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Les Carnets d'Emilie

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Quadra H

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Quadra B

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5 mai 2016

Chap. 42. Loreleï

Impulsivement je baisse les yeux, sans répondre. Comment d’un simple mot peut-elle ainsi me désarçonner ?  Me refaire devenir gamine timide sans autre répartie que le pourpre de ses joues. Je fais un effort pour ne pas rougir, effort vain, je ne peux aller contre ma nature. Et je sais au fond de moi qu’elle doit être satisfaite de l’effet de sa boutade.Elle s’avance d’un pas martial, se saisit de mon menton et me force à la regarder. Son visage s’avance et ses lèvres se posent sur les miennes. Inutile de résister. Sa langue force mes faibles défenses. J’écarte les lèvres et je réponds furtivement à son baiser de bienvenu en lapant l’intruse avec déférence.
Satisfaite, Kristale relâche son étreinte et fait un pas en arrière. Je baisse de nouveau le regard, juste ce qu’il faut pour ne pas toiser son regard et voir, derrière elle Laure sortir de la piscine, nue seulement parée d’un fin collier de cuir noir où pend son anneau de servitude. Elle se dirige vers nous d’un pas mesuré, ruisselante d’eau. Fascinée par la démarche féline et le déhanché de déesse de la belle italienne  j’écoute à peine Kristale qui invite Marc à prendre un rafraichissement dans le salon. Arrivée à un pas en arrière de Kristale, sans un mot, sans un bruit, la Kajira se prosterne sur le sol comme si il s’agissait de la chose la plus naturelle au monde. Elle ploie les genoux, écarte les jambes et se cambre les mains derrière le dos, baissant dévotement la tête. Ses longs cheveux de jais noirs effleurent le sol y traçant des arabesques de gouttes d’eau perlantes.

J’ai envie de lui sauter au cou ! Mais la voix autoritaire de la blonde nordique me tire brusquement de ma rêverie.
— Toi aussi Isabelle… Cela te concerne directement !
Laissant Laure sur le pavage brulant de soleil, nous nous dirigeons de nouveau vers le salon précédés de notre hôtesse.
Kristale nous désigne des canapés jumeaux de cuir blanc disposés en angle autour d’une large table basse. Mon Maître s’installe confortablement et dans un reflexe, copiant l’attitude de Laure, je m’agenouille sur le sol à ses pieds dans l’angle des sofas. Kristale nous tourne le dos, penchée sur le bar. Il ne lui faut qu’un instant pour emplir les verres d’un liquide ambré et les disposer devant nous sur la table  en s’asseyant à notre gauche sur l’autre canapé.
M’observant attentivement elle lance.
— Ton dressage semble porter ses fruits, Marc ! Ta petite chienne est bien élevée !
Elle porte son verre à la hauteur des notre.
— Trinquons à cela !
Je reste interloquée. Que Kristale me prépare un verre et qu’elle me propose de trinquer en présence de Marc à ma soumission réussie, me laisse interrogative. Mais je les imite et porte le verre à mes lèvres. Le liquide me brûle la gorge et je pose précipitamment le verre sur la table en retenant avec peine une quinte de toux parfumée d’alcool qui me remonte dans les narines.
Kristale éclate de rire.
— Tu devrais aimer ! C’est de l’Irlandais… Le meilleur de Midleton.
Puis elle redevient grave tout à coup. Et comme pour elle même en contemplant le liquide doré de son verre.
— Une fortune, très rare !... Comme toi !... Et comme celle que je vais vous présenter !
Elle repose son verre et, avec un grand sourire, interpelle Mon Maître
— Je t’avais parlé d’une surprise, Marc !
D’un geste elle coupe court à toutes tentatives d’interrogations avec un sourire énigmatique.

D’un mouvement souple elle se lève et se dirige vers la porte qui mène au boudoir. Elle l’entrebâille et lance dans l’interstice un appel bref mais puissant au accent germanique. Sans attendre elle revient vers nous et s’assoit en tailleur à côté de moi en me tapant doucement sur la cuisse. Marc pose son menton dans sa main, attentif. Comme si il essayait de deviner ce qu’il y avait derrière la porte.
Des bruits de pas feutré se rapprochent et il ne faut pas longtemps pour que la porte s’ouvre doucement sous la poussé timide d’une main qui se faufile vers la poignée. Je devine une épaule puis un regard inquiet qui scrute la pièce. S’apercevant de notre présence la silhouette a un léger mouvement de recul, comme pour fuir.
Kristale aboie alors ce qui semble être un ordre impératif.
— Kom hier !… Snel ! Approche et vite !
 Un temps d’arrêt, puis l’épaule, le torse et la silhouette gracile d’une jeune femme se montre enfin. Je reste stupéfaite par une apparition toute droite venue des légendes hyperboréennes. La jeune fille est entièrement nue à l’exception d’un fin collier de cuir tressé blanc qui laisse pendre un anneau d’or imposant. Elle cherche instinctivement à cacher le bas de son ventre et sa poitrine. Elle s’avance à petits pas la tête baissée, nous jetant de temps à autre des regards apeurés.
Sa démarche, sur la pointe des pieds, bien qu’hésitante reste souple, comme si elle marchait avec précaution sur des tessons de verre. Je devine une poitrine menue, haute et bien formée aux mamelons rose tendre que cache mal une main fine aux doigts délicats et déliés. Sa taille commence sous les seins et lui donne une allure serpentine et suave aux jambes longues et au ventre tendu.

Lorelei

Et son visage ! Mon dieu son visage ! S’il existe des anges elle leur ressemble. De grands yeux bleus azur éclairent une frimousse juvénile qui se déploie en  un ovale parfait. Un petit nez mutin surplombe une bouche gourmande aux lèvres pulpeuses discrètement vernissées de gloss rose acidulé qui appelle au baiser. Une chevelure d’un blond ivoirin est harmonieusement coiffée en de petites nattes enroulées sur ses tempes à la mode traditionnelle nordique. Je ne peux m’empêcher de la comparer à Kristale en beaucoup plus jeune, la ressemblance est frappante. Je pense qu’elle doit être bien plus jeune que moi. Troublée, je reste hypnotisée par la beauté irréelle de la jeune fille.
Elle doit le sentir  car ses joues s’empourprent discrètement d’un rose léger.
Par empathie je me mets aisément à sa place. Il n’est pas facile de se retrouver nue et détaillée de la tête aux pieds par des inconnus. Nos regards se croisent brièvement. Elle détourne les yeux mais j’ai eu le temps d’y lire la honte de l’impudeur de sa situation.
Elle sursaute lorsque de nouveau Kristale lance ce qui semble être un commandement. L’accent guttural de la blonde nordique renforce l’impression de puissance et de domination qu’a manifestement Kristale sur cette frêle jeune fille. Elle s’exécute immédiatement, se place devant Marc et écarte ses longue jambes fuselées Elle se cambre et porte ses mains dans son dos en une parfaite stature de soumission.
Je m’aperçois alors que les mains qu’elle portait devant son ventre ne l’étaient pas forcément par pudeur. En plaçant ses mains dans son dos la jeune fille a lâché une longue chaînette d’or, cachée dans le creux de sa paume, qui vient se dérouler et heurter le sol dans un petit tintement cristallin.
Intriguée j’en suis le fil brillant jusque entre ses jambes. La chaînette est reliée à un anneau d’or scellé à la crête de la lèvre de son ventre juste sous le clitoris caché dans les replis ainsi formé par l’anneau comme le ferait une fibule d’une cape de chair. Je frissonne et une chaleur se glisse entre mes jambes. Je devine à la façon dont est placé l’anneau que le moindre frémissement de la chainette le fait frotter contre le clitoris déclenchant ainsi un feu de caresses électriques. Mon idée est confirmée par la liqueur brillante qui nappe l’orifice des deux lèvres pourtant hermétiquement closes. Elle trahit ainsi de la façon la plus obscène et certainement à son corps défendant, l’excitation qui mouille son ventre.
- Je vous présente Loreleï !

