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Les Carnets d'Emilie

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Quadra H

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8 juin 2011

Chap 7. Les liens du sang


Les rayons du soleil matinal filtrent à travers les persiennes et viennent me chatouiller les paupières. J’entrouvre les yeux et les referme aussitôt, éblouie par l’intense clarté. A tâtons je repousse le drap qui me couvre à mi-corps. Je prends une profonde inspiration pour chasser de mes poumons les derniers miasmes de la nuit. Je me redresse sur un coude mais je manque d’assurance et retombe de tout mon long sur la poitrine de Marc. J’ai mal à la tête !
Je tente de nouveau d’ouvrir les yeux. Dans la buée de mes larmes je distingue la silhouette nue allongée à la gauche de Mon Maître. Elle est couchée sur le ventre, le visage a demi posé sur son bras replié. Son autre bras disparait sous celui de Marc. Sa chevelure auburn, emmêlés comme après une course effrénée, couvre l’oreiller repoussé et tasser contre la tête du lit. Sa jambe droite est repliée au-dessus des draps dévoilant une cuisse longue et ferme. Ses reins et ses fesses impudiquement exposés reflètent la lumière chaude du matin.
Sous mon menton la poitrine de Mon Maître se soulève en un rythme régulier. Ils dorment encore profondément. J’émets un petit gémissement de douleur, une douleur vrillante me traverse le crâne, et me laisse retomber lourdement en arrière en gardant une main sur la poitrine de Marc.
Je replonge dans ce demi-sommeil bienfaisant qui souvent suit mes nuits.
Et les images de cette soirée dansent sur l’écran sombre de mes paupières.
...
- Mademoiselle Béatrice ?… Pourquoi avez vous les jambes écartées ?
- pourquoi avez vous les mains dans le dos ?
- Pourquoi êtes vous cambrée ?
- Pourquoi ?
- …
Stupéfaite j’écoute Béatrice égrener les réponses que je viens de psalmodier, il y a quelques instants.
- …Et tu aimes être ainsi offerte Béatrice ?
Comme un coup de tonnerre la réponse tombe et je comprends qu’elle ne joue plus. Qu’elle a lâché prise.
- Oui, Maître Marc… J’aime çà !
J’aurai du être scandalisée, révoltée peut être !
Il n’en a rien été ! Bien au contraire. A peine ai-je été troublée mais cela a vite laissé la place à un sentiment de fierté et de complicité avec ma sœur encore jamais égalée.
Son verre vide, Marc se lève du sofa et revient le poser sur la table. Il s’accroupit près de Béatrice.
- Et maintenant Mademoiselle … Êtes vous excitée ?… Est-ce que vous mouillez?
Du coin de l’œil je vois ma sœur baisser la tête et murmurer à voix basse comme pour n’être entendue que par Mon Maître.
- Ou… Oui, Marc !
Marc a un claquement de langue agacé.
- Pardon ?
Béatrice bafouille embarrassée
- Je… Pard… Je… Oui, Maître !
Du coin de l’œil, à la limite de mon champ visuel, Je l’aperçois me lancer un regard interrogateur. Je reste de marbre, impassible. Mais mon cœur bat à cent à l’heure.
Marc pouffe
- Eh bien …Il y a du travail !… Je vous propose de commencer immédiatement, Mademoiselle ?
Cette fois la réponse est plus assurée
- Oui, Maître !

Je ferme les yeux et souris intérieurement. Soit la bienvenue, Béatrice ! Bienvenu dans mon monde ! J’avais toujours cru en l’impossibilité de te décrire l’intense émotion que d’être ainsi dirigée, prise en main, soumise à Mon Maître. Tu as dû me prendre pour folle. Tes sourires narquois m’ont toujours dissuadé d’aller très loin dans mes pauvre tentatives d’explications.
Et voilà que ce soir tu partages de la façon la plus intime ce que mes mots ne peuvent décrire et que seul l’expérience peut faire toucher du doigt. L’indicible bonheur de servir.


Marc se relève
- Voilà qui est mieux… Restez à genoux Mademoiselle Béatrice, jusqu'à ce que je revienne vous chercher.
Il se tourne vers moi
- Mademoiselle Isabelle ?… Vous devriez me montrer mes quartiers… N’est-ce pas ?
Je mets un instant à réagir. Marc vient de me signifier que le repas est fini et je n’ai presque rien mangé.

Le Pavillon des hôtes est situé un peu en retrait du haras. Un chemin pavé et bordé de buis sombres nous y mène en sinuant entre les massifs de genets et de genévrier. Je pousse la porte et, passé le hall, nous pénétrons dans la salle centrale. Ce monumental gîte à colombages est la résidence des VIP qui passent au haras. Un ancien pigeonnier arrangé avec goût par ma mère dans le style de notre région, avec une touche de modernité qui souligne son ancrage dans notre temps.
Le détecteur de présence a mis en route les éclairages d’ambiance qui illuminent l’enchevêtrement des poutres de chêne qui nous surplombent. Une lourde table ronde de chêne doré trône au centre de la pièce parfaitement circulaire. Deux escaliers opposés de fonte noire aux balustrades de laiton doré montent en longeant les murs de pierre blanches vers les chambres. De nombreux tapis multicolores couvrent la presque totalité du sol masquant un parquet patiné par le temps. Les chaises ouvragées de cuir sont sagement alignées le long du mur en une ronde impeccable. Sur les parois, des tentures aux motifs africains éclatant réchauffent la froideur de la pierre et de la chaux. L’endroit semble plaire à Marc. Il en fait le tour à pas lent en détaillant les œuvres exposées sur des sellettes murales à intervalles réguliers. Son intérêt se porte soudain sur les tapis épais. Il en pointe un du doigt.
- Il manque une œuvre d’art ici !
Il soulève un sourcil en me lançant une œillade complice.
Je fais mine de ne pas comprendre.
- Allons Mademoiselle !… Déshabillez-vous et à genoux !
Je considère un instant le tapis un peu hagarde. Mais si Marc le veut !
- En bout de tapis… Je réserve l’autre bout à Mademoiselle Béatrice !
Le sang quitte mon visage. Je fais un pas en avant vers lui.
- Oh monsieur !… Oh non !… S’il vous...
Le froncement sévère de ses sourcils stoppe net ma protestation indignée.
Je reste la bouche ouverte de stupéfaction.
Il s’approche et s’empare de mon menton et me referme la bouche en souriant.
- Allons Isabelle… Qu’est ce qui te pose problème ?
- Mais, Mais…Monsieur.. C’est ma sœur !
J’ai mis dans ma voix toute la supplication possible.
Cela le fait rire et il hausse les épaules.
- Et alors ?
Ma tête se vide, je n’arrive plus a penser, l’émotion me submerge.
- Mais… Mais…
- Béatrice en a envie… Je le sais… Et tu le sais !
Mes jambes flageolent. Marc continu.
- Ta sœur est actuellement à genoux dans le salon… Et elle m’attend !
Il me lâche le menton et recule d’un pas. Je baisse les yeux sur le tapis, résignée.
- Oui, Monsieur !
Vaincue et à bout d’argument, je commence à me déshabiller mécaniquement, laissant tomber un à un mes vêtements sur le sol sous le regard espiègle de Mon Maître
Une fois nue, je m’agenouille docilement au bord du tapis en fixant l’autre bout comme hypnotisée. Marc s’empare de mes effets pendant que j’écarte les jambes et glisse mes mains dans le dos. Mon maître dépose mes vêtements sur une des chaises mais garde mon fin tee-shirt noir qu’il replit plusieurs fois sur lui-même pour en former un long ruban. Il se penche sur moi et entreprends de me sangler les yeux avec ce bandeau improvisé.

 

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29 mai 2011

Chap.6. Obsédé Sensuel.

