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Les Carnets d'Emilie
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Quadra H

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Quadra B

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28 décembre 2016

Chap. 47. Renonciation.

A regret, je dénoue la lanière de cuir. Je m’en saisis avec respect, comme d’un objet d’une grande fragilité et, en m’accroupissant, le dépose sur le tas de mes vêtements.  Je croise le regard de Laure qui me lance subrepticement une œillade entendue. Je ne lui réponds pas. Je me redresse et machinalement regroupe mes cheveux en les tordant en une tresse improbable derrière ma nuque tout en reprenant la pose protocolaire.
Je ne baisse pas les yeux,  je sais que sans le collier, j’ai le droit.
Marc me détaille de la tête aux pieds.
Singulièrement, sans mon collier de soumission, je me sens totalement nue et vulnérable. Cette simple lanière de cuir avec l’anneau de fer qu’elle porte me donne l’impression d’être protégée et de me couvrir bien plus qu’un vêtement. En la portant ma nudité n’est que la représentation de mon état.
Son regard glisse sur ma peau et la caresse aussi surement que pourrait le faire sa main. Je frissonne sous les rayons du soleil qui commencent déjà à brûler ma peau laiteuse peu habituée a être ainsi exposée à ses ardeurs.
Mon Maitre à un petit sourire crispé qui se veut rassurant et, sur un clin d’œil rapide à mon attention se détourne, s’éloignant d’un pas mesuré pour regagner le séjour où l’attendent Kristale et Loreleï.
Je reste un moment indécise, sans injonction de sa part je ne sais pas si je dois rester comme une statue au bord de la piscine comme le ferais une soumise aguerrie. Mais je comprends que sans le collier je n’ai plus à craindre d’inconduite, et emboite le pas de Marc.

A notre arrivée dans le salon, Kristale est occupée à dénouer les entrelacs et les tresses qui ornaient la chevelure de sa protégée, libérant des flots soyeux d’or blanc.  S’apercevant de notre entrée, elle  repousse Loreleï et se lève vivement. Elle s’avance vers nous s’adressant à directement à Marc, abruptement.
—  C’est fait ?… Oui a ce que je vois !
A son tour, elle détaille ma nudité. Je glisse mes mains dans le dos pour me donner une constance assurée. Son inspection s’arrête sur mon cou et constate l’absence de collier. Elle se tourne alors vers Loreleï qui achève de se lisser les cheveux, sans nous porter attention, vautrée sur le divan de cuir blanc et aboie sèchement.
— Opstaan!
Immédiatement la jeune fille sort de son indolence lascive et se redresse, le feu aux joues. Elle s’avance d’un pas en portant ses mains devant son ventre glabre en un geste de pudeur feinte. Kristale se penche sur son cou et lui ôte le lacet de cuir blanc qui porte l’anneau d’or.
Kristale le tend à Marc.
— Elle est à vous, pour ces quatre jours et quatre nuits,  Maître Marc… Suivant nos conditions, vous me la ramènerez bien dressée et vierge !
Marc s’empare du collier et le fait disparaitre prestement dans sa poche. Il se tourne vers moi et m’empoigne le bras pour me pousser vers Kristale.
— Et voici Isabelle, qui sera à vous pendant ce même temps… Et je gage qu’elle me reviendra encore plus forte qu’av…
Kristale le coupe effrontément.
— Ou elle deviendra mienne pour toujours !
Marc a une moue agacée.
Il porte une main à son menton et réfléchit un instant.
— Je veux ajouter une close au contrat Kris !
Kristale fronce les sourcils, surprise, puis arbore un large sourire carnassier en haussant le menton, hautaine.
— Soit, Marc… Pourquoi pas ! Si cela augmente l’intérêt du jeu.
— Je crois que çà va le faire… Si dans quatre jours tu n’as pas découvert le safeword de mon dressage… Non seulement Loreleï m’appartiendra mais en plus, tu accepteras la domination d’Isabelle pendant ce même lapse de temps de quatre jours et… nuits !
Le visage de la blonde nordique se fige dans une attitude outragée et ses yeux de glace bleue se voilent un instant. Dans le même temps, je prends conscience de la portée de ce que vient de lui proposer Mon Maître. Mon cœur loupe un battement et mes jambes flageolent. Je me retiens de me tourner vers lui pour l’interroger du regard.
A-t-il conscience de ce qu’il vient de dire ! Moi ! La maîtresse de Kristale ?
En un éclair j’en envisage toute les contingences et les repousse aussitôt.
En écho à ma réflexion, Kristale s’emporte.
— Moi ? La soumise de… de … de cette… Petite gourde ?
Il n’y a plus dans sa voix le ton  taquin qu’elle mettait jusqu'alors dans les deux mots de « Petite Gourde », mais plutôt du mépris. Je devine qu’elle aussi vient de s’imaginer une fraction de seconde à genoux en face de moi, en une attitude de servile soumission.
Impensable pour la magistrale Kristale !
Elle me toise du regard. Les muscles de sa mâchoire crispée tressautent nerveusement trahissant son courroux. J’évite son regard sombre en baissant les yeux. Marc se rend-t-il donc compte que par cette nouvelle proposition  Kristale va tout faire pour, ces prochains jours, me faire servilement ânonner la phrase magique qui déverrouillera son enseignement. Pourtant Marc en ajoutant ses conditions ne fait que suivre le précepte qui évite la soumission gratuite sans but autre que le plaisir physique. Un précepte qui semble bien établie dans le cercle. Nul châtiment n’est appliqué sans que le commanditaire  ne soit également impliqué, d’une façon où d’une autre. Et Marc vient d’impliquer Kristale au plus haut point. Je ne peux m’empêcher également de penser qu’il vient de libérer contre moi, les chiens de guerre de la blonde nordique.
Kristale claque dans ses mains, me faisant sortir de mes réflexions angoissées.
— Bien ! Alors il n’y a pas de temps à perdre… Je ne vais pas vous retenir Maître Marc.
Sans la regarder, elle aboie un ordre que seules les oreilles de Loreleï peuvent comprendre. La jeune fille prend immédiatement la direction de la porte par laquelle elle était arrivée, en trottinant.
Ensuite Kristale s’adresse directement à moi
—Toi, petite gourde, tu as quartier libre !… Je raccompagne Monsieur Marc et sa soumise.
Elle n’a pas dit « ton maître ». Une première flèche pour me faire comprendre que, dorénavant et au moins jusqu'à la fin de ces quatre jours… Il ne l’était plus.

 

 A suivre : Chap. 48. Perdue, sans collier.
.

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14 octobre 2016

Chap. 46. Acceptation.

J’essaye de me composer un visage le plus naturel possible, mais je sens encore battre mon cœur à mes tempes et le sang affluer à mes joues. J’esquisse un demi-sourire.  Marc se penche sur moi, une ride d’interrogation  fronce ses sourcils. Il lance un œil rapide à Loreleï et la commissure de ses lèvres se crispe en un sourire retenu. Je connais sa perspicacité et son œil très sûr pour deviner les émois et sentiments les mieux dissimulés et je me doute qu’à cet instant il devine ce qui vient de se passer.
Kristale, elle, ne nous porte aucune attention. Elle repose son verre sur la table et dans un même mouvement se resserre un doigt de whiskey. Elle se tourne vers Marc et constate que son verre est encore à demi-plein. Elle ne lui en propose pas.
Marc se redresse et me lance.
— Venez donc avec moi Mademoiselle Isabelle… J’ai à vous parler !
Je me lève rapidement en vacillant un peu et emboite le pas de Mon Maître qui se dirige vers la piscine sans me porter plus attention.
Il sait qu’il sera obéit.

Marc est debout à un pas du bord du bassin, tourné vers Laure qui a regagné les eaux de la piscine et s’est lancée à faire des longueurs en  une nage souple et vigoureuse.
Instinctivement je m’immobilise un pas derrière lui. Il me tourne le dos, mais je sais qu’il est en train de suivre des yeux la silhouette nue, fuselée, de la Kajira qui fend l’eau comme l’étrave d’un bateau. J’admire en même temps que lui la puissance animale de la belle italienne.
Il prend une profonde inspiration et me lance sans me regarder.
— Te rends tu compte qu’en ce moment les jeunes filles de ton âge sont en train de se faire dorer sur la plage après avoir passé toute la nuit en boite ?...  Peut-être même passent-elles sagement leurs vacances en famille ? Entre copines ? Voir même studieusement ?
Arrivée à notre hauteur Laure amorce un virage brusque projetant quelques gouttelettes sur le bord de la piscine qui s’évaporent immédiatement au contact du travertin brulant.
— Et toi, tu as choisi de passer les tiennes en apprentissage de la soumission. !
Ce n’est pas une question. Une simple constatation. Pourtant  je me sens obligée de répondre sans quitter des yeux la naïade qui s’éloigne vers l’autre bord.
— Oui, Monsieur !
Un second virage impeccable. La nage de Laure ne ralentie pas, le clapotis qui accompagne son sillage trouble à peine le long silence qui suit.
Il veut en savoir plus, il attend.
Je continue après un petit raclement de gorge pour assurer ma voix
— C’est ce que j’ai choisi, Monsieur… Et j’aime çà !
— Jusqu’où aimes-tu çà ?
— Aussi loin que vous voudrez bien m’emmener, Monsieur !
Marc pivote sur ses talons pour me faire face.
Je quitte la nageuse des yeux et les baisse à un mètre au sol, sur le bord de la piscine.
Comme pour lui-même, il murmure.
—  C’est vrai que nous sommes déjà loin !... Difficile de faire demi-tour !
Puis d’une voix assurée.
— Et que penses-tu du jeu que Kristale nous propose ?
— C’est vous qui décidez, Monsieur, je suis à votre disposition…
Et je crois bon de rajouter
— … Et Loreleï est très jolie !
Marc me saisie le menton et me force à le regarder droit dans les yeux. Il a un petit sourire moqueur.
— Oui, j’ai remarqué qu’elle était à ton goût !
Je pique un fard, et ne peux m’empêcher de détourner le regard. Je me doutais bien que mon incartade ne lui avait pas échappée.
Il enfonce le clou.
— Et justement, qu’elle goût a-t-elle cette pucelle ? Hum ?
— Je… Monsieur, Oui… Elle… Elle est douce et acidulée… Je crois que… vous allez aimer !
Enhardie, je m’empresse d’ajouter
— Mais je ne crois pas qu’elle soit aussi vierge que cela ! … Ni aussi candide qu’elle le laisse paraitre. Cela va être facile pour vous de la… mater !
Il éclate de rire en me lâchant le menton.
— Je te remercie Isabelle ! Je vais te nommer gouteuse en plus de toutes tes autres fonctions à mon service. Pour ce qui est de sa virginité nous serons vite fixés.
J’accompagne son hilarité d’un sourire timide.
Il redevient sérieux.
— Loreleï est un appât pour te prendre Isabelle ! Bien sûr que le challenge est déséquilibré. Il va m’être facile de la mater comme tu dis… Et c’est ce que veut Kristale !
Interloquée, mes yeux s’arrondissent.
— Elle veut perdre Loreleï ?
— Non... Elle veut te gagner à tout prix !
Je fronce les sourcils d’incompréhension. Il continue.
— Kristale te sait intelligente, mais sensible. Je pense qu’elle compte que tu baisseras ta garde lorsque tu t’apercevras que Loreleï va prendre ta place de façon irrévocable.
Je me liquéfie littéralement. Une onde de larmes me monte aux yeux.
Il a raison. Je lance un rapide regard vers la baie ouverte. Kristale est assise à côté de la jeune fille nue et lui parle, une main délicatement posée sur la cuisse.
Je reviens vers Marc.
— Elle est si belle !
Mon Maître a un pincement des lèvres
— Oui… Mais elle n’a pas ton charme !
D’un seul coup mon chagrin reflue et s’évanouie. J’existerai toujours dans le cœur de Mon Maître. Même lorsqu’il possédera cette jeune fille sûre de ses attraits.
Il continue en détournant la conversation.
—  Elle est comme toi Isabelle, tu ne trouves pas ? Elle n’est pas là par hasard. Elle a choisi, comme tu as choisi de donner forme à tes fantasmes, tes envies. Une petite fille sage en apparence … En apparence seulement… Kristale a découvert que son attitude de mijaurée cache un gout certain pour les jeux les plus licencieux, dont celui de la soumission. Comme toi, comme tu es venue à moi !... N’ai-je pas raison, Mademoiselle ?
Il accentue le mot Mademoiselle pour bien me faire comprendre qu’il l’utilise dans le sens de ma condition de servitude acceptée.
Je baisse de nouveau la tête.
Bien sûr que Loreleï n’est pas là par hasard, son attitude de lolita enamourée, ses réponses à mes caresses, ses gémissements outranciers pour  me faire comprendre son plaisir, ses envies… Elle aime sa situation comme j’aime la mienne. Mais peut-être d’une façon plus insouciante.
— Oui Monsieur,…. Comme moi !
Marc reprend, gravement.
—  Tu sais ce que tu risques si tu… Disons si, je, perds à ce jeu ! Tu lui donneras le safeword et s’en sera fini de …
Je l’interromps brutalement en m’écriant.
— Je n’ai pas du tout l’intention de donner notre safeword  à Kristale ! … Et en plus vous gagnerez Loreleï !
Marc ne relève pas mon indiscipline. Il me fixe intensément et je crois deviner une lueur de fierté dans son regard.
Il porte sa main à son menton.
— Soit… Alors tu acceptes ?
Ma réponse fuse, sans hésitation.
— Oui, Maître !
 Il se tourne vers Laure qui vient juste de regagner le bord du bassin à nos pieds. Essoufflée, elle croise les bras sur la margelle et lève vers nous son visage ruisselant, impassible. Son lourd anneau de fer tinte doucement contre la pierre.
Sans se soucier d’elle, Marc revient à moi.
— Je vais regretter de ne pas être là pour voir çà ! Kristale te veux ! Et je la sais prête à toutes les extrémités pour çà !
Je me pince les lèvres et un frisson me parcourt le dos malgré la chaleur.
— Les dés sont jetés Isabelle, et ils vont rouler pendant quatre longues journées. On se retrouvera alors… Ou pas !
J’opine du chef résignée mais maintenant sure de moi, assurée de ma détermination.
Le ton de Marc change brutalement et devient plus léger, marquant la fin de la discussion.
— Allons, déshabillez-vous, Mademoiselle !
Je m’empresse de m’exécuter. Je quitte rapidement mon chemisier et le laisse tomber sur le bord de la piscine devant La Kajira qui m’observe un demi-sourire aux lèvres. Ma jupe et mes ballerines la rejoignent aussitôt.
Nue, je prends la pose de soumission adéquate. Marc pointe mon cou du doigt.
— Ton collier aussi… C’est le mien. Kristale t’en donnera un si elle le désire.
Je me raidis et mon geste se ralenti lorsque je lève les mains derrière ma nuque pour, repoussant mes cheveux, dénouer la lanière de cuir.
Quitter le collier de Mon Maître, c’est le quitter Lui.

18 février 2016

Chap. 40. L’appel de l’alpha

Embarrassée par l’insistance de son regard je fais mine de m’essuyer les mains sur les hanches et finis par baisser les yeux. Doucement je m’assois à demi sur le bord du sofa. Un silence pesant s’installe. Sonia reprend son souffle et sa prestance mais elle aussi semble terriblement gênée. Elle oscille imperceptiblement sur la base de ses jambes écartées. Elle tente, tant bien que mal, de reprendre contenance.
Je relève timidement les yeux. Marc continue de me dévisager avec insistance, comme si il me découvrait pour la première fois. Déstabilisée,  je porte la main à ma bouche pour étouffer une petite toux gênée et vais pour parler lorsque Marc s’adresse à Sonia sans me quitter des yeux.
— Vous pouvez vous habiller Sonia ! … Attendez nous dehors, à la terrasse du café, nous vous y rejoindront !
La jeune femme ne se fait pas prier, d’un mouvement souple elle se relève et récupère ses vêtements éparpillés sur le sol. Il ne lui faudra qu’un instant pour se vêtir du peu qu’elle portait. Toujours en silence, suivie par nos regards, elle se dirige vers la porte. Elle soulève le rideau qui barre l’accès, se retourne vers nous et fait mine de nous parler mais semble se raviser, elle se détourne et le rideau retombe sur sa silhouette. Bientôt je perçois le carillon au son cuivré qui signale sa sortie du bâtiment.
Marc revient à moi. D’un signe du menton il désigne l’emplacement que  Sonia vient de quitter.  Pas besoin de parole. Je me précipite au sol, j’écarte les genoux en relevant ma jupe pour découvrir aussi largement que possible mes cuisses et mon bas-ventre nu. Je  croise mes bras dans le dos en me cambrant à l’excès. Ma poitrine pousse contre mon chemisier  laissant deviner la pointe saillante de mes seins tendus.
Comme je suis bien tout à coup, je retrouve ma place… Mon rang !

    Posément Marc ferme son carnet d’esquisses et se penche vers moi. Il prend un air mécontent et sur un ton de sévérité.
— Hé bien Isabelle !  Avec ce que tu viens de lui faire subir, je crois que nous ne la reverrons pas de sitôt !
Je baisse la tête comme prise en faute mais je lance, sûre de moi.
—  Je suis désolée Monsieur, mais je crois que si, Monsieur… Je suis bien revenue moi !
Et en disant cela je redresse la tête fièrement.
— Ce n’est pas ce que vous auriez fait vous ! Pour tester sa détermination ?
Marc fronce les sourcils. Et comme a son habitude répond à ma question par une autre.
— Tu as la mémoire courte. C’est ce que j’ai fait avec toi la première fois que tu t’es présentée ?
Je me renfrogne, prise en défaut et d’un air affligée
— Heu… Non Monsieur… Vous ne m’avez pas touchée !
Marc hausse des épaules…
— Bon ! De toutes les façons, nous allons vite le  savoir… Si elle nous attend à la terrasse comme je lui ai demandé…Ou bien si elle a fuit !
Il a un sourire moqueur mais je ne sais pas si c’est à son encontre ou de la mienne, ou bien tout simplement à l’idée de cet ultime test à l’intention de Sonia qu’il n’avait pas prévu. Mais Marc sait laisser filer sa proie pour mieux la jauger. Si Sonia s’en va sans  demander son reste, c’est qu’elle n’aura pas été à la hauteur de ce qu’il en attendait. Une impression qu’il confirme immédiatement.
— Il aurait été regrettable qu’elle me fasse perdre mon temps.
Brusquement Mon Maitre se redresse en prenant une profonde inspiration.
— Mais revenons à toi !... Tu as aimé ?
Surprise, mais pas tout à fait étonnée, du changement de conversation, je reste coite
— Oui, tu sais !… Tu as aimé la dominer ?
J’avale ma salive difficilement.
— Je… Oui, Monsieur, je crois !
Marc éclate de rire.
— Tu crois ?... Tu crois !... Mais tu ne t’es pas vue !… Bien sûr que tu as aimé !
De nouveau il se penche sur moi et sur le ton de la confidence.
— Y aurait- il une jeune Maitresse cachée en toi ? Ce n’est pas la première fois que tu cèdes à l’appel de l’alpha ou je dirais plutôt de la louve ! Non ?
L’appel de l’alpha ! Une expression que j’ai souvent entendue dans le cercle de  Mon Maître. On n’a jamais daigné me l’expliquer mais j’en devine maintenant toute la portée. L’appel de l’alpha, ce besoin irrésistible de dominer d’affirmer sa position dominante et de le faire savoir. Il est arrivé à Marc et Kristale d’échanger longuement devant moi pour tenter de résoudre le mystère de cette pulsion et de savoir ce qui la provoquait. Le dominant ou le dominé ? Ce soir là, ils m’ont démontré que j’appelais à être dominée et ils ont cédé à l’appel de l’alpha, pour mon plus grand plaisir !
A cette évocation, je me sens brusquement rougir jusqu'à la pointe des oreilles.
— Je… Oui Monsieur !...  Avec Stéphanie ! (Cf. La peur de Stéphanie)
Je tente de me justifier et ma voix monte d’un ton !
— Mais… C’était pour lui rappeler ses devoirs de soumise, Maître !
Un sourire non contenu barre le visage radieux de Marc.
— Il n’empêche…
Il redevient sérieux et incline ta tête sur le côté.
— Je dois quand même te dire que je t’ai trouvée très belle dans… l’action !
— Merci Monsieur… Je peux vous poser une question ?
Marc a un geste d’assentiment de la main.
— Vous… vous pensez  que… Enfin je veux dire… Vous pensez vraiment que j’ai quelque chose d’une Maitresse ?
Marc réfléchit un moment ses yeux pétillent de malice.
— Toute pièce à deux faces. Rares sont les opposés qui ne sont pas liés d’une façon plus ou moins subtile. Quant à savoir si la domination est l’exact contraire de la soumission ? Ne serait-il pas plutôt complémentaire ?
Il se passe la main sur le menton
— Cela va être une belle discussion de fin de soirée çà !
Il a un sourire chafouin et me lance un clin d’œil de complicité.
 — Allons voir donc voir si notre prétendante l’est toujours !
D’un bond il se lève et me tend la main pour m’aider à me relever. Un geste totalement improbable de sa part. Pourtant je lui donne la mienne sans hésiter.

