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Les Carnets d'Emilie
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15 octobre 2008

Chap. 20. Chemins de traverse.

De nouveau la puissante voiture sillonne la route. Sur le siège arrière des paquets et sac de papier glacé. Cela n’a vraiment pas été facile de trouver des vêtements de collégienne à ma taille, mais en fin de compte je ne suis pas mécontente. La jolie jupe écossaise a été la plus difficile à trouver, j’ai fini par la dégoter au rayon adolescente d’une petite boutique de destockage. A côté du monticule de sac un étui rouge et or, l’ensemble de lingerie et son impossible porte-jarretelles !
Sur le paysage qui défile, je revois la vendeuse! Si elle avait encore quelques doutes de ce qui me lie à mon Maître, Marc a vite fait de lui faire comprendre ! Lorsque je suis sortie de la cabine pour déambuler devant mon Maître. Il s’est levé, s’est approché de moi et à voix basse ma demandé de prendre la pose. Un froid glacial m’a saisi la nuque. Me demander çà ici… Devant elle ! Mais que pouvais-je faire d’autre ? Je me suis camper solidement sur la moquette, les jambes timidement écartées les mains dans le dos, la tête légèrement baissée. J’ai essayé de la prendre cette pose d’une façon la plus naturelle du monde. Marc a tourné autour de moi longuement goûtant visiblement son plaisir de m’humilier ainsi devant la vendeuse. J’ai faillis m’évanouir lorsque sa main s’est posée sur ma taille et a glissé lentement sur le rond de ma fesse droite la caressant langoureusement.
-
Très jolie… Cela te va très bien…
Dans sa voix je sens son désir. Ma respiration se bloque, je ferme les yeux, j’entends déjà la suite de sa phrase prononcée a haute voix devant elle. " …Une vrai petite chienne en chaleur parée pour attendre les faveurs de son Maître… ".
-
Cela te met vraiment en valeur… Vous avez bien choisi !
Je me détends, le pire n’est pas venu !
Il s’adresse à la vendeuse et je ne peux résister à lui lancer un regard par en dessous en relevant la tête.Elle a blanchi et a répondu d’un sourire crispé. Mon Maître avait toujours sa main sur ma croupe tendue…

Par la fenêtre ouverte, le vent siffle dans mes cheveux et fait s’évanouir cette vision. Je me redresse sur mon siège et me souris.
Oui, elle a parfaitement compris !
La voiture vient de s’engager sur une petite route secondaire à peine goudronnée. Je fronce les sourcils. Nous ne rentrons donc pas ? Effectivement, après quelques centaines de mètres. Marc stoppe la voiture sur le bas coté. Il coupe le contact et se tourne vers moi.
-
J’aimerais bien profiter de tes nouveaux habits… Maintenant !
Pas de contestation possible, et l’idée m’amuse un peu. Je jette un coup d’œil sur les alentours. La route est déserte et vue son étroitesse elle ne doit pas être souvent employée. Je baisse la tête.
-
Oui Monsieur … Tout de suite !
Je bascule entre les deux sièges pour me saisir des paquets et commence à dégrafer mon jean. Marc ouvre alors la portière et sort de la voiture.
-
Sort... Cela serra plus facile !
Là, cela m’amuse moins !
Je marque un temps d’arrêt et observe avec angoisse la route et ses environs. Personne ! Je sors à mon tour du véhicule et le rejoins. Il s’est campé sur le bas coté d’en face, les bras croisés, et attend patiemment.
Je gagne le milieu de la route. Encore un regard autour de moi et mon jean descend rapidement sur mes chevilles. D’un geste vif, je le ramasse et le lance dans la berline. Mon tee-shirt le rejoint prestement. Me voici bientôt entièrement nue à côté de la berline, au beau milieu de la route, en rase campagne, tenaillée par l’angoisse à l’idée qu’un véhicule puisse surgir à tout moment. Fébrilement, je reviens à la voiture, j’ouvre les paquets et m’empare du slip de coton blanc, très sage, de ma tenue d’étudiante. Je suis sur le point de le passer lorsque du coin de l’œil j’aperçois une masse claire qui s’avance vers nous.

Avez vous remarqué que même dans les endroits les plus désertiques vous finissez toujours par croiser quelqu’un au moment où vous vous y attendez le moins et surtout où vous le voulez le moins !
Et cela ne manque pas ! C’est un véhicule qui s’approche de nous à petite allure.

Sans réfléchir, je pousse un cri de surprise et plonge sur le siège avant, à la place de mon Maître, referme la porte sur moi et me tasse autant que je peux en fermant les yeux et priant pour que l’on ne me voie pas. Je prends brutalement conscience que j’ai faussé compagnie à mon Marc sans son autorisation. Par la fenêtre ouverte je perçois un grand éclat de rire moqueur.
Au diable la politesse ! La voiture au lieu de passer son chemin sans nous porter attention, se met à ralentir et s’arrête à nos côtés. Je suis terrorisée, si je pouvais me mettre dans la boite à gant, je le ferais. Mes oreilles bourdonnent et je perçois à travers un coton épais la conversation qui s’engage. Par la fenêtre de son véhicule le conducteur s’enquière auprès de Marc si celui ci est en panne. Il a une voie rocailleuse et empâtée avec un fort accent du terroir. Je ne peux le voir mais je peux facilement deviner le paysan, bourru, mais amicale. J’entends Mon Maître s’approcher de la voiture, poser une main sur la portière juste au-dessus de moi et lui répondre.
-
Non, non, merci... Cela serait dommage avec une voiture neuve…Non je profite du paysage…et je prends des photos…Vous avez un joli pays… !
Il veut prolonger la conversation. Il le fait exprès ! Il doit se délecter de ma peur et de ma situation des plus inconfortable.
Et il suffit d’évoquer le pays du paysan pour que celui ci devienne intarissable sur sa contrée, sa beauté, le plus beau du monde, on y vit bien ! Mieux qu’ailleurs, bien sur ! Et taratata…
Et voilà que la conversation s’éternise. Une conversation qui, je le sais, n’intéresse pas plus que cela mon Maître mais contribue et participe à mon humiliation. Je la suis distraitement à travers le battement de mon cœur qui cogne à mes oreilles et commence peu à peu à considérer ma situation. Je suis entièrement nue, mon petit slip blanc encore à la main que je tortille convulsivement. Recroquevillée au fond du siège pour ne pas que mon corps dépasse au-dessus de la portière et trahisse ma présence à l’homme qui est à moins d’un mètre de moi. Une bouffée de sueur brûlante et glacée à la fois colle ma peau sur le cuir beige du siège. Comme à mon habitude dans les situations ou mon Maître cherche à m’humilier, mon esprit s’échappe et je vagabonde dans mes pensées. Et, bien malgré moi, la situation aussi inconfortable qu’elle soit commence à provoquer chez moi une délectation confuse. De prendre conscience qu’il suffit à l’homme de sortir de sa voiture et de tendre la main pour me toucher me laisse pantois et malgré moi une vague de chaleur envahie mon ventre. Ce n’est pas vrai ! De vague, mon plaisir commence à se préciser, je sens mon sexe se mouiller et s’entrouvrir convulsivement comme sous l’action d’un doigt invisible alors qu’un fourmillement m’électrise le périnée. Je serre les genoux, me mords les lèvres, et ferme mes yeux qui se révulsent. Je n’arrive plus à me contrôler ! L’orage électrique qui gronde dans mon ventre pulse dans tout mon être jusqu'à hérisser les cheveux de ma nuque. Je lutte désespérément contre ce corps qui est sur le point de prendre son plaisir sans se soucier de ma pudeur. Je sers les poings plus fort à me rentrer les ongles dans la paume des mains et me répète sans cesse intérieurement  "non, Non, pas ici… Non, non. Pas maintenant…Non, Non…". Jamais je n’aurais cru qu’une simple situation pouvait provoquer chez moi une telle montée du plaisir. Je lutte désespérément contre la vague brûlante qui, je le sais, finira dans une fulgurante catharsis de tout mon corps. Je suis sur le point de lâcher prise, de me laisser partir dans une jouissance salvatrice lorsqu’une main se pose sur mon épaule.

Je sursaute violemment, la tension retombe immédiatement. Je me tords le cou pour regarder vers cette main sans oser me relever. C’est Marc !
-
Hé ho… Réveille toi il est parti.
Son visage reflète le plus grand des amusements.
Il ouvre la portière et m’invite de nouveau à sortir. Totalement ahurie comme quelqu’un que l’on sort brutalement d’un profond sommeil. Je m’extirpe du véhicule en titubant et m’adosse à la carrosserie pour reprendre mes esprits. Je ne sais plus où je suis et redescends doucement sur terre. Une main s’agite devant mes yeux pour attirer mon attention.
-
Hé ho ! T’es toujours là ? … Çà va ? … Qu’est ce qui t’arrive ? Il est parti, n’ai plus peur ! …
Je veux le rassurer, lève mes yeux vers lui et lorsque je veux parler une bouffée de chaleur intense gagne mes joues. Je rougis violemment de honte. La honte d’avoir a cacher un plaisir contenu. Marc s’interrompt me regarde fixement, fronce les sourcils et une lueur de compréhension étincelle dans ses yeux. Un sourire carnassier éclaire son visage.
- Hé bien dis donc... Toi alors ! …
Je perçois de l’admiration dans sa voix qui redevient tout de suite plus sèche.
-
Ecarte donc les jambes !
Je ne me suis pas rendu compte que j’avais verrouillé mes genoux sur la chaleur crépitante de mon ventre.
Timidement j’obéis et écarte légèrement les cuisses. Immédiatement Marc lance une main a la rencontre de mon sexe amolli de plaisir. Il lui est facile d’introduire deux doigts dans la cavité inondée et de constater par lui-même mon état d’excitation. Je ne peux résister et cambre les reins pour faciliter son introspection. Il n’en faut pas plus pour que l’onde fulgurante que j’avais jusqu’alors contenue éclate dans mon ventre, électrise mes reins et me fait pousser un petit cri de contentement. Dans une impulsion irraisonnée je me précipite au cou de mon Maître que j’enlace convulsivement criant à son oreille ma jouissance trop longtemps retenue. Plus je geins, plus il fouille mon sexe. Au diable les possibles passages de voiture ! Je lève une jambe contre sa hanche, il me colle contre la carrosserie, ses doigts s’enfoncent encore. Je cherche sa bouche. Il étouffe mes cris de sa langue. Je pars... Et j’aime çà !

Je reste longuement enlacée à Marc. Il me faut un bon moment pour redescendre sur terre sous le regard amusé, de Mon Maître. Je reprends lentement mes esprits et sans un mot je me baisse à l’intérieur de l’habitacle pour reprendre mon petit slip de coton blanc et commence à m’habiller comme il me l’a demander. Le slip, le soutien-gorge et la jupe écossaise, le chemisier blanc et la cravate, les longues socquettes blanches et les escarpins noir. Toujours sans un mot je me réinstalle à la place du passager. Marc me détaille de la tête aux pieds.
- I
l nous faut trouver un coin plus tranquille… J’ai envie de toi ! Tout de suite !
Dans un crissement de pneu et de gravillons le véhicule reprend sa route.

 

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5 août 2008

Anonymat.

Vous avez réclamé à corps et à cris que mon visage apparaisse sur les photos du blog !
J’en suis vraiment désolé mais cela ne peut se faire, et ne se fera jamais. Mon anonymat est jalousement gardé. Les photos de Marc en dévoilent bien assez comme cela pour rassasier votre curiosité. Vous ne vous douter pas les longues négociations entre nous deux pour le choix des photos qui en révéleront suffisamment de la scène décrite tout en préservant mon "intimité ". Vous aurez noté au chapitre précédent l’aspect primordial de cet anonymat. J’ai une vie à vivre en dehors de ma soumission. Des personnes sont au courant en dehors de Marc. Ma sœur avant toute chose. Ma sœur aînée que j’adore et a qui je n’ai pas pu m’empêcher de confier mon aventure. Nous avons été élevées dans une relative liberté sensuelle. Cela ne l’a pas choqué. Souvent elle me demande à me lire par dessus mon épaule.Je ne sait plus où me mettre quant elle fait cela mais J’ai  réussit à la laisser pantois à la lecture de nos jeux indécents. " C’est pas vrai… Tu as fait çà ? ". Même elle a du mal à me croire parfois ! Je sais qu’elle surveille du coin de l’œil sa petite sœur turbulente et sa présence me rassure et me conforte dans ma démarche.
Les amis et amies de Marc qui m’ont rencontré par la force des choses et qui participent activement à mon dressage,constituant un étrange cercle de silence autour de moi ne me connaissent de nom que par mon pseudonyme. Seule Kristale s’est permis d’intervenir sur mon blog ( Et je vous en remercie Madame !) Alors que de ce cercle, ceux qui sont au courant de son existence sont tenus de ne pas intervenir.
En ce qui concerne mon nom (autre question récurrente) Il s’agit effectivement d’un pseudonyme judicieusement choisi. Et que par contre mon prénom n’est pas un pseudo. Isabelle je suis… Isabelle je resterais !

4 août 2008

Erotisme badin.

Dans la même ligne que la véracité du récit on me fait remarquer que mes descriptions érotiques sont parfois un peu enfantines... Badines. En cela je voudrais vous rappeler ici une dernière fois. Que dès que j’ai prêté allégeance à mon Maître et qu’il a été question d’écrire notre histoire, celui ci m’a formellement interdit de lire ou de visionner des histoires, contes, films ou nouvelles érotiques ou pornographiques. Je ne dois même pas compulser les sites et blogs de mes consœurs qui vivent une expérience similaire.
Pour que "tu gardes une certaine virginité dans tes descriptions " m’a dit marc !
Cette virginité je l’avais déjà peu ou proue perdue car à 19 ans, l’âge que j’avais lors de notre rencontre, j’avais déjà lu quelques classiques du genre, je pense même que, ce sont eux qui m'ont conduit sous sa houlette.
Mais maintenant je ne peux plus me référer à aucun ouvrage.
Je trouve l’expérience intéressante et excitante
J’utilise donc mes propres mots pour décrire ce qui parfois me met dans un profond embarras.

Pour ceux qui ne parcourent mon blog que pour regarder les photos (si, si, il y en a !) Il en est de même !
Marc, et moi encore plus, détestons la vulgarité et c’est un choix de notre part vous ne trouverez ici que des photos d’un "érotisme badin " et certainement jamais de photos pornographiques. Bon, mais avouez tout de même, qu’elles sont très belles, d’un charme certains et qu’elles vous invitent à l’imagination la plus débridé ?!

4 août 2008

Petite bourgeoise.

Effectivement, certains l’ont remarqué en filigrane de mon récit, j’ai la chance d’appartenir à une famille qui est loin d’être dans le besoin. Mais je ne suis pas comme on me l’a plusieurs fois fait remarquer avec dédain, voir haine, une petite bourgeoise qui se fait peur et recherche les sensations fortes parce qu’elle s’ennuie.
Je dois dire que je ne sais pas trop comment répondre à cela ! On me reproche ma naissance en quelque sorte ! Et a cela je n’y peux pas grand chose.
Je suis sure que ma situation sociale n’a rien avoir avec ma soumission à Marc. Je pense qu’il est plus attentif à mon engagement moral qu’à mes facilités. Au début, il m’a paru embarrassé d’avoir à ses genoux une fille de notables. Mais il a vite apprécié et développé ce point on ne peut plus fantasmatique. "  Ce n’est pas désagréable de se faire sucer par la fille à son papa ". Des paroles choisies pour me taquiner ou m’humilier et qui me font rougir au delà de ce que vous pouvez imaginer.

J’ai reçu et j’en rends grâce à mes parents une éducation soignée, je crois. Mon bilinguisme (voir tri) et les écoles de renom peuvent m’être jalousées. Mais il faut dire aussi que j’adore étudier et que je suis curieuse de tout. En cela, oui, je suis peut être un peu privilégiée puisque j’ ai, en plus, la facilité matérielle. Oui, j’ai été souvent la première de ma classe, (en fait quasiment tout le temps) heureusement dans les établissements que j’ai fréquentés ce n’était pas considéré comme une tare mais un exemple à suivre. Ce qui a certainement construit ma personnalité en développant chez moi une maturité précoce
Bon ! Je terminerais par le fait que le milieu dans lequel j’évolue où l’apparence compte beaucoup, laisse quelques traces de préciosité et de maniérisme A tel point et que Marc un jour m’a fait remarquer, avec l’ironie qui lui est coutumière : "Tu es une vraie aristocrate…  Tu lèves le petit doigt quand tu tiens ma queue à pleine main " !

30 avril 2008

Chap. 7. La Postulante.

