05 mars 16

300 000

Penchée, le nez dans le mug fumant, je ne l’ai pas vu approcher. Il fait beau et la douceur de l’air de cette fin d’automne particulièrement chaud invite à la boisson fraiche et pourtant j’ai commandé un thé brulant. J’ai fui les mondanités du vernissage avec l’assentiment de Marc et je me suis réfugiée sur la terrasse du café le plus proche.
— Vous... Vous êtes Isabelle n’est ce pas ? Isabelle Madigan ?
Je n’ai pas trop envie de sortir de mes songes. Je lève la tête et la regarde l’air hébété, sans comprendre.
—  Je m’excuse ! Je vous ai suivie… je n’ai pas osé vous aborder avec tout ce monde ! J’ai juste échangé quelques mots avec M. Marc. Enfin je… Je ne vous dérange pas ?
Elle à un tressautement d’excitation et un large sourire comme si elle contemplait un cadeau de fête et exprime un ravissement enfantin…  Je n’ai pas envie de parler mais je n’ai pas non plus la force de la congédier et je me contente de la fixer, les yeux dans le vague. Sans y être conviée, elle approche une chaise de la petite table de marbre sur lequel m’attend mon Darjeeling. Et tout en s’asseyant avec précipitation me lance.
— Vous savez je vous lis… Sur votre blog !
Je souris complaisamment.
—  Je suis une soumise moi aussi…
Instinctivement mon attention se porte vers sa main gauche. Elle a saisit mon regard et elle tend vers mon visage une main joliment potelée qui porte une de ces bagues bon marché. Une bague avec pour chaton une boule grise percée d’un anneau plus large que la bague elle-même. Elle semble très fière de son bijou et de la condition qu’elle implique.
— C’est mon mari qui s’occupe de mon dressage !
Je ferme les yeux un bref instant pour éviter quelle voit mes yeux se lever au ciel et me force à sourire.
Je m’entends répondre d’une voix faussement enjouée.
— Ha oui ?... C’est bien !
Et je me plonge dans ma tasse de thé tandis que mon pouce gauche vient caresser mon anneau de fer niellé d’or. Un anneau porté à l’auriculaire comme doit le porter une Maitresse de second rang. Soumise et Maîtresse à la fois…
Elle commence à se raconter et mon esprit s’échappe…

Combien de temps ?
Ces années ont passé à la vitesse d’un pur-sang au galop et chacune de ses foulées marque de son empreinte de fer le chemin que j’ai suivi avec Marc. Cela pas toujours été de tout repos de vous conter ce chemin, et aujourd’hui je m’aperçois que, sans compter les témoignages que je reçois presque chaque jour, un nombre effrayant de visiteurs sont venues s’enquérir de mon insouciante balade. Je souris intérieurement en en faisant l’improbable inventaire. Il y a ceux de passage ou les égarés rejetés par hasard sur les rivages de mon iles par les courants aléatoires des moteurs de recherche. Parmi eux les fureteurs, les chercheurs de lignes qui alimentent le feu de leurs fantasmes. L’amoureux et l’amoureuse transit qui m’envoie des messages électroniques crépitant de déclarations flamboyantes et qui veulent me sauver de ma condition. Ma condition !
Ceux qui me jurent sympathie et amitié en me tendant une laisse.
Ceux qui me traquent partout pour une image, un sourire, alors qu’ils m’ont sous les yeux.
Ceux qui veulent écrire à ma place mon histoire ou qui me disent ce que je dois écrire.
Ceux avec qui j’échange tendrement régulièrement.
Ceux qui me juge moi ou mon Maître et sont outragés par notre relation… Mais pourquoi me lisent-ils, au fait ?
Ceux qui me rencontrent, comme la femme que j’ai en face de moi et qui a l’insouciante audace de superposer son imagination à ma réalité
—  Il dit que je suis sa Kajira …
Je relève vivement la tête, effarée. J’ai perdu le fil de sa conversation mais le mot Kajira me tire de ma torpeur. Elle prend cela comme un intérêt intense et continue toute enjouée.
— Oui, oui sa Kajira, Je suis entièrement à ses ordres…
De nouveau sa voix se perd dans l’écho de mes souvenirs. Mais sait-elle seulement ce que signifie être une Kajira ?
L’image de Laure se projette sur le voile des larmes qui me montent brusquement aux yeux. La belle italienne, la fougueuse silencieuse celle qui d’un regard vous faisait comprendre que vous étiez le centre du monde. La Kajira qui se prosternait sans même que vous ayez à lui demander. Celle qui m’a fait découvrir ce qu’était la soumission absolue, sans maître, libre…
C’est au guidon de son monstre mécanique qu’elle a rencontré son destin. Et il ne pouvait en être autrement. Je m’imagine encore sa silhouette gainée de cuir rouge projetée dans les airs sur une petite route du Val d’Aoste en descente du Gran Paradiso… Le Grand Paradis !
Je repousse la vision de son corps à la souplesse féline, magnifique, disloqué trente mètre plus bas.
Il est dit que les anges, même maudits, ne vieillissent pas !
Je retiens avec peine un sanglot. Je m’étrangle dans un hurlement silencieux qui me brule la gorge et le cœur. Je veux la faire taire…. Je me répète comme un mantra : Mais sait-elle seulement de quoi elle parle ! A-t-elle la moindre idée de ce qu’être une Kajira veut dire ?  Je suis sur le point de me lever et mettre fin à son monologue lorsque mon regard accroche une silhouette qui gambade sur la place et se rapproche d’une allure enjouée avec un sourire désarmant. Un rayon de soleil me transperce de part en part, Elle vient à mon secours ! Ma flamboyante Sappho aux cheveux d’or fin, à la marche assurée comme si la terre quelle foule lui appartenait de plein droit. A demi-levée je me rassoie avec un soupir de soulagement. Elle se glisse entre les tables et les clients d’un déhanché provocant qui se font retourner la plupart des hommes attablés. Elle se saisit autoritairement d’une chaise libre de la table d’à côté sans demander à ses occupants interloqués et s’assoit face à moi en fixant ma voisine qui s’est brusquement interrompue, abasourdie par cette brutale intrusion.
Le visage de Mon amazone blonde prend la rigidité du marbre et la fixe intensément lui lançant sur un ton qui ne souffre pas de réponse.
— Je veux parler à Isabelle…Seule !
Elle tente pourtant.
— Mais… Je… Mais...
Les yeux de l’intruse ne cillent pas et devant son attitude déterminée…
— Oui… Bien sûr ! Excusez-moi !
Mon interlocutrice se lève et s’éloigne sans se retourner.
La blonde fougueuse se tourne vers moi et son visage s’éclaire. Elle fronce les sourcils en une interrogation muette.
— Je… Elle m’a rappelé… Enfin je… je pensais à ... Laure…
Son nom s’étrangle dans ma gorge. Mes mains se portent à la rencontre de mes yeux embués.
Elle hoche la tête d’un air entendu.
— J’ai bien senti qu’elle te gavait.
Ma douce hétaïre s’empare des deux poignets qui cachent mon visage et sur lequel roulent maintenant de grosses larmes. Par-dessus la table, elle se penche à mon oreille et murmure.
— Quand je te vois comme çà, Maitresse, j’ai envie de te bouffer la chatte à te faire hurler de plaisir !
J’ai un sursaut de surprise ! J’ouvre des yeux tout ronds.
Elle me rend mon interrogation en écarquillant elle aussi les yeux dans une mimique comique qui lui fait pencher la tête sur le côté, en l’attente de ma réaction à sa proposition outrancière. Un spasme incoercible monte le long de mon ventre me libérant de la tristesse qui m’étouffait et nous partons toutes deux d’un fou rire irrépressible qui se font se retourner sur nous les clients attablés de la terrasse.

