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Les Carnets d'Emilie

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6 septembre 2023

Confessions d’une oie sauvage. (Part. 1) VC.

Nous nous sommes toutes deux installées sous le patio du club pour nous protéger du soleil d’aout.
Au loin, dans la carrière, tournent les cavaliers stagiaires qui fatiguent leurs montures avant d’aborder quelques obstacles bas.
Je touille machinalement mon thé dans lequel je n’ai pas mis de sucre et l’observe par en dessous en silence.
La lumière qui filtre au travers de la claie de joncs illumine de brefs éclairs sa chevelure d’électrum.
Comme elle est belle !
On l’a croirait sortie d’un magazine de mode. Elle en a la beauté immarcescible, sure d’elle et de son effet.
Je l’ai à peine reconnue lorsqu’elle s’est dépliée  du coupé noir qui s’est garé sur l’allée de gravillon qui mène au club du haras.
Marc a joué, comme à son habitude, de l’effet de surprise. Il m’avait juste annoncé sa venue sans me préciser son nom.
— J’ai besoin d’un cadre hippique pour des photos ! Tu as ça je crois ?
Il a dit cela sur le ton de la boutade mais mon cœur n’a fait qu’un bond, Marc m’avait si souvent eue comme modèle que l’idée de renouer avec son regard  me ravissait, de plus nous n’avions jamais pratiqué dans le haras et cette idée m’émoustille au plus haut point.
Mais j’ai vite déchanté.
— Je viens avec quelqu’un !
Je n’ai pas osé lui en demandé plus, si il avait voulu que je sache il aurait précisé de qui il s’agissait.

Loo 4

Gênée par mon silence et mon regard pesant elle se tord convulsivement les doigts et fait mine de chercher Marc du regard.
Je décide de mettre fin à son calvaire et lui adresse un sourire enjoué.
— Tu es de plus en plus belle !
Elle se détend soulagée et me rend mon sourire
— Ho ! Merci Isabelle !... Toi aussi tu es très belle tu sais ! Et…
Prenant brutalement conscience de la banalité affligeante de notre échange d’amabilité elle s’interrompt et lance comme sous le ton de la confidence.
— Mais peut être dois-je dire Madame ? Ou bien … Mademoiselle !... Vous pourrez m’appeler Mademoiselle ou… Petite Gourde !!
Elle sourit largement en me lançant un clin d’œil.
Je lui retourne le sourire mais ne réponds pas a sa question, la laissant en suspend pour plus tard.
— Tu as lu les carnets ?
— J’ai pratiquement appris le français en le déchiffrant !
Non seulement la jolie batave parle maintenant parfaitement le français, avec un accent ravissant,  mais elle semble aussi en maitriser les subtilités.
— Cela fait combien de temps maintenant Loreleï ?... Je veux dire depuis la première fois où nous nous somme rencontrées ?
— Tu veux dire l’Assemblée au château ?
— Oui !
Elle a un petit rire nerveux et lance nonchalamment sa main dans l’air comme pour chasser une mouche imaginaire.
— Pffff !... Cela fait longtemps ! Je ne me souviens plus !
Et elle ponctue son ignorance feinte d’un rire cristallin ou pointe sa gêne.
Je l’observe attentivement.
— Tu as quel âge Loreleï ?
C’est une question directe et mon ton sévère  lui fait comprendre que j’attends une réponse. Elle se tord les mains de plus belle, se mord les lèvres.
— J’ai 24 ans !
Je fais rapidement le calcul. Prends une profonde inspiration en me repoussant au fond du fauteuil de rotin.
Comme si elle lisait dans mes pensées et continue sur un ton presque agressif.
— Oui, je sais ! … Kristale savait aussi !...

Elle se radoucit.
— Mais tu sais comme je le voulais ! Tu sais comme j’ai … J’ai aimé… Ça ! Comme j’ai aimé être ta soumise aussi !
Elle prend un regard suppliant, implorant comme pour demander mon pardon.
Je continue.
—Marc savait ?
— Il l’a vite deviné, je pense !
Je repense au défi que lui avait lance Kristale ;
Dresser parfaitement la jeune femme, l’initier parfaitement à la soumission, sans connaitre sa langue et sans la défleurir.
Un défi biaisé en faveur de Marc !
— Ce n’est pas Marc qui t’as dressée en fait ?
Loreleï baisse la tête vers sa tasse de thé et fait mine de s’en saisir.
— En fait !... Un peu si … c’est difficile à expliquer…
Je la coupe d’un geste.
Dans son dos je vois s’approcher Marc et Béatrice .Ils ont harnaché deux montures et contournant la carrière où évoluent les cavaliers, passent devant nous au petit trop en nous faisant signe de la main.
Sappho, ma blonde hétaïre, les suit à deux foulés, elle qui est pourtant rompue à tous les sports, et qui n’a pas monté depuis longtemps, n’a pas l’air très assurée mais me fait quand même bonne figure, tout en jetant un regard furibond à la blonde nordique qui doit lui sembler bien trop proche de moi …
Ils s’en vont en balade !
Je leur réponds de la main et Loreleï, se retournant à demi sur sa chaise en fait de même.
Elle se retourne vers moi et je ne lui laisse pas le temps de détourner la conversation. Je pose mes deux mains sur la table et la fixe en souriant.
— Eh bien tu vas avoir le temps de m’expliquer !... Je veux tout savoir ! Depuis le début !
Résignée Loreleï hausse les sourcils.
— Depuis le début ?
— Oui, depuis le début !
Bizarrement loin de se crisper, elle semble se détendre, comme si elle allait se confesser et se soulager d’un poids trop lourd à porter. Cela fait longtemps que nous nous connaissons et pourtant je ne lui avais jamais demandé de me raconter son histoire avant !… Avant moi !
 La jeune femme se recule dans son fauteuil de jardin et porte la tasse de thé à ses lèvres.
Son regard se fixe dans le vague comme pour se remémorer.

—  j’ai rapidement prise conscience que mon corps pouvait m’apporter beaucoup de plaisir. Je découvrais ma poitrine qui s’arrondissait se faisait plus ferme et j’adorais le soir jouer avec mes tétons pour les faire durcir. Il n’a pas fallu longtemps pour que je découvre le plaisir de me retrouver entièrement nue sous les draps et d’explorer les moindre recoins de mon corps en le caressant. Cela me laissait pantelante de plaisir. Mais de frustration aussi. Les hommes aussi m’attiraient.
Elle sourit.
Mon professeur de piano particulièrement.
Elle part d’un grand rire.
Il fallait que je change de petite culotte après chaque leçon tellement je mouillais en sa présence. Je crois qu’il l’a senti parce qu’il était de plus en plus pressant et souvent il me posait ses mains sur mes cuisses ou en me prenait par la taille pour ajuster ma position face au piano, comme il disait. Je me liquéfiais littéralement lorsqu’il se plaçait derrière moi et me prenait les poignets pour les guider sur le clavier.
Mais çà n’a pas été plus loin.
Lorsque j’ai rencontré Kristale , je dépérissais. Mes masturbations incoercibles et les frustrations qui s’en suivaient se répercutaient sur mon physique et mon moral.
Je perdais du poids j’avais les yeux cernés et je pensais devenir folle tellement mes pensées obsédantes tournaient constamment vers ce plaisir coupable.
N’en pouvant plus j’ai fini par consulter notre médecin de famille, Kristale.

 Kristale a parfaitement sut me cerner par un subtile interrogatoire. A certaines de ses questions, Je ne savais plus ou me mettre mais elle était si compassionnelle que  j’ai fini par lui avouer mes tourments et mes obsessions. Elle m’a rassurée sur ma normalité et fait comprendre qu’il fallait simplement que je contrôle et que je maitrise mes pulsions.
Elle me proposa alors son aide de la façon la plus naturelle du monde.
Je n’aurais pu espérer mieux.
Elle m’a donné alors son premier ordre.

Enfin !... Moi je l’ai prise comme un ordre !
Celui de me déshabiller entièrement et de m’installer sur la table d’examen.
Le cuir était froid, mais moi je bouillais littéralement. Et elle m’a demandé de lui montrer comment je procédais.
 Loreleï repose sa tasse de thé sur la table. Sans me regarder elle se recroqueville dans son fauteuil en se prenant les genoux dans les mains.
— Maladroitement, j’ai commencé à me caresser les seins et les mamelons. Kristale m’observait les bras croisés.
En fermant les yeux, j’ai glissé une main entre les jambes et commencé à me frotter sans entrain. Devant mes réticences, Kristale m’a alors interpellée en demandant d’écarter plus largement les cuisses. Comme hypnotisé et déjà sous son emprise Je m’exécutais passivement alors qu’elle m’interrogeait.
— Tu es encore intacte ?
— Je… Oui, Madame !
— Tu ne t’es jamais introduite les doigts plus profond ?
— Non, Madame !
— Continue !
Je me caresse la poitrine de la main gauche tandis que de la paume de la main droite  je frictionnais vigoureusement mon entrejambe. La caresse commençait à faire son effet et l’intérieur de ma main s’enduisaient de sirop vaginal lorsqu’elle m’interrompt.
— Tu t’y prends mal ! … Je vais te montrer !
D’autorité elle se saisit de ma main droite et la rabat sur mon sein resté sans partenaire. Et elle la guide de façon a ce que mes doigts s’emparent de mon mamelons déjà tendus.
— Caresse-toi là ! … Je m’occupe du reste !
Elle pose alors sa main fraiche entre mes cuisses et son pouce s’introduit légèrement en moi écartant délicatement les lèvres de ma vulve à la recherche de ce que, jusqu'à maintenant, j’avais passablement ignorée. Malgré mes masturbations frénétiques je n’avais pas encore prise conscience de cet organe du plaisir et jusqu’où il pouvait m’emmener. Lorsque Kristale s’en est emparée, une décharge électrique m’a presque soulevée de la table d’examen tandis qu’un plaisir et une joie intense m’a fait lâcher un crie de surprise.

Loreleï se perd un instant dans ses pensées comme si elle revivait la scène intérieurement.
— Sourde à mes gémissements Kristale a méticuleusement explorée toutes les variations de sensibilité de mon  bourgeon et de ses racines. Ses doigts était diaboliquement agiles et faisait monter peu à peu en moi des spasmes de plaisir. Jusqu’à ce qui devait arriver, arriva !
Le paroxysme d’un orgasme fulgurant… Je crois que je m’en souviendrais toute ma vie ! Je crois même avoir perdu connaissance un court instant. En tous cas j’en suis restée toute essoufflée comme si je venais de courir un marathon comme une dératée.
Elle redresse vivement la tête et me regarde droit dans les yeux.
— Cela à été mon premier orgasme. 
Kristale a profité de mon état pantelant pour m’écarter la vulve de ses deux pouces en se penchant sur moi et m’observer profondément.
— Tu as dit vrai !… Et tu va garder précieusement ta pureté… Compris ?
Pas de bêtise avec les hommes ! Et quand tu te masturbe tu le fait comme je t’ai montré, tu ne t’introduis pas plus loin !
J’ai opiné du chef, sans comprendre encore pourquoi elle tenant tant a cela !

 Je m’accroche à son regard de glace bleue et sirote machinalement  ma tasse de thé à peine tiède maintenant. Moi je sais pourquoi elle tenait tant à ce qu’elle garde sa… Pureté!  Le machiavélisme de Kristale allait s’en servir comme appât, comme objet de trocs auprès de Marc pour m’avoir… Moi !
Loreleï souffle en regardant en l’air comme si elle soufflait la fumée d’une cigarette et continue.

A partir de là Kristale m’a prise en main… Avec mon consentement ravi !
Progressivement elle m’a introduite au monde de la soumission. Peu à peu je devenais sa soumise consentante et découvrais tous les ravissements que cela m’apportais. C’est vraiment agréable pour une fille ignorante comme je l’étais, et qui se découvre une sensualité exacerbée, de ne pas le faire seule, d’être accompagnée d’une main de… Maîtresse.
Pour mon plus grand plaisir la séance de masturbation forcée sous ses yeux s’est reproduite à de nombreuses reprises dans de nombreux endroits les plus impromptues.
Puis nous sommes passées à des choses plus sérieuses. Kristale m’a fait comprendre que ma fonction n’était pas que de recevoir du plaisir mais aussi d’en donner… et ce sans restriction, sans tabou.
Elle m’a apprise, à l’aide d’olisbos, comment prendre un homme dans ma bouche et lui prodiguer toutes les caresses nécessaires de ma langue pour l’amener à la jouissance. Mais comme je te l’ai dit elle ne m’a jamais présentée à des hommes. Elle voulait, comme elle disait, me garder « vierge d’hommes ».
Par contre aucun problème pour les femmes et c’est sur elle que je devais apprendre de gré ou de force. De nombreuses fois elle a joui de mes lèvres et ma langue, coulant dans ma bouche. Cela me procurait un bonheur indicible de porter ma Maîtresse à la jouissance comme elle le faisait avec moi.
Elle m’a également apprise à accepter les intromissions les plus indécentes. Avec ses doigts tout d’abord puis avec l’aide des olisbos qui avaient discipliné ma bouche elle entreprit de me dilater et de m’assouplir l’anus. Elle m’a expliqué que des hommes aimeraient certainement me prendre de cette manière et qu’il fallait que j’y consente et en tire aussi du plaisir. De nombreuses fois elle m’a ainsi pluggée et obligée à le porter dans mon quotidien.
Elle me sourit.
— Et crois moi, ce n’est pas facile, contrainte de cette façon !
Je réponds à son sourire et ne lui révèle pas qu’à son récit mon ventre s’inonde d’impatience. Oh que oui, je veux bien la croire !
Elle reprend alors.

— Un jour Kristale m’a surprise à flirter avec des garçons !
Entre les mains de Kristale je m’épanouissais, j’avais reprise du poids et mon visage irradiait le contentement. J’avais retrouvé la joie de vivre et d’en jouir. Mon corps lançait les signaux que toutes jeunes femmes en fleurs lancent en directions des mâles et en particulier de mes amis hommes. Et ils se faisaient de plus en plus pressants.
Un soir Kristale déclara qu’il fallait absolument protéger ma virginité des velléités gourmande de ma nuée de prétendants.
Elle introduisit en moi le plus gros des Plugs qu’elle avait a sa disposition pour mon éducation  et m’emmena ainsi comblée dans le Quartier Rouge, qui est aussi le quartier des tatoueurs d’Amsterdam .Mais elle ne m’y emmenait pas pour un tatouage !


La boutique était aussi  lumineuse et propre comme une clinique que son propriétaire était grossier et corpulent.
— C’est ta nouvelle pute ?
Dit il en me désignant d’un pouce nonchalant et lorgnant sur mon discret collier de soumission.
Kristale sourit à peine à la remarque acerbe et réponds à l’homme qu’elle semble parfaitement connaitre.
— Elle apprend ! Mais j’ai besoin que tu lui pose un anneau de chasteté !
L’homme semble interloqué, il me toise de la tête aux pieds et se passe la main dans la barbe découvrant un avant bras épais de lutteur couvert de tatouages comme semble l’être le reste de sa personne. Il murmure pour lui même — De chasteté ! — et s’enfonce dans une profonde réflexion. Il roule des yeux, puis respirant profondément.

— Oui, çà peut se faire ! Mais ce genre de fétiche peut être contraignant tu sais ?
— Ne t’inquiète pas pour çà ! Et puis tu auras une bonne récompense pour ton service…en nature si tu veux !
A ces mots les yeux du tatoueur s’illuminent en me dévorant des yeux. Il souffle et montre du pouce la porte entrouverte qui mène a une salle semblable  à la salle d’examen de Kristale. — Entrez là, je vais chercher le nécessaire et vous rejoins.
Me désignant du menton.
— Ah ! Et qu’elle se mette à poil et s’allonge sur la table !

 Nous pénétrons dans la salle et interroge Kristale du regard.
—Tu as entendu ce qu’il vient de dire ? Tu te déshabilles et tu t’allonges là !
Apres un court moment d’hésitation mais comprenant que je ne pouvais qu’obéir je quitte ma jupe et me tee-shirt rapidement.
— Ta petite culotte aussi ! Tu gardes ton collier  et tes socquettes!
Je n’avais vraiment pas besoin d’être entièrement nue pour ce qui se préparait, mais je sais maintenant que c’était pour le plaisir personnel de l’homme et que cela ajoutait à la solennité de cette petite  cérémonie.
Aussi, je m’exécute et m’allonge les genoux serrés sur la table qui trône au beau milieu de la pièce.

