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Les Carnets d'Emilie

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11 mars 2009

Chap 32. l’offrande.

Gênée par ma culotte troussée à mi cuisse je trottine et me colle presque contre mon Maître tandis que nous descendons une volée de marches d’un escalier sombre et froid. Laure nous suit à deux mètres. Nous avons emprunté la porte dérobée par laquelle a disparu Stéphanie et débouchons rapidement dans une vaste salle que je reconnais immédiatement. C’est la cave de Kristale. Je distingue l’autre entrée par laquelle je suis arrivée ainsi que la petite porte de chêne de la cellule dans laquelle elle m’a retenu prisonnière alors en attendant le retour de Marc. Il y fait sombre des flambeaux éclairent chichement le plafond voûté. Marc qui est devant moi, fait un pas de côté et me dévoile un spectacle étourdissant.
Stéphanie est là ! Entièrement nue, sa jupe écossaise, son slip ainsi que ses escarpins noirs et ses chaussettes blanches son négligemment éparpillés sur le sol comme si on lui avait arraché de force. La jeune fille est solidement attachée sur une table basse de chêne patinée dans une posture que je reconnais comme étant le travail de Mon Maître. Stéphanie est littéralement emmaillotée de liens. Ses mains sont ramenées dans le dos et liées par les poignets par une solide corde de chanvre. Le lien les plaque contre son dos en passant sous sa poitrine et revenant en plusieurs tour ligoter les coudes en les rapprochant à les tordre. La corde continue son parcours zébrant le corps et ligaturant les deux épaules qu’elle ramène en arrière. Les jambes ne sont pas moins entravées. Les chevilles sont ramenées sur le bas des fesses et solidement attaché au haut des cuisses en se lovant autour de sa taille faisant saillir la rondeur de ses fesses d’une façon indécente. Les cordes achèvent enfin leur course sur le coté de la table se fixant à de solides anneaux de fer fixés dans l’épaisseur de la table écartelant ainsi largement ses cuisses exposant le merveilleux fruit fendu de Stéphanie. Sa tête est outrageusement rejetée vers l’arrière par la main de Kristale qui s’est emparée de sa queue de cheval, la forçant à contempler ses tortionnaires, exhibant à tous son visage cramoisi de honte d’être ainsi exposée aux yeux de l’assemblée qui a pris place autour d’elle. Malgré l’apparent inconfort de sa posture je peux voir que Mon Maître a toutefois pris la précaution de glisser sous elle un coussin cylindrique qui maintient ainsi son corps sans la fatiguer. Il me semble qu’elle pourrait ainsi supporter cette impudique position pendant des heures.
Mon cœur bat la chamade, je me rapproche un peu plus de Mon Maître. Il m’entraîne un peu à l’écart de l’assemblée vers un divan de cuir noir adossé au mur sur lequel il s’assoit nonchalamment. Il tapote affectueusement la place a coté de lui et me regarde et en souriant. Je m’agenouille alors sur le divan me lovant à ses côtés. Mes yeux commencent à s’accoutumer à la demi obscurité savamment calculée pour entretenir une atmosphère de mystère. Plus personne ne fait attention à nous et d’où je suis j’embrasse la totalité de l’étrange scène. Malgré la moiteur de la cave j’ai un peu froid. Je frissonne. Marc s’en aperçoit et viens ceinturer mes épaules nues de son bras m’amenant vers lui dans un geste de réconfort. J’ai maintenant ma tête sur son épaule… Je suis bien !
Laure s’éloigne vers un placard du fond de la salle, l’ouvre et en sort une pile de linge. Elle revient vers nous et dispose méthodiquement des peignoirs blancs soigneusement pliés à côté de chaque homme de l’assemblée. Elle se dirige vers notre alcôve et dépose sur l’accoudoir celui qui est visiblement destiné à Mon Maître. Je l’observe. Elle m’intrigue ! Sa beauté est irréelle, encadrée par ses longs cheveux noirs, rehaussée par la lumière rouge des flambeaux qui scintillent sur sa peau à chaques contractions de sa musculature. Il émane d’elle un charme mystérieux indéniable, envoûtant. Elle semble hors du temps, étrangère a ce qui se passe autour d’elle. Sa nudité et la chaîne qui pend à son cou ne semblent pas la gêner le moins du monde. Son visage reste fermé, énigmatique, impassible, toute à sa tache de bien servir. Comme je me sens quelconque et sans importance à côté d’elle et pourtant Marc ne semble pas s’intéresser le moins du monde à elle et ne lui lance même pas un regard lorsqu’elle se penche vers lui, absorbé qu’il est dans la contemplation de Kristale qui maintenant caresse doucement le front de Stéphanie, comme pour la consoler ou la préparer à une chose terrible.