Béatrice accuse le choc. Ses sourcils se lèvent en une expression de surprise Elle entrouvre la bouche pour répondre, puis se ravise. Nerveusement elle s’empare de son verre, le porte à ses lèvres avant de s’apercevoir qu’il est vide. Marc s’empare de la bouteille. Elle tend son verre à lui. En suspension au-dessus de la table le goulot et le bord du verre se rencontrent et s’entrechoquent dans un petit carillon cristallin. La main de Béatrice tremble ! Mais de quoi ? D’indignation, de frustration ou d’excitation ? Le frémissement n’échappe pas à Mon Maître. De sa main gauche il saisit le poignet de Béatrice pour stabiliser sa main. Au lieu de la rassurer cela achève de la déstabiliser. Elle baisse les yeux et détourne le regard.
Le verre remplit et Marc lui lâchant le poignet elle lance un merci d’une voix éraillée suivit d’un raclement de gorge embarrassée. Elle porte le verre à ses lèvres. Lorsqu’elle le repose, il est au trois-quarts vide.
- Tout de même Marc !…Il m’en faut un peu plus !
Elle retrouve son calme et contre-attaque même en continuant.
- Vous pensez donc que la domination n’est que sexuelle ?…
- Non, Béatrice ! Elle n’est que sensuelle… Et vous le savez bien, si vous lisez votre sœur plus qu’au premier degré… Ce que je crois. Sinon il y a longtemps que vous l’auriez dissuader d’entretenir une relation aussi destructrice.
Il me pointe du doigt.
- D’ailleurs, ce que vous voyez là est-il sexuel ? Dites-moi donc où ?
Béatrice me regarde, instinctivement je rectifie ma position qui s’était quelque peut avachie. Elle réfléchit un instant et hausse les épaules.
- La position en elle-même est suffisamment parlante. Non ?.
- Parce que vous savez ce qu’elle veut dire ! Ou bien elle fait appelle à des pulsions et des désirs cachés au fond de vous ?
Béatrice balance la tête d’indécision. Elle ne sait que répondre. Elle ne peut le nier, puisque c’est elle-même qui vient de suggérer l’aura érotique qui émane de ma position. Et elle ne veut certainement pas consentir pour ne pas laisser prise à Marc sur elle.
Elle est acculée et Marc le sait. Il la laisse un instant dans son incertitude.
Puis continue
- Mais Isabelle peut nous aider à résoudre cette controverse mieux que quiconque !
Il se tourne vers moi.
- Mademoiselle?… Pourquoi avez vous les jambes écartées ?
Et voilà ! Çà continue ! L’humiliation ne cessera donc pas ? Je prends une profonde inspiration et lâche d’une traite ce qui maintenant est connue par cœur
- Parce que je suis à votre disposition et mon ventre doit toujours vous être accessible.
- Et pourquoi avez vous les mains dans le dos ?
- Ma poitrine offerte est le témoin de votre domination et de mon plaisir à vous servir, Monsieur!
- Pourquoi êtes vous cambrée ?
- Parce que mes reins vous sont proposés selon votre bon vouloir et vos exigences.
- Et pourquoi avez vous les lèvres entrouvertes ?
- Pour… Pour que vous puissiez utiliser ma bouche suivant vos désirs et votre volonté, Monsieur.
Mes joues s’enflamment de plus en plus au fur et à mesure que je réponds doctement au questions de mon Maître.
- Et tu aimes être ainsi offerte Isabelle ?
- Oui Monsieur !
- Et si je te demande de te mettre nue, ici immédiatement… Tu le feras ?
- Je… Oui Monsieur ! Si c’est votre souhait !
- Est-ce que cette idée te fait mouiller ?
Mes pommettes me brûlent. La soirée prend une drôle de tournure et je dois m’avouer que l’excitation monte passablement.
-… Oui Monsieur !
Marc se tourne à nouveau vers Béatrice. Croise les jambes nonchalamment. Il ouvre la paume de sa main vers le haut en me désignant et en haussant les épaules dans un geste d’interrogation.
- Alors Béatrice ?
Je commence à entrevoir le jeu de Marc. Il vient subtilement de retourner sa propre question à Béatrice.
Elle se penche sur la table et se met à jouer avec son couteau. En le faisant tressauter sur la table pour se donner une contenance.
- Comme je vous disais Marc… Il m’en faut plus !
Contrarié, Marc se recule sur sa chaise et croise les bras. Il hoche plusieurs fois la tête. Comme s’il était confronté à un choix intérieur !
Et sa décision prise, se tournant vers Béatrice il lance d’une voix monocorde.
- Très bien, alors allez vous agenouiller à côté d’Isabelle !
Il n’y a pas de commandement dans sa voix. C’est une simple proposition faite sur le ton de celui qui s’attend être naturellement obéit.
Les yeux de Béatrice s’écarquillent stupéfaite par l’aplomb de Mon Maître. Elle joue encore un instant avec le couteau en fronçant les sourcils. Cette fois ci, elle est confrontée à une tempête intérieure qui assombrie sont visage. Son regard se porte sur moi, puis sur Mon Maître qui attend un sourire narquois aux lèvres. Il l’a met au défi et je sais que ma sœur n’est pas femme à s’en laisser compter.
Brusquement son visage s’éclaire. Dans un même mouvement elle se lève en repoussant violemment du pli des genoux la chaise en arrière. Abandonnant le couteau elle tape des deux mains sur la table en souriant malicieusement et lâche d’une voix enjouée
- Chiche ?
D’une vive enjambée elle se place à côté de moi, et sans hésitation s’agenouille sur le sol.
Sa réaction a été si ardente que Marc en reste un moment interdit. Il ne s’attendait certainement pas a une capitulation rapide. Il a un petit claquement de langue et secoue légèrement la tête comme s’il se disait "Trop facile" Et je sais qu’il est déçu de ne pas pouvoir avoir donné toute sa mesure à la joute oratoire dans laquelle il se délecte. Pour Marc la puissance et le plaisir commencent par le verbe.
Sans quitter sa chaise, Il se penche sur nous en s’appuyant des deux coudes sur ses genoux et observe Béatrice attentivement.
- Il vous manque quelque chose pour que vos sensations soient complètes… Mademoiselle !
Je ne peux m’empêcher de tourner la tête pour la regarder. Sa posture est pourtant la copie conforme de la mienne. Elle arbore toutefois un sourire narquois presque hautain. Elle joue.
- Isabelle Allez donc me chercher un collier !
Le collier... Bien sûr !
- Votre collier de novice, celui avec le grelot… Il lui ira très bien je pense !
- Oui Monsieur !
Je me lève rapidement. Je titube un peu, mes jambes sont engourdies d’immobilité. Je m’élance vers ma chambre. Dans une boite fermant à clé se présentent, sagement rangés, une demi-douzaine de colliers de tout sorte. Ils ont tous en commun un anneau d’acier qui marque ma soumission. Tous, sauf un, où l’anneau est remplacé par un grelot de fer. Je le prends entre mes mains. Un petit tintement métallique me rappelle à mes souvenirs. Le cuir en est patiné par les longues heures de port et l’acidité de ma sueur. Sueur froide, de peur et d’effroi, d’humiliation. Sueur brûlante d’amour, de passion, de plaisirs interdits. Il y a maintenant une partie de moi dans ce joug très particulier.
Lorsque je reviens dans la salle, Béatrice n’a pas bougé Les derniers rayons de soleil traversent la baie vitrée et viennent auréoler sa silhouette et enflammer ses cheveux roux. Je reste un instant stupéfaite. Mon dieu comme elle est belle !
Une beauté sculpturale que renforce encore sa position. Une poitrine arrogante projetée vers l’avant. Des cuisses nerveuse et musclée par les longues heures d’équitation et les travaux du haras, Elle garde naturellement la cambrure et le port de tête d’une cavalière, presque hautaine mais qui offre ainsi son cou au collier que j’apporte.
Marc me désigne Béatrice d’un geste de sa main.
Inutile de parler.
Je me glisse derrière Béatrice et me penche sur son cou. Je ceinture le collier en repoussant ses longs cheveux de bronze sur le côté. Mes mains tremblent et le contact de sa peau me fait frémir. Elle ne bronche pas. A l’horizon le soleil s’écroule derrière le bois du Faye. Ses rayons s’éteignent et la pièce s'obscurcit brutalement comme sous l’effet d’un sombre avertissement.
Je regagne ma place et m’agenouille dévotement.
Marc reste un long moment à nous observer. Même Béatrice n’ose pas rompre le silence. Nonchalamment Marc se sert un verre de vin, se lève, nous contourne, et gagne le large canapé à côté de la cheminée. Où je l’entends s’asseoir confortablement. Et de derrière nous, venu de la pénombre, nous parvient une voix douce, calme, presque bienveillante, mais ferme.
- Bien... Reprenons !… Mademoiselle Béatrice ?… Pourquoi avez vous les jambes écartées ?

