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Les Carnets d'Emilie

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Quadra H

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Quadra B

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7 juin 2009

Chap.42. Esclave Isabelle.

Pas facile de tenir ce plateau tremblotant avec dessus sa bouteille de champagne et ses verres !
J’avance à pas comptés dans le couloir sombre. Je n'ai toujours pas trouvé l’interrupteur et me demande même s’il en existe un. Ma chaîne cogne de temps à autre contre le métal du plateau. Il me faut trouver les hommes et je sais parfaitement par où commencer… Par la cave ! Mais je n’en ai pas vraiment envie. Laure et Marc m’ont précédé et ont disparu, me laissant seule, face à ma corvée.
J’avance lentement en fouillant l’obscurité du regard et pense à la faute que j’aurais vraiment pu éviter. Si seulement je m’étais abstenue de parler en attendant simplement que sa colère passe. Après tout en me soumettant à Jacques je n’avais enfreint aucune règle ! J’ai bien senti que Marc n’avait vraiment pas apprécié de me voir avec Jacques. La punition qu’il vient de m’imposer me semble en contradiction avec ses sentiments. Faire de moi une esclave et m’offrir à tous ! Et puis, je me souviens de la phrase de Kristale qui avait retenu mon attention lors du simulacre de procès de Stéphanie ; "Les punitions ne sont jamais ordonnées sans que cela n’implique également ceux qui la décident et l’infligent… ". Une phrase sibylline qui pourtant me réchauffe le cœur car durant cette épreuve qu’il m’impose, je sais que Mon Maître marche à mes côtés.

Il y a quatre portes dans ce couloir et je sors de l’une d’elle. Autant les essayer. Je m’avance prend une profonde inspiration, coince le plateau entre mon ventre nue et le mur pour me libérer une main et frappe à la porte. Pas de réponse ! Je pèse sur la poignée…
La chambre est vide !

Je pousse un soupir de soulagement.
L’autre chambre est également vide.
La troisième porte est un leurre qui donne sur un autre couloir perpendiculaire à celui ci. Je m’y engage. Une lumière jaillit de deux flambeaux électriques en applique contre le mur. La soudaine clarté me fait cligner des yeux. Un détecteur de passage a signalé ma présence. Trois portes à ma gauche et une grande baie vitrée à ma droite. Je ne distingue que la nuit à travers, mais je devine bien que, de l’extérieur on doit pouvoir m’espionner tout à loisirs. On peut se repaître de la vision de la petite soubrette rousse entièrement nue et enchaînée qui s’affaire dans les couloirs de cette maison sans fin. Je me sens vulnérable et scrute avec appréhension l’écran opaque qui colle à la vitre.
Pas vraiment r
assurée, je recommence mon rituel. Et m’annonce en frappant à la première porte de gauche. J’ouvre !
La pièce baigne dans une chaude lumière rouge. C’est une chambre tendue de lourdes tentures écarlates, flanquée de meuble en bois exotiques noirs. Un lit monumental occupe la plus grande partie de la pièce. C’est un lit à baldaquin, comme la chambre jaune, mais orné de sculptures sombres de dragons grotesques qui grimpent le long des montants. Une odeur âpre de musc et de sueur acide me prend à la gorge. Il émane de cette salle une atmosphère lourde et menaçante. Le lit au drap de satin rouge est occupé ! Un homme est étalé de tout son long sur le ventre, entièrement nu. Son visage est tourné sur le coté et de sa bouche entrouverte sort un léger ronflement. Je crois que c’est Pierre. Il semble dormir profondément.
A côté de lui il y a une femme étendue. Sylvie !
Elle aussi est entièrement nue. La lumière rouge lui fait une peau phosphorescente et ses cheveux blonds semblent d’un roux cuivré, synthétique. Un de ses poignets est attaché par des menottes au montant du lit. Elle est assoupie mais semble avoir perçue ma présence. Elle entrouvre les yeux. Son visage s’illumine. Elle regarde l’homme et met un doigt sur sa bouche pour me signifier de ne pas parler. Se redressant lentement, elle me fait signe d’approcher de l’index. Je dépose le plateau sur une table basse prés du lit et vient vers elle. Elle chuchote d’une voie presque inaudible. En me désignant la menotte qui la lie au baldaquin
- Donne moi les clés s’il te plaît… Elles sont dans le tiroir de l’autre table de chevet !
Elle a un grand sourire.
Si elle est dans cette situation c’est qu’il y a certainement une raison. Une raison voulue par les Maîtres de la maison !
- Je… Je ne sais pas si je dois, J’ai pas le droit !
Son visage se fait suppliant.
- Allez Isabelle, s’il te plaît ! Il dort, et ils en ont finis avec moi… Je voudrais rejoindre Jacques !
Sa remarque me rappelle que Pierre et Jean vont toujours par deux. J’ai un frisson et regarde instinctivement derrière moi. La porte d’entrée est restée ouverte sur le couloir vide.
Ainsi, pendant que Jacques disposait de moi, sa compagne était entre les mains des larrons. Je ne serais pas étonnée qu’il l’ait attaché lui-même pour l’offrir aux deux hommes !
Je cède et fait le tour du lit en faisant attention de ne pas cogner ma chaîne contre les bas flancs. Il y a effectivement de petites clés dans le tiroir. Je m’en empare et les tends à Sylvie. Il ne lui faut pas longtemps pour se débarrasser du lien d’acier. En se massant le poignet, elle se relève. Et, toujours en chuchotant mais sur un ton enjoué comme si elle s’amusait follement.
- Merci ma chérie, t’es un amour !
Elle me dépose rapidement un baiser sur le front et une petite tape amicale sur le haut des fesses
- Çà va ? Ta soirée se passe bien ? … Pas trop dure ? … C’est ta première ?
J’opine de la tête et émet un pâle sourire.
- Oui, oui çà va merci, je…
Elle n’écoute même pas la suite et sort de la chambre en catimini sans chercher à s’habiller. De toute façon qu’aurais-je pu lui dire ? Qu’il y a quelques minutes son mari avait forcé mon ventre ? Je reste un moment dans l’expectative, immobile au pied du lit. Je jette un coup d’œil à Pierre. Ses ronflements redoublent. Je ne peux pas retenir un sourire d’amusement. Sourire vite contrarié par ce que je dois faire.
Je reste un moment à me tordre les mains. Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. Après tout, mes directives sont claires… Mais les conditions dans lesquelles je dois effectuer mes offices n’ont pas été définies ! … Non ?
Je me poste face au lit. Prend la pose de soumission debout et prend une profonde inspiration.
- Bonsoir Monsieur !
Ma voix est juste audible pour toutes personnes présentes dans la pièce.
- Je vous propose un verre de champagne !
Me rappelant soudainement les postures de Laure lorsqu’elle sert, je quitte maladroitement la pose de soumission et amorce une génuflexion en baissant la tête.
Les ronflements de Pierre ne se tarissent pas.
- Je… Je dois…
Mon dieu comme c’est difficile a dire ! Même en sachant que je ne serais peut être pas entendu.
- Je suis à votre service, et si… Si…Vous le désirez, je… Je suis à vous !
Bon ce n’est pas terrible comme formulation ! Mais la tension est telle que je ne trouve rien d’autre !
Je reste un moment à attendre une réponse, la tête baissée. Seuls les ronflements du dormeur vautré au milieu des draps de satin rouge me reviennent en échos.
Considérant que j’ai fait ma demande en bon et due forme, je me rapproche du plateau et m’en saisie. Dans un dernier acquis de conscience je place un verre sur la table de chevet et l’emplis aux trois quarts de champagne.
Je ressorts sur la pointe des pieds en refermant délicatement la porte sur moi. Avec la conscience du devoir accompli.

 

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31 mai 2009

Chap. 41. Colère.