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4 mars 2009

Chap. 31. Obéissance

Marc est seul, Stéphanie n’est plus avec lui. La conversation cesse et les regards se braquent vers Mon maître. Il sourit et à l’air vraiment content de lui. Il se tourne vers Kristale.
- Stéphanie est prête… Elle n’attend plus que votre bon vouloir Madame.
Kristale se tape sur les genoux.
- Très bien, ne la faisons pas attendre…
Et elle se lève immédiatement imitée par Laure, Jacques se lève également en tirant sur la chaîne de Sylvie pour lui intimer l’ordre de le suivre. Kristale fait un geste discret en direction de Laure, lui désignant Marc. Tous, sauf Laure, s’éloignent. Toujours à quatre pattes sur le tapis je n’ose pas bouger, mais je tends mon visage vers mon sauveur attendant de ses lèvres ma délivrance. Laure a rempli un large verre tulipe d’un fond d’alcool ambré. Elle s’approche de lui et lui tend à deux mains en baissant la tête et entamant une légère génuflexion. Elle est alors d’une beauté et d’une suavité à couper le souffle ses longs cheveux noirs effleure le verre et ses reins se cambrent avec déférence. Il est clair qu’elle connaît parfaitement ses devoirs. Marc se saisie du verre sans lui porter la moindre attention. Il s’assoit face à moi, à la place que vient de quitter Kristale. Il sirote avec volupté une gorgée de cognac, lève enfin les yeux vers moi et se penche alors vers mon visage.
- Il suffit que je te laisse quelques instants et tu en profites pour aguicher tout le monde !
Je reste interloquée un instant. Le ton de sa voix est neutre et je n’arrive pas a discerner s’il plaisante.
Il continue.
- Qu’est ce que tu fais à quatre pattes la jupe relevée et la culotte baissée ? …Hum ?
Il se redresse et porte de nouveau le verre à ses lèvres. Il attend une réponse. Je lance un œil à Laure qui reste de marbre, le regard fixé sur le sol à deux mètres devant elle, absente, indifférente à la scène.
- Je… C’est Kristale qui
- MADAME Kristale… Isabelle !
- Oui… Oh, excusez-moi ! … Madame Kristale qui m’en a donné l’ordre… Et… Et j’ai obéis !
Il me considère un instant et semble ravit.
- Et tu as bien fait !
La tension retombe, je suis soulagée de recueillir son assentiment.
- C’est la Maîtresse de cette maison, et ici elle a absolument tous les droits sur toi… Tous … Sauf…
Il boit une nouvelle gorgée de cognac.
- … Sauf quand tu es en ma présence ! Et en règle générale on ne peut rien te demander sans mon accord. Cela est valable pour toutes les personnes présentes ce soir.
Il plonge son nez dans le large verre a cognac et en hume le parfum délicat tout en continuant.
- Mais, si tu te retrouve seule, en l’absence de ton Maître dans cette enceinte, alors on peut faire de toi ce que l’on veut…Seule, tu appartiens à tous ceux qui le désirent... Tu es une novice et tu leur dois de te soumettre.
Tout en disant cela il lève la main et la pose délicatement sur la hanche de Laure. La jeune femme réagit immédiatement en encartant un peu plus les jambes. Sa main glisse le long de sa cuisse en une langoureuse caresse. Il me démontre par le geste ce qui vient d’être dit. Kristale a laissé Laure à son entière disposition et en son absence il peut en disposer suivant sa fantaisie.
- Tu as compris Isabelle ?
Je baisse la tête, ce qui soulage mon cou endolori.
- Oui, Monsieur !
- Je te conseille donc de rester au plus près de moi.
Un conseil qu’il n’est pas réellement nécessaire de préciser. Ce soir je vais suivre Mon Maître comme son ombre. Je relève de nouveau la tête.
- Oui, Monsieur… Merci Monsieur !
Il m’adresse un sourire, tend le verre à Laure qui s’en empare à deux mains et le dépose à côté des autres verres vides laissé par les convives.
Il se lève vivement.
- Bien, allons rejoindre ton amie Stéphanie avant que cela commence sans nous. Debout Isabelle !
Je déplie enfin mon corps endolori et me relève lentement. Ma jupe retombe sur mes genoux rougis et je rattrape le slip qui risque de tomber à mes pieds en le remontant sur mes cuisses.
- Non, non… Laisse le donc ainsi !
J’interromps mon geste laissant mon slip remonté à mi-cuisse.
Marc se dirige déjà vers le salon et la porte dérobée par où a disparu Stéphanie.

1 mars 2009

Correspondances épistolaires.

Je profite du 101éme article de mon blog pour répondre à certains courriels et plus particulièrement a un mail reçu dernièrement (son auteur se reconnaîtra, je pense)

- Malgré un système de re-direction compliqué de mes e-mails qui garanti mon anonymat, je réponds avec parcimonie aux courriels. Je les reçois et les lis avec grand plaisir. Vous me pardonnerez j’espère, de ne pas apporter forcément une réponse si vos écrits n’en appellent pas.
Je réponds bien plus facilement aux commentaires. Çà vous l’aurez remarqué !

- Inutile de m’envoyer des demandes de rencontre en dehors de la présence de Marc. Je lui appartiens totalement et il faudra passer par lui pour cela. Ne soyez pas timide, certains et certaines l’ont fait (suivez mon regard) !

- Ne me demandez pas non plus de vous faire parvenir une photo de moi (de quelque partie du corps qui soit ;-)) Je vous ai déjà expliqué que Marc contrôle jalousement mon image, pour son plaisir et ma sécurité. Je ne suis pas, bien sur, à l’abri de "photos volées " sur ce blog, mais je lui fais confiance.

- Je n’ai toujours pas le droit de visiter de site érotique ou aux lectures de même type. Je sais que c’est compliqué pour les demandes de liens réciproques. C’est Marc qui passera par votre site pour voir s’il est compatible avec le mien et le validera.

- Non, Marc n’exerce aucune censure ! Et ne lis pas mon courrier perso. !
Sauf celui que je lui transmets qui pourrait le concerner ou qui nécessite son avis. Il me fait une totale confiance et il est hors de question que je bafoue cette confiance.

- Oui, j’ai le projet de faire paraître Les Carnets d’Emilie dans un livre à compte d’auteur. Vous comprendrez mieux comment, à la fin de cet interlude de la " Saison d’Airain ". Il aura simplement un autre titre. Enfin… C’est loin tout cela !

- Oui, j’essayerais de mettre un lien sous forme d’(*) lorsque j’évoque une scène antérieure à l’article pour vous éviter d’avoir à relire la totalité des chapitres… ;-)

- Non, je ne corrigerais pas les fautes d'orthographe de mes textes. Il est encore très difficile pour moi de me relire, émmotionellement parlant.

- Oui, je suis en retard dans la rédaction de mon récit. La Saison d’Airain décrit en fait l’été 2007. Depuis, il s’est passé beaucoup de choses, encore de quoi écrire quelques volumes, Et je fais confiance à Mon Maître en ce qui concerne 2009 ! Désolée, mais mes études et le haras me prennent beaucoup de temps, il faudra encore patienter.

- Enfin on me demande si je suis amoureuse de Marc. Ces demandes me nouent toujours un peu la gorge. Impossible pour moi de répondre à cette question.
Notre relation est, je crois, au delà, ou en marge, d’une simple relation amoureuse. Si il ne s’agit pas d’amour… C’est bien plus ! Je me souviendrais toujours de la première fois que je l’ai rencontré, ce mois de septembre 2006, j'avais presque 19 ans alors ! Plus de trois ans déjà ! Quelque mois après il m’introduisait dans un univers plus intense que les simples fantasmes d'adolescentes qu'avait déclenché son art. Un monde que je découvrais, que j’appréhendais, mais que je désirais de toute mon âme…
Non, non il y a autre chose que l’amour. La fascination en est un ingrédient… Je ne sais pas … Je ne sais plus !
Et peu importe !

23 février 2009

Chap. 30. Fille du diable.

