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Les Carnets d'Emilie
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Quadra H

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20 juin 2010

Chap. 74. Les devises du pouvoir.

J’ouvre brusquement les yeux. A cette évocation une honte irrépressible me fait jeter un œil angoissé à Béatrice. Mais elle ne peut lire mes pensées…Heureusement !
La conversation s’est calmée. Ma sœur s’est installée confortablement sur le divan et semble plongée dans une profonde méditation, mais je sais qu’elle est en train de cogiter sur mon étrange relation. Une chaleur intense et vibrante monte de mon ventre. Pour essayer de contenir le plaisir naissant, je replis une jambe sur ma poitrine et y pose ma tête, rêveuse.
A travers le filtre de mes paupières à demi fermées, je revois mon départ.

Marc m’attend prés de la voiture. Mon sac est dans le coffre. Une boule de coton me seche la gorge, je suis au bord des larmes. Il me faut partir. Je me suis habillée très légèrement, des mocassins, un jean, un chemisier blanc et mon collier de cuir noir celui que porte Béatrice en ce moment. Pas de sous-vêtements. Mon Maître s’approche et dépose un baiser sur mon front
- J’ai quelque chose pour toi… De la part de Kristale !
Il me tend une large enveloppe de papier kraft. Je m’en saisis. Elle n’est pas scellée et je l’entrouvre. Une liasse de billets multicolores se déploie. Il y en a bien pour 5000 euros. Je lève les yeux vers Marc et fais une petite moue d’incompréhension.
Il a un large sourire, ce sourire que je lui connais lorsqu’il s’apprête à faire un bon mot ou une plaisanterie. Je fronce les sourcils.
- C’est pour ta prestation au pavillon de chasse… Chaque homme a contribué !
Il croise les bras et attend ma réaction.
J’ai l’impression que le sol s’ouvre sous mes pieds. Lentement, l’idée que je cherche à repousser de toutes mes forces se fraye un chemin dans mon esprit. Mes bras retombent le long de mon corps les doigts crispés sur l’enveloppe.
Vendue… Ils m’ont vendue !
Mon estomac se contracte à me faire mal. La respiration bloquée je cherche à articuler quelques mots pour ne pas basculer dans la folie.
Vous…vous ! Elle…m’a… !
Marc m’arrête d’un geste
- Attention a ce que tu vas dire… Cela fait parti de l’épreuve à laquelle tu as été soumise et cela continue en ce moment même… Sauf que cette fois je suis là !
Mes oreilles bourdonnent sous le coup de l’émotion
- Tu comprends ce que je viens de dire Isabelle ?
- Je... Je, Oui, Monsieur !
En fait, non ! Une tempête d’interrogation se déclenche sous mon crâne et je m’efforce d’y voir un peu plus clair.
Cela ne peut pas être aussi simple que cela ! S’ils m’ont vendue sans que je le sache c’est pour parfaire mon humiliation, très certainement. Encore un plan à l’intérieur du plan ! Sans le savoir, j’étais avilie de plusieurs façons.
Mais il doit y avoir autre chose ?
Marc voit bien mon air abattu et devine les pensées qui tournent sous mon front soucieux, mais il attend en croisant les bras.
J’ai le vertige. Mes lèvres se pincent et mes yeux roulent à l’intérieur de leurs orbites, comme une élève qui montre à son professeur qu’elle est en train de réfléchir.
Et en y réfléchissant bien l’acte est révoltant, bien sûr, et je devrais hurler, jeter l’enveloppe au visage de Marc et partir sans demander mon reste. Pourtant ce qu’ils ont fait est bien dans la logique des choses, de mon dressage. C’est une épreuve ignoble mais il y a une leçon magistrale là dedans et je ne peux l’ignorer.
Marc incline la tête de coté
- Alors Mademoiselle, vous avez compris ?
Le retour au vouvoiement appuie la gravité du moment.
- Oui, Monsieur !… J’ai compris !
Je baisse la tête, met les mains dans le dos avec l’enveloppe et écarte les jambes.
- J’ai compris que je vous appartiens totalement et que vous pouvez faire de moi ce que bon vous semble. Que je n’ai pas à juger vos actions ou vos désirs ! Et quoique vous décidiez ou désirez faire de moi, je vous en serais reconnaissante et m’y plierais sans protester… Parce que je l’ai voulu... j’ai voulu ce dressage et…
Marc m’interrompt d’un geste.
- A ce propos, tu n’auras plus à mettre ton collier à grelot. Tu n’es vraiment plus une novice… Mais tu as encore beaucoup à apprendre et ton dressage continu… Bien entendu, si tu le désires ?
Marc attend une réponse et je sens bien que de ma décision va marquer mon destin de façon irrémédiable.
- Je… Oui, Monsieur, je le veux…S’il vous plaît !
Marc me saisit le menton et me lève le visage vers lui. Il a un petit sourire de commisération.
- Et le chemin est long avant d’atteindre celui de Kajira…
Une fraction de seconde mes pensées s’envolent vers la belle italienne.
- Pour l’instant, tu ne viens que de franchir une étape, tu n’es encore qu’une petite chienne obéissante. N’est ce pas ?
Je frémis sous l’insulte Marcs sait bien que je n’aime pas qu’il m’appelle ainsi et pourtant.
- Oui… Oui, Monsieur !
- Oui… quoi ?
- Oui je suis v… votre… petite chienne !
Le sourire de Mon Maître s’élargit.
- Tu vois, tu as tout compris… Et je dois te dire que je suis particulièrement fier de dresser une petite chienne comme toi.
Il me lâche le menton et consulte sa montre rapidement.
- Il te faut partir maintenant.
Il ne dira plus un mot. Inutile de prolonger l’instant de la séparation.
Penaude je m’installe au volant dépose l’enveloppe maudite sur le siège passager et, les larmes aux yeux, lance le moteur.

J’entrouvre les paupieres. Cette fois, Béatrice semble endormie sur le sofa. Instinctivement je porte la main à mon cou. Il est nu. Pas de collier ! Je contemple ma sœur et son cou serti de cuir. Je résiste à l’envie de me lever et chercher dans ma chambre le collier à grelot. Non ! Pas celui-là ! Celui que je devrai porter dorénavant pour rendre hommage à Mon Maître, je l’ai offert à ma sœur. Je perçois tout à coup le sacrilège que cela représente. Je fais une grimace, cligne des yeux et pensive contemple le paysage verdoyant qui nous entoure. Une bourrasque de vent soudaine balaye le patio et fait trembler les haies. Je frissonne, ma peau se hérisse sous la fraîcheur et je me recroqueville un peu plus en prenant mes jambes dans mes bras. Je pose mon menton sur les genoux. Au loin, vers le sud, un grondement sourd annonce l’arrivée d’un front d’orage. L’été se termine. La saison d’airain va bientôt laisser place aux cuivres de l’automne et aux argents de l’hiver.

FIN de la Saison d’Airain.

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12 juin 2010

Chap. 73. De sœur à sœur.

"Heureusement que Maman n’est pas là ! "
L’apostrophe de Béatrice me tire de mes songes. Je relève la tête et me tourne nonchalamment vers elle, une pointe d’interrogation dans le regard.
J’ai l’impression qu’elle manque d’éclater de rire et désigne mes fesses du menton avec un air espiègle.
Je fais une moue boudeuse et souffle par le nez en souriant à demi. Ma tête retombe sur mes bras en sueur. Je sais que Béatrice fait allusion aux traînées bleues qui marquent ma croupe et mes reins et dépassent de l’étroite pièce de tissu de mon maillot de bain. Elle n’avait rien dit jusqu'à maintenant. Nos ébats dans la piscine ; bronzing et discussions anodines.
Mais maintenant je sais que la curiosité la tenaille et qu’elle meurt d’envie d’en savoir plus. Je cache mon sourire dans mes bras. Elle retombe sur le transat et souffle elle aussi.
- Tu ne vas pas un peux trop loin ?
Béa a été la première au courant de ma soumission à Marc. Il aurait, de toutes les façons, été trop difficile de lui cacher. Elle a pris çà plutôt bien, avec même parfois l’expression d’une admiration dissimulée, mal dissimulée. Tout en cherchant absolument à tout savoir… La sœur aînée qui veille !
Je demande sur le ton de quelqu’un qui n’a pas compris
- Trop Loin ?
Elle sait que je joue et fait semblant de s’emporter.
- Ben oui ! … Le fouet… Tout de même !… C’est plus un jeu ! C’est plus que du sexe !
J’enfonce un peu plus la tête entre mes bras. Le soleil est haut maintenant, il va falloir que je gagne l’ombre sinon ma peau blanche de rousse va se rappeler à moi. Je me lève d’un bond, me saisis du drap de bain et lance dans un souffle en m’éloignant vers le patio.
- J’aime çà !…et c'était pas un fouet !
Béatrice n’a pas le temps de répondre.
Un temps de réflexion puis elle se lève à son tour et me rejoint dans l’ombre fraîche de la cour.
Elle s’allonge à mes côtés sur un le sofa de rotin. J’ai choisi le fauteuil qui avait un coussin moelleux ; Mes fesses ne supporteraient pas encore le contact rugueux des fibres végétales.
Elle continue.
- Oui, j’imagine que tu aime çà… C’est dingue !
Elle secoue la tête. Je crains par-dessus tout sa condamnation. Perdre l’estime de ma sœur serai insupportable, pourtant je sais que ma conduite n’est pas faite pour attirer la mansuétude.
Elle porte la main à son front et sa tête se renverse.
- T’es complètement dingue ma chérie… Mais j’aime çà !
Mon cœur se remet à battre. La dernière phrase sonne comme un assentiment.
Elle rit bruyamment de bon cœur. Elle semble ne pas en revenir.
Elle secoue la tête en riant balançant ses longs cheveux de feu puis se calme et me regarde par en dessous. Elle aussi a envie de se confier.
- Tu sais… J’ai essayé avec Xavier !
Elle s’interrompt et jauge ma réaction du regard.
Je fronce les sourcils d’incompréhension
Elle a un petit sourire gêné.
- Ben si… Tu sais… La soumission…J’ai essayé avec Xavier !
Je comprends brusquement. Xavier c’est le petit ami de Béatrice... Enfin, l’"ex" petit ami.
Je prends l’air étonné.
- Mais, c’est fini avec Xavier ?
- Oui, oui. Je veux dire, pendant que nous étions ensemble !
- Un soir je lui ai demandé de me dominer… Pour… Pour voir… Pour savoir ce que cela faisait ! Ce que tu m’as raconté avec Marc... Enfin tu vois quoi !
Elle est agacée que je continue à faire semblant de ne pas comprendre.
- Et alors ?
- Ben alors… çà a été lamentable… Il n’a rien compris. Je crois même, qu’il m’a prit pour une folle…
Elle a un geste de dépit en chassant de la main une mouche imaginaire.
Elle hoche plusieurs fois la tête puis continue.
- Cela doit faire drôle… de porter un collier ?
Elle a une moue désabusée. Je lui réponds par un sourire
Mue par une soudaine inspiration je me lève d’un bond et lui lance.
- Attend !
Je me précipite aussi vite que me le permettent mes pieds nus sur le sol dur et rejoint ma chambre. Je m’empare d’un de mes colliers, celui avec un anneau d’acier, et reviens près de Béatrice qui n’a pas bougé. Je m’agenouille près d’elle et lui soulève sa lourde chevelure encore mouillée en riant. Elle a compris ce que je suis en train de faire et elle tend la nuque en baissant la tête.
J’achève de lui nouer la lanière de cuir et rejoins mon fauteuil en lançant joyeusement.
– Et voilà… Tu sais maintenant !
Béatrice porte la main a son cou et caresse longuement l’anneau de soumission entre le pouce et l’index. Puis soudain d’un bond elle se précipite au sol s’y agenouille les jambes écartées. Elle place les mains dans le dos et se met à déclamer à tue-tête comme une actrice de théâtre qui sur-joue son rôle.
– HOOooOOuiiI ! Moon Maître… Faites de moi ce que VOUS voulez …Je VOUS appartiens…je suis VOTRE esclave… !
Et elle termine sa tirade dans un éclat de rire.
Je ne peux m’empêcher de m’esclaffer de ses pitreries. Et rions toutes les deux de bon cœur.
Nos rires se calment peu à peu. Je baisse la tête et lui lance sans la regarder, avec gravité.
– Tu sais… Pour moi c’est du sérieux !
Béa ne réponds pas, elle tente de reprendre son souffle. Elle ne modifie pourtant pas sa pose. Je lève rapidement les yeux vers elle, puis les baisse de nouveau. Je sens le rouge me monter aux joues. Cela m’émeut de la voir ainsi en posture de soumission, mon collier de servitude autour du cou. Même si je sais qu’elle joue.
Elle a perçu mon trouble mais elle reprend sur le ton de la confidence.
- Tu crois que Marc voudrait de moi ?
Mon cœur loupe un battement puis accélère brutalement. Un frisson glacial me parcourt le dos. Je redresse vivement la tête, interloquée.
Béatrice a un petit sourire navré. Elle penche la tête sur le coté comme dans l’attente d’une réponse.
Mes oreilles bourdonnent et le sang reflux de mon visage. Je détaille ma sœur aînée. Une femme, belle… très belle. La taille fine, Les hanches pleines, la poitrine haute perchée qui se soulève et tend la fine pièce de tissus de son maillot au rythme de sa respiration. Un ventre tendu comme la peau d’un tambour et des jambes longues et nerveuses affinées par des heures d’équitation. A 26 ans elle garde le doux ovale de son visage encadré de longs cheveux or et feu. Des yeux malicieux d’adolescente et pourtant elle est terriblement femme. Terriblement !
Un nouveau frisson me parcourt
Oh oui ! Oui, Mon Maître voudrait d’elle. Sans aucun doute !
Et comme je serai fade à côté d’elle !
Mon cœur se serre et j’essaye, en la dévisageant, de deviner si elle plaisante. La petite moue pincée de ses lèvres me laisse dans l’expectative comme si elle cherchait à me faire deviner ses pensées.
Et puis, je comprends et me rappelle soudain. Un feu intense embrase mon dos et les cheveux de ma nuque se hérissent. Il faut que je sache !
Je me redresse.
- Tu… tu es en contact avec lui ? … Il t’a téléphoné la semaine dernière ?
Béatrice penche la tête sur le côté l’air surpris. Elle hausse les sourcils d’incompréhension.
Elle m’agace ! Est-ce qu’elle feint l’incompréhension ou bien cherche-t-elle à me faire sortir de mes gonds ? Ce ne serait pas la première fois.
Je souffle et lance.
- Oui, tu sais quand il m’a… il… le téléphone, il voulait… Enfin il a laissé le téléphone ouvert quand…. Ah bon sang ! Tu le fais exprès ?…
- …Tu sais bien Quand il…
Cette fois je rougis violemment et perds tous mes moyens. Comment lui dire, comment lui raconter cet épisode sans mourir de honte (Cf : Le triangle à quatre côtés)
Tout en gardant les mains dans le dos Béa hausse les épaule.
- Non… Je ne vois pas ce que tu veux dire !
Et elle détourne immédiatement la conversation en continuant
- Tu m’emmènes avec toi au printemps ?… Tu y retournes au printemps ?… Non ?
Je suis totalement décontenancée. Que répondre ? Je me laisse lourdement tomber en arrière dans le fauteuil, bouche bée. Mais je choisis de ne pas répondre.
Un long silence suit.
Béatrice se relève souplement de sa position de soumission au sol et s’allonge sur le divan de rotin. Je l’observe à travers mes yeux mi-clos.
Si elle savait !
Comment vais-je faire pour coucher cette histoire sur mon blog en sachant que Béatrice boira chacune de mes lignes !
Si elle savait !
Si elle savait qu’une fois fouettée mon Maître, malgré mes pleurs avait exigé que je me relève que je m’appuie de nouveau contre la table et que j’écarte les jambes largement. L’assaut qui a suivit était prévisible et il n’a eu aucun mal à me pénétrer. J’ai pris conscience alors que mon ventre était trempé de plaisir comme rarement. Un plaisir veule relevé par la succession de coup de boutoir qui a suivit et m’a arraché des gémissements d’un autre ordre que celui de la douleur. Mon Maître affirmait ainsi sa prérogative et ses mains brûlantes sur mes hanches en étaient les sceaux de servitude.
Si elle savait que sa petite sœur, non seulement avait contenté celui qu’elle voulait rencontrer par son ventre, mais que sa bouche également avait été immédiatement sollicitée de la plus humiliante des façons pour faire renaître et prolonger le plaisir de Marc… Comment lui dire ?
Et comment lui avouer que la danse de nos ébats nous a tous deux amené sur le divan de cuir de l’atelier et que sa petite sœur allongée nue, empalée sur le sexe de son Maître, la tête douillettement posée sur le creux de son épaule, sachant qu’elle ne le reverrait plus avant longtemps, trop longtemps, avait murmuré d’une voix timide presque inaudible en cachant son regard.
- Monsieur… S’il vous plaît … So…Sodomisez moi… s’il vous plaît !

21 avril 2010

Chap.70 : Les règles du jeu.

Je raconte à Marc notre retour.
Je lui explique comment, entièrement nue, j’ai rejoins l’imposant 4x4 de Kristale. Comment à chaque passage de véhicule je me recroquevillais sur le siège, allant même à me glisser jusque sous le tableau de bord de cuir lorsque nous traversions les villages épars et heureusement encore endormis. Kristale n’arrêtait pas de s’esclaffer et de se moquer.
Nous sommes arrivées au petit matin devant la porte de mon meublé, mes cheveux encore humide. Une dernière angoisse au moment d’ouvrir la portière et de me précipiter vers l’huis entrouverte, poursuivie par les éclats de rires de la belle hollandaise. Un petit mètre à parcourir, mais le bout du monde pour moi. Nue dans la rue déserte, à la vitesse de l’éclair, je me précipite contre le panneau de chêne que je referme en catastrophe derrière moi et m’y adosse, les yeux fermés pour retrouver mon souffle et mon calme. Mon cœur bat à cent à l’heure.
J’ouvre les yeux.
- Et vous étiez là Monsieur ! …
Assis dans le grand fauteuil, un sourire en coin. Les vêtements que vous m’aviez ôté la veille, parfaitement rangés sur la table du salon. M’apercevant de votre présence, sans hésiter, je me suis immédiatement précipitée au devant de vous, m’agenouillant dévotement sur le sol froid, les jambes largement écartée, les mains dans le dos, la tête baissée, ma poitrine se soulevant d’émotion trahissant ma joie de vous revoir. J’ai failli m’évanouir lorsque vos mains ont frôlé ma peau, que vous vous êtes penché sur moi et que, d’un geste rapide et sûr, vous avez ceint mon cou du collier de cuir retrouvé. Un baiser sur le front, votre souffle chaud sur ma nuque, votre voix douce à mon oreille.
– Repose-toi Isabelle ! Rejoins-moi à l’atelier en fin d’après midi pour me raconter çà !
Je n’ai pas eu plus de réconfort que celui de vous retrouver rapidement.
Et me voilà, Monsieur… à genoux devant vous !

