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Les Carnets d'Emilie
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13 juillet 2012

Chap. 15. Etape

Je ferme les yeux sur les éclats de soleil qui vibrent à travers les feuillages des sous bois que nous traversons. Je souris à l’évocation de notre repas frugale dans ce routier à l'allure de taverne défraîchie. A la fin du repas, j’ai presque cru que la tenancière allait nous proposer une de ses chambres !
Je m’étire sur le siège de cuir, les jambes largement écartées, la jupe relevée jusque la limite de mon pubis épilée. Le protocole le veut ainsi ! Je dois être disponible à chaque instant. Mon genou effleure le levier de vitesse mais cela ne gène pas Marc. Au contraire! Il arrive qu’à un changement de rapport la main de Mon Maître prolonge son geste le long de ma cuisse offerte en un frolement attendu. Il me caresse alors nonchalamment comme on cajole un animal de compagnie
Je replonge dans un demi-sommeil et resurgissent les images de notre week-end de folie. Béatrice à genoux devant Mon Maître et moi à son côté en la même position sans équivoque. Nous sommes nues, et comment pourrait-il en être autrement puisque Marc la voulu ainsi !
La deuxième nuit a vu s’accélérer le dressage de ma sœur sous mes yeux. Je l’ai vu s’abandonner et abdiquer sa fierté en obéissant et s’agenouillant devant la cravache menaçante qu’elle a elle-même été cherchée au club du haras la présentant à mon Maître entre ses dents… A Mon Maître !… A SON Maître ! Je l’ai vu se tordre de douleur, mais aussi de jouissance lorsque Marc a forcé ses reins alors que je lui tenais les poignets en de douces menottes. Une main court le long de ma cuisse et sa caresse me tire de ma rêverie. Heureusement elle ne va pas plus loin car Marc n’aurait pas manqué de constater l’humidité excessive qui mouille mon ventre à l’évocation de notre dernière nuit. Un peu confuse je me redresse en émergeant de ma torpeur.
- Nous allons bientôt arriver Mademoiselle!
Je regarde le paysage autour de nous. Des arbres droits qui bouchent l’horizon plat. Des maisons à colombages discrètes ou prétentieuses qui bordent la routes. La Sologne nous offre un accueil sobre et feutré. Personnes dans les rues des villages. Dans la forêt, un virage à droite à un carrefour ou trône en sont milieu une croix de bois blanchie à la chaux. Le coupé s’engage sur un chemin de terre aux bordures gazonnées parfaitement entretenues. Le véhicule roule presque au pas et je peux voir apparaître au loin les piliers de pierre d’un portail. La monumentale grille de fer forgé est largement ouverte, comme si on nous attendait. Marc ne ralenti pas mais j’ai le temps de distinguer sur un des piliers une plaque de bronze mentionnant le nom du domaine sous titré "Relais et Château".
Je ne peux m’empêcher de sourire d'aise. Ainsi Mon Maître après m’avoir traînée dans les bouges m’invite dans un Château? Je lui reconnais bien là tous les contrastes de sa personnalité. Je me tourne vers lui le regard interrogateur. Il me répond d’un léger sourire mais ne quitte pas le chemin des yeux. Nous finissons par quitter la forêt qui ressemble plus maintenant à un parc entretenu, et arrivons devant une bâtisse imposante et d’une beauté à couper le souffle. Une sorte de ferme fortifiée de calcaire blanc flanquée de tours aux toits d'ardoises bleues. Nous franchissons le portail voûté qui laisse apparaître les dents d’une herse de fer relevée au-dessus de nos têtes. La vaste cour intérieure est moins militaire et beaucoup moins austère. Une façade de pierre aux larges baies vitrées, égayée de massif d’azalée et d’orangés nous invite à nous approcher. Marc gare son véhicule au côté de plusieurs autres alignés et m’invite à en descendre. Il coupe le moteur et sort à ma suite. Nous nous approchons ensemble du perron à double escalier lorsqu’un homme surgit à l’entrée en poussant les deux battants et s’élance à notre rencontre le sourire aux lèvres. Marc s’avance d’un pas et les deux hommes se serre la main et s’étreignent chaleureusement.
- Marc… Nous t’attendions !
Il se sépare et son attention se fixe immédiatement sur moi. Ses yeux s’allument
- Et voici donc Isabelle!... La fameuse Isabelle...!
Il me détaille de la tête aux pieds mais ne fait aucun geste vers moi.
- Chère Isabelle ! … J’étais tellement impatient de vous connaître Mademoiselle ! Kristale ne m’a pas menti en me disant que vous étiez très jolie !
Un frisson cours le long de mon dos.
Kristale !
Instinctivement je regarde vers la porte où je m’attends à voir surgir la blonde nordique aux yeux de glace. Son nom lancé ici à brûle-pourpoint me fait brutalement prendre conscience que je n’ai pas n’importe qui en face de moi. Un coup d’œil rapide à l’annulaire de sa main droite me fait découvrir la même chevalière massive que porte Marc. Une chevalière de Maître! Je rectifie immédiatement ma position. Je mets mes mains dans le dos, écarte légèrement les jambes et fixe mon regard vers le sol en une parfaite posture d’attente et de déférence.
Un petit sifflement d’admiration de l’homme.
- Bravo Marc!… Je reconnais bien là ton enseignement!
Il m’observe encore un long moment. Je reste statufiée à un mètre des deux hommes. Puis il tourne brusquement des talons et lance comme pour lui-même à voix basse
- Ha ! Ces artistes ! …
Et d’une voix plus forte
- … Ignés va vous montrer votre chambre Marc, Il faut que je vous laisse, je pars en cuisine. Faites un tour dans le parc si vous le désirez. Le dîner est à 20h. On se retrouve après ?
Et sans attendre de réponse se dirige vers la porte par où il était apparu.
Marc attend qu’il s’éloigne et disparaisse. Il s’approche de moi et me murmure à l’oreille;
- Je suis fier de toi !
Mon cœur fait un bon de joie dans ma poitrine.

 

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