22 mai 2011

Chap. 5. La règle du jeu

Et voilà ! Béatrice a gagné ! Elle a poussé Marc dans ses retranchements et pour lui il est évident qu’une manifestation de sa domination est plus parlante qu’une longue démonstration.
Dans le silence qui s’abat sur nous je m’empare de ma serviette de table. Je m’essuie les lèvres et la repose lentement à côté de mon assiette. Ma main tremble légèrement. Il me vient un bref instant l’idée de protester, de dire que ce n’est pas l’endroit, ni le moment. J’ouvre la bouche et prends toute la mesure de ce que me demande Marc. Je le supplie en pensée de revenir sur sa décision.
Mes lèvres se referment sur mes protestations
Je me lève. Mes genoux flageolent. Je me sens tout à coup vide de force. Je lance un cou d’œil rapide à Béatrice Elle est figée, un morceau de viande piqué sur sa fourchette en suspension vers sa bouche. Elle me détaille avec attention. Je peux deviner ce qu’elle se dit. Nous avons parlé longuement de ma condition avec Marc. Mais cela n’était que des paroles et des impressions échangées et tout se terminais généralement dans un éclat de rire. Mais là !
Là, elle doit réaliser qu’elle va assister à ce qu’elle n’a fait qu’entrevoir. Elle l’a recherché. Peut être involontairement, par bravade, par amusement mais je suis sure qu’inconsciemment elle l’a cherché. Elle va comprendre que Mon Maître ne recule devant rien. Et encore moins de me mettre à genoux Même devant ma sœur si nécessaire.
Je m’essuie les mains moites de sueur contre mes cuisses et me baisse. Le contact du carrelage contre mes genoux est rude et froid. J’écarte les cuisses et porte les mains dans mon dos. Mon visage est au niveau de la table. Je préfère ne pas regarder ma sœur. Je baisse la tête. Mon visage est enflammé comme jamais.
- Regarde nous Isabelle.
La voix de Marc est impérieuse.
Je relève la tête . Je me rends compte que Béatrice ne me fixe plus mais son regard va de son assiette à Marc. Ses yeux papillonnent et la légère rougeur de ses joues trahit sa confusion. Elle porte une bouchée à ses lèvres. Et semble faire des efforts considérables pour garder son naturel.
Elle tousse et lance, pour essayer de paraître sur d’elle.
- Eh bien ! heureusement que maman n’est pas là !
Elle a un petit rire nerveux.
Marc saisit la balle au bond
- Au contraire, Je suis sur qu’elle apprécierait de voir comme sa fille est obéissante !… N’est ce pas Isabelle ?
Mon dieu, mais pourquoi me prendre à témoin ? Mon humiliation n’est-elle pas suffisante ?
- Je… Je pense Monsieur !
Ma honte et ma confusion sont totales et j’ai bien l’impression que ma sœur est dans le même état. Seul Marc semble parfaitement à son aise. Je devine même qu’il jubile intérieurement. Il est sur son terrain et vient de nous y entraîner toutes deux d’une façon subtile. Je sais qu’il ne va pas lâcher la main facilement. D’autant plus que Béatrice semble fascinée par ce qui se passe devant elle. Elle baisse les yeux vers son assiette pour un attraper une bouchée. Puis sans nous regarder.
- Et… Et donc Isabelle semble y trouver du plaisir… A l’évidence… Enfin je veux dire à sa lecture en tout cas.
- Pas forcément ! Dans son cas plaisir et déplaisir sont étroitement liés.
- Et vous ?
- Cela doit toujours être partagé ! Je pense, avec d’autres, qu’il doit y avoir symbiose avec sa soumise. Par exemple, une punition n’est jamais à sens unique. Cela engage le Maître d’une façon des plus profonde.
Je me rappelle le malaise de Mon Maître lorsqu’il m’a amené au pavillon de chasse et de sa fureur lorsque je m’étais mise sous le pouvoir de Jacques dans les couloirs sombres de la maison de Kristale.
- Mais nous agissons en sorte à ce que le plaisir prédomine des deux côtés bien sur. Et je dois dire que présider au dressage d’Isabelle est un plaisir rare.
Un long silence suis. Béatrice se perd dans ses pensées tandis que Marc achève tranquillement son assiette.
Mes genoux me font mal.
Béatrice finit par rompre le silence.
- Et donc, vous emmenez Isabelle pour continuer son… Son dressage !…C’est cela ?
Elle a du mal à le dire alors que le mot dressage elle le prononce tous les jours au haras ! Marc se recule sur sa chaise en repoussant légèrement l’assiette.
- Isabelle a finit sa phase de dressage, ce n’est plus une novice...
Béatrice l’interrompt
- Il y a plusieurs stades ?
Marc croise les bras comme un professeur qui va expliquer une lesson.
- Il y a le stade du dressage de la novice pendant lesquels elle apprend tous les codes de la soumission et à s’y plier formellement. Cela se prolonge par le stade de soumise où on juge de ses capacités à obéir et se soumettre quelles que soient les demandes.
Puis, pour certaines, vient le stade d’esclave ou elle n’existe plus qu’en tant qu’objet… Et enfin celui de Kajira
Mon Maître Marque un temps d’arrêt et me regarde droit dans les yeux.
- La Kajira est la soumise ultime. Celle qui obéit et sert toutes les personnes qui la reconnaissent comme tel. Paradoxalement elle n’a plus de Maître. Elle est libre de sa soumission… On ne possède pas une Kajira, elle est naturellement à vous…. Et ainsi la boucle est bouclée !
Béatrice semble impressionnée
- Je ne pensais pas qu’il y avait un tel … Parcours!
Marc revient à elle et sourit
- Il est rare ! A ma connaissance je n’en connais qu’une qui a été au bout. Encore que!… Elle a un Maître "préféré" pour l’instant, mais je gage que bientôt elle se libérera totalement.
Je frissonne. Je sais qu’il fait allusion à Laure l’Odalisque italienne de Kristale. Et je me remémore les moments de volupté passés ensemble. Laure cultive la sensualité et la soumission au niveau d’un art.
Béatrice porte ses yeux sur moi.
J’évite son regard.
- Et c’est là, que vous emmenez ma sœur ?

- Vous n’avez pas compris Béatrice… C’est elle qui a pris ce chemin… C’est elle qui décidera. Je ne fais que l’accompagner !
Béatrice reprend une gorgée de vin puis lance tout en reposant le verre.
- Oui, elle a choisit… Mais ce qui m’étonne c’est qu’elle y prenne autant de plaisir !
- Vraiment ? Cela vous étonne ?… Vous n’avez vraiment jamais pratiqué la domination ou la soumission avec votre amant ? Ne serais ce que par jeu ?
Béatrice s’empourpre littéralement. Je sais qu’à la lecture de mes aventures elle a essayé avec son dernier petit ami.
Le visage de Béatrice prend un peu plus de couleur
- Heu ! Oui ! Mais c’était comme çà ! Pour essayer !… Mais cela n’était pas probant ! Il manquait de… conviction. Et puis c’était trop physique je crois…
Marc l’interrompt
- Vous avez raison Béatrice la maîtrise des émotions joue une large place. Je dirais qui plus est que c’est l’élément moteur du plaisir. Le dressage se doit d’être également … Disons… Cérébral !… Surtout pour une femme.
Béatrice fronce les sourcils
Marc lui sourit et continue
- Savez vous ce que nous avons fait au fond du domaine dans cette grange ?
Béatrice change de position se balançant d’une fesse sur l’autre, visiblement mal a l’aise.
- Humm ! Oui ! Je l’imagine !
Elle me jette un regard complice en souriant à demi.
- Vous l’imaginez ! Vous l’imaginez, seulement !
- En fait j’ai demandé à Isabelle de se mettre nue et à ma disposition… Pour être sûr qu'elle éprouvait du plaisir j’ai glisser deux doigts entre ses jambes et je l’ai caresser longuement.
Si la terre pouvait s’ouvrir sous moi, je crois que j’en serais soulagée. A mon tour mes joues s’enflamment. Je baisse les yeux de honte.
-… Votre sœur a une propension à mouiller avec abondance dés qu’elle est en position de soumission !
Mes yeux se révulsent sous mes paupières closes.
- …Puis, je l’ai prise. Parce que c’était mon désir ! Je l’ai prise debout contre une botte de paille. Isabelle est étroite mais elle sait s’ouvrir pour mieux accueillir un homme. Elle écarte les cuisses, se cambre et ondule de la croupe pour facilité la pénétration comme une femme d’expérience.
Je crois que je vais défaillir. Je ne l’ai jamais entendue parlé ainsi. Une honte irrépressible me submerge. Je garde les yeux fermés pour essayer de m’échapper. Mais ne peux m’empêcher de les observer au travers de mes paupières mi-closes
- Lorsque j’ai été sûr qu’Isabelle était parfaitement offerte et disponible à mes exigeances. Je lui ai donné l’ordre de s’asseoir sur une des bottes de paille et j’ai sollicité sa bouche…. Vous savez ce que cela veux dire ! Ou bien vous l’imaginez ?…Isabelle a ouvert la bouche docilement et j’ai enfoncé ma verge aussi profondément que je l’ai pu entre ses lèvres. Une autre qualité d’Isabelle est que sa bouche est un véritable enfer, douce et brûlante à la fois.
Il sourit en se servant un autre verre de vin.
Béatrice est maintenant livide. Elle a un visage de marbre comme hypnotisée par Marc. Sa bouche est entrouverte de stupéfaction. Mais je peux deviner qu’elle ne perd pas une miette du récit. Comme pour lui-même Marc continue
- Isabelle n’aime pas trop çà !…
Il repose le verre
- …Et pourtant elle m’a gardé longuement dans sa bouche avec dévotion, parce que c’est ce que je voulais et qu’elle tient parfaitement son rôle de soumise déterminée à faire plaisir à son Maître...
Il se tourne vers moi
- N’est ce pas Mademoiselle ?
J’ouvre en grand les yeux et lance un regard désespéré à Béatrice qui ne bronche pas. Je réponds à voix basse avec toute la résignation dont je suis capable pour lui faire comprendre quel point je suis outrée.
- Je… Oui, Monsieur !
Satisfait de la réponse il continue.
- j’aurai pu jouir dans sa bouche. Mais aujourd’hui. J’ai préféré l’allonger sur le dos. Je n’ai même pas eu à lui demander d’écarter les jambes. Je l’ai prise doucement avec délicatesse et j’ai enfin pris mon plaisir au fond de son ventre… Et elle m’a dit merci…. Comme le veut l’étiquette !
Je suis effondrée. En quelques phrases, il vient de décrire ce qu’il a exigé de moi à ma sœur et avec des mots les plus crus dont il sait à quel point ils m’écorchent les oreilles. Je pense avoir touché le fond lorsque Marc se tourne vers ma sœur.
- Alors Béatrice !… Est-ce que mon petit récit vous a excité ?… Est-ce que vous mouillez ?

