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Les Carnets d'Emilie

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11 août 2007

Interludes. Retour d'Irlande.

L'avion d'Air Lingus vient de décoller de l'aéroport de Cork. Dans un peu plus d'une heure je serais de retour à Paris. Adieu ma verte Irlande et à bientôt mes amis, ma famille gaélique. Je me saisis de mon carnet, de mon bout de crayon (un stylo est une arme dans un avion ! Mais, il est vrai, pas que dans un avion, …Pour tous les autoritarismes aussi !) et pelotonnée, sur mon siège je commence à écrire.

Deux semaines de vacances à me saouler d'espace, de rire, … A me languir aussi. Ses exigences étaient simples, "Tu pars en vacances, repose-toi, pas de contact, pas de téléphone, on se retrouve fin août. Prends soin de toi !" Prends soin de toi ! Il en a de bonne ! Quand je retrouvais ma chambre dans la nuit après ces soirées Pub interminables, échauffée de danse et de tapage avec ces rêves récurrents qui éveillaient en moi les désirs les plus doux. Comment ne pas transgresser une des premières règles qu'il m'a fait suivre ! " Tu ne te caresse pas sans me demander l'autorisation" Et comment faire s'il refuse que je l'appelle ? Et cette cour de garçons irlandais, adorables et attentionnés au demeurant, qui ne pensait qu'a "sortir" la petite Française et plus si affinités. Combien de déceptions ? Plusieurs fois, seule dans la salle de bains, j'ai pris la position imposée, nue, à genoux sur le carrelage, les jambes écartées, les mains dans le dos et la tête baissée. Je fermais les yeux et m'imaginais sa présence attentive. Cela suffisait à déclencher en moi un plaisir trouble qui mouillait mon ventre et me laissait pantois. Plusieurs fois lors de mes longues balades à cheval le long des falaises battues par les vents et les embruns mon ventre est venu à la recherche du pommeau de cuir de la selle, s'y est pressé, s'y est frotté alors que je me couchais sur l'encolure de ma monture et fermais les yeux de plaisir.

J'ouvre les yeux, je me suis assoupie un instant. Je contemple mon carnet ouvert sur mes genoux couvert de notes hâtivement griffonnées. Un moment de panique, je jette un œil à ma voisine mais elle est absorbée dans la lecture d'un magazine féminin. Elle n'a pas lu ces phrases interdites, la suite de mes aventures à Lyon, que je vais bientôt mettre au clair et éditer dans mes carnets. Mais avant toute chose dès ce soir…Lui passer un coup de fils, … Les vacances sont terminées !

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23 juillet 2007

Chap.5. L'offrande.

La pluie tombe par intermittence Evidemment je n'avais pas prévu de vêtement de pluie pour ce week-end. C'est trempée que je m'engouffre dans le bar mais je suis à l'heure c'est déjà çà ! Je mets un moment à le repérer. Il est assis au fond de la salle devant un verre de liqueur incolore. Il me sourit. Je vais pour m'asseoir en face de lui mais il se décale sur la banquette et indique de la main la place qu'il vient de libérer. Je m'installe à côté de lui. D'une main il me prend par les épaules et de l'autre signe un serveur.
- Tu veux boire quelque chose ?
- Un Monaco ! ?
Il me regarde fait une moue, ses sourcils se soulèvent.
- Non… Quelque chose d'un peu plus fort.
Le serveur se place devant nous et sans me demander mon avis il lui lance.
- Un Caipiroska !
Le serveur s'éloigne.
Il appuie un peu plus fort sur mon épaule les caressant rudement.
- Tu va en avoir besoin !
Et voilà comment il réussit à provoquer chez moi un sentiment de panique irraisonné. Son regard est grave et son sourire un peu contraint, comme s'il me demandait mon approbation. Sans un mot, comme à son habitude il dépose un baiser sur mon front. Mais cette fois celui ci il se prolonge et descend le long de mon nez et cherche ma bouche. Sa langue s'insinue entre mes lèvres. Je réponds avec délectation. Le temps s'arrête mais une sensation de menace me saisi. Que ce passe-t-il ? Jamais il n'avait manifesté une telle tendresse ! Lorsque je redescends sur terre le serveur est planté devant nous, il attend de poser la boisson sur la table. Embarrassée, je me redresse et lance un "merci" timide. Il me jette une œillade rigolarde ! Je baisse la tête et observe par en dessous les autres clients. Des regards sont tournés vers moi. Et brusquement je comprends ou je crois comprendre leurs interrogations. "Elle est si jeune"… "Il pourrait être son père"…"c'est dégouttant"… Leurs voix résonnent dans ma tête. Comment un simple baiser peu déclencher autant d'intérêt chez eux ? Et encore, s'ils savaient ? Nous vivons vraiment dans un autre monde maintenant! Cette pensée me rassérène. Une fois le serveur parti. C'est moi qui cherche sa bouche, ostensiblement. Je leur montre que c'est moi qui ai choisi !
Il accepte mon baiser avec un plaisir évident, il se fiche des regards. Peut-être même les recherche-t-il ? Apres une longue minute il me repousse délicatement.
- Termine ton verre…Nous allons être en retard.
En retard ?
J'avale d'un trait la boisson citronnée qui laisse dans ma gorge une traînée de feu. La vodka irradie une chaleur qui gagne tout mon corps et me prépare à affronter la pluie.
Enlacés nous traversons la Saône sous la pluie et gagnons mon hôtel. Je suis trempée, sa veste et son sac de cuir m'ont un peu protégée, mais en fait nous avons partagé la pluie plus que l'abri. Nous franchissons le hall en trombe. Il était temps, les premiers grondements d'orage résonnent au-dessus de la ville et la pluie redouble. Nous gagnons ma chambre sans nous arrêter. Une fois la porte fermée, nous nous ébrouons en riant. Je me sèche les cheveux et les peigne longuement. Je sais qu'il va se passer quelque chose mon ventre irradie une douce chaleur une attente que je trompe en prenant soin de moi. Mais il semble pressé. Il désigne rapidement le lit du doigt.
- Déshabille-toi et monte sur le lit.
Il se penche sur son sac de cuir, l'ouvre et en sort des écheveaux de corde de chanvre. Ces cordes je les connais déjà. Sans fioritures ni effet langoureux je me déshabille et monte sur le lit. Je prends la position de soumission adéquate. Je n'ai plus qu'a attendre. Méticuleusement, il démêle et dispose les liens à côté de moi. Une odeur de foin coupé me parvient, l'odeur caractéristique du chanvre, cela me ramène à mes souvenirs. Mes premiers encordages dans l'atelier, mes premiers émois de captives, mon plaisir à être immobilisée. Je sens mon ventre se mouiller à cette seule évocation.
Sans un mot il me ramène les mains sur la poitrine et me met en position de suppliante. Il lie mes poignets et me ceinture le torse avec la corde comprimant mes seins. Avec sa dextérité il ne lui faut pas longtemps pour immobiliser le haut de mon corps. Il passe à mes jambes. Les chevilles sont vite liées au haut de mes cuisses. Tout mouvement m'est maintenant impossible. , Dans un même geste, il m'ôte délicatement mon collier de servitude ainsi que la petite chaîne d'or qui porte ma croix de baptême. Je ne comprends pas ce que cela veux dire. Cela a certainement une signification, il ne fait jamais rien qui n'aie un sens… Je murmure tristement à voix basse comme pour moi-même sans attendre de réponse.
- Pourquoi ?
Effectivement, il ne répond pas. La réponse doit être en moi !
Son œuvre achevée Il se donne le temps de prendre quelques photos puis il pose ses mains sur mes genoux et s'éclaircit la voix.
- Il est des étapes difficiles à franchir….
Je perçois le trouble de sa voix !
- Celle-ci en est une…Autant pour toi que pour moi !
Dehors le grondement de l'orage s'accentue. Décidément il sera dit que mes étapes délicates seront marquées par le courroux des cieux.
- Je vais te…
C'est à ce moment précis que son portable se met à sonner. Il s'interrompt et porte le téléphone à son oreille.
Oui… Tu es où ? …Troc Bar… OK… Tu m'attends j'arrive. !
Il raccroche rapidement. Cherche sa respiration et continu.
…Je vais te laisser… Un homme va venir… Tu devras lui obéir comme tu m'obéis.
Il a dit ça posément, sans attendre d'assentiment de ma part. Et de toutes les les façons, que puis-je faire ? Je suis dans l'impossibilité de bouger! Dans l'impossibilité même de contester ! Au fond de moi je me refuse à écouter ce qu'il me dit. Et pourtant je comprends immédiatement ce que cela signifie. Il va me donner à un autre! Comment peut-il me faire çà ? . Une onde froide cours sur la surface de ma peau, j'ai l'impression que les liens de chanvre se resserrent et s'incrustent dans mes chairs. Et moi qui me réjouissais d'une soirée en amoureux !
Il se relève et s'empare d'un bandeau de velours noir qui accompagne les cordes. Je lui lance un regard suppliant. Le rideau sombre s'approche de mon visage. La nuit tombe sur mes yeux. Le nœud du bandeau se serre fermement derrière ma tête. Me voici aveuglée. Peut-être cette épreuve sera-t-elle plus douce si je peux me réfugier dans la nuit !
Il me dépose un baiser appuyé sur le front, me caresse doucement les hanches, ses doigts courent le long du pli de l'aine. Il s'assure que mes cuisses sont au maximum de leur écartement. Délicatement, il passe une main entre mes jambes. Je fonds littéralement lorsqu'il vient recueillir en surface de ma fleur la délicate rosée de mon corps. Une boule d'angoisse qui grossit dans ma gorge, une envie de pleurer, de hurler pour qu'il ne m'abandonne pas. Mais est-ce que cela aura un effet sur lui ? Et la phrase qui résonne à mon oreille qui marque le début de la séance, un rituelle maintenant.
- Fais que je sois fier de toi !
Je l'entends se redresser, quitter le lit. De nouveau le bruit caractéristique de l'appareil photo. Ses pas sur le sol. La porte qui claque et se referme à clef. Le silence qui tombe dans la chambre. Les battements mon cœur résonnent furieusement à mes oreilles. Dehors les grondements de l'orage se rapprochent.

