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Les Carnets d'Emilie
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28 juin 2007

Chap 5. Badinage.

Seduction_2Elle est là… Je me rappelle notre baiser d'avant-hier. Un peu gauche, je ne sais pas comment réagir. Je suis comme paralysée lorsque qu'elle s'avance vers moi. Elle ne m'embrasse pas. Avec un large sourire, sans un mot, elle m'invite d'un signe de la tête à monter Dakota. D'un mouvement souple elle enfourche Danseur. Deux coups de talons et nous voici parties. Je la suis à une longueur derrière. Elle pique un galop à travers les prairies et les vergers du Jonquet, à la même allure nous gagnons le bois qui jouxte le château d'eau. Sans ralentir nous nous enfonçons sous les frondaisons. Au beau milieu d'une clairière ensoleillée, d'une brusque embardée, Carole stoppe net Danseur et met aussitôt pied à terre. Je l'imite et reste accrochée aux rênes de Dakota. D'un pas décidé, le visage radieux, elle me rejoint d'un pas vif, et sans me laisser le temps de protester prends mon visage dans ses mains. Mon Dieu… Mon cœur s'arrête lorsque nos lèvres se rencontrent … Sa langue se fait insistante, insidieuse. Elle pèse sur moi de tout son poids. Mes jambes flageolent, je lâche les rênes de cuir et cède mollement sous la pression. Nous nous retrouvons couchées, enlacées, aux pieds de Dakota qui s'est mis à brouter paisiblement, indifférent à la scène.
Poupée de chiffon, je chavire et j'aime ça. Je réponds maladroitement à ses baisers, passe mes doigts dans ses cheveux odorants. Ses mains s'égarent sur mon corps. J'ai un dernier réflexe de défense en tentant mollement de repousser ses caresses, murmurant un "Non" assourdi. Cela ne l'arrête pas, d'une main assurée elle immobilise mes poignets au-dessus de ma tête et de l'autre soulève mon sweat-shirt. Ses doigts sur ma peau qui gambadent et explorent ma poitrine se glissent sous la fragile barrière de mon soutien-gorge de coton gagnant mes seins qui se durcissent sous les caresses, malgré moi. Et ce baiser qui se prolonge, cette douceur qui perdure ! Je ne lutte plus. Vaincue, je me laisse conduire. Je me détends, Carole relâche sa prise sur mes poignets. D'un geste vif elle retrousse mon sweat sur le haut de ma poitrine. Elle quitte ma bouche pour mon ventre dénudé. Elle me lâche les mains et saisit mes hanches, sa langue glisse sur mon nombril. Ma vision se trouble, je mords mon poing fermé pour ne pas gémir, je m'abandonne… Sauvez-moi !

**

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25 juin 2007

Chap 3. Séduction.

Je sais que cela devait arriver, en fait, je sais qu'au fond de moi je l'attendais. Malgré cela j'ai du mal à me rendre compte de ce qui s'est passé.
Nous avons occupé notre après-midi ensemble. Balades, flâneries, jeux, rires, Carole toujours aussi espiègle, un papillon qui tourne autour d'une fleur. Au moment de nous quitter, une embrassade qui dérape, nos lèvres qui s'effleurent, un moment de confusion et mon cœur qui saute un battement. Le temps s'arrête pendant que nos regards surpris se croisent, et que l'espace se réduit autour de moi. Cet effleurement intime me paralyse. Carole a perçu mon trouble, elle sourit, semble réfléchir un instant puis dans une vive impulsion me saisit le visage et colle ses lèvres contre les miennes. Sa langue bute contre mes dents s'insinue et les entrouvre facilement. La surprise est telle que je ne réagis pas. Au contraire j'entrouvre un peu plus la bouche et ferme les yeux. Je laisse sa langue chercher la mienne. Mes pensées se figent et s'engourdissent. J'ai l'impression que l'univers entier est concentré sur nos lèvres jointes. Plus rien d'autre n'existe. Un baiser sitôt donné, sitôt abandonné. Elle relâche son étreinte sur mon cou me repousse doucement. Avec un sourire en coin et un regard de coté, elle s'en retourne sans un mot. Je la regarde s'éloigner, me laissant pantois, dans une confusion d'esprit qui me laisse sans voix Je ne sais pas ce qui se passe, ma poitrine qui cogne, la tête qui tourne. C'est agréable et effrayant en même temps. Quand elle disparaît au détour du chemin je m'entends bredouiller à voix basse, pour moi-même.
- Au revoir Caro… A demain !
Toute la soirée j'ai été ailleurs, impossible de faire le tri dans mes pensées, mes sentiments. Mais j'ai gardé le goût des ses lèvres fraîches sur les miennes jusque tard dans la nuit.

Seduction

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24 juin 2007

Chap 2. Carole.

CaroleLa saison est bien entamée. Hier, lors d'une promenade au couchant, j'ai vu de la lumière sur les coteaux du Hamel. Ils sont Là…Elle est Là ! Carole est arrivée pour ce nouveau printemps…Comme une hirondelle. Impatiente, ce matin je suis descendue au haras de très bonne heure. J'ai pansé Dakota, fébrilement je l'ai sellé et je suis partie vers Le Prieuré d'un trot rapide.
Je la retrouve enfin ! Six mois d'absence c'est trop long. Carole c'est "The" copine, la mienne à moi, une communion unique. La grande sœur que je n'ai pas eue. Pas besoin de parler pour se comprendre. Carole c'est, à mes yeux à peine sortis de l'adolescence, la maturité. Une vingtaine d'année, un charme fou et une vivacité d'esprit qui me transporte. Une petite demi-tête de plus que moi, des yeux vert de chat fou, un corps qui fait tourner les têtes des garçons et des hommes du village. Celle que tout le monde aimerait avoir comme amie. Mais elle n'en a cure, elle mène sa vie comme son cheval, Danseur, d'une main ferme et décidée, autoritaire. Une autorité qui me guimauve parfois. Nos retrouvailles ont été chaleureuses après une année universitaire intense cela fait du bien de reprendre nos marques.Ballade

Nous avons passé l'après-midi en balade à cheval, côte à côte parlant à se saouler, enfin… Surtout moi ! Elle écoutait joyeusement de tout son être. Bien sûr nous avions échangé un nombre incalculable de courriels et de propos électroniques. Mais cela n'était rien en comparaison de la savoir près de moi.