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12 avril 2016

Chap. 41. Le Lit de Sonia

Je mâchouille nonchalamment le brin d’herbe que j’ai cueilli à la volée avant de monter dans la voiture. Le soleil à peine voilé est déjà haut. Notre matinée s’est prolongée mais cela ne m’a pas reposée pour autant.
Nous avons passé la soirée tous les trois à deviser autour de la meilleure table de la vallée comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il est vrai que l’odeur intime de Sonia imprégnait encore mes doigts et je prenais un plaisir particulier à les porter à mon visage pour en humer la puissante fragrance aphrodisiaque. Est-ce l’effet des phéromones de la belle ? Toujours est-il que ma jalousie envers elle a fondu comme neige au soleil et a été remplacée par la chaleur d’un tendre intérêt. Ce seul parfum suffisait à m’évoquer les étreintes les plus licencieuses. Et je le faisais d’une manière si ostensible que Sonia me lançait des œillades complices à chaque fois que je portais mes doigts sous mon nez. Un manège qui n’a pas échappé à Mon Maître.
A la fin de la soirée, Marc  s’est enquis auprès de Sonia si elle disposait d’un hébergement.
Elle a acquiescé
— Et votre lit est assez grand  pour accueillir Isabelle ?
Sonia n’a pas cillé, et a même lancé avec audace, les yeux pétillants comme le champagne de son verre.
— Ho oui !… Bien assez grand !… Et pour vous aussi d’ailleurs !
Marc a souri, mais a décliné l’invitation en se levant de table.
— Merci Mademoiselle,… Nous aurons certainement l’occasion de faire plus ample connaissance, je pense !
Sur un dernier clin d’œil de complicité il nous a saluées en quittant la table puis le restaurant sur un de ces petits signes convenus à mon intention.
L’attention de Sonia se reporte sur moi, visiblement gênée par sa dernière effronterie. La suggestion de Marc est suffisamment explicite pour que nous n’ayons pas besoin de parler. Elle a compris comme moi.
Je ne viens pas à son secours et touille nonchalamment le reste de café de ma tasse et la porte lentement aux lèvres en la contemplant.
Enfin, elle a petit raclement de gorge embarrassé et me lance en souriant.
- Bien… Heu ! . Je crois qu’il serait bon d’aller nous cou…
Elle s’arrête interloquée, cette fois c’est son visage qui s’enflamme en s’apercevant de ce qu’elle allait dire et de ce que cela impliquait.
— Je … je veux dire, nous… coucher !
Ses sourcils s’arquent une mimique comique, comme si elle cherchait à minimiser ses paroles.
Comme je me sens confiante tout-à-coup face à sa candeur !
Je repose lentement ma tasse, la fixe intensément et lui lance tout de go.
— Tu n’as vraiment jamais fait l’amour avec une femme ?
Elle a un petit mouvement de tête négatif et baisse les yeux sur ma tasse.
Enhardie, Je me saisie de sa main sous la table.
— Alors viens !

Sonia n’avait pas menti,  le lit du meublé était grand, peut-être même trop grand, surtout au vu du peu de place que nous y avons occupée. Je souris aux anges à l’évocation de la pudeur de Sonia qui a tenu à éteindre toutes les lumières avant de s’avancer vers moi une fois nue  et de chercher ma peau frémissante à tâtons. Il n’a pas fallu longtemps pour que la belle s’enhardisse et laisse tomber ses derniers chastes remparts, se laisse enlacer tendrement et que nos lèvres se cherchent et se trouvent dans la nuit avant de repartir explorer les recoins les plus intime de nos corps avides de caresses.
Mon visage s’éclaire et mon ventre s’amollit lorsque dans ma tête résonnent ses petits cris de jouissance étouffée. Je goutais alors directement à la source, entre ses jambes largement écartées, le jus de Cyprine dont l’abondance trahissait son total abandon… Nous sommes endormies toutes les deux tendrement enlacées comme des amantes de toujours.
Il est plus de onze heures lorsque Marc vient me chercher. Il a pénétré dans l’appartement sans s’annoncer. Il y a bien longtemps que je laisse les portes ouvertes derrière moi lorsque je sais qu’il doit me rejoindre. Je termine de me coiffer et Sonia sort à peine de la douche nue comme un vers lorsqu’elle s’aperçoit de sa présence. Elle prend immédiatement la pose de soumission un peu gauchement comme prise en faute et me lance une œillade interrogative,  s’étonnant que je ne l’aie pas prise moi-même. Marc hausse les sourcils mais ne fait pas de remarque. Sonia devra apprendre dans quelles conditions la pose s’impose.
Sans plus s’occuper d’elle, il me lance.
— On y va … Kristale nous attend !

Sous les pneus le crissement des gravillons du chemin qui mène à la Colombière me sort de ma langoureuse léthargie. Je me redresse sur mon siège rabattant ma jupe relevée impudiquement sur mon ventre nue. Ce trajet est passé si vite, perdue que j’étais dans les bras de Sonia. Je cille plusieurs fois des paupières et observe l’entrée de la bâtisse. Mon cœur fait un bon. Là, juste à droite du perron d’accès, une moto rutilante, une grosse cylindrée, que je reconnais comme la monture de Laure. Je veux me tourner vers Marc et l’interroger. Il ne m’a pas dit que Laure serait là !... J’ouvre la bouche mais me ravise. Ce n’est certainement pas la surprise de Kristale ! Il faut que je me montre patiente, mais intérieurement je trépigne. Je vais revoir Laure que je n’avais pas vue depuis mes dernières vacances.
A la suite de Mon Maître je pénètre dans le hall d’entrée, là même où Kristale m’avait imposé sa première humiliation. Mais comme personne n’est là pour nous accueillir Marc continue vers le salon aux baies grandes ouvertes que nous traversons de part en part vers la piscine.
Une naïade est en train d’y faire des longueurs et de nouveau mon cœur loupe un battement. J’ai reconnu la longue chevelure noire de jais de Laure qui s’arrête brusquement de nager comme sur un signal, comme si elle avait perçu notre présence par quelques mystérieux sens cachés. Sa tête hors de l’eau se tourne vers nous et  elle passe ses mains sur son visage pour en écarter l’eau et les cheveux qui brouillent sa vision. A notre vue, son visage s’éclaire d’un petit sourire vite réprimé. Je sais qu’elle ne manifestera pas sa joie. Je suis sur le point de faire un pas vers le bord du bassin lorsque qu’une voix hautaine au fort accent germanique éclate derrière nous.
— Vous voilà enfin !... J’ai cru que vous vous étiez perdus en route.
Je me retourne vivement. Marc fait de même mais d’une façon plus posée.
Kristale  nous rejoint d’un pas décidé faisant claquer ses hauts talons sur le travertin de la terrasse.
Elle est élégamment  vêtue d’un pantalon de lin écru et d’un chemisier de tulle blanc, vaporeux, qui la couvre entièrement des poignets  jusqu’au cou mais qui est si léger et transparent qu’il ne cache rien de la poitrine libre aux areoles arrogantes qu’elle darde vers nous.
Elle s’arrête à un mètre de nous, me crucifiant de ses yeux de glace bleue, les mains sur les hanches.
— Revoilà donc ma petite gourde !

5 mars 2016

300 000

Penchée, le nez dans le mug fumant, je ne l’ai pas vu approcher. Il fait beau et la douceur de l’air de cette fin d’automne particulièrement chaud invite à la boisson fraiche et pourtant j’ai commandé un thé brulant. J’ai fui les mondanités du vernissage avec l’assentiment de Marc et je me suis réfugiée sur la terrasse du café le plus proche.
— Vous... Vous êtes Isabelle n’est ce pas ? Isabelle Madigan ?
Je n’ai pas trop envie de sortir de mes songes. Je lève la tête et la regarde l’air hébété, sans comprendre.
—  Je m’excuse ! Je vous ai suivie… je n’ai pas osé vous aborder avec tout ce monde ! J’ai juste échangé quelques mots avec M. Marc. Enfin je… Je ne vous dérange pas ?
Elle à un tressautement d’excitation et un large sourire comme si elle contemplait un cadeau de fête et exprime un ravissement enfantin…  Je n’ai pas envie de parler mais je n’ai pas non plus la force de la congédier et je me contente de la fixer, les yeux dans le vague. Sans y être conviée, elle approche une chaise de la petite table de marbre sur lequel m’attend mon Darjeeling. Et tout en s’asseyant avec précipitation me lance.
— Vous savez je vous lis… Sur votre blog !
Je souris complaisamment.
—  Je suis une soumise moi aussi…
Instinctivement mon attention se porte vers sa main gauche. Elle a saisit mon regard et elle tend vers mon visage une main joliment potelée qui porte une de ces bagues bon marché. Une bague avec pour chaton une boule grise percée d’un anneau plus large que la bague elle-même. Elle semble très fière de son bijou et de la condition qu’elle implique.
— C’est mon mari qui s’occupe de mon dressage !
Je ferme les yeux un bref instant pour éviter quelle voit mes yeux se lever au ciel et me force à sourire.
Je m’entends répondre d’une voix faussement enjouée.
— Ha oui ?... C’est bien !
Et je me plonge dans ma tasse de thé tandis que mon pouce gauche vient caresser mon anneau de fer niellé d’or. Un anneau porté à l’auriculaire comme doit le porter une Maitresse de second rang. Soumise et Maîtresse à la fois…
Elle commence à se raconter et mon esprit s’échappe…