Marc décroise les bras et prend une profonde inspiration.
Il a suivi sans trahir la moindre émotion le récit détaillé de ma pénitence, de mes humiliations, de mes répulsions, de mes peurs et de mes terreurs sans nom.
Il toussote dans sa main pour s’éclaircir la voix.
- Et… Tu as envie de me gifler ?
Marc a le don de me déstabiliser par ce genre de questions. Des questions qui vont droit au but et font mouche. Je m’aperçois par une rapide introspection que toute au long de mon calvaire à aucun moment je n’en ai voulu à celui qui m’a imposé ce supplice. Aucun sentiment de colère ou de réprobation à son égard.
Je le regarde interloquée.
Il continu comme s’il pensait avoir deviné mes pensées.
- Tu me hais pour cela, … Pour ce que tu as subi ?
Je retrouve enfin la parole et lance dans un souffle
- Oh non, Monsieur !… Jamais. Mais…
- Mais ?
- Je me suis juste demandé pourquoi vous me faisiez çà…
Le sourcil de Marc se soulève en accent circonflexe.
– Pourquoi ?… Mais parce que cela faisait parti de tes fantasmes !
A mon tour je fronce les sourcils d’incompréhension
- Oui, souviens-toi ! Lors de ton arrivée, le rêve que tu as faite… Celui où tu étais sous l’emprise de plusieurs hommes…
Je me remémore soudainement cet épisode. Marc avait exigé que je lui raconte ce rêve érotique.
-… L’occasion était trop belle pour t’infliger plusieurs leçons d’un seul coup… Tu devrais me remercier… Nous,… remercier pour cela…
Il se frotte le nez.
- D’abord que tes fantasmes sont toujours plus légers que la réalité. Ce sont tes fantasmes qui t’ont conduite à me proposer ta soumission et tu vois que cela n’est pas toujours aussi réjouissant que cela. De même que ton fantasme d’être à la merci de plusieurs hommes.
- Tu as remarqué que tu ne portais aucun attributs de ta soumission. Ton collier par exemple… Tu sais Pourquoi ?
Je réfléchis un instant et tente une explication.
- Parce que ces hommes n’étaient pas des Maîtres, Monsieur ?
Marc hoche la tête avec un sourire satisfait.
- Tu as parfaitement compris. Ces hommes ne font pas partie du cercle. Ils ont simplement été invités par Kristale à… disons, … des réjouissances, qu’elle aime organiser.
Je doit pâlir un instant… Des hommes hors du cercle !
Marc doit s’en apercevoir et cherche à me rassurer.
- Ne t’inquiète pas ils ont été " examinés " par Kristale. Ils ont subi, comme toi et moi, une prise de sang. Mais le fait principal est que, c’étaient des vanilles…
-… Et donc le safeword n’était ici d’aucune utilité… D’ailleurs tu n’en avais pas besoin !…
Il tourne légèrement la tête tout en me fixant avec une expression ironique, comme un professeur qui attend la récompense d’une réponse juste de sa meilleur élève. Il patiente un instant, pour que ma réflexion aille au bout.
Mais tout cela est confus à mes oreilles. Je ne comprends pas ce qu’il veut me dire. Je reste bouche bée.
Il continue
-… Tu n'en avais pas besoin… Car il te suffisait de refuser… De dire " non " à ces hommes. Tu étais entièrement libre de ton choix… Puisque tu n’avais pas affaires à des Maîtres… Et d’ailleurs, ils ne connaissent rien de ta condition !
Une onde froide me parcourt le dos.
Je viens brusquement de réaliser.
Ainsi, j’aurais pu me soustraire à cette épreuve ?
A aucun moment je n’ai été sous la coupe de qui que se soit. Je me remémore, l’insistance de Marc sur la prise de ma décision alors que j’étais nue devant lui dans la clairière. A ce moment là j'aurais pu refuser ?
Une immense vacuité s’empare de mon esprit.
Mon dieu ! J’aurais pu refuser !
Et a aucun moment je n’ai compris cela ! Trop préoccupée à obéir, du moins le croyais-je, à Mon Maître.
Trop attentive à ne pas le décevoir.
Je balbutie.
- Je …J’aurais pu… refuser ?
- Oui, Bien sûr ! A aucun moment je ne t’ai donné l’ordre d’obéir que je sache. Je t’ai même proposé de renoncer… souviens-toi.
Totalement décontenancée, Je ne peux que répéter.
- J’aurais pu refuser ? …Sans rompre le contrat ?
Marc éclate de rire
- Oh! Que oui ! Et ton refus aurait eu une conséquence que tu ne soupçonne pas.
Je reprends ma respiration et lève un regard interrogateur sur Mon Maître.
Il sourit, joint les deux mains et se penche sur moi en s’appuyant des coudes sur les genoux.
- C’est Kristale qui a proposé ta punition lorsque je lui ai fais part de ton rêve. Elle était persuadée que tu étais trop inexpérimenté, que tu craquerais. J’ai accepté à la condition que cela ne te soit pas imposé. Qu’il y aurait une porte de sortie pour toi ! …Et… Il y a mieux !
Son visage s’éclaire d’un large sourire.
- ... J’ai exigé que, si tu avais refusé, ce soit elle qui prenne ta place !… On ne déçoit pas cinq hommes dans la force de l’âge, à qui on a promis une soirée torride ! Et qui se sont déplacés rien que pour cela… Non ?
Le sang reflue de mon visage. Ce sont des coups de massue que je reçois à chaques révélations. Des plans dans les plans, des accords à tiroir. Un machiavélisme digne de mon Maître, qui ne se contente jamais du banal et de la simplicité. Et je comprends mieux maintenant la règle " Nul n’impose une punition qui ne l’implique lui-même !" Je me rends compte à quel point Kristale était impliquée. C’est elle qui aurait subit le châtiment, si j’avais, l’espace d’un instant, renoncé, refusé sa propre punition !
Je tente de reprendre mes esprits.
J’ai été un jouet dans leurs jeux d’adultes. Un jouet consentant. Une soumise poussée à l’apogée de son renoncement en choisissant elle-même son destin. Et si je suis venu me mettre sous la férule de Mon Maître, c’était effectivement bien pour cela.
Dans un soupir, ma poitrine se gonfle de fierté.
Marc comprend ma réflexion intérieure.
- Toi qui admire tant Laure, sache que ce que tu as fait, est digne d’une Kajira.
Il prend une profonde inspiration.
- Et je suis vraiment très fier de toi ! Je t’ai laissé choisir et tu as choisi le chemin que j’attendais de toi… Et pas le plus facile.
Impulsivement, je tente de tempérer son enthousiasme.
- Mais… Mais ils ont voulu me…Me… J’ai voulu m’enfuir ! J’ai…
Marc me coupe.
- Oui, oui ! Je sais ! Kristale m’a raconté çà… Tout était sous contrôle ! Toute la nuit, elle est restée dans la pièce d’à côté. Elle veillait sur toi ! C’est fou ce qu’on peut faire avec un ordinateur portable et une simple petite camera web.
Il porte la main à son menton et continue sur un ton malicieux.
- D’ailleurs nous organiserons certainement une petite soirée pour visionner ta prestation. Tes ébats sur écran géant, cela doit être du plus haut intérêt !

17 avril 2010

Chap. 69. Une serviette de trop.

- Les hommes sont des bêtes !
Kristale vient de lancer ces mots comme une imprécation, brisant le silence qui suit nos ébats. De l’eau est répandue partout dans la salle, il en ruisselle même contre les murs. J’ai retrouvé le rire et la joie d’étreindre un corps brûlant, offert, ce corps que j’admire tant. J’ai retrouvé la joie de l’extase lorsque les doigts experts de Kristale ont fait vibrer ma peau et mon ventre. Lorsqu’ils m’ont fait crier grâce et qu’en riant nous nous sommes toutes deux laisser retomber dans l’eau dans un dernier grand éclaboussement.
- Les hommes sont des bêtes !
Relance Kristale d’une voix plus ferme, avec son étrange accent hollandais.
Je me relève sur un coude, ma poitrine sort de l’eau dans un bruit de remous, et la regarde interloquée.
Elle me fixe de ses yeux de glace bleue.
- Oui… Ne crois pas que cela m’a fait plaisir de te voir entre les mains de ses hommes !
Je baisse les yeux et tente de comprendre. Je croyais que c’était Kristale qui avait décidé de cette punition !
- Mais, mais, c’est toi… C’est vous qui avez …
Elle m’interrompt brutalement
- Ja…Ja… Je sais !
Elle semble en colère tout à coup, mais une colère tournée contre elle-même.
- C’est cette foutue règle… " Nul n’impose une punition qui ne l’implique lui-même !" C’est pour cela que nous t’avons donner cette punition. Ton Maître ne dois pas être plus fier que moi en ce moment, tu sais!...
- ... Et cela a été si facile de trouver des bourreaux !
Elle ferme les yeux et murmure de nouveau comme pour elle seule.
- Les hommes sont des porcs !
Cette fois je ne peux m’empêcher de lancer malicieusement, sur le ton de la confidence.
- Même Marc ?
Kristale rouvre les yeux, elle un petit sourire en coin.
- Ach !… Ton Maître ?… Oui !… C’est un peu différent !
Elle se fait pensive.
Emergeant de l’eau, sa main vient effleurer la pointe de mon sein gauche qui se durcis immédiatement sous la caresse.
- Tu as du remarquer que je ne prise pas trop les hommes… N’est ce pas ?
Je rougis à l’énoncé de ce qu'il m’a semblé une évidence au temps passé à ses côtés et de ses amies.
Le rouge de mes joues et mon attitude confuse a répondu à sa question.
Elle continue.
- Je me sers d’eux et eux de moi… Et ton Maître le fait bien… Pourquoi crois tu que je voudrais qu’il te cède ?
C’est pour t’avoir à mes côtés et continuer ton dressage… A ma façon !
Son regard devient troublant. Il n’y a aucune menace derrière le ton de sa voix, au contraire. Mon cœur se sert à l’évocation que Marc pourrait me donner à Kristale. J’essaye de détourner la conversation.
- Et … et Laure… ?
Kristale prend à son tour un air malicieux
- Décidément elle te plaît cette Laure !… Je l’apprécie beaucoup aussi,… Je l’accompagne en Italie auprès de son Maître après demain !…
Une poigne de glace broie mon cœur. Après demain ! … Déjà !
Je réalise que moi aussi je vais bientôt m’en retourner chez moi.
- Ha !… Vous… Vous partez ?
- Oui ! De toute façon la saison touche à sa fin. Après avoir rendu Laure à son Maître. D’Italie je regagne la Hollande, pour quelques semaines, puis je redescend… Tu seras partie d’ici là !
Elle prend tout a coup un air enjoué.
- Mais on se reverra n’est ce pas… Tu reviens au printemps ?
- Oh oui !… Bien sûr !
J’ai presque crié !
La réponse m’est venue tout à trac, avec une évidence fulgurante.
Je reste un moment interdite par la vigueur de ma répartie.
Kristale me contemple derrière un rire contenu. Un éclair bleu passe devant ses yeux
- Ben toi alors !… Après ce que tu …
Elle se reprend en se pinçant les lèvres. Comme si elle allait dire une chose qui ne devrait pas être dite. Mais il m’est facile de deviner ses pensées.
Après ce que je viens de subir, je suis prête à revenir me jeter aux pieds de Marc… Je ne suis pas à même de l’expliquer, et pourtant oui. Oui, trois fois oui.
Je reviendrais !
Je baisse la tête et rougis violemment en dévoilant à Kristale,avec autant d’évidence, mes inclinaisons à la soumission de Marc et le plaisir amer que j’en ressent. Oui malgré tous ce que j’endure, je sais que je suis prête à me damner pour poursuivre cette expérience hors du commun.
Brisant mon malaise Kristale s’ébroue et tape dans l’eau, provocant un jet irisé.
- Allons-y, je te raccompagne à ton " Maître vénéré "… !
En riant, elle se lève brusquement dans un bruit de ressac . Se rince une dernière fois sous le jet de la pomme de douche et sort de la baignoire d’un mouvement souple réunissant ses longs cheveux derrière la nuque. Elle est magnifique de féminité et d’assurance. Elle ne prête aucune attention à l’eau qui inonde le carrelage et d’un déhanchement agile se dresse sur la pointe des pieds pour se saisir d’un immense drap de bain blanc au liséré brodé. Je l’imite rapidement, elle me lance en riant un autre drap, récupère ses vêtements maculés de tache d’éclaboussures et sort de la salle de bain. M’enveloppant dans le tissu moelleux.
Je tente de la rattraper.
- Kristale… Kristale!…
Dans le couloir elle s’arrête et se retourne, interrogative.
- Kristale… Je… Je n’ai pas de vêtement !… Marc est parti avec.
Ses sourcils se froncent.
- Et alors ?…Tu n’en as pas eu besoin jusqu'à maintenant !…
Elle se retourne vivement continuant son chemin, lance.
- …Allez vient petite gourde ! …Et c’est Madame… Pas Kristale !…
Et,pointant d’un doigt rageur la porte de la salle d’eau que je viens de quitter.
- Et range-moi cette serviette !

7 avril 2010

Chap.68. Purification.

Je ne me souviens à peine de la fin de cette nuit. Les hommes m’ont abandonnée abrutie de fatigue, d’étreintes immorales. Je les ai entendus sortir un à un de la pièce après s’être rhabillé péniblement en discutant à voix basses. Quelques-uns ont tenté une parole de réconfort, une dernière caresse maladroite comme on flatte une pouliche bien dressée pour la remercier. Et même, un baiser dans le cou suivi d’un " Au revoir, Isabelle " de compassion.
J’ai caché mon visage dans la couverture souillée pour ne plus les voir. J’ai serré les dents et les poings.
Qu’ils aillent au diable !
Les hommes sortis, j’ai plongé dans un sommeil agité comme on saute dans un puits sans fond, où se sont, dans un cauchemar, prolongées les étreintes abjectes de mes assaillants…

… Une odeur de tabac blond m’agace les narines et me tire brusquement de mon sommeil. Je cligne des yeux. Une lueur diffuse se glisse par la fenêtre. Il est très tôt. J’ai froid !
Je tente de ramener la couverture sur mon ventre nue. Mais ne peux la tirer bien loin. Le poids d’une présence assise sur le pied du lit m’en empêche J’essaye de me redresser pour identifier l’intrus et gémit de douleur. Un élancement me tétanise le bras et l’épaule stoppant net mon mouvement. Mon corps n’est que crampes et courbatures. Ma tête retombe lourdement. Peu à peu ma vision devient plus nette.
Kristale me regarde en tirant de petites bouffées nerveuses de sa cigarette.
- Il faut y aller Isabelle !
Elle laisse tomber sa cigarette et l’écrase du pied en exhalant une dernière bouffée.
- Marc va t’attendre !
Marc ? Marc ! Oui… Marc !
Enfin je vais le retrouver !
Je sais que cette fois l’épreuve est finie. Et pourtant je suis vide de sentiments. Trop épuisée !
Je tente de me relever péniblement en étouffant mes plaintes. Kristale se lève et vient à mon secours. Elle glisse un bras sous mon aisselle et se saisis doucement de mon poignet. Je me déplie lentement martyrisant mes articulations et mes tendons froissés.
La couverture tombe au sol.
- Allez ma chérie, une bonne douche te fera du bien !
Je l’entends à peine. Une boule de sanglots me noue la gorge. Des larmes trop longtemps contenues roulent sur mes joues en silence. Nue, tremblante, au bras de Kristale, je traverse la pièce et m’engage dans les couloirs, accompagnée du claquement sec et froid des hauts talons de la belle hollandaise sur le sol de grès.

Je me redresse au fur et à mesure que je m’éloigne de ce lieu maudit. Mais un poids énorme continue à me peser sur les épaules. Kristale me mène dans une salle d’eau surchauffée. La différence de température me saisit, la tête me tourne un peu. Kristale me lâche au beau milieu de la pièce, retrousse ses manches et se dirige vers une immense baignoire de cuivre et de faïence.
D’un œil morne je contemple la pièce. Une salle de bain de style rétro qui a oublié le confort moderne. Un énorme radiateur de fonte, un sol de carrelage blanc qui grimpe sur les murs et s’achève sur un liseré de parement bleu. Un grand miroir piqué de tache d’oxydation au dessus d’un lavabo de céramique aux robinets de bronze. Tout est très vieux mais bien entretenu. Des savons parfumés et des bocaux de sels de bain multicolores égaillent la pièce. Des draps et serviettes brodés bien rangés sur des étagères semblent m’attendre. Cela sent le champ de lavandes après la pluie. Un gros bouquet de fleurs séché posé sur la margelle de la baignoire renforce l’impression d’être hors du temps comme dans une photo de David Hamilton.
Je ne peux m’empêcher de contempler mon reflet dans le grand miroir ;
Une silhouette d’ivoire blanc, voûtée, accablée. Un visage défait la bouche entrouverte, hébétée de stupéfaction, les yeux vitreux, mouillés, brillants de fièvre aux cernes bleutés. Mes cheveux roux ont perdu leur belle couleur de cuivre et ressemble à du crin rouillé emmêlé par le vent, comme si je venais de prendre une averse. Ma peau est maculée de plaques séchées et brillantes. Je me recroqueville un peu plus. Un haut le cœur me saisit en reconnaissant les marques d’épanchement qu’ont laissés les hommes sur ma peau.
Kristale tourne le robinet de la douche qui surplombe la baignoire et revient vers moi. Elle veut me prendre par le poignet lorsqu’un hoquet effroyable me prend. J’avise en catastrophe un bidet à côté de la baignoire et m’y précipite.
La vision de Stéphanie se glisse devant les yeux, je la revois éructant et vomissant son dégoût après sa terrible épreuve. Je m’étais alors dit que jamais je ne pourrais supporter pareille offense. Mais maintenant, pitoyable, c’est moi qui suis à genoux tentant de vomir le peu de bile de mon estomac vide dans des spasmes incoercible et douloureux qui me secouent de la tête aux pieds, me laissant sans souffle. De grosses larmes roulent le long de mes joues
Aux pieds de Kristale je perds le peu de dignité qui me reste encore. Les convulsions de mon ventre se calment peu à peu. La nausée passe dans les derniers spasmes. Je m’effondre alors, anéantie, sur le rebord du bidet, cache mon visage sur mon bras et me met à pleurer de tout mon saoul.
Kristale attend patiemment que s’apaise mon affliction.
Evacuer mon chagrin et la tension nerveuse dans un flot de larmes et de gémissements est le bienvenu. De ce chaos émotionnel émerge une pensée qui va rapidement s’affirmer dominant le flot sombre et tumultueux.
Marc… Je veux revoir Marc !
Revoir mon Maître et me présenter à lui...
Monsieur je suis là !
Je suis digne de vous.
J’ai passé votre épreuve et je suis à vos genoux…
Encore plus forte qu’avant !

Je ne peux m’empêcher de sourire à cette pensée. Apaisée de certitude et rassérénée dans ma foi, je renifle bruyamment et tente de me relever. Une fois encore et sans un mot Kristale se précipite à mon secours en me prenant par le bras. Nos yeux se croisent. Elle se détourne, gênée. Elle n’a pas compris ma nouvelle détermination dans mon regard et a dû le prendre pour un lourd reproche.
Comme une enfant, je me laisse mener sous la douche. Le jet est brûlant et salvateur. L’eau va chasser les immondes caresses et le mucus amère qui couvre ma peau et souille mes cheveux. En silence, Kristale me tend un gros savon parfumé et s’empare des sels de bain qu’elle répand dans l’eau qui commence à monter dans la baignoire. Il me semble qu’il n’y a pas assez de savon dans cette pièce pour faire disparaître les traces des ignobles soudards. Par trois fois je m’enduis le corps et le frotte énergiquement. Faisant fi de la présence de Kristale je m’introduis les doigts partout où les hommes ont pu y déposer la démonstration de leur jouissance et je veux frénétiquement faire disparaître la moindre trace de leur passage.
Je ne peux pas me présenter devant Mon Maître dans leurs odeurs fétides!
Kristale se munit d’un gros gant de velours et m’en frotte le dos. Je ne dis rien, la laisse faire et m’assoies dans l’eau pour me mettre à sa hauteur. Peu à peu mon énergie revient, je respire mieux, ma poitrine se débloque. Je ferme les yeux et me laisse tomber en arrière dans l’eau savonneuse, m’adossant au rebord de la baignoire...

...Un clapotis me tire de ma rêverie. Sans que je la remarque Kristale s’est déshabillée et vient de plonger un pied dans l’eau trouble. Je ne suis pas surprise. Elle se penche sur moi en prenant appuie sur les rebords. La pointe de ses longs cheveux blonds platine vient se tremper près de ma poitrine. Elle me regard par en dessous.
J’esquisse un pâle sourire.
Rassurée, elle se glisse lentement à mes côtés faisant monter le niveau de l’eau qui manque submerger ma bouche. Je me redresse et elle en profite pour passer un bras sous mon épaule. Sous l’eau, sa main se pose sur mon ventre et le caresse doucement. Je ferme les yeux en glissant la main contre son flanc, me blottissant sur sa poitrine, me laissant ceinturer de ses bras, cherchant un réconfort apaisant.

