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Les Carnets d'Emilie

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Quadra H

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Quadra B

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9 avril 2008

Chap. 5. La plus belle.

Il fait bon dans l’atelier.
Une douce lumière matinale y pénètre par les baies du nord. Les deux grandes baies du sud sont occultées par d’épais rideaux. Une odeur de café frais couvre à peine les senteurs de térébenthine. Depuis plus de deux heures Marc est au travail !
Je suis nue, couchée sur une large sellette dans une pose des plus indécentes. Ma peau est brûlante sous le projecteur à la lumière crue. Matière malléable à sa merci réagissant aux moindres de ses sollicitations, de ses désirs. Comme une marionnette docile il me manipule selon son bon vouloir !
Un bras qui se tend, des reins qui se cambrent, des cuisses qui s’écartent ou se referment, voluptueuse ou pudique selon l’instant. Muse lascive et soumise. En cet instant nul besoin de collier. D’ailleurs il a exigé que je sois totalement nue, sans aucun bijou, sans aucun artifice pas même un trait de Rimmel.
Nue comme au jour de ma naissance. De temps à autre le crépitement de l’appareil photographique s’interrompt. L’artiste plonge alors dans une réflexion intense que rien ne peut troubler, pas même la musique énigmatique de Dark Sanctuary qui nous sert de toile de fond sonore. Patiente, docile, j’attends alors qu’il revienne à moi, frémissante, attentive aux prochaines sollicitations qui ne vont pas tarder. Quelque fois il me sourit et s’enquière de mon bien être, me demande si cela va bien. Une inquiétude inconcevable à mes oreilles, Lui, Mon Maître, redevient alors l’Artiste prévenant, avec même, suprême étonnement, des mots d’encouragement pour les poses les plus difficiles. Celles qui tendent les muscles à l’extrême et désarticulent les jointures. Et qui souvent finissent dans des éclats de rires incoercibles tant la douleur est insupportable. Mais pour lui je suis prête à tout subir.
Souvent sa main s’égare, effleure ma peau, s’attarde sur un sein pour en tendre le mamelon, vient flatter une cuisse, explorer mon ventre et mon nombril, les globes de mes fesses, fouiller mes cheveux odorants et caresser ma nuque.
Je suis bien ! Offerte et désirable, je suis bien !
Comme l’argile malléable entre les mains brûlantes du suprême sculpteur je n’ai qu’à me laisser porter, à me plier, à me soumettre à sa puissante volonté.
Je sais qu’une alchimie mystérieuse est en train d’opérer. Il va faire de la petite étudiante au teint pâle, presque falote, de cette fille que l’on croise dans la rue sans se retourner, sans même s’apercevoir qu’elle existe. Il va faire d’elle une Reine, un être de feu et de flammes. Une œuvre qui allumera dans les yeux des hommes les lumières des pensées impures, et enflammera leurs cœurs. Une œuvre offerte au monde que personne ne pourra s’empêcher d’admirer.
Il va faire de moi… La plus Belle.

Belle2

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2 avril 2008

Chap.4. Retour à l'atelier.

Il fait beau et sous le soleil je traverse la place du village à larges enjambées. Au fur et à mesure que je m'approche de la bâtisse mon pas ralenti et mon cœur s'accélère. Je m'arrête presque devant les hautes fenêtres. Je jette un œil vers l'atelier mais je n'arrive pas à distinguer l'intérieur, les rideaux sont tirés. Je prends une profonde inspiration et me dirige vers l'escalier de pierre que je grimpe quatre à quatre.
Lorsque j'entre c'est le carillon qui m'accueille. Un tintement métallique qui résonne dans la salle d'exposition. Je referme délicatement la porte derrière moi. De l'atelier me parvient de la musique assourdie par le rideau qui sépare les deux salles. Je prends le temps de regarder les œuvres au mur A droite deux immenses dessins que je ne connaissais pas, un bleu et un marron. Des pieds fermement tenus et soulevés de terre et une jeune femme qui semble prisonnière de son cadre de verre et qui en essuie la buée pour mieux me regarder….
Je m'avance et écarte le rideau. Aussitôt le parfum de térébenthine me parvient plus fortement et je me laisse griser par ces retrouvailles avec l'atmosphère particulière qui émane des lieux. J'entre timidement en laissant retomber le rideau derrière moi. Je m'avance d'un pas, Il est là, nonchalamment assis sur le canapé de cuir noir qui a connu mes premières humiliations, une tasse de café fumante posée sur l'accoudoir. Il dessine fébrilement dans un carnet à dessin relié de cuir. Il ne porte aucune attention à moi, pourtant je sais qu’il m’a entendu entrer. Je reste un moment sans savoir trop quoi faire. N'y tenant plus je me dirige vers le petit vestiaire pour me déshabiller et me présenter nue devant lui.
-
Non !
Sa voix est juste assez forte pour couvrir la musique envoûtante de Dark Sanctuary qui empli l'espace. Je reviens sur mes pas et présente devant lui. Je n'ose pas parler. J'écarte les jambes, baisse la tête et met les mains dans le dos dans une position d'attente qui paradoxalement me calme et me rassure. Un long moment se passe. Je le regarde dessiner. Des bijoux à venir, des bagues, des colliers, des arabesques et des signes de construction que seul lui peut comprendre. Sans lever la tête il me lance.
-
Baissez votre pantalon !
Sans hésitation mais un peu déstabilisée par l’emploi du vouvoiement, je détache la sangle qui me sert de ceinture, j'ouvre largement la braguette du jean et délicatement je le fais glisser à mi-cuisse libérant le tee-shirt qui couvre ma poitrine et retombe au raz du haut de mes fesses et de mon ventre parfaitement épilé. Je reprends immédiatement la pose du mieux que je peux, entravé que je suis par le pantalon baissé. L'air frais qui passe par la fenêtre ouverte de l'atelier se glisse entre mes jambes. Une caresse rafraîchissante qui adoucit la chaleur intense qui vient de se déclencher dans mon ventre.
-
Vous avez bien dormi Mademoiselle ?
Il fait allusion à l'ordre étrange qu'il m'a donné hier. Il veut savoir l'effet produit.
-
Pas trop bien Monsieur. Je… Je vous attendais !
J'hésite à lui faire part du cauchemar qui m'a terrorisé l'espace d'un instant.
-
Et j'ai fait un cauchemar !
Il s'arrête de dessiner, lève enfin ses yeux clairs vers moi. Il ne semble pas faire attention à ma demi-nudité et au spectacle de mon ventre offert à son regard. Mais je rougis violemment. Ce qui le fait sourire. Ma propension à rougir pour la moindre émotion le met toujours en joie.
-
Vous m'intéressez... racontez-moi !
-
Des... Des hommes étaient entrés par la porte que vous m'aviez demandé de laisser ouverte… Ils étaient autour de moi, ils m'observaient. Ils… Ils me voulaient… Ils…
-
Des hommes ?
Il appuie sur le "Des".
-
Oui, Monsieur... Plusieurs...
-
C'est un de vos fantasmes d'être à la merci de plusieurs hommes ?
Je ne m'attendais pas à cette question. Elle me déconcerte. Je ne peux cacher mon trouble et mon hésitation à répondre à une si perfide question. Et pourtant il a peut être raison… Je repense à l'étrange excitation qui m'animait à mon réveil… Et le fait que je ne me souvienne pas de la suite de mon rêve !
Etait-il si licencieux que mon esprit l'a oblitéré, refoulé ?
-
Je… Je ne crois pas Monsieur !
-
Vous ne croyez pas ou vous ne savez pas ?
-
Je… ne sais pas !
Il
réfléchit pendant un instant portant la main à son menton. Puis il reprend en murmurant, comme pour lui-même.
-
Il va falloir que je t'aide à résoudre ça !
I
l relève la tête et me fixe avec un large sourire. Ce sourire qui augure les plus lumineuses des idées comme les plus sombres desseins me concernant. Je prends peur. Je sais à quel point Marc est capable d'exploiter la moindre de mes angoisses pour agrémenter ses jeux. Le silence qui suit est pesant. C'est le carillon de la porte qui va briser ce silence.
Quelqu'un est en train d'entrer !
Un froid glacial me court le long du dos, dans un mouvement de panique je fais mine de remonter mon pantalon pour couvrir mes fesses dénudées. D'un bond Marc s'est levé et d'un geste il me dissuade d'aller au bout de mon intention. Le pantalon retombe sur mes genoux. D'un pas rapide il se dirige vers le rideau et disparaît derrière. Je ferme les yeux, une angoisse serre ma gorge, et si les visiteurs entraient ici ? S’ils me voyaient au milieu de l'atelier le cul nu, jambe écartée, les mains dans le dos... Les mains dans le dos ? Je reprends rapidement la pose et tends l'oreille pour essayer de deviner ce qui se passe dans la salle d'exposition.
C'est un groupe qui vient d'entrer. Ce n'est pas très étonnant le village médiéval est beau et est parcouru en été par un flot incessant de touristes. Les paroles de bienvenues de mon Maître me parviennent étouffées, couvert par les nombreux pas des personnes qui déambulent dans la salle. Des exclamations, des questions, des étonnements. Un jeu relationnel auquel se prête Marc avec une audible délectation. J'imagine ses pensées qui vont vers moi. Vers la jeune fille presque nue dans une pose indécente qui l'attend juste derrière un voile de tissus. Une onde vibrante me parcourt et mon ventre se liquéfie. Joie et peur mêlées.
Sa voix un peu plus forte.
- Je vous laisse admirer, je reviens dans un instant…
J'entends le rideau s'entrouvrir rapidement et ses pas se rapprocher de moi. Son souffle dans mon cou, un baisé chaud sur ma nuque une main qui effleure mes hanches.
-
Caressez-vous Mademoiselle !
Il n'attend pas de réponse. Il sait qu'il va être obéit. Il repart immédiatement rejoindre les touristes de passage.
Ma main droite quitte mon dos et doucement vient se poser au bas de mon nombril. Sur ma peau brûlante, elle glisse vers la rose entrouverte et en rencontre le tendre bourgeon A son contact une onde électrique parcourt mon ventre. Mon ventre s’amollit, mes cuisses s’écartent, mon doigt s’introduit délicatement dans la fente onctueuse.
Dans la salle, derrière mon dos, les discussions reprennent. Un moment d’angoisse lorsque j’entends à travers un brouillard cotonneux les visiteurs demander s’ils peuvent voir l’atelier. Je suspends ma caresse et tend l’oreille, mon cœur s’accélère. C’est avec soulagement que j’entends Marc décliner l’impossibilité de visiter l’atelier. Tranquillisée, je reprends mon intime masturbation. Mes doigts sont maintenant couverts de liqueur de Cyprine. Les frottements en sont plus suaves, plus voluptueux je sursaute de temps à autres sous l’effet d’un arc électrique qui traverse mon ventre, je me pince alors les lèvres pour ne pas gémir.
Enfin les visiteurs quittent la salle d’exposition. La porte se referme dans le cliquetis cuivré du carillon. J’entends distinctement le bruit de la serrure que l’on clenche pour interdite une nouvelle visite impromptue. Des pas derrière moi. Mon Maître vient se poster dans mon dos. Seule sa voix me parvient calme et posée.
-
Penchez-vous en avant, Mademoiselle !
Sans même hésiter tout en continuant à me caresser, j’essaye d’écarter encore un peu plus les jambes, gênée par mon pantalon. Je baisse la tète et me penche en cambrant les reins. Ses doigts remonte mon tee-shirt sur mes reins, frôlent mes hanches, s’attardent sur mes fesses tendues vers lui, se glissent entre mes jambes et viennent rejoindre mes doigts qui s’activent en moi. Le simple contact de nos mains qui se touchent en un endroit aussi intime déclenche en moi une joie ineffable. J’ouvre le bouche et exhale un soupir de contentement.
-
Vos mains sur la tête Mademoiselle.
A regret, je m’exécute quittant la douce moiteur et plaçant mes mains croisées et humides sur le sommet de ma tête. Me forçant ainsi à me cambrer un peu plus.
C’est maintenant la main de mon Maître qui prend le relais de mes caresses. Mais plus fortes, plus rude. C’est deux doigts qui s’enfoncent profondément en moi. Mes caresses ont préparé le passage. L’humidité de ma jouissance facilite son introduction. Il ne s’en prive pas, prodigue alors à ses doigts un rapide mouvement de va et vient, me secouant de la tête aux pieds. Sa main gauche vient ceinturer mon ventre et assurant ainsi sa prise, c’est un troisième doigt, puis un quatrième qui viennent porter main forte aux deux premiers et distendent sans vergogne les parois de mon sexe. Je pousse un cri de surprise et souffle bruyamment. J’ai l’impression que c’est la main entière qu’il veut entrer en moi par le délicat passage. Le mouvement de va et vient s’accélère et je ne peux maintenant retenir un long vagissement de plaisir sous les coups qui me pénètrent et me distendent. Les yeux écarquillés, je suis à la limite de hurler lorsque s’arrête soudainement l’odieuse inquisition. La main qui me maintient le ventre pour m’empêcher de basculer vers l’avant pendant le rude assaut remonte sur ma poitrine et me redresse. En deux pas Marc se place face à moi. Il m’observe un instant tenter de reprendre mon souffle encore éberluée par la violence de la caresse. Il monte sa main droite devant mon visage. Elle est luisante de liqueur de Cyprine. Qu’il me montre ainsi le résultat de ma jouissance me met mal à l’aise. Je détourne les yeux l’espace d’un court instant, les joues en feu.
Il pivote un instant son poignet pour observer sa main sous tous les angles et la tend vers ma bouche.
-
Léchez s’il vous plaît, Mademoiselle !
Je prends une profonde inspiration, tend mon visage vers sa dextre et prend un des doigts tendus dans ma bouche. Je retrouve le goût de mon intimité. Je le regarde pendant que je m’active mais je suis interrompu par un petit claquement de langue.
-
J’ai dit léchez, Mademoiselle…. Pas sucer !
Je relâche aussitôt la prise autour de sont index. Je me mouille les lèvres et presque amusée entreprend de lécher méthodiquement les doigts écartés de mon Maître. Il semble particulièrement apprécié cette caresse. Son visage s’éclaire.
-
C’est très bien. Je sens que je vais pouvoir faire de vous une brave petite chienne, Mademoiselle.
J’accuse le coup. Je n’aime pas lorsqu’il me nomme ainsi. Et il le sait.
-
Nous allons avoir une quinzaine chargée… Nous allons commencer par quelques séances de pose dés demain. J’ai besoin de toi pour des œuvres un peu spéciales…
Je l’écoute attentivement tout en léchant ses doigts. J’adore les séances de pose. Il en sort toujours de magnifiques œuvres qui me ravissent.
-
De plus Kristale va venir te rendre visite… Elle t’attend avec impatience.
Kristale ! Sentiments mêlés de crainte, de curiosité, d’intérêt aussi et à mon corps défendant un certain élan de tendresse. L’évocation de son nom fait jaillir des évocations à la fois douloureuse et sensuelles. Kristale... Une femme magistrale qui a de singuliers effets sur moi. La première qui m’aie caressé et la première que j’ai caressée, sous la contrainte il est vrai ! La pression de ma langue sur les doigts de mon Maître se fait plus langoureuse.