Combien de temps ?
Ces années ont passé à la vitesse d’un pur-sang au galop et chacune de ses foulées marque de son empreinte de fer le chemin que j’ai suivi avec Marc. Cela pas toujours été de tout repos de vous conter ce chemin, et aujourd’hui je m’aperçois que, sans compter les témoignages que je reçois presque chaque jour, un nombre effrayant de visiteurs sont venues s’enquérir de mon insouciante balade. Je souris intérieurement en en faisant l’improbable inventaire. Il y a ceux de passage ou les égarés rejetés par hasard sur les rivages de mon iles par les courants aléatoires des moteurs de recherche. Parmi eux les fureteurs, les chercheurs de lignes qui alimentent le feu de leurs fantasmes. L’amoureux et l’amoureuse transit qui m’envoie des messages électroniques crépitant de déclarations flamboyantes et qui veulent me sauver de ma condition. Ma condition !
Ceux qui me jurent sympathie et amitié en me tendant une laisse.
Ceux qui me traquent partout pour une image, un sourire, alors qu’ils m’ont sous les yeux.
Ceux qui veulent écrire à ma place mon histoire ou qui me disent ce que je dois écrire.
Ceux avec qui j’échange tendrement régulièrement.
Ceux qui me juge moi ou mon Maître et sont outragés par notre relation… Mais pourquoi me lisent-ils, au fait ?
Ceux qui me rencontrent, comme la femme que j’ai en face de moi et qui a l’insouciante audace de superposer son imagination à ma réalité
—  Il dit que je suis sa Kajira …
Je relève vivement la tête, effarée. J’ai perdu le fil de sa conversation mais le mot Kajira me tire de ma torpeur. Elle prend cela comme un intérêt intense et continue toute enjouée.
— Oui, oui sa Kajira, Je suis entièrement à ses ordres…
De nouveau sa voix se perd dans l’écho de mes souvenirs. Mais sait-elle seulement ce que signifie être une Kajira ?
L’image de Laure se projette sur le voile des larmes qui me montent brusquement aux yeux. La belle italienne, la fougueuse silencieuse celle qui d’un regard vous faisait comprendre que vous étiez le centre du monde. La Kajira qui se prosternait sans même que vous ayez à lui demander. Celle qui m’a fait découvrir ce qu’était la soumission absolue, sans maître, libre…
C’est au guidon de son monstre mécanique qu’elle a rencontré son destin. Et il ne pouvait en être autrement. Je m’imagine encore sa silhouette gainée de cuir rouge projetée dans les airs sur une petite route du Val d’Aoste en descente du Gran Paradiso… Le Grand Paradis !
Je repousse la vision de son corps à la souplesse féline, magnifique, disloqué trente mètre plus bas.
Il est dit que les anges, même maudits, ne vieillissent pas !
Je retiens avec peine un sanglot. Je m’étrangle dans un hurlement silencieux qui me brule la gorge et le cœur. Je veux la faire taire…. Je me répète comme un mantra : Mais sait-elle seulement de quoi elle parle ! A-t-elle la moindre idée de ce qu’être une Kajira veut dire ?  Je suis sur le point de me lever et mettre fin à son monologue lorsque mon regard accroche une silhouette qui gambade sur la place et se rapproche d’une allure enjouée avec un sourire désarmant. Un rayon de soleil me transperce de part en part, Elle vient à mon secours ! Ma flamboyante Sappho aux cheveux d’or fin, à la marche assurée comme si la terre quelle foule lui appartenait de plein droit. A demi-levée je me rassoie avec un soupir de soulagement. Elle se glisse entre les tables et les clients d’un déhanché provocant qui se font retourner la plupart des hommes attablés. Elle se saisit autoritairement d’une chaise libre de la table d’à côté sans demander à ses occupants interloqués et s’assoit face à moi en fixant ma voisine qui s’est brusquement interrompue, abasourdie par cette brutale intrusion.
Le visage de Mon amazone blonde prend la rigidité du marbre et la fixe intensément lui lançant sur un ton qui ne souffre pas de réponse.
— Je veux parler à Isabelle…Seule !
Elle tente pourtant.
— Mais… Je… Mais...
Les yeux de l’intruse ne cillent pas et devant son attitude déterminée…
— Oui… Bien sûr ! Excusez-moi !
Mon interlocutrice se lève et s’éloigne sans se retourner.
La blonde fougueuse se tourne vers moi et son visage s’éclaire. Elle fronce les sourcils en une interrogation muette.
— Je… Elle m’a rappelé… Enfin je… je pensais à ... Laure…
Son nom s’étrangle dans ma gorge. Mes mains se portent à la rencontre de mes yeux embués.
Elle hoche la tête d’un air entendu.
— J’ai bien senti qu’elle te gavait.
Ma douce hétaïre s’empare des deux poignets qui cachent mon visage et sur lequel roulent maintenant de grosses larmes. Par-dessus la table, elle se penche à mon oreille et murmure.
— Quand je te vois comme çà, Maitresse, j’ai envie de te bouffer la chatte à te faire hurler de plaisir !
J’ai un sursaut de surprise ! J’ouvre des yeux tout ronds.
Elle me rend mon interrogation en écarquillant elle aussi les yeux dans une mimique comique qui lui fait pencher la tête sur le côté, en l’attente de ma réaction à sa proposition outrancière. Un spasme incoercible monte le long de mon ventre me libérant de la tristesse qui m’étouffait et nous partons toutes deux d’un fou rire irrépressible qui se font se retourner sur nous les clients attablés de la terrasse.

18 février 2016

Chap. 40. L’appel de l’alpha

Embarrassée par l’insistance de son regard je fais mine de m’essuyer les mains sur les hanches et finis par baisser les yeux. Doucement je m’assois à demi sur le bord du sofa. Un silence pesant s’installe. Sonia reprend son souffle et sa prestance mais elle aussi semble terriblement gênée. Elle oscille imperceptiblement sur la base de ses jambes écartées. Elle tente, tant bien que mal, de reprendre contenance.
Je relève timidement les yeux. Marc continue de me dévisager avec insistance, comme si il me découvrait pour la première fois. Déstabilisée,  je porte la main à ma bouche pour étouffer une petite toux gênée et vais pour parler lorsque Marc s’adresse à Sonia sans me quitter des yeux.
— Vous pouvez vous habiller Sonia ! … Attendez nous dehors, à la terrasse du café, nous vous y rejoindront !
La jeune femme ne se fait pas prier, d’un mouvement souple elle se relève et récupère ses vêtements éparpillés sur le sol. Il ne lui faudra qu’un instant pour se vêtir du peu qu’elle portait. Toujours en silence, suivie par nos regards, elle se dirige vers la porte. Elle soulève le rideau qui barre l’accès, se retourne vers nous et fait mine de nous parler mais semble se raviser, elle se détourne et le rideau retombe sur sa silhouette. Bientôt je perçois le carillon au son cuivré qui signale sa sortie du bâtiment.
Marc revient à moi. D’un signe du menton il désigne l’emplacement que  Sonia vient de quitter.  Pas besoin de parole. Je me précipite au sol, j’écarte les genoux en relevant ma jupe pour découvrir aussi largement que possible mes cuisses et mon bas-ventre nu. Je  croise mes bras dans le dos en me cambrant à l’excès. Ma poitrine pousse contre mon chemisier  laissant deviner la pointe saillante de mes seins tendus.
Comme je suis bien tout à coup, je retrouve ma place… Mon rang !

    Posément Marc ferme son carnet d’esquisses et se penche vers moi. Il prend un air mécontent et sur un ton de sévérité.
— Hé bien Isabelle !  Avec ce que tu viens de lui faire subir, je crois que nous ne la reverrons pas de sitôt !
Je baisse la tête comme prise en faute mais je lance, sûre de moi.
—  Je suis désolée Monsieur, mais je crois que si, Monsieur… Je suis bien revenue moi !
Et en disant cela je redresse la tête fièrement.
— Ce n’est pas ce que vous auriez fait vous ! Pour tester sa détermination ?
Marc fronce les sourcils. Et comme a son habitude répond à ma question par une autre.
— Tu as la mémoire courte. C’est ce que j’ai fait avec toi la première fois que tu t’es présentée ?
Je me renfrogne, prise en défaut et d’un air affligée
— Heu… Non Monsieur… Vous ne m’avez pas touchée !
Marc hausse des épaules…
— Bon ! De toutes les façons, nous allons vite le  savoir… Si elle nous attend à la terrasse comme je lui ai demandé…Ou bien si elle a fuit !
Il a un sourire moqueur mais je ne sais pas si c’est à son encontre ou de la mienne, ou bien tout simplement à l’idée de cet ultime test à l’intention de Sonia qu’il n’avait pas prévu. Mais Marc sait laisser filer sa proie pour mieux la jauger. Si Sonia s’en va sans  demander son reste, c’est qu’elle n’aura pas été à la hauteur de ce qu’il en attendait. Une impression qu’il confirme immédiatement.
— Il aurait été regrettable qu’elle me fasse perdre mon temps.
Brusquement Mon Maitre se redresse en prenant une profonde inspiration.
— Mais revenons à toi !... Tu as aimé ?
Surprise, mais pas tout à fait étonnée, du changement de conversation, je reste coite
— Oui, tu sais !… Tu as aimé la dominer ?
J’avale ma salive difficilement.
— Je… Oui, Monsieur, je crois !
Marc éclate de rire.
— Tu crois ?... Tu crois !... Mais tu ne t’es pas vue !… Bien sûr que tu as aimé !
De nouveau il se penche sur moi et sur le ton de la confidence.
— Y aurait- il une jeune Maitresse cachée en toi ? Ce n’est pas la première fois que tu cèdes à l’appel de l’alpha ou je dirais plutôt de la louve ! Non ?
L’appel de l’alpha ! Une expression que j’ai souvent entendue dans le cercle de  Mon Maître. On n’a jamais daigné me l’expliquer mais j’en devine maintenant toute la portée. L’appel de l’alpha, ce besoin irrésistible de dominer d’affirmer sa position dominante et de le faire savoir. Il est arrivé à Marc et Kristale d’échanger longuement devant moi pour tenter de résoudre le mystère de cette pulsion et de savoir ce qui la provoquait. Le dominant ou le dominé ? Ce soir là, ils m’ont démontré que j’appelais à être dominée et ils ont cédé à l’appel de l’alpha, pour mon plus grand plaisir !
A cette évocation, je me sens brusquement rougir jusqu'à la pointe des oreilles.
— Je… Oui Monsieur !...  Avec Stéphanie ! (Cf. La peur de Stéphanie)
Je tente de me justifier et ma voix monte d’un ton !
— Mais… C’était pour lui rappeler ses devoirs de soumise, Maître !
Un sourire non contenu barre le visage radieux de Marc.
— Il n’empêche…
Il redevient sérieux et incline ta tête sur le côté.
— Je dois quand même te dire que je t’ai trouvée très belle dans… l’action !
— Merci Monsieur… Je peux vous poser une question ?
Marc a un geste d’assentiment de la main.
— Vous… vous pensez  que… Enfin je veux dire… Vous pensez vraiment que j’ai quelque chose d’une Maitresse ?
Marc réfléchit un moment ses yeux pétillent de malice.
— Toute pièce à deux faces. Rares sont les opposés qui ne sont pas liés d’une façon plus ou moins subtile. Quant à savoir si la domination est l’exact contraire de la soumission ? Ne serait-il pas plutôt complémentaire ?
Il se passe la main sur le menton
— Cela va être une belle discussion de fin de soirée çà !
Il a un sourire chafouin et me lance un clin d’œil de complicité.
 — Allons voir donc voir si notre prétendante l’est toujours !
D’un bond il se lève et me tend la main pour m’aider à me relever. Un geste totalement improbable de sa part. Pourtant je lui donne la mienne sans hésiter.