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23 nov. 13

Le Maître des Lieux.

Nous déambulons dans les couloirs de la vaste demeure, tout en devisant joyeusement, nos pérégrinations nous conduisent insensiblement au 3éme étage. Les couloirs sont déserts et notre conversation s’éteint peu à peu. Nos retrouvailles nous réjouissent. Stéphanie, la fille fontaine, est radieuse elle me prend souvent par la taille comme si nous devions ne plus jamais être séparées. Lorelei nous suit discrètement de sa démarche étonnante, elle a certainement du mal a suivre nos conversations sans queue ni tête entrecoupée d’éclats de rire, mais elle sourit à ma joie. Je lance une œillade amusée à Sophie et Anne à la peau et au parfum de cannelle. Nous rions à l’idée que nous pouvons croiser à tout moment le groupe des soumis… Que se passerait-il alors ? … Nouveaux éclats de rire !
Nos Maîtres et Maîtresses respectifs sont certainement réunis en ce moment, nous laissant quartier libre. Et nous louons ensemble cette Assemblée qui nous à permis de toutes nous retrouver. Seule Laure manque à l’appel, mais je sais que je vais bientôt revoir la belle et fier Kajira.
Nous sommes toutes habillées de la même courte nuisette de satin blanc tenue par un large ruban du même tissu servant de ceinture et de ballerines assorties. Toutes, sauf Lorelei qui est, elle, entièrement nue. Marc l’a ordonné ainsi. Elle porte un simple lacet de cuir noir ou pend un anneau d’argent qui marque sa condition.
Sa condition ! Cette pensée me trouble et je ne peux m’empêcher de me retourner vers elle sans m’arrêter de marcher à reculons. Lorelei le cadeau de Kristale à Marc. Enfin, le cadeau ! Disons plutôt le prix de ma souffrance et de mon ultime humiliation lors de ce pari fou. Lorelei, la soumise de Mon Maître… Mais aussi la mienne ! Lorsque Marc la mise à genoux face à moi avec un sourire amusé. "Te voici Maîtresse de deuxième rang ",  M’a-t-il lancé, "Fait qu’elle soit fière de toi ! "
… Une nouvelle expérience !
Je contemple sa silhouette serpentine de déesse nordique qui s’avance dans le couloir avec sa démarche si particulière. Comme si elle marchait sur du verre pillé ! Ce qui sublime encore le galbe sensuel de son corps à la peau fine et sucrée. Elle me sourit, ses yeux de glace bleue s’allument lorsqu’elle croise mon regard puis se baissent en une mimique de dévotion contenue.
Une brusque bouffée de jalousie et de fierté mêlée me submerge.
Elle est si belle ! Si docile!