Je me suis couchée tôt ce soir. Mon Maître ne m’a pas donné l’autorisation de me caresser. Je me tourne et me retourne dans mon lit. Le sommeil ne vient pas. D’indécentes visions m’assaillent. Mon ventre se mouille lorsque je couche sur le carnet a spirale l’histoire de ces premières journées. Quelques pages noircies couvertes d’une écriture nerveuse, souvent raturées. Je fais jouer entre mes doigts le gros bloc de feuilles vierges qui vont recevoir mes prochains tourments. Je soupir, repose le carnet et le stylo sur la table de chevet, écarte largement les jambes le drap se moule sur mon ventre brûlant. Mes doigts viennent caresser le cuir du collier d’apparat qui ceinture mon cou et rencontrent l’or de ma croix de baptême. Leur proximité me fait sourire et me provoque une vague de honte vite refoulée. Presque par réflexe, comme si elles ne m’obéissaient pas mes mains viennent ses poser sur mes seins. En chœur mes pouces en titillent les pointes qui durcissent sous la caresse. Je me mords les lèvres. Non… Je ne dois pas… J’ai promis.

26 mars 2008

Chap.3. Songe d'une nuit d'été.

Il est tard maintenant, je suis fourbue, autant par le voyage que j'ai fait presque d'une traite tant l'impatience d'arriver près de mon Maître était grande, que par cette insolite entrée en matière avec Lui. J’ai pris un repas rapide, seule, sans enthousiasme, Un repas que j’ai trouvé dans les paquets que Marc a déposés sur la table à son arrivée. Heureusement, il pense à tout !
Je me glisse entre les draps parfumés. Ils sont frais et agréable et se collent contre ma peau encore humide de ma douche. Je me saisis du petit volume à la couverture de cuir rouge, "La Sorcière" de Michelet, parcours quelques lignes mais ne peux continuer. J'ai une sensation étrange de périls et de plaisir mêlés. Comme il m'en a donné l'ordre, je suis entierement nue sous les draps. Je pose le livre sur le chevet, éteins la lampe et me saisie du torchon de lin blanc que j'ai trouvé dans la cuisine. Comme il me l'a dit, je le noue consciencieusement autour de ma tête aveuglant mes yeux. Je pousse un soupir et repose ma tête sur l'oreiller. Mes mains se posent sur les draps et mon esprit se met à vagabonder.
Les draps de coton épais appuie sur mon entre jambes, les images de la séance dans la cuisine dansent devant mes yeux. Je frissonne, qu'a-t-il donc manigancé ? Je me sens vulnérable et offerte, il est indéniable que quelqu'un va venir ! Je commence à avoir peur. N'importe qui, n'importe quoi, peut ouvrir la porte et venir se faufiler dans ma chambre. Les pires angoisses commencent à m'envahir. Je me remémore cet épisode pénible à l'extrême qu'il m'a imposé à Lyon dans la chambre d'hôtel, avec cet inconnu. Je commence à craindre un nouveau viol consenti. Car, bien sur, il est inconcevable que je n'aille pas au bout de ses désirs. Cette pensée calme les battements de mon cœur. Accepter ma situation a un effet lénifiant. Je ne suis plus qu'attente et crainte à la fois, mais une crainte qui s'estompe peu à peu. Les images terribles de mes fantasmes reflux et peu à peu je m'enfonce dans une douce torpeur, je m'assoupis voluptueusement…
Je sursaute violemment. Mon cœur bat à tout rompre et un froid mortel court le long de mon échine jusque dans mes tempes où se hérissent le duvet de mes cheveux. Une terreur sans nom vient de me réveiller brutalement…
Il y a quelqu'un dans la chambre !
Ma respiration se bloque. Je veux faire le moins de bruit possible pour écouter la nuit. Mais le sang qui bat à mes oreilles en un vacarme assourdissant m'empêche de me concentrer. Pourtant je sais, qu'ils sont là ! Deux, trois, peut être quatre. Je sens leur présence près de mon lit. Je peux presque les voir à travers le bandeau. J'ai peur a hurler et je reste tétaniser comme la biche au aboie lorsque la meute la cerne de ses crocs.
Les ombres se rapprochent, leurs mains immondes se tendent vers moi. Un cri d'angoisse veut sortir de ma gorge, un cri avorter par la terreur. C'est terrible je ne peux même pas crier. Le son reste bloquer au fond de moi. Je m'époumone en vain d'un hurlement silencieux, ma poitrine me fait mal, Vaincue, je me mets à sangloter de peur. Mes larmes mouillent mon bandeau improvisé et me calment. Je vais sangloter un long moment et, pour échapper à l'étreinte des ombres, je replonge dans l'abysse noir et rassurant.

