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Les Carnets d'Emilie

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Quadra H

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Quadra B

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1 octobre 2009

Chap. 50. Canary Bay.

La matinée s’étire en langueurs. Une à une, nous avons pris place sur les transats. Sylvie et Stéphanie s’étalent nues au soleil qui frappe de plus en plus fort. Kristale a regagné la fraîcheur de la maison prétextant des affaires à régler. Laure après s’être affairée autour de la table, s’est discrètement éclipsée.
Je me suis réfugiée un peu à l'écart, à l’ombre d’un des grands parasols. Ma peau de lait ne me permet pas de m’exposer au rayon de Phébus sans qu’il ne m’inflige de cruelles brulures. Comme les autres je suis nue, et malgré cela j’ai terriblement chaud. Des gouttes de sueur perlent entre mes seins et viennent s’accumuler dans le creux de mon nombril. Rêveuse, je souris, cela ferait le ravissement de mon Maître, s’il était là… "hum, la saveur d’une rouquine ! ", comme il dit ! J’avise la piscine d’un œil morne, oui peut être ! Pourquoi pas ? Je m’apprête à me lever lorsque Kristale sort de la maison et sans une parole aux filles qui somnolent, sans marquer de temps d’arrêt, se défait de sa liquette et plonge dans la piscine laissant sur le sol le vêtement qui la laisse nue.
Je repose ma tête sur le bois du transat et ferme les yeux. Je goutte le bruit de l’eau brassé par la nage vigoureuse de la naïade hollandaise. Je résiste un instant à l’envie de la rejoindre et plonge dans une bienheureuse somnolence.
La nuit a été longue.

Des interpellations aiguës me font sursauter et me tirent brutalement de ma torpeur.
- Hou, Hou ! Kriss ? … J’peux profiter de ta piscine ?
En même temps que Stéphanie et Sylvie je me redresse sur un coude et tourne la tête vers l’arrière.
C’est une femme d’une trentaine d’année, Pas très grande, mais bien proportionnée. Les cheveux noirs aux reflets de prune coupés court. Son visage respire la bonhomie. Très enjouée elle a un large sourire lorsqu’elle s’aperçoit de notre présence. Elle a un petit geste de la main.
- Bonjour Mesdames !
Tournant la tête vers moi
- Mademoiselle !
Cela n’a pas l’air de la surprendre de trouver sur la terrasse trois femmes entièrement nue se prélassant au soleil. Un peu gênée, je cache mon ventre de la main. Mais elle ne me prête plus attention et se dirige vers la piscined'un pas résolu, entraînant à sa suite un gigantesque dogue noir à la courte laisse.
En quelques brasses Kristale regagne le bord du bassin et s’en extrait d’un mouvement souple se retrouvant face à ce qui semble être une de ses nombreuses amies. Elles s’embrassent langoureusement et je comprends que cette femme fait partie de ce cercle où je ne me sens pas encore très à l’aise.
Le molosse s’est assis à côté de sa maîtresse et nous lance tour à tour des regards intrigués. Il a des yeux froids aux scintillements bleus profond et noirs comme son pelage luisant.
Kristale nous lance.
- Mesdames, je vous présente Maud… qui va passer l’après-midi avec nous.
Interrogeant Maud du regard.
- N’est ce pas ? .. Tu restes avec nous ?
Elle répond d’un ton désinvolte.
- Oui, oui ! Désolée pour hier soir je n’ai pas pu me libérer et…
Kristale l’arrête d’un geste, la prend par les épaules et sans se rhabiller l’entraîne vers la maison. Bien que Maud aie lâché sa laisse, le molosse noir les suit comme leur ombres traînant son attache de cuir sur le sol. J’ai peur des chiens et cela me rassure de voir le monstre s’éloigner.
Je décide, cette fois sans attendre, d’aller plonger une tête dans la piscine.

Une onde froide et galvanisante me parcourt le corps lorsque je pénètre d’un seul coup dans l’eau fraîche. Je me lance avec ravissement dans quelques longueurs puis, essoufflée, fait la planche, le visage tourné vers le ciel bleu d’azur, fermant rapidement les yeux, éblouie par le soleil… Je suis bien et me laisse flotter, les bras et les jambes largement écartées, impudique.
Un splash me signale l’entrée brutale d’une personne dans l’eau redevenue calme.
J’ouvre les yeux et me redresse. Une tête émerge de l’onde. C’est Laure qui apparemment profite de sa liberté pour se détendre. Nos regards se croisent et s’accrochent. Sans me quitter des yeux elle s’éloigne de moi en une nage indienne souple et puissante. Intimidée, je souris et revient vers le bord pour m’y agripper. Laure se lance dans quelques longueurs qui se rapprochent de moi imperceptiblement. Arrivée à un mètre elle stoppe brutalement et ramène ses longs cheveux noirs en arrière en me fixant du regard. Mon cœur loupe un battement puis se met à battre furieusement. Je tente de refréner le trouble qui m’envahit et le rouge qui me monte aux joues à l’approche du corps nue de la parfaite odalisque.
Elle a perçue mon malaise et son sourire s’élargit encore, découvrant des dents parfaitement alignées. Comme une espiègle ondine d’un coup de rein elle se dresse dans l’eau et jette un rapide regard aux alentours en se laissant retomber, disparaissant sous la surface cristalline. Mes oreilles bourdonnent, j’ai du mal à respirer, mon cœur n’en finit pas de battre la chamade. Tétanisée j’observe l’ombre noire couler au fond de la piscine dans un faisceau de bulle et remonter peu à peu le long de mes jambes Son visageémerge à quelques centimètre du mien. Nos seins se frôlent. Je n’ose pas faire un geste et j’ai l’impression que ma poitrine va exploser. Comprenant que je suis à sa merci, Laure s’avance. Nos lèvres se joignent. Je reste un moment sans bouger, puis j’entrouvre la bouche, lui faisant comprendre que j’accepte son invitation. Je crois que je vais m’évanouir. La langue de Laure profite de la brèche pour s’immiscer entre mes dents tandis que d’une main elle me ceinture la taille et m’entraîne vers elle. J’ai un moment de panique, et si quelqu’un nous surprenait ? Si Kristale s’aperçoit que je viens de céder aux avances de son esclave ? Les mains qui me caressent les hanches et viennent fureter sur ma croupe descendant entre mes jambes me font oublier toutes mes angoisses. Le baiser brûlant se fait plus pressant, plus profond. N’y tenant plus je saisis à mon tour la taille et la nuque de la belle esclave l’entraînant sous les eaux. Un long moment d’apesanteur et de plaisir interdit. Nos mains se cherchent en remontant à la surface, Joie indicible, j’étreins ce corps magnifique, cet être à la beauté surnaturelle qui m’a captivée et éblouit toute la soirée.

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23 septembre 2009

Chap. 49. Matinée d’arme

La lumière se déverse à torrent dans la chambre. Je cligne des yeux et me redresse péniblement. Lorsque l’éblouissement retombe, je cherche du regard autour de moi.
Personne ! Je suis seule dans la chambre.
Les visions de cette nuit me reviennent. Mon Maître... Kristale ! ... Leurs caresses indécentes.
J’ai été leur chose pendant le reste de la nuit. Sans se donner le mot ils ne se sont occupé que de moi, de mon corps… Et j’ai aimé ! C’était comme dans un rêve. Je sais qu’entre leurs mains expertes j’ai jouie… Plusieurs fois, et, qu’épuisée, je suis tombée dans le sommeil comme dans un puits sans fond.
La fenêtre est grande ouverte et un vent frais, matinale, y pénètre. Cela achève de refroidir mon corps encore brûlant. Des bruits de conversation viennent de dehors. Ce sont ces voix qui m’ont réveillé.
Je me lève péniblement et m’approche de la fenêtre en cachant dans un reflex puéril le haut de ma poitrine. Le yeux encore embrumés je me penche à la rambarde.
Je n’avais jamais vu ce côté de la maison.
Elle surplombe un paysage vallonné encore perdu dans les brumes matinales malgré que le soleil soit déjà haut. Un vaste jardin parfaitement entretenu dont je n’arrive pas à voir les limites vient mourir aux pieds de la maison sur une vaste terrasse qui ceinture une piscine. Sur cette terrasse une table de teck aux parasols repliés est dressée. Kristale y est assise et me tourne le dos. Sylvie, que je croyais partie, est assise ses côtés. La table est mise pour un petit déjeuner copieux et plusieurs personnes semble l’avoir occupée, mais elles sont parties maintenant. Un coup d’œil circulaire ne me permet pas de trouver trace de la présence de mon Maître.
Sylvie qui m’a aperçue à la fenêtre me fait un petit signe de la main. Je lui réponds nonchalamment. Kristale se retourne alors vers moi et constatant mon réveille me fait un signe bref m’invitant à les rejoindre.
Je me recule de la fenêtre. Mon ventre gargouille. J’ai faim!
Je jette un œil dans la chambre dévastée. Pas trace d’un quelconque vêtement. Je m’empare du drap de bain roulé en boule au pied du lit et m’en couvre à la façon d’une toge jusqu'à la poitrine. Je remets d’aplomb mon collier de cuir et sort de la chambre pour rejoindre mon hôtesse.