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22 juin 2007

Chap 1. Émilie.

Emilie

L'insouciance a été ma vie, jusqu'à maintenant.
Fille unique et aimée, un physique agréable, pas très grande, mais une silhouette déliée. La douceur angevine et la détermination irlandaise de mes ancêtres sur le visage. Un visage encadré par de longs cheveux mordorés où percent deux grands yeux noisette. Plutôt en avance pour mon âge, je suis des études de lettres à Paris. Une passion donc pour les livres et surtout, depuis peu, ceux de l'enfer des bibliothèques.
Mes parents sont propriétaires d'un haras dans les moelleux paysages du Calvados. C'est là que je me ressource chaque été et long week-end.
C'est aussi là que commence cette histoire. Il ne pouvait en être autrement tout était en place, on n'attendait que moi. Et comme on dit, toutes ressemblances avec des lieux et personnes existantes ou ayant existé ne sont pas tout à fait fortuites…
Puisque c'est mon histoire !

**

27 mai 2007

Préambule

EmilieNous nous sommes rencontrés mi-septembre 2006, presque à la fin des vacances universitaires. Mes parents sont, à leurs heures, collectionneurs d'art. Je les ai accompagnés dans son atelier. Je suis restée silencieuse alors qu'ils discutaient. Ils ont voulu tout voir. Ils ont fouiné jusqu'à découvrir cette alcôve où il dérobait à la vue des non-initiés une série de dessins, de pastels et de sculptures époustouflantes. Des nus de jeunes femmes soumises à de terribles contraintes. Elles semblaient à la fois heureuses et accablées, prisonnières de liens divers.
Cela a été un véritable choc pour moi. Une révélation. Cela correspondait tellement à cette partie de moi, cette partie que je cachais que je refoulais. Nous avons pris congé après des salutations courtoises et chaleureuses avec, pour mes parents, un magnifique pastel (qui siège aujourd'hui au mur de la bibliothèque). Et pour moi une carte de visite subtilisée discrètement à la pile de bristols qui trônait à côté du livre d'or de l'artiste. Elle présentait ses coordonnées internet avec en filigrane une jeune femme nue, ligotée. Nous sommes repartis sur Paris.
Début octobre j'ai repris mes études à Paris VII.
Cet automne là, de nombreuse fois j'ai visité son site, j'ai longuement hésité et enfin je me suis décidée. Dans ce que je qualifierais d'acte manqué, j'ai égaré sa carte. Heureusement (merci Google) je l'ai retrouvé sur un forum où il présentait ses œuvres les plus récentes accompagnées de charmants poèmes. J'ai pris contact à travers ce forum timidement et maladroitement certainement. Il se souvenait de moi, du rouge de mes joues et de mon mutisme gêné lors de notre visite. Je me suis enhardie. Et bientôt nous avons échangé régulièrement. Peu à peu je lui ai confié mes expériences et mes fantaisies les plus intimes. Il ne s'est pas moqué, il ne m'a pas jugée. Mes fantasmes il en fait son univers artistique, vous pensez bien que je ne le surprenais pas. Cela n'a pas été facile de lui avouer que mon rêve le plus fou avait germé cet été dans son atelier. Il avait grandi et s'était fortifié jusqu'à devenir une évidence…Je voulais être une de ses modèles un de ses "Sujets" et j'étais prête à tout pour cela.

La suite a dépassé tous mes espoirs. C'est cette aventure que je me décide enfin à raconter ici.

Sur une suggestion de Marc les premiers chapitres de l'histoire de notre rencontre ont tout d'abord été postés sur un forum adulte pour tester leur intérêt. Mes écrits ont été très mal reçus par les administratrices à tel point que j'en ai été censurée. J'ai compris alors qu'il y a des vérités que beaucoup de personnes ne peuvent entendre ou même imaginer. Et qu'à l'impact qu'avaient eu mes modestes récits j'étais sur la bonne voie.

Jusqu'à maintenant je rédigeais sur papier. Il est temps pour moi de passer un cap nécessaire à toute étudiante en lettres, impie aux yeux de certains puristes du papier, je décidais de rédiger un Blog. Et ce Blog Marc a accepté de l'illustrer épisodiquement.

Voici donc confié à vous chères lecteurs et lectrices mon premier carnet, pas très intime il est vrai. Tout mon cœur, ma vie, mes expériences, mes fantasmes et au-delà vous y sont offerts.
Acceptez ce don avec bienveillance.

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25 juillet 2010

Chap. 2. Un vilain défaut.