J’ai accepté ses caresses et ses baisers. Je le lui ai même rendu. Nous avons joué sans un mot avec nos corps. Ma fatigue s’est envolée quand nos lèvres se sont jointes et que nos langues se sont rencontrées.
Car seuls les caresses peuvent effacer des caresses et des baiser faire oublier d’autres baisers. Et j’ai découvert chez Kristale ce don qu’elle partage avec mon Maître celui, après chaque épreuve, de me rendre ma pureté, d’un simple contact, d’une simple étreinte.

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13 janvier 2010

Chap.61. Le premier seuil.

Je reste un moment à regarder s’éloigner le véhicule qui disparaît sous les frondaisons, prostrée dans une sorte de torpeur cotonneuse. Une sensation intense d’abandon, renforcé par le fait que je suis seule, nue, au beau milieu de la clairière. Le soleil s’abaisse sur l’horizon se faufilant et zébrant la forêt assombrie de rayons de bronze liquide. Un petit vent frais se lève et vient m’envelopper. Cela me tire de ma torpeur. Je frissonne, redresse la tête et prend une profonde inspiration. Je me tourne vers la bâtisse menaçante. Il faut que j’y aille !
La pelouse est grossièrement entretenue. Les herbes sèches me piquent les chevilles et les pierres dissimulées me font trébucher, j’ai peur quelles ne m’entaillent la plante des pieds. C’est avec soulagement que je pose un premier pas sur les escaliers du perron. Je tremble de tout mon corps, j’ai ramené mes mains sur la poitrine et sur mon ventre comme pour me dissimuler d’éventuels regards. Je grimpe timidement les degrés. Au moins à l’intérieur je serais à l’abri. Cette pensée me fait presque sourire. A l’abri !
Une lourde porte à double battant garde l’entrée. Je la pousse doucement. Elle s’ouvre sur des gonds parfaitement huilés. Cette maison n’a que l’apparence de l’abandon et doit certainement être souvent visitée. J’entre. Un petit hall au carrelage en losange vert et blanc, un paillasson aux crins rigides qui râpe mes pieds. Je fais un saut de côté pour échapper à sa rudesse. Un couloir sombre à droite et trois portes en face de moi. L’une d’entre elles est entrouverte et une faible lumière s’en échappe. Mon cœur bat la chamade, et mes tempes bourdonnent. Je devine que c’est là ! Là qu’il me faut me présenter. Je pousse la porte et fais un pas en avant en gardant instinctivement une main devant mon bas ventre. Je tends le cou pour essayer de deviner la pièce. C’est une sorte de boudoir ou de salle d’attente, un sol de parquet ciré, un immense lustre de perles de verre, pas de meubles, hormis deux grands fauteuils à oreilles de bois doré et au tissu grenat. Sur l’un d'eux se tient une femme. Une femme au port distingué, assise précautionneusement sur le rebord du fauteuil. Un tailleur de prix à la coupe impeccable. Les cheveux blonds platine presque blancs noués en un impeccable chignon dégageant sa nuque altière. A ses doigts une longue cigarette quelle porte nonchalamment à la bouche et en tire une longue bouffée. Ses yeux de glace bleue m’observent à travers le fin rideau de fumée qu’elle exhale avec une délectation évidente.
Cette femme c’est Kristale !
Etonnement, la tension qui me nouait le ventre et crispait les muscles de mon dos s’évanouit. J’en sourirais presque tellement je suis soulagée de me retrouvé face à un visage connu.
- Te voilà enfin petite gourde ! Approche donc !
Je me redresse comme une enfant qui se cachait et que l’on vient de découvrir. Rassurée, je m’approche et, à un mètre de Kristale, je reprends la pose de soumission. La blonde nordique tire une longue goulée de fumée odorante de sa cigarette puis l’écrase dans un cendrier d’argent posé sur l’accoudoir. D’un mouvement souple elle se lève et avance d’un pas vers moi. Dans un art consommé de la mise en scène elle pose un doigt sur ma hanche et le traîne sur ma peau le tirant derrière elle en faisant le tour de ma taille, passant sur mes bras noués, mes reins et revenant sur l’autre hanche. Apres m’avoir détaillé à loisir en faisant le tour de mon corps nu, exposé, elle lance à voix basse.
- Tu sais Pourquoi tu es ici… Ton Maître te l’a dit ?
- Oui… Madame !
Cette fois j’ai répondu sans hésiter, avec même une certaine assurance. Je me suis fait à l’idée de la punition qui va suivre. L’image de Laure fouettée jusqu’au sang glisse rapidement devant mes yeux. Tout ce que je souhaite maintenant c’est que cela aille vite.
- Je dois tout de même te reposer la question… Tu peux renoncer maintenant, mais tu ne le pourras plus après ton accord !
Une sourde menace perce à travers le ton sentencieux de sa voix
- Isabelle…Es-tu consentante ? Acceptes-tu la sanction qui va t’être appliquée, quelle que soit cette sanction ?
Je ferme les yeux un instant. Mais, mon dieu, quelle sanction ? On me demande d’accepter sans même savoir ce qui m’attend. Marc tout d’abord, puis maintenant Kristale ! Ma totale confiance à Marc m’y a fait consentir. Mais Kristale ? Je la sais capable du pire… Et il faudrait que j’accepte sans savoir ? Ma raison est en train de s’abolir.
Je ne peux que consentir d’une voix blanche.
- Oui, Madame… Je suis consentante et j’accepte la sanction !
Je perçois nettement que Kristale se détend. Comme si elle redoutait un refus de ma part.
Elle s’approche de mon oreille et souffle à voix basse.
- A partir de maintenant tu es à ma disposition, tu es ma petite chienne ! Tu as compris Isabelle ?
- Oui, Madame !
-  Répète ; Je suis votre chienne… Madame !
Un feu intense embrase mes joues. Je n’aime vraiment pas exprimer verbalement ma soumission dans des termes aussi cru. C’est humiliant au possible. Et pourtant il faut bien que je le fasse.
- Je… Je suis votre… chienne, Madame.
Sous le coup de la honte, j’ai prononcé le mot, chienne, un ton en dessous.
Kristale ne relève pas.
- Bien… Et en tant que chienne, je fais de toi ce qu’il me plaît et tu obéis sur l’instant, nous somme bien d’accord ?.
- Oui… Oui, Madame !
Tout en parlant, d’un pas lent, Kristale tourne autour de moi.
- Bien... Bien.
Elle se campe devant moi et cherche dans ses poches. Elle en sort deux élastiques des chouchous et un peigne.
- A genoux !
L’ordre a claqué sèchement. Sans même réfléchir, je me penche promptement et m’agenouille sur le sol, gardant les mains dans le dos. J’écarte les jambes. Kristale fouille dans mes cheveux. Et je sens qu’elle me peigne, séparant ma chevelure auburn par le milieu en deux masses de cheveux et les reliant avec les chouchous sortis de sa poche. Une fois fait, elle s’en retourne sur le fauteuil et s’assoit en croisant les jambes Elle m’observe avec un sourire en coin.
- Tu es mignonne comme çà… Je préfère !
Je dois surtout être ridicule oui ! Affublée d’une coiffure de gamine à peine pubère. Les deux couettes tombant de chaque côté de mon visage
Elle fait le geste de s’essuyer le menton puis se recule dans le fauteuil.
Elle s’éclaircit la voix d’un raclement de gorge puis commence avec son étrange accent hollandais…

6 janvier 2010

Chap.60. Fuite en avant.

La berline roule lentement sur le chemin de terre. Comme promis Marc est passé me prendre en fin d’après-midi. Un rapide au revoir à Laure et il m’a de suite entraînée dans la voiture. Le soleil filtre à travers les branches des châtaigniers en une myriade de rayons dorés. J’ai le cœur qui bat la chamade. Marc n’a pas ouvert la bouche de tout le chemin et je n’ai pas osé rompre le silence. L’atmosphère est lourde et grave.
Nous finissons par déboucher dans une vaste clairière qui est en fait le devant d’une maison de pierre. Une façade de meulière, un perron flanqué de deux escaliers, des fenêtres et des volets à la peinture écaillée. D’ici La bâtisse semble abandonnée. Elle est petite. Certainement un pavillon de chasse, ce que semble confirmer son isolement et la vaste propriété boisée qui se prolonge bien au delà de ce que la vue peu saisir.
Marc stoppe le véhicule à une vingtaine de mètres de l’entrée. Il coupe le contact et sans me regarder prend une profonde inspiration comme pour se donner du courage. Je sens, d’une manière palpable, son intense activité intérieure. Il semble à tout moment comme prêt à renoncer.
Il finit par souffler et ouvre violemment sa portière.
- Viens, Isabelle... Sort !
A mon tour, j’ouvre ma portière et m’extirpe de la berline noire. Marc a eu le temps de faire le tour du véhicule. Il me saisit par le coude m’éloigne et m’oblige à lui faire face.
- Déshabilles-toi !
Instinctivement je lance un regard circulaire, mais il n’y a personne.
Rassurée, je commence par déboutonner mon chemisier. Il ne me viendrait pas à l’idée de désobéir à Mon Maître. Je lui tends le vêtement pour qu’il s’en empare, mais il pointe le sol du doigt. Un moment d’hésitation, puis, je le jette à terre. Le reste de mes vêtements le rejoint très vite sur le sol. Je ne porte pas grand chose, un chemisier, un jean, une paire de mocassin. Il ne faut qu’un instant pour que je me retrouve nue, mes habits éparpillés sur le sol.
Je prends le pose de soumission debout, Les poignets joint dans le dos, les jambes a demi écarté le regard fixé au sol, à un mètre devant moi.
Marc recule d’un pas et s’adosse à la voiture.
- Ton collier aussi !
Je le regarde, surprise.
Il continue.
- Il te faut être entièrement nue !
Inutile de chercher à comprendre, un ordre est un ordre.
Je lève les mains vers mon cou et dénoue la lanière de cuir et d’acier ou pend un anneau de fer et un grelot de novice. Je lance le collier au sol.
Etonnement cette fois je me sens vraiment nue, intimidée.
Un vent frais aux senteurs de sous bois humide balaye la clairière, je frisonne ma peau se hérisse et les pointes de mes seins se durcissent indécemment.
Marc se frotte le menton, son bras retombe puis me lance.
- Tu sais pourquoi tu es ici.
Je déglutis difficilement.
- Oui, Monsieur… C’est pour me… Enfin… Pour ma punition !
Je ne sais pas trop quoi dire.
Marc continue.
- Et quelles sont tes fautes ?
Il me vient immédiatement à l’esprit la plus importante.
- Je… Oui, Monsieur. J’ai oublié de mettre mon collier lorsque vous m’avez présenté Stéphanie et Nicolas !
Marc relève un sourcil et me jauge du regard.
Son visage est fermé.
- Oui… Entre autres ! … Tu oublies notre première entrevue, tu avais gardé ton slip en ma présence, Tu as incité Stéphanie à la négligence. Tu m’as désobéis et tu n’as pas tenu compte de mes avertissements lors de notre soirée chez Kristale…
Je frissonne à l’énumération de mes incartades, de la plus insignifiante à la plus grave… Moi qui fait des efforts désespérés pour être, aux yeux de Mon Maître, d’une parfaite soumission !
Une fois l’énumération terminée, Marc baisse la tête et murmure comme pour lui-même.
- Kristale m’a demandé de choisir et de conduire ta sanction…
- … Et tu connais maintenant la règle de notre cercle. Aucune punition n’est infligée qui n’engage également ceux qui l’infligent… Et je suis impliqué !
Marc relève vivement la tête.
- Isabelle… Regarde-moi !
Je relève les yeux vers lui et plonge mon regard dans ses yeux clairs.
- Cette punition… Elle est… Elle…
Marc cherche ses mots, il souffle, puis lance.
- Isabelle… Il n’y aura pas de mot de sauvegarde… une fois commencé, il te faudra aller au bout… En fait c’est bien plus qu’une punition… C’est un pallier important dans ton dressage, mais je n’en serais pas acteur !
J’ai le cœur qui va exploser tellement l’émotion est forte. Marc se pince les lèvres puis reprend.
- Isabelle… Tu peux renoncer si tu veux… Maintenant !…Tu peux surseoir à cette épreuve
Le ton de Marc est presque suppliant, comme si il voulait me faire passer le message qu’il attend de moi que je renonce.
Mon esprit tourne à cent à l’heure.
Mais si je renonce, si je prononce le save-word ici ? Que se passera-t-il ? Quelle terrible épreuve m’attend donc ? J’ai peur et ne me sens vraiment pas sûre de moi. Et puis, n’y a-t-il pas une épreuve dans l’épreuve ? Renoncer c’est échouer. Et peut être perdre Marc ! J’ai l’esprit embrumé et les battements de mon cœur pulsent à mes tempes.
Mais c’est aussi me protéger ! Arrêter cette folie qui m’a fait offrir ma soumission à Marc, à un tel point que je ne me vois plus faire marche arrière.
Ma décision est prise.
Comme dans un rêve, comme si je me dédoublais, je m’entends dire;
- Marc… Monsieur… Je ne veux pas renoncer, je veux aller au bout de mon expérience avec vous… J’accepte ma punition!
J’ai le cœur au bord des lèvres et les yeux humides de larmes. Je comprend que je viens de prendre une décision irrévocable. Mais, je suis comme soulagée, maintenant je n'ai plus qu'a me laisser aller, à me laisser guider passivement.
Rassérénée, je me redresse et me cambre un peu plus, comme par bravade.
- Monsieur… Je… Je vous aime !
Ma déclaration lancée à brûle pourpoint le désarçonne. Sa bouche s’entrouvre de consternation. Il me lance un regard où se mêle la fierté et l’incompréhension.
Il se décolle d’un coup de rein de la carrosserie du véhicule auquel il est adossé et s’avance vers moi.
- Tu ne devrais pas m’aimer… Pas avec ce que su vas subir… Mais je suis vraiment fier de toi. Fier d’être Ton Maître !
Ses lèvres se posent délicatement sur ma bouche, nos langues se mêlent langoureusement, ses mains brûlantes se posent sur mes hanches.
Apres un long moment alors qu’une larme de bonheur perle et roule le long de ma joue, nos lèvres se séparent
Marc à la voix enrouée
- Tu as choisi…Bientôt, peux être… Tu me haïras !
Puis son ton redevient plus assuré. Il désigne du menton la bâtisse derrière moi
- Va !… On t’attend dans cette maison !
Sans me regarder, il ramasse mes affaires et mon collier et les lance sur le siège avant à travers la vitre ouverte. Il lui faut qu’un instant pour s’installer au volant du véhicule et actionner le contact. Sans un mot, sans un geste à mon attention comme si soudain je n’existais plus pour lui, Marc appuie rageusement sur l’accélérateur et s’éloigne, me laissant entièrement nue au milieu de la clairière.
Il fuit.

3 janvier 2010

Avant toutes choses.

Vous le savez, vous qui me suivez, ces prochaines lignes ont été écrites avec beaucoup d’hésitation. Elles ont fait le sujet de longues discussions avec Marc. L’épisode qui va suivre a été pour moi certainement le plus difficile de mon apprentissage, parce que le premier qui m’a réellement fait comprendre que ma soumission n’est pas un jeu.
Difficile de vous livrer ces lignes donc ! Mais Marc a finit par me convaincre, me rappelant que j’ai un contrat moral avec lui ; Tout doit être écrit.
" De toutes les façons, il y a de forte chance pour que l’on ne te croie pas ! " A-t-il dit; "la majorité des écrits de blogs sont fantasmés, c’est ce qu’on va dire pour le tien… Tu n’y couperas pas ! Et donc, je te fais confiance pour convaincre par tes écrits…"
J’ai, ce jour là, cette nuit là, atteint l’extrême limite de ce que je pouvais supporter et que vous pourrez, peut-être, vous-même, supporter. Par la suite, j’ai compris que pour une soumise aguerries, comme pouvais l’être Laure, qu’il n’y avait rien de plus banale que cette épreuve. La seule différence était que j’étais vraiment un peu trop sans expérience, trop émotive, trop jeune peut être !
Marc pensait, sans en avoir la confirmation absolue avoir deviné ma nature profonde et véritable de soumise et du plaisir trouble et intense que j’y trouve. Cette épreuve a été, pour lui comme pour moi, un moment de vérité.
Cette épreuve, Mon Maître a jugé que j’étais capable de la subir. Je lui ai fait confiance, aveuglément. Aujourd’hui, plus de deux ans après, je ne peux que constater qu’il avait raison.

Ne me jugez pas ! Ne le blâmez pas !

11 novembre 2009

Chap. 55. Cris et Châtiments.