Je parviens à la terrasse et m’avance pieds nus sur le sol déjà chaud. La conversation entre les deux femmes s’arrête et leur attention se porte sur moi. Kristale est habillée d’une liquette vaporeuse aux dessins indiens dont la transparence ne cache rien de sa nudité. Sylvie porte un short noir et un tee-shirt rose pale échancré. Je tente un timide sourire. Je m’avance vers Kristale et me penche pour lui faire la bise sur les joues. Mais elle détourne la tête et nos lèvres se touchent en un chaste baiser. Embarrassée, je réponds et fais de même avec Sylvie qui, elle, se contente de baisers amicaux sur les joues.
Kristale me désigne une chaise.
- Tu dois avoir faim… Après toutes tes aventures !
Je rougis violemment en regardant Sylvie. Elle a un sourire moqueur.
- Ou... Oui Madame.
Et sans attendre, m’empare d’un bol à oreille sur une pile de vaisselle au milieu de la table. Une cafetière encore fumante. J’ai un pincement au cœur en pensant que mon Maître à dû s’en servir. Pourquoi ne m’a t il pas réveillé quand il est parti ?
Kristale semble deviner mes pensées.
- Marc t’a laissé à moi pour la journée. Il revient ce soir.
Je baisse la tête de dépit.
- Bien Madame !
Je trempe mes lèvres dans le liquide amer.
Cela fait que quelques instants que je me rassasie lorsque apparaît à une des baies la fine silhouette de Stéphanie. Comme moi elle a eu l’idée de s’envelopper dans le drap de bain qui nous accompagne depuis notre douche commune. Par contre elle a enlevé son collier de cuir. Son visage est défait et elle, si coquette, n’a même pas pris la peine de ramener ses cheveux en arrière. Elle glisse vers nous à petit pas indécis. Ses yeux sont marqués, cernés, sa bouche est pincée sur des lèvres blafardes. Elle s’arrête à un mètre de nous et ne sait visiblement pas comment faire. Kristale se lève et s’approche d’elle. Elle lui ceinture les épaules de son bras et l’entraîne doucement vers la table. La délicatesse de Kristale me surprend. Ce n’est pas la Kristale que je connais qui prend ainsi Stéphanie en compassion. Stéphanie assise elle se penche sur son épaule et lui dit avec son étrange accent hollandais.
- çà a été dure ma pauvre chérie !
Et lui passe une main dans les cheveux.
Stéphanie se détend et son visage s’éclaire. Elle vient de comprendre que son calvaire est réellement terminé. Elle murmure dans un souffle en hochant la tête.
- Oh ! Oui… Oui !
Kristale regagne sa place, s’empare d’une tasse de thé et la porte à ses lèvres. Puis elle continue.
- Nicolas est parti, il reviendra ce soir !
Cette nouvelle ne semble pas perturber Stéphanie qui sans répondre jette un regard sur les victuailles étalées sur la table et commence à s’en emparer, se préparant une énorme tranche de pain beurré.
Ce petit déjeuné ressemble à un lendemain de bataille. Le silence plane sur la table. Chacune est recueillie comme si nous faisions intérieurement le bilan de cette folle soirée.
Un silence pesant soudainement troublé par le vrombissement sourd et puissant du moteur d’une grosse cylindrée qui vient d’entrer dans la cour. Je ne peux la voir d’ici mais quelques instants après que le moteur soit coupé, je distingue La longue silhouette féline de Laure s’avançant vers nous par le chemin qui longe le côté de la maison. Elle est vêtue d’une combinaison grenat qui la moule entièrement. Elle tient sous son bras un casque noir liséré d’or et de l’autre main un délicat paquet de papier soie. Ainsi la moto qui stationnait à notre arrivée sur le parking de gravillon est à elle ! Je n’en suis pas surprise, je m’y attendais un peu. Une monture a la puissance irrésistible. Puissance qu’elle dégage elle-même.
Comment Kristale a-t-elle pu dompter une telle Walkyrie et en faire son esclave ?
Je la regarde avec admiration. Ses longs cheveux noirs viennent balayer ses flancs et son visage toujours aussi impavide, énigmatique. Un visage de déesse égyptienne.
Sans un mot, elle dépose le paquet sur la table. Des croissants. Elle ploie d’une légère génuflexion vers Kristale puis s’éloigne vers la bâtisse. Je la suis du regard, hypnotisée par la chute de rein et le galbe parfait des hanches de l’esclave de la maison. Un instant de grâce. Pendant mon observation extatique je sens le regard de Kristale se poser sur moi. Rapidement, comme prise en faute, Je détourne la tête vers elle en rougissant. Elle me sourit malicieusement, me lance un petit clin d’œil et sans me quitter des yeux lance son bras vers le ciel en claquant des doigts interpellant d’une voix forte Laure qui s’éloigne.
- Mademoiselle Laure s’il vous plaît… Pouvez vous revenir ici !
Sans se faire prier Laure tourne sur ses talons et s’approche de nous. L’attention de Sylvie et de Stéphanie se porte maintenant sur nous et Kristale ne me quitte pas des yeux.
- Pouvez-vous vous déshabiller ici s’il vous plaît !
Laure ne semble pas troublée par cette demande. Comme à son habitude elle reste impassible et dépose son casque sur le sol. Kristale lâche enfin mon regard, croise les jambes et se tourne à demi vers son esclave en se posant le menton dans la main. L’odalisque a commencé à ouvrir sa tenue et en extirpe ses épaules. Il ne faut que quelques mouvements pour que la combinaison tombe sur ses hanches, glisse le long de ses jambes fuselées et que je comprenne qu’elle était nue en dessous. Le vêtement rejoins le casque. Laure prend immédiatement la pose. Les mains dans le dos, elle écarte légèrement les jambes et son regard se fixe sur le sol à un mètre devant elle.
Satisfaite, Kristale se tourne de nouveau vers moi souriante.
- Elle est belle n’est ce pas ?
Je rougis violemment et baisse rapidement les yeux, embarrassée que Kristale ai percé à jour mon admiration. La blonde nordique n’attend pas de réponse, elle est contente de l’embarras provoqué. Sans la regarder en s’emparant d’un des croissants, elle lance.
- Laure, vous débarrasserez et ensuite vous aurez quartier libre !
Laure réponds par un hochement de tête, se baisse dans un mouvement souple pour ramasser ses vêtements et son casque qu’elle emmène dans la maison.

16 septembre 2009

Chap. 48. Interférences

J’ai refermé la porte sur les yeux apeurés de Stéphanie qui a remonté convulsivement les draps contre son menton, comme pour se protéger.
Retrouver la chambre de Kristale est facile, je commence à m’habituer à cette demeure sans fin.
La porte est fermée. Je bascule le loquet et la pousse doucement. Elle s’ouvre sans bruit sur des gonds parfaitement huilés. Les volets sont restés ouverts et dans la demi-pénombre je découvre ceux que je devais rejoindre.
Au pied du lit, Laure est couchée sur un énorme coussin de satin posé au sol. Elle dort recroquevillée sur elle-même. Son imposant collier de cuir est relié à un montant du lit par une chaîne qui pend mollement.
Comme elle semble vulnérable !
Sur le lit lui-même, il y a Mon Maître. Couché sur le dos les jambes à demi écartées, un des draps de satin barrant ses reins. Il dort profondément, la tête posée sur son avant bras replié derrière sa nuque.
Il offre l’image d’une sérénité rassurante.
Kristale est à ses côtés entièrement nue, couchée sur le ventre, enserrant fougueusement son oreiller. Son visage est enfoui sous le flot lisse de ses longs cheveux de lin blanc. Je ne peux encore une fois m’empêcher d’admirer la cambrure de ses reins outrageusement offerte au regard. Une des ses jambes est repliée vers l’extérieur de la couche découvrant impudiquement la fleur parfaitement épiler de son bas ventre.
Ai-je tant tardée pour que l’on ne m’attende pas ?
Le cœur battant, je m’approche du lit et pose un genou dessus. Pas de réaction !
Je m’enhardis et grimpe entièrement dessus me glissant le plus subrepticement possible entre Marc et Kristale. Je soulève délicatement le drap qui couvre mon Maître et réussit avec mille précautions à me m’allonger contre lui.
- Tu en as mis du temps !
Sa voix est murmurée, comme soufflée du bout des lèvres.
Je souris intérieurement et réponds sur le même registre pour ne pas réveiller les deux autres femmes.
- Stéphanie... Elle a du mal a s’en remettre.
Mon Maître a un soupir, son torse se soulève et retombe sous ma main.
- Oui… J’imagine ! … Trop pour elle…Pourtant elle avait l’air volontaire !
Pour toute réponse je glisse ma tête sur son épaule.
- Et toi… Tu as aimé ?
Je ferme les yeux. Redoutable question. Je suis obligée de tourner mon regard vers l’intérieur de moi-même, de me regarder en face. Impossible d’ignorer l’étrange excitation de mon ventre malgré l’extrême des situations auxquelles j’ai été confrontée ce soir. Même Jacques l’a constaté en ressortant de mon ventre ses doigts couverts de liqueur de Cyprine, offerte en retour de ses abjectes caresses.
- Je…
Je dois être rouge écarlate, le voile de la nuit cache ma honte de devoir l’avouer. Oui, la découverte de ce monde m’excite au plus au point. Même si il est en contradiction permanente avec mon éducation.
- Oui… Oui, Monsieur !
J’ai mis malicieusement l’accent sur le "Monsieur".
Je le devine en train de sourire.
Sa main se pose sur la mienne, s’en saisit et l’entraîne entre ses jambes. Je me sens obligée de répondre à l’invitation d’une voix enrouée, mais volontaire.
- Oui, Monsieur !
Il ne m’a fallut que quelques instants pour donner de la vigueur à mon Maître aimé. Quelques caresses, que je sais encore malhabiles et mes doigts fins ont bientôt enserré un gourdin vigoureux qui n’attendait plus que moi.
En silence je me glisse sur lui et tenant toujours son membre entre mes mains l’introduis doucement en moi. J’ouvre les yeux et la bouche de bonheur et m’empale lentement sur le pieu de chair.
Comme cela est bon ! Avec la douche prise avec Stéphanie cela est certainement le meilleur moment de cette soirée. Je n’ai pas envie de me lancer dans une chevauchée frénétique et je sens que Marc ne le désire pas non plus. Il nous faut goûter lascivement ce moment de retrouvailles. J’écarte d’un geste vif le drap de satin qui barre le torse de mon Maître et m'y laisse retomber doucement.
Ne plus bouger !
Rester ainsi pour une éternité. Profondément pénétrée par celui qui tient mon collier de cuir et vient de son autre main caresser mes cheveux encore humides… Une éternité ! .
A côté de nous un mouvemen me tire de ma langoureuse torpeur. Kristale a bougé. La main fraîche et délicate qui se pose sur mes reins me le confirme. Un "hum" étouffé et approbateur accompagne le geste. D’une reptation souple son corps se rapproche à me toucher la cuisse. Sa main glisse le long de mes reins et s’immisce entre le pli de mes fesses entrouvertes. Un éclair glacial me vrille le dos. La caresse est insoutenable. Je me mords les lèvres. Mon Maître reste de marbre. Nonchalamment comme s’ils se promenaient les doigts fureteurs s’enhardissent jusqu'à se présenter à l’orée de mon ventre empalé.
Je vais hurler si elle continue !
Mon cœur bat la chamade. Un crépitement intense me parcourt les reins mes yeux se révulsent en devinant ce qu’elle veut faire. Je me mords les lèvres. Rien, Jamais n’arrête Kristale. Butant contre la verge de Mon Maître elle a un instant de pause devinant ce qui gène sa progression puis tente de s’immiscer dans un espace libre, s’invitant de force à l’intérieure de ma fleur offerte au coté de Mon Maître. Cette fois, Marc n’a pas manqué de sentir l’intrusion. Il cesse de caresser mes cheveux roux. Et d’une voix caverneuse, presque un reproche, mais dans laquelle je perçois bien le ton de la plaisanterie.
- C’est occupé Kriss !
Je pince les lèvres pour contenir un rire nerveux. Mais Kristale, elle, ne s’en prive pas. Elle éclate de rire sans retenu. Je ne peux m’empêcher de la suivre et partons tous les trois en un éclat incoercible qui me ferait presque desseller ma monture.
Les rires meurent doucement. Kristale insiste en murmurant.
- Allons cher Maître, il y a bien un peu de place pour moi ?
Et tout en enfonçant un peu plus ses doigts au fond de mon ventre longeant la verge de Marc. De son autre main, me soutenant la joue, elle me tourne la tête vers elle. Et y applique ses lèvres. Nos bouches se joignent. Je réponds à son baiser…
Je suis bien !