0rigine_02Je fais un pas en arrière, choquée. Mon cœur s’emballe et je fais demi-tour m’éloignant en catimini de la grange, honteuse d’avoir ainsi faillit déranger leurs jeux étranges, mais que je sais interdits. Je suis presque à m’élancer en courant pour fuir l’endroit. Mais que voulez-vous ? La curiosité est plus forte que tout, et à 14 ans elle prend le pas sur tout ! Mon allure ralentie, je me tords les doigts d’indécision et regarde en arrière, vers le sombre bâtiment.
Je suis tenaillée entre deux sentiments, fuir ou revenir voir, j’ai pourtant vraiment envie de savoir ce qui se trame dans les flancs de la remise ! Je m’arrête, prend une profonde inspiration. J’avise un petit chemin qui traverse le ruisseau à un gué et qui, par un détour, me mènera dans la forêt qui borde l’arrière de la grange.
Ma décision est prise, Je m’y engage avec détermination.
Je regarde une dernière fois dans mon dos pour vérifier que personne ne me suis. Etonnant comme lorsque l’on va faire une mauvaise action on se sent coupable ! Après avoir décrit un large cercle, je quitte le chemin et passe à travers les taillis en me griffant les bras. Je gagne enfin le pied d’un grand chêne entouré de taillis, un poste d’observation surplombant la grange, idéal pour voir sans être vue et sans risquer d’être surprise par un éventuel passant. J’ai fait au plus vite en essayant de faire le moins de bruit possible.

0rigine_03

Les intrus n’ont pas perdu leur temps. La jeune fille est maintenant entièrement nue, à part ses socquettes blanches. Elle se débat faiblement entre les mains indiscrètes des garçons, émettant des petits piaffements étouffés. Ils ont l’air de bien s’amuser ! Ses vêtements gisent éparpillés sur les bottes de paille autour d’eux. Elle doit avoir seize ans peut être dix-sept, c’est l’âge des filles de sa classe. Le corps agréablement galbé, la peau légèrement halée des filles qui vivent à la campagne et de longs cheveux blonds qui se confondent presque avec la couleur de la paille, elle est grande et une poitrine haute placée aux tétons roses bonbons et d’un volume que je lui envie en la comparant avec la mienne, poitrine naissante de petite fille qui tarde à s’imposer. Elle a, entre les jambes, une jolie toison dorée qui reflète la lumière et qui semble, comme un miroir aux alouettes, attirer irrésistiblement les mains des garçons.
Les garçons eux, me semblent nettement plus âgés. Un gaillard brun foncé approchant la vingtaine d’années et l’autre plus chétif blond cendré et bouclé d’au moins dix huit ans. Ils sont torse nu et le plus rapide a commencé à enlever son pantalon.
Je reste bouche bée, les yeux écarquillés, le cœur qui bat à cent à l’heure. Une étrange excitation s’est emparée de tout mon corps et je reste comme hypnotisée par la scène qui se joue à quelques mètres de moi.
Il ne faut pas longtemps pour que le garçon brun se retrouve lui aussi entièrement nu. Je découvre alors pour la première fois la virilité d’un homme fièrement dressé. En rougissant, je baisse instinctivement les yeux. Oh ! Les rares saillis naturelles que nous faisions avant au haras n’ont pas de secret pour moi et mes parents très ouverts d’esprit ne mon jamais rien caché. Cela m’apparut banal malgré mon jeune âge. Mais là ! Je ne peux résister à la curiosité ! Mes yeux se lèvent et je regarde la scène par en dessous, comme prise en faute. C’est la première fois que je contemple le sexe d’un garçon et dans le meilleur de sa forme en plus ! Jamais je n’aurais cru que cela pouvait être aussi gros.
0rigine_05Le garçon nu a pris la main de la jeune fille et l’a portée à son membre dressé alors que l’autre garçon se met à lui malaxer la poitrine avec ardeur. Elle est redevenue sérieuse tout a coup et tente même de refréner la ferveur des garçons. Mais rien n’y fait. Au contraire, cela les rend tout à coup très entreprenant. J’entends l’écho de leurs voix mais ne les comprends pas bien. Une discussion semble s’engager. La fille fait une moue boudeuse lâche le sexe qu’elle tenait à pleine main et s’accroupit sur le sol. Elle se trouve rapidement a quatre pattes. Elle émet encore ce qui semble être quelques protestations de pure forme, mais je vois bien que cela ne la dérange pas trop de prendre cette position animale.
Le grand garçon brun a rapidement pris place derrière elle. Il parle à son copain qui vient maintenir la jeune fille par les épaules. Elle baisse la tête vers le sol et ne bouge plus comme si elle attendait quelque chose. Ce qui ne tarde pas à se produire !

0rigine_06

29 juin 2007

Chap 6. Songes nocturnes.

Nuit_Blanche_1Carole a hanté toute ma nuit, son sourire, son parfum, ses baisers.

J'ai rêvé ses caresses, …profondes… insistantes.
J'ai rêvé la douceur de sa peau.
J'ai rêvé sa bouche sur ma bouche, sa langue sur mes seins.
J'ai rêvé son ventre contre mon ventre en une fusion impossible.Nuit_Blanche_2
Sous les draps mes mains effleurent ma peau brûlante.
Je n'y tiens plus. Le sourire approbateur de Carole danse devant mes yeux. Carole que je voudrais témoin attendri de mes caresses. Mes doigts se posent sur mon ventre et lentement gagnent la douce fente incandescente. Ils s'attardent sur le bourgeon de plaisir et timidement entrouvrent le sillon humide et s'insinuent en moi. Mon souffle s'accélère, mes reins se creusent et mes cuisses s'écartent largement rejetant loin les draps blancs. Je m'offre impudique à mes caresses interdites et ferme les yeux pour prolonger le rêve. Carole rit de plus belle. Un orage court le long de mon dos et éclate dans mon ventre, un cri étouffé… La nuit devient lumineuse…

Nuit_Blanche_3

**

18 avril 2008

Chap. 6. Piquantes retrouvailles.

