Chap. 20. Chemins de traverse.
De nouveau la puissante voiture sillonne la route. Sur le siège arrière des paquets et sac de papier glacé. Cela n’a vraiment pas été facile de trouver des vêtements de collégienne à ma taille, mais en fin de compte je ne suis pas mécontente. La jolie jupe écossaise a été la plus difficile à trouver, j’ai fini par la dégoter au rayon adolescente d’une petite boutique de destockage. A côté du monticule de sac un étui rouge et or, l’ensemble de lingerie et son impossible porte-jarretelles !
Sur le paysage qui défile, je revois la vendeuse! Si elle avait encore quelques doutes de ce qui me lie à mon Maître, Marc a vite fait de lui faire comprendre ! Lorsque je suis sortie de la cabine pour déambuler devant mon Maître. Il s’est levé, s’est approché de moi et à voix basse ma demandé de prendre la pose. Un froid glacial m’a saisi la nuque. Me demander çà ici… Devant elle ! Mais que pouvais-je faire d’autre ? Je me suis camper solidement sur la moquette, les jambes timidement écartées les mains dans le dos, la tête légèrement baissée. J’ai essayé de la prendre cette pose d’une façon la plus naturelle du monde. Marc a tourné autour de moi longuement goûtant visiblement son plaisir de m’humilier ainsi devant la vendeuse. J’ai faillis m’évanouir lorsque sa main s’est posée sur ma taille et a glissé lentement sur le rond de ma fesse droite la caressant langoureusement.
- Très jolie… Cela te va très bien…
Dans sa voix je sens son désir. Ma respiration se bloque, je ferme les yeux, j’entends déjà la suite de sa phrase prononcée a haute voix devant elle. " …Une vrai petite chienne en chaleur parée pour attendre les faveurs de son Maître… ".
- Cela te met vraiment en valeur… Vous avez bien choisi !
Je me détends, le pire n’est pas venu !
Il s’adresse à la vendeuse et je ne peux résister à lui lancer un regard par en dessous en relevant la tête.Elle a blanchi et a répondu d’un sourire crispé. Mon Maître avait toujours sa main sur ma croupe tendue…
Par la fenêtre ouverte, le vent siffle dans mes cheveux et fait s’évanouir cette vision. Je me redresse sur mon siège et me souris.
Oui, elle a parfaitement compris !
La voiture vient de s’engager sur une petite route secondaire à peine goudronnée. Je fronce les sourcils. Nous ne rentrons donc pas ? Effectivement, après quelques centaines de mètres. Marc stoppe la voiture sur le bas coté. Il coupe le contact et se tourne vers moi.
- J’aimerais bien profiter de tes nouveaux habits… Maintenant !
Pas de contestation possible, et l’idée m’amuse un peu. Je jette un coup d’œil sur les alentours. La route est déserte et vue son étroitesse elle ne doit pas être souvent employée. Je baisse la tête.
- Oui Monsieur … Tout de suite !
Je bascule entre les deux sièges pour me saisir des paquets et commence à dégrafer mon jean. Marc ouvre alors la portière et sort de la voiture.
- Sort... Cela serra plus facile !
Là, cela m’amuse moins !
Je marque un temps d’arrêt et observe avec angoisse la route et ses environs. Personne ! Je sors à mon tour du véhicule et le rejoins. Il s’est campé sur le bas coté d’en face, les bras croisés, et attend patiemment.
Je gagne le milieu de la route. Encore un regard autour de moi et mon jean descend rapidement sur mes chevilles. D’un geste vif, je le ramasse et le lance dans la berline. Mon tee-shirt le rejoint prestement. Me voici bientôt entièrement nue à côté de la berline, au beau milieu de la route, en rase campagne, tenaillée par l’angoisse à l’idée qu’un véhicule puisse surgir à tout moment. Fébrilement, je reviens à la voiture, j’ouvre les paquets et m’empare du slip de coton blanc, très sage, de ma tenue d’étudiante. Je suis sur le point de le passer lorsque du coin de l’œil j’aperçois une masse claire qui s’avance vers nous.
Avez vous remarqué que même dans les endroits les plus désertiques vous finissez toujours par croiser quelqu’un au moment où vous vous y attendez le moins et surtout où vous le voulez le moins !
Et cela ne manque pas ! C’est un véhicule qui s’approche de nous à petite allure.
Sans réfléchir, je pousse un cri de surprise et plonge sur le siège avant, à la place de mon Maître, referme la porte sur moi et me tasse autant que je peux en fermant les yeux et priant pour que l’on ne me voie pas. Je prends brutalement conscience que j’ai faussé compagnie à mon Marc sans son autorisation. Par la fenêtre ouverte je perçois un grand éclat de rire moqueur.
Au diable la politesse ! La voiture au lieu de passer son chemin sans nous porter attention, se met à ralentir et s’arrête à nos côtés. Je suis terrorisée, si je pouvais me mettre dans la boite à gant, je le ferais. Mes oreilles bourdonnent et je perçois à travers un coton épais la conversation qui s’engage. Par la fenêtre de son véhicule le conducteur s’enquière auprès de Marc si celui ci est en panne. Il a une voie rocailleuse et empâtée avec un fort accent du terroir. Je ne peux le voir mais je peux facilement deviner le paysan, bourru, mais amicale. J’entends Mon Maître s’approcher de la voiture, poser une main sur la portière juste au-dessus de moi et lui répondre.
- Non, non, merci... Cela serait dommage avec une voiture neuve…Non je profite du paysage…et je prends des photos…Vous avez un joli pays… !
Il veut prolonger la conversation. Il le fait exprès ! Il doit se délecter de ma peur et de ma situation des plus inconfortable.