9 septembre 2009

Chap. 47. La peur de Stéphanie.

Il y a une vaste salle d’eau au rez de chaussée. Je le sais pour l’avoir utilisé lors de ma première visite. J’y entraîne Stéphanie. Je referme la porte derrière nous et tire même le loquet pour éviter une visite inopportune. Je crois que Stéphanie a assez payé de sa personne et je ne voudrais pas qu’un des mâles à la vigueur retrouvée vienne demander son dû aux deux soumises esseulées.
Au diable les consignes… Pour un temps !
J’avise la cabine de douche et lâche Stéphanie. Elle reste sans réaction prostrée au milieu de la pièce pendant que j’active le mitigeur et en fait jaillir une eau salvatrice.
Je reviens vers elle. Malgré la douce chaleur de la pièce elle tremble légèrement de tout son corps et son regard reste absent, comme en état de choc. Il faut absolument que je la fasse émerger. Je tends les mains vers son collier et sans la quitter du regard commence à lui détacher. J’appelle.
- Stéphanie ? Stéphanie ? … Çà va ?
Pas de réaction.
Je lui ôte son collier et le laisse tomber sur le sol. J’insiste en criant presque et en agitant une main devant ses yeux pour attirer son attention
- Stéphanie ?
Cette fois elle a un brusque sursaut et ses yeux s’écarquillent. Elle me contemple comme si elle me découvrait. Son visage passe de la stupeur à l’étonnement un triste sourire lorsque enfin elle me reconnaît. Deux grosses larmes roulent sur ses joues blafardes. Ses lèvres tremblent convulsivement.
- Isa ?… Je... je ne savais pas…que cela serrait aussi…
Elle a un violent hoquet et sans prévenir se précipite vers le bidet de la salle de bain. Embarrassée, les mains jointes, j’attends patiemment qu’elle finisse de vomir. Ses éructations se terminent sur une crise de pleurs incoercible. Le choc à été rude !
Je me penche vers elle et lui saisis les épaules autant pour la consoler que pour la relever. Elle se laisse guider et je l’amène près de la vaste pour qu’elle se rafraîchisse la bouche puis la pousse doucement vers la douche qui coule à gros bouillons. Elle marque un temps d’arrêt puis pénètre dans la cabine de douche. Eclaboussée, je vais pour faire un pas en arrière mais elle se cramponne convulsivement à mon bras en me lançant un regard apeuré. Un regard qui me demande de rester près d’elle. J’hésite, mais pourquoi pas ! J’aurais bien besoin d’une douche également ! Je me libère de son étreinte en la rassurant d’un sourire et détache promptement mon collier et ma chaîne qui vont dans un cliquetis de métal et le tintement de grelot rejoindre sur le sol celui de Stéphanie.
La douche est vraiment très spacieuse. On pourrait tenir à quatre sans se gêner et pourtant nos corps se rapprochent imperceptiblement. Les jets d’eau me font un bien fou. Ma chair se détend mes muscles se dénouent et mon esprit s’envole. Il semble en être de même pour Stéphanie.
Peu à peu elle retrouve le sourire, comme si le ruissellement de l’eau sur sa peau entraînait avec elle ses souillures physiques comme celles de son esprit. Elle finit même par rire lorsque m’emparant d’un énorme savon parfumé je lui frotte contre ses épaules et sa poitrine. Prise au jeu, elle s’empare à son tour d’un savon et vient m’en enduire le corps. Nos mains s’égarent, j’explore les courbes de son corps, nos poitrines se frôlent puis se collent, ses mains viennent me saisir la nuque et attire mon visage vers elle. Nos lèvres se rapprochent, se joignent…
De toutes les façons, j’en avais envie aussi !

Je ne saurais dire combien de temps nous sommes restées enlacées sous le ruissellement de l’eau. Nous cherchant et nous trouvant, explorant chaque partie de nos corps nous frottant vigoureusement mutuellement, se collant l’une a l’autre à ne vouloir plus faire qu’une. Une chose est sûre ses étreintes salvatrices ont effacé chez nous, pour un temps, toutes les traces de cette terrible soirée.
C’est en riant aux éclats, peut-être des rires nerveux, qui libèrent de la tension accumulée, que nous nous essuyons mutuellement avec les moelleux draps de bain brodé des initiales de la Maîtresse de Maison.
Nous recherchons fébrilement quelques peignoirs pour couvrir notre nudité mais rien !
Nous décidons de regagner nos chambres enveloppées dans les amples draps de bain. Stéphanie fait une grimace lorsqu’elle me voit remettre mon collier de cuir.
- Tu crois qu’il faut les mettre… Tu m’as dit que c’etait fini !
J’ai un moment de réflexion tout en glissant la languette de cuir dans les passants de fer.
- Marc est dans la maison !
Cela lui suffit pour comprendre. Elle contemple, pensive, son collier resté au sol. Je lui lance pour la convaincre.
- C’est aussi ton Maître… Non ?
Elle me lance un regard désemparé. Elle respire un grand coup comme pour se donner du courage.
- Oui…oui…
Et elle se penche pour ramasser son collier de soumission.
La chambre jaune est inoccupée.
Il m’est facile de décider Stéphanie à y prendre place. Elle se glisse entre les draps fins qui ont accueilli mes ébats avec Kristale. Je me prépare à sortir lorsque se redressant vivement, tel un diable surgit de sa boite, Stéphanie s’agrippe désespérément à moi bras.
- Non ! … Reste…S’il te plaît ! … Ils vont revenir !
Déséquilibrée par l’étreinte, je m’assois à côté d’elle. Elle se rallonge. Pour la rassurer, je lui caresse le front.
- Mais non ! Ils sont tous partis ou endormis… çà ne risque rien !
Ses doigts restent crispés sur mon avant bras.
- Reste avec moi…S’il te plaît… J’ai …J’ai peur !
Une légère exaspération monte en moi. Il faut que je retrouve mon Maître et vite, sinon il va s’impatienter et je vais en subir les conséquences. Je m’allonge tout de même prés d’elle au-dessus des draps.
- Il faut que je rejoigne Marc… Il me l’a demandé.
Nos visages se touchent presque. Stéphanie n’a qu’à se pencher un peu pour de nouveau unir nos lèvres dans un baiser léger et murmurer implorante.
- Reste s’il te plaît… S’il te plaît !
Ses lèvres sont douces, elle sent le savon, l’envie est forte de me laisser convaincre.
Un violent effort de volonté et je la repousse, tout en me redressant.
- Il faut que j’y aille, sinon je vais être punie.
Et puis dans une sorte d’éclair de lucidité je me tourne vers elle.
- Et puis n’oublie pas ta condition… Tu es une soumise et si des hommes reviennent ici tu feras ce qu’ils voudront de toi !
Mon ton est sec, je ne me reconnais pas! Stéphanie non plus d’ailleurs elle ne s’attendait pas un tel changement de ton. Je lis la consternation sur son visage.
Je continue
- Tu feras ce qu’ils voudront, tu ouvriras la bouche et tu écarteras les jambes.
Ma voix vibre d’une colère contenue. Mais une colère contre qui ? Contre quoi ? Et pour appuyer ce que je viens de dire je ne peux m’empêcher d'appuyer.
- Ecarte les jambes !
L’ordre est sorti de ma bouche sans aucun effort. Stéphanie reste coite de stupéfaction.
Saisie par ma propre audace j'élève la voix d’un ton et crie presque.
- Ecarte les jambes !
Comme dans un rêve je vois sous les draps les jambes de Stéphanie s’écarter lentement. Son visage se détend, elle sourit. Une bouffée de chaleur me monte au visage. Je n’ai pas prémédité ce qui vient de se passer. Mais Stéphanie vient d’obéir à un ordre qu’un Maître aurait pu donner.
Un sentiment étrange s’empare de moi. Je frôle du doigt la sensation de puissance que peux ressentir Marc lorsqu’il me domine. Etrange sensation. Je suis en pleine confusion. Comprenant ce que je viens de faire, je fais un pas en arrière.
- Je… je…
Ne pouvant plus dire un mot tant la tension est forte de fais demi-tour sur mes talons et me précipite au dehors de la chambre.
Retrouver Mon Maître… Vite !

9 septembre 2009

Une longue absence

Oui, je vous dois quelques excuses !
Je vous ai laissé tomber un peu cavalièrement. En fait, je me suis laissée surprendre par le temps !
A peine ai-je fait paraître le dernier chapitre de mes aventures que je me suis retrouvée assise dans l’avion qui m’emmenait vers la verte Erin, pour la visite annuelle de ma grande famille irlandaise. Et à peine suis-je revenue, sans même passer par le haras, gagnant mon petit appartement de Paris, à la descente de l’aéroplane, pour y glaner quelques vêtements propres que je repars pour le sud… Vers Mon Maître.

Après trois nouvelles semaines à ses pieds me voici de retour.

Oui bien sûr que je vous raconterais çà !
En fait, je brûle de le faire, de vous conter l’étrange rencontre auquel il m’a convié, Je vous conterais aussi la douce attente, nue au pied de son chevalet tandis qu’il s’applique, sans me porter attention, occupé à tracer les courbes parfaites de ses modèles. Dans ces moments je ne suis qu’un corps vibrant dans l’attente qu’il se lève, qu’il s’occupe enfin de moi, que je devienne encore une fois l’objet sur lequel il va faire retomber la tension de ses efforts.
Oh mon Dieu ! Que je suis bien dans ces moments là !
Mais je m’égare !
Revenons deux ans en arrière avec la suite de ce qui m'a encore une fois amenée, cet été, à accepter, à rechercher, sa domination bienveillante.
Je suis revenue ce week-end. J’ai devant moi, avant la rentrée universitaire, quelques temps à consacrer à mes carnets… à vous consacrer !

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26 juillet 2009

Chap. 46. Libération.

