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Les Carnets d'Emilie
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21 mars 2008

Chap.2. Reprise en mains.

Je suis arrivée depuis deux heures.
J'investis le petit meublé que Marc m'a loué dans un village pas très loin de son atelier. De la tomette bien cirée sur le sol disjoint. Des meubles anciens, une table de chêne au milieu de laquelle trône un petit bouquet de fleurs séchées arrangé avec goût. Dans la chambre une odeur de lavande et un lit de dentelle blanche tout ce qu'il y a de plus vieillot mais d'un charme fou. Sous mes fenêtres coule le Lot, exsangue, un filet d'eau paresseux qui serpente dans un lit de galets gris.
Je sursaute lorsque l'on frappe à ma porte. Mon cœur se met à battre à mes tempes. Je me précipite pour ouvrir. Il est là, devant moi. Je ne l'attendais pas avant demain matin ! Je lui souris mais son visage reste fermé. Hors de question de lui sauter au cou. Hors de question de prendre la parole la première. Je me ravise donc et ouvre en grand la porte en faisant un pas en arrière, lui laissant le passage en baissant la tête.
En mon for intérieur je bondis de joie, mais je ne dois surtout pas me laisser aller. Il s'avance les bras chargés de paquets et s'engage dans l'appartement. Je referme doucement la porte derrière lui. Il dépose les paquets sur la table et examine la pièce sans m’accorder un regard. Je m’adosse à la porte de bois sombre, les mains dans le dos, les jambes écartée et la tête baissée. Je l'observe à la dérobé attendant un signe de sa part.
Sans un mot, Il disparaît dans la chambre adjacente, en ressort après un instant. Examine la salle d'eau et la cuisine, une cuisine en Formica, la seule faute de goût de l'appartement. Il inspecte ainsi les lieux pendant une bonne dizaine de minute. Mon cœur s'est un peu calmé, mais le temps s'étire et l'attente est insupportable. Apparemment satisfait de mes conditions d'hébergement ses pas se rapprochent et il vient se camper face à moi. Il m'observe un moment. Sans un mot il me prend par le menton et me redresse la tête. Il me fixe droit dans les yeux, lève son autre main de son index tournoyant me fait un signe rapide et impérieux en désignant mes vêtements.
Je devine immédiatement ce qu’il veut.
Mon tee-shirt glisse sur le sol. Maladroitement, je dégrafe mon soutien-gorge qui le rejoint. Je me déhanche pour faire glisser mon jean découvrant mon petit slip de coton blanc. La tête baissée je balbutie quelques mots d'excuses.
- Excusez-moi, Mon… Monsieur.  Je… Je ne pensais pas que… je ne savais pas que …
Je prends conscience qu'en demandant son pardon je ne risque que d'augmenter son courroux. Heureusement, je porte le fin collier de cuir qui marque la servilité à mon Maître. Il reste obstinément muet, et je ne sais si ma demande de pardon a trouvé grâce à ses oreilles.
Embarrassée, j'accélère le mouvement et ôte rapidement la pièce de tissus fautive, découvrant mon ventre parfaitement rasé de la veille. Çà au moins je ne l'ai pas oublié. Dans un mouvement leste, je me défais de mes nu-pieds et reprend ma position de déférence. Le carrelage me semble glacé sous mes pieds. Cela ne fait que deux mois que nous nous sommes quitté à Lyon et pourtant me retrouver nue devant lui m'intimide presque autant qu'au premier jour. Le rouge me monte aux joues et je tremble légèrement de tout mon corps.
Il ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits. D'un geste vif il me saisit par les cheveux, par la queue de cheval, que j'ai gardée pour conduire et il m'entraîne vers la cuisine. Je ne peux que le suivre en trottinant, les mains toujours dans le dos. Sa poigne puissante m’appuie sur la tête et me tire sans ménagement par les cheveux. Dans un même élan et toujours sans un mot, il me plie et me couche à plat ventre sur la table de la cuisine. Je sursaute au contact du Formica glacé contre mon ventre. Dans un réflexe, je me hisse sur la pointe des pieds pour ne pas me couper sur l'arrête aiguë de la table. Sans attendre une main se glisse entre mes cuisses et entrouvre sans ménagement la fente de mon ventre qui n'avait pas connu d'intrusion depuis notre séparation. Je me raidis un peu sous l'appréhension et la rudesse du geste. Sans préparation, ses doigts s'insinuent en moi. Je retiens un gémissement et écarquille les yeux de surprise. Mais mon ventre réagit très vite à la caresse imposée. Mes reins se cambrent et les battements de mon cœur s’accélèrent. La pointe de mes seins se durcissent au contact du plastique froid et se tendent presque à me faire mal. L'introspection plus insistante distend sans vergogne les parois du délicat passage.
Sans doute satisfait de ma réaction humide il se retire me laissant le souffle coupé et le rouge aux joues. Un long moment se passe. Il doit se délecter de la vision que j'offre alors, écartelée sur la table de cuisine les jambes largement écartées et ma fleur brillante d'humidité entrouverte par ses rudes caresses. Les mains maintenues volontairement dans le dos, sans besoin d’un lien, montrant ainsi ma totale soumission. Le bruit caractéristique de boutons qui se dégrafent et de tissus que l'on manipule me conforte dans l'idée que ces préliminaires brutaux ne sont que les prémisses d'un assaut plus rude. Effectivement, toujours sans douceur ses mains se posent sur mes fesses offertes et ses pouces écartent la tendre corolle de ma fleur. Je sens la tête de son sexe dur et doux se poser sur le réceptacle ainsi entrouvert. Je frissonne de tout mon corps. Et d'un seul élan sans prévenir, plonge au plus profonds de moi. Il se fraye un passage autrement plus facilement que les doigts éclaireurs ne l'on fait. L'assaut est violent et je ne peux me retenir de pousser un cri de surprise vite étouffé dans un souffle rauque. La charge est si forte qu'elle me plaque contre la table, les arrêtes vives s’incrustent dans la chair de mes cuisses. Je fais un effort violent pour ne pas protester et exprimer ma douleur. Un second coups de boutoir suivi d'un troisième ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits totalement chamboulés par cet assaut. Il marque alors une pause. Je repose mon visage brûlant sur le Formica. Le contact de ma joue contre la surface froide me rassérène un peu, diminuant le feu qui a envahi mon visage. Je le sens qui palpite en moi, profondément logé. Je ferme les yeux et apprécie l'instant. Je lui pardonne déjà cette rudesse, je lui pardonne de me prendre ainsi sans préambule, sans égard, comme l'objet que j'ai de nouveau choisie d’être. Et pour tout dire cette situation m'excite au-delà de ce que je devrais. Ses mains caressent amoureusement mes reins, glissent le long de mon dos, massent mes hanches. Lui aussi semble apprécier la situation, d'autant plus qu'il doit avoir une vue imprenable sur mon corps ainsi empalé.
Le plastique de la table commence à se réchauffer sous moi lorsqu'il se retire doucement, dans un glissement d'abandon. Je me sens vide tout à coup. Je voudrais qu'il revienne, qu'il replonge en moi, même s'il doit me blesser.
Il en a décidé autrement. Lentement il fait le tour de la table. Et sans ménagement soulève ma tête en la tirant la couette de mes cheveux. Je n'ose pas ouvrir les yeux, mais je sens se coller contre mes lèvres le globe d'ivoire poli qui vient de me pénétrer. Dans un réflexe, je détourne la tête. Réflexe que je regrette aussitôt. Mais je n'ai pu le refréner. Cette caresse qu'il veut m'imposer, je croyais l'avoir accepter et même y prendre goût. Mais en fait, au plus profond de moi, je continu à la rejeter comme le signe de la plus profonde déchéance. Pourtant je sais qu'il faut que je m'y résolve. Et le bruit caractéristique de sa langue qui claque contre son palais, un bruit qui signale son agacement devant mon refus, me rappelle immédiatement à l'ordre. Il ne me force pas. Il attend simplement que je reprenne mes esprits.
Lentement je tourne la tête pour de nouveau lui faire face et entrouvre les lèvres.
C'est plus qu'il ne lui en faut. Comme il a prit mon ventre, il force ma bouche. Sans délicatesse, il se rue entre mes lèvres, percute mon palais, distant mes joues écarlates et vient cogner contre le fond de ma gorge L'introduction est furieuse, comme pour se venger de mon refus. Un violent haut le corps me saisi lorsqu'il touche au plus profond et je tente de me relever mais il me tient fermement par les cheveux et m'oblige ainsi à l'engloutir dans sa totalité. Son ventre vient cogner contre mon front et mon souffle chaud, saccadé, se glisse entre nous. J'étouffe et suis dans un état de détresse indescriptible, mon estomac se contracte en des spasmes incontrôlables. Une nausée que j'essaye de juguler avec peine. Je gémis de vaines protestations assourdies et pour m'aider à supporter un tel assaut je dénoue les mains de mon dos et saisis les rebords de la table sur laquelle je me cramponne désespérément. Il faut absolument que je me calme. D'autant plus qu'il n'a pas l'intention de relâcher son étreinte. Je cherche mon souffle et respire bruyamment par le nez. L'afflux d'air frais me tranquillise un peu. Je me concentre pour faire abstraction des spasmes qui secouent mon ventre. Ma nausée reflux lentement, mes timides ruades de protestation se calment. Redevenue paisible, lui montrant ainsi que j'accepte sa présence au plus profond de ma bouche, il s'adoucit à son tour et se retire à demi. Me laissant de quoi respirer à pleins poumons. Le plus difficile est passé, je remets mes mains dans le dos et attends son bon vouloir. Me voyant redevenue docile, il lâche mes cheveux, ses mains viennent caresser mes joues et jouer autour de ma bouche distendue comme pour me flatter. Lentement, il se lance en une série de doux va et vient entre mes lèvres et je m'attends à tout moment à recevoir l’odieux hommage.
Un hommage qui ne viendra pas.
A mon grand étonnement il se retire et se réajuste devant moi. Intriguée j'essaye de croiser son regard mais ma position ne me le permet pas. Je n'ose bouger et reste étendue sur cet hôtel sacrificiel improvisé. Il fait le tour de la table et regagne le salon. Je l'entends fureter à droite à gauche et revenir vers moi. Je penche la tête en me contorsionnant et aperçois du coin de l'œil la feuille de papier qu’il tient entre les mains. Il dépose doucement cette feuille au creux de mes reins et commence à écrire. Je souris intérieurement. Me voici moi, avec mes prétentions d'écrivaine, transformée un en simple lutrin de chair offerte. Il ne lui faut pas longtemps pour tracer les quelques lignes que je sens distinctement progresser à travers le papier sur la peau de mon dos. Cette étrange littérature achevée sa main gauche vient fouiller entre mes cuisses, ses doigts plonge rapidement en moi et en ressortent aussitôt. Toujours de cette main, il appuie fermement contre le papier. Intriguée, je ne comprends pas la signification de cet étrange rituelle. Mais je n'ose briser le silence qui règne depuis le début de notre "entretien". Une fois fait, il se redresse et regagne le salon. Ses pas s'éloignent et je perçois distinctement l'ouverture et la fermeture de la porte d'entrée. Est-il parti ? Je n'ose bouger de crainte de son retour. Me voici seule, nue, coucher sur une table de cuisine, les jambes impudiquement écartée venant de subir les assauts d'un homme qui n'a pas prononcé un mot et est reparti sans autres explications.
Et cette feuille de papier posée sur mes reins qui m'intrigue au plus au point ! Je m'amuse presque de cette situation d'incertitude. Si l'on me voyait ainsi je crois que l'on rirait bien de cette curieuse humiliation. Je laisse passer un long moment, jusqu'à me convaincre qu'il ne reviendra pas. Péniblement les membres endoloris et la tête embrumée, je me redresse. La feuille de papier tombe en virevoltant sur le sol. Je la regarde en penchant la tête de coté. Pourquoi donc cette hésitation ? Cette crainte à m'en saisir ? . Elle est couverte de son élégante écriture à l'encre bleue à peine déformée par le mou support sur laquelle elle a été couchée. Je me penche et la saisie entre mes doigts. J'ai oublié que je suis nue et sans pudeur les jambes toujours écartées j'en commence la lecture.

"Isabelle.
Comme tu as pu le constater, je suis content de te retrouver…"
Je souris. Oui j'ai remarqué !
"…Nous allons donc continuer ton éducation pour, je l'espère, ton plus grand bonheur. Nous avons aussi beaucoup de travail pour faire de toi un modèle irréprochable. Et bien sur tout cela commence immédiatement.
Tu es priée de ne pas te rhabiller de la soirée De même ce soir tu te coucheras nue sur le dos, les jambes écartées tu devras te bander les yeux avec un foulard ou un tissu quelconque et surtout tu laisseras ta porte d'entrée non verrouillée et celle de ta chambre grande ouverte. On se revoit demain à 9h dans mon atelier.
Marc S…"
Le reste de sa signature est brouillée. Je comprends brusquement la signification du rituel de Marc. La signature est brouillée par la liqueur de Cyprine qu'il avait cueillis à la source de mon ventre. Comme hypnotisée, je fixe la tache qui magnifie son nom en une si intime communion avec mon corps. Et irrésistiblement comme sous une impulsion venue du plus profond de mon âme je porte la feuille à mes lèvres et embrasse son nom, amoureusement, ajoutant la salive qui manquait à l'étrange missive.

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9 mars 2008

Chap16. La Perle.

Enfin une journée de repos.
Je me suis installée devant mon ordinateur et j'ai le temps aujourd'hui de vous raconter la suite de la démonstration que m'ont donnée Claire et Sandy.
Pendant que Sandy tournait ainsi autour du tapis, Claire s'est levée gagnant le centre et commence à se déshabiller. Comme je vous l'ai déjà dit Claire est certainement la plus âgée de l'Assemblée, grande, blonde aux yeux verts, beaucoup de chien, secrétaire de direction d'une agence de consultant, je crois ! Ce qui explique peut être sa froideur et son ton autoritaire. Elle dévoile sans retenue un corps longiligne, presque maigre, une poitrine vraiment petite aux aréoles rose tendre et, elle aussi, un sexe parfaitement épilé, une fente très fine presque imperceptible. Elle se met à genoux et appelle Sandy. Toujours à quatre pattes Sandrine s'approche. Claire se saisit du pendentif de Sandy.Une chaîne d'or ou pend une magnifique perle grise. Elle décroche la perle et l'a fait rouler entre ses doigts alors que de l'autre main, prenant son menton, elle incite Sandrine à se redresser pour contempler le spectacle qui va suivre.
En souriant, Claire fait rouler la perle sur son corps Passe sur sa bouche, sa poitrine, la précieuse sphère de nacre. La perle glisse sur son nombril, s'y attarde un peu et brusquement d'un seul élan Claire l'a fait disparaître en la faisant pénétrer dans la fine fente de son entrejambe, la poussant au plus profond de son majeur dans un soupir de plaisir. Elle s'allonge alors sur le tapis de laine, écarte largement les cuisses et interpelle Sandrine.
-
Allez ma petite chienne, …Va chercher, …Cherche !
Sandy rougissante nous jette un œil de coté et, se remettant à quatre pattes, glisse la tête entre les jambes de Claire partant à la recherche de la perle disparue au fond du doux et humide fourreau. Pendant de longues minutes Sandy s'évertue à atteindre et récupérer sa perle. Et plus ses efforts redoublent plus Claire chavire et perd pieds sous les caresses qu'elle impose à sa protégée. En appui sur les coudes elle écarte encore plus les jambes et, rejetant la tête en arrière, commence à émettre un concert de petits halètements et glapissement de plaisir.
Vous devinez bien les effets que le spectacle provoque sur nous. Carole, en contemplant la scène, me caresse doucement la nuque. Je me tourne vers elle, nos regards se parlent. Une chaleur intense grandit entre mes jambes. De petites palpitations courent par vagues dans mon ventre et mes reins. Sentiment étrange de vouloir à la fois participer à l'action et en être honteuse, voyeuse. Retenue et envie mêlée. Tout cela contrôlé par Carole. Je cherche une approbation de son regard,  approbation qui ne vient pas… Sandy vient de récupérer son précieux bien, certainement éjecté par les contractions de plaisir de Claire. Du bout des lèvres délicatement Sandy dépose la perle sur le nombril de Claire et reprend immédiatement sa posture de soumission.

Claire reprend son souffle et lance à Sandy.
- C'est bien petite chienne, tu t'y prends de mieux en mieux !
Puis se tournant vers Carole.
-
Tu veux essayer Carole ? .. Plaisir garanti je t'assure !  Ma petite chienne est à ta disposition… Comme la tienne sera à la mienne.
Continue-t-elle en me jetant un regard qui me fait froid dans le dos.
Poliment Carole déclina l'invitation prétextant que l'heure est tardive mais que ce n'était que partie remise. Que nous allions prendre congé et que nous la remercions de la démonstration.
Toujours nue Claire se redresse fierement et ordonne d'un ton sec à Sandy d'en faire autant.
Sandy se relève et sans en attendre d'ordre, écarte les jambes, mets les mains dans le dos et entrouvre la bouche en baissant les yeux. Carole embrasse Claire d'un baiser rapide sur les lèvres. Puis se tourne vers Sandy lui saisi la tête et l'embrasse profondément tout en lui glissant une main entre les jambes, introduisant deux doigts au plus profond de son intimité. Sandy ne bronche pas. Comme si ne rien n'était Carole se tourne vers moi et me dit.
-
Dit au revoir à Claire et Sandy !
Je m'avance vers Claire. Avant que je n'esquisse un mouvement elle me saisit la tête et me prodigue un baisé fougueux alors que son corps nu et encore brûlant des caresses de Sandy se colle contre moi. J'ai un mouvement instinctif de reculs. Ce qui semble agacer Claire.
-
Ma chère Carole cette petite à beaucoup à apprendre…
-
Je sais Claire mais je suis sur qu'elle est pleine de bonne volonté…
Dans ma confusion en peu abasourdie j'esquisse un pas pour partir. Avant de stopper net. Carole me foudroie du regard.
-
Tu ne salues pas Sandy. ???
-
Pardon…
Dis-je, en essayant d'échapper à son regard.
J'embrasse Sandrine timidement.
-
Mieux que çà!  Dis Carole, Elle nous a fait une belle démonstration. Remercie la mieux que çà !
Le ton de Carole est dur, cassant, presque en colère. Je devine qu'elle doit donner devant Claire une leçon d'autorité. De nouveau j'embrasse Sandrine glissant ma langue entre ses lèvres et appuie mon baiser. Mais ce la ne suffit pas à Carole qui saisit ma main et la plaque contre le ventre de Sandy.
-
Caresse la §
Dit elle d'un ton toujours aussi autoritaire.
Timidement j
'introduis mon majeur dans la cavité palpitante. Sandrine est littéralement inondée mon doigt progresse facilement dans la chair chaude et vibrante.
-
Deux doigts- M'ordonne Carole- Et frotte bien !
Mon index rejoins mon majeur alors que nous sommes toujours les lèvres soudées. Sandrine commence à réagir. Sa langue vient caresser la mienne. Elle me rend le baisé subrepticement. Carole s'en aperçoit, sous sépare d'une main ferme. Et se tourne vers Claire.
-
Ta petite Chienne a rendu le baiser... Il faudra la punir pour çà !
-
Ce sera fait !
Dis Claire d'un ton penaud. Fusillant Sandy du regard.
Viens me dis Carole... Elle pivote sur ses talons et part sans se retourner. Son pas est vif, rapide. Je la suis à un mètre derrière en trottinant, les doigts encore gluants de l'intime humidité de Sandy. Toujours sans se retourner. Elle me lance.
-
Samedi je commence ton dressage !

 

 

3 février 2008

Chap.3. Le palimpseste électronique.

 

Je suis enfin en sécurité. Mes fesses froides posées sur le carrelage de l'entrée, je lance un regard au Maître qui vient de me faire subir une nouvelle humiliation apparemment sans en éprouver la moindre émotion. Il tombe sa veste qu'il accroche à la patère du mur et inspecte maintenant mon petit appartement, allumant les lumières une à une. Comme si je n'existais pas, il fait le tour du propriétaire. Cet appartement je l'aime beaucoup, c'est mon nid, il m'a été offert par mes parents pour mes dix-sept ans lorsqu'il a fallu que commence sérieusement mes études universitaires loin de ma contrée. Il n'est pas très grand, mais c'est chez moi. Cela me fait drôle de voir Marc déambuler sur mon territoire. Bien sur j'ai déjà invité des amis ici et ma sœur et mes parents y passent régulièrement. Mais là c'est vraiment différent !
-
Relevez-vous Mademoiselle et déshabillez-vous !
Sa voix me tire de ma réflexion. Je me redresse maladroitement en m'appuyant sur le mur. Je pense un moment rejoindre ma chambre, mais refrène cet élan. Il ne me l'a pas suggérer ! Je reste donc au milieu de l'entrée et ôte mes vêtements. Cela est vite fait le chemisier, la jupe et sa ceinture rejoignent mon manteau et mon bonnet qu'il a jeté négligemment au coin de la porte d'entrée. Mes escarpins et mes socquettes blanches posés à côté. Subrepticement je referme le verrou au trois-quarts pour interdire une entrée intempestive. Une fois nue, avec pour seul atour mon fin collier de cuir, je prends la pose d'attente au milieu du couloir, les jambes écartée, les mains dans le dos, la tête baisée. Le froid du carrelage remonte le long de mes chevilles. J'attends patiemment. Il a repéré ma chambre dans le prolongement du salon. De loin, il me lance.
-
Prépare-moi donc un café !
Nue, je me dirige vers la cuisine. Là aussi il a allumé la lumière. De ce coté cour il n'y a pas de rideaux aux fenêtres et je peux voir les carrés jaunes illuminés des autres appartements. Je me pince les lèvres et si quelqu'un m'observait ? Je me glisse contre le mur pour échapper à d'éventuels regards. La situation serait presque amusante s'il n'y avait pas autour des personnes que je peux croiser chaque jour. Je me colle contre les placards. Le Formica est froid mais j'en ai cure. Je me lave les mains noires de la crasse de l'escalier que j'ai gravi honteusement. Je prépare le café, lance le petit percolateur et dispose deux tasses à côté. Pour le cas ou il surgirait, je reprends la pose de soumission plaquée la face contre le mur profitant d'un angle aveugle pour me dissimuler de la vue extérieure. Je me sens comme une voleuse chez moi.
Comme je l'ai prévu, il finit par revenir dans la cuisine.
-
Vous pouvez ve…
Il s'interrompt, certainement troublé par mon attitude de biche effarouchée blottie dans un coin de la pièce. Il s'approche de moi, ses mains se posent sur mes hanches, je ferme les yeux. Sa bouche brûlante se colle sur ma nuque près du collier de cuir, effleure mon oreille, sa langue en lisse les moindres recoins, jouant avec le lobe brûlant, mes lèvres s'entrouvrent et laissent s'échapper un soupir. J'adore cette caresse elle m'enflamme en un instant. Ses mains glissent sur ma poitrine et en saisissent les seins tendus à pleines mains. Son ventre se colle contre mon dos comme s'il voulait s'incruster en moi. La boucle froide de sa ceinture rencontre mes mains. L'espace d'un instant j'ai envie de la dénouer, de me faire entreprenante. Ses doigts viennent de s'emparer de mes tétons et ses pouces jouent doucement avec. Ils ne peuvent résister à la caresse, durcissent et se dressent à me faire mal. Abandonnant ma poitrine ses mains glissent sur mon ventre, survolent mon nombril et se dirige vers mon entrejambe. D'un doigt léger il effleure le contour du doux sillon ardent, prêt à la forcer, à le pénétrer. Une phalange écarte les lèvres roses. Un frémissement me parcourt. Mais le jeu s'arrête là brutalement alors que j'allais m'abandonner à la douce volupté.
-
On t'attend. Va dans ta chambre… Vite !
Le café attendra donc….
Je reste un instant en suspend alors que son étreinte se relâche. Je me retourne et le regarde avec interrogation. Il sourit, il a compris.
-
Oui, oui... A quatre pattes…
De nouveau je me retrouve à ses pieds, les genoux au sol, les reins cambré. La cuisine n'est pas bien grande et je suis contrainte de me faufiler entre les pieds des chaises et de la table que je bouscule. Je gagne le couloir avec mon Maître qui me suis derrière à pas comptés. Je traverse le séjour. Enfin le parquet de bois me change du carrelage et le bois ciré me semble émettre une douce chaleur. Je pousse la porte entrouverte de ma chambre et entre.
Ma chambre! Un lit simple, un bureau encombré de livres, de papiers, de notes, une penderie bourrée à craquer et une commode qui me sert de table de nuit. Aux murs les travaux de ma première année de beaux-arts. Les photos du haras, de mes amis, de mes chevaux préférés en pleine action lors de concours prestigieux. Une cocarde d'honneur avec une date, 2005. j'avais fait seconde sur ce parcours ! Sur le bureau une photo de mes parents, de ma sœur, de Nadège et moi en vacance. Mon cœur se glace. Mon dieu... Si ils me voyaient ! Une émotion étrange à la fois honte et plaisir trouble. Le plaisir de l'interdit ! Marc a simplement allumé la lampe de chevet et tiré les rideaux. Sur le sol mon portable ouvert. L'écran de veille diffuse une douce lumière bleuté. La porte se referme derrière moi augmentant l'intimité de la pièce.
-
Il est temps de mettre le texte en ligne Mademoiselle !
Je m'approche du clavier m'empare de la souris. La machine se réveille l'écran s'illumine. Je suis déjà connecté par liaison wi-fi. Rapidement je gagne la console d'administration de mon Blog. Ouvre le texte que nous avons peaufiner ensemble au restaurant. Je copie, je colle, vérifie la mise en page et clic sur le bouton orange "poster publier".
Il est 22h15.
Dès que le texte est parti sa main se pose sur mes reins et me caresse doucement.
-
Tu restes connectée, tu édites le texte que tu viens de poster et tu décris par dessus ce qui t'arrives… Tes mains ne doivent quitter le clavier sous aucun prétexte… Tu as tout compris Isabelle ?
Oui, je viens de comprendre ce qui va se passer.
-
Oui Monsieur.
Ainsi donc, voilà comment mon Maître va se servir de moi ce soir. Je suis excitée par l'expérience. Sa caresse se fait plus précise descend le long de mon dos. Je commence à écrire. Sa main écarte mes fesses et s'en attendre ses doigts s'introduisent en moi. Je suis surprise la rapidité de l'action. Je vais avoir un mal fou a me concentrer sur le texte. C'est maintenant deux doigts qui forcent ma fleur, l'écartent sans ménagement, puis un troisième qui s'invite dans la chaleur de mon ventre. Ils me distendent comme jamais, cela me coupe le souffle. J'écarquille les yeux pour essayer de retrouver mes esprits, mais rien n'y fait. Je suis bien incapable d'aligner correctement trois mots... comme pour prêter main forte à l'assaut, c'est maintenant sa main gauche qui quitte ma poitrine et se glisse sous mon ventre et vient malaxer délicatement mon clitoris découvert, mis à jour, par l'ouverture forcée de mon sexe. Je ne peux retenir un cri à ce contact intime mes mains se plaquent sur le clavier. L'ordinateur émet un bip de protestation. Comment décrire la chaleur intense qui vibre entre mes jambes, attisée par le frottement incessant de ses doigts. Ma respiration s'accélère. Je commence à haleter et geindre de plaisir. Marc se redresse et se place derrière moi entre mes jambes écartées. La caresse s'arrête me laissant pantelante. Je profite de ce répit pour tenter d'écrire quelques lignes. Pas facile de retrouver le curseur perdu dans un nuage de lettre. Marc se déshabille rapidement et se colle contre moi. Doux frisson. C'est maintenant un assaut autrement plus sérieux qu'il me propose. Mon Maître ne m'avait pas pénétré depuis cet été. Une abstinence de quatre mois. Ce soir Il reprend pleinement possession de moi. De le sentir progresser entre mes jambes est un bonheur indicible malgré l'humiliation de ma position. Je ferme les yeux et de nouveaux j'oublie mon texte. Mon ventre se tend mes reins se cambre pour lui faciliter l'accès. Un soupir de bonheur lorsque son ventre se colle à mes fesses et qu'il vient buter au plus profond de mon intimité. Mes abdominaux se contractent. Ses mains se posent sur mes hanches s'y agrippent avec vigueur et brutalement il m'assène trois coups de boutoirs qui me font ouvrir la bouche sur un cri silencieux. Il s'arrête aussitôt. Il a remarqué que mes mains restent immobiles.
-
Allez Isabelle… Reprends toi et écris.
Quelle étrange impression d'avoir a décrire ce qui m'arrive en temps réel ! Je pense un instant aux personnes qui lisent en ce même moment le texte mis en ligne et qui sera bientôt brouillé par nos ébats. Je suis à la fois étudiante laborieuse et soumise empalée ! Les petites musiques qui montent de l'ordinateur m'annoncent l'arrivée de nouveaux messages et de nouveaux e-mails. Etonnement je suis plutôt excitée par leur arrivé. Pas le temps de les lire, mais l'idée que quelque part on assiste à ma déchéance me fait frissonner. Marc a entamé un va et vient long et profond tout en me caressant le bas du dos. Une chevauchée calme qui me permet de reprendre mes esprits et d'aligner quelques mots maladroitement. Peu à peu, le rythme s'accélère et de nouveau ma vision se brouille. Le pilonnage de mon ventre s'intensifie. Sous l'assaut je tombe sur les coudes repoussant le clavier. Mais mes mains ne le quitte pas. Ma cambrure s'accentue sous les assauts du bélier de chair mes cuisses s'écartent un peu plus lui offrant, vaincue, l'accès moelleux au plus profond du soyeux fourreau. Mais cette attitude de parfaite acceptation ne semble pas lui suffire. L'assaut cesse soudain et reste en suspend à la porte de ma vulve frémissante.
Je tremble de tout mon corps, je commence à avoir mal au genoux et j'ai totalement oublié mon devoir d'écriture. Doucement il se retire totalement. Je retiens un "non" murmuré. Je voudrais qu'il continu. D'un mouvement souple je le sens se glisser sur le côté et me contourner pour me faire face derrière l'ordinateur. Mon visage est collé au sol et je cherche à calmer ma respiration. Sa main se saisie de mes cheveux et me force à me redresser. Je ne peux que suivre le mouvement et me retrouve face a l'objet de mon tourment, fièrement dressé luisant de liqueur de Cyprine. La rudesse du dressage de cet été m'a fait renoncer à toute velléité de protestation devant cette caresse abhorrée. J'ouvre docilement la bouche. Il s'engouffre entre mes lèvres me faisant une fois de plus goûter à mon propre parfum intime. Mes pensés reviennent au clavier que je ne peux plus voir et sur lequel je tâtonne au hasard, du bout des doigts. Spontanément je caresse de ma langue le gland d'ivoire poli et, comme pour en extirpé la saveur, entame une succion mesuré. Le contentement de mon Maître est immédiatement perceptible par un durcissement accru du doux bâillon. Fière du résultat, je veux lui montrer que j'ai bien apprise la leçon, que je suis digne de lui et de son apprentissage. J'accélère la succion et la pression de ma langue il glisse entre mes lèvres sans à coup, gagnant lentement le fond de ma gorge. Pendant de longues minutes il prend possession de ma bouche par de long et profond va et vient. Je m'attends à tout moment à ce qu'il m'honore du don de sa semence.
Mais il en a décidé autrement. Il relâche mes cheveux quitte ma bouche et revient de nouveau se poster derrière moi. Je reprends mon souffle essaye de me concentrer sur mon texte tandis qu'il reprend possession de mon ventre. Mais je n'en ai pas le temps, son pouce vient de se presser sur mon anus et tente de forcer le passage. Je pousse un cri de surprise et me crispe serrant les poings sur mon clavier. Je ne peux retenir un "Non" angoissé. Un Non aussitôt regretté. Pour me faire pardonner, je plaque mon visage sur le parquet ciré cambre les reins et ramène mes mains sur la tête en les enfouissant dans mes cheveux, lui signifiant ainsi qu'il peut continuer malgré la jouissante honteuse qu'il va provoquer chez moi. Je me cache dans ma chevelure pour que le monde ne me voie pas jouir. La pression de son pouce s'accentue dilatant l'anus. Je me mords les lèvres. L'orifice cède et s'entrouvre laissant le passage à l'odieux inquisiteur. Un doux massage prépare l'étroit goulet à une pénétration plus rude Je tremble maintenant de tous mes membres. Un tremblement nerveux que je ne peux contenir. La vision de ma première sodomie glisse devant mes yeux. Terriblement douloureuse et terriblement agréable qui m'a conduite à mon premier orgasme chez Kristale. Une honte absolue conduisant au plaisir suprême. Alors que je ne m'y attendais pas, que je n'y étais pas préparée. Depuis, Il y a eu d'autres effractions de ce passage, mais c'est toujours cette image qui revient à moi.
Le bélier d'ivoire poli quitte mon ventre et vient maintenant s'appuyer entre mes fesses tendues. Une pression plus forte et le voici qu'il m'écarte et me pénètre. Mes yeux se révulsent, je souffle un petit cri. Mes ongles griffent mes paumes. Au diable l'écriture ! Comment d'écrire cela et le subir en un même temps ? Une douleur fulgurante de nouveau je crie, un peu plus fort cette fois. L'assaut stoppe net. Je reste empalée, geignant doucement d'angoisse et de plaisir mêlé. Les mains de mon Maître caressent doucement me hanches et les deux globes de mes fesses frémissantes. Il prend son temps, savoure sa victoire et sa domination sur moi. Quelques petits mouvements pour bien me faire sentir sa présence. Il ne s'est pas introduit entièrement. Certainement pour me montrer qu'aucun des mes orifices ne lui était interdit et qu'il pouvait en jouir suivant son désir, à demi ou pleinement, et qu'il n'avait qu'a choisir. Mais ce n'est pas celui-ci qui a son choix ce soir. Il le quitte et brutalement revient sacrifier à l'autel orthodoxe. Cette fois il plonge d'un seul coup, crispant ses mains sur mes hanches. Un pilonnage régulier chauffe mon ventre. Un pilonnage qui va en s'accélérant une chaleur infernale gagne mes reins, mon ventre. Une boule de feu qui éclate et remonte le long de ma colonne vertébrale mes bras se déplient me faisant me relever de nouveau à quatre pattes. Je suis tendue comme un arc et tente d'amortir les coups de boutoir. Mais rien n'y fait, autant composer avec mon assaillant ! A mon tour je me calque sur son rythme et ondule pour accentuer chaque pénétration. Je secoue la tête et les reins en une cavalcade échevelée. Une cavalcade qui stoppe brutalement dans une clameur sourde. Un liquide incandescent inonde mon ventre. Nos corps se tétanisent. Statues de pierre aux cœurs de lave. Au ralentie nous nous couchons sur le flan. Les bras en croix. Haletants, épuisés.
Mon Maître reprend vite ses esprits. Alors qu'une langueur indicible me laisse pétrifiée au sol, il s'empare de l'ordinateur et le ramène près de lui. Comme dans un rêve je le vois pianoter à travers mes yeux mi-clos.
Mon corps nu est en sueur et se refroidit vite maintenant, un frisson me sort de ma torpeur. Je me hisse sur mon lit et me glisse sous les draps. Je me couvre et laisse simplement dépasser le visage pour observer Marc qui semble plongé dans une profonde méditation. Il supprime les longs blancs laissés par mes crispations sur la pauvre console qui a subit mes errements. Je souris. Le texte est d'une longueur époustouflante. Mais surtout composé de blanc. Il est un fait que je n'ai pas eu le temps ni l'esprit de beaucoup écrire. Il semble enfin satisfait, finit par pianoter rapidement un dernier petit texte sa et appuie sur la touche d'envoi.
Il est 23h08.

