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Les Carnets d'Emilie

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23 novembre 2013

Le Maître des Lieux.

Nous déambulons dans les couloirs de la vaste demeure, tout en devisant joyeusement, nos pérégrinations nous conduisent insensiblement au 3éme étage. Les couloirs sont déserts et notre conversation s’éteint peu à peu. Nos retrouvailles nous réjouissent. Stéphanie, la fille fontaine, est radieuse elle me prend souvent par la taille comme si nous devions ne plus jamais être séparées. Lorelei nous suit discrètement de sa démarche étonnante, elle a certainement du mal a suivre nos conversations sans queue ni tête entrecoupée d’éclats de rire, mais elle sourit à ma joie. Je lance une œillade amusée à Sophie et Anne à la peau et au parfum de cannelle. Nous rions à l’idée que nous pouvons croiser à tout moment le groupe des soumis… Que se passerait-il alors ? … Nouveaux éclats de rire !
Nos Maîtres et Maîtresses respectifs sont certainement réunis en ce moment, nous laissant quartier libre. Et nous louons ensemble cette Assemblée qui nous à permis de toutes nous retrouver. Seule Laure manque à l’appel, mais je sais que je vais bientôt revoir la belle et fier Kajira.
Nous sommes toutes habillées de la même courte nuisette de satin blanc tenue par un large ruban du même tissu servant de ceinture et de ballerines assorties. Toutes, sauf Lorelei qui est, elle, entièrement nue. Marc l’a ordonné ainsi. Elle porte un simple collier de cuir blanc ou pend un grelot d’argent qui marque sa condition.
Sa condition ! Cette pensée me trouble et je ne peux m’empêcher de me retourner vers elle sans m’arrêter de marcher à reculons. Lorelei le cadeau de Kristale à Marc. Enfin, le cadeau ! Disons plutôt le prix de ma souffrance et de mon ultime humiliation lors de ce pari fou. Lorelei, la soumise de Mon Maître… Mais aussi la mienne ! Lorsque Marc la mise à genoux face à moi avec un sourire amusé. "Te voici Maîtresse de deuxième rang ",  M’a-t-il lancé, "Fait qu’elle soit fière de toi ! "
… Une nouvelle expérience !
Je contemple sa silhouette serpentine de déesse nordique qui s’avance dans le couloir avec sa démarche si particulière. Comme si elle marchait sur du verre pillé ! Ce qui sublime encore le galbe sensuel de son corps à la peau fine et sucrée. Elle me sourit, ses yeux de glace bleue s’allument lorsqu’elle croise mon regard puis se baissent en une mimique de dévotion contenue.
Une brusque bouffée de jalousie et de fierté mêlée me submerge.
Elle est si belle ! Si docile!