En principe Marc m’a laissé mes matinées de libre. Nous ne travaillons que l’après-midi et le soir, ce qui me laisse le loisir de faire la grâce matinée, d’aller au marché, de flâner, de visiter, de prendre un rythme de vacancière. Mais bien sûr, quoiqu’il en soit, je reste sous sa domination, prête à satisfaire son moindre désir. C’est presque sans surprise que je saisis mon bruyant messager qui tressaute sur la table du balcon et que je vois apparaître " Mon Maître " sur l’écran. Je porte le téléphone a l’oreille.
- Tu es où ?
Pas de préambule avec Marc !
-
Je suis sur la terrasse de l’appartement, je prends mon ptit dèj’. Je viens de me lever  et…
-
Tu as un quart d’heure, je t’attends à l’atelier… C’est important !
Il raccroche sans attendre de réponse. Et je réponds dans le vide
- Oui, Monsieur !
A partir delà tout va très vite. Il est hors de question de le faire attendre plus longtemps que nécessaire. Je jette un œil à ma montre, laisse en plan la table parsemée de mes reliefs de déjeuner, file en courant dans la chambre en jetant mon peignoir sur le divan. Heureusement j’avais déjà pris une douche. Je me lave les dents rapidement tout en me brossant les cheveux. Pas de maquillage ! Je vais avoir une mine affreuse ! Je saute dans mon jean, enfile un sweet, m’empare de mon sac de toile. En moins de cinq minutes je suis dans la voiture. Je m’aperçois que je ne porte que trois vêtements sur moi avec mes chaussures. Je souris intérieurement, au moins j’aurais vite fait de me déshabiller s’il s’agit d’un besoin pressant de Mon Maître.
Lorsque je déboule dans l’atelier il y a déjà du monde. Mon Maître n’est pas seul. Je cache ma surprise et d’un pas maîtrisé je m’approche de Lui tout en souriant aux intrus.
-
Bon… Bonjour Monsieur !
Ma voix est timide. Il ne répond pas et se contente de sourire en jetant un œil à la pendule au mur de l’atelier. Je suis à l’heure.
- Je te présente Nicolas et Stéphanie.
Je leur tends la main en souriant.
Un joli petit couple à l’apparence très sage. Nicolas semble impressionné de se retrouver là, il joint les mains devant lui pour se rassurer. Il me salut d’un hochement de tête en murmurant un bonjour embarrassé du bout des lèvres et me détaille avec insistance de la tête au pied, comme s’il me connaissait déjà mais ne m’avais jamais vu. Il est râblé, un physique nerveux, de type méditerranéen, des cheveux bruns, coupés très court, des yeux marron,
Stéphanie semble être son contraire. A peine plus grande que moi, les cheveux raides, blonds cendrés, mi-long. Un visage régulier aux yeux clairs, plus âgé que moi je crois. Je ne sais pas, Peut être plus jeune je n’arrive pas à définir son âge. Je m’aperçois immédiatement que sa posture est celle d’une soumise, les mains dans le dos les jambes écartées mais sans ostentation. Instinctivement je regarde son cou, pas de collier… Pas de collier ! Un poids énorme me broie la poitrine et un frisson électrise ma nuque. Mon collier ! J’ai oublié mon collier ! Dans la précipitation j’ai oublié de remettre le fin lacet de cuir que j’avais enlevé pour prendre ma douche. Je défaille. Marc ne peut pas ne pas le remarquer ! Mais pour l’instant il n’en laisse rien paraître. Et il fait les présentations.
- Nicolas et Stéphanie sont là parce qu’ils ont découvert mon travail et ont aimé.
Il se tourne vers moi et sourit.
-
Un peu comme toi !
Il reprend cette fois en se tournant vers le couple.
-
Ils ont aimé, et voudrait faire réaliser quelques esquisses.
Dans un bel ensemble ils hochent la tête et les yeux de Stéphanie s’allument. Je comprends son excitation pour l’avoir éprouvé moi-même. Pourtant je suis un peu déçue. Je vais avoir une concurrente, et moi qui pensais que mon Maître allait me dédier personnellement la totalité de mon séjour ! Comme s’il avait deviné mes pensées.
-
C’est un peu impromptu… C’est pour cela que je t’ai fait venir aussi vite. Ils ont peu de temps et moi aussi. Nous commençons les séances de pose cet après-midi…Tu seras mon assistante.
Stéphanie sourit et Nicolas ne me quitte pas des yeux.
-
Ils connaissent parfaitement mes conditions et ils les acceptent.
Il s’adresse à eux.
-
N’est ce pas ?
Ils répondent en cœur.
-
Oui, Oui… Monsieur Marc.
Stéphanie hoche la tête me jette un œil par en dessous. Elle rougit.
Ces conditions je les connais ; Une totale soumission de Stéphanie à mon Maître le temps de la réalisation des œuvres. Je l’observe un peu mieux. Nous avons au moins en commun une certaine timidité, elle me semble assez troublée. Si c’est une soumise, elle l’est depuis peu. Peut être même n’est ce qu’une simple expérience qu’ils ont décidé de tenter ensemble. Leur manque d’assurance est flagrant et Nicolas ne semble pas avoir l’aplomb nécessaire pour être un bon Maître. Mais après tout il faut bien commencer ! Le fait même qu’ils se retrouvent ici montre tout de même un engagement sincère.
Nous allons tous ensembles autour de la machine à café et dégustons en silence le moka brûlant. Marc invite Nicolas à s’asseoir sur le canapé de cuir noir. Nous restons toutes les deux debout, les jambes écartées. Je bois rapidement le café repose la tasse et met mes mains derrière le dos. Stéphanie me lance un regard, un petit sourire en coin et par mimétisme fait de même. La scène est surréaliste, les deux hommes assis dégustant lentement leur café et leurs soumises debout, face à eux en position d’attente.
C’est Marc qui va rompre le silence.
-
Vous pratiquez depuis longtemps ?
Stéphanie regarde son compagnon. Certainement pour l’inciter à réponse. Elle lui délègue ainsi sa parole.
-
Oui, plus ou moins depuis que l’on se connaît, au début c’était un jeu et puis c’est devenu de plus en plus sérieux.
Il lance un regard plein de tendresse à sa compagne.
-
C’est Stéphanie qui a suggéré de mettre un peu de pigments dans notre relation.
Stéphanie pique un phare et nous regarde par en dessous avec un sourire gêné.
Comme ils sont adorables ces deux là ! Jamais on ne pourrait croire qu’ils évoluent dans un univers aussi dur. Et pourtant. Nicolas vient tout bonnement offrir sa compagne à Mon Maître pour des tourments que seuls les initiés peuvent connaître.
Marc se tourne vers moi et m’explique.
- Nicolas et Stéphanie on pris contact avec moi par l’intermédiaire de Kristale. Il y a plusieurs mois maintenant. Nous avons eu une correspondance très fournie….
Stéphanie hoche la tête.
- … Et nous avons décidé de travailler ensemble suivant mes conditions. Notre rencontre est un peu précipitée parce qu’ils sont conviés à la soirée de Kristale vendredi. Ils voulaient absolument faire connaissance avec nous avant.
Nous ? Il a dit... Nous ! Je fronce les sourcils faisant mine de ne pas comprendre Marc me fixe hausse les sourcils et continue.
-
… Ils ont lu ton Blog.
Je comprends maintenant l’insistance de leurs regards. Mettre un visage a celle qui écrit ces lignes et pose pour ces photos si licencieuses ! C’est à mon tour de rougir.
Nicolas croit bon de rajouter avec son accent chantant du sud.
- Il est fantastique, nous l’avons lu ensemble… Stéphanie opine de la tête. …Très beau, très sensuel, très à part de ce que nous avions lu et nous avons découvert une autre façon de voir la soumission !
Je suis un peu embarrassée pour répondre. Marc m’a ordonné dès les débuts de notre relation de ne pas lire de récits érotiques. Je n’ai pas de recul, pas de comparaison à pouvoir faire. J’ai lu rapidement avant de connaître Marc. Des classiques faciles à se procurer, Histoire d’O que j’avais trouvé romantique à souhait. Justine et les malheurs de la vertu, de Sade aussi. Enfin, des livres que, je crois, toutes les jeunes étudiantes en littérature ont au moins lue une fois, cachée sous ses draps, le cœur battant et l’entrejambe en feu. Mais depuis plus rien. Pourtant je suis sure que ces livres ont contribué à allumer cette petite braise sur laquelle mon Maître n’a eu qu’a souffler. Et son Art à allumer l’incendie.
Je me contente de leur adresser un sourire que je veux énigmatique et qui, en fait, cache mon ignorance.
Il s’en suit un silence embarrassé que va rompre marc.
-
Bien ! Il est temps de passer aux choses sérieuses. Il nous faut signer le contrat avec Stéphanie !
Il se lève pose sa tasse à côté des nôtres et s’adresse à Nicolas en souriant.
-
Nicolas va nous laisser… Nous n’en avons pas pour longtemps !
Je n’en revient pas, Mon Maître vient de congédier Nicolas, poliment certes, mais avec un aplomb et un ton qui ne souffre pas de contestation. Nicolas s’exécute sans brocher, à peine murmure-t-il un " Oui, bien sûr ! " et jette un coup d’œil embarrassé à sa compagne avant de se diriger vers la sortie. Marc lui emboîte le pas pour fermer à clef la porte derrière lui et avant de laisser retomber le rideau de l’atelier me lance d’une voix forte.
-
Déshabille-toi Isabelle !

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26 mars 2008

Chap.3. Songe d'une nuit d'été.

Il est tard maintenant, je suis fourbue, autant par le voyage que j'ai fait presque d'une traite tant l'impatience d'arriver près de mon Maître était grande, que par cette insolite entrée en matière avec Lui. J’ai pris un repas rapide, seule, sans enthousiasme, Un repas que j’ai trouvé dans les paquets que Marc a déposés sur la table à son arrivée. Heureusement, il pense à tout !
Je me glisse entre les draps parfumés. Ils sont frais et agréable et se collent contre ma peau encore humide de ma douche. Je me saisis du petit volume à la couverture de cuir rouge, "La Sorcière" de Michelet, parcours quelques lignes mais ne peux continuer. J'ai une sensation étrange de périls et de plaisir mêlés. Comme il m'en a donné l'ordre, je suis entierement nue sous les draps. Je pose le livre sur le chevet, éteins la lampe et me saisie du torchon de lin blanc que j'ai trouvé dans la cuisine. Comme il me l'a dit, je le noue consciencieusement autour de ma tête aveuglant mes yeux. Je pousse un soupir et repose ma tête sur l'oreiller. Mes mains se posent sur les draps et mon esprit se met à vagabonder.
Les draps de coton épais appuie sur mon entre jambes, les images de la séance dans la cuisine dansent devant mes yeux. Je frissonne, qu'a-t-il donc manigancé ? Je me sens vulnérable et offerte, il est indéniable que quelqu'un va venir ! Je commence à avoir peur. N'importe qui, n'importe quoi, peut ouvrir la porte et venir se faufiler dans ma chambre. Les pires angoisses commencent à m'envahir. Je me remémore cet épisode pénible à l'extrême qu'il m'a imposé à Lyon dans la chambre d'hôtel, avec cet inconnu. Je commence à craindre un nouveau viol consenti. Car, bien sur, il est inconcevable que je n'aille pas au bout de ses désirs. Cette pensée calme les battements de mon cœur. Accepter ma situation a un effet lénifiant. Je ne suis plus qu'attente et crainte à la fois, mais une crainte qui s'estompe peu à peu. Les images terribles de mes fantasmes reflux et peu à peu je m'enfonce dans une douce torpeur, je m'assoupis voluptueusement…
Je sursaute violemment. Mon cœur bat à tout rompre et un froid mortel court le long de mon échine jusque dans mes tempes où se hérissent le duvet de mes cheveux. Une terreur sans nom vient de me réveiller brutalement…
Il y a quelqu'un dans la chambre !
Ma respiration se bloque. Je veux faire le moins de bruit possible pour écouter la nuit. Mais le sang qui bat à mes oreilles en un vacarme assourdissant m'empêche de me concentrer. Pourtant je sais, qu'ils sont là ! Deux, trois, peut être quatre. Je sens leur présence près de mon lit. Je peux presque les voir à travers le bandeau. J'ai peur a hurler et je reste tétaniser comme la biche au aboie lorsque la meute la cerne de ses crocs.
Les ombres se rapprochent, leurs mains immondes se tendent vers moi. Un cri d'angoisse veut sortir de ma gorge, un cri avorter par la terreur. C'est terrible je ne peux même pas crier. Le son reste bloquer au fond de moi. Je m'époumone en vain d'un hurlement silencieux, ma poitrine me fait mal, Vaincue, je me mets à sangloter de peur. Mes larmes mouillent mon bandeau improvisé et me calment. Je vais sangloter un long moment et, pour échapper à l'étreinte des ombres, je replonge dans l'abysse noir et rassurant.

Un chant d'oiseau parvient à mes oreilles. Une lumière vive se faufile sous le bandeau jusqu'à mes paupières. Je sors peu à peu de ma torpeur. D'un geste j'ôte le tissu qui ceint mon visage. Je fronce les sourcils et contracte mes paupières sous le flash blanc de la lumière solaire. Mon dieu ! Quelle heure est-il ? D'un mouvement souple je me tourne vers le gros réveil à aiguilles et entrouvre les yeux, 7h 25… Ouf ! Ma tête retombe sur l'oreiller. Je regarde autour de moi. La chambre blanche est vide... Vide ! .. Bien sur ! Je me remémore ce mauvais rêve, ces hommes qui m'entouraient… Je souris mais mon sourire a un arrière goût amer. Ce cauchemar a été si fort qu'il flotte encore autour de moi. Sous les draps Je glisse mes mains sur la poitrine pour en faire dresser les tétons, par jeu, et toujours par jeu ma main se blottie entre mes cuisses et devient la douce coquille de ma rose humide. J'ai une furieuse envie de me caresser. Je pense à me saisir de mon portable pour l'appeler et lui demander l'autorisation. Mais je me ravise. On se voit dans moins de deux heures comme convenu. D'un geste ample je repousse les draps et d'un bond je me lève. Nue comme un ver, je passe devant le miroir du bahut, prend une pose provocante et éclate de rire. Mon esprit est déjà avec lui. Je traverse le petit salon non sans avoir jeter un œil angoissé un peu partout, on ne sait jamais ! Et je me précipite vers la douche pour faire partir cette mauvaise sueur froide de la nuit.

26 février 2008

Chap.6. Au coin de la rue.

Je me suis précipitée à la fenêtre du salon. J’ai tiré vivement les rideaux et entrouvert la fenêtre. L’air glacial du matin s’est engouffrer dans la pièce enveloppant mon corps nu. Je frissonne de froid, mais j’en ai cure. Le voir une dernière fois ! Je me penche sur la balustrade en me cachant les seins de mes mains pour scruter la rue. Il est là ! Au coin du carrefour, adossé au mur. Il m’attendait… Je suis sure qu’il m’attendait ! Il savait que j’allais ouvrir la fenêtre. Il relève un peu plus la tête et me fait un signe de la main. La rue est déserte à part une voiture qui s’engouffre sur la chaussée et file sans ralentir. Je lève une main à mon tour, découvrant une partie de ma poitrine. Il se décolle du mur, pivote sur ses talons et disparaît au coin de la rue.
Je reste un long moment debout dans le froid à regarder l’angle de la rue. Je commence à grelotter. Un froid intense me gagne mais ce n’est rien comparé au vide qui glace mon esprit. Je sursaute. Un réflexe de sauvegarde ! Je referme la fenêtre en baissant la tête, une boule au fond de la gorge, des larmes au bord des yeux. Pourquoi faut-il que nos entrevues soient si courtes ?
Comment d’écrire l’étrange sensation de vacuité qui s’empare alors de moi ? La sensation d’être perdue au milieu d’un vide sidéral. C’est ce qui m’arrive à chaque fois que Marc a poussé mon dressage un peu plus loin. Un peu comparable à l’instant qui suit un orgasme ou un plaisir intense, l’impression de ne plus m’appartenir. J’oserais presque la comparer à une sensation de manque d’un drogué. Aussitôt fini, je voudrais que cela recommence, que cela reprenne vite. Je sais que nous ne nous reverrons pas avant longtemps maintenant ? Peut-être à Pâques, peut-être au prochain été… C’est si loin ! Comme un automate sans âme je me prépare un petit déjeuner en pensant à autre chose. Mes pensées s’égarent et je fais trop cuire mes rashers et mes œufs. Toujours nue, je m’attable et mange sans appétit.
Ma décision et prise. Je ne veux pas rester ici à attendre le lundi. Je veux retourner dans ma contrée ! Respirer l’odeur des box, sentir le souffle puissant des chevaux. L’air vivifiant d’une course sur mon visage et sa caresse dans mes cheveux.
Je prends une douche rapide, m’habille et, comme si je fuyais les lieux, m’engage sur le palier … Je suis stoppée net par un oubli impardonnable. Je fais demi-tour et récupère le PC portable qui m’attendait sagement sur le sol. Ce portable qui maintenant devient un fidèle ami, mon lien direct avec Lui.
C’est toujours dans un état second que je descends l’escalier. Et dans un étrange raccourci temporel je me croise, montant les degrés à quatre pattes, la jupe relevée sur mes fesses dénudée, mon Maître sur mes talons. Mes joues s’enflamment et une étrange chaleur monte entre mes jambes. Heureusement je ne rencontre personnes. Je m’élance sur le trottoir, sortant du porche comme un diable surgit de sa boite. Je continue à m’enfuir !
Lorsque que je me dirige vers l’angle de la rue où a disparu Marc mes pas s’accélèrent et mon cœur se met à bondir d’impatience. Dans mon obsession il m’attend là, le sourire aux lèvres, content du tour qu’il m’a encore une fois joué. Mais la rue est vide ! C’est son ombre que j’ai cru voir. Il est loin maintenant ! Ma déception est si grande que je reste plantée là, un long moment, au coin de la rue. Une larme perle sur mes cils. Je fais un pas en arrière. Je ne peux pas prendre le métro et le train c’est au-dessus de mes forces. Je fais vivement demi-tour et me dirige vers le parking ou est stationnée ma voiture.