13 janvier 2008

Chap.1. La Boussole.

Je remonte le col de mon manteau noir et enfonce un peu plus mon bonnet sur mon front. J'ai froid. Le macadam du trottoir brille d'humidité et reflète les néons de la ville. Etonnant de me retrouver presque seule en plein Paris, peu de gens dans les rues. Les lendemains de fêtes peut-être. ? Et ce temps maussade ! Du vent de la pluie. Pas de quoi inciter à sortir. Et pourtant, je suis là moi ! Il est vrai que j'ai mes raisons. Une raison en fait. Impérieuse ! J'accélère le pas et mon cœur bat à l'unisson de mes foulées. Mes escarpins vernis claque sur le sol et mes pas résonnent dans les gueules noires et inquiétantes des porches que je croise. Un frisson. Quelle idée de sortir ainsi habillée ! Ce quartier je le connais comme ma poche, Je sais ou je vais et me dirige sans encombre, mon esprit s'envole. Je me remémore le billet d'invitation qui m'indique le restaurant où je vais le retrouver et la façon dont je dois m'habiller. "…Jupe écossaise mi-genoux, chemisier blanc escarpins noirs, chaussette blanche, pas de bas, pas de sous-vêtement. Les cheveux tirés en arrière maquillage strict, ton collier d'apparat et… Amène ton PC portable…".
En partant, je me suis regardé dans la glace avec ma sacoche en bandoulière je ressemble à une jeune secrétaire un peu coincée. Hormis la capeline c'est presque point par point la tenue que j'avais lors de cette soirée d'été ! Un froid glacial me parcourt le dos aussitôt suivi d'une chaleur intense qui monte à mes joues. Mon dieu cette soirée ! ... Je presse un peu plus le pas. Heureusement le temps qu'il fait justifie ma pèlerine de laine qui me protège un peu du froid humide et cache ma tenue outrancière. Je rejoins le Boulevard Saint-Germain par la rue des Saints Pères et me dirige vers le Marché. Notre rendez-vous n'est pas très loin de mon appartement, un arrondissement à côté. Au fur et à mesure que je me rapproche de Lui mon pas ralenti et mon cœur s'accélère, mon ventre se tord d'angoisse. Une angoisse que je ne comprends pas, une angoisse en désaccord avec mon cœur qui bat la chamade d'impatience. Je pense qu'il en sera toujours ainsi avec Marc, ambiguïté incompréhensible. Il faut dire qu'il a le chic pour me mettre la pression.
Me voilà devant la porte à double battant. Je prends une profonde inspiration et pousse la poignée. Une bouffée d'air chaud chargé d'odeur d'épice m'accueille, je fais quelque pas à l'intérieur. Enfin je suis à l'abri du froid, cela me détend un peu. Un serveur se précipite et me débarrasse de ma capeline. Il n'a pas l'air de s'étonner de ma tenue printanière en dessous. Il est vrai que l'on est à Paris, il en faut beaucoup pour soulever l'attention. Si Je me promenais ainsi dans mon village je soulèverais quelques sifflets d'intérêt. Pendant que j'ôte mon manteau je me tort le cou pour le chercher dans la salle. Une main se lève… Il est là ! Ma poitrine se crispe un peu je fais un signe au serveur montrant la main levée lui indiquant que l'on m'attend Et d'un pas flageolant me dirige vers sa table. Il n'y a pas grand monde mais je suis contente de l'atteindre sans m'étaler de tout mon long tellement j'ai les jambes de coton. Il m'accueille avec un large sourire et sans un mot me montre la chaise devant lui. Il est tout habilité de noir, une chemise à col Mao strict on dirait un clergyman. Je sais que c'est un coté qui lui arrive de cultiver ! Il a réservé une table de quatre dont les deux autres couverts ont été débarrassés "…Nous aurons pas mal de travail, nous allons faire le point sur les Carnets d'Emilie, entre autre…". Le billet était clair. Je pose mon portable sur la table à côté de moi et je joins les mains, un peu embarrassée. Il me détaille en silence. Cela me met mal a l'aise. Il est hors de question que je prenne la parole la première. Comme un rituel qui rassure j'écarte les jambes Pose mes mains à plat sur la table, de chaques cotés des couverts. De la langue je me mouille les lèvres, les entrouvre et baisse légèrement la tête sans pour autant le quitter des yeux. C'est la posture qu'il exige lorsque l'on se présente à table. Il joint les mains devant lui, les coudes ferment posé sur la table. Il sourit et comme pour lui-même.
-
Bien …très bien.
Il reprend s'adressant cette fois franchement à moi.
-
Tu es vraiment très belle ! Félicitations.
Que l'on puisse me trouver belle m'étonne toujours ! Surtout maintenant, Je dois avoir le nez et les pommettes rouges de froid, les cheveux mal lissé à cause du bonnet, les yeux larmoyants par la différence de température ! Et cette tenue de gamine attardée qu'il a exigé ! Je ne sais pas s'il attend une réponse mais je ne peux m'empêcher.
-
Je... Merci Monsieur... Ce... C'est pour vous monsieur.
Je me sens un peu ridicule de proféré de telles banalités.
-
Je sais... Je sais… Mais pour toi aussi un peu. N'est ce pas ?
Comme il a raison, bien sur que j'aime me sentir belle et désirable. Mais là franchement. J'ai une drôle d'impression un peu comme si il se moquait de moi.
-
Oui Monsieur !
Un long silence pendant lequel je reste sans bouger puis il claque doucement dans ses mains.
- Allons Mademoiselle trêve de civilités il nous faut travailler ! Nous avons peu de temps à nous. Ou en êtes vous de ces Carnets…

A partir de cet instant l'ambiance s'est détendue. Je lui ai donné les marques de respect et de soumissions qu'il attendait. Ils lui suffisaient. Nous passons le repas à discuter tantôt gravement tantôt joyeusement. Les plats exotiques défilent, le vin commence à me tourner la tête. Je prends des notes sur tous ce que l'on dit. En y repensant nous donnons l'image d'une secrétaire et de son patron. Et je comprends maintenant les impératifs vestimentaires qu'il m'a dictés. Me voici participant à un fantasme vieux comme le monde… Et j'adore çà. La jeune secrétaire aux ordres, dévoué à son boss et surtout, totalement nue sous ses vêtements prête au sacrifice le plus extrême pour s'attirer les faveurs de son maître.
Son esprit est clair, limpide. Des idées ! Il en a une par seconde, je note fébrilement et les confronte avec les miennes. Il me félicite parfois pour mon inspiration. Tout s'enclenche parfaitement, peu à peu le destin d'Emilie prend un tournant que je ne soupçonnais pas. J'en ai pour des années de création et de labeur.
Il jette un regard à sa montre.
-
Il ne faut pas oublier notre rendez-vous !
C'est vrai je suis tellement bien que je ne voie pas le temps passer. Il fouille dans sa poche et glisse vers moi une clé USB gainée de cuir.
-
Il y a une ébauche de texte là dedans, je voudrais que tu le peaufine. Je ne suis pas aussi doué que toi pour la littérature.
Je m'empare de l'objet oblong et l'insère à mon portable. Une fenêtre s'ouvre.
-
Vous pouvez lire à haute voix ,s'il vous plaît, Mademoiselle !
Il a repris le vouvoiement je sais ce que cela veux dire. Je dois maintenant reprendre ma place. Je commence...
-
"… Je te veux nue à genoux, courbée à la tache qui va brouiller ce texte. Je te veux offerte et soumise, cadeau sacrificiel déposé à mes pieds. Je veux poser mes mains sur ton corps brûlant. Le parcourir, le découvrir de mille caresses impudiques…"
Le rouge me monte aux joues. Je jette un regard circulaire et baisse la voix. Personne dans la salle ne fait attention à nous mais je ne peux m'empêcher de prendre une voix de conspiratrice pour continuer à lire cette déclaration impromptue. Je lui souris au fur et à mesure que je progresse dans la lecture. C'est un manifeste. La description de la façon dont cette soirée peut se prolonger. L'excitation me gagne et il n'est pas aisé de procéder aux arrangements du texte que nous faisons dans une bonne humeur non dissimulée. Quand enfin nous sommes satisfaits Marc commande un dernier café. Je replie en silence mon portable je consulte ma montre, 21h35. Il prend pourtant le temps de déguster tranquillement son moka. Il finit par taper des deux mains sur la table et se redresse.
- I
l est temps de mettre ces lignes en pratique, Mademoiselle !
Je frissonne, un peu angoissée tout de même. Je me lève et gagne la sortie. J'enfile mon manteau pendant qu'il règle la note. J'enfonce mon bonnet de laine verte jusqu'au oreille ne laissant dépasser que ma longue chevelure rousse. Deux pas et nous sommes dehors. Le froid me coupe la respiration et je ne peux retenir un tremblement. Instinctivement je me sers contre lui, contre la veste de cuir noir qui le protège des éléments.
- Allons-y ! Me dit-il. M'enjoignant d'un geste à lui montrer le chemin de mon appartement.

23 octobre 2007

Chap.10. Terminus... Paris.

Peu à peu le silence se fait entre nous. Plus nous approchons de l'hôtel moins j'ai envie de parler. C'est la fin de ce séjour hors du temps, hors de ma vie bien rangée de petite fille sage. Un manteau de tristesse commence à peser sur mes épaules. Il va bientôt falloir regagner la foule grise des trottoirs de Paris. Me fondre dans l'anonymat avec au fond de mon cœur, tapie, une braise rougeoyante sur laquelle il n'aura qu'a souffler pour que je me réanime et me jette à ses pieds. Le ciel bleu au-dessus de ma tête qui annonce une belle semaine ne participe vraiment pas a mon spleen, et il n'arrive pas à me réjouir.
Nous ne traversons pas le hall de l'hôtel en courant et en riant comme la dernière fois. Plus je me rapproche de la chambre plus je veux faire demi-tour. Prolonger cette expérience contre toute raison. Une irrépressible envie de le saisir par la manche de revenir sur mes pas, de l'entraîner vers ce bar où ce week-end a débuté et ou tout doit recommencer… Pour l'éternité…
La porte s'est refermée derrière moi. Une boule de chagrin dans la gorge, je fouille machinalement dans mon sac et en sort quelques effets fripés. Cela serra de toute façon plus propre que ce que je porte. Sans un mot, il a ouvert la fenêtre et s'est accoudé à la balustrade de pierre. La vision fugace de nos ébats à cette même fenêtre glisse devant mes yeux. Il s'est mis à contempler la rue, je me suis saisis de mes affaires et me dirige vers la salle d'eau pour noyer mes larmes sous le jet d'eau brûlant.
Je ressors de la douche sans avoir réussi à atténuer mon spleen. Mécaniquement je me suis habillée. J'ai consciencieusement replacé mon fin collier de cuir qui tinte discrètement à chaque mouvement de ma tête et suis sortie de la salle d'eau. Il m'attend assis sur le lit. La fenêtre est refermée. En silence je fais le tour de la chambre et vérifie ne rien avoir oublié. Je suis largement en avance mais maintenant je veux quitter ce lieu chargé d'émotion, sans me retourner. Je m'empare de mon sac au pied du lit et me dirige vers la porte.
- Attend un peu !
Sa voix a claqué dans le silence. C'est pour moi un soulagement que de pouvoir rompre ce mutisme embarrassé.
- Pose ton sac et viens là.
Du doigt il désigne l'espace devant lui. Je m'exécute avec un sourire forcé aux lèvres. Je me place face à lui, les mains dans le dos. J'écarte légèrement les jambes et baisse la tête vers lui. Sans quitter le lit sur lequel il est assis ses mains s'envolent vers mon ventre et déboutonne mon pantalon. Il faut à peine un instant pour qu'il tombe à mes pieds, découvrant mon string noir. Il a un moment de réflexion puis me lance.
- Tu as tes règles ?
- Non, Monsieur !
- Alors pourquoi ce slip ?
- Je … Je croyais que c'était fini pour ce week-end !
- Fini ?
- Oui…Excusez-moi Monsieur !
En fait, je me suis habillée machinalement et j'ai enfilé ce slip sans penser à la première règle qu'il m'a dicté, il y a longtemps maintenant. Et je cherche une excuse pour adoucir son courroux.
Il souffle bruyamment, émet ce claquement de langue caractéristique qui marque sa contrariété et se lève d'un bond.
- Terminé ! Terminé ?… Et tu crois donc que c'est toi qui décide ? Il faut donc que l'on termine ce week-end sur une sanction ?
Une âpre saveur d'adrénaline monte de ma gorge et envahie mon palais lorsqu'il porte les mains à sa ceinture de cuir noir. Lentement il la fait glisser le long de sa taille la libérant des passants et la replie en une boucle dans sa main droite.
- Tourne-toi, penche-toi en avant, appuie-toi sur le mur !
Mon cœur s'emballe un peu plus. Maladroitement, gênée par le pantalon qui entoure mes chevilles. Je me tourne vers le mur aux tapisseries orangées. Je me penche vers l'avant et appuie fermement mes mains sur le mur. Comme un rideau, mes cheveux tombent de part et d'autre de mon visage. Pour tromper mon angoisse je m'absorbe dans la contemplation de mes pieds. Je sais parfaitement à quoi m'expose une telle position et je me pince les lèvres d'appréhension. Ses mains se posent délicatement sur mes hanches et glisse vers mes cuisses entraînant dans son mouvement la fine ceinture de mon string. Ils abaissent doucement mon slip et s'arrêtent à mi-cuisse. C'est étonnant comme cette demi-déculottée peu avoir quelque chose d'humiliant. De sentir ma pudeur à demi dévoilé est très troublant pour moi. Ses mains remontent sur mes fesses et les caresses amoureusement. Un doigt se fraye un passage entre les deux globes ainsi offerts, écarte la délicate fente de mon abricot lisse et s'introduit en moi. Je ne peux m'empêcher d 'émettre un gémissement de plaisir étouffé. Un gémissement qui incite à aller plus loin. Tout en gardant son doigt fureteur en moi il se penche à mon oreille et me murmure.
- Je te rappelle qu'il s'agit d'une punition. Je t'interdis de ressentir le moindre plaisir… Je t'interdis de jouir !
Mon dieu ! Voilà bien une exigence que je vais avoir du mal à tenir. Surtout de la façon dont commence cette "punition". Je serre les dents et essais de faire le vide dans mon esprit. Mais comment faire obéir mon ventre ? Mon intimité se mouillant inexorablement sous la caresse qui se fait plus profonde et qui vient de recevoir le renfort d'un deuxième doigt ? Comment empêcher mon vagin de se dilater impudiquement révélant ainsi son impatience de recevoir son assaut ? Je me concentre sur ma position humiliante essayant de toutes mes forces de faire abstraction des désirs de mon corps. Malgré cela ses doigts ressortent trempés d'entre mes cuisses. Négligemment, il les essuie sur mon dos Et je sens le contact glacial de la ceinture de cuir se poser sur mes reins.
La lanière glisse doucement contre ma peau comme pour se réchauffer à son contact. Je me souviens de la morsure de la cravache sur mes reins lors de notre étrange balade sur les Causses et je ferme les yeux. La ceinture quitte mes fesses, le temps semble s'arrêter, infernale attente ! Je me mords les lèvres. Un sifflement déchire l'air suivi d'un claquement assourdissant. Une traînée de feu s'embrase sur mes reins. La douleur vrillante et soudaine irradie dans tout mon corps et je ne peux me retenir un sursaut et un cri guttural. Ce premier coup est immédiatement suivi d'un deuxième qui laboure le bas de mes fesses. Il me semble encore plus violent que le premier et m'arrache un cri de bête blessée. Un cri interrompu par le troisième coup qui s'abat avec fureur et incendie un autre sillon au bas de mon dos. La ceinture se repose doucement sur mes reins comme pour se reposer de son labeur. Il me laisse reprendre mon souffle les mains crispées contre le mur, les jambes tremblante tendues à se rompre. J'ai l'impression d'avoir été foudroyée sabrée en deux par une lame de feu, je gémis sourdement la bouche ouverte, cherchant à reprendre ma respiration coupée par la douleur fulgurante. Un peu de salive coule de mes lèvres et s'écrase sur le sol et des larmes perlent le long de mes cils. Je suis sure que les coups ont été donnés avec toute la force dont il est capable, provoquant un ébranlement complet de mon corps et de mon esprit. La douleur irradie maintenant sourdement sur tout mon postérieur et le haut de mon dos.
- Voilà pour la punition…
Déclare t il, à voix basse. Le ton calme et posé contraste étonnement avec la violence qu'il vient de me faire subir.
- Maintenant je veux continuer… Pour mon plaisir !
J'ai cru un instant que mon supplice allait cesser.
- Tu veux bien ?
Il a posé la question avec une telle candeur que j'en reste abasourdie. La douleur m'empêche de penser correctement. Mais je m'étonne qu'il me demande mon avis. Alors que je suis à sa main, pliée en deux contre le mur, la culotte baissée, honteusement offerte, ouverte et consentante. Je me rends compte que cette question n'est là que pour appuyer mon humiliation et valider ma soumission. Il me demande mon consentement tout en sachant pertinemment la douleur que j'endure et l'envie pressante que cela finisse vite.
- Tu veux bien... Isabelle ?
L'emploi de mon prénom me révèle son impatience et l'exigence d'une réponse rapide. Je renifle mes larmes et comme dans un rêve, comme si je me dédoublais, je m'entends répondre.
- Oui… Oui, Monsieur !
Ses mains se posent sur mes fesses et les caressent doucement longeant la ceinture posée au creux de mes reins. Il se penche de nouveau à mon oreille et murmure.
- Je vais te faire mal Isabelle... Très mal… Uniquement pour mon plaisir… Tu comprends çà ?
Sa voix me glace le sang. Comme pour se dérober à la souffrance mon esprit s'éloigne de mon corps, marionnette sans force. J'aimerais fuir mais il n'y a pas ici de sortie de secours.
- Oui, Monsieur… Je comprends.
Un silence prolongé, il attend autre chose il attend plus de mon engagement !
- Faites le Monsieur… Je suis à vous… Pour votre plaisir…
Le mot plaisir se noie dans mes sanglots.

Il se relève. La ceinture de cuir quitte mon dos. Dans le silence de la chambre un sifflement. Une douleur fulgurante strie mes reins. J'étouffe un cri venu du plus profond de ma poitrine. Une deuxième brûlure me coupe le souffle et écarquille mes yeux. Un troisième choc me coupe en deux et ouvre ma bouche sur un cri silencieux. Une pause. Je gémis doucement. Ma respiration est précipitée syncopée, je cherche désespérément à contrôler la douleur qui, de mes reins, irradie et pulse à travers mes cuisses et mon dos. Mais il ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits, mon martyr continu. Trois nouvelles fois mes fesses offertes sont parcourues mais des traînées de feu. La douleur est si violente que je me suis laisser basculer de tout mon poids contre le mur et que je me mords le poignet pour ne pas hurler, mon visage est inondé de larme. Jamais je n'aurais cru supporter un tel calvaire. De nombreuse fois la ceinture va s'élever et de nombreuse fois elle va s'abattre sur mes chairs. Par série de trois coups elle va mordre cruellement ma peau fragile. Peu à peu mon esprit s'envole et s'anesthésie sous les coups. Mes cris étouffés et gémissements se sont transformés en râles continus, incoercibles.
Combien de temps a duré mon supplice ? Je ne saurais le dire ! Je reviens à la réalité en comprenant que les coups ont cessé et que ce sont maintenant ses mains qui caressent mes fesses comme le ferais un chef de guerre parcourant le champ de bataille pour se repaître des dégâts infligés. Sur ma croupe brûlante Elles me paraissent fraîches et agréables. Leur douceur me tire peu à peu de ma torpeur douloureuse. Comme par magie les vaques brûlantes s'apaisent et il ne subsiste bientôt plus qu'une onde chaude et agréable qui rayonne jusque dans mon ventre. Les caresses se font plus précises et regagnent mon entrejambes. Je m'aperçois avec stupéfaction que je suis littéralement inondé. Comment mon corps martyrisé a-t-il pu prendre son plaisir ? Profitant de mon détachement et de l'envol de mon esprit, il a composé lâchement avec son tortionnaire. Ce plaisir veule pris comme sous une caresse amoureuse, sans le consentement de ma raison me démontre une fois de plus ma vraie nature. Cette nature que je réfrène sans cesse, que je cache à tous et que Marc a su me révéler. Le motif de mes tourments et de mes fantasmes qui, tel un rocher noir, se découvre à chaque reflux de l'océan de mon âme... A chaque tempête de mon corps !
Ses doigts s'introduisent en moi sans douceurs, dans un réflexe j'essaye d'écarter les jambes, sans y parvenir, prisonnière du pantalon tombé à mes chevilles et le lien de mon slip tendu a mi-cuisses. Délicatement il pose sa ceinture en travers de ma nuque. Les deux bouts de la lanière de cuir pendent maintenant de chaque coté de mon visage comme pour me rappeler ce a quoi je dois mes souffrances. Ses doigts me quittent immédiatement remplacé par un visiteur autrement plus attendu. Il s'est rapidement dégrafé et c'est maintenant son membre arrogant qui frappe à la porte de mon ventre écartant sans vergogne de sa tête d'ivoire poli les lèvres brillantes de ma vulve, s'engageant à demi dans le conduit humide. Doucement, ses deux mains se posent sur mes hanches et d'un coup de rein ferme, d'un seul élan, il me pénètre, s'introduisant sans effort au plus profond de mon ventre. Sous l'assaut je ne peux prévenir un soupir de contentement et de bonheur que j'accentue en cambrant les reins pour lui manifester ma docilité. Plusieurs fois, mécaniquement, sans âme, il va me posséder vigoureusement. Son membre huilé de mon plaisir ressortant entièrement de mon ventre, presque à le quitter, et y replonger violemment se ruant d'un seul mouvement au plus profond de mon vagin, ses mains crispées par l'effort sur ma croupe martyrisée. Par ce rythme étrange il refuse de me communiquer le moindre sentiment. Il me prend comme on prendrait une poupée de chair, sans amour. Il assoie ainsi sa toute puissance et me remet à ma place de simple sujet de plaisir. Comprenant que je ne recevrais aucune caresse, aucune preuve d'affection, je baisse la tête et attend passivement la fin de l'assaut. Malgré son assertion, je sais que c'est la punition qui continue. Je redécouvre une fois de plus le plaisir trouble de n'être qu'un objet. Les coups de boutoirs finissent par m'arracher de petite plainte de chatte énamourée. Et c'est dans un râle rauque de contentement, au plus profond de mon ventre, qu'il va jouir et s'épancher froidement comme pour soulager une envie naturelle. Il me quitte aussitôt pris son plaisir de mâle, sans caresse, sans flatterie dont il est d'habitude coutumier. Je n'ose me relever sans son consentement. Suprême humiliation il essuie son sexe gluant contre mes fesses martyrisé. Je l'entends se réajuster. Il se baisse et s'empare de mon pantalon qu'il remonte lentement le long de mes jambes entraînant dans le même mouvement mon slip toujours baissé a mi-cuisses. Sans se préoccuper de remettre ma culotte, il réajuste mon jean délavé autour de ma taille et d'un même mouvement me tirant par les cheveux me redresse et me fait pivoter face à lui. Il achève de reboutonner mon pantalon. Une fois fait, il me prend le menton dans sa main et pose un baiser délicat sur mes lèvres. Je réponds et lui souris.
- On file à la gare... Tu vas être en retard !
Vous avez déjà couru avec votre slip à demi-baissé à l'intérieur de votre pantalon ? Sur le quai je cherche le numéro de la voiture ou m'attend ma place. Quelle étrange impression, quelle honte de me sentir moite, souillée entre les jambes et les cordons de ce slip volontairement mal réajusté qui tire sur mes cuisses à chaque pas. Et j'ai traversé toute la ville à pieds en trottinant au coté de Marc regardant sans cesse derrière moi passant de temps en temps la main sur mes fesses endolories et entre mes jambes pour m'assurer qu'aucune tâche humide ne transparaît à travers le tissu. Je finis par m'engager dans le couloir qui mène à ma place. J'ai l'impression que tout le monde me regarde et peut deviner mon slip baissé à travers le tissu. Je me sens gourde et maladroite, je perds mes moyens. Lorsque je m'aperçois que la place qui m'est réservé est directement à côté d'un homme plongé dans son journal. Mon sang ne fait qu'un tour. Ce n'est pas possible ! Je ne peux pas m'asseoir là ! Passer une heure à coté de lui. Je sais ou crois deviner l'odeur d'amour que je dois exhaler et qu'il ne manquera pas de percevoir. Je connais l'effet que provoque chez certains hommes mon doux parfum de rousse, et notamment chez mon Maître. Je connais l'excitation que déchaîne cet appel hormonal et j'ai déjà, dès mon adolescence, repoussé des appels pressant d'hommes mure de par ce fait. Mais là, il s'agit d'un parfum qui me signale comme la gamine venant de subir les assauts d'un homme et donc peut être ma disponibilité à un autre ! Je ne me sens pas de force à supporter çà. Je repère une rangée vide et me dirige vers elle, Tant pis pour le contrôleur, le wagon n'est plein qu'au trois-quarts je l'amadouerais d'un sourire.
Je n'ai pas le cœur de sortir mon carnet de notes et commencer à aligner les lignes qui vont vous décrire cet incroyable week-end. Sur la vitre du train les images fugaces de ces trois jours se superposent à la toile de fond des paysages qui défilent à une vitesse infernale. Je sais que chaques lignes va me faire revivre intensément chacune de mes peurs, de mes angoisses, de mes joies et des humiliations consenties. Le trajet n'est pas très long je ne suis plus très loin de la capitale lorsque mon portable se met à sonner. Je fouille fébrilement dans la poche avant de mon sac pour en sortir le tremblant messager. Je jette un œil à l'écran…C'est lui ! Je réponds fébrilement.
- Oui Monsieur !
- Tu es confortablement assise.
Il fait cruellement allusion au feu qui couve sous moi, m'empêche de garder longtemps une position assise et me fait me tortiller sur mon fauteuil. Je jette un œil un œil autour de moi et baisse la voix.
- Oui, Oui... Mais c'est pas facile avec ce slip baissé au fond mon pantalon.
- Vraiment ? …Oui ! ... J'imagine !
Il se moque gentiment de moi. Cela me redonne un peu le sourire.
- Il y a du monde autour de toi ?
- Non trop pas, je suis presque au fond du wagon.
- Très bien… Ouvre ta braguette.
Pour me rassurer, je jette de nouveau un regard autour de moi. La plupart des passagers sont occuper à lire, dorment ou sont plongés dans leurs ordinateurs portables. Il ne me viendrait pas à l'idée de lui désobéir. J'ouvre rapidement les boutons de cuivres, mes doigts froids effleurent la peau chaude de mon bas ventre.
- Caresse-toi !
Sans hésiter, je glisse ma main par l'étroite ouverture mes doigts rencontrent l'humidité intime laissé par son précédent passage et s'enfonce dans le chaud orifice frottant doucement. Je me délecte de la petite vibration qui m'électrise lorsque j'effleure mon clitoris turgescent d'excitation. Je lâche un soupir et un petit gémissement dans le micro pour lui indiquer que j'exécute son ordre et que j'aime çà.
- Très bien Isabelle…Lèche tes doigts maintenant !
Je porte à ma bouche mes doigts luisant. Un goût acide aux odeurs mêlées explose sur ma langue.
- Quel goût as-tu, Isabelle ?
- Je… Le… Le votre… Monsieur !
La communication se coupe immédiatement. Il a raccroché ! C'est ce qu'il voulais m'entendre dire.
D'une main je referme mon portable et appuyant mon front contre la vitre, les yeux perdus dans le vague pour prolonger l'instant je tète amoureusement mes doigts… En attendant le terminus.

 

 

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4 octobre 2007

Chap.9. Un goût de vanille.