Je vais pour me retourner et suivre le sens de la marche lorsque tout le groupe se fige soudainement, les yeux rivés par-dessus mon épaule. Sans se concerter, en un éclair, elles prennent toutes la posture de dévotion ; Les mains dans le dos les jambes à demi écartées. Elles baissent le regard et le fixe au sol à un mètre devant elles.
Je me retourne vivement ! Alors que je sais pertinemment que j’aurais dû, dans un réflexe conditionné, prendre la même posture, sans réfléchir. Mais la curiosité est la plus forte.
L’homme a surgi d’un détour du couloir. Il me fait face. Une silhouette impressionnante que souligne un costume anthracite parfaitement cintré. Il m’observe en fronçant les sourcils et ses yeux gris acier me transpercent littéralement. Son visage à la mâchoire anguleuse et au cheveux poivre et sel coupé en brosse dégage une autorité naturelle. Je ne sais pas pourquoi mais il me fait immédiatement penser à un directeur d’école intransigeant.
Surprise, je fais un pas en arrière et tente une explication en bafouillant.
- Excus.. Je… Je…
Ses sourcils se froncent et ses yeux virent au noir.
Je me ravise aussitôt et prends la position de mes camarades alors qu’une bouffée de chaleur m’irradie le visage.
- Qui êtes-vous ?
Sa voix claque comme un coup de fouet.
-  Isa… Mademoiselle Isabelle… Monsieur.
- Isabelle, comment ?
Je marque un temps de réflexion. Il n’est pas coutume de demander le nom de famille dans le cercle. Mais je sens qu’il faut que je m’exécute.
- Isabelle Madigan,… Monsieur.
Un silence.
- Ha !… C’est donc Vous !
Il tourne les talons et sans me regarder me lance.
- Suivez-moi !
Il ne faut que quelques pas pour qu’il ouvre une des portes du couloir et pénètre dans une pièce sombre. Le cœur battant, je vais pour en franchir le seuil à sa suite et je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil à mes sœurs de joug. Elles sont toujours figées comme une volée de papillons que l’on aurait épinglés au hasard dans le couloir. Elles n’oseront pas bouger tant que la porte ne se sera pas refermée sur moi.
Je fais un pas.
Les rideaux de la pièce sont à demi tirés, il y règne une douce pénombre mais je peux y distinguer des rangés de livre sur les murs et un imposant bureau de bois précieux. Après avoir refermé la porte derrière moi l’homme s’en approche et allume la lampe de bureau. Un cercle de lumière orangée éclaire des chemises de documents et des livres parfaitement rangés et empilés autour d’un sous-main de cuir rouge. C’est un bureau de travail et je comprends brusquement que j’ai affaire au Maître des lieux qui, cette année, accueil l’Assemblée.
- Enlevez vos ballerines, dénouez votre ceinture et approchez Mademoiselle !
Le ton est aussi autoritaire que sa stature. Je m’exécute. D’un mouvement rapide j’ôte facilement mes deux chaussons. Ma nuisette s’entrouvre lorsque la ceinture de satin tombe au sol, découvrant mon ventre nu fraîchement épilé. La tête baissée, je me dirige pieds nus sur le parquet de bois ciré vers l’endroit indiqué, devant le bureau. J’ai l’impression de revenir quelques année en arrière lorsque je devais me présenter au directeur du collège pour justifier quelques incartades. Sauf qu’ici je prends la pose de soumission sans qu’on aille à me la demander !.
-  Penchez-vous sur le bureau s’il vous plaît !
Mon cœur s’accélère, je vais me retrouver dans une position des plus indécentes si je m’exécute. Mais que faire d’autre ?
Je me penche en avant. Mes avant-bras s’appuie sur la table d’acajou et mes mains s’étalent sur le sous main de cuir. Je laisse tomber ma tête entre les bras et mes cheveux roux retombent autour de mon visage. Mes reins se cambrent.
L’homme se place derrière moi. Deux mains glacées se posent sur mes cuisses et remontent en un lent mouvement la nuisette de satin sur mes reins découvrant à ses yeux la rondeur offerte de mes fesses. Il repousse encore le tissu jusque sur mon dos par-dessus ma taille et ses mains sans emparent.
Je ferme les yeux, ma respiration se bloque. Je sais à quel assaut je suis ainsi exposée et je dois me faire à la raison que je ne peux le refuser au Maître des lieux.
-  Je connais votre père vous savez !
Je manque défaillir. Un froid intense me parcourt le dos augmentant encore la chaleur des mains qui caressent ma croupe en un ballet qui s’approche insensiblement de mon entrejambes. Ses doigts finissent par en frôler les lèvres sensibles.
- Ecartez un peu plus les jambes s'il vous plaît, Mademoiselle !
Je retiens un souffle de protestation mais encore une fois comme un automate je m’exécute facilitant le passage aux doigts fureteurs.
-  Enfin presque… Nous avons des chevaux en communs, je crois…
Forçant le passage et écartant doucement les lèvres de ma vulve un doigt s’enfonce à demi dans mon vagin. Je rougis à l’idée qu’il va lui être facile de constater la réaction humide de mon ventre a son intrusion.
- C’est un passionné et ses pouliches sont de qualité…
Exactement ce que Mon Maître Marc aurait pu dire.
Un deuxième doigt rejoint le premier et ensembles s’enfoncent un peux plus profondément dans la fournaise suintante, me yeux se révulsent et je me mords les lèvres pour ne pas gémir lorsque son pouce s’applique avec insistance  sur mon anus et en masse obstinément la rosette pour en assouplir l’ouverture.
Je ne sais pas ce qui me met le plus mal à l’aise la caresse obscène de cet inconnu ou son allusion malsaine à mon père.
La caresse se prolonge un long moment en silence et mon ventre s’inonde sans vergogne tandis que le va et vient des doigts de l’homme fait naître une chaleur irradiante au fond de mon ventre. Ma respiration ‘s’accélère et je retiens un gémissement tandis que je relâche la tension de mes muscles des bras et que mon front vient cogner contre le cuir du sous main. Je signifie ainsi à l’homme mon total renoncement et disponibilité à son désir.
Il ne semble pourtant pas décidé à y faire écho. La caresse cesse brutalement. Ses doigts se retirent d’un coup. Il caresse encore un moment mes fesses tendues vers lui puis, se détournant, contourne le bureau pour s’installer confortablement dans le fauteuil directorial face à moi.
N’étant plus sollicitée, je me redresse sur mes bras mais garde la position qu’il m’a ordonnée de prendre. Je n’ose pas lever le visage vers lui.
- Nous avons un problème avec vous !
Interloquée, je relève la tête et prends une expression d’interrogation. Il m’avait pourtant semblé être d’une parfaite disponibilité!
Où ai-je failli ?
Je le regarde en sourcillant. Je sais que j’enfreins la règle en soutenant son regard mais le ton qu’il a employé m’a fait comprendre que j’en avais l’autorisation. Ses yeux d’acier me transpercent littéralement.
- J’ai lu vos écrits…
Il porte à son nez les doigts qui m’ont pénétré et les passe sous ses narines pour en humer le parfum.
- Je ne peux que vous louer… Ils sont d’une indéniable qualité…Mais par contre, ils me semblent quelque peu… Disons trop, … Descriptifs !
Mais où veut-il en venir ? Comment faire autrement pour décrire le chemin de soumission que me fait suivre Mon Maître ?
Je n’ose pas poser la question mais il devine à mon air incrédule que je ne comprends pas ses propos.
- Ce que je veux dire c’est qu’il y a des personnes dans cette maison, ce soir, qui n'ont pas envie de se voir décrits dans vos récits…
- … J’imagine que vous allez finir par relater cette Assemblée ?
Il y a un moment de silence et je comprends que j’ai la permission de parler.
- Je… Oui Monsieur ! Comme Mon Maître me l’a demandé !
Encore un long silence.
- C’est justement ce à quoi je vais m’opposer durant le prochain Concile de l’Assemblée. Et je ne serai pas le seul…
Ses doigts quittent son visage et viennent se poser sur le bureau en face des miennes.
- Comprenez-moi bien Mademoiselle, ce n’est pas contre vous ou vos écrits que j’agis ainsi. Mais pour le bien de tous. De tous les membres de cette Assemblée. Vous compris.
Je n’ose pas protester. Marc m’avait prévenue que cela arriverai un jour.
- Cette Assemblée n’est pas faite pour être étalée au grand jour. La plupart des membres sont d’une parfaite discrétion et n’étale pas leur vie secrète au vu de tous. Et encore moins comme vous le faite sur Internet. Après les avoir croisé et jugé de leurs statuts, vous pouvez comprendre… J’imagine !
Je suis sur le point de lui expliquer que je prends toutes les précautions nécessaires que jamais je ne cite de nom, que sous forme de pseudonymes. Je veux défendre mon récit, mon œuvre et celle de Mon Maître.
Je vais pour me lancer lorsque la porte du bureau s’ouvre et se referme rapidement derrière moi.
Des pas s’approchent de moi. Je suis pétrifiée, je me suis, in extremis, empêchée de me redresser vivement ; Comme prise en faute !
L’intrus me contourne et se place à côté du Maître des Lieux. Je lève les yeux vers lui et le suis du regard. Il est jeune, à peine plus âgé que moi, il porte avec élégance un costume noir de même coupe que celui de mon hôte. Il dépose sur le bureau a quelques centimètre de mes mains, une chemise de carton.
- Les résultats Xavier !
Xavier s’empare de la chemise et l’ouvre posément commençant sa lecture. Par dessus ses épaules, celui qui semble être son collaborateur, me lance une œillade en souriant. Je rougis fortement. J’imagine ce que représente à ses yeux moqueurs cette jeune fille à demi nue, offerte, les jambes écartées, penchée sur le bureau de son patron. Je détourne les yeux pour cacher mon inconfort. Xavier lui ne m’oublie pas et sans même lever les yeux du dossier dans lequel il est plongé, il me lance.
- Vous voyez ce fauteuil près de la fenêtre Mademoiselle ?
Je me tourne vers l’endroit indiqué. J’avise un large fauteuil de style, au bois sculpté et doré, au coussin de brocard de velours qui trône à gauche de la fenêtre. Je vais pour confirmer mais il ne m’en laisse pas le temps.
- Enlevez votre nuisette et allez donc vous y agenouiller… Caressez vous… Et avec sincérité s’il vous plaît Mademoiselle !… Je veux vous entendre jouir !
Je retiens avec peine mes jambes qui se dérobent sous moi. Une nouvelle flambée de chaleur me monte au visage. Je crois que je vais défaillir lorsque je me redresse mécaniquement. Comme un automate je gagne le fauteuil et durant tout ce chemin qui me semble durer une éternité j’envisage toutes les possibilités de refuser ce qui vient de m’être demandé !
Mais j’ai l’impression que mon esprit s’échappe de mon corps et ne le contrôle plus. Je me rends contre alors de la puissance et l’aboutissement du dressage de Mon Maître. Bien sûr que je ne peux pas refuser ! Ce serait lui faire une injure terrible. Cette idée me rassérène et je me redresse un peu, plus sûre de moi.
Je sens le regard des deux hommes sur mes reins lorsque la nuisette glisse au sol.
Lentement je m’agenouille vers eux sur le fauteuil prenant appui sur les accoudoirs, mes fesses se calent sur le dossier. Le coussin est chaud et moelleux, j’y suis bien. En un réflexe je mouille mon majeur et mon index d’un rapide coup de langue et les glisse entre mes cuisses à la rencontre de mon ventre outrageusement ouvert et déjà humide. En un dernier geste de pudeur ma main gauche barre ma poitrine pour venir caresser le mamelon de mon sein droit qui se durcit. Je relève timidement la tête vers les deux hommes, mais ils ne me regardent déjà plus, plongés dans le dossier qui s’étale maintenant sur le bureau.
Mon index se fraye un passage vers mon clitoris qui s’électrise à son contact.
Je ferme les yeux.

