20 juin 10

Chap. 74. Les devises du pouvoir.

J’ouvre brusquement les yeux. A cette évocation une honte irrépressible me fait jeter un œil angoissé à Béatrice. Mais elle ne peut lire mes pensées…Heureusement !
La conversation s’est calmée. Ma sœur s’est installée confortablement sur le divan et semble plongée dans une profonde méditation, mais je sais qu’elle est en train de cogiter sur mon étrange relation. Une chaleur intense et vibrante monte de mon ventre. Pour essayer de contenir le plaisir naissant, je replis une jambe sur ma poitrine et y pose ma tête, rêveuse.
A travers le filtre de mes paupières à demi fermées, je revois mon départ.

Marc m’attend prés de la voiture. Mon sac est dans le coffre. Une boule de coton me seche la gorge, je suis au bord des larmes. Il me faut partir. Je me suis habillée très légèrement, des mocassins, un jean, un chemisier blanc et mon collier de cuir noir celui que porte Béatrice en ce moment. Pas de sous-vêtements. Mon Maître s’approche et dépose un baiser sur mon front
- J’ai quelque chose pour toi… De la part de Kristale !
Il me tend une large enveloppe de papier kraft. Je m’en saisis. Elle n’est pas scellée et je l’entrouvre. Une liasse de billets multicolores se déploie. Il y en a bien pour 5000 euros. Je lève les yeux vers Marc et fais une petite moue d’incompréhension.
Il a un large sourire, ce sourire que je lui connais lorsqu’il s’apprête à faire un bon mot ou une plaisanterie. Je fronce les sourcils.
- C’est pour ta prestation au pavillon de chasse… Chaque homme a contribué !
Il croise les bras et attend ma réaction.
J’ai l’impression que le sol s’ouvre sous mes pieds. Lentement, l’idée que je cherche à repousser de toutes mes forces se fraye un chemin dans mon esprit. Mes bras retombent le long de mon corps les doigts crispés sur l’enveloppe.
Vendue… Ils m’ont vendue !
Mon estomac se contracte à me faire mal. La respiration bloquée je cherche à articuler quelques mots pour ne pas basculer dans la folie.
Vous…vous ! Elle…m’a… !
Marc m’arrête d’un geste
- Attention a ce que tu vas dire… Cela fait parti de l’épreuve à laquelle tu as été soumise et cela continue en ce moment même… Sauf que cette fois je suis là !
Mes oreilles bourdonnent sous le coup de l’émotion
- Tu comprends ce que je viens de dire Isabelle ?
- Je... Je, Oui, Monsieur !
En fait, non ! Une tempête d’interrogation se déclenche sous mon crâne et je m’efforce d’y voir un peu plus clair.
Cela ne peut pas être aussi simple que cela ! S’ils m’ont vendue sans que je le sache c’est pour parfaire mon humiliation, très certainement. Encore un plan à l’intérieur du plan ! Sans le savoir, j’étais avilie de plusieurs façons.
Mais il doit y avoir autre chose ?
Marc voit bien mon air abattu et devine les pensées qui tournent sous mon front soucieux, mais il attend en croisant les bras.
J’ai le vertige. Mes lèvres se pincent et mes yeux roulent à l’intérieur de leurs orbites, comme une élève qui montre à son professeur qu’elle est en train de réfléchir.
Et en y réfléchissant bien l’acte est révoltant, bien sûr, et je devrais hurler, jeter l’enveloppe au visage de Marc et partir sans demander mon reste. Pourtant ce qu’ils ont fait est bien dans la logique des choses, de mon dressage. C’est une épreuve ignoble mais il y a une leçon magistrale là dedans et je ne peux l’ignorer.
Marc incline la tête de coté
- Alors Mademoiselle, vous avez compris ?
Le retour au vouvoiement appuie la gravité du moment.
- Oui, Monsieur !… J’ai compris !
Je baisse la tête, met les mains dans le dos avec l’enveloppe et écarte les jambes.
- J’ai compris que je vous appartiens totalement et que vous pouvez faire de moi ce que bon vous semble. Que je n’ai pas à juger vos actions ou vos désirs ! Et quoique vous décidiez ou désirez faire de moi, je vous en serais reconnaissante et m’y plierais sans protester… Parce que je l’ai voulu... j’ai voulu ce dressage et…
Marc m’interrompt d’un geste.
- A ce propos, tu n’auras plus à mettre ton collier à grelot. Tu n’es vraiment plus une novice… Mais tu as encore beaucoup à apprendre et ton dressage continu… Bien entendu, si tu le désires ?
Marc attend une réponse et je sens bien que de ma décision va marquer mon destin de façon irrémédiable.
- Je… Oui, Monsieur, je le veux…S’il vous plaît !
Marc me saisit le menton et me lève le visage vers lui. Il a un petit sourire de commisération.
- Et le chemin est long avant d’atteindre celui de Kajira…
Une fraction de seconde mes pensées s’envolent vers la belle italienne.
- Pour l’instant, tu ne viens que de franchir une étape, tu n’es encore qu’une petite chienne obéissante. N’est ce pas ?
Je frémis sous l’insulte Marcs sait bien que je n’aime pas qu’il m’appelle ainsi et pourtant.
- Oui… Oui, Monsieur !
- Oui… quoi ?
- Oui je suis v… votre… petite chienne !
Le sourire de Mon Maître s’élargit.
- Tu vois, tu as tout compris… Et je dois te dire que je suis particulièrement fier de dresser une petite chienne comme toi.
Il me lâche le menton et consulte sa montre rapidement.
- Il te faut partir maintenant.
Il ne dira plus un mot. Inutile de prolonger l’instant de la séparation.
Penaude je m’installe au volant dépose l’enveloppe maudite sur le siège passager et, les larmes aux yeux, lance le moteur.

J’entrouvre les paupieres. Cette fois, Béatrice semble endormie sur le sofa. Instinctivement je porte la main à mon cou. Il est nu. Pas de collier ! Je contemple ma sœur et son cou serti de cuir. Je résiste à l’envie de me lever et chercher dans ma chambre le collier à grelot. Non ! Pas celui-là ! Celui que je devrai porter dorénavant pour rendre hommage à Mon Maître, je l’ai offert à ma sœur. Je perçois tout à coup le sacrilège que cela représente. Je fais une grimace, cligne des yeux et pensive contemple le paysage verdoyant qui nous entoure. Une bourrasque de vent soudaine balaye le patio et fait trembler les haies. Je frissonne, ma peau se hérisse sous la fraîcheur et je me recroqueville un peu plus en prenant mes jambes dans mes bras. Je pose mon menton sur les genoux. Au loin, vers le sud, un grondement sourd annonce l’arrivée d’un front d’orage. L’été se termine. La saison d’airain va bientôt laisser place aux cuivres de l’automne et aux argents de l’hiver.

FIN de la Saison d’Airain.

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12 juin 10

Chap. 73. De sœur à sœur.

