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Les Carnets d'Emilie

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Quadra H

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Quadra B

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17 avril 2010

Chap. 69. Une serviette de trop.

- Les hommes sont des bêtes !
Kristale vient de lancer ces mots comme une imprécation, brisant le silence qui suit nos ébats. De l’eau est répandue partout dans la salle, il en ruisselle même contre les murs. J’ai retrouvé le rire et la joie d’étreindre un corps brûlant, offert, ce corps que j’admire tant. J’ai retrouvé la joie de l’extase lorsque les doigts experts de Kristale ont fait vibrer ma peau et mon ventre. Lorsqu’ils m’ont fait crier grâce et qu’en riant nous nous sommes toutes deux laisser retomber dans l’eau dans un dernier grand éclaboussement.
- Les hommes sont des bêtes !
Relance Kristale d’une voix plus ferme, avec son étrange accent hollandais.
Je me relève sur un coude, ma poitrine sort de l’eau dans un bruit de remous, et la regarde interloquée.
Elle me fixe de ses yeux de glace bleue.
- Oui… Ne crois pas que cela m’a fait plaisir de te voir entre les mains de ses hommes !
Je baisse les yeux et tente de comprendre. Je croyais que c’était Kristale qui avait décidé de cette punition !
- Mais, mais, c’est toi… C’est vous qui avez …
Elle m’interrompt brutalement
- Ja…Ja… Je sais !
Elle semble en colère tout à coup, mais une colère tournée contre elle-même.
- C’est cette foutue règle… " Nul n’impose une punition qui ne l’implique lui-même !" C’est pour cela que nous t’avons donner cette punition. Ton Maître ne dois pas être plus fier que moi en ce moment, tu sais!...
- ... Et cela a été si facile de trouver des bourreaux !
Elle ferme les yeux et murmure de nouveau comme pour elle seule.
- Les hommes sont des porcs !
Cette fois je ne peux m’empêcher de lancer malicieusement, sur le ton de la confidence.
- Même Marc ?
Kristale rouvre les yeux, elle un petit sourire en coin.
- Ach !… Ton Maître ?… Oui !… C’est un peu différent !
Elle se fait pensive.
Emergeant de l’eau, sa main vient effleurer la pointe de mon sein gauche qui se durcis immédiatement sous la caresse.
- Tu as du remarquer que je ne prise pas trop les hommes… N’est ce pas ?
Je rougis à l’énoncé de ce qu'il m’a semblé une évidence au temps passé à ses côtés et de ses amies.
Le rouge de mes joues et mon attitude confuse a répondu à sa question.
Elle continue.
- Je me sers d’eux et eux de moi… Et ton Maître le fait bien… Pourquoi crois tu que je voudrais qu’il te cède ?
C’est pour t’avoir à mes côtés et continuer ton dressage… A ma façon !
Son regard devient troublant. Il n’y a aucune menace derrière le ton de sa voix, au contraire. Mon cœur se sert à l’évocation que Marc pourrait me donner à Kristale. J’essaye de détourner la conversation.
- Et … et Laure… ?
Kristale prend à son tour un air malicieux
- Décidément elle te plaît cette Laure !… Je l’apprécie beaucoup aussi,… Je l’accompagne en Italie auprès de son Maître après demain !…
Une poigne de glace broie mon cœur. Après demain ! … Déjà !
Je réalise que moi aussi je vais bientôt m’en retourner chez moi.
- Ha !… Vous… Vous partez ?
- Oui ! De toute façon la saison touche à sa fin. Après avoir rendu Laure à son Maître. D’Italie je regagne la Hollande, pour quelques semaines, puis je redescend… Tu seras partie d’ici là !
Elle prend tout a coup un air enjoué.
- Mais on se reverra n’est ce pas… Tu reviens au printemps ?
- Oh oui !… Bien sûr !
J’ai presque crié !
La réponse m’est venue tout à trac, avec une évidence fulgurante.
Je reste un moment interdite par la vigueur de ma répartie.
Kristale me contemple derrière un rire contenu. Un éclair bleu passe devant ses yeux
- Ben toi alors !… Après ce que tu …
Elle se reprend en se pinçant les lèvres. Comme si elle allait dire une chose qui ne devrait pas être dite. Mais il m’est facile de deviner ses pensées.
Après ce que je viens de subir, je suis prête à revenir me jeter aux pieds de Marc… Je ne suis pas à même de l’expliquer, et pourtant oui. Oui, trois fois oui.
Je reviendrais !
Je baisse la tête et rougis violemment en dévoilant à Kristale,avec autant d’évidence, mes inclinaisons à la soumission de Marc et le plaisir amer que j’en ressent. Oui malgré tous ce que j’endure, je sais que je suis prête à me damner pour poursuivre cette expérience hors du commun.
Brisant mon malaise Kristale s’ébroue et tape dans l’eau, provocant un jet irisé.
- Allons-y, je te raccompagne à ton " Maître vénéré "… !
En riant, elle se lève brusquement dans un bruit de ressac . Se rince une dernière fois sous le jet de la pomme de douche et sort de la baignoire d’un mouvement souple réunissant ses longs cheveux derrière la nuque. Elle est magnifique de féminité et d’assurance. Elle ne prête aucune attention à l’eau qui inonde le carrelage et d’un déhanchement agile se dresse sur la pointe des pieds pour se saisir d’un immense drap de bain blanc au liséré brodé. Je l’imite rapidement, elle me lance en riant un autre drap, récupère ses vêtements maculés de tache d’éclaboussures et sort de la salle de bain. M’enveloppant dans le tissu moelleux.
Je tente de la rattraper.
- Kristale… Kristale!…
Dans le couloir elle s’arrête et se retourne, interrogative.
- Kristale… Je… Je n’ai pas de vêtement !… Marc est parti avec.
Ses sourcils se froncent.
- Et alors ?…Tu n’en as pas eu besoin jusqu'à maintenant !…
Elle se retourne vivement continuant son chemin, lance.
- …Allez vient petite gourde ! …Et c’est Madame… Pas Kristale !…
Et,pointant d’un doigt rageur la porte de la salle d’eau que je viens de quitter.
- Et range-moi cette serviette !

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7 avril 2010

Chap.68. Purification.

Je ne me souviens à peine de la fin de cette nuit. Les hommes m’ont abandonnée abrutie de fatigue, d’étreintes immorales. Je les ai entendus sortir un à un de la pièce après s’être rhabillé péniblement en discutant à voix basses. Quelques-uns ont tenté une parole de réconfort, une dernière caresse maladroite comme on flatte une pouliche bien dressée pour la remercier. Et même, un baiser dans le cou suivi d’un " Au revoir, Isabelle " de compassion.
J’ai caché mon visage dans la couverture souillée pour ne plus les voir. J’ai serré les dents et les poings.
Qu’ils aillent au diable !
Les hommes sortis, j’ai plongé dans un sommeil agité comme on saute dans un puits sans fond, où se sont, dans un cauchemar, prolongées les étreintes abjectes de mes assaillants…

… Une odeur de tabac blond m’agace les narines et me tire brusquement de mon sommeil. Je cligne des yeux. Une lueur diffuse se glisse par la fenêtre. Il est très tôt. J’ai froid !
Je tente de ramener la couverture sur mon ventre nue. Mais ne peux la tirer bien loin. Le poids d’une présence assise sur le pied du lit m’en empêche J’essaye de me redresser pour identifier l’intrus et gémit de douleur. Un élancement me tétanise le bras et l’épaule stoppant net mon mouvement. Mon corps n’est que crampes et courbatures. Ma tête retombe lourdement. Peu à peu ma vision devient plus nette.
Kristale me regarde en tirant de petites bouffées nerveuses de sa cigarette.
- Il faut y aller Isabelle !
Elle laisse tomber sa cigarette et l’écrase du pied en exhalant une dernière bouffée.
- Marc va t’attendre !
Marc ? Marc ! Oui… Marc !
Enfin je vais le retrouver !
Je sais que cette fois l’épreuve est finie. Et pourtant je suis vide de sentiments. Trop épuisée !
Je tente de me relever péniblement en étouffant mes plaintes. Kristale se lève et vient à mon secours. Elle glisse un bras sous mon aisselle et se saisis doucement de mon poignet. Je me déplie lentement martyrisant mes articulations et mes tendons froissés.
La couverture tombe au sol.
- Allez ma chérie, une bonne douche te fera du bien !
Je l’entends à peine. Une boule de sanglots me noue la gorge. Des larmes trop longtemps contenues roulent sur mes joues en silence. Nue, tremblante, au bras de Kristale, je traverse la pièce et m’engage dans les couloirs, accompagnée du claquement sec et froid des hauts talons de la belle hollandaise sur le sol de grès.