Le temps semble s'étirer sans fin. L'attente est insupportable mon esprit s'engourdit et ma position n'est pas des plus confortable. Je n'ai pas réussi à calmer mon angoisse et les battements de mon cœur. Je sais que quelqu'un est en train de venir vers moi, pour moi, pour mon corps. Et il va falloir que je m'offre que je m'ouvre nue devant un inconnu. Des scénarii fous se déroulent dans ma tête. Et si je tentais de m'échapper? Apres tout je ne suis pas obligée de rester dans cette position humiliante. Il me serait facile de rouler sur le coté. Pour ne pas me blesser les liens ne sont pas serrés excessivement ! Il me serait tout aussi facile de m'en défaire ! Du moins je le crois. Qu'est-ce qui fait que je reste là passive, anesthésiée comme le serait une victime hallucinée d'un sacrifice rituelle ?
Un bruit de clé dans la serrure me tire brutalement de mes réflexions. Je sursaute, ce petit bruit discret me semble résonner dans tout l'hôtel. Mon cœur s'emballe. La porte s'ouvre, je devine une personne qui se glisse dans la chambre. Je voudrais que la terre s'ouvre sous moi. Il ne referme pas immédiatement la porte. D'où il est, il a tous loisirs de me contempler. Je sens comme une caresse physique son regard sur moi. Je frissonne. La porte finit par se refermer. Les pas se rapprochent du lit. Je tends l'oreille, espère une parole pour au moins mettre un début d'image sur l'inconnu. Les pas tournent autour ne moi. Il doit commencer par se repaître de la vision que je lui offre. Nue, ligotée, les cuisses largement écartées je sais que dans cette posture je suis, pour un homme, un fantasme vivant à portée de sa main. Cette idée me trouble un peu, une chaleur sourde commence à irradier mon ventre. Je cherche à combattre ce début de plaisir. Je ne veux pas ! Je ne veux pas me laisser aller à la jouissance. Pas avec cet inconnu. Je serais l'objet passif qu'il est venu chercher. Rien de plus. Je ne peux retenir un petit cri de surprise lorsque sa main se pose sur ma cuisse. Elle est froide. Une deuxième main s'empare de l'autre cuisse et ensemble commencent à me caresser. Je prends une profonde inspiration pour essayer de me calmer. Fuir en esprit ces ignobles caresses autant que possible. A-t-il pris cette inspiration pour un soupir de contentement ? Toujours est-il que ses mains commencent une sarabande effrénée sur ma peau. Des caresses désordonnées aléatoires, inexpérimentées. Il explore, tourne autour de mon ventre comme s'il n'osait aller plus loin, ses mains froides s'insinuent sous mes bras attachés à la rencontre de mes seins qu'il malaxe sans douceur. Il ne caresse pas... Il tripote. Cette maladresse ne fait qu'augmenter ma répulsion. Mais après tout à ses yeux je ne suis qu'objet, et on ne caresse pas un objet pour lui donner du plaisir, mais pour en prendre ! Sa main se décide à gagner mon entrejambe. Je me redresse pour échapper à l'étreinte. Peine perdue, bien sûr, les liens de chanvre sont bien pensés. Un doigt s'enfonce en moi. Je bredouille une vague protestation. Il s'enfonce un peu plus. Je ne peux réfréner ma nature, mon ventre se mouille sans vergogne augmentant ma honte de montrer ainsi mon plaisir. Longuement il fouille mon intimité jusqu'à me tirer de petites plaintes étouffées. Il se retire enfin. Je me détends. Je l'entends distinctement enlever une veste ou un manteau qu'il laisse choir sur le sol. Des frottements, on fouille dans des affaires. Je ne comprends pas bien les bruits, je n'arrive pas à les analyser et maintenant les roulements de l'orage couvre les sons.
Ses mains reviennent à moi, plus fébriles encore. Elles se posent sur mon visage lisse le bandeau sur mes yeux, descendent sur ma bouche qu'elles entrouvrent d'un doigt. Puis prestement comme s'il ne pouvait attendre. Il me prend par les cheveux et sans douceur me penche vers l'avant. Un objet chaud et lisse se plaque sur ma bouche. Je comprends immédiatement à quelle ignominie il veut me contraindre. Je regimbe et détourne la tète. Je ne veux pas ! Je tente de me redresser mais sa main se fait plus ferme contrant ainsi ma pauvre tentative de dérobade. La lutte est inégale. De plus j'ai promis à mon Maître de faire ce qu'il désire. Tout ce qu'il désire ! Mon dieu comme cela est cruel ! Une bouffée de tristesse m'envahit, je ne peux retenir des larmes de détresse qui viennent mouiller le bandeau de velours. Comme s'il avait compris mon désarroi sa prise devient plus douce, mais cela ne l'empêche pas de ramener mon visage face à lui d'une main ferme. Sous mon bandeau je laisse couler mes pleurs, mais résignée, comme sous l'effet d'un ordre direct de mon Maître, je finis par ouvrir la bouche. Il s'engouffre immédiatement entre mes lèvres.
Un parfum à l'arrière goût chimique se répand dans ma bouche. Une fine texture souple me signale que l'inconnu s'est paré d'un préservatif. C'est étonnant comme cette simple barrière de caoutchouc met une distance entre moi et mon assaillant. Mon Maître aime à savoir que je goûte la saveur de son corps, la caresse est alors des plus intime. Rien de cela ici, j'ai vraiment l'impression de n'être qu'un objet de jouissance sans âme, un "sex-toy" ! Et effectivement il utilise ma bouche comme un "sex-toy", sans douceur sans sentiment, s'enfonçant brutalement et commençant un va-et-vient saccadé et violent qui finisse par m'arracher des plaintes étouffées. Mes gémissements semblent augmenter son plaisir et le piston de chair accélère sa course frénétique. Pour tenter de calmer son excitation je retiens mes cris. Ce sont mes yeux inondés de larmes qui servent d'exutoire à sa violence. Le manque de douceur ainsi que l'inexpérience que je ressens chez cet inconnu me font brusquement penser à l'ami de Marc. Le garçon attablé à ses côtés au fond de la brasserie de la place des Terreaux. Pendant qu'il s'active entre mes lèvres, je revois dans un brouillard leurs sourires et coups d'œil complices lancés vers moi lorsqu'ils se sont séparés. Enfin je mets un visage sur mon agresseur ! Je me trompe peut être mais cela me rassérène. J'avais besoin de mettre une image sur cet homme et mes réflexions intérieures m'éloignent un peu de l'assaut violent dont je suis victime. L'effraction buccale cesse brutalement. Il sort de ma bouche ce qui me permet de prendre mon souffle bruyamment et de tousser afin de soulager l'irritation de ma gorge. L'amant pressé ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits. Il me penche brutalement vers l'avant me pressant le visage contre le matelas rehaussant mes fesses dans une posture que je connais trop bien pour savoir à quel assaut elle m'expose. Sautant rapidement par-dessus le lit, il se place derrière moi. Sans attendre, sans préliminaires, son sexe enfonce la porte de mon ventre et me fend profondément. Malgré mon humidité je ne suis pas préparée et ne peux retenir un cri de douleur. Il n'en a cure et entreprend un pilonnage régulier de mon intimité. Je mords le couvre lit pour ne pas hurler. Le rythme s'accélère, ses deux mains se crispent sur mes hanches il s'arc-boute de tout son poids comme pour me percer au plus profond. Je n'en éprouve aucun plaisir. Il est si maladroit. Il n'est la que pour sa propre jouissance. Je ne geins que de douleurs et de répulsion. Il pousse enfin un cri de jouissance. L'acte est consommé. La tête enfouie dans le couvre lit, je pleure de tout mon soûl. Je pleure de honte d'avoir été ainsi un jouet de plaisir. Je pleure de honte d'avoir peut-être aimé çà. Mais je ne veux pas me l'avouer. Il roule sur le coté en m'entraînant, son membre encore fiché entre mes jambes. Il respire fort et reprend son souffle peu à peu. Lentement, comme à regret, sa verge se retire. Il se lève. Je me recroqueville en chien de fusil. Je sanglote. Il vient me flatter la croupe et les hanches, comme pour me consoler. Je me crispe et me raidis lui signifiant mon dégoût. Sa main se retire. Il ne lui faut pas longtemps pour se réajuster, enfiler sa veste et partir en refermant doucement la porte derrière lui sans fermer à clef.