     Ensemble nous remontons la ruelle de pavés vers le petit café qui jouxte la place centrale.
Je cherche parmi les quidams installés sur la terrasse de bois. Il ne me faut qu’un instant pour y repérer la chevelure rousse de Sonia, attablée dos au mur, une tasse de café devant elle.
Elle nous a vus.
Elle se redresse et ses jambes s’écartent doucement de chaque côté de la chaise de fer qui la porte. Elle a visiblement fait son choix.
Marc murmure comme pour lui-même.
— On aurait du parier !
Je souris, en essayant de deviner quel aurait été l’enjeu de ce pari.

 

8 octobre 2015

Chap. 37. Points Communs

Nous traversons le village à pieds, laissant le véhicule au moteur surchauffé à l’entrée du bourg. Je trottine derrière Marc qui traverse la place à grandes enjambées. Nous sommes à dix mètres de l’atelier lorsque les cloches de l’église marquant l'heure retentissent… Juste à temps !
Je cherche du regard autour de nous et souris intérieurement… Un mauvais point pour Elle… Elle n’est pas à l’heure !
Je perçois d’ici l’agacement de Mon Maître.
Mais ma joie est de courte durée.
D’un renfoncement du haut de l’escalier qui mène à l’atelier apparaît une silhouette de jeune femme.
Je marque un temps d’arrêt.
Les deux mains crispées sur les lanières d’un sac à main qui pendule devant son ventre sur une jupe plissée, noire, très courte. Elle se tourne vers nous et nous adresse un petit hochement de tête et un sourire comme pour confirmer que c’est bien elle que nous devons rencontrer. Mais çà j’aurais pu le deviner ! Ses cheveux d’un roux sombre presque métallique attire immédiatement et fixe mon regard. Des lunettes de soleil lui mangent le visage et on devine à peine un visage au teint clair illuminé par ce petit sourire désarmant de naïveté. 
Marc ne lui décroche pas un mot de bienvenu. Sans un regard pour elle, il se contente de déverrouiller la porte qu’il franchit rapidement la laissant ouverte derrière lui… Une invitation à le suivre.
Mon Maître m’a bien précisé mon rôle, simplement l’assister, sans me renseigner plus que cela.
Je marque un temps d’arrêt devant la jeune femme et lui tends la main.
- Isabelle !
Sa main vient à ma rencontre, Une poigne légère mais ferme et décidée.
- Oui, Je sais, … je vous ai reconnue…Sonia !
Son sourire s’élargit. Elle semble un peu perdue, décontenancée et paraît contente de me voir.
Je n’ai pas trop envie de lui rendre son sourire et lui désigne sèchement la porte entrouverte.
- Allons-y... Marc n’aime pas attendre !
A petits pas nous traversons la salle d’exposition et gagnons l’atelier. L'odeur caractéristique de la térébenthine nous accueille. Marc est au fond de pièce affairé au dessus de la cafetière, il nous tourne le dos.
Impulsivement je prends Sonia par le coude et l’avance au beau milieu de la salle en face du canapé de cuir noir. Me souvenant de ma propre présentation je la débarrasse de son sac et lui souffle à l’oreille.
- La pose… Prenez la pose !
En priant qu’elle sache de quoi je parle.
Apparemment oui !
Elle glisse ses deux mains dans le dos et écarte les jambes à demi. Dans un dernier geste je lui ôte ses lunettes noires. Des yeux d’un vert sombre me suivent un moment puis fixent le sol. Je découvre enfin son visage entièrement. Un visage ovale et volontaire encadré de longs cheveux roux laissés libres qui roulent agréablement sur ses épaules, un petit nez mutin, des lèvres pulpeuses lissée d’un léger gloss givré (C’est le seul maquillage que souffre Marc surtout pour une présentation). Elle doit avoir mon âge… un peu plus âgée peut être ! J’ai l'étrange impression de la recherche d’une ressemblance entre nous d’eux. Est-ce voulu ? La couleur de ses cheveux me semble naturelle !
Je fais un pas en arrière pour m’assurer que sa pose est correcte.
La jeune femme est parfaitement campée sur ses des jambes nerveuses. Les pieds, chaussés d’escarpins noirs à talons hauts, parfaitement parallèles entre eux. Ses mains remontées dans le dos la cambrent outrageusement. Cela met en valeur son ventre tendu et sa taille haute surplombé de deux seins arrogants que l’on sent poindre sous le chemisier aux broderies transparentes.
Elle connaît manifestement l’attitude à adopter. Je m’imagine la correspondance qu’elle a dû échanger avec Mon Maître, comme je l’avais fait en mon temps. Une bouffée de jalousie me saisit. Je détourne mon regard et le reporte sur Marc.
Un parfum de café chaud monte dans l’atelier.
Sans un mot Mon maître me désigne un coin du sofa. Je m’y assois en tailleur, prenant une attitude la plus décontractée possible. Aussi étonnant que cela puis paraître, Marc m’a donné toute latitude pour oublier les postures de soumission auxquelles je suis tenue en sa présence. J’en comprends maintenant la raison. Ici, à cet instant, c’est Sonia qui va devoir assumer ce rôle.
Dans un silence religieux à peine troublé par le chuintement du café qui décante Marc s’approche à pas comptés de la jeune femme. Il en fait le tour comme un connaisseur le ferait d’une œuvre d’art. Il est direct.
-  Vous connaissez mes conditions… Mademoiselle ?
La réponse fuse.
-  Oui, Maître !
Marc à un petit claquement de langue agacé.
- Vous m’appellerez Maître lorsque je vous y convierais… Pour l’instant Monsieur suffira amplement.
La réponse vient tout aussi rapidement
-  Bien, Monsieur !
Je souris intérieurement. Elle est douée.
Sans la prévenir Marc s’empare du bas de sa jupe et la remonte sur sa taille dévoilant le haut de ses cuisses parfaitement galbées que portent des hanches larges et un ventre parfaitement épilé à la fente vernissée à peine entrouverte.
Pas de sous-vêtement… Je n’en suis pas étonnée… c’est le protocole !
Sonia pique un fard et me regarde par en dessous.
Cela me réjouit intensément. Nos cheveux roux ne sont pas notre seul point commun.
Marc coince le haut de la jupe dans sa ceinture de façon à ce qu’elle ne retombe pas et fait un pas en arrière, contemplatif.
Je ne peux m’empêcher de sourire. Exactement ce genre de petites vexations dont raffole Mon Maître qui mettent à l’épreuve le cœur des postulantes. Je ne peux que m’imaginer, en un élan complice, l’émoi qui doit l’étreindre.
En moins de cinq minutes la voici en posture de soumission les jambes écartées exhibant son ventre nu et vibrant, face à deux personnes qu’elle vient rencontrer pour la première fois.
Satisfait de sa mise en scène Marc revient vers moi. Il se sert une tasse de café et sans m’en proposer s’assoit à mes côtés. Il sirote lentement son moka en contemplant son œuvre. La jeune femme reste figée comme une statue de marbre fixant obstinément le sol. Seul le rouge de ses joues s’estompant, rappelle le trouble qui palpite en elle.
Marc finit sa tasse la dépose sur l’accoudoir et de sa main gauche tire de sa poche un papier plié en quatre et pose sa main droite sur mon genou qu’il caresse avec nonchalance.
Il se tourne vers moi et lance d’une voix forte
- Mademoiselle Sonia s’est présentée d’une façon des plus originales…
Je lance un regard vers elle.
Elle ne bronche pas.

 

13 septembre 2015

Chap. 36. Mise à nue.

Le soleil filtre au travers des frondaisons jouant à cache-cache avec moi. Malgré l’allure vive de la voiture nous n’arrivons pas à le distancer. La nuque renversée sur l’appui-tête offrant mon visage au soleil, je me laisse bercer, hypnotisée par l’effet stroboscopique de la lumière vive au travers des feuillages. Comme à son habitude Marc n’a pas pris les grands axes, mais cette fois il roule à vive allure… - J’ai un rendez-vous ! -
Nous sommes partis tard, sans déjeuner. Nous avons pris congés de nos hôtes en nous faisant la promesse de nous retrouver à l’Assemblée…
l’Assemblée! Je ne sais même pas de quoi il s’agit !… Même si je l’entrevoie ! Il faudra que je questionne Mon Maître… Mais pas maintenant !… Et a quoi bon ? Je sais que je vais vite le découvrir ! Et je dois m’avouer que cette petite atmosphère de mystère est loin de me déplaire.
Je souris intérieurement, Bien sur que nous sommes partis tard…

- Mademoiselle ?
Ecartelée sur le lit, plongée dans une douce somnolence sa voix me parvient comme au travers d’un brouillard épais.
- Mademoiselle ?… Il faut vous lever !
Je sursaute et ouvre les yeux. C’est Ignés! Je fronce les sourcils et me redresse, étonnée. Elle est nue ! Son chignon est défait et ses cheveux mouillés coulent le long de son cou. Je me redresse sur un coude et instinctivement je cherche Marc du regard dans la chambre.
Ignés a compris… Elle sourit.
- Votre Maître vous attend dans le grand salon… Il m’a demandé de vous préparer !
Elle se saisit de ma main et la tire doucement. Je sors totalement de ma torpeur d’un mouvement souple je me glisse en dehors du lit et la suit sans un mot dans la salle de bain.
La pièce d’eau est vaste et lumineuse, une mosaïque de patte de verre turquoise et marine qui ondule sur les murs tapisse les murs de faïence claire. Des étagères d’acajou la meublent avec charme. Un parfum frais d’ylang et de bergamote flotte dans la  vapeur humide qui sature l’espace. Certainement la trace des ablutions précédentes de mon Maître.
Je lance un regard mi-amusée, mi-agacée à Ignés. Elle est nue ! Jusqu’où a-t-elle participé à sa toilette ?
Elle répond à mon regard appuyé d’un gracieux sourire et me désigne la paroi givrée de la douche. Sans me poser d’autres questions je pénètre dans le tunnel de verre. L’eau se met à couler en pluie comme par magie, sans que j’aille à manipuler le moindre robinet, à la température idéale. Je ferme les yeux et me laisse bercer par le massage régulier des gouttes d’eau qui frappent ma peau.
Sous l’ondée artificielle je glisse mes mains en casquette sur mes paupières et j’entrouvre les yeux contemplant la silhouette d’Ignés déformée par le verre dépoli de la douche. Elle s’affaire au dessus d’une desserte d’acajou et de marbre blanc. Satisfaite, elle se redresse, s’empare d’une énorme éponge végétale et se dirige vers moi. Il ne lui faut qu’un instant pour me rejoindre et commencer à me passer consciencieusement l’éponge imprégner de savon sur le corps. Je l’observe à la dérobée un peu gênée alors que ses yeux suivent avec concentration le trajet de l’éponge. Mes épaules, mes bras, mes seins qui se tendent. Sa main se pose sur ma hanche glissant sur mes reins accentuant la pression de l’éponge sur mon ventre qui se creuse, je ferme les yeux et lève mon visage vers la pluie. Je n’ai envie d’esquisser aucun geste. Laisser faire Ignés ! J’ai l’impression d’être un bibelot précieux entre ses mains qui ont laisser tomber l’éponge à nos pieds, continuant le lissage méticuleux de ma peau par l’effleurement de ses doigts et  de ses paumes huileuses de savon parfumé.
Remontant au-dessus de mon genou sa main glissent sur l’intérieur de ma cuisse, vers mon entrejambe. Par réflexe je m’écarte pour lui laisser le passage. Mais glissant en frôlant imperceptiblement ma vulve frémissante elle se contente de friser ma toison trempée du bout des doigts.
- Je dois vous enlever çà !
Je fonce les sourcils et elle croit devoir préciser
- Je dois vous épiler,… Votre Maître me l’a deman... Ordonné !
De nouveau elle me prend par la main et me tire au dehors de l’onde bienfaisante.
Elle me désigne une banquette de cuir blanc au travers de laquelle est posé un large drap de bain brodé aux armoiries de la maison. Sans même me sécher, je m’y allonge, un peu amusée par la situation.
Ignés d’une main ferme et assurée m’écarte doucement les jambes, les laissant pendre de chaque côté du banc. Elle sèche délicatement à l’air chaud d’un sèche-cheveux la toison qui orne mon ventre. De noir les poils retrouvent leur superbe couleur de cuivre scintillant d’or. Songeuse, presque amoureusement, Ignès frôle de sa paume la forêt de feu qui se hérisse d’électricité statique. Les pointes de mes seins se dressent. Elle lance, comme pour elle-même.
- c’est presque dommage…
Mais en me souriant, elle semble se raviser et se saisit d’un pot de grès chaud et d’une spatule de hêtre pour noyer la forêt sous une épaisse couche de cire chaude aux senteurs de miel.
Je tente de me détendre. Je ferme les yeux me laissant bercer par la chaleur qui se pose sur mon ventre en évitant soigneusement la fleur entrouverte. Je me rappelle ma première épilation intégrale. Une initiation que Nadège, la fille du sud à la peau de cannelle avait conduite sous mes yeux apeurés. Là encore c’était pour Marc. Mais Nadège ne le savait pas. Je souris aux anges.
La douleur est fulgurante.
Une vive brûlure entre les jambes qui s’éteint aussi rapidement laissant place un tiraillement cuisant. Puis une deuxième traînée de feu qui me tire une clameur de surprise. Mon cri se termine par éclat de rire incoercible. Je me cambre sur la couchette pour tenter d’échapper à la main de mon doux bourreau. Mais ce en est déjà fini. La célérité d’Ignés ne m'a pas laissé le temps de l’appréhension. Je retombe sur le banc lourdement comme pour m’y enfoncer, le souffle court. Mon cœur bat la chamade. Consciencieusement, armée d’une large pince, fouillant chaques recoins de mon entrejambe, Ignés d’un geste vif chasse les derniers poils ayant échappé au défrichement. A chaque bref tiraillement je me cramponne à la banquette de cuir. Je serre les lèvres pour ne pas gémir.
Ignés se parle à elle-même, sans me regarder, absorbée par sa tache
– Ils sont si fins !… Il ne faut pas en oublier !
Son haleine fraîche coule sur mon ventre en feu.
Une fois son travail achevé, elle se redresse. Fière d’elle.
Je la contemple au travers de mes paupières à demi closes. Elle sourit et se cambre. Son ventre se tend vers moi. La pierre d’émeraude nichée au creux de son nombril jette un éclat de lumière verte. Elle se saisit d’un pot d’onguent apaisant fait le geste de l’ouvrir puis se ravise.
Indécise, son regard oscille entre mon visage et mon ventre. Comme attirée par un aimant sa main se pose délicatement sur le fruit maintenant entièrement glabre de jeune fille pubère et en parcourt les contours s’enhardissant même à en entrouvrir la délicate fente du pouce. Mon ventre se tend à son tour sous la caresse et je soupire doucement. Elle a senti le frisson et me jette une œillade de complicité. Lentement elle s’agenouille et nos regards se quittent au moment où ses lèvres se posent sur mon ventre juste sous mon nombril. Un baiser humide court sur ma peau et glisse lentement sur le bourgeon turgescent de mon clitoris. Une vague électrique me parcourt le dos. Je me cambre et écarte impulsivement les jambes pour accentuer la profondeur du baiser. Après la main c’est la bouche d’Ignés qui va arpenter le fruit fendu qu’elle vient de découvrir en écartant souvent de la langue la fente frémissante pour en goûter le jus acide.

Mon ventre s’amollit et s’humidifie libérant une chaleur moite et attirante. Plongée dans une demi-torpeur, je laisse ma main glisser sous ma courte jupe tendue par mes jambes écartées. Mes doigts lissent la peau satinée fraîchement épilée et en écartent les lèvres humides qu’ont embrassées Ignés avec tant de force. Une onde de plaisir trouble monte le long de mes reins lorsque je prends conscience de ce que je suis en train de faire sans la permission de Mon Maître.
Je sors vivement ma main de sous ma jupe et me redresse brusquement comme sous l’effet d’un arc électrique…
Embarrassée, je me tourne vers Marc.
- Ne.. Nous…Nous allons chez Kristale ?
A-t-il saisit mon geste, ma caresse interrompue ? Toujours est-il qu’il n’en laisse rien paraître.
- Non…Nous ne rejoignons pas encore la Colombière,… J’ai un rendez-vous ! Une personne qui veut se présenter comme modèle… Cela sera rapide !
Moqueuse, je ne peux m’empêcher de lancer.
- Comme modèle… ou comme soumise ?
Marc éclate de rire.
- C’est un peu la même chose non ? Tu ne crois pas ? Tu es bien placée pour le savoir !
Je me renfrogne et plonge dans mes souvenirs cela me semble si proche encore le jour ou je me suis présentée devant celui qui allait devenir mon Maître. Je ne réponds pas… Ce qui aux yeux de Marc équivaut à une approbation.
- Bien !… Alors tu m’assistera pour son premier entretien !