Si Kristale avait été là, elle m’aurait certainement qualifiée ironiquement de " gourde " !
Et gourde je me sens !
Seule, à quatre pattes sur le sol de pierres froides, un plateau chargé de bouteille et de verre qui vibre au moindre de mes mouvements. En partant, ils ont omis de m’en débarrasser. Mais je crois deviner que, bien sûr, ils l’on fait exprès.
Comment faire pour me relever sans tout fracasser sur le sol ?
Je choisis la solution la moins risquée, je commence par rapprocher mes jambes écartées en me redressant sur mes bras pour garder le niveau et me rapproche imperceptiblement du sofa en me déplaçant de côté. Ma chaîne traîne sur le sol et me gêne mais j’arrive tout de même par m’accoter au sofa. Le cuir est froid contre mon flanc mais toujours très concentrée, je choisis le moindre mal en faisant basculer doucement le plateau d’une rotation des reins vers les coussins du sofa Dans un tintamarre de verre heurté et de métal choqué, le contenu du plateau se déverse sur le divan. Libérée de mon fardeau, ankylosée mais soulagée, je me relève péniblement. Mes genoux me font mal et je les frotte nerveusement. Je contemple les dégâts. Une partie du liquide restant s’est répandue sur le cuir noir et une des flûtes est ébréchée. Je frissonne car je sais qu’elles sont en cristal et que la Maîtresse de maison ne manquera pas de remarquer l’état dans lequel je vais lui rendre sa précieuse vaisselle.
Fébrilement je ramasse le plateau et range la bouteille et les verres dessus. Je dépose le tout sur le sol, maintenant qu’il n’y a plus de table basse.
En fait si, il y en a une ! Je me tourne vers le fond de la salle et avise la silhouette ligotée de Stéphanie. Il y a plus urgent que nettoyer ma bévue !
Je m’approche de la jeune fille en me frottant nerveusement les mains et appelle.
- Stéphanie ?
Elle ne répond pas,
Je m’agenouille prés d’elle, à la place que j’occupais lorsque Pierre a souillé sa bouche et que j’ai, bien malgré moi, contribué à lui offrir.
- Stéphanie, tu m’entends ?… C’est Isabelle !… Je … Je vais te détacher… C’est fini !
Un gémissement incompréhensible me répond. Elle tente de relever la tête mais cela semble être au-dessus de ses forces.

Pour l’avoir éprouvée, je sais que s’il y a bien un domaine où mon Maître excelle, c’est bien celui de réaliser des nœuds. Des nœuds si bien pensés que l’on peut les défaire de deux doigts, Enfin, quand on y a accès ! Car, la personne attachée, elle, n’a aucune chance de s’en libérer. Chaques cordelettes se terminent par de petits nœuds qui viennent se coincer astucieusement dans les boucles des liens tendus et les verrouillent parfaitement sans blesser la peau. Et c’est un jeu d’enfant que de les dénouer.
Je m’active rapidement. L’odeur du chanvre reste pour moi ma madeleine de Proust, c’est entre les mains de mon Maître que je l’ai éprouvé pour la première fois et son parfum me ramène irrésistiblement à ma première expérience de ligotage.
Je commence par délier les mains de la malheureuse. Ses bras retombent sur le coté, inertes. Toutefois, elle bouge les doigts imperceptiblement pour faire revenir le sang. Par endroit, et notamment là où elle s’incruste dans les plis de son corps, la corde est trempée de sueur. Je démaillote Stéphanie en tirant sur les brins de corde avec délicatesse pour ne pas la couper. Ses chevilles sont fermement maintenues contre ses cuisses outrageusement ouvertes. Je me penche vers elle en retenant une grimace. La magnifique fleur de son ventre d’habitude si fine est distendue et béante. La rosette tumescente de son anus et les longues coulures de semences encore brillantes qui maculent ses reins et l’intérieur de ses cuisses témoignent des nombreux assauts qu’elle a subit.
Je frissonne de la tête aux pieds. Quelle terrible punition ! Etre ainsi livrée à la merci de ses hommes pendant toute la soirée ! A la taille et sur ses épaules, la jeune fille porte par endroit des marques écarlates d’étreintes vigoureuses. La fureur des soudards a du présider à leur curée. Je me souviens avec effroi des cris désespérés qu’elle poussait lorsque Kristale m’a entraîné à sa suite et que j’ai quitté la pièce où débutait son calvaire.
Ma pauvre Stéphanie ! Comme tu as payé cher ton insouciance et tes petites impertinences !
Il me faut quelque temps pour que tous les liens finissent par tomber sur le sol, libérant ainsi la jeune martyre. En l’encourageant, je la prends par les épaules et lui enjoins de se relever. Elle gémit à chaques déploiements de ses membres endoloris, mais se redresse lentement. Lorsque sa tête se relève ses cheveux poisseux retombent vers l’arrière découvrant son visage. Ses yeux sont délavés par les larmes versées. Son regard fixé dans le vide trahi son épuisement et sa bouche reste entrouverte, comme sous l’effet d’un intense soulagement. Ses joues, son cou et ses cheveux sont maculé d’une liqueur gluante à l’odeur fade que je ne peux manquer de reconnaître. Les quatre hommes s’en sont vraiment donnés à cœur joie, Ils n’ont rien respecté de la jeune fille.
Il me semble que la salle d’eau est l’endroit le plus approprié pour essayer de faire revenir un peu de vie à la pauvre Stéphanie. Lentement pas après pas s’appuyant sur mon épaule la jeune femme retrouve l’usage de ses jambes et nous franchissons toute deux, nues, dans un silence troublé par le cliquetis de ma chaine, le seuil de ce lieu maudit.

18 juillet 2009

Chap. 45. La table basse.

Quel soulagement d’avoir mené ma tache à bien. Je me sens plus légère, ragaillardie et c’est d’un pas assuré que je me dirige vers Marc, un léger sourire de contentement aux lèvres. Je m’arrête à un pas du couple enlacé. Kristale a le même sourire. Le plateau entre les mains je me plie en une légère génuflexion. Une révérence que je veux la plus stylée possible, impeccable. J’écarte les jambes et baisse la tête signifiant ainsi que je suis de nouveau à la disposition de Mon Maître. Ma chaîne tinte légèrement contre le plateau au rythme calme de ma poitrine, de mon souffle apaisé. J’attends l’autorisation de prendre la parole, ce qui vient rapidement.
- Tu as fini tes devoirs Isabelle ?
- Oui Monsieur !
- Ah !
Il a un ton chagriné. Un court silence et ;
- Ah ! … Et donc... Moi je ne suis pas un homme ?
Il a dit cela sur le ton de la plaisanterie, mais je me rends compte qu’effectivement je l’ai omis de la liste des hommes à contenter. Mais comment lui dire que pour moi il est plus, bien plus et au-delà, des hommes de cette soirée.
Je relève la tête pour qu’il voit mon visage exprimant la stupeur.
- Pardonnez moi, Monsieur… Je, je ne savais pas que … que vous vouliez vous aussi…
Encore une fois d’un simple mot il réussit à me faire perdre contenance. Et ma timidité revient au galop avec le sourire moqueur de Kristale.
Marc se redresse entraînant avec lui la blonde nordique. Il se rassoit confortablement au fond du sofa et rabat sur lui les pans de son peignoir.
- Allons ce n’est pas très grave ! Tu vas me servir maintenant ? .
- Oh ! Oui Monsieur !
Je suis soulagée qu’il ne prenne pas plus ombrage de mon étourderie. Un peu gauche, désemparée, je cherche du regard un endroit où poser le plateau. Marc s’en aperçoit et lance.
- Kriss. Tu prends son plateau ! … Il nous faut bien une table ! …Isabelle mets toi a quatre pattes s’il te plaît…
Kristale se lève d’un bond et s’empare du plateau. Je ne me fais pas prier j’ai parfaitement compris ce que veut Mon Maître. Et je suis là pour lui faire plaisir. Je plie un genou puis le deuxième et me retrouve, parallèlement au sofa, à quatre pattes sur le rude sol de pierre. J’écarte les jambes pour stabiliser au mieux ma posture et je baisse la tête leur offrant ainsi le dos le plus plat possible. Marc n’a pas besoin de donner d’ordre à Kristale. Elle dépose délicatement le plateau de métal, calé sur le haut de mes fesses et mon dos. Je peux sentir le poids de la bouteille sur mes reins et le froid glacial du métal qui se réchauffe peu à peu
Le tintement des verres qui s’entrechoque sur mon dos, le champagne que l’on verse. Je m’efforce de rester immobile. Toute mon attention est mobilisée pour ne pas faire bouger le plateau.
Kristale fait le service, je perçois sur mon dos le glougoutement des verres que l’on remplit et le heurt de la bouteille qui se repose sur le creux de mes reins.
Un crissement du cuir sur le sofa, Kristale reprend sa place à côté de Marc.
- Bien ! J’ai mon verre…Mais ne dois tu pas me proposer autre chose Isabelle ?
Le plateau en équilibre sur mon dos et la douleur du contact rugueux de la pierre contre mes genoux m’empêche de penser clairement.
- Je… Oui, Monsieur…Je suis à votre service… Vous pouvez faire de moi ce que vous voulez !
Un claquement de langue ennuyé de Mon Maître le son caractéristique qui ponctue son insatisfaction.
- Mais voyons Isabelle, de toutes les façons je fais de toi ce que je veux, quand çà me chante…J’attendais quelques chose de plus…Originale !
Je suis fatiguée, mes genoux me font mal, mon dos tendu tremble imperceptiblement, je n’arrive pas a réfléchir… Quelque chose d’original ! ..d’Originale ! … Je reste dans l’expectative.
Devant mon silence embarrassé Mon Maître viens à mon secours…Enfin si on peu appeler çà un secours.
- Bon ! Isabelle, j’ai assisté à tes prestations avec Pierre et Jacques…Et les autres que leur as tu proposé ?
Je rentre la tête dans les épaules. Comment raconter cela, sous l’oreille attentive et sarcastique de Kristale ?
- Mons... Monsieur Jean, je lui ai offert un verre, mais, mais il dormait, je... je n’ai pas osé le réveiller…
J’attends une réaction de sa part mais elle ne vient pas… Un silence qui me fait peur. Le visage tourné vers le sol je ne peux jauger sa réaction. Je continue rapidement en choisissant mes mots.
- Nicolas... Il m’a… prise… sur la table de la cuisine !
Lui décrire la fin pathétique de cet épisode est au-dessus de mes forces.
Marc à un " hum " que je pense être d’approbation et il reprend.
- Et a moi Isabelle qu’est ce que tu offres ?
Il revient à sa question ! Il a certainement sentit l’embarras dans lequel elle me met. Il inverse les rôles. C’est à lui, Mon Maître, de m’imposer son jeu. Pas à moi de lui faire des propositions et de toutes les façons mon inexpérience est telle que je ne vois rien de plus "original " à lui proposer !
- Mais… Mais, Monsieur… Je vous appartiens … Entièrement. Vous pouvez user de moi suivant votre…bon vouloir !
Je ne trouve vraiment rien d’autre à dire.
Marc a de nouveau un claquement de langue agacé.
- Oui, oui… çà je sais !
Un long silence s’en suit troublé par le murmure des paroles que lui chuchote Kristale à l’oreille.
Il a un petit rire narquois.
- Kristale, qui adore te voir jouir, me suggère que je te prenne par derrière…
Je ferme les yeux d’appréhension. Maudite Kristale !
- … Je dois dire que je n’ai jamais sodomisé une table basse !
Kristale éclate de rire.
Un rire qui me vrille les nerfs de la tête aux pieds. Une violente bouffée de chaleur me monte au visage. Je suis partagée entre l’envie de rire et la honte intense ressentie par cette humiliation verbale.
Marc décroise les jambes, se redresse et se penche vers moi. Une main brûlante vient caresser ma croupe tendue, un doigt s’insinue dans le sillon de mes fesses et s’attarde sur mon anus outrageusement dévoilé. Sous cet obscène attouchement un crépitement électrique naît à la racine de mon dos et parcours ma colonne vertébrale jusqu'à me faire hérisser les cheveux de la nuque. Ma bouche s’entrouvre sur un soupir muet. Ma langue s’écrase contre mon palais pour en étouffer un gémissement.
- Cela te ferait t il plaisir… Isabelle ?
Oh Mon Maître ! Dans quels états d’embarras vous êtes capable de me mettre ! Mes joues s’empourprent un peu plus et ma tête bourdonne. Tout ce que voulez, mais pas devant Kristale, s’il vous plaît ! Pas comme çà ! Pas une fois de plus ! Je souffle et mes frémissements font trembler le plateau. Je murmure à voix basse en espérant ne pas être entendue par Kristale.
- Je… Oui, Monsieur !
Le doigt force le passage et s’introduit d’une phalange écartant la rosette humide.
Cette fois je ne peux m’empêcher de lâcher un petit cri.
- Je n’ai pas bien entendu, Mademoiselle !… Répétez après moi… Monsieur, veuillez avoir l’obligeance de bien vouloir me sodomiser… Et a voix haute s’il vous plaît.
Le retour au vouvoiement et le durcissement du ton de sa voix ne présage rien de bon si je ne m’exécute pas.
Je m’éclaircis la voix et m’entends déclamer, au bord de l’évanouissement, la supplique imposée.
- Monsieur, veuillez…
Comme certaines paroles sont humiliantes à prononcer, humiliantes au delà des mots, au delà des actes même qu’elles décrivent.
-…Me sodomiser !
A peine ai-je fini ma phrase que j’entends Kristale qui frappe dans ses mains pour m’applaudir. Le doigt de Mon Maître se retire. Il se redresse.
- Et bien voilà! Ce n’est pas si difficile!
Il se lève du sofa sur lequel il était à demi assis.
- Bien… Tu viens Kriss ?
Dans un bruissement de cuir contre sa peau j’entends la brûlante hollandaise se lever, et rejoindre Marc à ses côtés. Ses pieds nues passent devant mes yeux et semble à peine effleurer le sol de pierre. Je reste la tête baissée, humiliée.
- La punition de Stéphanie est levée… Tu t’occupes d’elle, prend ton temps… Et ensuite tu viens nous rejoindre dans la chambre de Kristale… Tu te souviens ?
Je répond d’un hochement de tête. Oh que oui !, Je m’en souviens, la chambre où pour la première fois, pendant les vacances de la Pâque Kristale m’a fait l’amour.
En me tordant le cou je peux voir Mon Maître qui s’éloigne vers la porte, suivi de la longue silhouette nue de Kristale. Au moment de sortir à son tour elle lance un discret sifflement d’appel. Et je devine plus que je ne la vois la forme athlétique de Laure, la servante dévouée, traverser la pièce et suivre sa Maîtresse me laissant seule dans la pièce, avec Stéphanie.

