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Les Carnets d'Emilie
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Quadra H

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Quadra B

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29 novembre 2008

Chap. 23. Hécate.

Je dépose délicatement mon tee-shirt sur le sol. Après un rapide coup d’œil aux alentours je dégrafe la ceinture de mon jean et m’en extirpe en de petits soubresauts. Un dernier coup de pied pour me défaire du pantalon et me voici nue sous la lune. La lueur spectrale se reflète sur ma peau en un éclat iridescent. Je reste un instant saisie par la pâleur de mon épiderme. Une blancheur presque irréelle, contrariée par le noir intense qu’a remplacé le roux de mes cheveux. Presque religieusement je jette un œil vers la lune bleue qui a le pouvoir inattendu de transformer ainsi la frêle et timide Isabelle en une déesse nocturne au corps de lait et aux cheveux de jais. La transformation sous la lumière n’a pas échappé à Marc et son œil d’artiste Son visage est soudain emprunt de gravité. Ses yeux me dévorent de la tête aux pieds. Il souffle à voix basse, comme pour lui-même.
- Bon sang ! … Comme tu es belle !
Une sourde exclamation qui vient du fond du cœur et me percute de plein fouet. Dans un élan irrépressible, je me presse contre lui. Ses mains brûlantes se posent sur mes hanches et d’un mouvement puissant me bascule à califourchon au-dessus de lui. Nos lèvres se joignent en un profond baiser alors qu’une caresse de feu longe mon dos pour se saisir de ma nuque et que ses doigts viennent se perdre dans le profond sillon de mes fesses entrouvertes.
Est ce la mystérieuse puissance des radiations sélénites ? Cet instant de liberté totale ? Ou même le péril de notre situation, entouré de couples qui se livrent, peut être, aux même ébats ? Je ne saurais le dire ! Mais ce soir je me sens louve à l’appétit insatiable. Un torrent de feu coule dans mes veines, des bourdonnements envahissent mes oreilles, j’ai envie de Mon Maître comme jamais je n’ai eu envie de lui. Mes mains glissent fébrilement sous ses vêtements glissant jusqu'à sa ceinture. Lâchant sa bouche, je me recroqueville et glisse le long de son torse. Mes mains ont enfin trouvé le pieu de chair brûlante et je n’ai qu’une hâte c’est de le goûter, de le glisser entre mes lèvres pour offrir à Marc la plus torride des caresses. Lui montrer à quel point je peux être sa chienne intentionnée. Je ne suis plus moi-même ! Moi qui d’habitude suis si rétive a l’idée même de cette caresse humiliante je me retrouve nue aux genoux de Mon Maître prise d’une frénésie incontrôlable, la bouche engloutissant sans sourciller le membre d’ivoire en voulant en extirper dans une ferveur passionnée la sève salvatrice. Ses mains se posent sur ma tête, sur mes cheveux noirs, accompagnant et forçant le va-et-vient profond qui fait buter son sexe au fond de ma gorge. Peu m’importe mon inconfort et les possibles regards contemplant ma déchéance, je veux l’absorber en entier. Je n’existe plus, je n’ai plus qu’un but, jouir et faire jouir. Mon esprit se dédouble et la timide Isabelle contemple, effarée, son corps laissant libre course à ses pulsions.
J’avais déjà remarqué auprès des animaux cet atavisme qui les font s’agiter les nuits de pleine lune. Les chevaux qui s’ébrouent de nervosité dans leurs box. D’ailleurs tout le monde le sait au haras qu’il faut redoubler de précaution ces nuits là ! Une ruade imprévisible est vite partie. Des soirs où j’ai toujours du mal à m’endormir, ce que j’avais attribué à la tension impalpable et au vacarme assourdi qui règnent alors dans les stalles. Mais ici ? Ce n’est certainement pas un hasard si Marc m’a conduite dans ce lieu magique ! Et a ce moment de pleine lune. Mais avait-il prévu que sa douce Isabelle deviendrait l’espace d’un moment son démon succube ?
Ma bouche n’est pas assez grande, pas assez profonde, j’en veux plus ! De dépit j’accélère la cadence et mes cheveux viennent battre son ventre. Mon corps s’enflamme, mon sexe s’ouvre convulsivement. Je le veux en moi, maintenant !
Le tenant toujours d’une main ferme, j’abandonne la fervente succion. Dans un éclat de lumière lunaire je distingue le membre opalescent fièrement dressé, luisant de salive, ma salive ! Oh ! Vite, vite ! J’émets un petit cri de chatte énamourée à peine réprimé. Hâtivement je me replace à califourchon sur Mon Maître présentant d’une main fébrile le gland turgescent à l’orée palpitante de mon ventre en feu. Pas de préliminaires, cela n’est pas nécessaire, je suis inondée et brûlante d’impatience. D’un coup de rein volontaire je m’empale profondément sur le pieu d’ivoire. Sa progression est foudroyante, écartant sans peine les parois étroites de mon vagin. Un arc électrique pulse et éclate au fur à mesure de sa progression. Je suis sur le point de crier mon plaisir de le sentir ainsi si intimement en moi lorsque dans un éclair de lucidité je me rappelle les gens autour de nous. Je porte vivement la main à ma bouche et en mords cruellement le dessus pour étouffer mon cri de volupté. Je me laisse retomber sur la poitrine de Marc et me saisis de sa tête enfouissant mon visage près de son oreille. Malgré la fraîcheur de l’air je suis en sueur et halète comme une forge, presque a en suffoquer. Il me faut reprendre mon souffle, mais Marc ne m’en laisse pas le temps. Ses deux mains se posent sur mes reins et leur impriment un léger mouvement de va et vient forçant ainsi un peu plus l’écartement de mes cuisses de part et d’autre de son corps et achevant sa pénétration. Gagnée part le rythme, je m'agite à mon tour de plus en plus vite. De petits coups de reins qui s’amplifient peu à peu. Son doux glissement à l’intérieur de mon ventre échauffe tout mon être et mettent le feu a mon corps. J’embrasse frénétiquement le visage aimé. Sa bouche bâillonne mes petits cris de pâmoison. Une passion hystérique me gagne et mes cris étouffés de plaisir en témoignent au monde.
Un premier flash passe devant mes yeux me laissant tétanisée, hébétée. Puis un deuxième, qui me fait revenir à la réalité. Marc réagit plus promptement ! D’une main rapide il se saisit du pan de la couverture laissé libre par mon absence et d’un violent coup de rein la rabat par-dessus nous, cachant ainsi nos corps à la lune, tandis que des voix indignées de protestations éclatent dans la nuit.
- Hooo Là...
- C’est interdit ici les photos…
- Salauds…
- Foutez-nous la paix, foutez le camp…
Sous la couverture, Marc ricane doucement.
Je viens de comprendre ce qui viens de se passer. Ces éblouissements ce ne sont pas ceux d’un orgasme à venir. Non ! Quelqu’un dans la nuit a pris des photos au flash. Qui a été ainsi immortalisé ? Nous ou bien un autre couple ? En fait peu m’importe, mais la timide Isabelle vient de reprendre le dessus. Je me sens soudain terriblement mal à l’aise et vulnérable. Et j’en veux tout autant à ces perturbateurs d’avoir ainsi cassé le charme qui m'ensorcelait. Dans la nuit bleue les éclats de voix se prolongent et s’apaisent peu à peu. J’ai retrouvé mon souffle et mon corps se détend. Mon Maître caresse doucement mes cheveux et le bas de mes reins, comme pour me calmer. Il a sentit mon angoisse naissante. Je suis toujours empalée sur lui et j’aime sentir sa puissance en moi. Rassurée, je pose ma tête dans le creux de son épaule. La couverture qui nous enveloppe nous fait un cocon et me protège de la fraîcheur de la nuit et du regard des autres. Les palpitations de sa verge fichée dans mon ventre m’incitent à onduler doucement la croupe pour faire renaître le plaisir et continuer nos ébats interrompus. Langoureusement, a petits coups feutré j’ébauche un lent mouvement le long du piston huilé. De nouveaux je me sens chienne et ma respiration s’accélère. Je me redresse sur les coudes sortant la tête de dessous la couverture et me cambre pour parfaire sa pénétration. Je veux Mon Maître au plus profond de mon vagin ! Ses mains sur mes hanches rythment la cadence. Je retombe de nouveau sur sa poitrine lâchant à son oreille mes petits glapissements étouffés de plaisir. Peu à peu une vibration puissante monte de mon ventre et embrasse mes reins. Je réprime comme je peux mes soupirs qui risquent de devenir cris de jouissance et me signaler aux alentours. Je me mords les lèvres mais rien ne m’empêchera cette fois d’aller au bout de la folle chevauchée.
Rien ! Sauf la main de mon Maître qui se pose brutalement sur mon cou s’emparant de mon collier de cuir en le tirant fermement en arrière, et ainsi, stop net mes mouvements.
Sa bouche se tourne vers mon oreille.
- Arrête Isabelle… Je ne t’ai pas donné l’autorisation !
L’autorisation ! L’autorisation ? Celle de prendre mon plaisir ? Mon dieu comme c’est cruel ! Stupéfaite je redresse la tête et me retrouve face à lui.
Ses mains quittent mes fesses et viennent encadrer mon visage. Ses pouces se posent de chaque coté de ma bouche.
- Il te faut demander !
Je reste dans l’expectative, mais je devine ce qu’il est en train de faire. Il sait à quel point je vais avoir du mal a verbaliser mon désir. Me donner à lui ce soir est facile, facile aussi de l’écrire, mais le lui dire de vive voix ! Ma timidité reviens au galop et je sens mes joues s’empourprer
- Tu as compris Isabelle ?
Je réponds à voix basse presque inaudible.
- Oui… Oui, Monsieur !
Je tente de baisser la tête pour échapper à son regard et trouver le souffle nécessaire, mais ses mains m’en empêchent. A la clarté de la lune il veut goûter la honte et le désarroi qui s’empare de moi lorsque je fais ma demande.
- Monsieur, … Je… Est ce que je…
Une bouffée de chaleur intense envahie mon visage. J’ai l’impression que je vais m’évanouir, ma voix s’étrangle. Ho mon dieu ! Comme cela est difficile, presque au dessus de mes forces. Et ses yeux qui ne me quittent pas et plonge au plus profond de mon âme brutalisée !
- Je…Est ce que je… Je peux…jouir ? S’il vous plaît ?
J’ai susurré le mot jouir d’une façon presque inaudible. Un éclair de lune bleue glisse sur ses yeux et il esquisse un sourire désarmant.
- Non, non Isabelle il ne s’agit pas de çà !
Il claque la langue contre son palais comme il le fait lorsqu’il est contrarié.
- Il faut que tu demandes… Que JE jouisse en toi !
Mon âme se recroqueville sous l’effet de la stupeur. La tête me tourne. L’atmosphère est redevenue très sérieuse tout à coup. En une parole, en un ordre et désir de mon Maître, la jeune nymphe débridée redevient la timide étudiante rouge de honte. Jamais je n’ai exprimé mon désir en des mots si crus et encore moins de cette façon. Je souffle un peu et baisse les yeux. Mécaniquement, les paroles si humiliantes s’échappent par bribes de mes lèvres.
- Je... Est ce que…vous…vous pouvez… Jouir… En… En moi ! S’il vous plaît ?
La pression de ses mains sur mon visage se relâche. Elles viennent se reposer à plat sur le haut de mes fesses et leur imposent un petit mouvement de bascule tandis qu’il soulève son bassin me pénétrant ainsi plus profondément encore. Je ne le quitte pas des yeux. Je n’ose pas ! Des yeux d'émeraude, sombres comme un lac de montagne reflétant la lune omniprésente, qui soutiennent mon regard et observent mes réactions pendant que j’accompagne le doux va et vient de léger coup de rein.
Il ne sourcille même pas lorsqu’un chaud liquide coule au fond de mon ventre. Mes yeux toujours dans ses yeux. J’ouvre la bouche de surprise et ne peux retenir un petit cri de contentement en recevant ainsi son offrande. Une offrande à la déesse de lune que je suis ce soir, l’espace d’un instant, entre ses bras.

Il n’a pas fallut longtemps pour rentrer à mon appartement. Il m’a accompagné à l’intérieure. Nous avons bu un verre. De nouveau il m’a fait l’amour, simplement puissamment, rapidement, sans un mot, et m’a laissé, épuisée, sur le lit de draps blancs, baignée par la clarté de la lune déclinante.
Le soleil se lève chassant les dernières vapeurs de cette nuit magique. Paresseusement je glisse une main sur mon ventre. Du sperme séché, sa semence macule l’intérieure de mes cuisses. Je n’ai pas pris de douche après son départ, j’ai sombré immédiatement dans un sommeil profond. Je souris, j’ai le temps ! Mon Maître m’a laissé ma journée libre. Ce soir il vient me chercher, il va m’emmener. M’amener à son bras, ou peut être au bout d'une chaîne, à cette soirée de Kristale…La récréation est terminée… Pensivement je caresse mon collier de cuir…
Et je serais prête !

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2 avril 2008

Chap.4. Retour à l'atelier.

Il fait beau et sous le soleil je traverse la place du village à larges enjambées. Au fur et à mesure que je m'approche de la bâtisse mon pas ralenti et mon cœur s'accélère. Je m'arrête presque devant les hautes fenêtres. Je jette un œil vers l'atelier mais je n'arrive pas à distinguer l'intérieur, les rideaux sont tirés. Je prends une profonde inspiration et me dirige vers l'escalier de pierre que je grimpe quatre à quatre.
Lorsque j'entre c'est le carillon qui m'accueille. Un tintement métallique qui résonne dans la salle d'exposition. Je referme délicatement la porte derrière moi. De l'atelier me parvient de la musique assourdie par le rideau qui sépare les deux salles. Je prends le temps de regarder les œuvres au mur A droite deux immenses dessins que je ne connaissais pas, un bleu et un marron. Des pieds fermement tenus et soulevés de terre et une jeune femme qui semble prisonnière de son cadre de verre et qui en essuie la buée pour mieux me regarder….
Je m'avance et écarte le rideau. Aussitôt le parfum de térébenthine me parvient plus fortement et je me laisse griser par ces retrouvailles avec l'atmosphère particulière qui émane des lieux. J'entre timidement en laissant retomber le rideau derrière moi. Je m'avance d'un pas, Il est là, nonchalamment assis sur le canapé de cuir noir qui a connu mes premières humiliations, une tasse de café fumante posée sur l'accoudoir. Il dessine fébrilement dans un carnet à dessin relié de cuir. Il ne porte aucune attention à moi, pourtant je sais qu’il m’a entendu entrer. Je reste un moment sans savoir trop quoi faire. N'y tenant plus je me dirige vers le petit vestiaire pour me déshabiller et me présenter nue devant lui.
-
Non !
Sa voix est juste assez forte pour couvrir la musique envoûtante de Dark Sanctuary qui empli l'espace. Je reviens sur mes pas et présente devant lui. Je n'ose pas parler. J'écarte les jambes, baisse la tête et met les mains dans le dos dans une position d'attente qui paradoxalement me calme et me rassure. Un long moment se passe. Je le regarde dessiner. Des bijoux à venir, des bagues, des colliers, des arabesques et des signes de construction que seul lui peut comprendre. Sans lever la tête il me lance.
-
Baissez votre pantalon !
Sans hésitation mais un peu déstabilisée par l’emploi du vouvoiement, je détache la sangle qui me sert de ceinture, j'ouvre largement la braguette du jean et délicatement je le fais glisser à mi-cuisse libérant le tee-shirt qui couvre ma poitrine et retombe au raz du haut de mes fesses et de mon ventre parfaitement épilé. Je reprends immédiatement la pose du mieux que je peux, entravé que je suis par le pantalon baissé. L'air frais qui passe par la fenêtre ouverte de l'atelier se glisse entre mes jambes. Une caresse rafraîchissante qui adoucit la chaleur intense qui vient de se déclencher dans mon ventre.
-
Vous avez bien dormi Mademoiselle ?
Il fait allusion à l'ordre étrange qu'il m'a donné hier. Il veut savoir l'effet produit.
-
Pas trop bien Monsieur. Je… Je vous attendais !
J'hésite à lui faire part du cauchemar qui m'a terrorisé l'espace d'un instant.
-
Et j'ai fait un cauchemar !
Il s'arrête de dessiner, lève enfin ses yeux clairs vers moi. Il ne semble pas faire attention à ma demi-nudité et au spectacle de mon ventre offert à son regard. Mais je rougis violemment. Ce qui le fait sourire. Ma propension à rougir pour la moindre émotion le met toujours en joie.
-
Vous m'intéressez... racontez-moi !
-
Des... Des hommes étaient entrés par la porte que vous m'aviez demandé de laisser ouverte… Ils étaient autour de moi, ils m'observaient. Ils… Ils me voulaient… Ils…
-
Des hommes ?
Il appuie sur le "Des".
-
Oui, Monsieur... Plusieurs...
-
C'est un de vos fantasmes d'être à la merci de plusieurs hommes ?
Je ne m'attendais pas à cette question. Elle me déconcerte. Je ne peux cacher mon trouble et mon hésitation à répondre à une si perfide question. Et pourtant il a peut être raison… Je repense à l'étrange excitation qui m'animait à mon réveil… Et le fait que je ne me souvienne pas de la suite de mon rêve !
Etait-il si licencieux que mon esprit l'a oblitéré, refoulé ?
-
Je… Je ne crois pas Monsieur !
-
Vous ne croyez pas ou vous ne savez pas ?
-
Je… ne sais pas !
Il
réfléchit pendant un instant portant la main à son menton. Puis il reprend en murmurant, comme pour lui-même.
-
Il va falloir que je t'aide à résoudre ça !
I
l relève la tête et me fixe avec un large sourire. Ce sourire qui augure les plus lumineuses des idées comme les plus sombres desseins me concernant. Je prends peur. Je sais à quel point Marc est capable d'exploiter la moindre de mes angoisses pour agrémenter ses jeux. Le silence qui suit est pesant. C'est le carillon de la porte qui va briser ce silence.
Quelqu'un est en train d'entrer !
Un froid glacial me court le long du dos, dans un mouvement de panique je fais mine de remonter mon pantalon pour couvrir mes fesses dénudées. D'un bond Marc s'est levé et d'un geste il me dissuade d'aller au bout de mon intention. Le pantalon retombe sur mes genoux. D'un pas rapide il se dirige vers le rideau et disparaît derrière. Je ferme les yeux, une angoisse serre ma gorge, et si les visiteurs entraient ici ? S’ils me voyaient au milieu de l'atelier le cul nu, jambe écartée, les mains dans le dos... Les mains dans le dos ? Je reprends rapidement la pose et tends l'oreille pour essayer de deviner ce qui se passe dans la salle d'exposition.
C'est un groupe qui vient d'entrer. Ce n'est pas très étonnant le village médiéval est beau et est parcouru en été par un flot incessant de touristes. Les paroles de bienvenues de mon Maître me parviennent étouffées, couvert par les nombreux pas des personnes qui déambulent dans la salle. Des exclamations, des questions, des étonnements. Un jeu relationnel auquel se prête Marc avec une audible délectation. J'imagine ses pensées qui vont vers moi. Vers la jeune fille presque nue dans une pose indécente qui l'attend juste derrière un voile de tissus. Une onde vibrante me parcourt et mon ventre se liquéfie. Joie et peur mêlées.
Sa voix un peu plus forte.
- Je vous laisse admirer, je reviens dans un instant…
J'entends le rideau s'entrouvrir rapidement et ses pas se rapprocher de moi. Son souffle dans mon cou, un baisé chaud sur ma nuque une main qui effleure mes hanches.
-
Caressez-vous Mademoiselle !
Il n'attend pas de réponse. Il sait qu'il va être obéit. Il repart immédiatement rejoindre les touristes de passage.
Ma main droite quitte mon dos et doucement vient se poser au bas de mon nombril. Sur ma peau brûlante, elle glisse vers la rose entrouverte et en rencontre le tendre bourgeon A son contact une onde électrique parcourt mon ventre. Mon ventre s’amollit, mes cuisses s’écartent, mon doigt s’introduit délicatement dans la fente onctueuse.
Dans la salle, derrière mon dos, les discussions reprennent. Un moment d’angoisse lorsque j’entends à travers un brouillard cotonneux les visiteurs demander s’ils peuvent voir l’atelier. Je suspends ma caresse et tend l’oreille, mon cœur s’accélère. C’est avec soulagement que j’entends Marc décliner l’impossibilité de visiter l’atelier. Tranquillisée, je reprends mon intime masturbation. Mes doigts sont maintenant couverts de liqueur de Cyprine. Les frottements en sont plus suaves, plus voluptueux je sursaute de temps à autres sous l’effet d’un arc électrique qui traverse mon ventre, je me pince alors les lèvres pour ne pas gémir.
Enfin les visiteurs quittent la salle d’exposition. La porte se referme dans le cliquetis cuivré du carillon. J’entends distinctement le bruit de la serrure que l’on clenche pour interdite une nouvelle visite impromptue. Des pas derrière moi. Mon Maître vient se poster dans mon dos. Seule sa voix me parvient calme et posée.
-
Penchez-vous en avant, Mademoiselle !
Sans même hésiter tout en continuant à me caresser, j’essaye d’écarter encore un peu plus les jambes, gênée par mon pantalon. Je baisse la tète et me penche en cambrant les reins. Ses doigts remonte mon tee-shirt sur mes reins, frôlent mes hanches, s’attardent sur mes fesses tendues vers lui, se glissent entre mes jambes et viennent rejoindre mes doigts qui s’activent en moi. Le simple contact de nos mains qui se touchent en un endroit aussi intime déclenche en moi une joie ineffable. J’ouvre le bouche et exhale un soupir de contentement.
-
Vos mains sur la tête Mademoiselle.
A regret, je m’exécute quittant la douce moiteur et plaçant mes mains croisées et humides sur le sommet de ma tête. Me forçant ainsi à me cambrer un peu plus.
C’est maintenant la main de mon Maître qui prend le relais de mes caresses. Mais plus fortes, plus rude. C’est deux doigts qui s’enfoncent profondément en moi. Mes caresses ont préparé le passage. L’humidité de ma jouissance facilite son introduction. Il ne s’en prive pas, prodigue alors à ses doigts un rapide mouvement de va et vient, me secouant de la tête aux pieds. Sa main gauche vient ceinturer mon ventre et assurant ainsi sa prise, c’est un troisième doigt, puis un quatrième qui viennent porter main forte aux deux premiers et distendent sans vergogne les parois de mon sexe. Je pousse un cri de surprise et souffle bruyamment. J’ai l’impression que c’est la main entière qu’il veut entrer en moi par le délicat passage. Le mouvement de va et vient s’accélère et je ne peux maintenant retenir un long vagissement de plaisir sous les coups qui me pénètrent et me distendent. Les yeux écarquillés, je suis à la limite de hurler lorsque s’arrête soudainement l’odieuse inquisition. La main qui me maintient le ventre pour m’empêcher de basculer vers l’avant pendant le rude assaut remonte sur ma poitrine et me redresse. En deux pas Marc se place face à moi. Il m’observe un instant tenter de reprendre mon souffle encore éberluée par la violence de la caresse. Il monte sa main droite devant mon visage. Elle est luisante de liqueur de Cyprine. Qu’il me montre ainsi le résultat de ma jouissance me met mal à l’aise. Je détourne les yeux l’espace d’un court instant, les joues en feu.
Il pivote un instant son poignet pour observer sa main sous tous les angles et la tend vers ma bouche.
-
Léchez s’il vous plaît, Mademoiselle !
Je prends une profonde inspiration, tend mon visage vers sa dextre et prend un des doigts tendus dans ma bouche. Je retrouve le goût de mon intimité. Je le regarde pendant que je m’active mais je suis interrompu par un petit claquement de langue.
-
J’ai dit léchez, Mademoiselle…. Pas sucer !
Je relâche aussitôt la prise autour de sont index. Je me mouille les lèvres et presque amusée entreprend de lécher méthodiquement les doigts écartés de mon Maître. Il semble particulièrement apprécié cette caresse. Son visage s’éclaire.
-
C’est très bien. Je sens que je vais pouvoir faire de vous une brave petite chienne, Mademoiselle.
J’accuse le coup. Je n’aime pas lorsqu’il me nomme ainsi. Et il le sait.
-
Nous allons avoir une quinzaine chargée… Nous allons commencer par quelques séances de pose dés demain. J’ai besoin de toi pour des œuvres un peu spéciales…
Je l’écoute attentivement tout en léchant ses doigts. J’adore les séances de pose. Il en sort toujours de magnifiques œuvres qui me ravissent.
-
De plus Kristale va venir te rendre visite… Elle t’attend avec impatience.
Kristale ! Sentiments mêlés de crainte, de curiosité, d’intérêt aussi et à mon corps défendant un certain élan de tendresse. L’évocation de son nom fait jaillir des évocations à la fois douloureuse et sensuelles. Kristale... Une femme magistrale qui a de singuliers effets sur moi. La première qui m’aie caressé et la première que j’ai caressée, sous la contrainte il est vrai ! La pression de ma langue sur les doigts de mon Maître se fait plus langoureuse.

Je me suis couchée tôt ce soir. Mon Maître ne m’a pas donné l’autorisation de me caresser. Je me tourne et me retourne dans mon lit. Le sommeil ne vient pas. D’indécentes visions m’assaillent. Mon ventre se mouille lorsque je couche sur le carnet a spirale l’histoire de ces premières journées. Quelques pages noircies couvertes d’une écriture nerveuse, souvent raturées. Je fais jouer entre mes doigts le gros bloc de feuilles vierges qui vont recevoir mes prochains tourments. Je soupir, repose le carnet et le stylo sur la table de chevet, écarte largement les jambes le drap se moule sur mon ventre brûlant. Mes doigts viennent caresser le cuir du collier d’apparat qui ceinture mon cou et rencontrent l’or de ma croix de baptême. Leur proximité me fait sourire et me provoque une vague de honte vite refoulée. Presque par réflexe, comme si elles ne m’obéissaient pas mes mains viennent ses poser sur mes seins. En chœur mes pouces en titillent les pointes qui durcissent sous la caresse. Je me mords les lèvres. Non… Je ne dois pas… J’ai promis.

4 mars 2008

Chap15. Claire et Sandy

La Maison de Claire est dans le hameau de la Rabustiere. A quelque pas de chez moi. Nous nous y sommes rendu en vélo. Sur les chemins déserts, sous le soleil, Carole est aux anges. Elle se tourne fréquemment vers moi en souriant.
Claire nous attend sur le pas de la porte au fond de la cour d'une petite maison bourgeoise aux volets vert pâle coquettement agrémentés de géranium. Elle se porte au devant de Carole et l'embrasse sur la bouche. Elles se regardent longuement, sans un mot, comme le ferais deux complices de longue date. Un éclair de jalousie me traverse. Puis Claire se tourne enfin vers moi.
- Bienvenu Emilie j'espère que tu seras une élève attentive. Sandy est à l'intérieur, … Elle nous attend !
Elle fait volte face. nous la suivons, traversant en silence le hall et un long couloir sombre. Tous les volets de la maison sont fermés. Une lumière jaune et vacillante brille dans le salon. Des bougies sont disséminées un peu partout et y diffusent une clarté ambrée. Au milieu de la pièce se trouve Sandy. Entièrement nue, à genoux, les jambes largement écartées, les mains croisé dans le dos, la tête baisée. Exactement la même posture que m'avait fait prendre Carole la veille. Je suis un peu gênée, mais cela ne semblait pas troubler Claire et Carole qui s'assoient côte à côte sur le sofa. Je fais mine de les rejoindre. Claire m'arrête d'un geste.
- Tu t'assoies par terre, … A nos pieds.
Je lance un regard interrogateur à Carole qui acquiesce d'un hochement de tête. Je m'assoie donc à leurs pieds, à quelques centimètres de Sandy qui n'a pas bougé.
Claire s'éclaircit la gorge et me regarde droit dans les yeux.
- Tu es mon invité pour que je t'explique ce que Carole attends de toi…
Nous y voilà donc !
- Sache tout d'abord que rejoindre notre Assemblée se mérite. Je pense que Carole compte sur toi pour ne pas la décevoir.
- Carole t'a demandé d'être sa soumise et tu as accepté. A ce jour tu peux encore changer d'avis, mais une fois que tu auras prêté serment tu ne pourras plus reculer.
Je savais cela, Carole me l'avait dit. Je me sentais prête à tout pour elle.
- Carole m'a dit que tu étais vierge, et que tu avais tout à apprendre… C'est à elle que revient cette tache… Comme c'est à moi que reviens la charge d'éduquer Sandrine.
Elle ne l'a pas appelé Sandy, cela accroît encore la solennité de la déclaration. Nous ne sommes plus entre simples copines !
Elle continue son exposé.
- L'assemblée compte toujours sept membres ; Carole bien sur, Sandrine "Sandy" ici présente,- Elle jette un œil vers la statue vivante à côté de moi.- Stéphanie, Edwige "Virginie", moi, que tu connais et Solange la présidente de l'assemblée qui nous rejoindra d'ici trois semaines… Tu as l'honneur de pouvoir devenir le septième maillon.
Je réfléchis rapidement me souvenant du logo de la carte d'invitation. Il comportait quatorze maillons ! J'allais poser une question concernant les sept autres maillons, mais je me ravisais.
- Pour cela il te faudra être d'une obéissance totale à Carole. Comme Sandrine m'obéit totalement ?
Elle marque une pose. Son regard se tourne vers Sandy.
- Sandrine ?
- Oui Madame !
Répond Sandy toujours la tête baissée.
- Regardes-nous !
Elle lève la tête et me jette un rapide regard embarrassé.
- Redresses-toi !
La jeune fille s'exécute et se redresse sur ses genoux
- Caresses toi !
Claire a donné l'ordre d'un ton neutre sans passion. Les mains de Sandy quitte alors lentement son dos et se promènent sur sa poitrine. Le rouge de ses joues s'accroît un peu plus.
- Plus bas, Sandrine ! Ne fait pas ta mijorée !
Sans hésitation, les mains gagnent l'entrejambes et les doigts en massent l'ouverture de sa vulve.
La scène a sur moi un drôle d'effet. Gênée, je détourne le regard, resserrant mes cuisses en changeant de position. Ce qui n'a pas échappé à Claire. Elle me désigne à Carole d'un geste du menton qui se tourne alors vers moi et dis d'un ton sec.
- Regardes…Et prends des leçons.
Je me tourne vers Sandy, la détaillant à loisirs alors qu'elle s'active en de douces caresses.
Sandy est plutôt jolie. Elle a dans les 19 ans au plus et donc beaucoup plus jeune que Claire. Une peau hâlée qui luis sous la lumière dorée des bougies. Un corps au galbe parfait, bien que menu, au sexe parfaitement épilé. Un joli visage régulier orné de beaux yeux marrons, encadré d'une chevelure libre, châtain, moiré d'acajou. Elle porte autour du cou une très fine chaîne d'or ou pend une perle qui capte la lumière de sa peau. Une bouche finement ourlée de lèvres purpurines qui commencent à s'entrouvrir sous l'effet de ses propres caresses. Son souffle s'accélère et je ne peux manquer de la trouver belle, s'exposant ainsi à la demande de Claire. Carole reprend la parole et me demande.
- Tu ferais çà pour moi Emilie ?
Je rougis violemment, mais je ne peux répondre que par l'affirmative. Je la fixe droit dans les yeux.
- Oui, Carole… Pardon ! Oui, … Madame.
Satisfaite de la réponse elle s'en retourne à la contemplation de Sandy qui maintenant émet de petits cris plaintifs et se frotte de plus en plus rapidement l'entrejambes. Elle semble nous avoir oubliée et se laisse allez à un plaisir impudique.
- Cela suffit Sandrine.- Intervient Claire - Met toi à quatre pattes maintenant !
Sans hésitation Sandy prend la position qu'il lui est demandé.
- Tu es une bonne chienne, …Tourne autour du tapis... allez !
Sandy se met alors à décrire de larges cercles à quatre pattes, passant régulièrement devant nous. Claire en profite pour flatter sa croupe à chaque passage.
Le mot de "chienne" m'a fait sursauter intérieurement. Son évocation me tiraille entre l'indignation et le plaisir malsain de le voir s'appliquer ainsi à un être humain. Mais de voir ainsi Sandy obéir et accepter ce jeu humiliant est encore plus pour moi source de fascination. Je crois que c'est à ce moment que j'ai compris que je voulais être pour Carole ce que Sandy était pour Claire.
J'ai regardé avec fascinantion celle que je commence à considérer comme ma Maîtresse…

21 février 2008

Chap.5. Entre Mon Maître et moi.