Nous traversons la place St Jean lorsqu'il consulte sa montre. Le temps m'a paru s'étirer à l'infini et j'espère que mon calvaire, qui a commencé au pied d'une basilique, va se terminer sur le parvis de cette cathédrale qui se dresse devant nous. Las ! Nous nous enfonçons un peu plus dans les ruelles étroites.
Enfin nous finissons par nous présenter à la porte d'un Bouchon. L'unique salle est bondée mais il reste quelques tables à deux couverts libres le long du mur intérieur. On nous les désigne et nous prenons place. Je m'installe confortablement et m'attends à tout moment l'ordre qui me délivrera. Moi qui redoutais tant ce commandement avilissant, j'en suis à le réclamer avec impatience. Mais il fait durer ma pénitence. Il prend le temps de commander deux Portos, sans, bien sur, me demander mon avis, et se met à observer attentivement la salle. Lorsque le serveur dépose les deux petits verres remplis à ras bord du liquide au reflet de rubis il semble enfin s'apercevoir de mon existence. Il prend un des deux verres et le fait délicatement tourner entre ses doigts tout en me détaillant. Il boit délicatement une goulée du vin, repose son verre et me sourit.
- Bravo… Tu t'en es vraiment bien tirée…Avale maintenant !
Il faut maintenant que je m'exécute. A vrai dire ma bouche ne renferme plus qu'un liquide a la saveur impersonnelle. Tout au long de mes pérégrinations dans les rues de Lyon la liqueur à finis par couler par intermittence au fond de ma gorge. Il ne reste plus qu'un peu du souvenir de sa jouissance entre me lèvres, mêlé de salive abondante. Je déglutis sans peine. Soulagée. Soulagée et contente à la fois d'avoir supporté sans broncher une telle épreuve. Je porte ma main vers mon verre pour aider à effacer définitivement les traces de cette humiliation. Elle est immédiatement arrêtée dans son geste. Il vient de me prendre le poignet.
- Tu n'oublie pas quelque chose ?
Il me regarde sévèrement.
- Excusez moi… Je vous remercie Monsieur !
- Tu me remercies pour quoi ?
-  Je… Je vous remercie pour ce que vous m'avez donnez !
- Tu as aimé ?
- … J'aime tout ce qui vient de vous Monsieur.
J'ai baissé la tête en signe de soumission ce qui a un peu caché la rougeur de mes joues. Il me lâche la main et m'autorise à goûter l'apéritif. Le repas va être enjoué nous discutons à bâtons rompus comme si rien ne s'était passé. Le dessert est servi. Notre conversation semble s'épuiser lorsqu'elle va prendre un ton nouveau.
Alors qu'il est en train de tourner sa longue cuillère dans son Colonel sans me regarder, il me lance.
- Alors comme çà tu aimes bien te faire défoncer le cul ?
Un frisson intense me parcourt, j'interromps la dégustation de mon île flottante. Il a parlé d'un ton fort. J'ai l'impression que toute la salle a pu l'entendre. Je rentre la tête dans les épaules et reste bouche bée. Jamais je ne l'ai entendu s'exprimer de cette façon. C'est un langage qui sied plus à Kristale qu'à lui. Je cherche à reprendre ma respiration. Et souffle à voix basse comme pour l'inciter à parler moins fort.
- Oui, Monsieur… J'ai aimé çà.
Mes veines battent sourdement a mes tempes et je sens de nouveau le rouge m'envahir.
- Il est vrai que c'est un vrai plaisir avec toi. Tu bouges comme une vraie salope quand je te sodomise.
Mon cœur loupe un battement. Mais que se passe-t-il ? Que lui arrive-t-il ? Le ton n'a pas baissé et est toujours aussi fort. Paniquée, je jette un œil autour de moi. Le brouhaha de la salle continu comme si de rien n'était. Tout le monde discute joyeusement dans le cliquetis des verres et couverts, sans nous porter attention. Il a bien vu que j'observais la salle. Je reviens à lui, il me regarde en penchant la tête de côté et me souriant. Un demi-sourire malicieux. Je connais cet air ! Il se passe bien quelque chose... Mais quoi ? Et il continu.
- Te voir hurler, empalée au bout de ma queue est ce qui a de plus beau je pense. Ce qu'un homme peut rêver de mieux… As-tu remarqué que tu as encore des cris de gamine quand tu jouis ?
Mon dieu mais jusqu'où va-t-il aller ?
- Non, Monsieur... Je… Je ne m'entends pas réellement.
Je réponds par réflexe. Mon esprit fonctionne à cent à l'heure. Je cherche à savoir ce qui se passe. Mais je suis devant un vide insondable. Je ne comprends pas où il veut en venir. Je suis sur le point de renoncer et m'apprête simplement à subir, la tête baissée, lorsque, du coin de l'œil à la limite de mon champ visuel je perçois deux jambes qui se croisent et se décroisent nerveusement. Je lance un regard à ma droite. A un mètre à la gauche de Marc, une jeune fille rencontre mon regard et détourne vivement le visage. C'est la seule dans tout ce capharnaüm de bruit à garder le silence. Elle est attablée avec ce qui semble être sa famille. Des touristes en visite j'imagine. Deux couples, la quarantaine bien tassée. Trois garçons à l'âge improbable quinze à vingt ans peut être, deux filles, dont la plus jeune a attiré mon attention... C'est elle qui par un mouvement de jambes s'est ostensiblement approchée du bord de la table Cherchant certainement ainsi à mieux saisir notre conversation. Tous les autres convives devisent joyeusement entre eux sans lui accorder d'attention. Elle se penche maintenant sur son assiette la fixant obstinément et se remet à manger en coupant sa viande avec un soin forcé. Pendant que mon Maître continue à parler à voix haute. Je la détaille, les cheveux raides, un brun brillant et une longue frange qui cache son regard, mais j'ai pu saisir un éclair vert avant quelle ne détourne la tête. Elle est jeune, très jeune, seize ou dix-sept ans et un physique avenant. Une jupe un peu courte pour la saison un chemisier blanc immaculé et un pull-over de marque jeté négligemment sur ses épaules. Une petite fille bien élevée ! Quand je pense à ma tenue vestimentaire défraîchie et souillée d'herbe et de terre ! Elle me semble vraiment jolie…
- Et toi…. Isabelle ?
La voix appuyée de mon Maître me tire de ma contemplation… Je sursaute.
- Oui... Je… Je… !
- Tu ne m'écoutais plus ?
Ses sourcils se froncent de mécontentement.
- Si, Si, mais je… excusez-moi Maître.
- Parle plus fort s'il te plaît, je ne t'entends mal avec ce bruit !
Je prends une inspiration et hausse le ton à mon tour essayant de contrôler ma voix.
- Excusez-moi, Maître !
Peine perdue. Ma voix est parvenue à l'oreille de la petite curieuse. Elle me lance un regard par en dessous, Je me sens rougir un peu plus.
- Je te demandais donc si tu aimais que je te mette à genoux et t'oblige à me sucer ?
Je lance une œillade à sa voisine. Elle a le nez plongé dans son assiette, mais je sais que son oreille est tendue vers nous. Elle penche légèrement vers Marc. Je comprends maintenant parfaitement ce qu'il recherche. C'est pour être audible de sa voisine qu'il parle plus fort et m'oblige à lui faire écho sur la même note. Inutile de vouloir échapper à son jeu. Maintenant que j'ai découvert son manège autant aller au bout.
- Oui, Monsieur !
- Oui … Quoi ?
- J'ai… J'aime quand je vous su… Suce à genoux...
Il pioche une cuillère de sorbet à la vodka dans sa coupe de verre. La déguste et reprends.
- Il faut dire que tu es très belle quand tu es à mes genoux. Ta bouche est douce et brûlante…Et c'est divin de jouir entre tes lèvres et de savoir que tu vas avaler… En bonne soumise que tu es.
Je reste tétanisée par son langage mais je m'habitue peu à peu. La jeune fille a relevé la tête et n'a pu s'empêcher de regarder rapidement Marc qui continu a déguster son dessert, impassible. Elle s'est ensuite tournée vers moi et a tenté un timide sourire. J'ai hésité, mais j'y ai répondu, un peu crispée. Apres tout, si cela l'a fait mouiller, pourquoi pas ! Je la détaille encore un moment. Elle me paraît si jeune et a l'air un peu gauche. Je suis sure qu'elle est encore vierge.
- J'ai oublié de te demander quel goût j'avais ?
J'ouvre grand les yeux en signe d'incompréhension.
- Oui, tu sais le goût de mon sperme, celui que tu avales ?
Il a dit çà sur un ton goguenard moqueur. La petite brunette ne se cache plus pour écouter ouvertement et apparemment attends, elle aussi, une réponse.
- C'est bizarre, Un peu âpre et doux à la fois, un peu anisé… J'ai du mal à définir.
Il me sent embarrassée, marque une petite pause pendant qu'on ou amène le café et l'addition, puis il reprend.
- Cette petite conversation m'a mise en appétit. Si cela ne tenait qu'a moi je t'allongerais sur cette table, t'écarterais les jambes et te prendrais de suite… Tu es dans le même état que moi ?
Décidément, il a de ces questions !
- Oui Monsieur !
Je ne sais quoi dire d'autre et me sent un peu stupide. Mais il est vrai que mon ventre s'est peu à peu liquéfié au fils de cette étrange conversation.
- Alors …Montre-moi !
Une chape glacée me tombe sur les épaules. Cet ordre je l'ai déjà entendu et je l'ai déjà exécuté au fond de cette brasserie de la place des Terreaux. Je me recroqueville, je lance un regard circulaire, comment faire ici ? Si je me lève j'attirerais immanquablement l'attention ! Il a compris mon interrogation et mon désarroi.
- Tes doigts…Montre-moi tes doigts mouillés !
Bien sur ! C'est la façon la plus simple de lui prouver. Je prends une profonde inspiration et glisse ma main gauche, celle qui est contre le mur, entre mes jambes. Pas facile de défaire les trois boutons de mon jean, j'abandonne l'ouverture du quatrième. Ne pas porter de slip me facilite la tache. Je m'arrête un bref instant pour observer les convives autour de nous. Seule la petite indiscrète m'observe de près. Elle a baissé la tête et se frotte les lèvres de sa serviette tout en m'espionnant par en dessous. Je ne suis vraiment pas a l'aise. Ma tête s'emplit de coton et se met à bourdonner. Faire çà devant elle ! Dans un réflexe de pudeur je me saisis de ma serviette et la pose sur mes genoux cachant ainsi la main fureteuse. J'écarte un peu plus les jambes et m'introduis rapidement deux doigts. Je rencontre une onde chaude et onctueuse, je m'étonnerais toujours de cette douceur et la facilité avec laquelle on s'y sent bien. Ma honte est si forte que j'aimerais m'y couler entièrement, disparaître aux yeux du monde. Je ne peux progresser bien loin, l'ouverture de mon pantalon n'est pas suffisante et l'écartement de mes jambes est limité par les deux pieds de la petite table. Je bouge un peu les premières phalanges pour parfaire l'enrobage de mes doigts de la chaude liqueur de Cyprine. Mes contorsions ne passent pas inaperçues de la fille aux yeux verts qui, comme hypnotisée, ne peut détacher son regard du dessus de ma table. Une table qui cache à ses yeux la caresse interdite. J'imagine la tempête qui doit déferler sous son crâne. Il n'y a pas si longtemps j'étais à sa place. Une adolescence fébrilement curieuse de tous ce qui concerne le sexe accompagné de son cortège de fantasmes plus ou moins fleurs bleues. J'imagine que je lui offre ainsi une scène qui dépasse ses rêves les plus fous. J'extirpe la main de mon entrecuisse et, prestement, la présente à marc par dessus la table.
Il observe un instant mes doigts luisant.
- Oui, je vois que toi aussi...
Il se saisit de mon poignet et porte doucement ma main à sa bouche. Sa langue brûlante tourne autour de mes doigts. De mes reins monte une vague incandescente qui pulse dans tout mon corps, je fais un effort pour éviter que mes yeux se révulsent, pour ne pas être submergée par ce brusque déferlement de plaisir. Mon souffle se bloque, et à travers le brouillard de mes yeux mi-clos j'aperçois la gamine qui pique un fard, se passe un doigt rapide sur les lèvres et baisse la tête vers son assiette. La caresse cesse brutalement et il me lâche la main.
- Décidément, la saveur des rousses !
Il lève les yeux au ciel et semble perdu dans des limbes de contentement. Il se ressaisit vite.
- Boit ton café, il faut qu'on y aille ! Il ne faut pas que tu rates ton train.
Mon dieu, c'est vrai, j'avais oublié ! Mon Train… Une vague de tristesse balaye tous les sentiments de honte et de plaisirs mêlés. Tous ces étranges sentiments sur lesquels je n'arrive pas encore à mettre un nom. Je redescends sur terre. Ce week-end de folie touche à sa fin.
Il se saisit de sa tasse et la boit d'un trait sans déguster, esquisse une grimace, s'essuie la bouche, s'empare de la note et se lève. Je l'imite, mon café a refroidi, et me lève à mon tour. C'est à ce moment qu'il choisit de se pencher sur sa voisine et lancer à haute voix.
- Bon appétit, Mademoiselle !
Dans un réflexe de politesse la petite brunette a levé la tête vers lui pour répondre. Mais, interloquée, elle reste la bouche ouverte, rougit violemment, a un moment d'hésitation et enfin se détourne. Mais Marc n'attend pas de réponse et il est déjà parti se dirigeant vers le comptoir. A son départ la jeune fille relève la tête et me regarde. Je lui souris, elle sourit à son tour.

Dans la rue, je trottine gaiement à ses cotés.
- Vous saviez qu'elle écoutait notre conversation ?
Il rit.
- Bien sur… C'est bien de contribuer à l'éducation des jeunes filles.
Je reste un moment déconcertée et nous partons tous deux dans un grand éclat de rire. Entre deux rires, il continue
- Je serais toi, je ne rirais pas autant !
- Pourquoi ?
- Parce que je te rappelle que tu n'as pas de slip… Et que ta braguette est restée ouverte.
Je m'arrête brutalement, interloquée, alors qu'il s'éloigne dans un grand éclat de rire en me laissant plantée au milieu de la rue.

18 septembre 2007

Chap.8. Pénitence.

Après avoir flâné quelques temps sur la terrasse qui surplombe la cité, nous nous engageons sur un escalier de pierre qui plonge dans un parc verdoyant. C'est l'esprit léger que je m'engage à ses cotés sur le petit chemin qui descend vers le vieux Lyon. Il n'a pas dit un mot depuis notre sortie de la basilique. Des regards, des sourires, et surtout ces œillades brillantes qui me transpercent de part en part qui signalent l'effervescence de son imagination au travail et qui présagent un événement important.
es pluies de cette nuit ont imprégné la terre. Une odeur d'humus et d'humidité nous entoure, je frissonne et referme mes bras autour de moi. Il s'en aperçoit et, comme personne ne nous suit, ceinture mes épaules de son bras m'apportant un peu de sa chaleur. Il se tourne vers moi et tout en marchant me lance.
- Il faut penser à ta pénitence !
Une pénitence ? Bien sur, il y a toujours une pénitence après une confession ! Même une petite, ne serais ce que pour faire bonne mesure, personne n'étant parfait et ayant quelque chose à se faire pardonner… Surtout moi. J'ai donc bien compris la lueur des ses yeux et son sourire en coin. Un autre frisson me parcourt, mais pas de froid.
Le sentier de bitume traverse le parc et descend en pente douce vers la ville. Il sinue entre les massifs et les plates bandes De place en place, de petits sentiers le quittent et rejoignent des clairières agrémentées de banc. C'est sur un de ces sentiers qu'il m'entraîne en resserrant son étreinte sur mes épaules. Le chemin devient étroit et les feuilles que je frôle laisse des traces froides et mouillées sur mon pantalon. Nous nous enfonçons dans la végétation humide pour finir par déboucher dans une étroite clairière entourée de massif d'hortensia. Les arbres clairsemés permettent encore d'entr'apercevoir le chemin que nous avons quitté. Il pivote alors sur lui-même et me prend par les épaules, me contemple longuement. Je lui souris. Son regard se fait plus dur. Un nouveau frisson me parcourt. Ses changements d'attitudes me désarçonnent toujours autant. Il prend une profonde inspiration.
- A genoux… En prière !
Sa voix est calme mais impérative il n'a pas élevé le ton mais celui ci ne souffre pas de discussion.
Je baisse les yeux, le sol est détrempé. Je lui jette un regard suppliant. Mais je crois que m'épargner de mouiller mes vêtements est le dernier de ses soucis. Devant mon hésitation il fronce les sourcils. Prise de panique je m'exécute immédiatement. Je m'abaisse, pose un premier genou dans l'herbe trempée puis un deuxième, j'écarte largement les jambes et me redresse en cambrant les reins. Mon visage se lève vers lui et mes mains viennent se joindre devant ma bouche en un simulacre de prière. Enfin je ferme les yeux puisque c'est une condition de cette "Position de Requête"… De supplication…Et d'attente !
Je sais ce qu'annonce une telle position et je m'y prépare en entrouvrant légèrement la bouche. Je ne me trompe pas. Le bruit des boutons qui quittent leurs œillets, des tissus que l'on manipule est suivi par la présentation de sa verge tendue et impatiente qui s'insinue entre mes mains en prière. Elle s'y loge confortablement et vient butter contre mes lèvres. Lèvres que j'achève d'ouvrir prête à accueillir l'intrus. Contre toute attente, il ne s'engouffre pas vers ma gorge mais le gland d'ivoire poli s'introduit à demi dans ma bouche stoppant sa course et restant comme suspendu entre mes doigts. Je crois comprendre qu'il m'appartient de compléter la caresses et me penche un peu plus vers l'avant pour l'emboucher totalement. Le bruit caractéristique d'un claquement de langue sur le palais m'en dissuade. Je refrène mon mouvement me recule un peu pour de nouveau me retrouver le gland à demi embouché. J'attends ainsi sans bouger son bon vouloir. Mon esprit s'envole un instant. Je pense avec une pointe d'angoisse au chemin que l'on vient de quitter et des promeneurs qui peuvent surgir à chaque instant. Je m'imagine surprise ainsi à genoux…Etonnamment j'en tire plus d'excitation que de peur. Et puis, je dois lui faire confiance je suis cachée par les massifs d'hortensias et il me préviendrait…Enfin j'espère !
Il goutte un long moment la situation puis ses mains viennent rejoindre les miennes autour de la chaude colonne de chair. Lentement, délicatement, il leur imprime un mouvement de va et vient le long de la hampe tendue. Il m'accompagne un moment dans cette caresse et finis par me lâcher. J'ai bien sur compris son désir et je continu le mouvement de moi-même. Une de ses mains se pose sur ma tête près de mon front. Je réalise ma pénitence méticuleusement avec une honte sourde qui monte peu à peu en moi. Je prends conscience que je ne suis qu'un réceptacle actif pour une offrande qui me révulse. Il me contraint ainsi à le masturber en attendant la bouche ouverte le résultat de son plaisir tout en m'empêchant de prendre, ne serais ce qu'un peu, du mien en refusant la caresse de mes lèvres. Mes gestes deviennent mécaniques, régulier, rythmés, sans âme. Le temps s'étire et me semble une éternité d'attente. Paradoxalement je me sens seule face à l'objet de mon tourment et je m'inflige moi-même ma propre pénitence. Enfin ce que je redoute tant finit par se produire. Le gland se durcit imperceptiblement entre mes lèvres et un spasme le traverse libérant la liqueur apre qui jaillis et s'écrase sur mon palais, et retombe en flots sirupeux sur ma langue crispée contre mes dents comme pour éviter le contact de l'offrande. L'acte se consomme en trois jaillissements brefs emplissant ma bouche de honte absolue. Je prolonge ma caresse quelque instant pour en recueillir les dernières gouttes. Lentement, je retire mes mains et les place délicatement dans mon dos en soumise bien dressée lui signalant ainsi que suis dans l'attente de son bon vouloir. Je pense que l'ordre exécré ne va pas tarder et qu'il va falloir que je boive ma honte jusqu'à la lie. Mais l'ordre ne vient pas. Il reste un long moment entre mes lèvres gouttant certainement le spectacle. L'humidité du sol traverse la toile de mon pantalon mouillant mes genoux et augmentant l'inconfort de ma situation. Il finit par quitter ma bouche et se réajuste. Généreux il m'accorde l'autorisation d'ouvrir les yeux.
- Mais garde la bouche ouverte ! - Précise-t-il.
Il prend son temps et s'offre même le luxe de déambuler lentement autour de moi. Il s'amuse ainsi à prolonger mon attente qu'il me sait pénible. Revenant devant moi, il me prend par les épaules et me relève. Se redresser en gardant la bouche ouverte sans en renverser l'abject contenu et en gardant les mains dans le dos m'oblige à me cambrer à l'extrême. Il me regarde longuement avec un sourire de contentement évident, pose sa main droite sur ma joue et de son pouce referme délicatement mes lèvres.
- Je t'interdis d'avaler une goutte sans mon ordre !
La consternation qui s'abat sur moi me fait presque vaciller. J'écarquille les yeux et relève les sourcils en un mouvement d'incompréhension. Mais j'entrevoie déjà la teneur réelle de ma pénitence je vais être punie là où mon éducation pèche.
- Tu as compris ?
Il attend une réponse tout en sachant que je ne peux parler. Je hoche la tête plusieurs fois, presque grotesque. Bien sur que j'ai compris !
- Très bien… Alors ont y va !
Sans attendre, il tourne les talons et s'éloigne à travers les massifs, rejoignant le chemin d'asphalte. Je reste un moment interloquée. Je ne m'attendais vraiment pas à çà ! Sortant de ma torpeur je le rejoins rapidement après avoir tenté vainement de nettoyer mon pantalon en le frottant de mes mains.

Une fois sortie du parc son pas ralenti et je me replace à ses côtés. Cette fois il ne met plus son bras autour de mes épaules. Il est vrai que nous sommes de nouveau en publique ! Il nous faut un long moment pour rejoindre le centre du vieux Lyon. Nous ne pouvons pas, et pour cause, échanger le moindre mot mais je croise de temps à autre son regard moqueur, content de lui. Et content, il peut l'être, une punition aussi machiavélique ne peut que réjouir son auteur. Ma bouche est envahie par sa saveur. Une saveur doucement saumâtre et un peu acidulé en même temps, difficile à définir. Une texture suave qui glisse sur ma langue et que dilue ma salive. Je me rends compte que je m'habitue rapidement à ce goût et finis même par ne plus le sentir. Il ne subsiste plus que l'immense honte de marcher dans la rue les genoux tachés de terre et la bouche fermée sur le résultat d'une obscène caresse buccale consentie à mon Maître.
Je détourne la tête à chaque fois que nous croisons un badaud comme pour me protéger et cacher le rouge de mes joues. Mon malaise augmente encore lorsque nous débouchons sur la rue piétonnière principale. Elle est noire de monde et il faut que je me fraye un passage entre les touristes en baissant la tête. Je me demande s'ils peuvent deviner le lourd secret que porte la jeune fille rougissante qui les frôle ? Je fixe obstinément le sol à deux mètres de moi relevant de temps en temps la tète pour ne pas perdre Marc qui vient de se mettre à longer les vitrines s'intéressant à leur contenu plus qu'a moi. Moi, qui d'habitude adore faire du lèche vitrine, je suis à des lieux d'apprécier le ralentissement de son pas !
Il finit par s'arrêter devant une devanture de bijouterie. Il reste un moment songeur a observer les différentes parures exposées. Il me jette un coup d'œil, son regard glisse sur ma bouche et mon cou, nu. Et brusquement sans hésiter pousse la porte de l'échoppe.
Je suis catastrophée. En aucun cas je ne veux entrer. Ma tête se met à bourdonner, je suis à la limite de perdre pied, je voudrais m'évanouir et reste tétanisée devant la vitrine, les yeux dans le vague. Il ressort, d'un mouvement sûr me prend la main et me tire vers l'intérieur. Je résiste un moment traînant les pieds. Son regard se durcit et sa main écrase la mienne. Je me rends compte que suis en train de désobéir et que cela ne peut qu'aggraver ma punition… Si cela est possible ! Je me laisse entraîner et m'engouffre à sa suite dans le magasin.
Les vendeuses de bijouterie doivent toutes être comme çà ! Jeune, jolie, blonde, pas plus grande que le client, parfaitement maquillée jupe droite noire et chemisier blanc immaculé, un parfum suave et sucré et surtout un large sourire qui découvre des dents carnassières parfaitement alignées. Et moi, qui entre dans son univers sophistiqué, tirée par la main comme une gamine capricieuse, des vêtements froissé de trois jours, les cheveux en bataille, les genoux tachés de terre et d'herbe… Si je pouvais m'enfoncer sous terre, je le ferais immédiatement! Et Marc qui fanfaronne, entamant prestement une conversation enjouée avec la jolie vendeuse. Oui il cherche un bijou ! … Un collier ! … Elle lui présente plusieurs modèle en strass. Non ! Ce n'est pas ce qu'il cherche, il se tourne vers les vitrines basses, elle le suit les mains jointes. La discussion reprend ponctuée de petits rires qui accompagnent ses plaisanteries à l'emporte-pièce. Tous deux sont maintenant penchés sur une série de colliers filiformes…Ils ne portent aucune attention à moi, la blonde vendeuse est toute yeux et oreilles pour lui, elle ne me jette même pas un coup d'œil. Elle à tout de suite compris qui dirigeait et qui décidait. Comment fait-il çà ? Ce détachement absolu qui fait que j'ai l'impression de ne plus exister ? De devenir une simple spectatrice de ma vie. Comment fait-il pour être capable en un éclair de m'oublier totalement comme si je n'avais jamais existée, et, tout aussi rapidement, me faire renaître d'un simple regard ? Enfin ils se relèvent, il a trouvé ce qu'il cherchait. Il se tourne vers moi, il tient entre ses mains un large ruban de velours rehaussé d'un cœur de brillant. Un kitsch à n'en plus pouvoir ! Une humiliation de plus ! Il s'approche et le noue autour de mon cou. Il se recule et interpelle la vendeuse.
- Charmant… n'est ce pas ?
- Il lui va très bien.
Répond la vendeuse d'une voix fluette tout en me détaillant de la tête aux pieds. Elle semble découvrir mes genoux tachés, elle fronce les sourcils et me lance un regard interrogateur mais elle n'ose aller plus loin dans son examen.
- Il te va très bien !
Il me contemple un moment esquisse un sourire et reprend.
- Tu aimes ?
Il s'adresse à moi, tout en sachant pertinemment que je ne peux ouvrir la bouche. Il ne m'a pas tendu un miroir, il ne m'a pas entraîné devant cette psyché qui trône dans un coin de l'échoppe. C'est la blonde qui se propose mais il l'arrête d'un geste.
- Alors… Tu aimes ?
Il attend une réponse et… Et brusquement je comprends, ou crois comprendre, le sens de sa question. Bien sur ce n'est pas à propos du collier qu'il demande mon avis. Il a un goût suffisant pour juger par lui-même. Non! Ce qu'il me demande c'est si j'aime cette situation ! Ce qu'il me demande c'est si j'aime mon état de soumise exhibée à une vanille la bouche pleine de son sperme. Le sang qui rougissait mon visage reflue violemment, j'ai froid tout à coup. Le sol vacille sous moi. Il faut que je garde contenance à tout prix. Je hoche rapidement la tête et détourne le regard. L'atmosphère s'est brutalement alourdie. La vendeuse devient soudainement gauche, sans voix. Je crois qu'elle commence à se rendre compte de l'étrange relation qui nous lie sans aller, je pense, imaginer l'impensable contenu que retiennent mes lèvres !
- Je... Je vous fais un paquet ?
Marc sourit largement.
- Non merci… C'est pour consommer tout de suite !
Et voilà comment il retourne une situation ! D'une simple boutade mais qui résume tellement bien la situation. Je passe en un instant de la honte la plus profonde à une envie de rire irrépressible. Je glisse la langue entre mes dents et me la mords férocement. Je n'y tiens plus, sans me retourner et surtout sans l'assentiment de mon Maître j'ouvre rapidement la porte de verre et sort de la boutique.
Il me rejoint quelques instant après. Je me suis adossée au mur à côté de la boutique et tente de me calmer, de reprendre mon souffle par le nez.
- Tu n'es pas gentille de partir sans dire au revoir à cette charmante personne !
Il rit et se moque ouvertement. Je lui lance des yeux furibonds. Il a porté à son paroxysme mon humiliation devant cette fille. Je le hais pour cela. Mais ma colère retombe de suite lorsqu'il porte sa main à ma joue.
- Ouvre la bouche !
Je lance des regards anxieux au badauds qui circulent autour de nous. Mais à part quelques regards en coin ils ne portent pas attention à nous. J'entrouvre les lèvres découvrant leur précieux contenu. Je baisse les yeux. Mon humiliation n'aura donc pas de fin !
- C'est bien… J'ai eu peur que ton départ précipité et ton fou rire ne te fasse avaler ta pénitence.
Il referme ma bouche de son pouce et s'éloigne. Du coin de l'œil je saisis une silhouette qui s'avance en dehors de la bijouterie. C'est la vendeuse qui certainement intrigué par mon comportement n'a pu s'empêcher de sortir pour nous observer. M'a-t-elle vu ouvrir la bouche et baisser les yeux ? Nos regards se croisent, gênée, elle esquisse un sourire timide. Je ne réponds pas à son sourire et lui lance un œil noir. D'un coup de rein arrogant je me décolle du mur auquel je suis adossé et d'un pas décidé sans me retourner, je rejoins mon Maître…

10 juin 2007

Chap. 11 - La cave de Kristale.

Voici plus de deux heures que nous roulons. Nous avons quitté l'autoroute à Lodève et filons vers l'ouest à travers un paysage magnifique qui entretient ma rêverie. Nous nous élevons peu à peu. La route est de plus en plus sinueuse.
Peu après notre départ il m'a désigné la boite à gants. J'y ai retrouvé mon collier de servitude et s'y ajoutaient deux bracelets de la même facture, de cuir et d'acier. Je les ai mis et j'ai changé mon mince collier d'apparat pour le lourd joug de cuir. Nous roulons maintenant sur un chemin de terre. Nous arrivons et stoppons enfin devant une superbe bâtisse de pierres et d'ardoises perchée sur un coteau ensoleillé. Toute la vallée de l'Orb se déploie à nos pieds. Il sort du véhicule et s'engage sur l'escalier qui mène au perron de l'entrée. Je le suis à un mètre derrière. Il sonne au carillon. Après quelque instant la lourde porte de chêne à deux battants s'entrouvre. Mon sang se glace. L'hôtesse qui nous accueille… C'est Kristale.
Kristale toujours aussi hautaine fière et, … Magnifiquement belle.
Il est pressé. Il doit repartir immédiatement. Il se tourne vers moi dans le hall de l'entrée, j'ai pris la position de soumission et d'attente destinée aux yeux des vanilles. Il me prend le visage entre ses mains.
- Je te laisse avec Kristale... Tu lui obéiras comme tu m'obéis… Je lui laisse mes devoirs et mes pouvoirs sur toi.
Je me sens mollir, une tristesse indicible m'envahit. L'expérience que j'ai eue avec Kristale n'est pas pour me rassurer. Il se penche à mon oreille et murmure.
- Je reviens ce soir. Fait que je n'ai pas à rougir de toi.
Il dépose un baiser sur mon front.
- Prends soin d'elle! Dit il. En s'adressant à Kristale.
Sans attendre de réponse il tourne les talons et referme la porte sur lui. Le crissement des pneus sur le gravier m'annonce son départ. Dans le silence qui suit je me sens abandonnée, vulnérable. Je frissonne et jette des regards par en dessous à la blonde nordique. Elle tourne autour de moi, m'observe, s'arrête derrière moi. Je ne la vois plus.
- A poil !
Cela m'a atteint comme un coup de fouet. Je sursaute. Son ton est péremptoire sans contestation possible. Je me rappelle ce qu'il vient de me dire en partant. Surtout ne pas le décevoir. Je commence à me déshabiller lentement.
- Plus vite petite gourde !
Son accent hollandais me met mal à l'aise. Mais je me presse. Je suis bientôt nue, debout sur le froid carrelage de l'entrée, mes vêtements éparpillés sur le sol. J'ai gardé le collier et les bracelets et repris cette fois la position de soumission adéquate. Kristale est loin d'être une vanille !
- Allons suis moi !
Elle me précède m'introduisant dans un salon attenant à l'entrée. Une pièce arrangée avec goût. Un parquet ciré, des meubles de style. Je remarque au mur une peinture et une série de sanguines signées de lui. Dans la cheminée de pierre crépite doucement un feu de sarments de vigne. Elle prend place sur une banquette de velours rouge et désigne un tapis sur le sol devant elle.
- A genoux !
Sa voie est plus douce. Je suis maintenant coutumière de cette exigence et je m'exécute.
- Ecarte plus les cuisses que je te vois bien.
Je rougis et m'écartèle le plus possible entrouvrant ainsi la fente de mon ventre.
- Alors, Il paraît que tu suces bien ?
Je me sens rougir violemment. La crudité de son langage me choque. Cela m'offense, mais je la soupçonne de le faire exprès. Il est des violences verbales qui humilient bien plus qu'une contrainte physique.
- Oui,... - Continue-t-elle-  ...Je te vois bien avec une bite dans la bouche… raconte-moi ça. Et n'oublie rien, j'en sais déjà beaucoup. Marc m'a raconté.
D'une voix timide je lui raconte le début de mon dressage. Elle veut tout savoir dans les moindres détails et visiblement se délecte de ma confusion dans les scènes les plus difficiles à avouer. Elle m'interrompt souvent pour me faire préciser les situations les plus scabreuses. L'évocation de tout ce qu'il m'a fait subir m'excite à mon corps défendant. Plus je raconte plus je prends de l'assurance. Longuement je conte l'histoire qui m'a amenée devant elle à genoux, nue, un collier de servitude au cou et soumise à ses exigences.
Un long silence termine mon récit.
- C'est bien - dit-elle - Et cela t'excite ? …Est-ce que tu mouilles là ?
Je suis bien obliger d'admettre que oui. Forcée de raconter des choses aussi intimes à une inconnue m'a liquéfiée.
Elle se lève du sofa.
- Relève-toi !
- Penche-toi en avant, appuies-toi sur la table et écarte bien les jambes.
Je m'exécute. Immédiatement deux doigts s'introduisent rudement en moi. Ils progressent facilement tellement je suis trempée. L'examen est minutieux et se prolonge sans ménagement.
- En effet tu mouilles comme une vraie salope ! S'exclame-t-elle.
L'insulte me cingle. Encore ce langage qui contraste tellement avec son allure sophistiquée ! Un langage ordurier qui m'abaisse encore plus que cet examen intime. Elle finit par se retirer. Me donnant l'ordre de garder la position elle sort de la pièce. Elle revient quelques instants après avec une longue chaîne de fer. Me redresse et attache un maillon à vis à l'anneau de mon collier de cuir.
Elle tire sur la chaîne et m'oblige à la suivre. Nous retraversons le hall d'entrée et sortons sur le perron. Dehors le vent frais me fait frissonner et calme vite mon excitation résiduelle. Elle ne s'arrête pas là. Elle descend les escaliers et sans ralentir me traîne vers l'arrière de la maison. Mes pieds nus s'écorchent sur les pierres et l'herbe sèche, cela m'oblige à prendre une démarche ridicule pour réduire le contact des arêtes vives sur la plante de mes pieds. Nous arrivons devant une petite porte de chêne barrée d'acier. Elle tire de sa poche une imposante clef de fer et ouvre la serrure. Nous pénétrons à l'intérieur.
Au début je ne vois rien. Kristale allume la lumière. Nous sommes dans une cave voûtée. Je reconnais là l'ambiance que mon Maître crée autour de ses modèles. Des anneaux fixés aux murs, des chaînes, des poulies, des manilles. Une table massive à laquelle sont fixés des anneaux noirs, des candélabres de cuivre portant des cierges blancs. Nous traversons la pièce dallée de granit. A mon grand étonnement sous mes pieds nus le sol émet une douce chaleur. Nous nous dirigeons vers une autre porte qui nous fait passer dans une salle plus petite, une cellule. Là, contre le mur de pierre, une large planche inclinée sur laquelle sont fixé de solides anneaux.