Le repas prend fin. Les vins fins servi sans modération par Laure ont échauffé l’atmosphère. Kristale tape dans ses mains pour attirer l’attention des convives qui discutent à bâton rompu dans un joyeux brouhaha.
- Allons Messieurs Dames... Il est temps !
Le silence se fait dés que la Maîtresse de maison élève la voix. Elle se tourne vers Marc et désigne Stéphanie d’un doigt négligeant.
- Maître Marc, je vous laisse préparer Stéphanie pour sa punition !
Un frisson me parcourt le dos. Ainsi c’est l’heure. Mon regard se pose sur le visage de Stéphanie. Elle a blanchi et lance à Marc un regard interrogateur en entrouvrant la bouche d’étonnement. Elle n’a presque rien mangé, attendant pendant tout le repas que se présente l’heure fatidique. Et la voici confronté à ce qu’elle devait redouter le plus.
Marc hoche la tête, se lève en repoussant sa chaise et pose la serviette avec laquelle il s’est essuyé les lèvres. Il n’a pas un regard pour moi. Dans le silence il fait le tour de la table. Stéphanie se tourne vers lui mais ne se lève pas. Sans agressivité Mon Maître se saisit de la chaîne qui pend à son cou entre ses seins nus et l’oblige à se redresser. Stéphanie semble perdue, elle lance un dernier regard implorant à Nicolas et cherche des yeux un soutient dans l’assemblée. En la tirant par sa chaîne Marc l’entraîne vers une porte dérobée cachée par un lourd rideau de velours. Il semble bien connaître ce passage et s’engouffre sans hésitation dans un escalier de pierres sombres. A sa suite, au bout de la chaîne, la malheureuse Stéphanie jette un dernier coup d’œil à la salle, nos regards se croisent. Elle disparaît derrière la lourde porte qui se referme sur elle.
Personne n’ose rompre le silence qui s’est installé, on dirait que tous attendent quelque chose. Même les deux compères du fond de la table se sont tu. Mon regard se fixe sur la chaise vide de Stéphanie essayant de deviner ce qui va lui arriver, je me sens seule, vulnérable, maintenant que Marc et Stéphanie sont partis. Une nouvelle fois Kristale claque dans ses mains, ce qui me fait sursauter et me tire de mes pensées.
- Nous allons passer au petit salon… Laure ! Les liqueurs et les cigares !
Le petit salon est une sorte de boudoir aux murs flanqués de bibliothèques qui cernent un petit foyer. Nul feu dans l’âtre en cette soirée estival, mais je me souviens de la flamme claire qui y dansait cet hiver. J’y retrouve les divans disposés en L sur les coté d’un tapis de laine aux dessins rouges et la table de travail de Kristale. Les hommes prennent place sur les sofas. Sylvie s’agenouille nue sur le sol, aux pieds de son mari. Kristale s’assoit sur le bord d’un fauteuil. Laure distribue les alcools et propose des cigares. Jacques et Jean se servent et allument d’imposants havanes à la flamme que leur tend la servante zélée. Je ne sais pas trop où me mettre, je suis perdue sans Mon Maître et je reste debout, le cœur serré, attendant que la Maîtresse de maison me désigne une place. Cet endroit me met mal a l’aise, ce que j’y ai subit n’y est pas pour rien.
Kristale me jette un coup d’œil narquois et semble se délecter de mon embarras. Elle attend que tout le monde soit servi et que Laure se place debout à ses côtés, les mains dans le dos.
- Isabelle ne fais pas ta timorée, installe toi sur le tapis… A quatre pattes !
Ma nuque se raidit sous l’invite. J’hésite un instant je recherche désespérément la silhouette de Marc en direction de la porte où il a disparu. Comme j’aimerais qu’il revienne ! Toute l’attention de l’assemblée se concentre sur moi. Pierre et Jean se regardent et me sourient, goguenards. Jacques porte le verre de liqueur à ses lèvres et son regard pétille de plaisir. Je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux
- Allons, petite gourde, ne nous fais pas attendre !
L’ordre est sec, il ne souffre pas de refus. Sous le claquement de sa voix ferme je plie un genou, puis deux. Je prends une profonde inspiration, me bascule en avant et m’appuie de mes deux mains sur le tapis de laine. La longue chaîne qui pend à mon cou se love sous moi dans un cliquetis métallique.
Me voici à quatre pattes, comme demandé. Mais pourquoi ai-je écarté les jambes ? Un réflexe que ma inculqué mon Maître certainement ! Le sang bat à mes tempes, une honte intense me gagne et pourtant ce n’est vraiment pas grand chose. Marc m’a déjà fait subir bien pire humiliation… Oui, mais c’était Marc !
C’est ce que semble penser Kristale qui ne compte pas en rester là et lance la conversation.
- Savez vous messieurs que notre chère Isabelle est une authentique petite aristocrate ?
Des murmures d’appréciation se font entendre.
- Et savez vous que c’est dans cette pièce… Sur le divan ou vous êtes assis Maître Jacques, que cette jeune aristocrate a été sodomisée pour la première fois ?
Je ferme les yeux. Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. Mes bras commencent à trembler imperceptiblement. Je baisse un peu plus la tête d’accablement et de honte. Ce que j’ai de plus intime est livré en pâture à l’assemblée toute ouïe. Personne n’ose interrompre Kristale. Elle continue avec son accent hollandais qui me hérisse plus que jamais.
- Et elle a pris un pied formidable à ce dépucelage anal, je n’avais jamais vu çà ! Elle en est tombée dans les pommes… N’est ce pas Isabelle ?
Mon dieu et voilà qu’elle me prend à témoin maintenant ! Il faut que je réponde, je le sais. Je déglutis péniblement et d’une voix presque inaudible sans relever la tête.
- Oui... Oui, Madame !
Comme j’aimerais que ce supplice moral prenne fin !
- Je suis sure que rien que d’en parler cette petite doit mouiller de plaisir… Monsieur Pierre pouvez vous soulever sa jupe et baisser sa petite culotte, s’il vous plaît !
Je me raidis de tout mon être. Une terrible envie de fuir, je grimace intérieurement et me fait violence pour ne rien en laisser paraître. Mais que fait Marc ? Pourquoi n’est-il pas de retour ?
Pierre ne se fait pas prier, il se lève pose son verre de brandy et s’approche de moi. Ses mains se posent sur mes hanches. Je retiens un cri de désarroi lorsqu’il s’empare de l’ourlet de ma jupe et la relève d’un geste vif. Ses doigts glacials se glissent sous l’élastique de ma culotte et la tire vers le bas. Son souffle chaud effleure mes fesses nues dévoilées à l’assemblée. Un murmure enjoué parcours l’assistance. Je suis tendue comme un arc, à la limite de défaillir.
Kristale commente.
- Très joli n’est ce pas ? Mais impossible de voir si c’est une vraie rousse.
Des rires contenus fusent. La voix de Kristale se fait plus dure.
- Vérifier donc si elle mouille, Monsieur Pierre !
Cette fois c’est certain, je vais défaillir. Ma mâchoire se crispe et je me mords les lèvres, un froid mortel me glace le dos et l’esprit.
Je ne peux m’empêcher de lâcher un petit cri lorsque les doigts de l’homme s’introduisent en moi. Deux doigts ! D’un seul coup ! Sans prendre le temps de me caresser. Il ne prend pas de précaution et s’enfonce profondément. J’ai envie de pleurer, mais je ne veux pas leur faire ce plaisir. Mon ventre se contracte sous l’ignoble attouchement mais je ne peux lutter contre une réaction naturelle. Pierre sort et entre de nouveau ses doigts entamant un va et vient comme s’il voulait vraiment s’assurer du résultat pour le proclamer à Kristale.
- Elle est étroite… Mais elle mouille bien, Madame.
Et il ressort ses doigts couverts de liqueur de Cyprine qui viennent de me forcer. Je l’entends renifler ostensiblement dans mon dos.
- Et je crois que je peux dire que c’est une vraie rousse !
Des rires éclatent qui ajoutent encore à ma confusion et à ma honte. J’ouvre les yeux et essaye de me perdre dans les arabesques du tapis rouge une larme perle, tombe et s’écrase sur le moelleux tapis. Personne ne semble l’avoir remarqué.
- On dit que les rousses sont filles du diable et donc … Très chaudes.
Reprend Kristale.
- Son Maître nous fait un beau cadeau en nous la confiant, J’espère Messieurs que vous saurez en faire bon usage.
Jean saute sur l’occasion.
- Fait nous confiance Kristale, ce n’est pas tous les jours que l’ont a une fille d’aristocrate à ses genoux. On va lui apprendre la vie... On avaient commencé avec Pierre ! Il nous faut juste laisser terminer !
Jean fait directement allusion à ce soir infamant ou Kristale avait fermement interrompu ce qui aurait pu être le viol de mon corps par les deux compère. Ce soir là Marc m’avait laisser à la garde de Kristale.
La conversation s’éternise sur mes capacités à les satisfaire. je m’attend à ce qu’a tout moment les hommes décident de passer à des acte plus humiliant . Je ne veux plus écouter leurs sarcasmes. Mes pensée se perdent peu à peu dans les arabesques du tapis. J’essaye ainsi de m’échapper de ma condition de soumise avilie verbalement sous leur yeux. Des yeux concupiscent qui doivent, je le sens presque physiquement, se repaître du plaisant spectacle que je leur offre, à quatre pattes, la jupe relevée sur les reins et déculottée jusqu'à mi-cuisse.
- … Je crois que son Maître y consentira certainement Monsieur Pierre…
- N’est ce pas Isabelle ?
J’émerge brutalement de mes divagations mentales. Je n’ai pas suivi la conversation. Que dois-je répondre ? Qu’a envisagé Pierre ? Je reste un bref moment dans l’expectative ! Je viens de transgresser une des règles que m’a dictée Marc " Tu dois t’intéresser aux conversations…Même si elles te gavent.. "
De toutes les façons le " non " est a proscrire. On n’attend pas d’une soumise qu’elle refuse quoi que ce soit.
- Je…Oui Madame… Je
C’est a ce moment précis que s’ouvre la porte du boudoir et qu’apparaît Marc. Mon cœur fait un bond a sortir de ma poitrine. Enfin ! Le voilà ! Son absence m’a paru une éternité. Mon allégresse est tel que je ne peux me retenir de lever la tête vers lui et lui sourire. Mais je me ravise vite en prenant conscience de la posture dans laquelle il me découvre.