Je me redresse au fur et à mesure que je m’éloigne de ce lieu maudit. Mais un poids énorme continue à me peser sur les épaules. Kristale me mène dans une salle d’eau surchauffée. La différence de température me saisit, la tête me tourne un peu. Kristale me lâche au beau milieu de la pièce, retrousse ses manches et se dirige vers une immense baignoire de cuivre et de faïence.
D’un œil morne je contemple la pièce. Une salle de bain de style rétro qui a oublié le confort moderne. Un énorme radiateur de fonte, un sol de carrelage blanc qui grimpe sur les murs et s’achève sur un liseré de parement bleu. Un grand miroir piqué de tache d’oxydation au dessus d’un lavabo de céramique aux robinets de bronze. Tout est très vieux mais bien entretenu. Des savons parfumés et des bocaux de sels de bain multicolores égaillent la pièce. Des draps et serviettes brodés bien rangés sur des étagères semblent m’attendre. Cela sent le champ de lavandes après la pluie. Un gros bouquet de fleurs séché posé sur la margelle de la baignoire renforce l’impression d’être hors du temps comme dans une photo de David Hamilton.
Je ne peux m’empêcher de contempler mon reflet dans le grand miroir ;
Une silhouette d’ivoire blanc, voûtée, accablée. Un visage défait la bouche entrouverte, hébétée de stupéfaction, les yeux vitreux, mouillés, brillants de fièvre aux cernes bleutés. Mes cheveux roux ont perdu leur belle couleur de cuivre et ressemble à du crin rouillé emmêlé par le vent, comme si je venais de prendre une averse. Ma peau est maculée de plaques séchées et brillantes. Je me recroqueville un peu plus. Un haut le cœur me saisit en reconnaissant les marques d’épanchement qu’ont laissés les hommes sur ma peau.
Kristale tourne le robinet de la douche qui surplombe la baignoire et revient vers moi. Elle veut me prendre par le poignet lorsqu’un hoquet effroyable me prend. J’avise en catastrophe un bidet à côté de la baignoire et m’y précipite.
La vision de Stéphanie se glisse devant les yeux, je la revois éructant et vomissant son dégoût après sa terrible épreuve. Je m’étais alors dit que jamais je ne pourrais supporter pareille offense. Mais maintenant, pitoyable, c’est moi qui suis à genoux tentant de vomir le peu de bile de mon estomac vide dans des spasmes incoercible et douloureux qui me secouent de la tête aux pieds, me laissant sans souffle. De grosses larmes roulent le long de mes joues
Aux pieds de Kristale je perds le peu de dignité qui me reste encore. Les convulsions de mon ventre se calment peu à peu. La nausée passe dans les derniers spasmes. Je m’effondre alors, anéantie, sur le rebord du bidet, cache mon visage sur mon bras et me met à pleurer de tout mon saoul.
Kristale attend patiemment que s’apaise mon affliction.
Evacuer mon chagrin et la tension nerveuse dans un flot de larmes et de gémissements est le bienvenu. De ce chaos émotionnel émerge une pensée qui va rapidement s’affirmer dominant le flot sombre et tumultueux.
Marc… Je veux revoir Marc !
Revoir mon Maître et me présenter à lui...
Monsieur je suis là !
Je suis digne de vous.
J’ai passé votre épreuve et je suis à vos genoux…
Encore plus forte qu’avant !

Je ne peux m’empêcher de sourire à cette pensée. Apaisée de certitude et rassérénée dans ma foi, je renifle bruyamment et tente de me relever. Une fois encore et sans un mot Kristale se précipite à mon secours en me prenant par le bras. Nos yeux se croisent. Elle se détourne, gênée. Elle n’a pas compris ma nouvelle détermination dans mon regard et a dû le prendre pour un lourd reproche.
Comme une enfant, je me laisse mener sous la douche. Le jet est brûlant et salvateur. L’eau va chasser les immondes caresses et le mucus amère qui couvre ma peau et souille mes cheveux. En silence, Kristale me tend un gros savon parfumé et s’empare des sels de bain qu’elle répand dans l’eau qui commence à monter dans la baignoire. Il me semble qu’il n’y a pas assez de savon dans cette pièce pour faire disparaître les traces des ignobles soudards. Par trois fois je m’enduis le corps et le frotte énergiquement. Faisant fi de la présence de Kristale je m’introduis les doigts partout où les hommes ont pu y déposer la démonstration de leur jouissance et je veux frénétiquement faire disparaître la moindre trace de leur passage.
Je ne peux pas me présenter devant Mon Maître dans leurs odeurs fétides!
Kristale se munit d’un gros gant de velours et m’en frotte le dos. Je ne dis rien, la laisse faire et m’assoies dans l’eau pour me mettre à sa hauteur. Peu à peu mon énergie revient, je respire mieux, ma poitrine se débloque. Je ferme les yeux et me laisse tomber en arrière dans l’eau savonneuse, m’adossant au rebord de la baignoire...

...Un clapotis me tire de ma rêverie. Sans que je la remarque Kristale s’est déshabillée et vient de plonger un pied dans l’eau trouble. Je ne suis pas surprise. Elle se penche sur moi en prenant appuie sur les rebords. La pointe de ses longs cheveux blonds platine vient se tremper près de ma poitrine. Elle me regard par en dessous.
J’esquisse un pâle sourire.
Rassurée, elle se glisse lentement à mes côtés faisant monter le niveau de l’eau qui manque submerger ma bouche. Je me redresse et elle en profite pour passer un bras sous mon épaule. Sous l’eau, sa main se pose sur mon ventre et le caresse doucement. Je ferme les yeux en glissant la main contre son flanc, me blottissant sur sa poitrine, me laissant ceinturer de ses bras, cherchant un réconfort apaisant.

J’ai accepté ses caresses et ses baisers. Je le lui ai même rendu. Nous avons joué sans un mot avec nos corps. Ma fatigue s’est envolée quand nos lèvres se sont jointes et que nos langues se sont rencontrées.
Car seuls les caresses peuvent effacer des caresses et des baiser faire oublier d’autres baisers. Et j’ai découvert chez Kristale ce don qu’elle partage avec mon Maître celui, après chaque épreuve, de me rendre ma pureté, d’un simple contact, d’une simple étreinte.

28 mars 2010

Chap. 67. Dérobade.

Marc s’interrompt de peindre. Sans le laver, il repose son pinceau sur sa table de travail et se tourne vers moi. Son visage est soudain devenu impénétrable et ses yeux clairs semblent me percer de part en part. J’arrête mon récit et n’ose à peine respirer. C’est à voix basse que j’ai décrit mon refus et ma révolte croyant la minimiser à ses oreilles, et pourtant l’écho de mon manquement semble avoir éclaté comme un coup de tonnerre dans la pièce. Mon cœur bat à coups redoublés et j’attends, abattue, sa sentence.
Je devine ce qu’elle va être… Le contrat est rompu !
Marc prend une profonde inspiration et secoue la tête, il émet ce petit claquement de langue qui lui est si caractéristique lorsqu’il est agacé. Il semble terriblement déçu.
D’une voix sourde il lance.
- Vous avez failli Mademoiselle!
Le vouvoiement que Marc vient de reprendre n’augure rien de bon. Une vague brûlante déferle sur ma poitrine. Le reproche me fait monter les larmes aux yeux. Je me racle la gorge sèche.
- Je… Oui… Oui, Monsieur !
Une goutte salée perle au bout de mes cils et roule le long de ma joue.
Je baisse la tête, la larme s’envole et s’écrase sur la peau blanche de mon sein.
- Je… c’était trop dur Monsieur… Trop difficile !
Il faut que je me justifie, que je plaide ma cause ! Je ne peux pas laisser terminer mon aventure ainsi. Et le silence de Marc m’indique qu’il attend que je le fasse.
- Je… Il voulait… me…
Le mot butte au fond d e ma gorge.
Marc reste impassible.
- Il voulait me …sodomiser…et, et, je voulais vous le réserver.
Je relève la tête et le fixe droit dans les yeux. Prenant l’attitude la plus malheureuse possible, implorante.
- Et... Je veux que cela ne soit que vous qui puissiez me faire çà !…
- …Que vous… Maître !
Je sais que mon argument va le toucher !
De nouveau il prend une longue inspiration décroisse les bras et pose ses mains sur ses genoux.
Il se penche vers moi.
- Tu veux !… Tu crois !… Tu voudrais !… Mais tu n’es pas en position de vouloir quoi que ce soit Isabelle ! Et tu ne l’étais pas non plus au pavillon de chasse !
Il secoue la tête de gauche à droite, dépité. Il se recule et recroise les bras.
- Continues !
Je ravale mes larmes et reprends mon récit a voix basse…
La porte n’est plus qu’a un mètre et toute mon attention est focalisée sur sa poignée, bientôt je vais courir dehors, dans la forêt. Peu m’importe que je sois nue. Une seule chose en tête, fuir. Fuir, fuir et me cacher. Attendre que mon Maître revienne me rechercher. Je me blottirais alors dans ses bras… Sauvée et heureuse !
Comment ont-ils été aussi rapide ? Eux que je croyais assommés de sommeil par les heures d’orgies consommées contre ma peau. Une main s’empare au vol de mon poignet au moment ou je tends la main vers le pommeau de cuivre. Une autre me saisie par les cheveux tandis que des bras puissants me ceinture par la taille et me soulève du sol.
Dans la salle éclatent des appels et des exclamations.
- Holà, tu vas où petite ?…
- Attrapez là…
- Elle se barre… Retenez là !
Un tourbillon de mains et de visages hilares virevoltent autour de moi, Abasourdie, je vole littéralement dans les airs, soulevée par les hommes qui me ramènent vers le lit. C’est le gros homme qui mène la danse.
- Mettez là ici… A quatre pattes !
Je me débats et crie de toutes mes forces. Mais je ne peux résister à la vigueur conjuguée des cinq hommes. Leurs mains me plaquent contre le lit. Ils verrouillent mes bras et écartent mes jambes. Ils me font mal et me tordent les membres j’ai l’impression qu’ils me disloquent littéralement. Mes gémissements et mes protestations ne semblent pas les émouvoir le moins du monde. Et pourtant je crie et hurle à pleins poumons, les suppliants de me lâcher.
Le gros homme exulte.
- Vous me la tenez les gars… Je vais lui défoncer le cul… Je suis sûr qu’elle est vierge, pour se débattre comme çà !
Des mains épaisses se posent sur mes fesses et en écartent le sillon dévoilant l’entrée que convoite mon assaillant. Je redouble d’effort tente de me débattre et mes cris se perdent maintenant dans mes sanglots étouffés. Je ne peux rien faire et ne peux à peine bouger tant l’emprise des hommes est puissante. Je n’arrive qu'à me faire un peu plus mal.
Vaincue, je m’abandonne. Je pleure, le visage enfouit dans la couverture.
La main à qui j’avais échappée momentanément reprends son exploration. Elle s’insinue entre mes jambes puis remonte vers mon anus. Une phalange hardie en force le passage et s’introduit doucement. Je tremble de tout mon corps, je crois que je vais devenir folle et comprends avec horreur que je n’échapperais pas au viol sordide.
Le gros homme continue.
- Allez les gars je passe le premier… Il y en aura pour tout le monde…
Je sers les poings de dégoût et de révolte impuissante.
- En tout cas pas pour moi !… Et je te conseille d’éviter de faire çà !
C’est Serge qui vient de l’interpeller. Le doigt qui tentait d’agrandir le passage promis à l’outrage stoppe soudainement son abjecte besogne.
- Ha !… Et pourquoi donc ?
Un silence puis Serge continu
- Parce que Kristale l’a interdit ! Elle ne te l’a pas dit ? On peut faire ce qu’on veut d’elle… Mais pas çà !
Derrière moi le gros homme renâcle. Je suis brutalement toute ouïe et cesse de me débattre mollement.
- Ben oui! … Mais elle n'en saura rien ! Si personne ne lui dit !
La voix de Serge est ferme.
- Elle le saura !…Et je n’ai pas du tout envie qu’elle me raye des ses carnets !
Il continue
- Et si toi tu as envie d’être de nouveau invité à ses petites sauteries, tu ferais mieux de t’abstenir aussi… On obéit toujours à Kristale !… N’est ce pas les gars !
Un long silence suit. La pression des mains sur mes poignets diminue. Mes agresseurs sont entrain de réfléchir à ce que vient de dire Serge. Le doigt épais se retire, Je fais la grimace, Mais, mon dieu, comme je suis soulagée.
Une claque de dépit sur le haut de mes fesses
- C’est qu’elle m'a excité cette petite salope à gigoter comme çà !…
Je frémis sous l’injure.
- Continuez à la tenir les gars… J’aime bien çà !
Ses mains écartent largement mes cuisses…Je sens son gland turgescent se présenter à la porte de mon ventre et si introduire à demi.
Mon assaillant lance à la cantonade.
- Et comme çà ? … Je peux l’enfiler ? Madame Kristale ne m’en voudra pas ?
Il a dit " Madame " sur un ton emphatique, goguenard, presque insultant.
Pas de réponse.
Sa verge s’enfonce brutalement au plus profond de mon ventre, m’arrachant un cri de dépit étouffé.
L’incartade a réveillé l’ardeur de certains des hommes de l’assemblée. Mon assaillant, frustré de n’avoir pu satisfaire son envie s’acharne sur moi, me possédant violemment, m’écrasant de tout son poids et me murmure un flot d’insanités à l’oreille. De me voir offerte et réduite ainsi à l’impuissance par ses amis semble l’exciter au plus haut point.
- T’aimes çà petite pute, Hein !.. T’aimes qu’on te prenne par derrière, Hein ?…Ecarte bien les cuisses… et après tu me suceras à fond… Petite garce, Un jour j’te défoncerai le cul… J’tee, je… Ha ! Haaaa !
Ses mains se crispent sur mes épaules. Ses ongles s’enfoncent dans ma peau. Je fais une grimace d’écœurement et retiens un cri de douleur tandis qu’il s’épanche en moi une dernière fois.
Une fois relâchée, j’ai du contenter les pulsions renaissantes de mes assaillants émoustillés par la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux. Mon ventre, ma bouche, mes mains, ont de nouveau satisfait leurs désirs.
Cette nuit de démence n’en finira donc jamais !