14 mai 2011

Chap. 4. Le Maître du jeu.

J’ai encore de la paille dans les cheveux lorsque je franchis le seuil de la maison. Marc est devant moi, sa large silhouette me cache à demi des yeux de Béatrice qui nous accueille.
- Eh bien ! Vous en avez mis un temps ? Le dîner est prêt !
Amusé Marc lance
- Nous avons fait un petit… Pèlerinage !
Un Pèlerinage ! Je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel à la boutade. Il n’en loupe jamais une ! Je baisse la tête et, à petits pas comme prise en faute, sort en retrait de Mon Maître. J’évite le regard de ma sœur et m’élance dans le couloir qui mène à la salle d’eau en lançant.
- Je vous rejoins…

J’inspecte mon corps nu dans la glace. De multiples égratignures et de petites plaques rouges émaillent la blancheur de ma peau. Maudit soient ceux qui ont décrété que faire l’amour dans la paille est agréable ! Çà pique et çà démange ! La paille ! J’en ai d’accrochée jusque dans mes poils pubiens encore mouillés, emmêlés et poisseux des hommages de Mon Maître. En tirant sur les fétus pour m’en débarrasser, je repense à nos rudes retrouvailles. Maintenant je sais réellement ce qu’a éprouvé la jeune fille dans la grange et son inconfort ajouté à sa honte. Je soupir et entre sous la douche fumante.
Marc et Béatrice sont déjà attablés lorsque je pénètre dans le séjour. Des gouttes d’eau perlant de mes cheveux coulent le long de ma nuque. J’ai fait au plus vite bâclant mon essuyage. Mon jean me colle désagréablement sur les cuisses et les fesses.
Béatrice m’observe en coin avec un petit sourire complice que je le lui connais bien. Machinalement je réajuste mon collier de cuir m’assurant que l’anneau d’acier tombe parfaitement et je m’assoie.
Ma sœur a choisi de dresser la petite table ronde plutôt que l’imposante table de ferme en chêne qui trône au centre de la salle. A table nous sommes très proches presque au coude à coudes les plats nous attendent sur la desserte à droite de Béatrice
- Je nous ai mis en triangle Isabelle… C’est plus sympa !
Je note qu’effectivement nos places forment un triangle parfait. Mais la façon dont Béatrice a prononcé le mot triangle est lourd de sous-entendu. Marc sourit et porte à ses lèvres le large verre de cristal et sirote le vin qui y scintille doucement. Il repose le verre et lance railleur.
- La plus stable et la plus belle des figures !
- Et nous en formons la base cher Maître…
Mon sang se glace. " Cher Maître " ! Béatrice vient d’employer les mots qui devraient m’être réservés. Ou bien fait-elle simplement allusion à son statut d’artiste ?
- C’est comme cela que l’on dit, n’est ce pas Isabelle ?… " Cher Maître " ?
- Je… Oui, Oui !
Elle se moque gentiment mais d’une façon manifeste. Je pensais bien que la soirée allait être difficile et ambiguë, mais cela commence fort. Pourquoi est-ce que j’ai l’impression d’être une balle avec laquelle vont jouer Marc et Béatrice dans un jeu singulier ?
Un long silence suit. L’embarras et le malaise qui plane est palpable.
Brusquement Béatrice claque dans ses mains.
-Allons, allons, on se détend… Nous savons tous trois ce qu’il en est entre vous deux ! N’oublie pas que je te suis pas à pas sur ton blog… Alors pas de faux-semblants et détendons nous… N’est ce pas Marc ? Sinon ma petite Zaza va mourir de honte avant la fin du repas !
Un nouveau sourire de Marc. Sourire auquel je réponds timidement. Béatrice éclate de rire. Je lui sauterais au cou pour la remercier, elle vient de briser la glace en deux mots. Immédiatement toute la tension qui me crispait retombe et s’évanouit. D’un geste rapide je m’empare de mon verre de vin à demi rempli et remarque la bouteille. Béatrice a chapardé dans la réserve de grands crus de notre père. La chaleur d l’alcool me fait du bien. Peut être ai-je besoin de çà pour, à mon tour, participer à leur jeu. Ma sœur me regarde en faisant la moue. J’ai vidé le verre d’un trait. Je ne bois du vin que dans les grandes occasions et je viens de lui faire comprendre que cela en est une.
L’atmosphère se détend rapidement. La conversation va bon train et part à hue et à dia pour se perdre parfois dans de grands éclats de rire. J’observe Béatrice. Elle est vive, brillante et tiens tête à Marc sans aucune difficulté. J’ai même l’impression qu’elle joue de son charme pour mieux l’intéresser. Elle a noué ses longs cheveux cuivrés en un chignon impeccable qui laisse libre sa nuque fine et blanche comme de l’ivoire. Ses yeux verts pétillent malicieusement. Comme j’aimerais lui ressembler dans quelques années ! Marc ne semble pas insensible à son jeu de séduction. Et la joute oratoire se passe essentiellement en eux.
- Dite moi donc Marc Vous allez pouvoir m’éclairer comment faites-vous pour exercer autant de pouvoir sur ma petite sœur ?
- J’exerce sur Isabelle le pouvoir qu’elle veut bien me donner
- Vous voulez dire que c’est elle qui le désire
- C’est elle qui est venue à moi je n’ai fait que lui proposer une possibilité de vivre ses fantasmes
- Vous auriez pu la forcer ?
Marc ricane gentiment
- Non ! Cela n’est pas dans ma … Philosophie, et de plus cela n’aurait pas été bien loin Je peux faire bien plus et mieux avec une personne consentante qu’avec une personne contrainte. Contrairement a ce que l’on pourrait croire dans ce jeu c’est Isabelle qui fixe et accepte les règles et elle peut tout stopper en un seul mot.
Dubitative, Béatrice lance
- Ah oui ! C’est ce fameux " safe-word "…
- Oui, voyez-vous, l’existence même de ce mot prouve que c’est Isabelle qui gère sa soumission.
- Mais alors et vous ?
- Moi ! Je suis le Maître de jeu, j’invente les règles,... Elle n’a plus qu’a se reposer sur moi pour vivre ses envies. Et je fais de mon mieux pour les deviner et les réaliser.
Béatrice reste un instant sans voix. Elle semble traversé par une tempête intérieure. Elle repense certainement à toutes les expériences et les épreuves que Marc m’a fait traverser. Celles que j’ai écrites et celles que je lui ai racontées.
Elle ouvre plusieurs fois la bouche comme si elle cherchait ses mots.
- Mais… Mais vous avez été loin tout de même, c’est parfois un peu… Limite !
- Jamais plus loin que ce que désire Isabelle dans la réalisation de ses fantasmes
- Vous voulez me dire qu’Isabelle est une perverse !
Je rougis et baisse les yeux sur mon assiette. Je sens le regard de Béatrice sur mon front. Marc ne répond pas a la question qui semble plus être une affirmation qu’une question. Elle continue dans son introspection a haute voix.
- Et je me demande jusqu’où pouvez vous aller ?
- Il n’y a pas réellement de limite. C’est à ma fantaisie, à celle d’Isabelle,… Et à la votre !
Elle semble surprise par la dernière affirmation. Autant que moi d’ailleurs ! Pourquoi donc " la sienne " ?
– Vraiment ?… J’ai du mal l’imaginer !
Marc à un petit raclement de gorge. Reste un moment silencieux. Puis lance en me regardant
- Mademoiselle,… Veuillez quitter la table et vous agenouiller sur le sol !