9 février 2009

Chap. 29. L’avocate du diable.


- Je reçois de nombreuses demandes de personnes qui se proposent comme modèle. Plus ou moins fantaisiste il est vrai. Il faut faire le trie. Il y en une pourtant qui se montrait plus qu’insistante et qui avait retenu mon attention…
- Une soumise, interrompt Jacques.
- Non, non, du tout ! Une vanille pur jus. Il s’agissait d’une étudiante en droit qui pensait qu’en faisant l’expérience de poser nue dans une situation aussi particulière que mes modèles la débarrasserais d’un fond de timidité qui la gênait pour parler devant une assemblée. Elle s’était renseignée sur mon travail et montrait un réel intérêt au monde que je représente sur mes œuvres. Personne ne l’accompagnait, elle est venue de sa propre initiative. En fait, je devais simplement réaliser des esquisses et peut-être une toile d’elle, nue, et j’avais carte blanche pour les poses.
Elle s’est donc présentée, a signé le contrat…
- Un contrat de soumission ?
Interrompt de nouveau Jacques ?
Le silence s’est fait autour de la table. Marc porte son verre a ses lèvres je sais qu’il bout intérieurement d’être ainsi interrompu à tout bout de champs, mais il n’en laisse rien paraître et continu.
- Le contrat est le même pour une vanille ou une soumise. Les termes sont implicites et une vanille peut le trouver un peu… Outrancier. Mais sans plus !
… Et donc je l’ai conduit à la cabine pour qu’elle se déshabille. Comme à mon habitude pour les novices j’ai commencé par des poses simples, vêtue d’un peignoir de soie. Peu à peu elle s’est détendue et j’ai pu commencer à faire mon travail. Elle était très belle, et cela a été facile. Je remarquais toutefois qu’elle s’échappait en pensé très souvent, comme si elle rejoignait son monde intérieur, les yeux fermé et, parfois, n’entendait même plus mes directives. Et plus la séance se prolongeait plus elle s’échappait. Elle a fini par n’être plus qu’une marionnette entre mes mains. Lorsque enfin j’ai réussi à lui faire prendre la pose la plus indécente qu’elle puisse accepter, écartelée sur la sellette, le temps que je prenne quelques photos, elle a soudain été prise de convulsion et a poussé des cris de détresse. Inquiet je me suis approché d’elle pour m’apercevoir que cette Demoiselle était simplement en train d’avoir un orgasme…

Sur_la_sellette

Cette fois Jacques ne dit rien se contentant de lancer un " Ouf " d’étonnement tout en regardant sa femme. Stéphanie me lance un clin d’œil. Elle connaît, elle aussi, l’ambiance de l’atelier de mon Maître et elle peut facilement imaginer la scène et se mettre à la place de cette jeune femme.
Kristale intervient, son accent hollandais renforce son étonnement.
- Un orgasme ? … Comme çà ? … Invitant Marc à continuer.
- Comme çà !… Sans que je pose une main sur elle ! Son bas-ventre en témoignait… Largement – Il sourit à cette pensée- Je crois qu’elle a été aussi surprise que moi. Je pense que la tension a été très forte pour elle et que cela l’a submergé sans qu’elle puisse se contrôler. Dans mon atelier elle s’est révélé à elle-même. Il a fallut que je la soutienne pour la ramener à la cabine d’habillage. Autant vous dire que j’ai eu beaucoup de mal a accrocher son regard après cette séance. Elle était vraiment mal a l’aise.
Kristale lance
- Çà je peux l’imaginer la pauvre ingénue avoir un orgasme aussi puissant sous les yeux d’un homme qu’elle ne connaît pas et qui ne l’a même pas touché… Je n’ai pas eu ce plaisir cher Maître lorsque j’ai posé pour vous.
Elle se tourne vers Laure et continue comme pour elle-même…
- … Dommage !
Elle revient à Marc
- J’imagine aussi son embarras, elle a du croire que vous la preniez pour une sacrée garce ! La suite a du être délectable ?
Marc avale une gorgé de vin.
- Elle a payé l’avance et je ne l’ai jamais revue… Elle n’est même pas revenue chercher les esquisses qui dorment toujours au fond de mes cartons.
Jacques claque des mains.
- Et donc l’histoire de cette jeune exhibitionniste n’est pas finie… Vous la reverrez certainement un jour !
Il se tourne vers Sylvie
- Eh bien ma chérie tu vois ce qui t’attend !
Cette fois c’est certain, Sylvie va poser pour Mon Maître. Ses yeux se tournent vers lui, une fugace rougeur monte à ses joues puis elle sourit largement à Marc en levant son verre vers lui.