J'essaye de me calmer, de ravaler mes pleurs. Dehors l'orage n'en finit pas de tonner. Il me vient à l'esprit que Marc ne va pas tarder à me rejoindre. Je ne veux pas qu'il me voit ainsi. Péniblement, gênée par mes entraves, je me redresse maladroitement. Il me faut une longue minute pour me remettre à genoux. En pensant à lui de toutes mes forces, j'écarte les jambes. D'un mouvement de tête je tente de replacer mes cheveux en arrière. J'ai repris la pose de départ je n'ai plus qu'à attendre sa venue.
- Tu m'impressionne !
Sa voix éclate dans la chambre comme un coup de tonnerre. Mon cœur fait un bon si fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine. Il était là ! Pendant tout le temps de ce viol consenti, il était là ! Je reste sans voix. Abasourdie.
- De reprendre ainsi la pose… Bravo,... Tu m'impressionne !
Je l'entends se déplacer du coin gauche de la chambre, ses pas se rapprochent, je devine qu'il s'agenouille face à moi. Ses mains viennent détacher le ruban mouillé de larmes. Même la pénombre intime dans laquelle baigne la chambre m'aveugle. Il est là ! Encore hébétée, je n'arrive pas recoller avec la réalité. Il est là, et il me sourit avec ce sourire que je connais bien maintenant celui de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour. Ses mains se posent sur mes cuisses, il reste silencieux observant attentivement ma réaction. Une réaction qui ne se fait pas attendre. La tension est trop forte pour que je la garde en moi. D'irrépressibles sanglots m'envahissent, j'essaye de parler.
- Monsieur... Je... Je…
Un flot d'émotions me submerge, un ébranlement de tous mon être. Un hurlement silencieux qui se noie dans les pleurs. Je me laisse tomber sur son épaule.
- Monsieur... Je ... Je... Je vous aime !
Il faut que cela sorte quoi qu'il en coûte, il doit savoir.
- … Je vous aime... Pour… Pour ce que vous m'avez fait !
Et je repars de plus belle en sanglot.
Il faut de longues minutes et de nombreuses caresses de sa part pour me calmer. Je finis par me redresser refoulant en hoquetant mes derniers sanglots. Tremblante de tout mon corps, épuisée. Il passe ses mains sur mes joues essuyant les dernières larmes qui perlent à mes cils. Il me regarde en souriant.
- Eh bien... Tu es la soumise la plus émotive que je n'ai jamais vu !
Sur ce, il éclate de rire. Désarçonnée, je le regarde s'esclaffer et lentement du plus profond de mon ventre monte un fou rire irrépressible. Un rire salvateur qui balaye de sa puissance lénifiante les tourments que je viens de subir et le souvenir du petit être mesquin qui y a trouvé du plaisir. Nous retombons dans les bras l'un de l'autre mais cette fois nous sommes secoués par une hilarité incoercible.
Je suis exténuée. Passivement je le laisse ôter les liens qui me ceinturent la poitrine et les poignets. Ils ont laisser de profondes marques rouges. Je me masse les poignets tandis qu'il caresse celle de mon dos. Cela doit lui faire de l'effet car il dépose un baiser sur les cannelures creusées par les cordes de chanvres et sa langue en suit amoureusement les sillons gaufrés. Je frissonne, mais me lève d'un bond en lui souriant échappant à ses caresses pour me précipiter nue et libre vers la douche...


 

 

16 juillet 2007

Chap.4. Exposition.