A travers le verre dépoli de mes larmes je contemple la belle odalisque à genoux devant mon Maître. Je suis comme anesthésiée, les oreilles bourdonnantes et la voix de Jacques me parvient déformée, je ne le sens même plus en moi.
Mon Maître à décider de me sacrifier ! Bien ! Qu’il en soit ainsi ! Je m’aperçois que je suis au bord de l’évanouissement tellement la situation est intense. Comme dans un rêve je vois la main de Marc qui se pose sur la tête de Laure qui cesse son mouvement de va-et-vient. Il lui dit quelque chose que je ne comprends pas. La longue silhouette se relève gracieusement, comme dans un ballet au ralenti. Elle referme les pans du peignoir et noue sa ceinture, s’empare du verre vide qu’il tient à la main et, comme un fantôme, disparaît dans la chambre d’où elle est sortie. Marc réajuste le col de son peignoir et se dirige vers nous.
Il n’a que trois pas à faire pour arriver à nos cotés. Sa simple présence est suffisante pour me revigorer. J’arrive péniblement a émerger de ma léthargie. Il pose une main sur mon épaule et son contact déclenche un feu d’artifice qui part de son contact pour se répandre dans mon corps transi et l’embraser de contentement.
- Isabelle est à votre goût, Maître Jacques ?
Sa voix est glaciale, sans enthousiasme.
Je connais ce ton, c’est celui qu’il prend lorsqu’il me fait remarquer une de mes incartades. Le rustre ne l’a pas compris comme çà et il répond sur son registre habituel.
- Elle est vraiment bonne votre soumise Maître Marc ! Et docile avec çà !
Marc prend une inspiration, nos regards se croisent une fraction de seconde. Etonnant comme je me sens prise en faute. Il a une moue de contrariété et comme à son habitude dans ce cas a un petit claquement de langue caractéristique. Il porte la main à son menton et s’essuie la bouche machinalement. Comme s’il voulait être sûr de bien être compris.
- Hum… Effectivement Maître Jacques… Mais, maintenant je crois que Mademoiselle Stéphanie est impatiente de vous…accueillir !
L’ambiance vient de se refroidir d’un coup et surtout l’enthousiasme de Jacques avec.
Il vient de comprendre.
- Bien sûr, bien sûr…Maître Marc !
Mais il ne peut s’empêcher de rajouter.
- J’ai passé un bon moment… Je vous remercie…
Il se penche sur moi ce qui a pour effet de pousser un peu plus sa pénétration. Et je crois qu’il a fait exprès de me donner un imperceptible coup de rein pour profiter une dernière fois de moi.
- Je vous remercie aussi Mademoiselle Isabelle… Vous faites honneur à votre Maître !
Il se retire… Lentement. Je contracte mon ventre en une bravade infantile, ce n’est pas lui qui s’en va ! … C’est moi qui l’expulse !
Dans un même temps mon cœur explose de joie. J’avais raison ! Je ne devais pas douter de mon Maître. Il est venu à mon secours ! Certes il a pris son temps, et a profité de l’occasion pour m’humilier. Mais il m’a donné une leçon et m’a fait comprendre que, si c’était son bon vouloir, j’aurais pu terminer la soirée sous le joug de Jacques. Mais peu importe… Il est venu ! Un sourire contenu remplace mes larmes.
Jacques se réajuste rapidement et ; après un hochement de tête en direction de Marc. gagne à grandes enjambées l’escalier par lequel je suis arrivé, celui qui descend à la cave. Je ne peux m’empêcher de penser à Stéphanie. Jacques va certainement passer sa frustration sur elle. Elle est là pour çà ! C'est le code de la soirée ! Mais cela ne m’empêche pas un sentiment de peur et de culpabilité.
Je n’ose pas bouger et reste les reins cambrés, appuyée contre le mur du couloir. A peine Jacques a-t-il disparu que Marc m’empoigne fermement le poignet et telle une petite fille m’entraîne violemment à sa suite. Nous entrons avec précipitation dans la chambre d’où il est sorti. Il me lâche en me propulsant à travers la pièce où je manque m’étaler de tout mon long. Je reste décontenancée et gauche, ne sachant trop quoi faire.
Il a l’air furieux.
- Bon sang, qu’est ce que tu faisais là ? … Je t’avais pourtant dis de ne pas rester seule ? Tu es niaise ou quoi ? …Il faut te le dire comment !
Je me tords les mains comme une gamine prise en faute.
Je ne connais pas à Marc de grands emportements, à part celui de l’enthousiasme où il lui arrive de jubiler comme un grand enfant. De même que je ne l’ai jamais entendu proféré de grossièreté. Mais là je crois que son emprise sur lui-même est à la limite de vaciller.
- Je, je…
- Tais-toi ! .. Et tu oublie tes devoirs maintenant ?
La remarque est cinglante. Je m’aperçois effectivement qu’entraînée dans le tourbillon qu’il a déclenché j’ai oublié de reprendre la pose de soumission debout. Je rectifie ma pose immédiatement. Je la veux impeccable les reins parfaitement cambrés, la bouche entrouverte sur des lèvres que j’humecte rapidement de la langue. La longue chaîne qui pend à mon cou soigneusement alignée entre mes seins tendus vers le plafond.
- Excu...
- Mais tais-toi donc !
Je me tais.
Marc marche de long en large comme pour calmer une rage intérieure. Un silence pesant se fait. La chambre dans laquelle nous sommes est différente de la chambre jaune. Elle est deux fois plus vaste et meublée dans un style plus campagnard, florale presque. Un parfum de lavande en imprègne l’atmosphère. Une chambre de poupée… Pour adulte. Laure est là. Elle aussi en position de soumission debout devant une des deux fenêtres occultées par des volets, à côté d’un guéridon de bois tourné sur lequel est posé un seau à champagne, deux bouteilles, dont une est couchée et l’autre dans le seau, accompagnées de coupes de cristal. Elle a le regard tourné vers le parquet de vieux chêne ciré. Et je ne peux m’empêcher de penser qu’elle aussi baisse la tête pour ne pas attiser le courroux de Mon Maître.
J’attends avec impatience que Marc me donne la parole. Il faudra bien lui expliquer que Kristale m’a rendue ma liberté pour que j’aille le rejoindre. Il finit par se poster devant moi. Je n’ose pas relever les yeux.
- Et tu as aimé çà ?
Je ne comprends pas tout de suite la question. Je vais pour répondre mais il ne m’en laisse pas le temps.
- Tu as aimé te faire sauter par le premier venu ? .. Tu avais l’air bien disposée ?
Sa voix est glaciale et profonde. Il y a presque une pointe de dégoût dans son intonation. Il faut que je réponde absolument à cette terrible accusation. Une question est posée, j’ai donc le droit de prendre la parole. Mais avec l’émotion, les mots et mes pensées se bousculent sur mes lèvres.
- C’est… C’est Kris… J’ai pensé que… J’étais seule... Je voulais…Vous…
Des larmes me montent aux yeux, et une boule d’angoisse se noue dans ma gorge qui étrangle mes pauvres tentatives d’excuses. Je renonce et laisse simplement couler des larmes silencieuses. Marc croise les bras sur sa poitrine. Il me considère longuement. Et recommence d’une voix qui est tout à coup redevenue plus douce, presque murmurée avec condescendance.
- Pourquoi étais-tu avec Jacques ?
Je déglutis et ravale mes larmes en reniflant. C’est le moment ou jamais !
- Kristale m’a laissée seule et… Et elle m’a donné l’autorisation de vous rejoindre. J’ai rencontré Jacques dans le couloir… Et je…j’ai… Il…
Marc m’arrête d’un geste de la main.
- Et pourquoi t’es-tu mise à sa disposition ?
Je reste un moment dans l’expectative.
- Mais… Mais … Vous aviez dit que … Seule je, j’étais à … à tout le monde !
Il me contemple, interloqué !
De plus c’était Jacques et j’ai bien senti à table que c’était un client de Marc et il est vrai que l’espace d’une fraction de seconde, entre les mains de Jacques, l’idée m’a effleurée qu’ils avaient conclu un accord d’échange de " bon procédé " et qu’il fallait peut être me montrer docile dans l’intérêt de Marc ! Maladroitement, je tente l’explication.
- Et, et... Jacques c’est votre client... Je pensais que je… Je devais être… Gentille … Pour que vous…
Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase. Une secousse violente me sabre le visage et me laisse abasourdie, Une stridence cuivrée résonne dans mon oreille gauche et ma joue s’enflamme sous une brûlure intense. Une gifle magistrale vient de me couper le souffle. De nouvelles larmes involontaires jaillissent de mes yeux.
Je reste coite, le regard exorbités.
Marc est hors de lui.
- Et tu crois que j’ai besoin que tu fasses la pute pour vendre mes toiles ? … Tu crois vraiment que j’ai besoin de toi pour cela ? Tu me prends pour qui ?
Je comprends immédiatement ma méprise. J’aurais mieux fait de garder mes suppositions pour moi. Involontairement, en croyant bien faire, je viens de l’insulter !
Je viens d’insulter Mon Maître !
Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais.
Marc se précipite sur Laure la saisie par les épaules et l’amène de force en face de moi. Elle me jette un coup d’œil rapide, je crois saisir de l’incompréhension ou du reproche. Cela va si vite !
Je baisse les yeux.
- Regarde-la ! … Regarde la, bon sang!
Je relève les yeux, penaude. Laure a également levé les yeux et je me noie dans son regard sombre.
- Laure est une esclave… Tu comprends ce que cela veux dire ? Elle est là pour servir…A toutes les basses besognes si nécessaire. Elle est moins qu’une soumise. Je peux faire d’elle ce que je veux, tout lui demander, sans règle et sans limite…
Sa main se pose sur son ventre, glisse entre ses cuisses et je ne peux m’empêcher de baisser rapidement les yeux pour voir ses doigts s’enfoncer en elle.
-… Tout ce que je veux… C’est son choix…Elle a choisi de servir Kristale et donc tous ceux qui l’entourent… Mais au grand jamais… Jamais, elle ne sera une pute… Et je la respecte pour cela !
Laure ne bronche pas. En fait depuis le premier instant ou je l’ai contemplé, elle n’a jamais eu aucune expression. J’imagine la force de caractère qu’il faut pour ne rien laisser transparaître de ses sentiments dans de telles conditions. Et moi qui m’atermoie à la moindre contrariété !
Ses doigts quittent le ventre de la belle odalisque enduits de sa liqueur de Cyprine. Ils virevoltent un instant dans les airs, viennent se déposer sur mes lèvres humides et s’enfoncent dans ma bouche.
Et toi ! … Toi ! … Ma soumise et mon modèle… Celle a qui je consacre toute mon énergie. Celle que je respecte plus que tout… Tu te comporte comme... Comme...
Je rentre dans mes petits souliers. Je prends conscience de l’énorme bourde que je viens de commettre simplement pour essayer de me trouver une excuse. J’en oublie l’étrange vexation qu’il me fait subir en m’imposant de goûter la sécrétion vaginale de la brune inconnue.
Il tourne un instant ses doigts dans ma bouche comme pour bien me faire sentir sa présence et les retire brusquement.
- A genoux Isabelle !
Je réagis instinctivement, en une fraction de seconde, et me jette littéralement à terre. Ma chaîne heurte violemment le parquet dans un cliquetis métallique. A genoux et les mains dans le dos je me retrouve face au sexe épilé de Laure. Magnifique abricot fendu aux lèvres iridescentes.
- Tu vois cette bouteille de champagne ?
Je me penche sur le coté pour contourner du regard le bassin de la brune voluptueuse.
- Oui, Monsieur !
Il réfléchit un instant.
– Tu va la prendre ainsi que les verres et le plateau… Tu iras proposer un verre à chacun des hommes de la soirée et en prime, tu leur demanderas s’ils veulent de toi… Je te laisse trouver la formule adéquate, après tout tu es étudiante en littérature, à toi de tourner une jolie phrase… Et tu te donneras à eux, s’ils le désirent. Et comme ils le veulent. Ils pourront faire de toi ce que bon leur chante… Tu as entendu Isabelle ?
Il fulmine littéralement.
Un froid intense me parcourt la colonne vertébrale et me hérisse les cheveux de la nuque. Je n’arrive pas à en croire mes oreilles. Je m’attendais à une punition évidente. Mais là. Je suis tétanisée. C’est le coup de la colère. Il va se raviser ! ce ne peut pas être autrement !
- Est-ce que tu m’as bien entendu Isabelle…
J’émerge de ma torpeur.
- Ou... Oui, monsieur !
Et avec une pointe de malice dans la voix.
- Est-ce que tu es d’accord avec cette punition… Est ce que tu l’acceptes ? .
Que puis-je faire ? Refuser ? Totalement impensable, partir de cette soirée sous les quolibets et les railleries ; la petite novice a craqué… Et par-dessus tout perdre définitivement la confiance de Marc en l'humiliant devant tous ! Il m'avais prévenu que cette soirée ne serait pas facile pour moi ! Je sais où va me mener cette terrible punition. Mon esprit se recroqueville devant le dilemme et c’est comme dédoublée, éloignée de milliers d’années lumières de mon corps que je m’entends dire sereinement, avec un aplomb qui me stupéfie.
- Oui, Maître… Je l’accepte.

27 mai 2009

Chap. 40. Trahison.