Un chant d'oiseau parvient à mes oreilles. Une lumière vive se faufile sous le bandeau jusqu'à mes paupières. Je sors peu à peu de ma torpeur. D'un geste j'ôte le tissu qui ceint mon visage. Je fronce les sourcils et contracte mes paupières sous le flash blanc de la lumière solaire. Mon dieu ! Quelle heure est-il ? D'un mouvement souple je me tourne vers le gros réveil à aiguilles et entrouvre les yeux, 7h 25… Ouf ! Ma tête retombe sur l'oreiller. Je regarde autour de moi. La chambre blanche est vide... Vide ! .. Bien sur ! Je me remémore ce mauvais rêve, ces hommes qui m'entouraient… Je souris mais mon sourire a un arrière goût amer. Ce cauchemar a été si fort qu'il flotte encore autour de moi. Sous les draps Je glisse mes mains sur la poitrine pour en faire dresser les tétons, par jeu, et toujours par jeu ma main se blottie entre mes cuisses et devient la douce coquille de ma rose humide. J'ai une furieuse envie de me caresser. Je pense à me saisir de mon portable pour l'appeler et lui demander l'autorisation. Mais je me ravise. On se voit dans moins de deux heures comme convenu. D'un geste ample je repousse les draps et d'un bond je me lève. Nue comme un ver, je passe devant le miroir du bahut, prend une pose provocante et éclate de rire. Mon esprit est déjà avec lui. Je traverse le petit salon non sans avoir jeter un œil angoissé un peu partout, on ne sait jamais ! Et je me précipite vers la douche pour faire partir cette mauvaise sueur froide de la nuit.

21 mars 2008

Chap.2. Reprise en mains.

Je suis arrivée depuis deux heures.
J'investis le petit meublé que Marc m'a loué dans un village pas très loin de son atelier. De la tomette bien cirée sur le sol disjoint. Des meubles anciens, une table de chêne au milieu de laquelle trône un petit bouquet de fleurs séchées arrangé avec goût. Dans la chambre une odeur de lavande et un lit de dentelle blanche tout ce qu'il y a de plus vieillot mais d'un charme fou. Sous mes fenêtres coule le Lot, exsangue, un filet d'eau paresseux qui serpente dans un lit de galets gris.
Je sursaute lorsque l'on frappe à ma porte. Mon cœur se met à battre à mes tempes. Je me précipite pour ouvrir. Il est là, devant moi. Je ne l'attendais pas avant demain matin ! Je lui souris mais son visage reste fermé. Hors de question de lui sauter au cou. Hors de question de prendre la parole la première. Je me ravise donc et ouvre en grand la porte en faisant un pas en arrière, lui laissant le passage en baissant la tête.
En mon for intérieur je bondis de joie, mais je ne dois surtout pas me laisser aller. Il s'avance les bras chargés de paquets et s'engage dans l'appartement. Je referme doucement la porte derrière lui. Il dépose les paquets sur la table et examine la pièce sans m’accorder un regard. Je m’adosse à la porte de bois sombre, les mains dans le dos, les jambes écartée et la tête baissée. Je l'observe à la dérobé attendant un signe de sa part.
Sans un mot, Il disparaît dans la chambre adjacente, en ressort après un instant. Examine la salle d'eau et la cuisine, une cuisine en Formica, la seule faute de goût de l'appartement. Il inspecte ainsi les lieux pendant une bonne dizaine de minute. Mon cœur s'est un peu calmé, mais le temps s'étire et l'attente est insupportable. Apparemment satisfait de mes conditions d'hébergement ses pas se rapprochent et il vient se camper face à moi. Il m'observe un moment. Sans un mot il me prend par le menton et me redresse la tête. Il me fixe droit dans les yeux, lève son autre main de son index tournoyant me fait un signe rapide et impérieux en désignant mes vêtements.
Je devine immédiatement ce qu’il veut.
Mon tee-shirt glisse sur le sol. Maladroitement, je dégrafe mon soutien-gorge qui le rejoint. Je me déhanche pour faire glisser mon jean découvrant mon petit slip de coton blanc. La tête baissée je balbutie quelques mots d'excuses.
- Excusez-moi, Mon… Monsieur.  Je… Je ne pensais pas que… je ne savais pas que …
Je prends conscience qu'en demandant son pardon je ne risque que d'augmenter son courroux. Heureusement, je porte le fin collier de cuir qui marque la servilité à mon Maître. Il reste obstinément muet, et je ne sais si ma demande de pardon a trouvé grâce à ses oreilles.
Embarrassée, j'accélère le mouvement et ôte rapidement la pièce de tissus fautive, découvrant mon ventre parfaitement rasé de la veille. Çà au moins je ne l'ai pas oublié. Dans un mouvement leste, je me défais de mes nu-pieds et reprend ma position de déférence. Le carrelage me semble glacé sous mes pieds. Cela ne fait que deux mois que nous nous sommes quitté à Lyon et pourtant me retrouver nue devant lui m'intimide presque autant qu'au premier jour. Le rouge me monte aux joues et je tremble légèrement de tout mon corps.
Il ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits. D'un geste vif il me saisit par les cheveux, par la queue de cheval, que j'ai gardée pour conduire et il m'entraîne vers la cuisine. Je ne peux que le suivre en trottinant, les mains toujours dans le dos. Sa poigne puissante m’appuie sur la tête et me tire sans ménagement par les cheveux. Dans un même élan et toujours sans un mot, il me plie et me couche à plat ventre sur la table de la cuisine. Je sursaute au contact du Formica glacé contre mon ventre. Dans un réflexe, je me hisse sur la pointe des pieds pour ne pas me couper sur l'arrête aiguë de la table. Sans attendre une main se glisse entre mes cuisses et entrouvre sans ménagement la fente de mon ventre qui n'avait pas connu d'intrusion depuis notre séparation. Je me raidis un peu sous l'appréhension et la rudesse du geste. Sans préparation, ses doigts s'insinuent en moi. Je retiens un gémissement et écarquille les yeux de surprise. Mais mon ventre réagit très vite à la caresse imposée. Mes reins se cambrent et les battements de mon cœur s’accélèrent. La pointe de mes seins se durcissent au contact du plastique froid et se tendent presque à me faire mal. L'introspection plus insistante distend sans vergogne les parois du délicat passage.
Sans doute satisfait de ma réaction humide il se retire me laissant le souffle coupé et le rouge aux joues. Un long moment se passe. Il doit se délecter de la vision que j'offre alors, écartelée sur la table de cuisine les jambes largement écartées et ma fleur brillante d'humidité entrouverte par ses rudes caresses. Les mains maintenues volontairement dans le dos, sans besoin d’un lien, montrant ainsi ma totale soumission. Le bruit caractéristique de boutons qui se dégrafent et de tissus que l'on manipule me conforte dans l'idée que ces préliminaires brutaux ne sont que les prémisses d'un assaut plus rude. Effectivement, toujours sans douceur ses mains se posent sur mes fesses offertes et ses pouces écartent la tendre corolle de ma fleur. Je sens la tête de son sexe dur et doux se poser sur le réceptacle ainsi entrouvert. Je frissonne de tout mon corps. Et d'un seul élan sans prévenir, plonge au plus profonds de moi. Il se fraye un passage autrement plus facilement que les doigts éclaireurs ne l'on fait. L'assaut est violent et je ne peux me retenir de pousser un cri de surprise vite étouffé dans un souffle rauque. La charge est si forte qu'elle me plaque contre la table, les arrêtes vives s’incrustent dans la chair de mes cuisses. Je fais un effort violent pour ne pas protester et exprimer ma douleur. Un second coups de boutoir suivi d'un troisième ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits totalement chamboulés par cet assaut. Il marque alors une pause. Je repose mon visage brûlant sur le Formica. Le contact de ma joue contre la surface froide me rassérène un peu, diminuant le feu qui a envahi mon visage. Je le sens qui palpite en moi, profondément logé. Je ferme les yeux et apprécie l'instant. Je lui pardonne déjà cette rudesse, je lui pardonne de me prendre ainsi sans préambule, sans égard, comme l'objet que j'ai de nouveau choisie d’être. Et pour tout dire cette situation m'excite au-delà de ce que je devrais. Ses mains caressent amoureusement mes reins, glissent le long de mon dos, massent mes hanches. Lui aussi semble apprécier la situation, d'autant plus qu'il doit avoir une vue imprenable sur mon corps ainsi empalé.
Le plastique de la table commence à se réchauffer sous moi lorsqu'il se retire doucement, dans un glissement d'abandon. Je me sens vide tout à coup. Je voudrais qu'il revienne, qu'il replonge en moi, même s'il doit me blesser.
Il en a décidé autrement. Lentement il fait le tour de la table. Et sans ménagement soulève ma tête en la tirant la couette de mes cheveux. Je n'ose pas ouvrir les yeux, mais je sens se coller contre mes lèvres le globe d'ivoire poli qui vient de me pénétrer. Dans un réflexe, je détourne la tête. Réflexe que je regrette aussitôt. Mais je n'ai pu le refréner. Cette caresse qu'il veut m'imposer, je croyais l'avoir accepter et même y prendre goût. Mais en fait, au plus profond de moi, je continu à la rejeter comme le signe de la plus profonde déchéance. Pourtant je sais qu'il faut que je m'y résolve. Et le bruit caractéristique de sa langue qui claque contre son palais, un bruit qui signale son agacement devant mon refus, me rappelle immédiatement à l'ordre. Il ne me force pas. Il attend simplement que je reprenne mes esprits.
Lentement je tourne la tête pour de nouveau lui faire face et entrouvre les lèvres.
C'est plus qu'il ne lui en faut. Comme il a prit mon ventre, il force ma bouche. Sans délicatesse, il se rue entre mes lèvres, percute mon palais, distant mes joues écarlates et vient cogner contre le fond de ma gorge L'introduction est furieuse, comme pour se venger de mon refus. Un violent haut le corps me saisi lorsqu'il touche au plus profond et je tente de me relever mais il me tient fermement par les cheveux et m'oblige ainsi à l'engloutir dans sa totalité. Son ventre vient cogner contre mon front et mon souffle chaud, saccadé, se glisse entre nous. J'étouffe et suis dans un état de détresse indescriptible, mon estomac se contracte en des spasmes incontrôlables. Une nausée que j'essaye de juguler avec peine. Je gémis de vaines protestations assourdies et pour m'aider à supporter un tel assaut je dénoue les mains de mon dos et saisis les rebords de la table sur laquelle je me cramponne désespérément. Il faut absolument que je me calme. D'autant plus qu'il n'a pas l'intention de relâcher son étreinte. Je cherche mon souffle et respire bruyamment par le nez. L'afflux d'air frais me tranquillise un peu. Je me concentre pour faire abstraction des spasmes qui secouent mon ventre. Ma nausée reflux lentement, mes timides ruades de protestation se calment. Redevenue paisible, lui montrant ainsi que j'accepte sa présence au plus profond de ma bouche, il s'adoucit à son tour et se retire à demi. Me laissant de quoi respirer à pleins poumons. Le plus difficile est passé, je remets mes mains dans le dos et attends son bon vouloir. Me voyant redevenue docile, il lâche mes cheveux, ses mains viennent caresser mes joues et jouer autour de ma bouche distendue comme pour me flatter. Lentement, il se lance en une série de doux va et vient entre mes lèvres et je m'attends à tout moment à recevoir l’odieux hommage.
Un hommage qui ne viendra pas.
A mon grand étonnement il se retire et se réajuste devant moi. Intriguée j'essaye de croiser son regard mais ma position ne me le permet pas. Je n'ose bouger et reste étendue sur cet hôtel sacrificiel improvisé. Il fait le tour de la table et regagne le salon. Je l'entends fureter à droite à gauche et revenir vers moi. Je penche la tête en me contorsionnant et aperçois du coin de l'œil la feuille de papier qu’il tient entre les mains. Il dépose doucement cette feuille au creux de mes reins et commence à écrire. Je souris intérieurement. Me voici moi, avec mes prétentions d'écrivaine, transformée un en simple lutrin de chair offerte. Il ne lui faut pas longtemps pour tracer les quelques lignes que je sens distinctement progresser à travers le papier sur la peau de mon dos. Cette étrange littérature achevée sa main gauche vient fouiller entre mes cuisses, ses doigts plonge rapidement en moi et en ressortent aussitôt. Toujours de cette main, il appuie fermement contre le papier. Intriguée, je ne comprends pas la signification de cet étrange rituelle. Mais je n'ose briser le silence qui règne depuis le début de notre "entretien". Une fois fait, il se redresse et regagne le salon. Ses pas s'éloignent et je perçois distinctement l'ouverture et la fermeture de la porte d'entrée. Est-il parti ? Je n'ose bouger de crainte de son retour. Me voici seule, nue, coucher sur une table de cuisine, les jambes impudiquement écartée venant de subir les assauts d'un homme qui n'a pas prononcé un mot et est reparti sans autres explications.
Et cette feuille de papier posée sur mes reins qui m'intrigue au plus au point ! Je m'amuse presque de cette situation d'incertitude. Si l'on me voyait ainsi je crois que l'on rirait bien de cette curieuse humiliation. Je laisse passer un long moment, jusqu'à me convaincre qu'il ne reviendra pas. Péniblement les membres endoloris et la tête embrumée, je me redresse. La feuille de papier tombe en virevoltant sur le sol. Je la regarde en penchant la tête de coté. Pourquoi donc cette hésitation ? Cette crainte à m'en saisir ? . Elle est couverte de son élégante écriture à l'encre bleue à peine déformée par le mou support sur laquelle elle a été couchée. Je me penche et la saisie entre mes doigts. J'ai oublié que je suis nue et sans pudeur les jambes toujours écartées j'en commence la lecture.