- En attendant, vous pouvez continuer !
Je prends un air étonné, mais il n’est pas dupe. Le vouvoiement qu’il a repris en est la preuve.
Sous ma jupe ma main regagne la douce chaleur de mes cuisses entrouvertes et je replonge en gémissant dans mon songe, lorsque Ignés me raccompagnant auprès de Marc et de notre hôte a présenté sous l’injonction de Mon Maître, soulevant délicatement ma jupe, son ouvrage aux yeux des deux hommes.
Et Marc, a qui rien n'échappe, de s’enquérir auprès d’Ignés pour ma plus grande honte.
- Elle a joui ?

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1 juillet 2015

Chap. 34. Un numéro de plus.

- Monsieur ! Est-ce que les Maîtres ont aussi des numéros ?
Marc a une expression de surprise
- Comment cela ?
- Et bien oui, le nombre de celles que vous avez eues ?… Dressées ?… Enfin vous voyez ?
Il a une moue dubitative.
- Hmmm  !
Malicieusement je pousse un peu plus loin.
- Quel numéro porteriez-vous ?
C’est un petit jeu entre nous, enfin, surtout moi ! Tenter de deviner la vie de Marc en dehors de notre aventure.
Il soupire.
- En quoi est-ce important ?
Il me pénètre maintenant entièrement. Je sens le bélier de chair profondément et étroitement enchâssé qui palpite au fond de mon ventre brûlant. Je suis sur le point de répondre quand on frappe doucement à la porte.
Amusé et peut-être soulagé de ne pas avoir à me répondre, Marc lance un - Oui - retentissant tout en me souriant.
Quelqu’un va entrer et j’ai conscience du spectacle que je vais offrir !
Entièrement nue, les cuisses largement écartées, empalée impudiquement a califourchon sur Mon Maître.  Dans un geste rapide et instinctif de pudeur, je rabats les draps sur moi mais ils butent contre mes reins et ne dissimulent qu’avec peine  notre liaison impudique.
On entre.
Je ne peux résister à la tentation de regarder qui interrompt ainsi nos ébats.
C’est Ignés. Parfaitement habillée d’un élégant tailleur gris, toujours parée d’un chignon impeccablement dressé sur le haut de sa nuque d’où s’échappe une mèche volontairement rebelle qui retombe sur son épaule.
Elle porte un large plateau d’argent sur lequel s’étalent une corbeille de viennoiseries accompagnée de pots et de tasses en porcelaine blanche.
Laissant une desserte dans le couloir, elle s’avance avec précaution dans la chambre refermant derrière elle la porte d’un appuie du talon savamment maîtrisé.
Une odeur de chocolat et de café chaud emplit la chambre.
Ignés est d’une fraîcheur qui ne peut laisser deviner la nuit qu’elle vient de passer au service des Maîtres de la maison…Par son maintien et sa tenue, on perçoit la maestria absolue de son métier… Servir ! Et toujours être prête quelle que soit l’heure et les circonstances.

- Bonjour Marc… Bonjour Mademoiselle …(Elle m’adresse un sourire complice)  C’est une très belle matinée… Votre petit déjeuner !
Je détourne vivement la tête et tente maladroitement de remonter le drap sur mes reins et mes cuisses en le bouchonnant sur mon ventre en un paréo improvisé. Mes yeux se révulsent de honte. Me voir surprise ainsi nue et empalée à la vue d’Ignés ! Et pourtant je ne devrais pas ! Notre aventure de cette nuit nous a fait nous côtoyer dans des situations bien plus embarrassantes. Ici, je la perçois comme une intruse perturbant un moment d’intimité avec Marc.
Mais cela ne semble pas troubler Ignés qui dépose le plateau à nos côtés et comme étant naturel, comme si elle y était invitée, s’assoit sur le lit juste contre ma cuisse. Une chaleur intense me monte aux joues. Marc lui semble apprécier la situation et , sous le drap que je viens de rabattre, caresse nonchalamment la courbe de mes hanches. Je suis tétanisée et n’ose à peine bouger.
Ignés reprends.
- Vous appréciez la chambre, je vois !... Et vous lui rendez honneur !
Je perçois le ton goguenard à peine dissimulé. Elle a remarqué dans quelle position nous nous trouvions et visiblement s’en délecte.
Marc se redresse sur les coudes et avise le plateau. Son mouvement me rappelle un peu plus le pivot de chair qui me comble intimement au plus profond.
Il se saisit d’un croissant et le présente devant ma bouche entrouverte. Le parfum puissant de la viennoiserie chaude me rappelle ma faim. Du bout des lèvres je m’empare de la corne craquante tandis qu’une main fraîche se pose sur le bas de mon dos.
Un frisson me parcourt la nuque alors que mes mâchoires se serrent sur les écailles croustillantes de la viennoiserie. Je fixe Marc en écarquillant les yeux pour lui signifier ma surprise. La main d’Ignés se glisse doucement en s’immisçant entre le drap et la peau de mes reins. Ses doigts fins prennent ostensiblement le chemin  de la base du pieu sur lequel je suis enfourchée. Largement écartelée, je ne peux qu’accepter l’indécente caresse. J’ai bien l’instant d’un moment l’idée de me redresser pour tenter de fermer le chemin. Pas ici,...Pas maintenant ! Un réflexe vite réprimé au regard de Mon Maître.
On ne refuse pas un don de l’hôte qui vous accueille.

22 février 2015

Chap. 29. La chute de l’ange.

- Amenez-moi donc la brailleuse !
Son ton ne souffre pas de discussion. Les deux hommes traversent la pièce en traînant Ange avec eux. Ils la présentent en la projetant en avant. Elle vient presque se cogner à nous en titubant. Ses cheveux sont en bataille, ses joues mouillées de larmes, elle renifle bruyamment en continuant de gémir.
Son attitude m’interpelle et me met mal à l’aise. Est-elle vraiment ici de son plein gré ? Son collier de cuir blanc la désigne pourtant bien comme une soumise novice. Mais est-elle vraiment consciente des épreuves auxquelles elle pouvait être astreinte ? Elle, ou son Maître ? Ou bien est-ce que cela fait partie d’un jeu qu’elle joue à merveille ? Je me rappelle Stéphanie et sa facilité à interpréter la vierge effarouchée en connaissant parfaitement l’effet excitant que peut provoquer ce type d’attitude sur les Maîtres ! Pour Ange le rôle de la Jeune Fille en Détresse est certainement la posture de soumission qu’elle a choisie. Cette idée me rassérène ! Après tout le prénom d’Ange n’est certainement pas choisi au hasard.
En tous les cas les soudards n’en ont cure ! Pour eux, toutes personnes trouvées dans les geôles de la bâtisse sont autant de jouets qu’ils peuvent utiliser pour combler leurs désirs de la manière qui leur convient.

D’un geste rapide l’homme me lâche abandonnant la caresse onctueuse et se saisit du visage d’Ange lui tordant la bouche de son pouce et son index.
- Vous ne savez donc pas comment faire taire cette pleurnicharde les gars ?
Il enfonce profondément son pouce dans la bouche de la jeune fille. Elle a un haut le cœur et tente instinctivement d’éructer l’intrus.
- A genoux !
Le ton autoritaire, presque hurlé, semble tétaniser Ange. Elle roule des yeux comme si elle cherchait une échappatoire. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner ce que l’homme allait exiger d’elle. Comme elle tarde à s’exécuter l’homme tatoué fait un pas en avant, l’empoigne fermement aux épaules  et pèsent sur elles de toutes ses forces. Anges plie les genoux et se retrouve au sol les jambes écartées son visage tourné vers nous dans une dernière supplication. Sa cuisse s’appuie sur mon mollet et je frissonne à son doux contact. Sans un mot mon tourmenteur ôte son pouce de la bouche de la jeune fille et me saisie par les épaules y laissant la trace chaude et humide de la salive d’Ange. Il me déplace avec un sourire, presque avec douceur, me disposant derrière elle. Mon ventre touche sa tête et ses cheveux blonds se mêlent à ma toison rousse.
Prenant son temps l’homme dégrafe la braguette de son pantalon.
Mon regard se porte vers Estelle qui s’ébat dans l’ombre.
- Aaah non !… Tu regarde ma belle ! Tu vas regarder ce que j’aurais aimé faire avec toi…
Puis se tournant vers ses deux complices.
- Voilà comment on fait taire une petite piailleuse, les gars !
Et sans autre forme de procès présente son sexe tendu à la bouche de la jeune fille. Ange a un mouvement de recul sa tête se blottissant contre ma vulve comme si elle voulait y chercher refuge, puis acculée et estimant qu’elle ne pourra échapper à l’odieuse caresse que l’homme veut lui imposer, elle revient vers l’avant. Elle ne proteste plus lorsque le gland turgescent se pause sur ses lèvres. Vaincue, résignée, docilement elle entrouvre la bouche.
De ma position dans un étrange raccourcie, je vois le gland disparaître sous le nez de la jeune fille, happé par le visage d’Ange. Ainsi forcée par le bélier de chair l’arrière de sa tête vient cogner contre mon pubis provocant une étrange sensation comme si sa tête devenait le prolongement de mon ventre en une étroite communion. L’homme se saisie de mes hanches et leur imprime un léger mouvement de tangage ce qui a pour effet de presser un peu plus mon bas-ventre contre la tête de la jeune femme la forçant ainsi à engloutir une part conséquente du sexe de son tortionnaire. Elle émet une protestation étouffée lorsque la pression se fait plus forte. Mais l’homme n’y prête aucune attention et semble bien décidé à se rapprocher encore de moi. Comme s’il voulait me pénétrer en passant outre les gémissements d’Ange qui se font plus pressant. Sa tête n’est bientôt plus qu’un coussin de cheveux blond séparant mon bas ventre de celui de l’homme et je devine que celui ci s’est enfoncé entre ses lèvres jusqu'à la garde. Ce que confirme  les spasmes désespérés du corps de la jeune fille en proie à l’étouffement et qui dans un sursaut cherche à se relever. Mais ses efforts sont vains, coincée qu’elle est, dans l’étau de chair de nos deux corps.

21 janvier 2015

Chap. 27. La curée.

Estelle et la jeune fille sont poussées sans ménagement vers le centre de ce qui me semble être une sorte de chapelle souterraine. Instinctivement elles se rapprochent l’une contre l’autre à se toucher. Les hommes font un cercle autour d’elles en les jaugeant du regard comme des loups prêts à se lancer dans la curée. Mon ravisseur me lâche le poignet.
Comme à regret, il désigne un des recoins de la pièce.
- Tu te mets là… Et tu n’en perds pas une miette !
Je gagne l’emplacement désigné. Un recoin sombre, juste à côté d’un lourd chandelier de bronze aux bougies éteintes. Comme pour le défier j’écarte les jambes et place mes mains dans le dos en une parfaite posture de soumission, sauf que je tends le menton au-delà de ce qui est permis à une soumise. Je ne sais pas pourquoi je prends ainsi une posture de défis. Par une brusque pulsion de bravade peut-être ! Peut-être ai-je conscience que mon Maître me protège, même par l’intermédiaire de ce petit bracelet de cuir rouge si fragile!
Mais quelle valeur à cette interdiction ici ?
J’ai l’impression que ces maraudeurs peuvent ne pas obéir aux lois du cercle, pour peu que leurs ardeurs les leur fassent oublier. A cette idée je me pince les lèvres et prends une attitude plus servile, à regret. Je baisse la tête mais continue à le regarder par en dessous. Son regard s’allume, il a un petit sourire narquois, me contemple un moment, puis se désintéressant de moi  il se dirige vers le groupe d’hommes visiblement de plus en plus excités. Tous se tournent vers lui. Il en est assurément le meneur et c’est d’un pas vif qu’il rompt le cercle et se pose devant les deux femmes qui baissent la tête.
Il interpelle Estelle sèchement.
- C’est quoi ton nom !
- Estelle 47… Monsieur !
Il a un temps d’arrêt.
- 47 !
Il a un hochement de tête entendu se tourne vers ses copains et leur lance.
- 47 !
Des rires de connivences fusent.
Visiblement je suis la seule à ne pas comprendre.
Les rires retombent.
Il prend le menton de la jeune fille blonde.
- Et toi... Ton nom ?
D’une petite voix timide à peine audible.
-  An…!
L’homme secoue la tête, visiblement agacé.
-  Comment ? … J’ai pas bien compris !
Elle lance d’une voix plus forte, mais éraillée par l’appréhension.
- Ange… Monsieur !
Il a un sourire et de nouveau se tourne vers ses sbires et d’une voix forte lance.
- Un ange au menu, messieurs les diables !
Nouveaux rires gras. Il fait un pas en arrière et désignant nonchalamment les deux femmes du pouce.
- Messieurs… Elles sont à vous !
Sans se concerter dans un rapide mouvement le groupe se scinde en deux. Les deux premiers hommes se saisissent d’Ange et la soulève du sol comme un fétu la portant sans ménagement vers l’autel de pierre central. Elle se débat mollement et lance un faible cri de supplication. Elle comprend l’inéluctable de ce qui va lui advenir et tente une dernière fois d’échapper à l’étreinte de ses bourreaux.
Estelle, elle, ne résiste pas. Elle sait que refuser l’invite ne peut que lui amener d’amères souffrances.  Un homme la ceinture lui ramenant les bras dans le dos et la cambre violemment la livrant ainsi à son ami dans une posture des plus indécente et riche de promesses. Docilement elle écarte les jambes sur un ventre parfaitement épilé. Elle donne ainsi son assentiment à son second agresseur qui lance sa main à la rencontre de la fleur offerte y introduisant deux doigts sans ménagement tandis que son autre main se referme sur son sein tendu au mamelon gonflé de désir.
Estelle ferme les yeux et il me semble qu’elle sourit. Elle a visiblement pris le parti de se laisser emmener par le désir de ses assaillants sans opposer de résistance.
Le cinquième homme, le meneur, observe la scène un moment comme pour en vérifier le bon déroulement, puis se tourne vers moi. Un dernier regarde furtif pour ses sbires qui s’activent sur leurs proies pour s’assurer de leur désintérêt à son égard et d’un pas mesuré mais décidé, se dirige vers moi.

29 septembre 2013

Chap. 24. Soeurs de chaîne.

Je n’ai pas sommeil.
C’est fou comme le temps passe lentement lorsque l'on est seule. Je me suis allongée sur le bas flanc et contemple le plafond. Une lanterne de sécurité y est incrustée et diffuse sa pâle lueur jaunâtre de lampe au sodium. Je suis nue et je n’ai pas froid, pourtant je suis bien sous terre, dans un cachot ! Presque un tombeau.
J’essaye de détourner mes pensées de la scène qui doit se passer plus haut, dans la grande salle. Les premiers pas de cette femme, Sophie. Je me sens frustrée que Marc m’ait abandonnée ici. Mes yeux parcourent les joints de mortier et les suivent comme le ferai une souris dans un labyrinthe. Il n’y a pas longtemps que cette cellule à été refaite, d’ailleurs même les portes me semblent bien trop neuves pour être d’époque. Il faudra du temps et de nombreuses captives pour qu’elles acquièrent la patine de leurs usages. La pensée saugrenue de laisser une marque de mon passage me vient. L’idée de graver mon prénom sur ces parois si propres me fait sourire… Et puis cela m’occupera pendant que Mon Maître officie. Je me redresse sur ma couche et avise le cadenas laissé ouvert en attente de sa chaîne. Cela fera bien l’affaire!
Je m’en empare et commence à graver les premières lettres avec un des angles du verrou… I…S…A…

- Pss… Psst ?
Mon geste s’interrompt et reste en suspend. L’appel vient du couloir et il se répète, plus pressant. Je me lève vivement et m’approche du judas. Je cherche à deviner d’où vient le chuchotement.
- je suis là! La deuxième porte en face, … A ta droite !
Je me tords le cou et distingue à peine deux yeux rieurs qui m’observent aussi.
- Oui là… c’est comment ton nom ?
- Isabelle !
- Moi c’est Estelle 47 !
47 ? Qu’elle drôle d’idée d’accoler un numéro à son prénom !
- 47 ?
Un éclat de rire.
- Oui, une lubie de mon mar… Maître. Pour me rappeler que… Enfin, j’te raconterai çà... Tu es là pourquoi ?
Exactement la question que poserai un détenu a un nouvel arrivant !
Je souris. En fait oui, pourquoi Marc m’a-t-il abandonnée ?
- Mon Maître est là-haut… Je dois attendre là, je suppose !
- Ah ?… Moi je suis ici en vacance.
Je manque d’éclater de rire. Je me retiens mais l’amusement doit se percevoir dans ma voix
- En vacance ?
- Oui... Mon mar... Maître m’a laissée là après la soirée de ce week-end…Tu n'y étais pas ?... Nous sommes trois à être restés. Il y a moi, la novice dont tu as la place et qui doit amuser ton Maître là-haut - Je frissonne de jalousie à cette évocation - Et une que je ne connais pas ! Dans une cellule au bout du couloir !
Les images du vestiaire et de ses trois placards verrouillés me reviennent. Oui, c’est bien cela, trois !
Instinctivement, je cherche dans la pénombre à distinguer la porte. Mais peine perdue. Estelle hèle plusieurs fois et finit même par émettre un coup de sifflet trident qui font résonner les couloirs.
- Hé Ho ! Il y a quelqu’un ?
Je tends l’oreille. Une petite voix nous parvient faiblement, assourdie et incompréhensible, mais cela nous confirme la présence d’une autre sœur de geôle.
Estelle renonce, elle semble vraiment sûre d’elle, comme si elle connaissait déjà les lieux. Elle me lance sur un ton désinvolte.
- Trop loin... Tant pis !… Allez Isabelle raconte-moi un peu…comment tu es arrivée là ?

Nous avons échangé longuement, jusqu'à ce que la lassitude s’empare de nous. Estelle m’a confirmé connaître cet endroit, par contre elle ne m'a rien dit sur le mystérieux numéro accolé a son prénom. La conversation s’est éteinte d’elle-même. J’ai regagné ma couche rustique, je n’ai pas terminé de graver mon prénom dans la pierre et j’ai fini par m’assoupir dans un sommeil léger et agité où l’image de Sophie, nue, à genoux face à ses Maîtres, et surtout face au mien, danse devant mes yeux.
Un cri strident me tire de la torpeur profonde dans laquelle j’ai fini par tomber.
Ensommeillée, je crois à une illusion lorsque de nouveau un cri aigu retenti dans le couloir.