17 mars 2010

Chap. 66. Rupture.

Marc continue de travailler.
Je sais qu’il porte une oreille attentive à mon récit mais il n’en laisse rien paraître. Je prends une profonde inspiration et poursuis à voix basse, lui détaillant la façon dont le gros homme, sans même se déshabiller, m’a imposé une fellation débridée et que les autres, excités à la vue de ma prestation, ont voulu leur part et se sont servies de ma bouche sans vergogne, à tour de rôle.
Je lui raconte comment ils m’ont saisie et entraînée sur le lit. Ecarté mes cuisses, fouillé mon ventre en riant, caressé mes seins, mes cheveux… Mes cheveux !
De nouveau je suis le centre de la tourmente. Le centre de leurs sarcasmes qui se veulent drôle mais ne font rire qu’eux.
Combien de temps cela a-t-il duré ? Je ne saurais le dire ! Je me suis réfugié dans un monde intérieur où le temps n’existe plus, mon esprit a fuit, quitté ce corps souillé qui n’est plus que poupée de chiffon entre leurs mains. Je réagis mécaniquement, sans enthousiasme. J’émerge parfois de ma torpeur lorsqu’un coup de boutoir plus fort que les autres me fend en deux ou lorsque ma bouche s’emplit de liqueur amère et que je m’étrangle de dégoût et crache sous les quolibets. Puis, je replonge dans mon indifférence.

Les hommes sont fatigués, mes muscles me font mal, les couettes qui liaient mes cheveux ont été défaites sous la violence des nombreux assauts et ma chevelure trempée de sueur tombe sur mon visage je suis à demi à genoux sur le lit, la croupe tendue. C’est ainsi qu’ils m’ont laissée, ainsi qu’ils ont voulu me voir, m’avoir, une dernière fois. Un silence d’après la bataille règne dans la pièce. De temps à autre une molle exclamation fuse vantant la soirée qui vient de s’écouler. En réponse des rires paresseux me parviennent, comme à travers une étoupe de coton. Je suis épuisée et n’ose plus bouger. Une main, parcourt encore nonchalamment le bas de mon dos, mes fesses. Mais je n’en ai cure, je voudrais m’endormir. Elle s’attarde sur les globes lisse, remonte le long de mon dos, puis revient lentement sur mes reins s’immisçant dans le fin sillon, ses doigts plongent de temps à autre à l’intérieur de mon ventre béant, entrouvrant une fois de plus les portes maintes fois forcées, mais je ne les sens plus. Ils butinent à la surface de ma peau souillée de sueur et de sperme, reviennent entre mes jambes, viennent fureter autour de la tendre rosette offerte et cherche brusquement à s’y introduire.
Un flash lumineux passe devant mes yeux assoupis. Une décharge électrique secoue tout mon corps, mes reins se cabrent et dans un spasme de tout mon être, je sors brutalement de ma torpeur, galvanisée et me redresse en criant.
- Noon!
Le mouvement de répulsion a été un réflexe incoercible.
D’un bond, Je me mets précipitamment hors de la portée de l’homme qui reste un moment interdit de me voir protester et s’échapper de ses bras. Je reste moi-même surprise par la violence de ma réaction. Il a voulu profaner ce que je réserve à Mon Maître! Mon esprit tourne à cent à l’heure. Je ramène mes mains sur la poitrine et me mets à trembler de tous mes membres. De corps, je suis offerte à ces hommes mais le suis-je aussi totalement ? En avait-il le droit ? Je ne sais pas ! Je m’aperçois que je viens d’avoir une réaction animale de sauvegarde. Au fond de moi je suis sûre qu’il n’a pas l’autorisation. Mon Maître tiens trop à ses prérogatives et je suis prête à les défendre bec et ongles.
Toutes les têtes se tournent vers moi. Les hommes à moitié endormis non pas compris ce qui vient de se passer et le gros homme sorti de sa stupéfaction tient à les renseigner
- Ben alors ma chérie !… T’aimes pas ?
Il se relève péniblement sur les genoux les autres hommes se lèvent à demi
- Aller, viens, on va aller plus profond… On va l’écarter cette rondelle !
Il tend un bras vers moi en riant grassement.
Je fais un pas en arrière et regarde derrière moi, je suis à l’autre bout de la chambre, la porte me semble si loin !
Mon attitude de biche aux aboie lui fait comprendre ce que je vais faire.
- Non, non ! Tu restes là ma jolie, j’en ai pas fini avec toi… Je veux ton petit cul !
Et il fait le geste de se relever.
Ma décision est prise, je me retourne vivement et m’élance vers la porte.
Un pas, puis deux, une sorte de soulagement euphorique s’empare de moi. C’est fait ! Je m’en vais, peu importe ce qui en résultera. Mon contrat avec Marc, avec Kristale, ces deux liens brisés sur une impulsion ! Mais c’est au-delà de ce que je peux supporter.
Je m’envole et reprends ma liberté.

13 mars 2010

Chap. 65 : Les compagnons de mon devoir.