     Ensemble nous remontons la ruelle de pavés vers le petit café qui jouxte la place centrale.
Je cherche parmi les quidams installés sur la terrasse de bois. Il ne me faut qu’un instant pour y repérer la chevelure rousse de Sonia, attablée dos au mur, une tasse de café devant elle.
Elle nous a vus.
Elle se redresse et ses jambes s’écartent doucement de chaque côté de la chaise de fer qui la porte. Elle a visiblement fait son choix.
Marc murmure comme pour lui-même.
— On aurait du parier !
Je souris, en essayant de deviner quel aurait été l’enjeu de ce pari.

 

3 février 2016

Chap. 39. Coup de sang

Moi ? Que puis-je en penser ?
Je me revois devant Mon Maître la première fois. Peut-être un peu moins arrogante que Sonia mais avec une aussi grande impatience de découvrir  un monde que je soupçonnais à peine et qui m’attirait avec tant de force que j’en étais prête à donner mon âme pour en faire partie !

     Je repose les feuillets sur mes genoux et regarde Sonia. Elle tremble mais pas de peur, il fait doux dans l’atelier et même nue elle ne doit pas avoir froid ! Les pointes de ses seins dardent outrageusement vers nous, provocants.
Pourquoi est-ce que je partage son excitation ?
Prise un peu au dépourvue que Marc me demande mon avis je commence par des banalités. Je la regarde mais m’adresse à Mon Maître.
— Elle est jolie ! Je crois qu’elle fera un bon modèle…
Je cherche mes mots tentant de ravaler ma jalousie mais il faut bien convenir que je pense ce que je dis. D’ailleurs inutile de mentir ou d’être condescendante, Marc s’en apercevrait immédiatement, et je n’ai vraiment pas envie de me faire sermonner devant elle.
Je continue.
— Et pour ce qui est de son aptitude à…  Euh !... à l’obéissance … Je pense que je ne peux que vous laisser juge, Monsieur !
Marc porte son crayon à ses lèvres et le mordille en souriant. Il hausse les sourcils en une mimique qui m’invite à continuer.
Je me tourne alors vers Sonia.
— Mais en fait Sonia ! Vous êtes là comme modèle ou comme soumise ?
Elle me lance un regard de biais, hautain, puis revient à Marc comme si à ses yeux je n’étais que quantité négligeable.
— Je crois que c’est un peu la même chose, disons que les travaux de Monsieur Marc le suggère tellement. Cela m’a semblé …Evident !
Elle se tourne cette fois franchement vers moi en soutenant mon regard, moqueuse.
Et en plus elle me prend pour une crétine qui pose des questions à la réponse évidente ! Si je perds pieds les rôles risquent de s’inverser. Je fais un gros effort pour ne pas baisser les yeux. Une chaleur intense me brule l’estomac et une rage intérieure me saisit. Je vais montrer à cette présomptueuse par où je suis passée pour avoir l’autorisation d’être assise à la droite de Mon Maître.
Sous une irrépressible impulsion et sans demander l’autorisation à Marc,  je me lève en jetant les feuillets de papier là où j’étais assise. D’un pas je fais face à Sonia que je domine de toute ma hauteur, l’obligeant ainsi à lever la tête pour me parler. Son sourire moqueur a disparu. Je reste un bref moment à la contempler de haut. Une bouffée de puissance me saisie à l’avoir ainsi à mes pieds.  Et cette pulsion de puissance et de domination je vais m’y voir céder, comme dans un rêve…un dédoublement.

    Je ploie un genou pour me retrouver à sa hauteur et me saisie d’une pleine poignée de ses cheveux de la main gauche tandis que ma main droite s’empare sans ménagement d’un des fiers tétons que je presse doucement entre deux doigts.
— Je vous trouve très excitée pour être un simple modèle et bien arrogante pour une soumise… Savez-vous au moins ce que Marc attendant de vous ? Pour l’instant, je n’ai entendu qu’une leçon bien apprise.
Je tire sa tête vers l’arrière d’un geste vif. Sous la douleur, dans un reflex, elle quitte sa posture et lève les bras dans une esquisse de défense.
Je n’attendais que cela. Je hurle presque à la limite de l’hystérie.
— Remettez vos mains dans le dos… Immédiatement !
Et je maintiens ma prise sur ses cheveux trop roux à mon goût.
Sonia lance un regard apeuré vers Marc, mais celui-ci reste de marbre et elle ne peut que se résoudre à m’obéir pour ne pas perdre toute la crédibilité qu’elle recherche à ses yeux. Une vague d’orgueil me parcours de la tête aux pieds, une jouissance intense d’avoir été obéie. Et je me laisse submerger pas cette vague avec volupté
— C’est bien ! Vous aller apprendre à obéir comme la bonne chienne que vous voulez devenir !
Et pour appuyer mes mots, je tors la pointe de sein qui n’a que durci un peu plus entre mes doigts. Sonia ne bouge pas mais laisse échapper un petit gémissement de surprise. Ses yeux se ferment et une larme perle à la commissure de ses paupières. Loin de m’apitoyer cette larme ne m’incite qu’à aller plus loin. Je jubile. Je lâche le téton martyrisé et glissant ma main sur son ventre vers son entre-jambes cherche l’entrée du calice qu’elle devra toujours avoir de disponible. Je m’aperçois qu’il n’y a pas que les seins qui sont outrageusement ferme. Je rencontre le témoin du plaisir de Sonia. Un clitoris épais et gluant qui pointe d’ entre ses lèvres distendues. Je le caresse de deux doigts fureteurs qui s’enduisent de l’abondante liqueur de cyprine exsudant  de son ventre comme le miel de la cire. Elle ne peut pas cacher son excitation et pour parfaire son humiliation  je veux en faire part à Marc. Je me penche vers son oreille et murmure sur le ton de la confidence, mais d’une voix suffisamment forte pour être entendue de Mon Maître.
— Mais vous mouillez comme une petite salope, Mademoiselle Sonia…
J’appuie sur le Mademoiselle
— Peut être que vous êtes bien ce que vous semblez être ! Mais vous savez cela ne sera pas suffisant d’écarter les jambes. Il vous faudra aussi offrir votre bouche et votre cul… Mon Maître adore çà ! Pour vous humilier il n’ira pas par quatre chemins … Vous êtes prête à çà, petite chienne ?
Sonia ouvre la bouche pour répondre, mais je ne lui en laisse pas le loisir.
— Nous allons voir çà !... Penchez vous !
Ce disant j’appuie sur sa nuque. Elle résiste. D’une voix moqueuse je lance.
—  Allons ne faites pas votre mijaurée ! Montrez nous que vous êtes obéissante !
Cette fois elle obtempère. Sa tête s’abaisse et sa croupe se dresse, mise en valeur par une cambrure que je force d’une main. Son visage vient presque se poser sur les genoux de Marc que je vois du coin de l’œil continuer à dessiner, imperturbable. Je cherche son regard, son approbation. Devant son impassibilité une brutale bouffée d’indétermination m’étreint.  Je viens de  m’apercevoir de ce que je suis en train de faire. Je ne me reconnais plus. Je reste un moment pétrifiée baissant les yeux sur la nuque de Sonia. Ma vision se brouille et une chaleur intense me monte au visage. J’ai l’impression de sortir, tel un somnambule brusquement tiré de son sommeil, d’un rêve éveillé !
Mais que suis-je en train de faire ? Je ne me sens soudain en déphasage complet avec la réalité. Il me faut un moment pour me ressaisir. Je crois que Marc a compris mon trouble. Il cesse de dessiner et lève la tête vers moi. Son visage reste de marbre et il a juste un petit haussement du menton dans ma direction…Une mimique que je reconnais comme une invite — Continue,…Je te laisse la main ! — Je prends une profonde inspiration pour tenter de recouvrer mes idées. De toutes les façons je ne peux plus faire marche arrière.
Mon étreinte se relâche, mais pas totalement. Je maintiens d’une main les poignets de la jeune femme dans son dos et glisse l’autre entre ses jambes écartées. Sans préambule je m’immisce à tâtons entre les lèvres drapées qui bordent l’orifice brulant. Je les masse brutalement les écartant et coinçant entre mes doigts le clitoris épais. Sous la caresse appuyée Sonia se cambre et laisse échapper un gémissement étouffé. Elle baisse la tête comme vaincue mais je sens son corps tendu et vibrant comme la corde d’un arc prêt à décocher, jugulant un sursaut qui la mettrait hors d’atteinte de l’humiliant frôlement.
Et c’est justement ce que je recherche. Montrer à Marc qu’elle ne tiendra pas les promesses qu’elle veut lui offrir.
Abandonnant le clitoris raide, j’introduis mon majeur et mon index dans l’orifice humide. Ma progression est facile, le fourreau brûlant est nappé d’une huile abondante et prometteuse. Et c’est dans un glissement sans à-coup que je m’y enfonce profondément provoquant un nouveau spasme de Sonia. Je m’y installe si profondément que la palme de ma main vient se loger entre le sillon de ses fesse et que la pulpe de mon pouce se pose sur la rosette tendue de son anus. J’ai un petit mouvement de recul mais ma détermination à lui faire perdre toute dignité vient à bout de mon mouvement de pudeur. Tandis que mon majeur et mon index s’écartent à l’intérieur de l’incandescent écrin mon pouce masse délicatement le rectum ainsi dévoilé. A-t-elle deviné ce que je m’apprête à faire ? Toujours est-il que dans un sursaut de tout son être Sonia se redresse dans un cri de supplication.
— Non ! S’il vous plait... Pas comme çà... Pas maintenant ! S’il vous plait !
Je suis presque soulagée de l’entendre ainsi supplier.
Il ne m’en fallait pas plus !
J’ai gagné !
Cela me suffit. Je relâche brusquement mon étreinte.
Sonia se redresse vivement. Son visage est écarlate, les yeux exorbités et sa bouche déformée par un rictus de crainte mêlé de dépit. Ses cheveux mouillés de sueur collent à son front. Elle a perdue toute sa superbe. Cela me ravit et me terrifie à la fois. Je m’aperçois alors que je ne suis pas loin d’être dans le même état qu’elle. Mon cœur bat à tout rompre et ma poitrine est serrée comme dans un étau, respiration  bloquée. Je me suis laissée emporter par une bouffée de colère incontrôlable. Je tente de garder un semblant de contrôle en prenant une profonde inspiration. Je me relève et ne prêtant  plus aucune attention à Sonia, vais pour m'asseoir, lorsque je croise le regard interloqué de Marc.