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29 septembre 2013

Chap. 24. Soeurs de chaîne.

Je n’ai pas sommeil.
C’est fou comme le temps passe lentement lorsque l'on est seule. Je me suis allongée sur le bas flanc et contemple le plafond. Une lanterne de sécurité y est incrustée et diffuse sa pâle lueur jaunâtre de lampe au sodium. Je suis nue et je n’ai pas froid, pourtant je suis bien sous terre, dans un cachot ! Presque un tombeau.
J’essaye de détourner mes pensées de la scène qui doit se passer plus haut, dans la grande salle. Les premiers pas de cette femme, Sophie. Je me sens frustrée que Marc m’ait abandonnée ici. Mes yeux parcourent les joints de mortier et les suivent comme le ferai une souris dans un labyrinthe. Il n’y a pas longtemps que cette cellule à été refaite, d’ailleurs même les portes me semblent bien trop neuves pour être d’époque. Il faudra du temps et de nombreuses captives pour qu’elles acquièrent la patine de leurs usages. La pensée saugrenue de laisser une marque de mon passage me vient. L’idée de graver mon prénom sur ces parois si propres me fait sourire… Et puis cela m’occupera pendant que Mon Maître officie. Je me redresse sur ma couche et avise le cadenas laissé ouvert en attente de sa chaîne. Cela fera bien l’affaire!
Je m’en empare et commence à graver les premières lettres avec un des angles du verrou… I…S…A…

- Pss… Psst ?
Mon geste s’interrompt et reste en suspend. L’appel vient du couloir et il se répète, plus pressant. Je me lève vivement et m’approche du judas. Je cherche à deviner d’où vient le chuchotement.
- je suis là! La deuxième porte en face, … A ta droite !
Je me tords le cou et distingue à peine deux yeux rieurs qui m’observent aussi.
- Oui là… c’est comment ton nom ?
- Isabelle !
- Moi c’est Estelle 47 !
47 ? Qu’elle drôle d’idée d’accoler un numéro à son prénom !
- 47 ?
Un éclat de rire.
- Oui, une lubie de mon mar… Maître. Pour me rappeler que… Enfin, j’te raconterai çà... Tu es là pourquoi ?
Exactement la question que poserai un détenu a un nouvel arrivant !
Je souris. En fait oui, pourquoi Marc m’a-t-il abandonnée ?
- Mon Maître est là-haut… Je dois attendre là, je suppose !
- Ah ?… Moi je suis ici en vacance.
Je manque d’éclater de rire. Je me retiens mais l’amusement doit se percevoir dans ma voix
- En vacance ?
- Oui... Mon mar... Maître m’a laissée là après la soirée de ce week-end…Tu n'y étais pas ?... Nous sommes trois à être restés. Il y a moi, la novice dont tu as la place et qui doit amuser ton Maître là-haut - Je frissonne de jalousie à cette évocation - Et une que je ne connais pas ! Dans une cellule au bout du couloir !
Les images du vestiaire et de ses trois placards verrouillés me reviennent. Oui, c’est bien cela, trois !
Instinctivement, je cherche dans la pénombre à distinguer la porte. Mais peine perdue. Estelle hèle plusieurs fois et finit même par émettre un coup de sifflet trident qui font résonner les couloirs.
- Hé Ho ! Il y a quelqu’un ?
Je tends l’oreille. Une petite voix nous parvient faiblement, assourdie et incompréhensible, mais cela nous confirme la présence d’une autre sœur de geôle.
Estelle renonce, elle semble vraiment sûre d’elle, comme si elle connaissait déjà les lieux. Elle me lance sur un ton désinvolte.
- Trop loin... Tant pis !… Allez Isabelle raconte-moi un peu…comment tu es arrivée là ?

Nous avons échangé longuement, jusqu'à ce que la lassitude s’empare de nous. Estelle m’a confirmé connaître cet endroit, par contre elle ne m'a rien dit sur le mystérieux numéro accolé a son prénom. La conversation s’est éteinte d’elle-même. J’ai regagné ma couche rustique, je n’ai pas terminé de graver mon prénom dans la pierre et j’ai fini par m’assoupir dans un sommeil léger et agité où l’image de Sophie, nue, à genoux face à ses Maîtres, et surtout face au mien, danse devant mes yeux.
Un cri strident me tire de la torpeur profonde dans laquelle j’ai fini par tomber.
Ensommeillée, je crois à une illusion lorsque de nouveau un cri aigu retenti dans le couloir.

 

11 septembre 2013

Chap. 23. Recluse.