Les coups de boutoir que m’assène Jacques me plaquent contre le mur. J’essaye de m’échapper en esprit, de ne plus penser et cela me paraît une éternité que l’homme a entamé un profond va-et-vient entre mes jambes. Mortifiée, je n’ose pas esquisser le moindre geste. Bien que cambrée pour faciliter sa pénétration, je reste une poupée inerte entre ses mains. Je ne veux en rien lui céder. Ne lui donner à aucun moment l’idée fausse que j’aime ce qu’il et en train de me faire subir. Il s’arrête souvent pour me caresser et me murmurer des mots orduriers à l’oreille. Il se délecte visiblement de l’effet qu’ils font sur moi, qui me cache la tête entre mes bras appuyés contre le mur.
A ma gauche, un claquement attire mon attention. Je tourne légèrement la tête et distingue à travers la buée de mes larmes le faible raie de lumière que laisse filtrer une des portes du couloir qui vient de s’entrouvrir. Jacques ne semble pas l’avoir remarqué, tout occupé qu’il est à prendre son plaisir.
Une silhouette finit par en franchir le seuil. Une silhouette vêtue d’un peignoir blanc… Un autre homme !
Je distingue mal dans la pénombre, mais une autre silhouette nue, longiligne, féline, aux longs cheveux noirs qui surgit de derrière lui et que je reconnais immédiatement. C’est Laure ! Et l’homme qui la précède c’est Marc ! Mon cœur fait un bon dans ma poitrine. Mon Maître, Enfin ! Mes yeux se sèchent immédiatement et je me réjouis intérieurement de sa présence. Et dire que je n’étais qu’à quelques mètres de la chambre où ils se trouvaient ! Je maudis mon indécision et l’hésitation que j’ai eu à ouvrir ces portes. Une appréhension fatale qui m’a fait tomber sous le joug de mon persécuteur. Mais peu importe maintenant, Marc est là ! Et il va venir me chercher ! Je ne peux m’empêcher de sourire de soulagement et de relever un peu plus la tête.
Marc se tourne vers nous. Il nous a vu, c’est sûr, bien qu’il fasse sombre, nous sommes à quelques mètres de lui et en plein milieu du couloir. Et pourtant il ne s’approche pas, il ne se précipite pas. Tout au contraire, il s’appuie nonchalamment d’une épaule sur le chambranle de la porte restée ouverte et croise les bras. Je distingue un peu mieux son visage éclairé par la lumière diffuse de la chambre. Son regard est impassible. Je ne comprends pas ce qui se passe mais un étrange décalage se fait entre mes pensées, mes espoirs d’être sauvée et son attitude passive ! J’ai froid au cœur tout à coup, et mon sourire se fige. Jacques continue à s’agiter en moi en poussant des petits ahanements à chaques coups de rein.
Laure, qui ne porte plus sa chaîne mais simplement son collier, se poste à ses côtés en prenant la pose de soumission et tous deux, maintenant, nous regardent placidement.
Un malaise et une honte intense déferlent en moi. Me faire posséder sous les yeux de Mon Maître ! Que peut-il bien penser de moi à me voir ainsi ? Certes il m’a déjà donné à un autre, mais les conditions n’étaient pas les même et il contrôlait tout. (Souvenirs).Ici, je donne l’impression que je me suis jetée dans les bras de Jacques et consenti à subir ses assauts les plus licencieux. Heureusement je le sais suffisamment fin pour qu’une fois les premiers moments de stupeur passés, il comprenne ce qui m’arrive et vienne à mon secours.
Jacques vient d’arrêter ses à-coups. Il garde ses mains sur mes hanches et se penche de nouveau à mon oreille et murmure de façon que nous ne soyons entendus que de nous seuls, tout en me caressant le ventre juste au dessus de mon sexe entrouvert sous ses assauts et distendu par sa présence animale.
- Tu as vu… Marc est là ! … Je crois qu’il aime bien que tu te fasses défoncer sous ses yeux ! … Tu ne crois pas ?
Je souffle mon désaccord. Rien ne l’arrête, pas même la présence de Mon Maître.
Mon Maître ! Mais qu’attend t il pour intervenir ? Jacques montent ses mains sur ma poitrine et en malaxe ostensiblement les seins en pinçant même les mamelons érigés pour essayer de tirer de moi quelques gémissements. Je serre les dents et de nouvelles larmes me montent aux yeux. Je regarde Marc et lui lance un regard que je veux le plus désespéré possible. Il faut lui faire comprendre que c’est lui que j’aime, que je veux en moi ! Pas cet individu vulgaire que j’abhorre.
Il à perçu ma détresse, je le sais ! Le sourire compatissant qu’il me lance me redonne de l’espoir. Il se tourne vers Laure en lui murmurant quelque chose à l’oreille. La brune sculpturale d’un mouvement fluide fait un demi-tour et disparaît dans la chambre. Il lui faut quelques instants suffisamment longs pour que Jacques effectue quelques mouvements lents et discrets à l’intérieur de mon vagin pour qu’elle reparaisse.
Elle tient deux coupes de champagne à la main et se dirige sans hésitation vers nous. Elle effectue une petite génuflexion et, la tête baissée, tend un des deux verres à Jacques qui s’en empare avec un "hum " de satisfaction et d’admiration. Sans me prêter la moindre attention elle fait demi-tour et vient offrir la seconde coupe de champagne à Mon Maître qui s’en saisit. Il tourne un instant le verre entre ses doigts en observant attentivement le liquide doré et pétillant et soudainement le lève dans notre direction. Jacques lui répond immédiatement en levant également son verre dans sa direction. Ils se saluent ! Marc porte le verre a ses lèvres, et Jacques l’imite. Je sens quelques gouttes glacées échappées du verre s’écraser sur le bas de mes reins.
Je suis consternée, un froid mortel fige mes pensées. Ainsi non seulement Marc ne vient pas me délivrer mais en plus il salut mon agresseur et lui offre le verre de l’amitié ! Une boule me serre la gorge, je me sens abandonnée, trahie ! Et j’ai l’impression de devenir folle lorsqu’il murmure de nouveau à l’oreille de Laure et que celle ci, sans l’ombre d’une hésitation, s’agenouille aux pieds de Marc et entrouvrant les pans de son peignoir enfouis sa tête entre ses jambes. Elle est en train de prodiguer à mon Maître, et sur sa demande, une caresse des plus indécente devant mes yeux effarés. Je ne vois que sa nuque et ses longs cheveux noirs qui balaye son dos à chaques mouvements de sa tête mais je devine qu’elle y met toute sa conviction et son savoir-faire. Même ses reins parfaitement cambrés finissent par suivre le mouvement de ses lèvres que je devine ouvertes et arrondies sur la virilité de Mon Maître.
Mon humiliation et mon désespoir sont totales lorsque Jacques se penche à mon oreille y vient y susurrer, goguenard.
- Ton Maître est un type bien et il a beaucoup de goût… Je crois que l’on va passer une bonne soirée ensemble ma belle petite chienne !

21 mai 2009

Chap. 39. Sombres étreintes.

Jacques prend son temps.
Ses mains font connaissance avec mon corps, glissent furètent, palpent, revenant sur leurs pas pour s’assurer d’une courbe. Il jouit visiblement de sa situation de toute puissance et de ma torpeur de biche prise au piège.
- Quand Kristale m’a proposé cette soirée J’ai su que j’allais te rencontrer, j’ai relu ton blog de long en large… J’ai rêvé de toi, de ta soumission entre mes mains… De tout ce que je ferais avec toi !
Ses mains reviennent sur mes hanches puis ses doigts viennent se poser entre mes jambes. Je ferme la bouche et mon visage se crispe d’appréhension. Cela n’empêche pas un doigt d’écarter les lèvres de mon sexe et de commencer à s’y introduire. J’ai envie de hurler. Je me pince les lèvres et me mords la langue. Le premier pas est fait et c’est un deuxième doigt qui rejoint le premier et écarte un peu plus le passage. Mais pourquoi donc mon ventre s’amollit-il ainsi, pourquoi s’humidifie-t-il et me trahit-il ainsi ? .
- C’est vrai que tu es étroite… J’adore çà… Tu me sentiras mieux comme çà !
Achevant leur exploration intime, ses doigts se retirent couvert de liqueur de Cyprine. Il s’empare de mon poignet gauche toujours posé sur ma tète et l’amène devant lui. J’entrouvre les yeux. Il est en train de contempler le petit bracelet de cuir tresser et semble chagriné.
- Alors ton Maître ne veux pas que l’on te sodomise ? Il se réserve çà a lui seul, j’imagine !
Je tombe des nues. Ainsi la voilà la signification de ce bracelet rouge et blanc. Un avertissement destiné à tous et que tous connaissaient et que moi naïve j’arborais fièrement. Encore un subtil moyen de m’humilier, bien de mon Maître.
- J’ai lu que c’est lui qui t’a dépucelé l’anus ! Comme je le comprends ! Heureusement il y a d’autre plaisir à prendre avec toi…
Tout en parlant, me tirant par le poignet, il entraîne ma main entre les pans de son peignoir. Mes phalanges rencontre l’épieu durcit de son sexe. Je serre le poing pour en éviter le contact. Je tente même d’en éloigner ma main dans une timide résistance. Il resserre son étreinte et la ramène contre son sexe.
- Prend la dans ta main… C’est un ordre !
Sa voix est rauque, surexcitée et menaçante.
Il me faut obéir. A contrecœur je desserre les doigts et viens en enserrer la hampe turgescente. Elle est chaude, palpitante, un peu moite. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a peu elle était profondément enfoncée dans le ventre de Stéphanie et que c’est certainement sa moiteur qui humidifie encore ce bélier qui a violé la jeune fille.
Une fois que je l’ai prise entre mes doigts, Jacques me lâche le poignet, se rapproche de mon oreille et murmure.
- Branle-moi !
Je déteste ce langage ordurier, Marc ne m’y a pas accoutumé. Même dans les choses les plus odieuses qu’il m’a demandé, il n’y a jamais eu recours. Dans la pénombre j’esquisse une grimace de dégoût et entame un lent mouvement de ma main. Mes doigts font glisser la peau du gourdin de chair de la racine à la base du gland lentement et sans conviction. Mes va-et-vient font s’entrouvrir un peu plus le peignoir et sa ceinture mal nouée finit par glisser et achève de l’ouvrir sur le torse et le ventre de l’homme. Il me saisit alors par les épaules et me plaque contre lui. Ma main et son sexe emprisonnés entre nous deux s’écrasent contre mon ventre, juste sous mon nombril. Gênée dans mes mouvements je continue malgré tout la masturbation. Je détourne la tête lorsque je crois que dans un même élan il veut m’embrasser. En fait, il se penche à nouveau à mon oreille.
- Et si je te sodomise… Il n’en saura rien ! Tu ne lui diras pas… N’est ce pas ?
Il faut que je sorte de ma torpeur ! Il est en train de se persuader lui-même qu’il peut tout faire malgré les barrières évidentes qui régissent cette soirée. L’alcool l’aide certainement à vouloir passer outre.
- Je... Je suis obligée de lui dire, je ne peux pas faire autrement !
S’il a vraiment lu mon blog, il sait que c’est vrai ! Que tout, absolument tout de ce qui m’arrive pendant mon dressage par mon Maître et même un peu plus sera consigné j’espère, en tremblant, que cela le fera revenir sur sa décision.
Il prend du recul du torse pour mieux me regarder j’ai toujours la main autour de son sexe mais j’ai arrêté le mouvement de va-et-vient. Sous la clarté lunaire je vois bien qu’il a un air ennuyé, mais il prend une soudaine décision.
- Tourne toi… Et appuie-toi contre le mur !
Je crois défaillir. Ma tête se remplie de coton. Oh non ! Il ne va tout de même pas faire çà!
Comme dan un rêve, je lâche son sexe et me tourne lentement en regroupant les jambes. Face à moi le mur de crépis blanc luit sous la lumière bleutée de la lune. J’ai envie de hurler, d’appeler au secours d’attirer l’attention… Je veux que Marc vienne me sauver de l’horrible attentat. Je me pince les lèvres jusqu’au sang et je ne peux retenir une larme que Jacques ne verra pas. Il me pousse contre le mur, j’y plaque mes mains au-dessus de ma tête pour ne pas le percuter du visage. Ses doigts se posent sur la cambrure de mes reins pour la forcer.
- Alors tu oublie tout ! … Ecarte donc les jambes… et vite !
L’impatience se lit dans le ton de sa voix et ses mains parcourent fébrilement mes hanches et le globe de mes fesses tendues. Comme abrutie par la peur et l’horreur de la situation, sans réaction, j’obéis et écarte les jambes. Une autre larme vient mouiller mon bras sur lequel j’ai appuyé mon visage comme je l’aurais fait sur un oreiller. Peu à peu c’est une autre qui se retrouve dans ce couloir, nue, debout, les jambes écartées, les reins cambrés à l’extrême, offerte aux attouchements et aux désirs libidineux de l’homme qui se penche sur elle.
Ses doigts longent et s’insinuent dans le pli de mes fesses et finissent leur course sur le bouton rose de mon anus y appuyant comme pour en forcer le passage.
Je trouve encore la force de balbutier mon refus. Un refus à peine audible, murmuré, sangloté, juste pour moi, car je sais qu’il ne sera pas entendu.
- Non... non… S’il vous plaît … non!
L’indécent massage se poursuit quelques instant. Et puis comme s’il avait changé d’avis ses doigts se détournent et viennent sans prévenir s’enfoncer au plus profond de mon ventre humide. Je suis surprise que ma prière soit entendue. Il a renoncé ! La violence de l’intrusion de ses doigts trahit sa frustration et je ne peux m’empêcher d’émettre un cri étouffé de surprise et de soulagement.
L’odieuse caresse ne dure pas longtemps, ses doigts se retirent et c’est maintenant le gland du membre durci de l’homme qui tente de se frayer un passage entre mes jambes en se présentant à la porte ouverte de mon ventre.
Jamais pénétration ne m’a semblé plus odieuse. Je la refuse de toute mon âme, mais mon corps, lui, se laisse ouvrir sans vergogne. Jacques goûte le plaisir de sa victoire sur la frêle jeune fille qui maintenant pleure de honte et de dégoût et qui pourtant reste passive sous ses caresses, lui donnant la preuve de sa totale soumission.
Mais ce n’est pas a lui que je suis soumise, et çà, ce coq prétentieux ne peux pas l’imaginer un instant. Non ! Celui à qui je suis soumise pendant cet outrage c’est à Mon Maître ! Et c’est pour obéir à Marc, pour me montrer digne de lui, que j’accepte que Jacques se glisse en moi et me manipule comme sa chose. Il n’empêche que je ne peux me faire à l’idée de l’outrance de ma condition, et j’ai du mal à accepter que Marc pousse mes limites à ce point.
Une fois franchit les lèvres de ma fleur le bélier de chair se fraye un passage lentement, mais sûrement, jusqu’au tréfonds de mon sexe. Jacques, pour s’aider, s’agrippe à mes hanches et pousse son ventre contre mes fesses. Une fois bien calé en moi il se penche sur mon cou et en respire l’odeur. Son membre palpite contre les parois de mon vagin. Il a le souffle court et sa voix vibre d’excitation
- Bon sang ce que tu es chaude Isabelle !
Et pourtant mon âme est glacée. Froide comme mes pensées figées,
- Tu me sens bien ? …
Il est hors de question que je réponde
- Oui je sais que tu me sens… J’ai rêvé de çà de tu sais Isabelle ! … Te posséder comme çà.
Solidement fiché en moi, Jacques réitère l’exploration de mon corps. Ses mains viennent effleurer ma peau, de mes épaules à mes reins, se glissant sous mes bras et s’emparant de ma poitrine pour y jouer avec les mamelons dressés malgré moi.
- Tu es une bonne chienne… Une petite garce ! Malgré tes airs de Sainte Nitouche !
Ses mots doivent l’exciter car j’ai l’impression que sa verge enfle un peu plus en moi. Mais il est des mots qui avilissent bien plus que des actes. Non, je ne suis pas une garce ! Et si je suis chienne, je suis celle de Mon Maître…Par amour !
Une petite voix résonne au fond de moi, moqueuse; "Si tu n’es pas cette garce qu’il prétend que tu es, pourquoi te laisse tu faire ? Pourquoi ne fuis-tu pas ? Pourquoi restes tu ainsi a sa merci ? … Es-tu sûre de ne pas aimer çà ? … Es-tu sûre de ne pas aimer cette humiliation ? Après tout, tu es libre d’arrêter ce cauchemar à n’importe quel moment ! "
Je ne trouve de réponse qu’en versant de nouvelles larmes silencieuses.