Je ne me lève pas de bonne heure ce matin. J'aurais voulu profiter de la matinée pour visiter la ville mais Il n'est pas resté avec moi hier soir. "J'ai affaire" a-t-il dit sur un ton qui ne souffre pas de questionnement. Pas facile de s'endormir. Résultat je me réveille vers 9 heure. Une douche longue et fraîche. Un petit déjeuner nonchalamment avalé au bar de l'hôtel et direction le Palais de Bondy. Je sais qu'il y sera. Il m'a interdit d'y passer mais je ne peux résister. D'un pas décidé je passe le Pont de la Feuillé et gagne les premières marches du Palais que je monte quatre à quatre.
Personne pour m'accueillir ! Dans d'immenses salles lumineuses je déambule entre les œuvres et je finis bientôt par tomber devant trois de ses toiles. Aussitôt les souvenirs de mes vacances resurgissent et défilent devant mes yeux. Ces toiles je les connais, elles ont été témoins de ma présentation à mon Maître, de mes premières génuflexions, de ma nudité, de mes angoisses, de mes plaisirs interdits. Une bouffée de chaleur monte dans ma poitrine et ma gorge se noue.
- Je t'avais pourtant dit de ne pas venir ici !
Je sursaute. Tout à ma contemplation je ne l'ai pas entendu venir derrière moi. Je me retourne. Il a le front plissé de colère. Je lui souris, il va falloir faire retomber son courroux.
- J'avais vraiment envie de voir cette expo…Je suis désolée… Elle est vraiment très belle.
Le compliment le laisse de marbre. Il émet ce petit claquement de langue caractéristique qui signale sa désapprobation et son impatience. Je baisse les yeux et les relève lentement vers lui en essayant un sourire que je sais désarmant. Il reste de glace.
- Tu ne perds rien pour attendre… Mais puisque tu es là…
Il jette un regard autour de lui.
- Enlève ton tee-shirt je veux prendre une photo souvenir.
A mon tour je regarde autour de nous. Personne. Il est tôt et il n'y a pas grand monde dans les salles d'exposition. Je lui tends le pull que je porte négligemment sur les épaules et d'un mouvement rapide enlève mon tee-shirt. Je suis poitrine nue et jette autour de moi des regards angoissés. Il s'éloigne un peu pour faciliter la prise de quelques clichés. C'est amusant et je prends quelques poses de starlettes en souriant, c'est facile quand on se sent belle. Les photos s'enchaînent lorsque du coin de l'œil je vois surgir dans la grande salle adjacente un couple de visiteurs. Prise de panique je me colle contre un mur. Nous sommes dans une sorte de rotonde et cela me cache à leurs yeux. Je tends la main vers Marc pour réclamer mon tee-shirt et me couvrir. Avec un large sourire il fait un pas en arrière et secoue la tête négativement. Ma panique augmente. Il n'oserait pas me faire çà ! Oui, j'ai bien peur qu'il en soit capable. Je traverse la pièce pour le rejoindre un bras barrant ma poitrine me dévoilant un court instant et en priant que les visiteurs soient absorbés par la contemplation des œuvres. Je le rejoins dans l'encoignure opposée et le supplie.
- Je t'avais bien dit que tu ne perdrais rien pour attendre ! - Murmure-t-il d'un ton froid.
Mon dieu, il est bien décidé à m'humilier ici !
Par dessus son épaule je jette un coup d'œil à l'autre grande salle. Elle est vide et semble m'offrir une issue pour fuir les visiteurs. Je vais tout de même pas passer ma matinée à jouer à cache dans ces salles d'exposition ! Je m'apprête à franchir le seuil pour gagner la salle vide quand il me barre le passage.
- Non, non… Tu reste là…Je n'ai pas fini mes photos.
Je me liquéfie littéralement. Il ne sourit plus. Et je commence vraiment à avoir peur.
Que va-t-il se passer si ces gens me voient à demi nue, ici ? Indifférence ou scandale ? Je m'imagine fuir dans la rue les bras cachant ma poitrine sous les huées ou les quolibets de la foules. Je ne les vois pas mais je sais que les visiteurs se rapprochent. La tension est tel je j'ai l'impression que je vais m'évanouir. Marc se déplace un peu pour observer la progression des visiteurs, je me colle contre le mur froid. Quelques instants se passent quand, comme ayant reçus un signal, d'un geste leste, il m'envoie mon pull que j'attrape au vol. Dans le même temps je perçois des ombres de personnes sur le point de franchir le seuil. Pas le temps d'enfiler le pull ! Je le jette sur mes épaules et fait retomber les manches sur ma poitrine je croise les bras et tourne le dos à la porte en faisant semblant d'être absorbée par la contemplation d'une des œuvres de la rotonde. En fait, je suis au bord de l'apoplexie je dois être rouge comme une pivoine. Un petit bonjour courtois me vient des visiteurs je réponds du bout des lèvres sans me retourner alors que Marc leur répond ostensiblement. Je perçois une sorte de jubilation dans son "Bonjour". Je prie pour qu'il n'engage pas la conversation. Après tout c'est lui l'Artiste il pourrait commencer à expliquer son Art aux visiteurs chanceux de le rencontrer et faire durer ainsi mon calvaire.
Heureusement aucune conversation ne s'engage. En silence j'entame une sorte de quadrille me déplaçant en même temps qu'eux de façon à toujours leur tourner le dos. Plusieurs fois je croise le regard ravit de mon Maître. Il a sa petite vengeance ! Après ce qui me semble être une éternité les visiteurs finissent par gagner l'autre grande salle. Soulagée, je me rapproche de lui. Est ce le relâchement de la tension, un sentiment mêlé de colère de soulagement de joie de plaisir Toujours est-il que j'ai envie de lui tambouriner la poitrine, je lui jette un regard furibond. En un éclair je m'aperçois que j'ose le défier au mépris de toutes les règles. Trop tard, il s'en est aperçu. Toujours avec le sourire, il pose un délicat baiser sur mon front enfiévré.
- Je n'en ai pas fini avec toi aujourd'hui !
Qu'a-t-il voulu dire ? Que me prépare t il encore ? Il a pris quelques clichés mon pull sur les épaules j'ai repris mes poses de vedette débutante. Il a fini par me rentre mon tee-shirt. Ensemble nous avons fait le tour de l'exposition puis nous avons terminé la matinée à visiter la vieille ville.

Jouer les touristes avec lui est des plus agréables. Il semble connaître Lyon comme le fond de sa poche. En tout cas il y est très à l'aise. Il m'a fait découvrir les "Traboules" ces espèces de passages secrets qui sillonnent la ville. Les seuls endroits ou à l'abri des regards il accepte que je lui prenne la main et ou l'on échange des baisers et caresses appuyés. Nous avons fini par nous attabler à la terrasse d'un Bouchon et entamé avec bonhomie un repas de quenelles bien mérité.
C'est pendant ce repas que j'ai entamé une discussion sur un sujet qui me tenait à cœur.
- Mar... Monsieur… - J'ai failli gaffer, décidément c'est le jour.
- Est-ce que vous me ferez l'honneur de me dessiner un tatouage ? J'aimerais tellement en porter un de vous ?
Je sais qu'il en dessine régulièrement et qu'il a même, un temps, été tatoueur. Je nourris l'espoir que ce soit lui qui dessine sur ma peau.
Il réfléchit un instant se sert un verre de vin qu'il déguste lentement. Et finit par lâcher.
- Il en est hors de question !
Devant ma mine déconfite d'incompréhension il rajoute.
- Qu'est ce que cela va t'amener ? Qu'est-ce que cela représente pour toi ?
- Toutes mes copines en ont ! Et d'en avoir un de vous…çà classe !
- Et tu veux faire partie du troupeau et bêler en cœur ?
- Non, non... Je ne voyais pas çà comme çà…
- Regarde autour de toi. A vouloir se distinguer, on finit par retomber dans le commun et le vulgaire. Et tu sais que je déteste le vulgaire J'ai particulièrement apprécié que tu te présente à moi sans aucune marque sur ton corps. Que tu n'aies pas de tatouage ou de piercing est pour moi un trésor comme l'est la toile blanche qui portera mon œuvre ! Ta peau est vierge comme l'était ta bouche et tes reins. Je te prie de la garder ainsi !
Il s'interrompt dans sa démonstration reprend une goulée de vin, pose délicatement le verre sur la table, son regard clair capte le mien. Il continu.
- Lorsque mon œuvre sera achevée, lorsque ton dressage sera terminé... Si tu va au bout… Je te signerai !
Me signer ?. J'essaye d'en savoir plus marquant mon incompréhension.
- Vous me signerez ?
Il sourit tristement et son ton devient grave.
- Je te signerai… Je te marquerai au fer.
Je reste interloquée. Sans voix. Je plonge mon nez dans mon assiette. Le marquage au fer c'est plus pour moi un fantasme, je ne pensais pas y être réellement confrontée. Lors de mon séjour à l'atelier j'ai vu quelques-uns uns de ses fers. Mais, m'a-t-il dit, ce sont des commandes, lui-même ne les utilise pas vraiment… Pas vraiment !  Et pourtant bien qu'hypothétique la situation m'effraie un peu. J'ai du mal à m'imaginer en train de recevoir une telle marque… Je n'ai pas réellement peur et suis plutôt intriguée.
- Mais ce n'est pas pour aujourd'hui.- Plaisante-t-il en riant et se reculant sur sa chaise.- Il te reste beaucoup de chemin pour en arriver là. Une marque cela se mérite. Cela n'est pas donner à tous… Cela sera presque la fin de notre voyage !
La fin de notre voyage ? L'évocation de la fin de cette aventure me laisse encore plus perplexe… J'arrive cependant à retrouver ma voix.
- La fin… Presque la fin ?
- Oui un achèvement.
- Mais que peut-il y avoir de plus qu'accepter un marquage au fer rouge ?
Il redevient soudain grave.
- Ce plus, C'est ce qu'il peut arriver de mieux à une œuvre d'art…
Il s'interrompt. Cherche une lueur de compréhension dans mes yeux. Mais je reste sans voix. Il continu d'une voix sourde, solennelle.
- Je te vendrais… !
Si le monde devait s'écrouler sous mes pieds cela n'aurait pas plus d'effet !
Jamais je n'ai éprouvé une émotion aussi forte. Mon estomac se serre, la tête me tourne et ce n'est pas l'effet du vin. Pour une fois le sang reflux de mon visage. Devant ma mine décomposée il s'alarme pose une main sur la mienne. La chaleur de ses doigts me ramène à la vie, je l'étreins fermement comme pour ne pas me noyer. Et pourtant mon sauveur va me porter un dernier coup qui paradoxalement va me sortir la tête de l'eau.
Tu veux renoncer ?… Si tu veux renoncer c'est maintenant… Sinon nous n'en parlerons plus jamais… Cela se fera naturellement.
Renoncer ? Comment puis-je renoncer ? C'est par mon désir le plus profond que je me soumets à lui. J'aurais l'air de quoi à mes yeux. Ce n'est plus un jeu de gamine perverse… C'est une expérience unique…Ma vie ! Ma fierté reprend le dessus presque orgueilleuse, je prends une profonde inspiration le fixe droit dans les yeux et souffle.
- Jamais !
Tout est dit. Tout est engagé. Aussitôt le poids qui oppresse ma poitrine s'envole. Je me recule sur mon fauteuil et lui souris largement. Un autre niveau du pacte vient d'être passé.
On vient nous débarrasser, servir le café et apporter la note.
En silence nous nous observons mutuellement le temps que la serveuse fasse son office. Une fois celle-ci partie, il reprend en goûtant son café.
- Tu me semble bien arrogante… J'avais prévu ta réponse tu sais !… Je vais te donner un avant-goût de ce qui t'attend … Ce soir même !
Je commence à être habituée aux douches froides. Cela ne me fait pas peur. Il jette un regard à sa montre.
- J'ai un rendez vous prévu de longue date. Je te laisse. On se revoit ce soir à 20h précise au "Backstage" à côté du Palais de l'expo. Ne soit pas en retard !