Mes jambes flageolent. Comment peut-elle me demander çà ?
Désemparée, je lance un regard à Marc. Les airs de conspirateurs qu’ils ont eus en murmurant ne me disait rien qui vaille. Mais me demander çà !
Je contemple bêtement la cravache tendue vers moi. J’ouvre plusieurs fois la bouche comme un poisson hors de l’eau pour tenter de reprendre ma respiration. Kristale à un geste d’insistance en soulevant un peu plus la badine devant mon visage.
-  Aller Isabelle… C’est un ordre !
Comme dans un rêve, je me vois saisir timidement la cravache. Kristale me prend alors par les épaules et vient me positionner à un pas derrière Laure qui attend, statufiée, que tombent les premiers coups. J’ai la tète prise dans le coton un intense goût d’adrénaline remonte de ma gorge. Une envie de fuir. Comme pour demander pitié, je lance un regard circulaire sur la salle. Tous me regardent et attendent.
- Isabelle !
Je sursaute violemment. La voie de Kristale est forte et dure.
Je sens le regard de Mon Maître sur ma nuque et commence à me réciter intérieurement ce mantra qui a le don de me replacer dans ma condition et me donne le courage de le supporter "Fais que je sois fier de toi… Fais que je sois fier de toi… Fais que…"
Je prends une profonde inspiration et lève le bras, marque un temps d’arrêt puis abat sans conviction, en fermant les yeux, la longue badine de cuir. Je n’ai pas visé d’endroit particulier et c’est sur le haut des reins de Laure que s’écrase mollement la cravache. Laure ne bronche pas.
-  Plus fort !… Petite gourde !… Plus fort !
S’exclame Kristale, impatiente.
De nouveau je lève l’instrument de torture. Il fend l’air dans un bruissement sourd. Cette fois j’ai gardé les yeux ouverts et tente d’atteindre la partie la plus charnue de la croupe tendue vers moi où je pense faire le moins de mal à mon amante d’un jour. J’assène rapidement un deuxième puis un troisième coup, mais sans vigueur, sans élan, comme une fessée feinte donnée à un enfant, pour jouer.
Le visage de Kristale blêmit et se ferme.
Elle se précipite sur moi m’arrachant la cravache des mains. Kristale est en colère et ne le cache pas. Elle me repousse vivement d’un geste nerveux. Je recule d’un pas en joignant les mains, penaude.
La blonde hyperboréenne prend alors son élan. La badine fend l’air dans un sifflement strident et s’écrase en un claquement cinglant sur les reins de Laure. La belle esclave pousse un cri perçant et plie les genoux sous la violence du coup. Elle ne s’attendait certainement pas à un tel déchaînement de violence après mes effleurements timorés. Sa plainte n’arrête pas Kristale qui sans attendre, lui assène de toutes ses forces une nouvelle volée de cuir, lui arrachant un glapissement rauque, étranglé. Le coup a été si rude que la fière odalisque en est tombée à genoux et, comme sonnée, tente maladroitement de se redresser en appuyant sa tête contre le mur.
J’ai le cœur au bord des lèvres. Laure a les bras qui tremblent fortement et je perçois distinctement, à travers ses cheveux, les sanglots qu’elle tente de juguler. Les pleurs retenus de Laure me bouleversent. Elle, si fière de sa condition, si majestueuse et impassible, à la limite de l’arrogance !
La voir ainsi déchue et humiliée !
Satisfaite Kristale revient vers moi et me saisie par la nuque, m’amène de force vers Laure tremblante qui a repris la pose tant bien que mal et me penche le visage vers la croupe martyrisée.
- Tu vois Isabelle ?.. Tu vois çà ?
Horrifiée, je découvre deux sillages sanglants qui barrent les reins de Laure. Deux sillons dont, le long du plus marqué, la peau déchirée laisse perler de minuscules gouttes de sang. Cette magnifique peau que je caressais tendrement il y a quelques instants, ravagée par les ignobles travaux de Kristale.
- Tu vois… Et bien petite gourde, je veux que tu fasses la même chose…. Et tu ne partiras pas d’ici tant que cela ne sera pas fais.
Elle me redresse, me colle rudement la badine de cuir contre la poitrine et la lâche. Je la rattrape in extremis. Kristale sans me prêter plus d’attention s’éloigne et vient s’asseoir à côté de Stéphanie lui glissant un bras autour des épaules.
Elle me fixe froidement. Elle attend. Certaine, cette fois, d’être obéît.
Ma vision se rétrécit, un froid glacial me tombe sur les épaules. Je lance un regard suppliant à Marc. Il faut qu’il arrête çà ! Qu’il vienne à mon secours ! Mais apparemment ce n’est pas son intention. Nos regards se croisent. Il lève le menton sèchement en un signe qui m’invite à obtempérer. Déçue, je baisse les yeux et m’approche de la pauvre Laure. Je n’ai pas d’échappatoire possible. Soit je n’y mets pas toutes mes forces et retient mes coups, et le calvaire de ma belle esclave s’éternisera tant que je n’aurais pas obtenu deux sillons parfaitement marqués. Soit je prends sur moi et clos le plus rapidement possible ses tourments en la fouettant le plus fort que je puisse. Une boule de coton m’assèche la gorge.
Je prends une profonde inspiration et lève le fouet au-dessus de ma tête. Je reste un bref instant en suspension et abat de toutes mes forces la tresse de cuir. Laure a sursauté mais n’a pas bronché. Inconsciemment la peur de lui faire mal a retenu ma main sur la fin de mon geste. J’avise le postérieur, j’y ai tout de même laissé un long sillon rosé qui s’assombrit rapidement. Les jambes de Laure tremblent imperceptiblement, elle respire fort en haletant pour essayer de contrôler sa douleur.
Je lève une nouvelle fois la cravache en fermant les yeux. Il faut que je me concentre pour en terminer le plus vite possible. Cette fois l’effort est si violent que je pousse un "han" en abattant la badine sur les reins de la pauvre fille. A mon cri guttural répond une plainte étouffée de Laure qui dans un spasme de tout son corps rejette sa tête en arrière. L’espace d’un instant avant qu’il ne retombe lourdement entre ses bras je peux voir son visage mouillé de larmes, les yeux exorbités. Mon cœur se serre d’émotion, je me pince les lèvres et me tourne vers Kristale. Une nouvelle balafre strie les fesses de la jeune femme et elle est bien visible de tous.
Kristale me sourit.
- C’est bien ! Tu vois quand tu veux !… Aller encore une autre !
Des tremblements s’emparent de tout mon corps Je ferme les yeux.
Encore une fois, une seule fois, et c’est fini !
J’ai compris qu’il est inutile de chercher du secours auprès de Marc et qu’il attend de son élève le meilleur d’elle-même. Je relève le bras ouvre les yeux en essayant de ne pas porter attention aux plaies qui strient le bas du dos la jeune femme. En serrant les dents, j’abats de toutes mes forces le stick de cuir. Le coup est si fort que j’en ressens la secousse dans le poignet. Laure ne cherche pas a retenir son cri et c’est un hurlement qui vrille mes oreilles suivies d’éructation de douleur. Elle s’est pliée en deux, les bras raclant le mur, s’y raccrochant désespérément pour ne pas tomber à genoux. J’espère qu’elle me pardonnera et comprendra que je voulais en finir au plus vite.
Mes oreilles bourdonnent, les murs vacillent, j’ai la nausée et l’impression que je vais m’évanouir tant la tension qui me tient est forte. Je lâche la cravache qui s’écrase au ralentie, sans bruit, sur le sol de marbre. Un pas vacillant vers mon Maître, puis un autre… Vidée de mon âme je ploie et tombe à ses genoux, étreignant convulsivement le bas de sa jambe. Je laisse aller mes larmes et je me fiche de ce que peux bien en penser Kristale et les autres.
Un long silence gêné empli la pièce, à peine troublé par les reniflements de Laure et mes pleurs étouffées.Entre deux hoquets, je finis par sourire, comme une enfant que l’on console, en sentant la main bienveillante de Mon Maître se poser sur ma tête.

4 novembre 2009

Chap. 54. Ricochet

- Alors tu as fait connaissance avec… Notre serviteur ?
Le ton de Kristale est à la fois moqueur et chargé de reproche.
Je n’ose pas répondre. Elle continue.
- Sais-tu qu’il a appartenu à une proche de la Marquise de Montespan ?… Tu imagines les femmes célèbres qu’il a comblé ! Il a spécialement été conçu et réalisé pour elle ! … Enfin… C’est ce qui se dit !… Et j’aime à le croire.
Et je suis, également, bien prête à la croire. Kristale fait preuve d’un goût sans faute. Je n’ai pour cela qu’a laisser promener mon regard dans la pièce. Tout n’est que bibelots précieux, œuvres d’art, tapis et meubles de style. Je me doute qu’elle doit faire preuve d’autant de discernement en ce qui concerne ses jouets de débauche.
- Je l’ai offerte à Laure…
Elle a une œillade vers son esclave qui à prise une pose parfaite de soumission
- Et… Tu as aimé ?
Ses yeux de glace bleue se plante au fond des miens.
Elle attend une réponse.
Une onde froide me parcourt le dos tandis qu’une chaleur intense me brûle les joues. Je lance un regard désemparé à Marc adossé au mur, les bras croisés, et qui suit attentivement la conversation. Mais il reste impassible.
- Je … Je… Oui Madame !
Ma voix est à peine audible.
- C’est bien !
Elle a dit cela en regardant vers le sol comme pour elle-même.
Elle continue.
- L’ennuie, c’est que tu y as peut être pris un peu trop de plaisir…Qui dois-je punir pour votre retard ? Toi ou Laure ?
Je baisse les yeux.
Lorsque je me suis réveillée dans les bras de la belle esclave le soleil avait largement décliné. Mon œil exercé de fille passant sa vie à la campagne, sans montre au poignet, avait immédiatement enregistré qu’au moins trois heures avaient passées. J’ai réveillé Laure en lui secouant l’épaule. Elle a pris un air paniqué lorsqu’elle s’est rendu compte, elle aussi, de l’heure tardive. Elle s’est précipité dans les couloirs en me tirant par la main et en me pressant d’accélérer le pas. Mon cœur battait la chamade, j’avais parfaitement conscience que nous avions outrepassé une limite et l’attitude affolée de Laure n’était pas là pour me rassurer.
Nous avons débouché en trombe dans le salon et là, mon cœur à loupé un battement.
Au beau milieu de la pièce se tenaient Marc et Kristale. Sylvie et Stéphanie étaient assises sur le divan et leurs yeux surpris se sont braqués vers nous. Ce qui me mit le plus mal à l’aise c’est qu’ils étaient tous habillés, et nous étions entièrement nues. Je m’arrête net lâchant la main de Laure et pique un fard. Je m’avance d’un pas vers Marc et bredouille lamentablement quelques mots entre mes dents avant de comprendre en voyant son visage sévère, les lèvres pincées, que je ferais mieux de me taire.
Laure a réagit plus vite que moi. Elle s’est immédiatement figée en une pose de soumission la tête baissée.
Je fais de même.
Tous les regards sont braqués vers nous et je n’en mène pas large. La réaction de Kristale ne se fait pas attendre. Les poings sur les hanches, elle aboie presque, ce qui augmente son accent hollandais.
- Laure à genoux !… Isabelle ! Va t’habiller immédiatement… Ton Maître t’attend depuis trop longtemps !
Sous le coup de l’émotion j’ai du mal à penser, mais je me souviens tout de même que mes effets sont restés dans la cave. Gardant la tête baissée, je trottine vers la porte dérobée et file sans demander mon reste, soulagée de quitter les lieux pour un temps.
Il ne m’a fallu qu’un instant pour retrouver au fond du sofa et sur le sol de pierre mon slip de coton blanc, ma jupe écossaise et mes socquettes. Je recherche fébrilement mon chemisier avant de me rappeler qu’il est pendu dans le dressing de l’entrée. Je cours le plus vite possible en évitant de passer par le salon pour le récupérer. Le sang bat à mes tempes lorsque, enfin rhabillée, je pousse la porte du salon. Laure est toujours à genoux, la tête baissée, ses longs cheveux noir tombant de chaque coté de sa tête me cache son visage.
Apparemment une explication a eu lieu…
- Alors ? Qui dois je punir pour cela ?
L’interpellation au ton germanique de Kristale me perce de part en part.
Je n’ose pas dire un mot. Et rougis encore plus fortement. Dans un éclair de lucidité je décide d’agir comme avec Mon Maître. Peut être que cela permettra d’atténuer son courroux !
Je plie un genou en une profonde génuflexion.
- Je… C’est, moi Madame… Je … Je suis responsable !
Mon ventre se tord d’angoisse, j’ai l’impression que je vais m’évanouir. La personnalité de Kristale est telle que j’ai, face à elle, le sentiment d’être vraiment une gamine prise en faute. Je déglutis péniblement et baisse la tête pour dissimuler l’humidité de mes yeux.

Un long silence s’en suit. Kristale s’éloigne de deux pas.
Son ton se radoucit.
- Soit… Je vais donc te punir… Pour cela je vais fouetter Laure !
Mon esprit s’enraye. Il me faut un moment avant de saisir ce qu’elle vient de dire. Je viens de me désigner comme fautive et c’est Laure qu’elle va punir ?
Je relève vivement la tête et prend la parole sans y être invité.
- Mais, mais, je…
Et m’interromps brusquement, restant bouche bée. Je viens de comprendre ce que va faire la blonde nordique. Elle va me punir à travers Laure !
Elle sait pertinemment que Laure exerce sur moi plus qu’une fascination trouble. Et que de la voir punir sous mes yeux à la place et à cause de moi va m’atteindre au plus profond.
La voilà sa punition machiavélique ! Il en va ainsi depuis que je connais Marc. Je ne peux m’appuyer sur aucune certitude, Rien n’est jamais évident ou prévisible. Tout est fait pour me rappeler que ma façon de penser dejeune fille bien éduquée n’a pas cours ici.
- Laure… Ma cravache de dressage !
Je reste pétrifiée à l’idée de ce qui va se passer. Laure sans l’ombre d’une hésitation se relève vivement et court vers un long buffet de laque noir en extirper une badine de cuir beige. C’est effectivement une de ces cravaches que l’on utilise pour dresser les chevaux et diriger leurs pas à la longe. Mais elle toutefois plus fine et un peu moins longue.
Laure la présente dévotement à Kristale, les deux mains tendues vers elle, la cravache posée sur les paumes. La Maîtresse de la maison s’en empare et en teste la flexibilité en la courbant entre ses mains.
- En position Laure !… Contre le mur !
Encore une fois Laure montre sa célérité à obéir. Elle s’approche du mur le plus proche, se penche en avant, s’appuyant mains tendues contre le crépis blanc et écarte les jambes à demi, en se cambrant. La pose qui ne cache rien de son intimité met en valeur la courbe de ses reins et le galbe de ses fesses offertes. Elle a baissé la tête entre les bras. Sa longue chevelure d’ébène touche presque le sol et je ne peux qu’admirer la parfaite plastique de l’esclave.
Je détourne la tête sachant ce qui va se passer.
- Non, non, Isabelle !… Tu regardes … Et vous aussi Mesdames !
Elle se tourne vers Stéphanie, blême, et Sylvie qui a joint ses mains devant sa bouche. Je prends une profonde inspiration, lance un regard déconcerté vers mon Maître, qui reste impassible, puis reviens au corps magnifique exposé prêt à subir les foudres de Kristale.
Un silence pesant s’établit.
Kristale prend son temps, ce qui augmente la tension qui plane maintenant dans la pièce. Mon cœur bat à cent à l’heure. Elle va pour se positionner derrière Laure lorsque Marc l’interpelle.
- Kristale s’il te plaît, tu peux venir me voir !
Tous les regards se tournent vers lui. Kristale penche la tête sur le côté et, comme à regret, place la badine sous son bras pour rejoindre Marc d’une démarche souple. Une fois ensemble ils nous tournent le dos et Marc murmure quelque chose à son oreille. Elle se redresse et hoche plusieurs fois la tête. Mon Maître reprend sa place, adossé au mur les bras croisés, en me regardant intensément.
Kristale se dirige alors vers moi, et je n’oublierai jamais le sourire en coin qu’elle a eut lorsqu’elle m’a annoncé en me tendant la cravache;
- Isabelle… C’est toi qui va donner la punition à Laure !

21 octobre 2009

Chap. 52. Citadelle de glace.

Je ne me lasserais jamais de cette sensation si étrange que celle de me laisser faire l’amour par un corps qui me ressemble. Une sorte de dédoublement, un ravissement extatique Une joie ineffable teintée d’un trouble intense. Un trouble de petite fille bien élevée qui a conscience de l’interdit qu’elle est en train de braver et du délicieux frisson de plaisir qui l’accompagne. J’oscille entre culpabilité et ravissement de tout mon être.
Mon dieu ! Que les plaisirs tabous sont bons !
Laure se sublime dans sa tache. Il n’est pas un recoin de mon corps qui échappent à ses caresses Et moi, gourmande de la finesse de sa peau au grain sérré, un peu gauche, je lui rends, comme je peux, ses frôlements indécents. A mon tour je l’étreins de toutes mes forces m’emparant à pleines mains de l’être que je voudrais engloutir. Mes lèvres goûtent sans retenue et avec frénésie à la saveur de cannelle de sa peau. Et nos ébats m’entraînent dans un tourbillon enflammé où la sagesse et la pudeur n’ont plus leur place.
Et c’est ainsi que guidé par sa main posée sur ma nuque, comme dans un rêve, je plonge ma tête entre ses jambes et viens en embrasser goulûment et un peu maladroitement la suave orchidée nimbée de rosée. Ses parfums m’enivrent et me font perdre la raison. J’ai envie de me dépasser. Je veux voir se tordre de jouissance et gémir de râles indécents l’impassible odalisque. Je saisis du bout des dents le bouton turgescent qui n’attend que ma caresse. Laure a un petit sursaut de surprise et de recul, mais se laisse retomber sur le dos écartant un peu plus les jambes tout en appuyant sur ma tête pour m’intimer de continuer et d’aller plus loin.
Je souris intérieurement. J’ai ouvert une brèche dans la froide muraille et je me fais fort de la faire tomber. Je m’insinue entre ses pétales entrouvertes. Elle a petit goût acide vite estompé de ma salive. Je me lance en une sarabande effrénée de la langue que je tente d’introduire au plus profond de son intimité. Il ne faut pas longtemps pour que je recueille un flot de liquide mielleux que je reconnais comme le résultat de son plaisir. C’est avec délectation que je sens son souffle s’accélérer et, sous mes doigts, de petits spasmes contracter ses hanches. Ses mains se crispent sur ma nuque. Collée contre son ventre, la chaude liqueur de Cyprine me barbouille la bouche macule mes joues et coule sur mon menton. Lubrifiée par le liquide sirupeux ma caresse se fait plus douce mais plus volontaire. Extrayant ma langue du brûlant calice au bouquet saumâtre je reviens au clitoris arrogant que je caressais du nez. De nouveau Laure a un sursaut de tout son être et lâche une exclamation contenue. C’est vraiment le point sensible ! Je décide de m’y attarder. Il me semble qu’il s’agit du lieu le plus faible de la citadelle et que c’est par là que je ferais tomber les dernières froideurs de la belle. Et effectivement mes caresses maladroites du bout des dents et de la langue sur le clitoris érectile ont pour effets de faire tressauter Laure de tout son corps. Ravissement suprême, j’arrive à tirer de ses lèvres le doux son de gémissements langoureux qui s’amplifient peu à peu et témoignent de la jouissance qui monte en elle.
Enfin au comble de son plaisir, dans un cri inarticulé, la puissante esclave se tend comme un arc décollant ses reins du lit, plaquant violemment une dernière fois son ventre contre mon visage puis retombe lourdement sur la couche, soufflant bruyamment en tentant de reprendre sa respiration.

Je suis aux anges et très fière. Moi ! La novice timide ! Inexpérimentée aux jeux des femmes ! Je viens de faire jouir Laure, femme rompue à tous les arts de l’amour et sûre d’elle même !
Elle a fermé les yeux, un vague sourire aux lèvres. Je m’essuie rapidement la bouche et le menton tout en me glissant le long du corps de la guerrière vaincue. Je m’allonge près d’elle posant ma tête sur sa poitrine et l’étreignant de mes bras encore tremblants comme je le ferais avec mon Maître. Et récompense des récompenses, je sens les lèvres de Laure se poser en un doux baiser sur mes cheveux. Alors seulement ma respiration se libère et je lance un profond soupir tandis qu’une larme perle et roule le long de ma joue s’écrasant sur la peau dorée de ma belle apprivoisée.

8 octobre 2009

Chap. 51. La mansarde

 

.Je n’ai pas pu résister. Et d’ailleurs en avais-je envie ?
Le baiser de Laure et son gout de canelles m’a littéralement subjuguée. Nos caresses ne se sont pas attardées. De sa poigne puissante elle m’a invité à sortir de la piscine.Et c’est ruisselante, sans réaction, qu’elle m’entraîne à sa suite vers la maison. Main dans la main, nous passons devant Sylvie et Stéphanie vautrées sur les transats. Sylvie a un petit sourire en coin alors que Stéphanie me lance un regard noir et interrogateur où je devine de la jalousie. Comment lui dire ce qui m’arrive ? Comment lui dire que ma volonté est totalement annihilée ?
Je n’en ai pas le temps. Laure me tire derrière elle comme une poupée de chiffon.

Je n’ai qu’une crainte. Rencontrer Kristale ! Mais Laure à parfaitement l’air de savoir ce qu’elle fait. Nous grimpons une volée de marches pour nous retrouver au premier étage. Mon cœur se serre. C’est dans ce couloir que j’ai subit les assauts de Jacques. Nous le traversons d’un pas rapide en laissant des marques mouillées sur le sol, l’eau goutte encore de nos cheveux. Laure n’a pas dit une parole et je me dis que de toute la soirée elle est restée muette ne répondant que par des hochements de tête ou de légères génuflexions aux injonctions de sa Maîtresse.
Je ne connais même pas le son de sa voix, et pourtant je la suis sans broncher, comme une enfant qu’on entraîne, le cœur prêt à exploser. Au bout du couloir nous gagnons un autre escalier, puis un autre et finissons par déboucher sous les combles. Encore un étroit couloir sombre au plafond bas, barré des poutres de la charpente qui m’obligent à me baisser. Il y règne une odeur de vieux grenier. Dans un angle, une petite porte de bois que Laure d’une main ferme m’invite à franchir. Mes yeux s’écarquillent, enchantée par ce que je découvre.

Une sorte d’alcôve décorée comme une bonbonnière. De l’étroite lucarne jaillit la lumière du soleil qui se diffuse doucement sur les parois tendues de satin vieux rose et le sol de parquet disjoint parsemé de tapis et de coussins lilas et doré. Un petit lit blanc en ferronnerie rehaussé de boules de bronze est le seul ameublement de l’étroite cellule avec une petite commode de bois peint. Sous les toits, c’est exactement le décor de la cachette secrète d’une petite fille de bonne famille. On s’y sent en sécurité et seule au monde. Ici personne ne peut nous surprendre, d’ailleurs Laure tire le verrou de laiton qui condamne l’unique porte derrière nous.
Je prends une profonde inspiration. Je sais bien pourquoi elle m’a entraînée ici. Mon cœur bat la chamade et mon esprit se brouille, je ne sais pas comment me comporter ! Je n’ose pas prendre l’initiative. Pourquoi ai-je le reflex de mettre mes mains dans le dos ? C’est rassurant certainement ! Cela dédouane ma conscience de ce qui va se passer. En prenant instinctivement une attitude de soumission je laisse Laure décider et ainsi je ne me sens plus responsable.
Laure s’adosse à la porte et prend le temps de me contempler. Son regard est inquisiteur et me ses yeux noirs me mettent mal à l’aise. Une bouffée de chaleur me monte au visage et mes mains se joignent devant mon ventre quittant rapidement la pose de soumission. Maudite timidité ! Elle s’est aperçue de mon trouble. Elle sourit. D’un coup de rein elle se décolle de la porte et s’approche de moi. Un petit pas de plus et elle est sur moi, me saisis par les épaules et approche ses lèvres de ma bouche.