"Isabelle.
Comme tu as pu le constater, je suis content de te retrouver…"
Je souris. Oui j'ai remarqué !
"…Nous allons donc continuer ton éducation pour, je l'espère, ton plus grand bonheur. Nous avons aussi beaucoup de travail pour faire de toi un modèle irréprochable. Et bien sur tout cela commence immédiatement.
Tu es priée de ne pas te rhabiller de la soirée De même ce soir tu te coucheras nue sur le dos, les jambes écartées tu devras te bander les yeux avec un foulard ou un tissu quelconque et surtout tu laisseras ta porte d'entrée non verrouillée et celle de ta chambre grande ouverte. On se revoit demain à 9h dans mon atelier.
Marc S…"
Le reste de sa signature est brouillée. Je comprends brusquement la signification du rituel de Marc. La signature est brouillée par la liqueur de Cyprine qu'il avait cueillis à la source de mon ventre. Comme hypnotisée, je fixe la tache qui magnifie son nom en une si intime communion avec mon corps. Et irrésistiblement comme sous une impulsion venue du plus profond de mon âme je porte la feuille à mes lèvres et embrasse son nom, amoureusement, ajoutant la salive qui manquait à l'étrange missive.

11 mars 2008

Chap.1. Douce folie.

Suis-je folle ?
Me voici de nouveau sur la route, le cœur qui bat la chamade. Pour éviter de me poser trop de questions j'ai poussé le son de la radio mais le bruit de la soupe commerciale qui en sort n'arrive pas à couvrir les visions qui m'assaillent.
Suis-je folle ?
Pour la troisième fois je me précipite vers lui pour subir de mon plein gré les plus doux des tourments, la plus agréable des humiliations. Je ne peux m'empêcher de me remémorer ce week-end de folie à Lyon au début de l'été. Et plus loin notre premier entretien dans son atelier. Ma première humiliation nue, à genoux. J'en frissonne d'aise et je souris. Oui, certainement, d'aucune m'estimerais folle !
Et ces longs mois à patienter sans quasiment aucun contact avec lui ! Avec la certitude que, peut être, une autre est à genoux au milieu de son atelier. Et tout le cortège de fantasmes qui accompagne cette évocation. Elle est plus belle. Plus docile. Plus soumise. Plus experte que moi ! Je la vois danser autour de lui, s'incruster dans ses toiles, je le vois m'oublier ! A cette évocation je crispe mes mains sur le volant, mon ventre se tord de frustration. Encore une fois je me calme par une profonde inspiration et j'essaye de me concentrer sur le long ruban d'asphalte de l'autoroute qui me lie à lui. D'un basculement rapide je me regarde dans le rétroviseur pour me rassurer. Les yeux noisette de mes vingt ans encadrés de cheveux auburn se moquent de moi. J'ai encore un visage qui porte mon adolescence en étendard et pourtant j'ai mûri, terriblement mûris et je sais que cette maturité me rend encore plus désirable.
Oui !... Aujourd'hui c'est mon jour ! Et je cours vers Lui pour reprendre ma place.
Dans un souffle une puissante berline me double. Un éclair gris ! Je la regarde s'éloigner devant moi. Elle est déjà plus proche de Lui que moi ! Je veux rejoindre d'urgence l'odeur de la térébenthine de l'atelier et la saveur de l'adrénaline au fond de ma gorge. J'appuie d'un pied rageur sur l'accélérateur.
Oui… Je suis folle !

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9 mars 2008

Chap16. La Perle.

Enfin une journée de repos.
Je me suis installée devant mon ordinateur et j'ai le temps aujourd'hui de vous raconter la suite de la démonstration que m'ont donnée Claire et Sandy.
Pendant que Sandy tournait ainsi autour du tapis, Claire s'est levée gagnant le centre et commence à se déshabiller. Comme je vous l'ai déjà dit Claire est certainement la plus âgée de l'Assemblée, grande, blonde aux yeux verts, beaucoup de chien, secrétaire de direction d'une agence de consultant, je crois ! Ce qui explique peut être sa froideur et son ton autoritaire. Elle dévoile sans retenue un corps longiligne, presque maigre, une poitrine vraiment petite aux aréoles rose tendre et, elle aussi, un sexe parfaitement épilé, une fente très fine presque imperceptible. Elle se met à genoux et appelle Sandy. Toujours à quatre pattes Sandrine s'approche. Claire se saisit du pendentif de Sandy.Une chaîne d'or ou pend une magnifique perle grise. Elle décroche la perle et l'a fait rouler entre ses doigts alors que de l'autre main, prenant son menton, elle incite Sandrine à se redresser pour contempler le spectacle qui va suivre.
En souriant, Claire fait rouler la perle sur son corps Passe sur sa bouche, sa poitrine, la précieuse sphère de nacre. La perle glisse sur son nombril, s'y attarde un peu et brusquement d'un seul élan Claire l'a fait disparaître en la faisant pénétrer dans la fine fente de son entrejambe, la poussant au plus profond de son majeur dans un soupir de plaisir. Elle s'allonge alors sur le tapis de laine, écarte largement les cuisses et interpelle Sandrine.
-
Allez ma petite chienne, …Va chercher, …Cherche !
Sandy rougissante nous jette un œil de coté et, se remettant à quatre pattes, glisse la tête entre les jambes de Claire partant à la recherche de la perle disparue au fond du doux et humide fourreau. Pendant de longues minutes Sandy s'évertue à atteindre et récupérer sa perle. Et plus ses efforts redoublent plus Claire chavire et perd pieds sous les caresses qu'elle impose à sa protégée. En appui sur les coudes elle écarte encore plus les jambes et, rejetant la tête en arrière, commence à émettre un concert de petits halètements et glapissement de plaisir.
Vous devinez bien les effets que le spectacle provoque sur nous. Carole, en contemplant la scène, me caresse doucement la nuque. Je me tourne vers elle, nos regards se parlent. Une chaleur intense grandit entre mes jambes. De petites palpitations courent par vagues dans mon ventre et mes reins. Sentiment étrange de vouloir à la fois participer à l'action et en être honteuse, voyeuse. Retenue et envie mêlée. Tout cela contrôlé par Carole. Je cherche une approbation de son regard,  approbation qui ne vient pas… Sandy vient de récupérer son précieux bien, certainement éjecté par les contractions de plaisir de Claire. Du bout des lèvres délicatement Sandy dépose la perle sur le nombril de Claire et reprend immédiatement sa posture de soumission.

