Chap. 24. Flagrance.
D’impatience, je parcours la salle à grandes enjambées. La journée est passée avec une lenteur exaspérante. Je ne suis pas sortie, je n’en avais pas envie. J’ai bouquiné toute la journée et mis les notes de mon carnet au clair sur mon portable, paresseusement vautrée en travers du lit. Mon cœur bat la chamade. J’essaye de me calmer en gagnant le balcon et inspirer une profonde goulée d’air.
Un bruit derrière la porte. Enfin !
Je me précipite vers l’entrée et avant que celle ci ne soit grande ouverte et que Mon Maître apparaisse, je prends la pose de soumission adéquate. Il faut qu’il aille l’impression que je l’ai attendu là depuis toujours.
Il entre nonchalamment dans la pièce. Mon Maître est entièrement vêtu de noir, pantalon et large chemise de lin noire. Je baisse la tête pour le saluer. Il ne répond pas. Sans une parole, il tourne autour de moi. J’ai revêtu la panoplie qu’il m’a indiquée pour cette soirée. Une jupe écossaise au-dessus du genou, j’ai choisi la verte, celle qui va si bien avec le roux de mes cheveux, un chemisier blanc, une fine cravate noire, noire également mes escarpins. Pas de chaussette, pas de soutien-gorge. Mes cheveux sont sagement tirés en arrière et réunis en une queue de cheval parfaitement centrée. Derrières moi ses mains se saisissent de l’ourlet de ma jupe et la soulève rapidement. Un slip blanc cache mes fesses. Mais c’est ce qui était indiqué, je n’ai fait qu’obéir ! La jupe retombe. Pas de commentaire !
Il revient face à moi. D’une main me relève le menton et son visage s’approche. Il s’interrompt dans son élan, fronce les sourcils, son nez frémit et il finit par claquer la langue d’agacement.
- C’est quoi çà ?
Je me demande un instant de quoi il parle. Puis, comme il hume l’air près de mon cou, comprend immédiatement ce à quoi il fait allusion. Toute à ma joie de me préparer, de me faire belle, j’ai humecté ma nuque de quelques gouttes de mon parfum favori. Je n’avais pas eu d’indication pour cela… J’ai cru bien faire.
- C’est… C’est mon parfum, Monsieur.
Il se recule
- Non… Certainement pas ! … Tu m’enlèves çà tout de suite !
- Mais, … Il faut que je me relave ?
- Oui, tu prends une douche tout de suite ! Et vite ! Je ne veux pas être en retard.
Mon dieu ! Il faut tout recommencer ! Sur un geste il me désigne la salle d’eau. Je quitte la pose et trottine rapidement jusqu'à la douche.
Lorsque je ressors de la salle mon Guerlain est parti aux égouts. Mes cheveux sont encore mouillés, ils sécheront vite mais je n’ai pas remis mon chemisier pour ne pas le tacher d’eau. Marc est confortablement assis dans un des fauteuils du salon plongé dans mes notes. Je m’avance vers lui, glisse les mains dans mon dos et écarte légèrement les jambes lui signalant ainsi que je suis à sa disposition.
Sans quitter mes lignes des yeux, il me lance.
- Baisse ton slip, S’il te plaît !
Il veut certainement vérifier mon épilation, mais là je sais quelle est parfaite.
J’y passe des heures depuis que mon Maître a eu Stéphanie entre ses mains. Stéphanie et son merveilleux fruit entièrement épilé. Il a exigé que je ne me rase plus mais que je m’épile. Je me souviens, les fous rires échangés avec Stéphanie devant mes grimaces de douleur et ma mine déconfite lorsqu’elle m’a montré comment le faire seule dans les parties les plus reculés. Un moment de bonheur espiègle que nous avons passé nues sur le sol de la salle de bain à s’épiler mutuellement.
Je soulève vivement la jupe et m’empare de l’élastique du slip de coton que je tire vers le bas je n’ai pas les jambes très écartée et lorsque je le lâche, il tombe a mes genoux. Je reprends la pose.