 

Post-scriptum.
En fait, c’est plusieurs jours que je suis restée chez moi. Une petite grippe me cloue au lit. D’aucun parlerons de somatisation pour moi qui tombe rarement malade. Un mal pour camoufler un autre mal. Une mélancolie profonde qui va s’estomper peu à peu pour laisser place à un feu radieux. Un espoir ! Une perspective qui me fait entrevoir à l’horizon notre prochaine rencontre.
Mais entre-temps, pour entretenir ce feu il est nécessaire que je vous conte ce fol été 2007. Assurément le plus difficile des récits que j’aurais à écrire et à vous livrer, fidèles lecteurs et lectrices. Mais certainement pour moi un récit libérateur. Libérateur comme une confession. La plus intime des confessions !

16 juillet 2007

Chap.4. Exposition.

Je ne me lève pas de bonne heure ce matin. J'aurais voulu profiter de la matinée pour visiter la ville mais Il n'est pas resté avec moi hier soir. "J'ai affaire" a-t-il dit sur un ton qui ne souffre pas de questionnement. Pas facile de s'endormir. Résultat je me réveille vers 9 heure. Une douche longue et fraîche. Un petit déjeuner nonchalamment avalé au bar de l'hôtel et direction le Palais de Bondy. Je sais qu'il y sera. Il m'a interdit d'y passer mais je ne peux résister. D'un pas décidé je passe le Pont de la Feuillé et gagne les premières marches du Palais que je monte quatre à quatre.
Personne pour m'accueillir ! Dans d'immenses salles lumineuses je déambule entre les œuvres et je finis bientôt par tomber devant trois de ses toiles. Aussitôt les souvenirs de mes vacances resurgissent et défilent devant mes yeux. Ces toiles je les connais, elles ont été témoins de ma présentation à mon Maître, de mes premières génuflexions, de ma nudité, de mes angoisses, de mes plaisirs interdits. Une bouffée de chaleur monte dans ma poitrine et ma gorge se noue.
- Je t'avais pourtant dit de ne pas venir ici !
Je sursaute. Tout à ma contemplation je ne l'ai pas entendu venir derrière moi. Je me retourne. Il a le front plissé de colère. Je lui souris, il va falloir faire retomber son courroux.
- J'avais vraiment envie de voir cette expo…Je suis désolée… Elle est vraiment très belle.
Le compliment le laisse de marbre. Il émet ce petit claquement de langue caractéristique qui signale sa désapprobation et son impatience. Je baisse les yeux et les relève lentement vers lui en essayant un sourire que je sais désarmant. Il reste de glace.
- Tu ne perds rien pour attendre… Mais puisque tu es là…
Il jette un regard autour de lui.
- Enlève ton tee-shirt je veux prendre une photo souvenir.
A mon tour je regarde autour de nous. Personne. Il est tôt et il n'y a pas grand monde dans les salles d'exposition. Je lui tends le pull que je porte négligemment sur les épaules et d'un mouvement rapide enlève mon tee-shirt. Je suis poitrine nue et jette autour de moi des regards angoissés. Il s'éloigne un peu pour faciliter la prise de quelques clichés. C'est amusant et je prends quelques poses de starlettes en souriant, c'est facile quand on se sent belle. Les photos s'enchaînent lorsque du coin de l'œil je vois surgir dans la grande salle adjacente un couple de visiteurs. Prise de panique je me colle contre un mur. Nous sommes dans une sorte de rotonde et cela me cache à leurs yeux. Je tends la main vers Marc pour réclamer mon tee-shirt et me couvrir. Avec un large sourire il fait un pas en arrière et secoue la tête négativement. Ma panique augmente. Il n'oserait pas me faire çà ! Oui, j'ai bien peur qu'il en soit capable. Je traverse la pièce pour le rejoindre un bras barrant ma poitrine me dévoilant un court instant et en priant que les visiteurs soient absorbés par la contemplation des œuvres. Je le rejoins dans l'encoignure opposée et le supplie.
- Je t'avais bien dit que tu ne perdrais rien pour attendre ! - Murmure-t-il d'un ton froid.
Mon dieu, il est bien décidé à m'humilier ici !
Par dessus son épaule je jette un coup d'œil à l'autre grande salle. Elle est vide et semble m'offrir une issue pour fuir les visiteurs. Je vais tout de même pas passer ma matinée à jouer à cache dans ces salles d'exposition ! Je m'apprête à franchir le seuil pour gagner la salle vide quand il me barre le passage.
- Non, non… Tu reste là…Je n'ai pas fini mes photos.
Je me liquéfie littéralement. Il ne sourit plus. Et je commence vraiment à avoir peur.
Que va-t-il se passer si ces gens me voient à demi nue, ici ? Indifférence ou scandale ? Je m'imagine fuir dans la rue les bras cachant ma poitrine sous les huées ou les quolibets de la foules. Je ne les vois pas mais je sais que les visiteurs se rapprochent. La tension est tel je j'ai l'impression que je vais m'évanouir. Marc se déplace un peu pour observer la progression des visiteurs, je me colle contre le mur froid. Quelques instants se passent quand, comme ayant reçus un signal, d'un geste leste, il m'envoie mon pull que j'attrape au vol. Dans le même temps je perçois des ombres de personnes sur le point de franchir le seuil. Pas le temps d'enfiler le pull ! Je le jette sur mes épaules et fait retomber les manches sur ma poitrine je croise les bras et tourne le dos à la porte en faisant semblant d'être absorbée par la contemplation d'une des œuvres de la rotonde. En fait, je suis au bord de l'apoplexie je dois être rouge comme une pivoine. Un petit bonjour courtois me vient des visiteurs je réponds du bout des lèvres sans me retourner alors que Marc leur répond ostensiblement. Je perçois une sorte de jubilation dans son "Bonjour". Je prie pour qu'il n'engage pas la conversation. Après tout c'est lui l'Artiste il pourrait commencer à expliquer son Art aux visiteurs chanceux de le rencontrer et faire durer ainsi mon calvaire.
Heureusement aucune conversation ne s'engage. En silence j'entame une sorte de quadrille me déplaçant en même temps qu'eux de façon à toujours leur tourner le dos. Plusieurs fois je croise le regard ravit de mon Maître. Il a sa petite vengeance ! Après ce qui me semble être une éternité les visiteurs finissent par gagner l'autre grande salle. Soulagée, je me rapproche de lui. Est ce le relâchement de la tension, un sentiment mêlé de colère de soulagement de joie de plaisir Toujours est-il que j'ai envie de lui tambouriner la poitrine, je lui jette un regard furibond. En un éclair je m'aperçois que j'ose le défier au mépris de toutes les règles. Trop tard, il s'en est aperçu. Toujours avec le sourire, il pose un délicat baiser sur mon front enfiévré.
- Je n'en ai pas fini avec toi aujourd'hui !
Qu'a-t-il voulu dire ? Que me prépare t il encore ? Il a pris quelques clichés mon pull sur les épaules j'ai repris mes poses de vedette débutante. Il a fini par me rentre mon tee-shirt. Ensemble nous avons fait le tour de l'exposition puis nous avons terminé la matinée à visiter la vieille ville.

Jouer les touristes avec lui est des plus agréables. Il semble connaître Lyon comme le fond de sa poche. En tout cas il y est très à l'aise. Il m'a fait découvrir les "Traboules" ces espèces de passages secrets qui sillonnent la ville. Les seuls endroits ou à l'abri des regards il accepte que je lui prenne la main et ou l'on échange des baisers et caresses appuyés. Nous avons fini par nous attabler à la terrasse d'un Bouchon et entamé avec bonhomie un repas de quenelles bien mérité.
C'est pendant ce repas que j'ai entamé une discussion sur un sujet qui me tenait à cœur.
- Mar... Monsieur… - J'ai failli gaffer, décidément c'est le jour.
- Est-ce que vous me ferez l'honneur de me dessiner un tatouage ? J'aimerais tellement en porter un de vous ?
Je sais qu'il en dessine régulièrement et qu'il a même, un temps, été tatoueur. Je nourris l'espoir que ce soit lui qui dessine sur ma peau.
Il réfléchit un instant se sert un verre de vin qu'il déguste lentement. Et finit par lâcher.
- Il en est hors de question !
Devant ma mine déconfite d'incompréhension il rajoute.
- Qu'est ce que cela va t'amener ? Qu'est-ce que cela représente pour toi ?
- Toutes mes copines en ont ! Et d'en avoir un de vous…çà classe !
- Et tu veux faire partie du troupeau et bêler en cœur ?
- Non, non... Je ne voyais pas çà comme çà…
- Regarde autour de toi. A vouloir se distinguer, on finit par retomber dans le commun et le vulgaire. Et tu sais que je déteste le vulgaire J'ai particulièrement apprécié que tu te présente à moi sans aucune marque sur ton corps. Que tu n'aies pas de tatouage ou de piercing est pour moi un trésor comme l'est la toile blanche qui portera mon œuvre ! Ta peau est vierge comme l'était ta bouche et tes reins. Je te prie de la garder ainsi !
Il s'interrompt dans sa démonstration reprend une goulée de vin, pose délicatement le verre sur la table, son regard clair capte le mien. Il continu.
- Lorsque mon œuvre sera achevée, lorsque ton dressage sera terminé... Si tu va au bout… Je te signerai !
Me signer ?. J'essaye d'en savoir plus marquant mon incompréhension.
- Vous me signerez ?
Il sourit tristement et son ton devient grave.
- Je te signerai… Je te marquerai au fer.
Je reste interloquée. Sans voix. Je plonge mon nez dans mon assiette. Le marquage au fer c'est plus pour moi un fantasme, je ne pensais pas y être réellement confrontée. Lors de mon séjour à l'atelier j'ai vu quelques-uns uns de ses fers. Mais, m'a-t-il dit, ce sont des commandes, lui-même ne les utilise pas vraiment… Pas vraiment !  Et pourtant bien qu'hypothétique la situation m'effraie un peu. J'ai du mal à m'imaginer en train de recevoir une telle marque… Je n'ai pas réellement peur et suis plutôt intriguée.
- Mais ce n'est pas pour aujourd'hui.- Plaisante-t-il en riant et se reculant sur sa chaise.- Il te reste beaucoup de chemin pour en arriver là. Une marque cela se mérite. Cela n'est pas donner à tous… Cela sera presque la fin de notre voyage !
La fin de notre voyage ? L'évocation de la fin de cette aventure me laisse encore plus perplexe… J'arrive cependant à retrouver ma voix.
- La fin… Presque la fin ?
- Oui un achèvement.
- Mais que peut-il y avoir de plus qu'accepter un marquage au fer rouge ?
Il redevient soudain grave.
- Ce plus, C'est ce qu'il peut arriver de mieux à une œuvre d'art…
Il s'interrompt. Cherche une lueur de compréhension dans mes yeux. Mais je reste sans voix. Il continu d'une voix sourde, solennelle.
- Je te vendrais… !
Si le monde devait s'écrouler sous mes pieds cela n'aurait pas plus d'effet !
Jamais je n'ai éprouvé une émotion aussi forte. Mon estomac se serre, la tête me tourne et ce n'est pas l'effet du vin. Pour une fois le sang reflux de mon visage. Devant ma mine décomposée il s'alarme pose une main sur la mienne. La chaleur de ses doigts me ramène à la vie, je l'étreins fermement comme pour ne pas me noyer. Et pourtant mon sauveur va me porter un dernier coup qui paradoxalement va me sortir la tête de l'eau.
Tu veux renoncer ?… Si tu veux renoncer c'est maintenant… Sinon nous n'en parlerons plus jamais… Cela se fera naturellement.
Renoncer ? Comment puis-je renoncer ? C'est par mon désir le plus profond que je me soumets à lui. J'aurais l'air de quoi à mes yeux. Ce n'est plus un jeu de gamine perverse… C'est une expérience unique…Ma vie ! Ma fierté reprend le dessus presque orgueilleuse, je prends une profonde inspiration le fixe droit dans les yeux et souffle.
- Jamais !
Tout est dit. Tout est engagé. Aussitôt le poids qui oppresse ma poitrine s'envole. Je me recule sur mon fauteuil et lui souris largement. Un autre niveau du pacte vient d'être passé.
On vient nous débarrasser, servir le café et apporter la note.
En silence nous nous observons mutuellement le temps que la serveuse fasse son office. Une fois celle-ci partie, il reprend en goûtant son café.
- Tu me semble bien arrogante… J'avais prévu ta réponse tu sais !… Je vais te donner un avant-goût de ce qui t'attend … Ce soir même !
Je commence à être habituée aux douches froides. Cela ne me fait pas peur. Il jette un regard à sa montre.
- J'ai un rendez vous prévu de longue date. Je te laisse. On se revoit ce soir à 20h précise au "Backstage" à côté du Palais de l'expo. Ne soit pas en retard !

Il règle la note, m'embrasse sur le front avec un sourire en coin, un sourire que pourrait avoir un chat sur le point de croquer une souris. Sans se retourner, Il s'éloigne et se perd dans la foule. Restée seule je sirote le fond de ma tasse de café un peu dépitée et triste de le voir partir. Je lève la tête. Le ciel vient de se couvrir, une fraîcheur orageuse balaye la terrasse... Je frissonne… De tout mon corps et de toute mon âme.

27 mai 2007

Chap. 1 - Au commencement ...

Il y a deux jours j'ai reçu la clef du meublé par courrier. Elle était accompagnée d'une feuille de papier manuscrite à la plume. La liste des affaires que je devais amener, ainsi que les instructions pour mon voyage. Cela ne va pas être facile de parcourir six cent kilomètres nue sous mes vêtements surtout en jupe courte. Mon permis tout neuf en poche. En espérant ne pas commettre d'impair sur la route. J'imagine d'ici le contrôle de police ou de gendarmerie... Et la fouille au corps, peut être ?
Dans la liste des recommandations, un désir, pardon que dis-je, une exigence de celui que je vais rejoindre. Simple et compliquée à la fois. Simple pour la dingue de littérature que je suis et compliqué pour ma pudeur. Tenir le journal de cette aventure et le publier.
Ces vacances de Pâques s'annoncent studieuses..

30 août 2013

Chap.22. Descente.

L’homme reste longuement face à moi, un genou à terre. Ses mains parcours ma peau comme s’il voulait en saisir la réalité, se convaincre que mon corps existait réellement entre ses mains, autrement que par mes écrits et ses fantasmes.Ses yeux brûlent de fièvre. Je devine aisément que si nous étions seuls il me coucherait sur le banc sans autre forme de procès. Ses mains s’emparent de ma poitrine et ses doigts en lissent les tétons durcis avec insistance. Un peu gênée par autant de sollicitation de son mari, je lance un coup d’œil à Ignés. Elle a une moue amusée, presque de la compassion, je crois même y lire de la reconnaissance de faire ainsi le bonheur de son compagnon.
D’une secousse de la tête il finit par émerger de son rêve éveillé. Ses mains quittent ma peau et restent en suspension au-dessus d’elle un moment. Comme s’il venait de s’apercevoir qu’il venait de commettre un sacrilège ! Il se relève enfin, fait un pas en arrière sans me quitter des yeux.
Il ouvre enfin la bouche
- Je..
Sa voix s’étrangle, il se racle la gorge en se tournant vers Marc. Ignès s’amuse de son émotion et me lance un clin d’œil complice.
- Je vous propose d’aller visiter nos pensionnaires ?
Il se détourne de moi. Je souffle intérieurement. Mes épaules retombent de soulagement.
Il se dirige vers Marc et le prend par les épaules comme deux amis de longue date. Ce qu’ils semblent être d’ailleurs, et je reste toujours étonnée du vouvoiement utilisé entre eux ! Une marque de respect ?… Un code ? Je n’ai pas encore tout compris de l’univers dans lequel mon Maître me fait évoluer.
- Vous allez pouvoir nous faire une démonstration de votre savoir Marc, nous avons justement une postulante qui nous attend.
Il claque dans ses mains.
- Allons Mesdemoiselles, levez vous et suivez nous… Je vous emmène visiter les lieux !
Sans attendre de réponse les deux hommes se dirigent vers une large tenture en brocart de velours rouge qui barre une partie du mur. Ignés quitte sa banquette et viens m’aider à me déplier les jambes un peu engourdies en me donnant la main. Main qu’elle ne lâche pas lorsque nous emboîtons le pas aux deux hommes.
Je n’avais pas remarqué l’huis que dissimule à demi la tenture. D’un geste vif notre hôte la tire sur le coté et dévoile une petite porte de chêne bardée de gros clous noirs et d’une serrure imposante. Une serrure qui apparemment ne défend l’accès que dans un sens car la clé de fer est pendue au mur à sa droite.
La porte tourne sans un bruit sur des gonds parfaitement entretenus. Elle est étroite et nous ne pouvons la franchir qu’un par un et en baissant la tête. Ignés ne me lâche pas la main pour autant. Au contraire sa prise se raffermie comme pour se rassurer ou prévenir une éventuelle fuite. Les deux hommes disparaissent dans le couloir sombre que garde l’étrange porte. Ignés me tire à leur suite, non sans, avant de plonger dans l’obscurité, me lancer avant un petit sourire souligné d’un clin d’œil rassurant.