L’homme revient rapidement et pousse un sifflement d’admiration lorsqu’il me découvre. Il referme la porte derrière lui en verrouillant la sécurité, interdisant à tout importun de nous déranger.
— Eh bien ! Elle est belle… Très, belle !... Qu’elle écarte les jambes !
Apres un bref nouvel échange de regards avec Kristale,  je m’exécute en détournant le regard sur le côté. Constatant ma vulve déjà vernissée et brillante de liqueur il lance d’un ton ironique.
— Dis donc sa coule bien ! Elle est déjà toute mouillée !
Je dois avouer que la situation bien qu’embarrassante m’avait passablement excitée.
—Ça promet !... Tu l’as épilée !... C’est bien !  Ça va me faciliter le travail et…
Il s’interrompt soudainement en fronçant les sourcils et avant même que Kristale puisse réagir plonge ses deux mains entre mes fesses et les écarte brutalement découvrant l’intrus qui cachète mon anus et s’exclame.
— Et tu l’as pluggée aussi ! Et bien félicitation ! Il m’examine sans complaisance poussant l’introspection jusqu'à tapoter d’un doigt le cristal serti sur la seule partie apparente du Plug coincé entre mes fesses qui recouvre parfaitement mon anus, et me lance
— Et tu aime çà ?
Toute rougissante j’esquisse un timide hochement de tête d’assentiment sans le regarder.
Il me lâche enfin et se mouille les lèvres avant de revenir à Kristale

— Tu as pêché une vraie petite vicieuse là ! C’est bien de toi çà !... Bon…Voilà je te propose cet anneau en or, assez large pour réunir les deux lèvres et les maintenir fermées. Çà sera suffisant pour interdire à un homme de la pénétrer sans la déchirer, mais un doigt ou deux pourront toujours passer, Il faudra le placer judicieusement.
Je n’ai pas résistée à l’envie de regarder l’anneau dont il parlait. Je tourne mon regard vers eux. Il tient du bout des doigts un petit étui de plastique transparent dans lequel brille un anneau de la dimension à peine suffisant pour être placé à l’auriculaire. L’homme jette un regard à mon entrejambes que j’expose maintenant impudiquement et détaillant mes lèvres à peine entrouvertes.
— Mais elle m’a l’air assez resserrée déjà ! On va le placer un peu en bas de son clito,… En ricanant il lance à Kristale.
—Trouve le lui et fait lui gonfler pendant que je me prépare !
Kristale me sourit et se penche sur moi tandis que l’homme nous tourne le dos et s’affaire dans un petit secrétaire médicale à la recherche des instruments de ma clôture qu’il dépose dans un plateau d’inox. Sans précaution Kristale s’empare à deux doigts de mon bourgeon qu’elle extirpe de sa cape de chair et le titille sans vergogne. Je me mords les  lèvres pour ne pas gémir, mais ne peut empêcher la turgescence du bourgeon ainsi malmené.

L’homme revient vers nous et observe un moment le manège de ma tourmenteuse tout en enfilant une paire de gants de chirurgien et me lançant une œillade qui se veut complice.
Jugeant le résultat suffisant  il se penche sur mon entre-jambe et badigeonne ma vulve gonflée d’excitation d’un gel froid à l’odeur d’antiseptique. De la main gauche il s’empare d’une sorte de pince spatulée, percée d’une lumière à ses deux bouts. Sans hésitation il emprisonne mes deux lèvres les resserrant l’une contre l’autre de deux doigts de la main, vite remplacé par  les spatules de la pince les bloquant fermement et murmure, ayant visiblement trouvé l’endroit de la pose de l’anneau  — Là !— De la mains droite il s’empare dans le plateau métallique d’une grosse aiguille coudée semblable a une halène de pêcheur en demi-lune et d’un mouvement prompte et assuré, d’un geste professionnel mainte fois répétés, enfonce la pointe de l’alène dans la lumière de la pince chromée, perçant dans le même temps mes deux lèvres prisent en sandwich entre les spatules.
Le geste est si rapide que je ne ressens presque aucune douleur une simple sensation de tiraillement désagréable lorsque l’aiguille ayant percée le cheminement de l’anneau est ressortie de l’autre côté de la pince.
Sans relâcher la pince, il se saisit de l’anneau d’or qu’il avait au préalablement ouvert pour lui faire suivre le chemin que l’alène s’était frayée dans mes chairs. Il ne faut que quelques secondes pour qu’il libère les lèvres des mâchoires de la pince et de l’alène et enfin verrouille l’anneau à l’aide de deux autres petites pinces.
 Il se relève alors de dessus mon entre jambes, l’air satisfait.
Il s’empare d’un miroir et le glisse entre mes cuisses pour que je puisse apprécier son travail.
J’observe le reflet de l’anneau d’or, le gardien de ma virginité, comme aime le nommer Kristale. Il relie fermement les deux lèvres de mon abricot malmené comme le ferai une fibule qui maintien fermé les deux pans d’une cape de chair. Le gel devait être homéostatique parce que aucune goute de sang ne perle comme je m’y attendais.
— L’anneau est provisoire ! Tu pourras le remplacer par quelque chose de plus travaillé dés que cela sera cicatrisé.

Et Kristale ne s’en est pas privé.
Elle a essayé sur mon ventre les anneaux les plus précieux, leur accrochant a sa fantaisie de longues chaines d’or avec lesquelles, comme une laisse fixé a ma vulve, elle m’obligeait à déambuler derrière elle, nue, dans son appartement.
Elle a fait réalisé également de subtils dispositifs qui se fixaient sur l’anneau et me titillaient le clitoris a chaque mouvement de chaine qu’elle imprimait provoquant en mon ventre des nuée d’étincelles de plaisir imposé.
— C’est ce dispositif que tu portais lorsque Kristale nous a présentée ? (Cf. : Loreleï)
Elle sourit et ses joues rosissent un peu.
—Oui !... Je n’en menais pas large !
Un silence s’instaure au souvenir de notre première rencontre.

Intriguée je continue la poussant dans ses retranchement.
— Et le paiement alors ? Kristale a parlé d’une récompense en nature non ?
Elle se déplie et se tortille sur sa chaise. Elle s’empare de sa tasse de thé veut en siroté une gorgée, mais s’aperçois qu’elle est vide. Je viens à son secours en lui tendant la théière. Elle approche sa tasse et pendant que je lui verse le breuvage elle me lance embarrassée.
— Tu veux que je te raconte çà aussi !?
Je termine de la servir et repose la théière sur la table.
— Oui… Je le veux !
Je l’ai dit sur un ton froid et dur qui ne souffre pas de refus.
Elle souffle du nez puis bois une gorgée de thé avant de continuer.

— C’est lui qui a demandé le paiement en nature ! Encore couchée sur la table il a posée une main encore ganté de latex sur mon sein gauche tout en titillant le mamelon de deux doigts fébriles.
— Tu me la proposes en  paiement  alors ?... Pas sa chatte, j’ai bien compris ! Mais sa bouche et son cul sont disponibles ? Il se penche sur moi et de sa main libre se saisie de mon menton pour me caresser les lèvres du pouce forçant la caresse jusqu'à les entrouvrir ! Ses yeux brillent d’impatience et d’excitation. Mais Kristale ne le laisse pas aller plus loin.

— J’avais plutôt autre chose en tête !
Loreleï s’arrête et me lance.
— Tu as déjà vu Kristale nue, n’est ce pas !
Elle n’attend pas ma réponse.
— Difficile pour un homme de résister à la vue de ses charmes ! En un tour de main, elle s’est déshabillée devant les yeux de l’homme statufié, toujours une main sur ma poitrine mais devenue soudain inerte.
Elle s’arrête de nouveau. Se racle la gorge et continue.
— C’est la première fois que je voyais une femme et un homme faire l’amour ! Kristale m’avait ordonné de ne jamais visionner de films pornos ou érotiques !
Je sursaute intérieurement. Le même conseil que m’avait donné Marc lors de notre rencontre mais cette fois concernant les livres, pour que cela ne dénature pas mes écrits avait il alors déclaré. Le conseil de Kristale à destination de Loreleï devait être dans le même esprit !

Kristale s’est approché de l’homme pour, d’autorité, commencer à lui dénouer son large ceinturon de cuir. Ainsi entrepris il m’abandonne totalement et se défait rapidement de son tee-shirt découvrant un torse entièrement tatoué comme le laissait deviner les gravures de ses bras. Kristale s’agenouille pour le prendre dans sa bouche. Je ne peux m’empêcher d’observer ma maitresse mettre en pratique sous mes yeux ce qu’elle m’a appris avec application. Mais l’homme qui ne compte pas se laisser contenter  sans prendre la main après quelques mouvements de va-et-vient entre les lèvres de Kristale, s’assurant de la fermeté de son engin la saisie par les cheveux et la force à se relever. D’un même mouvement il la penche de force sur la table où je suis allongée lui demande d’écarter les jambes comme il le ferait a une soumise et la pénètre sans autre préliminaire.  A cheval sur mes cuisses Kristale ne peut s’empêcher de pousser un cri de surprise et de protestation étouffée. Le visage de l’homme est maintenant congestionné par l’effort et Kristale gémit à chaque coup de boutoir qu’il lui assène avec régularité en s’accrochant de toutes ses forces à ses hanches. A la puissance avec laquelle il portait ses coups de rein, je pensais que l’homme allait vite jouir et ainsi en finir !
Mais c’était sans compter sur la vigueur et l’excitation décuplés de l’homme. Se contenant il me fait signe d’un geste brusque de descendre de la table avec la grossièreté qui lui semble coutumière.
— Dégage de la table petite pute, Je veux enfiler ta maîtresse à ta place !
Je ne me fais pas prier et descend avec précipitation avec l’idée de m’éloigner, mais il parvient à me saisir le poignet.
— Ne t’en vas pas ! Reste prés de nous! Je veux que tu voies bien comment on fait… Pour ton éducation !
Dans le même temps il demande a Kristale de se retourner et de s’allonger sur le dos à la place que je viens de quitter.
Je suis stupéfaite de voir ma maîtresse obtempérer placidement et d’écarter docilement les jambes de chaque coté de la table pour accueillir à nouveau son assaillant. L’homme accepte l’offrande  sans précipitation me tenant toujours le poignet il porte ma main sur son membre turgescent et m’oblige à le saisir par la hampe. Kristale ne réagit pas à l’entorse faite ainsi à leur contrat. Enhardit  il me lance.

— Allez introduit moi dans ta copine!
Ne constatant toujours aucune réaction de Kristale je présente le gland luisant à l’orée de sa vulve déjà entrouverte, luisante et sirupeuse de liqueur par le précédent assaut. Sans attendre, d’un coup de rein il force le passage et s’enfonce dans le ventre moelleux de Kristale entrainant ma main et la coinçant entre eux deux. Lâchant la verge je la retire précipitamment, comme si je m’étais brulée, ce qui le fait rire grassement.
Je vais pour faire un pas en arrière, lorsque cette fois, sans se démancher, il se penche et me saisie par la taille me soulevant comme un fétu de paille et dans le même mouvement m’installe à califourchon sur le ventre de Kristale pour m’allonger, adossée sur elle. Je suis maintenant face à lui les jambes largement écartée dan la même position que ma maîtresse et avec la terrible sensation qu’il me pénètre alors qu’il continue à enfoncer Kristale ainsi passée au rang infamant de boute-en-train !

D’ailleurs, il l’oublie totalement et son regard se concentre sur moi, ma vulve nouvellement annelée cogne régulièrement contre son ventre au rythme de ses coups de boutoir et son regard enfiévré ne manque rien de mon corps offert ainsi à ses caresses. Et il ne s’en prive pas, il pelote  mes seins avec empressement, descend sur mon ventre ou il se saisit de l’occasion pour engager du pouce l’entrée qui lui est interdite. Il finit par s’accrocher à mes hanches et entamer un assaut frénétique dans le ventre de Kristale dont je sens le souffle sur mon cou où elle a niché son visage.
Loreleï repose sa tasse de thé sans la lâcher d’un air absente.
— Cette fois il a finit par jouir et c’est Kristale bien sur qui a recueilli ses hommages alors qu’elle n’était réduite qu’a un orifice, sensé dans le phantasme de l’homme, m’appartenir.
Elle joue avec sa tasse la faisant pivoter du bout des doigts. Et continue sans me regarder.

— Cela à été terriblement humiliant pour Kristale… Et on n’humilie pas une maîtresse de la trempe de Kristale !
Sur le chemin du retour elle n’a pas décrochée un mot, et une fois arrivée chez elle, elle me l’a fait payer très cher, même si je n’y étais pour rien ! La situation lui avait échappée et elle ne le supportait pas. Il fallait qu’elle se défoule et cela à été sur moi bien sûr ! Le soir même elle a fait venir deux amies à elle et…
Elle relève la tête et me fixe intensément de ses yeux de glace bleue.
— Mais cela  je ne te raconterai pas, même si sous ta férule j’ai connue des moments similaires !
Et elle me fait un clin d’œil, pour tempérer son ton froid et impersonnel.
Sans quitter son regard je conviens
—  Pourtant tu avais l’air si fragile, si… Novice et inexpérimentée.
— C’est un jeu convenu avec Kristale ! Je devais vous paraitre ainsi ! A vos yeux. Je devais être l’innocente inexpérimentée  et prête à être offerte au dressage le plus abouti que Marc pouvais me faire subir.
— Cela n’a pas trop marcher dû avec Marc ! Pour ma part je l’ai juste ressenti à ta dextérité, ta timidité surjouée  et surtout ta proportion à jouir et faire jouir qui ne pouvais pas venir d’une… Autodidacte ! Mais je pensais  après tout, que tu pouvais être aussi une jeune femme particulièrement libertine avec un fond de perversion.
Elle me lance une œillade complice.
— Oui il y a de çà aussi !... Effectivement pour Marc cela n’a pas marché !... Et j’ai aussi payé cher ma tentative de dissimulation.  Avec lui j’ai vraiment découvert ce qu’était un dressage ! A côté, celui de Kristale était un amusement.

Intriguée, étant la soumise de Marc depuis plusieurs année maintenant, et croyant connaitre tous les ressorts de mon Maître. Je me recroqueville sur mon siège et lui suggère à voix basse
—Tu veux m’en parler ?

Loo 6

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10 mars 2023

Chap. 80. Kajira Stéphanie

— Je peux te parler ?
Sans même attendre de réponse, elle me saisit par la main et m’entraine vers l’escalier qui mène aux chambres. Isabelle fait mine de nous suivre. Stéphanie lui lance un regard furibond.
—  J’veux lui parler seule !
Et elle m’emprisonne le poignet comme pour s’accaparer de moi. Isabelle reste interdite comme statufiée par l’injonction. Je réussis toutefois à me saisir à mon tour de la main de Loreleï. Hors de question de la laisser de nouveau, seule !
Stéphanie s’en aperçoit, fronce les sourcils et fait la moue, mais ne dit rien.

Notre étrange farandole traverse l’étage à la recherche d’une chambre libre, ce qui à cette heure ne semble pas gagné. Du coin de l’œil je devine qu’isabelle nous suit de loin. Stéphanie est torse nu, juste affublée d’une serviette de bain ceinte autour des reins, ses long cheveux blond lui battent la taille a chaque pas, elle ne porte plus de collier. Loreleï est entièrement nue comme l’a voulu Marc pour la soirée, son grelot de novice émet un tintement clair à chaque enjambée.
Stéphanie finit par trouver une chambre vide et nous pousse rapidement  à l’intérieur en refermant la porte derrière elle.

La chambre est douillettement aménagée, un grand lit sans tête ni pied de lit trône au centre. Il est recouvert d’un simple drap de satin et les couvertures et autre complément de literie sont soigneusement pliés et rangés sur une petite commode On sent bien que ce lit n’est pas, a priori, proposé pour y dormir.
Stéphanie désigne du doigt une des deux chauffeuses qui garde le lit de chaque côté à Loreleï.
— Toi, la pucelle, tu t’assoies là !… Et je ne veux pas t’entendre !
Loreleï la regarde sans comprendre.
Exaspérée Stéphanie, l’empoigne par les épaules et la force à reculer vers le fauteuil jusqu'à ce qu’elle bascule et l’assoie d’autorité dessus. La jeune fille à un vif mouvement de sursaut, elle ouvre grand les yeux et la bouche de surprise. Sans le savoir Stéphanie en l’asseyant sans ménagement a inséré un peu plus l’amant d’acier qui comble son fondement.
Sans prêter la moindre attention à la mimique de Loreleï, Stéphanie se tourne vers moi en oubliant totalement la jeune fille, s’adoucit soudainement et dénoue la serviette qui pèse sur ses hanches la laissant tomber sur le sol me lancant d’une voix enjouée, qui tranche avec la froideur avec laquelle elle m’a interpellée ainsi qu’Isabelle et Loreleï.
— Tu as vu ?