Sans un mot Kristale m'adosse à la table de chêne, ramène mes poignets au-dessus de ma tête et entreprend d'attacher les bracelets qui les ornent à l'aide de manilles. Elle laisse pendre la lourde chaîne de mon cou entre mes jambes. Satisfaite de son ouvrage. Elle passe un moment à me contempler.
- Reste sage petite, je reviens te chercher dès que ton maître est là.
Sur ce, elle me prend le visage à deux mains et tente de m'embrasser sur la bouche. Dans un réflexe je détourne la tête. Réflexe que je regrette aussitôt. Je m'attends à recevoir une punition, une gifle tout au moins. Mais rien ne se passe. Kristale a reculé d'un pas. Son visage s'est durci. Elle se prend le menton dans la main, réfléchit et a un petit sourire comme sous le coup d'une inspiration intérieure. Elle sort alors brutalement de la pièce et referme vivement la porte sur moi, sans un mot. J'entends ses pas furieux qui résonnent dans la grande salle. La lumière s'éteint et la lourde serrure de la grande porte se clenche dans un bruit sinistre.
Le silence et la nuit m'enveloppent. Un moment de peur que je contrôle vite. Je resserre les jambes sur la chaîne qui pend de mon cou. Je teste les liens de mes poignets. Ils sont solidement fixés, je ne peux faire que de faibles mouvements. Le temps s'immobilise. Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit. Il fait bon dans cette cellule, je n'ai pas froid. Je m'interroge sur l'opportunité de chauffer une cave, même si celle-ci est apparemment souvent visitée. Lentement je me laisse aller à l'indolence, je m'assoupis à demi allongée sur cette table.
Combien de temps s'est écoulé ! Je ne saurais le dire ! Le bruit sourd de la porte de la grande salle qui s'ouvre me tire de ma torpeur. La lumière m'éblouit. Des voix résonnent dans la salle voûtée la voix de Kristale et une voix d'homme. Ce n'est pas Sa voix. Je frissonne. Une troisième voix intervient dans la discussion assourdie, une voix d'homme elle aussi plus grave plus profonde. Deux hommes inconnus, mon sang se glace. Mon cœur bat à grands coups. Et ce que je redoute se passe. La clef tourne dans la serrure de ma petite cellule. Kristale entre la première suivie de deux hommes. Je me hisse sur la pointe des pieds et me plaque contre la table de bois comme un animal acculé à un mur et qui cherche à fuir. Ils sont âgés d'une quarantaine d'années environ, L'un est en costume de ville les cheveux grisonnant. L'autre plus rustique en jean maculé de taches et chemise à rayures Les cheveux bruns, des lunettes en écaille.
Un sifflement d'admiration.
- Eh bien, il ne s'embête pas l'artiste ! Il a le chic pour dégoter de jolis petits lots. Regarde-moi çà Jean ! ...
Jean a un rire nerveux et ses yeux s'allument.
Je suis morte de honte, ma nudité sous leur regard. Kristale sourit et s'adosse au chambranle de la porte en croisant les bras.
- On peut toucher ?
Dit Jean en me désignant et en regardant Kristale.
Elle a un petit haussement d'épaule et une moue d'approbation. Je me recroqueville encore un peu plus, je ne pourrais leur échapper. Leurs mains se posent sur moi. Elles sont froides, je me raidis et proteste en gémissant. Je ne veux pas qu'ils me touchent. Je ferme les yeux pour ne plus les voir et esquisse de faibles mouvements pour tenter d'échapper à leurs attouchements. En vain bien sûr !
- Bon sang, elle est chaude cette gamine !
C'est le plus âgé qui a parlé. Ses mains s'emparent sans ménagement de ma poitrine et titille mes tétons qui durcissent malgré moi sous la caresse. Les étreintes se font plus précises passent sur mon ventre, mes fesses qu'ils soulèvent de la table pour mieux les palper, mes cuisses que je contracte un peu plus. Les deux hommes explorent toutes les parties de mon corps. Leurs bouches se posent sur ma peau, Ils me dégoûtent, leurs mains sur moi m'écœurent. Je me tords pour tenter de leur échapper, ça les fait rire. Leurs rires gras même me répugnent.
- Ecarte-lui les jambes Jean. Dit le plus âgé.
Je gémis un "Non" étouffé et verrouille mes cuisses. Je n'ai pas à leur obéir et je ne veux pas leur faciliter la tâche, je lutte pour retarder l'inéluctable. Les moqueries redoublent. Il s'adresse directement a moi.
- Il paraît que tu es moins farouche avec ton artiste. Allez laisse nous en profiter un peu. Tu vas aimer… Tu vas voir.
Je me crispe encore plus, mais la lutte est inégale Ensemble ils s'évertuent à déverrouiller mes cuisses. Ils deviennent brutaux, rougissent sous l'effort et l'excitation. Je fatigue et ils profitent d'un moment de relâchement pour m'écarter brutalement. Jean se place entre mes cuisses pour empêcher que je les referme.
Je ne me contiens plus je hurle un "Non" de dépit et de révolte. Mais cela ne les arrête pas. Une main se glisse entre mes jambes et un doigt me pénètre profondément bientôt suivi d'un deuxième. Il est en moi et il me fouille sans douceur. Il rit, content de sa victoire.
- Non seulement elle est chaude mais elle bien humide ta pensionnaire Kristale.
Il se tourne vers elle tout en continuant à me pénétrer de ses doigts. Pendant que Jean embrasse ma poitrine, sa langue moite parcours mes mamelons dressés.
- Tu nous laisses seuls avec elle quelque moment ? On va lui apprendre la vie ? Qu'en dis-tu ?
C'est atroce je vais me faire forcer, violer. Et ici le save-word ne m'est d'aucune utilité. Pire je me rends compte que si je le prononce ici cela passera pour un consentement. Je perçois tout le machiavélisme de mon maître dans le choix de ce mot de sauvegarde qui peut se retourner contre moi s'il n'est pas là.
Mes plaintes redoublent et je rue violemment pour me dégager. De sa main libre l'homme me bâillonne et s'enfonce encore plus profondément en moi. Il attend une réponse de Kristale.
Elle se prend le menton et réfléchit quelques instants.
- Cela vous plairait ? Dit-elle d'un ton ironique tout en me regardant.
- Je mettrais bien cette jeunesse à mon menu tout de suite dit-il en riant.
- Pas vrai Jean ?
Jean qui est moins bavard hoche vigoureusement la tête et se tourne vers Kristale. Elle reprend sa réflexion. Pendant ce temps l'homme continue à fouiller mon intimité. Je redouble de protestations étouffées.
- Désolé Messieurs… Je ne peux pas. Elle n'est pas à moi. Il me l'a juste confiée. D'ailleurs il vous faut partir maintenant.
Les deux compères semblent dépités. Jean a un soupir de déception. Ils me caressent encore quelques instants et me relâchent à regret. L'autre homme se retire de moi et essuie sa main trempée sur mon ventre.
- Dommage je commençais à m'amuser. J'espère que ce n'est que partie remise !
Kristale ouvre la porte de la cellule et invite les deux hommes à sortir ce qu'ils font à contre-cœur en me couvant d'un dernier regard. Jean s'apprête à quitter la cellule puis se ravise. Il attend que Kristale et son hôte s'éloignent et revient vers moi en surveillant la porte. Il glisse une main entre mes cuisses. Il veut lui aussi me pénétrer de ses doigts. Il veut sa part. Je me contracte mais il est plus fort et le passage lubrifié par les précédentes caresses lui facilite la tâche. Rapidement il engouffre en moi deux doigts qui s'enfoncent sans peine. Je ne proteste pas. Je suis exténuée et renonce à lutter. Il s'introduit au plus profond de mon ventre et en retire ses doigts mouillés. En me regardant, il les porte à son visage, les hume pour se délecter de mon parfum et les porte à sa bouche pour en apprécier le goût. Il sourit, me fait un clin d'œil et enfin tourne les talons rejoindre les autres. La lourde porte se referme.
Seule, en état de choc, je ne peux m'empêcher de retenir mes larmes. Je pleure sans retenue cela me fait du bien et décharge la tension extrême qui tétanise mon corps tourmenté. Comme j'aimerais qu'il soit là ! Qu'il m'apaise, me prenne dans ses bras me dise que tout est fini. Pourtant cette épreuve, il l'a certainement voulue ? Je dois l'accepter comme j'ai accepté d'être entièrement à lui. Jamais je n'aurais cru que cela puisse être aussi difficile. Je suis loin, très loin, de mes fantasmes d'adolescente. Le collier que je porte au cou me rappelle mes devoirs et je me calme peu à peu.
La lumière est restée allumée. Et il ne faut pas longtemps pour que Kristale revienne. Elle a congédié les hommes et vient se délecter des résultats de sa petite vengeance. Elle revient vers moi, essuie mes larmes de ses doigts, prend mon visage entre ses mains et s'avance. Cette fois je ne me détourne pas. Nos lèvres se joignent. Sa langue s'introduit dans ma bouche et cherche la mienne. Je ne réponds pas au baiser. Je me suis figée dans mon refus Elle insiste et sa langue vagabonde, furète et s'enfonce plus profondément. Elle a un goût d'anis, sa salive mouille abondamment mes lèvres. Devant mon absence de réaction et de mon dégoût visible elle se retire. Elle me fixe de ses yeux bleus et a une petite moue amusée.
- C'est la première fois qu'une femme t'embrasse ?
Je ne réponds pas. Je baisse les yeux. Ma confusion parle pour moi. Kristale part dans un éclat de rire et pose une main sur mon épaule.
- Eh bien tu as encore beaucoup à apprendre !
Et aussi vivement qu'elle est entrée, sort en claquant la porte derrière elle. La lumière s'éteint me laissant dans le noir.
Le temps s'arrête encore une fois. Une éternité s'écoule avant que de nouveau la lumière s'allume. La porte s'ouvre. Eblouie, je distingue une silhouette qui passe la porte. C'est lui ! Enfin ! Mon cœur s'emballe. Un soulagement indicible me gagne. Sans un mot sans me regarder, il me détache de la table de bois, se saisit de la chaîne et me tire vers la sortie. Je suis ankylosée, je trébuche un peu et manque de tomber. Il me rattrape in extremis. Entre ses bras je craque, des sanglots incoercibles me secouent.
- Ils,... Ils,... Ils m'ont…
Je ne peux terminer ma phrase, l'émotion m'étrangle. Il me caresse les cheveux et murmure à mon oreille.
- Je sais,... Soit forte !
Sa voix tremble. C'est à peine perceptible mais j'ai perçu son trouble et mon cœur s'emballe sous l'émotion. Est-il possible qu'il soit ému ? Qu'il ait eu peur pour moi ? Qu'il partage mon désarroi ? Cette idée me galvanise, je reprends de l'assurance. Je me redresse et sèche mes larmes. Je reprends la pose jambes écartées mains dans le dos et tête baissée. Je lui signale ainsi que je suis prête. Comme un soldat au garde à vous prêt à obéir aux ordres quoiqu'il en coûte !
Il m'embrasse sur le front.
- Bravo, … Je suis fier de toi.
Sa voix a retrouvé son assurance.
Il me tire au dehors de ma cellule …

8 juin 2007

Chap. 10 - L'orage.

Nous hâtons le pas. Le temps vient brusquement de changer, les arbres frissonnent lugubrement, de gros nuages sombres roulent au-dessus de nos têtes. Nous sommes partis tôt l'après-midi faire des prises de vue dans une forêt de frênes sur les flancs de l'Aubrac. Une forêt magique qui devait servir d'écrin à mon corps nu. Des arbres rugueux, et des rochers sacrificiels devaient recevoir ma chair soumise en offrande. La météo en a décidé autrement. Partis sous un ciel bleu nous voici maintenant courant presque sous les cieux noirs. La pluie commence à tomber quand nous atteignions la voiture. Il était temps. Alors que nous nous précipitons à l'intérieur dans un éclat de rire, de grosses gouttes commencent à frapper le sol. Les impacts se font de plus en plus fort, bientôt un torrent effrayant déferle sur le pare-brise. Contact… Impossible de partir, aucune visibilité, il nous faut prendre notre mal en patience. Il laisse tourner le moteur et une douce chaleur m'enveloppe. Pendant de longues minutes presque religieusement nous écoutons le tambourinement de la pluie sur la tôle. Me tirant de ma rêverie il se tourne vers moi.
- Déshabille-toi !
La voiture est garée sur un accotement en lisière de bois. Il n'y a personne et je me doute qu'avec ce déluge nul ne surgira à l'improviste. Je ne peux m'empêcher toutefois de jeter un coup d'œil à l'extérieur. Tout est noyé dans une vapeur grise, je distingue à peine les arbres proches agités furieusement par le vent. L'eau qui s'écoule sur le véhicule dépolit les vitres.
J'ôte rapidement ma veste et mon tee-shirt et me déchausse dans un même temps sans délacer. Baisser et enlever mon jean serré dans cet étroit habitacle est plus malaisé, je me tortille, me trémousse et finis par le faire tomber à mes pieds. L'atmosphère est surréaliste. Me voici nue, les mains dans le dos les jambes et les lèvres légèrement écartée assise à coté d'un homme dans un véhicule immobilisé par la tourmente. Et toujours ce bruit infernal de coups répétés. Je me sens mal à l'aise, troublée, à la merci des éléments. Ses mains ont entrepris d'explorer mon corps. Mon cœur bat la chamade. Elles glissent sur mes cuisses, mon ventre, s'attardent sur mes seins. Je tressaille sous les caresses et le froid du métal de la portière. Sa main gauche se porte à ma joue son pouce s'enfonce dans ma bouche. Je le suçote doucement, la chaleur de mon ventre augmente.
- Je veux ta bouche.
Sa voie est paisible, presque inaudible dans le tambourinement de la pluie C'est dit comme une évidence, et cela me semble évident. J'ai su ce qu'il voulait au moment même ou il a mis son pouce dans ma bouche. Bientôt il n'aura plus besoin de parler pour que je devine ses désirs. Il recule son siège et s'installe confortablement derrière le volant.
Je prends une profonde inspiration pour tenter de me détendre. D'une main tremblante, je déboutonne délicatement son pantalon. Je me place à ses genoux comme je peux. Le volant appuie sur mon dos, le levier de vitesse enfonce mes côtes et le tapis de sol irrite mes genoux. Je le tiens à pleine main et le caresse doucement. Je vais pour me pencher un peu plus lorsqu'un flash illumine le ciel et qu'un bruit assourdissant secoue le véhicule. Je sursaute, depuis toute petite j'ai peur des orages et celui-ci est particulièrement violent. Il me semble que le sol a tremblé sous mes genoux. Le crépitement de l'eau redouble. Je me mords les lèvres. Il faut que je me calme. J'ai les nerfs à fleur de peau, humiliée de devoir pour la seconde fois prodiguer cette caresse dans ces conditions, comme une simple courtisane. Mais je ne veux pas faillir.
Je passe la langue sur mes lèvres, ferme les yeux et dépose un baiser sur le gland tendu vers ma bouche. Sa main appuie sur ma tête, j'embouche la verge lentement. Cette fois je m'applique, ma langue participe et lape comme je le ferais pour une glace. Je suis encore gauche et timide mais je prends de l'assurance. Un deuxième éclair déchire l'air. Il s'enfonce un peu plus. J'entame un mouvement de va-et-vient et engouffre un peu plus du pieu de chair à chaque avancée. Il m'emplit bientôt presque entièrement. J'ai du mal a respirer. Mes lèvres sont distendues. Le souffle me manque, un léger haut le cœur me saisi lorsqu'il bute au fond de ma gorge. J'arrête ma progression. Ma langue palpite sous sa verge... Il caresse mes cheveux et ma nuque. Un autre coup de tonnerre me fait sursauter. Il appuie un peu plus sur ma nuque pour m'obliger à reprendre ma progression Je panique, je croyais ne pas pouvoir en emboucher plus sans m'étouffer. Le bâillon de chair m'empêche toute protestation, je ne peux émettre qu'un gémissement étouffé de désapprobation. La pression s'accentue et il progresse un peu plus encore en moi. Je le sens nettement au fond de ma bouche obstruant totalement ma gorge. Maladroitement je tente de régurgiter l'intrus, chassant encore plus l'air de ma poitrine. Mon gémissement se fait plainte de détresse. J'étouffe. Un spasme incontrôlé me secoue et, en un réflexe, je cherche à me relever, à m'échapper. Mais sa prise se resserre et s'affermit. Mes coups de rein relâchent tout de même un peu la pression. Je reprends une goulée d'air. Mais impitoyablement il se replonge vite au fond de ma gorge. Des larmes perlent à mes yeux Comme une noyée je cherche l'air en respirant bruyamment par le nez.
La pluie redouble et de nouveau la foudre s'abat non loin de nous. Peu à peu je me calme, je cesse de me débattre en vain. Je ne peux lutter, il me faut me soumettre et composer. J'apprends à économiser mon souffle qui devient plus long et plus profond. Je découvre l'art de garder un homme au plus profond de ma bouche sans suffoquer et sans haut-le-cœur. La pression de ses mains se relâche, les caresses reprennent sur ma nuque, il me flatte comme on flatte une pouliche rétive. Une larme coule sur ma joue. Il me laisse enfin un moment de répit où je sens son sexe palpiter contre mon palais. Après avoir apprécié la situation et me laissé reprendre mon calme, ses mains commencent à imprimer à ma tête un ample balancement. Le piston de chair huilé par ma salive commence un profond va-et-vient dans le fourreau de ma bouche. Tantôt au bord de mes lèvres tantôt au fond de ma gorge en une cadence de plus en plus rapide Je me laisse guider, me fait accueillante, j'arrondis mes lèvres pour faciliter sa course. Je gémis lorsqu'il bute trop violemment au fond. L'orage rythme nos ébats. Je perds la notion du temps cela semble ne pas finir. Quand enfin, lors d'un grondement de tonnerre ma bouche est envahie par une liqueur épaisse qui jaillit contre mon palais et coule sur ma langue ! Cette fois je me contiens, j'attends immobile la fin de son épanchement. Plusieurs jets saccadés inondent mes joues et s'écoulent vers ma gorge. Je retiens la liqueur salée malgré mon aversion.
Son plaisir pris, il me repousse lentement sur mon siège tout en me caressant. Je ferme les yeux de honte et de pudeur. Il sait ce que je cache, j'ai encore le résultat de sa jouissance dans ma bouche. Je tourne la tête vers l'extérieur. Il se permet le temps de prendre une photographie avec son portable puis il pose une main sur ma joue et passe son pouce sur mes lèvres que je garde obstinément closes.
- Regarde-moi.
J'entrouvre les yeux. Il me fixe, comme à son accoutumée.
- Avale !
De nouveau je détourne mon visage et mon regard se perd dans la pluie. Je ne veux pas qu'il me contemple faire ça. J'ai honte. De sa main il ramène ma tête et nos regards se rencontrent de nouveau.
- Avale, … C'est un ordre !
Il n'avait pas besoin de le rajouter, bien sûr que c'est un ordre ! Je prends une inspiration par le nez pour me donner du courage et réprimant une nausée je déglutis péniblement tout en le regardant au fond des yeux.

Toutes les femmes cachent quelque chose. Sombres malheurs ou bonheurs lumineux enfouis au plus profond d'elle-même. Que peut cacher une image que nous renvoyons chaque jour à notre entourage ? Sourire de mise, masque de composition destiné à l'entourage. Que cache cette jeune femme nue les yeux perdus sur l'horizon?… Que cache cette image romantique, douce et calme ? … Sa bouche en connaît la saveur !

7 juin 2007

Chap. 9 - Palimpseste.

Je ne pensais pas participer à la création d'une œuvre d'art de cette manière. Sur la table de l'atelier une feuille de papier vélin épaisse, couverte d'une écriture élégante à la plume et à l'encre bleue. Un long texte qu'il a refusé que je lise. Au milieu de la pièce un cylindre recouvert de velours. Comme lors de toutes les séances je suis nue et j'attends ! Il s'affaire en silence à de mystérieuses tâches. Disposant avec soins les appareilles de prise de vue. Il se saisit de la grande feuille manuscrite et la place délicatement sur le cylindre. Il revient vers moi muni d'une corde de chanvre il me lie fermement les mains dans le dos. Et, me prenant par les épaules me conduit près du curieux assemblage. Sa main passe délicatement sur mon visage. D'un pouce il ouvre un peu plus ma bouche en caressant mes lèvres. Satisfait, il glisse sur mes seins, butinant doucement mes tétons qui se durcissent sous le doux effleurement. Mes hanches, puis mon ventre reçoivent ses hommages. D'un doigt agile il découvre mon clitoris caché dans les doux replis de ma rose et le caresse longuement déclenchant une vague humide et chaude de mon ventre. Je me laisse aller,... J'aime çà. Une fois mise en condition il appuie sur mes épaules et me force m'agenouiller à califourchon sur la feuille de papier. Mes jambes s'écartent de façon à ce que mon sexe entre en contact avec le papier. Ses mains se livrent ensuite a une sarabande de caresse. Tout mon corps est parcouru. Mes parties les plus intimes explorées, entrouvertes, palpées. Le plaisir monte. Je sens le papier se mouiller peu à peu entre mes jambes. De temps en temps un doigt délicat vient vérifier l'imprégnation du vélin et en profite pour une caresse plus profonde.
D'une main ferme appuyée sur ma nuque, il me penche vers l'avant et c'est sans difficulté que ses doigts s'enfoncent dans ma douce moiteur, en ressortent trempés. Ils s'égarent, tourne autour de mon anus. Cet effleurement particulier provoque en moi une intense vibration et un effroi retenu. Je ne peux contenir un petit gémissement et une crispation. Mais il ne s'en souci pas et raffermit sa prise sur ma nuque pour parer à un sursaut plus violent. Prolongeant sa caresse une phalange appuie fermement sur la rosette, l'écarte et se fraye un passage dans l'étroit orifice, s'enfonçant à demi. Cette fois je cris. C'est à la fois un cri de surprise feinte, de honte, et de réprobation. Ma plainte se prolonge dans un "Non" suppliant. Ma respiration s'emballe, une tempête de feu crépite dans mon ventre. Je voudrais échapper à l'ignoble étreinte et en même temps je me tords et gémis d'un plaisir latent. Une attitude contradictoire qu'il a bien perçue. La phalange entame un petit mouvement circulaire et puis se retire, abandonne ce chemin interdit et regagne mon ventre maintenant largement ouvert d'où s'écoule un flot de liqueur de Cyprine, témoignage de ma veule excitation. Pendant de longues minutes il va s'évertuer par ses caresses à me conduire aux limites du plaisir se rétractant dès que je commence à perdre pieds. Je deviens une poupée de chiffon gémissante entre ses mains.

Satisfait de mon état il finit par me faire redresser. Il ôte la feuille de papier d'entre mes cuisses. La fine et délicate écriture est brouillée par mon écume intime. Il enlève aussi le tube sur lequel j'étais à califourchon et sans attendre replace la feuille à terre sur le velours, devant moi. Il me courbe en appuyant sur ma nuque me fait basculer. C'est maintenant mon visage qui est en contact avec le précieux parchemin je sens contre ma joue l'humidité et l'odeur fade de mon ventre qui imprègne le papier. Ma position est des plus indécente. Le visage maintenu à terre, les fesses dressées, les mains liées dans le dos et les cuisses écartées. Les audacieuses caresses reprennent. Je ferme les yeux, me laisse dériver, mon corps ne m'appartient plus. Mon âme part à la dérive, cerf volant dirigé par ses mains habiles maniant adroitement la tension et le relâchement de ce lien tenu qui me rattache encore à la terre... C'est sans surprise et avec une profonde sérénité que je l'ai senti s'enfoncer en moi presque avec retenu comme pour ne pas me sortir de ma langueur. J'ai cambrer les reins me suis ouverte tandis que ses mains se posaient sur mes hanches. Je l'ai accueilli avec une joie indicible, un "Oui" soufflé sur le papier.

La feuille de papier qui a recueilli mes émois est défroissée, passée sous presse, fixée et enfin présentée dans un cadre de verre et d'or. L'œuvre me fait penser à ce drap que l'on exposait jadis le lendemain des nuits de noces et prouvait la virginité de la mariée. A chaque fois que je la contemple, je ne peux que me remémorer sa folle réalisation. Le texte à l'encre bleue est brouillé par l'humidité de mon ventre, de ma salive et mes larmes de joie. On distingue par moment des fragments de ligne encore lisibles. Mais le plus important ici, ce n'est pas ce qui est écrit.

 

1 juin 2007

Chap. 7 - La tasse.

Lorsque je pénètre dans l'atelier, il est vide. La musique de fond et l'odeur de café frais qui flotte dans l'air m'indique qu'il s'est absenté. Il ne va pas tarder à revenir. Je m'apprête à le recevoir. Seule, je me déshabille et mets la parure qui m'attend. Nue, parée de mon collier de servitude je gagne le centre de la pièce. Je vais pour m'agenouiller lorsqu'Il apparaît.
- Reste debout !  Me dit-il en gagnant d'un pas rapide la cafetière.
Il se verse une tasse de café sans m'en proposer une. Je reste donc debout et prends la pose de soumission appropriée. La tasse à la main il s'approche de moi, me contourne. Ses doigts effleurent mes fesses encore marquées de la séance d'hier. Il les examine en se baissant et paraît satisfait.
- Cela va vite disparaître ! ...
- …Tu étais très belle hier, nue, sur ton cheval, … Très excitante.
- Merci Monsieur.
- Tu m'as donné envie de toi…
Une boule de chaleur se forme dans mon ventre.
… Comme promis, je vais prendre ta bouche !
Il dit çà d'un ton calme sans passion comme si c'était une évidence une chose de tout à fait normale, un dû. Il me l'avait promis effectivement lors de ma deuxième faute. Ma première faute je l'ai payé hier. Un vent de panique me submerge. Jamais je n'avais pratiqué ce genre de caresse et surtout je m'y refusais absolument décevant mes premiers amants.
- Tu as compris ce que je viens de dire ?

De sa main Il me relève le menton et de son pouce il entrouvre un peu plus ma bouche en appuyant sur ma lèvre inférieure.
Je détourne mon regard et réponds d'une voix étranglée.
- Oui Maître, … j'ai compris.
- Et qu'as-tu compris exactement ?
Il joue avec moi. Il sait par nos conversations que ma bouche est vierge, ainsi que mes reins d'ailleurs. Jamais je n'ai accueilli d'homme dans ces orifices peu naturels.
- Vous,... Vous, … je rougis violemment et d'une traite je lâche.
- Vous allez prendre ma bouche comme on prend un sexe.
Je n'ai rien trouver de mieux comme description. Mon inexpérience révélée augmente la rougeur de mes joues.
- Oui, … En fait… Ce n'est pas moi qui vais la prendre. C'est toi qui va me l'offrir. C'est toi qui va me faire ce cadeau,... N'est ce pas ?
- Oui Monsieur,... Avec,... Avec joie !
En fait de joie c'est plutôt de l'appréhension. Mais je dois le flatter peut-être renoncera-t-il devant ma mine défaite et la peur évidente qui fait trembler ma voix.
De ses mains agiles Il coiffe et ramène mes cheveux sur la tête. A l'aide d'un cordon tiré de sa poche il les noue en une queue de cheval me libérant la nuque et le visage. Il se penche à mon oreille et murmure doucement.
- En chienne !
Je déglutis péniblement je lui jette un regard de chien battu pour tenter de l'amadouer… En vain. Lentement comme pour retarder l'échéance je me mets à quatre pattes sur le sol. Il s'éloigne se verse une énième tasse de café et se cale confortablement dans le canapé de cuir les jambes légèrement écartées.
- Vient là. Dit-il d'un ton autoritaire.
J'esquisse l'intention de me redresser pour le rejoindre. Je suis arrêtée net dans mon élan.
- NON ! ,… A quatre pattes !
Bien sur, suis-je gourde, j'aurais du le faire de moi-même sans que l'on me rappelle à l'ordre. Me voici traversant l'atelier, nue, à quatre pattes, me dirigeant vers lui, vers son entrejambe ou m'attend ce que je considère alors comme un suprême humiliation. J'atteins le sofa et je me place face à lui me redressant et prenant appuis sur ses genoux, croyant bien faire.
- Reste à quatre pattes. Sa voix s'est adoucie.
Je me remets à quatre pattes. Me voici le visage face à sa braguette. Il se redresse et tout en se calant au fond du canapé remet la tasse de café dans sa coupe qu'il pose délicatement au beau milieu de mon dos à la naissance de mes fesses. Me voici table basse, cela ajoute un peu plus à ma honte. Je ne peux faire de mouvement brusque sans la faire tomber ce qui, je n'en doute pas, provoquera son courroux. Tirant un bandeau de velours noir de sa poche il me l'applique sur les yeux le nouant fermement derrière la tête. Je perçois la douce chaleur de la tasse sur mes reins.
- Ouvre mon pantalon. Sa voix est calme mais ferme.
Me voici de nouveau confronté à mes démons. Tout mon être refuse ce que je vais faire et pourtant comme un automate, la raison abolie, je m'exécute. En tâtonnant, je dégrafe maladroitement un à un les boutons récalcitrants. La tasse vibre dans sa coupelle. Je fouille d'une main tremblante dans les sous-vêtements. J'ai un moment d'arrêt lorsqu'elle rencontre le bâton de chair. Je baisse la tête et étouffe un soupir. Il est encore temps de revenir en arrière de refuser l'innommable caresse. Il n'a pas le droit d'exiger çà de moi, c'est trop dégradant. Bien sur, je l'avais déjà fait, … En fantasme. Mais ce n'étaient que des fantasmes d'adolescente de ceux qui peuple mes songes et qu'on rêve de réaliser pour faire bisquer les copines lorsqu'on leur racontera. Mais là, c'est la réalité qui me rattrape. Je suis confronté à un homme dans la force de l'âge qui est en droit de tout attendre et surtout pas des atermoiements de gamine.
Sa voix me tire de ma réflexion.
- Ne t'arrête pas.
Bien sur que je ne vais pas m'arrêter. Comment faire autrement je ne me vois pas fuir, je ne peux plus faire demi-tour ! Je tire délicatement la verge hors de son écrin de coton. Une chaude odeur de musc mêlée de savon me parvient. Dans ma main le bâton s'affermit, grossit. Les yeux bandés je ne peux que le deviner à tâtons, mon autre main vient à mon secours. Quand elle rencontre le gland je la retire comme si je mettais brûlée ! Il a saisi mon mouvement de recul et semble s'en amuser.
- Embrasse-le.
Sa voix est calme, posée, impérative. Il me dirige comme il dirigerait une élève, imperturbable. Je me penche un peu plus vers l'avant. Ma bouche rencontre et effleure le gland. Je m'humecte les lèvres sèches d'émotion et dépose un baiser délicat sur l'objet de mon humiliation. C'est doux et lisse comme l'ivoire et je dois le dire maintenant agréable au contact. Mais il veut plus qu'un simple baiser.
- Un vrai baisé, avec la langue.
J'entrouvre la bouche que je pose sur le sommet du gland le lissant avec ma langue mimant un timide baisé. Je me sens un peu stupide de pas savoir. Il me laisse faire quelques instant puis d'une main leste appuie sur ma nuque. Je n'ai pas vu venir le geste, projetée vers l'avant j'embouche à demi l'objet de mes caresses. Surprise, je rejette la tête en arrière. La tasse de café tremble sur mon dos. Mais il insiste, sa main appui fermement sur ma nuque. Je ferme les yeux et suis le mouvement qu'il m'imprime, le premier outrage a été à demi consommé plus rien n'empêche d'aller plus loin. J'ouvre largement la bouche et lentement j'engloutis la sphère polie. Mes lèvres s'arrondissent autour de la colonne de chair qui durcit un peu plus. La pression s'accentue le gland se fraye un passage sur ma langue vers le fond de ma gorge. Je panique un peu J'ai du mal à respirer et un haut le cœur me gagne. Je ne peux m'empêcher d'émettre un gémissement de détresse étouffé. La pression sur ma nuque diminue, j'en profite pour repousser un peu du sexe qui empli ma bouche. Une nouvelle pression me force à engouffrer ce que j'avais lâcher. De nouveau le gland bute au fond de ma gorge et me suffoque. Peu à peu le mouvement devient plus ample. De sa main il rythme le va et vient à sa convenance. La cadence prise, il lâche ma nuque, mais je n'interromps pas la caresse. Avec beaucoup d'application j'offre à mon Maître l'embrassade honnie, détestée. Je prends de l'assurance et m'enhardis, je coiffe le gland de mes lèvres et ma langue parcours la colonne palpitante. Pendant ce qui me semble un siècle ma bouche n'est plus qu'un instrument de jouissance. Et je me vois à quatre pattes les jambes écartées une tasse de café sur les reins, ma bouche forcée, réduite à un objet de plaisir. Cette image intérieure provoque en moi un sentiment de honte et de sensualité mêlée. Enfin le rythme ralentit et finit par s'arrêter. Il me saisit la tète à deux mains. Je garde le gland palpitant posé sur ma langue. Il détache le bandeau qui occulte ma vue. Je ferme les yeux pour poursuivre mon songe intérieur, regagner mon refuge.
- Regarde-moi.
Sa voix est ferme et je ne peux qu'entrouvrir les yeux. De haut il me contemple en souriant et passe une main délicatement sur mon front tandis que de l'autre il parcourt des ses doigts le contour de mes lèvres distendues. Je suis morte de honte et de confusion, mes joues s'enflamment sous son regard. Il se penche sur moi pour reprendre sa tasse de café. Je tente désespérément de garder le gland dans ma bouche sans le lâcher. Il se rejette en arrière. Prenant son temps, et, savourant ostensiblement la situation, sirote un peu de café tout en me détaillant à loisir la bouche emplie de son désir. Satisfait, il repose la tasse dans sa coupelle et sur mes reins. D'une main posée sur ma tète m'oblige à reprendre le va-et-vient. Ma bouche est maintenant parfaitement lubrifiée de salive Cela me semble plus facile. Il accompagne le mouvement d'imperceptible coup de reins. Le rythme s'accélère. Pour me concentrer sur ma tache je ferme les yeux. Soudainement le mouvement s'arrête le gland gonfle et durcit un peu plus, un liquide doux et âpre envahit ma bouche, éclaboussant mon palais s'insinuant dans mes joues coulant vers ma gorge me noyant, m'étouffant. La surprise me fait sursauter violemment, je me recule, je me dégage de l'étreinte en un mouvement brusque qui fait chuter à terre la tasse et le café. Je recrache sur le sol avec écœurement la liqueur salée qui souille ma bouche toussant et raclant ma gorge pour en rejeter la moindre goutte. Je n'ose le regarder, je reste à quatre pattes la tête baissée les yeux humides reprenant mon souffle et attendant ses remontrances. Elles ne viennent pas. Il prend le temps de se réajuster. Puis il s'adresse à moi.
- Et bien, … Il va falloir que tu apprennes à garder ce qu'on t'offre. Dit-il d'une voie gouailleuse.
Je ne réponds pas, j'ai trop honte.
- Lève toi et essuie ce que tu as fait.
Je m'exécute rapidement saisis un rouleau d'essuies-tout près de la cafetière et je m'accroupis essuyant le café et le liquide opalescent qui tachent le sol. Je replace la tasse et sa coupelle à côté de la cafetière.
- Va te rhabiller c'est bon pour aujourd'hui on se revoit demain. Je te laisse le temps de réfléchir, tu devras me faire une proposition de punition. il semble contrarié.
Penaude, la tête toujours baissée.
- Oui Monsieur.
Je file vers la cabine pour me rhabiller. Lorsque je ressorts je suis sur le point de quitter l'atelier quand Je suis arrêtée net.
- Attends,... Tu n'as pas fini, … Tu oublis çà.
Il pointe de son index quelques gouttes de spermes qui tache le cuir du sofa. Je m'empare de nouveau du rouleau de papier et vais pour essuyer…
- Non, non, non ! S'exclame t il.
Je le regarde étonnée, je ne comprends pas.
- Avec ta langue.
Mon sang se fige. Mon humiliation n'est donc pas finie ? Je prends une profonde inspiration et regarde longuement le liquide blanchâtre. Lentement je m'agenouille. Mon visage s'approche du cuir noir. Je ferme les yeux et lèche lentement la surface froide recueillant les quelques gouttes salées réprimant un haut-le-cœur. Ma besogne achevée je me relève la bouche emplie de la saveur de mon Maître. Il me saisit par le menton. Mon regard se détourne, mon avilissement est insupportable. Je ne suis pas fier de moi.