Je suis dévotement Ignès. Plus nous nous éloignons de la porte et plus la noirceur nous enveloppe, j’ai l’impression de descendre dans des catacombes. Ce que confirme le sol froid et irrégulier, légèrement en pente, sous mes pieds nus. Le passage est si étroit que de temps à autre mes épaules heurtent les murs qui semblent se resserrer sur nous. Maintenant je distingue à peine les reflets blonds de la queue de cheval de la jeune femme qui me précède. Apeurée, je jette un dernier coup d’œil en arrière vers la lueur qui sourd de la porte entrouverte et qui me semble soudain si lointaine. Je serre nerveusement la main d’ignés qui me répond d’une pression sans rompre le silence qui nous accompagne. Je comprends que ce lieu à été fait pour cela et que ce couloir sombre est destiné à oppresser, à étouffer toutes velléités de résistance. Je ne peux m’empêcher de penser à la sentence de Dante " Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance".
J’en suis là de ma réflexion lorsque nous débouchons enfin dans une petite salle éclairée par un unique flambeau électrique, une veilleuse, qui dispense une pauvre lueur rougeoyante. A peine de quoi nous distinguer ! On pourrait se croire dans une chapelle souterraine. Les voûtes qui nous surplombent et le prie-Dieu qui fait face au mur sous le flambeau renforce cette impression, ainsi que la table de pierre qui lui fait face. Sauf que des anneaux de fer bardent cet autel païen et en laissent deviner l’usage ! .
Notre hôte ne me laisse pas le temps d’observer plus là loisirs le curieux ameublement. Il poursuit son chemin en plongeant sous la voûte d’une des deux autres ouvertures du mur qui nous fait face. Un autre couloir un peu plus large.

 

11 août 2007

Interludes. Retour d'Irlande.

L'avion d'Air Lingus vient de décoller de l'aéroport de Cork. Dans un peu plus d'une heure je serais de retour à Paris. Adieu ma verte Irlande et à bientôt mes amis, ma famille gaélique. Je me saisis de mon carnet, de mon bout de crayon (un stylo est une arme dans un avion ! Mais, il est vrai, pas que dans un avion, …Pour tous les autoritarismes aussi !) et pelotonnée, sur mon siège je commence à écrire.

Deux semaines de vacances à me saouler d'espace, de rire, … A me languir aussi. Ses exigences étaient simples, "Tu pars en vacances, repose-toi, pas de contact, pas de téléphone, on se retrouve fin août. Prends soin de toi !" Prends soin de toi ! Il en a de bonne ! Quand je retrouvais ma chambre dans la nuit après ces soirées Pub interminables, échauffée de danse et de tapage avec ces rêves récurrents qui éveillaient en moi les désirs les plus doux. Comment ne pas transgresser une des premières règles qu'il m'a fait suivre ! " Tu ne te caresse pas sans me demander l'autorisation" Et comment faire s'il refuse que je l'appelle ? Et cette cour de garçons irlandais, adorables et attentionnés au demeurant, qui ne pensait qu'a "sortir" la petite Française et plus si affinités. Combien de déceptions ? Plusieurs fois, seule dans la salle de bains, j'ai pris la position imposée, nue, à genoux sur le carrelage, les jambes écartées, les mains dans le dos et la tête baissée. Je fermais les yeux et m'imaginais sa présence attentive. Cela suffisait à déclencher en moi un plaisir trouble qui mouillait mon ventre et me laissait pantois. Plusieurs fois lors de mes longues balades à cheval le long des falaises battues par les vents et les embruns mon ventre est venu à la recherche du pommeau de cuir de la selle, s'y est pressé, s'y est frotté alors que je me couchais sur l'encolure de ma monture et fermais les yeux de plaisir.

J'ouvre les yeux, je me suis assoupie un instant. Je contemple mon carnet ouvert sur mes genoux couvert de notes hâtivement griffonnées. Un moment de panique, je jette un œil à ma voisine mais elle est absorbée dans la lecture d'un magazine féminin. Elle n'a pas lu ces phrases interdites, la suite de mes aventures à Lyon, que je vais bientôt mettre au clair et éditer dans mes carnets. Mais avant toute chose dès ce soir…Lui passer un coup de fils, … Les vacances sont terminées !

12 avril 2016

Chap. 41. Le Lit de Sonia

Je mâchouille nonchalamment le brin d’herbe que j’ai cueilli à la volée avant de monter dans la voiture. Le soleil à peine voilé est déjà haut. Notre matinée s’est prolongée mais cela ne m’a pas reposée pour autant.
Nous avons passé la soirée tous les trois à deviser autour de la meilleure table de la vallée comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il est vrai que l’odeur intime de Sonia imprégnait encore mes doigts et je prenais un plaisir particulier à les porter à mon visage pour en humer la puissante fragrance aphrodisiaque. Est-ce l’effet des phéromones de la belle ? Toujours est-il que ma jalousie envers elle a fondu comme neige au soleil et a été remplacée par la chaleur d’un tendre intérêt. Ce seul parfum suffisait à m’évoquer les étreintes les plus licencieuses. Et je le faisais d’une manière si ostensible que Sonia me lançait des œillades complices à chaque fois que je portais mes doigts sous mon nez. Un manège qui n’a pas échappé à Mon Maître.
A la fin de la soirée, Marc  s’est enquis auprès de Sonia si elle disposait d’un hébergement.
Elle a acquiescé
— Et votre lit est assez grand  pour accueillir Isabelle ?
Sonia n’a pas cillé, et a même lancé avec audace, les yeux pétillants comme le champagne de son verre.
— Ho oui !… Bien assez grand !… Et pour vous aussi d’ailleurs !
Marc a souri, mais a décliné l’invitation en se levant de table.
— Merci Mademoiselle,… Nous aurons certainement l’occasion de faire plus ample connaissance, je pense !
Sur un dernier clin d’œil de complicité il nous a saluées en quittant la table puis le restaurant sur un de ces petits signes convenus à mon intention.
L’attention de Sonia se reporte sur moi, visiblement gênée par sa dernière effronterie. La suggestion de Marc est suffisamment explicite pour que nous n’ayons pas besoin de parler. Elle a compris comme moi.
Je ne viens pas à son secours et touille nonchalamment le reste de café de ma tasse et la porte lentement aux lèvres en la contemplant.
Enfin, elle a petit raclement de gorge embarrassé et me lance en souriant.
- Bien… Heu ! . Je crois qu’il serait bon d’aller nous cou…
Elle s’arrête interloquée, cette fois c’est son visage qui s’enflamme en s’apercevant de ce qu’elle allait dire et de ce que cela impliquait.
— Je … je veux dire, nous… coucher !
Ses sourcils s’arquent une mimique comique, comme si elle cherchait à minimiser ses paroles.
Comme je me sens confiante tout-à-coup face à sa candeur !
Je repose lentement ma tasse, la fixe intensément et lui lance tout de go.
— Tu n’as vraiment jamais fait l’amour avec une femme ?
Elle a un petit mouvement de tête négatif et baisse les yeux sur ma tasse.
Enhardie, Je me saisie de sa main sous la table.
— Alors viens !

Sonia n’avait pas menti,  le lit du meublé était grand, peut-être même trop grand, surtout au vu du peu de place que nous y avons occupée. Je souris aux anges à l’évocation de la pudeur de Sonia qui a tenu à éteindre toutes les lumières avant de s’avancer vers moi une fois nue  et de chercher ma peau frémissante à tâtons. Il n’a pas fallu longtemps pour que la belle s’enhardisse et laisse tomber ses derniers chastes remparts, se laisse enlacer tendrement et que nos lèvres se cherchent et se trouvent dans la nuit avant de repartir explorer les recoins les plus intime de nos corps avides de caresses.
Mon visage s’éclaire et mon ventre s’amollit lorsque dans ma tête résonnent ses petits cris de jouissance étouffée. Je goutais alors directement à la source, entre ses jambes largement écartées, le jus de Cyprine dont l’abondance trahissait son total abandon… Nous sommes endormies toutes les deux tendrement enlacées comme des amantes de toujours.
Il est plus de onze heures lorsque Marc vient me chercher. Il a pénétré dans l’appartement sans s’annoncer. Il y a bien longtemps que je laisse les portes ouvertes derrière moi lorsque je sais qu’il doit me rejoindre. Je termine de me coiffer et Sonia sort à peine de la douche nue comme un vers lorsqu’elle s’aperçoit de sa présence. Elle prend immédiatement la pose de soumission un peu gauchement comme prise en faute et me lance une œillade interrogative,  s’étonnant que je ne l’aie pas prise moi-même. Marc hausse les sourcils mais ne fait pas de remarque. Sonia devra apprendre dans quelles conditions la pose s’impose.
Sans plus s’occuper d’elle, il me lance.
— On y va … Kristale nous attend !

Sous les pneus le crissement des gravillons du chemin qui mène à la Colombière me sort de ma langoureuse léthargie. Je me redresse sur mon siège rabattant ma jupe relevée impudiquement sur mon ventre nue. Ce trajet est passé si vite, perdue que j’étais dans les bras de Sonia. Je cille plusieurs fois des paupières et observe l’entrée de la bâtisse. Mon cœur fait un bon. Là, juste à droite du perron d’accès, une moto rutilante, une grosse cylindrée, que je reconnais comme la monture de Laure. Je veux me tourner vers Marc et l’interroger. Il ne m’a pas dit que Laure serait là !... J’ouvre la bouche mais me ravise. Ce n’est certainement pas la surprise de Kristale ! Il faut que je me montre patiente, mais intérieurement je trépigne. Je vais revoir Laure que je n’avais pas vue depuis mes dernières vacances.
A la suite de Mon Maître je pénètre dans le hall d’entrée, là même où Kristale m’avait imposé sa première humiliation. Mais comme personne n’est là pour nous accueillir Marc continue vers le salon aux baies grandes ouvertes que nous traversons de part en part vers la piscine.
Une naïade est en train d’y faire des longueurs et de nouveau mon cœur loupe un battement. J’ai reconnu la longue chevelure noire de jais de Laure qui s’arrête brusquement de nager comme sur un signal, comme si elle avait perçu notre présence par quelques mystérieux sens cachés. Sa tête hors de l’eau se tourne vers nous et  elle passe ses mains sur son visage pour en écarter l’eau et les cheveux qui brouillent sa vision. A notre vue, son visage s’éclaire d’un petit sourire vite réprimé. Je sais qu’elle ne manifestera pas sa joie. Je suis sur le point de faire un pas vers le bord du bassin lorsque qu’une voix hautaine au fort accent germanique éclate derrière nous.
— Vous voilà enfin !... J’ai cru que vous vous étiez perdus en route.
Je me retourne vivement. Marc fait de même mais d’une façon plus posée.
Kristale  nous rejoint d’un pas décidé faisant claquer ses hauts talons sur le travertin de la terrasse.
Elle est élégamment  vêtue d’un pantalon de lin écru et d’un chemisier de tulle blanc, vaporeux, qui la couvre entièrement des poignets  jusqu’au cou mais qui est si léger et transparent qu’il ne cache rien de la poitrine libre aux areoles arrogantes qu’elle darde vers nous.
Elle s’arrête à un mètre de nous, me crucifiant de ses yeux de glace bleue, les mains sur les hanches.
— Revoilà donc ma petite gourde !

7 juin 2015

Chap. 33. Estelle 52, Isabelle 11.

Je reste un long moment sans bouger et replonge dans le tourbillon de mes pensées. Ange, Estelle, les Maraudeurs,… Un jeu !… Tout cela n'était-il qu’un jeu ?  Est-ce pour cela qu’il m’a laissée là en prenant soin de me passer le bracelet rouge? En un éclair, je comprends ! Un jeu !… Un pari ! Il a parié que les maraudeurs n’outrepasseraient pas les règles… Et j’en étais la mise et le lot.
Un sentiment de frustration m’envahit. Je m’aperçois que je suis loin de connaître toutes les règles de cet étrange jeu qu’il me fait jouer. Et pire… Qu’il peut en modifier les codes à tous moments sans me prévenir !
Négligemment ses doigts courent sur mon dos comme un pianiste joue avec son clavier… Encore un jeu !
Je soupir d’aise. En résistant aux Maraudeurs, je suis certainement passée à côté du plaisir, mais j’ai honoré Mon Maître.
Mais est-ce ce que voulait vraiment Marc ?
Avait-il prévu que c’est justement mon premier tourmenteur qui allait me tirer des griffes de mon agresseur. Ses doigts plantés profondément en moi, violant sans vergogne mon intimité. Est-ce mes cris désespérés de détresse et de refus qui l’ont décidé ?
Toujours est-il qu’il a surgit sur le seuil de la cellule et lancé d’une voix forte.
- Çà suffit ! … Tu vois bien qu’elle ne veut pas ?
La prise de mon agresseur se relâche. Sous l'autoritaire injonction il ne faut que quelques mots pour qu’il se relève et n’abandonne totalement ses sombres projets.
- Allez viens… laissons la… Les autres t’attendent.
Je me recroqueville sur la couche le souffle court, des éclats lumineux traversent mes paupières mouillées de larmes.

Je décide de renoncer, pour un temps, à comprendre les méandres tortueux du chemin sur lequel m’entraîne Marc. Il y a quelque chose pourtant qu’il faut que je tire au clair. Je me redresse et d’un air décidé et mutine je lance à brûle-pourpoint.
- Monsieur ?… Pourquoi Estelle a-t-elle un numéro ?
- Tu en veux un toi aussi ?
Et voilà ! Je me doutais qu’il allait répondre à ma question par une autre.
Je fais une moue étonnée
- Je peux en avoir un moi ?
-  Oui bien sûr… Mais je n’en ai pas envie !
Agacée et impatiente, je contourne.
- Et si j’en avais un… J’aurais quel numéro ?
Marc éclate de rire, ce qui a l’effet surprenant de m’empaler encore un peu plus en de courtes saccades.
Vaincu par mon insistance.
- Hé Bien !… Il te faut compter le nombre de personnes qui t’ont possédée en te dominant depuis ton entrée en soumission.
Mentalement je commence le décompte ;
Marc, mon Maître, évidemment ! L’inconnu dans cette chambre d’hôtel à Lyon… Jacques dans le couloir sombre…Nicolas dans la cuisine. Les cinq hommes du pavillon de chasse…
Je relève la tête et demande.
- Les femmes aussi ?
Marc a une petite moue dubitative.
- Si elles t’ont dominée, oui !
Je lève les yeux aux ciels en fronçant les sourcils, et reprends le décompte. Kristale, bien sûr ! Et puis Laure, la belle Kajira italienne, bien que là les rôles sont maintenant bien plus ambigus. J’exclue Stéphanie la femme-fontaine, Bien que notre amour soit solide, nos ébats l’était plus par jeux ou guidés par Marc, ou par réconfort mutuel aussi.
- Onze !
Je ne sais si je dois prendre une attitude de victoire puérile ou de honte. Ma tête retombe à côté de l’oreille de Marc et ma bouche lui susurre doucement comme une confidence.
- Onze fois Monsieur... J’ai été soumise onze fois.
Marc corrige.
- Disons que tu es une bonne petite chienne pour onze personnes !
Ses mains glissent sur mes fesses, elles en écartent la raie et ses doigts se posent sur ma rosette en la massant doucement. Une coulée de chaleur me monte le long des reins gagnant ma nuque. Je frissonne de plaisir.
- Et combien sont passé par là ?
Il le sait ! Il le sait mais il veut me l’entendre dire pour toujours me pousser dans les retranchements de ma honte. Mes lèvres s’approchent un peu plus de son oreille et murmurent.
- Vous… Monsieur ! Il n’y a que vous !