"Heureusement que Maman n’est pas là ! "
L’apostrophe de Béatrice me tire de mes songes. Je relève la tête et me tourne nonchalamment vers elle, une pointe d’interrogation dans le regard.
J’ai l’impression qu’elle manque d’éclater de rire et désigne mes fesses du menton avec un air espiègle.
Je fais une moue boudeuse et souffle par le nez en souriant à demi. Ma tête retombe sur mes bras en sueur. Je sais que Béatrice fait allusion aux traînées bleues qui marquent ma croupe et mes reins et dépassent de l’étroite pièce de tissu de mon maillot de bain. Elle n’avait rien dit jusqu'à maintenant. Nos ébats dans la piscine ; bronzing et discussions anodines.
Mais maintenant je sais que la curiosité la tenaille et qu’elle meurt d’envie d’en savoir plus. Je cache mon sourire dans mes bras. Elle retombe sur le transat et souffle elle aussi.
- Tu ne vas pas un peux trop loin ?
Béa a été la première au courant de ma soumission à Marc. Il aurait, de toutes les façons, été trop difficile de lui cacher. Elle a pris çà plutôt bien, avec même parfois l’expression d’une admiration dissimulée, mal dissimulée. Tout en cherchant absolument à tout savoir… La sœur aînée qui veille !
Je demande sur le ton de quelqu’un qui n’a pas compris
- Trop Loin ?
Elle sait que je joue et fait semblant de s’emporter.
- Ben oui ! … Le fouet… Tout de même !… C’est plus un jeu ! C’est plus que du sexe !
J’enfonce un peu plus la tête entre mes bras. Le soleil est haut maintenant, il va falloir que je gagne l’ombre sinon ma peau blanche de rousse va se rappeler à moi. Je me lève d’un bond, me saisis du drap de bain et lance dans un souffle en m’éloignant vers le patio.
- J’aime çà !…et c'était pas un fouet !
Béatrice n’a pas le temps de répondre.
Un temps de réflexion puis elle se lève à son tour et me rejoint dans l’ombre fraîche de la cour.
Elle s’allonge à mes côtés sur un le sofa de rotin. J’ai choisi le fauteuil qui avait un coussin moelleux ; Mes fesses ne supporteraient pas encore le contact rugueux des fibres végétales.
Elle continue.
- Oui, j’imagine que tu aime çà… C’est dingue !
Elle secoue la tête. Je crains par-dessus tout sa condamnation. Perdre l’estime de ma sœur serai insupportable, pourtant je sais que ma conduite n’est pas faite pour attirer la mansuétude.
Elle porte la main à son front et sa tête se renverse.
- T’es complètement dingue ma chérie… Mais j’aime çà !
Mon cœur se remet à battre. La dernière phrase sonne comme un assentiment.
Elle rit bruyamment de bon cœur. Elle semble ne pas en revenir.
Elle secoue la tête en riant balançant ses longs cheveux de feu puis se calme et me regarde par en dessous. Elle aussi a envie de se confier.
- Tu sais… J’ai essayé avec Xavier !
Elle s’interrompt et jauge ma réaction du regard.
Je fronce les sourcils d’incompréhension
Elle a un petit sourire gêné.
- Ben si… Tu sais… La soumission…J’ai essayé avec Xavier !
Je comprends brusquement. Xavier c’est le petit ami de Béatrice... Enfin, l’"ex" petit ami.
Je prends l’air étonné.
- Mais, c’est fini avec Xavier ?
- Oui, oui. Je veux dire, pendant que nous étions ensemble !
- Un soir je lui ai demandé de me dominer… Pour… Pour voir… Pour savoir ce que cela faisait ! Ce que tu m’as raconté avec Marc... Enfin tu vois quoi !
Elle est agacée que je continue à faire semblant de ne pas comprendre.
- Et alors ?
- Ben alors… çà a été lamentable… Il n’a rien compris. Je crois même, qu’il m’a prit pour une folle…
Elle a un geste de dépit en chassant de la main une mouche imaginaire.
Elle hoche plusieurs fois la tête puis continue.
- Cela doit faire drôle… de porter un collier ?
Elle a une moue désabusée. Je lui réponds par un sourire
Mue par une soudaine inspiration je me lève d’un bond et lui lance.
- Attend !
Je me précipite aussi vite que me le permettent mes pieds nus sur le sol dur et rejoint ma chambre. Je m’empare d’un de mes colliers, celui avec un anneau d’acier, et reviens près de Béatrice qui n’a pas bougé. Je m’agenouille près d’elle et lui soulève sa lourde chevelure encore mouillée en riant. Elle a compris ce que je suis en train de faire et elle tend la nuque en baissant la tête.
J’achève de lui nouer la lanière de cuir et rejoins mon fauteuil en lançant joyeusement.
– Et voilà… Tu sais maintenant !
Béatrice porte la main a son cou et caresse longuement l’anneau de soumission entre le pouce et l’index. Puis soudain d’un bond elle se précipite au sol s’y agenouille les jambes écartées. Elle place les mains dans le dos et se met à déclamer à tue-tête comme une actrice de théâtre qui sur-joue son rôle.
– HOOooOOuiiI ! Moon Maître… Faites de moi ce que VOUS voulez …Je VOUS appartiens…je suis VOTRE esclave… !
Et elle termine sa tirade dans un éclat de rire.
Je ne peux m’empêcher de m’esclaffer de ses pitreries. Et rions toutes les deux de bon cœur.
Nos rires se calment peu à peu. Je baisse la tête et lui lance sans la regarder, avec gravité.
– Tu sais… Pour moi c’est du sérieux !
Béa ne réponds pas, elle tente de reprendre son souffle. Elle ne modifie pourtant pas sa pose. Je lève rapidement les yeux vers elle, puis les baisse de nouveau. Je sens le rouge me monter aux joues. Cela m’émeut de la voir ainsi en posture de soumission, mon collier de servitude autour du cou. Même si je sais qu’elle joue.
Elle a perçu mon trouble mais elle reprend sur le ton de la confidence.
- Tu crois que Marc voudrait de moi ?
Mon cœur loupe un battement puis accélère brutalement. Un frisson glacial me parcourt le dos. Je redresse vivement la tête, interloquée.
Béatrice a un petit sourire navré. Elle penche la tête sur le coté comme dans l’attente d’une réponse.
Mes oreilles bourdonnent et le sang reflux de mon visage. Je détaille ma sœur aînée. Une femme, belle… très belle. La taille fine, Les hanches pleines, la poitrine haute perchée qui se soulève et tend la fine pièce de tissus de son maillot au rythme de sa respiration. Un ventre tendu comme la peau d’un tambour et des jambes longues et nerveuses affinées par des heures d’équitation. A 26 ans elle garde le doux ovale de son visage encadré de longs cheveux or et feu. Des yeux malicieux d’adolescente et pourtant elle est terriblement femme. Terriblement !
Un nouveau frisson me parcourt
Oh oui ! Oui, Mon Maître voudrait d’elle. Sans aucun doute !
Et comme je serai fade à côté d’elle !
Mon cœur se serre et j’essaye, en la dévisageant, de deviner si elle plaisante. La petite moue pincée de ses lèvres me laisse dans l’expectative comme si elle cherchait à me faire deviner ses pensées.
Et puis, je comprends et me rappelle soudain. Un feu intense embrase mon dos et les cheveux de ma nuque se hérissent. Il faut que je sache !
Je me redresse.
- Tu… tu es en contact avec lui ? … Il t’a téléphoné la semaine dernière ?
Béatrice penche la tête sur le côté l’air surpris. Elle hausse les sourcils d’incompréhension.
Elle m’agace ! Est-ce qu’elle feint l’incompréhension ou bien cherche-t-elle à me faire sortir de mes gonds ? Ce ne serait pas la première fois.
Je souffle et lance.
- Oui, tu sais quand il m’a… il… le téléphone, il voulait… Enfin il a laissé le téléphone ouvert quand…. Ah bon sang ! Tu le fais exprès ?…
- …Tu sais bien Quand il…
Cette fois je rougis violemment et perds tous mes moyens. Comment lui dire, comment lui raconter cet épisode sans mourir de honte (Cf : Le triangle à quatre côtés)
Tout en gardant les mains dans le dos Béa hausse les épaule.
- Non… Je ne vois pas ce que tu veux dire !
Et elle détourne immédiatement la conversation en continuant
- Tu m’emmènes avec toi au printemps ?… Tu y retournes au printemps ?… Non ?
Je suis totalement décontenancée. Que répondre ? Je me laisse lourdement tomber en arrière dans le fauteuil, bouche bée. Mais je choisis de ne pas répondre.
Un long silence suit.
Béatrice se relève souplement de sa position de soumission au sol et s’allonge sur le divan de rotin. Je l’observe à travers mes yeux mi-clos.
Si elle savait !
Comment vais-je faire pour coucher cette histoire sur mon blog en sachant que Béatrice boira chacune de mes lignes !
Si elle savait !
Si elle savait qu’une fois fouettée mon Maître, malgré mes pleurs avait exigé que je me relève que je m’appuie de nouveau contre la table et que j’écarte les jambes largement. L’assaut qui a suivit était prévisible et il n’a eu aucun mal à me pénétrer. J’ai pris conscience alors que mon ventre était trempé de plaisir comme rarement. Un plaisir veule relevé par la succession de coup de boutoir qui a suivit et m’a arraché des gémissements d’un autre ordre que celui de la douleur. Mon Maître affirmait ainsi sa prérogative et ses mains brûlantes sur mes hanches en étaient les sceaux de servitude.
Si elle savait que sa petite sœur, non seulement avait contenté celui qu’elle voulait rencontrer par son ventre, mais que sa bouche également avait été immédiatement sollicitée de la plus humiliante des façons pour faire renaître et prolonger le plaisir de Marc… Comment lui dire ?
Et comment lui avouer que la danse de nos ébats nous a tous deux amené sur le divan de cuir de l’atelier et que sa petite sœur allongée nue, empalée sur le sexe de son Maître, la tête douillettement posée sur le creux de son épaule, sachant qu’elle ne le reverrait plus avant longtemps, trop longtemps, avait murmuré d’une voix timide presque inaudible en cachant son regard.
- Monsieur… S’il vous plaît … So…Sodomisez moi… s’il vous plaît !

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24 mai 10

Chap.72. Chant du fouet, chœur de soumise

Comment vous décrire l’étrange état de latence dans laquelle je me trouve en l’attente du premier choc ? Le temps semble s’étirer. Des secondes qui paraissent des heures rythmées par le sang qui bat à mes tempes. Mes joues sont brûlantes de fièvre. Tous mes sens sont en alerte. Le sifflement de la badine dans l’air devient une stridence menaçante et je perçois parfaitement le souffle qu’elle déplace en me frôlant et qui vient mourir sur la peau sensible de mes fesses offertes.
A la proximité du péril l’épiderme de mes reins se hérisse et un froid glacial court le long de ma colonne vertébrale. Je me mords les lèvres et respire profondément. Il faut que je me calme ! Que j’accepte ! Mais dans un reflex puéril les muscles de mon dos se tendent pour se préparer à amortir le coup qui ne va pas tarder.
Je ferme les yeux.
Comment vous expliquer l’étrange sentiment de plaisir diffus qui s’empare de mon esprit ? Comment vous dire l’impensable sensualité que dégage ma situation ? Malgré la crainte, ou peut être bien à cause d’elle, mon ventre s’amollit et se trempe au-delà de toute raison. Mon cœur s’accélère encore un peu, mon esprit se trouble.
Mon Maître va me fouetter !
Et j’en suis fière !
Je le redoute mais au plus profond de moi, je le désire. D’un désir caché, vibrant, indescriptible, innommable. Un plaisir au-delà de toutes les règles de la morale, des vertus que l’on m’a jusque là enseignées.
Je sais que je vais souffrir. Mais cela sera de Sa main, et cela vaut toutes les caresses du monde !
Oui ! Moi, la tendre, la sage Isabelle j’accepte et je désir de tout mon corps aux fibres tendues comme une harpe, les premiers accords que va jouer Mon Maître.