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29 décembre 2015

Chap. 38. Lettre à mon Maître

 

Sonia 1

Marc me tend le papier plié en quatre.
— Lisez, Mademoiselle !
Je déplie méticuleusement le papier à lettre. Une écriture fine et régulière sur  deux des trois pages, l’autre est une photo imprimée d’une qualité médiocre où on distingue Sonia, nue, à genoux sur le tapis bouclé d’une salle de bain. Elle est mal cadrée et on devine qu’elle l'a prise elle même.
Marc repose sa tasse vide sur l’accoudoir et s’empare d’un des blocs à dessin empilés au hasard sur le sol de l’atelier. Il se saisit d’une mine de plomb dans une boite posée  à côté de la tasse et commence à griffonner sur le bloc, semblant ne plus prêter attention à nous. Je me redresse sur mon séant, m’éclaircis la gorge d’une petite toux et commence lentement à haute voix.

« Monsieur,
Voici maintenant plusieurs mois que j’ai découvert vos travaux et ma passion pour vos œuvres a grandi au fur et à mesure de leurs découvertes et du domaine dans lequel vous évoluez. Cet intérêt pour votre art ma peu à peu fait entrevoir la possibilité de poser pour vous. Cela peut vous sembler une demande quelque peu directe et précipitée mais il n’en est rien, j’ai mûrement réfléchi à cette proposition.
Avant tout il faut que vous sachiez que j’ai conscience de la particularité et de la disponibilité de vos modèles et me suis faites rapidement à l’idée de m’y conformer. Vous constaterez sur la photo jointe que je suis plutôt bien faite de ma personne… ».

Marc m’arrête en tendant son crayon au-dessus de la feuille de papier. Reportant son attention sur la jeune fille lance d’un ton ironique.
— Vous vous trouvez bien faites ?
Sonia rougit.
— Oui, Monsieur… Je crois !
Marc fronce les sourcils
— Ne pensez-vous pas que c’est à moi d’en décider ?
— Oui, oui... Bien sûr… Ce que je voulais dire c’est que je corresponds à vos modèles et donc à ce que vous rechercher comme… type !
Marc reprend son dessin d’un mouvement rapide et sans la regarder il continue
— Vous savez, la plupart de mes modèles on les croise dans la rue sans se retourner… Elles ont la beauté du commun des mortels… Et à vrai dire je ne sais pas moi-même ce que je recherche comme vous dites !... N’est ce pas plutôt vous qui m’avez trouvé ?
Sans lui laisser le temps de répondre, il continue.
— Par contre lorsque que je vous aurais «modelée »… Vous pourrez prétendre être belle…
Et comme pour lui-même
— …Peut-être !
Marc hoche plusieurs fois la tête comme si il prolongeait sa réflexion intérieurement, continuant à dessiner. Pendant un long moment seul le crissement de la pointe de carbone sur la feuille vient troubler le silence. Je suis sur le point de me remettre à lire lorsque tapant du bas de son crayon pointe en l’air contre le bloc à dessin sur ses genoux il lève la tête vers la jeune femme.
— Bien !… Déshabillez-vous, s’il vous plaît !
Sonia se redresse et, sans hésitation, comme si elle attendait cette requête, comme si elle l’espérait, commence à déboutonner son chemisier. D’un mouvement vif elle s’en défait, nous dévoilant deux seins lourds mais au galbe parfait et aux aréoles larges. Elle cherche du regard un endroit où déposer son vêtement. Ne trouvant rien à sa portée, elle le laisse tomber au sol, devant elle. Elle s’attaque aussitôt à la fine ceinture qui tient sa jupe retroussée. Il ne lui faut qu’un instant pour se présenter entièrement nue et reprendre la posture de soumission. Elle a gardé ses escarpins à haut talons ce qui met encore plus sa nudité en valeur.
Marc ne semble pas s’en offusquer et pointant de son crayon le sol à un mètre devant nous.
—   Approchez et mettez-vous donc à genoux !
La jeune femme s’exécute d’un pas assuré. Arrivée à l’emplacement désigné elle ploie les genoux gardant le buste bien droit ce qui confère à son mouvement une sensualité étudiée. Dans la lancée ses cuisses s’écartent et elle s’apprête à glisser ses mains dans le dos.
— Sur la tête, les mains !

Sonia 2

De nouveau elle obéit à l’injonction de Mon Maître qui la contemple un instant. J’en profite pour la détailler un peu plus.
Un corps charnel qui appelle à la douceur mais qui laisse deviner une musculature nerveuse. Un écartement des jambes délié qui trahit une souplesse exercée. Un petit tatouage sur la hanche et un piercing d’or orne discrètement le creux de son nombril. Une peau laiteuse et fragile comme en témoigne la trace de la ceinture qui barre sa taille et qui commence à peine à s’estomper. Ses paupières papillonnent sur ses yeux verts obstinément fixés aux pieds de Mon Maître. Elle passe impulsivement sa langue entre ses lèvres les humidifiant d’une promesse luisante. Tout son corps frissonne imperceptiblement à l’unisson des pointes saillantes de ses seins trahissant le trouble de la jeune femme. Instinctivement mon regard se porte sur son entrejambe totalement exposé. Un fruit gourmand offert, parfaitement épilé, à la fente élargie comme si elle venait d’être forcée, nappée d’un glaçage sirupeux dont une goutte mielleuse sourd à la commissure, trahissant, si il en est encore nécessaire, son état d’excitation.
Je souris intérieurement. Je sais que se présenter ainsi, nue, à la merci des regards d’inconnus, qui plus est dans une pose de totale docilité peu déclencher des pulsions contradictoires de fuite ou de jouissance pouvant faire défaillir les moins pudiques.
Marc m’invite d’un geste à continuer en se penchant à nouveau sur son carnet à dessin.

« …Sportive, je pratique en outre la danse, le stretching et le yoga ce qui, je crois, peut être une qualité que vous recherchez, sans compter l’acceptation d’une certaine «mise en danger » qui transparaît dans vos réalisations et que j’apprécie également beaucoup. Je suis d’une nature plutôt aventureuse et poser dans tous types de conditions ne me rebute pas et je dirais même me galvanise au plus au point que cela soit en atelier ou en extérieur. Je ne suis pas rebelle non plus à partager avec d’autres modèles des deux sexes.
En fait je ne me pose a priori aucune limite quant à ce que vous pourrez faire de moi.
Je veux être la pâte souple et docile qui constituera vos œuvres… »

De nouveau Marc m’arrête d’un geste. Il a un large sourire et me lance un regard chafouin.
— Tu vois Isabelle… c’est comme çà qu’il faut me parler !
Reportant son attention sur la jeune femme.
— Des deux sexes ? Hum ! …  Vous savez, celle qui va apprécier, c’est Mademoiselle Isabelle !
Je croise le regard de Sonia, tente de garder un air impassible et sûr de moi tandis qu’une flamme s’allume entre mes cuisses et que mon cœur s’accélère.
— Vous avez déjà fait l’amour avec une autre femme ?
Le visage de Sonia s’empourpre.
— Ne…Non ! Monsieur !
— Cela vous exciterait, Mademoiselle ?
Le regard de Marc se fixe ostensiblement sur l’entrejambe offert de la jeune femme alors qu'il mordille la pointe de son crayon.
Elle commence à perdre contenance. Marc sait à merveille s'emparer de vos petits points faibles. Combien de fois en ai-je fait l'expérience !
— Je… Oui… je pense !
— Vous y avez déjà pensé j’imagine ! Dans vos rêves… Vos fantasmes ?
Cette fois elle perd pieds et me lance un regard désespéré.
Je baisse les yeux sur son courrier et l’observe par en dessous. C’est vrai qu’elle est belle et attirante dans son désarroi. De nouveau Marc se penche sur son ouvrage et murmure pour lui-même.
— C’est vrai que c’est aussi le fantasme de nombreux hommes…
Et, coupant court à toute réponse de Sonia, me fait signe de continuer.