Claire reprend son souffle et lance à Sandy.
- C'est bien petite chienne, tu t'y prends de mieux en mieux !
Puis se tournant vers Carole.
-
Tu veux essayer Carole ? .. Plaisir garanti je t'assure !  Ma petite chienne est à ta disposition… Comme la tienne sera à la mienne.
Continue-t-elle en me jetant un regard qui me fait froid dans le dos.
Poliment Carole déclina l'invitation prétextant que l'heure est tardive mais que ce n'était que partie remise. Que nous allions prendre congé et que nous la remercions de la démonstration.
Toujours nue Claire se redresse fierement et ordonne d'un ton sec à Sandy d'en faire autant.
Sandy se relève et sans en attendre d'ordre, écarte les jambes, mets les mains dans le dos et entrouvre la bouche en baissant les yeux. Carole embrasse Claire d'un baiser rapide sur les lèvres. Puis se tourne vers Sandy lui saisi la tête et l'embrasse profondément tout en lui glissant une main entre les jambes, introduisant deux doigts au plus profond de son intimité. Sandy ne bronche pas. Comme si ne rien n'était Carole se tourne vers moi et me dit.
-
Dit au revoir à Claire et Sandy !
Je m'avance vers Claire. Avant que je n'esquisse un mouvement elle me saisit la tête et me prodigue un baisé fougueux alors que son corps nu et encore brûlant des caresses de Sandy se colle contre moi. J'ai un mouvement instinctif de reculs. Ce qui semble agacer Claire.
-
Ma chère Carole cette petite à beaucoup à apprendre…
-
Je sais Claire mais je suis sur qu'elle est pleine de bonne volonté…
Dans ma confusion en peu abasourdie j'esquisse un pas pour partir. Avant de stopper net. Carole me foudroie du regard.
-
Tu ne salues pas Sandy. ???
-
Pardon…
Dis-je, en essayant d'échapper à son regard.
J'embrasse Sandrine timidement.
-
Mieux que çà!  Dis Carole, Elle nous a fait une belle démonstration. Remercie la mieux que çà !
Le ton de Carole est dur, cassant, presque en colère. Je devine qu'elle doit donner devant Claire une leçon d'autorité. De nouveau j'embrasse Sandrine glissant ma langue entre ses lèvres et appuie mon baiser. Mais ce la ne suffit pas à Carole qui saisit ma main et la plaque contre le ventre de Sandy.
-
Caresse la §
Dit elle d'un ton toujours aussi autoritaire.
Timidement j
'introduis mon majeur dans la cavité palpitante. Sandrine est littéralement inondée mon doigt progresse facilement dans la chair chaude et vibrante.
-
Deux doigts- M'ordonne Carole- Et frotte bien !
Mon index rejoins mon majeur alors que nous sommes toujours les lèvres soudées. Sandrine commence à réagir. Sa langue vient caresser la mienne. Elle me rend le baisé subrepticement. Carole s'en aperçoit, sous sépare d'une main ferme. Et se tourne vers Claire.
-
Ta petite Chienne a rendu le baiser... Il faudra la punir pour çà !
-
Ce sera fait !
Dis Claire d'un ton penaud. Fusillant Sandy du regard.
Viens me dis Carole... Elle pivote sur ses talons et part sans se retourner. Son pas est vif, rapide. Je la suis à un mètre derrière en trottinant, les doigts encore gluants de l'intime humidité de Sandy. Toujours sans se retourner. Elle me lance.
-
Samedi je commence ton dressage !

 

 

4 mars 2008

Chap15. Claire et Sandy

La Maison de Claire est dans le hameau de la Rabustiere. A quelque pas de chez moi. Nous nous y sommes rendu en vélo. Sur les chemins déserts, sous le soleil, Carole est aux anges. Elle se tourne fréquemment vers moi en souriant.
Claire nous attend sur le pas de la porte au fond de la cour d'une petite maison bourgeoise aux volets vert pâle coquettement agrémentés de géranium. Elle se porte au devant de Carole et l'embrasse sur la bouche. Elles se regardent longuement, sans un mot, comme le ferais deux complices de longue date. Un éclair de jalousie me traverse. Puis Claire se tourne enfin vers moi.
- Bienvenu Emilie j'espère que tu seras une élève attentive. Sandy est à l'intérieur, … Elle nous attend !
Elle fait volte face. nous la suivons, traversant en silence le hall et un long couloir sombre. Tous les volets de la maison sont fermés. Une lumière jaune et vacillante brille dans le salon. Des bougies sont disséminées un peu partout et y diffusent une clarté ambrée. Au milieu de la pièce se trouve Sandy. Entièrement nue, à genoux, les jambes largement écartées, les mains croisé dans le dos, la tête baisée. Exactement la même posture que m'avait fait prendre Carole la veille. Je suis un peu gênée, mais cela ne semblait pas troubler Claire et Carole qui s'assoient côte à côte sur le sofa. Je fais mine de les rejoindre. Claire m'arrête d'un geste.
- Tu t'assoies par terre, … A nos pieds.
Je lance un regard interrogateur à Carole qui acquiesce d'un hochement de tête. Je m'assoie donc à leurs pieds, à quelques centimètres de Sandy qui n'a pas bougé.
Claire s'éclaircit la gorge et me regarde droit dans les yeux.
- Tu es mon invité pour que je t'explique ce que Carole attends de toi…
Nous y voilà donc !
- Sache tout d'abord que rejoindre notre Assemblée se mérite. Je pense que Carole compte sur toi pour ne pas la décevoir.
- Carole t'a demandé d'être sa soumise et tu as accepté. A ce jour tu peux encore changer d'avis, mais une fois que tu auras prêté serment tu ne pourras plus reculer.
Je savais cela, Carole me l'avait dit. Je me sentais prête à tout pour elle.
- Carole m'a dit que tu étais vierge, et que tu avais tout à apprendre… C'est à elle que revient cette tache… Comme c'est à moi que reviens la charge d'éduquer Sandrine.
Elle ne l'a pas appelé Sandy, cela accroît encore la solennité de la déclaration. Nous ne sommes plus entre simples copines !
Elle continue son exposé.
- L'assemblée compte toujours sept membres ; Carole bien sur, Sandrine "Sandy" ici présente,- Elle jette un œil vers la statue vivante à côté de moi.- Stéphanie, Edwige "Virginie", moi, que tu connais et Solange la présidente de l'assemblée qui nous rejoindra d'ici trois semaines… Tu as l'honneur de pouvoir devenir le septième maillon.
Je réfléchis rapidement me souvenant du logo de la carte d'invitation. Il comportait quatorze maillons ! J'allais poser une question concernant les sept autres maillons, mais je me ravisais.
- Pour cela il te faudra être d'une obéissance totale à Carole. Comme Sandrine m'obéit totalement ?
Elle marque une pose. Son regard se tourne vers Sandy.
- Sandrine ?
- Oui Madame !
Répond Sandy toujours la tête baissée.
- Regardes-nous !
Elle lève la tête et me jette un rapide regard embarrassé.
- Redresses-toi !
La jeune fille s'exécute et se redresse sur ses genoux
- Caresses toi !
Claire a donné l'ordre d'un ton neutre sans passion. Les mains de Sandy quitte alors lentement son dos et se promènent sur sa poitrine. Le rouge de ses joues s'accroît un peu plus.
- Plus bas, Sandrine ! Ne fait pas ta mijorée !
Sans hésitation, les mains gagnent l'entrejambes et les doigts en massent l'ouverture de sa vulve.
La scène a sur moi un drôle d'effet. Gênée, je détourne le regard, resserrant mes cuisses en changeant de position. Ce qui n'a pas échappé à Claire. Elle me désigne à Carole d'un geste du menton qui se tourne alors vers moi et dis d'un ton sec.
- Regardes…Et prends des leçons.
Je me tourne vers Sandy, la détaillant à loisirs alors qu'elle s'active en de douces caresses.
Sandy est plutôt jolie. Elle a dans les 19 ans au plus et donc beaucoup plus jeune que Claire. Une peau hâlée qui luis sous la lumière dorée des bougies. Un corps au galbe parfait, bien que menu, au sexe parfaitement épilé. Un joli visage régulier orné de beaux yeux marrons, encadré d'une chevelure libre, châtain, moiré d'acajou. Elle porte autour du cou une très fine chaîne d'or ou pend une perle qui capte la lumière de sa peau. Une bouche finement ourlée de lèvres purpurines qui commencent à s'entrouvrir sous l'effet de ses propres caresses. Son souffle s'accélère et je ne peux manquer de la trouver belle, s'exposant ainsi à la demande de Claire. Carole reprend la parole et me demande.
- Tu ferais çà pour moi Emilie ?
Je rougis violemment, mais je ne peux répondre que par l'affirmative. Je la fixe droit dans les yeux.
- Oui, Carole… Pardon ! Oui, … Madame.
Satisfaite de la réponse elle s'en retourne à la contemplation de Sandy qui maintenant émet de petits cris plaintifs et se frotte de plus en plus rapidement l'entrejambes. Elle semble nous avoir oubliée et se laisse allez à un plaisir impudique.
- Cela suffit Sandrine.- Intervient Claire - Met toi à quatre pattes maintenant !
Sans hésitation Sandy prend la position qu'il lui est demandé.
- Tu es une bonne chienne, …Tourne autour du tapis... allez !
Sandy se met alors à décrire de larges cercles à quatre pattes, passant régulièrement devant nous. Claire en profite pour flatter sa croupe à chaque passage.
Le mot de "chienne" m'a fait sursauter intérieurement. Son évocation me tiraille entre l'indignation et le plaisir malsain de le voir s'appliquer ainsi à un être humain. Mais de voir ainsi Sandy obéir et accepter ce jeu humiliant est encore plus pour moi source de fascination. Je crois que c'est à ce moment que j'ai compris que je voulais être pour Carole ce que Sandy était pour Claire.
J'ai regardé avec fascinantion celle que je commence à considérer comme ma Maîtresse…

26 février 2008

Chap.6. Au coin de la rue.