Le premier baiser dans la piscine n’a pas éteint ses feux et c’est avec ravissement que j’accueille le second. Mon corps tendu comme un arc se détend enfin. Cette fois je n’ai pas d’hésitation, ma langue viens à la rencontre de la sienne. Nos poitrines se collent l’une à l’autre nos ventres se touchent. Laure avance sa jambe, la glisse entre mes cuisses et s’empare de mes hanches. J’écarte les jambes. Le contact de sa peau brûlante sur mon ventre m’arrache un petit gémissement. Une onde crépitante explose entre mes jambes et fulgure à travers mon corps. Sous mes paupieres baissées mes yeux se révulsent. Nous nous pressons l’une contre l’autre comme si nos corps ne devait en faire qu’une.
Le baiser devient fougueux presque violent. Laure me pousse vers le petit lit blanc et n’a pas de mal a m’y basculer, se couchant sur moi de tout son poids. Après un long et profond baiser, nos bouches se séparent et ses lèvres viennent frôler mon cou. Je respire fort comme une noyée cherchant à reprendre son souffle mes reins sont en feu. La puissance de Laure me submerge et je m’empare de sa tête en emmêlant mes bras dans ses longs cheveux mouillés lorsque son visage descend sur ma poitrine et que sa bouche s’empare d’un de mes tétons dressé et tendu à me faire mal. La brûlure de sa langue et la caresse de ses dents qui jouent avec la pointe de mes seins achève de me faire perdre le soupçon de retenue qui me reste. Et je ne peux contenir un gémissement de ravissement lachant sa tête j'étend, vaincue, les mains de chaque cotés de mon corps, crucifiée, offerte à la caresse experte de la belle odalisque !

Chaque petit lapement sur ma peau, chaque petit suçon et mordillement sur la pointe de mes seins provoquent un feu pétillant qui courent sur ma peau et se termine au creux de mes reins. Ma raison s’envole.
Rassasiée ses lèvres toujours collées à ma peau glissent le long de mon ventre et gagne mon nombril. Ma respiration s’accélère encore un peu plus. Je me mords la main pour ne pas crier. Je vais mourir sous la caresse. Je sais ce qu’elle va faire et j'ai un moment de refus puéril. Je murmure entre mes dents crispées sur la base de mon index
– Hoo non, non, … Laure, non !
Mais mon murmure se meurt dans un soupir lorsque ses lèvres fraîches se posent sur ma fleur brûlante et que ses longs cheveux noirs s'étalent sur mon ventre et mes cuisses. Un spasme me secoue de la tête aux pieds. Pourquoi crier non alors que tout mon corps dit oui? Que malgré moi mes jambes s’écartent largement et que mes reins se cambrent allant au devant de l’indécente caresse.

1 octobre 2009

Chap. 50. Canary Bay.

La matinée s’étire en langueurs. Une à une, nous avons pris place sur les transats. Sylvie et Stéphanie s’étalent nues au soleil qui frappe de plus en plus fort. Kristale a regagné la fraîcheur de la maison prétextant des affaires à régler. Laure après s’être affairée autour de la table, s’est discrètement éclipsée.
Je me suis réfugiée un peu à l'écart, à l’ombre d’un des grands parasols. Ma peau de lait ne me permet pas de m’exposer au rayon de Phébus sans qu’il ne m’inflige de cruelles brulures. Comme les autres je suis nue, et malgré cela j’ai terriblement chaud. Des gouttes de sueur perlent entre mes seins et viennent s’accumuler dans le creux de mon nombril. Rêveuse, je souris, cela ferait le ravissement de mon Maître, s’il était là… "hum, la saveur d’une rouquine ! ", comme il dit ! J’avise la piscine d’un œil morne, oui peut être ! Pourquoi pas ? Je m’apprête à me lever lorsque Kristale sort de la maison et sans une parole aux filles qui somnolent, sans marquer de temps d’arrêt, se défait de sa liquette et plonge dans la piscine laissant sur le sol le vêtement qui la laisse nue.
Je repose ma tête sur le bois du transat et ferme les yeux. Je goutte le bruit de l’eau brassé par la nage vigoureuse de la naïade hollandaise. Je résiste un instant à l’envie de la rejoindre et plonge dans une bienheureuse somnolence.
La nuit a été longue.

Des interpellations aiguës me font sursauter et me tirent brutalement de ma torpeur.
- Hou, Hou ! Kriss ? … J’peux profiter de ta piscine ?
En même temps que Stéphanie et Sylvie je me redresse sur un coude et tourne la tête vers l’arrière.
C’est une femme d’une trentaine d’année, Pas très grande, mais bien proportionnée. Les cheveux noirs aux reflets de prune coupés court. Son visage respire la bonhomie. Très enjouée elle a un large sourire lorsqu’elle s’aperçoit de notre présence. Elle a un petit geste de la main.
- Bonjour Mesdames !
Tournant la tête vers moi
- Mademoiselle !
Cela n’a pas l’air de la surprendre de trouver sur la terrasse trois femmes entièrement nue se prélassant au soleil. Un peu gênée, je cache mon ventre de la main. Mais elle ne me prête plus attention et se dirige vers la piscined'un pas résolu, entraînant à sa suite un gigantesque dogue noir à la courte laisse.
En quelques brasses Kristale regagne le bord du bassin et s’en extrait d’un mouvement souple se retrouvant face à ce qui semble être une de ses nombreuses amies. Elles s’embrassent langoureusement et je comprends que cette femme fait partie de ce cercle où je ne me sens pas encore très à l’aise.
Le molosse s’est assis à côté de sa maîtresse et nous lance tour à tour des regards intrigués. Il a des yeux froids aux scintillements bleus profond et noirs comme son pelage luisant.
Kristale nous lance.
- Mesdames, je vous présente Maud… qui va passer l’après-midi avec nous.
Interrogeant Maud du regard.
- N’est ce pas ? .. Tu restes avec nous ?
Elle répond d’un ton désinvolte.
- Oui, oui ! Désolée pour hier soir je n’ai pas pu me libérer et…
Kristale l’arrête d’un geste, la prend par les épaules et sans se rhabiller l’entraîne vers la maison. Bien que Maud aie lâché sa laisse, le molosse noir les suit comme leur ombres traînant son attache de cuir sur le sol. J’ai peur des chiens et cela me rassure de voir le monstre s’éloigner.
Je décide, cette fois sans attendre, d’aller plonger une tête dans la piscine.

Une onde froide et galvanisante me parcourt le corps lorsque je pénètre d’un seul coup dans l’eau fraîche. Je me lance avec ravissement dans quelques longueurs puis, essoufflée, fait la planche, le visage tourné vers le ciel bleu d’azur, fermant rapidement les yeux, éblouie par le soleil… Je suis bien et me laisse flotter, les bras et les jambes largement écartées, impudique.
Un splash me signale l’entrée brutale d’une personne dans l’eau redevenue calme.
J’ouvre les yeux et me redresse. Une tête émerge de l’onde. C’est Laure qui apparemment profite de sa liberté pour se détendre. Nos regards se croisent et s’accrochent. Sans me quitter des yeux elle s’éloigne de moi en une nage indienne souple et puissante. Intimidée, je souris et revient vers le bord pour m’y agripper. Laure se lance dans quelques longueurs qui se rapprochent de moi imperceptiblement. Arrivée à un mètre elle stoppe brutalement et ramène ses longs cheveux noirs en arrière en me fixant du regard. Mon cœur loupe un battement puis se met à battre furieusement. Je tente de refréner le trouble qui m’envahit et le rouge qui me monte aux joues à l’approche du corps nue de la parfaite odalisque.
Elle a perçue mon malaise et son sourire s’élargit encore, découvrant des dents parfaitement alignées. Comme une espiègle ondine d’un coup de rein elle se dresse dans l’eau et jette un rapide regard aux alentours en se laissant retomber, disparaissant sous la surface cristalline. Mes oreilles bourdonnent, j’ai du mal à respirer, mon cœur n’en finit pas de battre la chamade. Tétanisée j’observe l’ombre noire couler au fond de la piscine dans un faisceau de bulle et remonter peu à peu le long de mes jambes Son visageémerge à quelques centimètre du mien. Nos seins se frôlent. Je n’ose pas faire un geste et j’ai l’impression que ma poitrine va exploser. Comprenant que je suis à sa merci, Laure s’avance. Nos lèvres se joignent. Je reste un moment sans bouger, puis j’entrouvre la bouche, lui faisant comprendre que j’accepte son invitation. Je crois que je vais m’évanouir. La langue de Laure profite de la brèche pour s’immiscer entre mes dents tandis que d’une main elle me ceinture la taille et m’entraîne vers elle. J’ai un moment de panique, et si quelqu’un nous surprenait ? Si Kristale s’aperçoit que je viens de céder aux avances de son esclave ? Les mains qui me caressent les hanches et viennent fureter sur ma croupe descendant entre mes jambes me font oublier toutes mes angoisses. Le baiser brûlant se fait plus pressant, plus profond. N’y tenant plus je saisis à mon tour la taille et la nuque de la belle esclave l’entraînant sous les eaux. Un long moment d’apesanteur et de plaisir interdit. Nos mains se cherchent en remontant à la surface, Joie indicible, j’étreins ce corps magnifique, cet être à la beauté surnaturelle qui m’a captivée et éblouit toute la soirée.

9 septembre 2009

Chap. 47. La peur de Stéphanie.

Il y a une vaste salle d’eau au rez de chaussée. Je le sais pour l’avoir utilisé lors de ma première visite. J’y entraîne Stéphanie. Je referme la porte derrière nous et tire même le loquet pour éviter une visite inopportune. Je crois que Stéphanie a assez payé de sa personne et je ne voudrais pas qu’un des mâles à la vigueur retrouvée vienne demander son dû aux deux soumises esseulées.
Au diable les consignes… Pour un temps !
J’avise la cabine de douche et lâche Stéphanie. Elle reste sans réaction prostrée au milieu de la pièce pendant que j’active le mitigeur et en fait jaillir une eau salvatrice.
Je reviens vers elle. Malgré la douce chaleur de la pièce elle tremble légèrement de tout son corps et son regard reste absent, comme en état de choc. Il faut absolument que je la fasse émerger. Je tends les mains vers son collier et sans la quitter du regard commence à lui détacher. J’appelle.
- Stéphanie ? Stéphanie ? … Çà va ?
Pas de réaction.
Je lui ôte son collier et le laisse tomber sur le sol. J’insiste en criant presque et en agitant une main devant ses yeux pour attirer son attention
- Stéphanie ?
Cette fois elle a un brusque sursaut et ses yeux s’écarquillent. Elle me contemple comme si elle me découvrait. Son visage passe de la stupeur à l’étonnement un triste sourire lorsque enfin elle me reconnaît. Deux grosses larmes roulent sur ses joues blafardes. Ses lèvres tremblent convulsivement.
- Isa ?… Je... je ne savais pas…que cela serrait aussi…
Elle a un violent hoquet et sans prévenir se précipite vers le bidet de la salle de bain. Embarrassée, les mains jointes, j’attends patiemment qu’elle finisse de vomir. Ses éructations se terminent sur une crise de pleurs incoercible. Le choc à été rude !
Je me penche vers elle et lui saisis les épaules autant pour la consoler que pour la relever. Elle se laisse guider et je l’amène près de la vaste pour qu’elle se rafraîchisse la bouche puis la pousse doucement vers la douche qui coule à gros bouillons. Elle marque un temps d’arrêt puis pénètre dans la cabine de douche. Eclaboussée, je vais pour faire un pas en arrière mais elle se cramponne convulsivement à mon bras en me lançant un regard apeuré. Un regard qui me demande de rester près d’elle. J’hésite, mais pourquoi pas ! J’aurais bien besoin d’une douche également ! Je me libère de son étreinte en la rassurant d’un sourire et détache promptement mon collier et ma chaîne qui vont dans un cliquetis de métal et le tintement de grelot rejoindre sur le sol celui de Stéphanie.
La douche est vraiment très spacieuse. On pourrait tenir à quatre sans se gêner et pourtant nos corps se rapprochent imperceptiblement. Les jets d’eau me font un bien fou. Ma chair se détend mes muscles se dénouent et mon esprit s’envole. Il semble en être de même pour Stéphanie.
Peu à peu elle retrouve le sourire, comme si le ruissellement de l’eau sur sa peau entraînait avec elle ses souillures physiques comme celles de son esprit. Elle finit même par rire lorsque m’emparant d’un énorme savon parfumé je lui frotte contre ses épaules et sa poitrine. Prise au jeu, elle s’empare à son tour d’un savon et vient m’en enduire le corps. Nos mains s’égarent, j’explore les courbes de son corps, nos poitrines se frôlent puis se collent, ses mains viennent me saisir la nuque et attire mon visage vers elle. Nos lèvres se rapprochent, se joignent…
De toutes les façons, j’en avais envie aussi !

Je ne saurais dire combien de temps nous sommes restées enlacées sous le ruissellement de l’eau. Nous cherchant et nous trouvant, explorant chaque partie de nos corps nous frottant vigoureusement mutuellement, se collant l’une a l’autre à ne vouloir plus faire qu’une. Une chose est sûre ses étreintes salvatrices ont effacé chez nous, pour un temps, toutes les traces de cette terrible soirée.
C’est en riant aux éclats, peut-être des rires nerveux, qui libèrent de la tension accumulée, que nous nous essuyons mutuellement avec les moelleux draps de bain brodé des initiales de la Maîtresse de Maison.
Nous recherchons fébrilement quelques peignoirs pour couvrir notre nudité mais rien !
Nous décidons de regagner nos chambres enveloppées dans les amples draps de bain. Stéphanie fait une grimace lorsqu’elle me voit remettre mon collier de cuir.
- Tu crois qu’il faut les mettre… Tu m’as dit que c’etait fini !
J’ai un moment de réflexion tout en glissant la languette de cuir dans les passants de fer.
- Marc est dans la maison !
Cela lui suffit pour comprendre. Elle contemple, pensive, son collier resté au sol. Je lui lance pour la convaincre.
- C’est aussi ton Maître… Non ?
Elle me lance un regard désemparé. Elle respire un grand coup comme pour se donner du courage.
- Oui…oui…
Et elle se penche pour ramasser son collier de soumission.
La chambre jaune est inoccupée.
Il m’est facile de décider Stéphanie à y prendre place. Elle se glisse entre les draps fins qui ont accueilli mes ébats avec Kristale. Je me prépare à sortir lorsque se redressant vivement, tel un diable surgit de sa boite, Stéphanie s’agrippe désespérément à moi bras.
- Non ! … Reste…S’il te plaît ! … Ils vont revenir !
Déséquilibrée par l’étreinte, je m’assois à côté d’elle. Elle se rallonge. Pour la rassurer, je lui caresse le front.
- Mais non ! Ils sont tous partis ou endormis… çà ne risque rien !
Ses doigts restent crispés sur mon avant bras.
- Reste avec moi…S’il te plaît… J’ai …J’ai peur !
Une légère exaspération monte en moi. Il faut que je retrouve mon Maître et vite, sinon il va s’impatienter et je vais en subir les conséquences. Je m’allonge tout de même prés d’elle au-dessus des draps.
- Il faut que je rejoigne Marc… Il me l’a demandé.
Nos visages se touchent presque. Stéphanie n’a qu’à se pencher un peu pour de nouveau unir nos lèvres dans un baiser léger et murmurer implorante.
- Reste s’il te plaît… S’il te plaît !
Ses lèvres sont douces, elle sent le savon, l’envie est forte de me laisser convaincre.
Un violent effort de volonté et je la repousse, tout en me redressant.
- Il faut que j’y aille, sinon je vais être punie.
Et puis dans une sorte d’éclair de lucidité je me tourne vers elle.
- Et puis n’oublie pas ta condition… Tu es une soumise et si des hommes reviennent ici tu feras ce qu’ils voudront de toi !
Mon ton est sec, je ne me reconnais pas! Stéphanie non plus d’ailleurs elle ne s’attendait pas un tel changement de ton. Je lis la consternation sur son visage.
Je continue
- Tu feras ce qu’ils voudront, tu ouvriras la bouche et tu écarteras les jambes.
Ma voix vibre d’une colère contenue. Mais une colère contre qui ? Contre quoi ? Et pour appuyer ce que je viens de dire je ne peux m’empêcher d'appuyer.
- Ecarte les jambes !
L’ordre est sorti de ma bouche sans aucun effort. Stéphanie reste coite de stupéfaction.
Saisie par ma propre audace j'élève la voix d’un ton et crie presque.
- Ecarte les jambes !
Comme dans un rêve je vois sous les draps les jambes de Stéphanie s’écarter lentement. Son visage se détend, elle sourit. Une bouffée de chaleur me monte au visage. Je n’ai pas prémédité ce qui vient de se passer. Mais Stéphanie vient d’obéir à un ordre qu’un Maître aurait pu donner.
Un sentiment étrange s’empare de moi. Je frôle du doigt la sensation de puissance que peux ressentir Marc lorsqu’il me domine. Etrange sensation. Je suis en pleine confusion. Comprenant ce que je viens de faire, je fais un pas en arrière.
- Je… je…
Ne pouvant plus dire un mot tant la tension est forte de fais demi-tour sur mes talons et me précipite au dehors de la chambre.
Retrouver Mon Maître… Vite !

7 juin 2009

Chap.42. Esclave Isabelle.

Pas facile de tenir ce plateau tremblotant avec dessus sa bouteille de champagne et ses verres !
J’avance à pas comptés dans le couloir sombre. Je n'ai toujours pas trouvé l’interrupteur et me demande même s’il en existe un. Ma chaîne cogne de temps à autre contre le métal du plateau. Il me faut trouver les hommes et je sais parfaitement par où commencer… Par la cave ! Mais je n’en ai pas vraiment envie. Laure et Marc m’ont précédé et ont disparu, me laissant seule, face à ma corvée.
J’avance lentement en fouillant l’obscurité du regard et pense à la faute que j’aurais vraiment pu éviter. Si seulement je m’étais abstenue de parler en attendant simplement que sa colère passe. Après tout en me soumettant à Jacques je n’avais enfreint aucune règle ! J’ai bien senti que Marc n’avait vraiment pas apprécié de me voir avec Jacques. La punition qu’il vient de m’imposer me semble en contradiction avec ses sentiments. Faire de moi une esclave et m’offrir à tous ! Et puis, je me souviens de la phrase de Kristale qui avait retenu mon attention lors du simulacre de procès de Stéphanie ; "Les punitions ne sont jamais ordonnées sans que cela n’implique également ceux qui la décident et l’infligent… ". Une phrase sibylline qui pourtant me réchauffe le cœur car durant cette épreuve qu’il m’impose, je sais que Mon Maître marche à mes côtés.

Il y a quatre portes dans ce couloir et je sors de l’une d’elle. Autant les essayer. Je m’avance prend une profonde inspiration, coince le plateau entre mon ventre nue et le mur pour me libérer une main et frappe à la porte. Pas de réponse ! Je pèse sur la poignée…
La chambre est vide !