 

Lorsque je quitte l'atelier je m'enfuis presque. Je me suis réfugiée dans mon meublé. Je n'ai rien pu manger ce soir là. J'ai rageusement jeté cette séance sur le papier. Au fur et à mesure que je me racontais j'ai pris conscience du plaisir ressenti à cette extrême humiliation. Et je me suis surprise à faire tourner ma langue à l'intérieur de ma bouche pour y découvrir un reste de Lui.
C'est en fin de compte avec une certaine bonne humeur que j'ai prise une autre feuille de papier et commencé à aligner les possibles pénitences qu'Il pourrait m'appliquer.

25 juin 2020

Chap. 69. La Terreur de Loreleï

Kristale se tient en appui à un grand sofa parfaitement circulaire en accord avec la pièce et qui marque le centre de ce carrefour d’une demi-douzaine de couloirs.
À ses côtés, de part et d’autre, je reconnais la formidable guerrière noire et la jolie métisse aux yeux verts pailletés d’or présentées au cocktail de bienvenue. Elles portent toutes les deux le même collier de fer brut mais cette fois la plus jeune s’est départie de sa tunique de soumission et est entièrement nue, les mains dans le dos.
Un peu en retrait se tient un jeune homme en complet gris, le teint halé des gens qui passe leur vie en pleine air, sportif, un « golden boy » plutôt bel homme, les cheveux coupés en une brosse blonde à l’allure soignée. Il baisse la tête et se tient également les mains dans le dos. Je remarque un élégant collier de cuir noir qui soutient un anneau à demi dissimulé sous le col blanc de sa chemise. Il observe avec attention mais  par en dessous, comme à contrecœur, le sofa central.
Le sofa lui, est occupé par Issa, le colosse d’ébène. Il a quitté son costume et est entièrement nu. Sa musculature puissante luit comme du jais poli. Il ne nous porte pas attention, trop occupé à honorer la bouche distendue de celle que je reconnais comme Jade, la hautaine asiatique qui nous accompagnait dans la cave de présentation.
Elle a perdu toute sa superbe et son arrogance ! Ses grands yeux d’onyx mouillé sont exorbités par l’effort et l’effroi de devoir accueillir entre ses lèvres le bélier aux dimensions hors-nature du géant noir. Issa ne se soucis pas des plaintes étouffées de la belle et tente de lui faire emboucher plus profondément encore l’imposant bélier en la saisissant par les oreilles à deux mains pour l’empêcher de refuser l’envahissante introduction, tout en lui assenant de petits coups de rein empressés. La réaction de la délicate asiate est immédiate, elle rue de tout son corps en cherchant à se dégager de l’empalement buccale tandis qu’un mugissement d’angoisse  et de protestation sort de sa poitrine. Peine perdue, l’emprise du géant est bien trop forte ! Peine perdue également pour lui de s’introduire plus avant, il est manifeste que le gosier de la belle est bien trop étroit pour aller plus avant et satisfaire le désir du géant de lui faire emboucher entièrement un invité aussi imposant. En témoignent ses joues gonflées par le comblement  outrancier de sa bouche par la monstrueuse tête du pal. De dépit l’africain lui lâche la tête et se retire dans un visqueux bruit de succion d’entre les lèvres de Jade,  laissant apparaitre  à mes yeux ébahis un gland poli aussi gros et luisant qu’un cœur d’agneau.
Machinalement je tourne ma langue dans la bouche pour en estimer les capacités. Que la jeune femme ait pu emboucher ne serait ce qu’une partie d un morceau aussi gros me laisse dubitative.
En se retirant il pivote vers nous, déniant enfin remarquer notre présence. Un large sourire de contentement marque sa satisfaction en apercevant Loreleï.
— Haha ! Voici la vierge qui va se faire déflorer par le mâle le mieux monté de la soirée !
Et, bravache, de se cambrer pour faire pointer le pal luisant de salive vers la jeune fille.
Délaissant la belle asiate qui reprends son souffle à grandes goulées d’air  et essuie ses larmes d’effort, il se redresse et s’approche de Loreleï le sexe tendu vers elle.
— Mesure ton bonheur ma petite, prends le dans tes mains !
Immédiatement Kristale traduit à la jeune batave la proposition outrancière de l’africain, sur un ton martial.
Comme pour me demander mon approbation Loreleï me lance un regard furtif, ses yeux sont brillants, fixes. Elle semble ailleurs ! Je connais cet état ! C’est celui dans lequel je me réfugie lorsque je suis poussée dans les retranchements de ma pudeur, échappant ainsi à la lutte entre le désir et la peur de ses conséquences. Mais c’est la première fois que je la constate chez la jeune fille et me demande si la dragée blanche que je l’ai forcé à ingurgiter n’est pas pour quelque chose à sa vacuité.
Loreleï tend timidement la main droite pour s’emparer par la hampe du pieu dressé vers elle. Celle-ci est si épaisse qu’elle ne peut en faire le tour entre le pouce et l’index. Sa bouche s’entrouvre et ses yeux s’écarquillent de stupéfaction en constatant le gabarit de celui qui se veut être son futur hôte.
Kristale continue à lui parler dans sa langue et sa stupéfaction se transforme en panique. Sans lâcher le vif boutoir elle cherche de nouveau refuge dans mes yeux.
— Je viens de lui dire que c’est avec çà qu’elle va se faire dépuceler !
Ricane Kristale.
A la frayeur de Lorelei réponds le rire gras du géant noir.
— Embrasse le donc, petite !
Kristale traduit encore une fois.
En état second Loreleï se penche et accole ses lèvres au globe de chair frémissante.
— Ne soit donc pas timide !
Kristale demande à sa protégée d’y mettre plus d’ardeur et de conviction.
La jeune fille s’exécute immédiatement et tente d’emboucher le pal mais, bien qu’ouvrant grand la bouche elle n’y parvient pas. Renonçant à son entreprise mais pour faire bonne mesure sa petite langue rose se met à arpenter en lèches langoureuses le gland qui, maintenant violacé d’excitation me semble sous la caresse avoir encore doublé de volume.
Le géant sourit d’aise et se tourne vers Kristale.
— Et bien ! Elle va déguster dis donc, quand je vais te la dépuceler !
Loreleï continue à s’activer avec de plus en plus d’empressement.
— On va lui montrer ! Hein Jade ?
Jade trône au milieu du sofa comme une magnifique sculpture de bronze. Elle a porté des mains dans le dos et écarté largement ses cuisses en une parfaite posture de soumission. Son visage et redevenue aussi impassible que celui d’un bouddha, mais la pointe de ses seins sombres aux aréoles presque noires de sa poitrine menue mais bien formée, pointent outrancièrement, trahissent son excitation. Son collier de perles noires s'accorde parfaitement avec ses long cheveux noirs qui cascadent sur ses épaules jusqu’aux reins.
— Il faut qu’elle voit bien ! Allonge-toi sur le dos !
L’homme en complet gris s’avance d’un pas, le visage stupéfait, il ouvre la bouche comme pour protester mais semble se raviser.
Servilement,  Jade quitte sa position pour se déployer au beau milieu du sofa, écartant les jambes et les bras, crucifiée, en attente de son supplice.  Sans prévenir Loreleï, Issa s’arrache de son étreinte et s’agenouille au pied du sofa saisissant la frêle asiate par la taille et la faisant glisser ainsi contre lui en lui écartant les jambes pour la mettre à sa hauteur.
— Dia !Ayana ! Tenez là !
La déesse noire et la jolie métisse aux yeux verts se penchent immédiatement sur Jade et lui emprisonne les poignets l’écartelant un peu plus. Dans le même temps Issa tend la main vers Loreleï et lui ceinture la taille tout en lui caressant la hanche et la forçant à s’approcher un peu plus
— Viens prés de moi toi et regarde bien !
S’adressant à l’homme au complet gris !
— Toi aussi regarde bien ce que je vais faire à ta femme !
Je lance un œil à l’homme ainsi interpellé et comprends maintenant l’étrangeté du couple qu’il forme avec Jade. Un couple de soumis ! Comme l’était le couple de Stéphanie et Nicolas lors de notre première rencontre (Cf. La postulante. Une Saison d’Airain). Et je devine maintenant qu’il va tirer un plaisir trouble à voir sa compagne ainsi humiliée sous ses yeux.
Je me déplace subrepticement pour me retrouver à la gauche du groupe et ne rien perdre du spectacle qui est proposé à Loreleï.

Posé délicatement sur le ventre de jade, le bélier de chair s’étale jusqu'à son nombril me donnant toute la mesure de ce qu’elle va devoir accueillir en elle. Issa se recule pour préparer l’assaut découvrant à mes yeux incrédules l’étroitesse de la porte qu’il veut forcer. Une délicate figue imberbe surmontée d’un fin triangle de toison d’astrakan  parfaitement taillé qui prolonge la fine fente de sa vulve. Celle-ci  elle est si serrée qu’on y devine à peine le délicat ourlet de ses petites lèvres. C’est un bijou d’une grande délicatesse que s’apprête à fendre le bélier aux dimensions hors-norme. L’entreprise me semble impossible ou bien au prix d’un tourment que Jade me semble pourtant disposée à accepter.
A mon corps défendant, une chaleur sourde se glisse entre mes jambes et papillonne jusqu'à mes reins. Bien qu’horrifiée par ce qui se prépare, par une sourde empathie mon corps se prépare au même assaut. Peut-être même le désire-t-il. Je déglutis péniblement et cache mon trouble en lançant un regard circulaire, mais personne ne me prête attention, tous sont captivés par la promesse d’issa. Même le jeune homme soumis en complet gris dont le visage est maintenant rouge de confusion.
Issa lui-même savoure l’instant, il masse de son gland  la délicate entrée en en jaugeant les possibilités  comme un voleur s’apprêtant à commettre une effraction. Jugeant qu’il est nécessaire d’entrouvrir le passage et lâchant Loreleï, de ses deux pouces il écarte sans ménagement la fente découvrant un clitoris gonflé ornant comme un pistil l’entrée du cœur d’une orchidée qui se découvre nacrée de rose et juteuse à souhait trahissant ainsi qu’elle attend son pourfendeur et se prépare à son rude assaut.
Maintenant entrouvertes les lèvres roses, Issa appui son gland contre la fine porte. Lentement, il exerce une pression de plus en plus forte. Les lèvres se déforment et s’écartent sous la contrainte. Jade a compris le début de l’effraction et gémit sourdement accompagnant une plainte langoureuse venu de la chambre des échos. La pression s’accentue et les lèvres refluent un temps, comme pour résister, puis soudain s’écartent docilement, se distendent en bordant le bélier de marbre violacé d’un délicat liseré qui l’épouse parfaitement. Il n’est introduit qu’au tiers et pourtant Jade halète farouchement et tente de redresser son visage vers le pal qui s’enfonce en elle pour en jauger la progression. Elle constate l’outrance de l’entreprise, et de dépit  retombe en arrière les yeux révulsés.

Mon ventre s’amollie de plus en plus. Mon périnée grésille d’électricité et des doigts invisibles viennent fouiller mon vagin. Je me mords les lèvres. Je regarde Loreleï de biais. Elle est hypnotisée par la scène. Ses deux mains ramenées devant son ventre agitées par le mouvement lent de ses doigts cachent à peine qu’elle se caresse subrepticement, mais les mamelons de ses seins roses érigées outrancièrement la trahissent. Elle aussi est excitée ! Et malgré la terreur que peut lui inspirer le pal monstrueux  je la soupçonne aussi de rêver être à la place de Jade. Kristale s’est approchée de l’amant de Jade et l’enlace fraternellement par l’épaule comme pour le consoler, mais son sourire accuse le plaisir malsain qu’elle prend à jouer la consolatrice machiavélique. Elle lui murmure quelque chose à l’oreille et l’homme pâlit, baisse la tête en se pinçant les lèvres. Kristale le saisit alors par la mâchoire et le force à contempler la scène de l’humiliation de sa bien-aimée.

Le géant noir décide de mettre un terme à la résistance de l’étroit passage. Maintenant à demi engagé et ne risquant plus de refus devant l’obstacle il se saisis  des cuisses de la jeune femme et d’un vigoureux coup de rein s’enfonce un peu plus faisant disparaitre à mes yeux l’énorme globe poli, comme gobé par le ventre de Jade.
Jade se cambre et hurle, toujours maintenue crucifiée par Dia et Ayana. 
Difficile de savoir si il s’agit d’un cri de souffrance ou de jouissance d’être ainsi forcée de façon innommable par un pal d’une dimension qu’elle n’est visiblement pas conçue à recevoir. Apres un ou deux coups de boutoir ponctués par les râles de la jeune femme, Issa jubile.
— Allez ma belle ! J’en suis à la moitié …
Une nouvelle fois, comme pour s’assurer des dires de son assaillant, Jade tente de se redresser pour constater de visu qu’entre ses cuisses elle est parfaitement emmanchée et que le pal de son tourment ne la comble que sur la moitié de sa longueur. Elle retombe vaincue et résignée le visage grimaçant. Issa profite de son abandon pour s’enfoncer un peu plus. Cette fois Jade se contente d’accuser la progression en étouffant une plainte qui couvre à peine celles qui sortent de la sono et lui font échos depuis le début de l’outrage.

Toute à ma contemplation, je sursaute lorsque deux mains se posent sur mes épaules. Je ne me retourne pas. Un visage se colle à mon oreille et m’interpelle à voix basse.
— Ça t’excite ?
C’est la voix de mon Maître, Marc est revenu !
Je me détends et sans me retourner lui confirme mon état à voix tout aussi basse.
— Oui, Monsieur !
Mutine, je cambre les reins et me colle contre lui. La proéminence qui se heurte au bas de mon dos me témoigne que je ne suis pas la seule. Ce que me confirme également un rapide regard circulaire. Lorelei, les yeux exorbités, est rouge d’excitation. Comme si elle agissait contre son gré sans pouvoir s’en empêcher sa main gauche ne cache qu'avec peine le mouvement de ses doigts sur son bas ventre qui s’est accéléré jusqu'à devenir paroxystique. Perdue dans son monde, renonçant à toute pudeur, je m’attends à ce qu’un orgasme la foudroie debout.
Le visage de Marc s’approche de nouveau de mon oreille.
— Viens !... J’ai beaucoup mieux pour toi !
Il se décolle de moi et me saisit la main, choses qu’il fait rarement, pour m’entrainer à sa suite.
Je hurle en silence comme pour ne pas déranger le couple qui s’active et son auditoire.
— Et Loreleï ?
Mon Maître marque un temps d’arrêt puis hoche la tête en un signe d’assentiment.
Sans lâcher la main de Marc je m’étire et saisis le poignet de la jeune fille interrompant ainsi sa plaisante entreprise. Elle sursaute et, sortie aussi brusquement de son rêve, elle me lance un regard furibond. Apercevant Marc derrière moi elle se calme aussitôt.
Un dernier cri de jade ponctué d’une éructation de victoire du géant noir accompagne notre sortie de la pièce.

Chap. 70. Black Mirror.

12 juillet 2018

Chap. 58. Deuxième souffle

Un bruissement de feuilles me tire ma torpeur. Un parfum de tabac blond mentholé me chatouille les narines. Une chaleur douce vibre sur mon épaule et mon visage à demi enfoui sur l’oreiller. Je tente me relever mais un poids immense me maintient plaquée sur le lit où je suis allongée de tout mon long à plat ventre, nue. J’ai l’impression de peser des tonnes. Une lumière intense danse entre mes paupières mais je n’ai pas envie de les lever bien plus.
Quelle heure peut-il être ?
Il faut que je bouge !
Réunissant mes forces je roule sur le côté pour me mettre sur le dos. Indolents, mes bras me suivent dans mon mouvement et le droit barre mon visage comme pour me protéger de la lumière et m’enjoindre de prolonger la nuit.
Je grimace et un râle pathétique accompagne ma torsion. Je suis fourbue de courbatures et chaque mouvements provoque un crépitement électrique qui vrille jusqu’au moindre de mes muscles.
— Tu as bien joui, petite salope ?
Je n’ai pas la force de sursauter. Juste celle de sourire aux anges.
Jouir ?
Oh mon dieu ! Oui j’ai joui ! Et au-delà de toute mesure !
 Kristale devrait le savoir, quand les bornes sont dépassées il n’y a plus de limite ! Et elle a m’a fait franchir une borne avec allant!
La chevauchée entreprise avec le plus jeune de la troupe a réveillé les ardeurs de quelques uns, tout d’abord. Et je les ai contenté, parce que je le voulais et parce qu’en retour je me suis laissée submerger par le désir. A leur tour ils n’ont plus été que les jouets et les instruments de ma jouissance. Je frappais en toute insouciance à la porte de la folie. Cette folie qui fait que vous ne vous appartenez plus,  que toutes les barrières de la bienséance vous semblent futiles, obsolètes. J’ai réclamé qu’ils viennent en moi. Un, puis deux, puis trois… Ensemble ? Qu’importe !  Une urgence à renouveler l’expérience, mais cette fois sous mon contrôle. De tous mes orifices je me suis offerte au dieu de la jouissance sur son autel. Alors j’ai été reine ! Reine et esclave à la fois.
Je souris.
— Combien de fois ?
La voix de Kristale est plus nette, adoucie par un accent de curiosité.
Faut-il que je réponde ?
Je serais bien en peine ! J’ai l’impression d’une extase en continue une cascade ininterrompue de spasmes orgasmiques.
Je tente de me relever mais retombe lourdement dans un gémissement de douleur.
De cette douleur que ressentent les sportifs qui ont été au delà de leurs limites au lendemain de l’effort, une douleur qui met en joie plutôt qu’en peine, la douleur du surpassement corporelle accompagné du goût de l’adrénaline.
Je retiens un rire nerveux devant mon impuissance à me mouvoir. Si elle savait !  La jouissance la plus forte n’a pas été celle de se sentir adulée, désirée, comblée et portée à l’extase !
Non !
La jouissance la plus forte  a été de repousser Jacques, dédaigneusement, lui faisant comprendre d’un geste qu’il n’était pas de ceux qui pourrait convoquer mon désir tandis que sous ses yeux ses sbires en faisaient la galante démonstration.
— Quand Marc va apprendre çà !
Je retiens un hoquet dédaigneux.
Décidément Kristale ne sait rien de moi ! Marc, je lui ai offert bien plus que cela et au-delà des turpitudes de ce groupe de pantins du plaisir. Et il m’a donné au centuple de sensations en retour. Je sais qu’il serait heureux de me savoir heureuse. Même si il ne m’en laissera rien paraître. Oh oui ! Il va bien rire de la pathétique tentative de Kristale de m’humilier définitivement.
Je lève mon bras de devant mes yeux et papillonne des paupières pour atténuer et m’accoutumer à la violence de la lumière qui me transperce le crâne.
Kristale est assise sur le bord du lit. Sa tenue ne me donne pas d’indication sur le temps passé. Je m’aperçois juste qu’elle en a changée. Elle porte un simple jean parfaitement ajusté à sa taille et un chemisier de lin blanc. Son visage impassible se dissimule dans l’ombre du contre-jour de la fenêtre cerné d’une auréole de feu aveuglant. Derrière elle, la fenêtre par où se déverse le soleil est grande ouverte et les branches de l’eucalyptus bruissent au moindre souffle de vent chaud. C’est ce doux murmure des feuilles qui m’a réveillé quand Kristale a ouvert la fenêtre. Cela doit faire un moment qu’elle doit m’observer et guetter mon réveil.
Elle achève de tirer sur sa fine cigarette et dans un même geste en soufflant un nuage parfumé l’écrase dans un cendrier posé sur ses genoux.
— Alors… Combien de fois tu as joui ?
Cette fois, je perçois une colère sourde dans le ton de sa voix.
Il faut que je réponde.
Je baisse les yeux sur mon corps étalé sur le lit. J’offre à ses yeux un bien étrange spectacle. Vautrée sans pudeur, les jambes à demi écartées, les bras nonchalamment posés au-dessus de la tête. Comme si je voulais de par ma posture alanguie  lui montrer la réponse à sa question. Ma peau est maculée de sperme séché, mes seins et mes hanches marqués d’enlacements trop appuyées. Combien d’hommes m’ont étreinte dans leur fureur lubrique ?
Je parviens à lancer dans un râle de lassitude.
— Je… Je ne sais pas !
Kristale se lève d’un bond, projetant le cendrier et son contenu sur le sol.
Elle hurle presque.
— Pas assez apparemment !
Elle se jette sur moi et me saisit par le poignet gauche qu’elle tire violemment pour me forcer à me relever. Je n’ai pas la force de résister. Dans un déchirement de tous mes muscles je parviens à me lever à demi mais retombe lourdement sur les genoux, à côté du cendrier. Je crie ma douleur mais Kristale ne s’en soucie pas. Elle prend la direction de la porte me traînant à sa suite comme un sac de sable.
Dans un gémissement je parviens à me relever et la suis en trottinant, entrainée dans des escaliers que je ne me souviens plus avoir montés. Le froid du carrelage de la cuisine que nous traversons sans nous arrêter me fait presque du bien, me ragaillardie. Sans un mot Kristale ouvre une porte de service qui mène au sous-sol. Un autre escalier de pierre et nous déboulons  dans une sorte de cellier vide, lugubre, au sol de ciment où seul, au centre, trône une sorte de tabouret bas à quatre pieds de bois tourné et un sac de sport où je peux apercevoir des cordes de chanvre.
Sans faiblir Kristale me tord le poignet et m’oblige à me mettre à genoux sur le sol rugueux puis à califourchon  sur le tabouret tandis qu’elle s’emploie à m’y attacher aux quatre coins. Soulagée que cesse la cavalcade qui me vrillait les muscles, je me laisse faire. Mes poignets et mes genoux se trouve rapidement entravés, me crucifiant à plat ventre et à quatre pattes sur la sellette. Vérifiant la solidité de mes liens et l’impossibilité pour moi de ne faire aucun mouvement, Kristale semble se calmer.
Elle s’assoit posément en tailleur à même le sol de béton face à moi. Une petite badine de cuir qu’elle a du extraire du sac en même temps que les cordes qui me lient, posée au travers de ses cuisses.
— Alors maintenant dis-moi ! Tu as aimé faire ta petite salope avec ces hommes ?
Je ne réponds pas, je sens confusément que cela ne changera rien au châtiment qu’elle s’apprête à me faire subir.
Elle se saisit alors de mes cheveux poisseux et me les tire, me relevant la tète pour lui faire face.
— J’ai bien vu que tu as aimé !
Je soutiens son regard
— Oui Madame, j’ai aimé çà !
Bravache, j’ai bien conscience que cela n’avait pas été fait pour cela. Que dans son idée, je devais sortir brisée de cette épreuve.
Ses yeux se voilent de cruauté.
— Ah oui ? Et bien je crois que tu vas adorer ce que je te prépare alors. Parce que si tu as aimé être une chienne lubrique, tu vas être servie !
Elle se tourne alors vers la porte de métal laissé entrouverte et hurle à plein poumons.
— Maud, tu peux venir !
Il ne faut qu’un instant pour que la porte s’ouvre entièrement et que Maud entre, vêtue de noir comme à son habitude. Et comme a son habitude elle traîne derrière elle son molosse, aussi noir qu’elle. Kristale se saisit alors du collier du chien et l’amène face à moi presque à me lécher le visage.
— Je te présente ton prochain amant !

Je ne saisis pas immédiatement ce qu’elle veut dire, puis je commence à réaliser ce que ses mots impliquent. Consternée, je comprends qu’elle ne m’a pas fait descendre dans cette cave sinistre pour une simple leçon ! La mise en scène est faite pour m’humilier au plus profond de mon âme.
Un froid mortel me glace le ventre. Je veux hurler mais j’ai la respiration coupé par l’ignominie de ce que s’apprête à commettre Kristale. Je ne peux que lâcher un « Oh non ! » à peine audible, mais qui retenti comme un appel dans le silence de la cave.
Kristale éclate de rire.
— Oh mais que si ! Tu vas vraiment aimer ! C’est ce que tu peux rêver de mieux non ? Te faire saillir proprement comme la petite chienne que tu es !
Mortifiée, je ne peux que geindre de nouveau ma plainte d’un ton à peine plus fort.
Elle continue.
— Mais si ! Mais si ! Ta copine Stéphanie a adoré çà, elle !
Elle prend un ton condescendant pour continuer.
— Enfin !… Au début elle a aimé ! Après notre brave toutou a tendance à s’énerver, à griffer un peu et mordiller aussi… Faut dire qu’avec lui çà dure vraiment longtemps ! Plus longtemps qu’avec tes amis d’hier soir…
Sa voix se brouille, se fait lointaine, je ne veux pas en entendre plus. Une main froide se glisse entre mes cuisses et viennent en éprouver l’accès. C’est Maud qui, me contournant, introduit sans vergogne ses doigts dans mon intimité. Elle en constate l’humidité naturelle et en fait part à Kristale d’une voix amusée. Elle appuie un peu plus mon affliction en faisant remarquer que les hommes ont bien élargi le goulet mais que son dogue aura quand même un peu de mal à s’y frayer un passage.
Me secouant doucement par les cheveux Kristale abonde à ses remarques.
— Tu entends ? Il est très gros et très long aussi ! Tu n’en as jamais eu une comme çà entre les jambes !
Perdu dans les brumes opaques de l’horreur je ne peux que répéter.
— S’il vous plait… Pas çà !… Pas çà !
Maud tend ses doigts mouillés de mon odeur vers le museau du mastard. Il les lèche et commence visiblement à s’agiter.
L’effroi et l’imminence de l’humiliation me tétanise. Je voudrais de nouveau hurler, supplier, mais je n’y arrive pas. Au bord de la folie je peux qu’à peine murmurer, entrecoupé de hauts le cœur
— Pitié Madame… S’il vous plaît ne me faites pas çà ! Par pitié !
Désespérée je ne retiens pas de grosses larmes qui roulent sur mes joues
Tirant un peu plus fort sur mes cheveux me pliant le cou à le rompre et approchant son visage du mien à le toucher.
— S’il vous plaît ? Mais il me plaît justement ! Cela va me plaire de te réduire à un petit animal docile. Et çà me plais de finir par là où j’aurais du commencer. Te faire couvrir comme la chienne que tu es et que tu aimes être !
Elle a un hochement de menton vers Maud.
Tirant sur sa laisse Maud entraîne son dogue derrière moi. De nouveau ses doigts fouillent en moi, plusieurs fois. Je devine qu’elle est en train de faire laper à ma source son commensal. Mes yeux se révulsent d’horreur lorsqu’une langue immonde et brûlante m’explore l’entrecuisse vers mon ventre ouvert. A ce contact j’ai un sursaut de tout mon corps. Mais les liens sont si serrés que j’arrive à peine à bouger, seulement à m’égratigner les genoux sur le sol de béton brut.
 Kristale jette un coup d’œil derrière moi et se délecte visiblement du spectacle.
Elle me lance un clin d’œil.
— Cela s’annonce bien entre vous deux…
Elle ricane.
 — Bien ! Nous on va vous laisser dans l’intimité !
Maud, lâchant la laisse du molosse, se glisse au dehors sans un bruit. A peine lance-t-elle un dernier regard à son cerbère lubrique. Kristale se relève d’un bon et fait un pas en arrière. Elle sort dans le couloir,  s’empare de la poignée et la tirant à elle ne peut s’empêcher de lancer.
— Profite bien !
Les yeux exorbités par l’horreur je vois la porte se refermer. Une lèche immonde puis une autre, plus précise, juste sur ma fleur offerte à l’ignominie. Je sens le dogue qui cherche à monter sur mon dos. Il me griffe un mollet.
Retournant brusquement à la réalité de ma situation et dans un effort surhumain, je parviens à hurler enfin.
— Kristale !
                          — KRISTALE !
                                                              — Je vais vous  le dire !…

— Le mot de passe !…

                                      — JE VAIS TE LE DIRE !

Et je m’entends égrener les trois mots qui déverrouillent le lien qui m’attache à mon Maître,  en m’effondrant en sanglot.

A suivre : Chap.59. Mes Consolations

 

18 janvier 2011

Chap.11. Outrage et confusion.