«… J’ai bien compris que vous évoluez dans le monde de la domination et de la soumission et bien que n’ayant eu jusqu’à maintenant qu’un intérêt curieux pour cette pratique je suis disposée aujourd’hui à m’y accorder et ne doute pas que vous serez un enseignant attentif. En espérant ne pas déchoir trop souvent ce qui vous amènera sans aucun doute à me recadrer sévèrement. Là aussi j’accepterai les sanctions qui pourraient m’être appliquées à juste titre… »

De nouveau un geste vif de Marc m’impose le silence. Ses yeux s’écarquillent et il fronce les sourcils dans une mimique qui se veut sévère mais qui laisse deviner l’amusement.
—Vous pensez que j’aurais besoin de sévir ?… Ou vous l’espérez ?
— J’ai pensé que… Enfin… Je devine le rapport que vous avez avec vos modèles.
Marc opine du chef et continue, poussant un peu plus loin la détermination de la jeune femme.
—   Et s’il me venait l’envie de vous punir sans motif… Comme çà !…Pour le plaisir ?
La réponse fuse.
— Si c’est pour votre plaisir,… Alors vous ferez comme bon vous semble !
Là, elle commence à m’agacer a répondre toujours comme une leçon bien apprise !
Une question me brule les lèvres mais je n’aurais pas à la poser. Sur l’invite de Marc, je reprends la lecture de cette étrange lettre de motivation.

« A ce titre je vous remercie de m’avoir fait découvrir les écrits de Mademoiselle Isabelle. Ce que j’ai lu va au delà de ce que mon imagination pouvait concevoir mais je suis également prête à suivre un chemin qui me permettrait de partager son expérience dans le domaine de votre art.
Dans l’espoir que vous acceptiez une entrevue où vous me trouverez totalement disponible et attentive à combler vos attentes sous quelques formes que cela soit et dans l’attente de m’agenouiller devant vous veuillez croire Monsieur en mon parfait dévouement.
Mademoiselle Sonia »

Marc se tourne vers moi…Qu’en penses-tu Isabelle ?

 

Un grand merci à Marc pour le temps passé à la recherche de ces esquisses prises sur le vif et perdues parmi les centaines d’autres dans ses cartons. Un cadeau de noël en quelque sorte.

 

8 octobre 2015

Chap. 37. Points Communs

Nous traversons le village à pieds, laissant le véhicule au moteur surchauffé à l’entrée du bourg. Je trottine derrière Marc qui traverse la place à grandes enjambées. Nous sommes à dix mètres de l’atelier lorsque les cloches de l’église marquant l'heure retentissent… Juste à temps !
Je cherche du regard autour de nous et souris intérieurement… Un mauvais point pour Elle… Elle n’est pas à l’heure !
Je perçois d’ici l’agacement de Mon Maître.
Mais ma joie est de courte durée.
D’un renfoncement du haut de l’escalier qui mène à l’atelier apparaît une silhouette de jeune femme.
Je marque un temps d’arrêt.
Les deux mains crispées sur les lanières d’un sac à main qui pendule devant son ventre sur une jupe plissée, noire, très courte. Elle se tourne vers nous et nous adresse un petit hochement de tête et un sourire comme pour confirmer que c’est bien elle que nous devons rencontrer. Mais çà j’aurais pu le deviner ! Ses cheveux d’un roux sombre presque métallique attire immédiatement et fixe mon regard. Des lunettes de soleil lui mangent le visage et on devine à peine un visage au teint clair illuminé par ce petit sourire désarmant de naïveté. 
Marc ne lui décroche pas un mot de bienvenu. Sans un regard pour elle, il se contente de déverrouiller la porte qu’il franchit rapidement la laissant ouverte derrière lui… Une invitation à le suivre.
Mon Maître m’a bien précisé mon rôle, simplement l’assister, sans me renseigner plus que cela.
Je marque un temps d’arrêt devant la jeune femme et lui tends la main.
- Isabelle !
Sa main vient à ma rencontre, Une poigne légère mais ferme et décidée.
- Oui, Je sais, … je vous ai reconnue…Sonia !
Son sourire s’élargit. Elle semble un peu perdue, décontenancée et paraît contente de me voir.
Je n’ai pas trop envie de lui rendre son sourire et lui désigne sèchement la porte entrouverte.
- Allons-y... Marc n’aime pas attendre !
A petits pas nous traversons la salle d’exposition et gagnons l’atelier. L'odeur caractéristique de la térébenthine nous accueille. Marc est au fond de pièce affairé au dessus de la cafetière, il nous tourne le dos.
Impulsivement je prends Sonia par le coude et l’avance au beau milieu de la salle en face du canapé de cuir noir. Me souvenant de ma propre présentation je la débarrasse de son sac et lui souffle à l’oreille.
- La pose… Prenez la pose !
En priant qu’elle sache de quoi je parle.
Apparemment oui !
Elle glisse ses deux mains dans le dos et écarte les jambes à demi. Dans un dernier geste je lui ôte ses lunettes noires. Des yeux d’un vert sombre me suivent un moment puis fixent le sol. Je découvre enfin son visage entièrement. Un visage ovale et volontaire encadré de longs cheveux roux laissés libres qui roulent agréablement sur ses épaules, un petit nez mutin, des lèvres pulpeuses lissée d’un léger gloss givré (C’est le seul maquillage que souffre Marc surtout pour une présentation). Elle doit avoir mon âge… un peu plus âgée peut être ! J’ai l'étrange impression de la recherche d’une ressemblance entre nous d’eux. Est-ce voulu ? La couleur de ses cheveux me semble naturelle !
Je fais un pas en arrière pour m’assurer que sa pose est correcte.
La jeune femme est parfaitement campée sur ses des jambes nerveuses. Les pieds, chaussés d’escarpins noirs à talons hauts, parfaitement parallèles entre eux. Ses mains remontées dans le dos la cambrent outrageusement. Cela met en valeur son ventre tendu et sa taille haute surplombé de deux seins arrogants que l’on sent poindre sous le chemisier aux broderies transparentes.
Elle connaît manifestement l’attitude à adopter. Je m’imagine la correspondance qu’elle a dû échanger avec Mon Maître, comme je l’avais fait en mon temps. Une bouffée de jalousie me saisit. Je détourne mon regard et le reporte sur Marc.
Un parfum de café chaud monte dans l’atelier.
Sans un mot Mon maître me désigne un coin du sofa. Je m’y assois en tailleur, prenant une attitude la plus décontractée possible. Aussi étonnant que cela puis paraître, Marc m’a donné toute latitude pour oublier les postures de soumission auxquelles je suis tenue en sa présence. J’en comprends maintenant la raison. Ici, à cet instant, c’est Sonia qui va devoir assumer ce rôle.
Dans un silence religieux à peine troublé par le chuintement du café qui décante Marc s’approche à pas comptés de la jeune femme. Il en fait le tour comme un connaisseur le ferait d’une œuvre d’art. Il est direct.
-  Vous connaissez mes conditions… Mademoiselle ?
La réponse fuse.
-  Oui, Maître !
Marc à un petit claquement de langue agacé.
- Vous m’appellerez Maître lorsque je vous y convierais… Pour l’instant Monsieur suffira amplement.
La réponse vient tout aussi rapidement
-  Bien, Monsieur !
Je souris intérieurement. Elle est douée.
Sans la prévenir Marc s’empare du bas de sa jupe et la remonte sur sa taille dévoilant le haut de ses cuisses parfaitement galbées que portent des hanches larges et un ventre parfaitement épilé à la fente vernissée à peine entrouverte.
Pas de sous-vêtement… Je n’en suis pas étonnée… c’est le protocole !
Sonia pique un fard et me regarde par en dessous.
Cela me réjouit intensément. Nos cheveux roux ne sont pas notre seul point commun.
Marc coince le haut de la jupe dans sa ceinture de façon à ce qu’elle ne retombe pas et fait un pas en arrière, contemplatif.
Je ne peux m’empêcher de sourire. Exactement ce genre de petites vexations dont raffole Mon Maître qui mettent à l’épreuve le cœur des postulantes. Je ne peux que m’imaginer, en un élan complice, l’émoi qui doit l’étreindre.
En moins de cinq minutes la voici en posture de soumission les jambes écartées exhibant son ventre nu et vibrant, face à deux personnes qu’elle vient rencontrer pour la première fois.
Satisfait de sa mise en scène Marc revient vers moi. Il se sert une tasse de café et sans m’en proposer s’assoit à mes côtés. Il sirote lentement son moka en contemplant son œuvre. La jeune femme reste figée comme une statue de marbre fixant obstinément le sol. Seul le rouge de ses joues s’estompant, rappelle le trouble qui palpite en elle.
Marc finit sa tasse la dépose sur l’accoudoir et de sa main gauche tire de sa poche un papier plié en quatre et pose sa main droite sur mon genou qu’il caresse avec nonchalance.
Il se tourne vers moi et lance d’une voix forte
- Mademoiselle Sonia s’est présentée d’une façon des plus originales…
Je lance un regard vers elle.
Elle ne bronche pas.