26 avril 2015

Chap. 32. Le Bracelet Rouge.

J’interromps brutalement mon récit. Devant mes yeux mouillés mes doigts glissent sur l’épaule de Marc. Un soupir, puis j’inspire une large goulée d’air en me redressant. Je cherche son regard.
Entre mes cuisses sa verge est maintenant parfaitement dressée et je continue le doux massage contre mon ventre par de petits va-et-vient malicieux. Mes yeux se voilent à nouveau et je murmure d’un ton abattu.
- Il m’a fais mal Monsieur !
Marc me contemple au travers de ses paupières mi-closes. Il est parfaitement réveillé mais a visiblement décidé de faire durer le plaisir.  De sous les draps ses mains glissent sur mes genoux et remontent le long de mes cuisses se posant fermement sur mes hanches qui s’agitent imperceptiblement, comme pour en accompagner les mouvements.
Il prend une profonde inspiration et dans un souffle lance sur un ton de commisération
- C’est parce que tu as résisté !
Il me faut un bref instant pour comprendre ses paroles. Interloquée, je fronce les sourcils.
Marc a ce petit claquement de langue désapprobateur que je lui connais bien.
- Il va falloir que je te punisse !
Mon étonnement gagne encore.
- Mais… Mais ! Pourquoi donc Monsieur ? Je…
Il ne me laisse pas le temps d’aller plus loin et le verdict tombe, sec et cassant.
- Tu n’as pas respecté ta condition de soumise.
Devant ma mine effarée, il continue.
- Tu devais te soumettre aux désirs de cet homme… Et de tous si nécessaire !
Indignée, je me redresse de toute ma taille. Mes cuisses s’écartent un peu plus et ma vulve s’écrase le long du bélier de chair qui cherche son chemin humide.
Je tente encore, consciente de mon audace à contester les raisons de l'inéluctable punition.
- Mais !… Mais j’avais le bracelet rouge… Vous me l’avez vous-même posé…
- Oui, effectivement ! Mais ce bracelet n’est pas un sauf conduit pour en oublier ta condition !
Un froid intense me parcourt le dos. Mon esprit s’enraye, je ne comprends plus rien. Marc devine mon incompréhension. Il explique.
- Comprend bien que ce bracelet est un signal à destination de ceux qui te croisent et seraient tentés de te prendre sans autorisation. Mais il ne te concerne en rien. Toi, tu dois rester une soumise parfaite… Quelles que soient les circonstances. Et si un membre de l’Assemblée décide de passer outre l’interdit du bracelet rouge, ou d’une autre couleur d’ailleurs… Tu dois te soumettre à ses désirs.
J’ouvre grands les yeux…Outrée.
- Mais … Mais…
- C’est à ton Maître et donc à moi qu’il devra en référer et éventuellement payer son inconduite. Inconduite qui n’est somme tout que bien naturelle. Je me demande si moi-même je résisterai à une créature comme toi… Qui n’appelle qu’a la soumission !
Il a un large sourire chafouin.
- Vous voulez dire que vous pardonneriez ?
- Je l’ai déjà fait… Souviens-toi !
L’épisode de Jacques dans les corridors sombres de la Colombière me revient en mémoire. Mon Maître lui à même offert une coupe de champagne alors qu’il m’humiliait contre le mur du couloir ! ( Cf. Sombres Couloirs)
Je ferme les yeux et tente de remettre en place toutes mes pensées contradictoires. Et moi qui pensais que ce bracelet était là pour me protéger ! Qu’elle gourde je fais! (Le visage goguenard de Kristale m’apparaît furtivement). Quelle outrecuidance ai-je eu de penser un instant que ce bracelet rouge était là pour me dispenser de mes devoirs ! Ce n’est qu’un signal de maîtres à maîtres ! Et moi qui croyais par ma résistance aux soudards défendre l’honneur de Mon Maître... Je ne faisais que déchoir à ses yeux !
Je baisse la tête.
- Ho, Monsieur !… Comme, je suis…
Je ne trouve pas mes mots tant ma confusion est grande !
Pour échapper un moment à mon trouble je me concentre sur ma langoureuse entreprise.
Je me penche en avant et cambre les reins. Entre mes cuisses le long bélier de chair et sa tête ivoirine est maintenant suffisamment huilée de ma liqueur de cyprine pour que j’envisage une invitation à se glisser en moi. Ce qui se fait avec une étonnante facilité. Un petit coup de rein appuie mon ventre sur celui de Marc, je pousse sur mes bras tendus pour m’empaler et le gland se fraye un passage entre les lèvres sirupeuses pour venir se loger dans le fourreau brûlant qui n’attendait que lui.
Je pousse un petit soupir de contentement et m’allonge de tout mon long sur la poitrine de mon Maître.

5 avril 2015

Chap. 31. Résistance.

Je voudrais faire un pas en arrière mais mon dos cogne contre le mur de la cellule. Impossible de fuir. L’homme tatoué me contemple avidement comme un fauve venant d’acculer sa proie et sûr de son festin à venir. Je baisse les yeux. La verge encore luisante des sécrétions d’Ange qu’il vient de forcer  est tendue vers mon ventre. Instinctivement je resserre les cuisses.
Il faut que je réagisse !
Je me redresse et lève le menton en un geste de défis.
- Vous n’avez pas le droit !… Je… J’ai le bracelet rouge !
Sous le coup de l’émotion, j’ai la voix éraillé d’une petite fille qui implore désespérément. Pas vraiment de quoi impressionner les deux soudards. Pourtant je sens un flottement dans leur détermination. Le tatoué fait la moue, lance un regard rapide à son acolyte comme pour y chercher une approbation. L’autre hausse les sourcils dans une mimique d’incertitude.
Il revient à moi. Sa main gauche se referme sur mon sein droit et son pouce en caresse le téton qui durcit impudiquement.
Il me sourit.
- Pour avoir un joli petit lot comme toi au bout de ma queue… Je suis prêt à tout risquer ma chérie !
Il s’avance. Son sexe moite se colle contre mon ventre. Mes reins se plaquent contre le mur, je tente d’échapper à l’odieux contact. Ses doigts s’affairent fébrilement sur mes tétons durcit. Son visage se penche sur moi et ses lèvres cherchent les miennes. Dans un réflexe je détourne le visage. Son baiser s’écrase sur mon oreille et se prolonge sur mon cou.
Que l’on puisse me prendre sans l’autorisation de Mon Maître m’est insupportable ! Tout mon être, tout mon corps se révulse et se révolte. Je plaque mes mains contre les moellons de pierre. Je voudrais me fondre et disparaître dans ce mur sur lequel me plaque mon agresseur.
Mes yeux s’embrument de larmes. Je parviens à murmurer un "non" plaintif… Je ne veux pas !
Je dois me battre, résister !… Je le dois à Mon Maître, à Marc !
Je hurle.
- Mon Maître va savoir !
La pression se relâche. Je profite du moment d’hésitation de l'homme pour me détendre et d’un bond glisser par-dessous son étreinte. Je me lance vers la porte en bousculant son acolyte qui ne réagit pas. Je crois même deviner un mouvement de retrait pour me laisser passer. A peine ma main pousse-t-elle la porte qu’une violente douleur me vrille le cuir chevelu et me tord la nuque vers l’arrière. L’homme vient de me saisir par les cheveux et me tire violemment vers le bat-flanc. Dans un même mouvement il me pousse férocement sur la banquette. Aveuglée par la douleur et la brutalité de l’étreinte, je perds mon équilibre et m’étale de tout mon long sur la couchette.
Je porte mais deux mains sur mon crâne, sur la brûlure qui s’étend jusque sur mon cou. J’ai l’impression qu’il m’a arraché une partie du cuir chevelu.
Mon agresseur me surplombe de toute sa masse, son visage est congestionné par l’effort et la fureur. Sous mes yeux sa verge gonflée de désir est tendue vers moi, menaçante. La peur me submerge, je sais que je ne peux pas lutter que je finirais par ceder à cette violence et pourtant je ne veux pas abaisser mes défenses. Instinctivement, je me recroqueville en chien de fusil, le dos appuyé contre le mur. Ultime tentative de barrer l’accès aux orifices qu’il convoite pour soulager son désir. Ses mains glissent sur mes hanches, mes épaules, cherchant une prise pour me retourner. Je me débats en me tortillant en battant des jambes et en hurlant mon refus une nouvelle fois. N’arrivant pas à ses fins, il s’agenouille sur la couchette et tente de forcer le verrou en glissant un genou entre mes jambes. Sa main se glisse entre mes cuisses entrouvertes et ses doigts s’insinuent vers ma vulve progressant lentement mais surement vers le passage étroit tandis que je me tortille de plus belle et tente d’échapper à l’ignoble caresse.
Peine perdue. Il finit sur les derniers centimetres par  déverrouiller violemment mes lèvres humides en fermant sa main en un poing  et la projetant en un puissant bélier au majeur tendu qui me pénètre profondément d’un seul jet.
Un voile rouge passe devant mes yeux. Mon corps se détend comme un arc, de tous ses muscles et j’émets un cri rauque de bête blessée.

11 mars 2015

Chap. 30. Retour en cellule.

La résistance d’Ange est vite retombée.
Résignée, elle ne se manifeste plus maintenant que par quelques sursauts et protestations étouffées, noyées dans sa respiration syncopée. Par moment ses mains battent l’air en un puéril appel à l’aide, mais reviennent vite se ranger dans son dos. Sa bouche subit avec héroïsme les assauts répétés de l’homme, sa tête venant buter régulièrement entre mes cuisses ouvertes, rythmé par le balancement que lui imprime l’homme solidement accroché à mes hanches.
J’attends passivement que le plaisir vienne et nous délivre enfin de son étreinte. Ange en a reçu les hommages avec dignité lorsque les reins de son tortionnaire se sont tendus et que son visage s’est déformé sous la jouissance tandis que ses mains me broyaient la taille. J’ai su alors qu’elle recevait au fond de sa gorge la semence dont l’homme aurait voulu me récompenser.
Un moment de latence ou tout se fige.
Notre persécuteur achève de s’épancher entre les lèvres de la jeune fille tétanisée qui de ses mains rabattues dans le dos a trouvé une de mes chevilles à laquelle elle se cramponne désespérément comme à une planche de salut.
La pression des mains de l’homme sur mes hanches se relâche. Il fait un pas en arrière, libérant du même coup Ange de son bâillon de chair dans un bruit de succion glaireux. Elle bascule immédiatement vers l’avant ses deux mains amortissant le choc avec le sol et se met à éructer pour chasser de sa gorge la liqueur amère que l’homme venait de lui déposer. Tout son corps s’agite de soubresauts sous l’effet de ses violentes quintes de toux entrecoupés par le son bruissant de sa respiration forcée, émettant un gargouillis rauque entrecoupé de pleurs.
Elle reprend enfin son souffle comme une noyée retrouve l’air après avoir pris la tasse.
Comme si un interrupteur venait d’être baissé, le tortionnaire d’Ange se désintéresse brutalement de moi.
Sans même me regarder, il me désigne du pouce à ses sbires.
- Remettez-moi çà en cellule !
Les deux hommes ont les yeux qui s’allument en me détaillant de la tête aux pieds.
L’un deux, l’homme tatoué, lance, interrogateur.
- Et … On peut ? …On peut la…
Il le coupe rageusement, sous le coup de la frustration
- Cela ne me regarde pas … C’est votre problème !
Je comprends en un instant que mon sort va basculer. Je tressaille et cherche son regard. Il ne faut pas qu’il me laisse seule avec ces hommes.
Une peur intense me saisit. Je vais pour protester et j’ouvre la bouche mais aucun son n’en sort. Les deux hommes se  saisissent des mes poignets et me tirent sans ménagement vers le corridor ou s’alignent les cellules.
L’homme tatoué semble le plus pressé. Il avise le premier des cachots et en ouvre violemment la porte me propulsant au milieu de la pièce. Je manque me cogner contre le mur de pierre, j’amortis de mes deux mains. Dans un éclair je perçois le bracelet de cuir rouge qui pend toujours à mon poignet.
Non ! Ils ne peuvent pas ! Ils n’ont pas le droits !
Le lacet rouge me protège. Mon Maître me l’a certifié !
Dans un sursaut je me retourne pour faire face.
Les deux hommes sont entrés à ma suite et ont refermé la porte derrière eux.

27 janvier 2010

Chap. 63. Présentations.

Je reste derrière Kristale qui me sert de paravent et cache ainsi ma nudité aux yeux des deux individus. Je les observe par-dessus son épaule. Ils sont nonchalamment assis dans de petits fauteuils de velours. Un jeune homme à peine plus âgé que moi, et un homme d’apparence plus âgée, les tempes grisonnantes, mais à l’allure fine et athlétique, dans un costume de bonne facture.
En apercevant Kristale ils se lèvent à l’unisson.
- Merci de votre patience, Messieurs ! Je pense que vous ne regretterez pas votre attente !
Et tout en disant cela elle fait un pas de côté me dévoilant à leurs regards. Les deux visages se tournent vers moi. Le plus jeune a les sourcils qui se soulèvent d’approbation tandis que l’autre mime un sifflement muet d’admiration tous les deux ont les yeux qui s’allument d’intérêts.
- Je vous présente Isabelle !
Je ne sais pas comment me mettre. J’ai ramené mes mains devant mon ventre en les joignant, et pour échapper à leurs regards inquisiteurs qui parcourent mon corps nu, je baisse la tête. Une chaleur intense me monte aux joues.
- Approche-toi un peu Isabelle !
Mécaniquement, je fais un pas, puis deux, en avant. J’ai la tête qui bourdonne et mon cœur qui bat à tout rompre. Que dois-je faire? Je m’aperçois que Kristale ne m’a rien préconisé. Prendre la position de soumission ? La blonde hollandaise ne m’a rien dit sur ces hommes ! Sont-ils des maîtres ? Le fait que l’on m’ait ôté mon collier m’incite à penser que non. Je lance un regard interrogateur à Kristale. Mais elle ne réagit pas. Je reste les jambes jointes, verrouillées. Risquant la réprimande.
Réprimande qui ne viendra pas.
- Cette charmante demoiselle se propose d’être votre hôtesse pour ce soir. Elle est dévouée et entièrement à votre disposition. Je vous avais bien dit que vous ne le regretteriez pas.
Le plus âgée s’approche de moi et pose une main moite sur mon épaule. Je frissonne d’appréhension. Sa main s’attarde un instant sur mon cou puis s’empare de mon menton me forçant à relever la tête et le regarder. Il a un sourire de satisfactions et ses yeux brillent de fièvre
Il lance.
- Tu as toujours beaucoup de goût Kristale et nous ne sommes jamais déçus… Mais là, tu te surpasses !
Sa main lâche mon menton et retombes sur ma poitrine s’emparant de mon sein gauche et englobant de l’autre le sein libre. Ses pouces viennent délicatement en frotter les pointes qui se dressent et se durcissent sous la caresse.
Mon cœur bat la chamade et manque s’emballer. J’étouffe un soupir pour ne pas crier ma désapprobation. Je baisse les yeux. Je sais maintenant quelle va être la teneur de ma punition. J’ai l’impression que mon esprit vacille au bord d’un gouffre insondable.
Oh! Mon Maître qu’avez vous fait ! Pourquoi voulez-vous çà de moi ?
- Elle est brûlante et sa peau est douce… N’est ce pas Bruno ?
Pour toute réponse du jeune homme, deux autres mains se posent sur mes hanches puis viennent caresser mes reins et mes fesses.
Une peur panique s’empare de moi. Tout mon corps est tendu, prêt à fuir. Un goût d’adrénaline monte du fond de ma gorge. Je déglutis péniblement, faisant un effort surhumain pour ne pas bouger, pour ne pas me débattre et repousser ces mains aux caresses abjectes. Je concentre mon esprit sur mon devoir pour ne pas hurler. Surtout ne pas décevoir Mon Maître!
Kristale surenchérit.
- Oui très chaude et… très humide aussi… Nous venons d’avoir une petite conversation… Elle est déjà toute mouillée… N’est ce pas Isabelle ?
Heureusement Kristale n’attend pas ma réponse. J’en serais bien incapable. J’ai la gorge nouée d’angoisse.
- Ecarte les jambes Isabelles… Laisse donc Serge vérifier par lui-même !
Je souffle profondément par le nez pour essayer de me détendre et comme dans un rêve je me vois ouvrir les cuisses et, même, légèrement cambrer les reins. Je laisse toutefois pendre mes mains le long de mon corps en signe de passivité résignée. Il n’en faut pas plus pour que la main de Serge quitte mes seins, glisse rapidement sur mon ventre et s’engouffre entre mes jambes. Un doigt épais s’introduit rapidement entre les lèvres humides de mon sexe et y fouille longuement. Je m’attends à une réflexion salace, mais l’homme goûte en silence, et avec un plaisir non dissimulé, la chaleur humide de mon ventre. Derrière moi les mains maladroites, au début de leur exploration, précisent leurs caresses le long de mes reins et de mon dos et profitent de l’écartement de mes jambes pour s’insinuer entre les globes de mes fesses comme pour en découvrir les plus intimes recoins.
Surtout ne pas défaillir !
Derrière moi Bruno s’approche encore un peu plus et profitant que la place se libère vient caresser ma poitrine dressée en se collant contre moi. Je sens nettement à travers son pantalon sa virilité tendue qui se plaque contre mes fesses. Il vient renifler à mon oreille et va jusqu'à poser un baiser sur mon cou. Il sent l’after-shave bon marché. Je retiens un sursaut de répulsion. Il ne perd pas de temps et commence déjà à s’accaparer de mon corps offert à ses attouchements fébriles.
Otant vivement sa main d’entre mes jambes Serge se dirige vers le fond de la pièce portant les mains à son col de chemise et commencent le déboutonner.
Il interpelle dans un même temps son jeune compagnon.
- Bruno, met toi donc à l’aise !…Tu restes avec nous Kristale ?… Tu participes ?
Il ôte sa chemise, dévoilant un torse puissant et, sans prendre de temps d’arrêt, déboutonne son pantalon. Kristale lui répond d’une voix espiègle.
- Oui, je reste un moment, mais je ne participe pas… C’est Isabelle qui est à l’honneur ce soir ! Je suis juste sa chaperonne… D’ailleurs… !
Elle interrompt sa phrase et se dirige vers une table basse sur laquelle est posé un sac à main. Elle en extirpe un objet plat, métallique, à l’œil de verre, et le brandit dans notre direction.
- Cela ne vous gène pas que je prenne quelques photos, messieurs. Vous n’êtes pas trop pudique ?
Les deux hommes s’esclaffent.
Kristale prend cela pour une approbation.
Elle s’approche de moi, se penche à mon oreille, et me murmure sur un ton malicieux
- Un petit souvenir pour Marc !