4 mai 2011

Chap. 3. Flash-back

Malgré les années la grange n’a pas changé. A peine la futaie, qui a servi de refuge à ma curiosité de petite fille, est-elle plus touffue. Je n’y étais pas revenue depuis. Je n’en avais ni l’usage, ni l’envie. Une étrange sensation de culpabilité m’en tenait éloignée.
Je tire la grande porte de bois bardée de métal qui coulisse avec facilité, témoins du parfait entretien du bâtiment. Un rai de lumière perce la pénombre de la grange et éclaire un amoncellement de bottes de paille. Une forte senteur de foin coupé s’échappe de l’ombre. Mon cœur bat plus fort que je ne le voudrais
Marc passe devant moi et fait quelques pas à l’intérieur. Il se tourne vers moi.
- Alors ?… C’est ici ?
Je reste agrippée à la porte comme si une force voulait, contre mon gré, me précipiter à l’intérieur. Les images de la jeune fille, nue et offerte aux turpitudes de ses agresseurs me reviennent en vagues puissantes. (Cf. Origines)
- Oui… Oui, Monsieur ?
Il hoche la tête, dubitatif et inspecte le hangar. Il finit par me tendre la main.
- Allez ! Venez Mademoiselle.
Un pas maladroit, puis un deuxième. Mon cœur s’accélère
C’est fait ! De nouveau je me retrouve au beau milieu de la scène qui a embrasé mes fantasmes d’adolescentes. Je lance un regard inquiet à Marc et joins les mains devant moi.
Il avise une botte de paille à un pas de lui. Il se penche pour s’y asseoir et dans un même temps, sans même me regarder, me lance.
- Déshabillez-vous Mademoiselle !
Mon cœur loupe un battement, Machinalement mon regard se porte vers l’extérieur. Je ne peux m’empêcher d’inspecter le vieux chêne au pied duquel je me cachais pour observer à loisirs ce qui précisément est en train de m’arriver.
Le passé et le présent se télescope. Et je sais maintenant pourquoi mon Maître a souhaité ce pèlerinage.
Rassurée, je me déchausse de deux coups de talon. Mes mains glissent sur mon jean que je dégrafe rapidement. Je me contorsionne pour le faire tomber à mes pieds. Je passe rapidement mon tee-shirt par dessus la tête et laisse retomber sur mon pantalon. C’est incroyable la facilité avec laquelle je peux me retrouver nue quand Mon Maître l’exige maintenant. Il ne lui vient apparemment même pas l’idée que je puisse refuser.
J’ai un dernier petit sursaut de pudeur en rabattant mes mains devant mon ventre Cela fait plusieurs mois que je ne me suis pas retrouver ainsi, nue, devant ses yeux inquisiteurs. Un puéril sursaut de pudeur vite jugulé. Je prends la pose adéquate. J’écarte les jambes à demi, les mains dans le dos, je cambre les reins, la poitrine fièrement projetée vers l’avant. Je baisse les yeux vers le sol. La paille qui tapisse le sol me griffe les chevilles. Un souffle d’air frais venu de la porte ouverte court sur mes jambes et remonte entre mes cuisses. Je prends conscience de ma vulnérabilité. Comme le devait être la jeune fille violentée par le régisseur !
A cette idée un frisson me parcourt de la tête aux pieds.
Marc m’observe un long moment. Son regard sur ma peau est comme une longue caresse invisible. Il se relève et se rapproche de moi. Ma respiration s’accélère.
Je sursaute lorsque sa main se pose sur ma hanche et que l’autre s’empare délicatement de mon sein tendu jouant du pouce avec le téton déjà à demi érigé.
- Tu es de plus en plus belle…
Sa main quitte mon sein glisse sur mon ventre, furète un instant sur mon nombril puis descend à la rencontre du fin duvet roux qui orne maintenant le temple qui lui est dédié. Ses doigts s’immiscent entre les plis entrouverts. Je me mords les lèvres lorsque son majeur s’introduit. Je rougis intérieurement. Je ne peux plus lui cacher l’état d’excitation indescriptible qui m’étreint. Mon ventre est trempé.
- Et de plus en plus… Réactive !
Son ton est malicieux, il sait me mettre mal à l’aise en jouant de ma timidité maladive.
- Ainsi… C’est ici que tu as pris tes premières leçons !
Il ajoute comme pour lui même.
- Une autodidacte en quelque sorte !
Il continue
- Et tu y as trouvé du plaisir ?
Son index rejoint son majeur dans l’étroit passage humide
- Je… Oui Monsieur !
- Et tu aurais aimé être à la place de cette fille ?
- Je ne sais pas Monsieur !
Comment l’avouer ? Bien sur que j’aurais voulu y être ! Mais en rêve seulement. Je n’aurai pas supporté les mains du régisseur sur ma peau et son désir pervers, subir son souffle rauque s’abattre sur mes reins. C’est toute la différence entre le fantasme et la réalité.
- Allons Isabelle ! Ne me raconte pas d’histoire ! Aujourd’hui, tu y es n’est ce pas ?
Ses doigts s’enfoncent en moi un peu plus..
- Je… Oui Monsieur … Vous avez raison, j’aurais aimé être à sa place !
Ses doigts me quittent. Il se redresse et d’une voix assurée me lance.
- Alors prends là, Isabelle… Immédiatement !
Je mets un instant à comprendre ce que veut mon Maître. Je lui lance un regard interrogateur, bouche bée. Il est solidement campé sur ses jambes, les bras croisés sur la poitrine. Il attend.
Je jette un regard autour de moi. C’est là dans ce coin que la jeune fille a été prise de force de la plus humiliante des façons. L’empilement de botte de foin n’est pas tout à fait au même endroit et n’a pas la même disposition, mais c’est là qu’a eu lieu l’infamie. Mes visions s’imposent à moi d’une façon claire. Je garde les mains dans le dos et m'approche du mur de paille. Je lance un dernier regard vers la silhouette de mon Maître qui se découpe en ombre chinoise devant la porte. Je me penche vers l’avant, appuyant le haut de ma tête et mes avant-bras contre la paroi. La paille m’égratigne les poignets. J’écarte les jambes et me cintre, offrant mes fesses tendues outrageusement.
En reprenant ainsi la pose offerte par la jeune sacrifiée il y a bien des années, je ne peux m’empêcher de m’identifier à la tendre victime. Comme dans un rêve, j’entends l’homme qui s’approche derrière moi et je vois, en une étrange superposition, la jeune fille nue et offerte, debout, appuyée contre les bottes de paille et le régisseur qui lui écarte les jambes. Je frissonne lorsque les mains de Mon Maître se posent sur mes hanches. Je me mords les lèvres pour ne pas crier lorsqu’il s’introduit en moi. Je me hisse sur la pointe des pieds et je cambre les reins pour faciliter son assaut. Et je suis au comble du bonheur lorsque réalisant mon fantasme le régisseur se penche sur moi et me murmure à l’oreille d’une voix rauque. " Alors… Tu aimes çà, petite salope… "

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22 avril 2011

Chap.2. Une balade apéritive

Je reste un peu en retrait lorsque Béatrice descend les deux marches de l’entrée et s’avance vers Marc. Elle arbore un large sourire de bienvenu et arrivé à sa hauteur, l’embrasse sur les joues
- Bonjour Marc, …Vraiment contente de vous rencontrez…Enfin !
Suivent les amabilités d’usages que j’écoute d’une oreille distraite.
Un doute m’étreint et me laisse dans l’expectative. Une impression bizarre qui me laisse interdite. Tout se passe comme s’ils se connaissaient de longue date !
Béatrice se plie en quatre pour passer pour une bonne maîtresse de maison.
Elle propose des rafraîchissements et énonce ce qu’elle a préparé pour le dîner. Elle s’enquiert auprès de moi pour savoir si le pavillon des hôtes a été aéré et le ménage fait… Je n’ai à peine le temps d’en placer une. Même Marc s’amuse de sa volubilité en me jetant parfois des œillades amusées. Je finis par froncer les sourcils en la coupant net.
- Je vais faire visiter le haras à Marc !… Vous venez Marc ?
Et je m’éloigne d’un pas décidé en lui lançant un regard interrogateur.
Je prends brusquement conscience que je viens de l’appeler Marc… Deux fois de suite.
Je me fige.
- Heu… je veux dire…
Ma sœur m’observe par en dessous en inclinant la tête, elle attend quelque chose.
Je joins mes mains et pique un fard.
- Vous… Vous me suivez… Monsieur !
J’ai essayé de donner le ton le plus neutre possible au dernier mot.
Béatrice sourit en se pinçant les lèvres comme pour ne pas éclater de rire.
Je réprime une soudaine colère. Elle connaît tout de ma relation avec Marc, c’est certainement la lectrice la plus assidue de mon blog. Je viens de comprendre qu’elle a certainement décidé d’en jouer. De jouer avec mon trouble et toutes les ambiguïtés qui ne vont pas manquer d’émailler le court séjour de Marc.
Nous nous dirigeons vers le Cournil lorsque ma mère débouche en trombe des bureaux du Club-House. Elle nous a vu et s’oriente vers nous d’un pas assuré. De loin, avant même d’être à nos côtés, elle lance
- …désolée les enfants, je ne dîne pas avec vous ce soir. Je prends une douche et part de suite, on m’attend pour la vente et je suis à la bourre…
Elle s’avise de la présence de Marc à mes côtés et lui tend une main énergique.
- Bonjour Marc… Enchantée… Je vous laisse avec les filles… Elles prendront soins de vous. Isabelle tu fais visiter le haras à Marc, s’il te plaît…
- Oui, c’est ce que je…
Et sans écouter la fin de ma phrase elle repart en courant presque vers la maison.
Elle se retourne une dernière fois en lançant une main en l’air et en criant
- Vous montez Marc ?… Ha oui… C’est vrai !
Pressée, elle ne lui laisse pas le temps de répondre et le fait pour lui.
Marc reste un instant à la regarder s’éloigner visiblement impressionné par son dynamisme puis se tourne vers moi.
- Ouaho !… Elle est toujours comme çà ?
Et je hausse les épaules et lève les sourcils.
- Ben oui !
Intérieurement je suis soulagée qu’elle n’assiste pas au dîner. Et la vente des yearlings va certainement la tenir éloigné pendant une bonne partie de la semaine.
Marc interroge
- On selle des chevaux ?
- Je pensais prendre le tout-terrain, Il est tard… Demain si vous le voulez bien ?

