'est pas des plus confortable. Je n'ai pas réussi à calmer mon angoisse et les battements de mon cœur. Je sais que quelqu'un est en train de venir vers moi, pour moi, pour mon corps. Et il va falloir que je m'offre que je m'ouvre nue devant un inconnu. Des scénarii fous se déroulent dans ma tête. Et si je tentais de m'échapper? Apres tout je ne suis pas obligée de rester dans cette position humiliante. Il me serait facile de rouler sur le coté. Pour ne pas me blesser les liens ne sont pas serrés excessivement ! Il me serait tout aussi facile de m'en défaire ! Du moins je le crois. Qu'est-ce qui fait que je reste là passive, anesthésiée comme le serait une victime hallucinée d'un sacrifice rituelle ?
Un bruit de clé dans la serrure me tire brutalement de mes réflexions. Je sursaute, ce petit bruit discret me semble résonner dans tout l'hôtel. Mon cœur s'emballe. La porte s'ouvre, je devine une personne qui se glisse dans la chambre. Je voudrais que la terre s'ouvre sous moi. Il ne referme pas immédiatement la porte. D'où il est, il a tous loisirs de me contempler. Je sens comme une caresse physique son regard sur moi. Je frissonne. La porte finit par se refermer. Les pas se rapprochent du lit. Je tends l'oreille, espère une parole pour au moins mettre un début d'image sur l'inconnu. Les pas tournent autour ne moi. Il doit commencer par se repaître de la vision que je lui offre. Nue, ligotée, les cuisses largement écartées je sais que dans cette posture je suis, pour un homme, un fantasme vivant à portée de sa main. Cette idée me trouble un peu, une chaleur sourde commence à irradier mon ventre. Je cherche à combattre ce début de plaisir. Je ne veux pas ! Je ne veux pas me laisser aller à la jouissance. Pas avec cet inconnu. Je serais l'objet passif qu'il est venu chercher. Rien de plus. Je ne peux retenir un petit cri de surprise lorsque sa main se pose sur ma cuisse. Elle est froide. Une deuxième main s'empare de l'autre cuisse et ensemble commencent à me caresser. Je prends une profonde inspiration pour essayer de me calmer. Fuir en esprit ces ignobles caresses autant que possible. A-t-il pris cette inspiration pour un soupir de contentement ? Toujours est-il que ses mains commencent une sarabande effrénée sur ma peau. Des caresses désordonnées aléatoires, inexpérimentées. Il explore, tourne autour de mon ventre comme s'il n'osait aller plus loin, ses mains froides s'insinuent sous mes bras attachés à la rencontre de mes seins qu'il malaxe sans douceur. Il ne caresse pas... Il tripote. Cette maladresse ne fait qu'augmenter ma répulsion. Mais après tout à ses yeux je ne suis qu'objet, et on ne caresse pas un objet pour lui donner du plaisir, mais pour en prendre ! Sa main se décide à gagner mon entrejambe. Je me redresse pour échapper à l'étreinte. Peine perdue, bien sûr, les liens de chanvre sont bien pensés. Un doigt s'enfonce en moi. Je bredouille une vague protestation. Il s'enfonce un peu plus. Je ne peux réfréner ma nature, mon ventre se mouille sans vergogne augmentant ma honte de montrer ainsi mon plaisir. Longuement il fouille mon intimité jusqu'à me tirer de petites plaintes étouffées. Il se retire enfin. Je me détends. Je l'entends distinctement enlever une veste ou un manteau qu'il laisse choir sur le sol. Des frottements, on fouille dans des affaires. Je ne comprends pas bien les bruits, je n'arrive pas à les analyser et maintenant les roulements de l'orage couvre les sons.
Ses mains reviennent à moi, plus fébriles encore. Elles se posent sur mon visage lisse le bandeau sur mes yeux, descendent sur ma bouche qu'elles entrouvrent d'un doigt. Puis prestement comme s'il ne pouvait attendre. Il me prend par les cheveux et sans douceur me penche vers l'avant. Un objet chaud et lisse se plaque sur ma bouche. Je comprends immédiatement à quelle ignominie il veut me contraindre. Je regimbe et détourne la tète. Je ne veux pas ! Je tente de me redresser mais sa main se fait plus ferme contrant ainsi ma pauvre tentative de dérobade. La lutte est inégale. De plus j'ai promis à mon Maître de faire ce qu'il désire. Tout ce qu'il désire ! Mon dieu comme cela est cruel ! Une bouffée de tristesse m'envahit, je ne peux retenir des larmes de détresse qui viennent mouiller le bandeau de velours. Comme s'il avait compris mon désarroi sa prise devient plus douce, mais cela ne l'empêche pas de ramener mon visage face à lui d'une main ferme. Sous mon bandeau je laisse couler mes pleurs, mais résignée, comme sous l'effet d'un ordre direct de mon Maître, je finis par ouvrir la bouche. Il s'engouffre immédiatement entre mes lèvres.
Un parfum à l'arrière goût chimique se répand dans ma bouche. Une fine texture souple me signale que l'inconnu s'est paré d'un préservatif. C'est étonnant comme cette simple barrière de caoutchouc met une distance entre moi et mon assaillant. Mon Maître aime à savoir que je goûte la saveur de son corps, la caresse est alors des plus intime. Rien de cela ici, j'ai vraiment l'impression de n'être qu'un objet de jouissance sans âme, un "sex-toy" ! Et effectivement il utilise ma bouche comme un "sex-toy", sans douceur sans sentiment, s'enfonçant brutalement et commençant un va-et-vient saccadé et violent qui finisse par m'arracher des plaintes étouffées. Mes gémissements semblent augmenter son plaisir et le piston de chair accélère sa course frénétique. Pour tenter de calmer son excitation je retiens mes cris. Ce sont mes yeux inondés de larmes qui servent d'exutoire à sa violence. Le manque de douceur ainsi que l'inexpérience que je ressens chez cet inconnu me font brusquement penser à l'ami de Marc. Le garçon attablé à ses côtés au fond de la brasserie de la place des Terreaux. Pendant qu'il s'active entre mes lèvres, je revois dans un brouillard leurs sourires et coups d'œil complices lancés vers moi lorsqu'ils se sont séparés. Enfin je mets un visage sur mon agresseur ! Je me trompe peut être mais cela me rassérène. J'avais besoin de mettre une image sur cet homme et mes réflexions intérieures m'éloignent un peu de l'assaut violent dont je suis victime. L'effraction buccale cesse brutalement. Il sort de ma bouche ce qui me permet de prendre mon souffle bruyamment et de tousser afin de soulager l'irritation de ma gorge. L'amant pressé ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits. Il me penche brutalement vers l'avant me pressant le visage contre le matelas rehaussant mes fesses dans une posture que je connais trop bien pour savoir à quel assaut elle m'expose. Sautant rapidement par-dessus le lit, il se place derrière moi. Sans attendre, sans préliminaires, son sexe enfonce la porte de mon ventre et me fend profondément. Malgré mon humidité je ne suis pas préparée et ne peux retenir un cri de douleur. Il n'en a cure et entreprend un pilonnage régulier de mon intimité. Je mords le couvre lit pour ne pas hurler. Le rythme s'accélère, ses deux mains se crispent sur mes hanches il s'arc-boute de tout son poids comme pour me percer au plus profond. Je n'en éprouve aucun plaisir. Il est si maladroit. Il n'est la que pour sa propre jouissance. Je ne geins que de douleurs et de répulsion. Il pousse enfin un cri de jouissance. L'acte est consommé. La tête enfouie dans le couvre lit, je pleure de tout mon soûl. Je pleure de honte d'avoir été ainsi un jouet de plaisir. Je pleure de honte d'avoir peut-être aimé çà. Mais je ne veux pas me l'avouer. Il roule sur le coté en m'entraînant, son membre encore fiché entre mes jambes. Il respire fort et reprend son souffle peu à peu. Lentement, comme à regret, sa verge se retire. Il se lève. Je me recroqueville en chien de fusil. Je sanglote. Il vient me flatter la croupe et les hanches, comme pour me consoler. Je me crispe et me raidis lui signifiant mon dégoût. Sa main se retire. Il ne lui faut pas longtemps pour se réajuster, enfiler sa veste et partir en refermant doucement la porte derrière lui sans fermer à clef.