Je vais pour me retourner et suivre le sens de la marche lorsque tout le groupe se fige soudainement, les yeux rivés par-dessus mon épaule. Sans se concerter, en un éclair, elles prennent toutes la posture de dévotion ; Les mains dans le dos les jambes à demi écartées. Elles baissent le regard et le fixe au sol à un mètre devant elles.
Je me retourne vivement ! Alors que je sais pertinemment que j’aurais dû, dans un réflexe conditionné, prendre la même posture, sans réfléchir. Mais la curiosité est la plus forte.
L’homme a surgi d’un détour du couloir. Il me fait face. Une silhouette impressionnante que souligne un costume anthracite parfaitement cintré. Il m’observe en fronçant les sourcils et ses yeux gris acier me transpercent littéralement. Son visage à la mâchoire anguleuse et au cheveux poivre et sel coupé en brosse dégage une autorité naturelle. Je ne sais pas pourquoi mais il me fait immédiatement penser à un directeur d’école intransigeant.
Surprise, je fais un pas en arrière et tente une explication en bafouillant.
- Excus.. Je… Je…
Ses sourcils se froncent et ses yeux virent au noir.
Je me ravise aussitôt et prends la position de mes camarades alors qu’une bouffée de chaleur m’irradie le visage.
- Qui êtes-vous ?
Sa voix claque comme un coup de fouet.
-  Isa… Mademoiselle Isabelle… Monsieur.
- Isabelle, comment ?
Je marque un temps de réflexion. Il n’est pas coutume de demander le nom de famille dans le cercle. Mais je sens qu’il faut que je m’exécute.
- Isabelle Madigan,… Monsieur.
Un silence.
- Ha !… C’est donc Vous !
Il tourne les talons et sans me regarder me lance.
- Suivez-moi !
Il ne faut que quelques pas pour qu’il ouvre une des portes du couloir et pénètre dans une pièce sombre. Le cœur battant, je vais pour en franchir le seuil à sa suite et je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil à mes sœurs de joug. Elles sont toujours figées comme une volée de papillons que l’on aurait épinglés au hasard dans le couloir. Elles n’oseront pas bouger tant que la porte ne se sera pas refermée sur moi.
Je fais un pas.
Les rideaux de la pièce sont à demi tirés, il y règne une douce pénombre mais je peux y distinguer des rangés de livre sur les murs et un imposant bureau de bois précieux. Après avoir refermé la porte derrière moi l’homme s’en approche et allume la lampe de bureau. Un cercle de lumière orangée éclaire des chemises de documents et des livres parfaitement rangés et empilés autour d’un sous-main de cuir rouge. C’est un bureau de travail et je comprends brusquement que j’ai affaire au Maître des lieux qui, cette année, accueil l’Assemblée.
- Enlevez vos ballerines, dénouez votre ceinture et approchez Mademoiselle !
Le ton est aussi autoritaire que sa stature. Je m’exécute. D’un mouvement rapide j’ôte facilement mes deux chaussons. Ma nuisette s’entrouvre lorsque la ceinture de satin tombe au sol, découvrant mon ventre nu fraîchement épilé. La tête baissée, je me dirige pieds nus sur le parquet de bois ciré vers l’endroit indiqué, devant le bureau. J’ai l’impression de revenir quelques année en arrière lorsque je devais me présenter au directeur du collège pour justifier quelques incartades. Sauf qu’ici je prends la pose de soumission sans qu’on aille à me la demander !.
-  Penchez-vous sur le bureau s’il vous plaît !
Mon cœur s’accélère, je vais me retrouver dans une position des plus indécentes si je m’exécute. Mais que faire d’autre ?
Je me penche en avant. Mes avant-bras s’appuie sur la table d’acajou et mes mains s’étalent sur le sous main de cuir. Je laisse tomber ma tête entre les bras et mes cheveux roux retombent autour de mon visage. Mes reins se cambrent.
L’homme se place derrière moi. Deux mains glacées se posent sur mes cuisses et remontent en un lent mouvement la nuisette de satin sur mes reins découvrant à ses yeux la rondeur offerte de mes fesses. Il repousse encore le tissu jusque sur mon dos par-dessus ma taille et ses mains sans emparent.
Je ferme les yeux, ma respiration se bloque. Je sais à quel assaut je suis ainsi exposée et je dois me faire à la raison que je ne peux le refuser au Maître des lieux.
-  Je connais votre père vous savez !
Je manque défaillir. Un froid intense me parcourt le dos augmentant encore la chaleur des mains qui caressent ma croupe en un ballet qui s’approche insensiblement de mon entrejambes. Ses doigts finissent par en frôler les lèvres sensibles.
- Ecartez un peu plus les jambes s'il vous plaît, Mademoiselle !
Je retiens un souffle de protestation mais encore une fois comme un automate je m’exécute facilitant le passage aux doigts fureteurs.
-  Enfin presque… Nous avons des chevaux en communs, je crois…
Forçant le passage et écartant doucement les lèvres de ma vulve un doigt s’enfonce à demi dans mon vagin. Je rougis à l’idée qu’il va lui être facile de constater la réaction humide de mon ventre a son intrusion.
- C’est un passionné et ses pouliches sont de qualité…
Exactement ce que Mon Maître Marc aurait pu dire.
Un deuxième doigt rejoint le premier et ensembles s’enfoncent un peux plus profondément dans la fournaise suintante, me yeux se révulsent et je me mords les lèvres pour ne pas gémir lorsque son pouce s’applique avec insistance  sur mon anus et en masse obstinément la rosette pour en assouplir l’ouverture.
Je ne sais pas ce qui me met le plus mal à l’aise la caresse obscène de cet inconnu ou son allusion malsaine à mon père.
La caresse se prolonge un long moment en silence et mon ventre s’inonde sans vergogne tandis que le va et vient des doigts de l’homme fait naître une chaleur irradiante au fond de mon ventre. Ma respiration ‘s’accélère et je retiens un gémissement tandis que je relâche la tension de mes muscles des bras et que mon front vient cogner contre le cuir du sous main. Je signifie ainsi à l’homme mon total renoncement et disponibilité à son désir.
Il ne semble pourtant pas décidé à y faire écho. La caresse cesse brutalement. Ses doigts se retirent d’un coup. Il caresse encore un moment mes fesses tendues vers lui puis, se détournant, contourne le bureau pour s’installer confortablement dans le fauteuil directorial face à moi.
N’étant plus sollicitée, je me redresse sur mes bras mais garde la position qu’il m’a ordonnée de prendre. Je n’ose pas lever le visage vers lui.
- Nous avons un problème avec vous !
Interloquée, je relève la tête et prends une expression d’interrogation. Il m’avait pourtant semblé être d’une parfaite disponibilité!
Où ai-je failli ?
Je le regarde en sourcillant. Je sais que j’enfreins la règle en soutenant son regard mais le ton qu’il a employé m’a fait comprendre que j’en avais l’autorisation. Ses yeux d’acier me transpercent littéralement.
- J’ai lu vos écrits…
Il porte à son nez les doigts qui m’ont pénétré et les passe sous ses narines pour en humer le parfum.
- Je ne peux que vous louer… Ils sont d’une indéniable qualité…Mais par contre, ils me semblent quelque peu… Disons trop, … Descriptifs !
Mais où veut-il en venir ? Comment faire autrement pour décrire le chemin de soumission que me fait suivre Mon Maître ?
Je n’ose pas poser la question mais il devine à mon air incrédule que je ne comprends pas ses propos.
- Ce que je veux dire c’est qu’il y a des personnes dans cette maison, ce soir, qui n'ont pas envie de se voir décrits dans vos récits…
- … J’imagine que vous allez finir par relater cette Assemblée ?
Il y a un moment de silence et je comprends que j’ai la permission de parler.
- Je… Oui Monsieur ! Comme Mon Maître me l’a demandé !
Encore un long silence.
- C’est justement ce à quoi je vais m’opposer durant le prochain Concile de l’Assemblée. Et je ne serai pas le seul…
Ses doigts quittent son visage et viennent se poser sur le bureau en face des miennes.
- Comprenez-moi bien Mademoiselle, ce n’est pas contre vous ou vos écrits que j’agis ainsi. Mais pour le bien de tous. De tous les membres de cette Assemblée. Vous compris.
Je n’ose pas protester. Marc m’avait prévenue que cela arriverai un jour.
- Cette Assemblée n’est pas faite pour être étalée au grand jour. La plupart des membres sont d’une parfaite discrétion et n’étale pas leur vie secrète au vu de tous. Et encore moins comme vous le faite sur Internet. Après les avoir croisé et jugé de leurs statuts, vous pouvez comprendre… J’imagine !
Je suis sur le point de lui expliquer que je prends toutes les précautions nécessaires que jamais je ne cite de nom, que sous forme de pseudonymes. Je veux défendre mon récit, mon œuvre et celle de Mon Maître.
Je vais pour me lancer lorsque la porte du bureau s’ouvre et se referme rapidement derrière moi.
Des pas s’approchent de moi. Je suis pétrifiée, je me suis, in extremis, empêchée de me redresser vivement ; Comme prise en faute !
L’intrus me contourne et se place à côté du Maître des Lieux. Je lève les yeux vers lui et le suis du regard. Il est jeune, à peine plus âgé que moi, il porte avec élégance un costume noir de même coupe que celui de mon hôte. Il dépose sur le bureau a quelques centimètre de mes mains, une chemise de carton.
- Les résultats Xavier !
Xavier s’empare de la chemise et l’ouvre posément commençant sa lecture. Par dessus ses épaules, celui qui semble être son collaborateur, me lance une œillade en souriant. Je rougis fortement. J’imagine ce que représente à ses yeux moqueurs cette jeune fille à demi nue, offerte, les jambes écartées, penchée sur le bureau de son patron. Je détourne les yeux pour cacher mon inconfort. Xavier lui ne m’oublie pas et sans même lever les yeux du dossier dans lequel il est plongé, il me lance.
- Vous voyez ce fauteuil près de la fenêtre Mademoiselle ?
Je me tourne vers l’endroit indiqué. J’avise un large fauteuil de style, au bois sculpté et doré, au coussin de brocard de velours qui trône à gauche de la fenêtre. Je vais pour confirmer mais il ne m’en laisse pas le temps.
- Enlevez votre nuisette et allez donc vous y agenouiller… Caressez vous… Et avec sincérité s’il vous plaît Mademoiselle !… Je veux vous entendre jouir !
Je retiens avec peine mes jambes qui se dérobent sous moi. Une nouvelle flambée de chaleur me monte au visage. Je crois que je vais défaillir lorsque je me redresse mécaniquement. Comme un automate je gagne le fauteuil et durant tout ce chemin qui me semble durer une éternité j’envisage toutes les possibilités de refuser ce qui vient de m’être demandé !
Mais j’ai l’impression que mon esprit s’échappe de mon corps et ne le contrôle plus. Je me rends contre alors de la puissance et l’aboutissement du dressage de Mon Maître. Bien sûr que je ne peux pas refuser ! Ce serait lui faire une injure terrible. Cette idée me rassérène et je me redresse un peu, plus sûre de moi.
Je sens le regard des deux hommes sur mes reins lorsque la nuisette glisse au sol.
Lentement je m’agenouille vers eux sur le fauteuil prenant appui sur les accoudoirs, mes fesses se calent sur le dossier. Le coussin est chaud et moelleux, j’y suis bien. En un réflexe je mouille mon majeur et mon index d’un rapide coup de langue et les glisse entre mes cuisses à la rencontre de mon ventre outrageusement ouvert et déjà humide. En un dernier geste de pudeur ma main gauche barre ma poitrine pour venir caresser le mamelon de mon sein droit qui se durcit. Je relève timidement la tête vers les deux hommes, mais ils ne me regardent déjà plus, plongés dans le dossier qui s’étale maintenant sur le bureau.
Mon index se fraye un passage vers mon clitoris qui s’électrise à son contact.
Je ferme les yeux.