J’aurai dû fuir, courir loin, très loin de ce lieu d’avanie et ne plus y revenir… Jamais !
Mais je suis restée. Hypnotisée par la scène. Je sentais que ce qui allait se dérouler n’était pas du tout dans le même registre que les ébats du jeune trio. Si la fille faisait mine de résister, elle n’opposai pas une volonté farouche à se soustraire aux caresses et exigences des deux garçons.
Mais là !
Je pouvais presque sentir sa peur animale jusque dans ma cachette. Et pourtant, là aussi, elle semble se résigner et se soumettre au désir de l’homme. Et de toutes les façons qu’aurait-elle pu faire ? Il la domine d’une tête et sa carrure lui suffit à décourager toute tentative de fuite.
Les caresses de l’homme se font plus précises. La lycéenne renonce à protester. Son visage accablé se détourne et cherche refuge sous ses longs cheveux blonds. Cela semble satisfaire Mathias qui lui lance des paroles de réconfort, d’encouragement.
" Voilà… c’est bien… tourne-toi ! "
Impossible pour elle de désobéir à ce qui a l’intonation d’un ordre. Comme elle tarde à s’exécuter les larges mains du rustre s’emparent de ses hanches et lui imprime, comme dans une valse, un mouvement de rotation. Le couple se dévoilent ainsi de trois quarts à mes yeux fascinés. Les mains de l’homme ne quittent pas la taille de la jeune fille et lui impriment un mouvement de bascule vers l’avant tandis que d’un pied il écarte les jambes de sa victime. La lycéenne penchée vers l’avant, coudée contre la paroi de paille, pose son visage dans ses bras. Elle émet encore quelques supplications bredouillantes, presque inaudibles. La voici totalement offerte et odieusement exposée, la croupe tendue et les reins cambrés à l’extrême. La vision du corps proposé à ses caresses ne calme pas Mathias. Il parcourt de ses mains fiévreuses le dos de la jeune fille, explorant sans vergogne ses reins et ses flancs. Encouragé par la passivité de sa victime, il lance prestement une main inquisitrice entre les jambes écartée. La jeune fille a un cri de surprise et de détresse mêlée. Mon cœur se met à battre plus fort. Je me pince les lèvres pour ne pas faire écho à son désarroi alors qu’elle lance de nouveau des plaintes suppliantes. Elle tente ainsi, une dernière fois, de faire appel à la compassion de l’homme pour qu’il lui épargne la déchéance qui s’annonce.
Mais le rustre reste sourd à ses supplications et fouille fébrilement au niveau de la braguette de son pantalon de velours. Il semble ne pas réussir dans son entreprise car il est obligé de lâcher l’entrecuisse de la jeune fille pour venir au secours de sa main gauche. Le pan de la veste est rejeté un court instant sur le côté et me dévoile le sexe tendu de l’homme qu’il vient enfin de parvenir à extirper de son pantalon.
Je n’ai pas le temps d’en voir plus. Mathias se précipite sur la croupe offerte et son forfait est accueilli par le cri perçant de la jeune étudiante. Même si je ne peux le voir, je devine aisément que le régisseur vient de forcer l’intimité de la jeune fille de la plus violente des façons. Un nouveau coup de rein pour affirmer sa victoire. Un nouveau glapissement de l’adolescente. Elle a, sous la violence de l’assaut, dans un spasme incoercible, rejeté la tête vers l’arrière, laissant apparaître son visage grimaçant mouillé de larme. Mathias lance un cri guttural de contentement, un cri rauque et puissant, couvrant les plaintes aiguës de la lycéenne.
Je suis consternée.
Je connais Mathias comme un homme amène, ferme mais d’une douceur rassurante. Et surtout avec moi, la fille du propriétaire du haras. Pourtant, à ma stupéfaction, il se livre sous mes yeux à une transformation effrayante. Son visage se congestionne et vire au violacé. On peut lire la concupiscence sur les traits déformés de son visage. Il me fait peur ! Ses gestes sont saccadés, farouches. Il assène de grands coups de rein frénétiques au corps écartelé de sa pauvre victime. Des coups de rein ponctués de clameurs de bûcheron ahanant dans l’effort. Ne prêtant aucune considération aux cris et aux pleurent que provoque chacune de ses charges. Au comble de l’excitation, il ne peut s’empêcher d’accabler sa jeune victime des mots les plus odieux. Mots qui parviennent à mes oreilles abasourdies.
" Haa ! Ma petite salope… Tu aimes çà, hein ?… Tu aimes te faire fourrer... et comme çà ?… Tu aimes bien petite pute…Hein ? …Hein ? Ha ! La saalope !…" Et plus il lance ses infâmes imprécations, plus ses mouvements se précipitent comme pour accentuer chacune de ses insultes d’une pénétration rageuse. Il me semble qu’il reporte toute sa fureur sur les reins de la blonde fragile, les mains crispées sur sa croupe. Le corps de l’adolescente tressaute à chaque assaut comme une poupée de chiffon désarticulée et ses cris aigus s’élève dans l’air jusqu'à disparaître dans un paroxysme de vagissement tandis qu’elle secoue désespérément sa tête en tous sens.
J’ai le souffle coupé devant la bestialité de la scène. Une peur panique me gagne et cependant je demeure les yeux écarquillés pour ne pas en perdre une miette. Je suis partagée entre l’envie de fuir, de hurler, pour interrompre l’agression et l’étrange sentiment de plaisir qui chauffe mon ventre et amollie ma raison.
Ma réflexion est interrompue par un dernier rugissement que vient de pousser l’homme. Tétanisé, le bassin projeté vers l’avant, les mains crispée sur les hanches de l’étudiante nue pour en verrouiller la prise, il reste pétrifié telle une statue de marbre, la tête renversé la bouche grande ouverte. Il vient de jouir au plus profond du ventre de la jeune fille qui, désespérée, étreint de toutes ses forces des poignées de paille arrachées aux bottes sur laquelle elle s’arc-boute. Vaincue, elle attend passivement que le rustre achève de lui servir l’ignoble preuve de sa victoire, de son emprise.
Le silence s’installe, à peine troublé par les sanglots étouffés et les reniflements de la jeune fille. Ils restent ainsi un long moment soudé l’un à l’autre. Mathias reprend peu à peu ses sens. Ses mains viennent flatter la croupe de l’adolescente comme il le ferait d’une pouliche et comme pour la rassurer ou la féliciter, il lui parle à voix basse. Elle ne réagit pas et reste appuyée contre le mur de paille, le visage enfoui dans ses bras.
Lentement Mathias se dégage en s’écartant des fesses tendues, extirpant de l’entrecuisse de la jeune fille l’instrument encore roide et luisant du forfait. Il se penche sur les épaules de l’étudiante et lui parle encore. Des paroles que je ne saisis pas. Elle se redresse lentement, raide comme un pantin mécanique. Elle garde la tête baissée mais la détourne vivement lorsque ses yeux accrochent la vision du sexe à demi tendu qui vient de forcer son ventre et que l’homme n’a pas pris la peine de dissimuler. Il rit de sa pudeur. Pourtant elle ne cherche plus à se cacher aux yeux de celui qui vient de l’outrager. Sa volonté semble annihilée. Le régisseur l’enserre des ses bras et la dirige vers une botte de paille où ils s’assoient tous les deux. Comme elle paraît fragile, recroquevillée de honte, au coté de la carrure herculéenne. L’homme lui parle longuement. Elle hoche souvent la tête, comme pour appuyer sa résignation.
Je n’entends pas ce qu’ils se disent. Je cligne enfin des yeux et les lèvent vers le ciel.
Mon cœur loupe un battement. Quelle heure peut-il être ? Le soleil est très bas sur l’horizon et va bientôt se coucher derrière le rideau d’arbre qui marque la limite du haras. Il faut que je rentre de toute urgence ! Mais je suis coincée là. Impossible de bouger de dessous mon buisson-cachette sans qu’ils ne me voient !
Mon regard revient sur le couple en grande discussion. Mathias a posé une main sur la cuisse de la lycéenne et la caresse langoureusement. La jeune fille redresse la tête. Enhardit, de sa cuisse l’homme lance sa main sur la poitrine ainsi découverte. Elle détourne son visage lorsqu’il tente de l’embrasser mais elle ne se débat pas. Malgré cette rebuffade L’intérêt de l’homme semble se réanimer. Il l’a pousse vers l’arrière. Elle se laisse allonger dans le foin sans résister, les bras au-dessus de la tête, dans une attitude de total abandon. C’est plus qu’il n’en faut pour que l’insatiable, d’un geste rapide, ôte sa veste de velours et sa chemise, lui écarte les jambes et se laisse choir sur le ventre tendu de l’adolescente.
L’occasion est venue ! Il me tourne maintenant le dos et sa carrure me dissimule aux yeux de la jeune fille ! Inutile de m’attarder, bien que l’envie en est grande. Je sais maintenant quelle abjection va se répéter dans cette grange. Toujours accroupie de fais un demi pas en arrière, puis un autre, sans les quitter des yeux. Mais ils ont maintenant d’autres préoccupations que celle de surprendre la petite fille rousse qui s’éloigne en se mordillant les phalanges, tentant de faire un tri sur toutes les images et émotions brûlantes qui la traversent.

19 septembre 2010

Chap.5 Nuit Câline.

Ma nuit a été des plus longue.
Sans cesse les images de l’adolescente nue chevauchée par les deux garçons à tour de rôle passent devant mes yeux. Ce ne sont que corps enchevêtrés qui défilent sur l’écran de mes paupières, avec en arrière et en gros plan, les sexes tendus des garçons qui forcent l’étroit passage de la jeune fille criant de douleur, ou de plaisir… Je ne sais pas !
Mais cet entrejambe écarté c’est aussi le mien !
Impossible de dormir ! Je me tourne et retourne dans mon lit. Une étrange excitation me parcourt de la tête aux pieds. En me mordant la langue je glisse les mains entre mes jambes et viens effleurer le bas de mon ventre vibrant à travers ma petite culotte blanche.
Non !... Il ne faut pas !
Honteuse, je cherche à refouler l’envie et croise brutalement les mains sur ma poitrine pour les empêcher de commettre l’irréparable. C’est encore pire ! Mes doigts rencontrent les petites proéminences de ma poitrine naissante dont les pointes roses se dressent immédiatement Cela en est presque douloureux. Cette fois je n’y tiens plus. Je déjointes les mains et vient frôler doucement les deux petites demi-pêches à la peau douce qui me tiennent lieu de poitrine. Mais ce n’est pas moi qui me caresse ! Avec une grimace d’effort, je tente une dernière fois de résister mais dans un même temps au grand dam de ma conscience, j’écarte largement les jambes.
Une formidable sensation me sillonne le corps lorsque mon slip se tend dans l’interstice de mon entrejambes, comme si une main invisible venait de si poser. Je suis en train de transgresser un interdit et cela me met dans un état d'embrasement indescriptible, un peu semblable à celui qui m’accompagnait lorsque j’épiais les ébats du trio. Mes caresses se font plus précisent autour et, bientôt, au-dessus des délicats mamelons de mes seins juvéniles qui se tendent tandis que mes reins s’enflamment et se creusent dans un spasme incoercible.
Dans une sorte de dédoublement de ma personne, je sens mes mains qui se promènent lentement sur mon ventre. Mes doigts papillonnent autour de mon nombril comme s’ils hésitaient puis effleurant la douce soie de ma peau finissent par se glisser sous l’élastique de ma petite culotte, se noyant dans le juvénile duvet roux de mon ventre brûlant.
La vision de la jeune fille criant son plaisir m’assaille. Le bout de mes doigts rencontre le début du fin sillon de mon ventre et le petit bourgeon de chair qui en signale l’entrée. A son contact une décharge électrique me traverse le ventre, les reins et la colonne vertébrale. Je retiens un petit cri entre mes dents serrées mais ne résiste pas à explorer un peu plus loin la fleur sensible. La première phalange de mon majeur en écarte doucement les pétales pour timidement venir si introduire. Du sillon entrouvert sourd une liqueur chaude, sirupeuse, agréable au doigt lissant ma caresse d’une voluptueuse façon. Une douce sensualité qui m’invite à m’y plonger, à y noyer mes doigts. Comme cela est étroit ! Je n’arrive pas à comprendre comment les garçons ont réussi à entrer leur si gros engins dans un passage aussi exigu. En me mordant les lèvres j’essaie d’en distendre l’entrée avec deux doigts. Effectivement je constate la souplesse de la fine fente. Elle doit certainement s’écarter largement pour laisser le passage au puissant bélier d’un garçon. Je n’ose pas aller plus loin. Je suis vierge et d’après les discussions que j’ai eu avec mes copines je pourrais me faire mal. Des parlotes de gamines ! Mais je les prends très au sérieux alors. Quittant à regret le doux fourreau, les doigts mouillés, je reviens sur le bourgeon gonflé. La substance huileuse que j’ai recueillie à la source de mon ventre adoucit le frottement et une étrange extase monte peu à peu et s’empare de mon corps lorsque j’entame un va et vient frénétique sur la tendre et sensible turgescence. Plus rien ne peux me retenir maintenant ! Ma respiration s’accélère, mon cœur bat à tout rompre et, tout à coup, j’ai l’impression qu’un arc électrique me traverse de part en part. Dans un sursaut galvanique mon corps se tend me soulevant au-dessus du matelas, rejetant loin de moi le drap qui couvrait peine ma nudité
Etais ce un orgasme? Certainement que non ! Celui que j’ai connu, le premier, entre les bras de Mon Maître lorsqu’il ma sodomisé pour la première fois m’a prouvé que non. Ce n’était pas cette dislocation fulgurante et lumineuse de mon corps et de mon âme. Non ! Mais la jouissance que j’en ai eu, a été suffisamment forte pour qu’une fois rassasiée je puisse m’endormir enfin, paisiblement, le sourire aux lèvres, étreignant convulsivement mon oreiller.

28 avril 2010

Chap. 71. Pour Son plaisir.

Je reste un long moment sous le choc des révélations que vient de faire Mon diabolique Maître Pendant ce temps il range comme si de rien n’était ses crayons et ses pinceaux, se relève de son siège et s’approche de moi. Il me frôle l’épaule de la main
- Debout Isabelle ! Viens !
Je me déplie lentement. Mes courbatures se réveillent et je retiens un gémissement. Peu à peu la circulation sanguine revient dans mes chevilles, mes pieds. Debout, je traverse l’atelier à travers les rayons du soleil qui transperce les larges baies. Sa chaleur sur ma peau me fait un bien fou. Marc m’attend. Il est debout adossé à une longue table de travail. Je m’approche d’un pas, et prend la pose de soumission, la tête baissée.
- Tu t’en vas demain ?
Je ferme les yeux. Mon cœur se gonfle à cette évocation. Je lance dans un souffle de dépit.
- Oui Monsieur !
Marc fait un pas en avant. Ses mains se posent sur ma poitrine et ses doigts viennent jouer avec mes tendres mamelons qui se durcissent sous la caresse. Une onde brûlante me parcourt le dos. Mes cheveux se hérissent sur ma nuque.
Enfin ses mains sur moi ! En silence, il appuie longuement sa caresse. Ma respiration s’accélère et se fait plus profonde. Il ne peut manquer de percevoir le trouble qu’il provoque.
J’entrouvre la bouche.
La main droite quitte sa caresse et vient prendre mon menton me forçant doucement à relever la tête vers lui. J’ouvre les yeux et plonge dans son regard clair, malicieux.
Je voudrais hurler : Oh monsieur ! Gardez moi ! Faites que je ne parte pas !
Mais aucun son de sort de bouche. J’ai la gorge sèche comme du papier. Mes chevilles deviennent de coton.
Mes yeux se mouillent.
Marc sourit.
– Allons petite fille… Tu ne vas pas pleurer ?
– N… Non, Monsieur !
En fait, je déglutis péniblement et lutte désespérément pour ne pas fondre en larme. Marc n’est pas dupe. Il se penche en avant et vient déposer un baiser sur mon front. La main glisse sur mes reins et ses lèvres s’approchent de mon oreille pour y murmurer.
- Je veux te fouetter Isabelle !
Le sang de mon visage reflux violemment. Je crois avoir mal compris. Marc se redresse un large sourire aux lèvres.
Envolé mon chagrin.
Je le regarde interloquée.
- Mais … Je… Vous me punissez ?
Et cherche désespérément la faute que j’ai pu commettre depuis ma récente expiation. Ou bien est ce là, la continuité de ma punition ?.
Marc a une petite moue de désapprobation.
- Mais non, Mademoiselle, ce n’est pas une punition…
Il me sourit tendrement
- C’est juste pour… mon Plaisir !
De nouveau sa main se saisit de mon menton et me force à le regarder.
- Vous voulez bien Mademoiselle ?
Je sens le feu qui monte à mon visage. Il me demande mon avis ? Mon autorisation ?
Les images de Laure, que j’ai dû moi-même fouetter contre mon gré, et les coups de ceinturon que Marc m’a infligé dans une chambre à Lyon me reviennent en mémoire.
Mes jambes tendues se mettent à trembler imperceptiblement. Je sais la souffrance que cela annonce.
Marc insiste.
- Le voulez-vous Mademoiselle ?
Mes oreilles bourdonnent et sa voix me parvient à travers un brouillard cotonneux. Comme dans un rêve je m’entends répondre à voix basse
- Oui, Monsieur !
- Pour mon plaisir ?
- Oui, Pour… Pour Votre plaisir, Monsieur !
Sa main lâche mon menton. Il s’éloigne vers une des étagères du fond. De loin il lance.
- Penche-toi en avant sur la table !
Devant moi, j’avise la table d’atelier à laquelle Marc s’était adossé et qu’il vient de quitter. Je m’approche d’un pas. Je me penche. Mes coudes entrent en contact avec la surface froide. Mes cheveux tombent de chaque côté du visage, mes reins se cambrent, ma croupe se tend. Je me mords les lèvres. Mon cœur s’est mis à battre la chamade. Je ferme les yeux et écarte les jambes car je pense que c’est ainsi qu’il veut me voir.
A travers les battements de mon cœur qui tapent à mes tempes, j’entends Marc qui fouille dans les placards. Apres un long moment il revient vers moi. Sa main se pose et pèse sur le creux de mes reins pour en accentuer la courbure. Sur la table à côté de moi un petit bruit sec attire mon attention. Curieuse, j’entrouvre les yeux. Marc vient de déposer un petit objet sombre que je reconnais comme un enregistreur mp3.
Sa main brûlante s’attarde longuement sur ma croupe la caressant dans ses moindres reliefs. Mon ventre s’amollit. Une onde chaude naît du bas de mon ventre et cours sur la surface de ma peau. Il ne faut que le cours instant d’un doigt introduit rapidement entre les lèvres de mon ventre offert pour que Marc constate l’effet produit de ses caresses.
Il se penche à mon oreille et murmure, narquois.
- Je t’autorise à y prendre du plaisir… Mais tu ne n’as pas attendu à ce que je constate !
Entre mes cuisses, son doigt s’enfonce un peu plus et fouille la chaude moiteur de mon vagin, s’enduisant de l’abondant flux de liqueur de Cyprine. Inutile de nier le plaisir veule que prend mon corps vibrant d’impatience.
Je réponds d’une voix étouffée
- Oui, Monsieur…Merci Monsieur !
Pourtant je sais que le plaisir va être de courte duré lorsque j’entends vibrer le sifflement caractéristique d’une badine de dressage dont on éprouve la souplesse en fouettant l’air vigoureusement.

30 mai 2007

Chap. 6 - Ballade pour une cravache.

Il fait vraiment un temps formidable pour la saison. Un ciel bleu rayonnant pas un temps à rester dans un atelier. Nous avons pris une route sinueuse qui nous portent sur les Causses. Après une petite demi-heure de route nous arrivons au haras. Je reconnais immédiate le lieu de l'été dernier ou j'ai, en compagnie de ma sœur, effectué un stage d'équitation. C'est grâce à ce stage que je l'ai rencontré pour la première fois. C'était à l'occasion d'une visite des villages alentours je venais à peine de fêter mes 19 ans. J'ai appris rapidement par la suite que nous partagions une passion commune celle des chevaux et qu'il fréquentait également assidûment la paille des box.
Deux chevaux sellés nous attendaient, Passionata et Dakota. Nous nous sommes dirigés vers le Club-House pour nous changer et nous rafraîchir. Il me confie une bombe et une cravache extrait de son casier. Il me tend la badine après en avoir éprouvé la souplesse en la pliant entre ses mains tout en me jetant un regard moqueur. J'ai répondu à son sourire alors qu'un frisson me parcourait le dos. Nous avons rejoins nos montures et avons piqué des deux vers les plateaux. Une bonne heure de ballade ponctuée de galops effrénés, de courses enfantines. C'était la seule occasion que j'avais de le défier. Courses qui se terminaient par des fous rires lorsque je prenais de l'avance. Les chemins que nous suivions montaient fortement et devenaient de plus en plus étroits. Nous finissons par déboucher sur une clairière en haut d'une colline. Le paysage est magnifique. Au loin les monts d'Aubrac encore enneigés brillent sous le soleil. Nous dominons la vallée tapissée d'une brume de chaleur vibrante. Au centre de la clairière au point le plus haut culmine une croix de pierre, très vieille, pas entretenue, en fait personne ne doit jamais venir prier ici. Il met pied à terre. Je l'imite et côte à côte nous admirons le paysage.
Ma contemplation est interrompue par le doux son de sa voix.
- Déshabilles-toi !
La voix est calme comme tiré du fond de sa méditation.
Je ne m'attendais pas à une telle requête mais il était hors de question de ne pas y obéir. Je jette un coup d'œil circulaire. Personne ne peut venir ici, personne ne peut nous surprendre. Je m'approche du centre de la clairière et commence par enlevé mon sweat pendant qu'il éloigne nos montures et les attache à un frêne en lisière. Je fais vite et lorsqu'il revient, je suis nue et frissonnante malgré le soleil qui chauffe ma peau. L'air est vivifiant et l'herbe fraîche me chatouille les chevilles. Instinctivement je prends la pose, debout jambes à demi écartées les mains dans le dos la tête baissée. Mon cœur s'est accéléré.
Il tourne autour de moi et prend le temps de me contempler, s'approche de mes vêtements, se baisse et se saisit de la cravache de cuir noir que j'ai posé à côté. Il revient et lentement parcours la surface de mon corps avec le bout de la badine. Je frissonne à chaques contacts. Le cuir passe sur mes hanches, mes reins, ma poitrine, s'attarde sur les pointes de mes seins durci par la fraîcheur et l'excitation, remonte le long du cou jusqu'à ma joue puis redescend sur mes cuisses pour enfin se glisser entre mes jambes. La pression s'accentue la baguette se faufile entre les lèvres de ma vulve caressant au passage mon clitoris, provoquant un sursaut de tout mon corps. Il entreprend de jouer de moi comme le ferait un violoncelliste. Le doux archet de cuir effectue un va-et-vient saccadé faisant vibrer ma corde intérieure et s'enduisant de toute sa longueur de la liqueur de Cyprine qui mouille maintenant mon entrejambe. Le rythme se précipite sa main libre se pose sur ma hanche pour assurer sa prise et accroître la pression comme s'il voulait me scier en deux avec la cravache. Je commence à perdre pieds, mon souffle s'accélère, je ferme les yeux, la jouissance monte, je gémis…
Brusquement tout s'arrête. Fermement Il m'entraîne vers la petite croix de pierre. Encore sous l'empire des caresses je titube un peu. Il me penche vers l'avant et forçant ma cambrure me fait prendre à pleine main chaque branche de la croix de pierre. Il présente devant ma bouche la cravache avec laquelle il m'a caressé si intimement. Elle est encore luisante de mon plaisir.
- Prends çà !
J'entrouvre la bouche. Il insère le mors de cuir entre mes dents. Ma langue retrouve le goût et l'odeur de mon ventre en fleur. Je comprends brusquement ce qui va se passer. Ma position, mes reins cambré, mes fesses offertes ne peuvent que susciter un cruel tourment. Se saisissant de sa propre cravache il m'en donna quelques légers coups à l'intérieure des cuisses. J'ai compris que je dois écarter un peu plus les jambes.Ce que je fais en rentrant la tête dans les épaules dans l'attente d'un premier châtiment. Un long silence pendant qu'il me contemple dans cette position humiliante. Sa cravache se pose sur les haut de mes reins. Je ne peux retenir un petit gémissement d'angoisse à son contact. Un temps d'arrêt. Je ferme les yeux. Et brusquement, une décharge foudroyante cingle mes reins. Le choc est terrible. De surprise je manque de lâcher la cravache que je tiens dans ma bouche. Mes mains se crispent sur la croix de pierre et je serre les dents qui s'incrustent dans le cuir de mon bâillon improvisé. Un deuxième coup féroce s'abat aussi fort que le premier puis un troisième. La cravache reprend son appui sur le haut de mon dos. Je sens les traînées de feu au travers de ma croupe qui palpitent sourdement. La douce main de mon Maître vient en atténuer la brûlure. La caresse apaisante coure sur mes fesses. Une pause, mais je n'ai pas le temps de reprendre mon souffle que de nouveau la tempête se déchaîne. Un coup violent vient strier le bas de mes fesses. Un autre s'abat si fort qu'une douleur fulgurante me pénètre le ventre, ma vulve offerte et proéminente vient d'amortir le choc. Un dernier déchire mes reins d'un claquement sonore.
De nouveau la cravache se repose au creux de mon dos et la main apaisante vient atténuer la souffrance qui vrille mon échine. Je ne peux retenir des larmes silencieuses. Une chaleur intense vibre en vagues brûlantes et embrase mon postérieur. Mes jambes flageolent et mes genoux tremblent nerveusement. Mais cela ne l'arrête pas. Trois autres sifflements furieux viennent marquer mes chairs. Ils sont de plus en plus forts. Le deuxième coup me fait lâcher dans un cri la badine qui bâillonnait ma bouche. Le troisième me fait hurler. Un spasme violent me rejette la tête en arrière qui retombe entre mes bras tendus, secouée par un flot de sanglots incoercibles. Je ne peux plus retenir mes pleurs une étrange sensation de dédoublement s'empare de moi. Il y a l'Isabelle qui souffre et sanglote à chaudes larmes et celle qui jouit qui prend plaisir lorsque la main fraîche de son Maître parcours ses fesses martyrisées. Cette fois ci la caresse ne s'arrête pas, se fait plus insistante. Sa main glisse entre mes cuisses écartées et ses doigts trouvent facilement un passage vers l'intérieur de mon ventre, Je prends conscience que je suis littéralement inondée. Deux doigts inquisiteurs progressent facilement en moi tandis qu'un troisième vient titiller mon bourgeon turgescent déclenchant une série de décharge électrique qui me tétanisent me faisant me dresser sur la pointe des pieds. La caresse se prolonge tandis que peu à peu mes sanglots se calment. Je plonge de nouveau vers le plaisir. Abandonnant mon ventre. Il me redresse, arrachant presque mes mains crispées à la croix de pierre, … Ma croix de souffrance. Je me retrouve debout face à lui. Il sèche mes larmes de ses doigts odorants. Je ne peux m'empêcher, en un mouvement inattendu, de me pendre à son cou et épanche mes derniers sanglots sur son épaule Il me caresse doucement les cheveux et le bas du dos. Il attend patiemment que je me calme. Il fait bon dans ses bras. Nous sommes baignés de soleil comme dans un rêve... Il me repousse délicatement lorsque mon corps se fait plus pressant et commence à onduler entre ses mains. J'ai compris et je reprends la pose de soumission ramenant les mains dans mon dos écartant les jambes et baissant la tête dévotement. Quelques larmes restées accrochées à mes cils tombent sur le sol.
- Mets tes bottes !
Anesthésiée parce que je viens de subir, je ne cherche pas à comprendre, j'enfile rapidement les deux bottes de cuir tandis qu'il va chercher mon cheval.
- Allez monte !
Comme dans un rêve je saisis les rennes, prend appuie sur l'étrier et d'un mouvement souple enfourche ma monture. Le contact du cuir patiné de la selle sur mes fesses nue me ramène vite au réel. Me voici perchée sur l'animal, les fesses en feu. Une sourde angoisse me saisit et je ne peux m'empêcher de regarder autour de moi. Heureusement nous sommes toujours seuls. Qui aurait bien l'idée de venir jusqu'ici a pied ?
Il a vu mon mouvement d'angoisse et s'en amuse.
- Ne t'inquiète pas,... On ne perdrait pas la vue à te voir ainsi, nue, sur ta monture.
- Fait moi donc quelques cercles autour de cette clairière.
Je talonne légèrement Dakota et commence ma ronde tandis qu'adossé à la croix de pierre Il me suis des yeux. Le spectacle que j'offre semble le contenter au plus au point. Un sourire bienveillant illumine son visage.
Le balancement du cheval les frottements du cuir sur mes fesses meurtries augmente leur chaleur tandis que le pommeau de la selle vient se mouiller contre mon sexe largement écartelé comme s'il voulait me pénétrer.
- Au trot ! Me lance-t-il.
Je me penche vers l'avant et, d'une pression des genoux, lance ma monture en un petit trot saccadé. Le battement régulier de la selle enflamme mon postérieur et pétrit mon ventre sans douceur.
Amazone impudique, nue. Comme dans un songe je tourne autour de mon Maître en un manège étourdissant dont il tient les rennes…

 

27 mai 2007

Chap. 3 - Caresses.

 Lorsque j'arrive à l'atelier il est au travail. Il esquisse patiemment sur une grande toile l'ébauche de paysages de corps que je connais. Comme convenu, je ne le dérange pas. Je me faufile sans bruit dans la cabine des modèles. Je me déshabille entièrement et mets le collier qui m'attend sur une chaise. Je reviens dans l'atelier. Toujours sans bruit je m'agenouille près de lui prenant la pose qui marque ma soumission, je mets les mains dans le dos je baisse la tête, j'attends tremblante son bon vouloir. La musique envoûtante d'Am'ganesha'n me berce doucement.
Après de longues minutes, (je le soupçonne d'avoir fait durer le plaisir) Il s'interrompt et s'adresse enfin a moi.
- Qu'as-tu fait hier soir ?
Il continue de dessiner.
À voix basse je lui raconte le vide que j'ai ressenti après ma première séance. Puis la soirée morne, mes notes que j'ai commencées à mettre au clair. Zapping, une douche, un livre et au lit.
- Et ?
Mon sang se glace, il semble lire en moi comme dans un livre ouvert. Il a fallu que je lui dise que je m'étais caressée, que les souvenirs de la séance m'avaient excitée.
- Montre-moi !
J'ai relevé la tête j'ai fait mine de ne pas comprendre.
- Montre-moi comment tu t'es caressée ! Dit-il d'un ton agacé.
Ce n'était pas une requête c'était un ordre.
Alors qu'une tempête se déclenchait dans mon crâne j'ai ramené mes mains sur ma poitrine et j'ai commencé à les masser maladroitement. Mes doigts se sont emparés de mes tétons déjà durcis. Par pudeur j'ai fermé les yeux.
Un petit claquement de langue désapprobateur.
- Ouvre les yeux … regarde-moi!
Il est facile et agréable de se caresser dans le secret douillet et protecteur d'un lit chaud. Mon Dieu que cela devient difficile de le faire sous le regard d'un homme, vulnérable et impudique. Au moins les yeux fermés je gardais une part d'intimité, je me protégeais. J'ai obéi, il m'a regardée droit dans les yeux, … j'ai continué mes caresses. Mes mains ont parcouru mes seins, mon ventre, mes hanches mimant un amant invisible. Lorsque mes doigts ont touché mon sexe j'ai marqué un temps d'arrêt.
Il m'a encouragé doucement à voix basse.
- Ne t'arrête pas,... continue !
J'ai pris une profonde inspiration et introduit l'index dans ma fente humide comme je l'avais souvent fait seule. L'excitation montait et j'avais du mal maintenant à le cacher. Ma respiration s'accélère en un halètement retenu. Je me sens de plus en plus a l'aise je me dépouille peu à peu de ma pudeur et de ma honte. J'accélère le doux frottement ce qui finit par m'arracher de petits gémissements. Ces gémissements c'est, je crois, ce qu'il attendait. La preuve que je prenais réellement du plaisir à me masturber devant lui. Et non pas un show mécanique et imposé.
Il m'a interrompu.
- C'est bien... Arrête maintenant !
Alors que j'aurais voulu continuer vers un possible orgasme ! Je ramène mes mains dans le dos en séchant discrètement deux doigts poisseux à l'intérieure de ma main gauche. Mon souffle reprend un rythme normal.
- S'il te vient de nouveau l'envie de te caresser, je t'ordonne de m'en demander l'autorisation avant. Tu as compris ? Me dit-il.
J'ai acquiescée en hochant vigoureusement de la tête.

La séance s'est poursuivie par l'apprentissage des postures de soumission. Toutes plus impudiques les unes que les autres. J'ai appris à me tenir disponible dans toutes sortes de situations. Avec le facteur commun de toujours avoir les cuisses ouvertes largement ou seulement entrebâillées mais jamais fermées ou verrouillées. La bouche entrouverte en un baiser ininterrompu. Les yeux baissés, toujours offerte et soumise à la moindre de ses envies. J'ai appris aussi les signes de soumission que je pouvais,... Pardon,... Que je devais, employer en présences de "Vanilles", de personnes non-initiées. J'ai été une élève appliquée car je sais que bientôt il me mettra à l'épreuve.

Ce soir, après avoir couché dans mon carnet l'épisode de cette journée, réveillant ainsi l'empire du plaisir, j'ai téléphoné à mon Maître pour lui demander l'autorisation de me caresser…
Il a refusé.

 

13 juin 2007

Chap. 12 - La nuit de Kristale.