J'essaye de me calmer, de ravaler mes pleurs. Dehors l'orage n'en finit pas de tonner. Il me vient à l'esprit que Marc ne va pas tarder à me rejoindre. Je ne veux pas qu'il me voit ainsi. Péniblement, gênée par mes entraves, je me redresse maladroitement. Il me faut une longue minute pour me remettre à genoux. En pensant à lui de toutes mes forces, j'écarte les jambes. D'un mouvement de tête je tente de replacer mes cheveux en arrière. J'ai repris la pose de départ je n'ai plus qu'à attendre sa venue.
- Tu m'impressionne !
Sa voix éclate dans la chambre comme un coup de tonnerre. Mon cœur fait un bon si fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine. Il était là ! Pendant tout le temps de ce viol consenti, il était là ! Je reste sans voix. Abasourdie.
- De reprendre ainsi la pose… Bravo,... Tu m'impressionne !
Je l'entends se déplacer du coin gauche de la chambre, ses pas se rapprochent, je devine qu'il s'agenouille face à moi. Ses mains viennent détacher le ruban mouillé de larmes. Même la pénombre intime dans laquelle baigne la chambre m'aveugle. Il est là ! Encore hébétée, je n'arrive pas recoller avec la réalité. Il est là, et il me sourit avec ce sourire que je connais bien maintenant celui de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour. Ses mains se posent sur mes cuisses, il reste silencieux observant attentivement ma réaction. Une réaction qui ne se fait pas attendre. La tension est trop forte pour que je la garde en moi. D'irrépressibles sanglots m'envahissent, j'essaye de parler.
- Monsieur... Je... Je…
Un flot d'émotions me submerge, un ébranlement de tous mon être. Un hurlement silencieux qui se noie dans les pleurs. Je me laisse tomber sur son épaule.
- Monsieur... Je ... Je... Je vous aime !
Il faut que cela sorte quoi qu'il en coûte, il doit savoir.
- … Je vous aime... Pour… Pour ce que vous m'avez fait !
Et je repars de plus belle en sanglot.
Il faut de longues minutes et de nombreuses caresses de sa part pour me calmer. Je finis par me redresser refoulant en hoquetant mes derniers sanglots. Tremblante de tout mon corps, épuisée. Il passe ses mains sur mes joues essuyant les dernières larmes qui perlent à mes cils. Il me regarde en souriant.
- Eh bien... Tu es la soumise la plus émotive que je n'ai jamais vu !
Sur ce, il éclate de rire. Désarçonnée, je le regarde s'esclaffer et lentement du plus profond de mon ventre monte un fou rire irrépressible. Un rire salvateur qui balaye de sa puissance lénifiante les tourments que je viens de subir et le souvenir du petit être mesquin qui y a trouvé du plaisir. Nous retombons dans les bras l'un de l'autre mais cette fois nous sommes secoués par une hilarité incoercible.
Je suis exténuée. Passivement je le laisse ôter les liens qui me ceinturent la poitrine et les poignets. Ils ont laisser de profondes marques rouges. Je me masse les poignets tandis qu'il caresse celle de mon dos. Cela doit lui faire de l'effet car il dépose un baiser sur les cannelures creusées par les cordes de chanvres et sa langue en suit amoureusement les sillons gaufrés. Je frissonne, mais me lève d'un bond en lui souriant échappant à ses caresses pour me précipiter nue et libre vers la douche...


 

 

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16 juil. 07

Chap.4. Exposition.