17 mai 2009

Chap. 38. Sombres Couloirs

Sont ce les caresses de Kristale et nos fougueux ébats qui m’ont tourné la tête ?
Je n’arrive pas a retrouver mon chemin ! Une suite de couloirs et d’escalier sombres, chichement éclairés. Comme cette maison est grande !
Je crois me retrouver lorsque je débouche dans le salon où nous avons été accueillis. Kristale ne m’a pas donné d’indications sur l’endroit où pouvaient se trouver Marc et Laure. Je me dirige vers la porte dérobée et m’engage sur le palier de pierre. Surtout ne pas descendre à la cave, là où Stéphanie subit mille tourments. Du bas de l’escalier monte le son assourdi d’une musique et perce une lumière sourde. Instinctivement Je tends l’oreille pour essayer d’y percevoir les gémissements de la jeune martyre. Rien ! Je m’engage sur les degrés qui montent aux niveaux supérieurs. C’est le chemin, me semble-t-il, que Marc a emprunté en partant et que j’ai suivi un temps avec Kristale. Je relève ma chaîne qui tape régulièrement contre les marches de pierre évitant ainsi de signaler ma présence. Je ne me sens pas rassurée. La peur s’insinue en moi. Je suis trop proche de l’antre ou se perpétue d’ignobles outrages et je sais quelle proie facile je dois être pour ceux qui y sont. Nue, tremblante et surtout, seule. Seule ! Je me remémore l’avertissement de Mon Maître. Une frayeur sans nom me glace les reins. Il faut que je retrouve Marc au plus vite.
Arrivée au palier supérieur je pousse la porte qui donne sur un nouveau couloir.
Celui ci n’est pas éclairé. Dans l’obscurité Je cherche un interrupteur que je ne trouve pas. Heureusement la fenêtre du bout du couloir n’est pas aveuglée et une douce lumière lunaire y pénètre. Mes yeux s’habituent peu à peu à la pénombre. Le planché craque sous mes pieds lorsque je longe l’enfilade de portes de chêne qui doivent donner chacune sur une chambre semblable à celle d’où je viens. Je dresse l’oreille cherchant à deviner à travers leurs épaisseurs quelques bruits qui m’indiqueraient une présence. Seul le silence me répond à travers les bruit des battements de mon cœur à mes tempes et au loin, la musique qui monte de la cave. Je me tords les mains d’indécision, que faire ? Ouvrir les portes une a une et risquer de déranger un couple en pleins ébats ou pire ? Je me penche, aucune lumière ne filtre sous les portes ! Je me résous à continuer mes recherches et me dirige vers un deuxième escalier au fond du couloir.

- Alors on se promène !
Je sursaute violemment. Mon cœur fait un bon à sortir de ma poitrine. J’ai eu tellement peur qu’un cri de surprise est resté bloqué au fond de ma gorge. Je lâche la chaîne que je tenais dans la main
- Dans le noir en plus… Ce n’est pas prudent !
La voix vient de derrière moi. Les cheveux de ma nuque se hérissent et je ne peux m’empêcher de me retourner. Je manque défaillir. L’homme qui vient de m’interpeller, c’est Jacques.
– C’est pratique ce grelot à ton collier pour te retrouver, Kristale m’a dit que tu étais dans la chambre jaune… Seule…. Il a fallut que je te cherche !
Maudite Kristale !
Je fais un pas en arrière avec l’idée de m’éloigner de lui.
- Non, non, non, ma belle… Tu reste là !
Il s’avance prestement et me saisit par la nuque. Je frissonne de tout mon corps.
- Je... je vais rejoindre Mar... Mon Maître.
Je lève les yeux vers lui. Son regard brille intensément. Il a un petit sourire en coin. Le regard d’un chat qui vient d’attraper une souris. Sa main glisse de ma nuque et il me prend par les épaules me détaillant de la tête aux pieds. Comme s’il n’avait pas entendu ma réponse il continu d’une voix sourde.
- C’est vrai que tu es belle... Et si jeune… Je t’imaginais bien ainsi, une belle rouquine !
Il continue à détailler intensément ma nudité, la tête me tourne un peu. Dans la pénombre il ne prête pas attention au rouge de honte et d’appréhension qui empourpre mon visage.
- Je lis ton blog tu sais ! …
Il a un sourire carnassier.
- Tu ne prends pas la pose de soumission ? Tu es en face d’un Maître !
Je manque défaillir. Nous y voilà !
Jacques a passé la soirée à me dévisager, le paroxysme a été atteint lorsqu’il possédait Stéphanie tout en me braquant du regard. L’effet que je lui fais est évident, et ce n’est vraiment pas fait pour me rassurer. L’envie de fuir me tenaille, pourtant j’ai les jambes coupées devant lui, je suis comme anesthésiée, sans force. Comme dans un cauchemar je me vois obéir à l’injonction, j’écarte les jambes et mets les mains dans le dos, dans une résistance futile je ne baisse pas la tête, je la détourne même, et ne cambre pas les reins.
- Non je préfère les mains sur la tête... Et écarte plus les jambes !
Sa voix vibre d’excitation. En obéissant à son ordre je viens d’accepter sa domination. Mais que pouvais-je faire d’autre ? Dans ma tête les pulsions les plus contradictoires se télescopent, fuir, obéir, refuser ces ordres, être digne de Mon Maître, tout accepter comme j’en ai fait le serment à Marc.
Je dénoue les mains de mon dos et lentement vient les poser sur le dessus de me tête, ce qui me fait cambrer les reins contre ma volonté. Je force un peu l’écartement de mes jambes
Dans la pénombre je distingue son sourire de satisfaction . Il sait qu’il a gagné que je lui obéirai.
Je ferme les yeux de dégoût lorsque ses mains se posent sur ma poitrine et viennent en caresser les tétons qui se dressent malgré ma répulsion. Constatant la réaction épidermique et la prenant comme un assentiment de ma part il s’empare de mes seins à pleines mains et les malaxe en émettant un "hum " de satisfaction. De ses mains froides il explore la surface de ma peau encore voilée du parfum de Kristale. Il glisse les bras le long de mes hanches et vient caresser le haut de mes fesses crispées. Son corps se rapproche du mien. Le peignoir blanc frôle la pointe de mes seins. Son souffle chargé d’alcool fort et de tabac froid tombe sur ma nuque, sur mes bras levés. Il s’attarde un moment sur la chute de mes reins et ses mains remontent le long de mon dos pour venir caresser mes cheveux. Mes jambes commencent à trembler d’indignation, ma gorge se noue sur un sanglot de désespoir. J’ai peur car je sais ce qu’il veut et que rien maintenant ne pourra l’empêcher. Comme à mon habitude dans les moments éprouvant où je ne peux pas fuir, mon esprit lui, s’échappe, s’éloigne de mon corps. Jacques n’aura qu’un pantin entre ses mains, il n’aura pas mon âme. Mon Maître a parfaitement réussi mon dressage ! Docile je suis, docile je reste, même à mon corps défendant parce que mon Maître me l’a demandé, me l’a ordonné. Cette pensée a l’effet d’un mantra purificateur, je retrouve un peu de fierté et ravale une larme.