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20 juil. 13

Parenthèse.

Le tambourinement puissant des fers qui frappent le sol de la prairie résonne dans l’air glacé du matin. Les yeux fixés sur l’horizon, tous mes muscles sont tendus et réagissent au moindre frémissement de mon centaure. Lancée à pleine puissance, mes cheveux roux fouettent mon visage et ma nuque, j’ai envie de hurler ma joie et mon exaltation.
Comme toujours lorsque je fais corps avec ma monture luttant contre le vent qui cherche à nous freiner, une frénésie animale s’empare de toutes mes fibres. Je ne suis plus qu’une volonté farouche qui défie l’espace et le temps.
J’avise l’orée de la forêt et le chemin de l’Héraudiere. Mon corps se tend vers la lisière. Sans le moindre à coups dans un glissement parfait, comme si nos esprits ne faisaient qu’un, mon pur-sang plonge dans une courbe sous la voûte des arbres. Sans ralentir, dans une gerbe scintillante nous passons le gué du Ruisseau des Vallées et piquons tout droit dans la pente qui mène au belvédère.
Nous débouchons de la forêt comme un boulet de canon. Je freine violemment l’ardeur de ma monture qui de surprise se cabre presque à ma plus grande joie.
Il nous faut un long instant pour reprendre notre souffle. Des naseaux de mon dragon jaillissent deux jets de vapeur qui se condense dans la froideur de l’air. Le soleil n’est pas très haut. Il est tôt.
Je rejette mes cheveux vers l’arrière libérant mon visage. Je n’ai pas mis de bombe. J’avais besoin de goûter pleinement la sensation de liberté.
Enfin libre !
C’est la fin des longues soirées d’études, de recherches, de tourments…
Nonchalamment mon regard parcours le paysage que je domine. L’Orne coule paresseusement à mes pieds et, là-bas au loin, je distingue les toits du haras.
Mais mon esprit est ailleurs;

Je souris. Il est là… Mon dieu il est là !
Discrètement mêlé à l’assemblée de mes amis, de ma famille, assis juste à côté de Béatrice qui me fait un petit signe d’encouragement. Venu assister à ma soutenance de thèse… Il est là !
Je ne pensais pas qu’il viendrait et pourtant je l’espérais. Nos regards se croisent. Il a un clignement d’œil et un petit sourire d’encouragement. Je lui souris pour le remercier et instinctivement porte la main à mon cou. Je ne porte pas le collier de cuir à l’anneau d’acier !
Il a perçu mon geste et son sourire s’élargit. Il me fait un petit signe de la main l’index tendu comme pour une gentille réprimande, mais je sais que, exceptionnellement, je suis pardonnée. Ma main retombe sur mes documents que je positionne fébrilement sur le pupitre. Le brouhaha de l’amphi retombe doucement.
La tension monte… Profitant du silence, je me lance…

Ma monture fait un pas de côté et s’ébroue, impatiente de repartir. Je resserre les rennes.
Il est vrai que ce jour là je ne portais pas de collier… Et pourtant j’avais respecté le premier des préceptes de mon Maître, "En sa présence jamais de sous-vêtement" Je souris aux anges à l’évocation que j’ai présenté ma soutenance sans culotte devant l’assemblée attentive.
Je souffle un grand coup, emplissant ma poitrine d’air frais pour juguler la chaleur qui me monte aux joues à cette évocation et m’empare de mon téléphone portable. Je manipule rapidement le messager, son nom apparaît sur l’écran "Mon Maître". Je lance l’appel.
- Monsieur !
- …
- Oui, Monsieur. Je suis prête !
-…
- Bien Monsieur, Comme il vous plaira !

Je raccroche et je ne peux retenir une larme de bonheur qui roule sur ma joue et vient s’écraser sur le cuir de ma selle. Juste entre mes jambes largement écartées.
C’est reparti !

 

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01 nov. 11

Faux départ.

Je contemple les livrets manuscrits étalés sur mon bureau. Il y a là plusieurs années de soumission à Mon Maître. De mes dix neuf ans à cet été. Je me rejette en arrière dans mon fauteuil et regarde par la fenêtre. Dehors Béatrice, suivie de deux apprentis, mène les chevaux vers les enclos extérieurs du haras. Instinctivement, comme si elle se savait observer, elle lève la tête vers moi. Je souris et me lève pour m’approcher de la fenêtre. Elle me fait un petit signe de la main en passant sous moi. Je lui réponds d’un même signe. Les deux garçons d'écurie ont remarqué nos gestes et leurs visages se tournent vers moi.
Ils nous savent complices, mais peuvent ils deviner à quel point ?
Posément, je referme la fenêtre sur l’automne qui  prend ses quartiers sur la vallée. Je reviens à ma table de travail. Ma main s’empare du quatrième livret celui que je suis en train de vous recopier avec tant d’aléas. En restant debout je l’entrouvre sur le signet qui marque le chapitre que je viens de relire.
Quelle folie ! Comment décrire l’indescriptible ?
J’ai reçu des courriers suite à cette dernière aventure qui commence à peine. On m’y reproche la relation incestueuse avec ma sœur et de la décrire avec tant de complaisance ! Une rage intérieure monte de mon ventre. Je frissonne d’indignation contenue et une larme perle à mes cils. N’ont-ils donc rien compris ? Désemparée, je me suis confiée à Marc. Dois-je continuer ? Faut-il vraiment tout dire, tout livrer ? Aller au bout ?
Mon regard se porte sur les autres livrets, ceux qui suivent. Il y à là des aventures que je n’aurais jamais pu imaginer, née de la fantaisie débridée de Mon Maître et de ceux qui l’entourent pour m’emmener toujours plus loin sur mon chemin de servitude.
Comme toujours, il a su me rassurer en quelques phrases.
- Isabelle Tu sais qu’il est en mon pouvoir de t’obliger à faire l’amour avec ta sœur… N’est ce pas ?
- Oui Monsieur.
- Et tu le ferai ?
- Je… Oui Monsieur… Si c’est votre désir
Un silence au téléphone.
Je réalise ce que je viens d’accepter, Il continue.
- Et pourtant ce n’est pas ce que j’ai exigé de toi, ni de Béatrice d’ailleurs !  N’est ce pas ?
- Je … Oui Monsieur !
Ma voix tremble et il devine que je ne suis pas convaincue.
Son ton devient ferme comme lorsqu’il m’inculque une leçon ou me donne un ordre impératif.
- Isabelle ! Ecoute-moi bien ! Tu as couché en compagnie de ta sœur, ce soir là ! Pas, AVEC, ta sœur.
Un éclair de compréhension me laisse un instant bouche bée. Mais bien sur ! Comme il a raison ! Les images de cette soirée défilent devant les yeux. Toute mon attention  était portée vers un seul objet celui de satisfaire Mon Maître. Je n’ai échangé aucune caresse avec Béatrice ! De cette soirée il ne me reste que le souvenir du seul contact avec sa peau et le parfum de ses cheveux mêlés aux mien. Je frissonne à cette idée et prends une profonde inspiration. Je vais pour dire à Marc que je viens de comprendre,  mais il me coupe
- Est ce que cela a posé le même problème a Béatrice ?
Il connaît la réponse mais semble vouloir l’entendre de ma bouche
- Non, Monsieur !
- Bien ! Alors tu va me faire le plaisir de te ressaisir et de continuer ton récit.
Sa voix s’adoucit.
- j’ai hâte de lire la suite Isabelle ! Même si je la connais !