Marc n’a rien dit lorsque j’ai pris le volant. J’ai conduit le lourd véhicule à travers les pâtures et les chemins creux des forets de la propriété en lui montrant les principales installation. Après un long détour je m’arrête sur la butte la plus élevée, cette où on domine les écuries, juste aux pieds de la carrière.
Je coupe le contact et saute du véhicule. Marc me suit. Je m’adosse à un arbre en pointant du doigt les alentours. Je lui explique alors la vie du haras, ma vie. Je lui explique que sitôt finies mes études je reviendrais ici, pour y écrire et élever des chevaux. Il m’écoute avec attention en hochant la tête et puis tout à coups je n’y tiens plus et lance à brûle-pourpoint.
- Ma sœur… Béatrice… Vous vous connaissez ?
Il met un temps a réagir surpris par le changement de ma conversation.
- Oui… En quelque sorte… Elle sait que tu es ma petite chienne dévouée, non ?.
Et voilà comment il retourne la situation, il vient de me rappeler ma condition en deux mots. Je sens mes joues s’embraser. Bien sûr qu’elle sait ! Me revient brusquement en mémoire un épisode particulièrement troublant (Cf. Le Triangle à quatre côtés). Mais je n’ai jamais su si cela n’étais pas simplement encore un de ces jeux dont Mon Maître est friand ?
A cette évocation mon visage s’empourpre.
- Oui… Elle sait… Mais ce que je veux dire … C’est que… Vous vous connaissez … Comment ?
Je suis si troublée que j’en perds mon vocabulaire. Marc s’en aperçoit et éclate de rire. Il s’approche et pose délicatement ses doigts sur ma poitrine. Je porte les mains derrière moi, le long du tronc de l’arbre pour lui signifier l’acceptation et l’encouragement à la caresse. Il titille un instant la pointe gonflée de mon sein droit à travers le coton tendu de mon tee-shirt.
Songeur comme pour lui-même il lance.
- De quoi avez vous peur, Mademoiselle ?… Seriez-vous jalouse ?
Je sens qu’il n’attend pas de réponse, mais ne peux m’empêcher.
- Ho !… Mais non… Du tout…Monsieur… Et puis Béa C’est pas son…son…
La pression des doigts s’accentue sur le mamelon durcit.
Je ne trouve plus les mots.
Marc vient à mon secours.
- … Son… Truc ? C’est cela Mademoiselle ?
- Oui… Oui monsieur !
Sachant que nous nous somme compris
- Vraiment ?
Il devient encore plus songeur
- Ce n’est pas ce qu’elle m'a dit !
Une onde glacée me parcourt le dos. Mon regard se porte vers le sien. Il sourit.
Je veux m’assurer que nous parlons de la même chose et lance étonnée.
- La… La soumission ?
Son sourire s’élargit. Il reporte son attention vers l’horizon.
- Si tu me la montrais cette grange ?
Perdue dans la confusion de mes pensées, je ne réagis pas.
- …Tu sais cette grange où tu as perdu ton innocence ?
Inutile d’insister, Marc vient de changer de conversation, y revenir serai mal reçu mais un malaise diffus m’étreint lorsque je remonte dans le Cournil.

 

13 avril 2011

Chap. 1. Protocole.

Je dévale les escaliers quatre à quatre. Sans reprendre mon souffle je traverse le hall. Du coin de l’œil je m’avise de la présence de Béatrice dans la cuisine. Et ouvre la porte d’entrée.
Je lui crie.
- Il est là !
Ma sœur lève vers moi son visage étonné et me jette un regard interrogatif. Je reprends mon souffle et surexcitée, je lance à nouveau
- Marc !… Marc !… Il est là !
Et sans attendre de réponse je me précipite à l’extérieur.
Le message est clair. L’écran de mon portable s’est illuminé sur une phrase simple.
" Je suis devant. Je t’attends " Mon cœur bat à tout rompre. Je cours sur le chemin qui longe l’arrière des stalles et qui débouche sur le côté de l’entrée principale du haras.
Je m’arrête brusquement et prends conscience de mon attitude de petite fille qui cours au devant d’une surprise longtemps attendue. Une profonde inspiration pour reprendre mon souffle. Je calme mon pas avant de tourner le coin du porche. J’essaye de reprendre un peu de dignité en me grandissant un peu et d’une démarche mesurée et digne je passe l’angle de pierre qui me cache de mon visiteur.
Il est là !
Impossible de calmer les battements de mon cœur. Je m’approche à pas comptés et je ne sais trop quelle attitude adopter.
Je vois bien qu’il m’attend. Nonchalamment à demi assis sur l’aile d’un coupé sport sombre, les jambes et les bras croisés. Je m’approche. Son regard est caché par des lunettes noires mais je peux deviner qu’au demi-sourire de ses lèvres il goûte la situation. Je connais sa facilité à lire en moi le moindre de mes gestes et de mes attitudes. Il ne peut manquer de deviner l’embarras qui m’étreint.
Il m’avait pourtant prévenu: "Je suis de passage pas très loin de chez toi, j’en profiterai pour te rendre visite…. Nous descendrons ensemble, Kristale t’attend avec impatience…" Ainsi est venu le temps de passer de nouveau sous la férule de mon Maître! L’accompagner dans le sud, et comme il me l’a annoncé retrouver l’autorité de la blonde nordique.
Mais pour l’instant, Il est là, … Chez moi ! C’est une chose que je ne pouvais concevoir, ni même imaginer.