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13 mai 2009

Chap. 37. Confidences

Je reprends mon souffle, blottie contre elle, une main sous ma tête et l’autre posée sur son ventre, ma bouche effleurant délicatement la peau de son épaule au satin de pêche et au goût de lait, je respire son odeur douce et enivrante.
J’ai laissé ses mains réinventer mon corps. J’ai laissé ses doigts agiles vagabonder, s’emparer de la pointe dressée de mes seins, s’enfoncer en moi, se saisir du pistil érectile de mon sexe et le caresser à m’arracher des mugissements étouffés, les reins cambrés et le corps tendu comme un arc réclamant que jamais ne cesse l’indécente étreinte. J’ai caché mon visage derrière mes bras croisés pour que l’on ne voie pas mes yeux révulsés de plaisir contenu lorsque sa bouche, sa langue, est venue fouiller mon intimité et que ses cheveux d’or pale se sont répandus sur mon ventre. Je n’ai pas protesté lorsque sa main a guidé la mienne dans le brûlant orifice de son entrejambe, accompagnant ma caresse de doigts experts, ses yeux fixés dans les miens, la bouche entrouverte sur l’appel d’un baiser… D’un autre encore ! Et encore… Jusqu'à ce que ma raison s’évapore et que la jouissance me fasse crier son nom…
Kristale se redresse sur un coude. Sa main vient balayer les cheveux mouillés de sueur qui jouent sur mon front. Elle me contemple un instant en souriant. Ses yeux de glace bleue se font affectueux. Un sourire plus appuyé et son regard se détourne, elle se plonge dans une réflexion intérieure tandis que sa main, comme pour s’occuper, vient replacer la longue chaîne de métal entre mes seins.
- Marc a bien de la chance…
Dit-elle comme pour elle-même.
Ses yeux reviennent à moi.
- Il a bien de la chance de t’avoir.
Elle souffle comme si elle lâchait prise à la bride de ses pensées et prend le ton de la confidence.
- T’a-t-il dit que je lui ai proposé de t’acheter ?
Elle penche la tête sur le coté avec un sourire en coin désarmant.
Je ne comprends pas de suite ce qu’elle veut dire. J’opte pour une moue interrogative. Et devant ma mimique elle continue.
- J’ai envie de t’avoir comme soumise à part entière… Tu serais d’accord ?
Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. Moi ! La soumise de Kristale ?
Comment répondre à cela ? Kristale est la première femme à avoir exercé sa domination sur moi et je dois avouer, qu’une fois les premiers moments de stupeurs passés… J’ai plutôt apprécié ! Mais quitter la férule de mon Maître, cette soumission choisie, pour la sienne ! Un frisson de peur me parcourt la colonne vertébrale. J’ose poser la question qui me taraude.
- Et… Et, il a accepté ?
Son regard se voile.
- Il a trouvé ma proposition intéressante… Mais la question n’est pas là !
Elle me fixe alors intensément.
- La question est de savoir si toi, tu acceptes…Marc m’a dit que si tu le voulais, il y consentirait !
Il y consentirait ! Cette affirmation me plonge dans l’expectative. Marc m’abandonnerait aussi facilement ? Ou bien était ce encore un de ses jeux ? Il sait pertinemment que Kristale me poserait la question et qu’il faudrait que j’y réponde. Peut être qu’en détournant la conversation !
- Et Laure ?
Kristale étouffe un rire. Sa main viens se poser sur mon sein et joue nonchalamment avec la pointe de mon téton qui se durcit sous la caresse.
- Oui ! J’ai remarqué tes regards ce soir… Elle est belle, hein !
Sa caresse se précise et son corps brûlant vient se plaquer contre le mien comme pour se pelotonner ! Elle glisse une cuisse entre les miennes s’appuyant et massant imperceptiblement mon bas ventre. Mon cœur s’emballe une nouvelle fois. Sa bouche s’approche de mon front et vient déposer un baiser sur ma tempe. Elle me murmure à l’oreille.
- Tu sais Laure n’est pas ma soumise… Elle n’est que mon esclave. Elle sera la tienne si tu le désires… Tu n’a qu’un mot à dire !
Je ne suis pas encore bien au fait des différents rapports de soumission. Il est clair que Kristale fait la distinction entre soumise et esclave. Là, je me sens vraiment "gourde " comme elle dit. Et puis Laure, mon esclave ! Je n’arrive même pas à l’imaginer. Encore une idée nouvelle droite sortie du monde dans lequel me mène Mon Maître et à laquelle il va falloir que je m’habitue.
Ses baisers se prolongent sur mes joues, mon cou et dans mes cheveux. Ils tournent autour de mon oreille. Visiblement Kristale à des choses à me dire.
- Laure est une experte, en cet instant elle s’occupe de Marc. Et il doit certainement apprécier… Il ne doit pas penser à toi en ce moment !
Kristale vient de faire mouche ! Une bouffée de colère et de frustration monte du plus profond de mon ventre. Je frissonne de tout mon être à la vision de la sculpturale hamadryade aux cheveux d’ébènes aux pieds de Mon Marc le comblant d’attentions et de plaisirs que mon inexpérience ne soupçonne même pas. Kristale a senti le frémissement d’indignation de ma peau. Elle relève la tête vivement.
- Hum ! Mais dit donc ! Tu l’as dans la peau ton Maître ?
Nos regards se croisent. Je rougis, mais la colère ne m’a pas quitté. Et sans réfléchir tout à trac je lance avec assurance, presque arrogante.
- Mais c’est aussi le vôtre !
Son visage se fige. Elle réfléchit un instant. Ses caresses cessent mais sa main reste posée sur ma poitrine, sur mon sein durci.
- Tu as raison petite gourde… Cela arrive de temps à autre, pour mon plus grand plaisir ! Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut te montrer insolente.
Et tout en appuyant sur le mot, insolente, elle s’empare de la pointe de mon sein et le tord violemment. Je sursaute de douleur et pousse un cri de surprise. Mais je n’ose pas me plaindre davantage. Je viens de comprendre que j’ai flirté avec la limite de ce que peut accepter Kristale. Mes yeux quittent les siens.
- Excusez-moi, Madame… Je ne voulais pas…
La douleur m’a arraché une larme qui perle puis roule le long de ma joue. Est-ce que cela a adoucit Kristale ? Ses caresses reprennent massant doucement le téton qu’elle vient de supplicier, comme pour me consoler.
– Il ne faut pas toucher à ton Maître, Hein !
Elle sourit largement. Lâchant mon sein, elle s’empare de mon visage et me force à la regarder.
- La première fois que je t’ai vue dans l’atelier de Marc, J’ai voulu t’avoir… Tu te souviens ?
Si je me souvenais ? Oh, que oui ! J’étais nue offerte et tremblante c’était la première fois qu’une femme me voyais ainsi. La première fois qu’une femme a fouillé mon intimité, m’humiliant sous les yeux de mon Maître. Cette première femme c’était elle… Kristale ! (Souvenirs)
- Oui… Oui Madame !
- Et donc je te demande une fois encore… Veux-tu te soumettre à moi ?
Sa voix est douce, elle se penche sur moi et ses lèvres viennent effleurer ma joue buvant la larme salée qu’elle a fait jaillir de mes yeux. Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. Une réponse négative et c’est à coup sûr subir les foudres de la blonde hyperboréenne. Dire oui et c’est chambouler toute ma vie, changer la ligne que je me suis fixée, arrêter cette expérience que j’adore pour une autre, un saut dans l’inconnu. Marc m’a fait comprendre que j’appartenais à Kristale, pour ce soir en tout cas ! Il lui a dit qu’il consentirait à mon choix si je devais accepter à l’étrange proposition. Je suis en plus dans une situation de soumission où le "non " est totalement impossible à dire à ma Maîtresse provisoire ! Et si cela n’était qu’un jeu, un test ! Une épreuve mise au point par mon machiavélique Maître. Cela serait bien de lui çà !
- Je n’ai pas finie mon dressage Madame ! Je ne suis encore qu’une novice ! Il faudrait que Marc …termine mon… mon éducation ! Après…Peut-être !
Les lèvres de Kristale quittent ma joue.
- Oui... Ton dressage n’est pas terminé, il est vrai. Cela traîne un peu en longueur… Je pourrais accélérer cela !
Elle s’empare de mon poignet gauche orné du petit bracelet de cuir tressé rouge et blanc et le contemple longuement en souriant. Apparemment elle connaît la signification de ce bracelet. Je brûle d’envie de lui demander mais elle ne m’en laisse pas le temps.
- Ton Marc est un romantique, il prend son temps… Je crois qu’il t’apprécie vraiment beaucoup pour ce que tu lui donnes !
Elle baisse la tête et saute du coq à l’âne et devient mystérieuse.
- Il a prévu une épreuve pour toi... Une punition…Importante ! Elle n’est pas encore fixée mais ton Maître à beaucoup d’imagination ! … Je lui ai demandé d’en prendre la responsabilité !
Elle a dit ces derniers mots sur un ton glacial. C’est une menace non dissimulée. Une menace appuyée par ce que Stéphanie est en train de subir en ce moment même. Il me vient à l’esprit que j’aurais pu être à sa place sur simple décision de Mon Maître. Une onde glaciale me parcourt le dos.
Elle se détend soudainement, sa jambe qui me chevauche et me maintient plaquée contre le lit me libère. D’un coup de rein souple elle quitte la couche se lève s’éloignant du lit. Elle est belle ! Ses longs cheveux de lin lui caressent le dos rehaussant l’éclat mat de ses fesses parfaitement galbées. D’une démarche assurée elle s’approche d’un portemanteau et s’empare de l’unique peignoir de soie rouge qui y pend. Elle l’enfile prestement en se retournant vers moi. Les pans du déshabillé se croisent sur son ventre et sa fleur glabre encore luisante de mes caresses. Elle est pour moi l’image de la femme mure, sûre d’elle que j’aimerais devenir.
- Vas y… Vas rejoindre ton Maître !
Elle lisse ses cheveux entre ses mains en les ramenant au-dessus de sa tête. Son ton est redevenu neutre comme si rien ne s’était passé. La discussion est close.
Elle s’empare de la cravache restée tout le temps de nos ébats au pied du lit et la glisse sous son bras
- Et dit à Laure que je l’attends. C’est un ordre !… Je suis dans la cave…
Et sans se retourner, sans même me jeter un regard, elle franchit le seuil de la chambre laissant la porte grande ouverte.
Seule sur le lit, je reste un long moment à réfléchir sur ce qui vient de se dire durant cet étrange entretien. Les questions se bousculent dans mon esprit. L’envie de retrouver mon Maître devient de plus en plus impérative. A mon tour je me lève. Le grelot de mon collier tinte doucement et la longue chaîne de métal suis mon mouvement venant cogner contre mes jambes. Je jette un regard circulaire dans la chambre jaune. Apparemment il n’a pas été prévu de peignoir pour moi. Et c’est nue que je franchis à mon tour la porte ouverte sur le corridor.