Dehors il fait nuit. Le froid vif me transperce. Nous regagnons rapidement l'intérieur de la maison. Kristale nous attend. Elle m'accueille avec le sourire. Comme si rien ne s'était passé cet après-midi ! Elle prend la chaîne de Ses mains et me conduit dans la salle d'eau. Elle m'enlève délicatement la laisse de fer qu'elle dépose sur une tablette, se dirige vers la cabine de douche et fait couler l'eau.
- Rafraîchis toi et viens nous rejoindre au séjour…  Fais vite nous passons à table.
Sa voix est apaisante, sans émotion. Elle sort en me laissant seule. J'enlève mon collier et les bracelets que je pose à côté de la chaîne. Je pénètre sous le jet fumant. Comme l'eau chaude coulant sur mon corps est agréable ! Je frotte avec frénésie pour enlever toutes ces traces invisibles qu'ont laissées les deux hommes sur ma peau. Leurs souillures et leurs souvenirs humiliant glissent sur moi, s'écoulent et rejoignent les égouts.
Une fois séchée je remets le collier et les bracelets de cuir et ose me regarder dans la glace. Je me reconnais à peine. C'est une jeune femme que j'ai en face de moi ce n'est plus tout à fait l'adolescente qui est arrivée la semaine dernière. Derrière ses traits juvéniles une nouvelle détermination transparaît. Je me redresse, je me souris. Mes cheveux mouillés paraissent noirs et ont perdu leurs beaux reflets roux. Pas le temps de les sécher. Je regarde autour de moi, mes vêtements ne sont pas là. J'hésite un moment puis décide de remettre la longue laisse. Je sors nue et enchaînée rejoindre le séjour.
Lorsque je me présente, ils sont déjà à table. Comme je l'avais remarqué en passant devant le séjour pour gagner la salle d'eau il n'y a que deux couverts. Je m'approche et prends la position de soumission. Il me désigne le sol d'un doigt impératif près de la table entre eux deux.
- A genoux !
La chaîne cliquette en s'empilant sur le parquet ciré. J'écarte largement les jambes et me cambre en mettant les mains dans le dos les anneaux de métal froid frôlent et caressent mon ventre. L'odeur du buffet réveille mon appétit, je me rends compte que je n'ai rien mangé ni bu depuis ce matin. Mon ventre se manifeste en grondant bruyamment. Je crispe les abdominaux pour en étouffer le son. Kristale s'en amuse et avec son étrange accent elle s'adresse à Lui en me désignant nonchalamment.
- Je crois que ta petite chienne à faim.
Il sourit et opine du chef. Il se penche vers moi et offre à ma bouche un des petits fours qu'ils sont en train de déguster. Pendant tout le repas et à tour de rôle ils vont se pencher vers moi, me présentant les mets et boissons les plus divers du bout de leurs doigts tout en continuant leur conversation à bâtons rompus. Le repas terminé Kristale nous invite à rejoindre le salon à la banquette de velours rouge et s'éclipse.
Il me donne un dernier verre de vin, le quatrième, je ne bois que dans les grandes occasions et avec méfiance, mais je ne peux refuser.La tête me tourne un peu. Il essuie la commissure de mes lèvres avec une serviette blanche. Et prenant ma chaîne me traîne à quatre pattes vers le boudoir.
Il n'a pas fallu longtemps à Kristale pour se changer. Elle est revêtue d'un magnifique peignoir de soie bleu nuit qui font paraître blanc ses cheveux blonds. Elle porte un collier magnifique que je reconnais comme une de Ses créations. Je m'étonne. Il est de cuir, d'acier et d'argent ouvragé. Plus fin que le mien. Un anneau pend à son milieu. Cet anneau me laisse perplexe. Serait-elle aussi une soumise ? Rien dans son attitude ne peut le laisser deviner.
A son tour mon Maître nous quitte. Kristale en profite pour se servir un verre de brandy au bar proche et vient s'affaler sur le divan écartant dans le même mouvement sa nuisette. Elle est totalement nue. Très belle, une femme dans sa plénitude, sûre de son charme. Un limpide cristal bleu-vert, une aigue-marine je crois, orne son nombril et son ventre est impeccablement épilé. Elle balance mollement le large verre de cognac entre ses doigts. Impudique elle écarte largement les jambes dévoilant un sexe joliment fendu, un abricot lisse orné d'une fente entrouverte ourlée de dentelle rose qui brille d'humidité.
- Approche ! Dit-elle, en tapotant le sofa devant son ventre.
Je suis encore à quatre pattes et je n'ai qu'un mètre à parcourir pour me retrouver face à elle.
- Embrasse-moi !
Je fais mine de me relever et suis brusquement arrêtée par le ton de sa voix.
- Mais non petite gourde, … Embrasse-moi là !
Et elle glisse un doigt sur sa fente rosée. Une vague froide me parcourt le dos. Kristale à vraiment le goût de m'humilier. Je me baisse lentement et approche mon visage de son ventre. Il en exhale un parfum épicé capiteux, une petite perle de liquide laiteux coule de la commissure purpurine. Je ferme les yeux et pose mes lèvres sur la fente humide. J'y dépose un timide baiser puis un deuxième, un troisième. Kristale s'impatiente.
- Ta langue petite garce…Lèche donc comme la chienne que tu es !
Je tressaille sous l'insulte, mais je sais maintenant que c'est son habitude, sa façon de m'éprouver.
Je prends une profonde aspiration pour me donner du courage et sort ma langue pour écarter et fouiller le sexe odorant. D'une main elle accentue ma caresse et plaque mon visage entre ses jambes en s'écartant un peu plus encore. Je m'enfonce un peu plus. Ma langue s'agite maladroitement à l'intérieur de l'orifice au goût saumâtre et acidulé. Je l'embrasse comme on embrasserait un garçon en espérant bien faire. Bientôt un mélange de ma salive et de liqueur de Cyprine me barbouille les lèvres et coule sous mon menton. Kristale me caresse les cheveux pendant que je m'active de mon mieux. C'est dans cette position qu'il me trouve en entrant. Il rit.
- Eh bien tu ne perds pas de temps Kristale !
- Ta petite chienne était impatiente. Rétorque-t-elle.
La bouche occupée je ne peux protester. Je suis mortifiée. J'imagine le spectacle que j'offre à mon Maître, à quatre pattes la tête entre les jambes d'une autre femme.
Le cliquetis des verres dans le bar me signale qu'il se sert lui aussi un verre et il s'assoit à la droite de Kristale.
- Continuez, je ne veux pas vous déranger. Dit-il, d'un ton ironique.
Je dois être rouge comme une pivoine, je sens mes joues en feu. Et pour me perdre, je redouble d'ardeur. Pendant de longues minutes Kristale me guide tout en commentant et en louant à haute voix, pour Ses oreilles et pour parfaire mon humiliation, les progrès de ma langue dans son intimité.
- Allons petite c'est bien, il faut s'occuper de ton Maître aussi !
En disant çà elle me repousse, interrompant mes caresses. La mâchoire me fait mal. La salive mêlée de liqueur mielleuse coule de mes lèvres le long de mon cou, je l'essuie d'une main, comme je peux. Je me tourne vers lui. Aveuglée entre les cuisses de Kristale, je ne l'avais pas vu. Lui aussi il s'est changé et il porte un peignoir de coton blanc. Kristale, en un mouvement fluide, pose son verre sur un guéridon proche, se débarrasse de son peignoir et se laisse glisser au sol à côté de moi. Nous sommes maintenant toutes les deux nues à Ses genoux. Elle me sourit et écarte le peignoir de l'homme. Il est nu en dessous et son membre s'érige fièrement en face de nous. De pudeur je détourne le regard. Ce qui amuse Kristale.
- Allons ne fait pas ta prude. Je sais que tu as déjà goûté !
Elle m'invite à m'approcher en me prenant par la nuque et saisissant le sexe à pleine main le tend vers mon visage. Inutile de résister. Mes lèvres s'arrondissent et englobe le gland turgescent. Elle appuie sur ma tête et m'oblige à avaler une longue part du membre de chair. Son étreinte se relâche. Prenant confiance je commence seule un profond va-et-vient.
- Eh bien Voilà ! … Il suffit de la chauffer un peu cette petite chienne !
Ses mains glissent sur mes fesses et viennent explorer mon entrejambe pendant que j'accélère la cadence. Ses doigts caressent mon clitoris qui durcit immédiatement, mon ventre s'enflamme. Kristale me laisse faire quelques instants puis elle me repousse, m'enlevant le gland de la bouche.
- On dirait que tu y prends goût, … Laisses-en donc pour les copines !
Et sans hésiter embouche le sexe tendu tout en me regardant par en dessous. Sa dextérité est évidente. Il disparaît entièrement dans sa bouche et en ressort luisant de salive, sa langue s'active et butine rapidement la totalité de la colonne de chair s'attardant sur le gland lisse pour l'engloutir de nouveau. Elle ne me quitte pas des yeux. Je suis troublée de voir ainsi l'objet de mes tourments caressé par Kristale. Une pointe de jalousie. Je Le regarde dépitée alors qu'elle continue sa sarabande experte. Il semble ravi de sa prestation. Je me sens stupide et gauche. Je sais que je ne me suis pas montrée aussi habile. Un embarras rétroactif me saisit à la pensée des caresses de novice malhabile que je Lui ai prodiguées. Elle est en train de me donner une leçon et je la déteste pour ça ! Elle finit par le lâcher et le tend vers moi en souriant et s'essuyant les lèvres d'un revers de la main comme après avoir bu à une source. Je reprends ma caresse interrompue et cette fois je m'applique. Je vais lui montrer ce que je peux faire ! Mon enthousiasme est de courte durée. Ses doigts reprennent leur exploration de mon entrejambe et finissent par s'attarder sur mon anus tentant de s'y introduire. Sous l'effet de la surprise je me cabre interrompant une nouvelle fois la fellation. Penaude, je regarde Mon Maître et Kristale à tour de rôle.
Kristale éclate de rire.
- Ah oui… Ton Maître m'a dit que ton cul était vierge !
Je baisse la tête, encore une fois je ne peux m'empêcher de rougir violemment.
Kristale s'adresse directement à Lui.
- Il serait peut être temps de dépuceler ça, … Cher Maître !
Et elle rit de plus belle.
Je ne peux m'empêcher de protester mollement.
- Oh non ! … S'il vous plaît .
Ma voix s'étrangle, Je lance vers lui des regards désespérés. Sans attendre de réponse Kristale se dirige vers un buffet bas et en sort un mousqueton de métal. Elle me saisit les mains, me les ramènent dans le dos et attache entre eux les bracelets de mes poignets. Dans un même mouvement, elle prend la chaîne qui pend à mon cou la tire brutalement vers l'arrière, l'attache elle aussi au mousqueton de mon dos. La tension du collier sur mon cou m'étrangle. Me voici immobilisée. Elle me tire vers elle et replace ma tête entre ses jambes forçant ainsi la cambrure de mes reins. Son parfum entêtant m'envahit de nouveau.
Il nous observe un moment. Prend le temps de siroter un peu de Cognac. Enfin, lentement il pose le verre se lève et vient se placer derrière moi. Encore une fois mes pensées se troublent, je me dédouble. Passive et rebelle à la fois.
Kristale enfonce le clou.
- Ecarte les jambes, …çà va bien se passer.
J'enfouis un peu plus ma tête dans ses cuisses et lui obéit.
Des doigts interrogateurs écartent les lèvres de ma vulve et s'enfoncent en moi. Inutile d'attendre plus longtemps ! Je suis inondée. Il se présente aux portes de mon ventre et me pénètre d'un seul coup, sans ménagement, au plus profond. Cela m'arrache un petit cri de surprise. Quelques va-et-vient. Puis il s'arrête. Ses mains viennent explorer le tour de mon anus, le frôlement de ses doigts sur ma rosette me fait frissonner et pourtant je gémis une protestation. J'ai peur. Kristale resserre son emprise sur la chaîne pour parer à une tentative de fuite. Un doigt, le pouce je crois, force le passage et s'enfonce. Je me mords les lèvres pour ne pas crier ma révolte. Le deuxième pouce rejoint le premier et écarte l'étroit orifice. Ma respiration s'accélère. Je n'ai pas mal mais me sens impudiquement ouverte. Une honte sans nom me submerge. Un liquide chaud tombe entre mes fesses, … De la salive ! De ses pouces il enduit le passage du liquide lubrifiant en le massant longuement. La caresse devient plus douce, moins rêche. Je me détends un peu. Il se retire de mon ventre et pose résolument son gland de marbre sur mon anus. Je tente un dernier gémissement de protestation. Mais rien n'y fera. Il pose une main sur le haut de mes fesses et de l'autre accompagne sa verge qu'il appuie de tout son poids, forçant lentement, mais inexorablement, l'étroit passage. Mon gémissement se prolonge par un cri étouffé. Cette fois il me fait mal. Je me sens distendue à la limite du déchirement. Il me laisse un moment pour que je m'habitue à sa présence et que la douleur passe. Kristale me caresse la nuque pour me calmer. Je sens son gland enserré intimement palpiter en moi et mon cœur battre à mes tempes. Une fois engagé, il lâche la hampe de sa verge et me saisit par les hanches à deux mains. D'un léger coup de rein il progresse un peu plus. La douleur se réveille, je relève la tête et étouffe un cri. Un deuxième coup de bélier plus violent et je crie. Il me défonce littéralement. J'ai l'impression qu'un pieu monstrueux m'empale. Je ne suis plus que souffrance. Mes protestations ne l'arrêtent pas. Il veut en finir. Il tire sur mes hanches et s'enfonce profondément. Mes cris se transforment en hurlement suivi d'une longue plainte entrecoupée de sanglots. Il a fini par s'enfoncer jusqu'à la garde dans mes entrailles. Je sens son ventre contre mes fesses. Je suis forcée, déchirée. Une envie d'expulser l'intrus que je refrène en n'osant bouger et en contractant mon ventre. Un plaisir trouble monte en moi et remplace peu à peu la douleur. Parvenu à ses fins il ne bouge plus et reste enfouit au plus profond de mes reins. Kristale en profite pour relever ma tête se pencher sur moi et lécher mes larmes avant de m'embrasser fougueusement. Elle finit par me glisser discrètement à l'oreille de façon à n'être entendu que de moi.
- Tu aimes petite garce ? … Tu aimes te faire défoncer ?
Toujours ce langage ordurier qui m'insupporte. Je secoue la tête et souffle bruyamment ma désapprobation. Ça la fait rire.
C'est le signal qu'il attend pour se dégager doucement. Je serre les poings, son retrait est aussi mortifiant que sa pénétration. Alors qu'il est au bord de se retirer, il affirme sa prise sur mes hanches et d'un coup violent force de nouveau mes reins. La surprise est totale, la douleur aussi. Je me cambre et hurle. Un deuxième coup de bélier puis un troisième me perforent. Le rythme s'accélère. J'ai l'impression qu'on me fend en deux et pourtant la jouissance monte du plus profond de moi, indescriptible. Je suis submergée par un flot de plaisir et de douleur mêlée. Je ne cris plus ma douleur, mais ma jouissance Mon corps est tendu comme un arc. Une boule de feu électrique crépite sur mes reins court le long de mon dos et éclate dans ma tête, tétanisant mon corps et ma pensée. Tout se brouille, un voile brillant intense passe devant mes yeux, je plonge dans un trou de lumière sans fond, mon esprit s'envole, … Je perds connaissance….
Je reviens à moi entre les mains de Kristale. Elle me sourit presque maternellement.
- Eh bien dis donc ! ... Et bien dis donc !
Elle me caresse les cheveux et semble interloquée.
- Tu nous as presque fait peur !
Je me sens molle, vidée de toute mon énergie. Un ravissement ineffable me fait flotter en dehors de mon corps. Hébétée, je regarde autour de moi. Il n'est plus là, j'entends des bruits dans la salle d'eau.
- Il est parti se rafraîchir, … Tu iras après lui.
Sa voix est devenue extrêmement douce, le changement de ton est des plus frappant. Elle se penche sur moi et entreprend de me détacher, d'ôter ma chaîne. Je fais jouer mes bras endoloris et me lève péniblement. D'une démarche mal assurée je me dirige vers la salle d'eau. Je le croise à sa sortie. Il m'arrête, sans un dire un mot il me prend le menton dans sa main et pose un délicat baiser sur mes lèvres. Je veux répondre mais ma langue rencontre le vide. Il m'a déjà lâché et s'éloigne, montant les escaliers qui gagnent l'étage. Kristale le suit et sans se retourner me lance.
- Rejoins-nous quand tu auras fini !
Une nouvelle douche, fraîche cette fois ci, achève de me réveiller totalement. Sous le jet d'eau salvateur je comprends ce qu'il vient de m'arriver. Une joie débordante gonfle ma poitrine et je ris nerveusement. Enivrée, je prolonge la douche de longues minutes. Il faut bien ça pour refroidir le feu intérieur qui me consume. Je me sèche lentement et je m'aperçois avec étonnement que j'ai oublié de retirer mon collier et mes bracelets de cuir. Cela redouble mes rires, … Ils font vraiment partie de moi ce soir, ces témoins de contrainte. Je jette nonchalamment la serviette éponge sur le sol dans un coin de la salle d'eau et m'engage d'un pas désinvolte sur l'imposant escalier de chêne qui monte à l'étage, …

 

8 mai 2008

Chap. 8. Bienvenue.

- Déshabilles-toi Isabelle !
Je sursaute. Comment !... Pourquoi est ce moi qui dois me déshabiller ! Et devant elle en plus ! C’est elle qui vient demander sa soumission !
Stéphanie reste immobile les jambes écartées, les yeux obstinément fixés au sol. J’ôte rapidement mes chaussures, mon chemisier, je suis en train de descendre mon pantalon sur les chevilles lorsque Marc revient dans la salle. Une fois nue, je reprends la pose à côté de Stéphanie. Mais cela ne lui suffit pas il se ressert une tasse de café sans en proposer à la jeune fille.
-
En chienne, Mademoiselle !
Un moment de flottement, à qui s’adresse-t-il ? Stéphanie nous regarde à tour de rôle, elle se pose la même question. Mais je devine que c’est à moi qu’il a lancé l’humiliante invite. Je me penche, me met à quatre pattes face au sofa et baisse la tête. - Asseyez-vous Stéphanie !
Son ton contraste avec celui qu’il avait eu jusqu'à présent. Je l’entends s’asseoir à côté de la jeune fille.
-
Relève la tête Isabelle… Regarde-nous.
Je m’exécute.
Ils sont tous les deux assis sur le cuir noir. Marc est nonchalamment vautré et sirote sa tasse de café, Stéphanie a les yeux rivés sur le sol devant moi, les mains posées sur ses genoux joints, les pieds en dedans. Elle n’a vraiment pas l’air à l’aise. Et je ne vaux pas mieux ! Etre nue devant une femme ne me poserait pas trop de problème. Mais là ! Je suis exposée aux yeux d’une jeune fille qui sait parfaitement que je suis l’objet sexuel de l’homme assis à côté d’elle. Et qui plus est, une jeune fille qui ne semble pas bien au fait de l’univers dans lequel elle s’engage. Je prends une profonde inspiration pour contenir l’onde brûlante qui envahis mon visage lorsque je croise subrepticement les yeux troublés de Stéphanie.
- Isabelle a commis une grosse faute aujourd’hui…
Il sirote une goulée de son moka. Et voilà, il va mettre le doigt dessus ! Je frissonne. Oh non ! Il ne va pas me punir devant cette mijaurée !
- Vous savez laquelle Mademoiselle ?
Il se tourne vers Stéphanie.
Elle le regarde un instant puis reporte son regard sur moi. Elle se tord les mains. Mais sans hésiter, elle lance.
- Elle n’a pas de collier ?
Marc semble surpris par le soudain aplomb de Stéphanie. Il lève les sourcils, repose sa tasse.
- Bravo !… Elle qui en parle si bien dans son Blog de son collier de cuir ! Voilà qu’elle oublie de le mettre… Et aujourd’hui en plus ! Au moment ou je vous reçois. C’est vraiment vous manquer de respect, sans compter l’embarras dans lequel elle me met… C’est une faute majeure !
Sa voix trahit sa déception et une colère contenue. Mon sang se fige. Qu’elle gourde d’avoir oublier ce collier ! Plus que la peur de la sanction, c’est le fait d’avoir mis en défaut mon Maître, d’avoir faillit, devant ces inconnus, qui me terrasse. Sans collier toute ma crédibilité de soumise dévouée s’effondre.
- N’est ce pas Stéphanie ?
- Oui, je... Je pense.
- Pensez-vous que je doive la punir maintenant ?
Qu’on la prenne en témoins pour valider une sanction n’a jamais du lui arriver ! Elle ne sait visiblement pas quoi répondre.
Marc vient à son secours.
- Non, non... Aujourd’hui est votre jour.
Il marque une pose, se tourne vers elle et, froidement.
- Vous prendriez sa punition pour vous ? Vous prendriez sa place ?
Là, je le reconnais bien Mon Maître ! Cette propension à retourner une conversation, à vous déstabiliser avec des questions que vous n’attendez pas.
Je jubile intérieurement. Je n’aimerais pas être à la place de Stéphanie, obligée de prendre une décision qui, quoiqu’elle choisisse, va terriblement l’engager. Même si je suis nue à ses pieds, les jambes écartées, je suis assurée que c’est elle qui est, à ce moment là, plus mal à l’aise.
Je commence à avoir mal au cou à les regarder ainsi, le visage rejeté vers l’arrière. Stéphanie croise et décroise les pieds, elle réfléchit à toute vitesse et finit par lancer.
- Si vous le désirez Monsieur !
Exactement la réponse qu’il fallait donner. Mon estime pour cette petite blonde vient de remonter. Elle vient de donner le bout de sa laisse à mon Maître. Elle est vraiment engagée malgré son air de pas y toucher.
Marc doit penser la même chose que moi car il sourit largement.
- Et quel genre de punition devrais-je vous appliquer ?
Il se cale confortablement au fond du canapé avec un sourire chafouin. Stéphanie semble de plus en plus déstabilisée. Elle réfléchit à haute voix.
- Je… La faute est très grave… Je pense que la punition doit être en conséquence. Je... Non je ne sais pas Monsieur ! Je ne suis pas encore au fait de tout cela Monsieur.
- Bien ! … Nous verrons cela ! Pour l’instant il faut signer le contrat de modèle.
Marc se tape sur les genoux pour signifier la fin de la conversation. Il se lève et se dirige vers le bureau dans la salle d’exposition.

Stéphanie profite de son absence pour me regarder et lancer une grimace de stupéfaction, un sourire, les yeux écarquillée, l’air malicieux. Je lui réponds par un sourire suivi d’un pincement de lèvre pour lui faire comprendre de ne surtout pas parler. Mais j’aime bien ce début de complicité entre soumises. Je commence à bien la sentir cette fille !
Marc revient rapidement Il tient une pochette rouge. Une pochette que je reconnais, celle qui contient mon contrat et de toutes celles qui ont posées pour lui. Il l’ouvre et en sort un contrat vierge. Il se penche vers moi et le pose sur mes reins. Le contact du papier me fait frémir. Je me pince les lèvres et regarde Stéphanie de travers. Je vais encore une fois servir de lutrin !
- Venez donc signer votre contrat s’il vous plaît !
La voie de mon Maître est totalement neutre presque glaciale. Il tend la main vers elle. Elle lui prend la main et se lève gracieusement. Je suis un peu jalouse, mon engagement a été moins solennel. Mon contrat, je l’ai signé appuyée sur un simple bureau, nue, les jambes écartées pendant que mon Maître était au téléphone.
Marc l’a fait s’agenouiller derrière moi comme le ferais un homme pour me prendre. Elle perd un peu l’équilibre, ses mains se posent sur mes fesses, leur contact est glacial. Maladroitement en si prenant à plusieurs reprise Stéphanie cale la feuille de papier sur mon dos et commence à compléter le formulaire. Marc en profite pour aller se servir une énième tasse de café. Ce sont de longues minutes pour moi. Mais je reste passive. A peine excitée par la situation. Marc n’a pas le temps de terminer sa tasse lorsque les grattements sur la peau de mon dos cessent et que je sens Stéphanie se redresser derrière moi.
Elle a fini. Le pacte est scellé. Enfin presque !
Marc se rapproche de nous, s’agenouille au côté de Stéphanie et pose sa tasse sur mon dos. Je m’abstiens de lever les yeux au ciel… Mon humiliation continue.
Je retiens un petit cri de surprise lorsqu’une main se glisse entre mes jambes. En fait, ce n’est pas une main, mais deux qui viennent se frotter à la porte de mon intimité. Je devine immédiatement ce que mon Maître est en train de faire. De sa main il entraîne et guide celle de Stéphanie. De son index il l’invite et l’oblige à venir fouiller mon ventre. Leurs deux doigts joints s’enfoncent en moi. Je me retiens de bouger, Ne surtout pas faire tomber la tasse ! Lentement je baisse la tête et ouvre la bouche pour mieux respirer. Ils s’attardent et le plaisir monte en moi, au-delà de la honte. Je sais ce que veux mon Maître et je sais que je ne pourrais pas résister longtemps. Une vague chaude brûle mes reins et remonte le long de ma colonne vertébrale libérant du fond ma gorge un léger soupir de plaisir. Puis un deuxième. C’est au troisième râle clairement audible par tous deux, qu’il décide de cesser le jeu. Il ôte sa main de moi entraînant les doigts de Stéphanie. Et je sens nettement les doigts de la jeune fille, enduit de ma liqueur de Cyprine, que l’on essuie sur le contrat. Une pose et cette fois ce sont les cheveux de Stéphanie qui viennent balayer mes flans. Je ne vois rien mais je sais que comme pour mon contrat mon Maître est en train de le valider avec la salive de la jeune fille et qu’il appose pour cela ses lèvres sur le contrat juste à côté de mes traces d’humidité, mon témoignage en quelque sorte !
L’acte accomplis tous deux se lèvent. On me débarrasse rapidement des objets qui encombrent mon dos. La main de Marc se pose sur mon épaule et m’incite à me relever. Je me redresse, ma tête tourne un peu. Je me retrouve face à Stéphanie.

Elle est cramoisie de honte et évite mon regard. Elle frotte convulsivement ses doigts dans la paume de sa main, ceux que mon Maître à introduit de force dans mon vagin. Elle est tétanisée par ce qu’Il vient de lui imposer. Je ne dois pas valoir mieux ! Mes joues sont en feu. Reprendre la pose de soumission me rassure et me calme. Je regarde la jolie blonde qui ne sait plus trop quoi faire de son corps. En la voyant ainsi déstabiliser j’imagine ses pensées, son étonnement devant une aussi rapide mis en œuvre de sa soumission par mon Marc et je ne peux m’empêcher de penser avec une pointe d’ironie "Bienvenue au club ".

28 mai 2007

Chap. 4 - Liens et bâillon.

Des cordes de chanvres sont soigneusement alignées sur une table. Il n'a pas dit un mot. Je suis debout, nue, en position de soumission.

Une première corde me lie les coudes dans le dos Ses gestes sont lents et assurés. Les deux brins passent sous ma poitrine en un bustier rugueux et viennent se nouer dans mon dos. Une deuxième corde rapproche vigoureusement mes poignets et les tire vers le bas glisse entre mes jambes et s'insinue entre les lèvres de ma vulve épilée. Il fait frais dans l'atelier mais le contact de la fibre contre mon clitoris provoque une bouffée de chaleur qui monte le long de mon ventre et électrise ma peau. La corde remonte entre mes seins et, en un mouvement, les deux petits nœuds qui terminent chacun des brins s'entortillent et se coincent dans le premier assurant une solide cohésion sans nœud.
Un troisième lien vient renforcer le premier bloquant de tout mouvement mes épaules et, renforçant le premier, ceinture fermement ma poitrine faisant pointer mes mamelons de façon impudique. Il marque un temps d'arrêt, fait un pas en arrière et contemple son œuvre.
Je lui fais face, toujours debout jambes écartées et regard baisé. Il revient vers moi et de ses pouces il caresse doucement la pointe de mes seins. Je frissonne de tout mon être. Enfin une caresse de sa part ! L'entrave qui passe entre mes jambes va sûrement garder la trace humide de mon émoi.
Le haut de mon corps est totalement immobilisé. Les cordes rugueuses émettent une odeur animale. Il m'assoit sur le sol et s'affaire maintenant à attacher chacune de mes chevilles au haut de mes cuisses puis à chacun de mes bras. Je me retrouve bientôt en chien assis. En chienne assise devrais je dire ! Largement écartelée et la corde qui passe entre mes jambes, encore plus tendue, s'enfonce profondément dans mon ventre trempé.
L'œuvre est terminée. Je suis dans l'impossibilité de faire un geste, totalement offerte. Cela crée en moi un état d'excitation et de désir incontrôlable. Je voudrais qu'il reprenne ses caresses… Alors qu'il se penche vers moi pour nouer un ruban de velours noir sur mes yeux, en état second, dans un souffle, comme dans un rêve je m'entends lui murmurer.
- Embrasse-moi !
Le ruban de velours retombe. Un ébranlement violent me ramène à la réalité. Une gifle magistrale. Un sifflement cuivré qui emplit mes oreilles et décroît lentement me laisse abasourdie. Interloquée le souffle coupé, des larmes involontaire s'échappent de mes yeux. Le choc me laisse quelques instants vide de pensée dans un néant insondable.
- Depuis quand tu me tutoies ?
- Je,... je, …
Je reprends mon souffle et ravale mes sanglots.
- Excusez-moi,...
Il me saisit la tête entre ses mains séchant mes larmes de ses pouces.
- Puisque tu l'as demandé la première chose que je prendrais de toi sera ta bouche.
Je mets un moment à comprendre. Un vent de panique me passe par la tête Cette caresse, celle qu'il vient d'évoquer, je l'ai toujours refusée à mes petits amis, la trouvant dégradante, … avilissante. Ma détermination a vacillé à ce moment. Pourtant je me suis reprise et j'ai redressé la tête. Je me suis entendue répondre d'une voix blanche.
- Oui, … Comme il vous plaira.

En Lui il y a le désir de se faire pardonner. En Lui chaque violence est accompagnée de douceur. Ce soir nous sommes allés au restaurant le plus coté de la vallée. Serveur stylé et sommelier prévenant. Repas digne d'une princesse. Une princesse sans sous-vêtement autre qu'une corde de chanvre ceignant sa taille et passant entre ses cuisses. C'est un morceau de cette corde découpée au couteau et encore imprégnée de l'odeur de mon intimité que je fais rouler entre mes doigts pendant que j'écris ces lignes… Souvenirs.

 

23 juillet 2013

Chap. 19. Parfum de Havane.

Ainsi postée, mon regard se pause automatiquement au centre de la rosace. A pas lent Marc vient si placer exactement. Je garde les yeux fixés à ses pieds et je devine qu’il me détaille avec l’intensité qu’il lui est coutumière. Instinctivement je tends les muscles de mes cuisses et renforce la cambrure de mes reins. Il n’a pas besoin de me toucher pour que mes seins se tendent et que les pointes se raidissent vers lui impudiquement. Tout mon corps est tendu comme la corde d’un arc. Je veux lui plaire, lui signifier que je lui appartiens de plein droit et m’offrir à son regard comme je le ferai à ses mains. D’un rapide coups d’œil je vérifie la parfaite symétrie de ma posture et baisse un peu plus la tête notant les reflets de bronze qui s’accroche au petit triangle de poils roux parfaitement taillé qui surmonte la fente glabre et vernissée de mon ventre. Une chaleur sourde pulse dans le bas de mon dos. Je ferme les yeux.
L’attente est une des tortures préférées de mon Maître. Il en joue avec maestria. Son pas lent tourne autour de moi comme un fauve méfiant jaugeant sa proie. Toujours aussi lentement ses pas s’éloignent. Surprise, j’entrouvre les yeux et le cherche du regard. Il a gagné le bar qui s’appuie sur l’un des murs et semble chercher quelque chose. Il se penche et se redresse enfin l’air satisfait s’empare du verre de cognac qu’il avait laissé sur le bar et s’en revient vers moi tenant du bout des doigts le cigare offert par nos hôtes et une boite d’allumettes longues.
Arrivé à ma hauteur, Marc lâche la boite d’allumette qui tombe sur le sol, réunit le cigare et le verre de cognac dans sa main gauche et s’accroupit en s’appuyant de la main droite sur ma cuisse.
- Ou en étions-nous Mademoiselle ? …
Inutile de répondre.
- Ah oui !... De la nécessité de parfumer mon cigare !
Sa main glisse entre mes jambes écartées, ses doigts caressent un instant le duvet roux qui auréole mon bas ventre, puis viennent en lisser la délicate ouverture. Un frisson me parcourt l’échine lorsqu’ils jouent négligemment avec mon clitoris déjà gonflé et raidis. Mes paupières se ferment et mes yeux se révulsent sous la douce caresse qui pétille à travers mon ventre.
Marc claque de la langue pour attirer mon attention.
- Tss, Tss, Mademoiselle ! On ouvre les yeux, s’il vous plaît !
J’obéis.
Mon regard plonge dans ses yeux clairs. Il a un petit sourire satisfait et dans un même temps son doigt force la moelleuse ouverture, s’enfonce d’un coup dans mon vagin. Il y entame quelques lents va-et-vient simplement pour en goutter la chaleur et l’humidité qui va grandissante.
- Humm ! Je vois que vous m’attendiez !
De honte, je détourne mon regard une fraction de seconde.
Satisfait de son exploration son doigt me quitte aussitôt remplacer par le cylindre épais du cigare que Marc fait rouler contre l’orifice inondé par sa caresse.
Le cigare se mouille et se parfume de ma liqueur de Cyprine.

 

10 juin 2016

Chap.43. La chair de son enchère

Kristale se relève avec empressement et se rapproche de sa protégée. Elle se place à son côté et lui pose les mains sur les épaules dans un geste protecteur. Rassurée, Loreleï se tourne vers elle avec un sourire espiègle. Mal lui en prend ! L’intransigeante hollandaise fronce les sourcils et la foudroie du regard. Le visage de la jeune fille se ferme et elle reprend immédiatement sa pose contemplative, la tête baissée.
Avec un embarassement feint, Kristale se racle la gorge et se tourne vers moi.
— Loreleï n’est pas tout à fait aussi disciplinée que toi ma chérie.
Elle a un rapide sourire condescendant accompagné d’un clin d’œil à mon intention. Puis elle se reporte sur Marc qui se cale confortablement dans le sofa.
— C’est un peu pour cela que je tenais à vous voir avant l’assemblée, cher maître. Pour vous proposer un marché, qui sera aussi un jeu… Un jeu qui, je crois, va vous intéresser tous les deux.
Elle marque un temps d’arrêt, et sa main caresse doucement la nuque de la jeune fille. Echaudée, Loreleï reste pétrifiée dans sa posture de soumission.
Kristale sais ménager ses effets.
— De plus, je vais vous proposer à ce jeu une mise qui à l’issue de ce petit divertissement pourrait devenir… définitif ! Il va de soi qu’il n’y a pas de jeu intéressant sans enjeu, sans récompense… Et celui que je mets sur la table est conséquent.
Elle se tourne de nouveau vers moi.
— Voyez-vous, Mademoiselle Isabelle,  Loreleï est vrai trésor dont je fais cadeau à Marc car Loreleï est totalement vierge !
Sa main qui caressait négligemment le cou de cygne de Loreleï se saisit de son menton la forçant à relever la tête. Elle se penche sur le visage et y dépose un délicat baiser sur les lèvres ainsi offertes. La jeune fille répond en laissant entrapercevoir un petit bout de langue rose qui se glisse entre ses lèvres. Ses yeux se ferment, elle a manifestement plaisir à rendre ce baiser furtif vite interrompu par Kristale qui se redresse brusquement.
— Enfin ! Je veux dire vierge… d’hommes !
Lâchant sa protégée, elle fait un pas vers moi.
– Et elle m’apporte beaucoup de satisfaction.
Elle a un large sourire en me regardant droit dans les yeux comme pour me mettre au défi.
Elle se retourne vers Marc, très enjouée, comme si l’affaire était déjà conclue.
— Ses virginités … Je vous en fais cadeau maître Marc… Sauf la principale… En fait, le jeu que je vous propose est de conduire son dressage comme vous savez si bien le faire. Mais de me la rendre vierge à l’issue de ce dressage. Quant à sa bouche et son petit cul… Vous en disposerez comme bon vous semble. Je dois ajouter que Loreleï ne parle pas un seul mot de français ni d’anglais.
Elle a une tape amicale sur la croupe de la jeune fille qui sursaute mais ne quitte pas sa posture.
— Cette donzelle est un vrai petit cancre à l’école.
Puis elle revient à Marc moqueuse.
— Et comme vous ne parlez pas Néerlandais cher Marc !
Elle marque un temps d’arrêt, songeuse, puis reprend.
— Donc, en résumé, voici mon challenge… Faire de Loreleï votre parfaite soumise alors qu’elle n’a connu aucun homme, de me la présenter vierge et parfaitement disciplinée. Et tout cela sans que vous puissiez communiquer verbalement avec elle.
— Quant à moi…
Elle me dévore littéralement des yeux
— … Quant à moi, je me fais fort de faire dire à votre pouliche le mot de passe qui verrouille votre enseignement… Ainsi selon vos conventions, il me semble, Isabelle redevient libre…  Mais bien sûr je la reprends en main, en échange de Loreleï, et elle devient mon esclave de toute éternité puisqu’avec moi il n’y a pas de safeword !