Je ne me lève pas de bonne heure ce matin. J'aurais voulu profiter de la matinée pour visiter la ville mais Il n'est pas resté avec moi hier soir. "J'ai affaire" a-t-il dit sur un ton qui ne souffre pas de questionnement. Pas facile de s'endormir. Résultat je me réveille vers 9 heure. Une douche longue et fraîche. Un petit déjeuner nonchalamment avalé au bar de l'hôtel et direction le Palais de Bondy. Je sais qu'il y sera. Il m'a interdit d'y passer mais je ne peux résister. D'un pas décidé je passe le Pont de la Feuillé et gagne les premières marches du Palais que je monte quatre à quatre.
Personne pour m'accueillir ! Dans d'immenses salles lumineuses je déambule entre les œuvres et je finis bientôt par tomber devant trois de ses toiles. Aussitôt les souvenirs de mes vacances resurgissent et défilent devant mes yeux. Ces toiles je les connais, elles ont été témoins de ma présentation à mon Maître, de mes premières génuflexions, de ma nudité, de mes angoisses, de mes plaisirs interdits. Une bouffée de chaleur monte dans ma poitrine et ma gorge se noue.
- Je t'avais pourtant dit de ne pas venir ici !
Je sursaute. Tout à ma contemplation je ne l'ai pas entendu venir derrière moi. Je me retourne. Il a le front plissé de colère. Je lui souris, il va falloir faire retomber son courroux.
- J'avais vraiment envie de voir cette expo…Je suis désolée… Elle est vraiment très belle.
Le compliment le laisse de marbre. Il émet ce petit claquement de langue caractéristique qui signale sa désapprobation et son impatience. Je baisse les yeux et les relève lentement vers lui en essayant un sourire que je sais désarmant. Il reste de glace.
- Tu ne perds rien pour attendre… Mais puisque tu es là…
Il jette un regard autour de lui.
- Enlève ton tee-shirt je veux prendre une photo souvenir.
A mon tour je regarde autour de nous. Personne. Il est tôt et il n'y a pas grand monde dans les salles d'exposition. Je lui tends le pull que je porte négligemment sur les épaules et d'un mouvement rapide enlève mon tee-shirt. Je suis poitrine nue et jette autour de moi des regards angoissés. Il s'éloigne un peu pour faciliter la prise de quelques clichés. C'est amusant et je prends quelques poses de starlettes en souriant, c'est facile quand on se sent belle. Les photos s'enchaînent lorsque du coin de l'œil je vois surgir dans la grande salle adjacente un couple de visiteurs. Prise de panique je me colle contre un mur. Nous sommes dans une sorte de rotonde et cela me cache à leurs yeux. Je tends la main vers Marc pour réclamer mon tee-shirt et me couvrir. Avec un large sourire il fait un pas en arrière et secoue la tête négativement. Ma panique augmente. Il n'oserait pas me faire çà ! Oui, j'ai bien peur qu'il en soit capable. Je traverse la pièce pour le rejoindre un bras barrant ma poitrine me dévoilant un court instant et en priant que les visiteurs soient absorbés par la contemplation des œuvres. Je le rejoins dans l'encoignure opposée et le supplie.
- Je t'avais bien dit que tu ne perdrais rien pour attendre ! - Murmure-t-il d'un ton froid.
Mon dieu, il est bien décidé à m'humilier ici !
Par dessus son épaule je jette un coup d'œil à l'autre grande salle. Elle est vide et semble m'offrir une issue pour fuir les visiteurs. Je vais tout de même pas passer ma matinée à jouer à cache dans ces salles d'exposition ! Je m'apprête à franchir le seuil pour gagner la salle vide quand il me barre le passage.
- Non, non… Tu reste là…Je n'ai pas fini mes photos.
Je me liquéfie littéralement. Il ne sourit plus. Et je commence vraiment à avoir peur.
Que va-t-il se passer si ces gens me voient à demi nue, ici ? Indifférence ou scandale ? Je m'imagine fuir dans la rue les bras cachant ma poitrine sous les huées ou les quolibets de la foules. Je ne les vois pas mais je sais que les visiteurs se rapprochent. La tension est tel je j'ai l'impression que je vais m'évanouir. Marc se déplace un peu pour observer la progression des visiteurs, je me colle contre le mur froid. Quelques instants se passent quand, comme ayant reçus un signal, d'un geste leste, il m'envoie mon pull que j'attrape au vol. Dans le même temps je perçois des ombres de personnes sur le point de franchir le seuil. Pas le temps d'enfiler le pull ! Je le jette sur mes épaules et fait retomber les manches sur ma poitrine je croise les bras et tourne le dos à la porte en faisant semblant d'être absorbée par la contemplation d'une des œuvres de la rotonde. En fait, je suis au bord de l'apoplexie je dois être rouge comme une pivoine. Un petit bonjour courtois me vient des visiteurs je réponds du bout des lèvres sans me retourner alors que Marc leur répond ostensiblement. Je perçois une sorte de jubilation dans son "Bonjour". Je prie pour qu'il n'engage pas la conversation. Après tout c'est lui l'Artiste il pourrait commencer à expliquer son Art aux visiteurs chanceux de le rencontrer et faire durer ainsi mon calvaire.
Heureusement aucune conversation ne s'engage. En silence j'entame une sorte de quadrille me déplaçant en même temps qu'eux de façon à toujours leur tourner le dos. Plusieurs fois je croise le regard ravit de mon Maître. Il a sa petite vengeance ! Après ce qui me semble être une éternité les visiteurs finissent par gagner l'autre grande salle. Soulagée, je me rapproche de lui. Est ce le relâchement de la tension, un sentiment mêlé de colère de soulagement de joie de plaisir Toujours est-il que j'ai envie de lui tambouriner la poitrine, je lui jette un regard furibond. En un éclair je m'aperçois que j'ose le défier au mépris de toutes les règles. Trop tard, il s'en est aperçu. Toujours avec le sourire, il pose un délicat baiser sur mon front enfiévré.
- Je n'en ai pas fini avec toi aujourd'hui !
Qu'a-t-il voulu dire ? Que me prépare t il encore ? Il a pris quelques clichés mon pull sur les épaules j'ai repris mes poses de vedette débutante. Il a fini par me rentre mon tee-shirt. Ensemble nous avons fait le tour de l'exposition puis nous avons terminé la matinée à visiter la vieille ville.