Sa main brûlante se pose sur ma croupe. La baguette de cuir l’accompagne et glisse lentement du haut de mes hanches en bas de mes cuisses comme si elle cherchait où commencer son inavouable besogne. A son contact froid et prémonitoire mon ventre s’électrise, un spasme incoercible le raidit de plaisir. Je retiens un petit cri, mais ne peux m’empêcher un soupir de ravissement.
Mon dieu ! … Mon Maître ! Faites que cela commence ou bien je vais m’évanouir !
Après s’être assuré de la parfaite cambrure de mes reins sa main me quitte. Marc fait un pas en arrière. Je ne suis que chair frémissante, tendue, vacillante et presque agacée par l’attente lorsqu’un sillon de feu traverse mes reins avec la soudaineté de l’éclair.
Je n’ai pas entendu le léger sifflement qui a précédé le coup. Je sursaute de tout mon corps et retiens un cri. Une chaleur intense irradie depuis la ligne de feu à travers mon dos. J’ai à peine le temps de comprendre que mon calvaire commence qu’un bruissement d’air et une nouvelle ligne ardente déchire ma peau. Je serre les dents convulsivement et ouvre les yeux en grand. Un troisième coup s’abat et me scie le bas des reins. Cette fois je ne peux m’empêcher de lâcher un gémissement guttural et dans un spasme de douleur incontrôlable je me hisse sur la pointe des pieds et retombe aussitôt sur mes talons.
Ma respiration s’emballe, mes jambes tremblent imperceptiblement. Je baisse la tête entre mes bras, résignée.
Je sais, pour l’avoir déjà éprouvé, que Mon Maître tient à son rituel ; Un rituel parfaitement élaboré et conçu pour exacerber les sens. Les coups vont toujours par trois, espacés d’un temps de latence plus ou moins long. Ne pas savoir quand va reprendre la volée tout en sachant qu’elle va avoir lieu Mais que cela pourrais être aussi la dernière, est à la limite du supportable. De même que lorsque le premier coup est porté, je suis sûre que deux autres vont suivre et que je ne pourrais pas y échapper. Quoiqu’il arrive, il y en aura deux autres ! Et cela ajoute la crainte au ressenti de la douleur qui semblera bien plus intense, même si le fouet s’abat avec la même force.
Et Marc ne déroge pas à Sa règle. J’ai le temps de prendre deux courtes respirations et de serrer les poings lorsque qu’un nouveau sillage incandescent me cingle la croupe. Il me coupe le souffle. Mais les deux autres tombent avec tant de force que je les accompagne de cris de détresse incoercibles. Mes reins sont en feu. Des larmes perlent au bout de mes cils. Je ferme les yeux et les gouttes salées s’écrasent sur mes mains tétanisées.
Un court répit. La badine de cuir se pose sur le haut de me reins et glisse rapidement contre mes fesses. Son contact est glacial sur ma peau incendiée. Et la main de Mon Maître qui m’avait paru si chaude est maintenant d’une fraîcheur bienfaisante. Ce n’est qu’un effleurement, une reconnaissance, mais cela me fait tellement de bien que je ne peux m’empêcher d’en sourire d’aise.
Sous ses caresses le brasier de mes reins pulse et se propage à tout mon corps. Une chaleur intense bat à mon front alors qu’un chaud et froid me hérisse les cheveux de la nuque. Je frissonne tandis que des gouttes de sueurs glacées naissent et trouvent leur chemin sur mon cou. Maintenant qu’il est commencé j’ai le sentiment que mon calvaire ne s’arrêtera plus.
Une pause interminable. Et ma raison s’effondre un peu plus lorsqu’une lame flamboyante sabre mes reins. Sous le choc mon esprit se dédouble. Comme dans un rêve j’accueille par mes cris et mes plaintes les deux autres volées qui me cinglent la croupe. Mes genoux se mettent à trembler. Je laisse filer mes larmes, mais je mets un point d’honneur à retenir mes pleurs.
Trois !
Les trois coups sont tombés ! Je ne suis plus qu’attente. Les trois autres vont-ils s’abattre sur ma croupe tendue ? Ou bien est-ce la fin ? Cette fois je ne retiens plus les tremblements incoercibles de mes jambes. J’avale avec peine mes sanglots. Mon dos n’est plus qu’un champ de lave brûlante que laboure Mon Maître, imperturbable. Le temps se raccourcis. Mes muscles se tétanisent de crainte dans la perspective redoutable de la prochaine volée. Mes orteils se crispent et ma mâchoire se serre avec force.
Je ne tiendrais pas !
Je ne résisterais pas longtemps !
Je n’ai plus qu’une envie me laisser tomber au sol, me traîner à ses pieds et implorer sa pitié. Je suis prête à tout pour que cesse ce calvaire. Mais cette idée ne m’effleure l’esprit qu’un centième de seconde. Le temps qu’une soudaine traînée de feu zèbre mes fesses. Cela me semble insupportable et pourtant j’accueille la collision avec le fouet d’un vagissement retenu en serrant les poings, mais en restant debout. Un deuxième sifflement rapide mais ténu. Un nouveau sillage de feu s’ouvre en travers de mes reins. Je pousse un cri aigu et mes genoux plient. Je me redresse dans un gémissement avant qu’un éclair incandescent ne me coupe en deux. Cette fois je ne peux retenir un glapissement de douleur et un gémissement éploré. Mes jambes cèdent sous moi et je tombe sur le sol à genoux en pleurant à chaudes larmes.
 

 

FCIsabelle

 

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28 avr. 10

Chap. 71. Pour Son plaisir.

Je reste un long moment sous le choc des révélations que vient de faire Mon diabolique Maître Pendant ce temps il range comme si de rien n’était ses crayons et ses pinceaux, se relève de son siège et s’approche de moi. Il me frôle l’épaule de la main
- Debout Isabelle ! Viens !
Je me déplie lentement. Mes courbatures se réveillent et je retiens un gémissement. Peu à peu la circulation sanguine revient dans mes chevilles, mes pieds. Debout, je traverse l’atelier à travers les rayons du soleil qui transperce les larges baies. Sa chaleur sur ma peau me fait un bien fou. Marc m’attend. Il est debout adossé à une longue table de travail. Je m’approche d’un pas, et prend la pose de soumission, la tête baissée.
- Tu t’en vas demain ?
Je ferme les yeux. Mon cœur se gonfle à cette évocation. Je lance dans un souffle de dépit.
- Oui Monsieur !
Marc fait un pas en avant. Ses mains se posent sur ma poitrine et ses doigts viennent jouer avec mes tendres mamelons qui se durcissent sous la caresse. Une onde brûlante me parcourt le dos. Mes cheveux se hérissent sur ma nuque.
Enfin ses mains sur moi ! En silence, il appuie longuement sa caresse. Ma respiration s’accélère et se fait plus profonde. Il ne peut manquer de percevoir le trouble qu’il provoque.
J’entrouvre la bouche.
La main droite quitte sa caresse et vient prendre mon menton me forçant doucement à relever la tête vers lui. J’ouvre les yeux et plonge dans son regard clair, malicieux.
Je voudrais hurler : Oh monsieur ! Gardez moi ! Faites que je ne parte pas !
Mais aucun son de sort de bouche. J’ai la gorge sèche comme du papier. Mes chevilles deviennent de coton.
Mes yeux se mouillent.
Marc sourit.
– Allons petite fille… Tu ne vas pas pleurer ?
– N… Non, Monsieur !
En fait, je déglutis péniblement et lutte désespérément pour ne pas fondre en larme. Marc n’est pas dupe. Il se penche en avant et vient déposer un baiser sur mon front. La main glisse sur mes reins et ses lèvres s’approchent de mon oreille pour y murmurer.
- Je veux te fouetter Isabelle !
Le sang de mon visage reflux violemment. Je crois avoir mal compris. Marc se redresse un large sourire aux lèvres.
Envolé mon chagrin.
Je le regarde interloquée.
- Mais … Je… Vous me punissez ?
Et cherche désespérément la faute que j’ai pu commettre depuis ma récente expiation. Ou bien est ce là, la continuité de ma punition ?.
Marc a une petite moue de désapprobation.
- Mais non, Mademoiselle, ce n’est pas une punition…
Il me sourit tendrement
- C’est juste pour… mon Plaisir !
De nouveau sa main se saisit de mon menton et me force à le regarder.
- Vous voulez bien Mademoiselle ?
Je sens le feu qui monte à mon visage. Il me demande mon avis ? Mon autorisation ?
Les images de Laure, que j’ai dû moi-même fouetter contre mon gré, et les coups de ceinturon que Marc m’a infligé dans une chambre à Lyon me reviennent en mémoire.
Mes jambes tendues se mettent à trembler imperceptiblement. Je sais la souffrance que cela annonce.
Marc insiste.
- Le voulez-vous Mademoiselle ?
Mes oreilles bourdonnent et sa voix me parvient à travers un brouillard cotonneux. Comme dans un rêve je m’entends répondre à voix basse
- Oui, Monsieur !
- Pour mon plaisir ?
- Oui, Pour… Pour Votre plaisir, Monsieur !
Sa main lâche mon menton. Il s’éloigne vers une des étagères du fond. De loin il lance.
- Penche-toi en avant sur la table !
Devant moi, j’avise la table d’atelier à laquelle Marc s’était adossé et qu’il vient de quitter. Je m’approche d’un pas. Je me penche. Mes coudes entrent en contact avec la surface froide. Mes cheveux tombent de chaque côté du visage, mes reins se cambrent, ma croupe se tend. Je me mords les lèvres. Mon cœur s’est mis à battre la chamade. Je ferme les yeux et écarte les jambes car je pense que c’est ainsi qu’il veut me voir.
A travers les battements de mon cœur qui tapent à mes tempes, j’entends Marc qui fouille dans les placards. Apres un long moment il revient vers moi. Sa main se pose et pèse sur le creux de mes reins pour en accentuer la courbure. Sur la table à côté de moi un petit bruit sec attire mon attention. Curieuse, j’entrouvre les yeux. Marc vient de déposer un petit objet sombre que je reconnais comme un enregistreur mp3.
Sa main brûlante s’attarde longuement sur ma croupe la caressant dans ses moindres reliefs. Mon ventre s’amollit. Une onde chaude naît du bas de mon ventre et cours sur la surface de ma peau. Il ne faut que le cours instant d’un doigt introduit rapidement entre les lèvres de mon ventre offert pour que Marc constate l’effet produit de ses caresses.
Il se penche à mon oreille et murmure, narquois.
- Je t’autorise à y prendre du plaisir… Mais tu ne n’as pas attendu à ce que je constate !
Entre mes cuisses, son doigt s’enfonce un peu plus et fouille la chaude moiteur de mon vagin, s’enduisant de l’abondant flux de liqueur de Cyprine. Inutile de nier le plaisir veule que prend mon corps vibrant d’impatience.
Je réponds d’une voix étouffée
- Oui, Monsieur…Merci Monsieur !
Pourtant je sais que le plaisir va être de courte duré lorsque j’entends vibrer le sifflement caractéristique d’une badine de dressage dont on éprouve la souplesse en fouettant l’air vigoureusement.