17 juin 2007

De Marc

Comme il m'a dit une fois, "Mon art est souvent en contradiction avec mon sens moral, … Donc avec le tien et de beaucoup d'autres".
Marc exerce son art avec talent dans un magnifique village du sud de la France. Je ne vais pas raconter ici toute son histoire. Contrairement à moi, il se rit de l'anonymat et vous pourrez facilement trouver, si cela vous intéresse, tous les renseignements le concernant en tapant son nom sur Google. Et même le rencontrer. C'est ce que j'ai fait cet été 2006 et qui m'a amené à cette entreprise folle que sont les Carnets d'Emilie. S'il a refusé tous liens ou énoncé direct dans ces lignes de son nom ou de son site c'est pour me protéger et protéger la relation qui nous lie. En dehors des illustrations qu'il me fournit régulièrement il interviendra très peu sur ce Blog.
Mais revenons à son art! Etrange mélange de douceur et de violence ou ses modèles ont une implication totale dans la création de ses œuvres. Je le sais pour en avoir fait l'expérience et j'attends avec impatience les premières grandes réalisations sur lesquelles j'ai contribué ! "Je travail à la limite" et c'est ce que j'ai éprouvé. Nous avons, vous le constaterez vous-même, souvent franchit cette limite ! D'autres s'y sont essayées et ont reculé. Ce n'est pas dans ma nature. Et de cette étonnante union entre l'artiste et son "sujet" j'espère voir jaillir quelques chef-d'œuvre (modestement).
Vous avez déjà apprécié ses photos. Je vous livre ici deux toiles inédites peintes grandeur nature " Pour en augmenter l'impact". Tout d'abords " Noir désir" qui représente bien celui qui a été le mien. Et "L'être et le Néant" qui pour moi explique bien la nature de Marc et de l'interaction qu'il exige de ses "sujets" qui décident d'être ou de retourner au néant de l'anonymat.
Comme sur cette toile, son ombre me suit et me soutient sur ce Blog.

 

23 septembre 2009

Chap. 49. Matinée d’arme

La lumière se déverse à torrent dans la chambre. Je cligne des yeux et me redresse péniblement. Lorsque l’éblouissement retombe, je cherche du regard autour de moi.
Personne ! Je suis seule dans la chambre.
Les visions de cette nuit me reviennent. Mon Maître... Kristale ! ... Leurs caresses indécentes.
J’ai été leur chose pendant le reste de la nuit. Sans se donner le mot ils ne se sont occupé que de moi, de mon corps… Et j’ai aimé ! C’était comme dans un rêve. Je sais qu’entre leurs mains expertes j’ai jouie… Plusieurs fois, et, qu’épuisée, je suis tombée dans le sommeil comme dans un puits sans fond.
La fenêtre est grande ouverte et un vent frais, matinale, y pénètre. Cela achève de refroidir mon corps encore brûlant. Des bruits de conversation viennent de dehors. Ce sont ces voix qui m’ont réveillé.
Je me lève péniblement et m’approche de la fenêtre en cachant dans un reflex puéril le haut de ma poitrine. Le yeux encore embrumés je me penche à la rambarde.
Je n’avais jamais vu ce côté de la maison.
Elle surplombe un paysage vallonné encore perdu dans les brumes matinales malgré que le soleil soit déjà haut. Un vaste jardin parfaitement entretenu dont je n’arrive pas à voir les limites vient mourir aux pieds de la maison sur une vaste terrasse qui ceinture une piscine. Sur cette terrasse une table de teck aux parasols repliés est dressée. Kristale y est assise et me tourne le dos. Sylvie, que je croyais partie, est assise ses côtés. La table est mise pour un petit déjeuner copieux et plusieurs personnes semble l’avoir occupée, mais elles sont parties maintenant. Un coup d’œil circulaire ne me permet pas de trouver trace de la présence de mon Maître.
Sylvie qui m’a aperçue à la fenêtre me fait un petit signe de la main. Je lui réponds nonchalamment. Kristale se retourne alors vers moi et constatant mon réveille me fait un signe bref m’invitant à les rejoindre.
Je me recule de la fenêtre. Mon ventre gargouille. J’ai faim!
Je jette un œil dans la chambre dévastée. Pas trace d’un quelconque vêtement. Je m’empare du drap de bain roulé en boule au pied du lit et m’en couvre à la façon d’une toge jusqu'à la poitrine. Je remets d’aplomb mon collier de cuir et sort de la chambre pour rejoindre mon hôtesse.

Je parviens à la terrasse et m’avance pieds nus sur le sol déjà chaud. La conversation entre les deux femmes s’arrête et leur attention se porte sur moi. Kristale est habillée d’une liquette vaporeuse aux dessins indiens dont la transparence ne cache rien de sa nudité. Sylvie porte un short noir et un tee-shirt rose pale échancré. Je tente un timide sourire. Je m’avance vers Kristale et me penche pour lui faire la bise sur les joues. Mais elle détourne la tête et nos lèvres se touchent en un chaste baiser. Embarrassée, je réponds et fais de même avec Sylvie qui, elle, se contente de baisers amicaux sur les joues.
Kristale me désigne une chaise.
- Tu dois avoir faim… Après toutes tes aventures !
Je rougis violemment en regardant Sylvie. Elle a un sourire moqueur.
- Ou... Oui Madame.
Et sans attendre, m’empare d’un bol à oreille sur une pile de vaisselle au milieu de la table. Une cafetière encore fumante. J’ai un pincement au cœur en pensant que mon Maître à dû s’en servir. Pourquoi ne m’a t il pas réveillé quand il est parti ?
Kristale semble deviner mes pensées.
- Marc t’a laissé à moi pour la journée. Il revient ce soir.
Je baisse la tête de dépit.
- Bien Madame !
Je trempe mes lèvres dans le liquide amer.
Cela fait que quelques instants que je me rassasie lorsque apparaît à une des baies la fine silhouette de Stéphanie. Comme moi elle a eu l’idée de s’envelopper dans le drap de bain qui nous accompagne depuis notre douche commune. Par contre elle a enlevé son collier de cuir. Son visage est défait et elle, si coquette, n’a même pas pris la peine de ramener ses cheveux en arrière. Elle glisse vers nous à petit pas indécis. Ses yeux sont marqués, cernés, sa bouche est pincée sur des lèvres blafardes. Elle s’arrête à un mètre de nous et ne sait visiblement pas comment faire. Kristale se lève et s’approche d’elle. Elle lui ceinture les épaules de son bras et l’entraîne doucement vers la table. La délicatesse de Kristale me surprend. Ce n’est pas la Kristale que je connais qui prend ainsi Stéphanie en compassion. Stéphanie assise elle se penche sur son épaule et lui dit avec son étrange accent hollandais.
- çà a été dure ma pauvre chérie !
Et lui passe une main dans les cheveux.
Stéphanie se détend et son visage s’éclaire. Elle vient de comprendre que son calvaire est réellement terminé. Elle murmure dans un souffle en hochant la tête.
- Oh ! Oui… Oui !
Kristale regagne sa place, s’empare d’une tasse de thé et la porte à ses lèvres. Puis elle continue.
- Nicolas est parti, il reviendra ce soir !
Cette nouvelle ne semble pas perturber Stéphanie qui sans répondre jette un regard sur les victuailles étalées sur la table et commence à s’en emparer, se préparant une énorme tranche de pain beurré.
Ce petit déjeuné ressemble à un lendemain de bataille. Le silence plane sur la table. Chacune est recueillie comme si nous faisions intérieurement le bilan de cette folle soirée.
Un silence pesant soudainement troublé par le vrombissement sourd et puissant du moteur d’une grosse cylindrée qui vient d’entrer dans la cour. Je ne peux la voir d’ici mais quelques instants après que le moteur soit coupé, je distingue La longue silhouette féline de Laure s’avançant vers nous par le chemin qui longe le côté de la maison. Elle est vêtue d’une combinaison grenat qui la moule entièrement. Elle tient sous son bras un casque noir liséré d’or et de l’autre main un délicat paquet de papier soie. Ainsi la moto qui stationnait à notre arrivée sur le parking de gravillon est à elle ! Je n’en suis pas surprise, je m’y attendais un peu. Une monture a la puissance irrésistible. Puissance qu’elle dégage elle-même.
Comment Kristale a-t-elle pu dompter une telle Walkyrie et en faire son esclave ?
Je la regarde avec admiration. Ses longs cheveux noirs viennent balayer ses flancs et son visage toujours aussi impavide, énigmatique. Un visage de déesse égyptienne.
Sans un mot, elle dépose le paquet sur la table. Des croissants. Elle ploie d’une légère génuflexion vers Kristale puis s’éloigne vers la bâtisse. Je la suis du regard, hypnotisée par la chute de rein et le galbe parfait des hanches de l’esclave de la maison. Un instant de grâce. Pendant mon observation extatique je sens le regard de Kristale se poser sur moi. Rapidement, comme prise en faute, Je détourne la tête vers elle en rougissant. Elle me sourit malicieusement, me lance un petit clin d’œil et sans me quitter des yeux lance son bras vers le ciel en claquant des doigts interpellant d’une voix forte Laure qui s’éloigne.
- Mademoiselle Laure s’il vous plaît… Pouvez vous revenir ici !
Sans se faire prier Laure tourne sur ses talons et s’approche de nous. L’attention de Sylvie et de Stéphanie se porte maintenant sur nous et Kristale ne me quitte pas des yeux.
- Pouvez-vous vous déshabiller ici s’il vous plaît !
Laure ne semble pas troublée par cette demande. Comme à son habitude elle reste impassible et dépose son casque sur le sol. Kristale lâche enfin mon regard, croise les jambes et se tourne à demi vers son esclave en se posant le menton dans la main. L’odalisque a commencé à ouvrir sa tenue et en extirpe ses épaules. Il ne faut que quelques mouvements pour que la combinaison tombe sur ses hanches, glisse le long de ses jambes fuselées et que je comprenne qu’elle était nue en dessous. Le vêtement rejoins le casque. Laure prend immédiatement la pose. Les mains dans le dos, elle écarte légèrement les jambes et son regard se fixe sur le sol à un mètre devant elle.
Satisfaite, Kristale se tourne de nouveau vers moi souriante.
- Elle est belle n’est ce pas ?
Je rougis violemment et baisse rapidement les yeux, embarrassée que Kristale ai percé à jour mon admiration. La blonde nordique n’attend pas de réponse, elle est contente de l’embarras provoqué. Sans la regarder en s’emparant d’un des croissants, elle lance.
- Laure, vous débarrasserez et ensuite vous aurez quartier libre !
Laure réponds par un hochement de tête, se baisse dans un mouvement souple pour ramasser ses vêtements et son casque qu’elle emmène dans la maison.

16 septembre 2009

Chap. 48. Interférences

J’ai refermé la porte sur les yeux apeurés de Stéphanie qui a remonté convulsivement les draps contre son menton, comme pour se protéger.
Retrouver la chambre de Kristale est facile, je commence à m’habituer à cette demeure sans fin.
La porte est fermée. Je bascule le loquet et la pousse doucement. Elle s’ouvre sans bruit sur des gonds parfaitement huilés. Les volets sont restés ouverts et dans la demi-pénombre je découvre ceux que je devais rejoindre.
Au pied du lit, Laure est couchée sur un énorme coussin de satin posé au sol. Elle dort recroquevillée sur elle-même. Son imposant collier de cuir est relié à un montant du lit par une chaîne qui pend mollement.
Comme elle semble vulnérable !
Sur le lit lui-même, il y a Mon Maître. Couché sur le dos les jambes à demi écartées, un des draps de satin barrant ses reins. Il dort profondément, la tête posée sur son avant bras replié derrière sa nuque.
Il offre l’image d’une sérénité rassurante.
Kristale est à ses côtés entièrement nue, couchée sur le ventre, enserrant fougueusement son oreiller. Son visage est enfoui sous le flot lisse de ses longs cheveux de lin blanc. Je ne peux encore une fois m’empêcher d’admirer la cambrure de ses reins outrageusement offerte au regard. Une des ses jambes est repliée vers l’extérieur de la couche découvrant impudiquement la fleur parfaitement épiler de son bas ventre.
Ai-je tant tardée pour que l’on ne m’attende pas ?
Le cœur battant, je m’approche du lit et pose un genou dessus. Pas de réaction !
Je m’enhardis et grimpe entièrement dessus me glissant le plus subrepticement possible entre Marc et Kristale. Je soulève délicatement le drap qui couvre mon Maître et réussit avec mille précautions à me m’allonger contre lui.
- Tu en as mis du temps !
Sa voix est murmurée, comme soufflée du bout des lèvres.
Je souris intérieurement et réponds sur le même registre pour ne pas réveiller les deux autres femmes.
- Stéphanie... Elle a du mal a s’en remettre.
Mon Maître a un soupir, son torse se soulève et retombe sous ma main.
- Oui… J’imagine ! … Trop pour elle…Pourtant elle avait l’air volontaire !
Pour toute réponse je glisse ma tête sur son épaule.
- Et toi… Tu as aimé ?
Je ferme les yeux. Redoutable question. Je suis obligée de tourner mon regard vers l’intérieur de moi-même, de me regarder en face. Impossible d’ignorer l’étrange excitation de mon ventre malgré l’extrême des situations auxquelles j’ai été confrontée ce soir. Même Jacques l’a constaté en ressortant de mon ventre ses doigts couverts de liqueur de Cyprine, offerte en retour de ses abjectes caresses.
- Je…
Je dois être rouge écarlate, le voile de la nuit cache ma honte de devoir l’avouer. Oui, la découverte de ce monde m’excite au plus au point. Même si il est en contradiction permanente avec mon éducation.
- Oui… Oui, Monsieur !
J’ai mis malicieusement l’accent sur le "Monsieur".
Je le devine en train de sourire.
Sa main se pose sur la mienne, s’en saisit et l’entraîne entre ses jambes. Je me sens obligée de répondre à l’invitation d’une voix enrouée, mais volontaire.
- Oui, Monsieur !
Il ne m’a fallut que quelques instants pour donner de la vigueur à mon Maître aimé. Quelques caresses, que je sais encore malhabiles et mes doigts fins ont bientôt enserré un gourdin vigoureux qui n’attendait plus que moi.
En silence je me glisse sur lui et tenant toujours son membre entre mes mains l’introduis doucement en moi. J’ouvre les yeux et la bouche de bonheur et m’empale lentement sur le pieu de chair.
Comme cela est bon ! Avec la douche prise avec Stéphanie cela est certainement le meilleur moment de cette soirée. Je n’ai pas envie de me lancer dans une chevauchée frénétique et je sens que Marc ne le désire pas non plus. Il nous faut goûter lascivement ce moment de retrouvailles. J’écarte d’un geste vif le drap de satin qui barre le torse de mon Maître et m'y laisse retomber doucement.
Ne plus bouger !
Rester ainsi pour une éternité. Profondément pénétrée par celui qui tient mon collier de cuir et vient de son autre main caresser mes cheveux encore humides… Une éternité ! .
A côté de nous un mouvemen me tire de ma langoureuse torpeur. Kristale a bougé. La main fraîche et délicate qui se pose sur mes reins me le confirme. Un "hum" étouffé et approbateur accompagne le geste. D’une reptation souple son corps se rapproche à me toucher la cuisse. Sa main glisse le long de mes reins et s’immisce entre le pli de mes fesses entrouvertes. Un éclair glacial me vrille le dos. La caresse est insoutenable. Je me mords les lèvres. Mon Maître reste de marbre. Nonchalamment comme s’ils se promenaient les doigts fureteurs s’enhardissent jusqu'à se présenter à l’orée de mon ventre empalé.
Je vais hurler si elle continue !
Mon cœur bat la chamade. Un crépitement intense me parcourt les reins mes yeux se révulsent en devinant ce qu’elle veut faire. Je me mords les lèvres. Rien, Jamais n’arrête Kristale. Butant contre la verge de Mon Maître elle a un instant de pause devinant ce qui gène sa progression puis tente de s’immiscer dans un espace libre, s’invitant de force à l’intérieure de ma fleur offerte au coté de Mon Maître. Cette fois, Marc n’a pas manqué de sentir l’intrusion. Il cesse de caresser mes cheveux roux. Et d’une voix caverneuse, presque un reproche, mais dans laquelle je perçois bien le ton de la plaisanterie.
- C’est occupé Kriss !
Je pince les lèvres pour contenir un rire nerveux. Mais Kristale, elle, ne s’en prive pas. Elle éclate de rire sans retenu. Je ne peux m’empêcher de la suivre et partons tous les trois en un éclat incoercible qui me ferait presque desseller ma monture.
Les rires meurent doucement. Kristale insiste en murmurant.
- Allons cher Maître, il y a bien un peu de place pour moi ?
Et tout en enfonçant un peu plus ses doigts au fond de mon ventre longeant la verge de Marc. De son autre main, me soutenant la joue, elle me tourne la tête vers elle. Et y applique ses lèvres. Nos bouches se joignent. Je réponds à son baiser…
Je suis bien !