Jouer les touristes avec lui est des plus agréables. Il semble connaître Lyon comme le fond de sa poche. En tout cas il y est très à l'aise. Il m'a fait découvrir les "Traboules" ces espèces de passages secrets qui sillonnent la ville. Les seuls endroits ou à l'abri des regards il accepte que je lui prenne la main et ou l'on échange des baisers et caresses appuyés. Nous avons fini par nous attabler à la terrasse d'un Bouchon et entamé avec bonhomie un repas de quenelles bien mérité.
C'est pendant ce repas que j'ai entamé une discussion sur un sujet qui me tenait à cœur.
- Mar... Monsieur… - J'ai failli gaffer, décidément c'est le jour.
- Est-ce que vous me ferez l'honneur de me dessiner un tatouage ? J'aimerais tellement en porter un de vous ?
Je sais qu'il en dessine régulièrement et qu'il a même, un temps, été tatoueur. Je nourris l'espoir que ce soit lui qui dessine sur ma peau.
Il réfléchit un instant se sert un verre de vin qu'il déguste lentement. Et finit par lâcher.
- Il en est hors de question !
Devant ma mine déconfite d'incompréhension il rajoute.
- Qu'est ce que cela va t'amener ? Qu'est-ce que cela représente pour toi ?
- Toutes mes copines en ont ! Et d'en avoir un de vous…çà classe !
- Et tu veux faire partie du troupeau et bêler en cœur ?
- Non, non... Je ne voyais pas çà comme çà…
- Regarde autour de toi. A vouloir se distinguer, on finit par retomber dans le commun et le vulgaire. Et tu sais que je déteste le vulgaire J'ai particulièrement apprécié que tu te présente à moi sans aucune marque sur ton corps. Que tu n'aies pas de tatouage ou de piercing est pour moi un trésor comme l'est la toile blanche qui portera mon œuvre ! Ta peau est vierge comme l'était ta bouche et tes reins. Je te prie de la garder ainsi !
Il s'interrompt dans sa démonstration reprend une goulée de vin, pose délicatement le verre sur la table, son regard clair capte le mien. Il continu.
- Lorsque mon œuvre sera achevée, lorsque ton dressage sera terminé... Si tu va au bout… Je te signerai !
Me signer ?. J'essaye d'en savoir plus marquant mon incompréhension.
- Vous me signerez ?
Il sourit tristement et son ton devient grave.
- Je te signerai… Je te marquerai au fer.
Je reste interloquée. Sans voix. Je plonge mon nez dans mon assiette. Le marquage au fer c'est plus pour moi un fantasme, je ne pensais pas y être réellement confrontée. Lors de mon séjour à l'atelier j'ai vu quelques-uns uns de ses fers. Mais, m'a-t-il dit, ce sont des commandes, lui-même ne les utilise pas vraiment… Pas vraiment !  Et pourtant bien qu'hypothétique la situation m'effraie un peu. J'ai du mal à m'imaginer en train de recevoir une telle marque… Je n'ai pas réellement peur et suis plutôt intriguée.
- Mais ce n'est pas pour aujourd'hui.- Plaisante-t-il en riant et se reculant sur sa chaise.- Il te reste beaucoup de chemin pour en arriver là. Une marque cela se mérite. Cela n'est pas donner à tous… Cela sera presque la fin de notre voyage !
La fin de notre voyage ? L'évocation de la fin de cette aventure me laisse encore plus perplexe… J'arrive cependant à retrouver ma voix.
- La fin… Presque la fin ?
- Oui un achèvement.
- Mais que peut-il y avoir de plus qu'accepter un marquage au fer rouge ?
Il redevient soudain grave.
- Ce plus, C'est ce qu'il peut arriver de mieux à une œuvre d'art…
Il s'interrompt. Cherche une lueur de compréhension dans mes yeux. Mais je reste sans voix. Il continu d'une voix sourde, solennelle.
- Je te vendrais… !
Si le monde devait s'écrouler sous mes pieds cela n'aurait pas plus d'effet !
Jamais je n'ai éprouvé une émotion aussi forte. Mon estomac se serre, la tête me tourne et ce n'est pas l'effet du vin. Pour une fois le sang reflux de mon visage. Devant ma mine décomposée il s'alarme pose une main sur la mienne. La chaleur de ses doigts me ramène à la vie, je l'étreins fermement comme pour ne pas me noyer. Et pourtant mon sauveur va me porter un dernier coup qui paradoxalement va me sortir la tête de l'eau.
Tu veux renoncer ?… Si tu veux renoncer c'est maintenant… Sinon nous n'en parlerons plus jamais… Cela se fera naturellement.
Renoncer ? Comment puis-je renoncer ? C'est par mon désir le plus profond que je me soumets à lui. J'aurais l'air de quoi à mes yeux. Ce n'est plus un jeu de gamine perverse… C'est une expérience unique…Ma vie ! Ma fierté reprend le dessus presque orgueilleuse, je prends une profonde inspiration le fixe droit dans les yeux et souffle.
- Jamais !
Tout est dit. Tout est engagé. Aussitôt le poids qui oppresse ma poitrine s'envole. Je me recule sur mon fauteuil et lui souris largement. Un autre niveau du pacte vient d'être passé.
On vient nous débarrasser, servir le café et apporter la note.
En silence nous nous observons mutuellement le temps que la serveuse fasse son office. Une fois celle-ci partie, il reprend en goûtant son café.
- Tu me semble bien arrogante… J'avais prévu ta réponse tu sais !… Je vais te donner un avant-goût de ce qui t'attend … Ce soir même !
Je commence à être habituée aux douches froides. Cela ne me fait pas peur. Il jette un regard à sa montre.
- J'ai un rendez vous prévu de longue date. Je te laisse. On se revoit ce soir à 20h précise au "Backstage" à côté du Palais de l'expo. Ne soit pas en retard !

Il règle la note, m'embrasse sur le front avec un sourire en coin, un sourire que pourrait avoir un chat sur le point de croquer une souris. Sans se retourner, Il s'éloigne et se perd dans la foule. Restée seule je sirote le fond de ma tasse de café un peu dépitée et triste de le voir partir. Je lève la tête. Le ciel vient de se couvrir, une fraîcheur orageuse balaye la terrasse... Je frissonne… De tout mon corps et de toute mon âme.

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11 juil. 07

Chap.3. Chambre avec vue.