Cela fait maintenant plusieurs heures que je pose lorsqu’on frappe à la porte de l’atelier.
Je suis alors nue et solidement ligotée. Cette fois Marc m’a imposé des liens de chanvres et de fer. Sans un mot, il s’interrompt et se dirige vers la salle d’expo dans laquelle il disparaît. La musique s’est tue depuis quelques instants, j’entends distinctement le bruit de la clé qui déverrouille la porte et le carillon de cuivre qui tinte doucement. Des exclamations de bienvenu, des murmures, des pas qui se rapprochent, le rideau de la porte de communication qui s’ouvre. Mon Maître entre le premier, suivi immédiatement d’une femme.
C’est elle ! C’est Kristale. Mon cœur s’accélère. Marc m’avait prévenu de sa visite au début de la séance, mais ma posture indécente ne me met vraiment pas à l’aise. Comme à son habitude elle est vraiment très élégante ; Un pantalon de toile qui moule parfaitement le galbe de ses longues jambes, un léger bustier blanc qui découvre largement ses épaules dorées et dévoile un fin lacet de cuir noir avec anneau d’or et d’acier qui ceinture son cou, ses longs cheveux blonds electrum qui encadre un visage régulier barré de lunettes de soleil qui protègent, je le sais, des yeux de glace bleue.
A l’entrée de l’atelier, Kristale marque un temps d’arrêt, ôte ses lunettes noires d’un geste affecté, me lance un regard et sourit. Elle fait un pas vers moi, se penche suffisamment près pour que je respire son parfum capiteux et me lance alors d’un ton gouailleur.
-
Décidément tu es toujours à poil lorsque je te rencontre !
Je rougis violemment et ne peux faire aucun mouvement pour dissimuler à son regard mon corps outrageusement exposé. Ses paroles, qui tranchent tellement avec son élégance, et son accent hollandais me font toujours autant d’effets, m’intimident et me font redevenir une gamine bredouillante. Mais elle n’attend pas de réponse. Elle pose prés de moi le sac de cuir Tod’s qu’elle porte en bandoulière se redresse, me tourne le dos, et se dirige vers Marc qui vient de lui servir une tasse de café.Elle s’empare de la tasse qu’il lui tend, pivote de nouveau vers moi tout en s’adressant à Lui.
-
Alors ce dressage çà avance ? Tu arrives à en tirer quelque chose ?
Marc prend le temps de siroter une goulée de moka me regarde à son tour penche la tête sur le coté en souriant.
-
Oui ... Je crois!  C’est une bonne élève. Encore quelques verrous à faire sauter !
Ils passent tous deux un long moment à me détailler en silence. Intimidée, honteuse d’être ainsi exposée, nue, à leurs yeux indiscrets, je baisse la tête pour ne plus croiser leurs regards. J’ai du faire une erreur car Kristale rompt le silence.
-
Ha oui, je vois !
Elle repose sa tasse et murmure quelques mots à Marc que je ne saisis pas bien. Il hoche la tête, pose sa tasse a son tour et se dirige vers moi. Délicatement, il délace les liens de mes poignets qui les maintiennent dans le dos. Dans le même temps il me défait des cordes de chanvre entravant mes chevilles et mes cuisses.
-
Debout Mademoiselle !
Péniblement, les jambes et les bras engourdis je me lève en vacillant. Marc ne me laisse pas le temps de me reprendre. Il s’empare de nouveau de mes poignets et d’un geste assuré par l’expérience les lie tendus sur mon ventre. Il approche de moi une chaise de paille et la désigne du geste.
-
Assieds-toi !
Je m’exécute en m’asseyant les jambes largement écartées, comme le veux les règles de soumission qui maintenant m’animent. Les brins de paille tressés s’incruste dans ma peau nue. C’est inconfortable au possible et mes fesses se mettent à me piquer et à chauffer rapidement.
Marc fait deux pas en arrière, se croise les bras et me regarde calmement.
Kristale s’approche alors de moi. Pose un genou à terre et ouvre son sac de cuir, farfouille à l’intérieur et en sort des instruments que je reconnais immédiatement. Mon sang se glace, je lance un regard paniqué et interrogateur à Mon Maître. Il hoche légèrement la tête en clignant des deux yeux, et réponds par un sourire rassurant. Je prends une profonde inspiration et me détends.
Tout en me regardant Kristale s’empare de fins gants de latex blanc qu’elle enfile langoureusement. Le garrot de caoutchouc se noue autour de mon bras. D’un geste professionnel évident Kristale promène un coton imbibé d’un liquide froid et odorant sur le pli de mon avant-bras. A travers ma peau blanche elle n’a pas de mal a trouver la veine qui l’intéresse et d’un geste assuré y plonge l’aiguille d’acier de la petite seringue. Je me pince les lèvres mais je suis surprise de ne sentir aucune douleur. Mon esprit s’échappe un instant Je crois que je viens de découvrir le métier de Kristale ! Une telle assurance, une telle dextérité dans un geste médical lève une partie du voile de cette mystérieuse étrangère au goût vestimentaire si sûr. Il ne lui faut pas longtemps pour emplir quelques minuscules éprouvettes de mon sang irlandais. Elle escamote rapidement le tout dans son sac, replie mon bras sur le coton et se relève. Marc est resté impassible durant toute l’opération.
Je me sens un peu vaseuse, la prise de sang bien qu’infime ma mise dans un état légèrement comateux. Kristale est sur le point de partir, elle jette son sac sur l’épaule et fait le geste de retirer ses gants de latex blanc lorsqu’elle s’interrompt, semble réfléchir, me lance un regard et revient vers moi. Sûre d’elle, elle me saisit par les coudes et m’oblige à me lever et je sursaute lorsque ses mains se posent sur ma poitrine et que ses doigts viennent titiller la pointe de mes seins. La caresse est âpre et rugueuse. Le caoutchouc entraîne et tire sur la peau comme le ferais la langue d’un chat. Et pourtant mes tétons se dressent réagissant immédiatement à l’étrange frôlement. Kristale le remarque et à un sourire en coin en direction de mon Maître qui nous observe sans bouger. La caresse sèche, crissante, désagréable, glisse sur mon ventre, le long de mes hanches et vient s’insinuer entre mes jambes. Je frissonne et je repense au premier attentat faites à mon intimité par Kristale. Cela me semble hier! Ses doigts gantés s’enfoncent en moi. Je me mords les lèvres et me hisse sur la pointe des pieds en soupirant m’attendant à un rude contact. Mais à ma grande surprise, la caresse est d’une douceur incroyable. Le latex s’est humidifié et les doigts glissent suavement a l'intérieur de mon ventre. Je me relâche, me repose sur mes talons et ferme les yeux. Kristale augmente la pression de ses doigts jusqu’à tirer de moi de petits gémissements étouffés et me faire écarquiller les yeux de désarroi. Satisfaite de ma réponse a sa caresse, elle se retire de mon ventre me laissant pantelante et porte les doigts à son visage, en respire l’odeur.
Isa_Kris024Elle ôte enfin les gants de latex qu’elle laisse tomber au sol, me saisit par la nuque et tente de m’embrasser. Instinctivement, je détourne la tête, mais sa main qui s’est glissé derrière mon cou se crispe sur mes cheveux et ramène mon visage face au sien. Ses lèvres se posent sur les miennes, sa langue s’insinue, vient fouiller ma bouche. Je sais qu’il faut que je réponde, mais je n’y arrive pas. Me faire embrasser par une femme me mets dans un état d’incohérence, de flottement de tout mon être. Kristale est la première à l’avoir fait et elle me le rappelle en forçant de nouveau mes lèvres. Pourtant je dois m’avouer que malgré la perversion de cet acte, je ne déteste pas ! Mon corps s’amollit, sous la pression. Ma langue s’agite timidement et vient rejoindre celle de Kristale. J’ouvre plus largement la bouche à m’en faire mal aux mâchoires, nos salives se mêlent, nos langues libérées se caressent en une sarabande effrénée. En m’obligeant une nouvelle fois à accepter ce baiser intime, elle revient affirmer sur moi sa toute puissance.