Je me détourne et plonge mon nez dans mon verre de vin, moi qui ne bois jamais je l’avale d’une traite. Une crampe me retourne l’estomac et ma mâchoire se serre durement. Moi, je ne souris pas. Une brusque bouffée de jalousie me submerge à la pensé de cette avocate du diable et de son orgasme déconcertant, alors que revient à moi le souvenir de la première fois ou je me suis retrouvée entièrement nue devant Mon Maître.
C’était dans cet atelier justement !

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29 janvier 2009

Chap. 28. Négociations feutrées.

Lorsque nous arrivons dans le salon les convives sont déjà attablés.
Les regards se tournent vers nous. Les pointes de mes seins sont encore dressées d’excitation et, à ma confusion, il ne faut pas être grand clerc pour deviner ce qui nous a retardées. Je pique un phare et baisse les yeux, ce qui déclenche le rire des hommes et un "comme c’est charmant ce rouge aux joues ! " de Jacques. Les rires redoublent.
Jacques enfonce un peu plus le clou alors que Kristale me désigne la place libre à côté de Mon Maître et qu’il s’adresse à la cantonade.
- Ah ! Kristale a déjà pris un apéritif maison !
- C’est un apéritif sans alcool Maître Jacques.
Répond Kristale du tac au tac tout en prenant place en bout de table.
- Moi - continu Jacques - Les douceurs je les préfère au dessert !
Et il me lance un regard qui m’indique clairement quel dessert il choisirait.
L’assistance s’esclaffe. Les joues me brûlent et je cherche refuge dans les yeux de Mon Maître qui me sourit. Je reste désemparée, mal à l’aise, comme j’aimerais me retrouver seule avec Marc. Je crois que je me sacrifierais à tous ses moindres désirs pour échapper au regard de Jacques.
Non ! Il faut que je me calme. Je me rappelle de ce que m’a dit Marc "  Fait que je sois fier de toi ". Je prends une profonde aspiration relève la tête et souris faisant semblant d’avoir goûté la plaisanterie. Heureusement l’attention est détournée par l’arrivée de Laure qui pousse devant elle une desserte et commence à servir les invités en commençant par Kristale, Mon Maître à la droite de la maîtresse de maison, Stéphanie à sa gauche, elle-même à côté de Nicolas qui me fait face et me semble aussi mal à l’aise que moi. Sylvie est à ma droite face à son mari et les deux seuls "célibataires " sont relégués à l’autre bout de la table, ce qui ne semble pas les contrarier le moins du monde et entament déjà à belles dents les entrées que leur propose Laure. Je surprends du coin de l’œil Pierre qui caresse nonchalamment les reins et la croupe de Laure lorsque celle ci se penche pour servir Jean. Laure ne bronche pas et continu son service comme si de rien n’était. Il n’y a pas de place pour elle, et lorsque tout le monde est servi, elle revient se placer derrière le fauteuil de Kristale debout les mains dans le dos. Parfaite servante stylée.
La conversation se poursuit, presque banale, lorsque Jacques fini par lancer.
- Comment avez-vous choisi votre…Modèle Mon cher Marc !
- Ce n’est pas moi qui l’ai choisi, c’est elle qui m’a choisi.
- Vous ne choisissez pas en fonction de la beauté de la personne ?
- Ce n’est pas le modèle qui fait la beauté de l’œuvre c’est l’artiste.
- Vous pensez donc que le modèle importe peu ?
- Vous savez, les jolies femmes sont faites pour les artistes. Elles vont naturellement à eux parce que seuls eux peuvent réellement apprécier et leur renvoyer leur éclat.
- Vraiment ? Vous êtes un peu prétentieux !
Marc a un petit sourire en coin que je connais bien, mais ne relève pas.
- Ce que je veux dire c’est que c’est l’artiste qui va révéler le meilleur de la plastique du modèle... et ses dispositions naturelles.
- Isabelle est jeune et jolie, cela vous facilite le travail, non ?
Mon Maître se tourne vers moi et tout en soutenant mon regard.
- Mais toutes celles qui posent, et m’ont fait honneur de poser pour moi, sont belles ! Si on a un problème avec son image on ne se propose pas comme modèle.
- Elle n’est pas un peu trop jeune ?
Nos regards se détachent et il répond à voix basse comme pour lui-même
- Elle a l’âge requis pour la pose et... le dressage.
Jacques s’exclame ironique.
-  Vous acceptez les modèles de plus de quinze ans tout de même ? Sylvie pourrait donc poser pour vous ?
-  Bien sûr, ce n’est vraiment pas une question d’âge, si elle se soumet à mes conditions... Et le résultat vous laissera coi !
- J’espère bien… Je connais votre travail vous savez, et je l’apprécie à sa juste valeur. J’aime beaucoup ce que vous avez fait pour Kristale !
D’un geste du menton il désigne les dessins et peintures accrochées aux murs du salon et qui représente toutes Kristale, nue, dans des situations aussi inconfortables que me met mon Maître lorsqu’il crée avec moi. Des œuvres que je n’ai jamais vues.
Je comprends soudainement que cette soirée n’a pas été organisée au hasard. Il s’agit ni plus ni moins qu’une réunion devant mettre en contact un commanditaire potentiel et Marc. Tout cela habilement orchestré par Kristale. Une réunion étonnante ou toutes les femmes à l’exception de Kristale sont nues ou à demi dénudées, parées de collier de cuir d’où pendent de longues chaîne de fer. Kristale s’est reculé dans son fauteuil et sirote pensivement un verre de vin de Moselle tout en suivant la conversation, hochant parfois la tête pour approuver Mon Maître.
Au fond les deux larrons en foire ne se préoccupent pas beaucoup de la conversation et se contente de se goinfrer des plats qu’apporte régulièrement Laure. Laure qui subit leurs caresses de plus en plus intimes et qui me met mal à l’aise pour elle. Mais elle les reçoit sans sourciller comme le ferais une soubrette timide qui fait comme si rien n’était. Stéphanie mange du bout des doigts elle n’a pas vraiment faim. Et les regards qu’elle me lance en dit long sur les interrogations et l’angoisse qui la ronge. En principe cette soirée devait être celle de sa punition pas d’une discussion de maquignon. Nicolas mange de bonne humeur et suit la conversation sans oser intervenir. Je sens bien que cela le dépasse totalement. Un peut frustre notre Nicolas.
Jacques continu entre deux plats.
- Et quel est votre plus beau souvenir d’artiste avec un modèle ?
Marc achève une bouchée, prend le temps de terminer son verre, aussitôt rempli par Laure.
A chaque fois qu’elle s’approche de moi pour nous servir, le parfum de sa peau brûlante m’enveloppe et me laisse dans un état de trouble étonnant me coupant la respiration. Parfois sa hanche vient frôler mon épaule et ses longs cheveux noirs effleurer mon avant bras déclenchant un feu d’artifice d’émotions troublantes. Décidément cette déesse sortie tout droit de l’olympe a un drôle d’effet sur moi.
Marc s’essuie le menton et commence…

25 janvier 2009

Chap. 27. Les Enchaînées.