Je lui ouvre la porte et le laisse entrer le premier. Apres tout il est chez lui, c'est lui qui m'a réservé cette chambre. Pour une chambre d'hôtel elle est plutôt spacieuse. Un lit double, une salle d'eau avec douche et une large fenêtre fermée d'une balustrade de pierre. Un éclairage indirect donne une touche d'intimité aux lieux. A peine entré, il tend un doigt vers le sol, au pied du lit. Inutile de parler. Je m'agenouille jambes écartées, la tète baissée. Il inspecte la salle lentement, ouvre la fenêtre en grand, s'attarde quelques instants à la contemplation de la rue en contrebas. Apparemment satisfait, il revient et se place derrière moi.
- Lèves-toi !
Je m'exécute et prend la position de soumission debout.
- Déshabille-toi… Enlève ton pantalon et tes chaussures uniquement.
Comme cela est plus facile lorsque nous sommes que tous les deux ! Je me déhanche et fait glisser le jean à mes pieds. Inutile d'aller plus loin je ne porte pas de slip et j'apparais ainsi la croupe nue à peine couverte par le bas de mon tee-shirt aux yeux de mon maître.
- Va à la fenêtre et accoude-toi à la rambarde !
Sur la pointe des pieds, je m'approche de la fenêtre. La rambarde de pierre est suffisamment haute et fournie pour que des regards même perspicaces ne remarquent pas que la partie inférieure de mon corps est dénudée. Je m'accoude et promène mon regard sur la rue en contrebas. Quelques badauds déambulent sur les trottoirs. A ma gauche une terrasse de café est bondée, mais les gens ne me portent pas attention. Dans le bâtiment d'en face à un étage en dessous a lieu un cours de danse. Des silhouettes se trémoussent en rythme sur un parquet ciré. Ils ont aussi autre chose à faire que m'observer. Anxieuse je termine mon inspection circulaire. Personne aux fenêtres alentours! Ce qui me rassure un peu. Pendant mon examen des lieux il s'est approché. Ses deux mains se posent sur mes hanches. Je frissonne. Elles remontent légèrement sous mon tee-shirt et gagne mon ventre tendu. Je sens son souffle sur mon cou. Il murmure.
- Ecarte les jambes et penche toi en avant.
Je ferme les yeux, écarte un peu plus les jambes et me cambre m'appuyant ainsi de tout mon poids sur la rambarde. Ses mains glissent le long de mes hanches et viennent se joindre dans le pli de mes fesses. Sans attendre il introduit un doigt agile dans le sillon déjà humide et s'enfonce dans l'onctueuse chaleur de mon ventre. Malgré la douceur de l'air un feu intense embrase mes reins et mon ventre. Sans qu'il me le demande, je m'ouvre un peu plus sous la caresse. Je laisse retomber la tête, quand une angoisse m'étreint. Il ne faut pas que mon attitude puisse signaler à un éventuel curieux ce qui se passe sur cette terrasse. Je relève vivement la tête et fait semblant de m'intéresser aux paysages alentours, au cours de danse. La caresse s'accentue se fait profonde et appuyée. Ma vue se trouble. Je cherche à garder une certaine contenance mais je ne peux m'empêcher de signaler mon plaisir par un gémissement étouffé. Ses doigts finissent par me quitter. Un petit moment de vide. Je le devine fureter derrière moi et très vite c'est son sexe que je sens appuyer à la porte de mon ventre. Je n'ai pas le temps de protester. Et d'ailleurs je n'en ai pas envie. Il entre en moi facilement. La caresse des ses doigts a huilé et élargi le passage. Il progresse rapidement, se glisse d'un seul élan sans à-coups profondément dans mon intimité en me ceinturant les épaules de ses bras. Son bas-ventre s'emboîte contre mes fesses, nous ne faisons plus qu'un. J'ai un sentiment de béatitude extatique en observant les gens qui passent dans la rue. Un sentiment d'être au-dessus de leur petit tracas Un sentiment étonnant, difficilement descriptible d'être unique, de détenir un singulier secret. Je sais qu'ils peuvent lever la tête à tout moment et que verront ils ? Un couple enlacé à la fenêtre d'un hôtel. Au plus penseront-ils à la soirée qui s'annonce ? Mais devineront-ils qu'elle se déroule déjà sous leurs yeux ? A cette pensée une vague chaude me parcourt et mes reins se tétanisent. Mon vagin se resserre autour de son membre. Il devine le spasme et reste immobile pour ne pas précipiter ma jouissance. Nous restons ainsi un long moment sans bouger à simplement apprécier notre douce fusion. Ses mains caressent doucement mes épaules, mes cheveux et il pose de délicats baisés sur ma nuque. Pour le commun de la rue un couple romantique, rien de plus. Un rayon de soleil vient percer la faible couche de nuage qui peu à peu à recouvert la ville. Avez vous remarqué qu'il suffit d'un rayon de soleil pour que, comme l'hélianthe, les visages se lèvent et recherche la lumière, la chaleur de l'astre solaire ? Pour moi, à cet instant, la démonstration est saisissante, une foule de visages se tourne vers moi. Enfin me semble-t-il !
Alors que je sombrais dans une douce torpeur entre ses bras tous ces visages braqués me tétanisent. Ils vont savoir ! Ils vont deviner que la jeune fille sur ce balcon est en train de subir les assauts de l'homme qui est derrière elle et la maintient fermement. Mais surtout ils vont comprendre qu'elle y prend du plaisir car sinon elle se débattrait ! N'est ce pas ?