KElle se cambre et se tourne à demi vers moi me présentant sa hanche gauche ainsi mise en valeur. Je baisse le regard et découvre une marque étrange profondément incrusté dans les chairs de la jeune femme, manifestement une brûlure alors qu’elle me la présente comme on aurait pu le faire d’un simple tatouage.
Le marquage est récent, certainement fait dans les heures qui précédent et elle est encore enduite de crème antiseptique qui s’accumule dans les sillons laissés par le fer. La marque est une sorte de lettre un « K » stylisé paré de jambages alambiqués.
— Tu sais ce que çà veux dire ?
Tout en restant hypnotisée par la marque et ne voulant pas la priver de l’explication qu’elle brule manifestement de me donner, je balance la tête de droite à gauche.
— C’est un Kef !...Le Kef des Kajirae !
Je lève les yeux vers elle interloquée. Son visage rayonne d’enthousiasme et ses beaux yeux bleus pétillent d’excitation.
— Cela  veut dire, que maintenant je peux être ta soumise !... Comme de tous ceux que je choisirai !
Son visage se crispe un peu.
— … Et aussi ceux que je ne choisirai pas aussi c’est vrai ! Mais bon !
Impulsivement, j’effleure du bout des doigts la boursouflure autour de la marque.
— Cela fait mal ?... Cela va rester comme çà ?
— C’est étonnant mais non ! J’ai presque rien senti ! Un peu comme une brève décharge électrique … Marc m’a dit que cela allait être long à cicatriser…mais non çà va changer avec le temps… Ça peut même disparaitre par endroit si j’en prends pas soin !
Je m’assombris.
— C’est Marc qui te l’a fait ?
— Oui, hier soir ! Dans la cave du Maitre des Ombres !...
Elle trépigne.
— C’était super excitant ! Il y avait Laure aussi pour la Dévolution !
Je me renfrogne un peu et garde pour moi que Marc, au début de notre histoire, m’avait promis le même stigmate, mais dans un autre but (Cf.  WE Lyon Chap. 4.), je ne savais pas encore ce qu’était une Kajira. Je m’interroge à haute voix, tout en me remémorant le formidable corps de la somptueuse Kajira italienne.
— Laure ne porte pas cette marque !
Stéphanie hésite.
— Non !... Mais heu !... Ce n’est pas obligatoire ! Tu peux choisir !... Il y a une autre façon de recevoir la Dévolution, mais  on n’a pas voulu me le dire…
Elle réfléchie un peu penaude puis se revigore en trépignant.

— Bon bah, moi j’ai voulu… !!! Alors ?
Je fronce les sourcils.
— Alors quoi ?
— Bah ! Tu me veux comme soumise ?
— Je ... Je ne sais pas si je saurais !
Stéphanie redevient sérieuse tout à coup.
— Hoooo ! Si, tu le sauras, je l’ai senti lors de cette soirée  (Cf. une saison d’airain : chap. 47 La peur de Stéphanie) depuis je ne pense qu’a çà !... Etre ta soumise.
Embarrassée, je me pince les lèvres et lance un œil vers Loreleï.
— Mais, je vais être la maitresse de Loreleï… Bientôt… Enfin peut-être !
Loreleï qui a entendu son nom se redresse comme le ferai un animal de compagnie captivé par son maitre qui vient de le siffler.
— Ça n’empêche pas ! Marc a bien fait mon dressage aussi et tu es sa soumise en même temps !
Je sursaute mentalement à la remarque. Mes soupçons se confirment, Marc a bien mené le dressage de Stéphanie en même temps que le mien.
— Ha je croyais c’était Kristale qui…
La jeune femme dodeline de la tête.
— Oui… Aussi… et Maud aussi !
Mon intérêt s’avive tout à coup. Peut-être vais-je pouvoir tirer certaines choses au clair.
— Tu le veux vraiment ?
Le visage de la postulante s’éclaircit
— Ho ! Oui Madame… Je le veux !
Et sans que je lui demande elle s’agenouille devant moi en écartant les jambes et plaçant ses mains dans son dos en une parfaite posture de soumission.
— Alors tu as appris le mantra de la docilité par cœur ?
— Oui, Madame !
— Alors ?
Stéphanie s’humecte les lèvres.
— Maitresse, je suis à vous !... Mon corps  et mon âme vous appartiennent et vous en userez suivant vos désirs… Pour votre plaisir !
Comme en réponse a un cantique je lance de plus en plus assurée.
— Ton ventre ?
Sa voix se raffermit.
— Mon ventre vous appartient, vous en userez à votre convenance suivant vos désirs, pour votre plaisir !
— Ta bouche ?
— Ma bouche vous appartient, vous en userez à votre convenance suivant vos désirs, pour votre plaisir.
— Ton cul ?
Et là, je m’aperçois en souriant que ce mantra était plutôt destiné aux désirs des maîtres. Stéphanie s’en aperçois elle aussi et bégaye un peu mais continue vaillamment.
— Me,.. Mon… Mon cul vous appartient vous en… userez à votre convenance suivant vos désirs, pour votre plaisir.
— Et ?
— Et je ferai en sorte que vous soyez toujours fière de moi !
Stéphanie a ânonné les mantras de la soumission avec une telle ferveur que j’en reste un instant pantoise. Je sens bien qu’il ne faut en aucun cas la décevoir et ses yeux levés vers moi, pleins d’espoir ne me donne pas de possibilité de refuser sa demande passionnée.

Solennellement  je dénoue mon collier de cuir et me penche vers son cou.
— Il te faut un collier… Mon collier ! Pour sceller ta soumission !
Stéphanie deviens rouge de bonheur. Elle murmure comme pour elle-même.
— Ho oui… Madame !
Une fois lacé le large collier de cuir je réajuste délicatement l’anneau de fer qui maintenant pend au cou de ma nouvelle soumise et me redresse vivement.
— Bien ! Et n’oublie pas que tu me dois une entière et totale franchise.
— Tout ce que vous voudrez Madame !
— Alors dit moi ! Est-ce que tu t’es fait saillir par le chien de Maud ? (Cf. Chap. 58. Deuxième souffle)

Si je lui  avais assené une gifle cela n’aurait pas eu plus d’effet. Stéphanie, interloquée, rougie fortement ses yeux s’écarquillent en me fixant et sa bouche s’ouvre grande de stupéfaction.
Je reste de marbre en attendant sa réponse.
— Je … Mais…
Elle se renfrogne et se mouille les lèvres.
— Elles ont voulu oui !
Elle baisse les yeux.
— Mais pas moi !… J’ai refusé… Elles m’ont fouetté durement pour çà !!
Elle a refusé !
Je souris largement, Stéphanie, sans le savoir encore, vient de me fournir une argumentation supplémentaire pour ma défense au procès qui s’annonce. Marc doit absolument apprendre çà !
Je ploie un genou pour me mettre à la hauteur du visage de la blonde Kajira. Je lui prends le menton dans la main en relevant son visage et, la forçant à me regarder droit dans les yeux.
— Et moi, si je te le demandais ? Tu le ferais ?

 Chap. 81. Les Amours clandestins.

11 mars 2022

Chap. 79. Fille perdue

D’un bond je me lève du sofa. La tête me tourne. Je m'accroche à l’épaule d’Isabelle et, en tentant de reprendre l’équilibre, cherche des yeux ma nuisette et mes ballerines. Voyant ma détresse, Isabelle me porte une main secourable en me maintenant et ramassant le déshabillé  qui trainait sur le sol de son côté.
Je marmonne pour moi-même.
— Merde, merde, merde !… Où est-ce qu’elle a bien pu aller cette gourde ?
Sans me rendre compte que j’utilise le même vocabulaire qu’a pu utiliser Kristale à mon encontre.
Par acquis de conscience je fais, en titubant et me réajustant, le tour de la piste de danse. Isabelle me suis avec mes chaussures à la main.
Lorelei brille par son absence.
Mon cœur bat la chamade. La jeune novice est dans cette soirée une tourterelle lâchée au milieu des faucons. Et je ne donne pas chère de sa virginité, malgré les précautions prisent, si elle tombe entre quelques mains lubriques. Et la soirée n’en manque pas !
Cette idée me panique encore un peu plus ! J’en avais la responsabilité et j’ai failli pour quelques instants de plaisir avec une inconnue. Il faut que je la retrouve… Et vite !
J’avise la sortie la plus évidente prés de la piste et m’y précipite. Pendant ma recherche les scenarii les plus sombres me trottent dans la tête. Est-elle partie à l’aventure d’elle-même où a-t-elle été entrainée par un ou plusieurs cavaliers aux intentions que je devine mais que je me refuse à envisager ?
Arrivée dans la salle du banquet, la salle centrale d’où partent toutes les directions possibles, je m’arrête brusquement et tente de réfléchir, de me mettre dans la peau de cette petite gourde libidineuse. En me tordant les mains j’examine les alentours.
La sortie ? Impossible sans être accompagné de son Maître !
Le dancing ? On en vient !
La piscine ? Peut-être la piscine extérieure me semble possible pour se délasser après l’effort de la danse ! La piscine souterraine me semble exclue, elle est trop peureuse pour y retourner seule !
Les chambres ? Seulement si elle y a été entrainée ! Il faudrait que je les visite une a une ! En comptant toutes les propositions que je risque de devoir honorer.
Je souffle par le nez en marmonnant entre mes dents
— Bon sang, la chieuse ! Sait-elle dans quelle merde elle me met !!!
J’avise le porche qui mène aux salles de punitions du Maître des Ombres et continue à haute voix
— Non pas là !... Où peut-elle bien être ?
— Le Parc ?
Je me retourne et avise Isabelle qui vient de me suggérer le lieu où il ne faut surtout pas aller, mais qui pourrai passer, pour Loreleï, un refuge, un lieu de tranquillité. Je la dévisage comme si je la voyais pour la première fois.
— Hooo ! Non non, noooon !… Surtout pas là !
Je prends brutalement conscience que Loreleï n’a certainement pas été mise au fait des dangers à pénétrer dans le Parc où rodent les Maraudeurs ! Et que la jeune Batave qui ne parle et comprend que sa langue  n’a, bien sûr, pas compris un traitre mot du discours de bienvenue du Maître des Lieux et de l’avertissement fait à tous et toutes concernant le parc.
Je me précipite vers la piscine extérieure, à la limite du parc interdit, espérant ainsi faire d’une pierre deux coups.
Une haie de buis sépare la piscine richement éclairé du parc sombre et menaçant.
Anxieusement, Je scrute la pénombre du parc et me remémore le calvaire de ces deux soumises qui, par jeu de leurs maitres ont été contraintes de s’aventurer au delà de la haie basse sur laquelle je m’appuie. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’une dizaine d’homme surgissent des allées et bosquets du parc, Les Maraudeurs, attirés par les cris d’encouragement de la foule des spectateurs qui s’était spontanément formée à bonne distance de l’attraction.
Les deux silhouettes nues  à l’attitude apeurée ont vite été empoignées par la meute, puis soulevées du sol et portées en triomphe jusqu'à un espace gazonné le plus proche. A leur cris gutturaux, on devinait l’urgence et l’excitation des males à combler leurs désirs que certains portait déjà en étendard. Les cris aigus des deux sacrifiées étaient de bien faibles défenses face à leurs attaques.
Je frissonne en repensant aux assauts que les deux soumises ont subis sous les yeux de leurs maitres et des badauds qui commentaient et parfois s’esclaffaient tout en sirotant une coupe de champagne. Je regrettais presque que Loreleï n’aye pas assisté à la curé, cela aurais valu tous les avertissements concernant cet espace du domaine.  Je me suis soustraite au spectacle au moment ou un des Maraudeurs se détournant de des deux jouets de chair déjà pleinement occupées, se tourne vers moi et me fait signe de les rejoindre en tirant bestialement la langue et roulant des yeux.
Je secoue la tête pour chasser l’image et revenir a la réalité.
Autour de nous quelques couple s’ébattent dans l’eau phosphorescente, d’autres sont allongés nonchalamment sur les bains de soleil. La plupart sont nus. J’avise une des servantes qui s’active à essayer de remettre un peu d’ordre sur les tables.
— Pardon Mademoiselle ! Auriez-vous vu une jeune fille passer par ici. Elle est mince, très jolie avec de longs cheveux blond platine, un collier de cuir blanc avec un grelot et elle… Elle doit être nue ! … entièrement !
La soubrette se redresse lentement et me fixe en papillonnant des yeux. Elle étouffe un bâillement de sa main. Je remarque les fins bracelets multicolores qui dégoulinent de son poignet vers son coude. Une dizaine en tout.
— Nan !...Mais…
A son tour elle examine le parc. Mon dos se glace. Heureusement elle se détourne et finit par m’indiquer une des tours qui flanque la bâtisse.
— Vous devriez essayer l’atrium… Il y a eu un attroupement tout à l’heure !
Exactement ce que je redoutais ! Loreleï ne peut se déplacer nue sans provoquer ce genre de réaction autour d’elle.
L’atrium qui flanque la bâtisse est une sorte de cour à colonnades de pierre entièrement revisitée par une architecture d’acier et de verre qui se surimpose harmonieusement aux vestiges anciens. Sans attendre Isabelle et sans même vérifier qu’elle me suive, je me précipite à l’intérieur et reste tétanisée sur le seuil par le spectacle qui s’offre à moi.

Au beau milieu de la rotonde, sur de grands coussins multicolores s’amoncellent des corps nus en une pyramide informe de courbes alanguies et au sommet de cette pyramide les bras tendue vers le plafond trône Loreleï !
Elle est attachée avec de lourdes menottes  reliées à une chaine de fer elle-même solidement fixée au sommet d’un  pilier de bois ciré au centre exact de la pyramide de corps. Elle semble endormie, la tête avachie sur sa poitrine tendue par la contrainte de la posture que lui imposent ses liens. Ses jambes sont largement écartées et un homme y a posé sa tête prés du genou. Tandis qu’une autre femme lui caresse nonchalamment l’intérieur de la cuisse. Une scène de fin d’orgie ! Une vague d’appréhension me saisis tandis que ma vue se resserre sur l’objet de ma folle recherche.
Je me précipite, faisant fi des corps qui entourent Loreleï, les bousculant sans vergogne. J’écarte violement la main baladeuse de sur sa cuisse et m’agenouille sur un coussin devant la jeune fille.
Je n’ai qu’une seule idée en tête et sans même la regarder lui lance une main entre les cuisses à la rencontre de sa fleur si impudiquement exposée. Mon index se glisse le long de son intimité. Malgré ses jambes écartées les lèvres de sa vulve restent closes et un soupir de soulagement me transporte lorsque mon doigt rencontre l’anneau d’or qui scelle sa virginité. Pour m’assurer qu’il n’a pas été fracturé je le fais coulisser entre mes doigts qui s’enduisent immédiatement d’un flot de liqueur sirupeuse et suscite un gémissement enamouré de la jeune martyre.
Je vais pour pousser plus loin mon introspection lorsque qu’on m’interpelle puissamment.
— Isabelle !.... Viens là, Isabelle !
Je viens de reconnaitre la voix de mon maître. Délaissant l’examen de Loreleï, je me retourne et le cherche du regard.
Toute a ma préoccupation je n’ai pas remarqué le petit groupe de personnes assis sur les bat-flancs qui ceinture la salle. Ils sont disposés à la volée comme jeté négligemment. Marc est assis au beau milieu les genoux croisés, c’est le seul a être parfaitement habillé, il a les mains croisé sur un carnet à dessin et joue avec un stylo qui tangue comme un métronome entre ses doigts.  A ses cotés des inconnus, hommes mais surtout des femmes et celles que je reconnais immédiatement.
Stéphanie est là ! Entièrement nue, à genoux entre les jambes écartés d’Issa, celui que j’appelle l’Ambassadeur, simplement vêtu d’une serviette blanche jeté en travers de ses hanches et noué sur le devant dont l’ouverture laisse deviner sa prodigieuse, bien qu’au repos, virilité. Sa peau d’ébène  tranche étonnement avec celle d’ivoire à peine halée et la blondeur  de Stéphanie.
Laure aussi est là. La belle italienne se tiens à la droite de mon Maître, nue elle aussi, majestueuse, dressée comme un cobra prêt à frapper. Elle me contemple avec cette moue arrogante qui dissimule, je le sais, sa compassion envers moi.
Les soumises de l’Ambassadeur sont assises flanquant chacun de ses côtés. Dia lui ceinture les épaules.  Ayana, la plus jeune, affalée sur le sol, à son pied droit, la joue posée sur son genou, me jauge avec indolence.
— Je vois que tu as fait connaissance avec Isabelle…Isabelle ?
Je me tourne rapidement vers mon homonyme  pour ensuite acquiescer d’un hochement de menton.
— Je… Oui, Maitre ! — Impossible de faire autrement que de respecter l’étiquette devant toutes ces personnes qui me scrutent attentivement — …Je, me faisait du soucis pour Loreleï !... Je, Je la cherchais !
Marc a une moue dubitative.
— Tu en avais la responsabilité, pourtant !... Non ?
Je sens la menace sous jacente. Paniquée je tente une explication.
— Oui Monsieur, mais je … Je…
Je lance de nouveau une œillade à Isabelle.
— Je me suis laissé distraire… Je suis désolée et…
Marc éclate de rire.
— Distraire ! C’est le mot que tu emploi pour çà ?... C’était au point que tu n’as même pas remarqué ma présence au dancing ! Tu étais trop… Distraite !
Je rougie violement en lançant un regard circulaire à l’assemblée. Laure retient un sourire, mais Stéphanie jubile et ne cache pas un large sourire devant mon inconfort. Marc a dû leur relater mes étreintes passionnées avec Isabelle.
Marc repose son stylo sur le carnet et désigne Isabelle d’un doigt nonchalant.
— Je n’ai pas voulu vous déranger !… J’ai juste amené Loreleï pour une présentation  à nos amis… Mais du coup, je pense que tu as droit à une sévère réprimande !
Une onde froide me parcourt l’échine.
— Je… Oui, Mon…
Il ne me laisse pas terminer ma phrase d’acceptation.
— Commence par te déshabiller !
Bien sûr j’aurais du commencer par là !
Je dénoue rapidement la ceinture de ma nuisette tout en déchaussant mes ballerines. Je fais fi des regards et laisse tomber le vêtement sur le sol en le repoussant du pied et dans un même mouvement écarte les jambes en croisant mes bras dans mon dos. Je cambre les reins et baisse la tête fixant mon regard sur le sol à un mètre devant moi.
Le groupe s’anime. Je l’observe par en dessous. Issa échange quelques mots avec sa femme qui désigne d’un doigt interrogateur mon entrecuisse. Issa se penche alors à l’oreille de Marc et lui chuchote quelques mots.
Mon Maître sourit et me lance.
— Issa me fait part de sa déception… Il voudrait savoir si tu es une vraie rousse… Et comme tu es épilée ! Il voudrait l’entendre de ta bouche.
Interloquée par ce questionnement incongru, je bafouille avant de me reprendre.
— Et bien …Oui, mon…Monsieur. Oui je suis rousse ! Une vraie !
J’ai presque envie de rajouter qu’il le sait bien, mais je m’abstiens.
Issa hoche la tête et lance un  regard farouche à sa femme.
— Voilà qui est dit… Approchez Mademoiselle et venez vous mettre à genoux devant nous !
Je m’exécute immédiatement trouvant une place aux pieds de mon Maître entre Laure, qui cette fois me domine de toute sa stature et Stéphanie dont mon genou vient s’appuyer sur la cuisse lorsque j’écarte les jambes. Je m’intrigue d’un mouvement de recul de l’Ambassadeur, comme si il était gêné de me côtoyer d’aussi près. Gêne qui augmente encore lorsque Marc lui lance.
— Vous voudriez peut-être nous suggérer une punition Maitre Issa !?
Je ferme les yeux d’appréhension, et ne peux m’empêcher de porter mes yeux sur la virilité du géant africain en me remémorant les tourments de la belle asiatique sous les yeux de son mari ! (cf:Chap. 69. La Terreur de Loreleï)
Contrairement à mon attente Issa a un brusque mouvement de recul en se couvrant le sexe et s’éloigne un peu plus encore de moi. Tout en gardant un large sourire diplomatique, sa main bat l’air l’index levé en un signe de dénégation.
— Je vous remercie Maître Marc ! Mais je crois que j’en ai eu assez pour la journée !... D’ailleurs nous allons nous retirer… Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de faire plus ample connaissance avec Loreleï et de m’avoir offert ce divertissement.
Il se lève et ses deux soumise se redressent d’un seul élan.
— Nous nous revoyons bientôt !
Ce n’est pas une question, c’est une affirmation.
Et il s’éloigne sans se retourner suivi de ses deux soumises. Rompant l’étiquette je le regarde s’éloigner en prenant bien soins de m’éviter. Seule, Ayana se retourne un bref instant en nous lançant une œillade amusée.
Marc s’étonne.
— Qu’elle mouche l’a piqué ?
Et lance un regard interrogateur à la cantonade espérant une réponse. Mais tous semblent interloqués par le départ précipité d’Issa alors qu’on lui offrait un amusement de choix.
Isabelle intervient alors. Elle était restée de marbre derrière moi pendant la brève altercation. Elle se glisse à ma gauche et lance.
— Si vous permettez Monsieur, je crois en connaitre la raison !...
Elle se tourne vers moi et me sourit.
—… Isabelle est rousse !
L’étonnement de Marc grandit encore.
— Et ?
— Et bien, je crois savoir  que pour certains Africains les roux sont considérés comme sacrées… ou à l’inverse pour d’autres ethnies, maudites… Un peu comme les sorcières en Europe !
Mon Maître se tourne vers moi avec une grimace de désapprobation.
— Et bien ! La doctorante en sociologie à parlé ! Dans les deux cas cela serait sacrilège de te toucher, et de te baiser encore plus !... Reste plus qu’à savoir pour lequel des deux il penche ! Si il te considère comme sacrée ou infréquentable ? …J’étais en train de le mettre de ton côté pour le procès !... J’espère que cela n’a rien gâché !
Il se passe une main sur le menton.
— Bien! Et bien je crois que je vais être obligé de t’appliquer la sanction moi-même !