Je pousse un soupir de soulagement.
L’autre chambre est également vide.
La troisième porte est un leurre qui donne sur un autre couloir perpendiculaire à celui ci. Je m’y engage. Une lumière jaillit de deux flambeaux électriques en applique contre le mur. La soudaine clarté me fait cligner des yeux. Un détecteur de passage a signalé ma présence. Trois portes à ma gauche et une grande baie vitrée à ma droite. Je ne distingue que la nuit à travers, mais je devine bien que, de l’extérieur on doit pouvoir m’espionner tout à loisirs. On peut se repaître de la vision de la petite soubrette rousse entièrement nue et enchaînée qui s’affaire dans les couloirs de cette maison sans fin. Je me sens vulnérable et scrute avec appréhension l’écran opaque qui colle à la vitre.
Pas vraiment r
assurée, je recommence mon rituel. Et m’annonce en frappant à la première porte de gauche. J’ouvre !
La pièce baigne dans une chaude lumière rouge. C’est une chambre tendue de lourdes tentures écarlates, flanquée de meuble en bois exotiques noirs. Un lit monumental occupe la plus grande partie de la pièce. C’est un lit à baldaquin, comme la chambre jaune, mais orné de sculptures sombres de dragons grotesques qui grimpent le long des montants. Une odeur âpre de musc et de sueur acide me prend à la gorge. Il émane de cette salle une atmosphère lourde et menaçante. Le lit au drap de satin rouge est occupé ! Un homme est étalé de tout son long sur le ventre, entièrement nu. Son visage est tourné sur le coté et de sa bouche entrouverte sort un léger ronflement. Je crois que c’est Pierre. Il semble dormir profondément.
A côté de lui il y a une femme étendue. Sylvie !
Elle aussi est entièrement nue. La lumière rouge lui fait une peau phosphorescente et ses cheveux blonds semblent d’un roux cuivré, synthétique. Un de ses poignets est attaché par des menottes au montant du lit. Elle est assoupie mais semble avoir perçue ma présence. Elle entrouvre les yeux. Son visage s’illumine. Elle regarde l’homme et met un doigt sur sa bouche pour me signifier de ne pas parler. Se redressant lentement, elle me fait signe d’approcher de l’index. Je dépose le plateau sur une table basse prés du lit et vient vers elle. Elle chuchote d’une voie presque inaudible. En me désignant la menotte qui la lie au baldaquin
- Donne moi les clés s’il te plaît… Elles sont dans le tiroir de l’autre table de chevet !
Elle a un grand sourire.
Si elle est dans cette situation c’est qu’il y a certainement une raison. Une raison voulue par les Maîtres de la maison !
- Je… Je ne sais pas si je dois, J’ai pas le droit !
Son visage se fait suppliant.
- Allez Isabelle, s’il te plaît ! Il dort, et ils en ont finis avec moi… Je voudrais rejoindre Jacques !
Sa remarque me rappelle que Pierre et Jean vont toujours par deux. J’ai un frisson et regarde instinctivement derrière moi. La porte d’entrée est restée ouverte sur le couloir vide.
Ainsi, pendant que Jacques disposait de moi, sa compagne était entre les mains des larrons. Je ne serais pas étonnée qu’il l’ait attaché lui-même pour l’offrir aux deux hommes !
Je cède et fait le tour du lit en faisant attention de ne pas cogner ma chaîne contre les bas flancs. Il y a effectivement de petites clés dans le tiroir. Je m’en empare et les tends à Sylvie. Il ne lui faut pas longtemps pour se débarrasser du lien d’acier. En se massant le poignet, elle se relève. Et, toujours en chuchotant mais sur un ton enjoué comme si elle s’amusait follement.
- Merci ma chérie, t’es un amour !
Elle me dépose rapidement un baiser sur le front et une petite tape amicale sur le haut des fesses
- Çà va ? Ta soirée se passe bien ? … Pas trop dure ? … C’est ta première ?
J’opine de la tête et émet un pâle sourire.
- Oui, oui çà va merci, je…
Elle n’écoute même pas la suite et sort de la chambre en catimini sans chercher à s’habiller. De toute façon qu’aurais-je pu lui dire ? Qu’il y a quelques minutes son mari avait forcé mon ventre ? Je reste un moment dans l’expectative, immobile au pied du lit. Je jette un coup d’œil à Pierre. Ses ronflements redoublent. Je ne peux pas retenir un sourire d’amusement. Sourire vite contrarié par ce que je dois faire.
Je reste un moment à me tordre les mains. Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. Après tout, mes directives sont claires… Mais les conditions dans lesquelles je dois effectuer mes offices n’ont pas été définies ! … Non ?
Je me poste face au lit. Prend la pose de soumission debout et prend une profonde inspiration.
- Bonsoir Monsieur !
Ma voix est juste audible pour toutes personnes présentes dans la pièce.
- Je vous propose un verre de champagne !
Me rappelant soudainement les postures de Laure lorsqu’elle sert, je quitte maladroitement la pose de soumission et amorce une génuflexion en baissant la tête.
Les ronflements de Pierre ne se tarissent pas.
- Je… Je dois…
Mon dieu comme c’est difficile a dire ! Même en sachant que je ne serais peut être pas entendu.
- Je suis à votre service, et si… Si…Vous le désirez, je… Je suis à vous !
Bon ce n’est pas terrible comme formulation ! Mais la tension est telle que je ne trouve rien d’autre !
Je reste un moment à attendre une réponse, la tête baissée. Seuls les ronflements du dormeur vautré au milieu des draps de satin rouge me reviennent en échos.
Considérant que j’ai fait ma demande en bon et due forme, je me rapproche du plateau et m’en saisie. Dans un dernier acquis de conscience je place un verre sur la table de chevet et l’emplis aux trois quarts de champagne.
Je ressorts sur la pointe des pieds en refermant délicatement la porte sur moi. Avec la conscience du devoir accompli.

 

24 avril 2009

Chap. 35. Echange protocolaire.

Les deux femmes contournent les corps enchevêtrés de Stéphanie et de ses persécuteurs en action sans même leur porter attention et viennent se placer devant nous.
Kristale pose un genou à terre, se mettant ainsi au niveau de Marc, tandis que Laure écarte les jambes, place ses mains dans le dos et se cambre en une parfaite attitude de soumission. La longue chaîne, semblable à la mienne, qui pend à son cou se balance doucement entre ses jambes effleurant son ventre.
Sans me regarder, Kristale s’adresse directement à Mon Maître.
- Me permettez-vous, Cher Maître, d’emprunter votre soumise une partie de la soirée ? Je vous laisse Laure en échange, C’est une chienne parfaitement dressée qui vous tiendra compagnie de la meilleure façon !
Comme si il s’attendait à cette demande, Marc sourit et contemple un instant le magnifique présent que lui fait Kristale en échange de…Moi ! Un frisson me parcourt le dos et j’attends avec crainte sa réponse, en ayant le secret espoir qu’il refuse cette curieuse invitation.
- Comment résister à une telle proposition !
Une chape de glace me tombe sur les épaules.
Il se tourne vers moi.
- Isabelle, Tu accompagne Madame… Tu es à sa disposition !
.Ainsi Mon Maître, Mon vénéré Maître, m’échange comme une vulgaire marchandise !
- As-tu compris Isabelle ?
La demande se fait pressante. Je suis tellement anéantie que je ne réagis pas tout de suite. J’aurais tellement aimé passer la soirée avec lui. Mais, bien sûr, il est impensable que je le déçoive !
Je réponds la gorge serrée.
- Oui, Monsieur… J’ai compris !
J’ai compris que je venais, d’une simple phrase, changer de main, à mon grand désarroi.
Il se penche à mon oreille et murmure la phrase désormais rituelle.
- …Et fais que je sois fier de toi !
Sans attendre de réponse, il se lève vivement, enlevant le bras de mes épaules, se tourne vers Kristale qui est maintenant à ses genoux et lance.
- Elle est à vous !
Puis, sans plus m’accorder d’attention, il s’éloigne vers une des portes de la grande salle de pierre suivi de près par Laure qui s’empare au passage du peignoir blanc posé sur l’accoudoir.
Un sentiment d’abandon et de tristesse me laisse un arrière goût amer dans la bouche et mon cœur loupe un battement lorsqu’il disparaît de ma vue. Mais Kristale ne me laisse pas le temps de m’abandonner à mon chagrin. Elle se saisit de la chaîne qui pend à mon cou et se relève en tirant dessus. Je me déplie du sofa en catastrophe pour ne pas être étranglée et me retrouve debout face à elle.
- Enlève-moi cette jupe ridicule !
Son ton est sévère. Fébrilement, comme dans un rêve, je déboutonne le seul bouton qui retient la jupe écossaise et en entrouvre la fermeture éclair. En me trémoussant, je la fais glisser le long de mes hanches pour la laisser tomber au sol. Du coin de l’œil j’observe les trois hommes dont l’intérêt pour Stéphanie semble soudain avoir retombé. Seul Pierre qui alors pour la seconde fois se glisse entre les lèvres de la jeune fille ne lève pas la tête vers moi, trop occupé semble-t-il à satisfaire son plaisir. Les yeux de Jacques brillent d’un feu malsain comme jamais. La jupe tombée au sol découvre mon slip resté baissé à mi-cuisses révélant du même coup aux yeux de tous mon bas-ventre nue, parfaitement épilé.
- Le slip aussi... Et tout le reste, petite gourde !
Petite gourde ! Les mots préférés de Kristale pour me qualifier. Sous l’insulte je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux. Je prends une profonde inspiration pour me calmer. Le sang bat à mes tempes un peu moins fort. Je glisse deux doigts dans le fin élastique de ma petite culotte blanche et la tire définitivement vers le bas. Je me penche vers l’avant et soulève mes pieds à tour de rôle pour la dégager et la laisser tomber enfin au sol. J’en profite dans le même geste pour me débarrasser de mes escarpins noirs et de mes socquettes blanches. Je suis maintenant entièrement nue devant Kristale et offerte au regard de tous. J’ai l’impression que je vais m’évanouir de pudeur. Mais dans un effort surhumain je prends la pose, jambes à demi écartées et les deux mains dans le dos, j’entrouvre les lèvres et en gardant la tête haute, je baisse les yeux au niveau de la poitrine de Kristale.
Ma Maîtresse par procuration semble satisfaite.
Elle me détaille longuement de la tête au pied. Je sens le regard des hommes en faire autant. Un petit scintillement dans ses yeux et un sourire narquois puis elle se détourne brusquement sans lâcher ma chaîne qu’elle tend négligemment par dessus son épaule et se dirige d’un pas décidé vers la porte où Marc et Laure ont disparus. Je suis surprise par la tension de la chaîne qui se tend brusquement et me tire violemment dans son sillage, je manque trébucher et suis obligée de trottiner derrière elle pour ne pas être étranglée sous les quolibets gouailleurs des hommes.
- Eh ! Kristale ! Ne la garde pas trop longtemps pour toi !
- Jolie pouliche que tu tiens en laisse !
- Ramène-nous là rapidement qu’on puisse la monter !
- …
Je baisse la tête et rougis violemment. Nue, sous les railleries, je me sens totalement démunie et vulnérable. Je sais qu’il suffirait d’une parole de Kristale pour que la meute lubrique se jette sur moi. Sous les interpellations, elle ralentis son pas en arrivant à la porte et fait volte face. Je n’ose pas me retourner et affronter leurs regards qui doivent maintenant se poser sur mon dos, mes reins, mes fesses !
Par dessus mon épaule, elle leur lance avec le même ton moqueur
- Chaque chose en son temps… Occupez vous donc avec Mademoiselle Stéphanie. Elle ne demande que çà…
Les hommes éclatent de rire. Il y a une promesse qui n’a échappé à personnes dans sa réponse… "chaque chose en son temps ".
Elle reprend son chemin en me traînant derrière elle et à peine avons nous passé le pas de la porte qu’un hurlement accompagné d’un long cri de détresse retenti à mes oreilles. Le cri de détresse est suivi de clameurs de protestations qui se transforment en supplications désespérées. En hurlant, Stéphanie implore ses tourmenteurs.
Sans se retourner, Kristale me lance en riant avec son étrange accent hollandais.
- Ah ! Je crois que nos amis ont décidé de faire découvrir à ta copine les plaisirs que tu apprécie tant !
La tête baissée, je fais un effort violant pour repousser l’image qui passe devant mes yeux. L’image des reins de Stéphanie forcés par les trois soudards. Je presse le pas pour m’éloigner au plus vite de la salle sombre où se perpétue l’ignoble outrage.

29 janvier 2009

Chap. 28. Négociations feutrées.

Lorsque nous arrivons dans le salon les convives sont déjà attablés.
Les regards se tournent vers nous. Les pointes de mes seins sont encore dressées d’excitation et, à ma confusion, il ne faut pas être grand clerc pour deviner ce qui nous a retardées. Je pique un phare et baisse les yeux, ce qui déclenche le rire des hommes et un "comme c’est charmant ce rouge aux joues ! " de Jacques. Les rires redoublent.
Jacques enfonce un peu plus le clou alors que Kristale me désigne la place libre à côté de Mon Maître et qu’il s’adresse à la cantonade.
- Ah ! Kristale a déjà pris un apéritif maison !
- C’est un apéritif sans alcool Maître Jacques.
Répond Kristale du tac au tac tout en prenant place en bout de table.
- Moi - continu Jacques - Les douceurs je les préfère au dessert !
Et il me lance un regard qui m’indique clairement quel dessert il choisirait.
L’assistance s’esclaffe. Les joues me brûlent et je cherche refuge dans les yeux de Mon Maître qui me sourit. Je reste désemparée, mal à l’aise, comme j’aimerais me retrouver seule avec Marc. Je crois que je me sacrifierais à tous ses moindres désirs pour échapper au regard de Jacques.
Non ! Il faut que je me calme. Je me rappelle de ce que m’a dit Marc "  Fait que je sois fier de toi ". Je prends une profonde aspiration relève la tête et souris faisant semblant d’avoir goûté la plaisanterie. Heureusement l’attention est détournée par l’arrivée de Laure qui pousse devant elle une desserte et commence à servir les invités en commençant par Kristale, Mon Maître à la droite de la maîtresse de maison, Stéphanie à sa gauche, elle-même à côté de Nicolas qui me fait face et me semble aussi mal à l’aise que moi. Sylvie est à ma droite face à son mari et les deux seuls "célibataires " sont relégués à l’autre bout de la table, ce qui ne semble pas les contrarier le moins du monde et entament déjà à belles dents les entrées que leur propose Laure. Je surprends du coin de l’œil Pierre qui caresse nonchalamment les reins et la croupe de Laure lorsque celle ci se penche pour servir Jean. Laure ne bronche pas et continu son service comme si de rien n’était. Il n’y a pas de place pour elle, et lorsque tout le monde est servi, elle revient se placer derrière le fauteuil de Kristale debout les mains dans le dos. Parfaite servante stylée.
La conversation se poursuit, presque banale, lorsque Jacques fini par lancer.
- Comment avez-vous choisi votre…Modèle Mon cher Marc !
- Ce n’est pas moi qui l’ai choisi, c’est elle qui m’a choisi.
- Vous ne choisissez pas en fonction de la beauté de la personne ?
- Ce n’est pas le modèle qui fait la beauté de l’œuvre c’est l’artiste.
- Vous pensez donc que le modèle importe peu ?
- Vous savez, les jolies femmes sont faites pour les artistes. Elles vont naturellement à eux parce que seuls eux peuvent réellement apprécier et leur renvoyer leur éclat.
- Vraiment ? Vous êtes un peu prétentieux !
Marc a un petit sourire en coin que je connais bien, mais ne relève pas.
- Ce que je veux dire c’est que c’est l’artiste qui va révéler le meilleur de la plastique du modèle... et ses dispositions naturelles.
- Isabelle est jeune et jolie, cela vous facilite le travail, non ?
Mon Maître se tourne vers moi et tout en soutenant mon regard.
- Mais toutes celles qui posent, et m’ont fait honneur de poser pour moi, sont belles ! Si on a un problème avec son image on ne se propose pas comme modèle.
- Elle n’est pas un peu trop jeune ?
Nos regards se détachent et il répond à voix basse comme pour lui-même
- Elle a l’âge requis pour la pose et... le dressage.
Jacques s’exclame ironique.
-  Vous acceptez les modèles de plus de quinze ans tout de même ? Sylvie pourrait donc poser pour vous ?
-  Bien sûr, ce n’est vraiment pas une question d’âge, si elle se soumet à mes conditions... Et le résultat vous laissera coi !
- J’espère bien… Je connais votre travail vous savez, et je l’apprécie à sa juste valeur. J’aime beaucoup ce que vous avez fait pour Kristale !
D’un geste du menton il désigne les dessins et peintures accrochées aux murs du salon et qui représente toutes Kristale, nue, dans des situations aussi inconfortables que me met mon Maître lorsqu’il crée avec moi. Des œuvres que je n’ai jamais vues.
Je comprends soudainement que cette soirée n’a pas été organisée au hasard. Il s’agit ni plus ni moins qu’une réunion devant mettre en contact un commanditaire potentiel et Marc. Tout cela habilement orchestré par Kristale. Une réunion étonnante ou toutes les femmes à l’exception de Kristale sont nues ou à demi dénudées, parées de collier de cuir d’où pendent de longues chaîne de fer. Kristale s’est reculé dans son fauteuil et sirote pensivement un verre de vin de Moselle tout en suivant la conversation, hochant parfois la tête pour approuver Mon Maître.
Au fond les deux larrons en foire ne se préoccupent pas beaucoup de la conversation et se contente de se goinfrer des plats qu’apporte régulièrement Laure. Laure qui subit leurs caresses de plus en plus intimes et qui me met mal à l’aise pour elle. Mais elle les reçoit sans sourciller comme le ferais une soubrette timide qui fait comme si rien n’était. Stéphanie mange du bout des doigts elle n’a pas vraiment faim. Et les regards qu’elle me lance en dit long sur les interrogations et l’angoisse qui la ronge. En principe cette soirée devait être celle de sa punition pas d’une discussion de maquignon. Nicolas mange de bonne humeur et suit la conversation sans oser intervenir. Je sens bien que cela le dépasse totalement. Un peut frustre notre Nicolas.
Jacques continu entre deux plats.
- Et quel est votre plus beau souvenir d’artiste avec un modèle ?
Marc achève une bouchée, prend le temps de terminer son verre, aussitôt rempli par Laure.
A chaque fois qu’elle s’approche de moi pour nous servir, le parfum de sa peau brûlante m’enveloppe et me laisse dans un état de trouble étonnant me coupant la respiration. Parfois sa hanche vient frôler mon épaule et ses longs cheveux noirs effleurer mon avant bras déclenchant un feu d’artifice d’émotions troublantes. Décidément cette déesse sortie tout droit de l’olympe a un drôle d’effet sur moi.
Marc s’essuie le menton et commence…

25 janvier 2009

Chap. 27. Les Enchaînées.

Une fois les hommes sortis Kristale s’adresse à nous.
- Suivez-moi Mesdames !
Sylvie se lève de son fauteuil et Stéphanie se déplie péniblement en se massant les genoux, se relevant du sol ou elle était certainement depuis un long moment.
Kristale nous conduit jusqu’au dressing de l’entrée, une pièce exiguë flanquée de nombreux placards et miroirs.
- Mesdemoiselles, enlevez vos chemisiers !
Lance Kristale en désignant les patères où apparemment nous devrons accrocher nos effets.
Elle continue.
- Sylvie… A poils et vite !
Stéphanie découvre l’étrange ambiguïté que représente Kristale. Sa capacité à proférer les pires humiliations sur un ton badin avec un accent germanique qui conforte encore plus cette impression de rigueur sophistiquée. Nos regards se croisent. Elle a une petite grimace impressionnée qui tire les commissures de ses lèvres vers le bas et soulève ses sourcils. Je me retiens de sourire. Nous nous empressons d’obéir.
Nous nous retrouvons rapidement toutes deux, en jupes écossaises, la poitrine nue avec simplement nos colliers de cuir Tandis que Sylvie achève de se débarrasser de ses derniers sous-vêtements.
Kristale fouille dans un des placards et en sort, dans un bruit de cliquetis, trois longues chaînes semblables à celle que porte Laure. A l’aide des mousquetons qui terminent chacune des chaînes Kristale les accroche à l’anneau de fer de nos colliers. Elle a une petite moue amusée et joue un instant avec les grelots de cuivre qui agrémente nos parures de novice à moi et Stéphanie.
Sylvie est maintenant entièrement nue et n’en semble pas troublée. Je glisse un rapide regard vers elle mais me détourne rapidement, par timidité. J’ai pourtant eu le temps de voir deux anneaux d’acier qui perce les mamelons de sa poitrine, et un ventre épilé à l’exception d’un étroit triangle de poils pubiens blonds parfaitement taillé, la pointe vers le bas.
Sylvie n’est pas une novice, elle porte un collier de cuir sans grelots.
Kristale sort du dressing et d’une main désigne la direction par laquelle sont partis les hommes.
- Bien Mesdames… Allons rejoindre nos Maîtres !
A la file indienne les unes derrières les autres, les chaînes traînant sur le sol, nous nous dirigeons vers la salle de réunion. Kristale m’interpelle alors d'une voix douce.
- Un instant Isabelle !
Je stoppe net.
Stéphanie et Sylvie, qui semblent ne pas avoir entendu, s’éloignent sans se retourner.
Kristale patiente un instant s’assurant que nous restions seules. Mon cœur se met à battre un peu plus fort.Elle s’approche et se saisie délicatement de la chaîne, me tirant un peu plus vers elle.
- Je suis vraiment contente de te revoir ici, tu sais ! … Je vais prendre soin de toi !
Le ton sarcastique sur lequel elle m'apostrophe me laisse dans l’expectative. Est-ce une menace ? Ou bien au contraire une garantie de protection ? Impossible de savoir avec Kristale !
Elle tire un peu plus sur la chaîne et se penche vers moi. Ses lèvres s’approchent des miennes. Mon cœur s’emballe. Il ne faut pas que je détourne la tête. Nos bouches se joignent et son parfum épicé me submerge. Sa langue s’introduit entre mes dents que j’entrouvre pour lui laisser le passage. Dois-je répondre ? Il me semble nécessaire de lui donner des gages de ma docilité pour attirer sa miséricorde ! Nos langues se touchent et entament un doux et subtil ballet. Elle glisse une main froide derrière ma nuque et appuie un peu plus encore le baiser, s’enfonçant profondément à l’intérieure de ma bouche. Sa main droite se pose sur mon sein gauche et son pouce vient jouer avec sa pointe déjà durcie.
Les mains dans le dos, je ferme les yeux et me laisse dériver.