Le couloir est éclairé de la même façon que la chapelle, des flambeaux électriques à la lumière blafarde. Notre petit groupe atteint rapidement une série de portes qui se font face le long des deux murs. Des portes qui ressemblent à la porte d’entrée du couloir, aussi petite mais percée d’un orifice central à hauteur des yeux, un judas. Je comprends que ce sont des portes de cellule, j’essaye de les compter mais dans une savante mise en scène le fond du couloir est plongé dans l’obscurité totale et je renonce à mon décompte.
Notre hôte s’arrête face à l’une d’elle. Lance un regard complice a Marc tout en désignant le petit judas. Il nous renseigne d’une voix moqueuse.
-  Une de nos invités de passage... Nous lui avons réservé notre plus belle chambre !
Marc s’approche du judas et à un hochement de tête entendu. Je me tends sur la pointe des pieds et cherche à percer le mystère de cette cellule. Ignés me tire sur la main. Me faisant comprendre qu’il faut que je reste à ma place. Je retombe sur mes talons. Notre hôte s’est aperçu de mon mouvement.
-  Mademoiselle Isabelle est une curieuse ?
Il s’approche de moi, me saisit par les épaules et me tire jusqu'à la porte. Je lâche la main d’Ignés. Mon regard plonge dans la petite ouverture.
Il s’agit bien d’une cellule et j’imagine que les autres doivent être identiques. Elle est spacieuse en regard du couloir, mais elle paraît écrasée par les imposants moellons de pierre qui l’enserrent. Une lumière chiche orangé sourd du plafond, mais je ne peux en voir la source. Deux bas flancs de bois ciré couvert d’un fin matelas de toile grossière.
Et sur l’un d’eux une forme recroquevillée.
Une jeune femme, nue, assise en chien de fusil sur la banquette. Elle lève la tête vers moi. Un regard clair plein d’interrogations. Des cheveux bruns aux reflets mordorés coupés court encadrent un visage ou se lisent l’inquiétude et l’espoir mêlé. Elle esquisse un sourire timide et se redresse en pivotant comme pour se relever, mais elle ne le peut pas. Ses chevilles et ses poignets sont entravés de plusieurs tours d’une corde de chanvre et son cou délicat est enserré dans un large collier de fer qui est lui-même relié par une lourde chaîne à un anneau solidement fiché dans un des moellons du mur.
Je n’ai pas le temps d’en voir plus. Notre hôte me repousse doucement sur le côté et entreprends de déverrouiller la porte. Un simple gros loquet qui coulisse avec un bruit sec. La porte s’entrouvre et les deux hommes pénètrent à l’intérieur de la cellule. Elle n’est pas suffisamment grande pour tous nous accueillir aussi je reste avec Ignès sur le pas de la porte.
- Debout Mademoiselle !
Maladroitement, malgré ses entraves, la jeune femme tente de se redresser. Elle titube un peu, finit par retrouver un équilibre précaire et lève son visage vers nous. Je sourcille. Ne devrait-elle pas le baisser justement comme le veut l’étiquette ? Je comprends immédiatement que c’est une novice. Ce que nous confirme notre hôte.
- Sophie nous a été laissée par son Maître… Il nous l’a confié pour son dressage jusqu'à l’Assemblée.
Le visage de Sophie s’empourpre un peu
- Nous avons mandat et tout pouvoir d’en faire une bonne petite chienne.
La rougeur de ses joues augmente et cette fois elle baisse la tête.
Notre hôte ricane.
- Elle est un peut timide… Mais çà va vite lui passer !
Il se tourne vers nous
- Ignès… Ses chevilles !
Immédiatement Ignès se faufile dans la cellule, s’agenouille aux pieds des hommes et entreprend de délivrer les chevilles de la prisonnière.
Lui se penche sur l’anneau du mur et en manipule le cadenas chiffré libérant rapidement le bout de la chaîne. Ignés se relève. Sophie est maintenant libre.
L’homme la pousse hors de la cellule. Je me recule pour lui laisser le passage.
Marc me lance alors un regard moqueur que je lui connais bien.
Il interpelle notre hôte.
- Nous n’allons pas laisser une place inoccupée !
Il se saisit de l’anneau de mon collier et me tire vers l’intérieur de la geôle.
Notre hôte fait un pas en arrière et revient vers nous sans lâcher la chaîne de sa prisonnière.
Il m’observe un instant, se mords les lèvres, contrarié.
- Tu sais Marc …Il y a la Maraude ici !
Sans un mot Mon Maître pointe du doigt la fin bracelet de cuir rouge à mon poignet. L’homme à l’air embarrassé.
- Je… Je ne sais pas si cela suffira !
Il se dandine d’un pied sur l’autre. Cela sonne comme une mise en garde et cela doit être important car il en a oublié le vouvoiement.
Puis il semble prendre sa décision
- Enfin… Si tu le veux !
J’ai à peine le temps de croiser le regard inquiet d’Ignés avant que la porte se referme sur moi.

 

30 août 2013

Chap.22. Descente.

L’homme reste longuement face à moi, un genou à terre. Ses mains parcours ma peau comme s’il voulait en saisir la réalité, se convaincre que mon corps existait réellement entre ses mains, autrement que par mes écrits et ses fantasmes.Ses yeux brûlent de fièvre. Je devine aisément que si nous étions seuls il me coucherait sur le banc sans autre forme de procès. Ses mains s’emparent de ma poitrine et ses doigts en lissent les tétons durcis avec insistance. Un peu gênée par autant de sollicitation de son mari, je lance un coup d’œil à Ignés. Elle a une moue amusée, presque de la compassion, je crois même y lire de la reconnaissance de faire ainsi le bonheur de son compagnon.
D’une secousse de la tête il finit par émerger de son rêve éveillé. Ses mains quittent ma peau et restent en suspension au-dessus d’elle un moment. Comme s’il venait de s’apercevoir qu’il venait de commettre un sacrilège ! Il se relève enfin, fait un pas en arrière sans me quitter des yeux.
Il ouvre enfin la bouche
- Je..
Sa voix s’étrangle, il se racle la gorge en se tournant vers Marc. Ignès s’amuse de son émotion et me lance un clin d’œil complice.
- Je vous propose d’aller visiter nos pensionnaires ?
Il se détourne de moi. Je souffle intérieurement. Mes épaules retombent de soulagement.
Il se dirige vers Marc et le prend par les épaules comme deux amis de longue date. Ce qu’ils semblent être d’ailleurs, et je reste toujours étonnée du vouvoiement utilisé entre eux ! Une marque de respect ?… Un code ? Je n’ai pas encore tout compris de l’univers dans lequel mon Maître me fait évoluer.
- Vous allez pouvoir nous faire une démonstration de votre savoir Marc, nous avons justement une postulante qui nous attend.
Il claque dans ses mains.
- Allons Mesdemoiselles, levez vous et suivez nous… Je vous emmène visiter les lieux !
Sans attendre de réponse les deux hommes se dirigent vers une large tenture en brocart de velours rouge qui barre une partie du mur. Ignés quitte sa banquette et viens m’aider à me déplier les jambes un peu engourdies en me donnant la main. Main qu’elle ne lâche pas lorsque nous emboîtons le pas aux deux hommes.
Je n’avais pas remarqué l’huis que dissimule à demi la tenture. D’un geste vif notre hôte la tire sur le coté et dévoile une petite porte de chêne bardée de gros clous noirs et d’une serrure imposante. Une serrure qui apparemment ne défend l’accès que dans un sens car la clé de fer est pendue au mur à sa droite.
La porte tourne sans un bruit sur des gonds parfaitement entretenus. Elle est étroite et nous ne pouvons la franchir qu’un par un et en baissant la tête. Ignés ne me lâche pas la main pour autant. Au contraire sa prise se raffermie comme pour se rassurer ou prévenir une éventuelle fuite. Les deux hommes disparaissent dans le couloir sombre que garde l’étrange porte. Ignés me tire à leur suite, non sans, avant de plonger dans l’obscurité, me lancer avant un petit sourire souligné d’un clin d’œil rassurant.

Je suis dévotement Ignès. Plus nous nous éloignons de la porte et plus la noirceur nous enveloppe, j’ai l’impression de descendre dans des catacombes. Ce que confirme le sol froid et irrégulier, légèrement en pente, sous mes pieds nus. Le passage est si étroit que de temps à autre mes épaules heurtent les murs qui semblent se resserrer sur nous. Maintenant je distingue à peine les reflets blonds de la queue de cheval de la jeune femme qui me précède. Apeurée, je jette un dernier coup d’œil en arrière vers la lueur qui sourd de la porte entrouverte et qui me semble soudain si lointaine. Je serre nerveusement la main d’ignés qui me répond d’une pression sans rompre le silence qui nous accompagne. Je comprends que ce lieu à été fait pour cela et que ce couloir sombre est destiné à oppresser, à étouffer toutes velléités de résistance. Je ne peux m’empêcher de penser à la sentence de Dante " Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance".
J’en suis là de ma réflexion lorsque nous débouchons enfin dans une petite salle éclairée par un unique flambeau électrique, une veilleuse, qui dispense une pauvre lueur rougeoyante. A peine de quoi nous distinguer ! On pourrait se croire dans une chapelle souterraine. Les voûtes qui nous surplombent et le prie-Dieu qui fait face au mur sous le flambeau renforce cette impression, ainsi que la table de pierre qui lui fait face. Sauf que des anneaux de fer bardent cet autel païen et en laissent deviner l’usage ! .
Notre hôte ne me laisse pas le temps d’observer plus là loisirs le curieux ameublement. Il poursuit son chemin en plongeant sous la voûte d’une des deux autres ouvertures du mur qui nous fait face. Un autre couloir un peu plus large.