 

13 septembre 2015

Chap. 36. Mise à nue.

Le soleil filtre au travers des frondaisons jouant à cache-cache avec moi. Malgré l’allure vive de la voiture nous n’arrivons pas à le distancer. La nuque renversée sur l’appui-tête offrant mon visage au soleil, je me laisse bercer, hypnotisée par l’effet stroboscopique de la lumière vive au travers des feuillages. Comme à son habitude Marc n’a pas pris les grands axes, mais cette fois il roule à vive allure… - J’ai un rendez-vous ! -
Nous sommes partis tard, sans déjeuner. Nous avons pris congés de nos hôtes en nous faisant la promesse de nous retrouver à l’Assemblée…
l’Assemblée! Je ne sais même pas de quoi il s’agit !… Même si je l’entrevoie ! Il faudra que je questionne Mon Maître… Mais pas maintenant !… Et a quoi bon ? Je sais que je vais vite le découvrir ! Et je dois m’avouer que cette petite atmosphère de mystère est loin de me déplaire.
Je souris intérieurement, Bien sur que nous sommes partis tard…

- Mademoiselle ?
Ecartelée sur le lit, plongée dans une douce somnolence sa voix me parvient comme au travers d’un brouillard épais.
- Mademoiselle ?… Il faut vous lever !
Je sursaute et ouvre les yeux. C’est Ignés! Je fronce les sourcils et me redresse, étonnée. Elle est nue ! Son chignon est défait et ses cheveux mouillés coulent le long de son cou. Je me redresse sur un coude et instinctivement je cherche Marc du regard dans la chambre.
Ignés a compris… Elle sourit.
- Votre Maître vous attend dans le grand salon… Il m’a demandé de vous préparer !
Elle se saisit de ma main et la tire doucement. Je sors totalement de ma torpeur d’un mouvement souple je me glisse en dehors du lit et la suit sans un mot dans la salle de bain.
La pièce d’eau est vaste et lumineuse, une mosaïque de patte de verre turquoise et marine qui ondule sur les murs tapisse les murs de faïence claire. Des étagères d’acajou la meublent avec charme. Un parfum frais d’ylang et de bergamote flotte dans la  vapeur humide qui sature l’espace. Certainement la trace des ablutions précédentes de mon Maître.
Je lance un regard mi-amusée, mi-agacée à Ignés. Elle est nue ! Jusqu’où a-t-elle participé à sa toilette ?
Elle répond à mon regard appuyé d’un gracieux sourire et me désigne la paroi givrée de la douche. Sans me poser d’autres questions je pénètre dans le tunnel de verre. L’eau se met à couler en pluie comme par magie, sans que j’aille à manipuler le moindre robinet, à la température idéale. Je ferme les yeux et me laisse bercer par le massage régulier des gouttes d’eau qui frappent ma peau.
Sous l’ondée artificielle je glisse mes mains en casquette sur mes paupières et j’entrouvre les yeux contemplant la silhouette d’Ignés déformée par le verre dépoli de la douche. Elle s’affaire au dessus d’une desserte d’acajou et de marbre blanc. Satisfaite, elle se redresse, s’empare d’une énorme éponge végétale et se dirige vers moi. Il ne lui faut qu’un instant pour me rejoindre et commencer à me passer consciencieusement l’éponge imprégner de savon sur le corps. Je l’observe à la dérobée un peu gênée alors que ses yeux suivent avec concentration le trajet de l’éponge. Mes épaules, mes bras, mes seins qui se tendent. Sa main se pose sur ma hanche glissant sur mes reins accentuant la pression de l’éponge sur mon ventre qui se creuse, je ferme les yeux et lève mon visage vers la pluie. Je n’ai envie d’esquisser aucun geste. Laisser faire Ignés ! J’ai l’impression d’être un bibelot précieux entre ses mains qui ont laisser tomber l’éponge à nos pieds, continuant le lissage méticuleux de ma peau par l’effleurement de ses doigts et  de ses paumes huileuses de savon parfumé.
Remontant au-dessus de mon genou sa main glissent sur l’intérieur de ma cuisse, vers mon entrejambe. Par réflexe je m’écarte pour lui laisser le passage. Mais glissant en frôlant imperceptiblement ma vulve frémissante elle se contente de friser ma toison trempée du bout des doigts.
- Je dois vous enlever çà !
Je fonce les sourcils et elle croit devoir préciser
- Je dois vous épiler,… Votre Maître me l’a deman... Ordonné !
De nouveau elle me prend par la main et me tire au dehors de l’onde bienfaisante.
Elle me désigne une banquette de cuir blanc au travers de laquelle est posé un large drap de bain brodé aux armoiries de la maison. Sans même me sécher, je m’y allonge, un peu amusée par la situation.
Ignés d’une main ferme et assurée m’écarte doucement les jambes, les laissant pendre de chaque côté du banc. Elle sèche délicatement à l’air chaud d’un sèche-cheveux la toison qui orne mon ventre. De noir les poils retrouvent leur superbe couleur de cuivre scintillant d’or. Songeuse, presque amoureusement, Ignès frôle de sa paume la forêt de feu qui se hérisse d’électricité statique. Les pointes de mes seins se dressent. Elle lance, comme pour elle-même.
- c’est presque dommage…
Mais en me souriant, elle semble se raviser et se saisit d’un pot de grès chaud et d’une spatule de hêtre pour noyer la forêt sous une épaisse couche de cire chaude aux senteurs de miel.
Je tente de me détendre. Je ferme les yeux me laissant bercer par la chaleur qui se pose sur mon ventre en évitant soigneusement la fleur entrouverte. Je me rappelle ma première épilation intégrale. Une initiation que Nadège, la fille du sud à la peau de cannelle avait conduite sous mes yeux apeurés. Là encore c’était pour Marc. Mais Nadège ne le savait pas. Je souris aux anges.
La douleur est fulgurante.
Une vive brûlure entre les jambes qui s’éteint aussi rapidement laissant place un tiraillement cuisant. Puis une deuxième traînée de feu qui me tire une clameur de surprise. Mon cri se termine par éclat de rire incoercible. Je me cambre sur la couchette pour tenter d’échapper à la main de mon doux bourreau. Mais ce en est déjà fini. La célérité d’Ignés ne m'a pas laissé le temps de l’appréhension. Je retombe sur le banc lourdement comme pour m’y enfoncer, le souffle court. Mon cœur bat la chamade. Consciencieusement, armée d’une large pince, fouillant chaques recoins de mon entrejambe, Ignés d’un geste vif chasse les derniers poils ayant échappé au défrichement. A chaque bref tiraillement je me cramponne à la banquette de cuir. Je serre les lèvres pour ne pas gémir.
Ignés se parle à elle-même, sans me regarder, absorbée par sa tache
– Ils sont si fins !… Il ne faut pas en oublier !
Son haleine fraîche coule sur mon ventre en feu.
Une fois son travail achevé, elle se redresse. Fière d’elle.
Je la contemple au travers de mes paupières à demi closes. Elle sourit et se cambre. Son ventre se tend vers moi. La pierre d’émeraude nichée au creux de son nombril jette un éclat de lumière verte. Elle se saisit d’un pot d’onguent apaisant fait le geste de l’ouvrir puis se ravise.
Indécise, son regard oscille entre mon visage et mon ventre. Comme attirée par un aimant sa main se pose délicatement sur le fruit maintenant entièrement glabre de jeune fille pubère et en parcourt les contours s’enhardissant même à en entrouvrir la délicate fente du pouce. Mon ventre se tend à son tour sous la caresse et je soupire doucement. Elle a senti le frisson et me jette une œillade de complicité. Lentement elle s’agenouille et nos regards se quittent au moment où ses lèvres se posent sur mon ventre juste sous mon nombril. Un baiser humide court sur ma peau et glisse lentement sur le bourgeon turgescent de mon clitoris. Une vague électrique me parcourt le dos. Je me cambre et écarte impulsivement les jambes pour accentuer la profondeur du baiser. Après la main c’est la bouche d’Ignés qui va arpenter le fruit fendu qu’elle vient de découvrir en écartant souvent de la langue la fente frémissante pour en goûter le jus acide.

Mon ventre s’amollit et s’humidifie libérant une chaleur moite et attirante. Plongée dans une demi-torpeur, je laisse ma main glisser sous ma courte jupe tendue par mes jambes écartées. Mes doigts lissent la peau satinée fraîchement épilée et en écartent les lèvres humides qu’ont embrassées Ignés avec tant de force. Une onde de plaisir trouble monte le long de mes reins lorsque je prends conscience de ce que je suis en train de faire sans la permission de Mon Maître.
Je sors vivement ma main de sous ma jupe et me redresse brusquement comme sous l’effet d’un arc électrique…
Embarrassée, je me tourne vers Marc.
- Ne.. Nous…Nous allons chez Kristale ?
A-t-il saisit mon geste, ma caresse interrompue ? Toujours est-il qu’il n’en laisse rien paraître.
- Non…Nous ne rejoignons pas encore la Colombière,… J’ai un rendez-vous ! Une personne qui veut se présenter comme modèle… Cela sera rapide !
Moqueuse, je ne peux m’empêcher de lancer.
- Comme modèle… ou comme soumise ?
Marc éclate de rire.
- C’est un peu la même chose non ? Tu ne crois pas ? Tu es bien placée pour le savoir !
Je me renfrogne et plonge dans mes souvenirs cela me semble si proche encore le jour ou je me suis présentée devant celui qui allait devenir mon Maître. Je ne réponds pas… Ce qui aux yeux de Marc équivaut à une approbation.
- Bien !… Alors tu m’assistera pour son premier entretien !