21 janvier 2009

Chap. 26. Retrouvailles

Tout en lui servant une coupe de champagne, Kristale fait les présentations à Marc. Jacques, l’homme au regard concupiscent et Sylvie, sa femme, la blonde un peu détachée. Kristale semble enfin me découvrir et me désigne nonchalamment du doigt par dessus son épaule.
- Et.... Isabelle, la petite chienne de Marc… ou son modèle ! Comment doit-on dire Cher maître ?
Kristale n’a pas perdu le goût de m’humilier et elle prend Marc à témoin, qui ne manque pas d’appuyer.
- C’est selon l’usage qu’on en fait Madame Kristale !
Il a dit " Madame " d’un ton emphatique qui fait sourire Jacques.
- Et bien nous verrons cela !
Dit-elle avec son étrange accent hollandais en me jetant un regard étrange, méditatif.
Elle ne continue pas sa présentation. Apparemment Marc connaît tous les autres invités. Et tous le connaissent,  Mon attention reviens vers la jeune femme nue statufiée dans la pénombre. Elle n’a pas bougé et tient sa pose de façon impeccable presque martiale. Sa beauté à couper le souffle, capte irrésistiblement mon regard, comme un aimant. La conversation se poursuit entre Marc, Kristale et Jacques, qui n’arrête pas de me jeter des coups d’œil rapide. On ne m’a rien proposé, je dois attendre patiemment.
La conversation est bruyamment interrompue par l’irruption de deux hommes qui déboulent dans la pièce en riant. Ces hommes je les reconnais, et un froid intense me parcourt l’échine. Ce sont Pierre et Jean mes agresseurs de cette terrible nuit, la première, dans la petite cellule de la cave de Kristale. Eux aussi m’ont reconnu, leurs ricanements cessent mais leurs regards et leurs sourires en coin en disent long. Kristale leur avait alors refusé mon corps qu’ils avaient juste eu le loisir de caresser intimement… Trop intimement ! Ils avaient promis qu’on se reverrait ! Ils posent des bouteilles de vin couvertes de poussière qu’ils viennent de remonter de quelques caves obscures sur la table et viennent saluer Mon Maître.
Un blanc s’installe dans la conversation. Kristale en profite pour taper dans ses mains et lance à la cantonade.
- Bien ! Messieurs Dames nous allons passer à table !
Elle se tourne vers la femme nue et enchaînée qui attend patiemment derrière le fauteuil.
- Laure ! Tu conduis ces Messieurs et tu fais ton office !
Laure, puisque c’est son nom, sort lentement, avec grâce de derrière le fauteuil club et se dirige vers une porte à double battant. Je constate qu’effectivement la chaîne qu’elle porte au cou traîne jusqu’au sol, mais ne semble pas entraver sa marche. Une démarche ondulée, un dos musclé et des fesses parfaitement galbées qui dénotent une pratique sportive intensive. Les hommes la suivent sans lui porter réellement attention. L’atmosphère devient surréaliste, je me demande si je ne suis pas en train de perdre mes repères. Il me semble que n’importe quel homme devant lequel passerait une telle beauté, et nue de surcroît, ne resterais pas de glace. Pourtant ici cela paraît naturel… Banal ! Ils ne lui portent aucune attention et se contentent de la suivre tout en continuant à deviser entre eux, le verre à la main. Nicolas les suit un mètre derrière et jette un rapide coups d’œil et un sourire qui se veut rassurant et protecteur à sa compagne, Stéphanie.

13 janvier 2009

Chap. 25. Retour à La Colombière.

Nous n’avons pas beaucoup parlé durant le temps qu’a duré le parcours. Quelques regards scrutateurs et attendris de Marc, comme s’il me jaugeait. Je suis de plus en plus tendue au fur et à mesure que nous nous approchons de notre destination et mille interrogations se bousculent dans ma tête, Marc va pourtant me donner quelques indications. " Tu ne parle pas si tu n’y es pas conviée. Tu peux parler aux autres femmes qu’en l’absence des hommes. Tu dois suivre la conversation attentivement… Même si elle te gave ! " Il me sourit rapidement. " Les postures de soumissions sont bien sur de rigueur… ". Suivent un chapelet de recommandations dont certaines que je devrais découvrir par moi-même… "sur le tas " … Comme il dit!
La Maison de Kristale à un tout autre aspect en été. Je ne l’ai entrevu que l’hiver, à Pâque en fin de journée et à la nuit tombante entre chien et loups. La voiture s’engage dans la propriété et elle me paraît bien plus grande, le jardin a retrouvé une exubérance estivale, un jardin anglais au fouillis savamment orchestré parfaitement entretenu. Devant le perron de la maison je retrouve la vaste esplanade gravillonnée sur laquelle sont déjà stationnés des véhicules dont le 4x4 de Kristale ainsi qu’une moto de grosse cylindrée rouge carmin. Marc amène la berline un peu à l’écart et coupe le moteur. Il m’observe une dernière fois et hoche la tête.
- Fait que je sois fière de toi !
Il n’attend pas de réponse, ouvre la porte et s’extirpe du véhicule.
Personne pour nous accueillir. Comme s’il était chez lui, Marc grimpe prestement l’escalier et s’engouffre dans la maison de pierre. Je le suis en trottinant et me retrouve dans l’entrée. Immédiatement mes souvenirs reflux et je me revois au milieu de cette entrée au froid carrelage, entièrement nue, mes vêtements aux pieds, tremblante de timidité sous le regard inquisiteur de Kristale. Une chape glaciale me tombe sur les épaules et mon pas ralentit. Marc ne prête pas attention à mon trouble, traverse le petit salon au bout du couloir et pousse enfin une lourde porte de chêne d’où me parvient des bruits de voix étouffées. Il fait sombre, les rideaux sont tirés à demi. Des personnes sont là, à parler entre elles.
Mon attention est immédiatement attirée par Kristale, délicatement assise sur l‘accoudoir d’un fauteuil club, en conversation avec un homme que je ne connais pas. Comme d’habitude elle est parfaitement mise, un pantalon de flanelle blanc et un chemisier parfaitement cintré de la même couleur. Un collier de cuir noir rehausse encore la lumière de ses cheveux blonds presque blanc. A notre entrée elle lève la tête vers nous et ses yeux de glace bleue s'illuminent. Elle coupe court à sa conversation. Pose la coupe de champagne qu’elle tenait à la main, se lève et se dirige vers mon Maître d’une démarche féline et lance avec son accent hollandais qu’elle cultive adroitement.
- Vous voilà enfin Cher Maître,... Nous n’attendions plus que vous !
Et sans se soucier un seul instant de moi se jette au cou de Marc.
Dans un reflex j’ai immédiatement pris la pose adéquate, les mains dans le dos et les jambes écartées. Je baisse juste un peu la tête pour pourvoir scruter la pièce et ses occupants. Un peu en retrait, derrière le fauteuil que vient de quitter Kristale une femme captive mon regard. Magnifique ! De longs cheveux noirs et lisses brillant d’éclairs bleus, une frange épaisse qui cache presque ses yeux verts. Hiératique, hautaine, athlétique, sure d’elle. Elle est campée solidement sur ses deux longues jambes musclées, les mains dans le dos, comme je le suis moi-même, à la différence qu’elle est nue ! Ou presque ! Elle porte un collier de cuir épais prolongé par une longue chaîne de fer qui passe entre sa poitrine arrogante et qui me semble tomber jusqu'à terre. Elle doit se sentir observée car nos yeux se croisent ! En un reflex de pudeur je détourne vivement les yeux et mon regard accroche celui d’une jeune fille que je connais bien. Stéphanie ! Elle m’a reconnue et me sourit rapidement avant de baisser la tête. Ainsi elle est bien conviée à cette soirée ! Ce visage familier me rassure un peu, et puis je me souviens pourquoi elle est ici ! Stéphanie est quasiment habillée comme moi; Une jupe écossaise, mais bien plus courte, un chemisier blanc et une cravate noire. Je ne distingue pas ses chaussures car elle est assise dessus, à genoux les jambes largement écartées, les mains dans le dos, je la trouve terriblement sexy. La présence de ces deux femmes en position de soumission dont une entièrement nue me donne le ton de cette soirée. Nicolas est également là, assis juste derrière elle et sirote une coupe de champagne. Il accompagne sûrement Stéphanie ! Lui aussi me regarde et me sourit. Je n’ose pas lui rendre son sourire. Dans le fauteuil à côté de Nicolas une femme à l’allure soignée, 35 à 40ans,une chevelure blonde, visiblement décolorée, coupée au bol qu’encadre un visage régulier, presque angélique. Elle suit, amusée, les effusions de Kristale vers Mon Maître. Elle n’a pas pris une pose de soumission et pourtant elle porte un collier que je reconnais comme une création de Marc. L’homme avec lequel discutait Kristale lorsque nous sommes entrés dans la salle se lève à son tour et s’avance pour saluer mon Maître d’une poignée de main. Une quarantaine d’année, les tempes grisonnantes, un costume élégant. Il échange quelques amabilités avec Marc et son regard se porte sur moi. Un regard qui me transperce de part en part ! Le temps d’un éclair ses yeux se sont allumés et ses paupières se sont plissés comme les yeux d’un chasseur découvrant une proie. Je peux presque sentir physiquement la force de son envie. Un malaise insidieux m'envahit. Je me sens faible tout à coups, vulnérable !.
Je baisse la tête pour lui échapper.

24 décembre 2008

Interludes. Impact.

Le choc a été rude, je me souviens à peine du grand soleil que j’ai effectué dans les airs. Puis l’impact avec le sol, les bois de l’obstacle, la douleur vive, insupportable, un cri bref et mes pensées qui s’arrêtent mon corps qui gémit et tremble. Le souffle coupé, le monde se rétrécie, je le perçois à travers un brouillard cotonneux. Des cris d’alarme de l’autre coté de la carrière. La respiration de ma monture sur mes cheveux, je souris, il vient me consoler, je pleure. Les gyrophares, le brancard, le crissement du cuir des pompiers. Une voix qui me parle que je ne comprends pas. Le visage de ma mère, livide, qui a accouru de l’autre côté du haras.
J’ai sommeil, je veux dormir, pourtant c’est le matin !

J’ouvre les yeux en souriant, il y a quelqu’un dans la chambre ! Nadège ! Elle me sourit. Je suis un peu gênée car si je souris c’est que j’émerge d’un rêve érotique. C’est fou comme un corps blessé peut forcer l’esprit à se réfugier dans des mondes si agréable.
Mon arrivé a la clinique a été des plus mouvementés. Les urgences, les examens, les questionnaires, les médecins inquiets ou rassurant. Ils ne m’ont pas laissé de répits, mais je n’en avais cure. Ils s’occupaient de mon corps, mon esprit était ailleurs, indifférent, comme déconnecté. Je n’ai pu m’assoupir que tard le soir quand tout le monde est reparti, rassurés.
Nadège souriante.
- Te voici de retour ?
Je réponds, penaude, a son sourire.
- Tu n’avais pas mis ta bombe ? Tu vas certainement te prendre le savon de ta vie quand ton père va savoir çà !
Je regarde mon bras gauche immobilisé, double facture, sans compter les hématomes divers et cette minerve qui m’empêche de bouger correctement. Elle a raison, je l’ai échappé belle. Pourtant des chutes j’en ai faites dans ma vie de cavalière, mais là ! Je ne l’ai pas bien joué ce refus d’obstacle !
- En plus tu montais Scipion !
Scipion ! Le plus beau de nos étalons, le plus fougueux aussi. Scipion le noir, Scipion l’Africain, venu droit des pays de sable. Là encore elle à raison. J’aurais du le fatiguer avant de l’emmener à la carrière. Une erreur de débutante présomptueuse. Mais j’avais tellement hâte ce matin là !

Nadège change brutalement de ton. Elle baisse la tête et me demande à brûle pourpoint sans me regarder
- Dis-moi ? … C’est qui Marc ?
Une ligne de feu cingle mon dos. Je suis tellement prise au dépourvue que je ne sais quoi répondre et la regarde, interloquée. Elle continue.
- C’est l’artiste que tu vas voir l’été ?
Je lutte intérieurement pour que mon visage ne s’embrase pas et répond timidement.
- Oui.
Un silence, puis enjouée elle lance.
- Ah ! … Et… Tu l’appelles Maître ?
Je comprends brusquement que j’ai du parler pendant mon sommeil. Un froid glacial me parcourt de la tête aux pieds. J’ai toujours caché mon étrange relation avec Marc à Nadège. Pour elle, lorsque je descends dans le sud c’est pour parfaire mon histoire de l’art et ses techniques. Mon esprit tourne à toute vitesse et avec aplomb finis par dire.
- C’est la coutume dans un atelier, d’appeler Maître celui qui t’enseigne…
Cette demi-vérité me sauve pour un temps.
Nadège me regarde bizarrement ;
- Ah !.. Bon !
Quelque chose la chagrine et je sens qu’elle n’ose pas le dire. Il faut que je sache.
- J’ai parlé dans mon sommeil ?
Elle hoche la tête en souriant.
- Et... Qu’est ce que j’ai dit... d’autre ?
Mon cœur bat la chamade et je crains d’écouter ce qu’elle va me dire.
- Non... Non... Rien ! … Mais…Tu avais l’air…Heureuse !
Je connais Nadège depuis la petite enfance. Et je sais qu’elle emploie des euphémismes quand elle n’ose pas prononcer des mots plus intimes, plus crus. " Heureuse ". Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. J’imagine les petits cris de soumission ou les gémissements enamourés que j’ai pu laisser échapper pendant mon sommeil tout en prononçant Son Nom. Je sais que j’ai eu un rêve érotique mais je ne me souviens pas de sa teneur. Bizarre !
Pourquoi ai-je l’impression qu’elle n’est pas dupe de mes explications !
Nous nous regardons en silence. Elle a un petit sourire en coin. Et ses yeux verts pétillent intérieurement. Le père de Nadège est kabyle, elle en a hérité la malice et l’intelligence. Nous nous entendons comme des sœurs depuis que nos pères se sont associés et qu’ils parcourent le monde ensembles mu par la même passion des chevaux. Comme moi, elle ne le voit pas souvent. Sa famille s’est établi pas très loin et nous avons un parcourt commun. Elle est mon double à la merveilleuse peau de miel doré. Mais jamais je ne pourrais lui raconter ce que je vis avec Marc! Elle ne comprendrait pas, et je ne veux pas la perdre. Elle est si réservée, si sage. Sa culture musulmane doit y jouer une grande part. A 21 ans je ne lui connais aucune aventure et elle détourne la conversation à chaque fois que nous parlons de çà. Je la soupçonne d’être encore vierge. Comment pourrait-elle comprendre !
Elle secoue ses longs cheveux bouclé et fait le geste de chasser une mouche imaginaire. Elle vient de s’apercevoir qu’elle s’est lancer dans une conversation qui risque de la mener à la limite de ses convenances. D’elle-même elle va détourner la conversation.
La paix retombe sur mon corps tendu comme un arc.
L’alerte a été chaude !
Une infirmière entre après avoir frappé à la porte. C’est l’heure de ma toilette. Nadège sort en me lançant un petit signe de la main. Elle va patienter dans le couloir.
Je prends brutalement conscience que je suis nue sous la grande chemise blanche. Je rougis brutalement en comprenant que l’infirmière risque d’entrevoir mon entrejambe soigneusement épilé et que peut être tout le staff qui m’a soigné est au courant. Une panique intense me gagne à cette pensée !
Elle se penche sur moi en souriant.
- Allons-y Mademoiselle !

30 octobre 2008

Chap. 21. Chevauchée.