 

 


 

J’appuie rapidement sur le déclencheur de mon portable pour le prendre en photos tout en lui lançant.
— Tu l’as récupéré où ?
Du doigt je désigne le cadre argenté accroché au mur de sa chambre et étonnée je poursuis.
— Marc te l’a donné ?
Sans attendre sa réponse je me penche sur le dessin encadré. On y voit dessinée rapidement, au stylo bille sur un papier froissé qu'on a maladroitement tenté de remettre à plat, Loreleï attachée au centre d’un amoncellement de corps en action. Ce dessin, je me souviens l’avoir aperçu sur les genoux de Marc, lors de ma première Assemblée.
Stéphanie s’approche de moi et me ceinture affectueusement les épaules tout en y posant son menton prés de mon cou en fixant avec moi l’esquisse.

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— Oui,… Tu te souviens ?
—Bien sûr ! Cela ne s’oublie pas une première Assemblée !
Je pointe du doigt une des silhouettes aux pieds de la jeune femme et interroge
— C’est toi là ?
Stéphanie s’esclaffe.
— Oui… Tu m’as reconnue ! Il n’y a que toi qu’y pouvais ! C’était avant que tu arrive dans la rotonde. Marc a mis Loreleï « en vitrine » comme il disait, on pouvait s’ébattre autour et lui montrer toutes nos turpitudes. On pouvait la toucher, la caresser, mais bien sûr interdiction formelle de la faire participer, elle était encore vierge à ce moment, c’était un peu notre déesse tutélaire du moment… C’était très excitant !…
Elle marque un temps d’arrêt et me souffle à l’oreille.
— … Tu l’as revue depuis ?
Je cligne des yeux tout en continuant à fixer l’esquisse. Je lui renvoie d’une voix neutre comme si cela m’était indifférent.
— Oui… Deux ans après, Elle est venue avec Marc au haras pour faire quelques photos !  Ils avaient besoin d’un cadre… Équestre !
— Ha ? … Et qu’est ce qu’elle devient ?
— Tu ne le croiras jamais ! Elle terminait ses études à Paris, histoire de l’art je crois. Elle est maintenant assistante d’un conservateur de musée quelque part en Norvège ! Et accessoirement modèle photo …
Je souris aux anges et me pince les lèvres en me rappelant notre rencontre.
— Elle parle parfaitement le Français maintenant !
Stéphanie pouffe
— Hé bien, j’aurais bien aimé entendre le son de sa voix autrement que par ses gémissements de plaisir ou de douleur !
Je souris a la boutade, et désigne de nouveau l’esquisse.
—  et là ? C’est, c’est …, ma voix s’étrangle, … C’est Laure ?
J’entends Stéphanie qui se mord les lèvres avec un petit bruit de succion.
—… Oui…
A mon tour je me mords les lèvres alors que je laisse s’échapper une larme qui roule sur ma joue.
C’est tellement proche !
S’inquiétant de mon silence, Stéphanie, tout en continuant à me tenir par les épaules, se place face à moi cachant l’esquisse à mon regard. Elle me fixe de ses grands yeux clairs.
— A moi aussi, elle me manque !
Une autre larme prend le chemin de la première. D’un geste rapide Stéphanie l’intercepte de l’index sur ma joue. Elle prend un air contrit, manifestement malheureuse de me voir malheureuse. Je lui lance un regard pitoyable tandis qu’elle porte son doigt à la bouche goutant le sel de ma tristesse. Elle cherche visiblement à briser le malaise qui s’installe. Et elle le fait a sa manière, la seule qui lui ressemble en me lançant.
— On baise ?
 C’est tout elle çà !
Je détourne le regard en souriant, déjà vaincue, et contemple le lit caché sous des coussins et des plaids multicolores jetés en vrac… Si accueillant !
— Oui !

Chap. 80. Kajira Stéphanie

5 novembre 2021

Chap. 78. Dans les vapeurs d’Hécate

Cela fait un moment que je déambule dans les couloirs à la recherche de mon Maître. Il se fait tard et nous croisons quelques groupes nus et visiblement éreintés. Je traine Loreleï derrière moi et je la sens de plus en plus réticente à me suivre. De mon étreinte sur son poignet je perçois le raidissement de ses muscles. Surtout lorsque je m’engage dans un escalier de pierre qui s’enfonce dans les sous-sols. Agacée, j’insiste en la tirant violement. J’ai perçu un bruit sourd et rythmé qui me parvient du bas de l’escalier. De la musique ! Pas celle que diffuse la « Chambre des Echos » mais bien celle caractéristique, puissante et sourde à la fois d’une boite de nuit. Intriguée mais pas étonnée qu’un tel lieu ait été proposé aux convives, je m’engage dans l’escalier. Il nous faut descendre une trentaine de degrés  de l’escalier en colimaçon pour déboucher enfin dans une salle inondée de lumières colorée pulsantes aux rythmes syncopés de la musique qui envahis l’espace et au basses tellement puissante qu’elles vous traversent le corps en vibrations saccadées.
 Au milieu de la salle des corps dénudés, en couples ou seuls s’agitent en rythme suivant les battements saccadés. Tout autour de la piste richement éclairée, des alcôves aménagées dans l’ombre où je distingue avec peine des spectateurs avachis, alanguis  sur de larges méridiennes surchargées de coussins,
ou sirotant quelques cocktails posés sur des table basses.
La réticence de Loreleï cesse brusquement et échappant à mon étreinte d’un coup sec se  rue au milieu de la piste rejoignant les danseurs et se mêlant à eux, trépignante visiblement de partager leur danse. Je ne peux que constater l’étrange et joyeuse inconstance de ma protégée et reste stupéfaite par sa beauté coruscante lorsqu’elle ondule lascivement, entièrement nue, sous les sunlights à peine caché par sa longue chevelure de lin qui lui donne l’air de quelques elfes fantasques, toute droite sortie de contes scandinaves.
Je vais pour la rattraper et lui rappeler que son bracelet ne la protégeait pas intégralement des envies qu’elle ne manquera pas d’exacerber en s’exhibant de la sorte. Lorsque qu’une silhouette surgissant de l’ombre se place sur mon chemin. Il me faut un instant pour dévisager l’intrus à contrejour des stroboscopes aveuglant. Je cligne des yeux et finis par distinguer un visage carré, volontaire,  au nez fin et aquilin mais tempéré par un sourire ravageur. Des yeux verts, profond comme un lac de montagne le tout cerné par de longs cheveux de soie brillante, bruns presque noirs qui reflètent les lumières multicolores.
Je reconnais la mystérieuse jeune femme de la cave du Roi des Ombres qui m’avait intriguée à la façon qu’elle avait de me dévisager en souriant  à mon départ. Elle est enveloppée dans sa nuisette de soumise qui lui colle au corps. Un corps athlétique qui dégage une sourde puissance et la maitrise d’une sportive de haut niveau que j’avais eu à peine le temps d’apprécier lorsqu’elle se présentait nue au Roi des Ombreset à son acolyte. Mais c’est son regard qui me cloue sur place et me tétanise. Comme dans la cave, je reste comme hypnotisée par son intensité. Mon esprit se liquéfie, une onde brulante nait dans mon ventre pour rebondir sur chaque pore de ma peau comme pour s’échapper pour enfin se focaliser derrière ma nuque en un soleil vibrant annihilant ma raison. Mes genoux se dérobent sous la violence de l’émotion. Je fais un violent effort pour recouvrer un semblant de contenance et ne trouve rien de mieux que de me présenter en balbutiant.
— Je… Je m’app...
Elle me coupe d’un geste en me posant un doigt sur mes lèvres.
— Je sais comment tu t’appelles !
Elle incline la tête sur le côté et a un sourire désarmant.
S’avançant sur moi, elle me prend par les coudes et en reculant, sans me quitter des yeux, m’entraine vers le dancefloor. Elle imprime à mes bras un balancement alternatif qui se calque sur le rythme sur la musique tout en commençant à se déhancher pour m’inciter a la suivre dans sa chorégraphie. L’invitation à partager sa danse est on ne peut plus clair. Intimidée, j’esquisse tant bien que mal quelques pas, puis me laisse peu à peu entrainer par ma mystérieuse partenaire. Nos mouvements se synchronisent et je sais que pour elle, comme pour moi, cela lui envoi le signe de mon  acceptation à son désir de me guider.
Notre danse nous entraine peu à peu vers le bord de la piste que nous quittons en continuant à danser les yeux dans les yeux. Subjuguée, je me laisse guider passivement par ma belle taxi-girl vers un sofa resté libre.
Une fois entrées dans l’ombre et toujours sans me quitter des yeux elle plonge sa main dans la poche de sa nuisette et prestement, en me faisant un clin d’œil, ouvre la bouche en tirant la langue pour y déposer  la dragée qu’elle en a extraite.
La dragée ressemble à une petite hostie bombée et blanche, gardant la bouche entrouverte elle me laisse le temps de distinguer au centre du disque une image, un logo, d’un rouge intense imprimé en son centre  Une tête de diable rigolard à la fois inquiétante et bouffonne. Mais je n’ai pas le temps de lire les caractères qui la couronne. Comme lors d’un rituel qu’on ne peut refuser elle s’empare de ma nuque et s’avance pour coller ses lèvres contre les miennes les forçant au baiser. Ce baiser je sens confusément que je l’attendais et ma passivité ne pouvait que l’appeler. Sa langue n’a pas de difficulté à forcer ma bouche qui s’entrouvre et l’accueil avec empressement. Nos corps se collent l’un contre l’autre en continuant à danser comme pour ne faire plus qu’un.
L’hostie diabolique passe de sa bouche à la mienne et je la sens se dissoudre en une saveur acide et chimique malaxée par la sarabande effrénée de nos langues. J’en veux plus! Je veux sa peau contre ma peau. Je m’entends gémir d’impatience lorsque maladroitement mais frénétiquement je tente de glisser mes mains sous la nuisette de la belle inconnue. Elle vient à mon secours, sans se désemboucher, elle dénoue la ceinture de sa nuisette qui s’entrouvre et me laisse le passage. D’autorité elle repousse la mienne de mes épaules et ne prends pas le temps de déboucler la ceinture. C’est suffisant pour que le fluide tissus glisse le long de mon corps et chois à mes pieds, me découvrant nue et offerte à ses caresses. S’emparant de mes hanches pour m’étreindre avec vigueur et lâchant mes lèvres elle se  colle à mon oreille toute en glissant une cuisse entre mes jambes pour en masser mon ventre, elle murmure.
— Je m’appelle Isabelle !
Pourquoi est-ce que l’écho de mon prénom ne me trouble pas et me semble d’une évidence assurée ? Bien sûr ! Il ne peut en être autrement ! Je sais confusément que nous sommes liées depuis le début des temps. Nous avons partagé plusieurs vies et aujourd’hui nous nous rencontrons de nouveau pour fusionner. Je me laisse porter par une vague d’amour indicible. L’étrange saveur de l’hostie s’estompe peu à peu laissant place à une sorte de pétillement chaleureux que partage la langue de ma partenaire. Les basses de la musique se font de plus en plus insinuantes et me pénètrent comme pourrait le faire les doigts d’Isabelle et m’électrisent le périnée qui se contracte en rythme, la jouissance monte par saccade et je lutte pour ne pas me laisser submerger. Pas tout de suite ! Pas déjà !... Les lumières de la piste de danse brasillent et ondoient  pour se précipiter sur moi comme autant de feu follets. Je les bois de tous mes sens et à l’intérieur de ces lumières une petite silhouette, magnifique, les accompagne en souriant aux anges, Loreleï ! Mes sens sont si exacerbés que je perçois, au ralenti, à travers les flonflons sourds, le tintement cristallin qu’émet son grelot de novice à chacun de ses tressautement.
Ma raison et mes sens chavirent et se laissent porter par un maelstrom de plaisir où je bois la musique et où les couleurs aveuglantes se mêlent aux caresses d’Isabelle. Elle a décidé de me faire découvrir un monde de jouissance sans limite. Je ne suis plus qu’un instrument vibrant entre ses mains et je me laisse porter jusqu’à la dispersion complète de mon corps sous ses caresses. Absorbée par sa bouche qui s’active entre mes jambes et me laisse hurlante, mes cris de jouissance se mêlent sans retenu aux cascades furieuses de la musique.
Jusqu’à mon éclatement en mille soleils paroxystiques.
Mon esprit disloqué flotte, éparpillé, dans l’espace. Je n’ai plus de corps ! Ou plutôt l’espace est mon corps! Gigantesque! Sans limite! Je perçois, à des milliers d’années-lumière et pourtant si proche, le crépitement des doigts d’Isabelle qui effleurent doucement la surface de ce qui me semble être mon ventre.
 Mes pensés vagabondes  tentent de se regrouper et, brusquement, l’univers se rétrécis comme à regret… J’étais si bien !
J’entrouvre les yeux, je suis allongée sur une méridienne, le corps perlé de buée les jambes écartée, les bras ballants de chaque coté de la couche, épuisée. Isabelle est agenouillée à mes côtés. Elle aussi semble exténuée, ses longs cheveux trempés de sueur lui collent au visage et elle me sourit. Elle joue nonchalamment du bout de l’ongle de son index parfaitement manucuré avec les perles de rosées qui constellent mon ventre les regroupant une  à une dans le creux de mon nombril qui se remplit des témoins de mon abandon.
Je lance avec la voix éraillée d’une mourante.
— On a fait l’amour !
Ce n’est pas une question, c’est une constatation.
Isabelle ricane.
— Une folie !
 Je rougis.
— J’ai joui !
Je détourne la tête pour échapper à son regard. Là aussi ce n’est pas une question je le sais pertinemment mais j’ai besoin de lui annoncer.
— En fait tu n’as pas arrêté de jouir, du début jusqu’à … La fin !
— Je veux dire… J’ai  eu un... Orgasme !
— Plusieurs… Tu ne t’en souviens pas ?
Oh que si ! J’en ai encore le corps et l’esprit désarticulés.
Retrouvant un peu de lucidité je me tourne vers elle.
— Qu’est-ce que tu m’as donné ?... Cette dragée avec le diable rouge ?
Elle a un petit rictus de contrariété qui se termine par un sourire
— Je ne te l’ai pas donné… On a partagé !
Elle joue sur les mots.
— Un aphrodisiaque ?
— Non !… Enfin, je ne pense pas !… Mais çà révèle ce qu’il y a en toi ! Et çà décuple les sensations… Pour toi c’était la jouissance !
Elle me fait un clin d’œil et je saisis la balle au bond.
— Et pour toi ?
Elle se hisse jusqu’à  ma bouche  pour y déposer un baiser chaste. Je lui réponds en tentant de lui happer la lèvre. Elle accepte. Son baiser s’attarde et, parvenue à mes fins je finis par lui introduire ma langue dans la bouche à la recherche de la sienne. Nos langues se lutinent avec insouciance un long moment puis se séparent comme à regret. Elle se penche à mon oreille.
— Pour moi … Pour moi, cela a été de te faire jouir !… De te voir jouir sous mes caresses… Si tu savais depuis quand j’attendais cela !
Intriguée, je me relève sur un coude et la fixe intensément.
— Non, je ne sais pas !… Raconte-moi, s’il te plait !