 

En fin de journée, confortablement installé sur la terrasse du petit café du village J’ai osé demandé à mon Maître la signification de cet acte sa réponse est des plus sibylline
-
Nous somme invités vendredi chez Kristale… Tous les deux et d’autres…Convives. Kristale prends ses précautions. Tant pour toi que pour ses invités.
Il s’arrête un instant porte à sa bouche la chope de bière fraîche et en apprécie la première goulée. Il repose le verre. Et me regarde droit dans les yeux.
-
Et je tiens vraiment à toi... Je ne voudrais pas que tu en garde un trop mauvais souvenir !
Un " trop " mauvais souvenir ! Je rougis et baisse la tête à l’écoute de cette déclaration. Je reporte mon attention sur la table de bar et mon Perrier menthe. Une soirée chez Kristale ! Ma première visite chez la blonde nordique à été des plus rude. Je tente tout de même une dernière question.
-
Kristale, elle... Elle est infirmière ?
Il sourit largement.
-
Elle en a la douceur en tout cas… N’est ce pas ?
J’opine de la tête en murmurant un " oui " étouffé.
Evoquer ainsi la soit disant " douceur " de Kristale et me prendre à témoins comme il le fait d’habitude en me retournant ma question, n’a fait qu’approfondir mon trouble.
Marc n’en dira pas plus et changera vite le fil de la conversation.
Je me plonge dans mes pensées et je revois la salle sombre ou j’ai subit ce que je croyais alors la pire des humiliations et qui n’étaient en fait que l’introduction de ce que j’allais vivre avec Marc. Ce lieu maudit j’allais de nouveau y retourner, de mon plein gré ... Avec même, peut être… Le sourire.