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21 avr. 10

Chap.70 : Les règles du jeu.

Je raconte à Marc notre retour.
Je lui explique comment, entièrement nue, j’ai rejoins l’imposant 4x4 de Kristale. Comment à chaque passage de véhicule je me recroquevillais sur le siège, allant même à me glisser jusque sous le tableau de bord de cuir lorsque nous traversions les villages épars et heureusement encore endormis. Kristale n’arrêtait pas de s’esclaffer et de se moquer.
Nous sommes arrivées au petit matin devant la porte de mon meublé, mes cheveux encore humide. Une dernière angoisse au moment d’ouvrir la portière et de me précipiter vers l’huis entrouverte, poursuivie par les éclats de rires de la belle hollandaise. Un petit mètre à parcourir, mais le bout du monde pour moi. Nue dans la rue déserte, à la vitesse de l’éclair, je me précipite contre le panneau de chêne que je referme en catastrophe derrière moi et m’y adosse, les yeux fermés pour retrouver mon souffle et mon calme. Mon cœur bat à cent à l’heure.
J’ouvre les yeux.
- Et vous étiez là Monsieur ! …
Assis dans le grand fauteuil, un sourire en coin. Les vêtements que vous m’aviez ôté la veille, parfaitement rangés sur la table du salon. M’apercevant de votre présence, sans hésiter, je me suis immédiatement précipitée au devant de vous, m’agenouillant dévotement sur le sol froid, les jambes largement écartée, les mains dans le dos, la tête baissée, ma poitrine se soulevant d’émotion trahissant ma joie de vous revoir. J’ai failli m’évanouir lorsque vos mains ont frôlé ma peau, que vous vous êtes penché sur moi et que, d’un geste rapide et sûr, vous avez ceint mon cou du collier de cuir retrouvé. Un baiser sur le front, votre souffle chaud sur ma nuque, votre voix douce à mon oreille.
– Repose-toi Isabelle ! Rejoins-moi à l’atelier en fin d’après midi pour me raconter çà !
Je n’ai pas eu plus de réconfort que celui de vous retrouver rapidement.
Et me voilà, Monsieur… à genoux devant vous !

Marc décroise les bras et prend une profonde inspiration.
Il a suivi sans trahir la moindre émotion le récit détaillé de ma pénitence, de mes humiliations, de mes répulsions, de mes peurs et de mes terreurs sans nom.
Il toussote dans sa main pour s’éclaircir la voix.
- Et… Tu as envie de me gifler ?
Marc a le don de me déstabiliser par ce genre de questions. Des questions qui vont droit au but et font mouche. Je m’aperçois par une rapide introspection que toute au long de mon calvaire à aucun moment je n’en ai voulu à celui qui m’a imposé ce supplice. Aucun sentiment de colère ou de réprobation à son égard.
Je le regarde interloquée.
Il continu comme s’il pensait avoir deviné mes pensées.
- Tu me hais pour cela, … Pour ce que tu as subi ?
Je retrouve enfin la parole et lance dans un souffle
- Oh non, Monsieur !… Jamais. Mais…
- Mais ?
- Je me suis juste demandé pourquoi vous me faisiez çà…
Le sourcil de Marc se soulève en accent circonflexe.
– Pourquoi ?… Mais parce que cela faisait parti de tes fantasmes !
A mon tour je fronce les sourcils d’incompréhension
- Oui, souviens-toi ! Lors de ton arrivée, le rêve que tu as faite… Celui où tu étais sous l’emprise de plusieurs hommes…
Je me remémore soudainement cet épisode. Marc avait exigé que je lui raconte ce rêve érotique.
-… L’occasion était trop belle pour t’infliger plusieurs leçons d’un seul coup… Tu devrais me remercier… Nous,… remercier pour cela…
Il se frotte le nez.
- D’abord que tes fantasmes sont toujours plus légers que la réalité. Ce sont tes fantasmes qui t’ont conduite à me proposer ta soumission et tu vois que cela n’est pas toujours aussi réjouissant que cela. De même que ton fantasme d’être à la merci de plusieurs hommes.
- Tu as remarqué que tu ne portais aucun attributs de ta soumission. Ton collier par exemple… Tu sais Pourquoi ?
Je réfléchis un instant et tente une explication.
- Parce que ces hommes n’étaient pas des Maîtres, Monsieur ?
Marc hoche la tête avec un sourire satisfait.
- Tu as parfaitement compris. Ces hommes ne font pas partie du cercle. Ils ont simplement été invités par Kristale à… disons, … des réjouissances, qu’elle aime organiser.
Je doit pâlir un instant… Des hommes hors du cercle !
Marc doit s’en apercevoir et cherche à me rassurer.
- Ne t’inquiète pas ils ont été " examinés " par Kristale. Ils ont subi, comme toi et moi, une prise de sang. Mais le fait principal est que, c’étaient des vanilles…
-… Et donc le safeword n’était ici d’aucune utilité… D’ailleurs tu n’en avais pas besoin !…
Il tourne légèrement la tête tout en me fixant avec une expression ironique, comme un professeur qui attend la récompense d’une réponse juste de sa meilleur élève. Il patiente un instant, pour que ma réflexion aille au bout.
Mais tout cela est confus à mes oreilles. Je ne comprends pas ce qu’il veut me dire. Je reste bouche bée.
Il continue
-… Tu n'en avais pas besoin… Car il te suffisait de refuser… De dire " non " à ces hommes. Tu étais entièrement libre de ton choix… Puisque tu n’avais pas affaires à des Maîtres… Et d’ailleurs, ils ne connaissent rien de ta condition !
Une onde froide me parcourt le dos.
Je viens brusquement de réaliser.
Ainsi, j’aurais pu me soustraire à cette épreuve ?
A aucun moment je n’ai été sous la coupe de qui que se soit. Je me remémore, l’insistance de Marc sur la prise de ma décision alors que j’étais nue devant lui dans la clairière. A ce moment là j'aurais pu refuser ?
Une immense vacuité s’empare de mon esprit.
Mon dieu ! J’aurais pu refuser !
Et a aucun moment je n’ai compris cela ! Trop préoccupée à obéir, du moins le croyais-je, à Mon Maître.
Trop attentive à ne pas le décevoir.
Je balbutie.
- Je …J’aurais pu… refuser ?
- Oui, Bien sûr ! A aucun moment je ne t’ai donné l’ordre d’obéir que je sache. Je t’ai même proposé de renoncer… souviens-toi.
Totalement décontenancée, Je ne peux que répéter.
- J’aurais pu refuser ? …Sans rompre le contrat ?
Marc éclate de rire
- Oh! Que oui ! Et ton refus aurait eu une conséquence que tu ne soupçonne pas.
Je reprends ma respiration et lève un regard interrogateur sur Mon Maître.
Il sourit, joint les deux mains et se penche sur moi en s’appuyant des coudes sur les genoux.
- C’est Kristale qui a proposé ta punition lorsque je lui ai fais part de ton rêve. Elle était persuadée que tu étais trop inexpérimenté, que tu craquerais. J’ai accepté à la condition que cela ne te soit pas imposé. Qu’il y aurait une porte de sortie pour toi ! …Et… Il y a mieux !
Son visage s’éclaire d’un large sourire.
- ... J’ai exigé que, si tu avais refusé, ce soit elle qui prenne ta place !… On ne déçoit pas cinq hommes dans la force de l’âge, à qui on a promis une soirée torride ! Et qui se sont déplacés rien que pour cela… Non ?
Le sang reflue de mon visage. Ce sont des coups de massue que je reçois à chaques révélations. Des plans dans les plans, des accords à tiroir. Un machiavélisme digne de mon Maître, qui ne se contente jamais du banal et de la simplicité. Et je comprends mieux maintenant la règle " Nul n’impose une punition qui ne l’implique lui-même !" Je me rends compte à quel point Kristale était impliquée. C’est elle qui aurait subit le châtiment, si j’avais, l’espace d’un instant, renoncé, refusé sa propre punition !
Je tente de reprendre mes esprits.
J’ai été un jouet dans leurs jeux d’adultes. Un jouet consentant. Une soumise poussée à l’apogée de son renoncement en choisissant elle-même son destin. Et si je suis venu me mettre sous la férule de Mon Maître, c’était effectivement bien pour cela.
Dans un soupir, ma poitrine se gonfle de fierté.
Marc comprend ma réflexion intérieure.
- Toi qui admire tant Laure, sache que ce que tu as fait, est digne d’une Kajira.
Il prend une profonde inspiration.
- Et je suis vraiment très fier de toi ! Je t’ai laissé choisir et tu as choisi le chemin que j’attendais de toi… Et pas le plus facile.
Impulsivement, je tente de tempérer son enthousiasme.
- Mais… Mais ils ont voulu me…Me… J’ai voulu m’enfuir ! J’ai…
Marc me coupe.
- Oui, oui ! Je sais ! Kristale m’a raconté çà… Tout était sous contrôle ! Toute la nuit, elle est restée dans la pièce d’à côté. Elle veillait sur toi ! C’est fou ce qu’on peut faire avec un ordinateur portable et une simple petite camera web.
Il porte la main à son menton et continue sur un ton malicieux.
- D’ailleurs nous organiserons certainement une petite soirée pour visionner ta prestation. Tes ébats sur écran géant, cela doit être du plus haut intérêt !