Les Isabelles


A son tour elle se redresse, s’éclaircie la voix tout en commençant à jouer avec le téton de mon sein gauche d’une caresse automatique, comme on le ferait d’un stylo  sur une feuille lorsqu’on téléphone, sans y prêter attention, sans but. L’effleurement m’électrise, mais j’essaye de ne pas y porter attention.
— Depuis que tu as commencé ton blog, cela ne fait pas très longtemps…  Toute l’Assemblée te lit, tu sais !
Je vais pour lui rétorquer que j’en connais quelques uns qui ne mon pas encore lu. Mais m’abstient.
— Au début on a cru que s’était moi ! A cause du prénom bien sûr ! Cela m’as valu quelques… Réprimandes. Mais Marc y a mis bon ordre en révélant ton existence…
— Tu connais Marc ?
— Oui,… Mais ne t’inquiète pas, ce n’est pas mon passeur, ni mon maître. J’ai été acceptée à l’Assemblée un peu avant lui…
Elle me lance une œillade, comme pour me rassurer. Je lui lance.
— Je ne suis pas jalouse tu sais !
Elle sourit et reporte son attention sur mon sein que ses doigts continuent à me lutiner nonchalamment, et continue sans relever.
— Je crois que je suis tombée amoureuse de toi dés le début, dés les premières lignes… Et lorsque tu t’es avoué que tu aimais les femmes, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai cherché à te rencontrer… Marc s’y est opposé, tant que durait ton dressage !... Et puis,… Et puis il y a eu ce soir !
Elle penche joliment la tête sur le coté avec un sourire désarmant appuyant d’un silence complice les étreintes que nous venons d’échanger.
Je romps ce silence en lui faisant remarquer qu’elle ne porte pas de collier.
— Tu es une soumise ou une maitresse ?
Elle porte une main à son cou.
— Ni soumise, ni Maitresse, ni … Kajira !
Comme elle me voit plisser les sourcils d’incompréhension.
— Pourtant tu étais avec les soumises dans la cave ?
— C’est là que j’avais le plus de chance de te rencontrer. Je ne t’avais jamais vu pour te reconnaitre je n’avais qu’une indication… La couleur de tes cheveux !
Elle s’empare d’une mèche de mes cheveux et la glisse sous son nez pour en apprécier le parfum.
—  Et comme tu étais la seule rousse aux cheveux longs de la soirée !
Elle me lance un petit sourire complice et elle continue.
—  Je suis ce qu’on nomme ici une Amphitryon… Disons que j’ai mes entrées…
Mon incompréhension augmente encore. Jamais Marc ne m’a parlé de cette catégorie. Je pensais que toutes les personnes ici adhéraient aux codes de la maîtrise et de la soumission à quelques degrés que cela soit, de Novice comme Loreleï à Kajira comme Laure et apparemment maintenant Stéphanie. Mais au grand jamais on ne m’avait parlé d’Amphitryon ! je veux en savoir plus.
— Dans quel sens Amphitryon ?... Invitée ?
— Oui… En quelque sorte !
Elle se mouille les lèvres, comme si elle se demandait si elle devait en dire plus.
Sa réflexion est de courte durée car elle continue.
— Je faisais un mémoire en psycho, psychosocial plus exactement, sur l’emprise, la soumission à l’emprise et ses mécanismes de rejet ou d’acceptation… J’ai intégré l’Assemblée sur cooptation de … Enfin tu vois quoi !
Mais il était convenu que j’y entrais comme simple observatrice pour mes recherches... Et enfin de compte, je me suis prise au jeu !
Elle éclate de rire.
— Mais bon ! Je n’avais pas choisi le thème de mon mémoire par hasard ! J’ai toujours été attirée par ce milieu… Cela n’a pas été une pulsion comme pour toi !
Elle a une profonde inspiration.
— C’est à cause de nos prénom si je t’ai lue.. Tu as failli me faire virer de l’Assemblée, tu sais ? Quand tu as commencé à faire paraitre ton histoire. Comme je te l’ai dit, on a cru que c’était moi qui outrepassais ma parole de discrétion. Il a bien fallu que je te lise pour me disculper...  J’ai adoré !
Un silence s’installe. Je la scrute avec insistance, comme si je cherchais à redécouvrir ce que mes mains avaient caressé. Mon regard se porte sur le poignet qui continue à me titiller la pointe du sein.
— Tu ne portes pas de bracelet de limitation non plus ?
Elle rit
— Je suis ouverte à toutes propositions,… Mais c’est moi qui décide !… Et puis tout le monde me connait ici… A part toi !
Elle a un clin d’œil à mon adresse.
Je scrute son visage avec cette fois l’idée de l’identifier. Je fronce les sourcils de frustration révélant ainsi mon ignorance.
Elle rit de nouveau devant ma mine perplexe, se mouille les lèvres et continue.
— Tu sais comment je m’appelle… Je veux dire mon nom de famille !
Je secoue la tête. Elle se penche à mon oreille et me murmure son nom.
Je reste bée.
— La fille de…
— La nièce !... Oui !
Mon esprit s’embrume sous le choc de la révélation. Ma tête retombe sur le molleton de cuir de la méridienne et mon visage se tourne vers les lumières de la piste de dance. Mon regard vagabonde sur les silhouettes nues qui se déhanchent au rythme de la musique, lorsqu’une onde glacée me tord le ventre et me paralyse la nuque. Je me redresse brusquement comme un pantin sortant de sa boîte, parcourt la salle du regard et hurle.
— Loreleï … Où est Loreleï ?!

Chap. 79. Fille perdue

15 septembre 2021

Chap. 77. Les traits d’Harmony

Je me suis calée au fond des larges coussins qui tapissent l’alcôve et me laisse aller à une douce torpeur. Voyant cela, Loreleï, toute aussi nue que moi, est venu se blottir à côté de moi, ses fesses se logeant moelleusement contre mon ventre et emmêlant ses longues jambes avec les miennes. Je lui ceins les épaules avec mes bras et dépose un baiser affectueux sur son cou qui s’offre à mes lèvres. Elle frissonne et se pelotonne un peu plus, comme un petit animal de compagnie qui cherche la chaleur de sa maitresse. Je m’empare doucement de son sein gauche que je caresse délicatement, simplement pour le plaisir de sentir le grain de soie de ce petit fruit arrogant à la pointe toujours en érection.
L’effet des dragées aphrodisiaques doit maintenant être passé mais son excitation sensuelle semble perdurer. Peut-être le fait d’être toujours comblée intimement par l’hôte de métal lui rappelle qu’il en a été décidé ainsi !
Tendrement enlacées, nous sombrons toutes deux dans une torpeur méditative et observons, intriguées, Marc en train d’encorder méthodiquement le corps offert d’Harmony. Ses gestes sont précis et méticuleux, les cordes de chanvre se déploient et ses lovent délicatement autour des poignets, des bras, contournant un sein, se glissant entre les cuisses largement écartées de la suppliante des plaisirs licencieux. Harmony nous tourne le dos elle est comme il se doit, nue, à genoux sur un grand zafu de méditation richement brodés et fait face à un coin de l’alcôve comme le serait une élève punie par un maître intransigeant. On lui a relevé les cheveux en une queue de cheval haute placée sur le crane dénudant son cou que ceinture encore son banal collier de chien en métal nickelé. Maureen est à côté d’elle, un genou à terre, elle supervise avec amusement le ligotage de sa novice mystérieuse et vérifie périodiquement que son loup qui garantie son anonymat reste bien en place et augmente encore sa confusion en lui décrivant sa situation à haute voix.
— Tu as voulu être chienne Harmony, n’est ce pas ?
Harmony hoche la tête sans un mot.
— Et bien tu vas l’être ! Et plus que tu ne l’as jamais été ! Marc te ligote comme il sait si bien le faire et tu n’auras pas d’échappatoire… Théo et moi avons décidé de te livrer à tous les hommes, ou les femmes, qui le désireront et comme ils le voudront…
Théo s’est assis juste a côté de nous et observe un moment Marc œuvrer consciencieusement puis se tourne vers moi.
— Marc vous a déjà attachée de la sorte, j’imagine, Mademoiselle Isabelle ?
Je confirme révérencieusement.
—Oui, Monsieur !
— Et il vous a livrée au plaisir d’autres hommes, ainsi ligotée ?
Je ne peux m’empêcher de rougir à l’évocation de ces humiliations que j’ai, à mon corps acceptant, appréciées au-delà de ce que mon esprit et ma décence me permettent d’avouer.
—Je… Oui, Monsieur !
Il reporte son attention sur les tourmenteurs d’Harmony. Et croit bon de m’expliquer en aparté.
— C’est la première fois vous savez, pour Harmony ! C’est lors d’une soirée un peu arrosée qu’elle nous a confié ses fantasmes. C’est une femme de pouvoir dans un sens, et pourtant elle ne rêvait que d’être dominée et soumise dans ses ébats. Comme elle est intelligente, et je crois que la plupart des soumises ici le sont, elle avait deviné que nous partagions les mêmes aspirations… Elle nous a demandé de l’initier avec une seule condition, c’est que nous respections son anonymat. Elle ne se doutait peut-être pas que cela la mènerait aussi loin !
Mais elle a l’air d’apprécier !
Il se tourne de nouveau vers moi.
— Et vous Mademoiselle ? Cela s’est fait comment ?
— Vous ne m’avez pas lue ?
— Ha oui, c’est vrai ! Il parait que vous contez vos aventures !... Non, je dois vous avouer que non. Je ne sais de vous que ce que Marc a bien voulu m’en dire ! Que vous étiez belle, docile et obéissante et si curieuse et impliquée que, jusqu'à maintenant, vous ne reculez devant aucunes dépravations… Enfin ! Jusqu’à cette histoire avec le chien de Kristale! Ce qui nous amène à votre petite entourloupe et votre procès pour… Pour quoi d’ailleurs ? Désobéissance ?
Il se passe une main sur le menton, se caressant la barbe, en contemplant Harmony qui bientôt sera dans l’impossibilité totale de refuser quoi que se soit et reprends
— C’est vrai que la méthode est un peu rude, bien que je sache que cela se pratique…
Sur cette réflexion il interpelle la suppliciée à haute voix.
— Dis-moi Harmony ! Cela te dirait de te faire saillir par un chien… Un beau mâle vigoureux ? Je suis sûr qu’ils ont çà ici !
Tout le corps de la femme se crispe et on peut ressentir toute l’angoisse qui la saisit au sursaut qui suit et des vigoureux de dénégation de sa tete, sa queue de cheval fouette l’air de gauche à droite !
Théo éclate de rire et enfonce le clou.
— De toutes les façons, tu n’es pas en position de refuser quoi que ce soit petite chienne !
Cette fois Harmony cherche à se tourner vers Théo gênée par ses entraves, se tord le cou vers nous sans y parvenir et lance d’une voix suppliante.
— S’il vous plait pas çà !... On avait convenu….
— On avait convenu, coupe Théo, que l’on vous feraient découvrir des plaisirs interdits et des humiliations sans limites… Cela en est un, Mademoiselle !
Il me prend alors à témoin.
— Qu’en pensez-vous, Mademoiselle Isabelle ?
Je me remémore m’as confrontation avec le molosse de Maud, et ressent presque physiquement sa langue épaisse qui s’insinue entre mes cuisses que je ressers convulsivement emprisonnant un peu plus celle que Loreleï avait glissée entre les miennes. Je dois m’avouer que la situation proposée peut être excitante, surtout quand on en n’est pas le sujet. Mais je ne peux, par une sorte de sororité bienveillante, en soutenir le projet. Je vais pour exposer que pour une première soumission cela risquai fort de cabrer Harmony définitivement, ce qui était arrivée pour moi, alors que je pouvais me targuer de la connaissance de la perversité d’un maitre, lorsqu’une des soubrettes pénètre dans l’alcôve et s’adresse à Théo sans ambages.
— Vous m’avez demandée, Maître ?
Je lève les yeux vers elle et ne peux m’empêcher de me dire que les servantes de cette soirée se ressemblent toutes, un visage avenant casqué d’un carré blond strict, à demi-nue la poitrine arrogante, vêtue d’une simple jupe courte de velours noir dont je sais qu’elle couvre à peine un ventre nu parfaitement épilé et juchée sur des escarpins à talonnette qui les forcent à cambrer. Seul le nombre des bracelets qui pendent à leurs poignets les distinguent, en nombre et en couleur. Des bracelets de métal vivement coloré parfaitement ronds et rigides comme le serai ceux d’un semainier. En début de soirée aucunes d’elles n’en portaient et, au fil des heures et des jours, leur nombre augmentait sensiblement pour certaines, moins pour d’autre  — C’est leur pourboire !—  Avait répondu Marc énigmatiquement à mon interrogation.
Sans se relever Théo lève les yeux vers elle.
— Oui Mademoiselle ! J’aimerai que vous passiez un message par le truchement de la sono de la Chambre des Echos. Vous direz en substance que Mademoiselle Harmony, ici présente, est a la disposition de tout ceux et celles qui désirerait en jouir. Et ce jusqu'à…
Il s’interrompt
— Au fait, quelle heure est-il ?
Il m’interroge du regard et je lui réponds par un geste d’ignorance. Aucune personne ne porte de montre et même l’hôtesse semble avoir perdu la notion du temps. Seule la clarté qui sourd du couloir projetée  par ses fenêtres nous informe sur une soirée bien engagée.
Théo a une petite moue dépité et, se tournant vers la jolie hôtesse, il complète.
— Eh bien vous direz, jusqu'à ce qu’elle rende grâce !
La soubrette se plie d’une courbette, faisant comprendre qu’elle avait compris et s’éclipse aussi rapidement qu’elle avait surgi.
Il se retourne vers moi
— Qu’en pensez-vous Mademoiselle Isabelle ? Vous a-t-on déjà livrée de la sorte sans que l’on sache qui vous étiez ?
A sa question, ressurgi l’image de la chambre d’hôtel à Lyon. Là où Mon Maître après m’avoir attachée et bandé les yeux m’as laissée, quittant la chambre) à la disposition d’un inconnu (Cf. : Week-end a Lyon, L’offrande.)
Je tente de contenir mon rougissement naturel par une profonde inspiration et lui relate mon aventure.
— … Mais en fait cela était inversé… C’est moi qui ne savait pas qui était mon… mon… mon amant de passage !
Je reprends mon souffle.
— Ici c’est Harmony qui est cachée !
Théo passe sa main sur son menton.
— Ha ! Vous croyez que cela serait plus intéressant qu’elle voit ses amants ? Que faites vous du piment qu’apporte le mystère ? Dans cette chambre à Lyon qui vous dit que ce n’est pas Marc qui était resté dans la chambre pour vous baiser comme le ferai un inconnu ? Vous en auriez chacun une sensation différente et pour vous celle de vous faire saillir par un autre sur ordre de votre maître ce qui pour une soumise en apprentissage est la base. Non ?
Mon esprit se met à mouliner à toute vitesse. Je revois en accéléré cette épisode de ma vie de soumise. Les yeux bandés, je l’ai bien entendu sortir pour laisser la place à l’inconnu qui s’est présenté peu après ! Ce que je vais pour rétorquer à Théo lorsque un éclair de compréhension me terrasse me laissant la bouche  bée. A la fin de la séance, après le départ de l’inconnu, Marc m’a interpellée pour me féliciter de ma docilité. J’ai même cru qu’il avait assisté tout du long à ma déchéance acceptée. Mais je n’ai pas entendu la porte se rouvrir à son retour. Il était donc bien là et seul ! Peut-être n’étais ce qu’une mise en scène !
Je détourne la tête pour contempler Marc qui passe les dernières cordes entre les cuisses d’Harmonie pour les maintenir largement écartées, dévoilant le fruit promis à tous ceux qui voudront y gouter. Un fruit impudiquement exposé, une figue parfaitement glabre, fendu, entrouverte sur un délicat fourreau incarnat vernissé de liqueur de Cyprine qui sourd en un filet laiteux trahissant l’excitation de la jeune femme. Ma vision se trouble et je reviens à ma réflexion. Oui le machiavélisme de Marc aurait bien pu accoucher d’une telle mise en scène ! Et quelque chose au fond de moi l’espère. Mais je sais qu’il est vain de vouloir connaitre la vérité, jamais il ne me la dira et se contentera comme à son habitude de répondre par une autre question du style « Tu aurais moins apprécié si cela avait été le cas ? »
 Je me mords les lèvres et reprends le fil de la discussion pour tenter de m’échapper et de reprendre pieds dans l’instant qui s’offre à nous.
— Non ! Mais on peut s’arranger pour dévoiler le visage d’Harmony à ses amants sans pour autant qu’il puisse le voir.
Théo fronce les sourcils d’incompréhensions.
— Vous savez, pour une femme le cérébral compte pour beaucoup dans sa jouissance. Le masque qu’elle porte la protège en quelque sorte il ne masque pas seulement son identité… Vous pouvez vous en servir pour augmenter sa honte. Il suffit de l’offrir à visage découvert sans que ses amants puissent la voir, mais…Qu’elle sache, qu’ils pourraient, si ils le décidaient !