Une vive clarté se glisse sous mes paupières. Marc vient de tirer d'un coup sec les rideaux de la chambre. Une odeur de moka flotte dans la pièce. Je m'étire et m'empare de l'oreiller de coton blanc que je presse contre ma poitrine. Je cligne des yeux et me réveille doucement. Sur le parquet l'ordinateur est encore en marche et son écran de veille semble m'attendre. Marc est déjà habillé, il s'assoit en tailleur sur le sol et me tend une tasse de café en souriant.
-
Il est temps de vous lever Mademoiselle.
Je souris à mon tour. M'empare de la tasse.
Je bois une gorgée. Et sans le regarder, timidement, je murmure à voix basse.
-
Et si vous vous recouchiez Monsieur ?
Je ne regrette pas mon effronterie, j'en ai vraiment envie. Mais les mots que je redoute le plus, ceux que je n'aurais jamais voulu entendre finissent par cingler mes oreilles.
- Il faut que je parte !
Ma poitrine se glace, une boule gonfle dans ma gorge. Déçue, je baisse un peu plus la tête vers ma tasse de café et murmure.
-
Oui, Monsieur !
Ce n'est pas un assentiment. C'est une acceptation.
Nous sirotons en silence le café amer et brûlant. Cela achève totalement de me réveiller. Marc se relève et se dirige vers la cuisine certainement pour se servir une autre tasse de café. Je me déplie, m'étire et me lève. Nue, je le rejoins dans la cuisine. Je m'approche de la cafetière et me colle innocemment contre lui en tendant ma tasse vide. Il ne répond pas à mon avance à peine voilée. Il me sert, repose la carafe de verre, se dégage de mon étreinte et se dirige vers l'entrée. Une profonde déception s'empare de moi, presque une envie de pleurer devant cet abandon.
Je bois une gorgée du liquide brûlant. Repose la tasse et cédant à une brutale impulsion je le rejoins en trois enjambées rapides. Il se penche vers moi pour me dire en revoir. Nos lèvres se joignent nos langues se rencontrent. Je m'enhardis, lève des jambes contre son flan. Enfin ses mains se posent sur mes hanches. Je crois défaillir lorsqu'elle commence à s'égarer entre mes fesses. Mon baiser se fait plus profond, sa caresse plus intime. Je glisse mes mains sur son ventre et maladroitement dénoue sa ceinture de cuir. Il se laisse faire. Je sais que j'ai gagné, qu'il ne résistera pas.
Comme un couple de danseurs enlacés nous nous déplaçons à pas lents vers la salle de séjour. Marc me pousse contre la table du salon, glisse ses mains sous mes cuisses et d'une impulsion me hisse sur la table encartant mes jambes et me renversant sur le bois. Il ne lui faut pas longtemps pour achever l'ouverture de son pantalon. Un feu intense brûle mes reins et c'est un vague vibrante qui l'accompagne lorsqu'il me pénètre d'un coup de rein vigoureux. Je manifeste mon contentement par un cri de bienvenu, cambre les reins et me crucifie sur la table en écartant les bras et les cuisses. Je l'ai voulu, passionnément, et je m'offre totalement à son assaut. Ses mains s'emparent de mes seins les caresses doucement et peu à peu l'effleurement se fait plus ferme, plus volontaire, presque agressif. Mon corps sursaute sous les coups de boutoir et peu a peu mon esprit s'envole, mon souffle s'accélère et je ponctue chaques ébranlements par les gémissements de la sacrifiée. Il ajuste de temps à autre mes fesses en équilibre sur le bord de la table et en profite pour glisser ses doigts entre nous et masser sans douceur mon clitoris gonflé parcouru de salves pétillantes. Le rythme s'accélère. Les pénétrations deviennent plus appuyées. Une vague électrique fluctue le long de mes reins ma respiration se bloque, ma tête semble éclater. Dans un dernier spasme il se couche sur moi et enfonce son pouce mouillé de liqueur de Cyprine dans ma bouche. Mon ventre se resserre autour du pylône qui répands dans l'étroit canal une incandescente liqueur d'amour. Dans une dernière crispation de tout mon être, je ceinture sa taille de mes cuisses pour parfaire notre union.
Je halète encore de plaisir lorsqu'il se penche à mon oreille et, toujours son pouce dans ma bouche, il murmure.
-
Vous êtes bien entreprenante Mademoiselle ! Un peu trop d'ailleurs. Vous oubliez que c'est moi qui dois décider.
Son ton est sévère. Pour toute réponse je ne peux que suçoter le pouce qui fouille ma bouche. Je suis satisfaite du tour que je lui ai jouée
Il se relève brusquement. Son pouce quitte ma bouche. Il me prend par les cheveux et me force à me redresser. Dans le même mouvement il quitte mon ventre. Il y a de la colère dans son geste. Tirée par les cheveux je ne peux que suivre le mouvement. Il me relève et me descend de la table sans douceur.
-
A genoux Isabelle !
Il n'a pas crié mais son intonation est dure, inflexible. Je suis encore perdu dan les nuages de ma béatitude. Machinalement je m'agenouille, écarte les jambes, met les mains dans le dos et baisse la tête. L'attitude d'une parfaite soumise pour atténuer son courroux. Toujours aussi durement en poussant sur mon front il me force à relever le visage vers lui.
-
Voies ce que tu as fait… Je n'ai plus le temps de me changer !
Je cligne des yeux. Son membre me surplombe fièrement. Luisant de nos sécrétions, de liqueur et de sperme.
-
Nettoie le, Vite, je n'ai pas que çà à faire.
Je lui jette un regard apeuré. Oh non ! Il ne peut pas me demander çà ! Pas ce matin ! Alors que je pensais terminer sur une douce étreinte amoureuse. Me voici de nouveau dans la peau de la soumise contrainte aux plus basses des humiliations. Je tente de l'amadouer en lui lançant le plus suppliant des regards. Mais rien y fait.
-
Allons, active-toi Isabelle… Ta langue suffira pour cela…
J'aurais du savoir qu'avec Marc tout se paye, et parfois au prix fort. Je porte encore autour du cou mon collier de cuir, je dois donc l'accepter
Je ramène mes mains de mon dos à sa ceinture. Doucement comme pour retarder cet acte avilissant, je dégage le membre encore à demi dressé par nos ébats de la chemise et l'approche de ma bouche. Je ferme les yeux et l'introduis entre mes lèvres. Aussitôt Marc se dégage.
-
Non, non, pas le temps pour çà… Nettoie avec ta langue.
C'est encore pire que ce que je pensais. Il a donc vraiment décidé de me faire payer mon arrogance !
Je prends une profonde inspiration pour me donner du courage, ramène mes cheveux derrière ma nuque et penche mon visage vers son ventre.
De la langue, je commence à laper les liqueurs visqueuses. Cela a un goût à la fois aigre, salé et acidulée une odeur fade, je fronce les sourcils de dégoût, mais je dois continuer. Ma langue essuie le gland qui sous la caresse reprends une certaine fermeté. Une fois fait, je penche la tête de chaque coté de ma sucette improvisée pour en lécher la hampe et la débarrasser de nos écumes. Je prends peu à peu de l'assurance. Je lèche maintenant avec vigueur en bonne chienne que je suis. Marc a posé sa main sur ma tête. Et c'est un signe de satisfaction. Je parachève ma tâche a grandes lapées bruyantes, presque avec jubilation. La joie de satisfaire mon Maître a remplacé le sentiment d’humiliation et de dégoût.
Je m’y prends si bien que la force de mon Maître renaît sous mes caresses buccales. Son membre reprend peu à peu de l’ampleur entre mes mains, je continue à m’activer avec application. Ma langue parcoure amoureusement dans ses moindre replie le pieu qui a maintenant recouvré sa rigidité. Les mains de mon Maître, posée sur ma tête, se font plus directives et orientent fermement mon visage pour finir par le présenter face à lui, les lèvres collées au gland d’ivoire poli.
Un coup de rein appuyé et il force ma bouche. J’entrouvre mes lèvres sans aucune réticence. Il se rue immédiatement au fond de ma gorge. Surprise par la violence de la pénétration j’ai un mouvement de recul, un sursaut de suite jugulé par ses mains qui viennent de se placer de chaque coté de mon visage. Marc me saisie alors par les cheveux et force un peu plus son intrusion, provocant un haut le cœur incoercible. Instinctivement, je tente de me relever pour retrouver ma respiration mais rien n’y fait. Sa poigne se resserre sur moi et sa verge entame un puissant va et vient entre mes lèvres. Il faut que je me résolve à subir un assaut que, quelque part, j’ai bien cherché.
Pendant de longue minute ma bouche va servir d’exutoire à sa colère. Il n’y a aucune douceur dans cet acte Il me force brutalement, rapidement, en homme pressé sans égard pour les gémissements que je pousse sous son violent abordage C’est également, je le sens bien la continuation de ma punition. C’est presque avec soulagement que je reçois sa liqueur chaude et au fond de ma gorge. Mon Maître a jouit au plus profond de moi me forçant à ingurgiter sans autre procès le résultat de son plaisir, comme une oie que l'on gave. Je respire un peu de liquide une impression de noyade me fait tousser, je m’étouffe ! . Mais Marc est sans pitié. Il ne se retire pas. Pire, il accroît encore sa pression. Je pousse un cri de détresse étouffé et essaye de reprendre mon calme. Je tente de déglutir avec difficulté la bouche encore obstruée de son sexe. Il se dégage un peu. Je reprends ma respiration. Des larmes coulent le long de mes joues. Je souffle bruyamment par les narines. Marc finit par se retirer. Je tente de me calmer et de reprendre contenance. J’avale le reste de sperme qui souille ma bouche et ma langue, me cambre et me repousse en arrière. Un peu de liqueur a coulé sur ma main, je la lève vers ma bouche et par bravade, la pourlèche langoureusement en le fixant droit dans les yeux. Il esquisse un sourire va pour dire quelque chose mais se ravisse. Il se détourne et se rajuste. Je parfais ma pose de soumission. Et baisse la tête.
C'est alors avec effroi que je m'aperçois que sur le sol, entre mes jambes écartées, une large tache de semence issue de notre première étreinte à coulé de mon ventre. Je rougis violemment. Je suis terrassée par la vision du spectacle que je dois offrir. Une honte infantile m'envahis. Cela n'aurait pas été pire si je m'étais soulagé sous moi. Marc a gagné ma chambre, il en revient avec mon téléphone portable, se campe face à moi et me demande mon code de déverrouillage. J'avais fait taire le bruyant messager pour ne pas être dérangé cette nuit. Il dépose délicatement le téléphone sur le sol face à moi.
-
Tu ne bouges pas, tant que je ne t'appelle pas !
Il se dirige alors vers l’entrée se saisir de sa veste de cuir noir. Cette fois je ne pourrais l’arrêter même en employant toute la séduction féminine dont j’ai été capable. Mon portable se met à tressauter sur le sol. Ce sont tous les messages qui se bousculent sur les ondes. Ces messages qui ont attendu patiemment la fin de mon entretien charnel avec mon Maître. Je ne bouge pas et laisse sonner. Marc revient vers moi. Il a enfilé sa veste et est sur le point de partir. Il se penche vers moi et dépose un baisé sur mon front. Son regard se porte sur le sol, il contemple un instant la tache claire entre me jambes. Je ne sais plus ou me mettre et mes joues s’enflamment à l’idée du liquide qui s’écoule goutte à goutte des levres de ma vulve pour se répandre sur le sol. Marc me lance une œillade amusée ce qui n’a pas le don de diminuer ma honte. Il se redresse et sans se retourner déverrouille la porte et sort sur le palier. Un vide immense se fait. Il est parti ! Je reste dans le salon, agenouillée nue, les jambes écartées, les mains dans le dos en attendant son appelle.
Il ne tarde pas, ce qui me soulage, la porte déverrouillée de l’appartement pouvant maintenant livrer le passage à n’importe qui. L’écran du portable s’illumine, je me penche pour le lire et vois apparaître "Mon Maître " en lettres noires. Je me saisis de l’appareil.
-
Oui, Monsieur.
- Après tout ce que tu as appris et le mal que je me suis donné pour ton dressage, tu n’arrive toujours pas à garder ce qu’on te donne…
Interloquée, je ne réponds pas, Je ne comprends pas !
-
Mets toi à quatre pattes.
-
Oui Monsieur!
Je m'exécute et garde toutefois le portable près de mon oreille.
-
Tu vois ce que tu as laissé échappé ?
Ma nuque se raidis d'appréhension. Il fait allusion à la tache de semence qui luis doucement sur le parquet. Mon sang se glace. J'imagine immédiatement ce qu'il peut m'imposer.
-
Oui Monsieur... Je … Je suis désolée… Mais …
-
Alors écoute bien… Je n'exige rien, tu n'es pas obliger de le faire, mais il me plairait que tu nettoie également ce parquet avec ta langue.
Un malaise m'envahis. Ce n'est donc pas un ordre? Je peux y renoncer !
-
Tu as bien compris Isabelle ? Ce n'est pas une obligation c'est juste pour mon plaisir.
- Oui Monsieur, j'ai compris… Merci, Monsieur !
-
Au revoir Isabelle, Je t'embrasse…Prends soin de toi.
La communication se coupe. Je repose le téléphone et me campe fermement à quatre pattes les yeux rivés sur la large tache opalescente. J'ai l'esprit comme engourdi. Tout aurait été si facile s'il m'en avait donner l'ordre. Aussi abject qu'aurait l'acte, j'aurais été obligé de le faire. Mais là !
J
e contemple longuement la tache. Je suis perdue, je ne sais que faire. Me pencher ? Tout mon être s'y refuse. Et Marc m'a laissé une porte de sortie. "Tu n'es pas obligée de le faire". Pourtant, j'aimerais lui faire plaisir ! "…C'est juste pour mon plaisir…". Dans un même temps je pourrais me lever et renoncer, il n'en saura rien. Et même ! Il acceptera mon refus… Mon dieu que c'est compliqué! Je souris intérieurement, Marc a le don de me mettre dans un embarras hallucinant.
De toutes les décisions que je prendrais, il restera un trouble.
Parce qu'il sera toujours ainsi entre nous!
Entre Mon Maître et moi !

13 février 2008

Chap.4. Causerie au fond du lit.

 

Marc est venu me rejoindre dans mon lit étroit. Je lui laisse une place et me glisse sur lui à califourchon. Nos corps se moulent l'un à l'autre. Il irradie une douce chaleur. Je pose ma tête sur sa poitrine et remonte le drap. A coté de nous l'ordinateur essaye d'attirer notre attention en continuant par intermittence d'émettre une petite musique qui signale la réception de courriels. Je sors le bras de dessous le drap et m'empare de la souris. La curiosité est trop forte. Marc pose une main sur mon dos, se tourne vers l'écran et me laisse faire apparaître les premiers messages. Je souffle en souriant. Le premier commentaire est d'Aurore. Je la nomme à haute voix.
-
Aurore…
Marc se tourne vers moi cligne d'un œil et sourit d'un air malicieux. Il joue de ma jalousie. Une jalousie amplifiée par mon ignorance de ce qui se passe avec ses autres modèles. Sa discrétion sur ses "Sujets" est absolue. Difficile de savoir, seulement deviner à travers ses œuvres. Je tente tout de même. Je pose mon menton sur sa poitrine et demande innocemment.
-
Elle est souvent sur le Blog… Vous la connaissez ?
Son sourire s'élargit. Il se pince les lèvres. Se demande s'il doit me répondre.
-
Tu veux dire si je l'ai déjà rencontré ?
-
Heu ! … Oui… Vous l'avez rencontrez ? Ses commentaires me le laissent entrevoir… Un peu.
Un silence et il souffle doucement.
-
Oui.
Mon cœur se glace. Je baisse les yeux et colle ma joue contre sa peau. Je ne le regarde plus.
-
Et…Et, c'est une soumise ?
-
Tu veux dire si c'est, ma, soumise ?
Toujours cette façon de répondre à mes questions par d'autres questions ! Mais là je pense qu'il a deviné ma manœuvre interrogatoire.
J
'insiste tout de même.
-
Oui… Monsieur !
J'appuie ironiquement sur le "Monsieur".
Encore un silence. Il joue avec mes nerfs. Mon corps tremble imperceptiblement.
-
Non !
Il ne me voit pas, mais je souris. Sa main se pose sur ma tête et caresse mes cheveux
-
… Pas encore !
Mon cœur loupe un battement. Je l'ai bien chercher, cela m'apprendra à vouloir savoir. Je relève la tête et pose le menton sur les mains que je croise sur son torse en le regardant d'un air furibond et me force à sourire, pour faire bonne figure. Je ne veux pas gâcher cette nuit. De toutes les façons il faut bien que je m'y fasse. Mais il en va de ma jalousie comme de ma timidité. Elle est chronique. Et Marc sait en jouer.
Il détourne vite la conversation. Une petite sonnerie annonce l'arrivé d'un mail.
-
Tu reçois plus de mails que de commentaires dis donc ?
Inutile de vouloir continuer à en savoir plus. Pour le moment!
-
Oui, je les appelle les "Timides" et puis il y a ceux qui font les deux…
-
Comme ton "Prof de français ?"
Je marque un temps d'arrêt. Là, c'est moi qui le tiens. Je joue les mystérieuses, penche la tête sur le coté, songeuse, malicieuse.
-
Mmmouii… Il m'aide beaucoup.
Il rit, il rit de bon coeur comme si il s'amusait de mes espièglerie. Raté ! Impossible de lui retourner la pareille.
Il tend la main vers la commode qui me sert de chevet et s'empare du cadre de la photo de ma famille. Mon père, et ma mère enlacés devant les box du haras, et ma sœur en tenue d'équitation.
-
C'est ta sœur ?
-
Oui.
-
Vous vous ressemblez beaucoup dans la famille. Quel âge a-t-elle ?
-
26.
Il la contemple longuement.
-
Et elle sait ce que tu fais ? Elle connaît ta soumission ?
Je me sens mal à l'aise qu'il pose ainsi des questions si précises sur ma sœur.
-
Elle sait que je pose pour vous… Et elle lit le Blog. Donc elle sait tout ! .
Et comme pour me sécurité, me rassurer moi-même
-
Elle est super, je l'adore, on s'entend très bien et on partage nos expériences, d'ailleurs elle est intervenue sur le Blog.
Il soulève un sourcil d'étonnement.
Je continue.
- Ohh… Une seule fois.
Là, c'est moi qui peux lui apprendre quelque chose et je ne m'en prive pas. Je me soulève de sa poitrine et comme si toute la terre pouvait m'entendre, je lui murmure son pseudo. à l'oreille.
Il sourit largement. Semble surpris.
Son attention se reporte de nouveau sur la photo.
- Tu ressembles beaucoup à ta mère aussi, à part la couleur des cheveux.
Sa main se pose sur le bas de mon dos et caresse le creux de mes reins, remonte le long de ma colonne vertébrale s'emmêle dans ma chevelure rousse. Je frissonne d'aise.
Plusieurs fois, sous le drap, sa main va faire l'allez retour de ma nuque à mes fesses. Il repose par terre la photo sur le sol à coté de l'ordinateur bavard et me regarde droit dans les yeux.
-
Ce n'est pas désagréable de sodomiser la petite fille à son papa !
Mon sang ne fait qu'un tour. Il sait à quel point le langage ordurier peut me faire me hérisser. Mais je sais aussi qu'il le fait exprès. Je rougis violemment et détourne de nouveau mon visage.
Il chuchote à mon oreille et enfonce le clou.
-
Après tout, si ton père élève des pouliches c'est bien pour qu'on les monte ? … Et j'apprécie de dresser et monter la plus belle de son haras !
Sa caresse se fait plus précise et gagne le pli de mes fesses. Il a décidé de m'humilier en parole et il appuie cette humiliation par une caresse des plus intime. Le surnom de "Pouliche" est maintenant un usage entre nous et ce genre de propos me fait rougir autant qu'ils m'excitent.
-
Et ta sœur ? Que pense-t-elle de cette histoire ? Quel effet çà lui fait de savoir que sa petite sœur adorée se met à genoux pour sucer un vieux de plus de quarante ans ?
Là il va loin ! Ma poitrine vibre d'indignation et pourtant je n'arrive pas à me mettre en colère. Je relève vivement la tête et feint l'irritation. Il sourit largement, content de lui, de l'effet produit. Je m'exclame.
-
J'ai 20 ans... Je mène la vie qui me plaît… Et… Et… Ma soumission, c'est moi qui l'accepte. Et... Et... Puis, je ne vois pas ce que l'âge à voir avec çà ! De toutes les façons elle adore çà… Pa.. Parce que je suis heureuse. Et… Elle aime aussi beaucoup ce que tu fais…
J'en bafouille, j'aimerais lui dire tout ce que deux filles peuvent se raconter entre elles, surtout deux sœurs, des choses que les hommes n'ont pas idée. Une larme perle à mes cils. C'est maintenant tout mon corps qui vibre d'indignation, J'ai froid. L'ordinateur émet un bip de rappel.
Marc pose sa main sur ma joue et de son pouce essuie mes yeux embrumés. Je suis sur le point de fondre en larme. Il a mis le doigt sur un point extrêmement sensible. Et il le sait. Nous avons une vue diamétralement opposé sur notre différence d'âge. Il se considère comme un Maître de passage pour autant que dure cette étape. "Le temps de créer une œuvre d'art" comme il dit. Alors que je suis plus dans la durée, la pérennité. Et pourtant je sais que cela n'est pas possible et c'est bien ce qui provoque un tel conflit en moi. De nouveau je pose ma joue sur sa poitrine, sa main lisse mes cheveux et l'autre vagabonde sur mes hanches. Des paroles me reviennent en mémoire. " Tu t'attendrais à quoi ? Tu as toute une vie à faire! Franchement je ne te vois pas en train de laver mes slips et mes chaussettes en me regardant tendrement en train de vieillir" Et si l'image m'a fait rire alors, je sais au fond de moi qu'il a raison. Alors, pourquoi est ce que je le vois fixé dans le temps ? Intemporel… Immortel ! Je soupir profondément et tente de penser à autre chose. Il me faut profiter pleinement de cet instant. Advienne ce qu'il décidera !

Les paroles outrancières qu'il a prononcées à mon oreille ont détourné mon attention autant qu'elles semblent avoir provoqué un regain d'ardeur de mon Maître. Je le sens là, contre mon ventre, juste sous mon nombril. La palpitation de son désir renaissant. J'ai ainsi le moyen de mettre fin définitivement à cette conversation embarrassante. Je glisse un bras sous les draps, me soulève un peu et empoigne à pleine main le fier et vibrant bélier de chair. Je suis à califourchon sur lui et Il ne faut pas loin pour le présenter à la porte humide, déjà entrouverte. Comme il est facile de l'introduire, d'un discret coup de rein ! Je m'étonne moi-même de mon audace et je lève la tête vers lui en baissant les yeux. Comme le ferais une gamine prise en faute. Je me laisse glisser vers le bas m'empalant lentement et profondément. Ma bouche s'ouvre et mes yeux s'écarquillent au fur et à mesure de sa progression. Ses deux mains se posent sur mes fesses et les écartent pour aider à la pénétration. Une fois bien caler au fond de moi, je pousse un soupir et m'allonge de nouveau sur sa poitrine. Je suis Bien ! Ne plus bouger ! Que cette instant dure une éternité ! Ses caresses ont repris le long de mon dos Il semblerait que lui non plus ne veuille pas aller plus loin que cette intime communion charnelle. Soudés l'un à l'autre nos respirations s'accordent et mon corps s'engourdit. Toute la tension nerveuse de cette interminable journée d'attente, de son attente, retombe autour de moi. Je suis bien… Si bien. Mes yeux se ferment, je plonge dans un moelleux trou noir. Au loin, très loin, venant d'une distance infinie retentit un dernier bip étouffé.

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11 juillet 2007

Chap.3. Chambre avec vue.

Je lui ouvre la porte et le laisse entrer le premier. Apres tout il est chez lui, c'est lui qui m'a réservé cette chambre. Pour une chambre d'hôtel elle est plutôt spacieuse. Un lit double, une salle d'eau avec douche et une large fenêtre fermée d'une balustrade de pierre. Un éclairage indirect donne une touche d'intimité aux lieux. A peine entré, il tend un doigt vers le sol, au pied du lit. Inutile de parler. Je m'agenouille jambes écartées, la tète baissée. Il inspecte la salle lentement, ouvre la fenêtre en grand, s'attarde quelques instants à la contemplation de la rue en contrebas. Apparemment satisfait, il revient et se place derrière moi.
- Lèves-toi !
Je m'exécute et prend la position de soumission debout.
- Déshabille-toi… Enlève ton pantalon et tes chaussures uniquement.
Comme cela est plus facile lorsque nous sommes que tous les deux ! Je me déhanche et fait glisser le jean à mes pieds. Inutile d'aller plus loin je ne porte pas de slip et j'apparais ainsi la croupe nue à peine couverte par le bas de mon tee-shirt aux yeux de mon maître.
- Va à la fenêtre et accoude-toi à la rambarde !
Sur la pointe des pieds, je m'approche de la fenêtre. La rambarde de pierre est suffisamment haute et fournie pour que des regards même perspicaces ne remarquent pas que la partie inférieure de mon corps est dénudée. Je m'accoude et promène mon regard sur la rue en contrebas. Quelques badauds déambulent sur les trottoirs. A ma gauche une terrasse de café est bondée, mais les gens ne me portent pas attention. Dans le bâtiment d'en face à un étage en dessous a lieu un cours de danse. Des silhouettes se trémoussent en rythme sur un parquet ciré. Ils ont aussi autre chose à faire que m'observer. Anxieuse je termine mon inspection circulaire. Personne aux fenêtres alentours! Ce qui me rassure un peu. Pendant mon examen des lieux il s'est approché. Ses deux mains se posent sur mes hanches. Je frissonne. Elles remontent légèrement sous mon tee-shirt et gagne mon ventre tendu. Je sens son souffle sur mon cou. Il murmure.
- Ecarte les jambes et penche toi en avant.
Je ferme les yeux, écarte un peu plus les jambes et me cambre m'appuyant ainsi de tout mon poids sur la rambarde. Ses mains glissent le long de mes hanches et viennent se joindre dans le pli de mes fesses. Sans attendre il introduit un doigt agile dans le sillon déjà humide et s'enfonce dans l'onctueuse chaleur de mon ventre. Malgré la douceur de l'air un feu intense embrase mes reins et mon ventre. Sans qu'il me le demande, je m'ouvre un peu plus sous la caresse. Je laisse retomber la tête, quand une angoisse m'étreint. Il ne faut pas que mon attitude puisse signaler à un éventuel curieux ce qui se passe sur cette terrasse. Je relève vivement la tête et fait semblant de m'intéresser aux paysages alentours, au cours de danse. La caresse s'accentue se fait profonde et appuyée. Ma vue se trouble. Je cherche à garder une certaine contenance mais je ne peux m'empêcher de signaler mon plaisir par un gémissement étouffé. Ses doigts finissent par me quitter. Un petit moment de vide. Je le devine fureter derrière moi et très vite c'est son sexe que je sens appuyer à la porte de mon ventre. Je n'ai pas le temps de protester. Et d'ailleurs je n'en ai pas envie. Il entre en moi facilement. La caresse des ses doigts a huilé et élargi le passage. Il progresse rapidement, se glisse d'un seul élan sans à-coups profondément dans mon intimité en me ceinturant les épaules de ses bras. Son bas-ventre s'emboîte contre mes fesses, nous ne faisons plus qu'un. J'ai un sentiment de béatitude extatique en observant les gens qui passent dans la rue. Un sentiment d'être au-dessus de leur petit tracas Un sentiment étonnant, difficilement descriptible d'être unique, de détenir un singulier secret. Je sais qu'ils peuvent lever la tête à tout moment et que verront ils ? Un couple enlacé à la fenêtre d'un hôtel. Au plus penseront-ils à la soirée qui s'annonce ? Mais devineront-ils qu'elle se déroule déjà sous leurs yeux ? A cette pensée une vague chaude me parcourt et mes reins se tétanisent. Mon vagin se resserre autour de son membre. Il devine le spasme et reste immobile pour ne pas précipiter ma jouissance. Nous restons ainsi un long moment sans bouger à simplement apprécier notre douce fusion. Ses mains caressent doucement mes épaules, mes cheveux et il pose de délicats baisés sur ma nuque. Pour le commun de la rue un couple romantique, rien de plus. Un rayon de soleil vient percer la faible couche de nuage qui peu à peu à recouvert la ville. Avez vous remarqué qu'il suffit d'un rayon de soleil pour que, comme l'hélianthe, les visages se lèvent et recherche la lumière, la chaleur de l'astre solaire ? Pour moi, à cet instant, la démonstration est saisissante, une foule de visages se tourne vers moi. Enfin me semble-t-il !
Alors que je sombrais dans une douce torpeur entre ses bras tous ces visages braqués me tétanisent. Ils vont savoir ! Ils vont deviner que la jeune fille sur ce balcon est en train de subir les assauts de l'homme qui est derrière elle et la maintient fermement. Mais surtout ils vont comprendre qu'elle y prend du plaisir car sinon elle se débattrait ! N'est ce pas ?
Ce moment de panique s'estompe vite, il vient de bouger dans mon ventre et cela me ramène à nous... Il risque un discret mouvement de va-et-vient. Immédiatement cela à l'effet d'un tremblement de terre qui secoue tout mon être et je ne peux contenir de petits cris à chaque enfoncement. Je suis au bord de la syncope. J'ai l'impression d'être coupée en deux. Au-dessus de la balustrade la sage Isabelle, rougissante qui s'angoisse à chaque regard porté vers elle et qui voudrait être ailleurs. Sous la balustrade, la jeune chienne ouverte et ruisselante, subissant en nymphe lubrique les assauts d'un satyre débridé et qui ne demande qu'une chose, que cela continu. Cette dualité provoque en moi une confusion de sentiments que mon Maître va résoudre facilement. Un dernier coup de boutoir et sa main glisse de mon cou à ma joue et son pouce s'enfonce dans ma bouche. Il me signifie ainsi son désir. Mon cœur fait un bond j'aurais voulu aller au bout de notre étreinte, mais il en a décidé autrement. Je jette un coup d'œil circulaire et m'apprête à basculer entièrement sous la rambarde. Une fois sure que personne ne nous épie. Je me dégage de son étreinte et me laisse glisser à ses pieds. Je suis maintenant hors de vue des badauds et en éprouve un certain soulagement. Mais une autre épreuve m'attend. Il s'est confortablement installé à ma place, accoudé sur le parapet de pierre et me surplombe de toute sa hauteur. J'appréhende toujours cette humiliation et dans cette situation est à mes yeux encore plus difficile à accepter. Je relève la tête, d'une main j'écarte mes cheveux qui barre mon front et de l'autre je m'empare de la verge tendue encore luisante et poisseuse de mes sécrétions. Je l'abaisse vers ma bouche entrouverte. Je dépose un délicat baiser sur le globe satiné, baiser prolongé par un délicat lissage de ma langue. Le gland réagis immédiatement en durcissant un peu plus. Je finis par prendre une profonde inspiration et me décide à l'enrober de mes lèvres et à l'engloutir lentement.
Nous venons d'intervertir nos places et j'imagine le plaisir pervers qu'il doit en éprouver. A son tour il est l'hôte négligemment accoudé à la balustrade qui profite de la vue. J'imagine aisément ce qui doit se passer par la tête lorsque l'on se tourne vers lui et que son regard croise celui d'une passante. Dévouée, je m'applique consciencieusement, il faut lui rappeler qui est à ses genoux, à qui appartient la bouche qui lui prodigue ce baiser. La réaction est immédiate, sa main quitte la balustrade pour appuyer sur l'arrière de ma tète et m'obliger à forcer la caresse. J'accélère la cadence et l'accepte au plus profond de ma gorge. A ce rythme il ne faut pas longtemps pour que je reçoive son hommage. Le jus de son plaisir que j'avais gouté pour la première fois à la Pâques envahi de nouveau ma bouche. Mais cette fois je ne suis pas surprise et déglutie sans appréhension la chaude liqueur. Je crois que je commence à mesurer ce qui me semblait une innommable dégradation, avaler le sperme de mon amant... Pardon de mon Maître. Même si je' n'en apprécie toujours pas la saveur et l'acte. Cet acte lui-même, par le fait que je l'accepte à mon corps défendant, renforce mon impression de soumission.
Il prend ainsi son plaisir en moi sans que j'en prenne plaisir et pourtant j'ai plaisir à lui prodiguer. Mon dieu que c'est compliqué !
La fenêtre s'est refermée
Une fois rentrée, j'ai quitté mon tee-shirt et entièrement nue j'ai repris ma pose de soumission au pied du lit. Sans me prêter attention il est passé rapidement dans la salle d'eau et est revenu s'asseoir sur le lit. Il m'a longuement contemplé, a replié ses jambes en tailleur et posé ses deux index réunis sur ses lèvres dans une attitude pensive. Il finit par briser ce silence qui me met mal à l'aise.
- Sais-tu pourquoi j'ai joui aussi vite ?
Interloqué par la question je cherche un moment une réponse cohérente. Et Je n'en vois qu'une seule.
- Vous… Vous avez aimé ma caresse ?
Un silence et un sourire.
- Non…?
- Bien sur… Mais en fait j'ai fait un signe à une cliente du bar d'en face. Et elle m'a répondu. C'était délectable de savoir que sans le savoir, elle participait à tes cotés à mon plaisir. Toi c'était ta bouche que je prenais, elle c'était son attention. C'était vraiment …Agréable.
Et il accentue le mots "agréable" de façon à le rendre moelleux.
Ainsi malgré tous mes efforts je n'avais pu m'accaparer son attention et je n'avais pu être l'entière actrice et bénéficiaire de sa jouissance. Je me sens vexée, dépitée, je baisse la tête. Une boule de chagrin me monte à la gorge.
- Je veux que tu consignes cet épisode dans ton Blog. Peut-être un jour le lira-t-elle. Et elle se reconnaîtra certainement. Elle saura alors ce que voulait dire ce geste.
Je songe aux chances qu'un jour elle tombe sur mes lignes ! Quasiment infime certainement ! Mais le simple fait de la mentionner est suffisant pour provoquer cher mon Maître une délectation intellectuelle inédite et il faut le dire un trouble certain chez moi aussi. Je comprends alors qu'aucun de ses actes n'est le fruit du hasard. Que sa démarche est entièrement centrée sur moi. Que cette spectatrice inconsciente de nos ébats fait involontairement partie du jeu dans lequel il m'entraîne ? Je sais que, même s'il s'en défend, il a joui pour et grâce à moi. Pour me donner tord, il faudra qu'un jour incertain tombe dans ma boite aux lettres une improbable missive. Un courriel qui commencerait par ces mots.
"J'étais attablée sur la terrasse du bar "…" ce samedi 30 juin 2007…"

5 juillet 2007

Chap.2 Retrouvailles.