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17 avr. 10

Chap. 69. Une serviette de trop.

- Les hommes sont des bêtes !
Kristale vient de lancer ces mots comme une imprécation, brisant le silence qui suit nos ébats. De l’eau est répandue partout dans la salle, il en ruisselle même contre les murs. J’ai retrouvé le rire et la joie d’étreindre un corps brûlant, offert, ce corps que j’admire tant. J’ai retrouvé la joie de l’extase lorsque les doigts experts de Kristale ont fait vibrer ma peau et mon ventre. Lorsqu’ils m’ont fait crier grâce et qu’en riant nous nous sommes toutes deux laisser retomber dans l’eau dans un dernier grand éclaboussement.
- Les hommes sont des bêtes !
Relance Kristale d’une voix plus ferme, avec son étrange accent hollandais.
Je me relève sur un coude, ma poitrine sort de l’eau dans un bruit de remous, et la regarde interloquée.
Elle me fixe de ses yeux de glace bleue.
- Oui… Ne crois pas que cela m’a fait plaisir de te voir entre les mains de ses hommes !
Je baisse les yeux et tente de comprendre. Je croyais que c’était Kristale qui avait décidé de cette punition !
- Mais, mais, c’est toi… C’est vous qui avez …
Elle m’interrompt brutalement
- Ja…Ja… Je sais !
Elle semble en colère tout à coup, mais une colère tournée contre elle-même.
- C’est cette foutue règle… " Nul n’impose une punition qui ne l’implique lui-même !" C’est pour cela que nous t’avons donner cette punition. Ton Maître ne dois pas être plus fier que moi en ce moment, tu sais!...
- ... Et cela a été si facile de trouver des bourreaux !
Elle ferme les yeux et murmure de nouveau comme pour elle seule.
- Les hommes sont des porcs !
Cette fois je ne peux m’empêcher de lancer malicieusement, sur le ton de la confidence.
- Même Marc ?
Kristale rouvre les yeux, elle un petit sourire en coin.
- Ach !… Ton Maître ?… Oui !… C’est un peu différent !
Elle se fait pensive.
Emergeant de l’eau, sa main vient effleurer la pointe de mon sein gauche qui se durcis immédiatement sous la caresse.
- Tu as du remarquer que je ne prise pas trop les hommes… N’est ce pas ?
Je rougis à l’énoncé de ce qu'il m’a semblé une évidence au temps passé à ses côtés et de ses amies.
Le rouge de mes joues et mon attitude confuse a répondu à sa question.
Elle continue.
- Je me sers d’eux et eux de moi… Et ton Maître le fait bien… Pourquoi crois tu que je voudrais qu’il te cède ?
C’est pour t’avoir à mes côtés et continuer ton dressage… A ma façon !
Son regard devient troublant. Il n’y a aucune menace derrière le ton de sa voix, au contraire. Mon cœur se sert à l’évocation que Marc pourrait me donner à Kristale. J’essaye de détourner la conversation.
- Et … et Laure… ?
Kristale prend à son tour un air malicieux
- Décidément elle te plaît cette Laure !… Je l’apprécie beaucoup aussi,… Je l’accompagne en Italie auprès de son Maître après demain !…
Une poigne de glace broie mon cœur. Après demain ! … Déjà !
Je réalise que moi aussi je vais bientôt m’en retourner chez moi.
- Ha !… Vous… Vous partez ?
- Oui ! De toute façon la saison touche à sa fin. Après avoir rendu Laure à son Maître. D’Italie je regagne la Hollande, pour quelques semaines, puis je redescend… Tu seras partie d’ici là !
Elle prend tout a coup un air enjoué.
- Mais on se reverra n’est ce pas… Tu reviens au printemps ?
- Oh oui !… Bien sûr !
J’ai presque crié !
La réponse m’est venue tout à trac, avec une évidence fulgurante.
Je reste un moment interdite par la vigueur de ma répartie.
Kristale me contemple derrière un rire contenu. Un éclair bleu passe devant ses yeux
- Ben toi alors !… Après ce que tu …
Elle se reprend en se pinçant les lèvres. Comme si elle allait dire une chose qui ne devrait pas être dite. Mais il m’est facile de deviner ses pensées.
Après ce que je viens de subir, je suis prête à revenir me jeter aux pieds de Marc… Je ne suis pas à même de l’expliquer, et pourtant oui. Oui, trois fois oui.
Je reviendrais !
Je baisse la tête et rougis violemment en dévoilant à Kristale,avec autant d’évidence, mes inclinaisons à la soumission de Marc et le plaisir amer que j’en ressent. Oui malgré tous ce que j’endure, je sais que je suis prête à me damner pour poursuivre cette expérience hors du commun.
Brisant mon malaise Kristale s’ébroue et tape dans l’eau, provocant un jet irisé.
- Allons-y, je te raccompagne à ton " Maître vénéré "… !
En riant, elle se lève brusquement dans un bruit de ressac . Se rince une dernière fois sous le jet de la pomme de douche et sort de la baignoire d’un mouvement souple réunissant ses longs cheveux derrière la nuque. Elle est magnifique de féminité et d’assurance. Elle ne prête aucune attention à l’eau qui inonde le carrelage et d’un déhanchement agile se dresse sur la pointe des pieds pour se saisir d’un immense drap de bain blanc au liséré brodé. Je l’imite rapidement, elle me lance en riant un autre drap, récupère ses vêtements maculés de tache d’éclaboussures et sort de la salle de bain. M’enveloppant dans le tissu moelleux.
Je tente de la rattraper.
- Kristale… Kristale!…
Dans le couloir elle s’arrête et se retourne, interrogative.
- Kristale… Je… Je n’ai pas de vêtement !… Marc est parti avec.
Ses sourcils se froncent.
- Et alors ?…Tu n’en as pas eu besoin jusqu'à maintenant !…
Elle se retourne vivement continuant son chemin, lance.
- …Allez vient petite gourde ! …Et c’est Madame… Pas Kristale !…
Et,pointant d’un doigt rageur la porte de la salle d’eau que je viens de quitter.
- Et range-moi cette serviette !

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07 avr. 10

Chap.68. Purification.

Je ne me souviens à peine de la fin de cette nuit. Les hommes m’ont abandonnée abrutie de fatigue, d’étreintes immorales. Je les ai entendus sortir un à un de la pièce après s’être rhabillé péniblement en discutant à voix basses. Quelques-uns ont tenté une parole de réconfort, une dernière caresse maladroite comme on flatte une pouliche bien dressée pour la remercier. Et même, un baiser dans le cou suivi d’un " Au revoir, Isabelle " de compassion.
J’ai caché mon visage dans la couverture souillée pour ne plus les voir. J’ai serré les dents et les poings.
Qu’ils aillent au diable !
Les hommes sortis, j’ai plongé dans un sommeil agité comme on saute dans un puits sans fond, où se sont, dans un cauchemar, prolongées les étreintes abjectes de mes assaillants…

… Une odeur de tabac blond m’agace les narines et me tire brusquement de mon sommeil. Je cligne des yeux. Une lueur diffuse se glisse par la fenêtre. Il est très tôt. J’ai froid !
Je tente de ramener la couverture sur mon ventre nue. Mais ne peux la tirer bien loin. Le poids d’une présence assise sur le pied du lit m’en empêche J’essaye de me redresser pour identifier l’intrus et gémit de douleur. Un élancement me tétanise le bras et l’épaule stoppant net mon mouvement. Mon corps n’est que crampes et courbatures. Ma tête retombe lourdement. Peu à peu ma vision devient plus nette.
Kristale me regarde en tirant de petites bouffées nerveuses de sa cigarette.
- Il faut y aller Isabelle !
Elle laisse tomber sa cigarette et l’écrase du pied en exhalant une dernière bouffée.
- Marc va t’attendre !
Marc ? Marc ! Oui… Marc !
Enfin je vais le retrouver !
Je sais que cette fois l’épreuve est finie. Et pourtant je suis vide de sentiments. Trop épuisée !
Je tente de me relever péniblement en étouffant mes plaintes. Kristale se lève et vient à mon secours. Elle glisse un bras sous mon aisselle et se saisis doucement de mon poignet. Je me déplie lentement martyrisant mes articulations et mes tendons froissés.
La couverture tombe au sol.
- Allez ma chérie, une bonne douche te fera du bien !
Je l’entends à peine. Une boule de sanglots me noue la gorge. Des larmes trop longtemps contenues roulent sur mes joues en silence. Nue, tremblante, au bras de Kristale, je traverse la pièce et m’engage dans les couloirs, accompagnée du claquement sec et froid des hauts talons de la belle hollandaise sur le sol de grès.