Aussitôt suggéré, aussitôt fait !
Harmonie parfaitement immobilisée, se sont les deux hommes  qui déplacent le zafu rehaussé sur lequel elle est proposée  et la présente dans un des angles de la  pièce lui calant le visage contre l’encoignure ne laissant que suffisamment d’espace pour le passage d’un homme ou d’une femme debout, sans possibilité de se pencher pour la dévisager, mais laissant ouverte la sollicitation sa bouche pour d’éventuelles caresses buccales. Marc dévie les luminaires du mur pour que le coin qui accueille Harmony se noie dans l’ombre, dissimulant un peu plus son visage.
Satisfait, Théo se tourne alors vers moi.
— Mademoiselle Isabelle, comme vous en avez eu l’idée. Vous aurez l’honneur de lui ôter son loup !...


Chap. 78. Dans les vapeurs d’Hécate

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31 mai 2021

Chap. 76. Fragments

Je tourne lentement les pages de mon carnet. Mon histoire y est alignée d’une écriture fébrile, couchée dans l’urgence. Marc m’avait dit vrai ! L’Assemblée de Fer a duré plusieurs jours.  A leur lecture, je m’aperçois qu’il serait fastidieux pour moi et mes lecteurs d’en retranscrire la totalité. Plus je me penche sur mes notes gribouillées en une journée au lendemain de notre retour de l’Assemblée, plus les détails me reviennent en mémoires.
Et pour mémorable cette soirée le fut de bout en bout  jusqu'à notre départ juste après mon « procès ». Si l’esprit est insatiable, le corps a ses exigences
La soirée a été émaillée de moments intenses, entrecoupés de nonchalance où, malgré la vigueur de mes 19 ans, le corps, écrasé de fatigue reprend ses droits.
Il n’y aurait pas, je pense, grand intérêt à décrire ces moments d’abandons bien qu’ils fussent le théâtre, certainement par contraste, de douceurs et de renoncements langoureux. Aussi en retiendrais-je les fragments les plus significatifs et vous les livrerais ainsi tout en en respectant la chronologie autant que faire ce peut. Les chapitres qui vont suivre sont à lire comme autant de petites nouvelles, des tableaux, de ce que fut cette semaine.
Nous sommes donc restés plusieurs jours. D’autres ont fait le choix de perler leur séjour et la maison, enfin puis-je réellement appeler maison ce qui se révélera être, je le découvre au premier matin, un manoir majestueux aux nombreuses pièces et dépendances. Le manoir donc,  a vu défiler pendant toute notre étrange villégiature des visites plus ou moins éphémères et même des retours successifs
Comme me l’avait décrit Marc cela ressemblait bien a une kermesse par ses allées et venues et son ambiance parfois grave, feutrée et sophistiqué et parfois exubérantes et festives de débauche libertines. Mais ne nous y trompons pas, cette kermesse était de haute tenue, les lecteurs habitués aux descriptions  ou  la fréquentation de parties fines et d’orgies débridées, voir violentes  ne s’y retrouveront peut être pas. Le tact, la déférence et la courtoisie y était pratiqué comme un art de vivre à part quelques exceptions tolérées aux « Maraudeurs » et au « Maitre des Ombres ». Mais n’était ce pas justement un contrepoint savamment orchestré pour ajouter encore au piment des plaisirs interdits .
Oh ! Bien sûr, depuis, j’ai assisté à d’autres congres du même ordre puisqu’elle a lieu tous les deux ans ! Mais là, c’était ma première, en tant que novice, accroc à la soumission certes, mais novice et curieuse d’expériences.
Je vais m’efforcer 14 ans après, comme je le fais depuis toujours sur ce blog, de retrouver la fraicheur de mes sentiments d’alors, de mes étonnements, stupéfactions,  de mes effarements et compassions. Tout cela je vais vous les livrer fragments par fragments, comme autant de petites scènes de mon chemin de servitude. Et pour m’accompagner sur ce chemin, une fois n’est pas coutume, je vous dévoile les titres des chapitres jusqu'à la veille du procès.

Chap. 77. Les traits d’Harmonie
Chap. 78. Dans les vapeurs d’Hécate
Chap. 79. Fille perdue
Chap. 80. Kajira Stéphanie
Chap. 81. Les Amours clandestins.
Chap. 82. La chambre des caresses
Chap. 83. Les faunes sont lâchés
Chap. 84. Le Maitre des lieux (bis repetitas)
Chap.85. Droit de cuissage
Chap. 86. L’Audience
Chap.87. Coupable
Chap.88. Vertige

21 avril 2021

Chap. 75. Le Bain d’Aphrodite

Quelle heure peut-il bien être ?
Instinctivement je jette un regard sur mon poignet. Pas de montre, pas de portable, et aucune horloge au mur pour me renseigner.
Je ne suis pas fatiguée.
Marc nous a quittées en me désignant une direction de la main « On se retrouve à la piscine !». Loreleï lui a jeté un regard chagriné lorsqu’il s’est éloigné sans se retourner.  Lui prenant la main, je me suis dirigée dans la direction indiquée. Dans les haut-parleurs de la chambre des échos les gémissements de plaisir entrecoupés de douleurs se sont taris. Nous ne croisons personne en progressant. Je finis par pousser une porte massive bardée de clous forgés.
Je pensais aboutir dans les jardins mais en fait la « piscine » est un bassin souterrain de pierre brute, taillé à même le roc, certainement un ancien réservoir dont la fonction a été savamment détournée et aménagé pour la baignade en toutes saisons. Elle est chichement éclairée par des flambeaux  posés sur le sol au bord du bassin. L’air est chaud et saturé d’humidité.  La partie la plus éloignée du bassin se perd dans l’ombre sous les voutes cintrées. Il règne ici une atmosphère à la fois apaisante dans sa partie éclairée et angoissante lorsque le regard se perd dans les ombres que font danser les flammes des flambeaux. Il n’y a personne dans le bassin et je distingue à peine trois couples allongés sur des méridiennes disposées de part et d'autre du bassin. Des visages se lèvent vers nous pour s’enquérir des nouvelles arrivantes,  puis, renseignés, retombent dans la pénombre.
Une fontaine haute qui doit faire office de douche coule en permanence dans une alcôve à côté de la porte.
L’onde m’appelle et me fait envie.
J’entraine Loreleï sur le transat libre le plus proche et l’enjoint de s’y asseoir. Ce qu’elle fait avec une précaution affectée ne s’étant pas encore habituée à l’étrange olisbos qui la comble.  Je me débarrasse de ma tunique de satin blanche et de mes ballerines  me retrouvant nue seulement parée de mon collier de cuir et me dirige vers la vasque de pierre  qui accueille la chute d’eau miniature. Je m’y engage. L’eau est chaude et me fait un bien fou. J’y resterai bien, mais décide d’aller faire quelques longueurs.
Je m’avance dans l’eau franchissant les trois premiers degrés qui s’y enfoncent et me coule dans l’onde tiède sans plonger pour ne pas troubler la quiétude des lieux. L’eau est noire et je ne vois pas le fond du bassin me donnant la sensation de flotter dans l’espace. Quelques brasses et je touche la rive opposée. Je me retourne et m’adosse au bord Je contemple la partie éclairée par les flambeaux et la méridienne où Loreleï a pris place. Elle se contorsionne doucement, croisant et décroisant les jambes, se frottant les genoux et les cuisses l’une contre l’autre. Je souris intérieurement, l’infernal onguent doit faire son office et la nymphe libidineuse de goutter les affres de ses effets.
Je me lance dans une série de longueurs qui me fait passer de l’ombre  à la lumière au rythme de mes battements de jambes. Epuisée, je finis par me relever trouvant refuge sur la plage la moins profonde du bassin où mes pieds touchent à peine le fond.
— Bonsoir Mademoiselle !
Je sursaute et me retourne, l’homme qui m’a courtoisement saluée est entré silencieusement dans l’eau pendant que je me saoulais de nage. Il est grand, les cheveux coupé en brosse une fine moustache et une barbe poivre et sel lui ceinture la bouche, fine et sensuelle. Il doit avoir plus de deux fois mon âge. Ses yeux pétillent de bienveillance. Comme moi il porte un collier de soumission, un collier de cuir noir à trois anneaux, celui du milieu, qui pend sur son torse au bout d’une longe de cuir, est aussi imposant que les anneaux qui servent a attacher les chevaux du haras.
— Vous êtes vraiment très belle ! Je tenais à vous le dire… Ainsi que ma Maîtresse !
Machinalement  je parcours les plages du regard.
— Là, juste derrière-vous !
Je me retourne pour y découvrir une femme aux longs cheveux noirs et aux formes athlétiques à demi couverte par un peignoir rouge sang. Elle est nonchalamment allongée sur un transat de bois et nous observe. Elle me sourit et me salue d’un petit mouvement de tête. Je lui rends son sourire par respect et vais pour me retourner de nouveau pour faire face à l’homme lorsque ses deux mains se posent sur mes hanches les saisissants fermement pour m’empêcher de pivoter.
— Non, s’il vous plait ! Restez comme vous êtes ! Ma Maitresse désire que vous la regardiez pendant que je vous prends ! Vous voulez bien lui faire ce plaisir ?
Saisie par la soudaineté de la demande et dite sur en ton si doux d’évidence qu’il semblerait incongrue à mon curieux interlocuteur que je lui refuse mes faveurs, je reste muette  ne sachant trop quelle attitude adopter. Après tout, je porte un collier et elle vient de m’être designer comme maîtresse! Je lui dois donc, dans cette soirée tout au moins, déférence et obéissance, même si elle délègue son pouvoir à l’homme qui s’est rapproché et dont je sens maintenant le désir turgescent contre mes reins. Il se penche sur ma nuque, son anneau de fer heurte mon dos, et il me susurre à l’oreille.
— Ma Maîtresse demande que vous ne la quittiez pas des yeux ! Pouvez-vous écarter les jambes s’il vous plait ?
J’opte pour la docilité. Après tout c’est la première fois de cette soirée, sans compter celle de Mon propre Maître, que l’on m’accorde un empressement soutenu, Loreleï accaparant toutes les attentions.
Sans quitter la maîtresse inconnue des yeux, je m’accoude au bord de la piscine et cambre les reins en écartant les jambes. Il ne faut qu’un instant pour que l’homme s’introduise en moi d’un mouvement ferme et assuré.
La première fois que j’ai été prise dans l’eau j’ai, dans ma grande naïveté, eu peur que l’eau s’engouffre dans mon vagin en même temps que mon amant. C’était sans compter la belle plasticité de mon intimité qui, se moulant exactement a la verge de Marc (puisqu’il s’agissait de lui) empêchait toute autre intrusion.
L’homme progresse lentement tirant sur mes hanches pour l’amener à lui, ce qui m’oblige à me cramponner au bord de pierre. Le sourire de la femme s’élargit lorsqu’elle comprend que son soumis est en train de m’imposer son propre désir. Une fois à demi enchâssé, il lâche mes hanches pour me caresser les flancs jusqu’à  s’emparer de mes seins qu’il se met à pétrir en saisissant leurs pointes raidies entre ses doigts. Assuré de ma parfaite docilité et disposition à le recevoir il m’assène un coup de boutoir qui me fait décoller les pieds du fond de la piscine et me fait flotter à demi, empalée sur son pieu maintenant parfaitement emmanché en moi. Il m’embrasse dans le cou qu’il a dégagé de mes cheveux trempés tout en me murmurant a l’oreille
— Ma Maitresse me fait un beau cadeau ! Vous êtes vraiment admirable et désirable Mademoiselle !
Sans quitter la Dame au peignoir rouge des yeux je laisse le plaisir monter en moi et ma bouche s’arrondit l’informant du bon avancement de l’entreprise de son étrange commissionnaire. L’homme s’est redressé et s’emparant de nouveau de mes hanches accélère ses coups de boutoir comme pour me transpercer, les eaux troublées par les mouvements saccadés viennent heurter les bords de pierre y provocant un clapotis de plus en plus violent. L’assaut devient si ardent que je ne retiens plus deux petites plaintes de jouissance qui viennent résonner sous les voutes, troublant le silence sépulcrale qui régnait jusqu'alors.
Mes gémissements de plaisir agissent alors comme un signal. Immédiatement, l’homme desserre son étreinte et se retire de moi me laissant hagarde et quelque peu dépitée. Il me lance un courtois.
— Je vous remercie Mademoiselle !
Et, sans plus me prêter attention, sort du bassin par les marches se dirigeant droit vers sa maîtresse. Abasourdie, abandonnée en pleine montée du plaisir, je le regarde s’agenouiller devant sa maîtresse qui vient de se dévêtir et se renverser sur le transat. A son appelle, il la pénètre tandis qu’elle me lance un regard qui se veut de connivence mais que je perçois comme une raillerie. Une fois assurée que je l’observe se faire saillir elle détourne son regard vers son amant qu’elle encourage à aller plus avant en lui ceinturant la taille de ses jambes.
Accaparés par leurs ébats, ils ne me porteront plus, maintenant, aucune attention.
Dépitée et furieuse de n’avoir été que le boute-en-train du couple je me détourne violement et décide de reprendre mes longueurs pour me calmer. Je m’aperçois alors que Loreleï s’est levée et qu’elle est en train de descendre les degrés du bassin. Elle s’enfonce dans l’eau et, ses mains caressant la surface, s’approche de moi affichant une mine déconfite et un demi-sourire affectueux. Elle a assisté à toute la scène et, n’étant pas aussi mièvre qu’elle veut bien le faire paraitre, dans une sororité bienveillante vient me témoigner sa compréhension. Elle n’est pas venue se baigner mais juste me chercher. Sans un mot elle me saisit par la main et m’entraine hors du bassin. Encore sous le choc de la déception je me laisse guider.

...elle y met maintenant tant de concentration et d’application...