 

12 août 2013

Chap. 21. A Bâtons rompus

Mon attention se reporte soudain vers Marc. L’espace d’un instant j'avais oublié sa présence, emportée par la vague brûlante du baiser d’Ignés. Je le fixe une fraction de seconde puis détourne le regard tandis qu’une chaleur intense empourpre mes joues. Il a assisté à la scène sans bouger, le sourire aux lèvres. Ignés a aussi remarqué la rougeur qui gagne mon visage. Elle ne dissimule pas un large sourire et se tourne vers Marc, interrogative. Mon Maître s’assoit alors sur la banquette à mi-distance de nous deux. Il croise les jambes, en portant le verre de cognac à ses lèvres.
Il s’adresse enfin à elle.
- Permission de parler Mademoiselle Ignés !
Ignés cherche un moment ses mots.
- Je... Je vous remercie Maître de nous faire enfin connaître Isabelle !
Il a un hochement de tête.
- Nous passions par là… Et comme de toutes les façons vous la verrez bientôt. Mais il est bien que cela se fasse chez vous !
- Ha ? … Vous vous rendez à l’Assemblée ?
- Oui ! Isabelle doit y être présentée.
Je retiens un froncement de sourcil. L’Assemblée? Qu’est ce donc exactement que cette Assemblée? Marc ne m’en a rien dit !
Ignés semble enjouée.
- Nous y allons aussi ! Le rendez-vous est dans deux semaines… Nous avons le temps !
Elle a un regard gourmand qui me parcourt de la tête au pied.
- Oui, Mais hélas nous n’allons pas nous attarder… Kristale nous attend !
Kristale ! Je ne peux retenir un frémissement a l’évocation de la blonde nordique. J’écarquille les yeux de surprise et regarde Marc à mon tour. Il fronce comiquement les sourcille.
- Oui ?… Permission de parler Mademoiselle Isabelle !
- Je … Je … Non rien !
Je baisse la tête, confuse.
Après tout, ne dois-je pas me laisser guider  ? Marc peut bien faire de moi ce qui lui plaira. Et aller une nouvelle fois à la rencontre de Kristale, la machiavélique Kristale, fait partie de ses prérogatives. Il vient quand même combler ma curiosité… En partie.
- Elle a, paraît-il, une surprise pour Isabelle… Et pour moi !… Mais elle ne m’en a pas dit plus !… Vous connaissez Kristale !
Ignés pouffe puis se reprend.
- Les surprises de Kristale sont toujours un vrai plaisir !
Je me renfrogne. Un vrai plaisir ! Ignés parle certainement pour elle et les turpitudes que j’imagine faites avec Kristale. Mais ma curiosité reste piquée au vif. Comme j’aimerai en savoir plus ! Mais ici impossible ! Je dois garder ma place.
Ignés change de conversation en me détaillant de la tête aux pieds.
- Et je suis étonnée Maître Marc, Isabelle ne porte aucun piercing, ni tattoo ?
Marc hausse les sourcils et son regard se porte sur moi comme s’il me découvrait.
- Oui… Elle est comme au premier jour. Lorsqu’elle s’est… Présentée à moi.
Et je tiens à la garder ainsi. Vierge de toutes marques.
Il boit une lampée de cognac et comme pour lui-même en regardant son verre.
- Çà, je me le réserve… Lorsqu’elle aura achevé son parcours !
Ignés a un petit hochement de tête d’approbation entendue. Elle ouvre la bouche pour continuer lorsque la porte par laquelle elle est arrivée s’ouvre vivement.
Notre hôte la franchit, la referme tout aussi vivement et se dirige vers nous d’un pas rapide. Il n’a visiblement pas pris le temps de se changer et porte encore son costume de service.
- Enfin je suis à vous…
Dit-il dans un souffle suivit d’un sourire. Un sourire qui se fige en une expression de béatitude lorsque ses yeux se pose sur moi. Il s’arrête à un pas, face à moi.
- Ha, mon dieu ! On m’avait bien dit qu’elle était belle…
Il ne termine pas sa phrase et pose un genou à terre. Ses yeux s’enflamment et ne cillent pas en me détaillant avec insistance.
Il finit par se tourner vers Marc.
- Je … Je peux Maître Marc ?
Marc à une moue d’acquiescement.
Ses deux mains se posent sur mes cuisses et remontent lentement vers mes hanches en épousant chacun des creux et des rondeurs qu’elles rencontrent comme pour mieux en garder la mémoire.

 

20 juillet 2013

Parenthèse.

Le tambourinement puissant des fers qui frappent le sol de la prairie résonne dans l’air glacé du matin. Les yeux fixés sur l’horizon, tous mes muscles sont tendus et réagissent au moindre frémissement de mon centaure. Lancée à pleine puissance, mes cheveux roux fouettent mon visage et ma nuque, j’ai envie de hurler ma joie et mon exaltation.
Comme toujours lorsque je fais corps avec ma monture luttant contre le vent qui cherche à nous freiner, une frénésie animale s’empare de toutes mes fibres. Je ne suis plus qu’une volonté farouche qui défie l’espace et le temps.
J’avise l’orée de la forêt et le chemin de l’Héraudiere. Mon corps se tend vers la lisière. Sans le moindre à coups dans un glissement parfait, comme si nos esprits ne faisaient qu’un, mon pur-sang plonge dans une courbe sous la voûte des arbres. Sans ralentir, dans une gerbe scintillante nous passons le gué du Ruisseau des Vallées et piquons tout droit dans la pente qui mène au belvédère.
Nous débouchons de la forêt comme un boulet de canon. Je freine violemment l’ardeur de ma monture qui de surprise se cabre presque à ma plus grande joie.
Il nous faut un long instant pour reprendre notre souffle. Des naseaux de mon dragon jaillissent deux jets de vapeur qui se condense dans la froideur de l’air. Le soleil n’est pas très haut. Il est tôt.
Je rejette mes cheveux vers l’arrière libérant mon visage. Je n’ai pas mis de bombe. J’avais besoin de goûter pleinement la sensation de liberté.
Enfin libre !
C’est la fin des longues soirées d’études, de recherches, de tourments…
Nonchalamment mon regard parcours le paysage que je domine. L’Orne coule paresseusement à mes pieds et, là-bas au loin, je distingue les toits du haras.
Mais mon esprit est ailleurs;

Je souris. Il est là… Mon dieu il est là !
Discrètement mêlé à l’assemblée de mes amis, de ma famille, assis juste à côté de Béatrice qui me fait un petit signe d’encouragement. Venu assister à ma soutenance de thèse… Il est là !
Je ne pensais pas qu’il viendrait et pourtant je l’espérais. Nos regards se croisent. Il a un clignement d’œil et un petit sourire d’encouragement. Je lui souris pour le remercier et instinctivement porte la main à mon cou. Je ne porte pas le collier de cuir à l’anneau d’acier !
Il a perçu mon geste et son sourire s’élargit. Il me fait un petit signe de la main l’index tendu comme pour une gentille réprimande, mais je sais que, exceptionnellement, je suis pardonnée. Ma main retombe sur mes documents que je positionne fébrilement sur le pupitre. Le brouhaha de l’amphi retombe doucement.
La tension monte… Profitant du silence, je me lance…

Ma monture fait un pas de côté et s’ébroue, impatiente de repartir. Je resserre les rennes.
Il est vrai que ce jour là je ne portais pas de collier… Et pourtant j’avais respecté le premier des préceptes de mon Maître, "En sa présence jamais de sous-vêtement" Je souris aux anges à l’évocation que j’ai présenté ma soutenance sans culotte devant l’assemblée attentive.
Je souffle un grand coup, emplissant ma poitrine d’air frais pour juguler la chaleur qui me monte aux joues à cette évocation et m’empare de mon téléphone portable. Je manipule rapidement le messager, son nom apparaît sur l’écran "Mon Maître". Je lance l’appel.
- Monsieur !
- …
- Oui, Monsieur. Je suis prête !
-…
- Bien Monsieur, Comme il vous plaira !

Je raccroche et je ne peux retenir une larme de bonheur qui roule sur ma joue et vient s’écraser sur le cuir de ma selle. Juste entre mes jambes largement écartées.
C’est reparti !

 

14 octobre 2012

Chap.16. Le Jardin des secrets

 

Ignés nous guide jusqu'à notre chambre.
Elle marche devant nous à petits pas mesurés. Elle est cintrée dans un tailleur strict et se meut avec élégance perchée sur des talons hauts qui claquent doucement sur le sol de pierre. Malgré son attitude guindée, on peut deviner un esprit malicieux qui ne manque pas une occasion de nous faire comprendre sa joie de nous recevoir. Encore une fois j’ai eu droit aux congratulations sur un ton affecté, à la limite de la préciosité.
-  Haa ! Ma chère Isabelle… Si vous saviez comme nous sommes heureux de vous rencontrer enfin !
Dit-elle avec emphase et large sourire tout en ouvrant la lourde porte de la chambre. Elle désigne mon cou où brille l’anneau de fer.
-  Il vous va à ravir. Je ne peux pas mettre le mien… Rapport au public que nous recevons ici… Vous comprenez !
Lance-t-elle en m’adressant un clin d’œil complice.
-  Mais nous nous retrouvons après le dîner… N’est ce pas ?
Elle s’adresse à Marc. Il répond d’un sourire mais je devine bien que cela est convenue d’avance.
Je commence à me sentir mal à l’aise de tant d’éloges, d’empressement et de sous-entendus. Un trouble qui se dissipe vite au vu de la chambre qu’Ignés désigne d’un large mouvement de main.
– Vous êtes ici chez vous cher Maître.
En hôtesse aguerrie elle fait le tour de la chambre et la salle d’eau attenante présentant toutes les commodités de la pièce.
Une pièce vaste comme un appartement. De lourdes tentures à demi tirées sur deux larges fenêtres qui donnent sur le parc. Un parquet de bois ciré et un lit a baldaquin monumental pouvant accueillir au moins quatre personnes sans se gêner. Un luxe ostensible se dégage de la pièce où tout est fait pour le confort du corps et de l’esprit.

J’ai vite pris possession de la salle d’eau. Une douche rapide un maquillage léger. Marc a refusé que je change de tenue. " Tu ne voudrais pas priver nos hôtes de ce qu’ils semblent avoir apprécié". Je réajuste mon collier de cuir devant le miroir qui couvre la totalité du mur. L’anneau est exactement centré. Les cheveux parfaitement tirés en arrière en une natte mainte fois refaite. Je pousse un soupir et fait la moue. J’ai vraiment l’air d’une petite étudiante, propre sur elle avec ce kilt au-dessus des genoux et ce chemisier blanc à peine froissé. Un nouveau soupir désabusé. Mais n’est ce pas ce que je suis en réalité ? Une étudiante ? D’un genre particulier il est vrai ! Les sous-vêtements qui manquent à ma tenue en témoignent ! Je ne me fais plus d’illusion quant à la qualité de nos hôtes. Ils font manifestement parti du cercle de Marc et il est important que je fasse bonne figure. En élève appliquée et consciencieuse.
Il est encore tôt pour dîner et comme proposé nous sommes allez flâner dans le parc. Le style à la française qui entoure la bâtisse fait rapidement place à des bosquets et rocailles savamment disposés qui donnent l’impression que la nature reprend ses droits au fur et à mesure que nous nous éloignons. Au détour d’une pièce d’eau nous passons devant une croix de bois peinte en blanc. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter devant elle, intriguée. C’est la réplique exacte de la croix de bois que nous avons croisée sur la route et qui indiquait notre chemin jusqu’ici. Elle est juste un peu plus petite. A taille humaine je dirais. Je fronce les sourcilles. La croix porte trois gros anneaux de fer. L’usure de la peinture et les éraflures sous ces anneaux me disent qu’ils ne sont pas là qu’a titre décoratif. Je me tourne vers Marc qui s’est arrêté lui aussi.
Il a deviné mon interrogation et me lance.
- Ce jardin cache bien des secrets !
Je reporte mon attention sur la croix
- Mais c’est… c’est un…
je cherche le mot adéquat pour lui faire saisir que j’ai compris à quoi pouvais servir. Il m’aide rapidement
- c’est un pilori ?
- Euh… Oui, c’est cela !
Marc porte une main à son menton réfléchit un instant et lance un regard à la ronde. Il revient à moi et me désigne le puissant soubassement de pierre qui porte la croix.
- Monte !
Je devine immédiatement où il veut en venir. Je jette à mon tour un regard circulaire. Mais la succession des taillis et buissons fleuris bouche l’horizon. En fait n’importe qui, à tout moment, pourrait déboucher des chemins tortueux qui mènent ici sans que nous l’apercevions approcher. Mon cœur se met à battre un peu plus fort. Je monte les trois marches qui mènent à la dalle d’un pas rapide. Je me mets dos au pilier de bois et lève les deux bras à la rencontre des anneaux de fer qui pendent de chaque côtés des montants du pilori. Ils sont hauts et je me hisse sur la pointe des pieds pour m’en emparer, mon corps se tend comme un arc. Mes reins se cambrent contre le bois, ma poitrine se projette en avant, ma jupe remonte sur mes cuisses, je prends conscience de la posture de parfaite résignation que me force à prendre la croix. Instinctivement je penche la tête de côté en pliant légèrement les genoux comme si j’étais attachée là depuis de longues heures. Je n’ai pas besoin de prendre un air affligé pour compléter le tableau que j’offre à mon Maître, l’inquiétude qui voile mon visage à l’idée que quelqu’un pourrait surgir à tout instant et me trouver dans cette pose équivoque est suffisante. Marc s’approche du pilori. Il a un large sourire de contentement. Il reste un long moment à me détailler sans bouger. Mes épaules et mes bras commencent à s’endolorir sous la tension. Sous son regard je prends toute la mesure de ma position. C’est la première fois qu’en posture de soumission je suis au dessus de lui et pourtant comme je me sens vulnérable, offerte les bras en croix, les chevilles serrées contre l’anneau du bas de la croix et qui n’attend que la chaîne qui me liera. Mon Maître sort de sa contemplation et enjambe rapidement les marches qui nous séparent. Sans un mot il pose sa main sur mon genou gauche et de l’autre tire sur ma natte pour relever mon visage vers lui. Je frissonne, je ferme les yeux et ma bouche s’entrouvre tandis que sa main quitte mon genou et remonte vers mon ventre entraînant avec elle la courte jupe. Mon ventre s’amollit. Je vais pour écarter les jambes comme le veut l'étiquette mais je m’aperçois que cela est impossible sans que mes pieds quittent le sol et que le poids de mon corps ne me fasse lâcher les anneaux de fer. Je devine que ce n’est pas ce que veut ce lieu, cette croix. Je dois plutôt tenter de sauvegarder ce qui me reste de pudeur. Pour un temps en tout cas! Je suis maintenant troussée jusqu’au nombril, La tête rejetée en arrière. La main brûlante vagabonde un instant sur ma peau pour terminer sa course entre mes jambes verrouillées lançant un majeur inquisiteur au travers de la courte toison rousse à la rencontre de mon clitoris déjà gonflé de désir. Une douce chaleur embrase mon ventre et court le long de mon dos.
Au diable le promeneur attardé qui pourrait me découvrir ainsi entre les bras de Mon Maître !
Marc me murmure à l’oreille sous le ton de la confidence.
- Si tu savais le nombre de soumises qui sont passées par cette croix…
Il n’attend pas de réponses l’usure du bois est assez éloquente.
- Mais de toutes tu es celle qui lui va le mieux… Tu sais pourquoi ?
J’ouvre les yeux et vais à la rencontre de son regard. Interrogatrice ! …
Il sourit
- Parce que tu ne joues pas !

30 juin 2012

Chap. 14. Sur la route.

J’ai l’impression d’être sur un tapis volant. Le vent caresse mon visage à travers la vitre baissée du véhicule. Marc conduit souplement le puissant véhicule sans à coups, sans rugissement d’accélération. Il se promène.
Depuis notre départ du haras il s’est évertué à éviter tous les grands axes et flâne sur les départementales. Il n’est visiblement pas pressé.
Nous nous sommes arrêtés pour déjeuner dans une de ces petites auberges de bords de nationales que plus personne ne prend, sauf les locaux et les chauffeurs livreurs égarés dans la région.
Lorsque je suis entrée dans l’établissement les regards se sont braqué sur nous… Sur moi ! Il faut dire que j’avais conscience de l’effet que pouvait provoquer ma tenue au petit sifflement d’admiration de Mon Maître lorsque je me suis présentée à lui ce matin, pour prendre la route. J’ai ramené mes longs cheveux roux derrière la nuque en une natte impeccable un petit chemisier blanc très sage mais subtilement dégrafé sur l’échancrure de ma poitrine. Une jupe kilt rouge tenue par une large ceinture de cuir noir dévoile mes jambes jusqu'à mi-cuisses. Moi qui n’ai l’habitude de porter que des jeans, j’ai l’impression d’être nue ! Des socquettes blanches et des escarpins noirs complètent ma tenue me donnant un petit air d’étudiante dévergondée. Une attitude renforcée par le collier de cuir noir qui ceint mon cou et ou pend un anneau d’acier au reflet froid.
J’ai senti sur mes reins et mes cuisses les regards appuyés des hommes de la route lorsque je traversais la salle sur les talons de Marc pour rejoindre la table libre désignée par la tenancière. Je me raidis et n’ose pas regarder autour de moi, je fixe le sol obstinément pour dissimuler le feu qui commence à envahir mes joues. J’ai l’impression qu’ils devinent tous que je ne porte pas de petite culotte sous cette jupe courte… Trop courte ! Il est facile de voir que ma poitrine est libre sous le fin chemisier dont le tissu irrite les pointes saillantes des mamelons. Mais savent-ils que leurs fantasmes est réalité sous le kilt rouge ?
Marc s’installe sur une chaise de bois dos à la salle et me désigne la place en face sur une banquette de Skaï rouge défraîchi. Je m’assois. Le coussin cède sous mon poids et je m’enfonce plus que je ne l’aurais voulu dans la banquette avachie par les milliers de séants de routier qui se sont assis là. Mes genoux se relèvent et ma jupe remonte sur le haut de mes cuisses. Marc pose les coudes sur la table et me fixe intensément. Il a un petit claquement de langue de reproche que je lui connais bien. Et lance d’une voix calme.
- Tes jambes, Isabelle... Ecartes les !
Je lance un regard circulaire sur la salle. La plupart des hommes ont replongé le nez dans leurs assiettes, mais il y en a encore pour m’observer de la tête aux pieds sans vergogne.
Je prends une profonde inspiration, reporte mon attention sur Mon Maître, pose à mon tour les coudes sur la table et faisant mine de me redresser, écarte les jambes de chaque côté de la table
- Oui Monsieur… Excusez-moi !
- Tu as déjà oublié le protocole ?
Je porte instinctivement la main à l’anneau de fer de mon collier.
- N… Non, Monsieur !
Mon regard fait de nouveau rapidement le tour de la salle. Des visages déjà rougeauds se sont allumés. Certains s’interpellent discrètement et me désigne d’un coup de menton, un sourire entendu. Une onde froide me parcourt le dos. Et je resserre imperceptiblement les cuisses. Marc a saisit le mouvement de mes yeux. Il sourit et dit, toujours aussi calmement.
- Tu n’as pas honte d’exciter tous ces hommes. Et cette tenue… C’est un pousse au crime !
Je ne peux m’empêcher de m’écrier.
- Mais c’est vous qui avez voulu que je m’habi…
Je stop net ma phrase. Bien sûr qu’il l’a voulu et là il cherche à me pousser dans mes retranchements. Il faut que je me ressaisisse. Je suis de nouveau sous la férule de Mon Maître. Totalement.
- Je … Oui Monsieur… Mais, non, je n’ai pas honte…. Je ferai suivant vos désirs.
Il éclate de rire lorsque d’un mouvement d’œil incoercible je vérifie si des regards sont encore braqués sur moi, contredisant ce que je viens de lui affirmer à l’instant.

 

31 décembre 2011

Chap.12. Nuit Bleue.