Cette fois Marc s’engage sur un chemin creux aux profondes ornières. La voiture roule au pas et passe de justesse entre les haies éparses. Le chemin fini par s’élargir et déboucher sur une clairière que borde un enclos d’élevage. La vue est dégagée et par le portail de fil barbelé on peut voir quelques bovins débonnaires brouter placidement. Marc coupe le moteur et se cale profondément dans son siège.
Le silence s’installe. Il semble plongé dans ses pensées et je n’ose interrompre sa méditation. Il finit par prendre la parole sans me regarder.
- Tu descends, tu te mets face à moi les deux mains sur le capot, les jambes écartées !
Son ton est sec et cassant. Il ne me vient pas à l’idée de ne pas obéir, mais je m’étonne toujours de la facilité qu’il a de passer de l’humeur la plus joyeuse à la plus noire. Bien que je le soupçonne parfois de simuler le courroux. J’ouvre la lourde porte et pose un pied à terre. L’herbe est haute et me chatouille les mollets. Je fais attention de ne pas abîmer mes escarpins tout neufs. Je referme doucement derrière moi et m’avance vers l’avant du véhicule. L’air est chaud à peine rafraîchi par une brise ténue. Une légère odeur de bétail couvre le parfum des herbages. Un rapide coup d’œil angoissé autour de moi. Au moins dans ce chemin creux on ne risque pas un passage intempestif !
Je me présente devant le véhicule sombre. Marc est resté derrière son volant et me regarde intensément. Je me penche vers l’avant et appuie mes deux mains sur le capot, il est très chaud, j’ai peur de me brûler mais la température est supportable. Ma petite cravate suit le mouvement et vient se balancer au-dessus de la carrosserie. Je cambre les reins, écarte les jambes et baisse la tête. Mes cheveux roux tombent de chaques cotés de mon visage et la cravate vient se lover sur le capot. Je me regarde dans le miroir noir de la carrosserie. Mon visage encadré de ses cheveux me fait l’effet de contempler la nef d’une cathédrale avec pour clé de voûte mes yeux écarquillés.
Je suis prête !
Je vais rester ainsi de longues minutes à m’observer dans ce sombre miroir. Marc n’a pas bougé. Les bruits de la campagne bourdonnent à mes oreilles. Il me semble sentir un insecte virevolter autour de mes jambes mais je n’ose pas bouger. Une chaleur intense gagne mon ventre. Je sais parfaitement ce que va faire Mon Maître, il me l’a dit : "  J’ai envie de toi ! ". Et moi, docile, je ne broche pas et prends la pose. Disponible, ouverte, oubliant toute fierté, toute pudeur. Il m’arrive parfois de me regarder de l’extérieure, comme une spectatrice contemplant une pièce de théâtre. Pourquoi est ce que j’aime ce tableau, de me voir ainsi offerte, sans force, sans volonté ? Quelle étrange nature que la mienne !
Un claquement sec m’indique que Marc vient d’ouvrir la porte de la voiture. Je ferme les yeux. Le bruissement de ses pas se rapproche et me contourne. Ses mains se posent sur mes hanches. J’ouvre la bouche sur un soupir contenu. Un frémissement me parcourt la colonne vertébrale.
La pression de ses mains s’attarde sur mes hanches puis glisse lentement sur mes cuisses se saisissant de l’ourlet de ma jupe. Ses doigts remontent délicatement sur mes flans entraînant le tissu écossais et découvrant ainsi la peau délicate de mes fesses tendues. Je ferme les yeux pour mieux sentir ses caresses qui s’attardent sur mes reins. Deux doigts s’insinuent de chaque coté de l’élastique de la petite culotte blanche et la tire lentement vers le bas. Comment décrire la folle excitation qui s’empare de moi alors ? Il y à peine un quart d’heure j’étais entièrement nue devant lui et cela m’était presque indifférent. Mais là ! Cet effeuillage consommé avec délicatesse me chamboule de fond en comble. Ma respiration se coupe, je suis tendue comme un arc et attend avec empressement l’assaut qui ne tardera plus maintenant.
Le slip est descendu à mi-cuisse et c’est une main fraîche qui vient délicatement s’emparer de mon doux coquillage. Un doigt fureteur s’introduit entre les lèvres délicates. Je me consume littéralement et retiens un petit cri d’impatience. Ho ! Mon Maître, s’il vous plaît ! Pressé vous donc ! Ou bien je vais en mourir de langueur ! Mon ventre se convulse et se dilate pour s’offrir à lui. Et c’est maintenant deux doigts qui viennent plonger dans la moiteur accueillante tandis que l’autre main s’appuie sur mes reins forçant ma cambrure et ployant mes genoux. Mon visage se rapproche du capot. Enfin ses doigts me quittent, aussitôt remplacés par un visiteur autrement plus imposant qui vient s’immiscer à l’orée du conduit palpitant. Il m’a mise dans un état indescriptible et continue à jouer avec moi en s’introduisant à peine, avec retenue.
J’ai l’irrépressible envie de donner un coup de rein en arrière pour qu’il me pénètre entièrement. Mais je me contiens. Pourquoi me vient-il à l’idée qu’il pourrait m’abandonner là, pantelante, explosée par le désir, rien que pour me prouver que c’est lui qui décide ? Quel soulagement lorsque de nouveau ses mains s’emparent de mes hanches et tirent sur mon bassin vers l’arrière ? Il force ainsi la progression du bélier de chair entre les lèvres de ma vulve. Sa progression est lente mais puissante, irrésistible. Sous l’assaut j’ouvre les yeux en grand et ne peux m’empêcher de lâcher un soupir de contentement. Son ventre vient buter contre mes fesses. L’acte est consommé, Il est entré entièrement ! Je suis tellement bien ! La possession est totale ! Etroitement inséré entre mes cuisses, je peux sentir en moi le moindre de ses frémissements, de ses pulsations. Je relève un peu la tête et jette un œil sur le côté a travers mes cheveux, le paysage est désert. J’ai l’espace d’un instant oublié ma curieuse situation. Une légère angoisse d’être surprise dans cette humiliante position m’étreint. Angoisse vite détournée par le mouvement de retrait de Mon Maître. Je retiens ma respiration, mais Il ne sort pas entièrement son gland reste suspendu à l’entrée de mon ventre comme retenue par les deux lèvres frémissantes de ma vulve. Et, brutalement, d’un coup de rein puissant, il force à nouveau le passage. La surprise et la décharge électrique que provoque la violente intrusion m’arrache une plainte étouffée. Un deuxième retrait lent et un deuxième coup de boutoir me fait crier mon plaisir aux quatre vents. Le pilonnage ne s’arrête pas pour autant. Les mains crispées sur mes hanches, Marc s’évertue à tirer de moi les plus sonores des glapissements. L’assaut est si violent que je finis par ployer sous son poids. Irrésistiblement mes genoux s’appuient sur le pare-chocs du véhicule alors que ma joue vient s’écraser sur la tôle tiède du capot. Mes bras, que mon Maître à bien voulu laissé libre, battent désespérément l’air à la recherche d’un appui ou du réconfort de son étreinte. Le va-et-vient puissant et rapide qui me secoue me fait perdre toute contenance et je me laisse aller à la jouissance incandescente qui monte de mon ventre enflamme mes reins et tétanise mon corps. Je suis plus qu’une marionnette de chair, qu’un réceptacle ouverte au plaisir de mon divin Maître.

Je ne l’ai pas rejoins dans le plaisir. Dans une dernière crispation j’accueille l’hommage de mon Maître. Un flot brûlant qui envahie tout mon être me laissant essoufflée, le cœur cognant à mes tempes, déboussolé, la bouche ouverte contre le capot du véhicule sur lequel je viens d’être sacrifiée à son désir.
Je n’ai pas bougé. Marc a attendu longuement que son plaisir retombe. J’ai patienté courbée, ma tête cachée entre mes bras. Rester ainsi à attendre que mon Maître se retire après avoir joui en moi est des plus humiliant. De nouveau, la crainte d’être surprise resurgit mais je n’ose esquisser le moindre mouvement. Je m’échappe dans mes pensés et c’est son absence qui me fait revenir à moi. Il n’est en moi. Il s’est éloigné et se rajuste. Péniblement je me relève sur les coudes. J’ai la tête qui tourne. Une profonde inspiration et le paysage se stabilise. Je me relève totalement. Ma jupe retombe sur mes cuisses je fais le geste de remonter ma culotte blanche. Un claquement de langue caractéristique interrompt mon geste.
- Non… laisse comme çà !
Je regarde Marc et hoche la tête en signe d’assentiment. Je rejoins ma place à petits pas, gênée par l’élastique qui me cisaille la peau à mi-cuisse.
De nouveau, en silence, nous reprenons la route. Il a tenu à ce que je relève ma jupe pour m’asseoir. Le cuir du siège s’est humidifié de sécrétion sous moi. Etrange cette sensation trouble de plaisir et de honte absolue qui ne me quittera plus jusqu'à notre arrivée devant mon appartement.

27 septembre 2008

Chap. 18. Son jeu préféré.

Pensez-vous qu’un homme puisse résister à l’appelle de deux corps de jeunes filles nues étroitement ligotée et ainsi offertes aux moindre de ses désirs ? Aussi maître que puisse être Marc de ses pulsions !
Stéphanie n’a pas eu le temps de se calmer. Une main puissante me fait basculer vers l’avant sur le tapis de la sellette. Le corps de la jeune femme pèse maintenant de tout son poids sur mon dos. Je me retrouve plaquée contre le sol, les jointures à la limite de la dislocation. Je cris ma douleur mais rien n’y fait. Je comprends que Stéphanie se retrouve sur moi le ventre en l’air les jambes écartelées dans une position des plus évident pour subir un assaut en règle. Ecrasée à terre, la joue appuyée sur le sol, je tente de maîtriser mon inconfortable situation et la douleur qui vrille mes articulations. Le bruit caractéristique d’un pantalon que l’on ouvre mon Maître qui s’agenouille derrière moi et le cri que pousse Stéphanie qui accompagne un sursaut de tout son corps me font comprendre que je ne suis que la table de chair passive sur laquelle mon Maître a décidé de sacrifier la jeune fille.
Chaques coups de boutoir, chaques cris de Stéphanie, me renseigne sur l’avancée de l’entreprise. Les deux amants font l’amour sur mon dos sans que je puisse protester ni même jouir du spectacle. Le dos des mains de Marc me frôlent de temps à autres mais c’est Stéphanie qu’il caresse et empoigne pour parfaite son étreinte sans plus se soucier de ma petite personne qu’ils écrasent allègrement sous leurs ébats. La douleur et l’écrasement de mes seins sur le sol deviennent insupportable et mes geignements se mêlent à ceux de Stéphanie lorsque la pression se libère. Le corps de Stéphanie se redresse et comme un pantin accroché par ses fils je suis soulevée de terre et je retrouve ma position initiale. J'ouvre grande la bouche de soulagement et prend une large goulée d’air frais. Même si ma situation reste inconfortable au moins je ne souffre plus autant. Ce n’est pas pour autant que Marc en a finit avec elle ! Derrière me tête je perçois une protestation de ma compagne d’infortune aussitôt étouffée. Un vagissement caractéristique d’une bouche que l’on enfourne malgré ses plaintes. Sa tête vient cogner à plusieurs reprise contre l’arrière de la mienne. Je devine que c’est maintenant ses lèvres qui subissent le redoutable assaut de Mon Maître. Et je devine au rythme de plus en plus saccadé qui me secoue la nuque que c’est là qu’il a choisi de s’épancher. Stéphanie aussi semble l’avoir deviné car ses lamentations étouffées ne font qu’amplifier. Mais elle ne peut éviter l’inéluctable. Les mouvements cessent brutalement. Un grognement sourd de contentement et le gémissement suppliant que lance Stéphanie me font imaginer le flot de liquide âpre qui est en train d’envahir sa bouche et couler dans sa gorge.
Ainsi je n’aurais pas été seule à être humiliée. Au fond de moi, je regrette de ne pas avoir été choisie par Mon Maître pour satisfaire son désir. Marc va pourtant m’offrir la possibilité de me venger sournoisement de ma malheureuse rivale. Il se réajuste rapidement et, tout aussi rapidement, ce sont nos liens qui tombent. D’un ton sec il lance.
-
Isabelle… Va te rhabiller ! Stéphanie… Reprend la pose… A genoux !
Je ne demande pas mon reste. En me massant les poignets et les épaules où les cordes ont laissé de profondes marques rouges. Je rejoins le coin où sont posés mes vêtements. J’enfile mon jean et mon tee-shirt, remet un peu d’ordre dans mes cheveux, réajuste mon collier. Je prends mon temps, je sais ce que Stéphanie doit endurer d’attendre mon retour, parce que je sais ce que contient sa bouche et a quel point c’est humiliant pour elle.
Que je prenne mon temps ne semble pas indisposer Mon maître ! Je sens au plus profond de moi que nous sommes de plus en plus en communion au moins pour la punition qu’il est en train d’infliger à la jeune présomptueuse. Lorsque je reviens près d’elle, à pas comptés, elle est nue, à genoux, les mains dans le dos la tête baissée. Marc à rejoint le sofa sur lequel il s’est assis nonchalamment. Je prends la pose adéquate. Marc sourit et me regarde droit dans les yeux, il semble de plus en plus content de moi, il n’a plus à me rappeler mes devoirs. Par contre, il ne va pas se gêner pour rappeler ceux de Stéphanie.
Il se tourne vers elle.
-
Stéphanie… Relève la tête s’il te plaît !
La jeune fille s’exécute. Son visage est cramoisi de honte ses lèvres verrouillées convulsivement sur son abject contenue. Elle me jette rapidement un œil angoissé et reporte son regard devant elle, vers le sol, humblement.
Marc continue
-
Nos entretiens se termine Stéphanie. C’est sur ta demande et celle de Nicolas que tu as participé à une courte session de dressage… Tu as désiré faire l’expérience d’être une de mes "sujets ", voilà qui est fait… Es-tu satisfaite de cette expérience ?
Stéphanie roule des yeux, elle doit répondre mais ne sait trop comment. Devant son silence Marc insiste.
-
Es-tu satisfaite Stéphanie ?
A son sourire en coin je sais qu’il jubile intérieurement de mettre ainsi Stéphanie dans un embarras sans nom.
Elle se décide enfin. Penche légèrement la tête vers l’arrière, entrouvre la bouche et dans un borborygme à peine compréhensible.
-
Oui… Oui … Monsieur !
Cela serait comique si je ne sentais pas en elle une profonde détresse.
Marc reprend.
-
Tu as été un peu turbulente et pas toujours très obéissante et même si j’en crois Isabelle quelquefois… Irrespectueuse !
Silence gêné de Stéphanie qui ne peut qu’approuver en hochant de la tête. Comme si elle se repentait !
-
Cela mérite que je t’inflige de lourdes punitions… Nous manquons de temps pour cela… Mais ne crois pas t’en tirer ainsi à bon compte. Après-demain nous avons rendez-vous chez Kristale pour un …repas d’amis.
Il a prononcé les mots de "repas d’amis " d’une drôle de manière.
-
Je ferais le compte rendu de nos entretiens à Kristale et Nicolas. Nous déciderons ensemble de la punition à t’infliger ce soir là.
Il se lève consulte la pendule qui est au mur s’approche de moi. Et me murmure à l’oreille.
-
Vérifie qu’elle termine ce qu’elle à faire et rejoignez-moi à la terrasse du café de la place.
Et, sans se retourner sort de la salle. Sa sortie est accompagnée par le tintement caractéristique de la porte qui se déverrouille et fait sonner le carillon de cuivre.
Nous nous retrouvons seules.
Je reste un moment dans l’expectative et contemple Stéphanie en me tordant les mains. Ce que je vais lui demander n’est vraiment pas facile. Je m’accroupis près d’elle et lance à voix basse.
Il… Il faut... que tu avales… Stéphanie !
Ses yeux s’agrandissent et elle fait non de la tête mais n’ose pas quitter la pose.
Je baisse la tête et la relève aussitôt.
Je t’en prie, fait le… Sinon je serais obliger de le dire à Marc et je serais punie… Et toi encore plus !
Elle me lance un regard suppliant. Je prends un air de compassion pour la soutenir et continue.
- Je sais, je sais... Mais j’ai l’impression que c’est son jeu préféré !
Stéphanie fronce les sourcils et ses narines se dilatent dans une grimace de dégoût.
-
Allez … Ce n’est pas si terrible que çà. Après ce que tu as fait avec moi hier soir !
La jeune fille me regarde, interloquée. Semble réfléchir un instant comme pour se convaincre elle-même puis ferme les yeux. Son visage se détend et comprenant quelle ne pourra faire autrement déglutis avec peine, une larme lui perle au coin de l’œil. Je tends un doigt pour la sécher et d’un ton compatissant.
-
Voilà… C’est bien… Ouvre la bouche, il faut que je vérifie !
Une petite voix me dit que Marc pourrait bien avoir la fantaisie de le faire.
Stéphanie garde les yeux fermés et ouvre la bouche dévoilant la nacre parfait de ses dents et une langue rose vierge de toute liqueur.
Soulagée, je me redresse et lance d’une voix enjouée en lui souriant.
- C’est bien Stéphanie… Maintenant, habille toi rapidement et allons-y, il ne faut pas faire attendre Marc ! …
-...
Ah ! Et surtout… Ne mets pas de slip sous ton pantalon !

8 août 2008

Chap. 15. Délation.

J’entre la première dans l’atelier.
Stéphanie me suit de près en trottinant. Elle referme la porte derrière nous dans un tintement discret du carillon. Personne dans la salle d’exposition !
Une musique assourdie me parvient de l’atelier. Je tire le rideau qui nous cache la pièce et entre doucement. Comme à son habitude Marc est assis sur le divan de cuir plongé dans un de ses carnets d’esquisses ou de notes ! Il nous a parfaitement entendues entrée, Mais n’en laisse rien paraître. Je tire Stéphanie par la manche vers la cabine ou se change les modèles. L’espace est trop étroit pour y stationner à deux. Je la pousse dedans et lui murmure.
- Déshabilles toi… Vite !
Je ne prends pas le temps d’attendre mon tour et je quitte rapidement mon tee shirt et mon jean tout en repoussant mes espadrilles dans un coin. Il ne me faut pas longtemps pour me retrouver nue excepté ma chaîne qui porte ma croix de baptême et mon fin collier de cuir qui marque ma soumission. Stéphanie est plus longue. Je fronce les sourcilles lorsque je l’entr’aperçois se tortiller des hanches pour enlever son slip. Heureusement que Marc n’a pas exigé qu’elle se déshabille devant lui. La punition était assurée ! Elle sort enfin de la cabine elle aussi entièrement nue. Elle a un petit geste de pudeur en croisant les mains devant son ventre. Mais je la rappelle à l’ordre et lui montrant les mains et en faisant un non silencieux de mon doigt. Elle décroise aussitôt les mains laissant apparaître ce fabuleux fruit dont la vision me ravit.
Timidement nous gagnons le centre de sa salle. En habituée, je prends la pose d’attente. Les reins bien cambrés, les mains dans le dos et les jambes écartées. Stéphanie me voie faire et m’imite immédiatement. Nous voici toutes deux nues, côte à côte face à Mon... Notre Maître. Deux parfaites statues dévolues à la soumission. Sans lever les yeux, sans même nous regarder Marc nous questionne.
- Vous avez bien dormi ?
Son ton est un brin malicieux. En cœur nous répondons.
- Oui...ui Monsieur..aître !
Aie ! Il va falloir que nous accordions nos violons. La tête de Marc à un soubresaut de rire contenu et il continue toujours sans nous lancer un regard.
- Vraiment ? Raconte-moi donc Isabelle !
Mon cœur se serre. Il va falloir lui dire.
- Comme vous l’aviez demandé, je... Nous… J’ai embrassé Stéphanie et nous nous sommes ensuite endormies !
Il lève brusquement la tête vers moi et me contemple d’un air manifestement déçu. Il penche la tête sur le coté et d’un air narquois comme quelqu’un qui émet un doute.
- Et c’est tout ?
Que dire de plus ! Je ne sais sur quel pied danser. Le rouge qui me monte aux joues, mon corps va me trahir, je le sais. Il faut que je prenne les devants. Tant pis pour Stéphanie !
- N... Non Monsieur... Qu..Quand je l’ai embrassée... Stéphanie a voulu continuer, elle voulait que nous fassions l’amour… Sans votre permission… J’ai refusé… Pas sans votre permission, Monsieur !
Du coin de l’œil je perçois Stéphanie qui se tourne vers moi. Elle doit être furieuse que je la dénonce ainsi. Mais après tout elle le savait. Mon Maître se tourne vers Stéphanie.
- Vraiment Stéphanie ?
Je la regarde franchement. Elle est cramoisie de honte de voir révéler ainsi un de ses secrets les plus intimes. Nous ressemblons à deux lycéennes prises en faute devant leur proviseur. Sauf que nous sommes entièrement nue et dans une pose des plus indécente.
- Je... je ne savais pas, Monsieur, je ne pensais pas que…
Elle ne termine pas sa phrase consciente que ses excuses ne peuvent que la discréditer davantage.
Marc fait la moue et claque la langue de contrariété. Il baisse la tête et semble réfléchir un long instant. Nous n’osons ni bouger ni prononcer la moindre parole.
Brusquement Il se redresse claque dans ses mains comme pour clore la conversation.
- Allons ce n’est pas bien grave... En fait le contraire m’aurait déçu… Mais je ne peut faire autrement que requérir une sanction pour toi Stéphanie… Je ne peux pas en rester là !
Stéphanie baisse la tête. Elle sait au son de sa voix que Marc est loin de plaisanter même si son ton semble badin.
- Bien !  Nous verrons cela plus tard ! … Pour l’instant je vais vous donner l’occasion de ne pas avoir à me demander la permission !
Il se lève du divan un sourire machiavélique lui barre le visage d’une oreille à l’autre.

5 août 2008

Femmes je vous aime !

Oui... Et je n’irais pas bien plus loin que cela !
Je ne sais parfaitement si Marc me l’a fait découvrir ou si il me l’a imposé.
Je n’arrive pas à déterminer si cela est une conséquence de mon dressage. Mais je sais que maintenant je ne pourrais plus me passer de vous, de vos corps, de votre douceur.
Se découvrir bissexuelle à 20 ans ne me semble pas extraordinaire et pour moi cela s’est fait naturellement, sans honte, dans une plénitude rassurante. J’ai eu l’impression de retrouver la mémoire, ou une partie oubliée de moi même. Un morceau du puzzle qui me manquait ! Je ne peux vous expliquer mieux, les mots me manquent.
Allons messieurs je ne vous oublie pas ! En fait vous faites partie d’un tout et je sais maintenant que je vous aime tous et toutes. Mais plus particulièrement les bras puissants, rassurant et protecteurs de Mon Maître !

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