15 septembre 2021

Chap. 77. Les traits d’Harmony

Je me suis calée au fond des larges coussins qui tapissent l’alcôve et me laisse aller à une douce torpeur. Voyant cela, Loreleï, toute aussi nue que moi, est venu se blottir à côté de moi, ses fesses se logeant moelleusement contre mon ventre et emmêlant ses longues jambes avec les miennes. Je lui ceins les épaules avec mes bras et dépose un baiser affectueux sur son cou qui s’offre à mes lèvres. Elle frissonne et se pelotonne un peu plus, comme un petit animal de compagnie qui cherche la chaleur de sa maitresse. Je m’empare doucement de son sein gauche que je caresse délicatement, simplement pour le plaisir de sentir le grain de soie de ce petit fruit arrogant à la pointe toujours en érection.
L’effet des dragées aphrodisiaques doit maintenant être passé mais son excitation sensuelle semble perdurer. Peut-être le fait d’être toujours comblée intimement par l’hôte de métal lui rappelle qu’il en a été décidé ainsi !
Tendrement enlacées, nous sombrons toutes deux dans une torpeur méditative et observons, intriguées, Marc en train d’encorder méthodiquement le corps offert d’Harmony. Ses gestes sont précis et méticuleux, les cordes de chanvre se déploient et ses lovent délicatement autour des poignets, des bras, contournant un sein, se glissant entre les cuisses largement écartées de la suppliante des plaisirs licencieux. Harmony nous tourne le dos elle est comme il se doit, nue, à genoux sur un grand zafu de méditation richement brodés et fait face à un coin de l’alcôve comme le serait une élève punie par un maître intransigeant. On lui a relevé les cheveux en une queue de cheval haute placée sur le crane dénudant son cou que ceinture encore son banal collier de chien en métal nickelé. Maureen est à côté d’elle, un genou à terre, elle supervise avec amusement le ligotage de sa novice mystérieuse et vérifie périodiquement que son loup qui garantie son anonymat reste bien en place et augmente encore sa confusion en lui décrivant sa situation à haute voix.
— Tu as voulu être chienne Harmony, n’est ce pas ?
Harmony hoche la tête sans un mot.
— Et bien tu vas l’être ! Et plus que tu ne l’as jamais été ! Marc te ligote comme il sait si bien le faire et tu n’auras pas d’échappatoire… Théo et moi avons décidé de te livrer à tous les hommes, ou les femmes, qui le désireront et comme ils le voudront…
Théo s’est assis juste a côté de nous et observe un moment Marc œuvrer consciencieusement puis se tourne vers moi.
— Marc vous a déjà attachée de la sorte, j’imagine, Mademoiselle Isabelle ?
Je confirme révérencieusement.
—Oui, Monsieur !
— Et il vous a livrée au plaisir d’autres hommes, ainsi ligotée ?
Je ne peux m’empêcher de rougir à l’évocation de ces humiliations que j’ai, à mon corps acceptant, appréciées au-delà de ce que mon esprit et ma décence me permettent d’avouer.
—Je… Oui, Monsieur !
Il reporte son attention sur les tourmenteurs d’Harmony. Et croit bon de m’expliquer en aparté.
— C’est la première fois vous savez, pour Harmony ! C’est lors d’une soirée un peu arrosée qu’elle nous a confié ses fantasmes. C’est une femme de pouvoir dans un sens, et pourtant elle ne rêvait que d’être dominée et soumise dans ses ébats. Comme elle est intelligente, et je crois que la plupart des soumises ici le sont, elle avait deviné que nous partagions les mêmes aspirations… Elle nous a demandé de l’initier avec une seule condition, c’est que nous respections son anonymat. Elle ne se doutait peut-être pas que cela la mènerait aussi loin !
Mais elle a l’air d’apprécier !
Il se tourne de nouveau vers moi.
— Et vous Mademoiselle ? Cela s’est fait comment ?
— Vous ne m’avez pas lue ?
— Ha oui, c’est vrai ! Il parait que vous contez vos aventures !... Non, je dois vous avouer que non. Je ne sais de vous que ce que Marc a bien voulu m’en dire ! Que vous étiez belle, docile et obéissante et si curieuse et impliquée que, jusqu'à maintenant, vous ne reculez devant aucunes dépravations… Enfin ! Jusqu’à cette histoire avec le chien de Kristale! Ce qui nous amène à votre petite entourloupe et votre procès pour… Pour quoi d’ailleurs ? Désobéissance ?
Il se passe une main sur le menton, se caressant la barbe, en contemplant Harmony qui bientôt sera dans l’impossibilité totale de refuser quoi que se soit et reprends
— C’est vrai que la méthode est un peu rude, bien que je sache que cela se pratique…
Sur cette réflexion il interpelle la suppliciée à haute voix.
— Dis-moi Harmony ! Cela te dirait de te faire saillir par un chien… Un beau mâle vigoureux ? Je suis sûr qu’ils ont çà ici !
Tout le corps de la femme se crispe et on peut ressentir toute l’angoisse qui la saisit au sursaut qui suit et des vigoureux de dénégation de sa tete, sa queue de cheval fouette l’air de gauche à droite !
Théo éclate de rire et enfonce le clou.
— De toutes les façons, tu n’es pas en position de refuser quoi que ce soit petite chienne !
Cette fois Harmony cherche à se tourner vers Théo gênée par ses entraves, se tord le cou vers nous sans y parvenir et lance d’une voix suppliante.
— S’il vous plait pas çà !... On avait convenu….
— On avait convenu, coupe Théo, que l’on vous feraient découvrir des plaisirs interdits et des humiliations sans limites… Cela en est un, Mademoiselle !
Il me prend alors à témoin.
— Qu’en pensez-vous, Mademoiselle Isabelle ?