Je me redresse au fur et à mesure que je m’éloigne de ce lieu maudit. Mais un poids énorme continue à me peser sur les épaules. Kristale me mène dans une salle d’eau surchauffée. La différence de température me saisit, la tête me tourne un peu. Kristale me lâche au beau milieu de la pièce, retrousse ses manches et se dirige vers une immense baignoire de cuivre et de faïence.
D’un œil morne je contemple la pièce. Une salle de bain de style rétro qui a oublié le confort moderne. Un énorme radiateur de fonte, un sol de carrelage blanc qui grimpe sur les murs et s’achève sur un liseré de parement bleu. Un grand miroir piqué de tache d’oxydation au dessus d’un lavabo de céramique aux robinets de bronze. Tout est très vieux mais bien entretenu. Des savons parfumés et des bocaux de sels de bain multicolores égaillent la pièce. Des draps et serviettes brodés bien rangés sur des étagères semblent m’attendre. Cela sent le champ de lavandes après la pluie. Un gros bouquet de fleurs séché posé sur la margelle de la baignoire renforce l’impression d’être hors du temps comme dans une photo de David Hamilton.
Je ne peux m’empêcher de contempler mon reflet dans le grand miroir ;
Une silhouette d’ivoire blanc, voûtée, accablée. Un visage défait la bouche entrouverte, hébétée de stupéfaction, les yeux vitreux, mouillés, brillants de fièvre aux cernes bleutés. Mes cheveux roux ont perdu leur belle couleur de cuivre et ressemble à du crin rouillé emmêlé par le vent, comme si je venais de prendre une averse. Ma peau est maculée de plaques séchées et brillantes. Je me recroqueville un peu plus. Un haut le cœur me saisit en reconnaissant les marques d’épanchement qu’ont laissés les hommes sur ma peau.
Kristale tourne le robinet de la douche qui surplombe la baignoire et revient vers moi. Elle veut me prendre par le poignet lorsqu’un hoquet effroyable me prend. J’avise en catastrophe un bidet à côté de la baignoire et m’y précipite.
La vision de Stéphanie se glisse devant les yeux, je la revois éructant et vomissant son dégoût après sa terrible épreuve. Je m’étais alors dit que jamais je ne pourrais supporter pareille offense. Mais maintenant, pitoyable, c’est moi qui suis à genoux tentant de vomir le peu de bile de mon estomac vide dans des spasmes incoercible et douloureux qui me secouent de la tête aux pieds, me laissant sans souffle. De grosses larmes roulent le long de mes joues
Aux pieds de Kristale je perds le peu de dignité qui me reste encore. Les convulsions de mon ventre se calment peu à peu. La nausée passe dans les derniers spasmes. Je m’effondre alors, anéantie, sur le rebord du bidet, cache mon visage sur mon bras et me met à pleurer de tout mon saoul.
Kristale attend patiemment que s’apaise mon affliction.
Evacuer mon chagrin et la tension nerveuse dans un flot de larmes et de gémissements est le bienvenu. De ce chaos émotionnel émerge une pensée qui va rapidement s’affirmer dominant le flot sombre et tumultueux.
Marc… Je veux revoir Marc !
Revoir mon Maître et me présenter à lui...
Monsieur je suis là !
Je suis digne de vous.
J’ai passé votre épreuve et je suis à vos genoux…
Encore plus forte qu’avant !

Je ne peux m’empêcher de sourire à cette pensée. Apaisée de certitude et rassérénée dans ma foi, je renifle bruyamment et tente de me relever. Une fois encore et sans un mot Kristale se précipite à mon secours en me prenant par le bras. Nos yeux se croisent. Elle se détourne, gênée. Elle n’a pas compris ma nouvelle détermination dans mon regard et a dû le prendre pour un lourd reproche.
Comme une enfant, je me laisse mener sous la douche. Le jet est brûlant et salvateur. L’eau va chasser les immondes caresses et le mucus amère qui couvre ma peau et souille mes cheveux. En silence, Kristale me tend un gros savon parfumé et s’empare des sels de bain qu’elle répand dans l’eau qui commence à monter dans la baignoire. Il me semble qu’il n’y a pas assez de savon dans cette pièce pour faire disparaître les traces des ignobles soudards. Par trois fois je m’enduis le corps et le frotte énergiquement. Faisant fi de la présence de Kristale je m’introduis les doigts partout où les hommes ont pu y déposer la démonstration de leur jouissance et je veux frénétiquement faire disparaître la moindre trace de leur passage.
Je ne peux pas me présenter devant Mon Maître dans leurs odeurs fétides!
Kristale se munit d’un gros gant de velours et m’en frotte le dos. Je ne dis rien, la laisse faire et m’assoies dans l’eau pour me mettre à sa hauteur. Peu à peu mon énergie revient, je respire mieux, ma poitrine se débloque. Je ferme les yeux et me laisse tomber en arrière dans l’eau savonneuse, m’adossant au rebord de la baignoire...

...Un clapotis me tire de ma rêverie. Sans que je la remarque Kristale s’est déshabillée et vient de plonger un pied dans l’eau trouble. Je ne suis pas surprise. Elle se penche sur moi en prenant appuie sur les rebords. La pointe de ses longs cheveux blonds platine vient se tremper près de ma poitrine. Elle me regard par en dessous.
J’esquisse un pâle sourire.
Rassurée, elle se glisse lentement à mes côtés faisant monter le niveau de l’eau qui manque submerger ma bouche. Je me redresse et elle en profite pour passer un bras sous mon épaule. Sous l’eau, sa main se pose sur mon ventre et le caresse doucement. Je ferme les yeux en glissant la main contre son flanc, me blottissant sur sa poitrine, me laissant ceinturer de ses bras, cherchant un réconfort apaisant.

J’ai accepté ses caresses et ses baisers. Je le lui ai même rendu. Nous avons joué sans un mot avec nos corps. Ma fatigue s’est envolée quand nos lèvres se sont jointes et que nos langues se sont rencontrées.
Car seuls les caresses peuvent effacer des caresses et des baiser faire oublier d’autres baisers. Et j’ai découvert chez Kristale ce don qu’elle partage avec mon Maître celui, après chaque épreuve, de me rendre ma pureté, d’un simple contact, d’une simple étreinte.

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28 mars 10

Chap. 67. Dérobade.