Je me suis précipitée à la fenêtre du salon. J’ai tiré vivement les rideaux et entrouvert la fenêtre. L’air glacial du matin s’est engouffrer dans la pièce enveloppant mon corps nu. Je frissonne de froid, mais j’en ai cure. Le voir une dernière fois ! Je me penche sur la balustrade en me cachant les seins de mes mains pour scruter la rue. Il est là ! Au coin du carrefour, adossé au mur. Il m’attendait… Je suis sure qu’il m’attendait ! Il savait que j’allais ouvrir la fenêtre. Il relève un peu plus la tête et me fait un signe de la main. La rue est déserte à part une voiture qui s’engouffre sur la chaussée et file sans ralentir. Je lève une main à mon tour, découvrant une partie de ma poitrine. Il se décolle du mur, pivote sur ses talons et disparaît au coin de la rue.
Je reste un long moment debout dans le froid à regarder l’angle de la rue. Je commence à grelotter. Un froid intense me gagne mais ce n’est rien comparé au vide qui glace mon esprit. Je sursaute. Un réflexe de sauvegarde ! Je referme la fenêtre en baissant la tête, une boule au fond de la gorge, des larmes au bord des yeux. Pourquoi faut-il que nos entrevues soient si courtes ?
Comment d’écrire l’étrange sensation de vacuité qui s’empare alors de moi ? La sensation d’être perdue au milieu d’un vide sidéral. C’est ce qui m’arrive à chaque fois que Marc a poussé mon dressage un peu plus loin. Un peu comparable à l’instant qui suit un orgasme ou un plaisir intense, l’impression de ne plus m’appartenir. J’oserais presque la comparer à une sensation de manque d’un drogué. Aussitôt fini, je voudrais que cela recommence, que cela reprenne vite. Je sais que nous ne nous reverrons pas avant longtemps maintenant ? Peut-être à Pâques, peut-être au prochain été… C’est si loin ! Comme un automate sans âme je me prépare un petit déjeuner en pensant à autre chose. Mes pensées s’égarent et je fais trop cuire mes rashers et mes œufs. Toujours nue, je m’attable et mange sans appétit.
Ma décision et prise. Je ne veux pas rester ici à attendre le lundi. Je veux retourner dans ma contrée ! Respirer l’odeur des box, sentir le souffle puissant des chevaux. L’air vivifiant d’une course sur mon visage et sa caresse dans mes cheveux.
Je prends une douche rapide, m’habille et, comme si je fuyais les lieux, m’engage sur le palier … Je suis stoppée net par un oubli impardonnable. Je fais demi-tour et récupère le PC portable qui m’attendait sagement sur le sol. Ce portable qui maintenant devient un fidèle ami, mon lien direct avec Lui.
C’est toujours dans un état second que je descends l’escalier. Et dans un étrange raccourci temporel je me croise, montant les degrés à quatre pattes, la jupe relevée sur mes fesses dénudée, mon Maître sur mes talons. Mes joues s’enflamment et une étrange chaleur monte entre mes jambes. Heureusement je ne rencontre personnes. Je m’élance sur le trottoir, sortant du porche comme un diable surgit de sa boite. Je continue à m’enfuir !
Lorsque que je me dirige vers l’angle de la rue où a disparu Marc mes pas s’accélèrent et mon cœur se met à bondir d’impatience. Dans mon obsession il m’attend là, le sourire aux lèvres, content du tour qu’il m’a encore une fois joué. Mais la rue est vide ! C’est son ombre que j’ai cru voir. Il est loin maintenant ! Ma déception est si grande que je reste plantée là, un long moment, au coin de la rue. Une larme perle sur mes cils. Je fais un pas en arrière. Je ne peux pas prendre le métro et le train c’est au-dessus de mes forces. Je fais vivement demi-tour et me dirige vers le parking ou est stationnée ma voiture.

 

Post-scriptum.
En fait, c’est plusieurs jours que je suis restée chez moi. Une petite grippe me cloue au lit. D’aucun parlerons de somatisation pour moi qui tombe rarement malade. Un mal pour camoufler un autre mal. Une mélancolie profonde qui va s’estomper peu à peu pour laisser place à un feu radieux. Un espoir ! Une perspective qui me fait entrevoir à l’horizon notre prochaine rencontre.
Mais entre-temps, pour entretenir ce feu il est nécessaire que je vous conte ce fol été 2007. Assurément le plus difficile des récits que j’aurais à écrire et à vous livrer, fidèles lecteurs et lectrices. Mais certainement pour moi un récit libérateur. Libérateur comme une confession. La plus intime des confessions !

21 février 2008

Chap.5. Entre Mon Maître et moi.