5 juillet 2009

Trois ans !

 

Trois ans déjà !
Lorsque j’ai commencé ce blog j’avais dix-neuf ans, l’âge où j’ai rencontré Marc, Mon Maître, et où a commencé mon aventure. Cent dix chapitre à ce jour, étalés sur trois ans pour vous conter cette étrange aventure. Aujourd’hui, je commence à peine oser regarder en arrière, et même parfois, à me relire.
Apres de nombreuses demandes, pour les nouveaux venus et pour ceux qui me suivent depuis longtemps Il me semble judicieux de vous proposer une chronologie.

Il est important de préciser aussi la façon dont j’écris ! On m’a demandé comment je fais pour me rappeler de tout ! Après deux ans ! En fait c’est tout simple, en dehors du fait que ce que je vis avec Marc est gravé en lettres de feu dans ma mémoire, n’oublions pas que je suis étudiante en littérature (Bientôt la thèse et le doctorat… ;-)) Donc voilà ! Au début je n’avais qu’un vieux PC fixe et les premiers épisodes ont été consignés dans des carnets manuscrits (et oui çà existe encore le stylo-plume) et forte de ma formation littéraire, je consigne tout ce qui m’arrive dans ces carnets ; Lieux, acteurs, décors, faits remarquables, temps, odeur, impression… Tout y est !
Il suffit que je me replonge dans mes carnets pour que je retrouve l’émotion de l’instant.
Aujourd’hui j’ai un Mac portable mais je n’ai pas perdu l’habitude de rédiger mes carnets papiers. Cela est même pour Mon Maître un vrai plaisir que de les feuilleter, sans compter les notes, remarques et illustrations qu’il lui arrive d’ajouter…Un vrai trésor !

 

LES CARNETS D’EMILIE
L’argument de ce blog. L’histoire imaginaire, la création que nous réalisons à deux, Mon Maître et moi. Mais ma propre histoire va rapidement prendre le pas sur celle ci. Le cours de l’histoire d’Emilie reprendra… Un jour !
La genèse des Carnets d’Emilie est expliquée en fin de PREAMBULE.

PREAMBULE.
Septembre 2006.
Ma première rencontre avec Marc dans son atelier, (j’ai à peine 19 ans) et vacances de pâques 2007, mon premier contact avec la soumission,... Ma soumission ! Mes premiers émois. C’est aussi m’a première rencontre avec Kristale.
Kristale a rencontré Marc à peine quelques temps avant moi. Avec un avantage que je lui envie ; elle réside à une heure et demi de son atelier. Et moi… Je suis si loin… !
L’histoire de Kristale est liée, intimement, à celle de Marc, et… A la mienne !

INTERMEDE Week-end à Lyon.
Juin 2007 Très vite mon dressage va prendre un cour étonnant. Les intermèdes aux carnets, sont dédiés à ces aventures plus ou moins ponctuelles, dans lesquelles m’entraîne Mon Maître.
Le premier Week-end ensemble, à Lyon. J’en ai encore le cœur qui bat à son évocation. Un simple week-end… Mais si intense pour une jeune femme de19 ans !

INTERMEDE Une saison d’airain.
Fin août 2007. (le mois de mon anniversaire) L’histoire que je suis en train de vous narrer. Mon intronisation dans un cercle que je n’ai pas quitté depuis. Celle que j’ai le plus de difficulté à écrire, car elle prend fin sur un épisode particulièrement intense et trouble. Un épisode qu’une jeune fille de tout juste 20 ans à du mal à concevoir dans son éducation sentimentale. Une épreuve, qui m’a semblé alors être au-delà de toute raison, qui a fait vaciller ma foi et failli provoquer une rupture. Mais qui aujourd’hui, avec le recul, me semble banale et faisant parti d’un passage obligé.

INTERMEDE Rendez-vous.
Janvier 2008 et plus précisément, soir du 4 janvier. Vous étiez là ! Vous avez répondu à l’étrange rendez-vous de Marc. La premier visite éclair de mon Maître chez moi, dans mon appartement d’étudiante à Paris, je viens d’avoir vingt ans cette année là. La table et le plancher de mon séjour s’en souviennent encore !

Et la SUITE... 2008- 2009
Les aventures ont été nombreuses, La suite est douillettement blottie dans mes carnets et croyez moi j’ai de quoi rédiger plusieurs Tomes. Et quand je les aurais fait paraître, nous serons déjà loin… Mais où ?
Où me mène cette folle équipée ?
Un maelström d’émotions et d’expériences nouvelles. Déjà, autour de Marc caracolent des jeunes filles étonnantes qui se jettent à ses genoux. Elles sont belles, sans pudeur, dociles, moqueuses et arrogantes… Et moi, déchirée de jalousie, je l’accepte, par ce que, c’est Mon Maître. Parce que, nul autre ne pourra me donner ce que j’attends ! Parce que c’est lui que j’ai choisi !

ORIGINES (A paraître)
Un soir de confidence, blottie contre l’épaule de Marc (et oui, cela existe aussi la douceur et le romantisme dans une vie de soumise) j’ai lui ai raconté mon enfance; Mes émois d’adolescente et les petites aventures que me vaut ma curiosité naturelle. Il m’a interrompu en riant "il n’y a qu’a toi qu’il peut arriver des choses comme çà ! Surtout ne m’en dit pas plus, Il faut absolument que tu l’écrives ! Je voudrais découvrir çà sur ton blog. "
Et comme les désirs de Mon Maître sont des ordres !
Je vous raconterai donc ici la petite Isabelle à 14 ans… Bientôt !
ORIGINES m’a permis une réflexion personnelle sur moi-même, une introspection qui a projeté une lumière particulière sur mon envie de soumission, mon actuelle servitude, et… mon attirance pour les autres femmes ! ".

Les CARNETS INTERDITS (à paraître… peut être !)
Je ne raconte pas tout !
Il est des moments si puissants, si intenses que même mes carnets n’y suffisent pas. Des situations que m’a fait vivre l’imagination débridée de Marc et qui restent des moments forts et intimes… Trop forts, pour qu’ils trouvent naturellement leur place dans cette histoire. Comme cet épisode ou j’ai appris ce que mourir de honte veut dire, sous les regards de cette foule éberluée… Et dans ce quartier des canuts où j’ai cotoyé la peur face à cette bande de jeunes… Vous souvenez vous Monsieur ? Vous m’aviez alors offert un ravisant carré des soieries de Lyon !… Je vous hais pour cela Monsieur… Je vous aime pour cela… Maître… Mon... Maître !

Isabelle_Chronos

30 juin 2009

Chap. 44. Les belles et la bête.