 

12 août 2013

Chap. 21. A Bâtons rompus

Mon attention se reporte soudain vers Marc. L’espace d’un instant j'avais oublié sa présence, emportée par la vague brûlante du baiser d’Ignés. Je le fixe une fraction de seconde puis détourne le regard tandis qu’une chaleur intense empourpre mes joues. Il a assisté à la scène sans bouger, le sourire aux lèvres. Ignés a aussi remarqué la rougeur qui gagne mon visage. Elle ne dissimule pas un large sourire et se tourne vers Marc, interrogative. Mon Maître s’assoit alors sur la banquette à mi-distance de nous deux. Il croise les jambes, en portant le verre de cognac à ses lèvres.
Il s’adresse enfin à elle.
- Permission de parler Mademoiselle Ignés !
Ignés cherche un moment ses mots.
- Je... Je vous remercie Maître de nous faire enfin connaître Isabelle !
Il a un hochement de tête.
- Nous passions par là… Et comme de toutes les façons vous la verrez bientôt. Mais il est bien que cela se fasse chez vous !
- Ha ? … Vous vous rendez à l’Assemblée ?
- Oui ! Isabelle doit y être présentée.
Je retiens un froncement de sourcil. L’Assemblée? Qu’est ce donc exactement que cette Assemblée? Marc ne m’en a rien dit !
Ignés semble enjouée.
- Nous y allons aussi ! Le rendez-vous est dans deux semaines… Nous avons le temps !
Elle a un regard gourmand qui me parcourt de la tête au pied.
- Oui, Mais hélas nous n’allons pas nous attarder… Kristale nous attend !
Kristale ! Je ne peux retenir un frémissement a l’évocation de la blonde nordique. J’écarquille les yeux de surprise et regarde Marc à mon tour. Il fronce comiquement les sourcille.
- Oui ?… Permission de parler Mademoiselle Isabelle !
- Je … Je … Non rien !
Je baisse la tête, confuse.
Après tout, ne dois-je pas me laisser guider  ? Marc peut bien faire de moi ce qui lui plaira. Et aller une nouvelle fois à la rencontre de Kristale, la machiavélique Kristale, fait partie de ses prérogatives. Il vient quand même combler ma curiosité… En partie.
- Elle a, paraît-il, une surprise pour Isabelle… Et pour moi !… Mais elle ne m’en a pas dit plus !… Vous connaissez Kristale !
Ignés pouffe puis se reprend.
- Les surprises de Kristale sont toujours un vrai plaisir !
Je me renfrogne. Un vrai plaisir ! Ignés parle certainement pour elle et les turpitudes que j’imagine faites avec Kristale. Mais ma curiosité reste piquée au vif. Comme j’aimerai en savoir plus ! Mais ici impossible ! Je dois garder ma place.
Ignés change de conversation en me détaillant de la tête aux pieds.
- Et je suis étonnée Maître Marc, Isabelle ne porte aucun piercing, ni tattoo ?
Marc hausse les sourcils et son regard se porte sur moi comme s’il me découvrait.
- Oui… Elle est comme au premier jour. Lorsqu’elle s’est… Présentée à moi.
Et je tiens à la garder ainsi. Vierge de toutes marques.
Il boit une lampée de cognac et comme pour lui-même en regardant son verre.
- Çà, je me le réserve… Lorsqu’elle aura achevé son parcours !
Ignés a un petit hochement de tête d’approbation entendue. Elle ouvre la bouche pour continuer lorsque la porte par laquelle elle est arrivée s’ouvre vivement.
Notre hôte la franchit, la referme tout aussi vivement et se dirige vers nous d’un pas rapide. Il n’a visiblement pas pris le temps de se changer et porte encore son costume de service.
- Enfin je suis à vous…
Dit-il dans un souffle suivit d’un sourire. Un sourire qui se fige en une expression de béatitude lorsque ses yeux se pose sur moi. Il s’arrête à un pas, face à moi.
- Ha, mon dieu ! On m’avait bien dit qu’elle était belle…
Il ne termine pas sa phrase et pose un genou à terre. Ses yeux s’enflamment et ne cillent pas en me détaillant avec insistance.
Il finit par se tourner vers Marc.
- Je … Je peux Maître Marc ?
Marc à une moue d’acquiescement.
Ses deux mains se posent sur mes cuisses et remontent lentement vers mes hanches en épousant chacun des creux et des rondeurs qu’elles rencontrent comme pour mieux en garder la mémoire.

 