- J’ai failli attendre !
Son ton est goguenard.
- Je … excusez-moi Monsieur… J’ai couru… Je…
Et je me rends compte qu’il est vain de continuer mes piètres explications.
J’ai envie de lui sauter au cou, mais je sais qu’il vaut mieux éviter ce type d’effusions avec Marc. Je me contente de me caler devant lui. Je lance rapidement un regard circulaire pour m’assurer que personne ne nous observe et j’écarte les jambes tout en glissant mes bras dans le dos. Je cambre les reins et, dans une totale attitude de soumission, je baisse les yeux vers le sol en lançant, d’un ton de voix le plus humble possible.
- Bonjour, Maître !… Je suis à votre service !
J’attendais ce moment avec impatience, mais je ne peux m’empêcher de rougir fortement ce qui ajoute encore à mon embarras. J’espère simplement que Marc ne va pas faire traîner le protocole en longueur. Je prie intérieurement pour que personne ne surgisse et me vois dans cette posture bizarre et provocante face à un inconnu.
D’un coup de rein Marc se décolle de la carrosserie de la voiture. Il s’approche d’un pas puis se met à tourner autour de moi. Je sais qu’il est en train d’inspecter ma posture. Je sens son regard qui court le long de mon dos et s’attarde sur mes fesses tendues et indécemment projetées par ma cambrure. D’une main il écarte mes cheveux roux ramenés en arrière en une queue de cheval, découvrant ma nuque.
- Je le vois bien… Tu as ton collier !
Il fait allusion au très discret lacet de cuir qui me ceinture le cou. Pour les initiés, un petit anneau de fer signale mon appartenance à un Maître… Mon Maître !
Il lâche mes cheveux et reviens devant moi se postant à un mètre.
- Et… Tu as un slip sous ton jean ?
La question me désarçonne un instant, comme déclaration de retrouvailles c’est plutôt direct !
- Je… Non, Monsieur ! Je vous attendais… Je... Je suis à votre disposition !
Et nous savons tout deux ce que cette simple phrase sous-entend.
Un silence qui s’éternise. Marc se délecte de mon trouble.
- Ouvre ton pantalon !
Si la terre s’ouvrait sous mes pieds, j’en aurai été soulagée.
Un froid glacial me parcourt la nuque. Je ferme les yeux un cours instant pour tenter de reprendre sur moi. Marc prend çà pour une tentative de refus. Et d’une voix calme, il précise.
-  C’est un ordre Isabelle !
- Je… Oui Monsieur… Excusez m… !
Je me pince les lèvres. Mon dieu, toujours ce réflexe de petite fille bien élevée que de vouloir demander son pardon alors qu’il a horreur de çà !
Je ne peux m’empêcher de jeter un regard par dessus mon épaule pour vérifier à nouveau que nous sommes seuls. Fébrilement, je glisse mes mains sur mon ventre à la rencontre du bouton de la ceinture, puis ceux de la braguette et les déboutonnent un à un. Le jean s’entrouvre. Docilement je tire sur mon tee-shirt pour le trousser et dévoiler ainsi au regard de mon Maître ce qu’il exige de contempler. Je m’immobilise en détournant la tête pour ne pas croiser son regard.
Dans ma tête mes émotions s’entrechoquent. Me demander çà ! Ici devant chez moi. Et si quelqu’un nous surprenait ? Nous sommes samedi et la plupart du personnel est en congé. Mais ma sœur et peux être même ma mère, qui doit s’activer à ses préparatifs de départ, pourraient passer par là ! Je vais défaillir si cela continu. Mes oreilles bourdonnent et le sang frappe à mes tempes. Mon dieu, faites qu’il fasse vite.
- C’est bien ! C’est bien ! … Parfait !
Il vient en fait de vérifier ce qui était convenu depuis quelques semaines. Je devais arrêter l’épilation de mon ventre. Et c’est un duvet aux délicats reflets roux et or qui brille au soleil de l’après-midi que mon Maître peut contempler à loisir.
- Tu peux te rhabiller !
Quel soulagement ! Visiblement cela marque la fin de cet examen et que le signal de soumission a été accepté. Je me détends et quitte la pose comme un soldat quitte le garde à vous au signal " Repos ". Je me reboutonne précipitamment tandis que Marc, sans plus me prêter attention, se dirige vers son véhicule.

Je marche sur l’allée qui mène au parking des visiteurs. Derrière moi, le véhicule me suit au pas dans un ronronnement puissant et un grésillement de pneu sur le gravier. Je sais quel spectacle j’offre, je sens le regard de Marc sur mon dos, ma croupe gainée de mon jean serré. Cela m’amuse et force le déhanchement. Cette petite facétie m’empêche de penser à la soirée qui s’annonce.
Il va falloir que je présente Marc à ma mère et ma sœur. Cette seule pensée me ramène à la réalité. D’un geste je désigne à Marc l’emplacement où se garer et attends passivement. Je regarde vers la maison. Béatrice est sortie sur le seuil pour observer le nouvel arrivant.
Elle sourit.

27 mars 2011

Chap. 4. Amours à mors.

Virginie range méthodiquement ses livres de classes dans son casier métallique. Elle n’a pas décroché un mot de la journée. Je n’ai pas osé troubler son silence. Je referme le cadenas qui clos mon rangement et attend qu’elle fasse de même. Ses gestes sont d’une extrême lenteur comme si elle cherchait à gagner du temps sur un événement inéluctable. Elle referme enfin la porte dans un soupir. Elle me sait dans l’attente et lève les yeux vers moi. Je lui souris timidement. Elle a un autre soupir étouffé et commence.
- Tu… Tu sais hier soir, je… Je n’étais pas très bien !…
Je la regarde en souriant a demi, l’invitant à continuer.
Elle lance un regard circulaire dans la pièce, nous sommes les dernières a quitter le vestiaire. Elle se rapproche d’un pas vers moi et continue à voix basse.
- Je…
Sa voix s’étrangle comme dans un sanglot refoulé.
- J’étais pas bien,… Je…
Elle n’arrive pas a en dire plus et je perçois sa gêne. Un embarras qui me gagne et qu’il faut que j’arrive à surmonter. Je viens à son secours.
- J’ai bien aimé…
les mots franchissent mes lèvres dans un souffle à peine audible et mes yeux se baissent pour éviter son regard d’émeraude. Mon cœur bas à tout rompre.
Je ne peux m’empêcher d’évoquer la sarabande infernale de sa bouche sur ma peau. Lorsqu’elle a achevé de me déshabiller en passant d’une main empressée ma nuisette par dessus ma tête et la lançant au travers de la chambre. J’ai cru mourir de bonheur lorsque ses lèvres se sont posées sur ma poitrine, juste sur l’aréole déjà gonflé d’excitation. Mes yeux se sont révulsés et mes reins se sont creusés lorsque sa langue brûlante a joué avec le téton, le suçotant maladroitement. Et je n’ai pas résisté lorsqu’elle a de nouveau tenté d’écarter mes jambes et que sa main s’est glissée entre mes cuisses à la rencontre de mon ventre inondé. A peine une crispation et un murmure d’avertissement lancé - Virginie… je suis vierge ! …- Alors, sa main s’est faite douce, rassurante, glissant le long de ma fente close. A peine en une phalange s’est-elle égarée, osant entrouvrir le rideau du brûlant orifice. Je me suis mordue les lèvres jusqu’au sang pour ne pas crier son nom dans la nuit du dortoir lorsque ses deux doigts se sont emparés délicatement de mon clitoris raidi, déclenchant une puissante vague électrisante pulsant le long de mon dos. Mes mains se sont crispées sur ses flancs, j’ai ouvert largement les jambes cette fois à la rencontre de ses caresses et plongé mon visage dans l’oreiller pour y étouffer un gémissement de jouissance tandis que mon vagin se contractait rythmiquement dans un spasme de tout mon corps.
- Moi aussi…
je relève la tête sortant de mon songe que la seule évocation a suffi pour mouiller mon ventre. Virginie me sourit. Il semble qu’en un instant tous les doutes qui l’assaillaient ont disparu. Rassérénée, comme libérée d’un poids qui lui pesait sur les épaules je la vois se redresser et ses yeux s’allumer. De nouveau elle lance un regard dans le vestiaire s’assurant que nous sommes seules. Elle s’avance d’un pas.
Nos lèvres se joignent.

Dans l’année scolaire qui suit, plusieurs fois dans l’intimité du dortoir nous nous sommes retrouvées, nues, serrées l’une contre l’autre. Nos mains explorant ces corps si semblables. Chaque lundi c’était un nouveau ravissement que de retrouver le collège et ses recoins sombres où nous dissimulions nos amours coupables. Oh ! Nous n’avons pas été bien loin. Tout cela n’était que jeux de gamines qui découvrent leurs corps et exacerbent leur sensualité. Cela n’était que baisers échangés furtivement dans le parc ou les couloirs déserts. Nous adorions nous faire peur et recherchions l’adrénaline que procurais la crainte d’être surprises. Même aujourd’hui en écrivant ces lignes, j’ai encore, à cette idée, de délicieux frissons rétrospectifs.
Pourtant je n’ai réellement découvert l’amour avec une femme qu’avec Kristale. C’est elle qui m’a enseigné jusqu’où deux femmes peuvent aller ensemble et en regard de son expérience, nos jeux juvéniles me semblent aujourd’hui bien légers.

Quant à ma virginité, je l’ai perdue ce même été. Un ami, un garçon de mon âge sans expérience, gauche. Je ne l’ai pas fait par amour, mais par curiosité. J’en attendais beaucoup. Au moins autant d’émois qu’avec Virginie, mais l’acte a été d’une banalité affligeante et je n’en ai ressenti qu’une épreuve fade sans grand intérêt au regard de ce qui m’attendaient sous la férule de mon Maître.
Lorsque j’ai parlé de ma première expérience à ma sœur et que je lui ai dit ne rien avoir ressenti et n’avoir même pas eu mal, elle a éclaté de rire.
- Oh çà ! … C’est de famille ma chérie !
Devant ma mine déconfite elle redouble ses rires.
- Hé oui, … Tu fais de l’équitation depuis l’âge de savoir marcher…
je fronce les sourcils, interrogative
- …Ce sont les étalons du haras qui t’ont dépucelée… Pas ton ignorant de gamin !
Sur ce, elle a refermé la porte de ma chambre sur ses sarcasmes et j’ai entendu ses rires décroître et disparaître alors qu’elle s’éloignait, jubilant de sa blague.

- Fin d'Ôrigine 2 -

 

13 mars 2011

Chap.3. La supplique de Virginie.