9 septembre 2009

Une longue absence

Oui, je vous dois quelques excuses !
Je vous ai laissé tomber un peu cavalièrement. En fait, je me suis laissée surprendre par le temps !
A peine ai-je fait paraître le dernier chapitre de mes aventures que je me suis retrouvée assise dans l’avion qui m’emmenait vers la verte Erin, pour la visite annuelle de ma grande famille irlandaise. Et à peine suis-je revenue, sans même passer par le haras, gagnant mon petit appartement de Paris, à la descente de l’aéroplane, pour y glaner quelques vêtements propres que je repars pour le sud… Vers Mon Maître.

Après trois nouvelles semaines à ses pieds me voici de retour.

Oui bien sûr que je vous raconterais çà !
En fait, je brûle de le faire, de vous conter l’étrange rencontre auquel il m’a convié, Je vous conterais aussi la douce attente, nue au pied de son chevalet tandis qu’il s’applique, sans me porter attention, occupé à tracer les courbes parfaites de ses modèles. Dans ces moments je ne suis qu’un corps vibrant dans l’attente qu’il se lève, qu’il s’occupe enfin de moi, que je devienne encore une fois l’objet sur lequel il va faire retomber la tension de ses efforts.
Oh mon Dieu ! Que je suis bien dans ces moments là !
Mais je m’égare !
Revenons deux ans en arrière avec la suite de ce qui m'a encore une fois amenée, cet été, à accepter, à rechercher, sa domination bienveillante.
Je suis revenue ce week-end. J’ai devant moi, avant la rentrée universitaire, quelques temps à consacrer à mes carnets… à vous consacrer !

17 mai 2009

Chap. 38. Sombres Couloirs

Sont ce les caresses de Kristale et nos fougueux ébats qui m’ont tourné la tête ?
Je n’arrive pas a retrouver mon chemin ! Une suite de couloirs et d’escalier sombres, chichement éclairés. Comme cette maison est grande !
Je crois me retrouver lorsque je débouche dans le salon où nous avons été accueillis. Kristale ne m’a pas donné d’indications sur l’endroit où pouvaient se trouver Marc et Laure. Je me dirige vers la porte dérobée et m’engage sur le palier de pierre. Surtout ne pas descendre à la cave, là où Stéphanie subit mille tourments. Du bas de l’escalier monte le son assourdi d’une musique et perce une lumière sourde. Instinctivement Je tends l’oreille pour essayer d’y percevoir les gémissements de la jeune martyre. Rien ! Je m’engage sur les degrés qui montent aux niveaux supérieurs. C’est le chemin, me semble-t-il, que Marc a emprunté en partant et que j’ai suivi un temps avec Kristale. Je relève ma chaîne qui tape régulièrement contre les marches de pierre évitant ainsi de signaler ma présence. Je ne me sens pas rassurée. La peur s’insinue en moi. Je suis trop proche de l’antre ou se perpétue d’ignobles outrages et je sais quelle proie facile je dois être pour ceux qui y sont. Nue, tremblante et surtout, seule. Seule ! Je me remémore l’avertissement de Mon Maître. Une frayeur sans nom me glace les reins. Il faut que je retrouve Marc au plus vite.
Arrivée au palier supérieur je pousse la porte qui donne sur un nouveau couloir.
Celui ci n’est pas éclairé. Dans l’obscurité Je cherche un interrupteur que je ne trouve pas. Heureusement la fenêtre du bout du couloir n’est pas aveuglée et une douce lumière lunaire y pénètre. Mes yeux s’habituent peu à peu à la pénombre. Le planché craque sous mes pieds lorsque je longe l’enfilade de portes de chêne qui doivent donner chacune sur une chambre semblable à celle d’où je viens. Je dresse l’oreille cherchant à deviner à travers leurs épaisseurs quelques bruits qui m’indiqueraient une présence. Seul le silence me répond à travers les bruit des battements de mon cœur à mes tempes et au loin, la musique qui monte de la cave. Je me tords les mains d’indécision, que faire ? Ouvrir les portes une a une et risquer de déranger un couple en pleins ébats ou pire ? Je me penche, aucune lumière ne filtre sous les portes ! Je me résous à continuer mes recherches et me dirige vers un deuxième escalier au fond du couloir.

- Alors on se promène !
Je sursaute violemment. Mon cœur fait un bon à sortir de ma poitrine. J’ai eu tellement peur qu’un cri de surprise est resté bloqué au fond de ma gorge. Je lâche la chaîne que je tenais dans la main
- Dans le noir en plus… Ce n’est pas prudent !
La voix vient de derrière moi. Les cheveux de ma nuque se hérissent et je ne peux m’empêcher de me retourner. Je manque défaillir. L’homme qui vient de m’interpeller, c’est Jacques.
– C’est pratique ce grelot à ton collier pour te retrouver, Kristale m’a dit que tu étais dans la chambre jaune… Seule…. Il a fallut que je te cherche !
Maudite Kristale !
Je fais un pas en arrière avec l’idée de m’éloigner de lui.
- Non, non, non, ma belle… Tu reste là !
Il s’avance prestement et me saisit par la nuque. Je frissonne de tout mon corps.
- Je... je vais rejoindre Mar... Mon Maître.
Je lève les yeux vers lui. Son regard brille intensément. Il a un petit sourire en coin. Le regard d’un chat qui vient d’attraper une souris. Sa main glisse de ma nuque et il me prend par les épaules me détaillant de la tête aux pieds. Comme s’il n’avait pas entendu ma réponse il continu d’une voix sourde.
- C’est vrai que tu es belle... Et si jeune… Je t’imaginais bien ainsi, une belle rouquine !
Il continue à détailler intensément ma nudité, la tête me tourne un peu. Dans la pénombre il ne prête pas attention au rouge de honte et d’appréhension qui empourpre mon visage.
- Je lis ton blog tu sais ! …
Il a un sourire carnassier.
- Tu ne prends pas la pose de soumission ? Tu es en face d’un Maître !
Je manque défaillir. Nous y voilà !
Jacques a passé la soirée à me dévisager, le paroxysme a été atteint lorsqu’il possédait Stéphanie tout en me braquant du regard. L’effet que je lui fais est évident, et ce n’est vraiment pas fait pour me rassurer. L’envie de fuir me tenaille, pourtant j’ai les jambes coupées devant lui, je suis comme anesthésiée, sans force. Comme dans un cauchemar je me vois obéir à l’injonction, j’écarte les jambes et mets les mains dans le dos, dans une résistance futile je ne baisse pas la tête, je la détourne même, et ne cambre pas les reins.
- Non je préfère les mains sur la tête... Et écarte plus les jambes !
Sa voix vibre d’excitation. En obéissant à son ordre je viens d’accepter sa domination. Mais que pouvais-je faire d’autre ? Dans ma tête les pulsions les plus contradictoires se télescopent, fuir, obéir, refuser ces ordres, être digne de Mon Maître, tout accepter comme j’en ai fait le serment à Marc.
Je dénoue les mains de mon dos et lentement vient les poser sur le dessus de me tête, ce qui me fait cambrer les reins contre ma volonté. Je force un peu l’écartement de mes jambes
Dans la pénombre je distingue son sourire de satisfaction . Il sait qu’il a gagné que je lui obéirai.
Je ferme les yeux de dégoût lorsque ses mains se posent sur ma poitrine et viennent en caresser les tétons qui se dressent malgré ma répulsion. Constatant la réaction épidermique et la prenant comme un assentiment de ma part il s’empare de mes seins à pleines mains et les malaxe en émettant un "hum " de satisfaction. De ses mains froides il explore la surface de ma peau encore voilée du parfum de Kristale. Il glisse les bras le long de mes hanches et vient caresser le haut de mes fesses crispées. Son corps se rapproche du mien. Le peignoir blanc frôle la pointe de mes seins. Son souffle chargé d’alcool fort et de tabac froid tombe sur ma nuque, sur mes bras levés. Il s’attarde un moment sur la chute de mes reins et ses mains remontent le long de mon dos pour venir caresser mes cheveux. Mes jambes commencent à trembler d’indignation, ma gorge se noue sur un sanglot de désespoir. J’ai peur car je sais ce qu’il veut et que rien maintenant ne pourra l’empêcher. Comme à mon habitude dans les moments éprouvant où je ne peux pas fuir, mon esprit lui, s’échappe, s’éloigne de mon corps. Jacques n’aura qu’un pantin entre ses mains, il n’aura pas mon âme. Mon Maître a parfaitement réussi mon dressage ! Docile je suis, docile je reste, même à mon corps défendant parce que mon Maître me l’a demandé, me l’a ordonné. Cette pensée a l’effet d’un mantra purificateur, je retrouve un peu de fierté et ravale une larme.

13 mai 2009

Chap. 37. Confidences

Je reprends mon souffle, blottie contre elle, une main sous ma tête et l’autre posée sur son ventre, ma bouche effleurant délicatement la peau de son épaule au satin de pêche et au goût de lait, je respire son odeur douce et enivrante.
J’ai laissé ses mains réinventer mon corps. J’ai laissé ses doigts agiles vagabonder, s’emparer de la pointe dressée de mes seins, s’enfoncer en moi, se saisir du pistil érectile de mon sexe et le caresser à m’arracher des mugissements étouffés, les reins cambrés et le corps tendu comme un arc réclamant que jamais ne cesse l’indécente étreinte. J’ai caché mon visage derrière mes bras croisés pour que l’on ne voie pas mes yeux révulsés de plaisir contenu lorsque sa bouche, sa langue, est venue fouiller mon intimité et que ses cheveux d’or pale se sont répandus sur mon ventre. Je n’ai pas protesté lorsque sa main a guidé la mienne dans le brûlant orifice de son entrejambe, accompagnant ma caresse de doigts experts, ses yeux fixés dans les miens, la bouche entrouverte sur l’appel d’un baiser… D’un autre encore ! Et encore… Jusqu'à ce que ma raison s’évapore et que la jouissance me fasse crier son nom…
Kristale se redresse sur un coude. Sa main vient balayer les cheveux mouillés de sueur qui jouent sur mon front. Elle me contemple un instant en souriant. Ses yeux de glace bleue se font affectueux. Un sourire plus appuyé et son regard se détourne, elle se plonge dans une réflexion intérieure tandis que sa main, comme pour s’occuper, vient replacer la longue chaîne de métal entre mes seins.
- Marc a bien de la chance…
Dit-elle comme pour elle-même.
Ses yeux reviennent à moi.
- Il a bien de la chance de t’avoir.
Elle souffle comme si elle lâchait prise à la bride de ses pensées et prend le ton de la confidence.
- T’a-t-il dit que je lui ai proposé de t’acheter ?
Elle penche la tête sur le coté avec un sourire en coin désarmant.
Je ne comprends pas de suite ce qu’elle veut dire. J’opte pour une moue interrogative. Et devant ma mimique elle continue.
- J’ai envie de t’avoir comme soumise à part entière… Tu serais d’accord ?
Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. Moi ! La soumise de Kristale ?
Comment répondre à cela ? Kristale est la première femme à avoir exercé sa domination sur moi et je dois avouer, qu’une fois les premiers moments de stupeurs passés… J’ai plutôt apprécié ! Mais quitter la férule de mon Maître, cette soumission choisie, pour la sienne ! Un frisson de peur me parcourt la colonne vertébrale. J’ose poser la question qui me taraude.
- Et… Et, il a accepté ?
Son regard se voile.
- Il a trouvé ma proposition intéressante… Mais la question n’est pas là !
Elle me fixe alors intensément.
- La question est de savoir si toi, tu acceptes…Marc m’a dit que si tu le voulais, il y consentirait !
Il y consentirait ! Cette affirmation me plonge dans l’expectative. Marc m’abandonnerait aussi facilement ? Ou bien était ce encore un de ses jeux ? Il sait pertinemment que Kristale me poserait la question et qu’il faudrait que j’y réponde. Peut être qu’en détournant la conversation !
- Et Laure ?
Kristale étouffe un rire. Sa main viens se poser sur mon sein et joue nonchalamment avec la pointe de mon téton qui se durcit sous la caresse.
- Oui ! J’ai remarqué tes regards ce soir… Elle est belle, hein !
Sa caresse se précise et son corps brûlant vient se plaquer contre le mien comme pour se pelotonner ! Elle glisse une cuisse entre les miennes s’appuyant et massant imperceptiblement mon bas ventre. Mon cœur s’emballe une nouvelle fois. Sa bouche s’approche de mon front et vient déposer un baiser sur ma tempe. Elle me murmure à l’oreille.
- Tu sais Laure n’est pas ma soumise… Elle n’est que mon esclave. Elle sera la tienne si tu le désires… Tu n’a qu’un mot à dire !
Je ne suis pas encore bien au fait des différents rapports de soumission. Il est clair que Kristale fait la distinction entre soumise et esclave. Là, je me sens vraiment "gourde " comme elle dit. Et puis Laure, mon esclave ! Je n’arrive même pas à l’imaginer. Encore une idée nouvelle droite sortie du monde dans lequel me mène Mon Maître et à laquelle il va falloir que je m’habitue.
Ses baisers se prolongent sur mes joues, mon cou et dans mes cheveux. Ils tournent autour de mon oreille. Visiblement Kristale à des choses à me dire.
- Laure est une experte, en cet instant elle s’occupe de Marc. Et il doit certainement apprécier… Il ne doit pas penser à toi en ce moment !
Kristale vient de faire mouche ! Une bouffée de colère et de frustration monte du plus profond de mon ventre. Je frissonne de tout mon être à la vision de la sculpturale hamadryade aux cheveux d’ébènes aux pieds de Mon Marc le comblant d’attentions et de plaisirs que mon inexpérience ne soupçonne même pas. Kristale a senti le frémissement d’indignation de ma peau. Elle relève la tête vivement.
- Hum ! Mais dit donc ! Tu l’as dans la peau ton Maître ?
Nos regards se croisent. Je rougis, mais la colère ne m’a pas quitté. Et sans réfléchir tout à trac je lance avec assurance, presque arrogante.
- Mais c’est aussi le vôtre !
Son visage se fige. Elle réfléchit un instant. Ses caresses cessent mais sa main reste posée sur ma poitrine, sur mon sein durci.
- Tu as raison petite gourde… Cela arrive de temps à autre, pour mon plus grand plaisir ! Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut te montrer insolente.
Et tout en appuyant sur le mot, insolente, elle s’empare de la pointe de mon sein et le tord violemment. Je sursaute de douleur et pousse un cri de surprise. Mais je n’ose pas me plaindre davantage. Je viens de comprendre que j’ai flirté avec la limite de ce que peut accepter Kristale. Mes yeux quittent les siens.
- Excusez-moi, Madame… Je ne voulais pas…
La douleur m’a arraché une larme qui perle puis roule le long de ma joue. Est-ce que cela a adoucit Kristale ? Ses caresses reprennent massant doucement le téton qu’elle vient de supplicier, comme pour me consoler.
– Il ne faut pas toucher à ton Maître, Hein !
Elle sourit largement. Lâchant mon sein, elle s’empare de mon visage et me force à la regarder.
- La première fois que je t’ai vue dans l’atelier de Marc, J’ai voulu t’avoir… Tu te souviens ?
Si je me souvenais ? Oh, que oui ! J’étais nue offerte et tremblante c’était la première fois qu’une femme me voyais ainsi. La première fois qu’une femme a fouillé mon intimité, m’humiliant sous les yeux de mon Maître. Cette première femme c’était elle… Kristale ! (Souvenirs)
- Oui… Oui Madame !
- Et donc je te demande une fois encore… Veux-tu te soumettre à moi ?
Sa voix est douce, elle se penche sur moi et ses lèvres viennent effleurer ma joue buvant la larme salée qu’elle a fait jaillir de mes yeux. Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. Une réponse négative et c’est à coup sûr subir les foudres de la blonde hyperboréenne. Dire oui et c’est chambouler toute ma vie, changer la ligne que je me suis fixée, arrêter cette expérience que j’adore pour une autre, un saut dans l’inconnu. Marc m’a fait comprendre que j’appartenais à Kristale, pour ce soir en tout cas ! Il lui a dit qu’il consentirait à mon choix si je devais accepter à l’étrange proposition. Je suis en plus dans une situation de soumission où le "non " est totalement impossible à dire à ma Maîtresse provisoire ! Et si cela n’était qu’un jeu, un test ! Une épreuve mise au point par mon machiavélique Maître. Cela serait bien de lui çà !
- Je n’ai pas finie mon dressage Madame ! Je ne suis encore qu’une novice ! Il faudrait que Marc …termine mon… mon éducation ! Après…Peut-être !
Les lèvres de Kristale quittent ma joue.
- Oui... Ton dressage n’est pas terminé, il est vrai. Cela traîne un peu en longueur… Je pourrais accélérer cela !
Elle s’empare de mon poignet gauche orné du petit bracelet de cuir tressé rouge et blanc et le contemple longuement en souriant. Apparemment elle connaît la signification de ce bracelet. Je brûle d’envie de lui demander mais elle ne m’en laisse pas le temps.
- Ton Marc est un romantique, il prend son temps… Je crois qu’il t’apprécie vraiment beaucoup pour ce que tu lui donnes !
Elle baisse la tête et saute du coq à l’âne et devient mystérieuse.
- Il a prévu une épreuve pour toi... Une punition…Importante ! Elle n’est pas encore fixée mais ton Maître à beaucoup d’imagination ! … Je lui ai demandé d’en prendre la responsabilité !
Elle a dit ces derniers mots sur un ton glacial. C’est une menace non dissimulée. Une menace appuyée par ce que Stéphanie est en train de subir en ce moment même. Il me vient à l’esprit que j’aurais pu être à sa place sur simple décision de Mon Maître. Une onde glaciale me parcourt le dos.
Elle se détend soudainement, sa jambe qui me chevauche et me maintient plaquée contre le lit me libère. D’un coup de rein souple elle quitte la couche se lève s’éloignant du lit. Elle est belle ! Ses longs cheveux de lin lui caressent le dos rehaussant l’éclat mat de ses fesses parfaitement galbées. D’une démarche assurée elle s’approche d’un portemanteau et s’empare de l’unique peignoir de soie rouge qui y pend. Elle l’enfile prestement en se retournant vers moi. Les pans du déshabillé se croisent sur son ventre et sa fleur glabre encore luisante de mes caresses. Elle est pour moi l’image de la femme mure, sûre d’elle que j’aimerais devenir.
- Vas y… Vas rejoindre ton Maître !
Elle lisse ses cheveux entre ses mains en les ramenant au-dessus de sa tête. Son ton est redevenu neutre comme si rien ne s’était passé. La discussion est close.
Elle s’empare de la cravache restée tout le temps de nos ébats au pied du lit et la glisse sous son bras
- Et dit à Laure que je l’attends. C’est un ordre !… Je suis dans la cave…
Et sans se retourner, sans même me jeter un regard, elle franchit le seuil de la chambre laissant la porte grande ouverte.
Seule sur le lit, je reste un long moment à réfléchir sur ce qui vient de se dire durant cet étrange entretien. Les questions se bousculent dans mon esprit. L’envie de retrouver mon Maître devient de plus en plus impérative. A mon tour je me lève. Le grelot de mon collier tinte doucement et la longue chaîne de métal suis mon mouvement venant cogner contre mes jambes. Je jette un regard circulaire dans la chambre jaune. Apparemment il n’a pas été prévu de peignoir pour moi. Et c’est nue que je franchis à mon tour la porte ouverte sur le corridor.