Je repose le livret sur le bord de la table. Et c’est le cœur revigoré que je m’apprête à reprendre le court de mon récit.
C’était sans compter l’entrée dans ma vie d’un nouveau maître !
Je pensais être repartie dans mes Carnets pour longtemps et par là même vous en faire profiter. Mais c’était avant ma rencontre avec mon directeur de thèse.
Et voilà ! Je suis partie au moins pour trois années de dur labeur sous la férule d’un maître qui ne me touchera jamais.
Il va falloir me pardonner, mais il y a de forte chance que les chapitres des Carnets vont s’égrener bien plus lentement maintenant. Entre le haras, la préparation de ma soutenance de thèse et ma disponibilité à Mon Maître. Il ne me restera pas beaucoup de temps à leur consacrer.
Mais j’ai fait la promesse à Marc que tout sera un jour consigner sur ce blog. Et cela sera fait… Selon ses désirs.

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09 sept. 09

Une longue absence

Oui, je vous dois quelques excuses !
Je vous ai laissé tomber un peu cavalièrement. En fait, je me suis laissée surprendre par le temps !
A peine ai-je fait paraître le dernier chapitre de mes aventures que je me suis retrouvée assise dans l’avion qui m’emmenait vers la verte Erin, pour la visite annuelle de ma grande famille irlandaise. Et à peine suis-je revenue, sans même passer par le haras, gagnant mon petit appartement de Paris, à la descente de l’aéroplane, pour y glaner quelques vêtements propres que je repars pour le sud… Vers Mon Maître.

Après trois nouvelles semaines à ses pieds me voici de retour.

Oui bien sûr que je vous raconterais çà !
En fait, je brûle de le faire, de vous conter l’étrange rencontre auquel il m’a convié, Je vous conterais aussi la douce attente, nue au pied de son chevalet tandis qu’il s’applique, sans me porter attention, occupé à tracer les courbes parfaites de ses modèles. Dans ces moments je ne suis qu’un corps vibrant dans l’attente qu’il se lève, qu’il s’occupe enfin de moi, que je devienne encore une fois l’objet sur lequel il va faire retomber la tension de ses efforts.
Oh mon Dieu ! Que je suis bien dans ces moments là !
Mais je m’égare !
Revenons deux ans en arrière avec la suite de ce qui m'a encore une fois amenée, cet été, à accepter, à rechercher, sa domination bienveillante.
Je suis revenue ce week-end. J’ai devant moi, avant la rentrée universitaire, quelques temps à consacrer à mes carnets… à vous consacrer !

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24 déc. 08

Interludes. Impact.

Le choc a été rude, je me souviens à peine du grand soleil que j’ai effectué dans les airs. Puis l’impact avec le sol, les bois de l’obstacle, la douleur vive, insupportable, un cri bref et mes pensées qui s’arrêtent mon corps qui gémit et tremble. Le souffle coupé, le monde se rétrécie, je le perçois à travers un brouillard cotonneux. Des cris d’alarme de l’autre coté de la carrière. La respiration de ma monture sur mes cheveux, je souris, il vient me consoler, je pleure. Les gyrophares, le brancard, le crissement du cuir des pompiers. Une voix qui me parle que je ne comprends pas. Le visage de ma mère, livide, qui a accouru de l’autre côté du haras.
J’ai sommeil, je veux dormir, pourtant c’est le matin !

J’ouvre les yeux en souriant, il y a quelqu’un dans la chambre ! Nadège ! Elle me sourit. Je suis un peu gênée car si je souris c’est que j’émerge d’un rêve érotique. C’est fou comme un corps blessé peut forcer l’esprit à se réfugier dans des mondes si agréable.
Mon arrivé a la clinique a été des plus mouvementés. Les urgences, les examens, les questionnaires, les médecins inquiets ou rassurant. Ils ne m’ont pas laissé de répits, mais je n’en avais cure. Ils s’occupaient de mon corps, mon esprit était ailleurs, indifférent, comme déconnecté. Je n’ai pu m’assoupir que tard le soir quand tout le monde est reparti, rassurés.
Nadège souriante.
- Te voici de retour ?
Je réponds, penaude, a son sourire.
- Tu n’avais pas mis ta bombe ? Tu vas certainement te prendre le savon de ta vie quand ton père va savoir çà !
Je regarde mon bras gauche immobilisé, double facture, sans compter les hématomes divers et cette minerve qui m’empêche de bouger correctement. Elle a raison, je l’ai échappé belle. Pourtant des chutes j’en ai faites dans ma vie de cavalière, mais là ! Je ne l’ai pas bien joué ce refus d’obstacle !
- En plus tu montais Scipion !
Scipion ! Le plus beau de nos étalons, le plus fougueux aussi. Scipion le noir, Scipion l’Africain, venu droit des pays de sable. Là encore elle à raison. J’aurais du le fatiguer avant de l’emmener à la carrière. Une erreur de débutante présomptueuse. Mais j’avais tellement hâte ce matin là !