Et il suffit d’évoquer le pays du paysan pour que celui ci devienne intarissable sur sa contrée, sa beauté, le plus beau du monde, on y vit bien ! Mieux qu’ailleurs, bien sur ! Et taratata…
Et voilà que la conversation s’éternise. Une conversation qui, je le sais, n’intéresse pas plus que cela mon Maître mais contribue et participe à mon humiliation. Je la suis distraitement à travers le battement de mon cœur qui cogne à mes oreilles et commence peu à peu à considérer ma situation. Je suis entièrement nue, mon petit slip blanc encore à la main que je tortille convulsivement. Recroquevillée au fond du siège pour ne pas que mon corps dépasse au-dessus de la portière et trahisse ma présence à l’homme qui est à moins d’un mètre de moi. Une bouffée de sueur brûlante et glacée à la fois colle ma peau sur le cuir beige du siège. Comme à mon habitude dans les situations ou mon Maître cherche à m’humilier, mon esprit s’échappe et je vagabonde dans mes pensées. Et, bien malgré moi, la situation aussi inconfortable qu’elle soit commence à provoquer chez moi une délectation confuse. De prendre conscience qu’il suffit à l’homme de sortir de sa voiture et de tendre la main pour me toucher me laisse pantois et malgré moi une vague de chaleur envahie mon ventre. Ce n’est pas vrai ! De vague, mon plaisir commence à se préciser, je sens mon sexe se mouiller et s’entrouvrir convulsivement comme sous l’action d’un doigt invisible alors qu’un fourmillement m’électrise le périnée. Je serre les genoux, me mords les lèvres, et ferme mes yeux qui se révulsent. Je n’arrive plus à me contrôler ! L’orage électrique qui gronde dans mon ventre pulse dans tout mon être jusqu'à hérisser les cheveux de ma nuque. Je lutte désespérément contre ce corps qui est sur le point de prendre son plaisir sans se soucier de ma pudeur. Je sers les poings plus fort à me rentrer les ongles dans la paume des mains et me répète sans cesse intérieurement "non, Non, pas ici… Non, non. Pas maintenant…Non, Non…". Jamais je n’aurais cru qu’une simple situation pouvait provoquer chez moi une telle montée du plaisir. Je lutte désespérément contre la vague brûlante qui, je le sais, finira dans une fulgurante catharsis de tout mon corps. Je suis sur le point de lâcher prise, de me laisser partir dans une jouissance salvatrice lorsqu’une main se pose sur mon épaule.
Je sursaute violemment, la tension retombe immédiatement. Je me tords le cou pour regarder vers cette main sans oser me relever. C’est Marc !
- Hé ho… Réveille toi il est parti.
Son visage reflète le plus grand des amusements.
Il ouvre la portière et m’invite de nouveau à sortir. Totalement ahurie comme quelqu’un que l’on sort brutalement d’un profond sommeil. Je m’extirpe du véhicule en titubant et m’adosse à la carrosserie pour reprendre mes esprits. Je ne sais plus où je suis et redescends doucement sur terre. Une main s’agite devant mes yeux pour attirer mon attention.
- Hé ho ! T’es toujours là ? … Çà va ? … Qu’est ce qui t’arrive ? Il est parti, n’ai plus peur ! …
Je veux le rassurer, lève mes yeux vers lui et lorsque je veux parler une bouffée de chaleur intense gagne mes joues. Je rougis violemment de honte. La honte d’avoir a cacher un plaisir contenu. Marc s’interrompt me regarde fixement, fronce les sourcils et une lueur de compréhension étincelle dans ses yeux. Un sourire carnassier éclaire son visage.
- Hé bien dis donc... Toi alors ! …
Je perçois de l’admiration dans sa voix qui redevient tout de suite plus sèche.
- Ecarte donc les jambes !
Je ne me suis pas rendu compte que j’avais verrouillé mes genoux sur la chaleur crépitante de mon ventre.
Timidement j’obéis et écarte légèrement les cuisses. Immédiatement Marc lance une main a la rencontre de mon sexe amolli de plaisir. Il lui est facile d’introduire deux doigts dans la cavité inondée et de constater par lui-même mon état d’excitation. Je ne peux résister et cambre les reins pour faciliter son introspection. Il n’en faut pas plus pour que l’onde fulgurante que j’avais jusqu’alors contenue éclate dans mon ventre, électrise mes reins et me fait pousser un petit cri de contentement. Dans une impulsion irraisonnée je me précipite au cou de mon Maître que j’enlace convulsivement criant à son oreille ma jouissance trop longtemps retenue. Plus je geins, plus il fouille mon sexe. Au diable les possibles passages de voiture ! Je lève une jambe contre sa hanche, il me colle contre la carrosserie, ses doigts s’enfoncent encore. Je cherche sa bouche. Il étouffe mes cris de sa langue. Je pars... Et j’aime çà !
Je reste longuement enlacée à Marc. Il me faut un bon moment pour redescendre sur terre sous le regard amusé, de Mon Maître. Je reprends lentement mes esprits et sans un mot je me baisse à l’intérieur de l’habitacle pour reprendre mon petit slip de coton blanc et commence à m’habiller comme il me l’a demander. Le slip, le soutien-gorge et la jupe écossaise, le chemisier blanc et la cravate, les longues socquettes blanches et les escarpins noir. Toujours sans un mot je me réinstalle à la place du passager. Marc me détaille de la tête aux pieds.
- Il nous faut trouver un coin plus tranquille… J’ai envie de toi ! Tout de suite !
Dans un crissement de pneu et de gravillons le véhicule reprend sa route.