29 avril 2009

Chap.36. Entretien privée.

Je suis contente que mes pieds nus aient quitté les dalles froides qui couvrent le sol de la cave. Nue, je trottine derrière Kristale sur le parquet chaud, tirée nonchalamment par la longue chaîne de métal fixé à mon collier de cuir.En montant dans les étages Kristale ne pas adressé la parole. Seul le tintement du grelot de mon collier contre la chaîne trouble le silence et je n’ose me plaindre lorsque les secousses de la chaîne tendue entre nous martyrisent mes cervicales endolories. Elle ralentie enfin devant une des lourdes porte de chêne du couloir que nous arpentons, l’ouvre et la franchie allègrement.

La porte se referme d’elle même derrière nous en claquant. Kristale lâche la chaîne de métal froid qui vient en percutant mon ventre se glisser entre mes cuisses et s’avance dans la pièce. Les volets sont fermés sur la nuit et sous l’éclairage savamment distribué je découvre une vaste chambre où trône un lit à baldaquin de merisier rehaussé de feuilles de bronze. De lourdes tentures jaunes d’or brodées de rouge sombre couvrent les murs. Les voiles diaphanes qui tombent langoureusement du chapiteau du lit aux couleurs d’épice s’accordent avec goût aux larges coussins rouges et or posés en travers du lit qui tombent en grappes sur le sol de chêne noir. Je reste un moment ébahi par le luxe des matières qui décorent la chambre. Comme cela contraste étonnement avec l’austérité de la cave que nous venons de quitter ! Je me sens comme dans un nid douillet. En sécurité ! Une chaleur réconfortante me gagne et je me détends. Je prends la pose de soumission debout, avec une certaine désinvolture. Tout en allant ouvrir une large commode ventrue Kristale me lance sans me regarder.
- A genoux Isabelle !
Sa voix se fait plus douce que dans la cave, presque amicale.
Sans hésiter, je plie les jambes, entre deux coussins je m’agenouille sur l’épais tapis de laine qui orne le pied du lit. J’écarte largement les cuisses, me cambre et ramène mes mains dans le dos. La chaîne qui tombe de mon cou glisse entre mes seins, caresses mon bas ventre et se love mollement sur le sol.
Kristale semble avoir trouver ce qu’elle cherchait car elle se retourne vers moi en souriant, brandissant entre ses mains une cravache de cuir noir. Une de ces fines et légères cravaches que j’utilise moi-même lorsque je monte les chevaux difficiles du haras. Elle la plie entre ses mains en un arc de cercle comme pour en éprouver la flexibilité.
Mon visage se fige. Je sais ce que Kristale peut faire d’un tel accessoire si la fantaisie lui en prenait. Elle perçoit mon trouble.
- Tu as déjà fait connaissance avec cet instrument…n’est ce pas ?
Son sourire s’accentue à cette évocation.
- Mais tu n’as rien à craindre… Tant que tu te conduis bien !
Et elle jette la cravache en travers du lit. Un long frémissement de soulagement me parcourt les reins. Mais j’ai compris la menace à peine voilée. Il faut que je sois obéissante… en tout.
Kristale tire un à un sur les boutons de son chemisier qui s’entrouvre sur sa poitrine découvrant un peu plus le collier de cuir noir qui ceinture son cou.Elle tire sur les pans du vêtement pour le sortir du pantalon de flanelle tout en lançant d’un coup de pied sec ses escarpins dans un coin de la salle.
- Ton Maître m’a dit que ton dressage se passait bien ! …
Elle déboutonne le haut de son pantalon et continue.
- … Mieux que celui de Stéphanie en tout cas !
Le pantalon glisse le long de ses hanches découvrant de longues jambes fuselées.
- Elle mérite ce qui lui arrive… On ne vient pas proposer sa soumission en croyant que ce n’est qu’un jeu… N’est ce pas Isabelle ?
Le pantalon rejoins les chaussures et ses doigts s’insinuent dans le fin élastique de son string noir. Elle me prend à témoin et attend la confirmation de ses propos. Elle prêche à une convertie. Effectivement ce n’est pas un jeu…Pas pour moi ! Je réponds vivement.
- Oui, Madame !
Le string vole à travers la salle et vient compléter le tas des vêtements de Kristale. Elle est maintenant entièrement nue devant mes yeux gênés. Elle dévoile sans pudeur un corps de femme mure aux courbes voluptueuses, aux seins arrogant placés haut, au ventre totalement épilé dévoilant une fleur rose et pourprée au nacre frémissant. Une pierre d’aigue-marine orne son nombril et brille d’un feu froid, froid comme le bleu de glace de ses yeux pénétrant. D’un coup de tête négligeant, elle remet en place ses cheveux blonds presque blanc et lance à brûle pourpoint.
- Ces hommes sur Stéphanie m’ont tout excitée… Pas toi ?
Je reste coite, Comment avouer la contradiction des sentiments qui m’assaillaient devant cette scène d’hommes assouvissant leurs désirs les plus ignobles sur le corps offert de la jeune fille implorante, à deux pas de moi. Effroi, crainte, honte, tentation, jouissance refoulée… Comme je tarde à répondre, elle se penche sur moi se saisis par le menton et plante ses yeux dans les miens.
- Ne fais pas ta mijaurée petite gourde… Cela t’a excité aussi non ?
Je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux, maudit rougissement qui ne cache rien de mes troubles intérieurs !
- Si…Ou…Oui, Oui, Madame !
Satisfaite de ma réponse elle relâche mon menton et se relève en souriant.
- Heureusement tu sais comment calmer cette excitation n’est ce pas ?
Je devine au ton de sa voix le plaisir qu’elle prend à m’humilier.
- Ou… Oui, Madame !
Je ne sais pas où elle veut en venir, mais que répondre d’autre ?
Je baisse les yeux.
Kristale s’approche un peu plus de moi, son ventre irradie une chaleur sourde elle me saisit par les cheveux et plaque mon visage contre son bas ventre.
Mes lèvres rencontrent ses lèvres.
Un parfum suave me submerge. Dans un reflex de sauvegarde je verrouille la bouche. Kristale soulève une jambe et l’écarte en prenant appui sur un des gros coussins placé à côté de moi. Elle accentue la pression de ses mains sur ma nuque écrasant un peu plus mon visage contre son ventre. L’humidité que distille sa fleur entrouverte imprègne la surface de mes lèvres. Sa voix se fait pressante, un peu éraillé, déformée par le plaisir qui monte en elle.
- Allons petite chienne… Ta langue…Ta langue !
Je ferme les yeux et entrouvre la bouche. Timidement je tends la langue et l’enfonce entre les nymphes gorgées de douceur. Son ventre a un petit goût acide qui s’estompe rapidement et laisse place à une saveur épicée et sirupeuse de liqueur mêlée de ma salive.La nuque me fait mal, les mains toujours dans le dos, le visage rejeté vers l’arrière, coincé entre les cuisses de la blonde nordique je m’efforce de lui prodiguer la caresse qu’elle attend, mimant sans conviction avec ma langue le baiser que j’aurais donné à la bouche un improbable amant. Mes lèvres et mon menton se barbouillent de liqueur de Cyprine. J’ai du mal à respirer, mes narines collées contre son ventre et ma bouche trop occupée à boire à la source immorale.
Kristale ne me laisse pas le temps de reprendre mon souffle. Ses hanches ondulent sous la caresse. Son ventre balaye mon visage et je m’efforce de suivre le mouvement pour maintenir ma langue tendue a l’intérieur du fourreau suintant. Elle émet de petits cris étouffés par un souffle rauque lorsque ma langue rencontre le pistil durcis de sa fleur entrouverte, clitoris sensible à l’extrême dont le frottement contre l’émail poli de mes dents et provoque chez elle des sursauts incoercibles.
- C’est bien … C’est bien ma belle ! Continue comme çà… Lèche moi profooond !
Elle continue sa supplique en prononçant quelques mots en hollandais que je ne comprends pas et ses suppliques se perdent dans une crispation de tout son être. Ses cuisses se raidissent autour de mon visage. J’ai peur qu’elle me brise la nuque tant les secousses sont violentes, mais je me réfrène et garde les mains dans le dos, attendant stoïquement que sa frénésie retombe.
Sans prévenir Kristale relâche son étreinte et fait un demi pas en arrière. Son ventre s’éloigne de ma bouche me laissant abasourdie, hébétée par l’arrêt brutal de l’étreinte contre nature. Un filet de liquide mielleux qui relie mes lèvres à son sexe s’étend et se casse comme à regret et vient pendre à la commissure de mes lèvres. Je n’ose pas l’essuyer. Les yeux grands ouverts, je tente de reprendre mon souffle et respire bruyamment comme une noyée retrouvant l’air frais.
Kristale s’empare de ma chaîne et la tire vers le haut. Je me relève rapidement encore un peu étourdie de ce qu’elle vient de m’imposer et me retrouve face à elle. Je garde les mains dans le dos. Elle me prend délicatement la nuque et approche son visage. Elle me dévisage un moment avec un sourire gourmand et les yeux brillant de fièvre. Son souffle poivré me balaye les joues.
- Ta bouche est fraîche ma chérie… C’est un vrai bonheur !
Isa_Kris038Sans attendre de réponse elle me tire vers elle. Nos lèvres se joignent. Son corps se colle contre le mien. Sa langue cherche à se frayer un passage entre mes dents. Docilement j’entrouvre la bouche, nos langues se frôlent ses bras me ceinturent comme pour m’empêcher de fuir et ses mains se font caressantes, effleurant mes reins, glissant sur mes fesses. Kristale est sur le point de gagner... De me gagner ! La tête me tourne sous les ses caresses, je perds pied et m’abandonne. Je réponds timidement au baiser puis m’enhardis, nos langues entament un ballet frénétique qui m’étourdit un peu plus. Sous l’étreinte je me vois basculer vers l’arrière et en un reflex, comme pour me retenir, pour ne pas tomber, je délie les mains de mon dos et me rattrape aux hanches de Kristale. Sa peau est brûlante et son feu se communique à tout mon corps. L’émotion est si intense que j’ai envie de hurler mon exaltation. A mon tour oubliant le protocole de parfaite soumise je l’étreins de toutes mes forces pour ne faire plus qu’un avec ce corps qui me ressemble.
Comme dans une danse au ralentie, un slow silencieux seulement troublé du chuintement de nos baisers, nos corps se rapprochent du lit a baldaquin Mes genoux plient contre son bord et toujours enlacée nous basculons de tout notre long en travers du lit. La chute me surprend, je lâche les lèvres de Kristale et pousse un cri d’étonnement ponctué d’un éclat de rire lorsque notre course se termine entre les coussins rouges et or.

24 avril 2009

Chap. 35. Echange protocolaire.