Je suis sure que toutes les gares du monde doivent avoir la même odeur. Des exhalaisons de moteurs surchauffés, de poussière de métal et de pierre, de sueur, de précipitation, d'hormones de retrouvailles ou d'abandon. J'aime l'atmosphère fébrile des gares mais je n'ai pas le temps de m'attarder. Je lance mon sac sur le dos et quitte d'un pas rapide la gare de Lyon-Perrache. Pas besoin de taxi, mon hôtel n'est pas loin. Une fois dehors, je respire à pleins poumons, je prends possession des lieux. Il doit être là, quelque part dans cette ville que je ne connais pas.
Il ne fallait pas que je m'attende à ce qu'il guette ma venue sur le quai. "Et puis quoi ? Tu veux qu'on se saute dans les bras et qu'on parte bras-dessus, bras-dessous ? Je sais à quelle heure tu arrives, je te passerai un coup de fil".
C'était clair et net. Et je n'ai rien a y redire.
Je regarde le plan que j'ai imprimé sur Mappy et qui m'indique l'emplacement de mon hôtel. "L'Hôtel de Paris" Je pouffe intérieurement, c'est tout lui çà, Il m'a réservé une chambre à "l'Hotel de Paris"… Pour la petite parisienne… à Lyon !
Je regagne cet hôtel en flânant. Je finis par le trouver dans une petite rue sympathique. Je prends possession de ma chambre. Me rafraîchie un peu. Il n'est pas tard et j'en profite pour redescendre et me diriger vers l'office de tourisme que j'ai croisé en venant. Je commence à lire la documentation que j'y ai grappillée lorsque mon portable se met à vibrer. Mon cœur fait un bond. Dans la précipitation pour répondre j'ai failli lâcher le téléphone. C'est lui !
- Tu es ou là ?
- Sur le parvis de l'office de tourisme... Une grande place…
- OK… Tu as un plan ?
- Oui.
- Bien... Tu n'es pas très loin. Place Bellecour !  Je t'attends sur les marches du Musée des Beaux-Arts.
Et il raccroche sans autres explications. Cela m'amuse, on dirait un épisode de mission impossible.
Effectivement cela n'est pas bien loin. Je finis par déboucher sur une autre grande place bordée de somptueux bâtiments et ou trône une imposante fontaine. Je repère immédiatement l'édifice indiqué ainsi que les marches qui signalent son entrée et m'y précipite vivement.
Personne !
Je monte quelques degrés et jette un regard circulaire, le cherchant dans la foule clairsemée des badauds qui passent.
Une nouvelle fois mon portable se met à vibrer.
- Oui ?
- Je te vois ! … Ecoute-moi bien et fait ce que je te dis !
Ma joie retombe un peu, je le sais proche maintenant. La situation est amusante mais désarçonnante. Je murmure un "Oui" tout en essayant de le découvrir sans tourner la tête trop ostensiblement.
- Monte de deux marches.
Je m'exécute et grimpe deux marches supplémentaires.
- Regarde vers l'intérieur du bâtiment.
Une cour agrémentée d'arbres
- Ecarte les jambes.
Une onde froide parcours tout mon corps. Je réalise brusquement ce qu'il va me demander. J'écarte légèrement les jambes.
- Allons... Mets tes mains dans le dos et écarte un peu plus les jambes !
C'est une folie ! Malgré la chaleur mon sang se glace. Il me demande ni plus ni moins de prendre la position de soumission devant tous ces gens qui passent et à la vue de toutes ces personnes attablées dans mon dos. Mes entrailles se tordent. Ma nuque se raidit d'angoisse.Mais il faut pourtant bien que je le fasse. Je suis sure qu'il disparaîtra si je ne m'exécute pas. Je reste tétanisée sans voix, le portable à l'oreille.
- Fais le… Et reste comme çà tant que je ne te rappelle pas !
Il raccroche. Il me faut un long instant avant de me ressaisir. Ma tête s'est vidée, je n'arrive plus à réfléchir. Je remets mon portable à la ceinture. Mon monde se rétrécit autour de moi, comme un automate j'écarte un peu plus les jambes et dans un même mouvement je joins mes mains dans le dos et,par réflexe, cambre les reins. Pour essayer de me donner une contenance je fais semblant de m'intéresser au jardin de la cour intérieure du Musée.
Encore une fois mon portable se met à vibrer.
- Oui ?
- Baisse la tête… Tu as déjà oublié tes classiques ?
- Non, non… Excusez-moi !
Je reprends la pose et cette fois je baisse la tête.

Mon dieu que ces moments me paraissent longs! J'imagine tous ces yeux qui se posent sur moi, interrogateurs, amusés. Je sens presque physiquement ces regards qui doivent courir sur mon corps ainsi exposé, glisser sur mes fesses, entre mes jambes écartées, frôler mes hanches. J'imagine tous les fantasmes qui doivent naître dans la tête des hommes attablés autour de la place. J'imagine qu'ils savent, devinent, ou espèrent, que je suis nue sous mes vêtements. Mon attitude me semble provocante à l'extrême et je redoute d'être abordée à tous moments. Comme à mon habitude lors des situations pénibles je me réfugie dans un engourdissement intérieur. Peu à peu les émotions qui me submergent et le monde extérieur s'estompent.
Une nouvelle sonnerie me tire de ma torpeur.
- Bravo… Tu es vraiment très belle comme cela… Retourne-toi.
Ouf ! Enfin mon calvaire s'achève ! Je me retourne et contemple l'esplanade. Il me faut un moment pour l'apercevoir. Il est de l'autre côté de la place une cinquantaine de mètres, à l'entrée d'une brasserie. Il me fait un geste de la main pour se signaler.
- Viens, je t'attends !
Et il disparaît vers le fond de la salle.
La traversée de la place n'est pas des plus faciles. Ma proportion à rougir facilement doit me signaler à tous ceux qui ont repéré mon manège sur l'escalier. Il me semble sentir des regards qui me suivent. Je rentre la tête dans les épaules et hâte le pas. Je rentre rapidement dans la brasserie et me dirige vers le fond. Il fait frais. Il est assis dans une encoignure et m'accueille avec le sourire de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour. Un autre homme est assis à ses cotés, un garçon, jeune, il doit être à peine plus âgé que moi. Des cheveux châtains, mi-long, rassemblés par un catogan, un visage anguleux et malgré la pénombre une paire de lunette de soleil. Un timide bonjour sort de ses lèvres, je réponds rapidement. Pas question d'embrassade à mon Maître. Il déteste çà.
Il ne me laisse pas le temps de souffler
- Tu as apprécié cette séance de pose ?
Je jette un œil au garçon. Je ne sais quoi répondre. Il continu.
- Tu vois, je lis ton Blog...  Çà te donne un petit aperçu de la réalité par rapport à tes rêves. Dommage que je ne puisse installer un pilori sur cette place !
Son sourire s'élargit. Il fait allusion a un des textes de "Songes et Rêveries". Je réponds à son sourire par un autre sourire complice.
- Tu as mis du temps pour baisser la tête… tu as oublié ta condition depuis Pâques ?
- Non… Non...
Embarrassée, je jette un rapide regard en coin au garçon aux lunettes noires. Il reste impassible.
- Non… Qui ?
- Non, Monsieur… Excu… excusez-moi !
- S'il faut tout reprendre çà risque d'être lassant !
Je baisse la tête en signe de soumission et de confusion pour qu'il me pardonne. Il pose ses deux coudes sur la table et prends sa tête dans ses mains.
- Tu es entièrement nue au moins… Je veux dire sans tes sous-vêtements ?
Je sens revenir le feu à mes joues. Evoquer ainsi ma nudité cachée devant un inconnu ! Je me recroqueville un peu. Je souffle à voix basse en espérant ne pas être entendue par son voisin.
- Oui Monsieur !
Un silence pesant.
- Montre-moi !
Un début de panique me gagne. Oh non… Pas ici ! Ma respiration s'emballe. Je l'interroge du regard faisant semblant de ne pas comprendre tout en désignant d'un mouvement rapide des yeux son voisin qui vient de plonger son nez dans une chope de bière. Cela ne l'arrête pas.
- Montre-moi… Soulève donc ce tee-shirt !
Il s'adresse à moi comme si nous étions en privés sans se soucier de ce qu'il se passe autour et encore moins de la présence de son ami.
Je prends une profonde inspiration, jette un coup d'œil circulaire. Nous sommes seuls. La plupart des clients ont rechercher le soleil sur la terrasse. Je remonte vivement mon tee-shirt découvrant un de mes seins en entier et une partie de l'autre. Je ferme les yeux et reste ainsi attendant son bon vouloir.
- Vraiment très joli n'est ce pas ? Il se tourne vers son voisin qui hoche la tête.
Je devine qu'il est aussi intimidé que moi.
- Mais il est un peu triste, il manque de chaleur ce téton… Caresse-le !
Si le sol pouvait s'ouvrir sous moi j'en serais soulagée. Je souffle intérieurement mais je ne dois pas m'étonner de cette demande. M'imposer une telle humiliation devant un inconnu est, après tout, une suite logique de ce que j'ai vécu lors de mes dernières vacances chez Marc. Je passe ma main sur le sein dénudé et délicatement en caresse le téton. Il ne faut pas longtemps pour qu'il se durcisse et se dresse fièrement. Je jette discrètement des coups d'œil angoissés autour de moi pour prévenir la venue d'intrus. Le voisin de Marc ne perds pas une miette de la scène. Si cela continu je vais m'évanouir de honte.
- C'est mieux ! …Tu aimes ?
C'est dans ma nature d'aimer une telle exposition. C'est ce que je recherche et je dois m'avouer que j'aime çà, malgré l'inconfort de ma situation.
- Oui, Monsieur.
- Pas trop mouillée ?
Je commence à m'habituer à la situation et à cette étrange conversation.
- Si, Monsieur.
Je baisse la tête, autant de confusion que pour fuir le regard de son ami qui s'est confortablement installé en spectateur attentif.
- Montre-moi !
Cela ne serait pas une humiliation s'il n'y avait pas cet étranger à côté de moi. Ce serait même un jeu plaisant. Mais il faut que je m'y résolve. Je cesse mes caresses et rabat mon tee-shirt. Cela me soulage un peu mais mon tourment reprends vite. Lentement, un à un je déboutonne la fermeture de mon jean taille-basse. Je prends mon temps et cherche à retarder l'échéance et ainsi diminuer l'intensité des battements de mon cœur. Je regarde une dernière fois derrière moi. Personne ! Je me lève vivement et exhibe mon sexe en écartant les jambes en face des deux hommes. Mon cœur bat à grands coups. Je me sens offerte, languissante et sans force. Je perçois leurs regards posés sur mon intimité timidement dénudée. En un éclair Marc tend son bras par dessus la table. Sa main écarte un peu plus la braguette du pantalon et deux doigts s'insinuent entre mes jambes et d'un seul geste précis s'enfoncent en moi. Je sursaute mais ne bronche pas au contraire j'appuie mes cuisses contre la table pour aller au devant de la caresse. Mon ventre s'enflamme, un courant électrique me parcourt le dos. Ses doigts me fouillent quelques instant recueillant ma précieuse humidité. Un moment ou je perds contenance et ne peux m'empêcher de lâcher un faible gémissement. Il m'abandonne brusquement et m'autorise à me rasseoir. Ce que je fais avec un visible soulagement. Dans le même temps il porte ses doigts à sa bouche et semble déguster un met délicat.
- Tu as toujours le même goût... J'aime par dessus tout la saveur des rouquines… Je suis content de te retrouver.
Nous avons continué la suite de notre conversation le plus banalement du monde. La tension est retombée. Le jeune homme au catogan n'a pas beaucoup parlé et il a fini par prendre congé. Ils se sont se sont avancé vers la sortie. Marc m'a demandé de l'attendre. Je n'ai pas pu entendre la suite de la conversation. Plusieurs fois ils se sont tournés vers moi en souriant. Ils se sont serré la main et le jeune homme a disparu dans la foule des touristes. Je n'ai pas osé demander qui il était. Il me l'aurait dit s'il en avait envie et si cela avait été nécessaire.
- Tu es bien logée ?
- Super... les chambres sont impeccables.
- Très bien… J'ai envie de toi…On y va !
Il a dit çà d'une voix neutre, comme une banalité, comme si j'étais un objet sans âme à sa disposition. Il s'est levé, a payé les consommations au bar… Il est sorti sans s'assurer que je suivais. Et bien sur, je l'ai suivi comme une chienne suit son Maître à un deux pas derrière…

2 juin 2007

Chap. 8 - Coups de fil…

La séance a commencé dans le bruit des chaînes. Maillons d'acier froid enserrant mes chairs, Chaînes courant sur mon ventre, s'insinuant entre mes jambes. Et toujours le bruit sec du déclencheur photographique. Il n'a pas dit un mot depuis le début de la séance. Très concentré, il me manipule comme une poupée de chiffon et je me laisse faire obéissante aux pressions de ses mains. Il place méticuleusement les fers sur ma peau les rattachant au collier les glissant sous ma poitrine m'attachant sur l'autel de bois sculpté orné d'anneau d'acier... Il me présente à sa guise et suivant son inspiration dans des poses tantôt indécentes, tantôt recroquevillées presque rêveuse, romantique. Il s'interrompt souvent, s'assoit, me contemple longuement avant de reprendre sous une intuition subite ses manipulations qui me ravissent. C'est lors d'une de ces poses méditatives que mon portable se met mis à sonner. Mon cœur loupe un battement. J'ai complètement oublié de l'éteindre. Je le regarde en me mordant les lèvres. Ses yeux me foudroient. Un claquement de langue désapprobateur, il soupire bruyamment. J'ai par inadvertance cassé sa concentration. Patiemment Il laisse finir le bruyant tintamarre du téléphone qui couvre la douce musique de Dark Sanctuary. Une fois le calme revenu. Il claque des mains en émettant un "Bon, …" de lassitude. Se lève et entreprends de me détacher sans la douceur que je lui connais. Une fois libérer de mes chaînes il m'enjoint d'un ton sec d'aller chercher mon portable resté dans mon sac dans un coin de l'atelier. Je reviens avec l'instrument maudit entre les mains.
- Tu vas rappeler la personne qui nous a dérangé…Tout de suite !
C'est nue sous son regard noir que je recherche dans l'historique des appels, l'intrus. … C'est Nadège, ma meilleure amie.
C'est Nadège qui m'a épilé l'entrejambe lorsqu'il m'a donné l'ordre de me présenter lisse à lui. Il n'a pas voulu que je le fasse moi-même et a exigé que je le fasse, soit en institut soit par une personne de mon choix. Elle devine ce que je suis en train de vivre. Je n'ai pas pu lui cacher mon excitation de ces derniers mois. Je n'ai pu lui cacher mon intention de poser pour l'Artiste que nous admirons toutes les deux. Mais je ne lui ai pas dit dans quelles conditions, bien qu'elle l'aurait compris, je crois. Nous sommes très complices et nous partageons tout. Depuis elle ne cesse de m'appeler pour que je lui raconte. Elle doit être aussi excitée que moi.
Je compose le numéro et porte le téléphone à mon oreille.
Il ne faut pas longtemps pour que Nadège décroche. J'entame la conversation le plus naturellement du monde malgré ma posture. Mon Maître ne s'en tient pas là. Pendant que je converse, il me prend par les épaules et me dirige vers une table proche sur laquelle il me penche. Instinctivement j'écarte les jambes reprenant une position soumise. Sa main se pose sur mes reins et descend lentement entre mes cuisses. La caresse se fait plus précise, longeant le pli de mes fesses effleurant la porte de mon ventre. J'essaye de garder mon calme et continu la conversation. Deux doigts s'insinuent en moi. Je me mords les lèvres un instant pour ne pas gémir. Le va et viens s'accélère et une autre main glissant sous mon ventre vient agacer mon nombril puis descend sur mon clitoris. Une vague chaude m'envahis. J'ai un mal fou à suivre la conversation. J'imagine Nadège dans sa chambre tranquillement assise en tailleur sur son lit me parlant tout en feuilletant distraitement un magazine. Alors que moi, je suis nue courbée sur une table les jambes largement écartées, mon intimité offerte aux caresses d'un homme, essayant désespérément de garder mon calme et un timbre de voix normal. Cette image me provoque une jouissance inouïe, mon ventre s'inonde, ma voix se trouble mais je me contiens.
Suprême supplice que celui ci ! Obligée de repousser mon plaisir pour ne pas me trahir. Je n'ose interrompre la conversation sans Son accord. Il finit par me redresser me retourne et m'adosse à la table ses deux mains se posent sur ma poitrine, ses pouces joue avec mes tétons dressés il sourit et me regarde droits dans les yeux. L'image de ma copine de conversation se superpose avec son visage. Je me dédouble Isabelle la sage qui discute calmement au téléphone et Isabelle la femme offerte qui contient son plaisir qui brûle intérieurement sous les caresses. La pression se fait plus ferme et me voici sur le dos allongé sur la table, le téléphone toujours collé a l'oreille. Ses mains écartent fermement mes cuisses, mon cœur s'emballe, ses battements se mêle à la conversation. La voix de Nadège me parvient à travers du coton. Je ne peux retenir un petit cri lorsque sa bouche se pose sur mon ventre juste sous mon nombril. Nadège s'étonne de ce cri. Je me perds dans les explications d'une voie mal assurée pendant que sa bouche effleure ma peau en une caresse évanescente et descend lentement vers mon ventre en feu. Je me mordille les lèvres lorsqu'une langue chaude et humide écarte délicatement les plis de ma vulve épilée. L'indécent baisé se fait plus profond. Je me cambre et m'écarte un peu plus encore en une profane invitation. Je pose ma main libre sur sa tête. Une vague brûlante ondule le long de mes reins lorsque la langue revient de son exploration et s'attarde sur mon clitoris gonflé de plaisir. J'ai perdu le fil de la conversation, dans un brouillard de sensations je me sens perdre pieds. N'y tenant plus je referme le portable, je raccroche sans explication et laisse retomber mon bras sur la table. Immédiatement la caresse s'arrête.
Je voudrais tant qu'il continu. Mais il s'est redressé et me contemple, écartelée sur la table. Les joues en feu, la respiration saccadée. Il pose une main sur mon ventre et caresse du pouce mon bourgeon gonflé et sensible alors qu'il me fixe des yeux. Il daigne prolonger mon plaisir, de petites décharges électriques cours dans mon ventre. Je sens monter la jouissance. De pudeur je détourne la tête. Sa main me quitte brutalement.
- Habille-toi.
Je reprends mes esprits, me redresse péniblement, et, piteusement comme prise en faute, la tête baissée, sans un regard pour lui je me glisse dans la cabine d'habillage.
Lorsque j'en sort, il m'attend les bras croisés sur la poitrine. Son regard sévère ne l'a pas quitté. Je me présente devant lui. Il ne m'a pas encore donné l'autorisation de partir.
- Donne-moi ton portable.
J'extrais de mon sac le responsable de mes tourments lui tend et reprends la pose. Il manipule qu'elle instant le téléphone le referme et sort de sa poche un préservatif. Intriguée, je le regarde sortir la membrane de son sachet brillant, encapuchonner le téléphone et refermer le condom d'un solide nœud.
- Baisse ton pantalon.
Le ton de sa voix ne tolère aucune contestation. Je m'exécute, déboutonne mon jean, le baisse à mi-cuisse et écarte les jambes le plus que puisse me permettre mon pantalon. Bien sur, je ne porte pas de slip comme l'exige notre accord. Sa main vient fureter entre me jambes et ses doigts s'insinuent en moi. Je ferme les yeux. Je suis encore trempée de ses précédentes caresses. Un objet dure vient remplacer ses doigts. Je gémis lorsqu'il l'enfonce en moi profondément. Je comprends qu'il vient de m'invaginer mon propre portable. Il remonte mon pantalon et entreprend de le boutonner enfermant dans mon ventre le curieux olisbos.
- Allons boire un verre !
Et jetant sa veste sur l'épaule il se dirige vers la porte de l'atelier.
Il fait beau et nous gagnons la terrasse du café de la place du village. Nous choisissons une table un peu à l'écart. Reprenant notre discussion passionnée sur l'art, la création, … Comme si la séance était terminée. Mon Maître a la faculté de rester totalement impassible. Aucunes personnes ne pourraient deviner en nous regardant la relation étrange qui nous lie. Nulle ne peut deviner l'objet que fourre mon intimité. Je jette un regard circulaire sur les personnes attablées Je souris intérieurement. Le patron s'approche pour prendre la commande... c'est à ce moment que se déclenchent les vibrations dans mon ventre. De surprise je sursaute et pousse un petit cri. Mes mains se crispent sur le rebord de la table et sur ma cuisse. La bouche grande ouverte et les yeux écarquillés je jette un regard désespéré a mon Maître. Il a compris ce qui se passait et c'est un large sourire qui me répond.
Alors qu'avec un sourire en coin il passe la commande et malicieusement me demande ce que je veux,les trépidations n'en finissent pas. Heureusement il a désactivé le son pour ne garder que le vibreur. En balbutiant, je passe ma commande à mon tour. Cette fois ci j'ai vraiment l'impression que tous le monde, le patron encore plus, peux deviner mon émoi.
Nadège a rappelé trois fois cherchant à reprendre la communication interrompue, trois caresses intimes sur la terrasse du café au vu de tous, sous le regard amusé de mon Maître. J'ai rejoins mon meublé et j'ai gardé en moi le vibrant olisbos. Toute la soirée j'ai reçu de mes amis bavards des caresses qu'ils ne se doutaient pas me donner.

Enfin, tard le soir un code convenu m'a donné l'autorisation de récupérer mon appareil et de répondre. J'étais épuisée et surexcitée. Il m'a donné l'autorisation de me caresser en laissant le téléphone ouvert posé sur mon oreiller....

 

27 mai 2007

Chap. 2 - La présentation.

M'y voici, mon cœur bat la chamade. Je pousse la porte de la bâtisse de pierre et pénètre dans la salle d'exposition. Le tintement du carillon de cuivre annonce mon entrée. La pièce est vide. Je fais quelques pas et contemple les dessins et peintures qui m'ont fait découvrir ce qui dormait en moi. Un froissement de rideau qui s'écarte. Il est là, souriant.
- Bonjour, … je suis Isabelle.
Et voilà je me frapperais la tête contre les murs de sortir une banalité pareille. Je me sens rougir de confusion. Il sait, Bien sûr qu'il sait… Il m'attendait.
Il m'invite à passer dans l'autre pièce en écartant le rideau. Je me faufile dans une grande salle claire qui sent la térébenthine et le bitume de Judée. Deux grandes baies au sud et deux autres au nord C'est ici que posent ses "Sujets", …Je sens leur présence à travers les esquisses qui parsèment sa table de travail, punaisées sur les murs, …Et je viens en faire partie, … Les mots ne franchissent pas mes lèvres, … Je marche dans l'atelier pour calmer les battements de mon cœur. Il me suit. Lorsque j'arrive au fond de l'atelier devant un canapé de cuir noir. Il me saisit doucement par les épaules se penche sur moi et chuchote à mon oreille.
- Agenouille-toi !
Sa voix est douce et ferme à la fois. Je n'hésite pas une seconde, je m'exécute prenant la pose qu'il affectionne et qu'il a maintes fois dessinée. A genoux sur le sol taché de peinture, les cuisses largement écartées et les mains dans le dos. En un instant je deviens la soumise que je rêvais d'être. Je n'ai plus qu'à me laisser guider. Se détournant de moi il se verse un café (café dont j'apprendrais qu'il est addict) et s'installe confortablement dans le sofa face à moi. Il passe un long moment à me contempler. Un silence pesant qui me met mal à l'aise. Il continue à me détailler. Je sais le spectacle que j'offre, mon jean délavé moulé sur mes cuisses ouvertes et qui ne cache rien des formes de ma féminité et mes seins qui pointent à travers mon sweat forcés par le rejet de mes épaules en arrière. N'y tenant plus je romps le silence.
- Je,... Je, … Ma voix se brouille, …
Je me ressaisis et lâche d'une traite, …
- Vous pensez que je ferais un bon modèle ?
De tant d'effort mon cœur s'arrête un instant. Son regard foudroie le mien. Il sourit mais semble contrarié. Et brutalement je prends conscience que je viens de commettre ma première erreur. J'ai parlé sans lui demander l'autorisation. Il émet un petit bruit de désapprobation. Un claquement de langue que j'apprendrais à reconnaître comme un signe de contrariété.
- Nous allons voir ça de suite… Déshabille toi.
Il a dit ça le plus naturellement du monde en portant à ses lèvres la tasse de porcelaine. Je savais qu'il faudrait en passer par là. Je ne pensais pas que cela serait aussi rapide. Et puis, jamais je ne m'étais dénudée devant un presque inconnu et de surcroît en plein jour. J'ai pris une profonde inspiration et me suis relevée, j'ai ôté mon sweat maladroitement. Je me sentais gourde sous son regard, un trouble intense m'emplit la tête de coton. Comme hypnotisée, je continue mon effeuillage c'est mon pantalon qui tombe, mon bustier noir et bientôt mon string assorti qui rejoint mes frusques sur le sofa à coté de lui. Je sais que je suis rouge comme une pivoine. Des sentiments contradictoires me traversent l'esprit, plaisir malsain, envie de fuir de me cacher. Ça y est, je suis nue sous son regard inquisiteur.
- Reprend la pose.
Je m'agenouille sur le sol. J'écarte les jambes. Je ferme les yeux. J'entrouvre la bouche. En m'écartant ainsi j'offre, impudique, à ses yeux la vision de mon ventre parfaitement épilé ainsi qu'il l'avait exigé lors de nos précédentes correspondances.
- Enlève tes bijoux". Continua-t-il "Quand je dis nue, je te veux sans aucun ornement autres que ceux que je t'offrirais".
J'enlève mes bagues, boucles d'oreille et la petite chaîne d'or qui porte ma croix de baptême. Il s'étonne qu'aucun piercing ne troue ma peau.

C'est ainsi que nous allons converser pendant plus d'une heure. Lui confortablement installé, moi à genoux devant lui, nue comme au jour de ma naissance. Peu à peu au fil de la conversation je m'habitue à ma situation et commence même à ressentir un trouble plaisir. Il m'explique tout ce qu'il attend de moi. Une disponibilité totale, une soumission totale, une confiance totale. J'acquiesce d'un hochement de tête à chaque énumération de ces exigences et prends la parole chaque fois qu'il me l'autorise.
C'est à cette occasion que je reçois le save-word Ce mot de passe qui, si je le prononce, doit interrompre un acte que je refuserais d'effectuer ou de subir. Mais il attache une condition terrible à l'emploi de cette porte de sortie. Si je l'utilise, je ne pourrais pas revenir en arrière. Il me faudra alors partir et ne plus revenir. Ne pas aller au bout de mon expérience ? Une perspective que je ne peux même pas imaginer.

 Enfin le moment arrive, celui dont j'avais tant rêvé, qui va marquer mon adoubement, celui qui va sceller notre contrat et mon destin pour au moins les dix prochains jours. Il se lève, s'éclipse quelques instants et revient avec un coffret de bois blanc. A l'intérieur sur un lit de velours noir plusieurs colliers de cuir ouvragés de cuivre et d'acier. Ceux que j'ai tant admirés. Il se saisit de celui gravé d'une silhouette féminine enchaînée en position de soumission "Le collier d'une novice" dit-il. Il s'agenouille face moi et porte à mon cou la parure tant convoitée. Le pacte est scellé. La joie irradie mon visage. Il m'embrasse tendrement sur le front.
Je vais recevoir dans le même temps un autre collier. Plus petit, une lanière de cuir noir parsemée de clous sur lequel est fixé un petit grelot d'or. C'est le collier d'apparat celui que je ne quitterai pas, celui que tous le monde pourra voir comme un simple bijou, un peu gothique, mais qui représente bien plus en fait. Le tintement du grelot me rappellera à chaque mouvement de tête à qui j'appartiens et qui je peux maintenant appeler… Maître.

Ma nuit a été agitée, nombre de fois le grelot m'a ramenée à cette première journée. Je me suis revue nue soumise dans cette pose impudique. Bien sûr, je me suis caressée,... je n'y tenais plus, et mes fantasmes ont peuplé mes rêves. J'ai réalisé qu'à part le baiser fraternelle posé sur mon front Il ne m'avait pas touché. J'ai compris que mon chemin ne faisait que commencer, et que j'allais être guidée à pas comptés.

14 mars 2021

Chap. 73. Le labyrinthe des plaisirs défendus.

C’est, un joyeux couple qui déboule dans l’accueil de  la Chambre des Images et s’arrête d’un coup comme statufié, coupé dans son élan, à la vue du spectacle qui s’offre à lui. L’hôtesse, qui aurait du les accueillir avec déférence, est agenouillée sur son fauteuil, largement troussée, visiblement disposée à recevoir une punition  par la badine que me tend Marc par le manche et qui  reste en suspension entre nous deux.