Cela fait un quart d’heure que j’attends.
Un quart d’heure que je suis sur le sol, nue, à genoux, les mains dans le dos. La lumière qui se faufile dans l’atelier me réchauffe une épaule et vient jouer avec mes hanches. Involontairement mon regard se pose sur mes cuisses écartées et les légères marques bleues qu’y ont laissé les mains des hommes. Marc est à sa table de travail. Il peint. Il ne s’est pas interrompu lorsque je suis entrée. Je ne l’ai pas dérangé. J’ai fermé la porte derrière moi et me suis rapidement déshabillée pour venir me prosterner à un mètre de lui. Seul le léger tintement du grelot de mon collier de novice a troublé la musique de fond. Dans cette immobilité forcée, je prends conscience maintenant que mon corps est fourbu de courbature. Les douches brûlantes successives que j’ai prises jusqu'à ce matin ne m’ont soulagées que temporairement.
Marc se redresse plonge son pinceau dans un récipient de verre et l’agite. Il semble me découvrir. Nos regards se croisent. Il a un petit sourire en coin.
- Alors ?… Raconte-moi çà !
Bien sur, j’aurais dû m’en douter !
Il sait à quel point cela va être difficile pour moi de verbaliser cette épreuve. Et il ne se privera pas du plaisir de me voir bredouiller, chercher mes mots, rougir de honte jusqu’à la racine des cheveux, baisser les yeux de confusion.
Et c’est effectivement en bafouillant, a voix basse, que je lui rapporte mon histoire depuis que nous nous sommes séparé. Qu’il m’a laissé nue et seule au milieu de la clairière !.
Je lui raconte l’arrogance de Kristale. Je lui raconte ces hommes qui m’ont prise comme un objet. Parfois Marc relève la tête et réclame des détails. Je cherche mes mots et ils franchissent mes lèvres tremblantes comme à refus. Les oreilles me chauffent, mes yeux fuient les siens quand il daigne jeter un regard vers moi.
- Et… Tu as aimé ?
S’il y a bien une chose que je ne peux faire à Mon Maître, c’est lui mentir!
Et pourtant.
- N… Non Monsieur !
- Je veux dire… Physiquement ?
- Je, je,… Parfois… C’est… difficile à dire !
Oui ! Comment admettre que mon corps a vibré bien involontairement sous les caresses ! Une trahison qui m’a mortifiée et me laisse un arrière goût de trahison à moi-même. L’impression d’être double et de voir mon corps se tordre et ma bouche gémir des cris obscènes que, d’habitude, je ne réserve à mon Maître.
Marc insiste.
- Mais si, c’est facile a dire !… Tu as joui ?
Dans mon dos mes mains tricotent nerveusement des doigts.
- Je... Oui... Oui Monsieur… Un peu !
Les sourcils de Marc se lèvent d’incrédulité
- Un peu ?
Il s’esclaffe en secouant la tête comme s’il n’était pas dupe de ma réponse.
Il reprend son travail.
- Continues !
Kristale est descendue.
J’étais persuadé qu’elle allait vous chercher Maître ! Que vous veniez me délivrer et me ramener dans vos bras ! C’est vous que j’attendais de tout mon cœur de toute mon âme.
J’ai cru m’évanouir lorsque j’ai vu surgir trois hommes dans la chambre.
Un surtout, le pas lourd, le visage rond, qui ventile l’air de ses bras et interpellant d’une voix hilare.
- Alors les gars vous avez commencé sans nous et…
Il stop net sa logorrhée en me regardant.
Je suis assise sur le bord du lit, je me préparais à accueillir Marc en me précipitant à ses genoux.
L’homme a un sifflement admiratif et reste un moment interdit.
- Et bien!… Jolie minette! …Si je m’attendais !…
Il me contemple de la tête aux pieds. Les hommes qui le suivent reste derrière lui et ont également la même expression de surprise.
- Et bien !… Kristale tu as dit qu’elle était jolie… Mais là !…
Il a un nouveau sifflement d’admiration et se tourne vers ses amis.
- Vous avez vu çà ?
D’un commun accord ils opinent du chef sans un mot.
Le premier doit avoir la trentaine, un visage en lame de couteau, des petits yeux brillants enfoncés dans les orbites qui lui donne un air inquiétant, taciturne. L’autre est jeune, très jeune en le regardant bien je me dis qu’il doit être plus jeune que moi. Seize ou dix-sept ans, pas plus. Les cheveux bouclés, du duvet mal rasé sur les joues, des rougeurs d’acné. Ils contrastent tous deux avec la bonhomie disgracieuse de leur compagnon. Kristale les suit à un pas derrière. Et comme ils restent pantois devant mon corps nu, elle en profite pour se glisser devant.
Elle à un petit geste négligeant dans ma direction
- Je vous présente Isabelle…Elle vous attendait !
Elle a un petit sourire narquois et continue.
- Messieurs Je vous laisse donc en bonne compagnie,… N’est ce pas ?
Elle s’empare de son sac et le jette sur l’épaule. En passant prés de moi elle se penche à mon oreille et murmure de façon à n’être entendu que de moi.
- Soit une bonne petite chienne !
Et d’un pas décidé, sans se retourner se dirige vers la porte qu’elle franchit et referme derrière elle dans un claquement sec.
Un silence pesant suit tandis que les regards des hommes parcours ma peau. J’ai l’impression que je vais tomber dans les pommes. Le bourdonnement sourd de mes oreilles couvre le vide figé de mes pensées. Kristale partie, je me sens terriblement vulnérable,… Abandonnée.
Comment raconter cela à Mon Maître ! Lui dire le goût de la peur au fond de ma gorge. Mes jambes qui se dérobent et ma poitrine qui se glace jusqu’au bas de mon dos lorsque que les hommes me mettent debout et tournent autour de moi pour mieux me contempler. Lui décrire les mains qui glissent sur ma peau en des caresses pressées, maladroites !
- Mettez-vous donc à l’aise !
C’est Serge qui vient de parler.
Il a récupéré son souffle et se tient nonchalamment assis sur le sol, Un genou replié, une jambe tendue. Sa nudité arrogante vient illustrer sa proposition. Et les nouveaux venus ne se font pas prier. Seul le volubile reste prés de moi. Il me caresse les épaules, le cou. Il l’air hypnotisé, captivé. J’essaye d’échapper à son regard, mais il me saisit par le menton et me ramène à lui. Son autre main se pose sur ma poitrine et vient jouer négligemment avec le téton durcis de mon sein droit.
Il me détaille de la tête au pied.
- Mais dis donc, tu as quel âge toi ? … Humm. Tu me semble bien jeune ?
Je déglutis et me remémore la recommandation de Kristale. Je ferme les yeux à demi. Et m’entends répondre la voix cassée.
- Dix…Dix sept ans … Monsieur !
L’homme a un large sourire, Il a l’air ravit.
- Monsieur ?
Il rigole grassement et interpelle.
- J’adore çà !… Eh les gars ! Je n'en ai jamais eu d’aussi jeune… et vous ?… Kristale nous gâte !
Un froid glacial me parcourt le dos. Je me rends immédiatement compte que ce petit mensonge imposé par la blonde nordique va me piéger et déclencher chez ces hommes un regain d’intérêt.
Les autres répondent à son interrogation par des murmures, des assentiments,
Serge enfonce le clou.
- Elle est jeune, mais elle bonne… D’ailleurs elle est là pour çà !
La main épaisse me lâche le menton et vient peser sur mon épaule.- On va voir çà tout de suite !…
- Mets-toi à genoux gamine !