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27 juillet 2013

Chap. 20. Ignès

Le temps s’égrène avec solennité. Marc fait les cent pas dans la salle, disparaissant de temps à autre dans les alcôves. Il porte régulièrement le cigare à ses lèvres et en tire de larges bouffées en me lançant un regard amusé.
Je suis bien !
La banquette me soutient parfaitement et la douce chaleur de la pièce me tire vers une torpeur langoureuse.Mon esprit est sur le point de s’échapper lorsqu’un claquement sec me fait sursauter. La porte de chêne noir s’entrouvre et Ignés si glisse prestement la refermant derrière elle sans se retourner.
Marc s’est figé.
Comme le veut le protocole de cet étrange lieu, Ignès est entièrement nue, à l’exception d’un magnifique collier de cuir noir rehaussé de filigrane d’argent flanqué d’un anneau de fer. Ses cheveux blonds ont été libérés du chignon strict mais ramené en une élégante queue de cheval planté haut sur la tête.
Comme je l’avais deviné, son corps dénote une pratique intensive des exercices physiques, svelte à la musculature dénouée. Elle me rappelle Kristale dans sa façon de bouger, presque hautaine mais tempérée par un visage rieur. Comme elle, elle porte une pierre précieuse au creux du nombril, mais de couleur verte qui acroche la faible lumiere ambiante. Une émeraude certainement! Deux petits haltères en or percent les mamelons d’une poitrine orgueilleuse. D’une démarche souple, hissée sur la pointe des pieds, comme perchée sur de hauts talons invisibles, elle se dirige vers Marc et, arrivée à sa hauteur, plie le genou jusqu'à terre, joignant les mains dans le dos et baissant la tête en une magnifique posture de dévotion que je devine mainte fois répétée. D’une voix solennelle elle égrène.
-  Mon Maître est retardé, il vous demande de bien vouloir l’excuser et pour patienter me propose à vous, suivant vos désirs !
Marc à un hochement de tête comme pour la saluer et lui désigne de son cigare fumant les banquettes sur laquelle je suis agenouillée.
-  Alors nous avons le temps de faire plus ample présentation. Allez donc saluer Mademoiselle Isabelle !
Elle se relève et, sans quitter le sol des yeux, se dirige vers moi. Marc la suit à un pas derrière goûtant très certainement le voluptueux déhanché que fait prendre la singulière façon de marcher d’Ignès.
Arrivée à ma hauteur les effluves de cannelle de son parfum m’enveloppent. Son ventre parfaitement glabre est à quelques centimètres de mon visage et je peux y voir scintiller une perle d’or nichée entre les lèvres nappées d’humidité. Ignés se penche et vient déposer un petit baiser sur mon front.
Je relève la tête ne sachant trop comment répondre au salut lorsque Marc vient à mon secours.
- Allons Ignés ! Mademoiselle Isabelle n’est pas une poupée de porcelaine !
Ignés lance une rapide œillade à Marc et sourit. Elle plante ses yeux de braise dans les miens, sa main gauche se saisit délicatement de ma nuque et attire mon visage vers le sien. Nos bouches se joignent. Je ferme les yeux et mes lèvres s’entrouvrent. L’invite est suffisante pour qu’une langue gourmande force le passage et vienne inviter la mienne en une danse lascive. Ma respiration s’accélère et un feu intense naît au creux de me reins. Ignés pose sa main sur mon sein gauche et du pouce en titille le mamelon déjà tendu vers elle. Mon univers se rétréci et il n’y a plus que nous deux et notre baiser.
Sans quitter ma bouche et en resserrant son étreinte sur ma nuque, comme si j’allais tenter de me dérober à l’étreinte, elle glisse sa main le long de mon ventre jouant au passage dans l’orbe ourlé de mon nombril. Je me raidis lorsque son exploration se fait plus intime et qu’elle se perd un instant dans le bosquet roux de mon ventre avant d’en lisser négligemment les lèvres humides. Une étincelle de feu me parcourt lorsque ses ongles effleurent mon clitoris. Instinctivement je me cambre un peu plus. Je voudrais me coller contre elle, pour lui signifier mon approbation. Mais ignés n’a pas besoin de cela. De ses deux doigts elle force l’orifice à peine défendu et s’y introduit sans ménagement. Je ne peux retenir un petit cri de surprise. Cri étouffé par le bâillon des lèvres tendres de mon amante. Quelques mouvements de va-et-vient dans le fourreau inondé et ses doigts me quittent lentement, comme à regret dans une dernière caresse le long de mon ventre.
Déverrouillant ma nuque et ma bouche, Ignés se relève gracieusement. Nos yeux ne se quittent pas. Avec un sourire malicieux Elle porte à sa bouche les deux doigts qui viennent de me pénétrer. Ils sont luisant de ma liqueur de Cyprine mais disparaissent rapidement entre ses lèvres. Elle les suce avec l’expression gourmande d’une gamine qui vient de tremper ses doigts dans un pot de miel.
Ignés se détourne enfin. Avise une banquette en face de moi et d’un mouvement gracieux s’y agenouille dans une posture de soumission jumelle à la mienne.

 

23 juillet 2013

Chap. 19. Parfum de Havane.

Ainsi postée, mon regard se pause automatiquement au centre de la rosace. A pas lent Marc vient si placer exactement. Je garde les yeux fixés à ses pieds et je devine qu’il me détaille avec l’intensité qu’il lui est coutumière. Instinctivement je tends les muscles de mes cuisses et renforce la cambrure de mes reins. Il n’a pas besoin de me toucher pour que mes seins se tendent et que les pointes se raidissent vers lui impudiquement. Tout mon corps est tendu comme la corde d’un arc. Je veux lui plaire, lui signifier que je lui appartiens de plein droit et m’offrir à son regard comme je le ferai à ses mains. D’un rapide coups d’œil je vérifie la parfaite symétrie de ma posture et baisse un peu plus la tête notant les reflets de bronze qui s’accroche au petit triangle de poils roux parfaitement taillé qui surmonte la fente glabre et vernissée de mon ventre. Une chaleur sourde pulse dans le bas de mon dos. Je ferme les yeux.
L’attente est une des tortures préférées de mon Maître. Il en joue avec maestria. Son pas lent tourne autour de moi comme un fauve méfiant jaugeant sa proie. Toujours aussi lentement ses pas s’éloignent. Surprise, j’entrouvre les yeux et le cherche du regard. Il a gagné le bar qui s’appuie sur l’un des murs et semble chercher quelque chose. Il se penche et se redresse enfin l’air satisfait s’empare du verre de cognac qu’il avait laissé sur le bar et s’en revient vers moi tenant du bout des doigts le cigare offert par nos hôtes et une boite d’allumettes longues.
Arrivé à ma hauteur, Marc lâche la boite d’allumette qui tombe sur le sol, réunit le cigare et le verre de cognac dans sa main gauche et s’accroupit en s’appuyant de la main droite sur ma cuisse.
- Ou en étions-nous Mademoiselle ? …
Inutile de répondre.
- Ah oui !... De la nécessité de parfumer mon cigare !
Sa main glisse entre mes jambes écartées, ses doigts caressent un instant le duvet roux qui auréole mon bas ventre, puis viennent en lisser la délicate ouverture. Un frisson me parcourt l’échine lorsqu’ils jouent négligemment avec mon clitoris déjà gonflé et raidis. Mes paupières se ferment et mes yeux se révulsent sous la douce caresse qui pétille à travers mon ventre.
Marc claque de la langue pour attirer mon attention.
- Tss, Tss, Mademoiselle ! On ouvre les yeux, s’il vous plaît !
J’obéis.
Mon regard plonge dans ses yeux clairs. Il a un petit sourire satisfait et dans un même temps son doigt force la moelleuse ouverture, s’enfonce d’un coup dans mon vagin. Il y entame quelques lents va-et-vient simplement pour en goutter la chaleur et l’humidité qui va grandissante.
- Humm ! Je vois que vous m’attendiez !
De honte, je détourne mon regard une fraction de seconde.
Satisfait de son exploration son doigt me quitte aussitôt remplacer par le cylindre épais du cigare que Marc fait rouler contre l’orifice inondé par sa caresse.
Le cigare se mouille et se parfume de ma liqueur de Cyprine.

 

20 juillet 2013

Parenthèse.