Il règle la note, m'embrasse sur le front avec un sourire en coin, un sourire que pourrait avoir un chat sur le point de croquer une souris. Sans se retourner, Il s'éloigne et se perd dans la foule. Restée seule je sirote le fond de ma tasse de café un peu dépitée et triste de le voir partir. Je lève la tête. Le ciel vient de se couvrir, une fraîcheur orageuse balaye la terrasse... Je frissonne… De tout mon corps et de toute mon âme.

11 juillet 2007

Chap.3. Chambre avec vue.

Je lui ouvre la porte et le laisse entrer le premier. Apres tout il est chez lui, c'est lui qui m'a réservé cette chambre. Pour une chambre d'hôtel elle est plutôt spacieuse. Un lit double, une salle d'eau avec douche et une large fenêtre fermée d'une balustrade de pierre. Un éclairage indirect donne une touche d'intimité aux lieux. A peine entré, il tend un doigt vers le sol, au pied du lit. Inutile de parler. Je m'agenouille jambes écartées, la tète baissée. Il inspecte la salle lentement, ouvre la fenêtre en grand, s'attarde quelques instants à la contemplation de la rue en contrebas. Apparemment satisfait, il revient et se place derrière moi.
- Lèves-toi !
Je m'exécute et prend la position de soumission debout.
- Déshabille-toi… Enlève ton pantalon et tes chaussures uniquement.
Comme cela est plus facile lorsque nous sommes que tous les deux ! Je me déhanche et fait glisser le jean à mes pieds. Inutile d'aller plus loin je ne porte pas de slip et j'apparais ainsi la croupe nue à peine couverte par le bas de mon tee-shirt aux yeux de mon maître.
- Va à la fenêtre et accoude-toi à la rambarde !
Sur la pointe des pieds, je m'approche de la fenêtre. La rambarde de pierre est suffisamment haute et fournie pour que des regards même perspicaces ne remarquent pas que la partie inférieure de mon corps est dénudée. Je m'accoude et promène mon regard sur la rue en contrebas. Quelques badauds déambulent sur les trottoirs. A ma gauche une terrasse de café est bondée, mais les gens ne me portent pas attention. Dans le bâtiment d'en face à un étage en dessous a lieu un cours de danse. Des silhouettes se trémoussent en rythme sur un parquet ciré. Ils ont aussi autre chose à faire que m'observer. Anxieuse je termine mon inspection circulaire. Personne aux fenêtres alentours! Ce qui me rassure un peu. Pendant mon examen des lieux il s'est approché. Ses deux mains se posent sur mes hanches. Je frissonne. Elles remontent légèrement sous mon tee-shirt et gagne mon ventre tendu. Je sens son souffle sur mon cou. Il murmure.
- Ecarte les jambes et penche toi en avant.
Je ferme les yeux, écarte un peu plus les jambes et me cambre m'appuyant ainsi de tout mon poids sur la rambarde. Ses mains glissent le long de mes hanches et viennent se joindre dans le pli de mes fesses. Sans attendre il introduit un doigt agile dans le sillon déjà humide et s'enfonce dans l'onctueuse chaleur de mon ventre. Malgré la douceur de l'air un feu intense embrase mes reins et mon ventre. Sans qu'il me le demande, je m'ouvre un peu plus sous la caresse. Je laisse retomber la tête, quand une angoisse m'étreint. Il ne faut pas que mon attitude puisse signaler à un éventuel curieux ce qui se passe sur cette terrasse. Je relève vivement la tête et fait semblant de m'intéresser aux paysages alentours, au cours de danse. La caresse s'accentue se fait profonde et appuyée. Ma vue se trouble. Je cherche à garder une certaine contenance mais je ne peux m'empêcher de signaler mon plaisir par un gémissement étouffé. Ses doigts finissent par me quitter. Un petit moment de vide. Je le devine fureter derrière moi et très vite c'est son sexe que je sens appuyer à la porte de mon ventre. Je n'ai pas le temps de protester. Et d'ailleurs je n'en ai pas envie. Il entre en moi facilement. La caresse des ses doigts a huilé et élargi le passage. Il progresse rapidement, se glisse d'un seul élan sans à-coups profondément dans mon intimité en me ceinturant les épaules de ses bras. Son bas-ventre s'emboîte contre mes fesses, nous ne faisons plus qu'un. J'ai un sentiment de béatitude extatique en observant les gens qui passent dans la rue. Un sentiment d'être au-dessus de leur petit tracas Un sentiment étonnant, difficilement descriptible d'être unique, de détenir un singulier secret. Je sais qu'ils peuvent lever la tête à tout moment et que verront ils ? Un couple enlacé à la fenêtre d'un hôtel. Au plus penseront-ils à la soirée qui s'annonce ? Mais devineront-ils qu'elle se déroule déjà sous leurs yeux ? A cette pensée une vague chaude me parcourt et mes reins se tétanisent. Mon vagin se resserre autour de son membre. Il devine le spasme et reste immobile pour ne pas précipiter ma jouissance. Nous restons ainsi un long moment sans bouger à simplement apprécier notre douce fusion. Ses mains caressent doucement mes épaules, mes cheveux et il pose de délicats baisés sur ma nuque. Pour le commun de la rue un couple romantique, rien de plus. Un rayon de soleil vient percer la faible couche de nuage qui peu à peu à recouvert la ville. Avez vous remarqué qu'il suffit d'un rayon de soleil pour que, comme l'hélianthe, les visages se lèvent et recherche la lumière, la chaleur de l'astre solaire ? Pour moi, à cet instant, la démonstration est saisissante, une foule de visages se tourne vers moi. Enfin me semble-t-il !
Alors que je sombrais dans une douce torpeur entre ses bras tous ces visages braqués me tétanisent. Ils vont savoir ! Ils vont deviner que la jeune fille sur ce balcon est en train de subir les assauts de l'homme qui est derrière elle et la maintient fermement. Mais surtout ils vont comprendre qu'elle y prend du plaisir car sinon elle se débattrait ! N'est ce pas ?
Ce moment de panique s'estompe vite, il vient de bouger dans mon ventre et cela me ramène à nous... Il risque un discret mouvement de va-et-vient. Immédiatement cela à l'effet d'un tremblement de terre qui secoue tout mon être et je ne peux contenir de petits cris à chaque enfoncement. Je suis au bord de la syncope. J'ai l'impression d'être coupée en deux. Au-dessus de la balustrade la sage Isabelle, rougissante qui s'angoisse à chaque regard porté vers elle et qui voudrait être ailleurs. Sous la balustrade, la jeune chienne ouverte et ruisselante, subissant en nymphe lubrique les assauts d'un satyre débridé et qui ne demande qu'une chose, que cela continu. Cette dualité provoque en moi une confusion de sentiments que mon Maître va résoudre facilement. Un dernier coup de boutoir et sa main glisse de mon cou à ma joue et son pouce s'enfonce dans ma bouche. Il me signifie ainsi son désir. Mon cœur fait un bond j'aurais voulu aller au bout de notre étreinte, mais il en a décidé autrement. Je jette un coup d'œil circulaire et m'apprête à basculer entièrement sous la rambarde. Une fois sure que personne ne nous épie. Je me dégage de son étreinte et me laisse glisser à ses pieds. Je suis maintenant hors de vue des badauds et en éprouve un certain soulagement. Mais une autre épreuve m'attend. Il s'est confortablement installé à ma place, accoudé sur le parapet de pierre et me surplombe de toute sa hauteur. J'appréhende toujours cette humiliation et dans cette situation est à mes yeux encore plus difficile à accepter. Je relève la tête, d'une main j'écarte mes cheveux qui barre mon front et de l'autre je m'empare de la verge tendue encore luisante et poisseuse de mes sécrétions. Je l'abaisse vers ma bouche entrouverte. Je dépose un délicat baiser sur le globe satiné, baiser prolongé par un délicat lissage de ma langue. Le gland réagis immédiatement en durcissant un peu plus. Je finis par prendre une profonde inspiration et me décide à l'enrober de mes lèvres et à l'engloutir lentement.
Nous venons d'intervertir nos places et j'imagine le plaisir pervers qu'il doit en éprouver. A son tour il est l'hôte négligemment accoudé à la balustrade qui profite de la vue. J'imagine aisément ce qui doit se passer par la tête lorsque l'on se tourne vers lui et que son regard croise celui d'une passante. Dévouée, je m'applique consciencieusement, il faut lui rappeler qui est à ses genoux, à qui appartient la bouche qui lui prodigue ce baiser. La réaction est immédiate, sa main quitte la balustrade pour appuyer sur l'arrière de ma tète et m'obliger à forcer la caresse. J'accélère la cadence et l'accepte au plus profond de ma gorge. A ce rythme il ne faut pas longtemps pour que je reçoive son hommage. Le jus de son plaisir que j'avais gouté pour la première fois à la Pâques envahi de nouveau ma bouche. Mais cette fois je ne suis pas surprise et déglutie sans appréhension la chaude liqueur. Je crois que je commence à mesurer ce qui me semblait une innommable dégradation, avaler le sperme de mon amant... Pardon de mon Maître. Même si je' n'en apprécie toujours pas la saveur et l'acte. Cet acte lui-même, par le fait que je l'accepte à mon corps défendant, renforce mon impression de soumission.
Il prend ainsi son plaisir en moi sans que j'en prenne plaisir et pourtant j'ai plaisir à lui prodiguer. Mon dieu que c'est compliqué !
La fenêtre s'est refermée
Une fois rentrée, j'ai quitté mon tee-shirt et entièrement nue j'ai repris ma pose de soumission au pied du lit. Sans me prêter attention il est passé rapidement dans la salle d'eau et est revenu s'asseoir sur le lit. Il m'a longuement contemplé, a replié ses jambes en tailleur et posé ses deux index réunis sur ses lèvres dans une attitude pensive. Il finit par briser ce silence qui me met mal à l'aise.
- Sais-tu pourquoi j'ai joui aussi vite ?
Interloqué par la question je cherche un moment une réponse cohérente. Et Je n'en vois qu'une seule.
- Vous… Vous avez aimé ma caresse ?
Un silence et un sourire.
- Non…?
- Bien sur… Mais en fait j'ai fait un signe à une cliente du bar d'en face. Et elle m'a répondu. C'était délectable de savoir que sans le savoir, elle participait à tes cotés à mon plaisir. Toi c'était ta bouche que je prenais, elle c'était son attention. C'était vraiment …Agréable.
Et il accentue le mots "agréable" de façon à le rendre moelleux.
Ainsi malgré tous mes efforts je n'avais pu m'accaparer son attention et je n'avais pu être l'entière actrice et bénéficiaire de sa jouissance. Je me sens vexée, dépitée, je baisse la tête. Une boule de chagrin me monte à la gorge.
- Je veux que tu consignes cet épisode dans ton Blog. Peut-être un jour le lira-t-elle. Et elle se reconnaîtra certainement. Elle saura alors ce que voulait dire ce geste.
Je songe aux chances qu'un jour elle tombe sur mes lignes ! Quasiment infime certainement ! Mais le simple fait de la mentionner est suffisant pour provoquer cher mon Maître une délectation intellectuelle inédite et il faut le dire un trouble certain chez moi aussi. Je comprends alors qu'aucun de ses actes n'est le fruit du hasard. Que sa démarche est entièrement centrée sur moi. Que cette spectatrice inconsciente de nos ébats fait involontairement partie du jeu dans lequel il m'entraîne ? Je sais que, même s'il s'en défend, il a joui pour et grâce à moi. Pour me donner tord, il faudra qu'un jour incertain tombe dans ma boite aux lettres une improbable missive. Un courriel qui commencerait par ces mots.
"J'étais attablée sur la terrasse du bar "…" ce samedi 30 juin 2007…"