Une vive clarté se glisse sous mes paupières. Marc vient de tirer d'un coup sec les rideaux de la chambre. Une odeur de moka flotte dans la pièce. Je m'étire et m'empare de l'oreiller de coton blanc que je presse contre ma poitrine. Je cligne des yeux et me réveille doucement. Sur le parquet l'ordinateur est encore en marche et son écran de veille semble m'attendre. Marc est déjà habillé, il s'assoit en tailleur sur le sol et me tend une tasse de café en souriant.
-
Il est temps de vous lever Mademoiselle.
Je souris à mon tour. M'empare de la tasse.
Je bois une gorgée. Et sans le regarder, timidement, je murmure à voix basse.
-
Et si vous vous recouchiez Monsieur ?
Je ne regrette pas mon effronterie, j'en ai vraiment envie. Mais les mots que je redoute le plus, ceux que je n'aurais jamais voulu entendre finissent par cingler mes oreilles.
- Il faut que je parte !
Ma poitrine se glace, une boule gonfle dans ma gorge. Déçue, je baisse un peu plus la tête vers ma tasse de café et murmure.
-
Oui, Monsieur !
Ce n'est pas un assentiment. C'est une acceptation.
Nous sirotons en silence le café amer et brûlant. Cela achève totalement de me réveiller. Marc se relève et se dirige vers la cuisine certainement pour se servir une autre tasse de café. Je me déplie, m'étire et me lève. Nue, je le rejoins dans la cuisine. Je m'approche de la cafetière et me colle innocemment contre lui en tendant ma tasse vide. Il ne répond pas à mon avance à peine voilée. Il me sert, repose la carafe de verre, se dégage de mon étreinte et se dirige vers l'entrée. Une profonde déception s'empare de moi, presque une envie de pleurer devant cet abandon.
Je bois une gorgée du liquide brûlant. Repose la tasse et cédant à une brutale impulsion je le rejoins en trois enjambées rapides. Il se penche vers moi pour me dire en revoir. Nos lèvres se joignent nos langues se rencontrent. Je m'enhardis, lève des jambes contre son flan. Enfin ses mains se posent sur mes hanches. Je crois défaillir lorsqu'elle commence à s'égarer entre mes fesses. Mon baiser se fait plus profond, sa caresse plus intime. Je glisse mes mains sur son ventre et maladroitement dénoue sa ceinture de cuir. Il se laisse faire. Je sais que j'ai gagné, qu'il ne résistera pas.
Comme un couple de danseurs enlacés nous nous déplaçons à pas lents vers la salle de séjour. Marc me pousse contre la table du salon, glisse ses mains sous mes cuisses et d'une impulsion me hisse sur la table encartant mes jambes et me renversant sur le bois. Il ne lui faut pas longtemps pour achever l'ouverture de son pantalon. Un feu intense brûle mes reins et c'est un vague vibrante qui l'accompagne lorsqu'il me pénètre d'un coup de rein vigoureux. Je manifeste mon contentement par un cri de bienvenu, cambre les reins et me crucifie sur la table en écartant les bras et les cuisses. Je l'ai voulu, passionnément, et je m'offre totalement à son assaut. Ses mains s'emparent de mes seins les caresses doucement et peu à peu l'effleurement se fait plus ferme, plus volontaire, presque agressif. Mon corps sursaute sous les coups de boutoir et peu a peu mon esprit s'envole, mon souffle s'accélère et je ponctue chaques ébranlements par les gémissements de la sacrifiée. Il ajuste de temps à autre mes fesses en équilibre sur le bord de la table et en profite pour glisser ses doigts entre nous et masser sans douceur mon clitoris gonflé parcouru de salves pétillantes. Le rythme s'accélère. Les pénétrations deviennent plus appuyées. Une vague électrique fluctue le long de mes reins ma respiration se bloque, ma tête semble éclater. Dans un dernier spasme il se couche sur moi et enfonce son pouce mouillé de liqueur de Cyprine dans ma bouche. Mon ventre se resserre autour du pylône qui répands dans l'étroit canal une incandescente liqueur d'amour. Dans une dernière crispation de tout mon être, je ceinture sa taille de mes cuisses pour parfaire notre union.
Je halète encore de plaisir lorsqu'il se penche à mon oreille et, toujours son pouce dans ma bouche, il murmure.
-
Vous êtes bien entreprenante Mademoiselle ! Un peu trop d'ailleurs. Vous oubliez que c'est moi qui dois décider.
Son ton est sévère. Pour toute réponse je ne peux que suçoter le pouce qui fouille ma bouche. Je suis satisfaite du tour que je lui ai jouée
Il se relève brusquement. Son pouce quitte ma bouche. Il me prend par les cheveux et me force à me redresser. Dans le même mouvement il quitte mon ventre. Il y a de la colère dans son geste. Tirée par les cheveux je ne peux que suivre le mouvement. Il me relève et me descend de la table sans douceur.
-
A genoux Isabelle !
Il n'a pas crié mais son intonation est dure, inflexible. Je suis encore perdu dan les nuages de ma béatitude. Machinalement je m'agenouille, écarte les jambes, met les mains dans le dos et baisse la tête. L'attitude d'une parfaite soumise pour atténuer son courroux. Toujours aussi durement en poussant sur mon front il me force à relever le visage vers lui.
-
Voies ce que tu as fait… Je n'ai plus le temps de me changer !
Je cligne des yeux. Son membre me surplombe fièrement. Luisant de nos sécrétions, de liqueur et de sperme.
-
Nettoie le, Vite, je n'ai pas que çà à faire.
Je lui jette un regard apeuré. Oh non ! Il ne peut pas me demander çà ! Pas ce matin ! Alors que je pensais terminer sur une douce étreinte amoureuse. Me voici de nouveau dans la peau de la soumise contrainte aux plus basses des humiliations. Je tente de l'amadouer en lui lançant le plus suppliant des regards. Mais rien y fait.
-
Allons, active-toi Isabelle… Ta langue suffira pour cela…
J'aurais du savoir qu'avec Marc tout se paye, et parfois au prix fort. Je porte encore autour du cou mon collier de cuir, je dois donc l'accepter
Je ramène mes mains de mon dos à sa ceinture. Doucement comme pour retarder cet acte avilissant, je dégage le membre encore à demi dressé par nos ébats de la chemise et l'approche de ma bouche. Je ferme les yeux et l'introduis entre mes lèvres. Aussitôt Marc se dégage.
-
Non, non, pas le temps pour çà… Nettoie avec ta langue.
C'est encore pire que ce que je pensais. Il a donc vraiment décidé de me faire payer mon arrogance !
Je prends une profonde inspiration pour me donner du courage, ramène mes cheveux derrière ma nuque et penche mon visage vers son ventre.
De la langue, je commence à laper les liqueurs visqueuses. Cela a un goût à la fois aigre, salé et acidulée une odeur fade, je fronce les sourcils de dégoût, mais je dois continuer. Ma langue essuie le gland qui sous la caresse reprends une certaine fermeté. Une fois fait, je penche la tête de chaque coté de ma sucette improvisée pour en lécher la hampe et la débarrasser de nos écumes. Je prends peu à peu de l'assurance. Je lèche maintenant avec vigueur en bonne chienne que je suis. Marc a posé sa main sur ma tête. Et c'est un signe de satisfaction. Je parachève ma tâche a grandes lapées bruyantes, presque avec jubilation. La joie de satisfaire mon Maître a remplacé le sentiment d’humiliation et de dégoût.
Je m’y prends si bien que la force de mon Maître renaît sous mes caresses buccales. Son membre reprend peu à peu de l’ampleur entre mes mains, je continue à m’activer avec application. Ma langue parcoure amoureusement dans ses moindre replie le pieu qui a maintenant recouvré sa rigidité. Les mains de mon Maître, posée sur ma tête, se font plus directives et orientent fermement mon visage pour finir par le présenter face à lui, les lèvres collées au gland d’ivoire poli.
Un coup de rein appuyé et il force ma bouche. J’entrouvre mes lèvres sans aucune réticence. Il se rue immédiatement au fond de ma gorge. Surprise par la violence de la pénétration j’ai un mouvement de recul, un sursaut de suite jugulé par ses mains qui viennent de se placer de chaque coté de mon visage. Marc me saisie alors par les cheveux et force un peu plus son intrusion, provocant un haut le cœur incoercible. Instinctivement, je tente de me relever pour retrouver ma respiration mais rien n’y fait. Sa poigne se resserre sur moi et sa verge entame un puissant va et vient entre mes lèvres. Il faut que je me résolve à subir un assaut que, quelque part, j’ai bien cherché.
Pendant de longue minute ma bouche va servir d’exutoire à sa colère. Il n’y a aucune douceur dans cet acte Il me force brutalement, rapidement, en homme pressé sans égard pour les gémissements que je pousse sous son violent abordage C’est également, je le sens bien la continuation de ma punition. C’est presque avec soulagement que je reçois sa liqueur chaude et au fond de ma gorge. Mon Maître a jouit au plus profond de moi me forçant à ingurgiter sans autre procès le résultat de son plaisir, comme une oie que l'on gave. Je respire un peu de liquide une impression de noyade me fait tousser, je m’étouffe ! . Mais Marc est sans pitié. Il ne se retire pas. Pire, il accroît encore sa pression. Je pousse un cri de détresse étouffé et essaye de reprendre mon calme. Je tente de déglutir avec difficulté la bouche encore obstruée de son sexe. Il se dégage un peu. Je reprends ma respiration. Des larmes coulent le long de mes joues. Je souffle bruyamment par les narines. Marc finit par se retirer. Je tente de me calmer et de reprendre contenance. J’avale le reste de sperme qui souille ma bouche et ma langue, me cambre et me repousse en arrière. Un peu de liqueur a coulé sur ma main, je la lève vers ma bouche et par bravade, la pourlèche langoureusement en le fixant droit dans les yeux. Il esquisse un sourire va pour dire quelque chose mais se ravisse. Il se détourne et se rajuste. Je parfais ma pose de soumission. Et baisse la tête.
C'est alors avec effroi que je m'aperçois que sur le sol, entre mes jambes écartées, une large tache de semence issue de notre première étreinte à coulé de mon ventre. Je rougis violemment. Je suis terrassée par la vision du spectacle que je dois offrir. Une honte infantile m'envahis. Cela n'aurait pas été pire si je m'étais soulagé sous moi. Marc a gagné ma chambre, il en revient avec mon téléphone portable, se campe face à moi et me demande mon code de déverrouillage. J'avais fait taire le bruyant messager pour ne pas être dérangé cette nuit. Il dépose délicatement le téléphone sur le sol face à moi.
-
Tu ne bouges pas, tant que je ne t'appelle pas !
Il se dirige alors vers l’entrée se saisir de sa veste de cuir noir. Cette fois je ne pourrais l’arrêter même en employant toute la séduction féminine dont j’ai été capable. Mon portable se met à tressauter sur le sol. Ce sont tous les messages qui se bousculent sur les ondes. Ces messages qui ont attendu patiemment la fin de mon entretien charnel avec mon Maître. Je ne bouge pas et laisse sonner. Marc revient vers moi. Il a enfilé sa veste et est sur le point de partir. Il se penche vers moi et dépose un baisé sur mon front. Son regard se porte sur le sol, il contemple un instant la tache claire entre me jambes. Je ne sais plus ou me mettre et mes joues s’enflamment à l’idée du liquide qui s’écoule goutte à goutte des levres de ma vulve pour se répandre sur le sol. Marc me lance une œillade amusée ce qui n’a pas le don de diminuer ma honte. Il se redresse et sans se retourner déverrouille la porte et sort sur le palier. Un vide immense se fait. Il est parti ! Je reste dans le salon, agenouillée nue, les jambes écartées, les mains dans le dos en attendant son appelle.
Il ne tarde pas, ce qui me soulage, la porte déverrouillée de l’appartement pouvant maintenant livrer le passage à n’importe qui. L’écran du portable s’illumine, je me penche pour le lire et vois apparaître "Mon Maître " en lettres noires. Je me saisis de l’appareil.
-
Oui, Monsieur.
- Après tout ce que tu as appris et le mal que je me suis donné pour ton dressage, tu n’arrive toujours pas à garder ce qu’on te donne…
Interloquée, je ne réponds pas, Je ne comprends pas !
-
Mets toi à quatre pattes.
-
Oui Monsieur!
Je m'exécute et garde toutefois le portable près de mon oreille.
-
Tu vois ce que tu as laissé échappé ?
Ma nuque se raidis d'appréhension. Il fait allusion à la tache de semence qui luis doucement sur le parquet. Mon sang se glace. J'imagine immédiatement ce qu'il peut m'imposer.
-
Oui Monsieur... Je … Je suis désolée… Mais …
-
Alors écoute bien… Je n'exige rien, tu n'es pas obliger de le faire, mais il me plairait que tu nettoie également ce parquet avec ta langue.
Un malaise m'envahis. Ce n'est donc pas un ordre? Je peux y renoncer !
-
Tu as bien compris Isabelle ? Ce n'est pas une obligation c'est juste pour mon plaisir.
- Oui Monsieur, j'ai compris… Merci, Monsieur !
-
Au revoir Isabelle, Je t'embrasse…Prends soin de toi.
La communication se coupe. Je repose le téléphone et me campe fermement à quatre pattes les yeux rivés sur la large tache opalescente. J'ai l'esprit comme engourdi. Tout aurait été si facile s'il m'en avait donner l'ordre. Aussi abject qu'aurait l'acte, j'aurais été obligé de le faire. Mais là !
J
e contemple longuement la tache. Je suis perdue, je ne sais que faire. Me pencher ? Tout mon être s'y refuse. Et Marc m'a laissé une porte de sortie. "Tu n'es pas obligée de le faire". Pourtant, j'aimerais lui faire plaisir ! "…C'est juste pour mon plaisir…". Dans un même temps je pourrais me lever et renoncer, il n'en saura rien. Et même ! Il acceptera mon refus… Mon dieu que c'est compliqué! Je souris intérieurement, Marc a le don de me mettre dans un embarras hallucinant.
De toutes les décisions que je prendrais, il restera un trouble.
Parce qu'il sera toujours ainsi entre nous!
Entre Mon Maître et moi !