L’homme qui vient d’entrer marque un temps d’arrêt, puis son visage s’éclaire et lance un « Marc !» enjouée. Il se précipite sur lui et lui assène une accolade vigoureuse a laquelle Mon Maître répond de façon tout aussi joviale.
— Cela fait un bail ! Je savais que tu étais là, il me tardait de te revoir dans ce labyrinthe.
Apres quelques tapes sur le dos, il se dégage de l’étreinte et me jette un regard gourmand.
— Et voilà donc la belle Isabelle, dont tout le monde parle !?
Et, d’autorité, il  s’empare de ma main pour y déposer un léger baiser en se penchant vers moi. Sa barbe impeccablement taillée effleure mes doigts et son souffle chaud coule sur le dos de ma main. Sa révérence, quelque peu inattendue en ces lieux et l’adresse d’une soumise, me désarçonne mais il ne me laisse pas le temps de rougir, son regard glisse vers Loreleï nue qui se contorsionne en cachant maladroitement son bas ventre devant lui et sa bouche esquisse un « How ! » étouffé.
Volubile, il continue.
— Et çà c’est Loreleï ! La vierge que tu vas mettre à l’enchère si tu gagnes ton procès !
Je fronce les sourcils.
Et bien ! Les nouvelles vont vite ! Et je comprends toute la subtilité de Mon Maitre en proposant une autre distraction à l’assemblée. Même si ce n’est qu’une vague allusion,  la nouvelle d’une possible attraction avec la mise à l’enchère de Loreleï s’est répandue et enflammée comme une trainée de poudre se ralliant d’ors et déjà de nombreux soutiens, coupant ainsi l’herbe sous le pied de Kristale. Des soutiens non désintéressés, il est vrai, tant je mesure la convoitise que porte l’homme à la nymphe nordique.
Sans la quitter des yeux et sans laisser Marc réagir il continue.
— Tu sais, je ferais parti des jurés, et ma voix t’est déjà acquise. Et je me fais fort d’en gagner d’autre à ta cause… Apres tout c’est mon métier !
Et il a un clin d’œil de connivence à l’adresse de Marc.
Marc lui réponds par un signe de tête de reconnaissance et surenchérit
— Ce que tu ne sais pas, c’est que si Isabelle prouve son bon droit Kristale devra se soumettre à elle pour une période qui me reste à déterminer !
L’homme éclate de rire, et se tourne vers moi.
— Kristale ! Soumise d’Isabelle ?… Je ne voudrais vous faire rater çà pour rien au monde  Mademoiselle!
Ses yeux sombres s’illuminent.
— Vous avez beaucoup de chance Mademoiselle d’avoir un Maitre aussi inventif ! Je l’envie terriblement.
Il me lance un clin d’œil admiratif.
— Tu sais te faire accompagner Marc !...Mais moi aussi !
Il se tourne alors vers les deux femmes qui l’escortent.
— Je ne te présente pas Maureen !
Il désigne la femme Aux cheveux de bronze sombre aux reflets mordorés aussi souriante que lui. Elle est entièrement habillée de cuir pourpre aux parements de métal de la couleur de ses cheveux. Une chambrière de cuir noir pend à son cotés par sa dragonne  et lui donne une allure martiale que déments son visage plaisant et ses doux yeux verts amandes. Elle tient par sa sangle une longue chaine de métal brillant utilisée pour promener les animaux de compagnie et dont l’autre extrémité est accrochée par un mousqueton au collier de cuir du même acabit que porte la femme qui les suit dévotement.
Il fait un pas de côté la dévoilant un peu plus a mon regard.
— Et voici… Il marque un temps d’arrêt. …Disons qu’ici, elle s’appelle Harmony!
Comme Loreleï, Harmony est entièrement nue, ce qui révèle sa condition de soumise, seul un loup-papillon bordé de dentelle noire barre son visage presque entièrement  mais qui laisse émerger deux grand yeux d’un bleu lagon et des lèvres pulpeuses parfaitement soulignées d’un rouge intense. Elle est grande, elle me dépasse d’une tête, et son port est royale, les seins fiers aux aréoles roses sombres tendu vers nous avec arrogance. Au creux de son nombril est nichée une pierre de la couleur et l’éclats de ses yeux et  son ventre est orné d’une toison impeccablement taillée en un long « ticket de métro » aux reflets d’or pale qui guide le regard vers une vulve glabre aux lèvres sirupeuses qui ne cache rien de son excitation à être ainsi exhibée. Je remarque un fin pansement couleur chair qui tranche sur son bronzage intégral sur sa hanche et devine, aux petits traits noirs qui s’en échappe, qu’il dissimule un tatouage pouvant la rende reconnaissable. Mon attention se porte de nouveau sur le loup magnifiquement ouvragé qui ne laisse rien deviner de ses traits.
J’avais déjà remarqué quelques convives qui portaient de tels masques ! Je pensai que cela faisait parti du jeu, pour certains d’augmenter le mystère qui planait sur la soirée, pour d’autres de  mitiger une timidité légitime à se montrer ainsi offert. Mais je me rends compte alors, que pour Harmony, avec ce tatouage volontairement occulté, qu’il s’agit bien de dissimuler son identité, J’en déduis immédiatement qu’il s’agit d’une personne publique ou pour le moins reconnaissable par tout à chacun. Ma curiosité naturelle me fait rechercher dans mes souvenirs où j’aurais pu apercevoir ces jambes fusiformes au galbe majestueux. Une interrogation que je refrène sur le champ me rappelant soudain du protocole de l’assemblée. Et surtout l’autre partie de mon procès, celui concernant mes propres écrits et des limites qui me seront accordées.
Mon regard se porte sur le collier d'Harmony.
Un simple collier de chien acheté dans une animalerie.
 L’homme remarque mon insistance et croit bon de devancer mes pensées.
— Oui, je sais ! Son collier n’est pas très esthétique ! C’est une première expérience pour Harmony et nous n’avons pas eu le temps de lui choisir un collier digne d’elle.
Il se tourne vers Mon Maître.
— Je compte sur toi Marc pour lui réaliser un collier aussi beau que celui d’Isabelle !
Et il pointe un doigt vers mon collier de cuir ciselé à double laçage et à l’imposant anneau de fer brut ! Sans attendre de réponse il s’intéresse soudain à Virginie qui attend sagement les reins dénudés.
— Mais, je vous ai interrompu, peut-être ?
Et il pose une main sur la croupe offerte de l’hôtesse qui répond à sa caresse en se cambrant un peu plus.
Marc va pour répondre quand une septième personne fait irruption dans la salle d’accueil qui devient maintenant vraiment trop exigüe.
C’est une hôtesse, presque la copie conforme de Virginie, petite, blonde, une coupe de cheveux stricte, simplement vêtue d’une mini-jupe de satin noir et juchée sur des chaussures à talons hauts de même couleur.
Avec déférence  elle examine rapidement notre groupe et lorsqu’elle reconnait Marc elle s’approche de lui pour, en se hissant sur la pointe des pieds lui murmurer à l’oreille. Marc écoute attentivement et hoche la tête. Le message délivré, l’hôtesse s’éclipse aussi rapidement qu’elle était apparue.
Marc a une petite moue gênée.
— Je suis désolé les amis, il faut que je prenne congés, on me demande !
Et sans en dire plus  désigne la croupe de Virginie s’adressant directement à elle.
— Vous échappez à votre punition, Mademoiselle Virginie !... Temporairement !... Vous viendrez la réclamer dés que vos fonctions vous le permettrons. En attendant veuillez faire découvrir la Chambre des Images à nos amis !
Virginie se redresse le visage empourpré. Je ne sais si c’est de confusion ou de déception. Sa jupe courte retombe sur ses cuisses nous cachant les merveilles promise aux tourments. Elle la lisse nerveusement pour en parfaire le tombé et redevenir l’hôtesse impeccablement mise.
De nouveau Marc me prend la main et, pressée, m’entraine tout en lançant au groupe
— Je vous laisse avec Virginie ! On se revoit à la piscine !
Il fait signe à Loreleï de nous suivre et s’engage dans le couloir qui nous a vu arrivé à la Chambre des Images.
Sans que je lui demande il explique.
— Je suis attendu pour le marquage de Stéphanie… C’est strictement privé… vous ne pouvez pas m’accompagner. Je vous rejoindrais aussi à la piscine dés que cela sera terminé. Vous m’attendrez là ! Mais avant toute chose par sécurité, il faut que je cachète Loreleï !... On va à l’Echoppe des Accessoires !
Qu’il « cachète » Loreleï ?
L’expression me laisse dans l’expectative. N’est-elle pas déjà scellée par cet anneau d’or  protégeant sa virginité ?

 Chap. 74. Le sceau de l’infamie.

14 août 2007

Chap.6. Amazone.

Comme elle chaude et agréable cette eau qui coule sur ma peau ! Sensuelle et salvatrice. Elle éloigne de moi les caresses indésirables. J'y resterais des heures, emportée par mes pensés. Je ressens en flash-back agressifs les attouchements négligés de mon offenseur. Je repousse ces évocations douloureuses en fermant les yeux et savoure les ruissellements de l'eau brûlante sur mon corps. Comme sous l'action d'un choc électrique, je sursaute ! Une panique me saisie, mon cauchemar va-t-il recommencer ?
Deux mains se posent sur mes hanches. Il vient de me rejoindre dans la vapeur de la douche. Toute à ma méditation je ne l'ai pas entendu s'approcher et se glisser à mes cotés. Rassurée, je referme les yeux et me colle contre lui. Nos mains esquissent un ballet langoureux. Il susurre à mes oreilles des mots qui me calme. Il coupe l'eau, le ruissellement cesse, s'empare du savon et entreprend de m'enduire méticuleusement le corps d'une liqueur onctueuse et parfumée. Ses mains m'effleurent et glissent sur mon corps savonné. Aucune des parties ne lui échappe. Je découvre la sensualité des glissements imperceptibles, les pressions d'un masseur divin aux mains évanescentes. Le film huileux qui enduit ma peau transforme chaque caresse en frôlement intimes insoutenables qui finissent par faire monter en moi un désir provocant. Je me colle passionnément contre lui. Je le veux en moi ! De façon impérieuse ! Je perds toute réserve et mes mains glissent entre ses jambes m'emparant de sa verge tendue. L'enserrant fermement entre mes doigts je polis la colonne de chair délicatement et, sous l'effet de l'empressement un peu maladroitement. Contenir sa puissance entre mes mains n'est pas fait pour me calmer. Je me hisse sur la pointe des pieds et écarte les jambes le dirigeant impatiemment vers ma rose entrouverte. Il ne répond pas à mon désir. Il ne fait qu'effleurer la porte entrebâillée, mais n'en franchit pas le seuil. Il joue avec moi, avec mon désir. Il se penche sur mon épaule et me murmure à l'oreille.
- Tourne-toi !
Je réalise que c'est lui qui doit mener la danse, et pas moi ! Lentement langoureusement je me tourne et colle mon dos contre son ventre emprisonnant sa verge entre nous deux. Je m'amuse de le sentir ainsi dressé au bas de mon dos.
- Penche-toi en avant !
Sa voix se fait plus forte, plus directive.
La pression de ses mains glisse de mes épaules sur le bas de mon dos, gagnent mes fesses offertes. Poussant plus avant leurs caresses savonnées, elles écartent et explore le doux sillon. Je suis tellement bien et détendue que je ne sens pas tout de suite le pouce qui force mes reins. Une simple pression qui distend l'étroit passage et me pénètre discrètement. Je réalise qu'il a choisi de jouir d'un autre passage que ceux qui viennent d'être utilisé par l'inconnu. Il affirme ainsi son choix et sa domination. Je me crispe et me cabre un peu pour marquer ma désapprobation, mais très vite sous la tendre caresse, je me détends de nouveau me souvenant de ma première expérience si douloureuse et si plaisante à la fois!
J'enfouis ma tête dans mes bras, me cale fermement dans l'angle de la douche et me prends les lèvres entre les dents. Sans qu'il me le demande j'écarte un peu les jambes et cambre les reins montrant ainsi que j'accepte et me prépare à l'assaut qui va suivre. Il ne se fait pas attendre ! Bien que mieux préparée et aidée par le voile huileux sa pénétration n'en est pas moins redoutable. Il m'arrache un premier cri étouffé en s'engageant et en forçant le passage. Ce n'est pas mes plaintes qui vont faire cesser la charge. Loin de là ! Un deuxième, suivit d'un troisième coup de boutoir achèvent de faire tomber mes défenses et il s'enfonce profondément dans mes entrailles. Une douleur fulgurante qui vite s'estompe marque sa victoire. Mes cris se transforment en un hurlement que j'essaye d'étouffer en écrasant mon visage et ma bouche contre le carrelage froid et humide de la douche. J'espère que l'hôtel est bien insonorisé ! Mais sur le moment je n'en ai cure. Je redécouvre une seconde fois que la douleur peut être maîtresse du plaisir. Pendant de longues minutes et sous les assauts répétés c'est le plaisir qui va peu à peu remplacer la souffrance transformant mes cris de détresse en profonds vagissements de jouissance. La charge est maintenant si violente qu'elle me décolle parfois du sol et me plaque contre les parois de faience. Comme un pantin désarticulé je cherche dans des gesticulations désordonnées un appui pour me raccrocher ! Je ne suis bientôt plus que qu'une boule de plaisir intense abolie de toute raison et de tout équilibre. Mes mains étreignent tour à tour mon visage, pour étouffer mes cris, mes hanches, pour parer et tenter d'amortir les coups de béliers, s'agrippent nerveusement au mitigeur, se pendent à la pomme de douche. Mais tout est enduit de savon tout glisse et m'échappe. je ne suis plus maîtresse de ce corps onctueux empalé sur une colonne de béatitude…

Je suis restée longtemps sous la douche à me remettre et à redescendre sur terre. Il s'est éclipsé comme il était venu, discrètement, un simple visiteur qui a laissé le feu à mon ventre et mes reins. Je me sens légère, ragaillardie, et pourtant il est tard et ma journée a été des plus éprouvante. Je me sèche nonchalamment et gagne la chambre. Une seule des deux lampes de chevets est allumée. Il règne une douce ambiance chaleureuse alors que dehors l'orage n'en finit pas de tonner à notre fenêtre.
Il est là, allongé paresseusement sur le lit, nu. Les deux mains sous la nuque la jambe repliée sous un genou, les yeux clos… le repos du guerrier. Je suis sure qu'il ne dort pas. Je jette négligemment le drap de bain sur le sol et m'approche du Seigneur au repos. Une silhouette massive large d'épaule, protectrice. Le corps d'un homme dans sa maturité. Une musculature que l'on devine puissante mais pas arrogante, utile, moelleuse, ou de nombreuses têtes ont dû s'appuyer pour y chercher le réconfort. Une peau légèrement halée paré d'une pilosité dorée qui brille doucement sous le discret éclairage. Un ventre tendu presque creux ou l'on a envie de passer la main. Sa poitrine se soulève dans un rythme régulier, serein. Je me sens tout à coup faible et désemparée. Si jeune, si inexpérimentée. Une envie animale de chercher protection de me pelotonner contre ce corps ou les cicatrices de la vie ont laissées des marques attendrissantes.
Un pas de plus et je suis prêt de lui. Je m'assois sur le lit. Mon regard ne peut s'empêcher de se poser sur l'instrument de mes tourments. Lui aussi est au repos niché dans son nid de paille d'or, la tête appuyée sur la cuisse, inoffensif… Désarmant. Comme hypnotisée, je ne peux m'empêcher de poser la main sur lui. Timidement de deux doigts je le caresse doucement. Comme une gamine prise en faute, je lui jette un coup d'œil par en dessous Il n'a pas bougé, Il n'a pas ouvert les yeux et pourtant je sais qu'il m'observe à travers ses paupières à demi closes. Je m'enhardis et force la caresse. Un frémissement léger. Je soulève le gland vers moi et le contemple en souriant intérieurement. Comment cette chose si fragile peut faire autant de mal et donner autant de plaisir ? Dans une impulsion irraisonnée de tendresse je plonge le visage vers lui et dans un tendre baiser le ceinture de mes lèvres.
Il n'en faut pas plus pour réveiller le doux tourmenteur. Entre mes doigts il se déplie et se tend. Dans ma bouche il enfle doucement mais sûrement, envahissant bientôt tout l'espace qui lui est offert. Je parfais mes caresses avec ma langue et l'embouche prestement avant qu'il atteigne toute sa démesure. La sensation unique de sentir ma bouche ainsi envahie me trouble profondément. Contre ma langue et au fond de mon palais je suis témoin intime de la résurrection de mon Maître en moi. J'en tire une immense fierté. Je veux qu'il me voie. Je veux qu'il contemple à qu'elle point je peux être entreprenante. Je sais maintenant qu'il peut jouer le bel indifférent, il se trahit dans ma bouche même. D'un geste je rabats sur le coté mes cheveux qui s'étalaient sur son ventre découvrant à ses yeux, comme un rideau qui se lève, la scène que je joue pour lui.
Il est maintenant tendu comme un arc. Je suis ravie que cela soit entièrement de ma faute. Mon ventre s'est enflammé et ma nuque se raidit sous l'effort. Je n'y tiens plus. Je le veux en moi de nouveau. J'enduis de salive le fier gland lisse comme le marbre en prévision de mon assaut. Le tenant toujours d'une main je saute sur le lit et me mets à califourchon sur lui. Je le regarde. Il n'a pas bougé. Il reste les mains derrière la nuque, les yeux mi-clos. Puissant Seigneur attendant ma révérence charnelle. Je glisse sa verge entre mes jambes a la rencontre de ma vulve déjà entrouverte et humide d'excitation et l'insinue facilement en moi. Je m'agenouille un peu plus et le voici entamant sa progression dans le passage trempé de mon intimité. Une fois introduit, je le relâche et, les deux mains dans le dos, levant la tête au plafond, cambrant les reins, lentement… très lentement je m'empale sur le pieu lisse goûtant chaque centimètre de sa progression entre mes cuisses. Je fais durer le plus longtemps possible le doux empalement et finis par l'engloutir totalement. Nos ventres se rejoignent, mes cuisses largement écartelées sur lui, comblée, Je ne retiens pas un profond soupir de contentement. Il est en moi ! Je sens son pieu planté au plus intime de mon corps. Une contraction irrépressible de mon ventre et je le moule aussi sûrement que le doigtier d'un gant de cuir fin. Je peux deviner chaque pulsation, chaque tension de son sexe contre les parois de mon vagin. Un courant électrique crépite le long de mon dos et ma vulve se rétracte dans un reflex, le serre comme pour ne plus le laisser repartir. Je reste un long moment à goûter l'instant. Mais il m'en faut plus! Je me soulève un peu et retombe lordement m'empalant plus profondément encore. Une fois, deux fois… J'amorce le mouvement autour du piston. Il réagit enfin ! Dégageant ses mains de sous la nuque il les pose sur mes cuisses m'encourageant à continuer ma chevauchée. Il a ouvert les yeux et je sais quel spectacle impudique je lui offre. Jeune dévergondée, les reins cambrés, la poitrine dressée, les jambes largement écartées, fièrement empalée sur son sexe. Seules mes mains que j'ai ramenées dans le dos et la tête que j'ai abaissée, atteste de sa domination et de ma soumission.
Encouragée par son attention je commence une longue cavalcade. Un trot saccadé le long du piston huilé de ma liqueur de Cyprine. Je ne veux plus me contenir. Le trot devient galop. A chaque pénétration je ne peux retenir de petits cris de chatte énamourée Une chaleur intense gagne mon ventre, mes suisses se tendent et mes muscles me font mal. Qu'importe ! Le plaisir monte et je vais à sa rencontre en une cavalcade échevelée... Un arc électrique me fauche en pleine course. Mon ventre et ma nuque se tétanisent, un voile lumineux passe devant mes yeux révulsés. Tout mon corps se crispe et se paralyse. La bouche grande ouverte sur un cri silencieux je m'abats au ralenti sur sa poitrine… Je tente de reprendre mon souffle en des halètements ponctués de petits vagissements indécents de plaisir consommé.
Il ne m'a pas rejoins dans ce plaisir. Ses mains se posent sur mon dos trempé de sueur, descendent le long de ma colonne vertébrale, déverrouillent mes mains qui s'abattent sans force sur le lit, le long de son corps et gagnent mes fesses, les écartent doucement. Ses doigts glissent à la rencontre des lèvres de ma vulve encore empalée qu'ils lissent doucement. C'est à ce moment qu'il décide de me récompenser et m'honorer d'un liquide brûlant qui inonde mon ventre. Béate, j'accueille son offrande d'un soupir d'acquiescement lui signalant ainsi mon contentement.

Je tourne la tête collant ma joue sur son épaule et à travers un voile de larmes et de sueur je distingue, luisant faiblement sur la table de chevet, mon collier de cuir et la chaîne d'or qui porte ma croix de baptême. Ce soir je n'ai choisi que la soumission au plaisir et il a accepté. Je lui ai démontré ma capacité à devancer son plaisir et ses désirs. Dans un état de ravissement intense je ferme les yeux et m'endors, sereine amazone, sur la poitrine de mon Maître.

23 juillet 2007

Chap.5. L'offrande.

La pluie tombe par intermittence Evidemment je n'avais pas prévu de vêtement de pluie pour ce week-end. C'est trempée que je m'engouffre dans le bar mais je suis à l'heure c'est déjà çà ! Je mets un moment à le repérer. Il est assis au fond de la salle devant un verre de liqueur incolore. Il me sourit. Je vais pour m'asseoir en face de lui mais il se décale sur la banquette et indique de la main la place qu'il vient de libérer. Je m'installe à côté de lui. D'une main il me prend par les épaules et de l'autre signe un serveur.
- Tu veux boire quelque chose ?
- Un Monaco ! ?
Il me regarde fait une moue, ses sourcils se soulèvent.
- Non… Quelque chose d'un peu plus fort.
Le serveur se place devant nous et sans me demander mon avis il lui lance.
- Un Caipiroska !
Le serveur s'éloigne.
Il appuie un peu plus fort sur mon épaule les caressant rudement.
- Tu va en avoir besoin !
Et voilà comment il réussit à provoquer chez moi un sentiment de panique irraisonné. Son regard est grave et son sourire un peu contraint, comme s'il me demandait mon approbation. Sans un mot, comme à son habitude il dépose un baiser sur mon front. Mais cette fois celui ci il se prolonge et descend le long de mon nez et cherche ma bouche. Sa langue s'insinue entre mes lèvres. Je réponds avec délectation. Le temps s'arrête mais une sensation de menace me saisi. Que ce passe-t-il ? Jamais il n'avait manifesté une telle tendresse ! Lorsque je redescends sur terre le serveur est planté devant nous, il attend de poser la boisson sur la table. Embarrassée, je me redresse et lance un "merci" timide. Il me jette une œillade rigolarde ! Je baisse la tête et observe par en dessous les autres clients. Des regards sont tournés vers moi. Et brusquement je comprends ou je crois comprendre leurs interrogations. "Elle est si jeune"… "Il pourrait être son père"…"c'est dégouttant"… Leurs voix résonnent dans ma tête. Comment un simple baiser peu déclencher autant d'intérêt chez eux ? Et encore, s'ils savaient ? Nous vivons vraiment dans un autre monde maintenant! Cette pensée me rassérène. Une fois le serveur parti. C'est moi qui cherche sa bouche, ostensiblement. Je leur montre que c'est moi qui ai choisi !
Il accepte mon baiser avec un plaisir évident, il se fiche des regards. Peut-être même les recherche-t-il ? Apres une longue minute il me repousse délicatement.
- Termine ton verre…Nous allons être en retard.
En retard ?
J'avale d'un trait la boisson citronnée qui laisse dans ma gorge une traînée de feu. La vodka irradie une chaleur qui gagne tout mon corps et me prépare à affronter la pluie.
Enlacés nous traversons la Saône sous la pluie et gagnons mon hôtel. Je suis trempée, sa veste et son sac de cuir m'ont un peu protégée, mais en fait nous avons partagé la pluie plus que l'abri. Nous franchissons le hall en trombe. Il était temps, les premiers grondements d'orage résonnent au-dessus de la ville et la pluie redouble. Nous gagnons ma chambre sans nous arrêter. Une fois la porte fermée, nous nous ébrouons en riant. Je me sèche les cheveux et les peigne longuement. Je sais qu'il va se passer quelque chose mon ventre irradie une douce chaleur une attente que je trompe en prenant soin de moi. Mais il semble pressé. Il désigne rapidement le lit du doigt.
- Déshabille-toi et monte sur le lit.
Il se penche sur son sac de cuir, l'ouvre et en sort des écheveaux de corde de chanvre. Ces cordes je les connais déjà. Sans fioritures ni effet langoureux je me déshabille et monte sur le lit. Je prends la position de soumission adéquate. Je n'ai plus qu'a attendre. Méticuleusement, il démêle et dispose les liens à côté de moi. Une odeur de foin coupé me parvient, l'odeur caractéristique du chanvre, cela me ramène à mes souvenirs. Mes premiers encordages dans l'atelier, mes premiers émois de captives, mon plaisir à être immobilisée. Je sens mon ventre se mouiller à cette seule évocation.
Sans un mot il me ramène les mains sur la poitrine et me met en position de suppliante. Il lie mes poignets et me ceinture le torse avec la corde comprimant mes seins. Avec sa dextérité il ne lui faut pas longtemps pour immobiliser le haut de mon corps. Il passe à mes jambes. Les chevilles sont vite liées au haut de mes cuisses. Tout mouvement m'est maintenant impossible. , Dans un même geste, il m'ôte délicatement mon collier de servitude ainsi que la petite chaîne d'or qui porte ma croix de baptême. Je ne comprends pas ce que cela veux dire. Cela a certainement une signification, il ne fait jamais rien qui n'aie un sens… Je murmure tristement à voix basse comme pour moi-même sans attendre de réponse.
- Pourquoi ?
Effectivement, il ne répond pas. La réponse doit être en moi !
Son œuvre achevée Il se donne le temps de prendre quelques photos puis il pose ses mains sur mes genoux et s'éclaircit la voix.
- Il est des étapes difficiles à franchir….
Je perçois le trouble de sa voix !
- Celle-ci en est une…Autant pour toi que pour moi !
Dehors le grondement de l'orage s'accentue. Décidément il sera dit que mes étapes délicates seront marquées par le courroux des cieux.
- Je vais te…
C'est à ce moment précis que son portable se met à sonner. Il s'interrompt et porte le téléphone à son oreille.
Oui… Tu es où ? …Troc Bar… OK… Tu m'attends j'arrive. !
Il raccroche rapidement. Cherche sa respiration et continu.
…Je vais te laisser… Un homme va venir… Tu devras lui obéir comme tu m'obéis.
Il a dit ça posément, sans attendre d'assentiment de ma part. Et de toutes les les façons, que puis-je faire ? Je suis dans l'impossibilité de bouger! Dans l'impossibilité même de contester ! Au fond de moi je me refuse à écouter ce qu'il me dit. Et pourtant je comprends immédiatement ce que cela signifie. Il va me donner à un autre! Comment peut-il me faire çà ? . Une onde froide cours sur la surface de ma peau, j'ai l'impression que les liens de chanvre se resserrent et s'incrustent dans mes chairs. Et moi qui me réjouissais d'une soirée en amoureux !
Il se relève et s'empare d'un bandeau de velours noir qui accompagne les cordes. Je lui lance un regard suppliant. Le rideau sombre s'approche de mon visage. La nuit tombe sur mes yeux. Le nœud du bandeau se serre fermement derrière ma tête. Me voici aveuglée. Peut-être cette épreuve sera-t-elle plus douce si je peux me réfugier dans la nuit !
Il me dépose un baiser appuyé sur le front, me caresse doucement les hanches, ses doigts courent le long du pli de l'aine. Il s'assure que mes cuisses sont au maximum de leur écartement. Délicatement, il passe une main entre mes jambes. Je fonds littéralement lorsqu'il vient recueillir en surface de ma fleur la délicate rosée de mon corps. Une boule d'angoisse qui grossit dans ma gorge, une envie de pleurer, de hurler pour qu'il ne m'abandonne pas. Mais est-ce que cela aura un effet sur lui ? Et la phrase qui résonne à mon oreille qui marque le début de la séance, un rituelle maintenant.
- Fais que je sois fier de toi !
Je l'entends se redresser, quitter le lit. De nouveau le bruit caractéristique de l'appareil photo. Ses pas sur le sol. La porte qui claque et se referme à clef. Le silence qui tombe dans la chambre. Les battements mon cœur résonnent furieusement à mes oreilles. Dehors les grondements de l'orage se rapprochent.

Le temps semble s'étirer sans fin. L'attente est insupportable mon esprit s'engourdit et ma position n'est pas des plus confortable. Je n'ai pas réussi à calmer mon angoisse et les battements de mon cœur. Je sais que quelqu'un est en train de venir vers moi, pour moi, pour mon corps. Et il va falloir que je m'offre que je m'ouvre nue devant un inconnu. Des scénarii fous se déroulent dans ma tête. Et si je tentais de m'échapper? Apres tout je ne suis pas obligée de rester dans cette position humiliante. Il me serait facile de rouler sur le coté. Pour ne pas me blesser les liens ne sont pas serrés excessivement ! Il me serait tout aussi facile de m'en défaire ! Du moins je le crois. Qu'est-ce qui fait que je reste là passive, anesthésiée comme le serait une victime hallucinée d'un sacrifice rituelle ?
Un bruit de clé dans la serrure me tire brutalement de mes réflexions. Je sursaute, ce petit bruit discret me semble résonner dans tout l'hôtel. Mon cœur s'emballe. La porte s'ouvre, je devine une personne qui se glisse dans la chambre. Je voudrais que la terre s'ouvre sous moi. Il ne referme pas immédiatement la porte. D'où il est, il a tous loisirs de me contempler. Je sens comme une caresse physique son regard sur moi. Je frissonne. La porte finit par se refermer. Les pas se rapprochent du lit. Je tends l'oreille, espère une parole pour au moins mettre un début d'image sur l'inconnu. Les pas tournent autour ne moi. Il doit commencer par se repaître de la vision que je lui offre. Nue, ligotée, les cuisses largement écartées je sais que dans cette posture je suis, pour un homme, un fantasme vivant à portée de sa main. Cette idée me trouble un peu, une chaleur sourde commence à irradier mon ventre. Je cherche à combattre ce début de plaisir. Je ne veux pas ! Je ne veux pas me laisser aller à la jouissance. Pas avec cet inconnu. Je serais l'objet passif qu'il est venu chercher. Rien de plus. Je ne peux retenir un petit cri de surprise lorsque sa main se pose sur ma cuisse. Elle est froide. Une deuxième main s'empare de l'autre cuisse et ensemble commencent à me caresser. Je prends une profonde inspiration pour essayer de me calmer. Fuir en esprit ces ignobles caresses autant que possible. A-t-il pris cette inspiration pour un soupir de contentement ? Toujours est-il que ses mains commencent une sarabande effrénée sur ma peau. Des caresses désordonnées aléatoires, inexpérimentées. Il explore, tourne autour de mon ventre comme s'il n'osait aller plus loin, ses mains froides s'insinuent sous mes bras attachés à la rencontre de mes seins qu'il malaxe sans douceur. Il ne caresse pas... Il tripote. Cette maladresse ne fait qu'augmenter ma répulsion. Mais après tout à ses yeux je ne suis qu'objet, et on ne caresse pas un objet pour lui donner du plaisir, mais pour en prendre ! Sa main se décide à gagner mon entrejambe. Je me redresse pour échapper à l'étreinte. Peine perdue, bien sûr, les liens de chanvre sont bien pensés. Un doigt s'enfonce en moi. Je bredouille une vague protestation. Il s'enfonce un peu plus. Je ne peux réfréner ma nature, mon ventre se mouille sans vergogne augmentant ma honte de montrer ainsi mon plaisir. Longuement il fouille mon intimité jusqu'à me tirer de petites plaintes étouffées. Il se retire enfin. Je me détends. Je l'entends distinctement enlever une veste ou un manteau qu'il laisse choir sur le sol. Des frottements, on fouille dans des affaires. Je ne comprends pas bien les bruits, je n'arrive pas à les analyser et maintenant les roulements de l'orage couvre les sons.
Ses mains reviennent à moi, plus fébriles encore. Elles se posent sur mon visage lisse le bandeau sur mes yeux, descendent sur ma bouche qu'elles entrouvrent d'un doigt. Puis prestement comme s'il ne pouvait attendre. Il me prend par les cheveux et sans douceur me penche vers l'avant. Un objet chaud et lisse se plaque sur ma bouche. Je comprends immédiatement à quelle ignominie il veut me contraindre. Je regimbe et détourne la tète. Je ne veux pas ! Je tente de me redresser mais sa main se fait plus ferme contrant ainsi ma pauvre tentative de dérobade. La lutte est inégale. De plus j'ai promis à mon Maître de faire ce qu'il désire. Tout ce qu'il désire ! Mon dieu comme cela est cruel ! Une bouffée de tristesse m'envahit, je ne peux retenir des larmes de détresse qui viennent mouiller le bandeau de velours. Comme s'il avait compris mon désarroi sa prise devient plus douce, mais cela ne l'empêche pas de ramener mon visage face à lui d'une main ferme. Sous mon bandeau je laisse couler mes pleurs, mais résignée, comme sous l'effet d'un ordre direct de mon Maître, je finis par ouvrir la bouche. Il s'engouffre immédiatement entre mes lèvres.
Un parfum à l'arrière goût chimique se répand dans ma bouche. Une fine texture souple me signale que l'inconnu s'est paré d'un préservatif. C'est étonnant comme cette simple barrière de caoutchouc met une distance entre moi et mon assaillant. Mon Maître aime à savoir que je goûte la saveur de son corps, la caresse est alors des plus intime. Rien de cela ici, j'ai vraiment l'impression de n'être qu'un objet de jouissance sans âme, un "sex-toy" ! Et effectivement il utilise ma bouche comme un "sex-toy", sans douceur sans sentiment, s'enfonçant brutalement et commençant un va-et-vient saccadé et violent qui finisse par m'arracher des plaintes étouffées. Mes gémissements semblent augmenter son plaisir et le piston de chair accélère sa course frénétique. Pour tenter de calmer son excitation je retiens mes cris. Ce sont mes yeux inondés de larmes qui servent d'exutoire à sa violence. Le manque de douceur ainsi que l'inexpérience que je ressens chez cet inconnu me font brusquement penser à l'ami de Marc. Le garçon attablé à ses côtés au fond de la brasserie de la place des Terreaux. Pendant qu'il s'active entre mes lèvres, je revois dans un brouillard leurs sourires et coups d'œil complices lancés vers moi lorsqu'ils se sont séparés. Enfin je mets un visage sur mon agresseur ! Je me trompe peut être mais cela me rassérène. J'avais besoin de mettre une image sur cet homme et mes réflexions intérieures m'éloignent un peu de l'assaut violent dont je suis victime. L'effraction buccale cesse brutalement. Il sort de ma bouche ce qui me permet de prendre mon souffle bruyamment et de tousser afin de soulager l'irritation de ma gorge. L'amant pressé ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits. Il me penche brutalement vers l'avant me pressant le visage contre le matelas rehaussant mes fesses dans une posture que je connais trop bien pour savoir à quel assaut elle m'expose. Sautant rapidement par-dessus le lit, il se place derrière moi. Sans attendre, sans préliminaires, son sexe enfonce la porte de mon ventre et me fend profondément. Malgré mon humidité je ne suis pas préparée et ne peux retenir un cri de douleur. Il n'en a cure et entreprend un pilonnage régulier de mon intimité. Je mords le couvre lit pour ne pas hurler. Le rythme s'accélère, ses deux mains se crispent sur mes hanches il s'arc-boute de tout son poids comme pour me percer au plus profond. Je n'en éprouve aucun plaisir. Il est si maladroit. Il n'est la que pour sa propre jouissance. Je ne geins que de douleurs et de répulsion. Il pousse enfin un cri de jouissance. L'acte est consommé. La tête enfouie dans le couvre lit, je pleure de tout mon soûl. Je pleure de honte d'avoir été ainsi un jouet de plaisir. Je pleure de honte d'avoir peut-être aimé çà. Mais je ne veux pas me l'avouer. Il roule sur le coté en m'entraînant, son membre encore fiché entre mes jambes. Il respire fort et reprend son souffle peu à peu. Lentement, comme à regret, sa verge se retire. Il se lève. Je me recroqueville en chien de fusil. Je sanglote. Il vient me flatter la croupe et les hanches, comme pour me consoler. Je me crispe et me raidis lui signifiant mon dégoût. Sa main se retire. Il ne lui faut pas longtemps pour se réajuster, enfiler sa veste et partir en refermant doucement la porte derrière lui sans fermer à clef.