Les deux femmes contournent les corps enchevêtrés de Stéphanie et de ses persécuteurs en action sans même leur porter attention et viennent se placer devant nous.
Kristale pose un genou à terre, se mettant ainsi au niveau de Marc, tandis que Laure écarte les jambes, place ses mains dans le dos et se cambre en une parfaite attitude de soumission. La longue chaîne, semblable à la mienne, qui pend à son cou se balance doucement entre ses jambes effleurant son ventre.
Sans me regarder, Kristale s’adresse directement à Mon Maître.
- Me permettez-vous, Cher Maître, d’emprunter votre soumise une partie de la soirée ? Je vous laisse Laure en échange, C’est une chienne parfaitement dressée qui vous tiendra compagnie de la meilleure façon !
Comme si il s’attendait à cette demande, Marc sourit et contemple un instant le magnifique présent que lui fait Kristale en échange de…Moi ! Un frisson me parcourt le dos et j’attends avec crainte sa réponse, en ayant le secret espoir qu’il refuse cette curieuse invitation.
- Comment résister à une telle proposition !
Une chape de glace me tombe sur les épaules.
Il se tourne vers moi.
- Isabelle, Tu accompagne Madame… Tu es à sa disposition !
.Ainsi Mon Maître, Mon vénéré Maître, m’échange comme une vulgaire marchandise !
- As-tu compris Isabelle ?
La demande se fait pressante. Je suis tellement anéantie que je ne réagis pas tout de suite. J’aurais tellement aimé passer la soirée avec lui. Mais, bien sûr, il est impensable que je le déçoive !
Je réponds la gorge serrée.
- Oui, Monsieur… J’ai compris !
J’ai compris que je venais, d’une simple phrase, changer de main, à mon grand désarroi.
Il se penche à mon oreille et murmure la phrase désormais rituelle.
- …Et fais que je sois fier de toi !
Sans attendre de réponse, il se lève vivement, enlevant le bras de mes épaules, se tourne vers Kristale qui est maintenant à ses genoux et lance.
- Elle est à vous !
Puis, sans plus m’accorder d’attention, il s’éloigne vers une des portes de la grande salle de pierre suivi de près par Laure qui s’empare au passage du peignoir blanc posé sur l’accoudoir.
Un sentiment d’abandon et de tristesse me laisse un arrière goût amer dans la bouche et mon cœur loupe un battement lorsqu’il disparaît de ma vue. Mais Kristale ne me laisse pas le temps de m’abandonner à mon chagrin. Elle se saisit de la chaîne qui pend à mon cou et se relève en tirant dessus. Je me déplie du sofa en catastrophe pour ne pas être étranglée et me retrouve debout face à elle.
- Enlève-moi cette jupe ridicule !
Son ton est sévère. Fébrilement, comme dans un rêve, je déboutonne le seul bouton qui retient la jupe écossaise et en entrouvre la fermeture éclair. En me trémoussant, je la fais glisser le long de mes hanches pour la laisser tomber au sol. Du coin de l’œil j’observe les trois hommes dont l’intérêt pour Stéphanie semble soudain avoir retombé. Seul Pierre qui alors pour la seconde fois se glisse entre les lèvres de la jeune fille ne lève pas la tête vers moi, trop occupé semble-t-il à satisfaire son plaisir. Les yeux de Jacques brillent d’un feu malsain comme jamais. La jupe tombée au sol découvre mon slip resté baissé à mi-cuisses révélant du même coup aux yeux de tous mon bas-ventre nue, parfaitement épilé.
- Le slip aussi... Et tout le reste, petite gourde !
Petite gourde ! Les mots préférés de Kristale pour me qualifier. Sous l’insulte je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux. Je prends une profonde inspiration pour me calmer. Le sang bat à mes tempes un peu moins fort. Je glisse deux doigts dans le fin élastique de ma petite culotte blanche et la tire définitivement vers le bas. Je me penche vers l’avant et soulève mes pieds à tour de rôle pour la dégager et la laisser tomber enfin au sol. J’en profite dans le même geste pour me débarrasser de mes escarpins noirs et de mes socquettes blanches. Je suis maintenant entièrement nue devant Kristale et offerte au regard de tous. J’ai l’impression que je vais m’évanouir de pudeur. Mais dans un effort surhumain je prends la pose, jambes à demi écartées et les deux mains dans le dos, j’entrouvre les lèvres et en gardant la tête haute, je baisse les yeux au niveau de la poitrine de Kristale.
Ma Maîtresse par procuration semble satisfaite.
Elle me détaille longuement de la tête au pied. Je sens le regard des hommes en faire autant. Un petit scintillement dans ses yeux et un sourire narquois puis elle se détourne brusquement sans lâcher ma chaîne qu’elle tend négligemment par dessus son épaule et se dirige d’un pas décidé vers la porte où Marc et Laure ont disparus. Je suis surprise par la tension de la chaîne qui se tend brusquement et me tire violemment dans son sillage, je manque trébucher et suis obligée de trottiner derrière elle pour ne pas être étranglée sous les quolibets gouailleurs des hommes.
- Eh ! Kristale ! Ne la garde pas trop longtemps pour toi !
- Jolie pouliche que tu tiens en laisse !
- Ramène-nous là rapidement qu’on puisse la monter !
- …
Je baisse la tête et rougis violemment. Nue, sous les railleries, je me sens totalement démunie et vulnérable. Je sais qu’il suffirait d’une parole de Kristale pour que la meute lubrique se jette sur moi. Sous les interpellations, elle ralentis son pas en arrivant à la porte et fait volte face. Je n’ose pas me retourner et affronter leurs regards qui doivent maintenant se poser sur mon dos, mes reins, mes fesses !
Par dessus mon épaule, elle leur lance avec le même ton moqueur
- Chaque chose en son temps… Occupez vous donc avec Mademoiselle Stéphanie. Elle ne demande que çà…
Les hommes éclatent de rire. Il y a une promesse qui n’a échappé à personnes dans sa réponse… "chaque chose en son temps ".
Elle reprend son chemin en me traînant derrière elle et à peine avons nous passé le pas de la porte qu’un hurlement accompagné d’un long cri de détresse retenti à mes oreilles. Le cri de détresse est suivi de clameurs de protestations qui se transforment en supplications désespérées. En hurlant, Stéphanie implore ses tourmenteurs.
Sans se retourner, Kristale me lance en riant avec son étrange accent hollandais.
- Ah ! Je crois que nos amis ont décidé de faire découvrir à ta copine les plaisirs que tu apprécie tant !
La tête baissée, je fais un effort violant pour repousser l’image qui passe devant mes yeux. L’image des reins de Stéphanie forcés par les trois soudards. Je presse le pas pour m’éloigner au plus vite de la salle sombre où se perpétue l’ignoble outrage.

13 avril 2009

Chap. 34. Les deux s.