13 février 2008

Chap.4. Causerie au fond du lit.

 

Marc est venu me rejoindre dans mon lit étroit. Je lui laisse une place et me glisse sur lui à califourchon. Nos corps se moulent l'un à l'autre. Il irradie une douce chaleur. Je pose ma tête sur sa poitrine et remonte le drap. A coté de nous l'ordinateur essaye d'attirer notre attention en continuant par intermittence d'émettre une petite musique qui signale la réception de courriels. Je sors le bras de dessous le drap et m'empare de la souris. La curiosité est trop forte. Marc pose une main sur mon dos, se tourne vers l'écran et me laisse faire apparaître les premiers messages. Je souffle en souriant. Le premier commentaire est d'Aurore. Je la nomme à haute voix.
-
Aurore…
Marc se tourne vers moi cligne d'un œil et sourit d'un air malicieux. Il joue de ma jalousie. Une jalousie amplifiée par mon ignorance de ce qui se passe avec ses autres modèles. Sa discrétion sur ses "Sujets" est absolue. Difficile de savoir, seulement deviner à travers ses œuvres. Je tente tout de même. Je pose mon menton sur sa poitrine et demande innocemment.
-
Elle est souvent sur le Blog… Vous la connaissez ?
Son sourire s'élargit. Il se pince les lèvres. Se demande s'il doit me répondre.
-
Tu veux dire si je l'ai déjà rencontré ?
-
Heu ! … Oui… Vous l'avez rencontrez ? Ses commentaires me le laissent entrevoir… Un peu.
Un silence et il souffle doucement.
-
Oui.
Mon cœur se glace. Je baisse les yeux et colle ma joue contre sa peau. Je ne le regarde plus.
-
Et…Et, c'est une soumise ?
-
Tu veux dire si c'est, ma, soumise ?
Toujours cette façon de répondre à mes questions par d'autres questions ! Mais là je pense qu'il a deviné ma manœuvre interrogatoire.
J
'insiste tout de même.
-
Oui… Monsieur !
J'appuie ironiquement sur le "Monsieur".
Encore un silence. Il joue avec mes nerfs. Mon corps tremble imperceptiblement.
-
Non !
Il ne me voit pas, mais je souris. Sa main se pose sur ma tête et caresse mes cheveux
-
… Pas encore !
Mon cœur loupe un battement. Je l'ai bien chercher, cela m'apprendra à vouloir savoir. Je relève la tête et pose le menton sur les mains que je croise sur son torse en le regardant d'un air furibond et me force à sourire, pour faire bonne figure. Je ne veux pas gâcher cette nuit. De toutes les façons il faut bien que je m'y fasse. Mais il en va de ma jalousie comme de ma timidité. Elle est chronique. Et Marc sait en jouer.
Il détourne vite la conversation. Une petite sonnerie annonce l'arrivé d'un mail.
-
Tu reçois plus de mails que de commentaires dis donc ?
Inutile de vouloir continuer à en savoir plus. Pour le moment!
-
Oui, je les appelle les "Timides" et puis il y a ceux qui font les deux…
-
Comme ton "Prof de français ?"
Je marque un temps d'arrêt. Là, c'est moi qui le tiens. Je joue les mystérieuses, penche la tête sur le coté, songeuse, malicieuse.
-
Mmmouii… Il m'aide beaucoup.
Il rit, il rit de bon coeur comme si il s'amusait de mes espièglerie. Raté ! Impossible de lui retourner la pareille.
Il tend la main vers la commode qui me sert de chevet et s'empare du cadre de la photo de ma famille. Mon père, et ma mère enlacés devant les box du haras, et ma sœur en tenue d'équitation.
-
C'est ta sœur ?
-
Oui.
-
Vous vous ressemblez beaucoup dans la famille. Quel âge a-t-elle ?
-
26.
Il la contemple longuement.
-
Et elle sait ce que tu fais ? Elle connaît ta soumission ?
Je me sens mal à l'aise qu'il pose ainsi des questions si précises sur ma sœur.
-
Elle sait que je pose pour vous… Et elle lit le Blog. Donc elle sait tout ! .
Et comme pour me sécurité, me rassurer moi-même
-
Elle est super, je l'adore, on s'entend très bien et on partage nos expériences, d'ailleurs elle est intervenue sur le Blog.
Il soulève un sourcil d'étonnement.
Je continue.
- Ohh… Une seule fois.
Là, c'est moi qui peux lui apprendre quelque chose et je ne m'en prive pas. Je me soulève de sa poitrine et comme si toute la terre pouvait m'entendre, je lui murmure son pseudo. à l'oreille.
Il sourit largement. Semble surpris.
Son attention se reporte de nouveau sur la photo.
- Tu ressembles beaucoup à ta mère aussi, à part la couleur des cheveux.
Sa main se pose sur le bas de mon dos et caresse le creux de mes reins, remonte le long de ma colonne vertébrale s'emmêle dans ma chevelure rousse. Je frissonne d'aise.
Plusieurs fois, sous le drap, sa main va faire l'allez retour de ma nuque à mes fesses. Il repose par terre la photo sur le sol à coté de l'ordinateur bavard et me regarde droit dans les yeux.
-
Ce n'est pas désagréable de sodomiser la petite fille à son papa !
Mon sang ne fait qu'un tour. Il sait à quel point le langage ordurier peut me faire me hérisser. Mais je sais aussi qu'il le fait exprès. Je rougis violemment et détourne de nouveau mon visage.
Il chuchote à mon oreille et enfonce le clou.
-
Après tout, si ton père élève des pouliches c'est bien pour qu'on les monte ? … Et j'apprécie de dresser et monter la plus belle de son haras !
Sa caresse se fait plus précise et gagne le pli de mes fesses. Il a décidé de m'humilier en parole et il appuie cette humiliation par une caresse des plus intime. Le surnom de "Pouliche" est maintenant un usage entre nous et ce genre de propos me fait rougir autant qu'ils m'excitent.
-
Et ta sœur ? Que pense-t-elle de cette histoire ? Quel effet çà lui fait de savoir que sa petite sœur adorée se met à genoux pour sucer un vieux de plus de quarante ans ?
Là il va loin ! Ma poitrine vibre d'indignation et pourtant je n'arrive pas à me mettre en colère. Je relève vivement la tête et feint l'irritation. Il sourit largement, content de lui, de l'effet produit. Je m'exclame.
-
J'ai 20 ans... Je mène la vie qui me plaît… Et… Et… Ma soumission, c'est moi qui l'accepte. Et... Et... Puis, je ne vois pas ce que l'âge à voir avec çà ! De toutes les façons elle adore çà… Pa.. Parce que je suis heureuse. Et… Elle aime aussi beaucoup ce que tu fais…
J'en bafouille, j'aimerais lui dire tout ce que deux filles peuvent se raconter entre elles, surtout deux sœurs, des choses que les hommes n'ont pas idée. Une larme perle à mes cils. C'est maintenant tout mon corps qui vibre d'indignation, J'ai froid. L'ordinateur émet un bip de rappel.
Marc pose sa main sur ma joue et de son pouce essuie mes yeux embrumés. Je suis sur le point de fondre en larme. Il a mis le doigt sur un point extrêmement sensible. Et il le sait. Nous avons une vue diamétralement opposé sur notre différence d'âge. Il se considère comme un Maître de passage pour autant que dure cette étape. "Le temps de créer une œuvre d'art" comme il dit. Alors que je suis plus dans la durée, la pérennité. Et pourtant je sais que cela n'est pas possible et c'est bien ce qui provoque un tel conflit en moi. De nouveau je pose ma joue sur sa poitrine, sa main lisse mes cheveux et l'autre vagabonde sur mes hanches. Des paroles me reviennent en mémoire. " Tu t'attendrais à quoi ? Tu as toute une vie à faire! Franchement je ne te vois pas en train de laver mes slips et mes chaussettes en me regardant tendrement en train de vieillir" Et si l'image m'a fait rire alors, je sais au fond de moi qu'il a raison. Alors, pourquoi est ce que je le vois fixé dans le temps ? Intemporel… Immortel ! Je soupir profondément et tente de penser à autre chose. Il me faut profiter pleinement de cet instant. Advienne ce qu'il décidera !

Les paroles outrancières qu'il a prononcées à mon oreille ont détourné mon attention autant qu'elles semblent avoir provoqué un regain d'ardeur de mon Maître. Je le sens là, contre mon ventre, juste sous mon nombril. La palpitation de son désir renaissant. J'ai ainsi le moyen de mettre fin définitivement à cette conversation embarrassante. Je glisse un bras sous les draps, me soulève un peu et empoigne à pleine main le fier et vibrant bélier de chair. Je suis à califourchon sur lui et Il ne faut pas loin pour le présenter à la porte humide, déjà entrouverte. Comme il est facile de l'introduire, d'un discret coup de rein ! Je m'étonne moi-même de mon audace et je lève la tête vers lui en baissant les yeux. Comme le ferais une gamine prise en faute. Je me laisse glisser vers le bas m'empalant lentement et profondément. Ma bouche s'ouvre et mes yeux s'écarquillent au fur et à mesure de sa progression. Ses deux mains se posent sur mes fesses et les écartent pour aider à la pénétration. Une fois bien caler au fond de moi, je pousse un soupir et m'allonge de nouveau sur sa poitrine. Je suis Bien ! Ne plus bouger ! Que cette instant dure une éternité ! Ses caresses ont repris le long de mon dos Il semblerait que lui non plus ne veuille pas aller plus loin que cette intime communion charnelle. Soudés l'un à l'autre nos respirations s'accordent et mon corps s'engourdit. Toute la tension nerveuse de cette interminable journée d'attente, de son attente, retombe autour de moi. Je suis bien… Si bien. Mes yeux se ferment, je plonge dans un moelleux trou noir. Au loin, très loin, venant d'une distance infinie retentit un dernier bip étouffé.

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