Nadège change brutalement de ton. Elle baisse la tête et me demande à brûle pourpoint sans me regarder
- Dis-moi ? … C’est qui Marc ?
Une ligne de feu cingle mon dos. Je suis tellement prise au dépourvue que je ne sais quoi répondre et la regarde, interloquée. Elle continue.
- C’est l’artiste que tu vas voir l’été ?
Je lutte intérieurement pour que mon visage ne s’embrase pas et répond timidement.
- Oui.
Un silence, puis enjouée elle lance.
- Ah ! … Et… Tu l’appelles Maître ?
Je comprends brusquement que j’ai du parler pendant mon sommeil. Un froid glacial me parcourt de la tête aux pieds. J’ai toujours caché mon étrange relation avec Marc à Nadège. Pour elle, lorsque je descends dans le sud c’est pour parfaire mon histoire de l’art et ses techniques. Mon esprit tourne à toute vitesse et avec aplomb finis par dire.
- C’est la coutume dans un atelier, d’appeler Maître celui qui t’enseigne…
Cette demi-vérité me sauve pour un temps.
Nadège me regarde bizarrement ;
- Ah !.. Bon !
Quelque chose la chagrine et je sens qu’elle n’ose pas le dire. Il faut que je sache.
- J’ai parlé dans mon sommeil ?
Elle hoche la tête en souriant.
- Et... Qu’est ce que j’ai dit... d’autre ?
Mon cœur bat la chamade et je crains d’écouter ce qu’elle va me dire.
- Non... Non... Rien ! … Mais…Tu avais l’air…Heureuse !
Je connais Nadège depuis la petite enfance. Et je sais qu’elle emploie des euphémismes quand elle n’ose pas prononcer des mots plus intimes, plus crus. " Heureuse ". Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. J’imagine les petits cris de soumission ou les gémissements enamourés que j’ai pu laisser échapper pendant mon sommeil tout en prononçant Son Nom. Je sais que j’ai eu un rêve érotique mais je ne me souviens pas de sa teneur. Bizarre !
Pourquoi ai-je l’impression qu’elle n’est pas dupe de mes explications !
Nous nous regardons en silence. Elle a un petit sourire en coin. Et ses yeux verts pétillent intérieurement. Le père de Nadège est kabyle, elle en a hérité la malice et l’intelligence. Nous nous entendons comme des sœurs depuis que nos pères se sont associés et qu’ils parcourent le monde ensembles mu par la même passion des chevaux. Comme moi, elle ne le voit pas souvent. Sa famille s’est établi pas très loin et nous avons un parcourt commun. Elle est mon double à la merveilleuse peau de miel doré. Mais jamais je ne pourrais lui raconter ce que je vis avec Marc! Elle ne comprendrait pas, et je ne veux pas la perdre. Elle est si réservée, si sage. Sa culture musulmane doit y jouer une grande part. A 21 ans je ne lui connais aucune aventure et elle détourne la conversation à chaque fois que nous parlons de çà. Je la soupçonne d’être encore vierge. Comment pourrait-elle comprendre !
Elle secoue ses longs cheveux bouclé et fait le geste de chasser une mouche imaginaire. Elle vient de s’apercevoir qu’elle s’est lancer dans une conversation qui risque de la mener à la limite de ses convenances. D’elle-même elle va détourner la conversation.
La paix retombe sur mon corps tendu comme un arc.
L’alerte a été chaude !
Une infirmière entre après avoir frappé à la porte. C’est l’heure de ma toilette. Nadège sort en me lançant un petit signe de la main. Elle va patienter dans le couloir.
Je prends brutalement conscience que je suis nue sous la grande chemise blanche. Je rougis brutalement en comprenant que l’infirmière risque d’entrevoir mon entrejambe soigneusement épilé et que peut être tout le staff qui m’a soigné est au courant. Une panique intense me gagne à cette pensée !
Elle se penche sur moi en souriant.
- Allons-y Mademoiselle !

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24 août 08

Interludes. Arabesques

Décidément cette jument ne veut rien entendre !
Je souffle d’exaspération et laisse retomber mes bras le long du corps tapotant l’étrier droit de ma cravache. Inutile de vouloir continuer à la travailler aujourd’hui. D’une pression des genoux je la lance au pas autour de la carrière. Elle a sentit que je n’étais pas là et a décidée de n’en faire qu’à sa tête.
Partir, déjà… Encore ! Partir pour le retrouver me mettre à Sa disposition…
J’ai fêté mon 21ème anniversaire il y a deux semaines… Deux ans ! Deux années d’une étrange aventure.
Un dédoublement de ma vie !
Il y a Isabelle la sage, l’étudiante appliquée, travailleuse, gentille et attentionnée qui s’efforce de ne pas commettre de faute de goût. Tout au long de l’année une jeune fille irréprochable. Et quand le temps vient, quand Il m’appelle, surgit Isabelle l’impudique qui perd l’esprit et lui fait don de son corps. L’Isabelle-Objet dont il peut jouer à sa guise. Isabelle qui jouit de plaisir lorsqu’elle est à Ses pieds et qu’Il entraîne dans des aventures où la chair s’embrasse où les pensées s’évaporent.
Je stop net ma monture au beau milieu de la carrière. Son souffle de vapeur couvre mon soupir. Un étrange poids pèse sur ma poitrine. Je lève la tête. Le matin est clair et lumineux, tout le monde s’affaire autour des box. Sur le bâtiment principal, haut dans le ciel on a hissé les couleurs du haras. Je souris, quelque part dans le monde un de nos yearling a gagné une course ! Un honneur qui retombe sur tout l’élevage et ceux qui le servent…
Irrésistiblement mes pensées reviennent à Lui.
Quelle étrange aventure je vis avec Marc !
Cet été en Irlande j’ai fait la connaissance d’un garçon empressé, yeux clairs, épaules larges sourire ravageur. Il me plaisait, je n’en étais pas franchement amoureuse, mais il me plaisait. Nous restions de longues heures ensemble à chevaucher et sortir loin dans la nuit. Et ce qui devait arriver est arrivé ; nos lèvres se sont trouvées. Il n’a pas compris lorsque j’ai refusé son étreinte et ses caresses. Et puis j’ai osé ! Ce n’était pas la pudeur qui me retenait. Non ! Vous pensez bien qu’en deux ans de soumission Marc m’a fait vivre l’extrême et ma pudeur avait fondu comme neige au soleil. Non… Il me fallait l’autorisation de Mon Maître et j’ai osé… La lui demander !
Etrange Maître que celui qui n’a pas besoin de laisse pour me tenir. Etrange Maître qui me laisse libre de mes choix et donc de ma soumission. A la fin de la conversation j’ai compris que je n’étais sa soumise que parce que je le voulais bien et que tant que cela serait nécessaire, je reviendrais à lui, que c’était à moi de décider que faire avec ce garçon.
Cette histoire ne lui appartenait pas, ne l’intéressais même pas !
Je suis comme cette jument que je monte. Elle peut n’en faire qu’a sa tête, mais c’est toujours moi qui tiens les rennes et lorsque nous le décidons, ensemble, nous effectuons les plus belles des figures. Et ces arabesques sur le sable blanc sont semblables à la ligne que je suis sous la férule de Mon Maître.

Il est temps !
Mon sac est prêt. Demain je vais courir le rejoindre, comme chaque fin d’été. Je vais parfaire mon apprentissage… Mon dressage. A cette pensée mon cœur bat à tout rompre, ma respiration s’accélère, les images de notre dernière rencontre dansent devant mes yeux et tout au fond de moi, entre mes jambes écartées sur la selle, une douce et vibrante chaleur m’envahit.

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02 août 08

Interludes. De terre et de crin.