Je me redresse lentement. Je grimace lorsque je déplie mes jambes et qu’elles s’enflamment sous le fourmillement de la circulation sanguine qui afflue brutalement. En claudiquant et en me massant les cuisses, je m’approche de la table de chêne où sont posés les trois verres et la bouteille. Je m’en empare et me dirige vers l’escalier le plus proche. Le contact froid des marches de fer sous mes pieds nus me fait frissonner. La circulation est revenue lorsque je me présente devant la porte et la passe d’un pas retenu.
La chambre des hôtes est vaste et arrangée comme le reste de l’ancien pigeonnier. Un vieux parquet de châtaignier ciré, des murs blanchis à la chaux qui accueillent, là aussi, quelques œuvres  représentant le haras dans ses activités. De lourdes tentures de velours ocre encadrent la fenêtre. Ils n’ont pas été tirés. Mais je sais que personne n’a de visu de ce côté de la propriété. Seuls les flambeaux d’ambiances aux chaudes couleurs orangées sont allumés et donne à la pièce une ambiance de salon secret où se rassemble les conspirateurs.
En face de moi, contre un des murs, un vaste lit parfaitement centré. Au pied du lit se découpe la silhouette de Béatrice. Debout, les jambes écartées, penchée en avant et parfaitement cambrée, elle s’appuie sur le lit des deux mains. Ses cheveux sont ramenés sur le côté droit ce qui lui permet de me jeter un rapide regard en se tordant le cou. Sa peau luisante accroche la lumière. Je ne peux m’empêcher de la trouver magnifiquement belle et de penser que c’est dans cette position que Marc en a pris possession. Et la posture de Mon Maître me le confirme. Il est nu lui aussi. Debout derrière elle, une main nonchalamment posée sur sa croupe offerte. De l’autre il désigne un guéridon.
- Pose çà, ferme la porte et viens là !
J’obéis, déposant rapidement mon fardeau, trottine rapidement vers la porte que je referme et me rapproche à pas comptés les mains jointes, la tête baissée. A un pas, je m’arrête et prends la pose de soumission. Tout en caressant le dos de Béatrice, Marc me contemple et sourit. Il tend la main vers mes lèvres et s’empare du tissu qui en sort. Je desserre les dents et le laisse extirper le slip. Il le prend de deux doigts et le détaille du regard avec attention. Il est trempé de salive et, ainsi humidifié, je m’étais habituée à le sentir dans ma bouche. Marc déplie le slip et le dépose délicatement sur les fesses nues de Béatrice. Elle a un léger sursaut au contact de la pièce de tissus trempée sur ses reins, mais elle ne se redresse pas.
- A quatre pattes sur le lit Isabelle !… Face à ta sœur !
Je romps la pose et monte à genoux sur le lit. Je me cale au milieu de la couche et me penche en avant prenant appui sur mes mains qui s’enfonce dans le plaid moelleux. Mon visage est à quelques centimètres de celui de Béatrice Elle a baissé la tête mais je peux percevoir sa respiration syncopée. Mon Maître la contourne et s’approche de moi. Sa main se glisse sous mon menton relevant ma tête et son pouce effleure langoureusement mes lèvres.
- Ta sœur a parfaitement su me contenter…
Il marque un temps d’arrêt et tout en continuant à caresser mes lèvres il se penche sur elle.
- N’est ce pas Mademoiselle Béatrice ?
Pas de réponse.
Les épaules de Béatrice s’affaissent imperceptiblement
Marc hausse le ton.
- N’est ce pas Mademoiselle ?
Cette fois Béatrice réagit
- Oui… Oui, Mons.... Maître !
Le pouce de Marc s’enfonce dans ma bouche
- Et maintenant c’est à ton tour Isabelle !

Abandonner toute pudeur ! Faire abstraction de ma sœur qui me regarde, qui me jauge, qui me juge peut être ? Sentir son regard alors que ma bouche s’applique à faire renaître le plaisir de mon Maître.
Peu à peu, comme à l’accoutumé dans les situations humiliantes, mon esprit s’échappe. Le monde s’éloigne de moi, ma vision se rétrécit et les sons s’étouffent. C’est dans un brouillard bleuté que j’aperçois la silhouette féline de Béatrice qui, a quatre pattes sur le parquet ciré, fait le tour de la pièce sur l’ordre de Marc, goguenard, affirmant ainsi à mes yeux la totale reddition de Béatrice. C’est dans un voile de buée que je la vois se tordre sous les coups de boutoir de Son Maître. C’est mon ventre enflammé et ma raison qui vacille lorsque je m’offre sous ses yeux, la croupe tendue, et qu’elle attend passivement au pied du lit le bon vouloir de Marc, debout, les jambes écartées et les mains dans le dos le regard fixé sur ma nuque en sueur.
J’aurais voulu mourir lorsque j’ai laissé échappé mes premiers gémissements de plaisir.
Mes sensations se noient dans une mélasse sirupeuse, l’air autour de moi devient chaud et dense. Le temps s’échappe ou se rétrécit en fonction de la fantaisie de Mon Maître. Mon corps flotte insensible ou terriblement présent lorsque ma peau effleure et glisse contre celle de Béatrice en un crépitement électrique de plaisir, de répulsion instinctive. 
La main de Mon Maître me guide, je n’ai qu’a me laisser aller à ses désirs. Alternativement nos ventres et nos bouches s’activent en des baisers obscènes que noient nos rires incoercibles et le champagne.
Je ne sais pas quand j’ai sombré dans le sommeil. Une dernière vision. Ma joue collée contre le ventre brûlant de Béatrice que pénétrait vigoureusement mon Maître sous me yeux. Je n’ai pas protesté lorsque le bélier victorieux  s’extirpant de la vulve de Béatrice enduit et luisant de sa liqueur de Cyprine s’est présenté à moi. Devançant son intention, avant même qu’il ne me touche les lèvres, j’ai ouvert la bouche accueillant l’hommage de Mon Maître, parfumés du plaisir de ma sœur.

1 novembre 2011

Faux départ.

Je contemple les livrets manuscrits étalés sur mon bureau. Il y a là plusieurs années de soumission à Mon Maître. De mes dix neuf ans à cet été. Je me rejette en arrière dans mon fauteuil et regarde par la fenêtre. Dehors Béatrice, suivie de deux apprentis, mène les chevaux vers les enclos extérieurs du haras. Instinctivement, comme si elle se savait observer, elle lève la tête vers moi. Je souris et me lève pour m’approcher de la fenêtre. Elle me fait un petit signe de la main en passant sous moi. Je lui réponds d’un même signe. Les deux garçons d'écurie ont remarqué nos gestes et leurs visages se tournent vers moi.
Ils nous savent complices, mais peuvent ils deviner à quel point ?
Posément, je referme la fenêtre sur l’automne qui  prend ses quartiers sur la vallée. Je reviens à ma table de travail. Ma main s’empare du quatrième livret celui que je suis en train de vous recopier avec tant d’aléas. En restant debout je l’entrouvre sur le signet qui marque le chapitre que je viens de relire.
Quelle folie ! Comment décrire l’indescriptible ?
J’ai reçu des courriers suite à cette dernière aventure qui commence à peine. On m’y reproche la relation incestueuse avec ma sœur et de la décrire avec tant de complaisance ! Une rage intérieure monte de mon ventre. Je frissonne d’indignation contenue et une larme perle à mes cils. N’ont-ils donc rien compris ? Désemparée, je me suis confiée à Marc. Dois-je continuer ? Faut-il vraiment tout dire, tout livrer ? Aller au bout ?
Mon regard se porte sur les autres livrets, ceux qui suivent. Il y à là des aventures que je n’aurais jamais pu imaginer, née de la fantaisie débridée de Mon Maître et de ceux qui l’entourent pour m’emmener toujours plus loin sur mon chemin de servitude.
Comme toujours, il a su me rassurer en quelques phrases.
- Isabelle Tu sais qu’il est en mon pouvoir de t’obliger à faire l’amour avec ta sœur… N’est ce pas ?
- Oui Monsieur.
- Et tu le ferai ?
- Je… Oui Monsieur… Si c’est votre désir
Un silence au téléphone.
Je réalise ce que je viens d’accepter, Il continue.
- Et pourtant ce n’est pas ce que j’ai exigé de toi, ni de Béatrice d’ailleurs !  N’est ce pas ?
- Je … Oui Monsieur !
Ma voix tremble et il devine que je ne suis pas convaincue.
Son ton devient ferme comme lorsqu’il m’inculque une leçon ou me donne un ordre impératif.
- Isabelle ! Ecoute-moi bien ! Tu as couché en compagnie de ta sœur, ce soir là ! Pas, AVEC, ta sœur.
Un éclair de compréhension me laisse un instant bouche bée. Mais bien sur ! Comme il a raison ! Les images de cette soirée défilent devant les yeux. Toute mon attention  était portée vers un seul objet celui de satisfaire Mon Maître. Je n’ai échangé aucune caresse avec Béatrice ! De cette soirée il ne me reste que le souvenir du seul contact avec sa peau et le parfum de ses cheveux mêlés aux mien. Je frissonne à cette idée et prends une profonde inspiration. Je vais pour dire à Marc que je viens de comprendre,  mais il me coupe
- Est ce que cela a posé le même problème a Béatrice ?
Il connaît la réponse mais semble vouloir l’entendre de ma bouche
- Non, Monsieur !
- Bien ! Alors tu va me faire le plaisir de te ressaisir et de continuer ton récit.
Sa voix s’adoucit.
- j’ai hâte de lire la suite Isabelle ! Même si je la connais !

Je repose le livret sur le bord de la table. Et c’est le cœur revigoré que je m’apprête à reprendre le court de mon récit.
C’était sans compter l’entrée dans ma vie d’un nouveau maître !
Je pensais être repartie dans mes Carnets pour longtemps et par là même vous en faire profiter. Mais c’était avant ma rencontre avec mon directeur de thèse.
Et voilà ! Je suis partie au moins pour trois années de dur labeur sous la férule d’un maître qui ne me touchera jamais.
Il va falloir me pardonner, mais il y a de forte chance que les chapitres des Carnets vont s’égrener bien plus lentement maintenant. Entre le haras, la préparation de ma soutenance de thèse et ma disponibilité à Mon Maître. Il ne me restera pas beaucoup de temps à leur consacrer.
Mais j’ai fait la promesse à Marc que tout sera un jour consigner sur ce blog. Et cela sera fait… Selon ses désirs.

2 octobre 2011

Chap. 11. En Aveugle

Comme obéissant à un signal, Marc cesse  sa caresse et ôte ses doigts de l’entrejambes de Béatrice. Elle reste un moment en suspend, surprise du brusque arrêt de sa montée du plaisir, s’attendant certainement a en atteindre le sommet à tout moment. Elle retombe sur ses talons et, sonnée, laisse son visage enfoui dans ses bras. Sa poitrine se soulève à un rythme rapide. Elle cherche à reprendre son souffle en lâchant à chaque expiration un petit vagissement de détresse.
Marc se relève lentement sa main glissant le long du corps de Béatrice. Il s’empare délicatement de se ses longs cheveux de bronze et les réunis derrière sa nuque en une queue de cheval.
Il se penche à son oreille.
- je vois que Mademoiselle est maintenant prête ?
Béatrice baisse les bras qui cachaient son visage et les remet dans son dos. Elle est écarlate et sa respiration reste saccadée comme celle d’une personne qui vient de manquer de se noyer. Elle tente toutefois de répondre dans un halètement court.
- Ou…Oui…Mons… Maître !
Marc lâche ses cheveux et lui assène alors une petite tape sur les fesses
- Très bien!... Alors conduisez-moi donc à ma chambre, s’il vous plaît !
Béatrice reste un court moment interloquée. Elle me lance un rapide regard puis se tourne vers Marc
- Je… Oui Monsieur !
Elle quitte sa pose et à petits pas gracieux se dirige vers un des escaliers de fer qui mènent à l’étage, aux chambres. Marc lui emboîte le pas et gravit les degrés à sa suite les yeux rivés sur la croupe nue et insolente de ma sœur qui ondule à chaque montée de marche. Il ne m’a pas adressé la parole et, désemparée, je reste seule au milieu de la pièce, nue dévotement agenouillée. Le slip de Béatrice qui pend de chaque cotés de ma bouche et qui commence à être passablement trempé de salive. Un pincement au cœur, je les suis des yeux. Arrivé sur le balcon circulaire Marc me lance enfin un regard. Le spectacle que j’offre lui arrache un sourire satisfait, mais il reporte vite son attention sur Béatrice qui ouvre la porte de chêne menant à la chambre. Il s’y engouffre à sa suite en laissant la porte ouverte derrière lui.
Ma tête retombe et je fixe le tapis. Mes genoux commencent à me démanger. J’écarte un peu plus les jambes pour en changer le point de contact. Le sang bat à mes tempes et j’essaye en fermant les yeux de capter le moindre son en provenance de l’étage supérieur.
Je reconnais, sans la comprendre, la voix de mon Maître et l’intonation dévouée de ma sœur qui lui répond à voix basse. Ils échangent un court moment puis le silence s’installe.
Je finis par penser qu’ils se sont éloignés hors de porté de mon oreille en passant dans la salle d’eau, lorsque, troublant le silence, un gémissement à peine audible me parvient. Puis un deuxième un peu plus fort. Mon cœur s’accélère. J’ouvre les yeux et lève la tête vers la porte ouverte de la chambre. Ces vagissements de détresse qui en sortent et montent de plus en plus fort pour se perdre dans les poutres entremêlées du pigeonnier ne laisse pas de doute sur leur nature. Mes joues s’enflamment à la pensée de ce qui se passe au-dessus de moi. Mon maître est en train d’affirmer sa possession de ma sœur et de la plus éloquente des façons. Les cris sont contenus, entrecoupé de soufflement rauque. Leur cadence s’accélère de plus en plus et je comprends que l’assaut qu’elle subit se fait pressant. Aux glapissements étouffés qui me parviennent, je devine que Béatrice se fait violence pour juguler ses gémissements. Peut être pense-t-elle à moi en ce moment ? Et par pudeur cherche à cacher à mes oreilles ce qui est maintenant une évidence. Mais vaincue, elle finit par se lâcher, hurlant sa jouissance en un paroxysme sauvage.

Je suis au comble de l’embarras. Difficile de définir mon état. A mi-chemin entre la honte et l’excitation. Et si Marc a laissé la porte ouverte c’est bien pour ajouter à ma confusion.
Un long silence suit la dernière supplication étranglée.
J’entends que l’on murmure à voix basse. Je tends le cou vers la porte comme pour essayer d’en percer les mystères. Des bruits de pas furtifs et Béatrice apparaît sur le balcon.
Elle pose une main sur la balustrade et de l’autre essaye de remettre de l’ordre dans ses cheveux en bataille. De là haut, elle se penche sur la main courante et me lance d’une voix éraillée.
- Isa ! Mar… Euh !… Te… Ton Maître veux te voir !
Elle va pour se retourner mais continue
- Et…  Tu montes le champagne et les verres !
Sans attendre de réponse elle fait volte face et disparaît dans l’ombre de la porte.

26 juin 2011

Chap.8. Face à face.

Un mouvement me tire de ma rêverie. C’est Béatrice qui s’étire. J’entrouvre les yeux. La clarté du soleil est moins dure. Par dessus la poitrine de Marc je la distingue qui se retourne et tend les mains vers le plafond comme pour le soulever. Un gémissement me prévient que, pour elle aussi, le réveille est pénible. Je souris aux anges qui doivent nous observer. Je me tourne vers elle en tendant le cou. Comme obéissant à un signal elle fait de même et nos regards se croisent. Ses cheveux en bataille rivalisent de désordre avec ses yeux plissés. Elle tire la langue pour s’humecter les lèvres et fait une grimace qui vaut tous les discours. Elle non plus ne voudrait pas se réveiller. Elle se laisse retomber en arrière sur l’oreiller dans une plainte étouffée. Ses bras heurtent la tête du lit, mais elle n’en a cure et les laisse au-dessus de sa tête, offrant une poitrine arrogante aux rayons matinaux.
Je me laisse à mon tour retomber sur l’oreiller et repars de nouveau dans mes songes nocturnes…