Ce moment de panique s'estompe vite, il vient de bouger dans mon ventre et cela me ramène à nous... Il risque un discret mouvement de va-et-vient. Immédiatement cela à l'effet d'un tremblement de terre qui secoue tout mon être et je ne peux contenir de petits cris à chaque enfoncement. Je suis au bord de la syncope. J'ai l'impression d'être coupée en deux. Au-dessus de la balustrade la sage Isabelle, rougissante qui s'angoisse à chaque regard porté vers elle et qui voudrait être ailleurs. Sous la balustrade, la jeune chienne ouverte et ruisselante, subissant en nymphe lubrique les assauts d'un satyre débridé et qui ne demande qu'une chose, que cela continu. Cette dualité provoque en moi une confusion de sentiments que mon Maître va résoudre facilement. Un dernier coup de boutoir et sa main glisse de mon cou à ma joue et son pouce s'enfonce dans ma bouche. Il me signifie ainsi son désir. Mon cœur fait un bond j'aurais voulu aller au bout de notre étreinte, mais il en a décidé autrement. Je jette un coup d'œil circulaire et m'apprête à basculer entièrement sous la rambarde. Une fois sure que personne ne nous épie. Je me dégage de son étreinte et me laisse glisser à ses pieds. Je suis maintenant hors de vue des badauds et en éprouve un certain soulagement. Mais une autre épreuve m'attend. Il s'est confortablement installé à ma place, accoudé sur le parapet de pierre et me surplombe de toute sa hauteur. J'appréhende toujours cette humiliation et dans cette situation est à mes yeux encore plus difficile à accepter. Je relève la tête, d'une main j'écarte mes cheveux qui barre mon front et de l'autre je m'empare de la verge tendue encore luisante et poisseuse de mes sécrétions. Je l'abaisse vers ma bouche entrouverte. Je dépose un délicat baiser sur le globe satiné, baiser prolongé par un délicat lissage de ma langue. Le gland réagis immédiatement en durcissant un peu plus. Je finis par prendre une profonde inspiration et me décide à l'enrober de mes lèvres et à l'engloutir lentement.
Nous venons d'intervertir nos places et j'imagine le plaisir pervers qu'il doit en éprouver. A son tour il est l'hôte négligemment accoudé à la balustrade qui profite de la vue. J'imagine aisément ce qui doit se passer par la tête lorsque l'on se tourne vers lui et que son regard croise celui d'une passante. Dévouée, je m'applique consciencieusement, il faut lui rappeler qui est à ses genoux, à qui appartient la bouche qui lui prodigue ce baiser. La réaction est immédiate, sa main quitte la balustrade pour appuyer sur l'arrière de ma tète et m'obliger à forcer la caresse. J'accélère la cadence et l'accepte au plus profond de ma gorge. A ce rythme il ne faut pas longtemps pour que je reçoive son hommage. Le jus de son plaisir que j'avais gouté pour la première fois à la Pâques envahi de nouveau ma bouche. Mais cette fois je ne suis pas surprise et déglutie sans appréhension la chaude liqueur. Je crois que je commence à mesurer ce qui me semblait une innommable dégradation, avaler le sperme de mon amant... Pardon de mon Maître. Même si je' n'en apprécie toujours pas la saveur et l'acte. Cet acte lui-même, par le fait que je l'accepte à mon corps défendant, renforce mon impression de soumission.
Il prend ainsi son plaisir en moi sans que j'en prenne plaisir et pourtant j'ai plaisir à lui prodiguer. Mon dieu que c'est compliqué !
La fenêtre s'est refermée
Une fois rentrée, j'ai quitté mon tee-shirt et entièrement nue j'ai repris ma pose de soumission au pied du lit. Sans me prêter attention il est passé rapidement dans la salle d'eau et est revenu s'asseoir sur le lit. Il m'a longuement contemplé, a replié ses jambes en tailleur et posé ses deux index réunis sur ses lèvres dans une attitude pensive. Il finit par briser ce silence qui me met mal à l'aise.
- Sais-tu pourquoi j'ai joui aussi vite ?
Interloqué par la question je cherche un moment une réponse cohérente. Et Je n'en vois qu'une seule.
- Vous… Vous avez aimé ma caresse ?
Un silence et un sourire.
- Non…?
- Bien sur… Mais en fait j'ai fait un signe à une cliente du bar d'en face. Et elle m'a répondu. C'était délectable de savoir que sans le savoir, elle participait à tes cotés à mon plaisir. Toi c'était ta bouche que je prenais, elle c'était son attention. C'était vraiment …Agréable.
Et il accentue le mots "agréable" de façon à le rendre moelleux.
Ainsi malgré tous mes efforts je n'avais pu m'accaparer son attention et je n'avais pu être l'entière actrice et bénéficiaire de sa jouissance. Je me sens vexée, dépitée, je baisse la tête. Une boule de chagrin me monte à la gorge.
- Je veux que tu consignes cet épisode dans ton Blog. Peut-être un jour le lira-t-elle. Et elle se reconnaîtra certainement. Elle saura alors ce que voulait dire ce geste.
Je songe aux chances qu'un jour elle tombe sur mes lignes ! Quasiment infime certainement ! Mais le simple fait de la mentionner est suffisant pour provoquer cher mon Maître une délectation intellectuelle inédite et il faut le dire un trouble certain chez moi aussi. Je comprends alors qu'aucun de ses actes n'est le fruit du hasard. Que sa démarche est entièrement centrée sur moi. Que cette spectatrice inconsciente de nos ébats fait involontairement partie du jeu dans lequel il m'entraîne ? Je sais que, même s'il s'en défend, il a joui pour et grâce à moi. Pour me donner tord, il faudra qu'un jour incertain tombe dans ma boite aux lettres une improbable missive. Un courriel qui commencerait par ces mots.
"J'étais attablée sur la terrasse du bar "…" ce samedi 30 juin 2007…"