Le tambourinement puissant des fers qui frappent le sol de la prairie résonne dans l’air glacé du matin. Les yeux fixés sur l’horizon, tous mes muscles sont tendus et réagissent au moindre frémissement de mon centaure. Lancée à pleine puissance, mes cheveux roux fouettent mon visage et ma nuque, j’ai envie de hurler ma joie et mon exaltation.
Comme toujours lorsque je fais corps avec ma monture luttant contre le vent qui cherche à nous freiner, une frénésie animale s’empare de toutes mes fibres. Je ne suis plus qu’une volonté farouche qui défie l’espace et le temps.
J’avise l’orée de la forêt et le chemin de l’Héraudiere. Mon corps se tend vers la lisière. Sans le moindre à coups dans un glissement parfait, comme si nos esprits ne faisaient qu’un, mon pur-sang plonge dans une courbe sous la voûte des arbres. Sans ralentir, dans une gerbe scintillante nous passons le gué du Ruisseau des Vallées et piquons tout droit dans la pente qui mène au belvédère.
Nous débouchons de la forêt comme un boulet de canon. Je freine violemment l’ardeur de ma monture qui de surprise se cabre presque à ma plus grande joie.
Il nous faut un long instant pour reprendre notre souffle. Des naseaux de mon dragon jaillissent deux jets de vapeur qui se condense dans la froideur de l’air. Le soleil n’est pas très haut. Il est tôt.
Je rejette mes cheveux vers l’arrière libérant mon visage. Je n’ai pas mis de bombe. J’avais besoin de goûter pleinement la sensation de liberté.
Enfin libre !
C’est la fin des longues soirées d’études, de recherches, de tourments…
Nonchalamment mon regard parcours le paysage que je domine. L’Orne coule paresseusement à mes pieds et, là-bas au loin, je distingue les toits du haras.
Mais mon esprit est ailleurs;

Je souris. Il est là… Mon dieu il est là !
Discrètement mêlé à l’assemblée de mes amis, de ma famille, assis juste à côté de Béatrice qui me fait un petit signe d’encouragement. Venu assister à ma soutenance de thèse… Il est là !
Je ne pensais pas qu’il viendrait et pourtant je l’espérais. Nos regards se croisent. Il a un clignement d’œil et un petit sourire d’encouragement. Je lui souris pour le remercier et instinctivement porte la main à mon cou. Je ne porte pas le collier de cuir à l’anneau d’acier !
Il a perçu mon geste et son sourire s’élargit. Il me fait un petit signe de la main l’index tendu comme pour une gentille réprimande, mais je sais que, exceptionnellement, je suis pardonnée. Ma main retombe sur mes documents que je positionne fébrilement sur le pupitre. Le brouhaha de l’amphi retombe doucement.
La tension monte… Profitant du silence, je me lance…

Ma monture fait un pas de côté et s’ébroue, impatiente de repartir. Je resserre les rennes.
Il est vrai que ce jour là je ne portais pas de collier… Et pourtant j’avais respecté le premier des préceptes de mon Maître, "En sa présence jamais de sous-vêtement" Je souris aux anges à l’évocation que j’ai présenté ma soutenance sans culotte devant l’assemblée attentive.
Je souffle un grand coup, emplissant ma poitrine d’air frais pour juguler la chaleur qui me monte aux joues à cette évocation et m’empare de mon téléphone portable. Je manipule rapidement le messager, son nom apparaît sur l’écran "Mon Maître". Je lance l’appel.
- Monsieur !
- …
- Oui, Monsieur. Je suis prête !
-…
- Bien Monsieur, Comme il vous plaira !

Je raccroche et je ne peux retenir une larme de bonheur qui roule sur ma joue et vient s’écraser sur le cuir de ma selle. Juste entre mes jambes largement écartées.
C’est reparti !

 

26 décembre 2012

Chap 18. Le salon pourpre.

Il faut que je fasse vite si je veux remplir les exigences de Mon Maître sans que les jeunes serveuses ne me découvrent. Je m’éloigne de la table en repoussant ma chaise en arrière et écarte les jambes. La courte jupe remonte sur mes cuisses comme douée d’une vie propre, anticipant l’ouverture du passage. Dans le même temps je lance ma main vers le cigare tendu vers moi.
Je vais pour m’en emparer quand Marc le recule vivement. Ma main reste en suspension. Surprise, je reste bouche bée.
Ai-je mal compris ses intentions ? Ai-je mal interprété ses allusions ? La confusion me gagne. En ce cas, je viens de lui révéler mon état et mes pensées et jusqu’où je le crois capable d’aller… Et moi de le suivre !
Il fronce les sourcils.
- Allons petite dévergondée ! Vous croyez vraiment que je vais vous demander de vous humilier ici… Devant le petit personnel de nos hôtes ?
Il désigne du menton les soubrettes qui s’affairent dans la salle.
Ma main retombe.
Oui bien sûr que je l’en crois capable !
Marc s’empare du verre de cognac de la main gauche tout en se levant promptement.
- Il y a un endroit pour cela ici… Terminez votre verre, et suivez-moi !
Sans réfléchir, je prends le verre de liqueur et tout en me levant le porte à mes lèvres. Un torrent de feu me descend dans la gorge. Mes tempes s’enflamment et dans un sursaut de tout mon corps une toux incoercible cherche à expulser le liquide incandescent. Mais trop tard le feu a déjà gagné mon estomac et de grosses larmes embrument mes yeux. Je tente de reprendre ma respiration en reposant vivement le verre et en toussant plusieurs fois. Lorsque je reprends mes esprits Marc est déjà sur le point de disparaître par la porte principale. Je le rejoins en trottinant la bouche grande ouverte et en battant l’air de mes mains sans prêter attention aux petits rires des serveuses qui accompagnent ma sortie.
L’intermède du repas est bien fini. Marc a repris le vouvoiement il me notifie ainsi tacitement que je dois reprendre ma place. Je me mets derrière lui à un mètre et le suis dévotement, les mains jointes, la tête baissée, le regard fixé à ses talons.
Mon Maître se dirige sans une hésitation, il semble bien connaître les lieux. Nous traversons plusieurs salles et gagnons un couloir qui nous éloigne des convives. Un dernier corridor désert nous mène à une sorte de vestibule. Marc s’arrête, fait demi-tour, me contourne et ferme la porte par laquelle nous venons d’entrer.
La salle est petite sans fenêtre ni ameublement. Elle est éclairée par un immense lustre de cristal qui obstrue la quasi-totalité du plafond et semble pouvoir nous tomber dessus à tout moment augmentant la sensation d’oppression que dégage cette pièce. En face de moi une lourde porte de bois sombre cintrée de pierres taillées. Les deux murs libres sont bardés dans leur totalité de petits placards de bois précieux numéroté de bronze. Toutes les portes sont entrouvertes sauf trois de ces placards qui sont fermé et leurs loquets tirés. J’ai vite la confirmation qu’il s’agit d’un vestiaire.
- Veuillez vous déshabiller, Mademoiselle ! … Entièrement ! … Gardez votre collier !
La voix de Marc est impérative. Il s’attend à être obéit sans poser de question. Je déboutonne mon chemisier tandis qu’il ouvre en grand un des placards.
- Voyez-vous Mademoiselle, là où nous allons, jamais aucune femme de votre condition n’est entrée habillée.
Ma jupe glisse le long de mes hanches dévoilant mon ventre nu. Marc tend la main pour s’en emparer et il la range au côté du chemisier. Mes escarpins noirs et mes socquettes blanches rejoignent le placard.
Comme il est rapide de me déshabiller et de me présenter nue à Marc ! Je ne porte rien d’autre depuis notre départ du haras ! 
- Ton poignet !
Je tends la main vers lui. Marc s’en empare délicatement et glisse à mon poignet un lacet de cuir rouge. Ce bracelet je l’ai déjà vu et déjà porté et j’en connais la signification (Cf.: Une Saison d’Airain; Retour à la Colombière).
Une fois mon poignet libéré, maldré mon trouble, je prends la posture de soumission qui doit renforcer aux yeux de Mon Maître ma parfaite acceptation.
Je glisse mes mains dans le dos, cambre les reins en écartant les jambes et je baisse la tête sur ma poitrine projetée ainsi vers l’avant.
Marc m’observe un moment tourne autour de moi. Satisfait il pose une main sur le bas de mon dos et me pousse vers la lourde porte de chêne noir.