J'essaye de me calmer, de ravaler mes pleurs. Dehors l'orage n'en finit pas de tonner. Il me vient à l'esprit que Marc ne va pas tarder à me rejoindre. Je ne veux pas qu'il me voit ainsi. Péniblement, gênée par mes entraves, je me redresse maladroitement. Il me faut une longue minute pour me remettre à genoux. En pensant à lui de toutes mes forces, j'écarte les jambes. D'un mouvement de tête je tente de replacer mes cheveux en arrière. J'ai repris la pose de départ je n'ai plus qu'à attendre sa venue.
- Tu m'impressionne !
Sa voix éclate dans la chambre comme un coup de tonnerre. Mon cœur fait un bon si fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine. Il était là ! Pendant tout le temps de ce viol consenti, il était là ! Je reste sans voix. Abasourdie.
- De reprendre ainsi la pose… Bravo,... Tu m'impressionne !
Je l'entends se déplacer du coin gauche de la chambre, ses pas se rapprochent, je devine qu'il s'agenouille face à moi. Ses mains viennent détacher le ruban mouillé de larmes. Même la pénombre intime dans laquelle baigne la chambre m'aveugle. Il est là ! Encore hébétée, je n'arrive pas recoller avec la réalité. Il est là, et il me sourit avec ce sourire que je connais bien maintenant celui de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour. Ses mains se posent sur mes cuisses, il reste silencieux observant attentivement ma réaction. Une réaction qui ne se fait pas attendre. La tension est trop forte pour que je la garde en moi. D'irrépressibles sanglots m'envahissent, j'essaye de parler.
- Monsieur... Je... Je…
Un flot d'émotions me submerge, un ébranlement de tous mon être. Un hurlement silencieux qui se noie dans les pleurs. Je me laisse tomber sur son épaule.
- Monsieur... Je ... Je... Je vous aime !
Il faut que cela sorte quoi qu'il en coûte, il doit savoir.
- … Je vous aime... Pour… Pour ce que vous m'avez fait !
Et je repars de plus belle en sanglot.
Il faut de longues minutes et de nombreuses caresses de sa part pour me calmer. Je finis par me redresser refoulant en hoquetant mes derniers sanglots. Tremblante de tout mon corps, épuisée. Il passe ses mains sur mes joues essuyant les dernières larmes qui perlent à mes cils. Il me regarde en souriant.
- Eh bien... Tu es la soumise la plus émotive que je n'ai jamais vu !
Sur ce, il éclate de rire. Désarçonnée, je le regarde s'esclaffer et lentement du plus profond de mon ventre monte un fou rire irrépressible. Un rire salvateur qui balaye de sa puissance lénifiante les tourments que je viens de subir et le souvenir du petit être mesquin qui y a trouvé du plaisir. Nous retombons dans les bras l'un de l'autre mais cette fois nous sommes secoués par une hilarité incoercible.
Je suis exténuée. Passivement je le laisse ôter les liens qui me ceinturent la poitrine et les poignets. Ils ont laisser de profondes marques rouges. Je me masse les poignets tandis qu'il caresse celle de mon dos. Cela doit lui faire de l'effet car il dépose un baiser sur les cannelures creusées par les cordes de chanvres et sa langue en suit amoureusement les sillons gaufrés. Je frissonne, mais me lève d'un bond en lui souriant échappant à ses caresses pour me précipiter nue et libre vers la douche...


 

 

10 août 2015

Chap. 35. Servir.

- Je vous dérange peut-être ?
Elle a dit çà d’une voix presque ingénue, alors que sa caresse se fait des plus intime. D’un geste contrôlé, tout en retenu, ses ongles glissent entre le pli de mes fesses survolant ma rosette en éraflant au passage la chair tendre et faisant naître un torrent d’étincelles le long de mon périnée.
Je me mords les lèvres pour ne pas gémir et écarquille les yeux pour observer Marc et lui signifier mon embarras. Mes sentiments sont contradictoires, la surprise, la honte, le plaisir de jouir d’une caresse encore jamais reçue… Je voudrais qu’elle nous laisse seul et pourtant je voudrais que son inconvenante cajolerie continue.
La question d’Ignés semble totalement incongrue. Elle va pourtant offrir à Marc, toujours à l’affût de la moindre occasion, de parfaire mon humiliation. Il se saisit d’une large poignée de mes cheveux roux et les tire doucement m’obligeant à tourner la tête vers le visage radieux de la jeune femme.
- Ignés, vous a posé une question Mademoiselle !… Il serait bon de lui répondre !
Je voudrais disparaître sous les draps. Une bouffée de chaleur intense me monte aux joues. Ignés se penche en avant pour accrocher mon regard fuyant.
Je ne sais même pas comment l’appeler, Madame ? Mademoiselle ? Le protocole l’exige pourtant. La caresse se fait brusquement plus intrusive, les doigts cherchant leur chemin et leurs places dans le conduit humide déjà comblé.
Comme dans un rêve, je m'entends dire.
- O… Oh ! n.. Non ! Non ! Vous pouvez continuer...
La suite de mon assentiment forcé se perd dans un balbutiement de Ml, Mm, embrouillés.
Je baisse les yeux et mon visage s’enflamme autant de honte que de plaisir.
Marc abandonne mes cheveux et enveloppe d’un bras mes épaules m’entraînant contre sa poitrine et son autre main appuie sur le haut de mes reins. Ce qui a pour conséquence immédiate de me cambrer outre mesure, dévoilant une fois pour tout aux yeux d’Ignés, notre impudique liaison. Aux yeux… et à la main d’Ignés qui n’a aucun mal cette fois ci à glisser deux doigts le long de mes lèvres et de tenter de s’immiscer entre elles et la verge huileuse qui les distend.
Inutile de résister, je m’abandonne totalement à la douce introduction. Et pourtant dans un dernier réflexe de vaine pudeur, je me mords  les lèvres pour ne pas gémir. Vaincue et résignée, je laisse le plaisir monter au fur et à mesure que les doigts de l’experte servante s’immiscent en moi accompagnant les mouvements de va et vient que commence à entamer le bélier de chair qui me possède.
Elle est là pour me servir, pour servir mon plaisir… Notre plaisir. Et elle s’acquitte de sa tache avec la maestria d’une longue expérience.
Il ne lui faudra pas longtemps, pour qu’à l’unisson du piston qui joue en moi ses doigts fassent, entre deux gémissements étouffés de plaisir, exploser dans ma tête mille soleils et ne m’abandonne nue, disloquée, le souffle coupé, pantin de chair comblé, au travers du lit.

En chien de fusil, le ventre irradiant une douce chaleur, la tête posée au liseré du lit, à travers de mes paupières mi-closes, mouillées de larmes de plaisir, je les contemple s’éloigner. La silhouette d’Ignés parfaitement cintrée dans son tailleur précède Mon Maître. Elle le guide vers la salle d’eau.
Seule, je bascule sur le dos et m’écartèle, bras et jambes en croix, au beau milieu du vaste lit dévasté. Ma tête renversée la nuque appuyée sur le bord  mes cheveux glissent au sol. Les yeux grands ouverts, je contemple le plafond vide. Je ne peux m’empêcher de sourire…Servir, servir encore et toujours !

26 décembre 2012

Chap 18. Le salon pourpre.

Il faut que je fasse vite si je veux remplir les exigences de Mon Maître sans que les jeunes serveuses ne me découvrent. Je m’éloigne de la table en repoussant ma chaise en arrière et écarte les jambes. La courte jupe remonte sur mes cuisses comme douée d’une vie propre, anticipant l’ouverture du passage. Dans le même temps je lance ma main vers le cigare tendu vers moi.
Je vais pour m’en emparer quand Marc le recule vivement. Ma main reste en suspension. Surprise, je reste bouche bée.
Ai-je mal compris ses intentions ? Ai-je mal interprété ses allusions ? La confusion me gagne. En ce cas, je viens de lui révéler mon état et mes pensées et jusqu’où je le crois capable d’aller… Et moi de le suivre !
Il fronce les sourcils.
- Allons petite dévergondée ! Vous croyez vraiment que je vais vous demander de vous humilier ici… Devant le petit personnel de nos hôtes ?
Il désigne du menton les soubrettes qui s’affairent dans la salle.
Ma main retombe.
Oui bien sûr que je l’en crois capable !
Marc s’empare du verre de cognac de la main gauche tout en se levant promptement.
- Il y a un endroit pour cela ici… Terminez votre verre, et suivez-moi !
Sans réfléchir, je prends le verre de liqueur et tout en me levant le porte à mes lèvres. Un torrent de feu me descend dans la gorge. Mes tempes s’enflamment et dans un sursaut de tout mon corps une toux incoercible cherche à expulser le liquide incandescent. Mais trop tard le feu a déjà gagné mon estomac et de grosses larmes embrument mes yeux. Je tente de reprendre ma respiration en reposant vivement le verre et en toussant plusieurs fois. Lorsque je reprends mes esprits Marc est déjà sur le point de disparaître par la porte principale. Je le rejoins en trottinant la bouche grande ouverte et en battant l’air de mes mains sans prêter attention aux petits rires des serveuses qui accompagnent ma sortie.
L’intermède du repas est bien fini. Marc a repris le vouvoiement il me notifie ainsi tacitement que je dois reprendre ma place. Je me mets derrière lui à un mètre et le suis dévotement, les mains jointes, la tête baissée, le regard fixé à ses talons.
Mon Maître se dirige sans une hésitation, il semble bien connaître les lieux. Nous traversons plusieurs salles et gagnons un couloir qui nous éloigne des convives. Un dernier corridor désert nous mène à une sorte de vestibule. Marc s’arrête, fait demi-tour, me contourne et ferme la porte par laquelle nous venons d’entrer.
La salle est petite sans fenêtre ni ameublement. Elle est éclairée par un immense lustre de cristal qui obstrue la quasi-totalité du plafond et semble pouvoir nous tomber dessus à tout moment augmentant la sensation d’oppression que dégage cette pièce. En face de moi une lourde porte de bois sombre cintrée de pierres taillées. Les deux murs libres sont bardés dans leur totalité de petits placards de bois précieux numéroté de bronze. Toutes les portes sont entrouvertes sauf trois de ces placards qui sont fermé et leurs loquets tirés. J’ai vite la confirmation qu’il s’agit d’un vestiaire.
- Veuillez vous déshabiller, Mademoiselle ! … Entièrement ! … Gardez votre collier !
La voix de Marc est impérative. Il s’attend à être obéit sans poser de question. Je déboutonne mon chemisier tandis qu’il ouvre en grand un des placards.
- Voyez-vous Mademoiselle, là où nous allons, jamais aucune femme de votre condition n’est entrée habillée.
Ma jupe glisse le long de mes hanches dévoilant mon ventre nu. Marc tend la main pour s’en emparer et il la range au côté du chemisier. Mes escarpins noirs et mes socquettes blanches rejoignent le placard.
Comme il est rapide de me déshabiller et de me présenter nue à Marc ! Je ne porte rien d’autre depuis notre départ du haras ! 
- Ton poignet !
Je tends la main vers lui. Marc s’en empare délicatement et glisse à mon poignet un lacet de cuir rouge. Ce bracelet je l’ai déjà vu et déjà porté et j’en connais la signification (Cf.: Une Saison d’Airain; Retour à la Colombière).
Une fois mon poignet libéré, maldré mon trouble, je prends la posture de soumission qui doit renforcer aux yeux de Mon Maître ma parfaite acceptation.
Je glisse mes mains dans le dos, cambre les reins en écartant les jambes et je baisse la tête sur ma poitrine projetée ainsi vers l’avant.
Marc m’observe un moment tourne autour de moi. Satisfait il pose une main sur le bas de mon dos et me pousse vers la lourde porte de chêne noir.

La pièce dans laquelle nous pénétrons est stupéfiante. Une ancienne tour, certainement ! Aucun mur droit et aucune fenêtre mais une verrière couvre la totalité du plafond laissant passer la faible clarté du soir. Des flambeaux placés à intervalles réguliers prennent le relais du soleil déclinant. Tout autour de nous dans la pénombre, je distingue des alcôves creusées dans les murs. Certaines ont des rideaux tirés.
La salle est meublée succinctement des tentures rouges aux murs de pierres brutes, des meubles qui semblent être des bars en bois noir. Une demi-douzaine de larges banquettes de bois sombre sculpté et aux coussins de velour rouge sont disposées en cercle autour d’une rosace centrale en marqueterie de pierre. De chaque cotés des banquettes, de lourds candélabres de bronze piqué de gros cierges allumés dispensent une douce clarté.
Marc s’avance et me désigne une des banquettes. Je m’y dirige à petit pas. Sous mes pieds nus le sol de pierre dégage une douce chaleur trahissant la technologie destinée à améliorer le confort des lieux.
Je gagne la banquette. C’est une sorte de large tabouret. Pas de dossier, elle est trop petite pour si allonger, mais suffisamment grande pour si asseoir confortablement à deux. A moins que….
Je glisse un genou sur le coussin de velours, puis l’autre sans ôter les mains de mon dos. J’écarte les jambes et cambre les reins. J’y suis parfaitement calée, les genoux au bord du banc et les pieds pendant sans gêne dans le vide de l’autre bord. J’y suis si confortablement installée qu’il me semble que je pourrai garder ma position de dévotion pendant des heures.
Voilà à quoi sont destinées ces stalles ! Sublimer la posture de soumission de celle qui s’y dispose.
Je ne peux m’empêcher de détailler les cinq autres bancs vide et m’imaginer les étranges assemblées qui ont pu s’y dérouler.

 

10 février 2010

Chap. 64. Sous l’œil de Kristale

Ma vision se trouble. Dans un brouillard ondoyant, je distingue Serge plier méthodiquement ses vêtements sur le dos d’une chaise. Une langueur que je connais bien m’envahit peu à peu. Je sais que ma raison va s’abolir. Je sais ce que ces hommes veulent de moi. Ce qu’ils vont faire de moi. Toute mon âme s’y refuse et pourtant je reste là, les bras le long du corps. Je suis tiraillée entre l’envie de fuir et celle d’obéir à Mon Maître. Je m’enfonce dans une sorte de rêve cotonneux où mes pensées tournent en rond ; Fuir, …Rester… , Fuir, … Obéir,... Hurler, …Sourire ! L’absurdité de ma condition est telle que suis paralysée par mes contradictions. Je m’évade, mon corps lui-même disparaît et cesse toute relation avec mon esprit qui s’égare et s’éloigne. J’ai envie de me laisser tomber par terre comme un paquet de linge et de m’endormir. Ces hommes, ils pourront alors faire ce qu’ils veulent de moi, de toutes les façons je n’existerais plus. Ils me seront alors indifférents et ce ne sera que chair vide, sans âme, qu’ils posséderont. Je prends une profonde inspiration et ferme les yeux. Je m’échappe.
Mais c’est sans compter sur la vigilance de Kristale. Elle remarque la pâleur de mes joues, ma soudaine décontraction, mes yeux qui se ferment et mes lèvres qui cessent de trembler. Croit-elle que je vais m’évanouir ? Ou bien a-t-elle compris à mon attitude résignée et que je risque d’échapper à ma sanction, au moins mentalement.
- Hé ho ! Isabelle, revient avec nous !… Ouvre les yeux !
Des doigts claquent devant mon visage. La blonde nordique s’est approchée de moi pour me tirer de ma rêverie et me ramener à la réalité. Elle souffle à mon oreille sur un ton entendu.
- Je veux que tu n’en perdes aucune miette !
J’obéis immédiatement à son injonction et ouvre les yeux. Serge est devant moi. Il est maintenant entièrement nu et mon regard est involontairement attiré par sa virilité fièrement érigé. Il s’avance d’un pas.
- C’est la première fois pour cette petite ?
Demande-t-il à Kristale.
Elle prend un ton ironique.
- Non, Non,… Elle est un peu timide. Mais çà va lui passer ! Il vous faut juste la chauffer un peu !
Et, tout en disant cela, elle s’empare de ma main, la guide vers le sexe dressé m’obligeant à l’enserrer de mes doigts gourds. Je frissonne. Le contact de la verge est brûlant. Je peux sentir le désir de l’homme palpiter au creux de ma paume. Serge s’avance un peu plus collant son sexe encapuchonné de ma main contre mon ventre et, me prenant par les épaules :
- Cela va bien se passer ma belle… Tu vas aimer !
Il me pousse lentement vers le lit qui jouxte le mur le plus long. Mes mollets cognent contre son rebord et, repoussée par les mains puissantes de l’homme, déséquilibrée, je bascule en arrière. Je me retrouve assise sur le lit étreignant encore timidement le bâton de chair vibrant.
Ma position, assise devant lui, son sexe à la main, ne pouvait que susciter chez celui ci un désir de caresse immorale. Et cela est bien sa perverse intention ! Sa main enserre la mienne pour, de force, guider sa verge vers mes lèvres. Je me détourne instinctivement pour essayer d’échapper à l’indécente demande. Sa main gauche vient alors se poser sur ma joue et, délicatement mais fermement, m’oblige à lui faire face. Je lance un regard désespéré à Kristale qui a déjà commencé à prendre des photos. Elle a alors une mimique de réprobation et, comme aurait pu le faire Mon Maître, a un claquement de langue qui m’incite à ne pas résister au désir de l’homme.
Le gland poli se pose sur mes lèvres.
Kristale a un mot qui se veut d’encouragement.
- Aller Isabelle, c’est parti, ouvres moi donc cette jolie bouche !
Lance-t-elle en portant l’appareil photographique devant ses yeux moqueurs.
Que faire d’autre ?
Kristale vient de le dire. Ma punition commence et je dois l’accepter ! Mes lèvres s’entrouvrent et s’arrondissent autour du gland qui se fraye délicatement un chemin vers le fond de ma bouche. L’homme a un grondement de satisfaction et, maintenant sûr que je ne regimberai plus, vient caresser mes joues et mes cheveux de ses mains fébriles.
Il aime la caresse de ma bouche et tient à le faire savoir.
- Humm… C’est bon çà !... Allez ma chérie !
Il marque ainsi le départ d’un long va-et-vient entre mes lèvres. Le rythme s’accélère et devient plus violent. Par à coup le gland turgescent bute au fond de ma gorge et provoque une nausée que je réfrène avec peine en sursautant de tout mon corps. Se méprenant sur mes intentions, croyant que je cherche à me dégager, il s’empare de mes couettes qui lui offrent une prise idéale pour me contraindre à rester en place.
La douceur de mon assaillant a vite fait place à une excitation incontrôlable. Il cambre les reins en écartant les jambes pour me posséder plus profondément encore. Je respire rapidement par le nez en essayant de contrôler ma respiration et la peur qui me submerge. Il n’a maintenant plus de pitié pour moi et ne tient pas compte de mes pauvres gémissements étouffés. Je me crispe de tout mon corps, mes mains s’agrippent au couvre lit, persuadée que sa jouissance ne va pas tarder à venir envahir ma bouche et couler au fond de ma gorge. Je retiens une grimace de dégoût et me prépare à l’abject hommage. L’homme respire fort et ses reins s’agitent à me briser les vertèbres du cou. Pourtant il s’arrête brutalement en soufflant bruyamment.
- Ha ! Hum ! Bon sang, elle est trop bonne …Tu …tu devrais essayer Bruno !.
Il cherche visiblement à contrôler sa respiration. Il se retient de jouir et cela semble lui coûter un effort surhumain.
Son sexe se retire de ma bouche d’un seul trait comme si il s’était brûlé. Je lève rapidement les yeux vers lui. Son visage est congestionné, crispé en un masque affreux, il se mord les lèvres et inspire par saccade. Sa verge, qui brille de ma salive, a doublée de volume et a prise une teinte violacée tellement elle est tendue. Je m’attends à tout moment à ce qu’il crache son immonde liqueur vers moi. Je me détourne, à la fois de peur et de honte que je puisse ainsi générer autant de désir perverti.
Je déglutis ma salive trop abondante résultant de son assaut et attends que mon assaillant récupère ses esprits.
Ce qui ne tarde pas Il s’ébroue !
- Bon ! Passons au chose sérieuse…Je te laisse la place Bruno ?
Il se penche sur moi et me saisis par le poignet, m’obligeant à me relever à demi. Du même élan, d’un geste puissant il me bascule et me retourne.
Je me retrouve à quatre pattes sur le lit. Et, sans même avoir le temps de reprendre mes esprits, une main se glisse entre mes jambes les écartant vigoureusement. Deux doigts nerveux disjoignent les lèvres de mon ventre et s’introduisent sans ménagement à l’intérieur de mon vagin. Il leur imprime un mouvement de vrille comme pour masser le passage et le préparer à l’assaut qui va suivre. Il cherche à y joindre un troisième doigt de force. Il me fait mal et je lâche un cri de désarroi. Il renonce et interpelle de nouveau son complice.
- Allez Bruno… Ne fait pas attendre la demoiselle…Elle est chaude là !…
Et dans le même temps ôte ses doigts du doux fourreau qui sont vite remplacés par l’intrus qui a violé ma bouche.
Un froid glacial me tétanise la nuque tandis que le bélier de chair brûlante se fraye un passage entre mes jambes. La pénétration de l’inconnu me jette dans un flot de détresse et d’affliction.
Ainsi tout est consommé ! Je ne suis plus que leur chose et je viens de l’accepter sans même me débattre, sans broncher, sans protester, validant ainsi à leurs yeux ma totale obéissance.
Bruno lui, a décidé d’imiter son compagnon de fortune. Pendant que je suis forcée à quatre pattes sur le lit de fortune, ses mains s’emparent de mes cheveux et me forcent à relever la tête. Je me retrouve face au ventre menu, blanc, du jeune garçon au centre duquel se dresse une virilité fine, délicate, mais dont je perçois immédiatement l'empressement. Et sans me laisser le temps de protester, il en plaque énergiquement le gland contre mes lèvres. Son sexe exhale le même parfum que son after-shave de supermarché. Et je ne peux m’empêcher de l’imaginer faire sa toilette s’inondant les joues le torse et le bas ventre de déodorant. Je frise du nez, mais inutile d’esquisser la moindre tentative de fuite. A quoi bon ! J’entrouvre la bouche et accueil l’impatient dans ma chaleur buccale. Son sexe est plus fin que celui de Serge et ma langue se moule sans contrainte à la base de son gland. Une sourde vibration en émane. Au contraire de Serge, il s’enfonce lentement dans ma bouche, d’un glissement précautionneux, comme s’il craignait de me faire mal. Une fois bien installé dans le fourreau de mes joues, il lâche mes cheveux et ses mains se posent sur mes tempes, enserrant ma tête entre ses mains pour lui imprimer un léger mouvement de balancement. Il se masturbe entre mes lèvres !
Pendant que les deux compères s’agitent, je prends conscience que pour la première fois de mon existence deux hommes me possèdent en même temps. Et deux inconnus, qui plus est ! Je me sens tout à coup vulnérable et accablée à la fois. Atterrée de ce que ma soumission à Marc me conduit à accepter ; Moi, la tendre et joyeuse Isabelle à peine sortie de l’adolescence, devenue le jouet pervers de deux individus sans scrupule dans une chambre isolée d’une maison perdue au cœur d’une forêt que je ne connais pas…
- …On change ?
C’est la voix de Serge qui vient de me tirer de ma réflexion. D’un commun accord les deux hommes se désengagent de leur fourreau respectif. J’en profite pour m’humecter les lèvres d’un coup de langue nerveux et de tenter d’apercevoir Kristale. Captant mon regard elle me sourit, un sourire malicieux. Son appareil photo toujours à la main, elle ne perd pas une miette de ma déchéance.
Serge s’invite de nouveau entre mes lèvres tandis que Bruno s’évertue à ouvrir mes cuisses et se glisser en moi en me saisissant les hanches de toutes ses forces.
Comme cela leur est facile de me posséder ! De me soumettre à leurs caprices ! Combien de temps cela a-t-il duré ? Plusieurs fois ils vont intervertir leurs places comme si ils n’arrivaient pas à se décider sur quel autel ils allaient officier définitivement. Je ne suis plus qu’une poupée de chiffon que l’on manipule. Et comme une poupée inerte il me couche sur le dos pour parfaire leur besogne. Serge exige que j’y mette plus d’entrain ! Kristale approuve ! Sous ses ordres mes mains enlacent les sexes tendus vers moi, ma bouche caresse et ma langue lèche la surface polie de glands durs et polis comme de l’ivoire. Ils se couchent sur moi. Ouvrent mes cuisses et me pénètrent à tour de rôle en riant et s’encourageant mutuellement. Leurs mains fouillent les plus intimes recoins de mon corps abandonné de son esprit, cherchant à le faire vibrer, s’esclaffant à chaques cris, chaques gémissements, à chaques soupirs qu’ils tirent de moi.
Si ils savaient que mon esprit est alors tout entier tendu vers un seul être ! Marc ! Marc à qui je dédie chacun des cris que mon corps ne peut s’empêcher de lancer sous les caresses indécentes des deux soudards. Ils ne voient pas alors les larmes éphémères que j’écrase d’une main rapide, je ne veux pas donner une nouvelle fois l’occasion à Kristale de me traiter comme une gamine émotive.
C’est au fond de mon ventre brûlant que le premier, Serge, s’abandonne. Libérant une liqueur abondante dans un cri rauque, jetant des imprécations inarticulées alors que ses mains se crispent sur mes seins pour mieux me pénétrer.
Comme la jouissance des hommes est ridicule ! Mes poings se referment de rage, étreignant convulsivement la couverture entraînée au sol alors qu’ils m’avaient mise à quatre pattes sur le parquet. Satisfait, l’homme s’effondre sur lui-même comme une baudruche qui se dégonfle, relâchant son étreinte. Il se dégage de mon ventre dans un ignoble bruit de succion et s’allonge à même le sol, les bras en croix, visage tourné vers le plafond, cherchant à reprendre son souffle en respirant bruyamment et manifestant son plaisir à haute voix.
- Ah bon sang… Ce que c’est bon !… Bon sang !… Merci Isabelle !
Merci ? Merci de quoi ? Je ne vous ai rien donné ! Vous l’avez pris. Ne comptez pas sur moi pour vous donner l’absolution. Mon corps vous l’avez réduit à votre plaisir, vous l’avez violé avec mon consentement, Mais vous n’êtes qu’un instrument. L’instrument de Kristale, l’instrument de Mon Maître et de leur cruel châtiment.
Profitant que le chemin est libre et que son compagnon gît sur le sol. Bruno me saisis par l’épaule pour me redresser et me diriger de nouveau vers le lit. Il m’allonge délicatement, presque amoureusement, sur le dos par dessus les draps froissés. Je m’aperçois que je tiens encore la couverture d’une main serrée à m’en faire mal aux phalanges. Il se couche sur moi et embrasse amoureusement mon ventre puis ma poitrine, mes seins. Mes tétons roulent sous sa langue et se dressent. Il joue un moment avec eux puis sa bouche remonte le long de mon cou vers mes joues qu’il baise avec tendresse. Il tente un baiser sur mes lèvres alors que son sexe s’introduit doucement, forçant les portes maintenant entrouvertes de ma vulve. Un sursaut de répulsions me fait tourner la tête et échapper au baiser.
Non. Je ne veux pas ! Je ne veux pas lui offrir le moindre sentiment d’affection. Je ne l’aime pas ! Il peut faire ce qu’il veut de mon corps offert par Mon Maître Mais jamais, jamais, je ne donnerais un baiser à ces hommes. Mon cœur ne leur appartient pas !
Un instant décontenancé le jeune homme revient à la charge et tente une deuxième fois de poser ses lèvres sur les miennes. De nouveau je me détourne. Ma tête tourne de droite à gauche pour échapper au baiser et lui faire comprendre qu’il ne doit pas insister. Je sais au fond de moi que j’ai le droit ! Je sais que je peux refuser de lui donner cette attention que je réserve à ceux que j’aime.
Voyant qu’il ne parviendra pas à me faire accepter sa bouche Bruno donne un rapide coup de reins s’enfonçant violemment au fond de mon ventre. Il se redresse et me saisit les épaules. Alarmée, je ne peux m’empêcher de le regarder. Il a pris un air revêche les sourcils froncés, les lèvres pincés. Je comprends à sa mine renfrognée que vexé par mon refus il veut m’imposer pire qu’un baiser. Enfin le croit-il ! Plusieurs coups de rein suivent. Mécaniquement il entame un va-et-vient contre mon ventre entre mes cuisses passivement écartées. Je ne le regarde plus. La tête tournée sur le côté j’attends sans bouger qu’il passe sa frustration et ayant atteint son plaisir, il s’épanche en moi. Comme l’a déjà fait son compagnon !
Comme dans un songe éveillé je le sens s’agiter au dessus de moi de plus en plus rapidement. Son souffle rauque s’accélère. J’ai l’impression que l’ignoble pénétration et le frottement de son corps nerveux contre le mien dure depuis des heures, lorsque le portable de Kristale se met à sonner. Perturbée j’entrouvre les paupières et vois à travers le voile humide de mes yeux la blonde hollandaise se diriger vers son sac. Elle y dépose son appareil photos et en extirpe un téléphone. Elle le porte à son oreille.
Secouée par les saccades que m’imprime Bruno je ne perçois pas ce qu’elle dit Mais je vois son visage s’éclairer. Elle referme d’un geste sec le boîtier et fait un pas vers moi et se penche en souriant.
- Tu as de la visite…Tu vas être contente !
Elle se relève
- Messieurs je vous laisse un instant. On me demande à la porte d’entrée.
C’est sans doute Marc qui reviens me chercher ! Mon esprit se remplit d’allégresse. Il vient me chercher ! Me sauver ! Mon cœur se remet enfin à battre à grands coups.
Et je la vois s’éloigner, ouvrir la porte et disparaître dans le couloir. Et c’est à ce moment que Bruno dans un feulement inarticulé jouit en tressautant au fond de mon ventre, et, tétanisé, s’abat de tout son poids sur ma poitrine. Il tressaille encore quelques instants, sa tête posée sur mon épaule, en me caressant les cheveux. Je reste imperturbable, vide de sentiments, sans bouger sous le poids de son corps. Mes mains s’éloignent de lui au-dessus de ma tête, comme pour ne pas le toucher, éviter son contact répugnant.