Une fois les hommes sortis Kristale s’adresse à nous.
- Suivez-moi Mesdames !
Sylvie se lève de son fauteuil et Stéphanie se déplie péniblement en se massant les genoux, se relevant du sol ou elle était certainement depuis un long moment.
Kristale nous conduit jusqu’au dressing de l’entrée, une pièce exiguë flanquée de nombreux placards et miroirs.
- Mesdemoiselles, enlevez vos chemisiers !
Lance Kristale en désignant les patères où apparemment nous devrons accrocher nos effets.
Elle continue.
- Sylvie… A poils et vite !
Stéphanie découvre l’étrange ambiguïté que représente Kristale. Sa capacité à proférer les pires humiliations sur un ton badin avec un accent germanique qui conforte encore plus cette impression de rigueur sophistiquée. Nos regards se croisent. Elle a une petite grimace impressionnée qui tire les commissures de ses lèvres vers le bas et soulève ses sourcils. Je me retiens de sourire. Nous nous empressons d’obéir.
Nous nous retrouvons rapidement toutes deux, en jupes écossaises, la poitrine nue avec simplement nos colliers de cuir Tandis que Sylvie achève de se débarrasser de ses derniers sous-vêtements.
Kristale fouille dans un des placards et en sort, dans un bruit de cliquetis, trois longues chaînes semblables à celle que porte Laure. A l’aide des mousquetons qui terminent chacune des chaînes Kristale les accroche à l’anneau de fer de nos colliers. Elle a une petite moue amusée et joue un instant avec les grelots de cuivre qui agrémente nos parures de novice à moi et Stéphanie.
Sylvie est maintenant entièrement nue et n’en semble pas troublée. Je glisse un rapide regard vers elle mais me détourne rapidement, par timidité. J’ai pourtant eu le temps de voir deux anneaux d’acier qui perce les mamelons de sa poitrine, et un ventre épilé à l’exception d’un étroit triangle de poils pubiens blonds parfaitement taillé, la pointe vers le bas.
Sylvie n’est pas une novice, elle porte un collier de cuir sans grelots.
Kristale sort du dressing et d’une main désigne la direction par laquelle sont partis les hommes.
- Bien Mesdames… Allons rejoindre nos Maîtres !
A la file indienne les unes derrières les autres, les chaînes traînant sur le sol, nous nous dirigeons vers la salle de réunion. Kristale m’interpelle alors d'une voix douce.
- Un instant Isabelle !
Je stoppe net.
Stéphanie et Sylvie, qui semblent ne pas avoir entendu, s’éloignent sans se retourner.
Kristale patiente un instant s’assurant que nous restions seules. Mon cœur se met à battre un peu plus fort.Elle s’approche et se saisie délicatement de la chaîne, me tirant un peu plus vers elle.
- Je suis vraiment contente de te revoir ici, tu sais ! … Je vais prendre soin de toi !
Le ton sarcastique sur lequel elle m'apostrophe me laisse dans l’expectative. Est-ce une menace ? Ou bien au contraire une garantie de protection ? Impossible de savoir avec Kristale !
Elle tire un peu plus sur la chaîne et se penche vers moi. Ses lèvres s’approchent des miennes. Mon cœur s’emballe. Il ne faut pas que je détourne la tête. Nos bouches se joignent et son parfum épicé me submerge. Sa langue s’introduit entre mes dents que j’entrouvre pour lui laisser le passage. Dois-je répondre ? Il me semble nécessaire de lui donner des gages de ma docilité pour attirer sa miséricorde ! Nos langues se touchent et entament un doux et subtil ballet. Elle glisse une main froide derrière ma nuque et appuie un peu plus encore le baiser, s’enfonçant profondément à l’intérieure de ma bouche. Sa main droite se pose sur mon sein gauche et son pouce vient jouer avec sa pointe déjà durcie.
Les mains dans le dos, je ferme les yeux et me laisse dériver.

21 janvier 2009

Chap. 26. Retrouvailles

Tout en lui servant une coupe de champagne, Kristale fait les présentations à Marc. Jacques, l’homme au regard concupiscent et Sylvie, sa femme, la blonde un peu détachée. Kristale semble enfin me découvrir et me désigne nonchalamment du doigt par dessus son épaule.
- Et.... Isabelle, la petite chienne de Marc… ou son modèle ! Comment doit-on dire Cher maître ?
Kristale n’a pas perdu le goût de m’humilier et elle prend Marc à témoin, qui ne manque pas d’appuyer.
- C’est selon l’usage qu’on en fait Madame Kristale !
Il a dit " Madame " d’un ton emphatique qui fait sourire Jacques.
- Et bien nous verrons cela !
Dit-elle avec son étrange accent hollandais en me jetant un regard étrange, méditatif.
Elle ne continue pas sa présentation. Apparemment Marc connaît tous les autres invités. Et tous le connaissent,  Mon attention reviens vers la jeune femme nue statufiée dans la pénombre. Elle n’a pas bougé et tient sa pose de façon impeccable presque martiale. Sa beauté à couper le souffle, capte irrésistiblement mon regard, comme un aimant. La conversation se poursuit entre Marc, Kristale et Jacques, qui n’arrête pas de me jeter des coups d’œil rapide. On ne m’a rien proposé, je dois attendre patiemment.
La conversation est bruyamment interrompue par l’irruption de deux hommes qui déboulent dans la pièce en riant. Ces hommes je les reconnais, et un froid intense me parcourt l’échine. Ce sont Pierre et Jean mes agresseurs de cette terrible nuit, la première, dans la petite cellule de la cave de Kristale. Eux aussi m’ont reconnu, leurs ricanements cessent mais leurs regards et leurs sourires en coin en disent long. Kristale leur avait alors refusé mon corps qu’ils avaient juste eu le loisir de caresser intimement… Trop intimement ! Ils avaient promis qu’on se reverrait ! Ils posent des bouteilles de vin couvertes de poussière qu’ils viennent de remonter de quelques caves obscures sur la table et viennent saluer Mon Maître.
Un blanc s’installe dans la conversation. Kristale en profite pour taper dans ses mains et lance à la cantonade.
- Bien ! Messieurs Dames nous allons passer à table !
Elle se tourne vers la femme nue et enchaînée qui attend patiemment derrière le fauteuil.
- Laure ! Tu conduis ces Messieurs et tu fais ton office !
Laure, puisque c’est son nom, sort lentement, avec grâce de derrière le fauteuil club et se dirige vers une porte à double battant. Je constate qu’effectivement la chaîne qu’elle porte au cou traîne jusqu’au sol, mais ne semble pas entraver sa marche. Une démarche ondulée, un dos musclé et des fesses parfaitement galbées qui dénotent une pratique sportive intensive. Les hommes la suivent sans lui porter réellement attention. L’atmosphère devient surréaliste, je me demande si je ne suis pas en train de perdre mes repères. Il me semble que n’importe quel homme devant lequel passerait une telle beauté, et nue de surcroît, ne resterais pas de glace. Pourtant ici cela paraît naturel… Banal ! Ils ne lui portent aucune attention et se contentent de la suivre tout en continuant à deviser entre eux, le verre à la main. Nicolas les suit un mètre derrière et jette un rapide coups d’œil et un sourire qui se veut rassurant et protecteur à sa compagne, Stéphanie.

