Kristale se relève avec empressement et se rapproche de sa protégée. Elle se place à son côté et lui pose les mains sur les épaules dans un geste protecteur. Rassurée, Loreleï se tourne vers elle avec un sourire espiègle. Mal lui en prend ! L’intransigeante hollandaise fronce les sourcils et la foudroie du regard. Le visage de la jeune fille se ferme et elle reprend immédiatement sa pose contemplative, la tête baissée.
Avec un embrassement feint, Kristale se racle la gorge et se tourne vers moi.
— Loreleï n’est pas tout à fait aussi disciplinée que toi ma chérie.
Elle a un rapide sourire condescendant accompagné d’un clin d’œil à mon intention. Puis elle se reporte sur Marc qui se cale confortablement dans le sofa.
— C’est un peu pour cela que je tenais à vous voir avant l’assemblée, cher maître. Pour vous proposer un marché, qui sera aussi un jeu… Un jeu qui, je crois, va vous intéresser tous les deux.
Elle marque un temps d’arrêt, et sa main caresse doucement la nuque de la jeune fille. Echaudée, Loreleï reste pétrifiée dans sa posture de soumission.
Kristale sais ménager ses effets.
— De plus, je vais vous proposer à ce jeu une mise qui à l’issue de ce petit divertissement pourrait devenir… définitif ! Il va de soi qu’il n’y a pas de jeu intéressant sans enjeu, sans récompense… Et celui que je mets sur la table est conséquent.
Elle se tourne de nouveau vers moi.
— Voyez-vous, Mademoiselle Isabelle,  Loreleï est vrai trésor dont je fais cadeau à Marc car Loreleï est totalement vierge !
Sa main qui caressait négligemment le cou de cygne de Loreleï se saisit de son menton la forçant à relever la tête. Elle se penche sur le visage et y dépose un délicat baiser sur les lèvres ainsi offertes. La jeune fille répond en laissant entrapercevoir un petit bout de langue rose qui se glisse entre ses lèvres. Ses yeux se ferment, elle a manifestement plaisir à rendre ce baiser furtif vite interrompu par Kristale qui se redresse brusquement.
— Enfin ! Je veux dire vierge… d’hommes !
Lâchant sa protégée, elle fait un pas vers moi.
– Et elle m’apporte beaucoup de satisfaction.
Elle a un large sourire en me regardant droit dans les yeux comme pour me mettre au défi.
Elle se retourne vers Marc, très enjouée, comme si l’affaire était déjà conclue.
— Ses virginités … Je vous en fais cadeau maître Marc… Sauf la principale… En fait, le jeu que je vous propose est de conduire son dressage comme vous savez si bien le faire. Mais de me la rendre vierge à l’issue de ce dressage. Quant à sa bouche et son petit cul… Vous en disposerez comme bon vous semble. Je dois ajouter que Loreleï ne parle pas un seul mot de français ni d’anglais.
Elle a une tape amicale sur la croupe de la jeune fille qui sursaute mais ne quitte pas sa posture.
— Cette donzelle est un vrai petit cancre à l’école.
Puis elle revient à Marc moqueuse.
— Et comme vous ne parlez pas Néerlandais cher Marc !
Elle marque un temps d’arrêt, songeuse, puis reprend.
— Donc, en résumé, voici mon challenge… Faire de Loreleï votre parfaite soumise alors qu’elle n’a connu aucun homme, de me la présenter vierge et parfaitement disciplinée. Et tout cela sans que vous puissiez communiquer verbalement avec elle.
— Quant à moi…
Elle me dévore littéralement des yeux
— … Quant à moi, je me fais fort de faire dire à votre pouliche le mot de passe qui verrouille votre enseignement… Ainsi selon vos conventions, il me semble, Isabelle redevient libre…  Mais bien sûr je la reprends en main, en échange de Loreleï, et elle devient mon esclave de toute éternité puisqu’avec moi il n’y a pas de safeword !