- En attendant, vous pouvez continuer !
Je prends un air étonné, mais il n’est pas dupe. Le vouvoiement qu’il a repris en est la preuve.
Sous ma jupe ma main regagne la douce chaleur de mes cuisses entrouvertes et je replonge en gémissant dans mon songe, lorsque Ignés me raccompagnant auprès de Marc et de notre hôte a présenté sous l’injonction de Mon Maître, soulevant délicatement ma jupe, son ouvrage aux yeux des deux hommes.
Et Marc, a qui rien n'échappe, de s’enquérir auprès d’Ignés pour ma plus grande honte.
- Elle a joui ?

10 août 2015

Chap. 35. Servir.

- Je vous dérange peut-être ?
Elle a dit çà d’une voix presque ingénue, alors que sa caresse se fait des plus intime. D’un geste contrôlé, tout en retenu, ses ongles glissent entre le pli de mes fesses survolant ma rosette en éraflant au passage la chair tendre et faisant naître un torrent d’étincelles le long de mon périnée.
Je me mords les lèvres pour ne pas gémir et écarquille les yeux pour observer Marc et lui signifier mon embarras. Mes sentiments sont contradictoires, la surprise, la honte, le plaisir de jouir d’une caresse encore jamais reçue… Je voudrais qu’elle nous laisse seul et pourtant je voudrais que son inconvenante cajolerie continue.
La question d’Ignés semble totalement incongrue. Elle va pourtant offrir à Marc, toujours à l’affût de la moindre occasion, de parfaire mon humiliation. Il se saisit d’une large poignée de mes cheveux roux et les tire doucement m’obligeant à tourner la tête vers le visage radieux de la jeune femme.
- Ignés, vous a posé une question Mademoiselle !… Il serait bon de lui répondre !
Je voudrais disparaître sous les draps. Une bouffée de chaleur intense me monte aux joues. Ignés se penche en avant pour accrocher mon regard fuyant.
Je ne sais même pas comment l’appeler, Madame ? Mademoiselle ? Le protocole l’exige pourtant. La caresse se fait brusquement plus intrusive, les doigts cherchant leur chemin et leurs places dans le conduit humide déjà comblé.
Comme dans un rêve, je m'entends dire.
- O… Oh ! n.. Non ! Non ! Vous pouvez continuer...
La suite de mon assentiment forcé se perd dans un balbutiement de Ml, Mm, embrouillés.
Je baisse les yeux et mon visage s’enflamme autant de honte que de plaisir.
Marc abandonne mes cheveux et enveloppe d’un bras mes épaules m’entraînant contre sa poitrine et son autre main appuie sur le haut de mes reins. Ce qui a pour conséquence immédiate de me cambrer outre mesure, dévoilant une fois pour tout aux yeux d’Ignés, notre impudique liaison. Aux yeux… et à la main d’Ignés qui n’a aucun mal cette fois ci à glisser deux doigts le long de mes lèvres et de tenter de s’immiscer entre elles et la verge huileuse qui les distend.
Inutile de résister, je m’abandonne totalement à la douce introduction. Et pourtant dans un dernier réflexe de vaine pudeur, je me mords  les lèvres pour ne pas gémir. Vaincue et résignée, je laisse le plaisir monter au fur et à mesure que les doigts de l’experte servante s’immiscent en moi accompagnant les mouvements de va et vient que commence à entamer le bélier de chair qui me possède.
Elle est là pour me servir, pour servir mon plaisir… Notre plaisir. Et elle s’acquitte de sa tache avec la maestria d’une longue expérience.
Il ne lui faudra pas longtemps, pour qu’à l’unisson du piston qui joue en moi ses doigts fassent, entre deux gémissements étouffés de plaisir, exploser dans ma tête mille soleils et ne m’abandonne nue, disloquée, le souffle coupé, pantin de chair comblé, au travers du lit.

En chien de fusil, le ventre irradiant une douce chaleur, la tête posée au liseré du lit, à travers de mes paupières mi-closes, mouillées de larmes de plaisir, je les contemple s’éloigner. La silhouette d’Ignés parfaitement cintrée dans son tailleur précède Mon Maître. Elle le guide vers la salle d’eau.
Seule, je bascule sur le dos et m’écartèle, bras et jambes en croix, au beau milieu du vaste lit dévasté. Ma tête renversée la nuque appuyée sur le bord  mes cheveux glissent au sol. Les yeux grands ouverts, je contemple le plafond vide. Je ne peux m’empêcher de sourire…Servir, servir encore et toujours !

1 juillet 2015

Chap. 34. Un numéro de plus.

- Monsieur ! Est-ce que les Maîtres ont aussi des numéros ?
Marc a une expression de surprise
- Comment cela ?
- Et bien oui, le nombre de celles que vous avez eues ?… Dressées ?… Enfin vous voyez ?
Il a une moue dubitative.
- Hmmm  !
Malicieusement je pousse un peu plus loin.
- Quel numéro porteriez-vous ?
C’est un petit jeu entre nous, enfin, surtout moi ! Tenter de deviner la vie de Marc en dehors de notre aventure.
Il soupire.
- En quoi est-ce important ?
Il me pénètre maintenant entièrement. Je sens le bélier de chair profondément et étroitement enchâssé qui palpite au fond de mon ventre brûlant. Je suis sur le point de répondre quand on frappe doucement à la porte.
Amusé et peut-être soulagé de ne pas avoir à me répondre, Marc lance un - Oui - retentissant tout en me souriant.
Quelqu’un va entrer et j’ai conscience du spectacle que je vais offrir !
Entièrement nue, les cuisses largement écartées, empalée impudiquement a califourchon sur Mon Maître.  Dans un geste rapide et instinctif de pudeur, je rabats les draps sur moi mais ils butent contre mes reins et ne dissimulent qu’avec peine  notre liaison impudique.
On entre.
Je ne peux résister à la tentation de regarder qui interrompt ainsi nos ébats.
C’est Ignés. Parfaitement habillée d’un élégant tailleur gris, toujours parée d’un chignon impeccablement dressé sur le haut de sa nuque d’où s’échappe une mèche volontairement rebelle qui retombe sur son épaule.
Elle porte un large plateau d’argent sur lequel s’étalent une corbeille de viennoiseries accompagnée de pots et de tasses en porcelaine blanche.
Laissant une desserte dans le couloir, elle s’avance avec précaution dans la chambre refermant derrière elle la porte d’un appuie du talon savamment maîtrisé.
Une odeur de chocolat et de café chaud emplit la chambre.
Ignés est d’une fraîcheur qui ne peut laisser deviner la nuit qu’elle vient de passer au service des Maîtres de la maison…Par son maintien et sa tenue, on perçoit la maestria absolue de son métier… Servir ! Et toujours être prête quelle que soit l’heure et les circonstances.

- Bonjour Marc… Bonjour Mademoiselle …(Elle m’adresse un sourire complice)  C’est une très belle matinée… Votre petit déjeuner !
Je détourne vivement la tête et tente maladroitement de remonter le drap sur mes reins et mes cuisses en le bouchonnant sur mon ventre en un paréo improvisé. Mes yeux se révulsent de honte. Me voir surprise ainsi nue et empalée à la vue d’Ignés ! Et pourtant je ne devrais pas ! Notre aventure de cette nuit nous a fait nous côtoyer dans des situations bien plus embarrassantes. Ici, je la perçois comme une intruse perturbant un moment d’intimité avec Marc.
Mais cela ne semble pas troubler Ignés qui dépose le plateau à nos côtés et comme étant naturel, comme si elle y était invitée, s’assoit sur le lit juste contre ma cuisse. Une chaleur intense me monte aux joues. Marc lui semble apprécier la situation et , sous le drap que je viens de rabattre, caresse nonchalamment la courbe de mes hanches. Je suis tétanisée et n’ose à peine bouger.
Ignés reprends.
- Vous appréciez la chambre, je vois !... Et vous lui rendez honneur !
Je perçois le ton goguenard à peine dissimulé. Elle a remarqué dans quelle position nous nous trouvions et visiblement s’en délecte.
Marc se redresse sur les coudes et avise le plateau. Son mouvement me rappelle un peu plus le pivot de chair qui me comble intimement au plus profond.
Il se saisit d’un croissant et le présente devant ma bouche entrouverte. Le parfum puissant de la viennoiserie chaude me rappelle ma faim. Du bout des lèvres je m’empare de la corne craquante tandis qu’une main fraîche se pose sur le bas de mon dos.
Un frisson me parcourt la nuque alors que mes mâchoires se serrent sur les écailles croustillantes de la viennoiserie. Je fixe Marc en écarquillant les yeux pour lui signifier ma surprise. La main d’Ignés se glisse doucement en s’immisçant entre le drap et la peau de mes reins. Ses doigts fins prennent ostensiblement le chemin  de la base du pieu sur lequel je suis enfourchée. Largement écartelée, je ne peux qu’accepter l’indécente caresse. J’ai bien l’instant d’un moment l’idée de me redresser pour tenter de fermer le chemin. Pas ici,...Pas maintenant ! Un réflexe vite réprimé au regard de Mon Maître.
On ne refuse pas un don de l’hôte qui vous accueille.

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