Il va bien falloir que je me décide !
Il doit être très tard et la fatigue commence à me peser sur les reins.
Quelle heure peut-il bien être?
L’excitation de cette folle soirée me maintient éveillée, mais je sens bien que mes yeux commencent à ciller sans cesse. Fatiguée je me dirige pourtant résolument vers l’escalier qui mène à la cave.
La musique s’est tue, certains des flambeaux qui éclairaient les murs sont éteints. Cela sent la fin de soirée !
La salle semble déserte. J’entre lentement dans la pièce. Il me faut un certain temps avent avant de pouvoir distinguer les ombres de la salle. Et la première chose que je perçois est le corps nue de Stéphanie. Sa posture indécente n’a pas changé. Elle est toujours ligotée sur la table basse Mais son corps est affaissé sur le gros coussin qui la soutient. Sa Tête pend misérablement sur le coté. Ses beaux cheveux blonds ont perdu leur lustre. Ils sont ébouriffés, terne, sales Sa peau brille de sueur. Elle ne bouge pas et semble dormir.
- Ah enfin te voilà !
Je sursaute violemment, les verres et la bouteille de champagne tressautent sur le plateau que je me retiens de lâcher. Les battements de mon cœur s’emballent. Cette voix c’est celle de Marc, Mon Maître !
Je me tourne sur la gauche et le cherche des yeux Il est là a quelques pas de moi, nonchalamment installé sur un des sofas de cuir noir qui agrémentent l’austérité de la pièce. Kristale est à ses cotés, entièrement nue à demi allongée sur lui, la tête posée sur son épaule et une cuisse en travers de ses hanches. Leur attitude ne cache rien de leur relation particulière. Une violente bouffé de jalousie me submerge. Il ne me sera rien épargné ce soir !
Je m’approche à pas comptés et, debout devant le couple enlacé, me fend d’une légère génuflexion qui fait cogner ma chaîne sur le sol de pierre. Sans se redresser, affirmant d’une main sa prise sur l’épaule de Kristale, Marc me lance.
- Alors ! Tu en es où de tes devoirs ?
Kristale garde la tête appuyée sur son épaule et tourne son visage vers moi me toisant d’un petit sourire moqueur. Je sens bien qu’elle attend avec jubilation le compte-rendu de mes mésaventures.
- Je, j’ai offert du champagne à Maître Pierre et Mon…
Je m’aperçois que je ne sais pas quel titre donner à Nicolas !
- Et Mon…Et… Nicolas…Je cherche Maître Jacques et Maître Jean !
Marc me sourit.
- Maître Jacques est parti avec Sylvie… De toutes les façons, tu as déjà donné, non ? Quant à Maître Jean il est juste là… Mais je crois qu’il est occupé.
Je me tourne vers l’endroit qu’il désigne de l’index, paresseusement levé de l’épaule de Kristale.
Effectivement de l’autre coté de la salle sur l’autre sofa dans la pénombre je distingue deux corps entrelacés. Laure est étendue sur le dos, les bras joints et tendus au-dessus de la tête, les jambes largement écartées. Et, entre ses jambes, le dos et les fesses de Jean qui se contractent régulièrement. Il est en train de posséder la brune impassible. Laure reste indifférente, comme à son habitude, subissant les assauts sans broncher, sans même se préoccuper de répondre aux caresses de son partenaire. Je ne peux m’empêcher de faire une grimace. Le contraste est saisissant. La jeune femme est belle comme la nuit, la peau lisse et luisante de suavité, le visage d’une madone au calme olympien encadré de ses longs cheveux qui tombent en cascades sombres de chaque coté de ses épaules. Et l’homme a qui elle offre son corps sublime est presque grotesque. Une nuque épaisse, un dos rond sombres et couvert d’une pilosité irrégulière, les fesses gélatineuse d’un blanc laiteux, terne, et flasques. Il ahane comme un bûcheron à sa tâche, sans retenu, sans douceur, presque obscène.
Et cette obscénité à un drôle d’effet sur moi. Est-ce la tension de cette soirée qui cherche à se libérer brusquement ou bien le caricatural tableau qui s’offre à mes yeux éberlués ? Toujours est-il qu’une irrépressible envie de rire me submerge. Je me tourne vers Marc et cela ne me calme pas. Je vois bien que lui aussi essais de juguler un rire contenu derrière son poing fermé. Kristale elle, ne se cache pas et rit ouvertement.
- Alors ma belle, tu ne vas pas offrir un verre à cet homme qui meurt de soif !
Lui offrir un verre ? Oh oui c’est vrai ! Et donc m’offrir à lui dans un même temps! A cet… homme !
Un sentiment de dégoût coupe net mon fou rire naissant. Il le faudra pourtant bien cette fois ! Mon Maître est là, à deux mètres de moi. Il peut jauger chacune de mes réactions. Je prends une profonde inspiration et me retourne vers le couple improbable. Leur vision ne me fait plus rire du tout. Je m’approche lentement à pas feutré comme pour ne pas troubler leurs ébats.
Laure m’a aperçue et lève les yeux vers moi. Elle tressaute sous les coups de boutoirs de la bête mais reste de marbre. Je peux quand même lire dans son regard un soupçon de reconnaissance. Elle sait ce que je dois proposer à Jean. Et je viens ainsi, bien involontairement, à son secours en me proposant à sa place.
Je me retourne vers Mon Maître qui, voyant mon hésitation, me fait un signe du dessus de la main m’enjoignant à faire mon devoir.
Un pas de plus. L’homme dégage une odeur âcre de transpiration. Ma chaîne cogne contre ses pieds mais cela ne l’interrompt pas.
Je m’éclaircis la voix en me raclant la gorge.
- Maître Jean ! … Voulez-vous un rafraîchissement ?
Intérieurement je lève les yeux au ciel, Un rafraîchissement !
Il ne me répond pas et continu à besogner avec ardeur la belle odalisque.
Je me penche vers lui et hausse le ton.
- Maître Jean !
Les mouvements cessent et l’homme tourne vers moi un visage livide marbré de rouge, congestionné par l’effort. A côté, le visage de Laure est comparable à une fleur fraîche. Le soudard me fixe d’un air hagard comme si je venais de le tirer d’un sommeil profond. Interdit, il avise la bouteille de champagne et son visage s’éclaircit. C’est le moment ou jamais.
- Je suis à votre disposition Maître Jean…
Et, très vite.
- … Désirez-vous un verre de champagne ?
Sans quitter les cuisses de Laure il tourne un peu plus la tête vers Mon Maître et n’y apercevant aucun signe de désapprobation, revenant à moi, il me lance un oui d’une voix enrouée, de la sueur perle a ses tempes grisonnantes. Il cherche laborieusement à reprendre son souffle.
Je dépose délicatement le plateau sur le sofa. Jean ne me quitte pas des yeux, je sens presque physiquement son regard courir sur ma peau, mes jambes qui se plient, mes fesses qui se tendent et mes reins qui se creusent pour pouvoir m’accroupir à leur côté. Je remplis rapidement un verre et le tend à l’homme en inclinant docilement la tête vers lui.
Il s’en empare et le vide d’un trait, laissant perler le liquide ambré au coin de ses lèvres gourmandes. Ses yeux exorbités sont fixés sur moi, comme s’il était hypnotisé. En gardant le verre vide à la main, sa main gauche cherche en tâtonnant la poitrine de Laure et s’attarde en lui caressant un sein. Son regard jaune s’allume d’un feu malsain. De nouveau il regarde rapidement Mon Maître et Kristale enlacés à l’autre bout de la pièce et qui semblent maintenant se désintéresser de mon sort. Il revient à Laure, qui a fermé les yeux. Ses yeux passent de l’une à l’autre comme s’il avait à faire un choix. Il est toujours solidement fiché jusqu'à la garde dans le vagin de Laure.
Brusquement, ayant apparemment pris une décision, il lance le verre vide au fond du sofa et de sa main libre m’attire à lui en me prenant par la taille.
- Viens là ma belle, …
Il me colle contre lui. Je perds l’équilibre et d’accroupie, je tombe agenouillée. Mes cuisses viennent s’appuyer contre celle de Laure. Elle ouvre de nouveau les yeux.
- Hum ! Comme tu es mignonne…
Sa main glisse de ma taille sur mes hanches puis se posent sur ma croupe ? Furetant un peu plus loin dans le pli de mes fesses, il en écarte les deux globes pour se frayer un passage. J’écarte un peu les jambes pour lui laisser le champ libre, prouvant ainsi, devant Mon Maître, ma bonne volonté. C’est plus qu’il ne lui en faut ! Un doigt sépare fébrilement mes lèvres humides et s’introduit en moi. Mais il ne s’aventure pas très profond, lutinant à l’entrée de l’humide passage. Dans un même temps il penche la tête et, de sa bouche, s’empare de mon mamelon gauche. Je fais la grimace, sa barbe drue griffe la peau délicate de ma poitrine, mais ne peux juguler la tension de la pointe de mes seins qui se dressent sous la caresse. Il est évident que d’avoir deux jeunes femmes entre les bras le porte aux nues et tout en suçant et léchant mon téton il émet des grognements de contentement. Il a repris le mouvement de va et vient entre les cuisses de Laure et sous mes yeux, je peux voir le piston huileux de liqueur de Cyprine entrer et sortir en rythme du ventre de ma compagne d’infortune. Il finit par lâcher mon téton martyrisé et s’arrête brusquement. Il me serre plus fort contre lui et sa respiration s’accélère d’une façon alarmante tout en grommelant entre ses dents. Je ne peux que deviner que l’instant est venu pour lui de jouir. Je lance un regard interrogateur à Laure qui reste impassible. Un long moment Jean reste agrippé à ma taille tout en reprenant son souffle. Il a un soupir et lentement se retire du ventre de Laure. Non. Il n’a pas jouit ! En témoigne la raideur conquérante du pieu qui se dévoile à mes yeux. Mais il est clair qu’il n’en était pas loin.