20 janvier 2010

Chap. 62. L’admonestation.

-…La soumission implique des devoirs dont tu ne fais qu’effleurer l’étendue, ma chérie. Jusqu'à maintenant tu n’as fait que jouer ! C’est par jeux que tu es venue te proposer à Marc ? N’est ce pas ?
Force est de constater qu’elle à raison ! Je me remémore mon premier entretient avec Mon Maître et la jubilation intérieure mêlée de peur. Mais d’une peur jouissive comme lorsque l’on fait une chose interdite, mais que l’on sait que l’on ne risque pas grand chose à le faire.
- Je… Oui, Madame !
Kristale a un petit sourire en coin
- En fait, derrière tes airs de sainte-nitouche, tu es vraiment une petite garce… Et tu aime çà en plus ! N’est ce pas ?… Dit moi que tu aime çà !
Je commence à comprendre que j’en suis à la nouvelle étape de ma punition.
Kristale partage avec Marc ce goût à l’humiliation verbale avec cette propension a m’y associer contre ma volonté. Ils savent tous deux à quel point cela peut être pour moi, jeune fille bien policée, plus mortifiant que n’importe qu’elle vexation physique. Tout simplement parce qu’ils touchent toujours justes là où il faut pour me déstabiliser et me plonger dans une profonde confusion.
- Oui… Oui, Madame… J’aime çà !
Et l’admettre à haute voix provoque chez moi toujours la même sensation de plaisir veule. C’est exactement comme lorsque l’on a le vertige et que l’on se contraint à se pencher et à regarder vers l’abîme. Se faire peur, et provoquer des sensations ineffables de jouissances incomprises
Oui, bien sur, que j’aime cela ! Sinon je ne serais pas là nue, à genoux, les cuisses largement écartées, découvrant outrageusement mon intimité au regard de cette femme qui se délecte de mon trouble.
- Et cela te fait mouiller de savoir que l’on peut faire de toi ce que l’on veut ?
Maudite Kristale, ! Toujours pousser un peu plus loin son analyse. Elle me devine et devine que mon ventre commence à s’échauffer et à s’humidifier.
– Je… Oui, Madame.
– Oui, quoi ? Petite catin ?
– Oui, je … je …mouille Madame.
Une violente chaleur me monte aux joues et je ferme les yeux de pudeur pour échapper au regard de glace de la belle hollandaise.
Kristale éclate de rire.
- Oui, je te crois ! Je sais que tu mouilles alors que je ne t’ai même pas touché ! Je suis sûre que si je t’enfile un doigt il en ressortira trempé comme un sucre d’orge de la bouche d’une gamine !
Une vibration d’indignation me parcourt de la tête aux pieds. Faut-il donc que je réponde à cette comparaison outrancière ?
- La blonde nordique ricane encore de sa sortie, puis continue en regardant ailleurs.
- C’est un vrai bonheur que de dresser une petite aristocrate comme toi ! Tu rougis pour un rien. C’est…Adorable !
Elle redevient soudain sérieuse, presque sévère.
- Ce soir ton masque va tomber Isabelle! On va vraiment voir ce qu’il y a derrière tes airs de petite fille sage !
Elle me détaille de nouveau de la tête aux pieds.
-Tu es très belle isabelle !… Et tu vas comprendre qu’en acceptant ta soumission, ce corps, dont tu es si fière, ne t’appartiens plus ! Il appartient à ceux qui le désirent, ceux qui le veulent. C’est certainement la première et la leçon la plus importante que tu vas apprendre et retenir par cœur. De gré…ou de force ! Lorsque tu te soumets… Tu ne t’appartiens plus ! Au moins physiquement. Pour ce qui est de ton esprit, de tes pensées…Nous verrons vite de quoi ils sont faits !
Kristale se relève, elle s’approche de moi.
- Debout isabelle… Tu es attendue !
Je me relève sans ôter les mains de mon dos
Attendue ? Ce n’est donc pas Kristale qui va appliquer la sanction ? Un vague sentiment d’appréhension et de peur, me saisit. Mais, de toutes les façons, comme elle vient de me le dire ; les dés sont jetés.
Kristale se rapproche un peu plus et remet une dernière touche à ma chevelure en souriant. Ses lèvres s’approchent des miennes. Elle sent la cannelle et le tabac mêlé. Mon cœur bat à grands coups. Puis comme saisit d’un remords elle se recule brutalement et détourne la tête.
- Ah au fait !.. Si on te demande ton âge … Tu as dix-sept ans !… Compris isabelle ?
Je reste un instant dans l’expectative d’une explication. Encore une facétie de Kristale ? Un élément du jeu qu’elle veut me faire jouer ! Dix-sept ans ? Trois ans de moins ! Pourquoi pas ! Mon visage porte encore la grâce de mon adolescence et avec ces deux couettes grotesques qui pendent de chaques côtés de mon visage !… Oui, je dois faire cet âge là.
- Oui, Madame !… J’ai dix-sept ans !
- C’est bien, … Maintenant, suis-moi !
Kristale fait volte-face et s’éloigne en se dirigeant vers la porte que j’ai empruntée pour entrer dans la pièce. Je garde les mains dans le dos et lui emboîte le pas en trottinant… Nous traversons le hall au carrelage glacé et nous nous engageons dans le couloir sombre. Kristale n’allume pas la lumière et dans la pénombre se dirige sans hésiter. Elle semble bien connaître les lieux. Un escalier, tout aussi sombre, puis de nouveau un couloir étroit qui dessert trois portes.
Elle ouvre celle du fond et entre.
Je la suis à un pas derrière. Les rideaux de la pièce sont tirés mais elle est toutefois éclairée. Un frisson me parcourt la colonne vertébrale et fait se dresser les cheveux de ma nuque. Comme pour me protéger, j’ai le reflex de ramener mes mains devant ma poitrine et mon ventre nue, mais refrène in extremis mon geste.
Dans la pièce, il y a deux hommes !

26 juillet 2009

Chap. 46. Libération.

Si Kristale avait été là, elle m’aurait certainement qualifiée ironiquement de " gourde " !
Et gourde je me sens !
Seule, à quatre pattes sur le sol de pierres froides, un plateau chargé de bouteille et de verre qui vibre au moindre de mes mouvements. En partant, ils ont omis de m’en débarrasser. Mais je crois deviner que, bien sûr, ils l’on fait exprès.
Comment faire pour me relever sans tout fracasser sur le sol ?
Je choisis la solution la moins risquée, je commence par rapprocher mes jambes écartées en me redressant sur mes bras pour garder le niveau et me rapproche imperceptiblement du sofa en me déplaçant de côté. Ma chaîne traîne sur le sol et me gêne mais j’arrive tout de même par m’accoter au sofa. Le cuir est froid contre mon flanc mais toujours très concentrée, je choisis le moindre mal en faisant basculer doucement le plateau d’une rotation des reins vers les coussins du sofa Dans un tintamarre de verre heurté et de métal choqué, le contenu du plateau se déverse sur le divan. Libérée de mon fardeau, ankylosée mais soulagée, je me relève péniblement. Mes genoux me font mal et je les frotte nerveusement. Je contemple les dégâts. Une partie du liquide restant s’est répandue sur le cuir noir et une des flûtes est ébréchée. Je frissonne car je sais qu’elles sont en cristal et que la Maîtresse de maison ne manquera pas de remarquer l’état dans lequel je vais lui rendre sa précieuse vaisselle.
Fébrilement je ramasse le plateau et range la bouteille et les verres dessus. Je dépose le tout sur le sol, maintenant qu’il n’y a plus de table basse.
En fait si, il y en a une ! Je me tourne vers le fond de la salle et avise la silhouette ligotée de Stéphanie. Il y a plus urgent que nettoyer ma bévue !
Je m’approche de la jeune fille en me frottant nerveusement les mains et appelle.
- Stéphanie ?
Elle ne répond pas,
Je m’agenouille prés d’elle, à la place que j’occupais lorsque Pierre a souillé sa bouche et que j’ai, bien malgré moi, contribué à lui offrir.
- Stéphanie, tu m’entends ?… C’est Isabelle !… Je … Je vais te détacher… C’est fini !
Un gémissement incompréhensible me répond. Elle tente de relever la tête mais cela semble être au-dessus de ses forces.

Pour l’avoir éprouvée, je sais que s’il y a bien un domaine où mon Maître excelle, c’est bien celui de réaliser des nœuds. Des nœuds si bien pensés que l’on peut les défaire de deux doigts, Enfin, quand on y a accès ! Car, la personne attachée, elle, n’a aucune chance de s’en libérer. Chaques cordelettes se terminent par de petits nœuds qui viennent se coincer astucieusement dans les boucles des liens tendus et les verrouillent parfaitement sans blesser la peau. Et c’est un jeu d’enfant que de les dénouer.
Je m’active rapidement. L’odeur du chanvre reste pour moi ma madeleine de Proust, c’est entre les mains de mon Maître que je l’ai éprouvé pour la première fois et son parfum me ramène irrésistiblement à ma première expérience de ligotage.
Je commence par délier les mains de la malheureuse. Ses bras retombent sur le coté, inertes. Toutefois, elle bouge les doigts imperceptiblement pour faire revenir le sang. Par endroit, et notamment là où elle s’incruste dans les plis de son corps, la corde est trempée de sueur. Je démaillote Stéphanie en tirant sur les brins de corde avec délicatesse pour ne pas la couper. Ses chevilles sont fermement maintenues contre ses cuisses outrageusement ouvertes. Je me penche vers elle en retenant une grimace. La magnifique fleur de son ventre d’habitude si fine est distendue et béante. La rosette tumescente de son anus et les longues coulures de semences encore brillantes qui maculent ses reins et l’intérieur de ses cuisses témoignent des nombreux assauts qu’elle a subit.
Je frissonne de la tête aux pieds. Quelle terrible punition ! Etre ainsi livrée à la merci de ses hommes pendant toute la soirée ! A la taille et sur ses épaules, la jeune fille porte par endroit des marques écarlates d’étreintes vigoureuses. La fureur des soudards a du présider à leur curée. Je me souviens avec effroi des cris désespérés qu’elle poussait lorsque Kristale m’a entraîné à sa suite et que j’ai quitté la pièce où débutait son calvaire.
Ma pauvre Stéphanie ! Comme tu as payé cher ton insouciance et tes petites impertinences !
Il me faut quelque temps pour que tous les liens finissent par tomber sur le sol, libérant ainsi la jeune martyre. En l’encourageant, je la prends par les épaules et lui enjoins de se relever. Elle gémit à chaques déploiements de ses membres endoloris, mais se redresse lentement. Lorsque sa tête se relève ses cheveux poisseux retombent vers l’arrière découvrant son visage. Ses yeux sont délavés par les larmes versées. Son regard fixé dans le vide trahi son épuisement et sa bouche reste entrouverte, comme sous l’effet d’un intense soulagement. Ses joues, son cou et ses cheveux sont maculé d’une liqueur gluante à l’odeur fade que je ne peux manquer de reconnaître. Les quatre hommes s’en sont vraiment donnés à cœur joie, Ils n’ont rien respecté de la jeune fille.
Il me semble que la salle d’eau est l’endroit le plus approprié pour essayer de faire revenir un peu de vie à la pauvre Stéphanie. Lentement pas après pas s’appuyant sur mon épaule la jeune femme retrouve l’usage de ses jambes et nous franchissons toute deux, nues, dans un silence troublé par le cliquetis de ma chaine, le seuil de ce lieu maudit.

17 juin 2009

Chap. 43. La Consolation de Nicolas.

Insensiblement je me rapproche du lieu fatidique. Cette cave où nulle échappatoire ne me sera possible. Où il faudra bien que j’exécute mon devoir !
Encore un petit détour pourtant. Je commence enfin à m'orienter correctement dans cette demeure étonnante je fini par déboucher dans le petit salon où a commencé mon humiliation ; A quatre pattes sur le tapis !
Ici je connais ! la cuisine est juste à côté. Je m’y dirige d’un pas assuré. Il faut que je prenne d’autres verres et surtout j’ai terriblement soif. Et je n’ai pas l’intention de boire plus d’alcool. Il me faut de l’eau !
La cuisine est vaste et lumineuse. Une table de travail en chêne, encombrée de la vaisselle et des reliefs du repas, trône au milieu et au bout de cette table Nicolas y est assis ! Nicolas… Je l’avais presque oublié !
Il a une mine défaite et est nonchalamment appuyé du coude devant un verre vide. A mon entrée il a un léger sourire gêné. Lui aussi est nu, il a relevé les pieds sur la barre de la table pour éviter le contact glacé du carrelage de faïence. Je lui réponds par un sourire, fait glisser le plateau sur un coin libre de la table et me dirige vers l’évier. Je m’empare d’un des rares verres encore sur la sellette et puise de l’eau fraîche au robinet de bronze. Comme cela fait du bien ! J’ai l’impression de revivre. Je reste un instant appuyée sur le rebord de l’évier.
Je ne sais pas comment engager la conversation et Nicolas doit être aussi embarrassé que moi. Je me tourne lentement vers lui et m’aperçois que son regard m'a suivi et ne m’a pas quitté. Il baisse les yeux lorsque nos regards se rencontrent. Cela me fait drôle de voir ici un homme qui baisse les yeux devant moi. Et encore plus étrange ce collier de cuir qu’il porte au cou. Marc m’a fait découvrir le singulier couple qu’il forme avec Stéphanie. Un couple de soumis !
Je remplis de nouveau mon verre et me dirige vers lui. Arrivée à sa hauteur j’avise le banc à ses côtés et m’y assois. Il m’accueille avec un nouveau sourire. Le banc est froid sous mes fesses nues. Je me trémousse un peu et émet un "brr " forcé pour détendre l’atmosphère. Cela le fait sourire de compassion.
- Tu as froid ?
- Le banc est froid !
Je prends un air enjoué.
- J’ai eu un gage ! … Je dois t’offrir un verre de champagne !
Il soulève un sourcil, l’air étonné.
- Ha bon, un verre ?
Il désigne son verre vide d’un geste de la main.
Nicolas est un peu plus âgé que moi mais à peine, la connivence est plus facile. Et puis ce n’est pas un Maître, pas de protocole donc, puisque nous sommes seuls.
- Je te le remplis !
Et dans un même temps je me lève vivement et reviens avec la bouteille de champagne qui était resté à l’autre bout de la table. Il souffle pendant que je lui verse un verre.
- Çà va pour toi ?
Je repose la bouteille.
- Euh ! ... Oui, oui…
Je m’aperçois que je n’ai pas grand chose à dire en ce qui concerne cette soirée. Nous ne nous connaissons à peine. Seule notre soumission est à partager. Je vois bien, qu’il n’est pas à son aise. Il a baissé une main sur les genoux pour barré son bas ventre des regards. De la pudeur ?
Je reprends
- Il faut que… que je te dise aussi que, que…
Je joins les mains en emmêlant les doigts, embarrassée, je regarde vers le plafond en souriant et en secouant la tête pour prendre un air dégagé. Et termine ma phrase sur le ton de la plaisanterie.
- Que… Je suis à ta disposition… Que tu peux faire de moi ce… Ce que tu veux !
Ouf ! Voilà c’est dit. Il me regarde d’un air interdit.
Je hausse les épaules en souriant.
- Ben oui !… C’est la suite de mon gage… Je dois m’offrir à tous les hommes !
J’ai une petite moue que je veux comique.
Il ne quitte pas son air surpris.
- Moi aussi ?
- Bien oui !Mon Maître m’a dit tous les hommes !… Donc, Heu… Voilà !
Dans mon élan je continue.
- Un peu comme Stéphanie !…
Je m’interromps brutalement en me mordant la langue. L’image de Stéphanie offerte et sacrifiée aux plaisirs des hommes de la soirée devant son compagnon me revient et il me semble que ce n’est pas le meilleur exemple que j’ai à donner. Il a perçu mon trouble, d’autant plus qu’un brusque feu empourpre mes joues. Mais cela n’a pas l’air de le gêner, il hoche la tête, désabusé.
- C’est Stéphanie qui a voulu venir !. Elle y tenait vraiment… Depuis… Depuis qu’elle t’a lue. Et avec ta rencontre c’est encore pire. Enfin… Je veux dire ! Je ne sais pas ce qui s’est passer avec toi et Marc !…Mais surtout avec toi !
Il me regarde d’un air interrogateur. Stéphanie ne lui a donc rien raconté ? Je me sens un peu mal a l’aise. Comment lui expliquer ? J’essaye de détourner la conversation.
- Mais tu es au courant qu’il s’agit de son dressage ?
Il se détend se recule sur sa chaise et presque badin.
- Oh ! Oui, çà il n’y a pas de problème, on est d’accord tous les deux là dessus. Et surtout elle. Mais, elle est tellement… Excessive !
En y réfléchissant bien je ne peux qu’être d’accord avec Nicolas. Stéphanie était au courant de la punition qui l’attendait. Et elle a malgré tout accepté de venir. Se faisait-elle une réelle idée de son calvaire ? Elle m’a semblé un peu insouciante pendant son dressage… Mais tout de même !
Nicolas semble soulagé de parler de son étrange compagne. Il me regarde un peu plus intensément. Lui aussi a envie de changer de conversation
- Alors comme çà c’est vrai… c’est ta punition ?
Sa main lâche son verre et se pose sur la mienne.
- Heu Oui…Oui !
Sa pression se fait caresse le long de mon avant bras. Je regarde sa main qui monte sur mon épaule et lui lance.
- Mais tu sais, … Tu n’es pas obligé !
Il me lance un sourire un peu triste comme s’il était navré.
Mon cœur se met à battre plus vite. J’avais espéré que le ton employé, celui de la rigolade, avait détourné son attention. J’espérais qu’il ne me prenne pas au sérieux. Il baisse les yeux sur ma poitrine sur mon ventre.
- Je… J’ai envie. Dit-il.
Il se lève et m’entraîne par le coude. En un seul mouvement il m’enveloppe de ses bras et pose sa tête sur mon épaule, déposant un léger baiser sur mon cou. Son corps se sert contre le mien comme s’il cherchait à s’y réfugier. Je me contracte et tends les bras d’appréhension. Son sexe est collé contre mon ventre et je le sens prendre rapidement de la vigueur. Une chaleur intense me monte au visage. Mais que puis-je faire ? Nicolas se blotti contre moi, amoureusement. Sa main remonte sur ma nuque et son visage se redresse cherchant mes lèvres. Je détourne la tête instinctivement. Sa verge contre ma peau brûlante à pris toute sa rigidité et je comprends qu’il va falloir aller au bout de ma proposition. Abandonnant l’idée de m’embrasser, il vient enfouir son visage dans mes cheveux. Ses mains se posent sur mes hanches et me caressent doucement me repoussant peu à peu contre la table. Mes fesses en rencontre le bord et m’empêche maintenant toute reculade. Toujours aussi crispée, je cherche quelque chose à dire pour le détourner de son projet, mais mon esprit est vide je ne peux que m’appuyer de mes deux mains sur le plateau de la table, bousculant les ustensiles entassés là et manquant renverser la bouteille et les verres, lorsque d’un coup, Nicolas me hisse sur le plateau de bois. D’un même mouvement il écarte la chaîne de fer qui pend à mon cou et descend entre mes jambes appuyant le gland poli de sa verge contre ma vulve. Seul les baisers de Nicolas sur mon cou et ma respiration qui s’accélère d’émotion viennent troubler le silence.
Résignée, j’écarte les jambes en refermant les yeux. Il me pénètre, lentement, amoureusement, avec beaucoup d’attention, forçant fermement mais sans violence l’écartement de mes cuisses. Lorsque enfin il achève sa course au fond de moi, il pose sa joue contre la mienne et pousse un profond soupir. Ses mains abandonnent mes cuisses, effleurent mon dos et viennent caresser ma nuque. Pourquoi ai-je l’impression qu’il s’agrippe à moi comme un naufragé à une planche de salut ? Sa retenue, ses caresses, sa douceur contraste tellement avec ce que je viens de connaître. Pourtant je ne réponds pas à sa prévenance. Il n’est qu’un des hommes à qui je dois me donner ce soir. Qu’il me prenne pour son amante n’aura pas de prise sur moi ! Il ne m’attendrira pas ! A peine puis-je accepter qu’il me prenne sur cette table de cuisine pour, apparemment, le réconforter. J’ouvre les yeux et rejetant la tête en arrière je fixe le plafond lorsqu’il s’engage dans un discret va et vient. Il se colle encore plus contre moi m’écrasant la poitrine. Sa joue ne quitte plus la mienne et dans un souffle à mon oreille
- Tu as fait l’amour avec Stéphanie ?
Autant lui dire ! Même si cela était sous la houlette de Mon Maître et dans des conditions un peu spéciales.
- Oui !
Il me lâche la nuque et pose ses mains sur ma taille.
- Et… Elle a aimé ?
- Oui ! … Je crois !
Les déclarations qu’elle m’a faites ne m’ont pas laissé de doute. Oui, elle a aimé.
Nicolas réagit par un coup de rein qui m’ouvre un peu plus.
- Et toi ?
Il se retire lentement et affermie sa prise sur mes hanches
- Je, oui…J’ai aim…
Il me coupe la parole d’un puissant coup de boutoir. Son souffle s’accélère et il m’assène de nouveau deux à-coups rapides qui m’arrachent un petit cri. Je me pince les lèvres ferme les yeux et me cambre vers l’arrière en m’appuyant sur mes bras tendus, pour faciliter sa fougueuse pénétration. Mon ventre tendu me fait mal, mais un orage électrique gronde entre mes cuisses. La présence impérieuse de sa verge forçant mon vagin fait monter peu à peu un irrésistible embrasement que je ne peux juguler. Mais pourquoi ai-je l’impression que ce n’est pas à moi qu’il fait l’amour ?
- Et Marc… Il l’a sauté… Avec toi ?
Voilà bien une question qui me refroidie et coupe les ardeurs qui montent en moi. Là je ne sais comment lui dire !
Je, je … Ne sais …pas ! Non…Je… n’étais…pas là !
Bien sûr, je mens ! Mais de toute façon il n’attend pas de réponses à ses questions. Il se perd dans sa propre divagation. Ma voix est hachée par les trépidations du va-et-vient qu’il m’impose. Un va et vient de plus en plus rapide qu’il ponctue de mots incompréhensibles…
- Elle... Elle a... aimé ! Elle... toi… la sal...
Il s’agite de plus en plus frénétiquement en moi, sans retenu. Sous l’assaut, je commence à perdre pied et un magma de feu me monte le long de la colonne vertébrale. Pourtant un petit signal d’alarme perce les vapeurs brûlantes, un avertissement… Il va jouir en moi ! Rien ne semble apaiser sa fureur à me posséder jusqu’au bout ! Egaré dans son fantasme il en oublie la règle de la soirée ! Une chape glaciale me tombe sur les épaules et je reprends brutalement mes esprits.
Je crie, en tentant de le repousser.
- Attends !
Il ne semble pas entendre ma supplique et fouille avec frénésie le fond de mon vagin comme s’il voulait si enfoncer totalement, si perdre...
Mon ventre se contracte et je tente de me dégager de son étreinte. Cette fois je hurle.
- Attends !
D’une fougueuse ruade je parviens à me dégager du pieu qui m’empale et redescends de la table en posant les deux pieds sur le sol.
Trop tard ! Nicolas pousse un cri guttural et un liquide chaud s’écrase sur mon ventre et le long de ma cuisse. Nicolas tressaute sur place comme sous l’effet d’une décharge électrique son visage se tord en une grimace grotesque et ses mains se crispent sur mes épaules en un mouvement spasmodique.
C’est fait ! Inutile de continuer à me débattre. Je pousse un profond soupir de dépit.
Nicolas reviens sur terre et me regarde, l’air hagard. Il se mouille les lèvres plusieurs fois. Il a l’air d’un petit garçon pris en faute.
- Ex… excuse-moi ! Je… Je… Pardon !
Je reste de marbre, ses deux mains encore posées sur mes épaules. Je ne sais trop quelle attitude adopter. Pas celle de la joie en tous cas ! Je suis furibonde d’avoir été ainsi souillée, d’avoir servi de simple exutoire à ses envies.
Il fixe la traînée le liquide opalescent qui macule ma jambe et détourne la tête. Avisant une serviette de table, il s’en empare et vient maladroitement essuyer ses épanchements.
Je viens à son secours en lui prenant le tissu des mains.
- Çà va… Çà va !
- Je… Je vais le faire !
- Çà ira, je t’ai dit !
Je le repousse d’un ton dur, peu amène. Je me rends compte qu’il a failli à la règle de la soirée. C’est Stéphanie qui aurait du recevoir ses épanchements.
Je m’essuie rageusement puis jette la serviette sur la table.
Sans lui lancer un regard je m’empare de la bouteille de champagne que je dispose de nouveau sur le plateau ainsi que deux verres…
Plus que deux !

15 mai 2008

Chap. 9. Le sexe des Anges.

J’ai déjeuné rapidement. Cette fois j’ai pris le temps de me maquiller un peu, de prendre soins de moi. Et surtout de remettre mon collier de cuir. Après cette matinée éprouvante, je dois regagner l’atelier vers 15h. Je suis un peu fébrile je sais que Marc est avec Stéphanie en train de lui expliquer ce qu’il attend d’un " Sujet ", exercices pratiques à l’appuie. La jalousie me ronge à tel point je n’arrive pas à fixer mon attention et que je vibre de contrariété contenue.

Je referme derrière moi la porte de l’atelier. Les clefs sont sur la serrure, je la verrouille. J’ai le cœur qui bat la chamade, je respire profondément et me dirige vers la grande salle. J’écarte le rideau. Il fait sombre mais je distingue parfaitement une forme claire sur l’estrade circulaire. Stéphanie est statufiée au milieu de la pièce. Elle est entièrement nue, debout, les mains sur les hanches, les cuisses légèrement écartées, la tête baissée, les seins projetés vers l’avant comme deux pommes lisses, les reins cambrés à l’extrême lui donne une allure d’une totale impudeur. C’est la position typique que mon Maître peut imposer à ses Sujets entre deux séances de poses. Elle m’a entendu entrer et relève imperceptiblement la tête pour m’identifier. Ses cheveux tombent de chaque coté de sa tête et je ne peux voir son visage, mais j’imagine qu’il doit être rouge de confusion.
Mon Maître est à sa table de travail, il finit quelques notes, quelques esquisses rapides. Il me regarde, interrompt son travail, éteins la lampe d’architecte qui éclaire sa table. Me sourit. Sans porter attention à Stéphanie il passe à côté d’elle, se dirige vers les baies du nord et d’un coup sec ouvre les rideaux. La lumière inonde la salle. Stéphanie sursaute légèrement. Je perçois mieux maintenant le frémissement nerveux qui parcours son corps exposé. Elle est tendue comme un arc, la confrontation à dû être rude.
Je pose mon sac sur la table de l’entrée et prends la pose d’attente adéquate attendant les ordres de mon Maître.
- Je vois que vous avez remis votre collier Mademoiselle !
Je baisse un peu plus la tête pour marquer ma honte d’avoir failli.
- Bien... On en reparlera !
Son ton est sec et cassant, et je pense effectivement qu’il est entrain de concocter une terrible punition, comme seul lui est capable de l’imaginer. Et plus le temps passera entre ma faute et la punition et plus celle ci risque d’être inattendue.
- En attendant, pouvez-vous vérifier si Mademoiselle Stéphanie a apprécié notre entretien, s’il vous plaît !
Je ne comprends pas immédiatement ce qu’il veut. Je relève la tête et lui lance un regard d’incompréhension. Devant mon inaction et comprenant que je n’ai pas saisi ses paroles il inspire bruyamment, se pince les lèvres en un sourire contraint et me regarde en penchant la tête sur le coté comme s’il contemplait une demeurée. Cela aurait pu être comique s’il n’avait lancer.
- Vérifiez donc si elle mouille… Mademoiselle !
Mon Dieu ! Je comprends brusquement ce qu’il attend de moi ! Mon cœur loupe un battement, et mes oreilles commencent à bourdonner sous le coup de l’émotion. Je reste un moment interdit, ramène mes mains devant moi et les joints pour me rassurer. Je fais deux pas chancelant vers Stéphanie qui n’a pas manqué d’écouter la conversation. Elle ne bouge pas. Je lance un regard à mon Maître comme pour chercher un soutien, un conseil. Je ne sais pas trop comment commencer. Ma propre humiliation par Kristale, dans les mêmes conditions, me revient en mémoire. Autant faire de même !
Je saisis délicatement presque timidement Stéphanie par la nuque. Je sens distinctement sous mes doigts la chaleur de sa peau et le frisson qui la parcourt à mon contact. J’appuie sur le cou, elle résiste. Timidement, presque avec retenue je lui demande dans un chuchotement.
- Mets-toi à genoux Stéphanie s’il te plaît !
Dans le même temps je force la pression, sa résistance cède, elle s’agenouille jambes toujours écartées et je l’oblige à poser son visage sur le sol. La voici cul par dessus tête, son intimité totalement offerte au regard. La plus humiliante des positions que je connaisse. Je prends une profonde inspiration et me glisse derrière elle, je baisse mon regard entre ses jambes et là, je contemple la plus belle chose qu’il m’a été donné de voir !

Niché entre les cuisses ouvertes de Stéphanie, un fruit d’une incroyable finesse. Entièrement épilé, non pas seulement rasé comme je le suis moi même, mais soigneusement épilé, une peau glabre et soyeuse qui appelle la caresse. Ce fruit divin laisse délicatement voir à travers une jolie fente lippue au teintes subtilement nacrée sa chair tendre et sirupeuse. Même l’étroit passage qui surmonte ce fruit est d’une finesse d’orfèvrerie, resserré sur une rosette digne d’un bijou. Cette merveilleuse intimité palpite doucement et semble irradier une douce chaleur qui gagne mon visage. Je suis stupéfaite d’une telle beauté et reste un moment interloquée. Je regarde Marc qui m’observe, je voudrais lui faire partager le bonheur de cette vision. Si un ange doit avoir un sexe il est comme celui là !
Marc a remarqué mon trouble il s’approche et lance un œil rapide sur l’entrejambe de Stéphanie. Il penche la tête sur le coté et a un petit sifflement admiratif. Il me regarde droit dans les yeux.
- C’est beau Non ?
Je ne sais que réponse et comme assentiment reporte mon regard sur cette merveilleuse vision
Je reste un instant sans savoir quoi faire puis pose mes deux mains sur les fesses de la jeune fille, elle frémit. Mon Maître s’est saisi de son appareil photo. Il va falloir que je me décide ! Il va falloir que je viol ce sexe d'ange ! Presque en tremblant ma main vient effleurer la proéminence lisse. Je frôle délicatement le sillon rosé. Stéphanie se raidit sur ses genoux et ses pieds se soulèvent du sol. Je retiens un soupir d’émotion et introduit une phalange décidée entre les lèvres roses et humides. Les pieds de Stéphanie se reposent sur le sol, elle consent à la caresse et se détend. Je promène le doigt inquisiteur le long de la fente pour en ouvrir délicatement le passage. Enfin décidée, je plonge plus profondément l’index au fond du moelleux conduit entraînant avec lui mon majeur. C’est maintenant deux doigts timides qui violent l’intimité de Stéphanie. A l’unisson mon ventre commence à répondre à cet attouchement que je lui impose, je trouve la situation de plus en plus excitante. Une bouffée de chaleur me monte au visage et enflamme mes reins. Je lance un coup d’œil rapide à Marc qui m’incite d’un coup de menton a aller plus loin. J’amorce un mouvement de va et viens. Quelle étrange sensation de caresser une femme, de prendre la place d’un homme ! J’avais déjà bénéficiée de telles caresses par l’entremise de Kristale. Mais je ne les avais jamais rendues de façon volontaire. Là, ma confiance grandit et le mouvement que j’imprime à mes doigts en devient plus rapide, plus profond. Stéphanie a lâché un premier gémissement étouffé. Cela m’encourage, j’ai maintenant l’envie malsaine de la voir jouir entre mes doigts, de la voir se contorsionner de plaisir honteux devant mon Maître. Car je sais à quel point sa position et ce qu’elle subit peut provoquer comme sensation de honte. A l’intérieur du ventre de la jeune fille j’écarte mes deux doigts pour en jauger l’espace. Immédiatement, ils reçoivent un flot visqueux et s’enduisent d’un liquide chaud et abondant alors que Stéphanie se crispe de tout son corps et que son gémissement se prolonge d’un cri perçant. Cela me décontenance un instant. Mais imperturbable, meus par un plaisir immoral, je continue mes odieuses caresses, fouillant maladroitement Stéphanie au plus profond du moelleux passage. Une Stéphanie qui perd rapidement toute contenance et manifeste bruyamment son plaisir par un long vagissement entrecoupé de halètements indécents. Comme il est facile de faire jouir cette fille ! Ma main est littéralement enduite de sa liqueur de Cyprine qui sourd avec abondance de la fente écartelée par mes doigts. A tel point que j’en ai le regard hypnotisé par ce que je fais. Marc, a qui rien n’échappe, se penche à mon oreille et murmure sur un ton entendu.
- Femme-fontaine !
Je ne pensais pas qu’il était aussi facile pour une femme d’atteindre la jouissance par une simple caresse. Mais il faut dire, il est vrai, que cette caresse est reçue dans des conditions très particulières ! Je comprends que Stéphanie à été mise en condition avant mon arrivée. La main de mon maître s’empare de mon poignet, lui imprime quelques mouvements pour bien me faire comprendre que c’est lui qui caresse Stéphanie par mon intermédiaire. Satisfait, il me retire de la cavité trempée de la jeune femme. Les gémissements de Stéphanie décroissent lentement pour s’éteindre dans un soupir. Un filet de liqueur coule entre ses jambes et vient mollement s’écraser sur le sol. Le résultat de son étonnante jouissance.
Marc semble satisfait de cette petite expérience et moi je me perds dans les sentiments contradictoires qui m’assaillent. Ce plaisir malsain que j’ai ressenti à imposer à cette fille cette caresse si intime et la joie de profiter d’un aussi joli fruit, un désir de possession, j’ai brutalement envie de posséder ce corps de le serrer contre moi, de me fondre en lui. C'est bien plus que les étreintes, un peu forcées, échangées avec Kristale même si cela était troublant. Non ! Là, il y autre chose ! Le rouge de mes joues doit trahir mes pensées. Marc me sourit fait signe de me relever et de le suivre. J’essuie subrepticement ma main collante de liqueur sur mon jean et le rejoins sur le divan de cuir noir. Stéphanie n’a pas bougé, elle garde sans broncher l’humiliante position. Marc s’éclaircit la voix et lance.
- Tu as aimé Stéphanie ?
Il faut un moment pour qu’elle réponde. De dessous ses cheveux qui cachent son visage nous parvient une voix un peu comateuse.
- Oui… Monsieur !
Marc enfonce le clou pour parfaire l’humiliation.
- Il te faut remercier Isabelle pour cela !
Les fesses toujours en l’air, tremblante de tout son corps, Stéphanie ne peut que satisfaire à son injonction. Dans un souffle elle lance d’une voix toujours étouffée.
- Merci, Isabelle !
C’est la première fois qu’une femme me remercie pour mes caresses.
- Relève-toi !
Péniblement Stéphanie se redresse. Elle est cramoisie de honte et de pudeur malmenée. Elle me semble presque en état de choc. Sa joue porte la marque du sol sur lequel elle s’appuyait. Ses yeux sont brillant et fuis notre regard. Elle a gardé les jambes écartées et je ne peux m’empêcher de regarder son bas-ventre brillant d’un vernis onctueux. Par un brusque sentiment emphatique je suis presque aussi mal à l’aise quelle !
- Allons ! Les mains dans le dos, Mademoiselle !
Elle s’aperçoit qu’elle avait omis de reprendre une pose parfaite, et Marc vient de lui en faire le reproche.
Je souris intérieurement. Son dressage va être long !