Je me remémore m’as confrontation avec le molosse de Maud, et ressent presque physiquement sa langue épaisse qui s’insinue entre mes cuisses que je ressers convulsivement emprisonnant un peu plus celle que Loreleï avait glissée entre les miennes. Je dois m’avouer que la situation proposée peut être excitante, surtout quand on en n’est pas le sujet. Mais je ne peux, par une sorte de sororité bienveillante, en soutenir le projet. Je vais pour exposer que pour une première soumission cela risquai fort de cabrer Harmony définitivement, ce qui était arrivée pour moi, alors que je pouvais me targuer de la connaissance de la perversité d’un maitre, lorsqu’une des soubrettes pénètre dans l’alcôve et s’adresse à Théo sans ambages.
— Vous m’avez demandée, Maître ?
Je lève les yeux vers elle et ne peux m’empêcher de me dire que les servantes de cette soirée se ressemblent toutes, un visage avenant casqué d’un carré blond strict, à demi-nue la poitrine arrogante, vêtue d’une simple jupe courte de velours noir dont je sais qu’elle couvre à peine un ventre nu parfaitement épilé et juchée sur des escarpins à talonnette qui les forcent à cambrer. Seul le nombre des bracelets qui pendent à leurs poignets les distinguent, en nombre et en couleur. Des bracelets de métal vivement coloré parfaitement ronds et rigides comme le serai ceux d’un semainier. En début de soirée aucunes d’elles n’en portaient et, au fil des heures et des jours, leur nombre augmentait sensiblement pour certaines, moins pour d’autre  — C’est leur pourboire !—  Avait répondu Marc énigmatiquement à mon interrogation.
Sans se relever Théo lève les yeux vers elle.
— Oui Mademoiselle ! J’aimerai que vous passiez un message par le truchement de la sono de la Chambre des Echos. Vous direz en substance que Mademoiselle Harmony, ici présente, est a la disposition de tout ceux et celles qui désirerait en jouir. Et ce jusqu'à…
Il s’interrompt
— Au fait, quelle heure est-il ?
Il m’interroge du regard et je lui réponds par un geste d’ignorance. Aucune personne ne porte de montre et même l’hôtesse semble avoir perdu la notion du temps. Seule la clarté qui sourd du couloir projetée  par ses fenêtres nous informe sur une soirée bien engagée.
Théo a une petite moue dépité et, se tournant vers la jolie hôtesse, il complète.
— Eh bien vous direz, jusqu'à ce qu’elle rende grâce !
La soubrette se plie d’une courbette, faisant comprendre qu’elle avait compris et s’éclipse aussi rapidement qu’elle avait surgi.
Il se retourne vers moi
— Qu’en pensez-vous Mademoiselle Isabelle ? Vous a-t-on déjà livrée de la sorte sans que l’on sache qui vous étiez ?
A sa question, ressurgi l’image de la chambre d’hôtel à Lyon. Là où Mon Maître après m’avoir attachée et bandé les yeux m’as laissée, quittant la chambre) à la disposition d’un inconnu (Cf. : Week-end a Lyon, L’offrande.)
Je tente de contenir mon rougissement naturel par une profonde inspiration et lui relate mon aventure.
— … Mais en fait cela était inversé… C’est moi qui ne savait pas qui était mon… mon… mon amant de passage !
Je reprends mon souffle.
— Ici c’est Harmony qui est cachée !
Théo passe sa main sur son menton.
— Ha ! Vous croyez que cela serait plus intéressant qu’elle voit ses amants ? Que faites vous du piment qu’apporte le mystère ? Dans cette chambre à Lyon qui vous dit que ce n’est pas Marc qui était resté dans la chambre pour vous baiser comme le ferai un inconnu ? Vous en auriez chacun une sensation différente et pour vous celle de vous faire saillir par un autre sur ordre de votre maître ce qui pour une soumise en apprentissage est la base. Non ?
Mon esprit se met à mouliner à toute vitesse. Je revois en accéléré cette épisode de ma vie de soumise. Les yeux bandés, je l’ai bien entendu sortir pour laisser la place à l’inconnu qui s’est présenté peu après ! Ce que je vais pour rétorquer à Théo lorsque un éclair de compréhension me terrasse me laissant la bouche  bée. A la fin de la séance, après le départ de l’inconnu, Marc m’a interpellée pour me féliciter de ma docilité. J’ai même cru qu’il avait assisté tout du long à ma déchéance acceptée. Mais je n’ai pas entendu la porte se rouvrir à son retour. Il était donc bien là et seul ! Peut-être n’étais ce qu’une mise en scène !
Je détourne la tête pour contempler Marc qui passe les dernières cordes entre les cuisses d’Harmonie pour les maintenir largement écartées, dévoilant le fruit promis à tous ceux qui voudront y gouter. Un fruit impudiquement exposé, une figue parfaitement glabre, fendu, entrouverte sur un délicat fourreau incarnat vernissé de liqueur de Cyprine qui sourd en un filet laiteux trahissant l’excitation de la jeune femme. Ma vision se trouble et je reviens à ma réflexion. Oui le machiavélisme de Marc aurait bien pu accoucher d’une telle mise en scène ! Et quelque chose au fond de moi l’espère. Mais je sais qu’il est vain de vouloir connaitre la vérité, jamais il ne me la dira et se contentera comme à son habitude de répondre par une autre question du style « Tu aurais moins apprécié si cela avait été le cas ? »
 Je me mords les lèvres et reprends le fil de la discussion pour tenter de m’échapper et de reprendre pieds dans l’instant qui s’offre à nous.
— Non ! Mais on peut s’arranger pour dévoiler le visage d’Harmony à ses amants sans pour autant qu’il puisse le voir.
Théo fronce les sourcils d’incompréhensions.
— Vous savez, pour une femme le cérébral compte pour beaucoup dans sa jouissance. Le masque qu’elle porte la protège en quelque sorte il ne masque pas seulement son identité… Vous pouvez vous en servir pour augmenter sa honte. Il suffit de l’offrir à visage découvert sans que ses amants puissent la voir, mais…Qu’elle sache, qu’ils pourraient, si ils le décidaient !