13 janvier 2009

Chap. 25. Retour à La Colombière.

Nous n’avons pas beaucoup parlé durant le temps qu’a duré le parcours. Quelques regards scrutateurs et attendris de Marc, comme s’il me jaugeait. Je suis de plus en plus tendue au fur et à mesure que nous nous approchons de notre destination et mille interrogations se bousculent dans ma tête, Marc va pourtant me donner quelques indications. " Tu ne parle pas si tu n’y es pas conviée. Tu peux parler aux autres femmes qu’en l’absence des hommes. Tu dois suivre la conversation attentivement… Même si elle te gave ! " Il me sourit rapidement. " Les postures de soumissions sont bien sur de rigueur… ". Suivent un chapelet de recommandations dont certaines que je devrais découvrir par moi-même… "sur le tas " … Comme il dit!
La Maison de Kristale à un tout autre aspect en été. Je ne l’ai entrevu que l’hiver, à Pâque en fin de journée et à la nuit tombante entre chien et loups. La voiture s’engage dans la propriété et elle me paraît bien plus grande, le jardin a retrouvé une exubérance estivale, un jardin anglais au fouillis savamment orchestré parfaitement entretenu. Devant le perron de la maison je retrouve la vaste esplanade gravillonnée sur laquelle sont déjà stationnés des véhicules dont le 4x4 de Kristale ainsi qu’une moto de grosse cylindrée rouge carmin. Marc amène la berline un peu à l’écart et coupe le moteur. Il m’observe une dernière fois et hoche la tête.
- Fait que je sois fière de toi !
Il n’attend pas de réponse, ouvre la porte et s’extirpe du véhicule.
Personne pour nous accueillir. Comme s’il était chez lui, Marc grimpe prestement l’escalier et s’engouffre dans la maison de pierre. Je le suis en trottinant et me retrouve dans l’entrée. Immédiatement mes souvenirs reflux et je me revois au milieu de cette entrée au froid carrelage, entièrement nue, mes vêtements aux pieds, tremblante de timidité sous le regard inquisiteur de Kristale. Une chape glaciale me tombe sur les épaules et mon pas ralentit. Marc ne prête pas attention à mon trouble, traverse le petit salon au bout du couloir et pousse enfin une lourde porte de chêne d’où me parvient des bruits de voix étouffées. Il fait sombre, les rideaux sont tirés à demi. Des personnes sont là, à parler entre elles.
Mon attention est immédiatement attirée par Kristale, délicatement assise sur l‘accoudoir d’un fauteuil club, en conversation avec un homme que je ne connais pas. Comme d’habitude elle est parfaitement mise, un pantalon de flanelle blanc et un chemisier parfaitement cintré de la même couleur. Un collier de cuir noir rehausse encore la lumière de ses cheveux blonds presque blanc. A notre entrée elle lève la tête vers nous et ses yeux de glace bleue s'illuminent. Elle coupe court à sa conversation. Pose la coupe de champagne qu’elle tenait à la main, se lève et se dirige vers mon Maître d’une démarche féline et lance avec son accent hollandais qu’elle cultive adroitement.
- Vous voilà enfin Cher Maître,... Nous n’attendions plus que vous !
Et sans se soucier un seul instant de moi se jette au cou de Marc.
Dans un reflex j’ai immédiatement pris la pose adéquate, les mains dans le dos et les jambes écartées. Je baisse juste un peu la tête pour pourvoir scruter la pièce et ses occupants. Un peu en retrait, derrière le fauteuil que vient de quitter Kristale une femme captive mon regard. Magnifique ! De longs cheveux noirs et lisses brillant d’éclairs bleus, une frange épaisse qui cache presque ses yeux verts. Hiératique, hautaine, athlétique, sure d’elle. Elle est campée solidement sur ses deux longues jambes musclées, les mains dans le dos, comme je le suis moi-même, à la différence qu’elle est nue ! Ou presque ! Elle porte un collier de cuir épais prolongé par une longue chaîne de fer qui passe entre sa poitrine arrogante et qui me semble tomber jusqu'à terre. Elle doit se sentir observée car nos yeux se croisent ! En un reflex de pudeur je détourne vivement les yeux et mon regard accroche celui d’une jeune fille que je connais bien. Stéphanie ! Elle m’a reconnue et me sourit rapidement avant de baisser la tête. Ainsi elle est bien conviée à cette soirée ! Ce visage familier me rassure un peu, et puis je me souviens pourquoi elle est ici ! Stéphanie est quasiment habillée comme moi; Une jupe écossaise, mais bien plus courte, un chemisier blanc et une cravate noire. Je ne distingue pas ses chaussures car elle est assise dessus, à genoux les jambes largement écartées, les mains dans le dos, je la trouve terriblement sexy. La présence de ces deux femmes en position de soumission dont une entièrement nue me donne le ton de cette soirée. Nicolas est également là, assis juste derrière elle et sirote une coupe de champagne. Il accompagne sûrement Stéphanie ! Lui aussi me regarde et me sourit. Je n’ose pas lui rendre son sourire. Dans le fauteuil à côté de Nicolas une femme à l’allure soignée, 35 à 40ans,une chevelure blonde, visiblement décolorée, coupée au bol qu’encadre un visage régulier, presque angélique. Elle suit, amusée, les effusions de Kristale vers Mon Maître. Elle n’a pas pris une pose de soumission et pourtant elle porte un collier que je reconnais comme une création de Marc. L’homme avec lequel discutait Kristale lorsque nous sommes entrés dans la salle se lève à son tour et s’avance pour saluer mon Maître d’une poignée de main. Une quarantaine d’année, les tempes grisonnantes, un costume élégant. Il échange quelques amabilités avec Marc et son regard se porte sur moi. Un regard qui me transperce de part en part ! Le temps d’un éclair ses yeux se sont allumés et ses paupières se sont plissés comme les yeux d’un chasseur découvrant une proie. Je peux presque sentir physiquement la force de son envie. Un malaise insidieux m'envahit. Je me sens faible tout à coups, vulnérable !.
Je baisse la tête pour lui échapper.