9 décembre 2020

Chap. 72. Les ravissements de Virginie.

Je réfléchis à la dernière réflexion de Marc. L’état d’excitation persistant de Loreleï et sa recherche permanente du plaisir  m’interloque et me ravie à la fois. Je l’envie presque. Elle me fait penser à Stéphanie, sans l’insouciance, et me fait l’effet d’une enfant qui choisirait un bonbon avec le plus grand des sérieux, sachant pourtant qu’elle pourrait y gouter tous. Pour l’instant je m’attends à tout moment à l’entendre ronronner sous les caresses indolentes de Mon Maître. Et me demande malicieusement si elle tiendra ainsi durant la semaine qui s’annonce riche en bonbons à picorer !
Nous contemplons ensemble la ravissante nymphe qui frétille langoureusement  Ses jambes se croisent, se décroisent, et son ventre se creuse au rythme de l’excitation qu’elle entretient, les yeux fermés.
— Je crois que ta protégée a besoin qu’on s’occupe d’elle !
Intervient Marc.
Sans le regarder de lui réponds
— Oui, Monsieur… Je crois aussi !
Et sans attendre je prends l’initiative de me dégager et de me pencher sur le visage de Loreleï. Je cherche sa bouche déjà entrouverte et sans même ouvrir les yeux elle répond à mon baiser. Ses mains se saisissent de ma nuque et me plaquent contre son visage, comme si elle craignait que j’interrompe notre échange, sa langue fraiche cherche le passage entre mes lèvres. Embrasser Loreleï est la plus étonnante des expériences, ses baisers lui ressemblent. Malgré les injonctions répétés dû à sa condition de toujours garder ses lèvres entrouvertes, disponibles à toutes les sollicitations, elle les a souvent closes, pincées et lorsqu’elle ne souris pas elles sont même austères malgré des lèvres innocemment sensuelles. Mais dés que la porte est franchie, toutes ses barrières tombent et c’est une déferlante de passion qui enveloppe de caresses l’heureuse invitée. J’ai déjà eu l’occasion de contempler la célérité et l’ardeur de sa langue sur la verge de Mon Maître et plus récemment sur celle du géant noir mais maintenant c’est moi qui accueille ses caresses empressées.
Nos langues entament une sarabande effrénée, baignées de salives sirupeuses à me faire tourner la tête. Je réponds comme je peux mais c’est elle qui mène la danse. Je me laisse guider et bientôt notre échange devient le centre du monde. Je pose  délicatement une main sur son ventre chaud, un petit cri étouffé par mes baisers répond à l’effleurement, puis un second, plus puissant. Tout son corps répond maintenant à la caresse. Enhardie, je glisse sur sa peau tendue jusqu’à son entrejambe où je sais trouver d’autres leviers qui décuplerons son plaisir. Étonnée, j’y rencontre la langue vibrante d’un visiteur qui occupe déjà la place. Je souris intérieurement. Profitant de notre échange et pour ne pas être en reste, Marc s’est mis en devoir de lutiner la belle de la plus agréable des façons et Loreleï ne s’est pas faite prier pour écarter les cuisses et lui offrir sa tendre fleur à butiner tandis qu’elle me tenait fermement la nuque pour parfaire notre baiser. Ses cris, qui maintenant se transforment en gémissements, et résonnent dans ma bouche sont plus dus à l’œuvre de mon maitre qu’à ma caresse !
Je décide de me joindre à l’entreprise et glisse mes doigts à ses cotés pour les plonger dans la fournaise suintante. Mon majeur se fraye un chemin entre les lèvres closes et bute contre l’anneau d’or qui défend sa virginité. Laissant l’agacement du clitoris de la jeune fille à Mon Maitre. Je décide de passer outre pour, pour le moins, frôler, du doigt le précieux présent que bientôt tous vont convoiter. Je passe au dessus de l’anneau d’or et me glisse entre lui et le périnée déclenchant un spasme de tout le corps de Loreleï. Elle se raidit puis se détend, elle a compris ce que je veux faire et le redoute tout en l’acceptant. Précautionneusement je m’enfonce dans l’étroit passage. Il ne me faut pas aller profond pour deviner sous la pulpe de mon doigt le voile de sa virginité fendu par le milieu. L’ouverture est étroite et je pourrais aller un peu plus loin sans risquer de briser l’anneau, mais je m’en abstiens. J’interromps notre baiser. Loreleï ouvre les yeux et me fixe en souriant de ces sourires qui font passer les messages sans avoir à parler. Elle sait que maintenant je sais. Je retire mon doigt du fourreau inviolé et m’allonge à côté d’elle en lui prenant la main. Je souris aux anges. Ainsi Loreleï est vraiment vierge ! Malicieusement Marc n’avait pas répondu à mes doutes lorsque je lui en avait fait part, m’étonnant de la célérité avec laquelle elle recherchait, répondait et se soumettait aux plaisirs les plus outrageants.
Mon maître me tire de ma rêverie.
— Et si nous allions nous détendre à la piscine ?
C’est bien sur plus une injonction qu’une proposition. Il s’est déjà relevé laissant Loreleï pantois et commence à se rhabiller.  Je reste un moment les yeux fixés sur lui et admire l’aisance féline avec laquelle il s’étire et se réajuste en gestes précis et méthodiques, tout en me demandant pourquoi s’habiller pour aller dans quelques instants se baigner ? Je suis sur le point de lui faire la remarque, mais me ravise immédiatement, il est d’ailleurs déjà prés de la porte et sort de la « Chambre des Images » sans nous attendre. Ne voulant pas de nouveau perdre de vue Mon Maître  je me lève à mon tour et enfile rapidement ma nuisette. Sans un mot, je ramasse mes ballerines d’une main et de l’autre me saisis du poignet de Loreleï, l’obligeant, elle aussi, à se relever. Ce qu’elle fait en rechignant, peu disposée à quitter son état de rêverie extatique. Je la tire à moi et me précipite pour m’arrêter immédiatement sur le pas de la porte. Marc est figé à l’autre bout du couloir la main, paume tendue, vers nous , nous intimant l’ordre de ne plus bouger. Il se tourne vers nous et pose son doigt sur sa bouche en souriant, nous faisant comprendre de rester silencieuses. Après s’être assuré que nous avions compris il baisse la main et nous fait signe du doigt de nous approcher en silence. Je gagne sa hauteur à petits pas suivie de Loreleï, curieuse de savoir ce qui motive tant de précautions, je jette un œil par-dessus l’épaule de Marc.
Le guichet d’accueil par lequel nous sommes arrivés est maintenant plongé dans une demi-obscurité seulement éclairé par trois grands écrans sur lesquels s’ébattent des couples en actions. Notre hôtesse Virginie est absorbée dans la contemplation de ses écrans de contrôle. Et bien que je la vois de dos je comprend qu’il s’agit d’une contemplation active car  basculée  en arrière dans son fauteuil une jambe écartée, posée sur l’accoudoir, la courte jupe troussée jusqu’aux hanches et une main entre les cuisses, elle est en train de se prodiguer le plus doux des plaisirs d’Onan. Le basculement de sa tête et les gémissements étouffés de jouissance qu’elle émet par intermittence, témoignent du bon avancement de son entreprise.
Mais Marc en décide autrement et lance d’une voix forte.
— Avez-vous été comblée par nos ébats Mademoiselle Virginie ?
Virginie sursaute violement, se relève précipitamment en remettant en place son bibi qui avait glissé et se tourne vers nous tout en rabaissant et lissant la jupe de son tailleur. Elle balbutie.
— Oh Monsieur, vous m’avez fait peur ! Je… Je…
— Je vous ai posé une question Mademoiselle.
Elle rougit et en baissant les yeux.
— Je… Oui Monsieur, je… Je vous remercie !
Derrière elles sur les écrans les silhouettes nues continuent leurs jeux de l’amour, ne se doutant pas qu’ils étaient le motif des ravissements de Virginie.
— Je comprends maintenant pourquoi vous avez choisi ce stand ! Vous êtes une petite voyeuse.
Virginie relève la tête et me jette un rapide coup d’œil en s’empourprant un peu plus.
— Oui, Monsieur !
— C’est un plaisir que je peux comprendre… Surtout ici… .Mais peut-être auriez-vous dû nous prévenir et nous demander notre assentiment. Non ?
— Ho ! Je suis désolée Monsieur… J’ai pensé que…
Je sais que Marc ne peut pas ignorer que le voyeurisme atteint sa plénitude de satisfaction que lorsque le sujet de sa convoitise ignore son regard. Je comprends qu’il ne fait que chercher la faute pour justifier une punition… Et je ne me trompe pas.
Il l’interrompt d’un ton sec.
— Vous n’avez pas à penser !... Vous avez une cravache fine ?
Virginie se mord les lèvres un instant comprenant où veut en venir Mon Maître.
— Je… Oui Monsieur, Dans la … Je vais vous la chercher. !
Elle fait un premier pas vers le couloir d’où nous venons puis se ravise en se tournant vers Marc et lance d’une voix fluette.
— Mais ! … Ici, Monsieur ? … Je veux dire…
Marc la coupe encore une fois et désigne le fauteuil dans lequel elle se donnait du plaisir.
— Oui, ici, Mademoiselle ! En lieu et place de votre faute !
Elle a une petite courbette résignée et se précipite dans la chambre aux miroirs que nous venons de quitter pour en ressortir quelques instants après avec une fine badine de cuir noir entre les mains.
Marc se saisit de la badine et en fouette l’air pour en éprouver la souplesse, le sifflement qu’elle émet alors le rassure sur sa qualité. Il tend de nouveau sa main vers le fauteuil de bureau.
— Mettez vous à genoux sur le fauteuil !
Virginie obéit sans hésiter et s’installe sur le fauteuil se cramponnant au dossier.
— Relevez votre jupe s’il vous plait !
Pour garder son équilibre elle appuie son torse sur le haut du dossier et s’exécute en relevant le fin bout de tissus sur des fesses nues, sans culotte.
— Plus haut !
La charmante hôtesse retrousse sa jupe jusqu'à la taille dévoilant à nos yeux le plus ravissant des postérieurs aux globes parfaitement jumeaux jaillissant d’une taille fine à la cambrure parfaite, rehaussé de deux ravissantes fossettes. Virginie se cramponne de nouveau au dossier de son pilori improvisé, attendant les premiers chocs de sa punition.
Marc se tourne alors vers moi.
— Isabelle veux tu…
Il ne termine pas sa phrase, des rires retentissent derrière la porte principale qui s’ouvre alors vivement.

Chap. 73. Le labyrinthe des plaisirs défendus

23 octobre 2019

Chap. 66. Le Bal des Débutantes.

— Merci !
— Merci qui ?
— Merci… Isa… Isabelle !
Je suis barbouillée de liqueur de cyprine, d’un geste rapide, je m’essuie le menton et le doigt de l’ange. Je salive et presse ma langue contre le palais pour l’essorer des dernières saveurs acides de Mademoiselle Timide.
Je fais un pas en arrière et après un dernier regard vers le corps écartelé, offert, je me dirige vers la porte qui m’a été désignée, puis me ravise. Il me faut attendre que Loreleï accomplisse sa salutation.
—  Suivante !… C’est quoi ton nom ?
Loreleï se tourne vers moi me signifiant son incompréhension d’un haussement de sourcil.
Je réponds à sa place.
— Loreleï !... C’est Loreleï !
Tom se tourne vers Mademoiselle Timide. Elle a les yeux bandés de noir et sous le ruban de velours son visage est écarlate. Une couleur révélée par les caresses buccales de Stéphanie et des officiantes qui l’ont précédée, mais je ne sais si ce sont nos caresses licencieuses ou sa confusion qui colore ainsi son visage et son cou des couleurs de la honte qui justifie son sobriquet.
—  Mademoiselle Loreleï va vous dire bonjour, Mademoiselle Timide !
Et il se saisit de la nuque de Loreleï pour la forcer à plaquer sa bouche sur la fleur largement épanouie que je viens juste d’abandonner. La vierge nordique ne résiste pas et se laisse guider.
— Et avec la langue !…Hein !
La recommandation est inutile. Loreleï a parfaitement observé l’étrange défilé entre les cuisses de Madame Timide, ses soubresauts et ses tortillements, vaines tentatives d’échapper aux odieuse caresses.
Et elle va faire  ce qu’elle sait parfaitement faire. Elle a été dressée pour.
Pour la crucifiée et pour la sixième fois son doux tourment recommence. Une nouvelle fois son corps s’électrise. De petits soubresauts la parcours et ses poings s’ouvrent et se referment convulsivement tandis quelle cherche à échapper à la langue de Loreleï en se hissant sur la pointes des pieds.  Il ne faut pas longtemps pour que sa bouche s’entrouvre et laisse échapper un gémissement de plaisir. Pour nous ce gémissement était le signal de fin de cette étrange salutation.
Mais Tom, surpris par la célérité et l’application de la jeune fille, décide de faire durer le plaisir. Si nos baisers indécents ont été rapides, il laisse, le sourire aux lèvres, s’exprimer pleinement la fille au cheveux de lin.
Impatiente, je fronce des sourcils et détourne le regard vers le fond de la salle. Un nouveau groupe de filles vient de prendre la place que nous avons quittée. J’en compte quatre qui sont entrain de se dévêtir face à Caïn. Une femme, magnifique, aux longs cheveux noirs se redresse une fois nue et prend la pose de soumission naturellement tout en tournant son regard d’émeraude vers nous. Elle a l’air fascinée par la scène, jusqu’à ce que je devine que ce n’est pas Loreleï  et le pantin de chair qui sursaute convulsivement sous ses caresses qu’elle fixe, mais bien moi !
Émue par l’intensité de son regard, je détourne la tête pour cacher mon trouble tandis qu’une chaleur me monte au visage. Pour me donner une contenance je reviens vers Mademoiselle Timide qui maintenant gémit de plaisir sans discontinuer. Elle a renoncé à se débattre dans ses fers et laisse Loreleï la conduire  aux portes de la jouissance.
Mais Tom en décide autrement. Il se saisit de l’officiante par les cheveux et la tire en arrière.
— C’est bon toi ! Laisses-en pour les autres !
Loreleï se redresse hagarde comme si on venait de la tirer de son sommeil, la bouche, vernissée de liqueur de cyprine, encore ouverte de sa caresse interrompue. Elle titube désorientée et vient par réflexe se coller à moi.
Mademoiselle Timide est sommée de la remercier. Ce qu’elle fait entre deux halètements d’une voix rauque en écorchant le prénom de sa tourmenteuse. Je saisis alors Loreleï par l’épaule et la traine avec moi vers la porte où ont disparu nos sœurs de chaîne.
En la franchissant, je jette un dernier regard derrière moi. Caïn est en train de parler aux quatre femmes nues et leur sert le discours d’accueil.
Celle que j’avais aperçu et avait attirée mon attention, une formidable statue de bronze à la poitrine orgueilleuse, ne semble pas l’écouter. Sous la frange de ses cheveux noirs, protégé par des sourcils épais parfaitement taillé, son regard vert émeraude, impériale, me fixe obstinément. Elle me sourit. Embarrassée, je me retourne gauchement et m’enfonce dans le couloir avec encore la sensation appuyée de son regard rivé sur ma nuque.

Il ne faut que quelques mètres pour que nous débouchions dans une sorte d’alcôve où nous attend ce que je devine être une hôtesse. Sans un mot, jaugeant nos tailles d’un œil sûr, elle nous tend une nuisette de satin blanc qu’elle nous enjoint de revêtir. Avec un bel ensemble nous couvrons notre nudité  en bouclant nos ceintures autour du déshabillé qui s’arrête à mi-cuisse et dont la fluidité ne cache pas grand chose de nos anatomies. Des ballerines de la même couleur complètent notre tenue d’apparat. Si ce n’est nos colliers de soumission, nous ressemblons à un groupe d’étudiantes sortant du dortoir.
L’hôtesse nous désigne alors un départ d’escalier de pierre en colimaçon qui monte vers les étages. L’escalier est trop étroit pour que nous puissions nous tenir de front à deux. Sagement, une à une, nous suivant de prés, nous nous engageons vers ce qui semble être l’accès de service aux étages. L’escalier est abrupt et les marches hautes nous obligent à nous déhancher à chaque degré franchi.  Je me retrouve à trois marches sous Loreleï qui m’a précédée, le visage presque collé à ses reins  qui se dandinent voluptueusement. Stéphanie est juste derrière moi et, espiègle, comme à son habitude et quelle que soient les circonstances,  s’amuse à me souffler sous la jupe courte à chaque enjambée. Je ne proteste pas, son souffle chaud qui se glisse entre mes jambes me distrait du froid de la pierre qui nous entoure. En haut de l’escalier, nous finissons par franchir un dernier seuil et nous voici soudain projetées au travers de la dernière porte au beau milieu d’une vaste salle bourdonnante de monde. Je cligne des yeux pour m’habituer à la luminosité.  De nombreux groupes de personnes sont en pleine discussion. Je reconnais les soumises qui nous ont précédées à la même tenue que nous portons, disséminées dans la foule.
Des serveuses en tailleur strict gris perle déambulent sur de hauts talons entre les groupes et proposent des plateaux chargés de flutes de champagne pleines et de petite coupelle de faïence ornée de dragons chinois remplies de pilules blanches et bleues.
Dans le bourdonnement de la cohue personnes ne semble avoir remarqué notre arrivée. Je cherche mon Maître du regard et le découvre à l’autre bout de la salle. Loreleï avise  Kristale à ses côtés au même moment et, me prenant la main, me tire vers eux. Entrainée, je la suis tout en me tournant vers Stéphanie pour l’inviter à nous rejoindre,  mais elle a déjà emprunté une autre direction et me fait un petit signe d’au revoir de la main.
Notre groupe de soumises s’égaye et se disperse dans la foule chacune rejoignant leur maître et maîtresse respectif.

En m’entrainant derrière elle, Loreleï se fraye un passage en sinuant entre les groupes se dirigeant aussi vite qu’elle le peut vers Marc et Kristale en pleine discussion avec un autre couple, un verre de champagne à la main. L’homme avec qui il devise est un géant à la peau d’ébène, aux yeux vifs et inquisiteurs. Il porte un costume parfaitement coupé sur une musculature que l’on devine puissante et magnifie sa stature imposante. Il me fait penser à un ambassadeur sûr de sa puissance et de son prestige. Il est accompagné d’une femme presque aussi grande que lui, d’une beauté ethnique coruscante. Comme nous, elle porte sur sa peau noire le déshabillé blanc des soumises et un collier de fer forgé brut à l’anneau déformé par l’usage. Ils sont accompagnés d’une jeune femme au même collier de fer. Une jolie métisse à la peau de cannelle aux cheveux crêpés et vaporeux qui encadre un visage ovale qu’animent des yeux vert piquetés d’or. Elle me jauge un instant puis détourne le regard vers la pointe de ses escarpins blancs qu’elle se met à fixer obstinément.
Notre arrivée signe la fin de leur conversation et leurs regards se portent sur nous.
Marc me sourit et Kristale se contente de lancer à l’adresse des convives.
— Voilà, enfin nos deux petites gourdes !
Le ton refroidit l’ardeur de Loreleï qui me jette un coup d’œil dépité.
— Mes amis, je vous présente Isabelle et Loreleï ! Nos soumises de la soirée.
En ricanant elle continue sur le ton de la plaisanterie.
— Isabelle est disponible à toutes vos envies, mais je vous interdis de toucher à Loreleï !...
Elle se rend alors compte qu’elle vient de dépasser ses prérogatives. Elle a oublié l’espace d’un instant que nous ne lui appartenions plus.
Elle se tourne vers Marc.
— Enfin,… Enfin, je veux dire si leur Maître veut bien vous l’accorder !?
Les convives ont soudain l’air captivés. Le géant africain se penche vers nous avec un regard appuyé sur  Loreleï et se tourne vers Kristale qu’il domine d’une tête, et interroge d’une voix de baryton.
— C’est vraiment très intéressant.. Expliquez nous donc ?
Kristale repose son verre à demi vide sur un plateau qui passait opportunément.
— Un petit jeu entre moi et Marc ! Et un différend entre nous !... cela va être réglé ce soir par l’Assemblée et …
L’homme laisse échapper un rire contenu, profond.
— Ainsi c’est vous ce fameux procès dont tout le monde parle ce soir?
Kristale a une petite moue contrariée en guise d’assentiment.
— Les nouvelles vont vite !
Dit-elle, sur un ton désabusé.
Renseigné, le géant se tourne alors vers Mon Maître, et rit de plus bel.
— Et Marc c’est toi qui as gagné à ce petit jeu ?
Il n’attend pas de réponse et continu en plongeant son nez dans son verre et en lorgnant vers Kristale lance goguenard.
—… Cela ne m’étonne qu’a moitié !
Elle va pour protester.
— Ce n’est pas totalement joué…Il reste à attendre le verdict, et…
Marc qui était jusqu'à maintenant impassible lève sa main gauche pour la couper.
— Et, en attendant, Isabelle et Loreleï m’appartiennent pour la soirée !
Interloquée, Kristale se renfrogne. Marc vient de clore la discussion pour mon plus grand bonheur.
Le géant d’ébène dévisage Loreleï et s’adresse à Marc d’un ton calme.
— On dit aussi qu’elle est… Vierge ?
Sa réponse est aussi calme.
— On le dit !
L’africain hoche plusieurs fois la tête et reviens vers Loreleï
— Elle est jolie ! Et elle t’appartient entièrement l’ami! Vraiment ?
Pour toute réponse Marc dépose son verre sur un des plateaux les plus proches et s’avance vers la jeune fille. Il claque une fois des doigts sous ses yeux  pour fixer son attention, puis a cet étrange geste que je les déjà vu faire. Il imite l’éclosion d’une fleur en ouvrant lentement sa main en corole.
 Loreleï prend une attitude de biche aux abois. Apeurée, elle regarde autour d’elle les convives qui, chacun à leur discussion, ne s’occupent pas de nous et lance un regard désespéré à Mon Maître.
Il fronce les sourcils.
Elle obéît.
Lentement, elle dénoue la ceinture de soie de son déshabillé et l’entrouvre. D’un geste gauche et emprunté elle découvre ses épaules et laisse tomber le vêtement blanc sur le sol d’un seul coup la dévoilant nue au regard de tous.
Marc désigne ses pieds et oscille le doigt de bas en haut.
Il la veut entièrement nue.
Du bout des pieds, sans se baisser, la jeune fille déchausse ses ballerines. Et, instinctivement cache sa poitrine et son bas ventre de ses mains. Marc lance ce petit claquement de langue que je lui connais bien et qui marque sa contrariété. Loreleï aussi semble le connaitre et elle laisse timidement retomber ses mains le long de son corps avant de les rassembler derrière son dos en écartant légèrement les jambes puis se cambre en se redressant et en fixant Marc comme si elle attendait un compliment. Malgré son manque de candeur un rose pudique diapre ses joues.
Se retrouver entièrement nue au milieu d’une foule d’inconnus n’est pas ce qui la rassure le plus, pourtant ses tétons tendus me conforte quand au plaisir sournois qu’elle prend à son exhibition forcée.
Immédiatement une servante qui passait à proximité se précipite, s’accroupit et d’une main leste, tout en gardant son plateau en équilibre de l’autre, s’empare de la nuisette et des ballerines, faisant place nette autour de la magnifique statue de marbre blanc. Nous détaillons tous Loreleï nue, seulement parée de son collier blanc à grelot d'argent de novice et qui s’empourprent un peu plus sous nos regards. Impressionné, l’ambassadeur se racle la gorge et de sa voie de baryton lance à Kristale.
— Kristale, si tu remportes ton procès, je veux la virginité de cette pucelle !… Ton prix sera le mien !
Kristale exulte et lance un regard en coin à Marc.
— Ce sera avec un grand plaisir Issa !
Autour de nous le silence se fait peu à peu et un à un les regards convergent vers l’offrande. Quelques timides applaudissements se font. On apprécie visiblement.
Je lance un regard circulaire et m’aperçois que, comme sur un signal, des soumises, imitant Loreleï, se dévêtissent et qu’une dizaine de nuisettes blanches touchent le sol une a une.
Marc vient d’ouvrir le bal.

Chap. 67. La Fontaine des Délices..

 

 

12 août 2018

Chap.59. Mes Consolations

Laure prend soin de moi comme si j’étais la chose la plus précieuse au monde. La plus fragile aussi. Ses mains expertes glissent le long de mes cuisses, s’emparent de mes mollets qu’elles malaxent consciencieusement  puis remontent de nouveau le long de mes cuisses en les poussant jusqu'à mes fesses qui ne sont pas oubliées Je ne retiens pas un gémissement de contentement lorsque ses pouces s’enfoncent doucement dans le creux de mes reins et entame un méthodique pétrissage de mes vertèbres jusque sur mon cou.
Le parfum d’arnica de camphre et de cèdre des huiles de massage embaument jusqu'à mes cheveux noués en un gros chignon au dessus de ma nuque, encore mouillé de la douche glacée suivi du bain brûlant que je viens de prendre. Laure glisse un bras sous ma poitrine et fermement mais avec douceur me retourne sur le dos. Je me laisse aller et suis le mouvement sans résister. Ses mains reprennent leur danse salvatrice, sur mes bras alanguies mes hanches, mon ventre. Je ferme les yeux.