L’indécence de la caresse qu’elle sollicite sans pudeur me ramène sur terre.
Je retire ma main comme sous l’effet d’une brûlure. J’ai juste le temps de sentir le frôlement cotonneux du fin duvet et le contact humide de son entrejambes contre la paume de ma main. Je me raidis. Notre baiser cesse, ma langue s’immobilise.
Virginie ne se trouble pas pour autant. Ses lèvres lâchent ma bouche, se glissent sur ma joue et me murmure à l’oreille, comme on le ferait pour amadouer une pouliche craintive.
- Là… là ! S’il te plaît ! … J’ai envie !
Elle se saisit délicatement de mon poignet et doucement l’entraîne de nouveau entre ses cuisses.
Ma raison bascule. Après tout, nous sommes déjà allez trop loin !
Le bout de mes doigts frôle le ventre de Virginie, glisse sur une toison coupée courte et s’aplatissent sur la fente entrouverte d’excitation. Maladroitement je lisse les lèvres humides de l’index et du majeur.
Virginie soupir de bien être
- Mmoui !... Oui… Voilà… Voilà !
Je continue mécaniquement la caresse. Je me sens un peu gauche. Mes doigts s’enduisent d’une liqueur sirupeuse qui sourd du brûlant orifice. Le liquide huileux lisse la caresse et incite à s’enfoncer dans la source. Je plonge du bout des doigts entre les lèvres frémissantes Virginie soupir une nouvelle fois et me souffle d’une voix rauque un autre – Oui ! - d’encouragement à l’oreille.
Elle me prend la nuque et d’un coup de rein se colle contre moi emprisonnant mon bras entre nos deux ventres et ma main entre ses cuisses. Son bassin ondule imperceptiblement tout d’abord puis de plus en plus amplement.
Elle soupir.
- Oh oui ! Isabelle ! Oui ! …
La demande est pressante et suppliante. Le plaisir de Virginie monte par vagues puissantes et j’ai maintenant le désir intense d’y participer. D’un seul coup je force la tendre porte de mes doigts tendus ; la progression est facile le conduit est étroit mais généreusement lubrifié. Mes deux doigts s’enfoncent sans à coups entre les parois satinées et les écartent délicatement. Je pousse ma caresse au plus profond et mon pouce fini par s’écraser sur le bouton turgescent gonflé de désirs. Le contact déclenche chez Virginie un brusque sursaut de tout son corps accompagné d’un - Oh ! - de ravissement. Les ondulations de ses reins deviennent plus rapides, plus puissant. Son souffle s’accélère et son haleine brûlante court sur mon cou. Entre mes doigts coule maintenant un liquide épais et je sens les parois de son vagin qui se contractent au rythme de ses hanches autour de mes doigts les emprisonnant comme dans un gant de cuir mouillé trop étroit.
La montée de sa jouissance est si rapide et violente que je suis prise d’un sentiment d’étonnement et de frayeur. Les petits gémissements que pousse maintenant Virginie me semblent éclater dans la nuit silencieuse comme des hurlements. La peur que la surveillante nous entende et nous surprenne me gagne. Je tente de retirer mes doigts du ventre de Virginie mais sa main bloque mon mouvement et la plaque contre son ventre. Elle halète !
- Non, Non,… Continue Isabelle… N’aie pas peur… Je ne suis plus vierge !
Elle se méprend sur mes intentions. Virginie croit que je veux la ménager alors que je ne désire qu’une chose. Qu’elle fasse moins de bruit !
Je n’ai plus qu’une solution ! Je me redresse et ma main entre ses cuisses, mes doigts profondément enfoncés en elle, je la bâillonne de ma bouche.
Et c’est un - Oh oui, mon amour !- étouffé que je reçois entre mes lèvres.

25 février 2011

Chap. 2 Territoires Brûlants

Mon esprit tourne à cent à l’heure. Nous sommes camarades de classe depuis deux ans et nous nous entendons très bien. J’ai toujours pris ses gestes de tendresse comme de l’amitié. J’aime bien l’attention qu’elle porte à mes cheveux roux et son habitude d’y passer la main. Et les sourires appuyés qu’elle me lance si régulièrement ne sont pour moi qu’une preuve de son amitié. Je n’y avais pas vu l’admiration et encore moins l’amour, cela ne mettait pas apparu un seul instant. Le baiser plus qu’appuyé de ce soir me tombe dessus comme une révélation.
La main de Virginie se pose délicatement sur ma joue tandis quel couvre mon cou de baisers brûlants. Je glisse une main dans ses cheveux de miel sombre. Elle sent le musc, d’une suavité épicée à peine couverte par le léger parfum de savonnette de la toilette du soir. De ma joue sa main glisse vers ma poitrine, lentement, comme si elle demandait la permission avant de s’aventurer sur le territoire de mon corps tendu. Elle se glisse sous ma nuisette et vient frôler délicatement la pointe de mon sein gauche. La peau de mes tempes se hérisse et un frisson me parcourt le dos. Je me mords les lèvres, mais ne peux empêcher la pointe de mes seins de se tendre instantanément tandis qu’un crépitement électrique naît du contact des doigts de Virginie sur l’aréole émoustillée.
Dans le silence de la nuit froide ses doigts s’attardent en une longue et indécente caresse qui me coupe le souffle. Cette caresse je me la suis déjà prodiguée dans mes nuits câlines. Seule avec mes fantasmes. De sentir la main d’une autre s’attarder sur ma peau me donne envie de hurler de bonheur. Quelle sensation éblouissante, renversante. Sous mes paupières closes mes yeux se révulsent tandis que mon ventre s’électrise. Je ne peux m’empêcher de gémir et de tenter d’étouffer mon gémissement en embrassant à pleine bouche le front de Virginie. Nos lèvres se cherchent et se trouvent et de nouveau nos langues se mêlent en une sarabande effrénée. Un baiser sans retenue cette fois, presque glouton. Je ne résiste pas lorsque les mains de Virginie quittant ma poitrine s’emparent de ma chemise de nuit prés du genou et tirant dessus me la trousse jusqu’à la taille découvrant mes cuisses et mon ventre brûlants. Fébrilement elle me caresse la hanche et ses doigts se glissent sous l’élastique de ma petite culotte de coton blanc. Ses doigts fureteurs cherchent à gagner le four incandescent de mon entrejambes. Instinctivement mes cuisses se serrent et mes genoux s’entrechoquent verrouillant mes jambes. Virginie a compris mon sursaut de pudeur et ses gestes se font moins pressants. Elle interrompt son exploration et caresse nonchalamment, du bout des doigts, l’orée du buisson roux qui cache la fleur frémissante. La présence de ses doigts qui jouent sur ma peau aussi près de mon intimité déchaîne en moi une vibration de plaisir ; Un feu intense gagne mon ventre et irradie dans tous mes membres. Un frémissement court le long de ma peau
Virginie a senti la vibration qui trahit mon émoi.
Nos lèvres se séparent. Elle se soulève sur un coude et me regarde en souriant. Dans la pénombre, je lui rends son sourire. Enhardie, d’un geste rapide elle rejette les couvertures et, tout en s’asseyant au milieu du lit, trousse sa chemise de nuit par dessus sa tête pour s’en débarrasser rapidement.
Sous la clarté de la lune, dans l’air froid, elle se découvre entièrement. Elle est totalement nue. Elle ne porte pas de sous-vêtements Je détourne les yeux, mais attirée comme un aimant, malgré ma pudeur, je reviens à ma contemplation.
Virginie est une jolie jeune fille au corps élancé. De longs cheveux bruns aux reflets ambrés encadre un visage ovale rehaussé d’un regard vert profond, mutin Un nez droit, altier, qui surplombe une bouche pulpeuse à la moue boudeuse qui lui donne un air affecté presque dédaigneux. Une fausse attitude contrariée par des lèvres toujours entrouvertes qui appellent au baiser.
Dans le rayon de lune, lorsqu’elle lève les bras pour se débarrasser, je peux rapidement entr’apercevoir les pointes dressées de ses deux petits seins. Deux pommes accrochées hautes et fières. De la fierté et de l’arrogance de ses quinze ans Elle se trémousse, ses cheveux retombent sur ses épaules et elle replonge dans le lit à côté de moi, rejetant les draps au-dessus de nos têtes. Je ne sens plus le froid et les couvertures restent au pied du lit. Le drap ne sert qu’a nous cacher, à ménager notre pudeur.
Elle se serre contre moi et cherche ma bouche. Je suis trop troublée pour résister et de la sentir entièrement nue, sa peau contre ma peau me plonge dans un ravissement extatique. Le baiser se fait plus profond. Dans le froissement des draps tendus, elle lance sa jambe repliée sur ma hanche et à tâtons s’empare de ma main qu’elle glisse entre ses cuisses ouvertes.

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