Une onde glacée me parcourt l’échine. Impulsivement je me tourne vers Marc. Depuis toujours Kristale a eut des visées sur moi. Elle ne s’en cachait pas et depuis notre première rencontre (Cf. Kristale.) elle  exerçe une pression permanente sur Marc pour qu’il me cède et que je passe sous sa coupe. Elle venait de trouver, sous couvert de jeu, le moyen de concrétiser son ambition.
Mon Maître passe une main sur son menton tout en nous jaugeant tour à tour. Ses lèvres se pincent et son front se plisse trahissant une intense réflexion. L’onde glacée qui me parcourt se transforme en une catatonie de tous mes muscles. Je suis tendue à l’ extrême, le souffle coupé dans l’attente de sa réponse. Mais je sais au fond de moi qu’il ne refusera pas un jeu aussi intense. Et Kristale le sais aussi parfaitement. En témoigne son sourire gourmand. De plus les enjeux me semblent totalement déséquilibrés. Il va être facile à Marc de dresser cette douce péronnelle. Je soupçonne Kristale d’en être absolument consciente et que son machiavélisme donne Marc déjà vainqueur. En ce cas qu’en est-il pour moi ?
Aussi sûr soit-il de son talent il pourrait me perdre. Et surtout je pourrais le perdre, et cette pensée me tétanise.
Sans un mot Marc se penche et se saisit de la chainette d’or qui pend entre les jambes de Lorelei son regard se porte sur elle et il se met à faire tournoyer l’étrange lien dans l’air à la manière d’une corde à sauter. La jeune fille pousse un petit cri de surprise et lance un regard désespéré vers Kristale.
Tout en continuant son mouvement Marc se tourne vers Kristale.
— Elle est vraiment vierge ?
La réponse fuse.
— Parfaitement… Je lui ai même fait poser un sceau de certification… Vous en tenez le prolongement entre les mains.
Lorelei tressaute imperceptiblement sous les vibrations que lui transmet la chainette. Pour tenter d’échapper à l’obscène tension qu’elle exerce sur sa vulve elle se cambre et son ventre se tend vers Mon Maître. Les pointes de ses seins trahissent l’excitation qui monte en elle à chaque tour de chaine. Son visage se congestionne dans un ultime effort pour se contenir. Elle a fermé les yeux, mais sa bouche s’entrouvre sur de petits soupirs contenus. Maintenant en équilibre sur la pointe des pieds, ses deux longues jambes tendues, elle semble sur le point de chavirer et ses gémissements augmentent.
Mais elle ne quitte pas sa posture pour autant.
La constance et la docilité de la jeune fille à l’air de ravir Marc.
Mon cœur bas la chamade, l’observe la magnifique  silhouette de cette nymphe nordique qui commence à se tordre de plaisir et me dis qu’aucun homme ne pourrait résister à la tentation de posséder un tel joyau.
Marc lâche soudainement la chainette au moment ou Lorelei, qui maintenant halète comme si elle manquait d’air, allait perdre tout contrôle.
Il observe un instant la grosse  goutte de cyprine qui a pris naissance entre les lèvres gonflées et humides de plaisir qui progresse le long de la chainette de maillon en maillon, alimentée par la liqueur qui sourd de l’entrejambe de la jeune fille et dans lequel disparait le lien d'or.
 Il se lève rapidement.
— Je veux te parler seul à seul Kristale !
Et sans attendre l’assentiment de notre hôtesse, prenant son verre à la main, il sort du salon par la baie restée ouverte et s’éloigne en direction de la piscine.
Il ne faut qu’un instant pour que Kristale lui emboite le pas, glapissant un ordre bref à Lorelei en sortant, sans même la regarder.
La jeune fille se détend alors. Penaude, encore essoufflée, elle rassemble la chainette d’or entre ses doigts fins, se la ceint rapidement autour de la taille, puis s’assoit en chien de fusil sur le canapé de cuir blanc en me lançant un regard embarrassé de gamine prise en faute.