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05 juil. 07

Chap.2 Retrouvailles.

Je suis sure que toutes les gares du monde doivent avoir la même odeur. Des exhalaisons de moteurs surchauffés, de poussière de métal et de pierre, de sueur, de précipitation, d'hormones de retrouvailles ou d'abandon. J'aime l'atmosphère fébrile des gares mais je n'ai pas le temps de m'attarder. Je lance mon sac sur le dos et quitte d'un pas rapide la gare de Lyon-Perrache. Pas besoin de taxi, mon hôtel n'est pas loin. Une fois dehors, je respire à pleins poumons, je prends possession des lieux. Il doit être là, quelque part dans cette ville que je ne connais pas.
Il ne fallait pas que je m'attende à ce qu'il guette ma venue sur le quai. "Et puis quoi ? Tu veux qu'on se saute dans les bras et qu'on parte bras-dessus, bras-dessous ? Je sais à quelle heure tu arrives, je te passerai un coup de fil".
C'était clair et net. Et je n'ai rien a y redire.
Je regarde le plan que j'ai imprimé sur Mappy et qui m'indique l'emplacement de mon hôtel. "L'Hôtel de Paris" Je pouffe intérieurement, c'est tout lui çà, Il m'a réservé une chambre à "l'Hotel de Paris"… Pour la petite parisienne… à Lyon !
Je regagne cet hôtel en flânant. Je finis par le trouver dans une petite rue sympathique. Je prends possession de ma chambre. Me rafraîchie un peu. Il n'est pas tard et j'en profite pour redescendre et me diriger vers l'office de tourisme que j'ai croisé en venant. Je commence à lire la documentation que j'y ai grappillée lorsque mon portable se met à vibrer. Mon cœur fait un bond. Dans la précipitation pour répondre j'ai failli lâcher le téléphone. C'est lui !
- Tu es ou là ?
- Sur le parvis de l'office de tourisme... Une grande place…
- OK… Tu as un plan ?
- Oui.
- Bien... Tu n'es pas très loin. Place Bellecour !  Je t'attends sur les marches du Musée des Beaux-Arts.
Et il raccroche sans autres explications. Cela m'amuse, on dirait un épisode de mission impossible.
Effectivement cela n'est pas bien loin. Je finis par déboucher sur une autre grande place bordée de somptueux bâtiments et ou trône une imposante fontaine. Je repère immédiatement l'édifice indiqué ainsi que les marches qui signalent son entrée et m'y précipite vivement.
Personne !
Je monte quelques degrés et jette un regard circulaire, le cherchant dans la foule clairsemée des badauds qui passent.
Une nouvelle fois mon portable se met à vibrer.
- Oui ?
- Je te vois ! … Ecoute-moi bien et fait ce que je te dis !
Ma joie retombe un peu, je le sais proche maintenant. La situation est amusante mais désarçonnante. Je murmure un "Oui" tout en essayant de le découvrir sans tourner la tête trop ostensiblement.
- Monte de deux marches.
Je m'exécute et grimpe deux marches supplémentaires.
- Regarde vers l'intérieur du bâtiment.
Une cour agrémentée d'arbres
- Ecarte les jambes.
Une onde froide parcours tout mon corps. Je réalise brusquement ce qu'il va me demander. J'écarte légèrement les jambes.
- Allons... Mets tes mains dans le dos et écarte un peu plus les jambes !
C'est une folie ! Malgré la chaleur mon sang se glace. Il me demande ni plus ni moins de prendre la position de soumission devant tous ces gens qui passent et à la vue de toutes ces personnes attablées dans mon dos. Mes entrailles se tordent. Ma nuque se raidit d'angoisse.Mais il faut pourtant bien que je le fasse. Je suis sure qu'il disparaîtra si je ne m'exécute pas. Je reste tétanisée sans voix, le portable à l'oreille.
- Fais le… Et reste comme çà tant que je ne te rappelle pas !
Il raccroche. Il me faut un long instant avant de me ressaisir. Ma tête s'est vidée, je n'arrive plus à réfléchir. Je remets mon portable à la ceinture. Mon monde se rétrécit autour de moi, comme un automate j'écarte un peu plus les jambes et dans un même mouvement je joins mes mains dans le dos et,par réflexe, cambre les reins. Pour essayer de me donner une contenance je fais semblant de m'intéresser au jardin de la cour intérieure du Musée.
Encore une fois mon portable se met à vibrer.
- Oui ?
- Baisse la tête… Tu as déjà oublié tes classiques ?
- Non, non… Excusez-moi !
Je reprends la pose et cette fois je baisse la tête.