- Messieurs,... Cette Demoiselle est à vous !
Kristale relâche la tête de Stéphanie et s’éloigne pour s’asseoir prés de Laure au coté de Nicolas.
Je ne suis pas surprise de voir Pierre et Jean, les deux boutes en train de la soirée, se lever à l’unisson sans même se consulter et se diriger vers la jeune fille nue et offerte. Jean a déjà ôté sa chemise et s’apprête à déboutonner son pantalon. Pierre fait de même. Quand je comprends ce qu’ils vont faire je détourne la tête et me blottis un peu plus contre Mon Maître collant mon visage contre son épaule.
C’est compter sans sa malice ! Sa main me saisie la nuque et m’oblige à relever la tête.
Il me murmure à l’oreille.
- Il te faut regarder Isabelle, sinon comment feras-tu pour décrire çà dans ton blog ?
C’est une excuse, je le sais. En fait, il est ravi de m’humilier et de pousser dans ses retranchements ma timidité exacerbée. Il se délecte de mon malaise.
Mon attention se reporte sur la scène, je me sens rougir jusqu’aux oreilles. Mon cœur bat la chamade et je ferme à demi les yeux, comme pour me protéger derrière mes paupières. Et c’est les yeux mi-clos que j’assiste à la déchéance annoncée de Stéphanie.
Pierre arrive le premier il pose une main caressante sur ses reins et se place derrière elle, sa main droite vient immédiatement explorer l’entrejambe de la jeune fille. Stéphanie enfonce sa tête entre ses épaules. Impossible pour elle d’échapper à la caresse de l’homme, ses liens sont trop bien pensés, mais elle ne peut contenir un réflexe d’évitement. Sans quitter la scène des yeux Kristale se penche à l’oreille de Laure et lui murmure quelque chose. Elle se lève alors et se dirige vers le fond de la salle. Lorsqu’elle disparaît dans l’ombre mon attention revient vers la table basse. Les caresses de Pierre semblent se préciser car Stéphanie se tortille dans ses liens. Mes yeux de détournent instinctivement lorsque j’aperçois le sexe de l’homme, fier et arrogant dressé à quelques centimètres de la fente entrouverte de Stéphanie. Je prends une profonde inspiration pour ralentir les battements de mon cœur et tenter de diminuer le feu qui brûle mes joues. C’est la première fois que j’assiste aux ébats d’un couple d’une façon aussi crue. Il n’a fallu que cet instant de trouble pour que l’homme présente le gland d’ivoire à la porte humide et y écarte les lèvres pour s’y introduire à demi. Stéphanie pousse un gémissement de détresse et dans son dos ses poings liés se serre convulsivement. Ce n’est pas cela qui va ralentir les désirs de l’homme solidement fiché entre les cuisses de sa victime. Il se saisit des hanches de Stéphanie et d’un violent coup de rein parachève sa pénétration. La jeune fille ne peut s’empêcher de lancer un cri de désarroi. Jean Fait le geste d’applaudir doucement avec un sourire goguenard.
Dans la salle monte une douce musique tandis que Laure regagne sa place. Jacques achève de se déshabiller, aidé de Sylvie. Apparemment Pierre en portant le premier assaut sur Stéphanie vient d’ouvrir le bal.
Je frissonne et malgré l’abjection de la scène ne peut contenir le crépitement du feu qui gagne mon ventre. Je me blottis un peu plus contre Marc, la gorge serrée, j’ai la tête qui tourne un peu, certainement le vin, je n’ai pas l’habitude ! Je suis maintenant irrésistiblement attiré par le calvaire que subit Stéphanie. Je l’observe par en dessous en retenant ma respiration. Jean se débarrasse de ses derniers vêtements qu’il jette négligemment sur le sol. Un corps en peu amolli au ventre proéminent du bon vivant en contraste avec une érection qu’il brandit comme un étendard d’une main épaisse. Il s’approche de Stéphanie et la saisi par les cheveux la forçant à relever la tête. Son visage m’apparaît alors. Elle est blafarde malgré la chaude lumière orangée qui baigne la scène, les yeux fermés, les paupières crispées, toute à son refus de la charge que lui porte Pierre. Elle ne perçoit pas immédiatement le gland de Jean qui vient se poser sur sa joue, elle ouvre les yeux pour identifier l’importun. Une lueur de terreur passe devant ses pupilles et elle détourne vivement la tête dans le sens opposé, refusant fermement l'offense que se propose de lui infliger l’homme hilare.
J’ai presque pitié du pauvre sursaut de refus que tente la jeune fille. Mais son assaillant semble bien décider de se servir de sa bouche pour contenter son plaisir et la ramène fermement face à lui en posant cette fois sa verge sur la bouche aux lèvres serrées de dégoût. Stéphanie lutte désespérément pour contenir l’odieuse agression. Mais que peut-elle faire sinon se plier ? Il lui faudra bien consentir l’accomplissement de cet acte odieux ! N’a-t-elle pas accepté sa punition ?! Il n’y a pas de fuite possible pour elle ! Elle doit en être arrivé à la même conclusion que moi car devant l’insistance de Jean, elle finit par entrouvrir la bouche. C’est plus qu’il n’en faut à l’homme pour perpétrer l’outrage. Son gland luisant et une bonne partie de sa verge turgescente disparaissent brutalement entre les lèvres distendues de la jeune fille. Couvrant la musique de fond, et malgré son bâillon de chair je peux percevoir son gémissement de désespoir venant du fond de sa poitrine.
Difficile pour moi d’appréhender la honte qui doit saisir Stéphanie d'être ainsi prise comme un objet par deux hommes en même temps. Je suis très mal à l’aise, souvent mes yeux se détournent et pourtant une chaleur sourde pulse de plus en plus fortement dans le bas de mon ventre. Je me trémousse et change de position. Mon regard apeuré accroche celui de Mon Maître. Un éclair dans ses yeux. Il jubile de me voir ainsi troublée, intimidée au-delà de ce qui est descriptible. Je reviens pourtant irrésistiblement à la scène. Jacques a fini de se déshabiller et a enfilé le peignoir déposé par Laure. Entraînant Sylvie par sa chaîne de fer il s’approche de Stéphanie dont le corps, malgré ses entraves de chanvre, tressaute en gémissant sous les assauts répétés des deux hommes. Jacques se penche vers Pierre et lui chuchote quelque chose que je ne comprends pas. Pierre sourit en opinant du chef et cesse ses coups de boutoir. Il se dégage lentement du ventre de Stéphanie. Sa verge turgescente quitte comme a regret le doux fourreau. Elle est couverte de liqueur de Cyprine, comme vernissée d’huiles grasses tellement les sécrétions vaginales de Stéphanie sont abondantes, confirmant ainsi l’étrange particularité de la jeune " femme-fontaine ". Pierre fait un pas de coté me masquant une partie du corps martyrisé, mais je comprends que Jacques vient occuper la place du premier tourmenteur de la jeune fille. Pierre s’éloigne pour aller récupérer son peignoir me découvrant ainsi Jacques déjà enfoncé profondément dans le ventre de Stéphanie les mains crispées sur ses hanches, tandis que Jean savoure avec délectation la profanation des lèvres délicates de la jeune fille. Ma vision se brouille un peu, ainsi la voici la punition de Stéphanie ! Etre pendant toute la nuit l’exutoire des hommes de la soirée ! La tête  me tourne un peu plus, un brusque sentiment d’empathie me fait m’imaginer à sa place. Une sensation étrange de dégoût, de honte et de plaisir mêlés me parcourt, enflammant encore un peu plus mes joues. Je reviens à moi pour m’apercevoir que Jacques me fixe intensément tout en assénant à la blonde étourdie de lent et profonds coups de reins. Les cheveux de ma nuque se hérissent en comprenant ce qui se passe. Ce n’est pas Stéphanie qu’il est en train de posséder ! C’est moi ! Depuis le début de la soirée il n’a pas cessé de me dévorer des yeux. Dédaigneusement, je fuis son regard, s’il pouvait m’oublier un instant je me sentirais mieux !
Au fond de la salle je distingue Nicolas qui n’a pas bougé et observe la scène avec distance. Indifférentes au spectacle, Kristale et Laure semblent en grande discussion.
Je me tourne vers Marc et entrouvre la bouche pour poser une question qui me taraude. Je n’ose pas parler sans son accord, mais il a compris mon attitude.
- Oui, Mademoiselle ?
Je jette rapidement un regard vers Nicolas et reviens à Marc.
- Le Maître de Stéphanie… Nicolas… Il ne … "participe "… Pas ?
Son sourcil gauche se soulève. Il me considère comme si j’étais une demeurée.
Je déteste quand il fait çà !
- Tu n’as donc pas compris ?
A mon tour je hausse les sourcils dans un signe d’incompréhension.
Il continue.
- Il ne participera pas parce qu’il ne le peut pas… Nicolas n’est pas le Maître de Stéphanie !
Je reste dans l’expectative. Il secoue la tête et souris largement et insiste.
- Nicolas et Stéphanie... C’est un couple de soumis !
J’en reste bouche bée. Ce qui fait bien rire Marc. Je détourne vivement la tête et vient par dessus la scène d’humiliation de Stéphanie observer Nicolas plus intensément.
Ainsi je ne m’étais douté de rien ! Pour moi c’est simple ; Il y a un Maître ou une Maîtresse et une soumise. Et ma soumission à Marc est pour moi le modèle évident et inaliénable. Cette révélation est des plus troublante. Je comprends alors que pour Nicolas ce qui arrive à son amie sous ses yeux doit être des plus terrible mais aussi lui procurer un plaisir ineffable. En effet c’est à un véritable viol collectif de sa compagne auquel, de par sa condition, il est obligé d’assister et bien sûr de l’accepter et peut être même… De l’avoir voulu !
Je souffle intérieurement. A quoi bon essayer de comprendre ce jeu des apparences troublées ?
Je me détends, me rejette en arrière et vient de nouveau rejoindre l’épaule rassurante de mon Maître qui me paraît tout à coup d’une apaisante stabilité. Comme dans un rêve, les yeux mi-clos, j’assiste au va et vient permanent des trois hommes autour de la pauvre Stéphanie. Un jeu de chaise musicale ou les enjeux sont ses lèvres et son ventre.
Elle a maintenant renoncé à se débattre, a protester et se prête docilement aux divertissements pervers des hommes qui, sans état d’âme, profanent tour à tour ses parties les plus intimes sous les yeux d’un Nicolas abattu.
Mon ventre me brûle et se tord, mon corps se plaint de n’être que simple spectateur et malgré toute la perversité de la scène à laquelle j’assiste mes pulsions profondes me poussent irrésistiblement vers une délectation malsaine à la contemplation du martyre de ma compagne d’infortune. Et c’est avec un sursaut de ravissement de tout mon être que j’accueille la main de Marc qui vient de se poser sur mon sein droit et en caresser doucement, presque nonchalamment, le mamelon. Un signe d’affection qui en annonce d’autre et que j’attends de tout mon être... De toute mon âme.
Au fond de la salle, A travers mes paupières à demi baissées j’aperçois Kristale qui se lève et se dirige vers nous, suivie, un pas derrière, par la féline silhouette nue de la docile Laure.

26 mars 2009

Chap. 33. La Sentence.

Kristale finit par abandonner le visage de Stéphanie qui retombe lourdement vers le sol. Elle prend une attitude théâtrale un peu forcée et déclare ;
- Messieurs, Mesdames et… Mesdemoiselles, nous somment réunis ce soir pour nous occuper du cas de Mademoiselle Stéphanie !
Elle s’interrompt un instant ménageant ses effets et continue
- Mademoiselle Stéphanie est venue se soumettre à Maître Marc en passant par mon entremise. C’est une novice, elle a donc consenti à respecter les règles qui régissent sa condition… Toutefois, Maître Marc m’a rapporté des attitudes qui ne sied pas à une soumise de bonne facture. Et, bien sûr, il importe de ne pas laisser passer de telles dérives. Les sanctions devant être aux mesures des fautes et accepté par Mademoiselle Stéphanie nous nous sommes donc réunis tous les trois pour décider de la sanction qui lui sera appliqué ce soir…
Kristale prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer son rôle de juge. Elle s’exprime avec un langage châtié que son accent hollandais renforce encore plus. L’assemblée est vite captivée par la Maîtresse de maison.
- Mademoiselle Stéphanie a ainsi contrarié son engagement de soumission en faisant preuve… d’insubordination, de résistance au protocole, d’irrespect voir même… d’insolence !
A chaque énumération des méfaits de Stéphanie l’assemblée lance un "Oh ! " outré. Cela en est presque comique. Je jette un coup d’œil à son compagnon Nicolas. Dans la pénombre il reste de marbre, la tête baissée en entendant les turpitudes de sa blonde amie.
- Il est rare - Continue Kristale - Que les règles soit aussi peu prises au sérieux. Il est ressorti de la discussion que Mademoiselle Stéphanie a plus pris son dressage avec Maître Marc pour un jeu que pour une réelle soumission.
Des hochements de tête désabusés parcours l’assemblée
- Vous savez également, mes chers amis, que cela nous remet aussi en question et que les punitions ne sont jamais ordonnées sans que cela n’implique également ceux qui la décident et l’infligent… Nous sommes aussi responsable que l’est Stéphanie de sa méprise.
Je ne comprends pas très bien où veut en venir Kristale Je soulève la tête de l’épaule de Marc et le regarde cherchant une explication. Il ne me regarde pas et continue à fixer Kristale avec un sourire en coin. Sourire qui s’accentue lorsque Kristale reprend. Je repose ma tête sur son épaule, sa main gauche vient jouer dans mes cheveux et me masser affectueusement le cou, il a compris mon interrogation.
- Il a donc été décidé, en accord avec Maître Marc, une punition en rapport avec la… Les fautes commises. Une punition qui implique Stéphanie mais également toutes les personnes présentes ici, ce soir !
Kristale marque un temps d’arrêt, se saisi de la tête de Stéphanie et la plaque contre sa hanche comme on le ferait de la tête d’un animal de compagnie que l’on voudrait flatter.
- Ainsi ! Nous déclarons que durant cette soirée, et ce jusqu’au levé du soleil, Mademoiselle Stéphanie sera l’attention de tous vos désirs. Et que toutes les manifestations de jouissances dont vous auriez pu faire profiter vos partenaires se sera Mademoiselle Stéphanie qui devra les conclure… Comme d’habitude tout manquement constaté à cette règle sera l'exclusion définitive de notre cercle.
Un murmure parcours l’assemblée, Les visages se tournent les uns vers les autres. Pierre étouffe un rire de son poing fermé. Jacques s’enfonce profondément dans le sofa et, de l’autre bout de la salle, je peux percevoir son regard se poser sur moi et s’allumer. Pour lui échapper, je relève de nouveau la tête et cherche quelque explication dans les yeux de Marc. Cette fois nos regards se croisent et se soutiennent. Devant mon attitude déconfite il se penche à mon oreille et me souffle.
- Ce soir c’est Stéphanie la reine et tout le monde devra lui rendre hommage… Et à elle seule… Jusqu’au levé du soleil !
Je fronce les sourcils, circonspecte. Marc ne m’aide pas réellement. La reine ? Drôle de punition ! Je ne vois pas ce qu’il y a de terrible là dedans… Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. Cela ne peut pas être aussi simple ? Et tout à coup je comprends ! Une bouffé d’adrénaline me brûle la poitrine. Etourdie par cette révélation je relève vivement la tête, fixe Marc, écarquille les yeux et esquisse avec la bouche un petit " Ho ! " de consternation qui le fait pouffer de rire.

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