Marc s’interrompt de peindre. Sans le laver, il repose son pinceau sur sa table de travail et se tourne vers moi. Son visage est soudain devenu impénétrable et ses yeux clairs semblent me percer de part en part. J’arrête mon récit et n’ose à peine respirer. C’est à voix basse que j’ai décrit mon refus et ma révolte croyant la minimiser à ses oreilles, et pourtant l’écho de mon manquement semble avoir éclaté comme un coup de tonnerre dans la pièce. Mon cœur bat à coups redoublés et j’attends, abattue, sa sentence.
Je devine ce qu’elle va être… Le contrat est rompu !
Marc prend une profonde inspiration et secoue la tête, il émet ce petit claquement de langue qui lui est si caractéristique lorsqu’il est agacé. Il semble terriblement déçu.
D’une voix sourde il lance.
- Vous avez failli Mademoiselle!
Le vouvoiement que Marc vient de reprendre n’augure rien de bon. Une vague brûlante déferle sur ma poitrine. Le reproche me fait monter les larmes aux yeux. Je me racle la gorge sèche.
- Je… Oui… Oui, Monsieur !
Une goutte salée perle au bout de mes cils et roule le long de ma joue.
Je baisse la tête, la larme s’envole et s’écrase sur la peau blanche de mon sein.
- Je… c’était trop dur Monsieur… Trop difficile !
Il faut que je me justifie, que je plaide ma cause ! Je ne peux pas laisser terminer mon aventure ainsi. Et le silence de Marc m’indique qu’il attend que je le fasse.
- Je… Il voulait… me…
Le mot butte au fond d e ma gorge.
Marc reste impassible.
- Il voulait me …sodomiser…et, et, je voulais vous le réserver.
Je relève la tête et le fixe droit dans les yeux. Prenant l’attitude la plus malheureuse possible, implorante.
- Et... Je veux que cela ne soit que vous qui puissiez me faire çà !…
- …Que vous… Maître !
Je sais que mon argument va le toucher !
De nouveau il prend une longue inspiration décroisse les bras et pose ses mains sur ses genoux.
Il se penche vers moi.
- Tu veux !… Tu crois !… Tu voudrais !… Mais tu n’es pas en position de vouloir quoi que ce soit Isabelle ! Et tu ne l’étais pas non plus au pavillon de chasse !
Il secoue la tête de gauche à droite, dépité. Il se recule et recroise les bras.
- Continues !
Je ravale mes larmes et reprends mon récit a voix basse…
La porte n’est plus qu’a un mètre et toute mon attention est focalisée sur sa poignée, bientôt je vais courir dehors, dans la forêt. Peu m’importe que je sois nue. Une seule chose en tête, fuir. Fuir, fuir et me cacher. Attendre que mon Maître revienne me rechercher. Je me blottirais alors dans ses bras… Sauvée et heureuse !
Comment ont-ils été aussi rapide ? Eux que je croyais assommés de sommeil par les heures d’orgies consommées contre ma peau. Une main s’empare au vol de mon poignet au moment ou je tends la main vers le pommeau de cuivre. Une autre me saisie par les cheveux tandis que des bras puissants me ceinture par la taille et me soulève du sol.
Dans la salle éclatent des appels et des exclamations.
- Holà, tu vas où petite ?…
- Attrapez là…
- Elle se barre… Retenez là !
Un tourbillon de mains et de visages hilares virevoltent autour de moi, Abasourdie, je vole littéralement dans les airs, soulevée par les hommes qui me ramènent vers le lit. C’est le gros homme qui mène la danse.
- Mettez là ici… A quatre pattes !
Je me débats et crie de toutes mes forces. Mais je ne peux résister à la vigueur conjuguée des cinq hommes. Leurs mains me plaquent contre le lit. Ils verrouillent mes bras et écartent mes jambes. Ils me font mal et me tordent les membres j’ai l’impression qu’ils me disloquent littéralement. Mes gémissements et mes protestations ne semblent pas les émouvoir le moins du monde. Et pourtant je crie et hurle à pleins poumons, les suppliants de me lâcher.
Le gros homme exulte.
- Vous me la tenez les gars… Je vais lui défoncer le cul… Je suis sûr qu’elle est vierge, pour se débattre comme çà !
Des mains épaisses se posent sur mes fesses et en écartent le sillon dévoilant l’entrée que convoite mon assaillant. Je redouble d’effort tente de me débattre et mes cris se perdent maintenant dans mes sanglots étouffés. Je ne peux rien faire et ne peux à peine bouger tant l’emprise des hommes est puissante. Je n’arrive qu'à me faire un peu plus mal.
Vaincue, je m’abandonne. Je pleure, le visage enfouit dans la couverture.
La main à qui j’avais échappée momentanément reprends son exploration. Elle s’insinue entre mes jambes puis remonte vers mon anus. Une phalange hardie en force le passage et s’introduit doucement. Je tremble de tout mon corps, je crois que je vais devenir folle et comprends avec horreur que je n’échapperais pas au viol sordide.
Le gros homme continue.
- Allez les gars je passe le premier… Il y en aura pour tout le monde…
Je sers les poings de dégoût et de révolte impuissante.
- En tout cas pas pour moi !… Et je te conseille d’éviter de faire çà !
C’est Serge qui vient de l’interpeller. Le doigt qui tentait d’agrandir le passage promis à l’outrage stoppe soudainement son abjecte besogne.
- Ha !… Et pourquoi donc ?
Un silence puis Serge continu
- Parce que Kristale l’a interdit ! Elle ne te l’a pas dit ? On peut faire ce qu’on veut d’elle… Mais pas çà !
Derrière moi le gros homme renâcle. Je suis brutalement toute ouïe et cesse de me débattre mollement.
- Ben oui! … Mais elle n'en saura rien ! Si personne ne lui dit !
La voix de Serge est ferme.
- Elle le saura !…Et je n’ai pas du tout envie qu’elle me raye des ses carnets !
Il continue
- Et si toi tu as envie d’être de nouveau invité à ses petites sauteries, tu ferais mieux de t’abstenir aussi… On obéit toujours à Kristale !… N’est ce pas les gars !
Un long silence suit. La pression des mains sur mes poignets diminue. Mes agresseurs sont entrain de réfléchir à ce que vient de dire Serge. Le doigt épais se retire, Je fais la grimace, Mais, mon dieu, comme je suis soulagée.
Une claque de dépit sur le haut de mes fesses
- C’est qu’elle m'a excité cette petite salope à gigoter comme çà !…
Je frémis sous l’injure.
- Continuez à la tenir les gars… J’aime bien çà !
Ses mains écartent largement mes cuisses…Je sens son gland turgescent se présenter à la porte de mon ventre et si introduire à demi.
Mon assaillant lance à la cantonade.
- Et comme çà ? … Je peux l’enfiler ? Madame Kristale ne m’en voudra pas ?
Il a dit " Madame " sur un ton emphatique, goguenard, presque insultant.
Pas de réponse.
Sa verge s’enfonce brutalement au plus profond de mon ventre, m’arrachant un cri de dépit étouffé.
L’incartade a réveillé l’ardeur de certains des hommes de l’assemblée. Mon assaillant, frustré de n’avoir pu satisfaire son envie s’acharne sur moi, me possédant violemment, m’écrasant de tout son poids et me murmure un flot d’insanités à l’oreille. De me voir offerte et réduite ainsi à l’impuissance par ses amis semble l’exciter au plus haut point.
- T’aimes çà petite pute, Hein !.. T’aimes qu’on te prenne par derrière, Hein ?…Ecarte bien les cuisses… et après tu me suceras à fond… Petite garce, Un jour j’te défoncerai le cul… J’tee, je… Ha ! Haaaa !
Ses mains se crispent sur mes épaules. Ses ongles s’enfoncent dans ma peau. Je fais une grimace d’écœurement et retiens un cri de douleur tandis qu’il s’épanche en moi une dernière fois.
Une fois relâchée, j’ai du contenter les pulsions renaissantes de mes assaillants émoustillés par la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux. Mon ventre, ma bouche, mes mains, ont de nouveau satisfait leurs désirs.
Cette nuit de démence n’en finira donc jamais !

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17 mars 10

Chap. 66. Rupture.

Marc continue de travailler.
Je sais qu’il porte une oreille attentive à mon récit mais il n’en laisse rien paraître. Je prends une profonde inspiration et poursuis à voix basse, lui détaillant la façon dont le gros homme, sans même se déshabiller, m’a imposé une fellation débridée et que les autres, excités à la vue de ma prestation, ont voulu leur part et se sont servies de ma bouche sans vergogne, à tour de rôle.
Je lui raconte comment ils m’ont saisie et entraînée sur le lit. Ecarté mes cuisses, fouillé mon ventre en riant, caressé mes seins, mes cheveux… Mes cheveux !
De nouveau je suis le centre de la tourmente. Le centre de leurs sarcasmes qui se veulent drôle mais ne font rire qu’eux.
Combien de temps cela a-t-il duré ? Je ne saurais le dire ! Je me suis réfugié dans un monde intérieur où le temps n’existe plus, mon esprit a fuit, quitté ce corps souillé qui n’est plus que poupée de chiffon entre leurs mains. Je réagis mécaniquement, sans enthousiasme. J’émerge parfois de ma torpeur lorsqu’un coup de boutoir plus fort que les autres me fend en deux ou lorsque ma bouche s’emplit de liqueur amère et que je m’étrangle de dégoût et crache sous les quolibets. Puis, je replonge dans mon indifférence.

Les hommes sont fatigués, mes muscles me font mal, les couettes qui liaient mes cheveux ont été défaites sous la violence des nombreux assauts et ma chevelure trempée de sueur tombe sur mon visage je suis à demi à genoux sur le lit, la croupe tendue. C’est ainsi qu’ils m’ont laissée, ainsi qu’ils ont voulu me voir, m’avoir, une dernière fois. Un silence d’après la bataille règne dans la pièce. De temps à autre une molle exclamation fuse vantant la soirée qui vient de s’écouler. En réponse des rires paresseux me parviennent, comme à travers une étoupe de coton. Je suis épuisée et n’ose plus bouger. Une main, parcourt encore nonchalamment le bas de mon dos, mes fesses. Mais je n’en ai cure, je voudrais m’endormir. Elle s’attarde sur les globes lisse, remonte le long de mon dos, puis revient lentement sur mes reins s’immisçant dans le fin sillon, ses doigts plongent de temps à autre à l’intérieur de mon ventre béant, entrouvrant une fois de plus les portes maintes fois forcées, mais je ne les sens plus. Ils butinent à la surface de ma peau souillée de sueur et de sperme, reviennent entre mes jambes, viennent fureter autour de la tendre rosette offerte et cherche brusquement à s’y introduire.
Un flash lumineux passe devant mes yeux assoupis. Une décharge électrique secoue tout mon corps, mes reins se cabrent et dans un spasme de tout mon être, je sors brutalement de ma torpeur, galvanisée et me redresse en criant.
- Noon!
Le mouvement de répulsion a été un réflexe incoercible.
D’un bond, Je me mets précipitamment hors de la portée de l’homme qui reste un moment interdit de me voir protester et s’échapper de ses bras. Je reste moi-même surprise par la violence de ma réaction. Il a voulu profaner ce que je réserve à Mon Maître! Mon esprit tourne à cent à l’heure. Je ramène mes mains sur la poitrine et me mets à trembler de tous mes membres. De corps, je suis offerte à ces hommes mais le suis-je aussi totalement ? En avait-il le droit ? Je ne sais pas ! Je m’aperçois que je viens d’avoir une réaction animale de sauvegarde. Au fond de moi je suis sûre qu’il n’a pas l’autorisation. Mon Maître tiens trop à ses prérogatives et je suis prête à les défendre bec et ongles.
Toutes les têtes se tournent vers moi. Les hommes à moitié endormis non pas compris ce qui vient de se passer et le gros homme sorti de sa stupéfaction tient à les renseigner
- Ben alors ma chérie !… T’aimes pas ?
Il se relève péniblement sur les genoux les autres hommes se lèvent à demi
- Aller, viens, on va aller plus profond… On va l’écarter cette rondelle !
Il tend un bras vers moi en riant grassement.
Je fais un pas en arrière et regarde derrière moi, je suis à l’autre bout de la chambre, la porte me semble si loin !
Mon attitude de biche aux aboie lui fait comprendre ce que je vais faire.
- Non, non ! Tu restes là ma jolie, j’en ai pas fini avec toi… Je veux ton petit cul !
Et il fait le geste de se relever.
Ma décision est prise, je me retourne vivement et m’élance vers la porte.
Un pas, puis deux, une sorte de soulagement euphorique s’empare de moi. C’est fait ! Je m’en vais, peu importe ce qui en résultera. Mon contrat avec Marc, avec Kristale, ces deux liens brisés sur une impulsion ! Mais c’est au-delà de ce que je peux supporter.
Je m’envole et reprends ma liberté.