4 mars 2009

Chap. 31. Obéissance

Marc est seul, Stéphanie n’est plus avec lui. La conversation cesse et les regards se braquent vers Mon maître. Il sourit et à l’air vraiment content de lui. Il se tourne vers Kristale.
- Stéphanie est prête… Elle n’attend plus que votre bon vouloir Madame.
Kristale se tape sur les genoux.
- Très bien, ne la faisons pas attendre…
Et elle se lève immédiatement imitée par Laure, Jacques se lève également en tirant sur la chaîne de Sylvie pour lui intimer l’ordre de le suivre. Kristale fait un geste discret en direction de Laure, lui désignant Marc. Tous, sauf Laure, s’éloignent. Toujours à quatre pattes sur le tapis je n’ose pas bouger, mais je tends mon visage vers mon sauveur attendant de ses lèvres ma délivrance. Laure a rempli un large verre tulipe d’un fond d’alcool ambré. Elle s’approche de lui et lui tend à deux mains en baissant la tête et entamant une légère génuflexion. Elle est alors d’une beauté et d’une suavité à couper le souffle ses longs cheveux noirs effleure le verre et ses reins se cambrent avec déférence. Il est clair qu’elle connaît parfaitement ses devoirs. Marc se saisie du verre sans lui porter la moindre attention. Il s’assoit face à moi, à la place que vient de quitter Kristale. Il sirote avec volupté une gorgée de cognac, lève enfin les yeux vers moi et se penche alors vers mon visage.
- Il suffit que je te laisse quelques instants et tu en profites pour aguicher tout le monde !
Je reste interloquée un instant. Le ton de sa voix est neutre et je n’arrive pas a discerner s’il plaisante.
Il continue.
- Qu’est ce que tu fais à quatre pattes la jupe relevée et la culotte baissée ? …Hum ?
Il se redresse et porte de nouveau le verre à ses lèvres. Il attend une réponse. Je lance un œil à Laure qui reste de marbre, le regard fixé sur le sol à deux mètres devant elle, absente, indifférente à la scène.
- Je… C’est Kristale qui
- MADAME Kristale… Isabelle !
- Oui… Oh, excusez-moi ! … Madame Kristale qui m’en a donné l’ordre… Et… Et j’ai obéis !
Il me considère un instant et semble ravit.
- Et tu as bien fait !
La tension retombe, je suis soulagée de recueillir son assentiment.
- C’est la Maîtresse de cette maison, et ici elle a absolument tous les droits sur toi… Tous … Sauf…
Il boit une nouvelle gorgée de cognac.
- … Sauf quand tu es en ma présence ! Et en règle générale on ne peut rien te demander sans mon accord. Cela est valable pour toutes les personnes présentes ce soir.
Il plonge son nez dans le large verre a cognac et en hume le parfum délicat tout en continuant.
- Mais, si tu te retrouve seule, en l’absence de ton Maître dans cette enceinte, alors on peut faire de toi ce que l’on veut…Seule, tu appartiens à tous ceux qui le désirent... Tu es une novice et tu leur dois de te soumettre.
Tout en disant cela il lève la main et la pose délicatement sur la hanche de Laure. La jeune femme réagit immédiatement en encartant un peu plus les jambes. Sa main glisse le long de sa cuisse en une langoureuse caresse. Il me démontre par le geste ce qui vient d’être dit. Kristale a laissé Laure à son entière disposition et en son absence il peut en disposer suivant sa fantaisie.
- Tu as compris Isabelle ?
Je baisse la tête, ce qui soulage mon cou endolori.
- Oui, Monsieur !
- Je te conseille donc de rester au plus près de moi.
Un conseil qu’il n’est pas réellement nécessaire de préciser. Ce soir je vais suivre Mon Maître comme son ombre. Je relève de nouveau la tête.
- Oui, Monsieur… Merci Monsieur !
Il m’adresse un sourire, tend le verre à Laure qui s’en empare à deux mains et le dépose à côté des autres verres vides laissé par les convives.
Il se lève vivement.
- Bien, allons rejoindre ton amie Stéphanie avant que cela commence sans nous. Debout Isabelle !
Je déplie enfin mon corps endolori et me relève lentement. Ma jupe retombe sur mes genoux rougis et je rattrape le slip qui risque de tomber à mes pieds en le remontant sur mes cuisses.
- Non, non… Laisse le donc ainsi !
J’interromps mon geste laissant mon slip remonté à mi-cuisse.
Marc se dirige déjà vers le salon et la porte dérobée par où a disparu Stéphanie.

18 septembre 2008

Chap. 17. Soeurs de liens.

Après les chevilles, ce sont nos poignets qui sont réunis par les liens de chanvre. Précautionneusement et avec application, Mon Maître procède au rapprochement intime de nos corps. Nous nous retrouvons bientôt si étroitement ligotées ensembles que je peux sentir chaque mouvements, chaque frémissements de Stéphanie sans pour autant pouvoir la contempler. Sa tache achevée Marc se redresse et nous observe attentivement faisant le tour à pas comptés de sa sculpture vivante comme un Maître d’ouvrage recherchant les plus infimes défaut de sa création.

Nos jambes repliées sont largement écartées comme les pages d’un livre ouvert dévoilant sans pudeur le plus profond de nos intimités. Pour maintenir ce livre ouvert nos poignets sont liés aux chevilles tandis que nos épaules, qui autrement se replieraient sur nos poitrines, sont solidement ramenées en arrière par des liens qui barrent nos torses. Nous offrons certainement au regard la plus délectable des sculptures jumelles. Et pas seulement au yeux ! Satisfait du résultat Marc revient s’agenouiller devant moi. Il me sourit et pose la main sur mon visage, glisse un doigt sur ma bouche et vient l’entrouvrir de son pouce. Les caresses buccales de Stéphanie mon émoustillée et il n’en faut pas plus pour que je sente mon ventre s’entrouvrir un peu plus encore. Mais sa main ne fait que passer et, effleurant la peau sensible de mon cou vient rejoindre la pointe tendue de mes seins. Une main brûlante qui s’attarde sur les globes lisses de ma poitrine et en butine les aréoles vibrantes qui se hérissent comme une chair de poule. Je ferme les yeux et lance ma tête en arrière qui vient buter contre celle de Stéphanie. Je la sens se contorsionner dans ses liens. La musique de fond s’est tue et le silence ponctué de mes soupirs étouffés l’intrigue au plus au point. Cela en est trop pour elle ! Et l’incorrigible tourne la tête en tous sens pour tenter de saisir ce qu’il se passe. Mais rien n'y fait ! Les liens sont suffisamment bien pensés pour qu’aucunes de nous ne puisse voir l’autre mais par contre laisse ressentir le moindre de ses frémissements. Rassasiée, sa main quitte ma poitrine, glisse sur mon ventre et vient en frôler le mont de vénus lisse et humide comme un galet de bord de plage. Un des doigts, plus volontaire, vient en écarter la douce fentes palpitante et, précautionneusement se plonge au plus profond de moi. Impossible d’échapper à la caresse, ligotée et offerte comme je le suis ! Mais suis-je bien certaine de vouloir y échapper ? Même si je lance un petit gémissement de protestation.

A mon cri, Stéphanie se contorsionne de plus belle. Mais n’a-t-elle donc pas compris ? Son manque de passivité risque de contrarier Mon… Son Maître ! Si il nous a liées ainsi, c’est bien pour que cela provoque en nous une excitation cérébrale autant que physique, la vue n’y a pas sa place. Ici l’œil, c’est Lui ! Dans un sens, étant donné l’agitation de la jeune fille, il a réussit son œuvre. Silencieusement, ses yeux toujours fixés sur les miens, Marc prend le relais de la caresse interrompue par Stéphanie. C’est deux, puis, trois doigts, qui s’enfoncent entre mes jambes. Je serre les poings et me mords un peu plus les lèvres. Mais mes intimes soubresauts ne peuvent manquer de trahir mon doux tourment à ma sœur de liens. La caresse cesse brusquement. Je retombe sur terre et ouvre les yeux. Mon cœur bat à tout rompre. Comme j’aimerais qu’il continu ! Enlevant sa main de mon ventre Marc me la présente sous le nez en la tournant en tous sens. Le trident de ses trois doigts est luisant de sécrétion. Je crois deviner à qu’elle humiliation il veut me livrer et entrouvre docilement la bouche. Il sourit, je le sens particulièrement fier que je devance ainsi son désir. Sauf que je me trompe ! De sa main gauche il pose son doigt sur ma bouche pour la refermer, se lève et me contourne, disparaissant vers le côté de Stéphanie.

Déçue et chagrinée, je me surprends à le suivre du regard et de vouloir, à mon tour, essayer d’apercevoir ce qu’il va faire derrière moi. Je me reprends vite et baisse la tête. Par contre, je suis toute ouïe, toutes les fibres de mon être sont tendues vers la perception et l’écoute de ce qui se passe dans mon dos. Je n’ai pas longtemps à attendre. Un petit gémissement de Stéphanie me signale que c’est à son tour de subir les indécents attouchements de Mon Maître. Dans le silence de l’atelier un discret bruit de lapement et un hochement régulier de sa tête me fait comprendre qu’elle est en train de lécher consciencieusement les doigts que Marc a introduit au plus profond de mon sexe. Ainsi, ce qu’il m’a refusé, il l’impose à la jeune fille qui ne peut de toutes les façons s’y soustraire. J’imagine la mine contrite qu’elle doit avoir ! Je jubile intérieurement, mais j’aimerais tellement assister à cette scène si proche et pourtant inaccessible. Les lapements cessent et c’est maintenant un doux gémissement qui prend le relais. Le dos de la jeune fille s’agite de soubresauts et me les communique, elle tente de refermer ses jambes entraînant les miennes qui entravent immédiatement son mouvement, m’écartelant un peu plus par la même occasion. Je devine où Marc officie maintenant, je connais les réactions fulgurantes et incontrôlées de Stéphanie.

Et cela ne manque pas ! Les sourds gémissement se transforment peu à peu en halètements obscènes ponctués de petits cris stridents. Des cris de plaisir inconvenant qui s’amplifient et deviennent syncopés. La tête de Stéphanie s’agite en tous sens et vient périodiquement buter contre la mienne, une sueur brûlante s’insinue entre nous. Je reste stupéfaite par la rapidité et la violence avec laquelle sa jouissance se manifeste. Elle, qu’au premier regard on pourrait croire prude et réservée ! Quelques caresses bien choisies et la voici qui perd toute retenue, écorchée vive offerte au feu du plaisir. Et mon Maître semble s’en amuser car il prolonge au delà de toute raison son intime introspection. Stéphanie finit par se tordre de plaisir m’entraînant bien malgré moi dans le moindre de ses convulsions. Les supplications contradictoires qui parviennent à mes oreilles sont des plus éloquentes
- Non... Non… Oui… Ho non, Monsieur Ho, ho, hoooo. N’ui, oui ! Oui !
Et je suis à la fois frustrée et honteuse de n’être que le témoin particulier de ce jeu cruel.
Les lamentations de la belle s’interrompent au moment ou je pensais qu’elle allait atteindre des sommets orgasmiques. Lamentations immédiatement remplacées par un halètement profond d’épuisement.
Marc a cesser ses caresses ! Stéphanie se calme lentement émettant encore de temps à autre de profonds soupirs. Venant de derrière ma nuque une main me contourne et vient se placer devant ma bouche. C’est la main de Marc, littéralement engluée du résultat de la jouissance de Stéphanie, confirmant à mes yeux l’exubérance humide de cette " Femme-fontaine ". Les doigts luisant se rapprochent de ma bouche. Une odeur fade et animale en émane. Un réflexe me fait détourner la tête pour échapper à l’odieuse invite. Mais que faire ? Inutile de vouloir fuir ! Je redresse la tête et ouvre docilement la bouche. Les doigts s’introduisent entre mes lèvres me faisant goûter de force le plaisir saumâtre qu’a libéré en flots tumultueux le ventre de Stéphanie.

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