5 juillet 2007

Chap.2 Retrouvailles.

Je suis sure que toutes les gares du monde doivent avoir la même odeur. Des exhalaisons de moteurs surchauffés, de poussière de métal et de pierre, de sueur, de précipitation, d'hormones de retrouvailles ou d'abandon. J'aime l'atmosphère fébrile des gares mais je n'ai pas le temps de m'attarder. Je lance mon sac sur le dos et quitte d'un pas rapide la gare de Lyon-Perrache. Pas besoin de taxi, mon hôtel n'est pas loin. Une fois dehors, je respire à pleins poumons, je prends possession des lieux. Il doit être là, quelque part dans cette ville que je ne connais pas.
Il ne fallait pas que je m'attende à ce qu'il guette ma venue sur le quai. "Et puis quoi ? Tu veux qu'on se saute dans les bras et qu'on parte bras-dessus, bras-dessous ? Je sais à quelle heure tu arrives, je te passerai un coup de fil".
C'était clair et net. Et je n'ai rien a y redire.
Je regarde le plan que j'ai imprimé sur Mappy et qui m'indique l'emplacement de mon hôtel. "L'Hôtel de Paris" Je pouffe intérieurement, c'est tout lui çà, Il m'a réservé une chambre à "l'Hotel de Paris"… Pour la petite parisienne… à Lyon !
Je regagne cet hôtel en flânant. Je finis par le trouver dans une petite rue sympathique. Je prends possession de ma chambre. Me rafraîchie un peu. Il n'est pas tard et j'en profite pour redescendre et me diriger vers l'office de tourisme que j'ai croisé en venant. Je commence à lire la documentation que j'y ai grappillée lorsque mon portable se met à vibrer. Mon cœur fait un bond. Dans la précipitation pour répondre j'ai failli lâcher le téléphone. C'est lui !
- Tu es ou là ?
- Sur le parvis de l'office de tourisme... Une grande place…
- OK… Tu as un plan ?
- Oui.
- Bien... Tu n'es pas très loin. Place Bellecour !  Je t'attends sur les marches du Musée des Beaux-Arts.
Et il raccroche sans autres explications. Cela m'amuse, on dirait un épisode de mission impossible.
Effectivement cela n'est pas bien loin. Je finis par déboucher sur une autre grande place bordée de somptueux bâtiments et ou trône une imposante fontaine. Je repère immédiatement l'édifice indiqué ainsi que les marches qui signalent son entrée et m'y précipite vivement.
Personne !
Je monte quelques degrés et jette un regard circulaire, le cherchant dans la foule clairsemée des badauds qui passent.
Une nouvelle fois mon portable se met à vibrer.
- Oui ?
- Je te vois ! … Ecoute-moi bien et fait ce que je te dis !
Ma joie retombe un peu, je le sais proche maintenant. La situation est amusante mais désarçonnante. Je murmure un "Oui" tout en essayant de le découvrir sans tourner la tête trop ostensiblement.
- Monte de deux marches.
Je m'exécute et grimpe deux marches supplémentaires.
- Regarde vers l'intérieur du bâtiment.
Une cour agrémentée d'arbres
- Ecarte les jambes.
Une onde froide parcours tout mon corps. Je réalise brusquement ce qu'il va me demander. J'écarte légèrement les jambes.
- Allons... Mets tes mains dans le dos et écarte un peu plus les jambes !
C'est une folie ! Malgré la chaleur mon sang se glace. Il me demande ni plus ni moins de prendre la position de soumission devant tous ces gens qui passent et à la vue de toutes ces personnes attablées dans mon dos. Mes entrailles se tordent. Ma nuque se raidit d'angoisse.Mais il faut pourtant bien que je le fasse. Je suis sure qu'il disparaîtra si je ne m'exécute pas. Je reste tétanisée sans voix, le portable à l'oreille.
- Fais le… Et reste comme çà tant que je ne te rappelle pas !
Il raccroche. Il me faut un long instant avant de me ressaisir. Ma tête s'est vidée, je n'arrive plus à réfléchir. Je remets mon portable à la ceinture. Mon monde se rétrécit autour de moi, comme un automate j'écarte un peu plus les jambes et dans un même mouvement je joins mes mains dans le dos et,par réflexe, cambre les reins. Pour essayer de me donner une contenance je fais semblant de m'intéresser au jardin de la cour intérieure du Musée.
Encore une fois mon portable se met à vibrer.
- Oui ?
- Baisse la tête… Tu as déjà oublié tes classiques ?
- Non, non… Excusez-moi !
Je reprends la pose et cette fois je baisse la tête.