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13 mars 10

Chap. 65 : Les compagnons de mon devoir.

Cela fait un quart d’heure que j’attends.
Un quart d’heure que je suis sur le sol, nue, à genoux, les mains dans le dos. La lumière qui se faufile dans l’atelier me réchauffe une épaule et vient jouer avec mes hanches. Involontairement mon regard se pose sur mes cuisses écartées et les légères marques bleues qu’y ont laissé les mains des hommes. Marc est à sa table de travail. Il peint. Il ne s’est pas interrompu lorsque je suis entrée. Je ne l’ai pas dérangé. J’ai fermé la porte derrière moi et me suis rapidement déshabillée pour venir me prosterner à un mètre de lui. Seul le léger tintement du grelot de mon collier de novice a troublé la musique de fond. Dans cette immobilité forcée, je prends conscience maintenant que mon corps est fourbu de courbature. Les douches brûlantes successives que j’ai prises jusqu'à ce matin ne m’ont soulagées que temporairement.
Marc se redresse plonge son pinceau dans un récipient de verre et l’agite. Il semble me découvrir. Nos regards se croisent. Il a un petit sourire en coin.
- Alors ?… Raconte-moi çà !
Bien sur, j’aurais dû m’en douter !
Il sait à quel point cela va être difficile pour moi de verbaliser cette épreuve. Et il ne se privera pas du plaisir de me voir bredouiller, chercher mes mots, rougir de honte jusqu’à la racine des cheveux, baisser les yeux de confusion.
Et c’est effectivement en bafouillant, a voix basse, que je lui rapporte mon histoire depuis que nous nous sommes séparé. Qu’il m’a laissé nue et seule au milieu de la clairière !.
Je lui raconte l’arrogance de Kristale. Je lui raconte ces hommes qui m’ont prise comme un objet. Parfois Marc relève la tête et réclame des détails. Je cherche mes mots et ils franchissent mes lèvres tremblantes comme à refus. Les oreilles me chauffent, mes yeux fuient les siens quand il daigne jeter un regard vers moi.
- Et… Tu as aimé ?
S’il y a bien une chose que je ne peux faire à Mon Maître, c’est lui mentir!
Et pourtant.
- N… Non Monsieur !
- Je veux dire… Physiquement ?
- Je, je,… Parfois… C’est… difficile à dire !
Oui ! Comment admettre que mon corps a vibré bien involontairement sous les caresses ! Une trahison qui m’a mortifiée et me laisse un arrière goût de trahison à moi-même. L’impression d’être double et de voir mon corps se tordre et ma bouche gémir des cris obscènes que, d’habitude, je ne réserve à mon Maître.
Marc insiste.
- Mais si, c’est facile a dire !… Tu as joui ?
Dans mon dos mes mains tricotent nerveusement des doigts.
- Je... Oui... Oui Monsieur… Un peu !
Les sourcils de Marc se lèvent d’incrédulité
- Un peu ?
Il s’esclaffe en secouant la tête comme s’il n’était pas dupe de ma réponse.
Il reprend son travail.
- Continues !
Kristale est descendue.
J’étais persuadé qu’elle allait vous chercher Maître ! Que vous veniez me délivrer et me ramener dans vos bras ! C’est vous que j’attendais de tout mon cœur de toute mon âme.
J’ai cru m’évanouir lorsque j’ai vu surgir trois hommes dans la chambre.
Un surtout, le pas lourd, le visage rond, qui ventile l’air de ses bras et interpellant d’une voix hilare.
- Alors les gars vous avez commencé sans nous et…
Il stop net sa logorrhée en me regardant.
Je suis assise sur le bord du lit, je me préparais à accueillir Marc en me précipitant à ses genoux.
L’homme a un sifflement admiratif et reste un moment interdit.
- Et bien!… Jolie minette! …Si je m’attendais !…
Il me contemple de la tête aux pieds. Les hommes qui le suivent reste derrière lui et ont également la même expression de surprise.
- Et bien !… Kristale tu as dit qu’elle était jolie… Mais là !…
Il a un nouveau sifflement d’admiration et se tourne vers ses amis.
- Vous avez vu çà ?
D’un commun accord ils opinent du chef sans un mot.
Le premier doit avoir la trentaine, un visage en lame de couteau, des petits yeux brillants enfoncés dans les orbites qui lui donne un air inquiétant, taciturne. L’autre est jeune, très jeune en le regardant bien je me dis qu’il doit être plus jeune que moi. Seize ou dix-sept ans, pas plus. Les cheveux bouclés, du duvet mal rasé sur les joues, des rougeurs d’acné. Ils contrastent tous deux avec la bonhomie disgracieuse de leur compagnon. Kristale les suit à un pas derrière. Et comme ils restent pantois devant mon corps nu, elle en profite pour se glisser devant.
Elle à un petit geste négligeant dans ma direction
- Je vous présente Isabelle…Elle vous attendait !
Elle a un petit sourire narquois et continue.
- Messieurs Je vous laisse donc en bonne compagnie,… N’est ce pas ?
Elle s’empare de son sac et le jette sur l’épaule. En passant prés de moi elle se penche à mon oreille et murmure de façon à n’être entendu que de moi.
- Soit une bonne petite chienne !
Et d’un pas décidé, sans se retourner se dirige vers la porte qu’elle franchit et referme derrière elle dans un claquement sec.
Un silence pesant suit tandis que les regards des hommes parcours ma peau. J’ai l’impression que je vais tomber dans les pommes. Le bourdonnement sourd de mes oreilles couvre le vide figé de mes pensées. Kristale partie, je me sens terriblement vulnérable,… Abandonnée.
Comment raconter cela à Mon Maître ! Lui dire le goût de la peur au fond de ma gorge. Mes jambes qui se dérobent et ma poitrine qui se glace jusqu’au bas de mon dos lorsque que les hommes me mettent debout et tournent autour de moi pour mieux me contempler. Lui décrire les mains qui glissent sur ma peau en des caresses pressées, maladroites !
- Mettez-vous donc à l’aise !
C’est Serge qui vient de parler.
Il a récupéré son souffle et se tient nonchalamment assis sur le sol, Un genou replié, une jambe tendue. Sa nudité arrogante vient illustrer sa proposition. Et les nouveaux venus ne se font pas prier. Seul le volubile reste prés de moi. Il me caresse les épaules, le cou. Il l’air hypnotisé, captivé. J’essaye d’échapper à son regard, mais il me saisit par le menton et me ramène à lui. Son autre main se pose sur ma poitrine et vient jouer négligemment avec le téton durcis de mon sein droit.
Il me détaille de la tête au pied.
- Mais dis donc, tu as quel âge toi ? … Humm. Tu me semble bien jeune ?
Je déglutis et me remémore la recommandation de Kristale. Je ferme les yeux à demi. Et m’entends répondre la voix cassée.
- Dix…Dix sept ans … Monsieur !
L’homme a un large sourire, Il a l’air ravit.
- Monsieur ?
Il rigole grassement et interpelle.
- J’adore çà !… Eh les gars ! Je n'en ai jamais eu d’aussi jeune… et vous ?… Kristale nous gâte !
Un froid glacial me parcourt le dos. Je me rends immédiatement compte que ce petit mensonge imposé par la blonde nordique va me piéger et déclencher chez ces hommes un regain d’intérêt.
Les autres répondent à son interrogation par des murmures, des assentiments,
Serge enfonce le clou.
- Elle est jeune, mais elle bonne… D’ailleurs elle est là pour çà !
La main épaisse me lâche le menton et vient peser sur mon épaule.- On va voir çà tout de suite !…
- Mets-toi à genoux gamine !

Posté par isabelle_mad à 21:17 - - Commentaires [2] - Permalien [#]