Marc prolonge un instant la lecture de mes notes, referme d’un geste sec le carnet et se lève se retrouvant face à moi. Il se penche pour humer l’air autour de moi. Satisfait, il relève ma jupe jusqu’à la taille et lance une main vers mon bas ventre. Sans prendre la peine de me caresser, il m’introduit rapidement deux doigts ouvrant et fouillant profondément ma vulve épilée. Je serre les lèvres entre mes dents et attends passivement. Il ne lui faut pas longtemps pour recueillir la rosée humide de mon ventre qui se contracte d’excitation. Il insiste pourtant, comme s’il voulait préparer le passage a un assaut plus sérieux. Je laisse échapper un soupir qui trahit le plaisir qui monte en moi.
Je crois que nous allons être en retard au rendez-vous !
Mais je me méprends sur ses intentions. Sa main se retire et vient se poser derrière mon oreille gauche d’abord puis celle de droite et fini par frôler mon cou et se poser sur la pointe de mes seins, qui se dressent un peu plus, déposant délicatement le luxurieux nectar sur ma peau lavée de frais. Une fois fait, il présente ses doigts devant ma bouche effleurant délicatement mes lèvres entrouvertes.
L’invite est évidente, je me penche ver l’avant et suce religieusement les deux doigts encore enduits de ma propre liqueur de Cyprine. Il les enfonce au plus profond de ma bouche comme il l’a fait au plus profond de mon ventre.
- C’est le seul parfum que tu dois porter en ma présence. TON Parfum. Et nul autre ! Tu ne voudrais pas me priver de ce petit avantage de dresser une rouquine et passer à côté de çà ?
Il garde son index et son majeur dans ma bouche. Une question de mon Maître doit toujours avoir une réponse. J’articule de mon mieux entre ses doigts.
- Oouè Onchieu !
Il sourit et semble à la limite d’éclater de rire devant cette petite humiliation qu’il m’impose. Mais reprend vite son sérieux.
- Ce parfum, tu iras le recueillir toi même !
En disant cela il retire ses doigts de ma bouche et laisse retomber ma jupe. Je murmure à voix basse, humblement.
- Oui, Monsieur !
Cette leçon terminée, une de plus qui vient s’ajouter à la liste de mes obligations, il me fait remettre ma culotte en place, enfiler mon chemisier et ma fine cravate noire, sort rapidement un collier de sa poche, et ôte celui que je porte. Ce collier je le reconnais ! C’est celui de noviciat, ce collier à grelot qui m’identifie comme en cour de dressage.
Il me présente également un simple lacet tressé de cuir rouge et blanc qu’il noue autour de mon poignet gauche.
Il garde un moment mon poignet dans ses mains et explique.
- En aucun cas tu ne dois ôter ce lacet ! Et aucune personne ne devra te l’ôter même si tu dois te retrouver entièrement nue, sans ton collier !
- Oui, Monsieur !
En une phrase dite sur un ton solennel, Marc vient de déclencher dans mon esprit un torrent d’interrogation et de peur. Je regarde subrepticement le petit lacet de cuir avant de remettre mes deux mains dans le dos. Qu’est ce qu’il peut bien vouloir dire ? Qu’est ce qu’il désigne en moi ? C’est sans aucun doute une sorte de signal comme l’est mon collier de cuir à grelot ! Mais quelle est sa signification ? Je brûle d’envie de lui demander mais il s’éloigne aussitôt vers la porte d’entrée.
Il est temps de partir !


Je regagne la cabine pour me changer pendant que la vendeuse présente un nouvel ensemble à Marc qui hoche la tête. Elle me tend les sous-vêtements à travers le rideau. Des dentelles blanches, un liseré discrètement brodé de fleur roses pales. Je me défais de l’ensemble noir. Et fait glisser le tissu blanc sur ma peau. Lorsque je m’empare du porte-jarretelles je reste coite. Comment met on çà ? Je le manipule un instant ce qui accroît encore mon désarroi. Je me résigne alors a appeler à l’aide. Je glisse la tête par l’ouverture des rideaux et interpelle la vendeuse.