24 décembre 2008

Interludes. Impact.

Le choc a été rude, je me souviens à peine du grand soleil que j’ai effectué dans les airs. Puis l’impact avec le sol, les bois de l’obstacle, la douleur vive, insupportable, un cri bref et mes pensées qui s’arrêtent mon corps qui gémit et tremble. Le souffle coupé, le monde se rétrécie, je le perçois à travers un brouillard cotonneux. Des cris d’alarme de l’autre coté de la carrière. La respiration de ma monture sur mes cheveux, je souris, il vient me consoler, je pleure. Les gyrophares, le brancard, le crissement du cuir des pompiers. Une voix qui me parle que je ne comprends pas. Le visage de ma mère, livide, qui a accouru de l’autre côté du haras.
J’ai sommeil, je veux dormir, pourtant c’est le matin !

J’ouvre les yeux en souriant, il y a quelqu’un dans la chambre ! Nadège ! Elle me sourit. Je suis un peu gênée car si je souris c’est que j’émerge d’un rêve érotique. C’est fou comme un corps blessé peut forcer l’esprit à se réfugier dans des mondes si agréable.
Mon arrivé a la clinique a été des plus mouvementés. Les urgences, les examens, les questionnaires, les médecins inquiets ou rassurant. Ils ne m’ont pas laissé de répits, mais je n’en avais cure. Ils s’occupaient de mon corps, mon esprit était ailleurs, indifférent, comme déconnecté. Je n’ai pu m’assoupir que tard le soir quand tout le monde est reparti, rassurés.
Nadège souriante.
- Te voici de retour ?
Je réponds, penaude, a son sourire.
- Tu n’avais pas mis ta bombe ? Tu vas certainement te prendre le savon de ta vie quand ton père va savoir çà !
Je regarde mon bras gauche immobilisé, double facture, sans compter les hématomes divers et cette minerve qui m’empêche de bouger correctement. Elle a raison, je l’ai échappé belle. Pourtant des chutes j’en ai faites dans ma vie de cavalière, mais là ! Je ne l’ai pas bien joué ce refus d’obstacle !
- En plus tu montais Scipion !
Scipion ! Le plus beau de nos étalons, le plus fougueux aussi. Scipion le noir, Scipion l’Africain, venu droit des pays de sable. Là encore elle à raison. J’aurais du le fatiguer avant de l’emmener à la carrière. Une erreur de débutante présomptueuse. Mais j’avais tellement hâte ce matin là !

Nadège change brutalement de ton. Elle baisse la tête et me demande à brûle pourpoint sans me regarder
- Dis-moi ? … C’est qui Marc ?
Une ligne de feu cingle mon dos. Je suis tellement prise au dépourvue que je ne sais quoi répondre et la regarde, interloquée. Elle continue.
- C’est l’artiste que tu vas voir l’été ?
Je lutte intérieurement pour que mon visage ne s’embrase pas et répond timidement.
- Oui.
Un silence, puis enjouée elle lance.
- Ah ! … Et… Tu l’appelles Maître ?
Je comprends brusquement que j’ai du parler pendant mon sommeil. Un froid glacial me parcourt de la tête aux pieds. J’ai toujours caché mon étrange relation avec Marc à Nadège. Pour elle, lorsque je descends dans le sud c’est pour parfaire mon histoire de l’art et ses techniques. Mon esprit tourne à toute vitesse et avec aplomb finis par dire.
- C’est la coutume dans un atelier, d’appeler Maître celui qui t’enseigne…
Cette demi-vérité me sauve pour un temps.
Nadège me regarde bizarrement ;
- Ah !.. Bon !
Quelque chose la chagrine et je sens qu’elle n’ose pas le dire. Il faut que je sache.
- J’ai parlé dans mon sommeil ?
Elle hoche la tête en souriant.
- Et... Qu’est ce que j’ai dit... d’autre ?
Mon cœur bat la chamade et je crains d’écouter ce qu’elle va me dire.
- Non... Non... Rien ! … Mais…Tu avais l’air…Heureuse !
Je connais Nadège depuis la petite enfance. Et je sais qu’elle emploie des euphémismes quand elle n’ose pas prononcer des mots plus intimes, plus crus. " Heureuse ". Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. J’imagine les petits cris de soumission ou les gémissements enamourés que j’ai pu laisser échapper pendant mon sommeil tout en prononçant Son Nom. Je sais que j’ai eu un rêve érotique mais je ne me souviens pas de sa teneur. Bizarre !
Pourquoi ai-je l’impression qu’elle n’est pas dupe de mes explications !
Nous nous regardons en silence. Elle a un petit sourire en coin. Et ses yeux verts pétillent intérieurement. Le père de Nadège est kabyle, elle en a hérité la malice et l’intelligence. Nous nous entendons comme des sœurs depuis que nos pères se sont associés et qu’ils parcourent le monde ensembles mu par la même passion des chevaux. Comme moi, elle ne le voit pas souvent. Sa famille s’est établi pas très loin et nous avons un parcourt commun. Elle est mon double à la merveilleuse peau de miel doré. Mais jamais je ne pourrais lui raconter ce que je vis avec Marc! Elle ne comprendrait pas, et je ne veux pas la perdre. Elle est si réservée, si sage. Sa culture musulmane doit y jouer une grande part. A 21 ans je ne lui connais aucune aventure et elle détourne la conversation à chaque fois que nous parlons de çà. Je la soupçonne d’être encore vierge. Comment pourrait-elle comprendre !
Elle secoue ses longs cheveux bouclé et fait le geste de chasser une mouche imaginaire. Elle vient de s’apercevoir qu’elle s’est lancer dans une conversation qui risque de la mener à la limite de ses convenances. D’elle-même elle va détourner la conversation.
La paix retombe sur mon corps tendu comme un arc.
L’alerte a été chaude !
Une infirmière entre après avoir frappé à la porte. C’est l’heure de ma toilette. Nadège sort en me lançant un petit signe de la main. Elle va patienter dans le couloir.
Je prends brutalement conscience que je suis nue sous la grande chemise blanche. Je rougis brutalement en comprenant que l’infirmière risque d’entrevoir mon entrejambe soigneusement épilé et que peut être tout le staff qui m’a soigné est au courant. Une panique intense me gagne à cette pensée !
Elle se penche sur moi en souriant.
- Allons-y Mademoiselle !

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