Il se redresse sur un genou et fait mine de se relever.
- Aide-moi ma chérie !
Dit-il, en s’appuyant sur mon épaule. J’accompagne son mouvement pour le soulager de son poids tout en prenant garde d’éviter le contact de sa verge tendue qui se balance entre nous deux. Il a l’air groggy, peut être même un peu éméché. Une fois debout il cherche du regard la forme recroquevillée sur la table basse. D’un pas mal assuré il m’entraîne vers Stéphanie en s’appuyant sur mon épaule.
- Viens avec moi petite… Faut que je me termine sur ta copine.
Sa voix est pâteuse, enrouée à la limite de l’audition. Il a un petit rire gras.
Emmenée malgré moi, je lance par dessus mon épaule un dernier regard vers mon Maître, comme pour en attendre un signe. Mais rien ne viendra. Il est en pleine discussion avec Kristale et ils me détaillent tous deux en souriant et j’ai même l’impression qu’ils se moquent.
Nous nous approchons de la jeune sacrifiée qui ne bouge toujours pas. A peine puis-je percevoir sa respiration régulière qui soulève son dos. Elle a les cheveux collés de sueur. Son corps est marqué de plaques rouges, les traces d’innommables étreintes. Les cordes de chanvres qui l’entravent sont par endroit profondément incrustées dans les plis de sa peau. Ses mains liées dans le dos sont cramoisies et recroquevillées à la limite de la cyanose, des traces brillantes maculent sont dos et ses fesses offertes.
Un froid intense me parcourt l’échine en comprenant l’infernal supplice qu’elle a dû endurer. Et son calvaire ne semble pas fini. " Jusqu’au levé du soleil… " ! Ainsi est tombée la sentence de Kristale.
Qu’elle heure peut-il bien être ?
Pour Jean en tout cas c’est l’heure de se satisfaire. Arrivée à la hauteur de la jeune fille ligotée Il me lâche l’épaule, pose sa main sur ma croupe en la caressant doucement et me lance d’une voix épaisse.
- Allez ma chérie… Branle moi dans sa bouche que j’en finisse avec ta copine !
Je crois avoir mal compris, en fait, j’espère, avoir mal compris. Mais je réalise parfaitement ce qu’il me demande. Je frise du nez. Un léger haut le cœur me fait me reculer d’un pas. Je ne peux tout de même pas faire çà ! Je reste un moment interdite pendant que Jean me dévisage de ses yeux glauques. Il se délecte visiblement de mon hésitation et de ma timidité. Et puis, sans le voir, je sens le regard de Mon Maître se poser sur moi.
Une sorte d’engourdissement s’empare de tout mon être. Oui, il va falloir que je le fasse ! … Que je me soumette !
Je prends une profonde inspiration et, mécaniquement, je m’agenouille, près du visage de Stéphanie. Je l’appel doucement par son prénom comme pour la sortir de son sommeil sans la brusquer. Elle ne répond pas. Je m’enhardis et glisse une main sous la masse de ses cheveux emmêlés qui me cache son visage, pour me saisir de son menton. Je lui relève la tête vers nous. Ses grands yeux clairs s’ouvrent enfin. Elle est dans un état pitoyable, des larmes ont marqué des coulures terreuses sur ses joues, délavant le léger maquillage, son menton est collant de liquide poisseux qu’elle a laissé couler de sa bouche et je saisis brusquement de quels liquides ignobles il peut s’agir. Surmontant ma répulsion je la garde dans le creux de ma main tandis que de l’autre j’écarte doucement de son front les cheveux trempés de sueur qui barrent son visage.
Je ne peux m’empêcher de murmurer pour moi même.
- Oh mon dieu ! …Que t’ont-ils fait !
Ses yeux s’éclairent et elle me lance un sourire triste. Elle m’a reconnue !
Et moi je dois mener à bien mon infâme tâche.
Je lui souris à mon tour et tente avec douceur.
- Stéphanie, s’il te plaît… Tu… peux ouvrir la bouche ? …
Je prends un ton le plus navré possible pour lui faire comprendre que je ne peux faire autrement.
- C’est pour… Maître Jean !
Ses yeux abattus me quittent et se lèvent lentement vers la forme qui la surplombe. Elle ne manifeste aucune surprise ni frayeur, elle a l’air perdu dans ses pensées, absente à tout ce qui peut lui arriver. Ses yeux reviennent se noyer dans les miens. Sans attendre, sans même un instant d’hésitation, sa bouche s’entrouvre. Je reste stupéfaite. Son calvaire, sa punition, aurait donc porter ses fruits ? Serais t elle domptée à ce point ? Ou bien est-elle dans un tel état de détresse qu’elle ne réagit plus que par une acceptation fataliste ?
Jean lui, ne se pose pas de question sur l’étonnante nouvelle docilité de Stéphanie. A peine ses lèvres se sont ouvertes qu’il y présente le gland turgescent de sa verge impatiente.
- Ta main, gamine…Ta main !
Il est clair qu’il s’adresse à moi !
Sans le regarder, timidement, à taton, je porte ma main vers le bâton de chair. Il est poisseux du ventre de Laure. Avec répugnance, Je l’avance vers la bouche de la jeune sacrifiée et je n’ai aucun mal à l’y faire pénétrer, faisant disparaître à demi entre les lèvres de Stéphanie le gland de nacre violacée. Elle me lance un regard désespéré puis ferme les yeux.
Jean est impatient, il doit certainement sentir que le temps lui est compté et veut profiter pleinement de l’humiliation qu’il nous impose. Sa main se pose sur la mienne et lui imprime un mouvement de va et vient. Comme je continu sur la lancée, il me libère et pose cette fois sa main sur le sommet de ma tête pour s’y appuyer. Je lâche le menton de Stéphanie et glisse ma main derrière sa nuque soutenant son effort et poussant son visage vers l’avant pour parfaire ainsi son baiser avilissant. Une fois fait, affligée par la tache qui m’incombe, je détourne le regard en fixant le sol. Mais, irrésistiblement, je ne peux m’empêcher de lever les yeux pour retrouver le spectacle de la bouche de Stéphanie distendue par le gourdin de chair qui s’y enchâsse, parfaitement serti de ses lèvres détrempées de salive brillantes de la lumière des torches.
Comme cela serait beau si l’acte n’était pas abject !
De ma main, je continue à traire la hampe épaisse. Jean me caresse le haut de la tête comme pour m’encourager, me flatter.
Stéphanie déglutie nerveusement et respire fort par le nez. Je peux sentir son souffle chaud et saccadé sur le dos de ma main qui enserre le sexe de l’homme. La respiration de Jean s’accélère également, sa main se crispe dans mes cheveux, il murmure d’une voix rauque des encouragements presque inaudibles. Il accompagne bientôt ma masturbation de petits coups de rein discrets mais rapides qui forcent la gorge de Stéphanie et la font gémir de désarroi.
Elle a deviné ce qui va suivre inéluctablement.
Et effectivement elle n’a pas a attendre longtemps. Les reins de Jean se tétanisent soudainement, la hampe qui glisse entre mes doigts enfle et se durcie imperceptiblement, je peux presque sentir la liqueur brûlante passer sous mes doigts se ruant à travers la verge pour aller jaillir au fond de la bouche de Stéphanie. Instinctivement je retire ma main comme si je mettais brûlée. Le gémissement étouffé de Stéphanie me confirme qu’elle vient bien de recueillir l’hommage de Maître Jean.
Je profite de ce qu’il me relâche pour me relever précipitamment et reculer d’un pas. J’ai fait mon devoir ! Et c’est à la limite de ce que je peux supporter. Le dernier homme a jouit de mes attentions… Mais dans quelles conditions ! J’ai le cœur qui bat d’émotion. Je suis bouleversée par ce que je viens d’imposer à Stéphanie et j’ai la tête qui tourne un peu.
Jean se retire lentement de la bouche de la jeune fille. Il a l’air fatigué, lassé. Son corps se tasse comme si un de ses ressorts intérieurs venait de se casser. Son dos se voûte, les plis de son ventre se rassemblent un peu plus et lui donnent l’allure d’un gnome ventru à la peau blanchâtre, livide.
Abandonné, le visage de Stéphanie retombe lourdement sur le bord de la table basse, et je peux percevoir ses toussotements et ses raclements de gorges désespérés pour tenter d’expectorer la semence de l’homme qui souille sa bouche. Jean ne me jette plus un coup d’œil. Il se détourne pour aller récupérer son peignoir blanc posé sur le coté du sofa et je l’entends grommeler en s’éloignant vers la porte.
- Pff ! ... crevé moi… je vais me coucher…