Mon dieu que ces moments me paraissent longs! J'imagine tous ces yeux qui se posent sur moi, interrogateurs, amusés. Je sens presque physiquement ces regards qui doivent courir sur mon corps ainsi exposé, glisser sur mes fesses, entre mes jambes écartées, frôler mes hanches. J'imagine tous les fantasmes qui doivent naître dans la tête des hommes attablés autour de la place. J'imagine qu'ils savent, devinent, ou espèrent, que je suis nue sous mes vêtements. Mon attitude me semble provocante à l'extrême et je redoute d'être abordée à tous moments. Comme à mon habitude lors des situations pénibles je me réfugie dans un engourdissement intérieur. Peu à peu les émotions qui me submergent et le monde extérieur s'estompent.
Une nouvelle sonnerie me tire de ma torpeur.
- Bravo… Tu es vraiment très belle comme cela… Retourne-toi.
Ouf ! Enfin mon calvaire s'achève ! Je me retourne et contemple l'esplanade. Il me faut un moment pour l'apercevoir. Il est de l'autre côté de la place une cinquantaine de mètres, à l'entrée d'une brasserie. Il me fait un geste de la main pour se signaler.
- Viens, je t'attends !
Et il disparaît vers le fond de la salle.
La traversée de la place n'est pas des plus faciles. Ma proportion à rougir facilement doit me signaler à tous ceux qui ont repéré mon manège sur l'escalier. Il me semble sentir des regards qui me suivent. Je rentre la tête dans les épaules et hâte le pas. Je rentre rapidement dans la brasserie et me dirige vers le fond. Il fait frais. Il est assis dans une encoignure et m'accueille avec le sourire de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour. Un autre homme est assis à ses cotés, un garçon, jeune, il doit être à peine plus âgé que moi. Des cheveux châtains, mi-long, rassemblés par un catogan, un visage anguleux et malgré la pénombre une paire de lunette de soleil. Un timide bonjour sort de ses lèvres, je réponds rapidement. Pas question d'embrassade à mon Maître. Il déteste çà.
Il ne me laisse pas le temps de souffler
- Tu as apprécié cette séance de pose ?
Je jette un œil au garçon. Je ne sais quoi répondre. Il continu.
- Tu vois, je lis ton Blog...  Çà te donne un petit aperçu de la réalité par rapport à tes rêves. Dommage que je ne puisse installer un pilori sur cette place !
Son sourire s'élargit. Il fait allusion a un des textes de "Songes et Rêveries". Je réponds à son sourire par un autre sourire complice.
- Tu as mis du temps pour baisser la tête… tu as oublié ta condition depuis Pâques ?
- Non… Non...
Embarrassée, je jette un rapide regard en coin au garçon aux lunettes noires. Il reste impassible.
- Non… Qui ?
- Non, Monsieur… Excu… excusez-moi !
- S'il faut tout reprendre çà risque d'être lassant !
Je baisse la tête en signe de soumission et de confusion pour qu'il me pardonne. Il pose ses deux coudes sur la table et prends sa tête dans ses mains.
- Tu es entièrement nue au moins… Je veux dire sans tes sous-vêtements ?
Je sens revenir le feu à mes joues. Evoquer ainsi ma nudité cachée devant un inconnu ! Je me recroqueville un peu. Je souffle à voix basse en espérant ne pas être entendue par son voisin.
- Oui Monsieur !
Un silence pesant.
- Montre-moi !
Un début de panique me gagne. Oh non… Pas ici ! Ma respiration s'emballe. Je l'interroge du regard faisant semblant de ne pas comprendre tout en désignant d'un mouvement rapide des yeux son voisin qui vient de plonger son nez dans une chope de bière. Cela ne l'arrête pas.
- Montre-moi… Soulève donc ce tee-shirt !
Il s'adresse à moi comme si nous étions en privés sans se soucier de ce qu'il se passe autour et encore moins de la présence de son ami.
Je prends une profonde inspiration, jette un coup d'œil circulaire. Nous sommes seuls. La plupart des clients ont rechercher le soleil sur la terrasse. Je remonte vivement mon tee-shirt découvrant un de mes seins en entier et une partie de l'autre. Je ferme les yeux et reste ainsi attendant son bon vouloir.
- Vraiment très joli n'est ce pas ? Il se tourne vers son voisin qui hoche la tête.
Je devine qu'il est aussi intimidé que moi.
- Mais il est un peu triste, il manque de chaleur ce téton… Caresse-le !
Si le sol pouvait s'ouvrir sous moi j'en serais soulagée. Je souffle intérieurement mais je ne dois pas m'étonner de cette demande. M'imposer une telle humiliation devant un inconnu est, après tout, une suite logique de ce que j'ai vécu lors de mes dernières vacances chez Marc. Je passe ma main sur le sein dénudé et délicatement en caresse le téton. Il ne faut pas longtemps pour qu'il se durcisse et se dresse fièrement. Je jette discrètement des coups d'œil angoissés autour de moi pour prévenir la venue d'intrus. Le voisin de Marc ne perds pas une miette de la scène. Si cela continu je vais m'évanouir de honte.
- C'est mieux ! …Tu aimes ?
C'est dans ma nature d'aimer une telle exposition. C'est ce que je recherche et je dois m'avouer que j'aime çà, malgré l'inconfort de ma situation.
- Oui, Monsieur.
- Pas trop mouillée ?
Je commence à m'habituer à la situation et à cette étrange conversation.
- Si, Monsieur.
Je baisse la tête, autant de confusion que pour fuir le regard de son ami qui s'est confortablement installé en spectateur attentif.
- Montre-moi !
Cela ne serait pas une humiliation s'il n'y avait pas cet étranger à côté de moi. Ce serait même un jeu plaisant. Mais il faut que je m'y résolve. Je cesse mes caresses et rabat mon tee-shirt. Cela me soulage un peu mais mon tourment reprends vite. Lentement, un à un je déboutonne la fermeture de mon jean taille-basse. Je prends mon temps et cherche à retarder l'échéance et ainsi diminuer l'intensité des battements de mon cœur. Je regarde une dernière fois derrière moi. Personne ! Je me lève vivement et exhibe mon sexe en écartant les jambes en face des deux hommes. Mon cœur bat à grands coups. Je me sens offerte, languissante et sans force. Je perçois leurs regards posés sur mon intimité timidement dénudée. En un éclair Marc tend son bras par dessus la table. Sa main écarte un peu plus la braguette du pantalon et deux doigts s'insinuent entre mes jambes et d'un seul geste précis s'enfoncent en moi. Je sursaute mais ne bronche pas au contraire j'appuie mes cuisses contre la table pour aller au devant de la caresse. Mon ventre s'enflamme, un courant électrique me parcourt le dos. Ses doigts me fouillent quelques instant recueillant ma précieuse humidité. Un moment ou je perds contenance et ne peux m'empêcher de lâcher un faible gémissement. Il m'abandonne brusquement et m'autorise à me rasseoir. Ce que je fais avec un visible soulagement. Dans le même temps il porte ses doigts à sa bouche et semble déguster un met délicat.
- Tu as toujours le même goût... J'aime par dessus tout la saveur des rouquines… Je suis content de te retrouver.
Nous avons continué la suite de notre conversation le plus banalement du monde. La tension est retombée. Le jeune homme au catogan n'a pas beaucoup parlé et il a fini par prendre congé. Ils se sont se sont avancé vers la sortie. Marc m'a demandé de l'attendre. Je n'ai pas pu entendre la suite de la conversation. Plusieurs fois ils se sont tournés vers moi en souriant. Ils se sont serré la main et le jeune homme a disparu dans la foule des touristes. Je n'ai pas osé demander qui il était. Il me l'aurait dit s'il en avait envie et si cela avait été nécessaire.
- Tu es bien logée ?
- Super... les chambres sont impeccables.
- Très bien… J'ai envie de toi…On y va !
Il a dit çà d'une voix neutre, comme une banalité, comme si j'étais un objet sans âme à sa disposition. Il s'est levé, a payé les consommations au bar… Il est sorti sans s'assurer que je suivais. Et bien sur, je l'ai suivi comme une chienne suit son Maître à un deux pas derrière…

Posté par isabelle_mad à 22:56 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

30 juin 07

Chap.1 Rendez-Vous.

La matinée est un peu fébrile. J'ai eu du mal à dormir cette nuit. Des images qui m'ont hantées, Des images d'atelier, de soumission… Ma soumission à Marc, nos jeux, mon corps qui s'embrasse, ma honte… Plaisante honte cent fois renouvelée… Kristale.
Je viens de sortir de la douche. Je n'ai pas encore pris le temps de m'habiller. C'est nue que j'écris ces lignes pour soulager la tension. Je jette un coup d'œil à mon sac à dos et au billet de train posé dessus. Comme pour ne pas l'oublier ? Je souris intérieurement. Décidément je suis une vrai gamine. Je suis tendue comme une jeune rosière pour son premier rendez-vous ! Je glisse une main sur mon bas-ventre. J'en ai parfait l'épilation et me suis talquée de poudre aux senteurs de rose. Je glisse un doigt sur ce lisse abricot en suivant le sillon humide. Je sais que bientôt, dans quelques heures, c'est sous Ses doigts qu'il s'ouvrira. Et je sais que lorsque qu'il fouillera mon intimité, je serais à genoux les cuisses largement écartées, les reins cambrés les mains dans le dos la poitrine offerte la bouche entrouverte. Et surtout… Surtout, les yeux baissés, humble et soumise.

Je mets mon fin collier de cuir et d'acier, me lève et me contemple dans le miroir du dressing. J'écarte les jambes et cambre les reins. Un collier comme simple vêtement. Je suis belle… Parce que j'ai rendez-vous avec mon Maître !

Posté par isabelle_mad à 10:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]