Dans un étrange ballet elle me fait face et m’installe en appuyant sur mes épaules sur le sofa de bain. Je vais pour protester, mais, se penchant sur moi, elle m’interrompt en posant un doigt sur mes lèvres qu’elle remplace aussitôt par sa bouche. Nos langues se mêlent et je goute une fois de plus la fraicheur de son haleine. Notre baiser ne dure pas et Loreleï en me fixant de ses grands yeux d’azur, comme pour me rassurer ou me demander ma permission, pose ses mains sur mes genoux et doucement  m’écarte les jambes. Amusée, je ne résiste pas et devine enfin ses intentions. Je me cale confortablement contre le dossier du sofa de bois et m’écartèle au mieux. La nymphe se glisse au sol entre mes jambes posant délicatement ses deux mains de par et d’autre de mon calice ainsi offert. Après une légère hésitation trahissant son appréhension à me décevoir  sa bouche plonge sur mon ventre et y égrène un chapelet de petits baisers furtifs à fleur de peau qui me font frissonner d’aise. Une chaleur intense me monte le long des reins jusqu'à la nuque. La série de baisers trace un chemin sinueux sous mon nombril pour se rapprocher et mourir juste sur les contreforts du mont de Vénus à l’approche de ma corolle déjà humide de l’assaut qu’elle vient de subir. Une dernière fois Loreleï relève la tête pour s’assurer de mon accord et de le forcer par un sourire désarmant de candeur. Je lui adresse un sourire de connivence pour l’encourager. Rassurer elle plonge alors son visage entre mes cuisses et la bouche grande ouverte vient happer goulument la fleur qui lui est offerte. Le baiser est si empressé que je ne peux sous la caresse torride  m’empêcher de cambrer les reins en poussant un gémissement sourd de contentement. Dépouillée de toute timidité sa langue me fouille alors ardemment déclenchant un feu électrique qui me court dans le dos pour mourir sur ma nuque. Je m’écarte encore plus et me retient de lui saisir la tête pour accentuer encore la pression et l’exhorter par le geste à plus de fougue encore.
Je ne sais quelle impulsion conduit Loreleï à tant d’empressements ! A-t-elle fait sienne ma déception en constatant que mon cavalier avait désenfourché avant que j’atteigne le plaisir qui semblait mettre dû ? Quelle étrange empathie l’a saisie qu’elle doive se croire obligée de venir au secours de mon abandon sur le chemin du plaisir ! Toujours est-il qu’elle y met maintenant tant de concentration et d’application que, submergée par tant d’attention, je me laisse déborder par cette jouissance qui abolit toutes retenues et qui font exploser mille soleils sur les voutes de pierres.

Irradiée d’électricité qui s’apaise par vague, je tente de reprendre mon souffle entre deux petits jappements étouffés. De retour, j’ouvre les yeux pour contempler la vierge langoureuse, toujours entre mes jambes, qui me fixe en arborant un visage radieux.
Comme elle a l’air fier d’elle ! Fière de me révéler son savoir, un arcane du plaisir en sa possession dont seule une femme peut jouer ! Fière de m’avoir portée aux nues, de me voir jouir sans retenue sous ses caresses. Fière de me montrer qu’elle pouvait suppléer aux caresses de l’homme qui m’a outrageusement éconduite.
Des applaudissements retentissent !
Ce sont les couples qui se sont approchés pour faire cercle autour de nous et ne perdre ainsi aucune miettes de ma disposition, ayant oublié leurs présences, à jouir sans retenue. Loreleï n’a cure des spectateurs et ne décroche pas son regard du mien alors que reprise par ma nature je sens le rouge de la confusion m’embraser le visage jusqu’aux oreilles. Je la sens bouleversée par mon embarras et, saisie elle aussi par l’émotion, ne peut s’empêcher de me sauter au cou pour m’embrasser furieusement.
Les applaudissements redoublent.

Chap. 76. Fragments

6 avril 2021

Chap. 74. Le Sceau de l’Infamie

Nous avons de nouveau traversé la maison pour nous retrouver dans le hall d’accueil. Les gardiens de l’entrée étaient toujours là à attendre d’éventuels retardataires. Ils nous ont salués courtoisement à notre passage en louchant ostensiblement sur Loreleï qui, nue, nous suivait de son étrange démarche élastique, sur la pointe des pieds, comme si elle marchait en permanence sur des œufs ou sur un sol qui risquait à tout moment de s’effondrer sous ses pas. Nous avons contourné le double escalier, maintenant désert, et emprunté un passage a l’opposé de celui qui nous avait accueillis vers le vestibule, un couloir qui nous mène enfin à l’Echoppe des Accessoires.
L’échoppe est une grande cave chichement éclairée de flambeaux orangés, encombrée de table de chêne noirci et de vitrine de verre biseauté où toutes sortes d’ustensiles sont exposés et savamment illuminés, qui lui donne l’air mystérieux d’une officine d’alchimiste. Dans la pénombre, je distingue une série de cravaches et de fouets de cuir multi-chromes tressés et cirés, bien plus beaux que les badines que j’utilise au haras et manifestement manufacturés pour imposer le respect. Au mur de pierre, à côté d’une massive croix de Saint-André, semblable à celles de la cave du Maître des Ombres, une série de vitrines et de mannequins, agencées par thèmes, exposent artistiquement, des cagoules de cuir, des mords, des guêpières et toutes sortes de sensuels dispositifs dont, pour beaucoup, que je n’arrive pas à identifier ou à deviner la fonction.
Les deux magasiniers qui tiennent l’échoppe s’avancent vers nous en souriant. C’est un couple, lui est corpulent, une bedaine et un visage poupon lui donne un air jovial et rassurant. Sa tenue rappelle le vestimentaire moyenâgeux du Maître des Ombres. Pantalon de cuir épais et chemise de lin écru ample qui s’ouvre sur un torse velue à souhait. Elle, aussi joviale et aimable que lui, un visage poupin ceint de cheveux noirs coiffés en un parfait carré, expose avec fierté la corpulence d’une « jolie plante » sertie d’un pantalon de cuir noir rehaussé d’un corset, de cuir noir également, d’où jaillit une poitrine généreuse parfaitement bordée par un laçage savant du corset.
L’homme s’approche et s’adresse à Marc avec une courbette de bienvenu.
— Bonsoir je m’appelle Bart et voici Elsa… Vous désirez quelque chose de spécial Maître ?
Marc parcours l’échoppe du regard et lance en désignant Loreleï d’une main négligente
— Je désire cacheter Mademoiselle, on m’a dit que vous faisiez çà !
Le visage de l’homme s’éclaire,
— Oui bien sur ! C’est même notre spécialité ! Vous avez votre propre cachet ?
— Oui, oui… J’ai ça sur moi !
Et de fouiller dans sa poche intérieure, il en sort une bague de bronze qu’il tend au boutiquier.
— Il vous faut choisir le témoin !
Et il désigne le comptoir derrière lequel vient de prendre place la femme aux cheveux de jais.
Nous nous approchons du comptoir vitré où reposent parfaitement alignés des séries de ce que je pense être des olisbos aux formes phallique de toutes tailles et de toutes matières et couleurs. Mais ceux qui m’intriguent le plus sont regroupés sur la droite, posés sur un lit de velours noir, les plus petits ont une forme étrange, oblongue au bout pointu qui s’enfle rapidement pour enfin se resserrer sur un col fin et se terminer sur un pied comme celui d’un verre tulipe. La plupart ont leurs pieds terminés par un cabochon de verre ou de cristal de différentes couleurs, d’autres sont neutres et libres d’ornements.
En silence Marc observe la vitrine puis fini par montrer du doigt un de ces objets en métal mat et aux pieds chromés. Il est de taille moyenne et tient dans une main ouverte.
La femme s’assure en désignant Loreleï.
— C’est pour Mademoiselle ?
Marc opine du chef.
— Elle est préparée ?
Marc sourit largement.
— Oui, nous en sortons !
Elsa pouffe à la boutade et sourit largement à son tour.
— Alors çà lui ira parfaitement !
L’homme dépose la bague sur le comptoir, pendant que la femme s’empare de l’objet désigné laissant une place vide supplémentaire sur le lit de velours où il reposait. Elle le dépose à côté de la bague et s’empare d’une petite lampe en verre à mèche de coton qu’elle allume avec un Zippo de métal incrusté de pierres noires. Un parfum d’alcool à bruler emplit l’air. Intriguées nous nous approchons pour assister à l’opération.
Elsa sort de sous le comptoir un bâton de cire à cacheter qu’elle se met aussitôt à fondre dans une cuillère de métal doré au dessus de la flamme. Une fois la cuillère emplie presque à ras-bord de cire rouge, elle s’empare posément de l’olisbos qu’elle retourne et verse sur son pied la cire brulante. Avant que celle-ci ne se fige elle y applique la bague de bronze. Une fois relevé elle découvre un sceau de cire, un chardon couronné ceint d’une fine tresse, le blason que s’est choisi Mon Maître.
Elsa examine son travail et semble satisfaite. Elle relève les yeux vers Marc  et questionne.
— Désirez-vous un onguent pour aider à le placer ? Nous en avons de trois sortes ; Un Neutre, un Angélique et un Infernal !
Marc fronce les sourcils.
— Un Infernal ?
— Oui, Monsieur ! Au contraire de l’Angélique qui apaise qui fait oublier le servant,  il prodigue une forte chaleur qui dure plusieurs heures et procure des sensations fortement aphrodisiaques — Elle plisse les yeux et continue —  Je vous le garantie je l’ai moi-même essayé !
Marc se tourne vers Loreleï qui fait semblant de s’intéresser à la conversation mais dont elle ne saisit aucun traitre mot. Se sentant jaugée elle adresse à Marc un sourire enjôleur tout en replaçant ses mains dans son dos comme le veut l’étiquette de soumise.
Marc doit prendre cela comme un assentiment de sa part, car il lance à Elsa.
— Oui, je crois que cela lui sera profitable,… Va pour l’Infernal !
Elsa désigne alors un cheval d’arçons en cuir et chêne dans le coin de la boutique.
— Vous voulez lui placer ou désirez vous que l’on s’en charge ?
Malicieusement Marc accepte ce que visiblement Elsa espère de tout son cœur.
— Je vous en prie, faites nous part  de votre expérience !
Elsa s’empare du curieux olisbos maintenant cacheté et d’un petit pot de verre rouge. Bart qui a suivi la conversation en silence se saisit, des poignets de Loreleï et l’entraine vers le chevalet. Marc se place derrière moi et, me prenant par les épaules, me pousse doucement devant lui, me forçant à les suivre pour assister à la scène.
Passivement Loreleï suit l’homme et se laisse basculer à plat ventre sur le cheval d’arçon de cuir patiné par l’usage, non sans nous lancer un dernier regard apeuré. D’une main assurée l’homme lui regroupe les poignets dans le dos et les maintient fermement, lui empêchant ainsi tout mouvement de dérobade. Il pose sa main gauche, largement écartée sur le bas du dos de la nymphe et, du pied il repousse celui de la jeune femme vers l’extérieure en pesant sur sa cheville. Loreleï devine ce qu’on attend d’elle et écarte d’elle-même les jambes en se cambrant nous offrant ainsi le spectacle édifiant de sa croupe offerte.
Sans lâcher sa prise sur l’olisbos, Elsa ouvre le pot de verre et plonge son majeur et son index regroupés dans l’onguent mielleux qu’il contient. Elle s’enduit copieusement les doigts et les ressortant vivement les dépose sur la rosette offerte et déjà distendue. Loreleï a un petit cri de surprise et je l’entends marmonner ce que je prends pour une molle protestation dans sa langue de se voir encore une fois sollicitée de la plus intime des façons. Au contact des doigts d’Elsa ses jambes se tendent et ses fesses se crispent joliment.

Sceau Loo 4Les doigts massent longuement la rosette, et jugeant l’assouplissement suffisant, si introduisent d’un coup à mi-garde augmentant la protestation étouffée de la jeune fille. Une fois installés les doigts épais continuent leur massage et s’écartent l’un de l’autre comme les jambes d’un compas dilatant le passage et beurrant le conduit de l’onguent sirupeux. Une fois satisfaite, et estimant que la préparation de l’anus est suffisante Elsa s’empare de l’olisbos, l’enduit à son tour d’onguent et lui présente la partie la plus étroite qu’elle se met en devoir d’y enfoncer doucement avec un lent mouvement de rotation. Les protestations de Loreleï se font plus audibles au fur et à mesure de la progression de l’engin. Jusqu'à se transformer en une plainte aigu et indignée lorsque la pénétration atteint la partie la plus renflée de l’olisbos, la rosette est alors dilatée au plus fort et forme avec l’engin un O parfait qui l’épouse exactement, couronnant ainsi le métal mat d’une couronne de chair distendue. Elsa ralentie son geste de torsion se délectant visiblement des plaintes de la nymphe ainsi outragée et nous laissant le temps de contempler l’infamie de sa profanation.
Satisfaite, la tortionnaire met fin au calvaire de la jeune femme en poussant délicatement, de deux doigts, le pied du témoin qui s’enfonce d’un coup, gobé, comme le ferait une bouche d’une cerise. L’anus se resserre autour du col étroit et le pied, surmonté du sceau de mon Maître, vient se loger exactement entre les deux globes fessiers qui se détendent visiblement soulagés de la douleur qui les raidissait.
Consciencieusement, Elsa essuie d’un petit chiffon de soie, le trop plein d’onguent qui dégoutait entre les fesses de Loreleï et s’écarte invitant Marc à contempler son œuvre.
— Cela vous va Monsieur ?
Il ne peut s’empêcher de me prendre à témoin. Après tout Loreleï sera peut-être bientôt ma soumise !
— Qu’en penses-tu Isabelle ? Cela lui va bien non ?
— Je… oui Monsieur, très bien !
— Tu veux le même ?
Un froid me saisis. Toute à l’observation de la pose de l’engin, je n’ai pas envisagé ce qu’il vient de me proposer. J’aurais pourtant dû m’y préparer. Je me refugie dans la seule réponse qu’une soumise peut faire à son Maître en présence d’étranger.
— Je… Si cela est votre bon plaisir, Maître !
Cela m’est venu comme le credo appris par cœur maints fois répété depuis le début de mon noviciat. « Je suis à votre disposition… Suivant vos désirs pour votre plaisir ! »
Il semble satisfait de ma réponse, et se tourne vers Loreleï que l’on vient de relever.
Son visage est rouge de honte et d’embarras, jusqu'à la pointe des oreilles. Est-ce l’effet de l’onguent Infernal ou bien vient-elle de se rendre compte que l’intromission du témoin de sa servitude n’était pas qu’une simple passade et qu’elle devrait le garder jusqu'à ce que le bon vouloir de Marc en décide autrement ? Toujours est il que les tétons de ses seins sont furieusement dressés et que le O extatique que forme ses lèvres révèlent la vague de plaisir involontaire qui parcours son corps.

Marc formules les remerciements d’usage aux artisans du plaisir de Loreleï et se dirige vers la porte. La jeune fille empalée le suit comme pour fuir les lieux, mais sa démarche a perdu de sa superbe nonchalance. Elle marche avec lourdeur et précaution, les jambes légèrement arquées, come si elle marchait chaussée avec des raquettes de trappeur.
Interloquée, je rattrape Marc dans le couloir et ose lui lancer d’une voix que je veux la plus humble possible.
— Mais… Et moi ? Maître !
— Je viens d’en décider autrement. J’exige que tu restes totalement disponible à tous les plaisirs et à tous ceux qui le désirent !
Et de se tourner en me lançant un clin d’œil.
— Mais tu n’es pas obligée de le fanfaronner !

Chap. 75. Le Bain d’Aphrodite.

 

14 mars 2021

Chap. 73. Le labyrinthe des plaisirs défendus.

C’est, un joyeux couple qui déboule dans l’accueil de  la Chambre des Images et s’arrête d’un coup comme statufié, coupé dans son élan, à la vue du spectacle qui s’offre à lui. L’hôtesse, qui aurait du les accueillir avec déférence, est agenouillée sur son fauteuil, largement troussée, visiblement disposée à recevoir une punition  par la badine que me tend Marc par le manche et qui  reste en suspension entre nous deux.