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10 février 2010

Chap. 64. Sous l’œil de Kristale

Ma vision se trouble. Dans un brouillard ondoyant, je distingue Serge plier méthodiquement ses vêtements sur le dos d’une chaise. Une langueur que je connais bien m’envahit peu à peu. Je sais que ma raison va s’abolir. Je sais ce que ces hommes veulent de moi. Ce qu’ils vont faire de moi. Toute mon âme s’y refuse et pourtant je reste là, les bras le long du corps. Je suis tiraillée entre l’envie de fuir et celle d’obéir à Mon Maître. Je m’enfonce dans une sorte de rêve cotonneux où mes pensées tournent en rond ; Fuir, …Rester… , Fuir, … Obéir,... Hurler, …Sourire ! L’absurdité de ma condition est telle que suis paralysée par mes contradictions. Je m’évade, mon corps lui-même disparaît et cesse toute relation avec mon esprit qui s’égare et s’éloigne. J’ai envie de me laisser tomber par terre comme un paquet de linge et de m’endormir. Ces hommes, ils pourront alors faire ce qu’ils veulent de moi, de toutes les façons je n’existerais plus. Ils me seront alors indifférents et ce ne sera que chair vide, sans âme, qu’ils posséderont. Je prends une profonde inspiration et ferme les yeux. Je m’échappe.
Mais c’est sans compter sur la vigilance de Kristale. Elle remarque la pâleur de mes joues, ma soudaine décontraction, mes yeux qui se ferment et mes lèvres qui cessent de trembler. Croit-elle que je vais m’évanouir ? Ou bien a-t-elle compris à mon attitude résignée et que je risque d’échapper à ma sanction, au moins mentalement.
- Hé ho ! Isabelle, revient avec nous !… Ouvre les yeux !
Des doigts claquent devant mon visage. La blonde nordique s’est approchée de moi pour me tirer de ma rêverie et me ramener à la réalité. Elle souffle à mon oreille sur un ton entendu.
- Je veux que tu n’en perdes aucune miette !
J’obéis immédiatement à son injonction et ouvre les yeux. Serge est devant moi. Il est maintenant entièrement nu et mon regard est involontairement attiré par sa virilité fièrement érigé. Il s’avance d’un pas.
- C’est la première fois pour cette petite ?
Demande-t-il à Kristale.
Elle prend un ton ironique.
- Non, Non,… Elle est un peu timide. Mais çà va lui passer ! Il vous faut juste la chauffer un peu !
Et, tout en disant cela, elle s’empare de ma main, la guide vers le sexe dressé m’obligeant à l’enserrer de mes doigts gourds. Je frissonne. Le contact de la verge est brûlant. Je peux sentir le désir de l’homme palpiter au creux de ma paume. Serge s’avance un peu plus collant son sexe encapuchonné de ma main contre mon ventre et, me prenant par les épaules :
- Cela va bien se passer ma belle… Tu vas aimer !
Il me pousse lentement vers le lit qui jouxte le mur le plus long. Mes mollets cognent contre son rebord et, repoussée par les mains puissantes de l’homme, déséquilibrée, je bascule en arrière. Je me retrouve assise sur le lit étreignant encore timidement le bâton de chair vibrant.
Ma position, assise devant lui, son sexe à la main, ne pouvait que susciter chez celui ci un désir de caresse immorale. Et cela est bien sa perverse intention ! Sa main enserre la mienne pour, de force, guider sa verge vers mes lèvres. Je me détourne instinctivement pour essayer d’échapper à l’indécente demande. Sa main gauche vient alors se poser sur ma joue et, délicatement mais fermement, m’oblige à lui faire face. Je lance un regard désespéré à Kristale qui a déjà commencé à prendre des photos. Elle a alors une mimique de réprobation et, comme aurait pu le faire Mon Maître, a un claquement de langue qui m’incite à ne pas résister au désir de l’homme.
Le gland poli se pose sur mes lèvres.
Kristale a un mot qui se veut d’encouragement.
- Aller Isabelle, c’est parti, ouvres moi donc cette jolie bouche !
Lance-t-elle en portant l’appareil photographique devant ses yeux moqueurs.
Que faire d’autre ?
Kristale vient de le dire. Ma punition commence et je dois l’accepter ! Mes lèvres s’entrouvrent et s’arrondissent autour du gland qui se fraye délicatement un chemin vers le fond de ma bouche. L’homme a un grondement de satisfaction et, maintenant sûr que je ne regimberai plus, vient caresser mes joues et mes cheveux de ses mains fébriles.
Il aime la caresse de ma bouche et tient à le faire savoir.
- Humm… C’est bon çà !... Allez ma chérie !
Il marque ainsi le départ d’un long va-et-vient entre mes lèvres. Le rythme s’accélère et devient plus violent. Par à coup le gland turgescent bute au fond de ma gorge et provoque une nausée que je réfrène avec peine en sursautant de tout mon corps. Se méprenant sur mes intentions, croyant que je cherche à me dégager, il s’empare de mes couettes qui lui offrent une prise idéale pour me contraindre à rester en place.
La douceur de mon assaillant a vite fait place à une excitation incontrôlable. Il cambre les reins en écartant les jambes pour me posséder plus profondément encore. Je respire rapidement par le nez en essayant de contrôler ma respiration et la peur qui me submerge. Il n’a maintenant plus de pitié pour moi et ne tient pas compte de mes pauvres gémissements étouffés. Je me crispe de tout mon corps, mes mains s’agrippent au couvre lit, persuadée que sa jouissance ne va pas tarder à venir envahir ma bouche et couler au fond de ma gorge. Je retiens une grimace de dégoût et me prépare à l’abject hommage. L’homme respire fort et ses reins s’agitent à me briser les vertèbres du cou. Pourtant il s’arrête brutalement en soufflant bruyamment.
- Ha ! Hum ! Bon sang, elle est trop bonne …Tu …tu devrais essayer Bruno !.
Il cherche visiblement à contrôler sa respiration. Il se retient de jouir et cela semble lui coûter un effort surhumain.
Son sexe se retire de ma bouche d’un seul trait comme si il s’était brûlé. Je lève rapidement les yeux vers lui. Son visage est congestionné, crispé en un masque affreux, il se mord les lèvres et inspire par saccade. Sa verge, qui brille de ma salive, a doublée de volume et a prise une teinte violacée tellement elle est tendue. Je m’attends à tout moment à ce qu’il crache son immonde liqueur vers moi. Je me détourne, à la fois de peur et de honte que je puisse ainsi générer autant de désir perverti.
Je déglutis ma salive trop abondante résultant de son assaut et attends que mon assaillant récupère ses esprits.
Ce qui ne tarde pas Il s’ébroue !
- Bon ! Passons au chose sérieuse…Je te laisse la place Bruno ?
Il se penche sur moi et me saisis par le poignet, m’obligeant à me relever à demi. Du même élan, d’un geste puissant il me bascule et me retourne.
Je me retrouve à quatre pattes sur le lit. Et, sans même avoir le temps de reprendre mes esprits, une main se glisse entre mes jambes les écartant vigoureusement. Deux doigts nerveux disjoignent les lèvres de mon ventre et s’introduisent sans ménagement à l’intérieur de mon vagin. Il leur imprime un mouvement de vrille comme pour masser le passage et le préparer à l’assaut qui va suivre. Il cherche à y joindre un troisième doigt de force. Il me fait mal et je lâche un cri de désarroi. Il renonce et interpelle de nouveau son complice.
- Allez Bruno… Ne fait pas attendre la demoiselle…Elle est chaude là !…
Et dans le même temps ôte ses doigts du doux fourreau qui sont vite remplacés par l’intrus qui a violé ma bouche.
Un froid glacial me tétanise la nuque tandis que le bélier de chair brûlante se fraye un passage entre mes jambes. La pénétration de l’inconnu me jette dans un flot de détresse et d’affliction.
Ainsi tout est consommé ! Je ne suis plus que leur chose et je viens de l’accepter sans même me débattre, sans broncher, sans protester, validant ainsi à leurs yeux ma totale obéissance.
Bruno lui, a décidé d’imiter son compagnon de fortune. Pendant que je suis forcée à quatre pattes sur le lit de fortune, ses mains s’emparent de mes cheveux et me forcent à relever la tête. Je me retrouve face au ventre menu, blanc, du jeune garçon au centre duquel se dresse une virilité fine, délicate, mais dont je perçois immédiatement l'empressement. Et sans me laisser le temps de protester, il en plaque énergiquement le gland contre mes lèvres. Son sexe exhale le même parfum que son after-shave de supermarché. Et je ne peux m’empêcher de l’imaginer faire sa toilette s’inondant les joues le torse et le bas ventre de déodorant. Je frise du nez, mais inutile d’esquisser la moindre tentative de fuite. A quoi bon ! J’entrouvre la bouche et accueil l’impatient dans ma chaleur buccale. Son sexe est plus fin que celui de Serge et ma langue se moule sans contrainte à la base de son gland. Une sourde vibration en émane. Au contraire de Serge, il s’enfonce lentement dans ma bouche, d’un glissement précautionneux, comme s’il craignait de me faire mal. Une fois bien installé dans le fourreau de mes joues, il lâche mes cheveux et ses mains se posent sur mes tempes, enserrant ma tête entre ses mains pour lui imprimer un léger mouvement de balancement. Il se masturbe entre mes lèvres !
Pendant que les deux compères s’agitent, je prends conscience que pour la première fois de mon existence deux hommes me possèdent en même temps. Et deux inconnus, qui plus est ! Je me sens tout à coup vulnérable et accablée à la fois. Atterrée de ce que ma soumission à Marc me conduit à accepter ; Moi, la tendre et joyeuse Isabelle à peine sortie de l’adolescence, devenue le jouet pervers de deux individus sans scrupule dans une chambre isolée d’une maison perdue au cœur d’une forêt que je ne connais pas…
- …On change ?
C’est la voix de Serge qui vient de me tirer de ma réflexion. D’un commun accord les deux hommes se désengagent de leur fourreau respectif. J’en profite pour m’humecter les lèvres d’un coup de langue nerveux et de tenter d’apercevoir Kristale. Captant mon regard elle me sourit, un sourire malicieux. Son appareil photo toujours à la main, elle ne perd pas une miette de ma déchéance.
Serge s’invite de nouveau entre mes lèvres tandis que Bruno s’évertue à ouvrir mes cuisses et se glisser en moi en me saisissant les hanches de toutes ses forces.
Comme cela leur est facile de me posséder ! De me soumettre à leurs caprices ! Combien de temps cela a-t-il duré ? Plusieurs fois ils vont intervertir leurs places comme si ils n’arrivaient pas à se décider sur quel autel ils allaient officier définitivement. Je ne suis plus qu’une poupée de chiffon que l’on manipule. Et comme une poupée inerte il me couche sur le dos pour parfaire leur besogne. Serge exige que j’y mette plus d’entrain ! Kristale approuve ! Sous ses ordres mes mains enlacent les sexes tendus vers moi, ma bouche caresse et ma langue lèche la surface polie de glands durs et polis comme de l’ivoire. Ils se couchent sur moi. Ouvrent mes cuisses et me pénètrent à tour de rôle en riant et s’encourageant mutuellement. Leurs mains fouillent les plus intimes recoins de mon corps abandonné de son esprit, cherchant à le faire vibrer, s’esclaffant à chaques cris, chaques gémissements, à chaques soupirs qu’ils tirent de moi.
Si ils savaient que mon esprit est alors tout entier tendu vers un seul être ! Marc ! Marc à qui je dédie chacun des cris que mon corps ne peut s’empêcher de lancer sous les caresses indécentes des deux soudards. Ils ne voient pas alors les larmes éphémères que j’écrase d’une main rapide, je ne veux pas donner une nouvelle fois l’occasion à Kristale de me traiter comme une gamine émotive.
C’est au fond de mon ventre brûlant que le premier, Serge, s’abandonne. Libérant une liqueur abondante dans un cri rauque, jetant des imprécations inarticulées alors que ses mains se crispent sur mes seins pour mieux me pénétrer.
Comme la jouissance des hommes est ridicule ! Mes poings se referment de rage, étreignant convulsivement la couverture entraînée au sol alors qu’ils m’avaient mise à quatre pattes sur le parquet. Satisfait, l’homme s’effondre sur lui-même comme une baudruche qui se dégonfle, relâchant son étreinte. Il se dégage de mon ventre dans un ignoble bruit de succion et s’allonge à même le sol, les bras en croix, visage tourné vers le plafond, cherchant à reprendre son souffle en respirant bruyamment et manifestant son plaisir à haute voix.
- Ah bon sang… Ce que c’est bon !… Bon sang !… Merci Isabelle !
Merci ? Merci de quoi ? Je ne vous ai rien donné ! Vous l’avez pris. Ne comptez pas sur moi pour vous donner l’absolution. Mon corps vous l’avez réduit à votre plaisir, vous l’avez violé avec mon consentement, Mais vous n’êtes qu’un instrument. L’instrument de Kristale, l’instrument de Mon Maître et de leur cruel châtiment.
Profitant que le chemin est libre et que son compagnon gît sur le sol. Bruno me saisis par l’épaule pour me redresser et me diriger de nouveau vers le lit. Il m’allonge délicatement, presque amoureusement, sur le dos par dessus les draps froissés. Je m’aperçois que je tiens encore la couverture d’une main serrée à m’en faire mal aux phalanges. Il se couche sur moi et embrasse amoureusement mon ventre puis ma poitrine, mes seins. Mes tétons roulent sous sa langue et se dressent. Il joue un moment avec eux puis sa bouche remonte le long de mon cou vers mes joues qu’il baise avec tendresse. Il tente un baiser sur mes lèvres alors que son sexe s’introduit doucement, forçant les portes maintenant entrouvertes de ma vulve. Un sursaut de répulsions me fait tourner la tête et échapper au baiser.
Non. Je ne veux pas ! Je ne veux pas lui offrir le moindre sentiment d’affection. Je ne l’aime pas ! Il peut faire ce qu’il veut de mon corps offert par Mon Maître Mais jamais, jamais, je ne donnerais un baiser à ces hommes. Mon cœur ne leur appartient pas !
Un instant décontenancé le jeune homme revient à la charge et tente une deuxième fois de poser ses lèvres sur les miennes. De nouveau je me détourne. Ma tête tourne de droite à gauche pour échapper au baiser et lui faire comprendre qu’il ne doit pas insister. Je sais au fond de moi que j’ai le droit ! Je sais que je peux refuser de lui donner cette attention que je réserve à ceux que j’aime.
Voyant qu’il ne parviendra pas à me faire accepter sa bouche Bruno donne un rapide coup de reins s’enfonçant violemment au fond de mon ventre. Il se redresse et me saisit les épaules. Alarmée, je ne peux m’empêcher de le regarder. Il a pris un air revêche les sourcils froncés, les lèvres pincés. Je comprends à sa mine renfrognée que vexé par mon refus il veut m’imposer pire qu’un baiser. Enfin le croit-il ! Plusieurs coups de rein suivent. Mécaniquement il entame un va-et-vient contre mon ventre entre mes cuisses passivement écartées. Je ne le regarde plus. La tête tournée sur le côté j’attends sans bouger qu’il passe sa frustration et ayant atteint son plaisir, il s’épanche en moi. Comme l’a déjà fait son compagnon !
Comme dans un songe éveillé je le sens s’agiter au dessus de moi de plus en plus rapidement. Son souffle rauque s’accélère. J’ai l’impression que l’ignoble pénétration et le frottement de son corps nerveux contre le mien dure depuis des heures, lorsque le portable de Kristale se met à sonner. Perturbée j’entrouvre les paupières et vois à travers le voile humide de mes yeux la blonde hollandaise se diriger vers son sac. Elle y dépose son appareil photos et en extirpe un téléphone. Elle le porte à son oreille.
Secouée par les saccades que m’imprime Bruno je ne perçois pas ce qu’elle dit Mais je vois son visage s’éclairer. Elle referme d’un geste sec le boîtier et fait un pas vers moi et se penche en souriant.
- Tu as de la visite…Tu vas être contente !
Elle se relève
- Messieurs je vous laisse un instant. On me demande à la porte d’entrée.
C’est sans doute Marc qui reviens me chercher ! Mon esprit se remplit d’allégresse. Il vient me chercher ! Me sauver ! Mon cœur se remet enfin à battre à grands coups.
Et je la vois s’éloigner, ouvrir la porte et disparaître dans le couloir. Et c’est à ce moment que Bruno dans un feulement inarticulé jouit en tressautant au fond de mon ventre, et, tétanisé, s’abat de tout son poids sur ma poitrine. Il tressaille encore quelques instants, sa tête posée sur mon épaule, en me caressant les cheveux. Je reste imperturbable, vide de sentiments, sans bouger sous le poids de son corps. Mes mains s’éloignent de lui au-dessus de ma tête, comme pour ne pas le toucher, éviter son contact répugnant.