…Le temps de l’attente semble s’étirer à l’infini. Tous mes sens sont en alerte et je guette d’une oreille tendue le moindre son qui pourrait m’avertir du retour de Marc… Et de ma sœur !
Mon esprit finit par divaguer. Et si ce n’était pas Marc qui brutalement surgissait dans la pièce ? J’imagine le retour de ma mère à l’improviste, me découvrant ainsi entièrement nue, à genoux sur un des tapis qui couvre le sol du pigeonnier. Les yeux bandés, les cuisses largement écartées et les mains dans le dos. Statufiée. Parfaite représentation de ma soumission. Une honte incoercible me saisit. Un frisson me parcourt la nuque, les muscles de mon dos se contractent en un spasme irrépressible. J’essaye de chasser cette image de mon esprit et pousse un profond soupir.
De nouveau l’attente. Je tente de faire le vide. Il faut que je calme les battements de mon cœur pour mieux saisir les bruits de la nuit.
Le claquement sec du clenche qui se répercute contre les murs de pierre me fait sursauter. Je devine la lourde porte de chêne qui s’entrouvre. Des bruits de pas et le tintement caractéristique du grelot que porte maintenant Béatrice. Mon cœur s’emballe. Mes yeux s’écarquillent et se tendent comme si je voulais percer au travers de l’épais bandeau qui me barre les yeux. Je voudrais lire sur le visage de Béatrice l’expression de sa stupéfaction me découvrant ainsi offerte.
Maudit bandeau !
Je relève la tête et tends l’oreille dans l’attente de la voix rassurante de mon Maître brisant ce silence pesant. Le bruit des pas s’étouffe lorsqu’ils s’avancent sur les tapis. Seul le timbre discret du grelot me permet de deviner leur approche. J’identifie distinctement le son mat d’un objet lourd et celui cristallin de verres que l’on pose sur la table centrale.
Le grelot se tait.
Des pas feutrés tourne autour de moi. Mais qu’attendent-ils donc ?
Je devine Marc tournant autour de moi tout en intimant le silence a Béatrice d’un geste impératif. Fier de présenter à la vue de ma sœur le résultat de son dressage, lui faisant ainsi entrevoir ce qu’il attend d’elle, sans prononcer une seule parole.
Un chuintement feutré, Marc se penche sur moi. Un doigt se pose sur ma bouche. Instinctivement j’écarte les lèvres en un O accueillant. Mais le doigt ne fait qu’effleurer l’ourlet de mes lèvres. Il glisse lentement sur mon menton, mon cou, pour suivre une délicate arabesque qui va le mener sur la pointe de mon sein droit. Je prends conscience qu’avant même ce frôlement la pointe en étaient dressés dans l’attente de cette caresse.
- Elle est belle n’est ce pas ?
La voix de Mon maître claque à quelques centimètres de mon oreille. Mais c’est à Béatrice qu’il s’adresse.
Un tintement lui répond. Un hochement de tête de ma sœur certainement.
La caresse se fait plus précise, pétrissant entre le pouce et l’index la pointe turgescente tendue à me faire mal.
- Veuillez vous déshabiller, Mademoiselle Béatrice !
La voix est impérative. Ce n’est pas une simple sollicitation.
Un moment de silence, puis le carillon du grelot s’agite vivement. Je m’imagine le tee-shirt de Béatrice qui lui passe par dessus la tête.
Je sens Marc qui s’agenouille près de moi. Sa voix se rapproche de mon oreille.
- Nous allons voir si ta sœur est aussi belle que toi !
Sa caresse ne cesse pas et les pointes de mes seins y répondent par une dureté de fer. Le tintement du grelot devient plus clair. Elle doit se pencher en avant pour faire descendre son pantalon. Je suis étonnée que Béatrice ne cherche pas à commenter les demandes de Mon Maître ! Toujours prompt qu’elle est à réagir aux moindres sollicitations.
Elle a dû recevoir l'injonction impérative de garder le silence et seule la voix gouailleuse de Marc semble répondre au bruit métallique du grelot.
- Tiens donc !… Vous portez un slip Mademoiselle ?… Hummm !
Un silence puis
- Eh bien, gardez le donc… Et enlevez tout le reste !
Le grelot s’agite de nouveau.
Je sais maintenant que Béatrice n’est pas de connivence avec Marc Si cela avait été le cas elle n’aurait pas porté de sous-vêtements en sa présence, comme le veut la règle de base de la soumission. Je commence à prendre toute la mesure de la passivité de ma sœur. Oui, elle a certainement décidé d’aller au bout de l’expérience. Et il faut que je l’accepte.
- Restez debout… Ecartez les jambes… Les mains dans le dos… Entrouvrez vos lèvres s’il vous plaît… Voilà c’est mieux ! Baissez la tête Mademoiselle.
Ces ordres combien de fois les ai-je entendu ? Et combien de fois leur ai-je obéit ?
- Ta sœur est absolument magnifique, Isabelle…
Sa voix s’approche de mon oreille et susurre pour que je sois la seule à l’entendre.
- Et ce soir elle est à moi, comme tu es à moi !
Et je sais qu’il a raison. Sinon jamais Béatrice n’aurait été jusque là. Jamais elle n’aurait flirté avec les limites proches de l’interdit absolu que lui impose Marc.
- Tu veux voir ?
Je suis déchirée entre l’envie de garder ma cécité pour la soirée. Faire. Subir l’innommable d’accord ! Mais ne pas voir ! Ne pas me voir le faire ! Garder une obscure distance qui me protège.
Mais les mains de mon Maître cessent leurs caresses et s’activent derrière ma nuque.
Le bandeau tombe. Je cligne des yeux.
Et je découvre comme Marc à raison.
A l’autre bout du tapis sur lequel je suis agenouillée. Dans les éclairages indirects. C’est une déesse grecque que je découvre face à moi. Les jambes écartées, tendue nerveusement en font saillir discrètement les muscles. Le ventre est parfaitement plat et sa taille et sa cambrure accentuée par ses épaules rejetées en arrières projettent vers l’avant une poitrine victorieuse. Sa chevelure rousse tombe de chaques côtés de sa tête baissée, en une cascade iridescente. Je note que ses mamelons raidis d’excitation percent au travers du fin voile de ses cheveux qui couvrent à demi sa poitrine. Sa peau reflète la lumière ambiante en une myriade de tons froids qui contrastent et rehaussent encore l’atmosphère brûlante et irréelle de la salle. Seule la pièce de tissu blanc qui lui barre les reins et le ventre contrarie la stature hiératique de Béatrice.
Mon dieu ! Comme elle est belle !
La nudité ne nous pose pas de problème entre ma sœur et moi. Souvent nous allons nous baigner ainsi dans la piscine. Souvent nous occupons la salle d’eau ensemble et prendre ma douche devant elle ne me soucie pas.
Mais là !
La dimension est toute autre. Je prends de plein fouet la sensualité exacerbée qui se dégage du corps tendu et offert. Une chaleur intense me monte au visage. Marc m’observe en souriant. Il est lui aussi à genoux, à côté de moi les mains fermement appuyées sur ses cuisses. Il désigne d’un coup de menton volontaire la sculpture de chair.
- Elle est belle... N’est ce pas ?
La même question qu’il a posée à ma sœur et une invite à répondre.
Dans un murmure embarrassé.
- Oui… Oui, Monsieur !
Satisfait, d’un coup de rein, Marc se relève. Il s’approche de Béatrice.
- Toutefois, cette Demoiselle a beaucoup à apprendre…
D’un geste lent, il s’empare de ses cheveux qu’il ramène en arrière. Comme on le ferait d’un objet de collection qu’on admire. Il passe une main connaisseuse sur sa poitrine. Par en dessous, je peux entrevoir ma sœur qui se pince les lèvres. Sa caresse s’attarde et je m’aperçois qu’elle provoque chez moi la même réaction que s’il me la prodiguait. Mon ventre s’enflamme et les poils de ma nuque se hérissent.
- Elle doit apprendre que nulle barrière ne doit empêcher Son Maître d’accéder à ses envies…
Et tout en disant cela, il pose une main entre les cuisses de Béatrice. Cette fois elle a un sursaut et sa tête se tourne sur le côté et je devine qu’elle fait un effort violent pour rester de marbre. Mais elle ne va pas plus loin.
Pour appuyer sa démonstration l’index de Marc cherche a se frayer un chemin vers son ventre, entraînant avec lui le fin tissu qui se coince entre les lèvres entrouvertes par le doigt inquisiteur.
Béatrice émet un soupir de protestation et sa poitrine se soulève en saccade. Elle réagit malgré elle a l’indécente caresse.
Marc force le geste et frotte vigoureusement le slip blanc contre le clitoris découvert déclenchant chez ma sœur une série de soubresaut retenu et de gémissements étouffés.
Satisfait du résultat Marc retire soudainement son doigt, laissant le tissu fin coincé entre les lèvres qu’il a tenté de forcer. Marc porte ses doigts à son nez puis à ses lèvres, les goûtant comme il le ferait d’un divin nectar.
- Et bien je crois que ta sœur a les mêmes dispositions que toi à mouiller Isabelle !…Il faut en avoir le cœur net. N’est ce pas ?
Et sans attendre de réponse.
- Allons Isabelle… Enlève le slip de ta sœur ! Ouvre donc ce passage pour Ton Maître.
Il se détourne de moi. Sûr d’être obéit.
Il s’approche de la table sur laquelle est posée une bouteille de champagne et trois verres qu’il a apportés. Il en remplit un et se retournant vers nous il en tourne nonchalamment le contenu pétillant avec le doigt qui a forcé ma sœur.
Je reste un moment interdite.
Mais, je sais qu’il va falloir obéir.
Il porte le verre à ses lèvres et en boit une goulée en me regardant, impatient.
- Allons Mademoiselle !
Je me tourne vers Béatrice à l’autre bout du tapis. Elle a fermé les yeux et rouvert la bouche Elle a l’air de prendre son rôle à cœur.
Je fais mine de me relever mais je suis coupée dans mon élan par un claquement de langue désapprobateur de Mon Maître.
- A quatre pattes Mademoiselle.
Bien sur ! J’aurais du le deviner !
Je traverse le tapis à genoux et m’approche ainsi de ma sœur. Son ventre est à la hauteur de mes yeux. Je vois de prés les résultats de l’assaut de Mon Maître. Le slip est profondément enfoncé entre ses lèvres moulant précisément l’entrée de la vulve de Béatrice et le tissu qui en est légèrement ressortie est trempé de liqueur de cyprine témoin de l’excitation de Béatrice.
Troublée, je vais pour tirer le slip vers le bas d’une main tremblante.
- Tss… Tss… Non… Non, Isabelle !… Avec les dents s’il te plaît !

29 mai 2011

Chap.6. Obsédé Sensuel.

Béatrice accuse le choc. Ses sourcils se lèvent en une expression de surprise Elle entrouvre la bouche pour répondre, puis se ravise. Nerveusement elle s’empare de son verre, le porte à ses lèvres avant de s’apercevoir qu’il est vide. Marc s’empare de la bouteille. Elle tend son verre à lui. En suspension au-dessus de la table le goulot et le bord du verre se rencontrent et s’entrechoquent dans un petit carillon cristallin. La main de Béatrice tremble ! Mais de quoi ? D’indignation, de frustration ou d’excitation ? Le frémissement n’échappe pas à Mon Maître. De sa main gauche il saisit le poignet de Béatrice pour stabiliser sa main. Au lieu de la rassurer cela achève de la déstabiliser. Elle baisse les yeux et détourne le regard.
Le verre remplit et Marc lui lâchant le poignet elle lance un merci d’une voix éraillée suivit d’un raclement de gorge embarrassée. Elle porte le verre à ses lèvres. Lorsqu’elle le repose, il est au trois-quarts vide.
- Tout de même Marc !…Il m’en faut un peu plus !
Elle retrouve son calme et contre-attaque même en continuant.
- Vous pensez donc que la domination n’est que sexuelle ?…
- Non, Béatrice ! Elle n’est que sensuelle… Et vous le savez bien, si vous lisez votre sœur plus qu’au premier degré… Ce que je crois. Sinon il y a longtemps que vous l’auriez dissuader d’entretenir une relation aussi destructrice.
Il me pointe du doigt.
- D’ailleurs, ce que vous voyez là est-il sexuel ? Dites-moi donc où ?
Béatrice me regarde, instinctivement je rectifie ma position qui s’était quelque peut avachie. Elle réfléchit un instant et hausse les épaules.
- La position en elle-même est suffisamment parlante. Non ?.
- Parce que vous savez ce qu’elle veut dire ! Ou bien elle fait appelle à des pulsions et des désirs cachés au fond de vous ?
Béatrice balance la tête d’indécision. Elle ne sait que répondre. Elle ne peut le nier, puisque c’est elle-même qui vient de suggérer l’aura érotique qui émane de ma position. Et elle ne veut certainement pas consentir pour ne pas laisser prise à Marc sur elle.
Elle est acculée et Marc le sait. Il la laisse un instant dans son incertitude.
Puis continue
- Mais Isabelle peut nous aider à résoudre cette controverse mieux que quiconque !
Il se tourne vers moi.
- Mademoiselle?… Pourquoi avez vous les jambes écartées ?
Et voilà ! Çà continue ! L’humiliation ne cessera donc pas ? Je prends une profonde inspiration et lâche d’une traite ce qui maintenant est connue par cœur
- Parce que je suis à votre disposition et mon ventre doit toujours vous être accessible.
- Et pourquoi avez vous les mains dans le dos ?
- Ma poitrine offerte est le témoin de votre domination et de mon plaisir à vous servir, Monsieur!
- Pourquoi êtes vous cambrée ?
- Parce que mes reins vous sont proposés selon votre bon vouloir et vos exigences.
- Et pourquoi avez vous les lèvres entrouvertes ?
- Pour… Pour que vous puissiez utiliser ma bouche suivant vos désirs et votre volonté, Monsieur.
Mes joues s’enflamment de plus en plus au fur et à mesure que je réponds doctement au questions de mon Maître.
- Et tu aimes être ainsi offerte Isabelle ?
- Oui Monsieur !
- Et si je te demande de te mettre nue, ici immédiatement… Tu le feras ?
- Je… Oui Monsieur ! Si c’est votre souhait !
- Est-ce que cette idée te fait mouiller ?
Mes pommettes me brûlent. La soirée prend une drôle de tournure et je dois m’avouer que l’excitation monte passablement.
-… Oui Monsieur !
Marc se tourne à nouveau vers Béatrice. Croise les jambes nonchalamment. Il ouvre la paume de sa main vers le haut en me désignant et en haussant les épaules dans un geste d’interrogation.
- Alors Béatrice ?
Je commence à entrevoir le jeu de Marc. Il vient subtilement de retourner sa propre question à Béatrice.
Elle se penche sur la table et se met à jouer avec son couteau. En le faisant tressauter sur la table pour se donner une contenance.
- Comme je vous disais Marc… Il m’en faut plus !
Contrarié, Marc se recule sur sa chaise et croise les bras. Il hoche plusieurs fois la tête. Comme s’il était confronté à un choix intérieur !
Et sa décision prise, se tournant vers Béatrice il lance d’une voix monocorde.
- Très bien, alors allez vous agenouiller à côté d’Isabelle !
Il n’y a pas de commandement dans sa voix. C’est une simple proposition faite sur le ton de celui qui s’attend être naturellement obéit.
Les yeux de Béatrice s’écarquillent stupéfaite par l’aplomb de Mon Maître. Elle joue encore un instant avec le couteau en fronçant les sourcils. Cette fois ci, elle est confrontée à une tempête intérieure qui assombrie sont visage. Son regard se porte sur moi, puis sur Mon Maître qui attend un sourire narquois aux lèvres. Il l’a met au défi et je sais que ma sœur n’est pas femme à s’en laisser compter.
Brusquement son visage s’éclaire. Dans un même mouvement elle se lève en repoussant violemment du pli des genoux la chaise en arrière. Abandonnant le couteau elle tape des deux mains sur la table en souriant malicieusement et lâche d’une voix enjouée
- Chiche ?
D’une vive enjambée elle se place à côté de moi, et sans hésitation s’agenouille sur le sol.
Sa réaction a été si ardente que Marc en reste un moment interdit. Il ne s’attendait certainement pas a une capitulation rapide. Il a un petit claquement de langue et secoue légèrement la tête comme s’il se disait "Trop facile" Et je sais qu’il est déçu de ne pas pouvoir avoir donné toute sa mesure à la joute oratoire dans laquelle il se délecte. Pour Marc la puissance et le plaisir commencent par le verbe.
Sans quitter sa chaise, Il se penche sur nous en s’appuyant des deux coudes sur ses genoux et observe Béatrice attentivement.
- Il vous manque quelque chose pour que vos sensations soient complètes… Mademoiselle !
Je ne peux m’empêcher de tourner la tête pour la regarder. Sa posture est pourtant la copie conforme de la mienne. Elle arbore toutefois un sourire narquois presque hautain. Elle joue.
- Isabelle Allez donc me chercher un collier !
Le collier... Bien sûr !
- Votre collier de novice, celui avec le grelot… Il lui ira très bien je pense !
- Oui Monsieur !
Je me lève rapidement. Je titube un peu, mes jambes sont engourdies d’immobilité. Je m’élance vers ma chambre. Dans une boite fermant à clé se présentent, sagement rangés, une demi-douzaine de colliers de tout sorte. Ils ont tous en commun un anneau d’acier qui marque ma soumission. Tous, sauf un, où l’anneau est remplacé par un grelot de fer. Je le prends entre mes mains. Un petit tintement métallique me rappelle à mes souvenirs. Le cuir en est patiné par les longues heures de port et l’acidité de ma sueur. Sueur froide, de peur et d’effroi, d’humiliation. Sueur brûlante d’amour, de passion, de plaisirs interdits. Il y a maintenant une partie de moi dans ce joug très particulier.
Lorsque je reviens dans la salle, Béatrice n’a pas bougé Les derniers rayons de soleil traversent la baie vitrée et viennent auréoler sa silhouette et enflammer ses cheveux roux. Je reste un instant stupéfaite. Mon dieu comme elle est belle !
Une beauté sculpturale que renforce encore sa position. Une poitrine arrogante projetée vers l’avant. Des cuisses nerveuse et musclée par les longues heures d’équitation et les travaux du haras, Elle garde naturellement la cambrure et le port de tête d’une cavalière, presque hautaine mais qui offre ainsi son cou au collier que j’apporte.
Marc me désigne Béatrice d’un geste de sa main.
Inutile de parler.
Je me glisse derrière Béatrice et me penche sur son cou. Je ceinture le collier en repoussant ses longs cheveux de bronze sur le côté. Mes mains tremblent et le contact de sa peau me fait frémir. Elle ne bronche pas. A l’horizon le soleil s’écroule derrière le bois du Faye. Ses rayons s’éteignent et la pièce s'obscurcit brutalement comme sous l’effet d’un sombre avertissement.
Je regagne ma place et m’agenouille dévotement.
Marc reste un long moment à nous observer. Même Béatrice n’ose pas rompre le silence. Nonchalamment Marc se sert un verre de vin, se lève, nous contourne, et gagne le large canapé à côté de la cheminée. Où je l’entends s’asseoir confortablement. Et de derrière nous, venu de la pénombre, nous parvient une voix douce, calme, presque bienveillante, mais ferme.
- Bien... Reprenons !… Mademoiselle Béatrice ?… Pourquoi avez vous les jambes écartées ?

14 mai 2011

Chap. 4. Le Maître du jeu.