La pièce dans laquelle nous pénétrons est stupéfiante. Une ancienne tour, certainement ! Aucun mur droit et aucune fenêtre mais une verrière couvre la totalité du plafond laissant passer la faible clarté du soir. Des flambeaux placés à intervalles réguliers prennent le relais du soleil déclinant. Tout autour de nous dans la pénombre, je distingue des alcôves creusées dans les murs. Certaines ont des rideaux tirés.
La salle est meublée succinctement des tentures rouges aux murs de pierres brutes, des meubles qui semblent être des bars en bois noir. Une demi-douzaine de larges banquettes de bois sombre sculpté et aux coussins de velour rouge sont disposées en cercle autour d’une rosace centrale en marqueterie de pierre. De chaque cotés des banquettes, de lourds candélabres de bronze piqué de gros cierges allumés dispensent une douce clarté.
Marc s’avance et me désigne une des banquettes. Je m’y dirige à petit pas. Sous mes pieds nus le sol de pierre dégage une douce chaleur trahissant la technologie destinée à améliorer le confort des lieux.
Je gagne la banquette. C’est une sorte de large tabouret. Pas de dossier, elle est trop petite pour si allonger, mais suffisamment grande pour si asseoir confortablement à deux. A moins que….
Je glisse un genou sur le coussin de velours, puis l’autre sans ôter les mains de mon dos. J’écarte les jambes et cambre les reins. J’y suis parfaitement calée, les genoux au bord du banc et les pieds pendant sans gêne dans le vide de l’autre bord. J’y suis si confortablement installée qu’il me semble que je pourrai garder ma position de dévotion pendant des heures.
Voilà à quoi sont destinées ces stalles ! Sublimer la posture de soumission de celle qui s’y dispose.
Je ne peux m’empêcher de détailler les cinq autres bancs vide et m’imaginer les étranges assemblées qui ont pu s’y dérouler.

 

16 décembre 2012

Chap.17. Entremets.

Je joue nonchalamment avec le verre de cristal et observe les milles reflets de la salle à travers les clapotis de l’eau. Est-ce le scintillement hypnotique ou bien les deux verres de vin que j’ai bu pendant le repas, mais je me sens lasse tout à coup.
Je souris aux anges en me remémorant le jardin de nos hôtes.
Après la croix, j’ai pu découvrir de nombreux endroits insolites qu’au premier regard rien ne révélaient aux yeux des non-initiés; Table de pierre sculptée aux anneaux dissimulés par la végétation, grottes fermées par de lourdes grilles de fer forgé et simple pieu à l’unique anneau… Mais il fallait vraiment chercher pour les découvrir.
Je lève les yeux pour regarder la salle. Ici tout est sérénité. Les tentures de velours et la lumière tamisée apaise les sens. Seules sont éclairées vivement les tables des convives créant autant d’îlots de lumières. La musique baroque diffusée en fond sonore est à peine troublée par les chuchotements et le cliquetis des couverts.
Je souris de nouveau à l’évocation de notre passage au bar en attendant qu’on nous invite à prendre place. Une conversation avec les autres convives qui tourne vite au silence embarrassé lorsqu’ils découvrent que je ne suis pas la fille de Marc, comme ils ont pu le penser, mais sa compagne. Les visages des femmes se sont détournés, embarrassée et les yeux des hommes se sont allumés et certain plus que d’autres lorsqu’ils ont accroché du coin de l’œil l’anneau d’acier qui pend à mon cou. Ce n’est pas la première fois que j’observe ces réactions lorsque l’on découvre ou devine mon état très particulier aux yeux des vanilles. Marc s’amuse énormément de cette situation. Il sait la gêne que cela m’occasionne et je le soupçonne de s’en délecter. Pendant le repas des regards furtifs en direction de notre table m’ont fait comprendre que cela va alimenter les conversations pour la soirée de certains couples.
Je repose mon verre et repousse machinalement mon assiette. Ignés fait maintenant le tour de la salle et s’enquière auprès de ses hôtes du déroulement du repas. L’homme qui nous a accueillis sur le perron (Je m’aperçois que je ne connais toujours pas son nom) la suit en se livrant au même rituel et offrant cigares aux hommes et cordiales aux femmes. Une jeune serveuse s’active déjà à débarrasser les premières tables qui se vident et dont les convives se dirigent vers le salon ou les terrasses du jardin.
Enfin Ignés se dirige vers nous. Je prends le temps de la détailler. Des yeux noisette pétillants de malice éclaire un visage ovale à la peau claire et unie. Un nez fin aux narines pincées surplombe une bouche délicatement ourlée qui esquisse un sourire. Une mèche de cheveux blonds cendrés s’échappe d’un chignon haut placé haut dessus d’une nuque gracile et vient lui balayer délicatement l’épaule à chacun de ses pas. Elle n’a pas changé de tailleur et celui ci ne fait que mettre en valeur une silhouette déliée et que l’on devine rompu aux exercices du corps. Elle a la beauté et l’assurance de la maturité. Je baisse les yeux et serre les dents en remarquant que Marc observe également son approche d’un œil gourmand.
Elle se penche sur notre table et, a voix basse, sur le ton de la confidence elle lance.
- Nous nous retrouvons au "Salon Pourpre" cher Maître ? Donnez-nous juste le temps de finir le service !
Elle s’adresse à Marc et dans le même temps me lance une œillade complice. Elle s’éloigne vivement non sans nous lancer un dernier sourire par dessus son épaule. Le maître de maison à son tour nous rejoint et dépose devant Marc un tube de métal ainsi qu’un imposant verre tulipe ou s’irise l’ambre du cognac. Il place délicatement devant moi un petit verre de liqueur incolore. Il ne prononce pas un mot, nous sourit et s’éloigne regagnant à pas comptés la porte de service.
Marc s’empare du tube du métal et en extrait un épais cigare qu’il porte sous sont nez avec un petit soupir de contentement.
- Voilà un parfum qui se marie parfaitement a celui de ta peau !
Je souris au compliment et Marc continu en faisant rouler le cigare entre ses doigts.
- Sais-tu qu’il est parfois d’usage de le tremper dans le cognac pour l’humidifier et le parfumer encore un peu plus ?… Mais je préférerai que ce soit de ton parfum qu’il soit imprégné ! …
Mon sourire se fige.
Marc tient maintenant le cigare de trois doigts par une extrémité et fièrement érigé vers le plafond. L’évocation de la forme oblongue ainsi brandie est suffisamment évocatrice pour que je comprenne immédiatement l’allusion et de quel parfum Mon Maître voudrait imprégner son cigare !
Je rougis brutalement et lance un regard autour de nous. Nous ne sommes pas seuls ! C’est maintenant trois serveuses qui s’affairent à débarrasser les tables.
Et elles ne vont pas tarder à s’approcher de nous.

 

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