Une onde glacée me parcourt l’échine. Impulsivement je me tourne vers Marc. Depuis toujours Kristale a eut des visées sur moi. Elle ne s’en cachait pas et depuis notre première rencontre (Cf. Kristale.) elle  exerçe une pression permanente sur Marc pour qu’il me cède et que je passe sous sa coupe. Elle venait de trouver, sous couvert de jeu, le moyen de concrétiser son ambition.
Mon Maître passe une main sur son menton tout en nous jaugeant tour à tour. Ses lèvres se pincent et son front se plisse trahissant une intense réflexion. L’onde glacée qui me parcourt se transforme en une catatonie de tous mes muscles. Je suis tendue à l’ extrême, le souffle coupé dans l’attente de sa réponse. Mais je sais au fond de moi qu’il ne refusera pas un jeu aussi intense. Et Kristale le sais aussi parfaitement. En témoigne son sourire gourmand. De plus les enjeux me semblent totalement déséquilibrés. Il va être facile à Marc de dresser cette douce péronnelle. Je soupçonne Kristale d’en être absolument consciente et que son machiavélisme donne Marc déjà vainqueur. En ce cas qu’en est-il pour moi ?
Aussi sûr soit-il de son talent il pourrait me perdre. Et surtout je pourrais le perdre, et cette pensée me tétanise.
Sans un mot Marc se penche et se saisit de la chainette d’or qui pend entre les jambes de Lorelei son regard se porte sur elle et il se met à faire tournoyer l’étrange lien dans l’air à la manière d’une corde à sauter. La jeune fille pousse un petit cri de surprise et lance un regard désespéré vers Kristale.
Tout en continuant son mouvement Marc se tourne vers Kristale.
— Elle est vraiment vierge ?
La réponse fuse.
— Parfaitement… Je lui ai même fait poser un sceau de certification… Vous en tenez le prolongement entre les mains.
Lorelei tressaute imperceptiblement sous les vibrations que lui transmet la chainette. Pour tenter d’échapper à l’obscène tension qu’elle exerce sur sa vulve elle se cambre et son ventre se tend vers Mon Maître. Les pointes de ses seins trahissent l’excitation qui monte en elle à chaque tour de chaine. Son visage se congestionne dans un ultime effort pour se contenir. Elle a fermé les yeux, mais sa bouche s’entrouvre sur de petits soupirs contenus. Maintenant en équilibre sur la pointe des pieds, ses deux longues jambes tendues, elle semble sur le point de chavirer et ses gémissements augmentent.
Mais elle ne quitte pas sa posture pour autant.
La constance et la docilité de la jeune fille à l’air de ravir Marc.
Mon cœur bas la chamade, l’observe la magnifique  silhouette de cette nymphe nordique qui commence à se tordre de plaisir et me dis qu’aucun homme ne pourrait résister à la tentation de posséder un tel joyau.
Marc lâche soudainement la chainette au moment ou Lorelei, qui maintenant halète comme si elle manquait d’air, allait perdre tout contrôle.
Il observe un instant la grosse  goutte de cyprine qui a pris naissance entre les lèvres gonflées et humides de plaisir qui progresse le long de la chainette de maillon en maillon, alimentée par la liqueur qui sourd de l’entrejambe de la jeune fille et dans lequel disparait le lien d'or.
 Il se lève rapidement.
— Je veux te parler seul à seul Kristale !
Et sans attendre l’assentiment de notre hôtesse, prenant son verre à la main, il sort du salon par la baie restée ouverte et s’éloigne en direction de la piscine.
Il ne faut qu’un instant pour que Kristale lui emboite le pas, glapissant un ordre bref à Lorelei en sortant, sans même la regarder.
La jeune fille se détend alors. Penaude, encore essoufflée, elle rassemble la chainette d’or entre ses doigts fins, se la ceint rapidement autour de la taille, puis s’assoit en chien de fusil sur le canapé de cuir blanc en me lançant un regard embarrassé de gamine prise en faute.

30 juin 2009

Chap. 44. Les belles et la bête.

Il va bien falloir que je me décide !
Il doit être très tard et la fatigue commence à me peser sur les reins.
Quelle heure peut-il bien être?
L’excitation de cette folle soirée me maintient éveillée, mais je sens bien que mes yeux commencent à ciller sans cesse. Fatiguée je me dirige pourtant résolument vers l’escalier qui mène à la cave.
La musique s’est tue, certains des flambeaux qui éclairaient les murs sont éteints. Cela sent la fin de soirée !
La salle semble déserte. J’entre lentement dans la pièce. Il me faut un certain temps avent avant de pouvoir distinguer les ombres de la salle. Et la première chose que je perçois est le corps nue de Stéphanie. Sa posture indécente n’a pas changé. Elle est toujours ligotée sur la table basse Mais son corps est affaissé sur le gros coussin qui la soutient. Sa Tête pend misérablement sur le coté. Ses beaux cheveux blonds ont perdu leur lustre. Ils sont ébouriffés, terne, sales Sa peau brille de sueur. Elle ne bouge pas et semble dormir.
- Ah enfin te voilà !
Je sursaute violemment, les verres et la bouteille de champagne tressautent sur le plateau que je me retiens de lâcher. Les battements de mon cœur s’emballent. Cette voix c’est celle de Marc, Mon Maître !
Je me tourne sur la gauche et le cherche des yeux Il est là a quelques pas de moi, nonchalamment installé sur un des sofas de cuir noir qui agrémentent l’austérité de la pièce. Kristale est à ses cotés, entièrement nue à demi allongée sur lui, la tête posée sur son épaule et une cuisse en travers de ses hanches. Leur attitude ne cache rien de leur relation particulière. Une violente bouffé de jalousie me submerge. Il ne me sera rien épargné ce soir !
Je m’approche à pas comptés et, debout devant le couple enlacé, me fend d’une légère génuflexion qui fait cogner ma chaîne sur le sol de pierre. Sans se redresser, affirmant d’une main sa prise sur l’épaule de Kristale, Marc me lance.
- Alors ! Tu en es où de tes devoirs ?
Kristale garde la tête appuyée sur son épaule et tourne son visage vers moi me toisant d’un petit sourire moqueur. Je sens bien qu’elle attend avec jubilation le compte-rendu de mes mésaventures.
- Je, j’ai offert du champagne à Maître Pierre et Mon…
Je m’aperçois que je ne sais pas quel titre donner à Nicolas !
- Et Mon…Et… Nicolas…Je cherche Maître Jacques et Maître Jean !
Marc me sourit.
- Maître Jacques est parti avec Sylvie… De toutes les façons, tu as déjà donné, non ? Quant à Maître Jean il est juste là… Mais je crois qu’il est occupé.
Je me tourne vers l’endroit qu’il désigne de l’index, paresseusement levé de l’épaule de Kristale.
Effectivement de l’autre coté de la salle sur l’autre sofa dans la pénombre je distingue deux corps entrelacés. Laure est étendue sur le dos, les bras joints et tendus au-dessus de la tête, les jambes largement écartées. Et, entre ses jambes, le dos et les fesses de Jean qui se contractent régulièrement. Il est en train de posséder la brune impassible. Laure reste indifférente, comme à son habitude, subissant les assauts sans broncher, sans même se préoccuper de répondre aux caresses de son partenaire. Je ne peux m’empêcher de faire une grimace. Le contraste est saisissant. La jeune femme est belle comme la nuit, la peau lisse et luisante de suavité, le visage d’une madone au calme olympien encadré de ses longs cheveux qui tombent en cascades sombres de chaque coté de ses épaules. Et l’homme a qui elle offre son corps sublime est presque grotesque. Une nuque épaisse, un dos rond sombres et couvert d’une pilosité irrégulière, les fesses gélatineuse d’un blanc laiteux, terne, et flasques. Il ahane comme un bûcheron à sa tâche, sans retenu, sans douceur, presque obscène.
Et cette obscénité à un drôle d’effet sur moi. Est-ce la tension de cette soirée qui cherche à se libérer brusquement ou bien le caricatural tableau qui s’offre à mes yeux éberlués ? Toujours est-il qu’une irrépressible envie de rire me submerge. Je me tourne vers Marc et cela ne me calme pas. Je vois bien que lui aussi essais de juguler un rire contenu derrière son poing fermé. Kristale elle, ne se cache pas et rit ouvertement.
- Alors ma belle, tu ne vas pas offrir un verre à cet homme qui meurt de soif !
Lui offrir un verre ? Oh oui c’est vrai ! Et donc m’offrir à lui dans un même temps! A cet… homme !
Un sentiment de dégoût coupe net mon fou rire naissant. Il le faudra pourtant bien cette fois ! Mon Maître est là, à deux mètres de moi. Il peut jauger chacune de mes réactions. Je prends une profonde inspiration et me retourne vers le couple improbable. Leur vision ne me fait plus rire du tout. Je m’approche lentement à pas feutré comme pour ne pas troubler leurs ébats.
Laure m’a aperçue et lève les yeux vers moi. Elle tressaute sous les coups de boutoirs de la bête mais reste de marbre. Je peux quand même lire dans son regard un soupçon de reconnaissance. Elle sait ce que je dois proposer à Jean. Et je viens ainsi, bien involontairement, à son secours en me proposant à sa place.
Je me retourne vers Mon Maître qui, voyant mon hésitation, me fait un signe du dessus de la main m’enjoignant à faire mon devoir.
Un pas de plus. L’homme dégage une odeur âcre de transpiration. Ma chaîne cogne contre ses pieds mais cela ne l’interrompt pas.
Je m’éclaircis la voix en me raclant la gorge.
- Maître Jean ! … Voulez-vous un rafraîchissement ?
Intérieurement je lève les yeux au ciel, Un rafraîchissement !
Il ne me répond pas et continu à besogner avec ardeur la belle odalisque.
Je me penche vers lui et hausse le ton.
- Maître Jean !
Les mouvements cessent et l’homme tourne vers moi un visage livide marbré de rouge, congestionné par l’effort. A côté, le visage de Laure est comparable à une fleur fraîche. Le soudard me fixe d’un air hagard comme si je venais de le tirer d’un sommeil profond. Interdit, il avise la bouteille de champagne et son visage s’éclaircit. C’est le moment ou jamais.
- Je suis à votre disposition Maître Jean…
Et, très vite.
- … Désirez-vous un verre de champagne ?
Sans quitter les cuisses de Laure il tourne un peu plus la tête vers Mon Maître et n’y apercevant aucun signe de désapprobation, revenant à moi, il me lance un oui d’une voix enrouée, de la sueur perle a ses tempes grisonnantes. Il cherche laborieusement à reprendre son souffle.
Je dépose délicatement le plateau sur le sofa. Jean ne me quitte pas des yeux, je sens presque physiquement son regard courir sur ma peau, mes jambes qui se plient, mes fesses qui se tendent et mes reins qui se creusent pour pouvoir m’accroupir à leur côté. Je remplis rapidement un verre et le tend à l’homme en inclinant docilement la tête vers lui.
Il s’en empare et le vide d’un trait, laissant perler le liquide ambré au coin de ses lèvres gourmandes. Ses yeux exorbités sont fixés sur moi, comme s’il était hypnotisé. En gardant le verre vide à la main, sa main gauche cherche en tâtonnant la poitrine de Laure et s’attarde en lui caressant un sein. Son regard jaune s’allume d’un feu malsain. De nouveau il regarde rapidement Mon Maître et Kristale enlacés à l’autre bout de la pièce et qui semblent maintenant se désintéresser de mon sort. Il revient à Laure, qui a fermé les yeux. Ses yeux passent de l’une à l’autre comme s’il avait à faire un choix. Il est toujours solidement fiché jusqu'à la garde dans le vagin de Laure.
Brusquement, ayant apparemment pris une décision, il lance le verre vide au fond du sofa et de sa main libre m’attire à lui en me prenant par la taille.
- Viens là ma belle, …
Il me colle contre lui. Je perds l’équilibre et d’accroupie, je tombe agenouillée. Mes cuisses viennent s’appuyer contre celle de Laure. Elle ouvre de nouveau les yeux.
- Hum ! Comme tu es mignonne…
Sa main glisse de ma taille sur mes hanches puis se posent sur ma croupe ? Furetant un peu plus loin dans le pli de mes fesses, il en écarte les deux globes pour se frayer un passage. J’écarte un peu les jambes pour lui laisser le champ libre, prouvant ainsi, devant Mon Maître, ma bonne volonté. C’est plus qu’il ne lui en faut ! Un doigt sépare fébrilement mes lèvres humides et s’introduit en moi. Mais il ne s’aventure pas très profond, lutinant à l’entrée de l’humide passage. Dans un même temps il penche la tête et, de sa bouche, s’empare de mon mamelon gauche. Je fais la grimace, sa barbe drue griffe la peau délicate de ma poitrine, mais ne peux juguler la tension de la pointe de mes seins qui se dressent sous la caresse. Il est évident que d’avoir deux jeunes femmes entre les bras le porte aux nues et tout en suçant et léchant mon téton il émet des grognements de contentement. Il a repris le mouvement de va et vient entre les cuisses de Laure et sous mes yeux, je peux voir le piston huileux de liqueur de Cyprine entrer et sortir en rythme du ventre de ma compagne d’infortune. Il finit par lâcher mon téton martyrisé et s’arrête brusquement. Il me serre plus fort contre lui et sa respiration s’accélère d’une façon alarmante tout en grommelant entre ses dents. Je ne peux que deviner que l’instant est venu pour lui de jouir. Je lance un regard interrogateur à Laure qui reste impassible. Un long moment Jean reste agrippé à ma taille tout en reprenant son souffle. Il a un soupir et lentement se retire du ventre de Laure. Non. Il n’a pas jouit ! En témoigne la raideur conquérante du pieu qui se dévoile à mes yeux. Mais il est clair qu’il n’en était pas loin.
Il se redresse sur un genou et fait mine de se relever.
- Aide-moi ma chérie !
Dit-il, en s’appuyant sur mon épaule. J’accompagne son mouvement pour le soulager de son poids tout en prenant garde d’éviter le contact de sa verge tendue qui se balance entre nous deux. Il a l’air groggy, peut être même un peu éméché. Une fois debout il cherche du regard la forme recroquevillée sur la table basse. D’un pas mal assuré il m’entraîne vers Stéphanie en s’appuyant sur mon épaule.
- Viens avec moi petite… Faut que je me termine sur ta copine.
Sa voix est pâteuse, enrouée à la limite de l’audition. Il a un petit rire gras.
Emmenée malgré moi, je lance par dessus mon épaule un dernier regard vers mon Maître, comme pour en attendre un signe. Mais rien ne viendra. Il est en pleine discussion avec Kristale et ils me détaillent tous deux en souriant et j’ai même l’impression qu’ils se moquent.
Nous nous approchons de la jeune sacrifiée qui ne bouge toujours pas. A peine puis-je percevoir sa respiration régulière qui soulève son dos. Elle a les cheveux collés de sueur. Son corps est marqué de plaques rouges, les traces d’innommables étreintes. Les cordes de chanvres qui l’entravent sont par endroit profondément incrustées dans les plis de sa peau. Ses mains liées dans le dos sont cramoisies et recroquevillées à la limite de la cyanose, des traces brillantes maculent sont dos et ses fesses offertes.
Un froid intense me parcourt l’échine en comprenant l’infernal supplice qu’elle a dû endurer. Et son calvaire ne semble pas fini. " Jusqu’au levé du soleil… " ! Ainsi est tombée la sentence de Kristale.
Qu’elle heure peut-il bien être ?
Pour Jean en tout cas c’est l’heure de se satisfaire. Arrivée à la hauteur de la jeune fille ligotée Il me lâche l’épaule, pose sa main sur ma croupe en la caressant doucement et me lance d’une voix épaisse.
- Allez ma chérie… Branle moi dans sa bouche que j’en finisse avec ta copine !
Je crois avoir mal compris, en fait, j’espère, avoir mal compris. Mais je réalise parfaitement ce qu’il me demande. Je frise du nez. Un léger haut le cœur me fait me reculer d’un pas. Je ne peux tout de même pas faire çà ! Je reste un moment interdite pendant que Jean me dévisage de ses yeux glauques. Il se délecte visiblement de mon hésitation et de ma timidité. Et puis, sans le voir, je sens le regard de Mon Maître se poser sur moi.
Une sorte d’engourdissement s’empare de tout mon être. Oui, il va falloir que je le fasse ! … Que je me soumette !
Je prends une profonde inspiration et, mécaniquement, je m’agenouille, près du visage de Stéphanie. Je l’appel doucement par son prénom comme pour la sortir de son sommeil sans la brusquer. Elle ne répond pas. Je m’enhardis et glisse une main sous la masse de ses cheveux emmêlés qui me cache son visage, pour me saisir de son menton. Je lui relève la tête vers nous. Ses grands yeux clairs s’ouvrent enfin. Elle est dans un état pitoyable, des larmes ont marqué des coulures terreuses sur ses joues, délavant le léger maquillage, son menton est collant de liquide poisseux qu’elle a laissé couler de sa bouche et je saisis brusquement de quels liquides ignobles il peut s’agir. Surmontant ma répulsion je la garde dans le creux de ma main tandis que de l’autre j’écarte doucement de son front les cheveux trempés de sueur qui barrent son visage.
Je ne peux m’empêcher de murmurer pour moi même.
- Oh mon dieu ! …Que t’ont-ils fait !
Ses yeux s’éclairent et elle me lance un sourire triste. Elle m’a reconnue !
Et moi je dois mener à bien mon infâme tâche.
Je lui souris à mon tour et tente avec douceur.
- Stéphanie, s’il te plaît… Tu… peux ouvrir la bouche ? …
Je prends un ton le plus navré possible pour lui faire comprendre que je ne peux faire autrement.
- C’est pour… Maître Jean !
Ses yeux abattus me quittent et se lèvent lentement vers la forme qui la surplombe. Elle ne manifeste aucune surprise ni frayeur, elle a l’air perdu dans ses pensées, absente à tout ce qui peut lui arriver. Ses yeux reviennent se noyer dans les miens. Sans attendre, sans même un instant d’hésitation, sa bouche s’entrouvre. Je reste stupéfaite. Son calvaire, sa punition, aurait donc porter ses fruits ? Serais t elle domptée à ce point ? Ou bien est-elle dans un tel état de détresse qu’elle ne réagit plus que par une acceptation fataliste ?
Jean lui, ne se pose pas de question sur l’étonnante nouvelle docilité de Stéphanie. A peine ses lèvres se sont ouvertes qu’il y présente le gland turgescent de sa verge impatiente.
- Ta main, gamine…Ta main !
Il est clair qu’il s’adresse à moi !
Sans le regarder, timidement, à taton, je porte ma main vers le bâton de chair. Il est poisseux du ventre de Laure. Avec répugnance, Je l’avance vers la bouche de la jeune sacrifiée et je n’ai aucun mal à l’y faire pénétrer, faisant disparaître à demi entre les lèvres de Stéphanie le gland de nacre violacée. Elle me lance un regard désespéré puis ferme les yeux.
Jean est impatient, il doit certainement sentir que le temps lui est compté et veut profiter pleinement de l’humiliation qu’il nous impose. Sa main se pose sur la mienne et lui imprime un mouvement de va et vient. Comme je continu sur la lancée, il me libère et pose cette fois sa main sur le sommet de ma tête pour s’y appuyer. Je lâche le menton de Stéphanie et glisse ma main derrière sa nuque soutenant son effort et poussant son visage vers l’avant pour parfaire ainsi son baiser avilissant. Une fois fait, affligée par la tache qui m’incombe, je détourne le regard en fixant le sol. Mais, irrésistiblement, je ne peux m’empêcher de lever les yeux pour retrouver le spectacle de la bouche de Stéphanie distendue par le gourdin de chair qui s’y enchâsse, parfaitement serti de ses lèvres détrempées de salive brillantes de la lumière des torches.
Comme cela serait beau si l’acte n’était pas abject !
De ma main, je continue à traire la hampe épaisse. Jean me caresse le haut de la tête comme pour m’encourager, me flatter.
Stéphanie déglutie nerveusement et respire fort par le nez. Je peux sentir son souffle chaud et saccadé sur le dos de ma main qui enserre le sexe de l’homme. La respiration de Jean s’accélère également, sa main se crispe dans mes cheveux, il murmure d’une voix rauque des encouragements presque inaudibles. Il accompagne bientôt ma masturbation de petits coups de rein discrets mais rapides qui forcent la gorge de Stéphanie et la font gémir de désarroi.
Elle a deviné ce qui va suivre inéluctablement.
Et effectivement elle n’a pas a attendre longtemps. Les reins de Jean se tétanisent soudainement, la hampe qui glisse entre mes doigts enfle et se durcie imperceptiblement, je peux presque sentir la liqueur brûlante passer sous mes doigts se ruant à travers la verge pour aller jaillir au fond de la bouche de Stéphanie. Instinctivement je retire ma main comme si je mettais brûlée. Le gémissement étouffé de Stéphanie me confirme qu’elle vient bien de recueillir l’hommage de Maître Jean.
Je profite de ce qu’il me relâche pour me relever précipitamment et reculer d’un pas. J’ai fait mon devoir ! Et c’est à la limite de ce que je peux supporter. Le dernier homme a jouit de mes attentions… Mais dans quelles conditions ! J’ai le cœur qui bat d’émotion. Je suis bouleversée par ce que je viens d’imposer à Stéphanie et j’ai la tête qui tourne un peu.
Jean se retire lentement de la bouche de la jeune fille. Il a l’air fatigué, lassé. Son corps se tasse comme si un de ses ressorts intérieurs venait de se casser. Son dos se voûte, les plis de son ventre se rassemblent un peu plus et lui donnent l’allure d’un gnome ventru à la peau blanchâtre, livide.
Abandonné, le visage de Stéphanie retombe lourdement sur le bord de la table basse, et je peux percevoir ses toussotements et ses raclements de gorges désespérés pour tenter d’expectorer la semence de l’homme qui souille sa bouche. Jean ne me jette plus un coup d’œil. Il se détourne pour aller récupérer son peignoir blanc posé sur le coté du sofa et je l’entends grommeler en s’éloignant vers la porte.
- Pff ! ... crevé moi… je vais me coucher…

C’est fini… Je ferme les yeux et prend une profonde inspiration pour tenter de retrouver mes esprits. Je me dirige vers le sofa pour récupérer le plateau. Laure a l’air aussi lasse, elle n’a pas quitté la position dans laquelle l’a laissé Jean. Elle m’observe semblant s’intéresser nonchalamment à ma tâche. Je remets le verre de Jean couché sur le plateau. Je lui lance un pâle sourire auquel elle ne répond pas, me redresse et me dirige vers le sofa de Mon Maître pour enfin lui rendre compte de l’acquittement de ma punition.

23 février 2009

Chap. 30. Fille du diable.

Le repas prend fin. Les vins fins servi sans modération par Laure ont échauffé l’atmosphère. Kristale tape dans ses mains pour attirer l’attention des convives qui discutent à bâton rompu dans un joyeux brouhaha.
- Allons Messieurs Dames... Il est temps !
Le silence se fait dés que la Maîtresse de maison élève la voix. Elle se tourne vers Marc et désigne Stéphanie d’un doigt négligeant.
- Maître Marc, je vous laisse préparer Stéphanie pour sa punition !
Un frisson me parcourt le dos. Ainsi c’est l’heure. Mon regard se pose sur le visage de Stéphanie. Elle a blanchi et lance à Marc un regard interrogateur en entrouvrant la bouche d’étonnement. Elle n’a presque rien mangé, attendant pendant tout le repas que se présente l’heure fatidique. Et la voici confronté à ce qu’elle devait redouter le plus.
Marc hoche la tête, se lève en repoussant sa chaise et pose la serviette avec laquelle il s’est essuyé les lèvres. Il n’a pas un regard pour moi. Dans le silence il fait le tour de la table. Stéphanie se tourne vers lui mais ne se lève pas. Sans agressivité Mon Maître se saisit de la chaîne qui pend à son cou entre ses seins nus et l’oblige à se redresser. Stéphanie semble perdue, elle lance un dernier regard implorant à Nicolas et cherche des yeux un soutient dans l’assemblée. En la tirant par sa chaîne Marc l’entraîne vers une porte dérobée cachée par un lourd rideau de velours. Il semble bien connaître ce passage et s’engouffre sans hésitation dans un escalier de pierres sombres. A sa suite, au bout de la chaîne, la malheureuse Stéphanie jette un dernier coup d’œil à la salle, nos regards se croisent. Elle disparaît derrière la lourde porte qui se referme sur elle.
Personne n’ose rompre le silence qui s’est installé, on dirait que tous attendent quelque chose. Même les deux compères du fond de la table se sont tu. Mon regard se fixe sur la chaise vide de Stéphanie essayant de deviner ce qui va lui arriver, je me sens seule, vulnérable, maintenant que Marc et Stéphanie sont partis. Une nouvelle fois Kristale claque dans ses mains, ce qui me fait sursauter et me tire de mes pensées.
- Nous allons passer au petit salon… Laure ! Les liqueurs et les cigares !
Le petit salon est une sorte de boudoir aux murs flanqués de bibliothèques qui cernent un petit foyer. Nul feu dans l’âtre en cette soirée estival, mais je me souviens de la flamme claire qui y dansait cet hiver. J’y retrouve les divans disposés en L sur les coté d’un tapis de laine aux dessins rouges et la table de travail de Kristale. Les hommes prennent place sur les sofas. Sylvie s’agenouille nue sur le sol, aux pieds de son mari. Kristale s’assoit sur le bord d’un fauteuil. Laure distribue les alcools et propose des cigares. Jacques et Jean se servent et allument d’imposants havanes à la flamme que leur tend la servante zélée. Je ne sais pas trop où me mettre, je suis perdue sans Mon Maître et je reste debout, le cœur serré, attendant que la Maîtresse de maison me désigne une place. Cet endroit me met mal a l’aise, ce que j’y ai subit n’y est pas pour rien.
Kristale me jette un coup d’œil narquois et semble se délecter de mon embarras. Elle attend que tout le monde soit servi et que Laure se place debout à ses côtés, les mains dans le dos.
- Isabelle ne fais pas ta timorée, installe toi sur le tapis… A quatre pattes !
Ma nuque se raidit sous l’invite. J’hésite un instant je recherche désespérément la silhouette de Marc en direction de la porte où il a disparu. Comme j’aimerais qu’il revienne ! Toute l’attention de l’assemblée se concentre sur moi. Pierre et Jean se regardent et me sourient, goguenards. Jacques porte le verre de liqueur à ses lèvres et son regard pétille de plaisir. Je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux
- Allons, petite gourde, ne nous fais pas attendre !
L’ordre est sec, il ne souffre pas de refus. Sous le claquement de sa voix ferme je plie un genou, puis deux. Je prends une profonde inspiration, me bascule en avant et m’appuie de mes deux mains sur le tapis de laine. La longue chaîne qui pend à mon cou se love sous moi dans un cliquetis métallique.
Me voici à quatre pattes, comme demandé. Mais pourquoi ai-je écarté les jambes ? Un réflexe que ma inculqué mon Maître certainement ! Le sang bat à mes tempes, une honte intense me gagne et pourtant ce n’est vraiment pas grand chose. Marc m’a déjà fait subir bien pire humiliation… Oui, mais c’était Marc !
C’est ce que semble penser Kristale qui ne compte pas en rester là et lance la conversation.
- Savez vous messieurs que notre chère Isabelle est une authentique petite aristocrate ?
Des murmures d’appréciation se font entendre.
- Et savez vous que c’est dans cette pièce… Sur le divan ou vous êtes assis Maître Jacques, que cette jeune aristocrate a été sodomisée pour la première fois ?
Je ferme les yeux. Si je pouvais m’enfoncer sous terre je le ferais. Mes bras commencent à trembler imperceptiblement. Je baisse un peu plus la tête d’accablement et de honte. Ce que j’ai de plus intime est livré en pâture à l’assemblée toute ouïe. Personne n’ose interrompre Kristale. Elle continue avec son accent hollandais qui me hérisse plus que jamais.
- Et elle a pris un pied formidable à ce dépucelage anal, je n’avais jamais vu çà ! Elle en est tombée dans les pommes… N’est ce pas Isabelle ?
Mon dieu et voilà qu’elle me prend à témoin maintenant ! Il faut que je réponde, je le sais. Je déglutis péniblement et d’une voix presque inaudible sans relever la tête.
- Oui... Oui, Madame !
Comme j’aimerais que ce supplice moral prenne fin !
- Je suis sure que rien que d’en parler cette petite doit mouiller de plaisir… Monsieur Pierre pouvez vous soulever sa jupe et baisser sa petite culotte, s’il vous plaît !
Je me raidis de tout mon être. Une terrible envie de fuir, je grimace intérieurement et me fait violence pour ne rien en laisser paraître. Mais que fait Marc ? Pourquoi n’est-il pas de retour ?
Pierre ne se fait pas prier, il se lève pose son verre de brandy et s’approche de moi. Ses mains se posent sur mes hanches. Je retiens un cri de désarroi lorsqu’il s’empare de l’ourlet de ma jupe et la relève d’un geste vif. Ses doigts glacials se glissent sous l’élastique de ma culotte et la tire vers le bas. Son souffle chaud effleure mes fesses nues dévoilées à l’assemblée. Un murmure enjoué parcours l’assistance. Je suis tendue comme un arc, à la limite de défaillir.
Kristale commente.
- Très joli n’est ce pas ? Mais impossible de voir si c’est une vraie rousse.
Des rires contenus fusent. La voix de Kristale se fait plus dure.
- Vérifier donc si elle mouille, Monsieur Pierre !
Cette fois c’est certain, je vais défaillir. Ma mâchoire se crispe et je me mords les lèvres, un froid mortel me glace le dos et l’esprit.
Je ne peux m’empêcher de lâcher un petit cri lorsque les doigts de l’homme s’introduisent en moi. Deux doigts ! D’un seul coup ! Sans prendre le temps de me caresser. Il ne prend pas de précaution et s’enfonce profondément. J’ai envie de pleurer, mais je ne veux pas leur faire ce plaisir. Mon ventre se contracte sous l’ignoble attouchement mais je ne peux lutter contre une réaction naturelle. Pierre sort et entre de nouveau ses doigts entamant un va et vient comme s’il voulait vraiment s’assurer du résultat pour le proclamer à Kristale.
- Elle est étroite… Mais elle mouille bien, Madame.
Et il ressort ses doigts couverts de liqueur de Cyprine qui viennent de me forcer. Je l’entends renifler ostensiblement dans mon dos.
- Et je crois que je peux dire que c’est une vraie rousse !
Des rires éclatent qui ajoutent encore à ma confusion et à ma honte. J’ouvre les yeux et essaye de me perdre dans les arabesques du tapis rouge une larme perle, tombe et s’écrase sur le moelleux tapis. Personne ne semble l’avoir remarqué.
- On dit que les rousses sont filles du diable et donc … Très chaudes.
Reprend Kristale.
- Son Maître nous fait un beau cadeau en nous la confiant, J’espère Messieurs que vous saurez en faire bon usage.
Jean saute sur l’occasion.
- Fait nous confiance Kristale, ce n’est pas tous les jours que l’ont a une fille d’aristocrate à ses genoux. On va lui apprendre la vie... On avaient commencé avec Pierre ! Il nous faut juste laisser terminer !
Jean fait directement allusion à ce soir infamant ou Kristale avait fermement interrompu ce qui aurait pu être le viol de mon corps par les deux compère. Ce soir là Marc m’avait laisser à la garde de Kristale.
La conversation s’éternise sur mes capacités à les satisfaire. je m’attend à ce qu’a tout moment les hommes décident de passer à des acte plus humiliant . Je ne veux plus écouter leurs sarcasmes. Mes pensée se perdent peu à peu dans les arabesques du tapis. J’essaye ainsi de m’échapper de ma condition de soumise avilie verbalement sous leur yeux. Des yeux concupiscent qui doivent, je le sens presque physiquement, se repaître du plaisant spectacle que je leur offre, à quatre pattes, la jupe relevée sur les reins et déculottée jusqu'à mi-cuisse.
- … Je crois que son Maître y consentira certainement Monsieur Pierre…
- N’est ce pas Isabelle ?
J’émerge brutalement de mes divagations mentales. Je n’ai pas suivi la conversation. Que dois-je répondre ? Qu’a envisagé Pierre ? Je reste un bref moment dans l’expectative ! Je viens de transgresser une des règles que m’a dictée Marc " Tu dois t’intéresser aux conversations…Même si elles te gavent.. "
De toutes les façons le " non " est a proscrire. On n’attend pas d’une soumise qu’elle refuse quoi que ce soit.
- Je…Oui Madame… Je
C’est a ce moment précis que s’ouvre la porte du boudoir et qu’apparaît Marc. Mon cœur fait un bond a sortir de ma poitrine. Enfin ! Le voilà ! Son absence m’a paru une éternité. Mon allégresse est tel que je ne peux me retenir de lever la tête vers lui et lui sourire. Mais je me ravise vite en prenant conscience de la posture dans laquelle il me découvre.

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