J’ai encore de la paille dans les cheveux lorsque je franchis le seuil de la maison. Marc est devant moi, sa large silhouette me cache à demi des yeux de Béatrice qui nous accueille.
- Eh bien ! Vous en avez mis un temps ? Le dîner est prêt !
Amusé Marc lance
- Nous avons fait un petit… Pèlerinage !
Un Pèlerinage ! Je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel à la boutade. Il n’en loupe jamais une ! Je baisse la tête et, à petits pas comme prise en faute, sort en retrait de Mon Maître. J’évite le regard de ma sœur et m’élance dans le couloir qui mène à la salle d’eau en lançant.
- Je vous rejoins…

J’inspecte mon corps nu dans la glace. De multiples égratignures et de petites plaques rouges émaillent la blancheur de ma peau. Maudit soient ceux qui ont décrété que faire l’amour dans la paille est agréable ! Çà pique et çà démange ! La paille ! J’en ai d’accrochée jusque dans mes poils pubiens encore mouillés, emmêlés et poisseux des hommages de Mon Maître. En tirant sur les fétus pour m’en débarrasser, je repense à nos rudes retrouvailles. Maintenant je sais réellement ce qu’a éprouvé la jeune fille dans la grange et son inconfort ajouté à sa honte. Je soupir et entre sous la douche fumante.
Marc et Béatrice sont déjà attablés lorsque je pénètre dans le séjour. Des gouttes d’eau perlant de mes cheveux coulent le long de ma nuque. J’ai fait au plus vite bâclant mon essuyage. Mon jean me colle désagréablement sur les cuisses et les fesses.
Béatrice m’observe en coin avec un petit sourire complice que je le lui connais bien. Machinalement je réajuste mon collier de cuir m’assurant que l’anneau d’acier tombe parfaitement et je m’assoie.
Ma sœur a choisi de dresser la petite table ronde plutôt que l’imposante table de ferme en chêne qui trône au centre de la salle. A table nous sommes très proches presque au coude à coudes les plats nous attendent sur la desserte à droite de Béatrice
- Je nous ai mis en triangle Isabelle… C’est plus sympa !
Je note qu’effectivement nos places forment un triangle parfait. Mais la façon dont Béatrice a prononcé le mot triangle est lourd de sous-entendu. Marc sourit et porte à ses lèvres le large verre de cristal et sirote le vin qui y scintille doucement. Il repose le verre et lance railleur.
- La plus stable et la plus belle des figures !
- Et nous en formons la base cher Maître…
Mon sang se glace. " Cher Maître " ! Béatrice vient d’employer les mots qui devraient m’être réservés. Ou bien fait-elle simplement allusion à son statut d’artiste ?
- C’est comme cela que l’on dit, n’est ce pas Isabelle ?… " Cher Maître " ?
- Je… Oui, Oui !
Elle se moque gentiment mais d’une façon manifeste. Je pensais bien que la soirée allait être difficile et ambiguë, mais cela commence fort. Pourquoi est-ce que j’ai l’impression d’être une balle avec laquelle vont jouer Marc et Béatrice dans un jeu singulier ?
Un long silence suit. L’embarras et le malaise qui plane est palpable.
Brusquement Béatrice claque dans ses mains.
-Allons, allons, on se détend… Nous savons tous trois ce qu’il en est entre vous deux ! N’oublie pas que je te suis pas à pas sur ton blog… Alors pas de faux-semblants et détendons nous… N’est ce pas Marc ? Sinon ma petite Zaza va mourir de honte avant la fin du repas !
Un nouveau sourire de Marc. Sourire auquel je réponds timidement. Béatrice éclate de rire. Je lui sauterais au cou pour la remercier, elle vient de briser la glace en deux mots. Immédiatement toute la tension qui me crispait retombe et s’évanouit. D’un geste rapide je m’empare de mon verre de vin à demi rempli et remarque la bouteille. Béatrice a chapardé dans la réserve de grands crus de notre père. La chaleur d l’alcool me fait du bien. Peut être ai-je besoin de çà pour, à mon tour, participer à leur jeu. Ma sœur me regarde en faisant la moue. J’ai vidé le verre d’un trait. Je ne bois du vin que dans les grandes occasions et je viens de lui faire comprendre que cela en est une.
L’atmosphère se détend rapidement. La conversation va bon train et part à hue et à dia pour se perdre parfois dans de grands éclats de rire. J’observe Béatrice. Elle est vive, brillante et tiens tête à Marc sans aucune difficulté. J’ai même l’impression qu’elle joue de son charme pour mieux l’intéresser. Elle a noué ses longs cheveux cuivrés en un chignon impeccable qui laisse libre sa nuque fine et blanche comme de l’ivoire. Ses yeux verts pétillent malicieusement. Comme j’aimerais lui ressembler dans quelques années ! Marc ne semble pas insensible à son jeu de séduction. Et la joute oratoire se passe essentiellement en eux.
- Dite moi donc Marc Vous allez pouvoir m’éclairer comment faites-vous pour exercer autant de pouvoir sur ma petite sœur ?
- J’exerce sur Isabelle le pouvoir qu’elle veut bien me donner
- Vous voulez dire que c’est elle qui le désire
- C’est elle qui est venue à moi je n’ai fait que lui proposer une possibilité de vivre ses fantasmes
- Vous auriez pu la forcer ?
Marc ricane gentiment
- Non ! Cela n’est pas dans ma … Philosophie, et de plus cela n’aurait pas été bien loin Je peux faire bien plus et mieux avec une personne consentante qu’avec une personne contrainte. Contrairement a ce que l’on pourrait croire dans ce jeu c’est Isabelle qui fixe et accepte les règles et elle peut tout stopper en un seul mot.
Dubitative, Béatrice lance
- Ah oui ! C’est ce fameux " safe-word "…
- Oui, voyez-vous, l’existence même de ce mot prouve que c’est Isabelle qui gère sa soumission.
- Mais alors et vous ?
- Moi ! Je suis le Maître de jeu, j’invente les règles,... Elle n’a plus qu’a se reposer sur moi pour vivre ses envies. Et je fais de mon mieux pour les deviner et les réaliser.
Béatrice reste un instant sans voix. Elle semble traversé par une tempête intérieure. Elle repense certainement à toutes les expériences et les épreuves que Marc m’a fait traverser. Celles que j’ai écrites et celles que je lui ai racontées.
Elle ouvre plusieurs fois la bouche comme si elle cherchait ses mots.
- Mais… Mais vous avez été loin tout de même, c’est parfois un peu… Limite !
- Jamais plus loin que ce que désire Isabelle dans la réalisation de ses fantasmes
- Vous voulez me dire qu’Isabelle est une perverse !
Je rougis et baisse les yeux sur mon assiette. Je sens le regard de Béatrice sur mon front. Marc ne répond pas a la question qui semble plus être une affirmation qu’une question. Elle continue dans son introspection a haute voix.
- Et je me demande jusqu’où pouvez vous aller ?
- Il n’y a pas réellement de limite. C’est à ma fantaisie, à celle d’Isabelle,… Et à la votre !
Elle semble surprise par la dernière affirmation. Autant que moi d’ailleurs ! Pourquoi donc " la sienne " ?
– Vraiment ?… J’ai du mal l’imaginer !
Marc à un petit raclement de gorge. Reste un moment silencieux. Puis lance en me regardant
- Mademoiselle,… Veuillez quitter la table et vous agenouiller sur le sol !

22 avril 2011

Chap.2. Une balade apéritive

Je reste un peu en retrait lorsque Béatrice descend les deux marches de l’entrée et s’avance vers Marc. Elle arbore un large sourire de bienvenu et arrivé à sa hauteur, l’embrasse sur les joues
- Bonjour Marc, …Vraiment contente de vous rencontrez…Enfin !
Suivent les amabilités d’usages que j’écoute d’une oreille distraite.
Un doute m’étreint et me laisse dans l’expectative. Une impression bizarre qui me laisse interdite. Tout se passe comme s’ils se connaissaient de longue date !
Béatrice se plie en quatre pour passer pour une bonne maîtresse de maison.
Elle propose des rafraîchissements et énonce ce qu’elle a préparé pour le dîner. Elle s’enquiert auprès de moi pour savoir si le pavillon des hôtes a été aéré et le ménage fait… Je n’ai à peine le temps d’en placer une. Même Marc s’amuse de sa volubilité en me jetant parfois des œillades amusées. Je finis par froncer les sourcils en la coupant net.
- Je vais faire visiter le haras à Marc !… Vous venez Marc ?
Et je m’éloigne d’un pas décidé en lui lançant un regard interrogateur.
Je prends brusquement conscience que je viens de l’appeler Marc… Deux fois de suite.
Je me fige.
- Heu… je veux dire…
Ma sœur m’observe par en dessous en inclinant la tête, elle attend quelque chose.
Je joins mes mains et pique un fard.
- Vous… Vous me suivez… Monsieur !
J’ai essayé de donner le ton le plus neutre possible au dernier mot.
Béatrice sourit en se pinçant les lèvres comme pour ne pas éclater de rire.
Je réprime une soudaine colère. Elle connaît tout de ma relation avec Marc, c’est certainement la lectrice la plus assidue de mon blog. Je viens de comprendre qu’elle a certainement décidé d’en jouer. De jouer avec mon trouble et toutes les ambiguïtés qui ne vont pas manquer d’émailler le court séjour de Marc.
Nous nous dirigeons vers le Cournil lorsque ma mère débouche en trombe des bureaux du Club-House. Elle nous a vu et s’oriente vers nous d’un pas assuré. De loin, avant même d’être à nos côtés, elle lance
- …désolée les enfants, je ne dîne pas avec vous ce soir. Je prends une douche et part de suite, on m’attend pour la vente et je suis à la bourre…
Elle s’avise de la présence de Marc à mes côtés et lui tend une main énergique.
- Bonjour Marc… Enchantée… Je vous laisse avec les filles… Elles prendront soins de vous. Isabelle tu fais visiter le haras à Marc, s’il te plaît…
- Oui, c’est ce que je…
Et sans écouter la fin de ma phrase elle repart en courant presque vers la maison.
Elle se retourne une dernière fois en lançant une main en l’air et en criant
- Vous montez Marc ?… Ha oui… C’est vrai !
Pressée, elle ne lui laisse pas le temps de répondre et le fait pour lui.
Marc reste un instant à la regarder s’éloigner visiblement impressionné par son dynamisme puis se tourne vers moi.
- Ouaho !… Elle est toujours comme çà ?
Et je hausse les épaules et lève les sourcils.
- Ben oui !
Intérieurement je suis soulagée qu’elle n’assiste pas au dîner. Et la vente des yearlings va certainement la tenir éloigné pendant une bonne partie de la semaine.
Marc interroge
- On selle des chevaux ?
- Je pensais prendre le tout-terrain, Il est tard… Demain si vous le voulez bien ?

Marc n’a rien dit lorsque j’ai pris le volant. J’ai conduit le lourd véhicule à travers les pâtures et les chemins creux des forets de la propriété en lui montrant les principales installation. Après un long détour je m’arrête sur la butte la plus élevée, cette où on domine les écuries, juste aux pieds de la carrière.
Je coupe le contact et saute du véhicule. Marc me suit. Je m’adosse à un arbre en pointant du doigt les alentours. Je lui explique alors la vie du haras, ma vie. Je lui explique que sitôt finies mes études je reviendrais ici, pour y écrire et élever des chevaux. Il m’écoute avec attention en hochant la tête et puis tout à coups je n’y tiens plus et lance à brûle-pourpoint.
- Ma sœur… Béatrice… Vous vous connaissez ?
Il met un temps a réagir surpris par le changement de ma conversation.
- Oui… En quelque sorte… Elle sait que tu es ma petite chienne dévouée, non ?.
Et voilà comment il retourne la situation, il vient de me rappeler ma condition en deux mots. Je sens mes joues s’embraser. Bien sûr qu’elle sait ! Me revient brusquement en mémoire un épisode particulièrement troublant (Cf. Le Triangle à quatre côtés). Mais je n’ai jamais su si cela n’étais pas simplement encore un de ces jeux dont Mon Maître est friand ?
A cette évocation mon visage s’empourpre.
- Oui… Elle sait… Mais ce que je veux dire … C’est que… Vous vous connaissez … Comment ?
Je suis si troublée que j’en perds mon vocabulaire. Marc s’en aperçoit et éclate de rire. Il s’approche et pose délicatement ses doigts sur ma poitrine. Je porte les mains derrière moi, le long du tronc de l’arbre pour lui signifier l’acceptation et l’encouragement à la caresse. Il titille un instant la pointe gonflée de mon sein droit à travers le coton tendu de mon tee-shirt.
Songeur comme pour lui-même il lance.
- De quoi avez vous peur, Mademoiselle ?… Seriez-vous jalouse ?
Je sens qu’il n’attend pas de réponse, mais ne peux m’empêcher.
- Ho !… Mais non… Du tout…Monsieur… Et puis Béa C’est pas son…son…
La pression des doigts s’accentue sur le mamelon durcit.
Je ne trouve plus les mots.
Marc vient à mon secours.
- … Son… Truc ? C’est cela Mademoiselle ?
- Oui… Oui monsieur !
Sachant que nous nous somme compris
- Vraiment ?
Il devient encore plus songeur
- Ce n’est pas ce qu’elle m'a dit !
Une onde glacée me parcourt le dos. Mon regard se porte vers le sien. Il sourit.
Je veux m’assurer que nous parlons de la même chose et lance étonnée.
- La… La soumission ?
Son sourire s’élargit. Il reporte son attention vers l’horizon.
- Si tu me la montrais cette grange ?
Perdue dans la confusion de mes pensées, je ne réagis pas.
- …Tu sais cette grange où tu as perdu ton innocence ?
Inutile d’insister, Marc vient de changer de conversation, y revenir serai mal reçu mais un malaise diffus m’étreint lorsque je remonte dans le Cournil.

 

13 avril 2011

Chap. 1. Protocole.

Je dévale les escaliers quatre à quatre. Sans reprendre mon souffle je traverse le hall. Du coin de l’œil je m’avise de la présence de Béatrice dans la cuisine. Et ouvre la porte d’entrée.
Je lui crie.
- Il est là !
Ma sœur lève vers moi son visage étonné et me jette un regard interrogatif. Je reprends mon souffle et surexcitée, je lance à nouveau
- Marc !… Marc !… Il est là !
Et sans attendre de réponse je me précipite à l’extérieur.
Le message est clair. L’écran de mon portable s’est illuminé sur une phrase simple.
" Je suis devant. Je t’attends " Mon cœur bat à tout rompre. Je cours sur le chemin qui longe l’arrière des stalles et qui débouche sur le côté de l’entrée principale du haras.
Je m’arrête brusquement et prends conscience de mon attitude de petite fille qui cours au devant d’une surprise longtemps attendue. Une profonde inspiration pour reprendre mon souffle. Je calme mon pas avant de tourner le coin du porche. J’essaye de reprendre un peu de dignité en me grandissant un peu et d’une démarche mesurée et digne je passe l’angle de pierre qui me cache de mon visiteur.
Il est là !
Impossible de calmer les battements de mon cœur. Je m’approche à pas comptés et je ne sais trop quelle attitude adopter.
Je vois bien qu’il m’attend. Nonchalamment à demi assis sur l’aile d’un coupé sport sombre, les jambes et les bras croisés. Je m’approche. Son regard est caché par des lunettes noires mais je peux deviner qu’au demi-sourire de ses lèvres il goûte la situation. Je connais sa facilité à lire en moi le moindre de mes gestes et de mes attitudes. Il ne peut manquer de deviner l’embarras qui m’étreint.
Il m’avait pourtant prévenu: "Je suis de passage pas très loin de chez toi, j’en profiterai pour te rendre visite…. Nous descendrons ensemble, Kristale t’attend avec impatience…" Ainsi est venu le temps de passer de nouveau sous la férule de mon Maître! L’accompagner dans le sud, et comme il me l’a annoncé retrouver l’autorité de la blonde nordique.
Mais pour l’instant, Il est là, … Chez moi ! C’est une chose que je ne pouvais concevoir, ni même imaginer.

- J’ai failli attendre !
Son ton est goguenard.
- Je … excusez-moi Monsieur… J’ai couru… Je…
Et je me rends compte qu’il est vain de continuer mes piètres explications.
J’ai envie de lui sauter au cou, mais je sais qu’il vaut mieux éviter ce type d’effusions avec Marc. Je me contente de me caler devant lui. Je lance rapidement un regard circulaire pour m’assurer que personne ne nous observe et j’écarte les jambes tout en glissant mes bras dans le dos. Je cambre les reins et, dans une totale attitude de soumission, je baisse les yeux vers le sol en lançant, d’un ton de voix le plus humble possible.
- Bonjour, Maître !… Je suis à votre service !
J’attendais ce moment avec impatience, mais je ne peux m’empêcher de rougir fortement ce qui ajoute encore à mon embarras. J’espère simplement que Marc ne va pas faire traîner le protocole en longueur. Je prie intérieurement pour que personne ne surgisse et me vois dans cette posture bizarre et provocante face à un inconnu.
D’un coup de rein Marc se décolle de la carrosserie de la voiture. Il s’approche d’un pas puis se met à tourner autour de moi. Je sais qu’il est en train d’inspecter ma posture. Je sens son regard qui court le long de mon dos et s’attarde sur mes fesses tendues et indécemment projetées par ma cambrure. D’une main il écarte mes cheveux roux ramenés en arrière en une queue de cheval, découvrant ma nuque.
- Je le vois bien… Tu as ton collier !
Il fait allusion au très discret lacet de cuir qui me ceinture le cou. Pour les initiés, un petit anneau de fer signale mon appartenance à un Maître… Mon Maître !
Il lâche mes cheveux et reviens devant moi se postant à un mètre.
- Et… Tu as un slip sous ton jean ?
La question me désarçonne un instant, comme déclaration de retrouvailles c’est plutôt direct !
- Je… Non, Monsieur ! Je vous attendais… Je... Je suis à votre disposition !
Et nous savons tout deux ce que cette simple phrase sous-entend.
Un silence qui s’éternise. Marc se délecte de mon trouble.
- Ouvre ton pantalon !
Si la terre s’ouvrait sous mes pieds, j’en aurai été soulagée.
Un froid glacial me parcourt la nuque. Je ferme les yeux un cours instant pour tenter de reprendre sur moi. Marc prend çà pour une tentative de refus. Et d’une voix calme, il précise.
-  C’est un ordre Isabelle !
- Je… Oui Monsieur… Excusez m… !
Je me pince les lèvres. Mon dieu, toujours ce réflexe de petite fille bien élevée que de vouloir demander son pardon alors qu’il a horreur de çà !
Je ne peux m’empêcher de jeter un regard par dessus mon épaule pour vérifier à nouveau que nous sommes seuls. Fébrilement, je glisse mes mains sur mon ventre à la rencontre du bouton de la ceinture, puis ceux de la braguette et les déboutonnent un à un. Le jean s’entrouvre. Docilement je tire sur mon tee-shirt pour le trousser et dévoiler ainsi au regard de mon Maître ce qu’il exige de contempler. Je m’immobilise en détournant la tête pour ne pas croiser son regard.
Dans ma tête mes émotions s’entrechoquent. Me demander çà ! Ici devant chez moi. Et si quelqu’un nous surprenait ? Nous sommes samedi et la plupart du personnel est en congé. Mais ma sœur et peux être même ma mère, qui doit s’activer à ses préparatifs de départ, pourraient passer par là ! Je vais défaillir si cela continu. Mes oreilles bourdonnent et le sang frappe à mes tempes. Mon dieu, faites qu’il fasse vite.
- C’est bien ! C’est bien ! … Parfait !
Il vient en fait de vérifier ce qui était convenu depuis quelques semaines. Je devais arrêter l’épilation de mon ventre. Et c’est un duvet aux délicats reflets roux et or qui brille au soleil de l’après-midi que mon Maître peut contempler à loisir.
- Tu peux te rhabiller !
Quel soulagement ! Visiblement cela marque la fin de cet examen et que le signal de soumission a été accepté. Je me détends et quitte la pose comme un soldat quitte le garde à vous au signal " Repos ". Je me reboutonne précipitamment tandis que Marc, sans plus me prêter attention, se dirige vers son véhicule.

Je marche sur l’allée qui mène au parking des visiteurs. Derrière moi, le véhicule me suit au pas dans un ronronnement puissant et un grésillement de pneu sur le gravier. Je sais quel spectacle j’offre, je sens le regard de Marc sur mon dos, ma croupe gainée de mon jean serré. Cela m’amuse et force le déhanchement. Cette petite facétie m’empêche de penser à la soirée qui s’annonce.
Il va falloir que je présente Marc à ma mère et ma sœur. Cette seule pensée me ramène à la réalité. D’un geste je désigne à Marc l’emplacement où se garer et attends passivement. Je regarde vers la maison. Béatrice est sortie sur le seuil pour observer le nouvel arrivant.
Elle sourit.

26 décembre 2010

Chap.10. La cachette dévoilée.

J’aurais du le voir !
Trop occupée a contempler les ébats du trio… Certainement !
Un spectacle que maintenant je me lassais plus de contempler.
Mais j’aurais du le voir !
Et qu’aurais-je fais alors ? … Hurler ? … Les prévenir et ainsi me découvrir ? Dans ma tête les questions se bousculent. Je suis revenue à la maison totalement chamboulée. Je suis montée dans ma chambre en grimpant les escaliers quatre à quatre. Un sentiment de culpabilité et d’impuissance me noue le ventre. Recroquevillée sur mon lit je revois la scène au ralenti.