Me voici de retour !
Oui je sais, je vous avais dit trois semaines !
Et en fait mon absence s’est un peu prolongée. Il faut absolument que je vous raconte, et je suis sûre que vous me pardonnerez.
Dans la dernière des semaines de mon escapade irlandaise j’ai reçue un appel de mon père. Un appel qui m’invite à le rejoindre. Un saut par Londres, direction New-York, à peine le temps d’entrevoir la grosse pomme et de nouveau l’avion pour le rejoindre à Denver. Là, sous un soleil de plomb, mon père m’attend! Mon dieu comme c’est bon de le retrouver ! De nouveau l’avion, un Piper Club bringuebalant qui fonce au plus profond des Grandes Plaines. Va suivre une trop courte semaine avec mon père que je n’oublierais jamais. Une semaine de découverte de cet élevage de mustangs aux marches des Grandes Plaines dont seule, à l’horizon, la ligne bleutée des Rocheuses rompt la monotonie.
Une semaine merveilleuse, inoubliable, en compagnie de mon père entourée des hommes et des femmes les plus dingues que je n’ai jamais rencontrés. Des garçons prêts à tout pour épater la petite Franchy, l’emmener en balade bien calée sur une selle profonde et confortable comme un fauteuil, et, avec fierté et gravité, lui faire découvrir le plus impressionnant paysage qu’il m’a été donné de voir. Une mer verte aux vagues d’herbes ondulantes sous les vents que rien n’entrave. Et, divine vision et suprême récompense, sur ces flots ondoyants, ces hordes de chevaux mythiques qui galopent comme si la gravité n’existait pas. Pégases indiens aux sabots légers venus du fond des âges
C’est au milieu de ces chevaux et de ces Hommes à la fois doux et rugueux que j’ai redécouvert mon père. Il s’entend avec eux comme larron en foire et il leur partage cet amour immodéré des chevaux. Un amour qui le porte aux quatre coins du monde, loin de moi, souvent, longtemps… trop longtemps. Je ne puis m’empêcher de faire l’évocation de ma propre histoire. Nous avons tous deux une vie secrète, il m’a fait toucher du doigt la sienne. Je frissonne de peur à l’idée qu’il puisse un jour apprendre quelque chose de la mienne.
Me voici de nouveau seule dans l’avion qui me ramène en France. La poitrine écrasée par le chagrin. La tête encore pleine du vent des grands espaces. Je porte la main à mon cou un pendentif de pierre et de crin de chevaux offert par cet Indien. Un peu de la terre et de la vie de ce pays " Pour que tu reviennes, Ginger " m’ont-ils dit. " Un grand chaman Cheyenne " ont cru bon de rajouter les garçons sur le ton de la plaisanterie en se gobergeant d’avance de ma crédulité. Le vieil homme à murmuré quelques mots à mon oreille que je n’ai pas compris, m’a prise par les épaules et sans que je puisse réagir colle ses lèvres contre les miennes et les retire aussitôt. " French Kiss " s'exclame-t-il avec un grand sourire pendant que toute l’assemblée se tord de rire et que mon père se tient les côtes pour essayer de garder un peu de son sérieux devant ma mine stupéfaite.

Ce collier de pierre et de crin qui se superpose à ma croix de baptême, je sais que je vais bientôt le quitter pour le remplacer par un autre. Un collier de cuir et de fer. A cette pensée le poids qui pèse sur mes épaules s’amenuise peu à peu, jusqu'à me quitter totalement. Je vais Le rejoindre à la fin du mois d’août.
Un autre voyage, une autre aventure… Merci Monsieur…Merci Maître !

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06 juil. 08

Interludes. Je vous quitte !

Mon Cher Maître, Monsieur … Je vous quitte !
Chère lecteurs et lectrices, vous qui partagez avec moi ces moments si intenses, je vous quitte !
Posés dans un coin de ma chambre, mon sac à dos et quelques bagages de cuir m’attendent. Départ ce soir pour ma verte Erin. Comme tous les ans, je pars rejoindre ma famille gaélique. Je vais me saouler de ballades irlandaises et de balades équestres sur les falaises frappées d’embruns salés.
Trois semaines… Trois semaines loin de vous ! Et pourtant je pars le cœur léger. Car je sais qu’a mon retour je vous retrouverai. Dans mon sac de cabine un carnet de papier, un carnet qui contient tous mes secrets indécents que je vais continuer à griffonner, la fièvre au corps. A son côté, mon fidèle portable qui a vu nos étreintes et garde précieusement dans sa froide mémoire électronique la plus chaude de mes passions.
Mon Maître, vous m’avez fait vivre la plus incroyable des aventures. Vous m’avez révélé à moi-même au delà de ce qu’il est concevable. Et je sais que ce chemin je vais continuer à le suivre, les yeux baissés, guidée par votre main charitable.
A mon retour je vous rejoindrais, et pour ce deuxième été sous votre férule, je vous promets alors d’être la fille la plus soumise qui n’ai jamais été. Je veux être chienne parfaitement dressée à vos genoux. J’attendrais patiemment le moindre de vos désirs et les comblerais avec zèle et dévotion. Je vous promets le don de mon corps, de mon âme, et vous laisse le soin de les damner pour l’éternité si cela vous chante.
Je vous quitte donc pour mieux vous retrouver et mieux me perdre encore. Car je serai, pour toujours ou selon votre bon plaisir… Votre fervente et très dévouée, Isabelle.

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22 mai 08

Interludes. Un an.

Fébrilement j’ouvre le paquet soigneusement clos de papier kraft. Une jolie écriture à la plume mentionne mon nom et mon adresse. C’est ma mère qui me l’a tendu, l’extirpant de la pile de courrier que nous recevons journellement. Ma sœur est là, elle a un sourire mi-figue mi-raisin de complicité.
- Un admirateur qui t’envoie un cadeau ?
Je la pilerais dans ces moments là ! Je sais qu’elle sait de qui il s’agit et elle ne peut pas s’empêcher de me taquiner.
Je rougis jusqu'à la pointe des oreilles et fait gentiment le geste de la gifler.
- Mais non…C’est un truc que j’ai acheté sur E-bay.
Il fallait bien que je donne le change à ma mère et c’est la seule excuse que j’ai trouvée à ce moment là. J’ai détourné la conversation comme j’ai pu pour leur faire oublier le paquet, discutant des chevaux, du haras et des pansages qu’il va falloir faire aujourd’hui.
Nonchalamment, j’ai gagné ma chambre et fermé la porte derrière moi en tirant le verrou. Je me suis assise en tailleur sur mon lit et commencé à ouvrir le paquet.
Je soulève délicatement le couvercle. Un objet est enveloppé dans une peau chamoisée couleur caramel. Sur l’objet un bristol, une carte de visite de Marc, et sur cette carte de visite un seul petit mot écrit à la plume, sans autre commentaire : " Un an ! " Un petit pincement au cœur, j’aurais aimé une lettre plus longue, mais ce simple mot résume à lui seul toutes les images qui m’assaillent. Un an…  Un an de soumission... à Marc ! Je dépose religieusement la carte sur le couvre lit et démaillote l’objet de sa fine couverture de peau. Je souris, c’est un collier, magnifique, une fleur de métal maintenue à une courroie de cuir par deux clous d’acier. Une fleur crucifiée ! Et bien sûr un anneau, un anneau d’or qui perce les lèvres délicates que forme les pétales de cette étrange orchidée. Il va remplacer mon fidèle lacet de cuir celui qui tinte à chaque mouvement de la tête. Le grelot de novice va être enfin remplacé par la symbolique forte d’un anneau de soumission
Il est vrai que je ne suis plus réellement une novice. Je me suis découverte durant cette année. Et j’ai tellement découvert ! La passion, la honte la plus absolue, la jouissance qu’apporte cette honte, la jouissance physique aussi. Mon premier orgasme obtenu de façon si peut conventionnel. Et cette trouble attirance pour les femmes pour ces corps qui me ressemblent. Marc l’avait vu, il me l'a révélé peu à peu. Il m’a forcé à regarder au fond de moi.