L’homme qui vient d’entrer marque un temps d’arrêt, puis son visage s’éclaire et lance un « Marc !» enjouée. Il se précipite sur lui et lui assène une accolade vigoureuse a laquelle Mon Maître répond de façon tout aussi joviale.
— Cela fait un bail ! Je savais que tu étais là, il me tardait de te revoir dans ce labyrinthe.
Apres quelques tapes sur le dos, il se dégage de l’étreinte et me jette un regard gourmand.
— Et voilà donc la belle Isabelle, dont tout le monde parle !?
Et, d’autorité, il  s’empare de ma main pour y déposer un léger baiser en se penchant vers moi. Sa barbe impeccablement taillée effleure mes doigts et son souffle chaud coule sur le dos de ma main. Sa révérence, quelque peu inattendue en ces lieux et l’adresse d’une soumise, me désarçonne mais il ne me laisse pas le temps de rougir, son regard glisse vers Loreleï nue qui se contorsionne en cachant maladroitement son bas ventre devant lui et sa bouche esquisse un « How ! » étouffé.
Volubile, il continue.
— Et çà c’est Loreleï ! La vierge que tu vas mettre à l’enchère si tu gagnes ton procès !
Je fronce les sourcils.
Et bien ! Les nouvelles vont vite ! Et je comprends toute la subtilité de Mon Maitre en proposant une autre distraction à l’assemblée. Même si ce n’est qu’une vague allusion,  la nouvelle d’une possible attraction avec la mise à l’enchère de Loreleï s’est répandue et enflammée comme une trainée de poudre se ralliant d’ors et déjà de nombreux soutiens, coupant ainsi l’herbe sous le pied de Kristale. Des soutiens non désintéressés, il est vrai, tant je mesure la convoitise que porte l’homme à la nymphe nordique.
Sans la quitter des yeux et sans laisser Marc réagir il continue.
— Tu sais, je ferais parti des jurés, et ma voix t’est déjà acquise. Et je me fais fort d’en gagner d’autre à ta cause… Apres tout c’est mon métier !
Et il a un clin d’œil de connivence à l’adresse de Marc.
Marc lui réponds par un signe de tête de reconnaissance et surenchérit
— Ce que tu ne sais pas, c’est que si Isabelle prouve son bon droit Kristale devra se soumettre à elle pour une période qui me reste à déterminer !
L’homme éclate de rire, et se tourne vers moi.
— Kristale ! Soumise d’Isabelle ?… Je ne voudrais vous faire rater çà pour rien au monde  Mademoiselle!
Ses yeux sombres s’illuminent.
— Vous avez beaucoup de chance Mademoiselle d’avoir un Maitre aussi inventif ! Je l’envie terriblement.
Il me lance un clin d’œil admiratif.
— Tu sais te faire accompagner Marc !...Mais moi aussi !
Il se tourne alors vers les deux femmes qui l’escortent.
— Je ne te présente pas Maureen !
Il désigne la femme Aux cheveux de bronze sombre aux reflets mordorés aussi souriante que lui. Elle est entièrement habillée de cuir pourpre aux parements de métal de la couleur de ses cheveux. Une chambrière de cuir noir pend à son cotés par sa dragonne  et lui donne une allure martiale que déments son visage plaisant et ses doux yeux verts amandes. Elle tient par sa sangle une longue chaine de métal brillant utilisée pour promener les animaux de compagnie et dont l’autre extrémité est accrochée par un mousqueton au collier de cuir du même acabit que porte la femme qui les suit dévotement.
Il fait un pas de côté la dévoilant un peu plus a mon regard.
— Et voici… Il marque un temps d’arrêt. …Disons qu’ici, elle s’appelle Harmony!
Comme Loreleï, Harmony est entièrement nue, ce qui révèle sa condition de soumise, seul un loup-papillon bordé de dentelle noire barre son visage presque entièrement  mais qui laisse émerger deux grand yeux d’un bleu lagon et des lèvres pulpeuses parfaitement soulignées d’un rouge intense. Elle est grande, elle me dépasse d’une tête, et son port est royale, les seins fiers aux aréoles roses sombres tendu vers nous avec arrogance. Au creux de son nombril est nichée une pierre de la couleur et l’éclats de ses yeux et  son ventre est orné d’une toison impeccablement taillée en un long « ticket de métro » aux reflets d’or pale qui guide le regard vers une vulve glabre aux lèvres sirupeuses qui ne cache rien de son excitation à être ainsi exhibée. Je remarque un fin pansement couleur chair qui tranche sur son bronzage intégral sur sa hanche et devine, aux petits traits noirs qui s’en échappe, qu’il dissimule un tatouage pouvant la rende reconnaissable. Mon attention se porte de nouveau sur le loup magnifiquement ouvragé qui ne laisse rien deviner de ses traits.
J’avais déjà remarqué quelques convives qui portaient de tels masques ! Je pensai que cela faisait parti du jeu, pour certains d’augmenter le mystère qui planait sur la soirée, pour d’autres de  mitiger une timidité légitime à se montrer ainsi offert. Mais je me rends compte alors, que pour Harmony, avec ce tatouage volontairement occulté, qu’il s’agit bien de dissimuler son identité, J’en déduis immédiatement qu’il s’agit d’une personne publique ou pour le moins reconnaissable par tout à chacun. Ma curiosité naturelle me fait rechercher dans mes souvenirs où j’aurais pu apercevoir ces jambes fusiformes au galbe majestueux. Une interrogation que je refrène sur le champ me rappelant soudain du protocole de l’assemblée. Et surtout l’autre partie de mon procès, celui concernant mes propres écrits et des limites qui me seront accordées.
Mon regard se porte sur le collier d'Harmony.
Un simple collier de chien acheté dans une animalerie.
 L’homme remarque mon insistance et croit bon de devancer mes pensées.
— Oui, je sais ! Son collier n’est pas très esthétique ! C’est une première expérience pour Harmony et nous n’avons pas eu le temps de lui choisir un collier digne d’elle.
Il se tourne vers Mon Maître.
— Je compte sur toi Marc pour lui réaliser un collier aussi beau que celui d’Isabelle !
Et il pointe un doigt vers mon collier de cuir ciselé à double laçage et à l’imposant anneau de fer brut ! Sans attendre de réponse il s’intéresse soudain à Virginie qui attend sagement les reins dénudés.
— Mais, je vous ai interrompu, peut-être ?
Et il pose une main sur la croupe offerte de l’hôtesse qui répond à sa caresse en se cambrant un peu plus.
Marc va pour répondre quand une septième personne fait irruption dans la salle d’accueil qui devient maintenant vraiment trop exigüe.
C’est une hôtesse, presque la copie conforme de Virginie, petite, blonde, une coupe de cheveux stricte, simplement vêtue d’une mini-jupe de satin noir et juchée sur des chaussures à talons hauts de même couleur.
Avec déférence  elle examine rapidement notre groupe et lorsqu’elle reconnait Marc elle s’approche de lui pour, en se hissant sur la pointe des pieds lui murmurer à l’oreille. Marc écoute attentivement et hoche la tête. Le message délivré, l’hôtesse s’éclipse aussi rapidement qu’elle était apparue.
Marc a une petite moue gênée.
— Je suis désolé les amis, il faut que je prenne congés, on me demande !
Et sans en dire plus  désigne la croupe de Virginie s’adressant directement à elle.
— Vous échappez à votre punition, Mademoiselle Virginie !... Temporairement !... Vous viendrez la réclamer dés que vos fonctions vous le permettrons. En attendant veuillez faire découvrir la Chambre des Images à nos amis !
Virginie se redresse le visage empourpré. Je ne sais si c’est de confusion ou de déception. Sa jupe courte retombe sur ses cuisses nous cachant les merveilles promise aux tourments. Elle la lisse nerveusement pour en parfaire le tombé et redevenir l’hôtesse impeccablement mise.
De nouveau Marc me prend la main et, pressée, m’entraine tout en lançant au groupe
— Je vous laisse avec Virginie ! On se revoit à la piscine !
Il fait signe à Loreleï de nous suivre et s’engage dans le couloir qui nous a vu arrivé à la Chambre des Images.
Sans que je lui demande il explique.
— Je suis attendu pour le marquage de Stéphanie… C’est strictement privé… vous ne pouvez pas m’accompagner. Je vous rejoindrais aussi à la piscine dés que cela sera terminé. Vous m’attendrez là ! Mais avant toute chose par sécurité, il faut que je cachète Loreleï !... On va à l’Echoppe des Accessoires !
Qu’il « cachète » Loreleï ?
L’expression me laisse dans l’expectative. N’est-elle pas déjà scellée par cet anneau d’or  protégeant sa virginité ?

 Chap. 74. Le sceau de l’infamie.

9 décembre 2020

Chap. 72. Les ravissements de Virginie.

Je réfléchis à la dernière réflexion de Marc. L’état d’excitation persistant de Loreleï et sa recherche permanente du plaisir  m’interloque et me ravie à la fois. Je l’envie presque. Elle me fait penser à Stéphanie, sans l’insouciance, et me fait l’effet d’une enfant qui choisirait un bonbon avec le plus grand des sérieux, sachant pourtant qu’elle pourrait y gouter tous. Pour l’instant je m’attends à tout moment à l’entendre ronronner sous les caresses indolentes de Mon Maître. Et me demande malicieusement si elle tiendra ainsi durant la semaine qui s’annonce riche en bonbons à picorer !
Nous contemplons ensemble la ravissante nymphe qui frétille langoureusement  Ses jambes se croisent, se décroisent, et son ventre se creuse au rythme de l’excitation qu’elle entretient, les yeux fermés.
— Je crois que ta protégée a besoin qu’on s’occupe d’elle !
Intervient Marc.
Sans le regarder de lui réponds
— Oui, Monsieur… Je crois aussi !
Et sans attendre je prends l’initiative de me dégager et de me pencher sur le visage de Loreleï. Je cherche sa bouche déjà entrouverte et sans même ouvrir les yeux elle répond à mon baiser. Ses mains se saisissent de ma nuque et me plaquent contre son visage, comme si elle craignait que j’interrompe notre échange, sa langue fraiche cherche le passage entre mes lèvres. Embrasser Loreleï est la plus étonnante des expériences, ses baisers lui ressemblent. Malgré les injonctions répétés dû à sa condition de toujours garder ses lèvres entrouvertes, disponibles à toutes les sollicitations, elle les a souvent closes, pincées et lorsqu’elle ne souris pas elles sont même austères malgré des lèvres innocemment sensuelles. Mais dés que la porte est franchie, toutes ses barrières tombent et c’est une déferlante de passion qui enveloppe de caresses l’heureuse invitée. J’ai déjà eu l’occasion de contempler la célérité et l’ardeur de sa langue sur la verge de Mon Maître et plus récemment sur celle du géant noir mais maintenant c’est moi qui accueille ses caresses empressées.
Nos langues entament une sarabande effrénée, baignées de salives sirupeuses à me faire tourner la tête. Je réponds comme je peux mais c’est elle qui mène la danse. Je me laisse guider et bientôt notre échange devient le centre du monde. Je pose  délicatement une main sur son ventre chaud, un petit cri étouffé par mes baisers répond à l’effleurement, puis un second, plus puissant. Tout son corps répond maintenant à la caresse. Enhardie, je glisse sur sa peau tendue jusqu’à son entrejambe où je sais trouver d’autres leviers qui décuplerons son plaisir. Étonnée, j’y rencontre la langue vibrante d’un visiteur qui occupe déjà la place. Je souris intérieurement. Profitant de notre échange et pour ne pas être en reste, Marc s’est mis en devoir de lutiner la belle de la plus agréable des façons et Loreleï ne s’est pas faite prier pour écarter les cuisses et lui offrir sa tendre fleur à butiner tandis qu’elle me tenait fermement la nuque pour parfaire notre baiser. Ses cris, qui maintenant se transforment en gémissements, et résonnent dans ma bouche sont plus dus à l’œuvre de mon maitre qu’à ma caresse !
Je décide de me joindre à l’entreprise et glisse mes doigts à ses cotés pour les plonger dans la fournaise suintante. Mon majeur se fraye un chemin entre les lèvres closes et bute contre l’anneau d’or qui défend sa virginité. Laissant l’agacement du clitoris de la jeune fille à Mon Maitre. Je décide de passer outre pour, pour le moins, frôler, du doigt le précieux présent que bientôt tous vont convoiter. Je passe au dessus de l’anneau d’or et me glisse entre lui et le périnée déclenchant un spasme de tout le corps de Loreleï. Elle se raidit puis se détend, elle a compris ce que je veux faire et le redoute tout en l’acceptant. Précautionneusement je m’enfonce dans l’étroit passage. Il ne me faut pas aller profond pour deviner sous la pulpe de mon doigt le voile de sa virginité fendu par le milieu. L’ouverture est étroite et je pourrais aller un peu plus loin sans risquer de briser l’anneau, mais je m’en abstiens. J’interromps notre baiser. Loreleï ouvre les yeux et me fixe en souriant de ces sourires qui font passer les messages sans avoir à parler. Elle sait que maintenant je sais. Je retire mon doigt du fourreau inviolé et m’allonge à côté d’elle en lui prenant la main. Je souris aux anges. Ainsi Loreleï est vraiment vierge ! Malicieusement Marc n’avait pas répondu à mes doutes lorsque je lui en avait fait part, m’étonnant de la célérité avec laquelle elle recherchait, répondait et se soumettait aux plaisirs les plus outrageants.
Mon maître me tire de ma rêverie.
— Et si nous allions nous détendre à la piscine ?
C’est bien sur plus une injonction qu’une proposition. Il s’est déjà relevé laissant Loreleï pantois et commence à se rhabiller.  Je reste un moment les yeux fixés sur lui et admire l’aisance féline avec laquelle il s’étire et se réajuste en gestes précis et méthodiques, tout en me demandant pourquoi s’habiller pour aller dans quelques instants se baigner ? Je suis sur le point de lui faire la remarque, mais me ravise immédiatement, il est d’ailleurs déjà prés de la porte et sort de la « Chambre des Images » sans nous attendre. Ne voulant pas de nouveau perdre de vue Mon Maître  je me lève à mon tour et enfile rapidement ma nuisette. Sans un mot, je ramasse mes ballerines d’une main et de l’autre me saisis du poignet de Loreleï, l’obligeant, elle aussi, à se relever. Ce qu’elle fait en rechignant, peu disposée à quitter son état de rêverie extatique. Je la tire à moi et me précipite pour m’arrêter immédiatement sur le pas de la porte. Marc est figé à l’autre bout du couloir la main, paume tendue, vers nous , nous intimant l’ordre de ne plus bouger. Il se tourne vers nous et pose son doigt sur sa bouche en souriant, nous faisant comprendre de rester silencieuses. Après s’être assuré que nous avions compris il baisse la main et nous fait signe du doigt de nous approcher en silence. Je gagne sa hauteur à petits pas suivie de Loreleï, curieuse de savoir ce qui motive tant de précautions, je jette un œil par-dessus l’épaule de Marc.
Le guichet d’accueil par lequel nous sommes arrivés est maintenant plongé dans une demi-obscurité seulement éclairé par trois grands écrans sur lesquels s’ébattent des couples en actions. Notre hôtesse Virginie est absorbée dans la contemplation de ses écrans de contrôle. Et bien que je la vois de dos je comprend qu’il s’agit d’une contemplation active car  basculée  en arrière dans son fauteuil une jambe écartée, posée sur l’accoudoir, la courte jupe troussée jusqu’aux hanches et une main entre les cuisses, elle est en train de se prodiguer le plus doux des plaisirs d’Onan. Le basculement de sa tête et les gémissements étouffés de jouissance qu’elle émet par intermittence, témoignent du bon avancement de son entreprise.
Mais Marc en décide autrement et lance d’une voix forte.
— Avez-vous été comblée par nos ébats Mademoiselle Virginie ?
Virginie sursaute violement, se relève précipitamment en remettant en place son bibi qui avait glissé et se tourne vers nous tout en rabaissant et lissant la jupe de son tailleur. Elle balbutie.
— Oh Monsieur, vous m’avez fait peur ! Je… Je…
— Je vous ai posé une question Mademoiselle.
Elle rougit et en baissant les yeux.
— Je… Oui Monsieur, je… Je vous remercie !
Derrière elles sur les écrans les silhouettes nues continuent leurs jeux de l’amour, ne se doutant pas qu’ils étaient le motif des ravissements de Virginie.
— Je comprends maintenant pourquoi vous avez choisi ce stand ! Vous êtes une petite voyeuse.
Virginie relève la tête et me jette un rapide coup d’œil en s’empourprant un peu plus.
— Oui, Monsieur !
— C’est un plaisir que je peux comprendre… Surtout ici… .Mais peut-être auriez-vous dû nous prévenir et nous demander notre assentiment. Non ?
— Ho ! Je suis désolée Monsieur… J’ai pensé que…
Je sais que Marc ne peut pas ignorer que le voyeurisme atteint sa plénitude de satisfaction que lorsque le sujet de sa convoitise ignore son regard. Je comprends qu’il ne fait que chercher la faute pour justifier une punition… Et je ne me trompe pas.
Il l’interrompt d’un ton sec.
— Vous n’avez pas à penser !... Vous avez une cravache fine ?
Virginie se mord les lèvres un instant comprenant où veut en venir Mon Maître.
— Je… Oui Monsieur, Dans la … Je vais vous la chercher. !
Elle fait un premier pas vers le couloir d’où nous venons puis se ravise en se tournant vers Marc et lance d’une voix fluette.
— Mais ! … Ici, Monsieur ? … Je veux dire…
Marc la coupe encore une fois et désigne le fauteuil dans lequel elle se donnait du plaisir.
— Oui, ici, Mademoiselle ! En lieu et place de votre faute !
Elle a une petite courbette résignée et se précipite dans la chambre aux miroirs que nous venons de quitter pour en ressortir quelques instants après avec une fine badine de cuir noir entre les mains.
Marc se saisit de la badine et en fouette l’air pour en éprouver la souplesse, le sifflement qu’elle émet alors le rassure sur sa qualité. Il tend de nouveau sa main vers le fauteuil de bureau.
— Mettez vous à genoux sur le fauteuil !
Virginie obéit sans hésiter et s’installe sur le fauteuil se cramponnant au dossier.
— Relevez votre jupe s’il vous plait !
Pour garder son équilibre elle appuie son torse sur le haut du dossier et s’exécute en relevant le fin bout de tissus sur des fesses nues, sans culotte.
— Plus haut !
La charmante hôtesse retrousse sa jupe jusqu'à la taille dévoilant à nos yeux le plus ravissant des postérieurs aux globes parfaitement jumeaux jaillissant d’une taille fine à la cambrure parfaite, rehaussé de deux ravissantes fossettes. Virginie se cramponne de nouveau au dossier de son pilori improvisé, attendant les premiers chocs de sa punition.
Marc se tourne alors vers moi.
— Isabelle veux tu…
Il ne termine pas sa phrase, des rires retentissent derrière la porte principale qui s’ouvre alors vivement.

Chap. 73. Le labyrinthe des plaisirs défendus

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