La large silhouette sombre a surgi devant la porte de la grange, juste devant moi.
Sans que rien ne prévienne de sa venue !
Mathias est le régisseur du haras. Il s’occupe de l’intendance, mais je ne savais pas alors qu’il visitait régulièrement les bâtiments du domaine pour en vérifier l’état. A l’approche de l’automne, il venait certainement en fermer les portes pour protéger les foins des prochaines ondées. La surprise est totale des deux côtés. Et la scène des plus édifiante pour le régisseur. La jeune fille est totalement nue, recroquevillée aux pieds des deux garçons qui viennent de une nouvelle fois de se partager ses faveurs, comme ils sont en train de se partager une cigarette, avec délectation.
Et c’est certainement cette cigarette allumée, si près des herbes séchées, qui fait rugir Mathias.
Tout s’accélère soudainement, les deux garçons bondissent comme des diables hors de leurs boîtes, s’emparent prestement de leurs effets et en un éclair s’élancent sur le chemin, torse nu, sans demander leur reste.
Il en est autrement pour la jeune fille.
Elle est moins prompte à se relever encore sonnée par les outrages auxquels l’ont soumis les deux jeunes gens. Gênée par la paille qui lui griffent les chevilles, elle se redresse maladroitement, cachant sa poitrine d’une main et cherchant de l’autre ses habits éparpillés dans la grange en lançant des gémissements de désespoirs. Elle sait qu’elle ne peut échapper à la vue de l’homme qui vient de surgir et ses tentatives de se rhabiller sont vouées à l’échec.
Totalement désorientée, elle s’élance, sautille, trébuche, crie et pleure tout en essayant de retrouver ses vêtements. Au comble de la panique, elle tente de sortir en courant du bâtiment, encore nue, avec quelques vêtements à la main.
C’est sans compter la colère du régisseur qui a certainement besoin de fustiger ces jeunes squatters sans vergognes. Alors qu'elle est sur le point de franchir le seuil, il se saisit au vol du poignet de la jeune étudiante et la ramène violemment à l’intérieur de la remise. Surprise, dans un grand cri aigu, la jeune fille lâche ses effets qui s’éparpillent de nouveau à ses pieds. Tétanisée, elle renonce à toute tentative de fuite. Elle fait juste un pas en arrière en portant une main devant son bas ventre, barrant de l’autre sa poitrine.
Face au régisseur elle semble fragile et vulnérable comme une biche prise au aboie.
Mathias est une force de la nature. Et il en faut de la force pour diriger le petit monde du haras, tout en s’acquittant des travaux de ferme nécessaire à la vie de l’élevage. Un jour je l’ai vu soulever sans effort un poulain et le porter sur ses épaules pour le rétablir dans son box. Et c’est tel un fétu de paille que souvent il se saisit de moi pour me déposer avec délicatesse sur le dos, a cru, d’un anglo-arabe. Une carrure de géant rehaussée par la veste de velours côtelé qu’il porte en permanence et un regard sombre qui coupe court toute protestation des lads en faute ou au travail insuffisant
La jeune fille ne pouvait que se sentir écrasée par le regard d’un tel homme. Elle se recroqueville sur elle même et fait de nouveau un pas en arrière en bredouillant des excuses lorsque Mathias s’approche d’elle, la grondant d’une voix forte.
Je suis aussi tétanisée que la lycéenne. Mon cœur bat la chamade et je partage sa honte de se retrouver ainsi nue, jugée, fustigée. Mais je n’ose pas bouger pour m’enfuir de peur d’être à mon tour découverte. Je suis si proche que je peux saisir les bribes de la remontrance.
"…Vous voulez mettre le feu ou quoi ?…"
"… qu’est ce que tu fais avec ces garçons ?…
La jeune fille est en larme, ses épaules tressautent sous ses sanglots. Elle tremble de tout son corps
" … et tes parents… si ils savaient… "
Sous la menace de dénonciation sa tête se redresse vivement. Elle a une grimace de supplication. Le sang a quitté son doux visage. Ses longs cheveux blonds sont collants de sueurs malsaines. J’ai l’impression qu’a chaque instant elle va s’évanouir de terreur. Elle réussit à bredouiller entre deux sanglots, des mots incompréhensibles, mais que je devine être une imploration à la clémence.
Cela semble calmer le courroux de l’homme. Il fait un pas vers elle et lui pose une main sur l'épaule. Instinctivement, elle recule, cherchant à éviter le contact de la main que je sais calleuses. Son dos heurte les bottes de pailles empilées derrière elle. La main rugueuse glisse le long de son bras et se saisis du poignet pour l’écarter de sa poitrine. Le silence se fait. La jeune fille détourne la tête de dépit lorsque lâchant son poignet la main vient effleurer l’aréole rosée de son sein. La caresse se fait plus précise, et se sont maintenant les deux immenses paluches qui viennent couvrir de caresses la poitrine dévoilée.
Dans le silence qui a suivi la colère de Mathias je peux percevoir le " Ohh! Non... s’il vous plaît ! " de l’étudiante. Elle a une esquisse de refus en portant sa main vers sa poitrine. Le régisseur lui murmure une phrase d’une voix rauque. Une menace ou un ordre, apparemment, car la jeune fille interrompt son geste en crispant son poing et le laisse retomber le long de son corps passivement.
Je porte ma main à la bouche et me mordille nerveusement les ongles. Il ne me faut pas un dessin pour comprendre ce qui est en train de se passer. Le corps menu de l’adolescente disparaît presque derrière la silhouette massive du rustre et je peux deviner au mouvement de ses coudes qu’elle est en train de subir l’exploration systématique de son corps par les mains fiévreuses de son agresseur.
Des gémissements implorants me parviennent à peine couverts par la voix profonde et puissante.
" …Tais-toi, donc petite garce…Qu’est ce que tu crois… Tu feras plus la fière …crois-moi…Si t’es parents… "
J’ai la confirmation de l’ignoble chantage que l’homme vient d’exercer sur la jeune fille.
Une chaleur intense monte de mon ventre et gagne mes joues.
Honte, pudeur ou excitation malsaine ?

8 décembre 2010

Chap 9. Traces.

Je n’ai pas pu résister.
Comme hypnotisée par les ébats qui venaient une fois de plus se dérouler sous mes yeux et à peine le trio parti comme un automate je me suis levée, les yeux rivés sur la grange.
Il faut que je sache !
Il faut que je sache ce que cela fait d’être là bas !
Au fil des jours cette grange a pris un caractère presque sacré pour moi. Le temple païen ou j’assiste, dévotement, à une véritable révélation.
Un pas, puis un autre. Mon cœur bat la chamade. Mes oreilles bourdonnent. Un dernier regard vers le chemin. Personne !
Ils sont loin maintenant.
La paille crisse sous mes pieds. L’entêtante odeur de foin coupé monte à mes narines. Ma respiration est bloquée par l’émotion. J’ai un profond soupir et cet afflux d’air frais me réanime un peu.
Je lance un regard circulaire. Au centre des bottes de paille s’est formé comme une sorte de nid où le fourrage a été foulé par leurs ébats. Je m’avance d’un pas timide vers une des bottes, la plus proche. Elle a accueilli, sous mes yeux, la jeune fille nue. Sur cette couche rugueuse sa peau a été caressée, sa poitrine malmenée, sa bouche sollicitée de la plus odieuse des façons. Sur le dos, les bras maintenus par jeu, les jambes largement écartés, elle a offert sans plus aucune pudeur son ventre à l’assaut répété des deux garçons insatiables.
La trace de son corps martyrisé est encore imprimée sur le foin coupé.
Je déglutis et tends la main.
Le contact de la paille, à l’endroit même de l’outrage, provoque un frisson qui court le long de mon bras. Cela me paraît encore chaud. Ma poitrine se sert d’émotion. J’ai une brusque envie de fuir, comme sous la menace d’un danger imminent. Et pourtant sans même m’en apercevoir, comme mue par une force irrépressible, je me retrouve assise à sa place encore chaude, le cœur battant à sortir de ma poitrine. Une brusque chaleur explose entre mes jambes et monte à mes joues. Ma bouche s’entrouvre de surprise.
Je n’y tiens plus ! Je porte les mains à mon ventre et dégrafe lentement la ceinture de mon pantalon. Tout l’intérieur de mon être me crie d’arrêter, mais je ne peux pas ! Un dernier regard vers la porte lumineuse de la grange et mes doigts se glissent sous l’élastique de mon slip cherchant fébrilement le foyer qui incendie mon ventre. L’intérieure de ma culotte est moite et humide. La scène à laquelle je viens d’assister a laissé les traces subtiles de mon excitation.
Mes jambes serrées m’empêchent d’aller bien loin. D’un coup de rein rapide je me relève brièvement et abaisse à demi mon pantalon de jean. La paille griffe la peau délicate de mes reins lorsque je retombe sur la couche d’infamie. Mais j’en ai cure. Je m’allonge en arrière et ramenant les genoux sur moi écarte largement les cuisses. Cette fois le passage est aisé et mes doigts fébriles se précipitent dans la fournaise suintante. Comme le contact en est doux ! Une décharge électrique traverse mes reins, mes yeux se révulsent et ma respiration s’accélère.
Je deviens folle et plus rien ne compte que la vague brûlante que je sens monter au plus profond de mon être. Sur mes paupières fermées je vois défiler les ébats du trio. Des sexes entrent et sortent en cadence du ventre liquide de la lycéenne, sa bouche bâillonnée par les verges tendues hurle dans un crie silencieux son humiliation et son dégoût.
Un dégoût qui me ravie et m’excite au plus au point.
Cette humiliation je veux la faire mienne !
Les doigts de ma main gauche glissent sous mon sweet e ten caressent fébrilement les pointes vibrantes de mes seins juvéniles, les quittent à regret et se précipitent entre mes lèvres. J’ouvre la bouche en grand et y introduit deux doigts mimant avec frénésie la caresse buccale que vient de prodiguer l’étudiante à ses tortionnaires d’amour.
Dans mon délire, je veux qu’ils reviennent!
Qu’ils m’arrachent mes vêtements m’écartèlent et me fassent subir les doux tourments de leur précédante victime. Je ne me débattrais pas, j’ouvrirais mes cuisses docilement et leur offrirais ma bouche consentante…
Un éclair lumineux glisse devant mes yeux. Sous la décharge d’un arc électrique mes reins se cambrent alors que je ne peux retenir un cri aigu. Mes doigts se figent sur le bouton sensible de mon ventre. Je retombe tétanisée le souffle coupé la tête vibrante de mille éclairs sur le lit de foin coupé.
Je reste un instant assommée par mon plaisir. Mes doigts jouent négligemment avec le duvet roux de mon bas ventre. Sous la violence de mes spasmes mon slip et mon pantalon ont glissé sur mes cuisses découvrant la fleur vierge de mes tourments.
Une soudaine inquiétude me serre la poitrine. Et si on me surprenait ainsi ? Après tout je ne suis peut être pas la seule a épier cette grange ? Je redresse la tête et lance un regard au delà de la vaste porte. Un froid glacial me court le long du dos. Prise de panique, je me relève d’un coup prenant appui sur le bord de la botte de paille. Je porte les mains à ma petite culotte de coton pour la remettre en place ainsi que mon pantalon. Je me rends compte alors que des brins de paille restent obstinément accrochés à ma hanche. Je la frotte négligemment de la main et la retire comme sous l’effet d’une brûlure. Mes doigts ont essuyé une substance visqueuse qui colle les brins a ma peau. J’ai une grimace de dégoût en comprenant immédiatement de quoi il s’agit. En me couchant dans la paille sans précaution, je me suis souillée des traces qu’on laissées échapper les hommes. Peut être même cette substance vient-elle du ventre de la jeune étudiante ? Je reste un instant interloquée puis vérifie que d’autres taches ne souillent ma peau blanche. Je frissonne une dernière fois essuyant fébrilement ma main sur la cuisse de mon jean.
Mon excitation est retombée d’un seul coup. Prenant mes jambes à mon cou, je cours sur le chemin qui me ramène au haras. Le ciel est bas et l’air est de plus en plus frais. C’est la fin de l’été et je me dis avec dépit que le froid va certainement chasser les amoureux vers des lieux plus cléments et que les ébats des trois jeunes gens allaient certainement prendre fin… Mais je ne soupçonnais pas de quelle façon !

20 novembre 2010

Chap.8. La confidente.

Tous les jours je suis au rendez-vous.
Et c’est avec une régularité de métronome que le trio regagne sa cachette pour s’y livrer aux plus étranges des ébats. Chaque fois je suis fascinée. Tiraillée entre une honte diffuse et le plaisir veule qui me fait vouloir en savoir plus.
Et je ne suis pas déçue !
Le ballet est maintenant bien réglé.
L’adolescente n’est plus qu’un pantin entre les mains des deux garçons. Au fil des jours sa résistance et sa volonté semblent avoir disparu. Elle quitte ses vêtements d’elle-même, s’allonge sur le dos et ferme les yeux attendant l’assaut des deux hommes. Souvent cela ne suffit pas à les contenter. Et leurs ébats prends des allures de jeux. La jolie blonde se prête alors à toutes leurs turpitudes. J’assiste médusée à son humiliation ; A quatre pattes sur le sol ou bien debout, penchée en avant les reins tendus les mains et le visage appuyé sur les bottes de paille alors que ses tourmenteurs lui caressent en riant les cuisses et les fesses ainsi offertes, avant de la posséder à tour de rôle. A tour de rôle et même ensemble ! Quand la fantaisie leur prend de lui imposer d’ouvrir la bouche et d’écarter les jambes pour en faire le même usage, au même moment. Les protestations indignées ou suppliantes de la jeune fille ont cessé depuis longtemps. Mais les assauts des garçons sont souvent menés avec une telle vigueur qu’ils me font percevoir ses cris de détresse depuis ma cachette.

Je n’ai pas manqué un seul de ces rendez-vous. La confusion a cédé la place à mon émoi juvénile. Le plaisir malsain de voir ainsi s’ébattre les jeunes gens me donnait l’impression d’entrer de pleins pieds dans le monde des adultes. Cela était un peu comme si cette lycéenne dévergondée partageait, sans le savoir, un peu de ses tourments avec moi. Mon ventre brûlant et humide, parcouru d’étranges trépidations qui montent le long de ma colonne vertébrale pour en faire hérisser les cheveux de la nuque, en est le témoin.
Maintenant, mes nuits sont les refuges de mes ébats imaginaires dans la grange. Mes mains découvrent mon corps et la douceur de sa peau. Les images des ébats érotiques défilent devant mes paupières closes alors que me mains s’emparent de ma poitrine menue et que mes doigts en dressent les pointes à me faire mal. Et j’ai cru mourir de honte lorsque figée dans la nuit je retenais sous les draps, en serrant les lèvres, les gémissements incontrôlables que déclenchent mes caresses les plus intimes.
La vision de mon entourage en a été profondément changée. Sans raconter l’histoire de la grange et en me confiant à mots couverts, j’ai compris que mes amies aussi se livraient, et certaines sans vergogne, dans la chaleur de leurs lits à une exploration méthodique de leur sensualité naissante et des merveilleuses possibilités de plaisir que leur offrait leurs corps. Dans la cour de l’école j’ai souvent rougi violemment lorsque à voix basse, avec des airs de conspiratrices, mes copines me prenaient à témoins et qu’elles me posaient des questions que je n’aurais jamais osées imaginer, il y a encore quelques semaines.
Un monde de sensualité s’ouvrait brusquement à moi.

Le soir j’observe ma sœur à la dérobée. Elle est belle, un corps athlétique, agréable et sa longue chevelure de bronze en rehausse l’éclat. Avant, je ne la voyais que comme " jolie " Maintenant je la découvre sensuelle, voluptueuse. A 19 ans elle a des petits amis et je ne peux m’empêcher de l’imaginer entre leurs bras. Se livre telle aussi aux même ébats ?…Je fais une grimace involontaire.
Elle se sent examinée. Elle tourne son doux visage vers moi et me sourit. Embarrassée, je rougis violemment et détourne la tête en souriant à mon tour. Elle me dira plus tard qu’elle avait deviné mes tourments sans en connaître la cause.
Je ne me doute pas encore, alors, qu’elle sera bientôt la confidente attentive de mes aventures avec Marc.

5 juillet 2010

Ôrigines.

…Et l’hiver est venu, couronné par la visite de Marc dans mon studio d’étudiante, à Paris. Mais çà je vous l’ai déjà raconté !
Puis le printemps. Une fois encore j’ai retrouvé la douce domination de Mon Maître. Et nos entrevues se sont succédées jusqu'à aujourd’hui. Entre-temps, Isabelle l’étudiante, sage et travailleuse, menait une vie que l’on aurait pu qualifier de monotone s’il n’y avait eu la vie trépidante du haras et des études accaparantes qui heureusement se terminent. Des aventures amoureuses aussi. Sans lendemain car d’une fadeur qui n’arrive pas à me combler… Serais-je un jour capable de tomber amoureuse d’un autre homme que Mon Maître, comme il me l'a recommandé avec une étrange insistance ?
Que viennent les rendez-vous avec Marc, et là, ma raison s’abolit !
Je remets à ses pieds mon corps et mon âme, toute mon âme. Je ne suis plus que l’être qu’il a formé, qu’il a éduqué. Il n’est de partie de ma peau qui ne garde le souvenir ou l’empreinte invisible de son dressage. Et tout cela pour mon plus grand plaisir. Un plaisir immoral certes, innommable pour beaucoup ! Mais pour moi si essentiel qu’il me semblerait devoir mourir si je devais y renoncer.
Parfois il m’arrive de faire le point. Essayer de deviner ce qui m’a poussé à entrer dans un monde que rien au départ ne me laissait deviner, ni même imaginer… Quoique !
Nous sommes tous le résultat de notre histoire. Et si un jour j’ai croisé Marc et si j’ai compris immédiatement que ce sera lui qui me guidera sur les chemins de ma langoureuse déchéance, c’est que cela devait être inscrit en filigrane dans mes aventures antérieures. Mon Maître me l'a dit de vive voix " Tu n’es pas là par hasard… Tu me cherchais, et tu le savais ". Ce qu’il ne m’a pas dit alors, c’est sa capacité à mettre au jour les désirs de soumission même profondément cachée, ou totalement inconscient d’une jeune fille effrayé par ses fantasmes. " Isabelle la première fois que je t’ai vu entrer dans l’atelier, j’ai su ce que tu étais, il ne fallait pas être grand clerc pour savoir ce que déclenchaient en toi mes dessins. Ce que je n’avais pas prévu en revanche, c’est que, ce serait toi qui viendrais à moi."
Non, çà il ne l’avait pas vu ! Que je puisse faire autant d’effort pour me perdre a déclenché chez lui une admiration qu’il cache soigneusement mais transparaît à chaque nouvelle épreuve que je passe à ses genoux !
Mais encore !… Tout cela n’aurait pas été si je n’avais pas eu avant mon Marc des expériences qui peuvent passer pour anodines ou banales mais qui ont, sans aucun doute, préparé le terrain d’une totale soumission à Mon Maître, cinq ans plus tard.

" Ôrigines ", va vous narrer ces histoires. Comme à l’accoutumé, elles s'appuient sur des épisodes réels de ma vie, mais comme à l’accoutumé, également, je vais les écrire à ma façon et certainement les embellir un peu. Mais une chose est sûre, ces histoires ont déterminé ce que je suis aujourd’hui et ont annoncé mon orientation actuel.
Bienvenu dans mon enfance turbulente et sage à la fois.
Je venais tout juste, alors, d’avoir quatorze ans …

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