En laissant le collier dans sa boite, je descends du lit et me déshabille rapidement. La réception d’un tel objet ne se fait pas sans un minimum de cérémonie. Une fois nue, je me saisis de la boite que je dépose sur le sol. Dans un rayon de lumière du soleil matinal je m’agenouille et écarte les cuisses, largement. Je me cambre, glisse mes mains dans le dos, j’entrouvre les lèvres, ferme les yeux et baisse la tête en signe de soumission. Cette pose combien de fois l’ai-je prise ? Je garde en mémoire la première fois ou je me suis retrouvé nue, offerte, dans cette posture, sous ses yeux inquisiteurs Des yeux qui vous percent plus profondément qu’une lance. Je soupire profondément. C’est bizarre comme cette pose agit comme un soutra sur moi. Elle me détend intérieurement, j’ai l’impression que rien ne peut m’arriver quant je la prends. Je deviens alors une puissante statue de bronze indestructible que rien ne peut souiller. Dans les situations les pires que Marc m’a fait subir cette position a été mon refuge, lorsque je pouvais la prendre, à genoux ou debout, elle a été et reste le lieu de ma ressource. Et en un an Marc m’a fait éprouver des choses que l’adolescente que j’étais (j’en sortais à peine alors !) ne peut que difficilement imaginer. Et... J’ai absolument adoré çà ! Etrange comme les sentiments et les actes les plus contradictoires vont bien ensemble ! amour-haine, douleur-plaisir soumission-domination, Marc-Isa…Contradictoire comme l’est notre couple. Enfin notre couple ! Je parle comme quelqu’un qui veut se caser dans une vie de femme fidèle au foyer, son petit homme, sa petite maison, sa petite vie…La routine, une banalité à laquelle je ne pourrais certainement plus jamais me résoudre et qui me saisi d’effroi lorsque j’y pense. Oh ! Inutile de me faire des illusions, cela ne pourra durer. Un jour il me rendra ma liberté, Il me l’a dit... Jour maudit entre tous ! Je n’arrive même pas à savoir quelle place j’occupe dans la foule qui l’entoure. Marc est d’une discrétion de chanoine en ce qui concerne ses relations, ses modèles. Au début de notre histoire, lors de nos conversations je tentais malicieusement d’en savoir plus, mais rien n’y faisait. Soit, il me retournait mes questions, soit, il gardait un silence énigmatique et détournait habilement la conversation. Et puis j’ai compris ! Cet été j’ai été introduite dans un cercle qui nécessite une discrétion absolue si on veut en faire parti. Une discrétion qui va au delà de ces lignes mais que je vais essayer de vous faire comprendre. Ce cercle de silence, je l’avais déjà perçu au travers de mon premier contact avec Kristale. Bien sur, il ne peut pas cacher ses œuvres et j’ai surpris de nombreuses fois des photos de ses " Sujets " qui n’étaient pas moi, punaisées à sa table de travaille. Il ne me fait connaître que les personnes nécessaires à mon "dressage "et ils sont déjà nombreux. J’apprends peu à peu à faire une croix sur ma jalousie, mais c’est si difficile.


DSC09509J’entrouvre les yeux et contemple le collier. Je ramène mes mains devant moi, me penche et me saisi de l’objet que te tourne entre mes mains. La fleur de métal émet un éclair de lumière froide, l’anneau vient à la rencontre de mon index comme le ferait une bague de fiançailles. La lanière de cuir ne présente qu’un seul trou. Je souris, Marc connaît parfaitement mes mensurations et donc mon tour de cou. Cet unique trou de réglage signifie que nulle autre que moi ne peut porter ce collier. Il est à moi comme je suis à Lui. D’un geste solennel je le porte à mon cou et le lace sur ma nuque. Un frisson parcours mon corps. Le simple contact du cuir, ce cuir qui a été façonné de Ses mains, provoque une onde de plaisir sur ma peau. Je reprends la pose et me remets à penser à nous, de toutes mes forces. Des images défilent sur l’écran lumineux de mes paupières, Marc, l’atelier, L’hôtel à Lyon, Marc, les coups sur ma croupe, cette nuit de tendresse, Marc, la folle chevauchée, Kristale, ma honte, mon plaisir, mon orgasme, ma bouche violée, mes reins forcés, ma joie, Marc, Ses mains sur ma nuque, Stéphanie, la soirée chez Kristale, Jacques l’élégant et Laure, la cave chez Kristale, encore Stéphanie… pauvre Stéphanie, les fous rire avec Marc lors des séances de poses, mes pleurs, la maison dans la foret, ce pavillon de chasse ou j’ai certainement vécu le pire de mon dressage, terrible maison, J’ai un haut le cœur à cette évocation, et pourtant… Le rire et les yeux froids de Kristale. Le regard bienveillant de mon Maître… Tout se télescope dans mon esprit. De mon ventre monte une chaleur sourde bien connue. Du bas de mon dos prend naissance une onde électrique qui grimpe le long de ma colonne vertébrale pour venir mourir sur ma nuque… sur mon collier. Je suis bien !

Juste avant le crépuscule j’ai mis mon collier pour sortir, faire une ballade. Ma sœur a tenu à m’accompagner. Nos deux montures vont au pas côte à côte, lorsqu’elle se tourne vers moi. Elle tend le bras vers mon cou. Se saisit de l’anneau doré qu’elle caresse entre le pouce et l’index. Son visage devient grave. Et d’une voix un peu enrouée elle me lance.
-
Jusqu’où iras tu ?
Elle a toujours pris mon aventure avec Marc comme une passade, une expérience d’adolescente qui découvre sa sexualité. Mais au bout d’un an ma passion est toujours aussi forte. En fait, je la crois encore plus forte qu’au premier jour. Je ne peux plus rayer ce que j’ai vécu d’un simple geste. Et je ne le veux pas !
Je me pince les lèvres et la regarde droit dans les yeux.
-
Jusqu’au bout !
Tout en ne sachant pas moi-même où est ce bout. Et pour couper court à cette conversation embarrassante je talonne violemment ma monture qui pique des deux sur le chemin de terre laissant ma sœur sur place. Le bruit des fers de sa monture me suit de prêt, elle me remonte peu à peu et juste avant l’orée de la forêt. Me lance en hurlant pour couvrir le bruit du vent à mes oreilles.
-
Je t’admire... Je t’aime.
Que ma sœur aînée me fasse cette déclaration me chavire et me gonfle le cœur d’allégresse. Je me tourne vers elle, elle est à une foulée de moi, et je me lance dans un rire à gorge déployée. Et c’est deux folles hilares qui traversent au galop les pommeraies du Jonquet déjà en fleurs de l'été qui s'annonce.

 

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