C’est fini… Je ferme les yeux et prend une profonde inspiration pour tenter de retrouver mes esprits. Je me dirige vers le sofa pour récupérer le plateau. Laure a l’air aussi lasse, elle n’a pas quitté la position dans laquelle l’a laissé Jean. Elle m’observe semblant s’intéresser nonchalamment à ma tâche. Je remets le verre de Jean couché sur le plateau. Je lui lance un pâle sourire auquel elle ne répond pas, me redresse et me dirige vers le sofa de Mon Maître pour enfin lui rendre compte de l’acquittement de ma punition.

17 juin 2009

Chap. 43. La Consolation de Nicolas.

Insensiblement je me rapproche du lieu fatidique. Cette cave où nulle échappatoire ne me sera possible. Où il faudra bien que j’exécute mon devoir !
Encore un petit détour pourtant. Je commence enfin à m'orienter correctement dans cette demeure étonnante je fini par déboucher dans le petit salon où a commencé mon humiliation ; A quatre pattes sur le tapis !
Ici je connais ! la cuisine est juste à côté. Je m’y dirige d’un pas assuré. Il faut que je prenne d’autres verres et surtout j’ai terriblement soif. Et je n’ai pas l’intention de boire plus d’alcool. Il me faut de l’eau !
La cuisine est vaste et lumineuse. Une table de travail en chêne, encombrée de la vaisselle et des reliefs du repas, trône au milieu et au bout de cette table Nicolas y est assis ! Nicolas… Je l’avais presque oublié !
Il a une mine défaite et est nonchalamment appuyé du coude devant un verre vide. A mon entrée il a un léger sourire gêné. Lui aussi est nu, il a relevé les pieds sur la barre de la table pour éviter le contact glacé du carrelage de faïence. Je lui réponds par un sourire, fait glisser le plateau sur un coin libre de la table et me dirige vers l’évier. Je m’empare d’un des rares verres encore sur la sellette et puise de l’eau fraîche au robinet de bronze. Comme cela fait du bien ! J’ai l’impression de revivre. Je reste un instant appuyée sur le rebord de l’évier.
Je ne sais pas comment engager la conversation et Nicolas doit être aussi embarrassé que moi. Je me tourne lentement vers lui et m’aperçois que son regard m'a suivi et ne m’a pas quitté. Il baisse les yeux lorsque nos regards se rencontrent. Cela me fait drôle de voir ici un homme qui baisse les yeux devant moi. Et encore plus étrange ce collier de cuir qu’il porte au cou. Marc m’a fait découvrir le singulier couple qu’il forme avec Stéphanie. Un couple de soumis !
Je remplis de nouveau mon verre et me dirige vers lui. Arrivée à sa hauteur j’avise le banc à ses côtés et m’y assois. Il m’accueille avec un nouveau sourire. Le banc est froid sous mes fesses nues. Je me trémousse un peu et émet un "brr " forcé pour détendre l’atmosphère. Cela le fait sourire de compassion.
- Tu as froid ?
- Le banc est froid !
Je prends un air enjoué.
- J’ai eu un gage ! … Je dois t’offrir un verre de champagne !
Il soulève un sourcil, l’air étonné.
- Ha bon, un verre ?
Il désigne son verre vide d’un geste de la main.
Nicolas est un peu plus âgé que moi mais à peine, la connivence est plus facile. Et puis ce n’est pas un Maître, pas de protocole donc, puisque nous sommes seuls.
- Je te le remplis !
Et dans un même temps je me lève vivement et reviens avec la bouteille de champagne qui était resté à l’autre bout de la table. Il souffle pendant que je lui verse un verre.
- Çà va pour toi ?
Je repose la bouteille.
- Euh ! ... Oui, oui…
Je m’aperçois que je n’ai pas grand chose à dire en ce qui concerne cette soirée. Nous ne nous connaissons à peine. Seule notre soumission est à partager. Je vois bien, qu’il n’est pas à son aise. Il a baissé une main sur les genoux pour barré son bas ventre des regards. De la pudeur ?
Je reprends
- Il faut que… que je te dise aussi que, que…
Je joins les mains en emmêlant les doigts, embarrassée, je regarde vers le plafond en souriant et en secouant la tête pour prendre un air dégagé. Et termine ma phrase sur le ton de la plaisanterie.
- Que… Je suis à ta disposition… Que tu peux faire de moi ce… Ce que tu veux !
Ouf ! Voilà c’est dit. Il me regarde d’un air interdit.
Je hausse les épaules en souriant.
- Ben oui !… C’est la suite de mon gage… Je dois m’offrir à tous les hommes !
J’ai une petite moue que je veux comique.
Il ne quitte pas son air surpris.
- Moi aussi ?
- Bien oui !Mon Maître m’a dit tous les hommes !… Donc, Heu… Voilà !
Dans mon élan je continue.
- Un peu comme Stéphanie !…
Je m’interromps brutalement en me mordant la langue. L’image de Stéphanie offerte et sacrifiée aux plaisirs des hommes de la soirée devant son compagnon me revient et il me semble que ce n’est pas le meilleur exemple que j’ai à donner. Il a perçu mon trouble, d’autant plus qu’un brusque feu empourpre mes joues. Mais cela n’a pas l’air de le gêner, il hoche la tête, désabusé.
- C’est Stéphanie qui a voulu venir !. Elle y tenait vraiment… Depuis… Depuis qu’elle t’a lue. Et avec ta rencontre c’est encore pire. Enfin… Je veux dire ! Je ne sais pas ce qui s’est passer avec toi et Marc !…Mais surtout avec toi !
Il me regarde d’un air interrogateur. Stéphanie ne lui a donc rien raconté ? Je me sens un peu mal a l’aise. Comment lui expliquer ? J’essaye de détourner la conversation.
- Mais tu es au courant qu’il s’agit de son dressage ?
Il se détend se recule sur sa chaise et presque badin.
- Oh ! Oui, çà il n’y a pas de problème, on est d’accord tous les deux là dessus. Et surtout elle. Mais, elle est tellement… Excessive !
En y réfléchissant bien je ne peux qu’être d’accord avec Nicolas. Stéphanie était au courant de la punition qui l’attendait. Et elle a malgré tout accepté de venir. Se faisait-elle une réelle idée de son calvaire ? Elle m’a semblé un peu insouciante pendant son dressage… Mais tout de même !
Nicolas semble soulagé de parler de son étrange compagne. Il me regarde un peu plus intensément. Lui aussi a envie de changer de conversation
- Alors comme çà c’est vrai… c’est ta punition ?
Sa main lâche son verre et se pose sur la mienne.
- Heu Oui…Oui !
Sa pression se fait caresse le long de mon avant bras. Je regarde sa main qui monte sur mon épaule et lui lance.
- Mais tu sais, … Tu n’es pas obligé !
Il me lance un sourire un peu triste comme s’il était navré.
Mon cœur se met à battre plus vite. J’avais espéré que le ton employé, celui de la rigolade, avait détourné son attention. J’espérais qu’il ne me prenne pas au sérieux. Il baisse les yeux sur ma poitrine sur mon ventre.
- Je… J’ai envie. Dit-il.
Il se lève et m’entraîne par le coude. En un seul mouvement il m’enveloppe de ses bras et pose sa tête sur mon épaule, déposant un léger baiser sur mon cou. Son corps se sert contre le mien comme s’il cherchait à s’y réfugier. Je me contracte et tends les bras d’appréhension. Son sexe est collé contre mon ventre et je le sens prendre rapidement de la vigueur. Une chaleur intense me monte au visage. Mais que puis-je faire ? Nicolas se blotti contre moi, amoureusement. Sa main remonte sur ma nuque et son visage se redresse cherchant mes lèvres. Je détourne la tête instinctivement. Sa verge contre ma peau brûlante à pris toute sa rigidité et je comprends qu’il va falloir aller au bout de ma proposition. Abandonnant l’idée de m’embrasser, il vient enfouir son visage dans mes cheveux. Ses mains se posent sur mes hanches et me caressent doucement me repoussant peu à peu contre la table. Mes fesses en rencontre le bord et m’empêche maintenant toute reculade. Toujours aussi crispée, je cherche quelque chose à dire pour le détourner de son projet, mais mon esprit est vide je ne peux que m’appuyer de mes deux mains sur le plateau de la table, bousculant les ustensiles entassés là et manquant renverser la bouteille et les verres, lorsque d’un coup, Nicolas me hisse sur le plateau de bois. D’un même mouvement il écarte la chaîne de fer qui pend à mon cou et descend entre mes jambes appuyant le gland poli de sa verge contre ma vulve. Seul les baisers de Nicolas sur mon cou et ma respiration qui s’accélère d’émotion viennent troubler le silence.
Résignée, j’écarte les jambes en refermant les yeux. Il me pénètre, lentement, amoureusement, avec beaucoup d’attention, forçant fermement mais sans violence l’écartement de mes cuisses. Lorsque enfin il achève sa course au fond de moi, il pose sa joue contre la mienne et pousse un profond soupir. Ses mains abandonnent mes cuisses, effleurent mon dos et viennent caresser ma nuque. Pourquoi ai-je l’impression qu’il s’agrippe à moi comme un naufragé à une planche de salut ? Sa retenue, ses caresses, sa douceur contraste tellement avec ce que je viens de connaître. Pourtant je ne réponds pas à sa prévenance. Il n’est qu’un des hommes à qui je dois me donner ce soir. Qu’il me prenne pour son amante n’aura pas de prise sur moi ! Il ne m’attendrira pas ! A peine puis-je accepter qu’il me prenne sur cette table de cuisine pour, apparemment, le réconforter. J’ouvre les yeux et rejetant la tête en arrière je fixe le plafond lorsqu’il s’engage dans un discret va et vient. Il se colle encore plus contre moi m’écrasant la poitrine. Sa joue ne quitte plus la mienne et dans un souffle à mon oreille
- Tu as fait l’amour avec Stéphanie ?
Autant lui dire ! Même si cela était sous la houlette de Mon Maître et dans des conditions un peu spéciales.
- Oui !
Il me lâche la nuque et pose ses mains sur ma taille.
- Et… Elle a aimé ?
- Oui ! … Je crois !
Les déclarations qu’elle m’a faites ne m’ont pas laissé de doute. Oui, elle a aimé.
Nicolas réagit par un coup de rein qui m’ouvre un peu plus.
- Et toi ?
Il se retire lentement et affermie sa prise sur mes hanches
- Je, oui…J’ai aim…
Il me coupe la parole d’un puissant coup de boutoir. Son souffle s’accélère et il m’assène de nouveau deux à-coups rapides qui m’arrachent un petit cri. Je me pince les lèvres ferme les yeux et me cambre vers l’arrière en m’appuyant sur mes bras tendus, pour faciliter sa fougueuse pénétration. Mon ventre tendu me fait mal, mais un orage électrique gronde entre mes cuisses. La présence impérieuse de sa verge forçant mon vagin fait monter peu à peu un irrésistible embrasement que je ne peux juguler. Mais pourquoi ai-je l’impression que ce n’est pas à moi qu’il fait l’amour ?
- Et Marc… Il l’a sauté… Avec toi ?
Voilà bien une question qui me refroidie et coupe les ardeurs qui montent en moi. Là je ne sais comment lui dire !
Je, je … Ne sais …pas ! Non…Je… n’étais…pas là !
Bien sûr, je mens ! Mais de toute façon il n’attend pas de réponses à ses questions. Il se perd dans sa propre divagation. Ma voix est hachée par les trépidations du va-et-vient qu’il m’impose. Un va et vient de plus en plus rapide qu’il ponctue de mots incompréhensibles…
- Elle... Elle a... aimé ! Elle... toi… la sal...
Il s’agite de plus en plus frénétiquement en moi, sans retenu. Sous l’assaut, je commence à perdre pied et un magma de feu me monte le long de la colonne vertébrale. Pourtant un petit signal d’alarme perce les vapeurs brûlantes, un avertissement… Il va jouir en moi ! Rien ne semble apaiser sa fureur à me posséder jusqu’au bout ! Egaré dans son fantasme il en oublie la règle de la soirée ! Une chape glaciale me tombe sur les épaules et je reprends brutalement mes esprits.
Je crie, en tentant de le repousser.
- Attends !
Il ne semble pas entendre ma supplique et fouille avec frénésie le fond de mon vagin comme s’il voulait si enfoncer totalement, si perdre...
Mon ventre se contracte et je tente de me dégager de son étreinte. Cette fois je hurle.
- Attends !
D’une fougueuse ruade je parviens à me dégager du pieu qui m’empale et redescends de la table en posant les deux pieds sur le sol.
Trop tard ! Nicolas pousse un cri guttural et un liquide chaud s’écrase sur mon ventre et le long de ma cuisse. Nicolas tressaute sur place comme sous l’effet d’une décharge électrique son visage se tord en une grimace grotesque et ses mains se crispent sur mes épaules en un mouvement spasmodique.
C’est fait ! Inutile de continuer à me débattre. Je pousse un profond soupir de dépit.
Nicolas reviens sur terre et me regarde, l’air hagard. Il se mouille les lèvres plusieurs fois. Il a l’air d’un petit garçon pris en faute.
- Ex… excuse-moi ! Je… Je… Pardon !
Je reste de marbre, ses deux mains encore posées sur mes épaules. Je ne sais trop quelle attitude adopter. Pas celle de la joie en tous cas ! Je suis furibonde d’avoir été ainsi souillée, d’avoir servi de simple exutoire à ses envies.
Il fixe la traînée le liquide opalescent qui macule ma jambe et détourne la tête. Avisant une serviette de table, il s’en empare et vient maladroitement essuyer ses épanchements.
Je viens à son secours en lui prenant le tissu des mains.
- Çà va… Çà va !
- Je… Je vais le faire !
- Çà ira, je t’ai dit !
Je le repousse d’un ton dur, peu amène. Je me rends compte qu’il a failli à la règle de la soirée. C’est Stéphanie qui aurait du recevoir ses épanchements.
Je m’essuie rageusement puis jette la serviette sur la table.
Sans lui lancer un regard je m’empare de la bouteille de champagne que je dispose de nouveau sur le plateau ainsi que deux verres…
Plus que deux !

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