Mon dieu que ces moments me paraissent longs! J'imagine tous ces yeux qui se posent sur moi, interrogateurs, amusés. Je sens presque physiquement ces regards qui doivent courir sur mon corps ainsi exposé, glisser sur mes fesses, entre mes jambes écartées, frôler mes hanches. J'imagine tous les fantasmes qui doivent naître dans la tête des hommes attablés autour de la place. J'imagine qu'ils savent, devinent, ou espèrent, que je suis nue sous mes vêtements. Mon attitude me semble provocante à l'extrême et je redoute d'être abordée à tous moments. Comme à mon habitude lors des situations pénibles je me réfugie dans un engourdissement intérieur. Peu à peu les émotions qui me submergent et le monde extérieur s'estompent.
Une nouvelle sonnerie me tire de ma torpeur.
- Bravo… Tu es vraiment très belle comme cela… Retourne-toi.
Ouf ! Enfin mon calvaire s'achève ! Je me retourne et contemple l'esplanade. Il me faut un moment pour l'apercevoir. Il est de l'autre côté de la place une cinquantaine de mètres, à l'entrée d'une brasserie. Il me fait un geste de la main pour se signaler.
- Viens, je t'attends !
Et il disparaît vers le fond de la salle.
La traversée de la place n'est pas des plus faciles. Ma proportion à rougir facilement doit me signaler à tous ceux qui ont repéré mon manège sur l'escalier. Il me semble sentir des regards qui me suivent. Je rentre la tête dans les épaules et hâte le pas. Je rentre rapidement dans la brasserie et me dirige vers le fond. Il fait frais. Il est assis dans une encoignure et m'accueille avec le sourire de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour. Un autre homme est assis à ses cotés, un garçon, jeune, il doit être à peine plus âgé que moi. Des cheveux châtains, mi-long, rassemblés par un catogan, un visage anguleux et malgré la pénombre une paire de lunette de soleil. Un timide bonjour sort de ses lèvres, je réponds rapidement. Pas question d'embrassade à mon Maître. Il déteste çà.
Il ne me laisse pas le temps de souffler
- Tu as apprécié cette séance de pose ?
Je jette un œil au garçon. Je ne sais quoi répondre. Il continu.
- Tu vois, je lis ton Blog...  Çà te donne un petit aperçu de la réalité par rapport à tes rêves. Dommage que je ne puisse installer un pilori sur cette place !
Son sourire s'élargit. Il fait allusion a un des textes de "Songes et Rêveries". Je réponds à son sourire par un autre sourire complice.
- Tu as mis du temps pour baisser la tête… tu as oublié ta condition depuis Pâques ?
- Non… Non...
Embarrassée, je jette un rapide regard en coin au garçon aux lunettes noires. Il reste impassible.
- Non… Qui ?
- Non, Monsieur… Excu… excusez-moi !
- S'il faut tout reprendre çà risque d'être lassant !
Je baisse la tête en signe de soumission et de confusion pour qu'il me pardonne. Il pose ses deux coudes sur la table et prends sa tête dans ses mains.
- Tu es entièrement nue au moins… Je veux dire sans tes sous-vêtements ?
Je sens revenir le feu à mes joues. Evoquer ainsi ma nudité cachée devant un inconnu ! Je me recroqueville un peu. Je souffle à voix basse en espérant ne pas être entendue par son voisin.
- Oui Monsieur !
Un silence pesant.
- Montre-moi !
Un début de panique me gagne. Oh non… Pas ici ! Ma respiration s'emballe. Je l'interroge du regard faisant semblant de ne pas comprendre tout en désignant d'un mouvement rapide des yeux son voisin qui vient de plonger son nez dans une chope de bière. Cela ne l'arrête pas.
- Montre-moi… Soulève donc ce tee-shirt !
Il s'adresse à moi comme si nous étions en privés sans se soucier de ce qu'il se passe autour et encore moins de la présence de son ami.
Je prends une profonde inspiration, jette un coup d'œil circulaire. Nous sommes seuls. La plupart des clients ont rechercher le soleil sur la terrasse. Je remonte vivement mon tee-shirt découvrant un de mes seins en entier et une partie de l'autre. Je ferme les yeux et reste ainsi attendant son bon vouloir.
- Vraiment très joli n'est ce pas ? Il se tourne vers son voisin qui hoche la tête.
Je devine qu'il est aussi intimidé que moi.
- Mais il est un peu triste, il manque de chaleur ce téton… Caresse-le !
Si le sol pouvait s'ouvrir sous moi j'en serais soulagée. Je souffle intérieurement mais je ne dois pas m'étonner de cette demande. M'imposer une telle humiliation devant un inconnu est, après tout, une suite logique de ce que j'ai vécu lors de mes dernières vacances chez Marc. Je passe ma main sur le sein dénudé et délicatement en caresse le téton. Il ne faut pas longtemps pour qu'il se durcisse et se dresse fièrement. Je jette discrètement des coups d'œil angoissés autour de moi pour prévenir la venue d'intrus. Le voisin de Marc ne perds pas une miette de la scène. Si cela continu je vais m'évanouir de honte.
- C'est mieux ! …Tu aimes ?
C'est dans ma nature d'aimer une telle exposition. C'est ce que je recherche et je dois m'avouer que j'aime çà, malgré l'inconfort de ma situation.
- Oui, Monsieur.
- Pas trop mouillée ?
Je commence à m'habituer à la situation et à cette étrange conversation.
- Si, Monsieur.
Je baisse la tête, autant de confusion que pour fuir le regard de son ami qui s'est confortablement installé en spectateur attentif.
- Montre-moi !
Cela ne serait pas une humiliation s'il n'y avait pas cet étranger à côté de moi. Ce serait même un jeu plaisant. Mais il faut que je m'y résolve. Je cesse mes caresses et rabat mon tee-shirt. Cela me soulage un peu mais mon tourment reprends vite. Lentement, un à un je déboutonne la fermeture de mon jean taille-basse. Je prends mon temps et cherche à retarder l'échéance et ainsi diminuer l'intensité des battements de mon cœur. Je regarde une dernière fois derrière moi. Personne ! Je me lève vivement et exhibe mon sexe en écartant les jambes en face des deux hommes. Mon cœur bat à grands coups. Je me sens offerte, languissante et sans force. Je perçois leurs regards posés sur mon intimité timidement dénudée. En un éclair Marc tend son bras par dessus la table. Sa main écarte un peu plus la braguette du pantalon et deux doigts s'insinuent entre mes jambes et d'un seul geste précis s'enfoncent en moi. Je sursaute mais ne bronche pas au contraire j'appuie mes cuisses contre la table pour aller au devant de la caresse. Mon ventre s'enflamme, un courant électrique me parcourt le dos. Ses doigts me fouillent quelques instant recueillant ma précieuse humidité. Un moment ou je perds contenance et ne peux m'empêcher de lâcher un faible gémissement. Il m'abandonne brusquement et m'autorise à me rasseoir. Ce que je fais avec un visible soulagement. Dans le même temps il porte ses doigts à sa bouche et semble déguster un met délicat.
- Tu as toujours le même goût... J'aime par dessus tout la saveur des rouquines… Je suis content de te retrouver.
Nous avons continué la suite de notre conversation le plus banalement du monde. La tension est retombée. Le jeune homme au catogan n'a pas beaucoup parlé et il a fini par prendre congé. Ils se sont se sont avancé vers la sortie. Marc m'a demandé de l'attendre. Je n'ai pas pu entendre la suite de la conversation. Plusieurs fois ils se sont tournés vers moi en souriant. Ils se sont serré la main et le jeune homme a disparu dans la foule des touristes. Je n'ai pas osé demander qui il était. Il me l'aurait dit s'il en avait envie et si cela avait été nécessaire.
- Tu es bien logée ?
- Super... les chambres sont impeccables.
- Très bien… J'ai envie de toi…On y va !
Il a dit çà d'une voix neutre, comme une banalité, comme si j'étais un objet sans âme à sa disposition. Il s'est levé, a payé les consommations au bar… Il est sorti sans s'assurer que je suivais. Et bien sur, je l'ai suivi comme une chienne suit son Maître à un deux pas derrière…

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30 juin 2007

Chap.1 Rendez-Vous.