Elle m’a retrouvé en un bien pitoyable état. Pleurant toutes les larmes de mon corps. Tremblante comme un animal blessé encore ligotée sur le tabouret de bois blanc qui avait été l’autel de ma déréliction. Avec douceur elle m’a détaché  et m’a emmenée dans les étages loin de cette cave abjecte. Je me suis accrochée à elle en la remerciant dans un balbutiement incoercible entre deux sanglots ravalés.
Je regarde la dévouée Kajira pétrir le haut de mes cuisses avec la dextérité d’une professionnelle. Tout son être est concentré sur sa tache son regard fixe ses mains et les suit dans leurs mouvements. Je grimace un peu lorsqu’elle insiste sur un muscle noué de l’intérieur de mes cuisses. Mes ébats ont forcé quelque peu mes capacités à écarter les jambes. A cet évocation, je souris intérieurement mais m’assombris presque immédiatement.
A brûle pourpoint je lance à Laure
— Tu sais que je n’appartiens plus à Marc ?
Elle met un moment à répondre continuant ses massages avec obstination. Sans me regarder elle lance.
— Oui, je sais !… C’était important pour toi ?
Éberluée, je me redresse sur les coudes. Imperturbable elle s’attache de nouveau à assouplir mes mollets.
— Mais oui ! Bien sur ! … C’est lui qui m’a fait découvrir mes envies de soumission ! Il m’a guidée !  Il m’a fait découvrir tout cela… Et puis je ne t’aurais pas connu aussi !
Laure ne peut s’empêcher de sourire et de me lancer une œillade amusée tout en continuant son ouvrage.
— Si cela n’avais pas été toi cela aurait été une autre, tu sais !
Outrée je lui lance un regard furibond. Je l’ai bien cherché. Je devais m’attendre à quoi comme réponse de la part de l’impériale esclave affranchie et qui avait décidé de devenir l’esclave unique, sans maître. La  seule liberté c’est celle de choisir ses chaînes ! Et j’avais choisi les miennes, comme elle. Et par elles j’avais accepté ce jeu pensant les renforcer. Je tiens pourtant  me justifier d’une façon puérile.
— Tu sais ce qu’elles m’ont imposé, en bas… Dans la cave !
Son visage s’assombrit, elle s’humecte les lèvres.
— Oui je sais !
Je retombe sur le banc de massage, ma gorge se serre et une grosse larme perle  à la commissure de l’œil.
— Je… Vraiment…Je n’ai vraiment pas pu faire autrement !
La larme se décroche et roule sur ma joue. Je renifle.
— Tu aurais supporté ça toi ? Tu aurais… Tu aurais … Avec ce…
Elle me coupe.
— J’aurais lâché ce bon dieu de mot de passe bien avant cela !
Je fronce les sourcils d’étonnement.
Ses mains cessent leur malaxage et se font plus légères remontent le long de mes jambes, effleurant ma fleur  palpitante et d’un doigt espiègle trace une arabesque sur mon ventre autour de mon nombril ma peau se hérisse de plaisir. Le doigt remonte sur ma poitrine et aidé du pouce se saisit de la pointe de mon sein gauche qui se dresse immédiatement sous la caresse. Et sur un ton complice elle murmure.
— Comme cela tu aurais été avec moi plus vite ! Maintenant, tu es ma sœur de chaînes !
Je n’avais jamais envisagé cela sous cet angle.
Pourtant, en esclave libre Laure avait choisi Kristale pour assouvir son désir de soumission. Elle avait choisi… Moi, pas ! Que nous soyons maintenant « sœur de chaînes » me console qu’à moitié malgré l’amour et l’admiration que je porte à la Kajira. Je ne sais quoi répondre et détourne la conversation tandis que sa caresse se fait plus insistante.
— Kristale m’a dit que Stéphanie aussi avait été… Enfin... Par ce… Ce chien. C’est vrai ?
Continuant à titiller mon sein gauche de ses doigts déliés, Laure se penche sur mon sein droit et en saisit la pointe déjà raidi entre ses lèvres. Je retiens un soupir de contentement.
— Ton amie est en train de devenir une véritable esclave…
Ces mots murmurés contre ma peau déclenchent une cascade de petits chatouillis du plus délicieux effet. Convulsivement, je m’empare de sa nuque et à mon tour la caresse délicatement. Cela ne répond pas à ma curiosité et Laure ne semble pas vouloir y répondre. J’insiste.
— Quand même ! C’est ! C’est…
Je ne trouve pas les mots.
— C’est… Je ne pensais pas que cela pouvait aller aussi loin !
Laure pouffe faisant vibrer ses lèvres contre mon téton tendu.
— Tu viens de te faire baiser copieusement par une quinzaine d’hommes, tu croyais vraiment qu’on ne pouvait pas te faire subir plus ? Le problème c’est que tu as aimé çà ! Quoi faire d’autre ? Ajouter au nombre ? Je ne pense pas que cela aurais suffit… Il fallait passer à autre chose et compte sur Kristale pour trouver quoi !
Je sais qu’elle a raison. Je reviens sur ma précédente interrogation.
— C’est çà être esclave ?
— Quoi çà ?
— Tout accepter… même avec … ce… ce…
— Ce chien ?… Oui, si ton maître ou ta maîtresse te le demande et si çà le met en joie de te le faire subir !
Un silence, une délicate succion de mon téton,  puis elle continue sur un ton malicieux.
— Tu l’aurais accepté si Marc te l’avait demandé ?
Sa question  me plonge dans une profonde introspection.
Jusqu’a ce que Kristale prononce la phrase fatidique « Je te présente ton prochain amant » en désignant le dogue noir, je n’avais jamais imaginé que ma soumission puisse me mener à accepter cette acte bestiale.
Pourtant je me rappelais l’étrange sentiment qui me faisait rougir et le fourmillement qui m’agaçait l’entrejambe lorsque, de loin presque en me cachant, j’assistais aux saillies vigoureuses des étalons du haras. Du haut de mes douze ans, je repoussais violemment des images à la déviance puissamment érotique. Des images qui me poursuivaient le soir et me faisait prendre la place de la jument sanglée au bâti pour qu’elle ne se dérobe pas à l’assaut du mâle. Des images qui ne disparaissaient qu’à la faveur de l’épuisement d’un massage vigoureux de mon entrejambe sous le secret douillet de mes draps.
Laure me voit perdue dans mes songes et insiste.
— Alors ? Tu aurais accepté ?
J’ai la réponse de quelqu’un persuadé qu’elle ne risque rien a accepté ce qu’on lui demandera jamais car Mon Maître je le sais, ne m’aurais jamais soumise à une telle extrémité.
— Oui ! Oui bien sur, j’aurais accepté !
Sans quitter de la langue mon mamelon maintenant tendu à me faire mal, elle murmure.
— Comme Stéphanie !
Je contiens un sursaut avec peine. Stéphanie est, je le sais sans que cela me soit dit, restée sous la férule de Marc. Est-il possible que Kristale et lui aient déjà poussé aussi loin son dressage ? En ce cas, ce que m’a fait entrevoir Kristale est bien vrai. Stéphanie a subi le bestiale outrage.
Je veux en savoir plus.
— Mais Stéphanie, elle…
Laure réagit immédiatement. Ses lèvres quittent mon sein et viennent s’écraser sur les miennes me muselant aussi surement qu’un bâillon. Nos langues se rencontrent et entament une danse lascive. Je ferme les yeux, je suis bien. Sa main glisse sur mon ventre et s’immisce entre mes cuisses, je m’ouvre aux consolations de Laure et oublie toutes les questions qui me taraudent l’esprit.
Je veux rendre sa part à Laure quand la porte s’ouvre violemment et en surgit Kristale, rayonnante. Un sourire inhabituel lui barre le visage. Elle porte un plateau d’argent sur lequel sont disposés avec soin une chocolatière et son mazagran ainsi qu’un monceau de petites viennoiseries.
Joviale elle lance en s’approchant de nous.
— Alors les filles, vous en êtes déjà aux galanteries ? Isabelle, je t’amène bien mieux ! De quoi te consoler !
Et elle dépose le plateau à côté de moi. Interloquée par la jovialité toute neuve de Kristale je tends la main vers les gâteaux mais elle reste en suspend. J’interroge du regard ma maitresse…
— Oui, oui,  c’est pour toi !
Et elle se penche pour me verser une tasse de chocolat chaud et crémeux. Son puissant arôme me rappelle immédiatement ma faim et brise en un instant mon jeun forcé.
Fièrement Kristale se redresse.
— On passe l’après-midi toutes les trois, tranquilles. Ce soir, je vous emmène au meilleur restaurant de la côte puis on va danser et après… après…
Elle regarde au plafond souriant aux anges.
— Après, quand nous seront au lit, j’appelle ton maî… Marc, pour lui signifier ta reddition, Isabelle !

A suivre : Chap. 60. Le Triomphe de Kristale

2 mai 2018

Chap. 56. La Meute

Je passe lentement la main autour de mon cou et ferme les yeux échappant un instant à l’intense lumière du soleil reflétée par le travertin qui borde la piscine. Mon esprit divague. Que fait Marc en ce moment ? En compagnie de l’espiègle Lorelei, je ne peux que deviner et me référer à mes premiers instants de dressage, mes premier émois de soumise !
Je m’humecte les lèvres.
— Ton collier te manque ?
Ma main retombe vivement comme brulée par le contact de ma peau.
J’entrouvre les yeux et contemple Kristale.
Elle est allongée nue sur le transat, nonchalante. Malgré sa blondeur nordique elle ne semble pas craindre le soleil. Un losange de fourrure renaissante blonde artistiquement taillée en losange brille comme de l’or sur son pubis et l’aigue-marine nichée dans le creux de son nombril lance des éclats de feu à chacune de ses respirations. L’aréole des seins du tendre rose est passée au brun sous la caresse de Phébus. Pour ma part je me suis réfugiée sous un immense parasol considérant qu’il n’était pas nécessaire d’ajouter à la cuisante brulure du fouet le feu du soleil à ma peau blanche de rouquine.
Je ne sais trop que répondre, mais le ton  me semble être à la confidence.
— Je… Oui, un peu !
— Tu penses à Marc ?
Cette fois, elle prend un ton agacé. Je la surprends une fois de plus à deviner mes pensées avec tant de facilité.
Je réponds du tac au tac.
— Oui !
Elle ricane méchamment
— Si tu crois que lui pense à toi en se moment ! Ma petite protégée doit occuper toute son attention… et ses soins !
Elle se redresse brutalement.
— Allez, lève toi  et va t’habiller !… On va aller te choisir un collier.
Sûre d’être obéis et se désintéressant de moi, elle s’adresse à Maud paresseusement allongée sur le bord de la piscine à même le sol.
— Tu viens ma chérie, on va en ville !
Je me lève en même temps qu’elle et trottine vers ma chambre.

Sans un mot, sans même qu’on lui ait demandé, Laure m’a suivi comme mon ombre. Comme je ne trouvais pas mon jean, ni d’ailleurs aucun autre de mes vêtements, elle m’a conduit dans un vaste dressing et m’a tendu sans un mot, un tee-shirt blanc et une de ces petites jupettes plissées que l’on met pour jouer au tennis, courte, bien trop courte à mon gout… Rien d’autre.
Maud et Kristale me font prendre place à l’arrière de l’imposante berline noire qui les a amenées à la Galiniere.
Maud a pris le volant.
Kristale jette de fréquent coup d’œil au miroir de courtoisie qu’elle a orienté pour me surveiller. Malgré la climatisation, mes fesses nues collent sur le cuir de la banquette arrière et je me soulève alternativement de gauche à droite pour tenter de réduire mon inconfort. Cela a l’air de l’amuser. En me balançant, Je me serre le plus possible contre la portière, m’éloignant instinctivement du dogue noir couché à ma droite sur un plaid couvert de poils.
Elles se sont rapidement concertées à voix basse et mi le cap sur Sète tout proche, Et a l’allure à laquelle conduisait Maud, il n’a fallut qu’un moment pour s’y rendre.
 Le long du quai, armées de grands sacs de toile de jute les deux compères font leurs  emplettes. Je les suis docilement en compagnie du chien indifférent. Nous nous dirigeons vers le môle lorsque brusquement sans se concerter  elles s’engagent dans une rue adjacente en pressant le pas. Encore un détour et elles s’engouffrent dans une boutique un peu à l’écart des commerces du port.
 C’est une petite animalerie, un peu comme ces épiceries de quartier qui proposent sur quelques mètres carrés le stock d’un supermarché et dans lequel on trouve toujours exactement ce qu’on cherche. Le magasin est dessert. Un homme est assis derrière le comptoir, plongé dans son journal. Il lève le nez et son visage s’éclaire. Il nous salut courtoisement.
Kristale abrège rapidement.
— Nous cherchons un collier ! Fin mais solide… Avec un grelot !
L’homme baisse les yeux vers le mastard de Maud, étonné.
— Fin ?
Kristale rit de bon cœur
— Non ! … Ce n’est pas pour lui… C’est pour Elle !
Et  elle me désigne en posant une main sur mon épaule et me poussant vers lui.
Je ne peux contenir une flambée de honte qui me monte au visage comprenant ce que vient de suggérer Kristale. Je baisse rapidement les yeux et me mord les lèvres. L’homme semble interloqué.
Kristale continue, amusée.
— Oui … vous savez, hein !?  Ces gothiques raffolent de ça !
Il se ressaisit et sourit en me contemplant en soulevant un sourcil soupçonneux.
— Ha ! …Oui çà arrive des fois !
Il ne fait pas de remarque sur ma tenue de midinette qui n’a vraiment rien de gothique. Il désigne un rayon où sont pendus en vrac de nombreux colliers de toutes tailles et de toutes matières.
Kristale exulte.
— Parfait ! Merci ! Nous allons en essayer quelques uns !
Gentiment mais fermement remercié, l’homme regagne sa caisse en reculant et ne me quittant pas des yeux, un demi sourire et un froncement de sourcil interrogateur.
A-t-il deviné à quel jeu venait se livrer Maud et Kristale dans son magasin ? Est-t-il au courant de leur état et du mien ?
En lui jetant subrepticement un coup d’œil pour m’assurer qu’il ne nous regarde plus, je glisse mes mains dans le dos et tend le cou.
Les deux complices s’amusent visiblement à me passer un à un toute la panoplie des colliers. Leur choix finit par se porter sur un modèle de cuir rose sertie de clou fantaisies régulièrement disposés. Un petit grelot de fer blanc vient rapidement agrémenter le tout. On me tend un miroir de courtoisie. Je retiens une grimace de dépit. Cela n’a vraiment rien à voir avec les colliers sophistiqués dont Marc me pare et le grelot de soumise débutante ajoute à ma déconvenue.
 — Il te plait ?
Inutile de froisser Kristale. Qui sait de quoi elle serait capable ici ! Elle m’a déjà offerte à son jardinier, le commerçant affable qui tient le comptoir m’acceptera certainement comme paiement.
Je hoche rapidement la tête.

Quel drôle d’équipage a défilé dan les rues bondées de touristes qui, finalement, ne portait pas trop attention à nous. Mes deux préceptrices ouvrent la marche en fendant la foule, altières, trainant le dogue noir au bout de la laisse-fouet et moi je les suis en trottinant le grelot de mon collier tintant doucement, tirant constamment sur ma jupe si courte comme pour l’allonger et empêcher la brise marine, coquine, de soulever le minuscule carré de tissus et d’en dévoiler mon intimité nue à la cohue.
La journée est passée ainsi en futilité mercantile, J’ai même fini par me piquer au jeu et me suis prise a fouiner dans les étales, dés que je m’arrêtais sur un article Kristale me demandait si cela me plaisait et au moindre signe d’assentiment le fourrait dans son sac.
Ce n’est que lorsque la brise de mer a fraichi et que les sacs ne pouvaient plus accepter d’autres marchandise que nous avons quitté le port. Mon ventre ne crie plus famine lassé d’attendre quelque nourriture et se contente du simple thé sucré pris à la terrasse d’un café. Fatiguée, assommée de bruit et de cohue, je me cale et m’assoupie  au fond de la berline.

— Ils sont là, Madame !
Laure est venue à notre rencontre ouvrant la portière à Kristale.
— Déjà ?... Tous ?
— Oui, Madame !
Tout semble s’accélérer alors. Je sors à peine de ma torpeur, la tête bourdonnante d’un mauvais réveil,  mais je comprends alors que le moment est venu.
— Tu passes par derrière, tu l’emmènes et tu la prépares, on l’attend au grand salon, le temps de se rafraichir.
Sans un mot, la Kajira a un hochement de tête et faisant le tour de la voiture, ouvre ma portière et s’empare de mon poignet gauche m’entrainant vers la porte de service. C’est presqu’en courant que nous gagnons la salle d’eau de l’étage.
Une douche froide achève de me réveiller totalement. Laure me sèche délicatement mais avec empressement. Elle souffle mes cheveux pour les sécher et les ramène au dessus de ma tête en une queue de cheval haute perchée. Armée d’un énorme pinceau de martre et d’une boite de poudre, elle mate ma peau sur tout le corps d’un léger voile parfumé. Son geste se fait plus tendre lorsqu’elle applique un gloss transparent sur me lèvres et la pointe de mes seins qui s e dressent sous la caresse. Toujours sans un mot, sont travail achevé, elle m’inspecte de la tête au pied en me faisant pivoter sur moi-même. Elle passe un doigt sur la marque de fouet qui file sur le haut de mes reins comme pour tenter de l’effacer.
Je la regarde faire dans le miroir. Les marques ont pali mais on les distingue clairement malgré le soin apporté par la Kajira à rendre mon corps lisse.
Son geste la rend songeuse mais elle se ressaisit rapidement. Elle s’assure que mon nouveau collier est en place avec une grimace circonspecte. Elle fouille dans la penderie et en extrait un long peignoir de satin vert émeraude qui s’accorde parfaitement a la rousseur de mes cheveux mais jure grossièrement avec le rose de mon collier. En nouant la ceinture elle s’assure du parfait tombé du tissu sur mes hanches et mes épaules. Je me sens comme une poupée que l’on vient d’habiller pour la représentation
 Laure fait un pas en arrière pour me contempler.
— Ton collier est moche !... Mais toi tou es bellissima !
Et avec un sourire me dépose un baiser sur le front.
Laure m’entraine vers l’escalier qui mène au salon. Elle m’arrête sur le pallier. De la salle en contrebas montent un brouhaha feutré, troublé par quelques éclats de rire gras, forcés.  Le grondement sourd et menaçant d’un ressac sombre qui annonce la tempête.
Gravement la belle italienne  s’assure de nouveau de ma tenue et sans un mot me désigne de la main les degrés qui descendent dans la fosse où m’attend la meute.

A suivre : Chap. 57. Elle

 

21 octobre 2017

Chap. 52. La Galinière

On s’habitue à tout, à la douleur comme au plaisir.
Mais jamais à l’humiliation.
Jusqu'à ce qu’on regagne le ruban lisse et uniforme de l’autoroute  Laure ne m’a pas ménagée. Les virages et la chaussée mal entretenues ont ajouté aux vibrations du moteur entre mes jambes. Au fond de mon ventre les facétieuses grenailles, prisonnières des sphères, tressautent en tout sens créant une myriade de caresses intimes. Et c’est sans compter le poids des sphères jumelles qui semblent douées de vie propre sous les accélérations vigoureuses et cherchent à se rejoindre, inséparables.
La traversée de Montpellier a été des plus humiliante. Juchée haute, à cheval sur l’arrière du monstre rouge, les jambes à demi écartées, presque couchée sur Laure, la croupe offerte, projetée en arrière et cintrée de l’épais blouson de cuir, je ne pouvais pas passer inaperçue. Provocation aux mâles qui nous regardaient défiler devant eux, médusés.
Il n’a pas fallu longtemps pour que fussent les premiers lazzis et que les propositions les plus salaces se fassent aux arrêts des feux tricolores. J’avais l’impression que la ville entière contemplait, goguenarde, la suppliciée consentante que j’étais. Heureusement le casque sombre dissimulait aux regards le rouge de mes joues et la crispation de plaisir de mon visage.
La traversée de la ville m’a paru durer une éternité mais pourtant, peu à peu, la honte a laisser place à un trouble sentiment de fierté d’être ainsi exposée et désirée, provocante.
Bientôt les premiers embruns salés saturent l’air. Nous longeons maintenant la mer et nous nous engageons dans un de ces petits villages qui bordent la côte, anciens repères de pécheurs. Encore un instant et la Ducati stoppe devant un imposant portail de bois blanc. Sans arrêter le moteur Laure tend la main vers le pilier du porche et dans un déclic sec la porte s’ouvre lentement nous laissant le passage.
A peine ai-je le temps de déchiffrer la plaque d’émail bleu « La Galinière ». Le roadster s’engage au pas dans une grande cour intérieure et se gare devant une majestueuse maison typique de cette partie de la côte méditerranéenne.
Laure coupe le moteur.
Je continue à ressentir l’indécente vibration au fond de mes entrailles. Je descends d’un pas mal assuré, le ventre crépitant. J’ôte rapidement mon casque d’où s’échappe en cascade le flot de mes cheveux roux emmêlés et poisseux de sueur. Laure fait de même et s’assure que le portail se referme derrière nous.
- Viens !
Et sans attendre que je la suive elle se dirige vers l’ombre d’une pergola rehaussée de vigne vierge que l’on aperçoit à la droite de la maison.
Le pas de Laure est vif et décidé, je comprends son empressement lorsque j’aperçois la fraicheur désirable d’une large piscine aux eaux bleues. Elle pose son casque sur une des tables de fer peinte en blanc qui meublent le patio et d’un mouvement rapide se débarrasse de sa combinaison qu’elle  fait glisser le long de ses cuisses et laisse choir nonchalamment sur le sol. Elle était entièrement nue sous sa combinaison de motard et la voir surgir ainsi, majestueuse, de sa chrysalide de cuir pourpre me coupe le souffle.
Je reste bouche bée.
Elle me regarde et éclate de rire
— Allez! Ôtes-moi donc tout çà, tu ne crèves pas de chaud ?
Elle fait un pas vers moi et entreprend de me débarrasser de mes vêtements. Ils sont peu nombreux et un instant suffit pour que je me retrouve aussi nue que la belle esclave. Elle crochète d’un doigt la chaine qui entoure ma taille et qui relis les deux sphères douillettement installées en moi.
— Je t’enlève çà !?
C’est à la fois une injonction et une demande d’assentiment
Par la chainette qui se tend entre mes jambes, elle me tire à elle et me prend par les épaules pour me pousser vers une des tables du patio. Mes fesses touchent le bord froid, je ne peux plus reculer. La pression augmente, je me couche. Ma peau brulante entre en contact avec la surface glacée de la table. J’ai un petit gémissement de surprise mais Laure n’en tient pas compte. D’un geste vif elle écarte mes jambes et se glisse entre elles plaquant sa vulve onctueuse contre la mienne. Elle se penche sur moi appliquant ses seins sur les miens et appelle un baiser que je lui rend. Un baiser qui se prolonge sur mon cou et prés de mon oreille où elle susurre.
 — Tou’ a aimé ?
La belle italienne reprend facilement son accent lorsque nous sommes seules.
Je sais qu’elle parle des sphères indécentes qui s’agitent encore au fond de mon ventre quand, malicieuse, elle entame un discret mouvement de ses hanches comme pour  me pénétrer.
Troublée, mais contente de retrouver la chaleur de ses bras,  je resserre mes cuisses autour de sa taille pour en accentuer la pression et lance un « oui » énamouré à son oreille. Cela semble lui suffire et elle se redresse dardant ses yeux sombres au fond des miens.
— Madame  Kristale nous rejoindra  demain matin… Nous avons toute la nuit et la maison pour nous deux !
Je frissonne de tout mon corps et me laisse aller dans une douce torpeur alors qu’elle appuie son allusion par un baiser sur  mon sein droit en en mordillant le téton outrageusement dressé.  Je soupir d’aise et me laisse emporter par la dextérité amoureuse de la brune odalisque.
Retirer les boules de geisha est un jeu pour Laure ; Elle s’empare de la chainette et m’intimant de rester couchée sur la table, les jambes largement écartées, lui imprime de petites secousses en la tirant vers elle. Je me redresse sur les coudes pour l’observer. Elle s’amuse de me voir sursauter à chaque saccade. Comme dotées de leur volonté propre les sphères rechignent à s’extraire des douillets fourreaux. Je les sens toutefois progresser à l’intérieur de moi dans une langoureuse caresse. Laure s’arrange pour qu’elles effectuent le chemin de sortie de concert afin qu’elles atteignent leurs issus respectives au même moment. Lorsque je sens qu’elles dilatent les portes de mes orifices prêtent à abandonner leur refuge, dans un dernier geste,  comme un pêcheur qui fer sa prise d’un coup violent, ma douce tortionnaire force les deux sphères à s’expulser de mon ventre. Sous la surprise je ne peux m’empêcher de lâcher un petit cri vite réprimé.
Mues par l’impulsion et entrainées par leur vitesse, les deux sphères argentées spiralent dans l'air autour de la chaîne qui les relie et finissent par se coller l’une à l’autre dans un bruit sec achevant leur course qu’elles reprennent aussitôt en sens inverse sans se décoller, parfaitement soudées l’une à l’autre.
Je fronce les sourcils en observant leur étrange ballet. Elles sont aimantées ! Et je comprends mieux maintenant leur propension obstinée à vouloir se rejoindre en moi.
Laure, dépose les deux sphères sur une table voisine où elles restent sagement enlacées, immobiles. Elle se dirige vers la douche qui borde la piscine en me lançant une œillade, une invitation à la suivre.
— Tou’ est libre  maintenant !
Etonnant pourtant comme je me sens vide, je regarde une dernière fois les sphères damasquinées qui m’ont comblée et rejoins la Kajira sous la douche.

Je plonge sans élan m’enfonçant profondément dans l’eau fraiche. Je me laisse porter par mon élan en relâchant un peu d’air par le nez. J’ouvre les yeux et découvre dans un brouillard bleuté, à quelque mètre, le corps sculptural d’une vénus antique. De Laure  seul est visible sous le plafond iridescent de la surface les partie immergées, ses seins galbés aux sombres mamelons, son ventre tendu et ses jambes fuselées à demi écartées. Retenant ma respiration  je la rejoins en deux mouvements de brasse, écrasant mon visage contre son nombril orné d’un  joyau semblable à celui de Kristale  et y souffle une myriade de bulles d’air. A bout de souffle de remonte doucement à la surface en passant ma langue entre ses seins et émerge à quelques centimètres de son visage souriant, ravie de mon espièglerie.
Elle dépose un baiser sur mon front tandis que je reprends mon souffle. Je m’éloigne et me maintiens en suspension dans l’eau. J’observe les alentours, le jardin et la maison somptueuse.
— Cette maison est à Kristale ?
Laure fronce les sourcils, surprise de ma curiosité.
— Je ne sais pas !
— Tu ne sais pas ? … Tu y es déjà venu pourtant… Tu en as les clés !
Les deux bras en croix, agrippée au bord de la piscine Laure penche la tête sur le côté et fait la moue, mes questions l’ennuient, des questions sans importance pour elle.
— Oui… c’est Kristale qui me les a donnés… C’est comme çà !
J’ai envie de jouer.
— La Colombière pour les tourterelles… La Galinière pour les…. Poules… Elles choisie bizarrement ses noms !
Je lui lance une œillade malicieuse.
Laure fronce les sourcils, elle ne comprend visiblement pas.
Je change de conversation.
—  J’ai faim ! On va préparer le dîner ?
Le visage de Laure se durcit.
— Tu n’as pas le droit… Je vais te préparer un bouillon !
Déçue, je la teste.
— Mais Kristale n’est pas là ! Elle ne saura pas !
Laure détourne les yeux et comme pour elle-même murmure.
— Elle saura, Kristale saura… Il faut te donner le fouet aussi !
Un frisson me parcours, mais je n’ai pas envie de penser à cela. Je me ressaisis et m’éloigne d’un vif dos crawlé en riant.
— Il faudra que tu m’attrapes pour çà !
Laure feule un rire carnassier et lâche le rebord de la piscine, plongeant vers moi.
En riant, je me retourne sur la surface de l’eau et entame une nage endiablée. Mais je sais que je ne pourrais pas distancer la belle naïade.

A suivre : Chap. 53. Les feux de la nuit

10 mars 2017

Chap. 49. Les desseins de Kristale.

Kristale bascule en arrière, se couchant confortablement au fond du sofa tout en m’attirant à elle par les épaules. Elle me cale la tête contre sa poitrine et me caresse doucement le haut du front cherchant à enrouler mes mèches rebelles autour de son majeur.
Je suis bien.
Ses doigts ont abandonné mon entrejambe irradié de spasmes brulants et reposent poisseux de liqueur de cyprine sur ma cuisse qui barre paresseusement son bassin. Je retrouve mon calme et mon souffle. Sa respiration balaye mon front où elle dépose de temps à autre de petits baisers comme on le ferait sur le front d’une enfant chérie.
Elle rompt le silence à voix basse.
—  Il n’est peut-être pas nécessaire de se faire du mal pendant ces prochaines journées !
Je ne réponds pas.
Je sorts doucement de la langueur d’après l’amour et entends sa voix très loin comme dans un rêve.
Elle continue
— Cela pourraient être quatre jours… trois nuits… Paradisiaques … Non ?
Je comprends où elle veut en venir. Je resserre l’étreinte de ma cuisse contre ses jambes et lance un humm, étouffé,  incertain.
— Tu n’as qu’à prononcer un mot… ou plusieurs !
Elle dépose de nouveau un baiser plus appuyé sur mon front, guettant le moindre de mes mouvements qui pourrait passer pour un assentiment.
Mes pensées tournent dans ma tête comme un rat en cage. A toute vitesse.
Oui, cela serait tellement plus simple ! Pourtant une petite sonnette d’alarme résonne très loin en moi. Cela serait la fin d’une  aventure que j’ai choisi, et le début d’une autre, que là, je n’aurais pas choisie.
Comme si Kristale avait lu dans mes pensées, elle murmure.
— Tu pourras continuer à voir Marc ! Tu sais comme nous sommes proches et que nous partageons tout. Tu feras partie de ce partage.
Pourquoi est-ce que cela ne me satisfait pas ?
Je murmure sur un ton dépité.
— Oui, Madame. Je sais !
Elle a perçu ma réticence, mon indécision  et attaque sur un autre angle.
— Marc va vite se détourner de toi. Loreleï va s’en charger. Sous ses airs mièvres elle cache bien des talents auxquels aucun maître ne pourrait résister.
Braquée, je demande par défi.
— Lesquels ?
Sans hésiter Kristale lance
— Elle n’a aucune expérience ! C’est une feuille vierge qui s’offre et sur laquelle on peut écrire tout ce qui passe par la tête d’un dominant. Et elle le sait, elle l’espère de tout son être.  Tu as senti comme elle trépignait d’impatience. Marc va en faire la parfaite soumise qu’elle aspire à être. Il va la façonner comme jamais il ne l’a fait, même avec toi.
Une rage sourde me prend. Je sais qu’elle a raison.
— Mais moi aussi, il m’a eu sans expérience et…
Kristale me coupe péremptoire, sa voix laisse poindre l’exaspération et monte d’un ton.
— Elle est vierge, et n’a aucune retenue sexuelle… J’y ai veillé… Si cela ne te suffit pas ! Même un ascète n’y résisterait pas !
Déboussolée et a court d’argument, je murmure.
— … Il n’y a pas que le sexe !
En me rendant compte immédiatement de la faiblesse de mon argumentation. Cela fait bondir Kristale.
Sans ménagement, elle me repousse sur le coté du sofa
et se lève d’un bond. D’un mouvement vif, elle remet de l’ordre dans son chemisier de tulle blanc. Je remarque amusée une tache d’humidité sombre sur son pantalon de lin froissé au niveau de sa cuisse là où ma fleur, épuisée de caresses, a rendu de son nectar sous ses doigts.
— Vraiment petite gourde ? Tu crois cela ? Puisque la douceur n’est pas suffisante,  c’est par la violence et le sexe que je vais te faire cracher ton safeword !
Je la regarde, éberluée par le brusque revirement de ton. Au comble de l’énervement elle aboie presque.
— Et c’est quoi cette attitude ? Qu’est ce que tu attends pour prendre la pose ?
Je vais pour m’agenouiller sur le sol. Mais elle repousse l’album photo contre les verres et la bouteille qui se heurtent durement et tintent bruyamment.
— Non ! Sur la table ! Face à moi !
Je m’installe comme elle me l’a demandé. La table est assez grande pour que je puisse écarter les jambes largement, je me cambre et passe mes deux mains au creux des reins. Je baisse la tête en un signe de parfaite soumission, mais continue à l’observer à la dérobé, par en dessous.
Kristale se rassoie sur l’autre aile du divan en se massant les mains comme une pianiste avant d’entamer un morceau particulièrement difficile sur son clavier. Elle m’inspecte pendant un long moment. Se penche sur la table et se sert un verre de liqueur ambrée. Elle porte le verre à ses lèvres sans me quitter du regard et semble retrouver son calme.
— Bien ma belle ! Nous avons donc quatre jours pour te faire parler. Il est encore temps de me donner le mot de passe ! Non ?
Je me fais l’impression d’être au bord d’un gouffre noir dans lequel je dois sauter en faisant confiance à la corde qui me lie les chevilles et aux voix qui, au fond du gouffre, m’encouragent. Dans l’incapacité de sauter le pas, je reste muette.
— Bien… Alors je vais t’exposer mon programme !
Kristale repose son verre juste entre mes jambes.
— Pour commencer tu seras fouettée deux fois par jour. A ton coucher et à ton lever. Ce sera Laure qui se chargera de çà… Ou bien une autre personne de mon choix.
Kristale s’enfonce un peu plus dans le coussin du sofa.
— Je vais également te livrer aux maraudeurs une ou plusieurs fois peut être si tu t’entête. Tu connais les maraudeurs ? Marc m’a dit que oui… Ce ne sont pas des tendres, hein ?
Elle sourit aux anges se perdant un instant dans ses pensées lubriques.
— En plus, quand je vais leur dire ce qu’ils ont à faire, crois moi que tu vas passer les heures les plus…
Elle s’interrompt brutalement et ses yeux s’allument de malice
— Attends !
Kristale se lève d’un bond et se saisit de son téléphone resté sur une sellette non loin du divan. Elle revient y prendre place tout en composant un numéro. L’écran s’illumine et elle le porte à son oreille tout en m’adressant un clin d’œil.
— Jacques ?
Je frissonne à l’énoncé du prénom.
Je perçois un bredouillement presque inaudible qui vient du portable.
Elle continue.
— Devine qui j’ai devant moi ?
— …
— Bon alors, je ta la décris…
Kristale penche la tête sur le côté en me détaillant intensément.
— … Elle est plutôt jolie, je dirais même, très jolie, elle est nue, à genoux sur la table basse du salon, les jambes écartée, les mains dans le dos, à ta disposition. D’ailleurs la pointe de ses seins est bien tendue…et il y a de quoi contenter les mains d’un honnête homme.
— …
Kristale s’esclaffe.
— Oui je me doute !... Oui tu la connais !
— …
— Bon un peu plus alors !  Elle a les yeux noisette, une peau très blanche, et de longs cheveux roux…
De nouveau elle éclate de rire
— Ouiii ! C’est çà !... Elle est là !
Elle retrouve son sérieux et continue, cette fois sans plus me prêter attention.
— J’ai besoin que tu réunisses les gaillards du Cap pour quelques soirées en compagnie avec elle… Demain soir, c’est possible ?
— …
— Non juste elle, elle sera seule… Il ne sera pas là !
— …
— Oui entièrement… En fait le but du jeu est de lui faire prononcer son safeword.
 Elle ricane grassement.
— Vous aurez toute latitude pour cela ! … Non, Non ! Pas de restriction.
Mes épaules se tassent au fur et mesure que se poursuit l’étrange discussion. J’ai bien compris ce que prépare Kristale et je sais à qui elle demande cela. Jacques !
Jacques, que Marc a humilié en me refusant à lui alors que son empressement à me posséder était devenu une obsession.*  Kristale allait, sans sourciller, libérer toutes les pulsions les plus sordides de mon  tourmenteur sur ma pauvre personne.
Un froid glacial me parcourt les reins et un frisson me hérisse les cheveux de la nuque. Devant la menace, comme à mon habitude, je me réfugie dans une sorte de vacuité cotonneuse, mon esprit tente de s’échapper, mais c’est sans compter la malveillance de Kristale qui tient à mener son ignominie jusqu’au bout.
— Attends, le mieux est que je te la passe !
Et, elle me tend son téléphone.

* Une Saison d'Airain. > Chap. 39. Sombres étreintes.

 A suivre : Chap. 50. Jacquerie.

 

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