27 janvier 2010

Chap. 63. Présentations.

Je reste derrière Kristale qui me sert de paravent et cache ainsi ma nudité aux yeux des deux individus. Je les observe par-dessus son épaule. Ils sont nonchalamment assis dans de petits fauteuils de velours. Un jeune homme à peine plus âgé que moi, et un homme d’apparence plus âgée, les tempes grisonnantes, mais à l’allure fine et athlétique, dans un costume de bonne facture.
En apercevant Kristale ils se lèvent à l’unisson.
- Merci de votre patience, Messieurs ! Je pense que vous ne regretterez pas votre attente !
Et tout en disant cela elle fait un pas de côté me dévoilant à leurs regards. Les deux visages se tournent vers moi. Le plus jeune a les sourcils qui se soulèvent d’approbation tandis que l’autre mime un sifflement muet d’admiration tous les deux ont les yeux qui s’allument d’intérêts.
- Je vous présente Isabelle !
Je ne sais pas comment me mettre. J’ai ramené mes mains devant mon ventre en les joignant, et pour échapper à leurs regards inquisiteurs qui parcourent mon corps nu, je baisse la tête. Une chaleur intense me monte aux joues.
- Approche-toi un peu Isabelle !
Mécaniquement, je fais un pas, puis deux, en avant. J’ai la tête qui bourdonne et mon cœur qui bat à tout rompre. Que dois-je faire? Je m’aperçois que Kristale ne m’a rien préconisé. Prendre la position de soumission ? La blonde hollandaise ne m’a rien dit sur ces hommes ! Sont-ils des maîtres ? Le fait que l’on m’ait ôté mon collier m’incite à penser que non. Je lance un regard interrogateur à Kristale. Mais elle ne réagit pas. Je reste les jambes jointes, verrouillées. Risquant la réprimande.
Réprimande qui ne viendra pas.
- Cette charmante demoiselle se propose d’être votre hôtesse pour ce soir. Elle est dévouée et entièrement à votre disposition. Je vous avais bien dit que vous ne le regretteriez pas.
Le plus âgée s’approche de moi et pose une main moite sur mon épaule. Je frissonne d’appréhension. Sa main s’attarde un instant sur mon cou puis s’empare de mon menton me forçant à relever la tête et le regarder. Il a un sourire de satisfactions et ses yeux brillent de fièvre
Il lance.
- Tu as toujours beaucoup de goût Kristale et nous ne sommes jamais déçus… Mais là, tu te surpasses !
Sa main lâche mon menton et retombes sur ma poitrine s’emparant de mon sein gauche et englobant de l’autre le sein libre. Ses pouces viennent délicatement en frotter les pointes qui se dressent et se durcissent sous la caresse.
Mon cœur bat la chamade et manque s’emballer. J’étouffe un soupir pour ne pas crier ma désapprobation. Je baisse les yeux. Je sais maintenant quelle va être la teneur de ma punition. J’ai l’impression que mon esprit vacille au bord d’un gouffre insondable.
Oh! Mon Maître qu’avez vous fait ! Pourquoi voulez-vous çà de moi ?
- Elle est brûlante et sa peau est douce… N’est ce pas Bruno ?
Pour toute réponse du jeune homme, deux autres mains se posent sur mes hanches puis viennent caresser mes reins et mes fesses.
Une peur panique s’empare de moi. Tout mon corps est tendu, prêt à fuir. Un goût d’adrénaline monte du fond de ma gorge. Je déglutis péniblement, faisant un effort surhumain pour ne pas bouger, pour ne pas me débattre et repousser ces mains aux caresses abjectes. Je concentre mon esprit sur mon devoir pour ne pas hurler. Surtout ne pas décevoir Mon Maître!
Kristale surenchérit.
- Oui très chaude et… très humide aussi… Nous venons d’avoir une petite conversation… Elle est déjà toute mouillée… N’est ce pas Isabelle ?
Heureusement Kristale n’attend pas ma réponse. J’en serais bien incapable. J’ai la gorge nouée d’angoisse.
- Ecarte les jambes Isabelles… Laisse donc Serge vérifier par lui-même !
Je souffle profondément par le nez pour essayer de me détendre et comme dans un rêve je me vois ouvrir les cuisses et, même, légèrement cambrer les reins. Je laisse toutefois pendre mes mains le long de mon corps en signe de passivité résignée. Il n’en faut pas plus pour que la main de Serge quitte mes seins, glisse rapidement sur mon ventre et s’engouffre entre mes jambes. Un doigt épais s’introduit rapidement entre les lèvres humides de mon sexe et y fouille longuement. Je m’attends à une réflexion salace, mais l’homme goûte en silence, et avec un plaisir non dissimulé, la chaleur humide de mon ventre. Derrière moi les mains maladroites, au début de leur exploration, précisent leurs caresses le long de mes reins et de mon dos et profitent de l’écartement de mes jambes pour s’insinuer entre les globes de mes fesses comme pour en découvrir les plus intimes recoins.
Surtout ne pas défaillir !
Derrière moi Bruno s’approche encore un peu plus et profitant que la place se libère vient caresser ma poitrine dressée en se collant contre moi. Je sens nettement à travers son pantalon sa virilité tendue qui se plaque contre mes fesses. Il vient renifler à mon oreille et va jusqu'à poser un baiser sur mon cou. Il sent l’after-shave bon marché. Je retiens un sursaut de répulsion. Il ne perd pas de temps et commence déjà à s’accaparer de mon corps offert à ses attouchements fébriles.
Otant vivement sa main d’entre mes jambes Serge se dirige vers le fond de la pièce portant les mains à son col de chemise et commencent le déboutonner.
Il interpelle dans un même temps son jeune compagnon.
- Bruno, met toi donc à l’aise !…Tu restes avec nous Kristale ?… Tu participes ?
Il ôte sa chemise, dévoilant un torse puissant et, sans prendre de temps d’arrêt, déboutonne son pantalon. Kristale lui répond d’une voix espiègle.
- Oui, je reste un moment, mais je ne participe pas… C’est Isabelle qui est à l’honneur ce soir ! Je suis juste sa chaperonne… D’ailleurs… !
Elle interrompt sa phrase et se dirige vers une table basse sur laquelle est posé un sac à main. Elle en extirpe un objet plat, métallique, à l’œil de verre, et le brandit dans notre direction.
- Cela ne vous gène pas que je prenne quelques photos, messieurs. Vous n’êtes pas trop pudique ?
Les deux hommes s’esclaffent.
Kristale prend cela pour une approbation.
Elle s’approche de moi, se penche à mon oreille, et me murmure sur un ton malicieux
- Un petit souvenir pour Marc !

20 janvier 2010

Chap. 62. L’admonestation.