La matinée est un peu fébrile. J'ai eu du mal à dormir cette nuit. Des images qui m'ont hantées, Des images d'atelier, de soumission… Ma soumission à Marc, nos jeux, mon corps qui s'embrasse, ma honte… Plaisante honte cent fois renouvelée… Kristale.
Je viens de sortir de la douche. Je n'ai pas encore pris le temps de m'habiller. C'est nue que j'écris ces lignes pour soulager la tension. Je jette un coup d'œil à mon sac à dos et au billet de train posé dessus. Comme pour ne pas l'oublier ? Je souris intérieurement. Décidément je suis une vrai gamine. Je suis tendue comme une jeune rosière pour son premier rendez-vous ! Je glisse une main sur mon bas-ventre. J'en ai parfait l'épilation et me suis talquée de poudre aux senteurs de rose. Je glisse un doigt sur ce lisse abricot en suivant le sillon humide. Je sais que bientôt, dans quelques heures, c'est sous Ses doigts qu'il s'ouvrira. Et je sais que lorsque qu'il fouillera mon intimité, je serais à genoux les cuisses largement écartées, les reins cambrés les mains dans le dos la poitrine offerte la bouche entrouverte. Et surtout… Surtout, les yeux baissés, humble et soumise.

Je mets mon fin collier de cuir et d'acier, me lève et me contemple dans le miroir du dressing. J'écarte les jambes et cambre les reins. Un collier comme simple vêtement. Je suis belle… Parce que j'ai rendez-vous avec mon Maître !

29 juin 2007

Chap 6. Songes nocturnes.

Nuit_Blanche_1Carole a hanté toute ma nuit, son sourire, son parfum, ses baisers.

J'ai rêvé ses caresses, …profondes… insistantes.
J'ai rêvé la douceur de sa peau.
J'ai rêvé sa bouche sur ma bouche, sa langue sur mes seins.
J'ai rêvé son ventre contre mon ventre en une fusion impossible.Nuit_Blanche_2
Sous les draps mes mains effleurent ma peau brûlante.
Je n'y tiens plus. Le sourire approbateur de Carole danse devant mes yeux. Carole que je voudrais témoin attendri de mes caresses. Mes doigts se posent sur mon ventre et lentement gagnent la douce fente incandescente. Ils s'attardent sur le bourgeon de plaisir et timidement entrouvrent le sillon humide et s'insinuent en moi. Mon souffle s'accélère, mes reins se creusent et mes cuisses s'écartent largement rejetant loin les draps blancs. Je m'offre impudique à mes caresses interdites et ferme les yeux pour prolonger le rêve. Carole rit de plus belle. Un orage court le long de mon dos et éclate dans mon ventre, un cri étouffé… La nuit devient lumineuse…

Nuit_Blanche_3

**

28 juin 2007

Chap 5. Badinage.

Seduction_2Elle est là… Je me rappelle notre baiser d'avant-hier. Un peu gauche, je ne sais pas comment réagir. Je suis comme paralysée lorsque qu'elle s'avance vers moi. Elle ne m'embrasse pas. Avec un large sourire, sans un mot, elle m'invite d'un signe de la tête à monter Dakota. D'un mouvement souple elle enfourche Danseur. Deux coups de talons et nous voici parties. Je la suis à une longueur derrière. Elle pique un galop à travers les prairies et les vergers du Jonquet, à la même allure nous gagnons le bois qui jouxte le château d'eau. Sans ralentir nous nous enfonçons sous les frondaisons. Au beau milieu d'une clairière ensoleillée, d'une brusque embardée, Carole stoppe net Danseur et met aussitôt pied à terre. Je l'imite et reste accrochée aux rênes de Dakota. D'un pas décidé, le visage radieux, elle me rejoint d'un pas vif, et sans me laisser le temps de protester prends mon visage dans ses mains. Mon Dieu… Mon cœur s'arrête lorsque nos lèvres se rencontrent … Sa langue se fait insistante, insidieuse. Elle pèse sur moi de tout son poids. Mes jambes flageolent, je lâche les rênes de cuir et cède mollement sous la pression. Nous nous retrouvons couchées, enlacées, aux pieds de Dakota qui s'est mis à brouter paisiblement, indifférent à la scène.
Poupée de chiffon, je chavire et j'aime ça. Je réponds maladroitement à ses baisers, passe mes doigts dans ses cheveux odorants. Ses mains s'égarent sur mon corps. J'ai un dernier réflexe de défense en tentant mollement de repousser ses caresses, murmurant un "Non" assourdi. Cela ne l'arrête pas, d'une main assurée elle immobilise mes poignets au-dessus de ma tête et de l'autre soulève mon sweat-shirt. Ses doigts sur ma peau qui gambadent et explorent ma poitrine se glissent sous la fragile barrière de mon soutien-gorge de coton gagnant mes seins qui se durcissent sous les caresses, malgré moi. Et ce baiser qui se prolonge, cette douceur qui perdure ! Je ne lutte plus. Vaincue, je me laisse conduire. Je me détends, Carole relâche sa prise sur mes poignets. D'un geste vif elle retrousse mon sweat sur le haut de ma poitrine. Elle quitte ma bouche pour mon ventre dénudé. Elle me lâche les mains et saisit mes hanches, sa langue glisse sur mon nombril. Ma vision se trouble, je mords mon poing fermé pour ne pas gémir, je m'abandonne… Sauvez-moi !

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26 juin 2007

Chap 4. Absence.

Aujourd'hui Carole n'était pas là. Lorsque je suis passée ses parents m'ont dit qu'elle était allée voir ses amies…
Ses amies ?
Ah oui ! Ces filles un peu snobs, une sorte de club.Bien que les maisons jouxtent le haras nous nous fréquentons à peine… Je suis trop jeune il paraît !
J'ai la gorge serrée… Un sentiment de vide... De la jalousie ?
Le baiser d'hier ? Etait-ce un jeu ? Etait-ce sérieux ? ,…
Je doute et je m'angoisse.
Je l'ai peut être mal interprété, c'était peut être simplement un baiser d'amie !
Non, non, c'était trop ardent…Trop intime.

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25 juin 2007

Chap 3. Séduction.

Je sais que cela devait arriver, en fait, je sais qu'au fond de moi je l'attendais. Malgré cela j'ai du mal à me rendre compte de ce qui s'est passé.
Nous avons occupé notre après-midi ensemble. Balades, flâneries, jeux, rires, Carole toujours aussi espiègle, un papillon qui tourne autour d'une fleur. Au moment de nous quitter, une embrassade qui dérape, nos lèvres qui s'effleurent, un moment de confusion et mon cœur qui saute un battement. Le temps s'arrête pendant que nos regards surpris se croisent, et que l'espace se réduit autour de moi. Cet effleurement intime me paralyse. Carole a perçu mon trouble, elle sourit, semble réfléchir un instant puis dans une vive impulsion me saisit le visage et colle ses lèvres contre les miennes. Sa langue bute contre mes dents s'insinue et les entrouvre facilement. La surprise est telle que je ne réagis pas. Au contraire j'entrouvre un peu plus la bouche et ferme les yeux. Je laisse sa langue chercher la mienne. Mes pensées se figent et s'engourdissent. J'ai l'impression que l'univers entier est concentré sur nos lèvres jointes. Plus rien d'autre n'existe. Un baiser sitôt donné, sitôt abandonné. Elle relâche son étreinte sur mon cou me repousse doucement. Avec un sourire en coin et un regard de coté, elle s'en retourne sans un mot. Je la regarde s'éloigner, me laissant pantois, dans une confusion d'esprit qui me laisse sans voix Je ne sais pas ce qui se passe, ma poitrine qui cogne, la tête qui tourne. C'est agréable et effrayant en même temps. Quand elle disparaît au détour du chemin je m'entends bredouiller à voix basse, pour moi-même.
- Au revoir Caro… A demain !
Toute la soirée j'ai été ailleurs, impossible de faire le tri dans mes pensées, mes sentiments. Mais j'ai gardé le goût des ses lèvres fraîches sur les miennes jusque tard dans la nuit.

Seduction

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