-…La soumission implique des devoirs dont tu ne fais qu’effleurer l’étendue, ma chérie. Jusqu'à maintenant tu n’as fait que jouer ! C’est par jeux que tu es venue te proposer à Marc ? N’est ce pas ?
Force est de constater qu’elle à raison ! Je me remémore mon premier entretient avec Mon Maître et la jubilation intérieure mêlée de peur. Mais d’une peur jouissive comme lorsque l’on fait une chose interdite, mais que l’on sait que l’on ne risque pas grand chose à le faire.
- Je… Oui, Madame !
Kristale a un petit sourire en coin
- En fait, derrière tes airs de sainte-nitouche, tu es vraiment une petite garce… Et tu aime çà en plus ! N’est ce pas ?… Dit moi que tu aime çà !
Je commence à comprendre que j’en suis à la nouvelle étape de ma punition.
Kristale partage avec Marc ce goût à l’humiliation verbale avec cette propension a m’y associer contre ma volonté. Ils savent tous deux à quel point cela peut être pour moi, jeune fille bien policée, plus mortifiant que n’importe qu’elle vexation physique. Tout simplement parce qu’ils touchent toujours justes là où il faut pour me déstabiliser et me plonger dans une profonde confusion.
- Oui… Oui, Madame… J’aime çà !
Et l’admettre à haute voix provoque chez moi toujours la même sensation de plaisir veule. C’est exactement comme lorsque l’on a le vertige et que l’on se contraint à se pencher et à regarder vers l’abîme. Se faire peur, et provoquer des sensations ineffables de jouissances incomprises
Oui, bien sur, que j’aime cela ! Sinon je ne serais pas là nue, à genoux, les cuisses largement écartées, découvrant outrageusement mon intimité au regard de cette femme qui se délecte de mon trouble.
- Et cela te fait mouiller de savoir que l’on peut faire de toi ce que l’on veut ?
Maudite Kristale, ! Toujours pousser un peu plus loin son analyse. Elle me devine et devine que mon ventre commence à s’échauffer et à s’humidifier.
– Je… Oui, Madame.
– Oui, quoi ? Petite catin ?
– Oui, je … je …mouille Madame.
Une violente chaleur me monte aux joues et je ferme les yeux de pudeur pour échapper au regard de glace de la belle hollandaise.
Kristale éclate de rire.
- Oui, je te crois ! Je sais que tu mouilles alors que je ne t’ai même pas touché ! Je suis sûre que si je t’enfile un doigt il en ressortira trempé comme un sucre d’orge de la bouche d’une gamine !
Une vibration d’indignation me parcourt de la tête aux pieds. Faut-il donc que je réponde à cette comparaison outrancière ?
- La blonde nordique ricane encore de sa sortie, puis continue en regardant ailleurs.
- C’est un vrai bonheur que de dresser une petite aristocrate comme toi ! Tu rougis pour un rien. C’est…Adorable !
Elle redevient soudain sérieuse, presque sévère.
- Ce soir ton masque va tomber Isabelle! On va vraiment voir ce qu’il y a derrière tes airs de petite fille sage !
Elle me détaille de nouveau de la tête aux pieds.
-Tu es très belle isabelle !… Et tu vas comprendre qu’en acceptant ta soumission, ce corps, dont tu es si fière, ne t’appartiens plus ! Il appartient à ceux qui le désirent, ceux qui le veulent. C’est certainement la première et la leçon la plus importante que tu vas apprendre et retenir par cœur. De gré…ou de force ! Lorsque tu te soumets… Tu ne t’appartiens plus ! Au moins physiquement. Pour ce qui est de ton esprit, de tes pensées…Nous verrons vite de quoi ils sont faits !
Kristale se relève, elle s’approche de moi.
- Debout isabelle… Tu es attendue !
Je me relève sans ôter les mains de mon dos
Attendue ? Ce n’est donc pas Kristale qui va appliquer la sanction ? Un vague sentiment d’appréhension et de peur, me saisit. Mais, de toutes les façons, comme elle vient de me le dire ; les dés sont jetés.
Kristale se rapproche un peu plus et remet une dernière touche à ma chevelure en souriant. Ses lèvres s’approchent des miennes. Elle sent la cannelle et le tabac mêlé. Mon cœur bat à grands coups. Puis comme saisit d’un remords elle se recule brutalement et détourne la tête.
- Ah au fait !.. Si on te demande ton âge … Tu as dix-sept ans !… Compris isabelle ?
Je reste un instant dans l’expectative d’une explication. Encore une facétie de Kristale ? Un élément du jeu qu’elle veut me faire jouer ! Dix-sept ans ? Trois ans de moins ! Pourquoi pas ! Mon visage porte encore la grâce de mon adolescence et avec ces deux couettes grotesques qui pendent de chaques côtés de mon visage !… Oui, je dois faire cet âge là.
- Oui, Madame !… J’ai dix-sept ans !
- C’est bien, … Maintenant, suis-moi !
Kristale fait volte-face et s’éloigne en se dirigeant vers la porte que j’ai empruntée pour entrer dans la pièce. Je garde les mains dans le dos et lui emboîte le pas en trottinant… Nous traversons le hall au carrelage glacé et nous nous engageons dans le couloir sombre. Kristale n’allume pas la lumière et dans la pénombre se dirige sans hésiter. Elle semble bien connaître les lieux. Un escalier, tout aussi sombre, puis de nouveau un couloir étroit qui dessert trois portes.
Elle ouvre celle du fond et entre.
Je la suis à un pas derrière. Les rideaux de la pièce sont tirés mais elle est toutefois éclairée. Un frisson me parcourt la colonne vertébrale et fait se dresser les cheveux de ma nuque. Comme pour me protéger, j’ai le reflex de ramener mes mains devant ma poitrine et mon ventre nue, mais refrène in extremis mon geste.
Dans la pièce, il y a deux hommes !

13 janvier 2010

Chap.61. Le premier seuil.

Je reste un moment à regarder s’éloigner le véhicule qui disparaît sous les frondaisons, prostrée dans une sorte de torpeur cotonneuse. Une sensation intense d’abandon, renforcé par le fait que je suis seule, nue, au beau milieu de la clairière. Le soleil s’abaisse sur l’horizon se faufilant et zébrant la forêt assombrie de rayons de bronze liquide. Un petit vent frais se lève et vient m’envelopper. Cela me tire de ma torpeur. Je frissonne, redresse la tête et prend une profonde inspiration. Je me tourne vers la bâtisse menaçante. Il faut que j’y aille !
La pelouse est grossièrement entretenue. Les herbes sèches me piquent les chevilles et les pierres dissimulées me font trébucher, j’ai peur quelles ne m’entaillent la plante des pieds. C’est avec soulagement que je pose un premier pas sur les escaliers du perron. Je tremble de tout mon corps, j’ai ramené mes mains sur la poitrine et sur mon ventre comme pour me dissimuler d’éventuels regards. Je grimpe timidement les degrés. Au moins à l’intérieur je serais à l’abri. Cette pensée me fait presque sourire. A l’abri !
Une lourde porte à double battant garde l’entrée. Je la pousse doucement. Elle s’ouvre sur des gonds parfaitement huilés. Cette maison n’a que l’apparence de l’abandon et doit certainement être souvent visitée. J’entre. Un petit hall au carrelage en losange vert et blanc, un paillasson aux crins rigides qui râpe mes pieds. Je fais un saut de côté pour échapper à sa rudesse. Un couloir sombre à droite et trois portes en face de moi. L’une d’entre elles est entrouverte et une faible lumière s’en échappe. Mon cœur bat la chamade, et mes tempes bourdonnent. Je devine que c’est là ! Là qu’il me faut me présenter. Je pousse la porte et fais un pas en avant en gardant instinctivement une main devant mon bas ventre. Je tends le cou pour essayer de deviner la pièce. C’est une sorte de boudoir ou de salle d’attente, un sol de parquet ciré, un immense lustre de perles de verre, pas de meubles, hormis deux grands fauteuils à oreilles de bois doré et au tissu grenat. Sur l’un d'eux se tient une femme. Une femme au port distingué, assise précautionneusement sur le rebord du fauteuil. Un tailleur de prix à la coupe impeccable. Les cheveux blonds platine presque blancs noués en un impeccable chignon dégageant sa nuque altière. A ses doigts une longue cigarette quelle porte nonchalamment à la bouche et en tire une longue bouffée. Ses yeux de glace bleue m’observent à travers le fin rideau de fumée qu’elle exhale avec une délectation évidente.
Cette femme c’est Kristale !
Etonnement, la tension qui me nouait le ventre et crispait les muscles de mon dos s’évanouit. J’en sourirais presque tellement je suis soulagée de me retrouvé face à un visage connu.
- Te voilà enfin petite gourde ! Approche donc !
Je me redresse comme une enfant qui se cachait et que l’on vient de découvrir. Rassurée, je m’approche et, à un mètre de Kristale, je reprends la pose de soumission. La blonde nordique tire une longue goulée de fumée odorante de sa cigarette puis l’écrase dans un cendrier d’argent posé sur l’accoudoir. D’un mouvement souple elle se lève et avance d’un pas vers moi. Dans un art consommé de la mise en scène elle pose un doigt sur ma hanche et le traîne sur ma peau le tirant derrière elle en faisant le tour de ma taille, passant sur mes bras noués, mes reins et revenant sur l’autre hanche. Apres m’avoir détaillé à loisir en faisant le tour de mon corps nu, exposé, elle lance à voix basse.
- Tu sais Pourquoi tu es ici… Ton Maître te l’a dit ?
- Oui… Madame !
Cette fois j’ai répondu sans hésiter, avec même une certaine assurance. Je me suis fait à l’idée de la punition qui va suivre. L’image de Laure fouettée jusqu’au sang glisse rapidement devant mes yeux. Tout ce que je souhaite maintenant c’est que cela aille vite.
- Je dois tout de même te reposer la question… Tu peux renoncer maintenant, mais tu ne le pourras plus après ton accord !
Une sourde menace perce à travers le ton sentencieux de sa voix
- Isabelle…Es-tu consentante ? Acceptes-tu la sanction qui va t’être appliquée, quelle que soit cette sanction ?
Je ferme les yeux un instant. Mais, mon dieu, quelle sanction ? On me demande d’accepter sans même savoir ce qui m’attend. Marc tout d’abord, puis maintenant Kristale ! Ma totale confiance à Marc m’y a fait consentir. Mais Kristale ? Je la sais capable du pire… Et il faudrait que j’accepte sans savoir ? Ma raison est en train de s’abolir.
Je ne peux que consentir d’une voix blanche.
- Oui, Madame… Je suis consentante et j’accepte la sanction !
Je perçois nettement que Kristale se détend. Comme si elle redoutait un refus de ma part.
Elle s’approche de mon oreille et souffle à voix basse.
- A partir de maintenant tu es à ma disposition, tu es ma petite chienne ! Tu as compris Isabelle ?
- Oui, Madame !
-  Répète ; Je suis votre chienne… Madame !
Un feu intense embrase mes joues. Je n’aime vraiment pas exprimer verbalement ma soumission dans des termes aussi cru. C’est humiliant au possible. Et pourtant il faut bien que je le fasse.
- Je… Je suis votre… chienne, Madame.
Sous le coup de la honte, j’ai prononcé le mot, chienne, un ton en dessous.
Kristale ne relève pas.
- Bien… Et en tant que chienne, je fais de toi ce qu’il me plaît et tu obéis sur l’instant, nous somme bien d’accord ?.
- Oui… Oui, Madame !
Tout en parlant, d’un pas lent, Kristale tourne autour de moi.
- Bien... Bien.
Elle se campe devant moi et cherche dans ses poches. Elle en sort deux élastiques des chouchous et un peigne.
- A genoux !
L’ordre a claqué sèchement. Sans même réfléchir, je me penche promptement et m’agenouille sur le sol, gardant les mains dans le dos. J’écarte les jambes. Kristale fouille dans mes cheveux. Et je sens qu’elle me peigne, séparant ma chevelure auburn par le milieu en deux masses de cheveux et les reliant avec les chouchous sortis de sa poche. Une fois fait, elle s’en retourne sur le fauteuil et s’assoit en croisant les jambes Elle m’observe avec un sourire en coin.
- Tu es mignonne comme çà… Je préfère !
Je dois surtout être ridicule oui ! Affublée d’une coiffure de gamine à peine pubère. Les deux couettes tombant de chaque côté de mon visage
Elle fait le geste de s’essuyer le menton puis se recule dans le fauteuil.
Elle s’éclaircit la voix d’un raclement de gorge puis commence avec son étrange accent hollandais…

6 janvier 2010

Chap.60. Fuite en avant.

La berline roule lentement sur le chemin de terre. Comme promis Marc est passé me prendre en fin d’après-midi. Un rapide au revoir à Laure et il m’a de suite entraînée dans la voiture. Le soleil filtre à travers les branches des châtaigniers en une myriade de rayons dorés. J’ai le cœur qui bat la chamade. Marc n’a pas ouvert la bouche de tout le chemin et je n’ai pas osé rompre le silence. L’atmosphère est lourde et grave.
Nous finissons par déboucher dans une vaste clairière qui est en fait le devant d’une maison de pierre. Une façade de meulière, un perron flanqué de deux escaliers, des fenêtres et des volets à la peinture écaillée. D’ici La bâtisse semble abandonnée. Elle est petite. Certainement un pavillon de chasse, ce que semble confirmer son isolement et la vaste propriété boisée qui se prolonge bien au delà de ce que la vue peu saisir.
Marc stoppe le véhicule à une vingtaine de mètres de l’entrée. Il coupe le contact et sans me regarder prend une profonde inspiration comme pour se donner du courage. Je sens, d’une manière palpable, son intense activité intérieure. Il semble à tout moment comme prêt à renoncer.
Il finit par souffler et ouvre violemment sa portière.
- Viens, Isabelle... Sort !
A mon tour, j’ouvre ma portière et m’extirpe de la berline noire. Marc a eu le temps de faire le tour du véhicule. Il me saisit par le coude m’éloigne et m’oblige à lui faire face.
- Déshabilles-toi !
Instinctivement je lance un regard circulaire, mais il n’y a personne.
Rassurée, je commence par déboutonner mon chemisier. Il ne me viendrait pas à l’idée de désobéir à Mon Maître. Je lui tends le vêtement pour qu’il s’en empare, mais il pointe le sol du doigt. Un moment d’hésitation, puis, je le jette à terre. Le reste de mes vêtements le rejoint très vite sur le sol. Je ne porte pas grand chose, un chemisier, un jean, une paire de mocassin. Il ne faut qu’un instant pour que je me retrouve nue, mes habits éparpillés sur le sol.
Je prends le pose de soumission debout, Les poignets joint dans le dos, les jambes a demi écarté le regard fixé au sol, à un mètre devant moi.
Marc recule d’un pas et s’adosse à la voiture.
- Ton collier aussi !
Je le regarde, surprise.
Il continue.
- Il te faut être entièrement nue !
Inutile de chercher à comprendre, un ordre est un ordre.
Je lève les mains vers mon cou et dénoue la lanière de cuir et d’acier ou pend un anneau de fer et un grelot de novice. Je lance le collier au sol.
Etonnement cette fois je me sens vraiment nue, intimidée.
Un vent frais aux senteurs de sous bois humide balaye la clairière, je frisonne ma peau se hérisse et les pointes de mes seins se durcissent indécemment.
Marc se frotte le menton, son bras retombe puis me lance.
- Tu sais pourquoi tu es ici.
Je déglutis difficilement.
- Oui, Monsieur… C’est pour me… Enfin… Pour ma punition !
Je ne sais pas trop quoi dire.
Marc continue.
- Et quelles sont tes fautes ?
Il me vient immédiatement à l’esprit la plus importante.
- Je… Oui, Monsieur. J’ai oublié de mettre mon collier lorsque vous m’avez présenté Stéphanie et Nicolas !
Marc relève un sourcil et me jauge du regard.
Son visage est fermé.
- Oui… Entre autres ! … Tu oublies notre première entrevue, tu avais gardé ton slip en ma présence, Tu as incité Stéphanie à la négligence. Tu m’as désobéis et tu n’as pas tenu compte de mes avertissements lors de notre soirée chez Kristale…
Je frissonne à l’énumération de mes incartades, de la plus insignifiante à la plus grave… Moi qui fait des efforts désespérés pour être, aux yeux de Mon Maître, d’une parfaite soumission !
Une fois l’énumération terminée, Marc baisse la tête et murmure comme pour lui-même.
- Kristale m’a demandé de choisir et de conduire ta sanction…
- … Et tu connais maintenant la règle de notre cercle. Aucune punition n’est infligée qui n’engage également ceux qui l’infligent… Et je suis impliqué !
Marc relève vivement la tête.
- Isabelle… Regarde-moi !
Je relève les yeux vers lui et plonge mon regard dans ses yeux clairs.
- Cette punition… Elle est… Elle…
Marc cherche ses mots, il souffle, puis lance.
- Isabelle… Il n’y aura pas de mot de sauvegarde… une fois commencé, il te faudra aller au bout… En fait c’est bien plus qu’une punition… C’est un pallier important dans ton dressage, mais je n’en serais pas acteur !
J’ai le cœur qui va exploser tellement l’émotion est forte. Marc se pince les lèvres puis reprend.
- Isabelle… Tu peux renoncer si tu veux… Maintenant !…Tu peux surseoir à cette épreuve
Le ton de Marc est presque suppliant, comme si il voulait me faire passer le message qu’il attend de moi que je renonce.
Mon esprit tourne à cent à l’heure.
Mais si je renonce, si je prononce le save-word ici ? Que se passera-t-il ? Quelle terrible épreuve m’attend donc ? J’ai peur et ne me sens vraiment pas sûre de moi. Et puis, n’y a-t-il pas une épreuve dans l’épreuve ? Renoncer c’est échouer. Et peut être perdre Marc ! J’ai l’esprit embrumé et les battements de mon cœur pulsent à mes tempes.
Mais c’est aussi me protéger ! Arrêter cette folie qui m’a fait offrir ma soumission à Marc, à un tel point que je ne me vois plus faire marche arrière.
Ma décision est prise.
Comme dans un rêve, comme si je me dédoublais, je m’entends dire;
- Marc… Monsieur… Je ne veux pas renoncer, je veux aller au bout de mon expérience avec vous… J’accepte ma punition!
J’ai le cœur au bord des lèvres et les yeux humides de larmes. Je comprend que je viens de prendre une décision irrévocable. Mais, je suis comme soulagée, maintenant je n'ai plus qu'a me laisser aller, à me laisser guider passivement.
Rassérénée, je me redresse et me cambre un peu plus, comme par bravade.
- Monsieur… Je… Je vous aime !
Ma déclaration lancée à brûle pourpoint le désarçonne. Sa bouche s’entrouvre de consternation. Il me lance un regard où se mêle la fierté et l’incompréhension.
Il se décolle d’un coup de rein de la carrosserie du véhicule auquel il est adossé et s’avance vers moi.
- Tu ne devrais pas m’aimer… Pas avec ce que su vas subir… Mais je suis vraiment fier de toi. Fier d’être Ton Maître !
Ses lèvres se posent délicatement sur ma bouche, nos langues se mêlent langoureusement, ses mains brûlantes se posent sur mes hanches.
Apres un long moment alors qu’une larme de bonheur perle et roule le long de ma joue, nos lèvres se séparent
Marc à la voix enrouée
- Tu as choisi…Bientôt, peux être… Tu me haïras !
Puis son ton redevient plus assuré. Il désigne du menton la bâtisse derrière moi
- Va !… On t’attend dans cette maison !
Sans me regarder, il ramasse mes affaires et mon collier et les lance sur le siège avant à travers la vitre ouverte. Il lui faut qu’un instant pour s’installer au volant du véhicule et actionner le contact. Sans un mot, sans un geste à mon attention comme si soudain je n’existais plus pour lui, Marc appuie rageusement sur l’accélérateur et s’éloigne, me laissant entièrement nue au milieu de la clairière.
Il fuit.

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