Aussitôt suggéré, aussitôt fait !
Harmonie parfaitement immobilisée, se sont les deux hommes  qui déplacent le zafu rehaussé sur lequel elle est proposée  et la présente dans un des angles de la  pièce lui calant le visage contre l’encoignure ne laissant que suffisamment d’espace pour le passage d’un homme ou d’une femme debout, sans possibilité de se pencher pour la dévisager, mais laissant ouverte la sollicitation sa bouche pour d’éventuelles caresses buccales. Marc dévie les luminaires du mur pour que le coin qui accueille Harmony se noie dans l’ombre, dissimulant un peu plus son visage.
Satisfait, Théo se tourne alors vers moi.
— Mademoiselle Isabelle, comme vous en avez eu l’idée. Vous aurez l’honneur de lui ôter son loup !...


Chap. 78. Dans les vapeurs d’Hécate

19 septembre 2020

Chap. 71. L’indiscrète

—   Alors ? Comment as-tu trouvé mon stand ?
Je cligne plusieurs fois des yeux, les étranges lunettes qui m’ont permis de voir à travers les yeux de Mon Maître sont posées sur le lit, entremêlées avec les oculaires électroniques qu’il portait en bandeau de chaque côtés des tempes. Elles sont éteintes, comme mortes après avoir si bien rempli leur office.
Cela ne m’étonne pas trop que ce soit Marc qui aye mitonné cette si agréable surprise. Et je comprends mieux la discrète complicité qui planait entre lui et Virginie.
— C’était formidable Monsieur !
Et il n’y a aucune flatterie dans ma voix. Cette expérience à certainement été l’une des plus intense émotionnellement qu’il m’a été donné de vivre, du moins je  le pensais à cet instant. Un véritable orgasme émotionnel, laissant l’orgasme physique à Loreleï qui peine encore à reprendre ses esprits.
Je le cherche des yeux et accroche son regard.
— C’était fantastique de voir à travers vos yeux, Monsieur !
Il sourit.
— Alors raconte-moi ? Qu’as-tu vu…. Avec, mes, yeux ?
Désarçonnée, je balbutie.
— Je…Je… comment expliquer çà ? Cela se vit ! Je ne sais pas co… comment !....
Marc éclate de rire.
—Tu sais que tu vas devoir le décrire dans ton blog ?... J’attendrais donc !
Je prends soudain conscience que je n’ai rien pour noter et m’inquiète !
— Monsieur, combien de temps dure l’Assemblée ?
Il prend une moue taquine
— La dernière a duré un peu plus d’une semaine ! Mais dès que ton procès et les délibérations de l’Assemblée concernant l’autorisation de continuer ton blog enregistrée nous pourront partir si tu le veux !
Je reste assommée par la révélation.
Une semaine !!
En même temps j’aurais dû me douter qu’une telle débauche de moyens pour la réalisation d’une seule soirée eu été dispendieux. Une semaine ! Un froid me parcourt la nuque. Je réalise que je reprends les cours quelques jours après la fin de l’Assemblée.
Je détourne la tête et murmure.
— Il ne va pas nous rester beaucoup de temps… Nous deux… Seuls !
Marc dépose un baiser sur ma nuque juste sous l’oreille.
— C’est pour cela qu’il faut profiter de l’instant ! Et il reste à découvrir !
Sa réflexion me sort immédiatement de mon vague à l’âme. Je me retourne vers lui et lance malicieusement.
— Ah ? Vous avez d’autres surprises comme celle-ci ??
Il surenchérit à ma malice par un ton mystérieux, volontairement sur joué.
— Bien sûr !... Tu veux savoir ?... Mais, où serait la surprise ?
— Oooh ! S’il vous plait Monsieur !
Et je lui lance un regard suppliant aussi sur joué que son ton énigmatique. Il se passe la langue plusieurs fois sur les lèvres et je sais qu’il cherche à me renseigner sans m’en dire plus que nécessaire.
— Et bien, tu vois, ici, « la chambre des images », est destinée à mettre la vue à l’honneur… Tu as du certainement entendre les chants venant de la « Chambre des échos » qui concerne l’ouïe … Il y a cinq chambre qui concernent les cinq sens, plus une sixième de mon invention que je te ferai découvrir…
Il s’arrête estimant en avoir peut être trop dit. Mais, intriguée, je veux en savoir un peu plus.
— Et les autres ?... Qu’elle est votre préférée ?... Dites-moi s’il vous plait.
Marc fronce des sourcils et renâcle, puis finit par lâcher.
— La plus intense, certainement… La « Chambre des Caresses ». Dans cette chambre tu y perds tous tes sens sauf un… Le toucher… Et …
Il s’arrête brusquement me laissant sur ma faim et me sourit largement me faisant comprendre qu’il n’en dira pas plus.
— Mais il vaut mieux que tu découvres cela par toi-même…
Je ne me renfrogne pas et n’insiste pas. Je mets un mouchoir sur ma curiosité et profite de cet instant de relâchement et relance.
— En tous cas, cela a été fantastique comme expérience !
Et machinalement je regarde Loreleï, encore affalée sur nous, s’appuyant sur mes genoux et barrant du dos les jambes de Marc nous couvrant à demi comme un plaid de chair sensuelle. Elle se caresse avec indolence le bas ventre de sa main gauche tandis qu’elle joue paresseusement de la droite avec un de ses tétons.
Insatiable!
Je reviens à Lui
— Et vous Monsieur que voyez-vous ? Sans indiscrétion ?
Et mes yeux se fixent au plus profonds des siens.
Marc s’installe confortablement sur un coude, contre mon flanc, bousculant Loreleï vautrée en travers de ses cuisses. Il me détaille longuement de la tête aux pieds. Et revient à mon visage.
— Je vois… Je vois, le visage d’une ravissante jeune fille, les yeux noisette aux plis un peu triste, presque mélancolique. Un petit nez mutin entouré de taches de rousseur. Des cheveux roux, magnifiques qui ont l’odeur du foin au matin.
Il s’empare d’une de mes mèches et après l’avoir humé profondément en caresse mon visage et mes lèvres. L’évocation de mon parfum de rousse et le refus catégorique de Marc à me voir le couvrir en  portant un parfum autre, m’interpelle.
— Il y a une « Chambre des Parfums » Monsieur ?
—  Oui, mais ce n’est pas ce que tu crois ! C’est ... Très subtil ! La plus subtile des chambres, je pense !
Il me sourit pour ne pas m’en dire plus. Je quémande une explication.
— Oui… Je me doute…. Kristale m’a dit un jour que vous « sentiez » les soumises ou celles qui pourraient le devenir.
Il pouffe.
— C’est un ensemble ! L’odorat en fait partie !
Il tapote le bout de mon nez de son index.
— Tu te souviens la première fois que nous nous sommes vu à  l’atelier… Tu accompagnais tes parents ?
— Oh oui, Monsieur ! Comme si c’était hier !
— Quand tu es entrée, tu trainais une odeur d’écurie !
Je me cabre et proteste en fronçant vigoureusement des sourcils. Il est vrai que je sortais d’une démonstration d’équitation dans un haras proche de son atelier. Peut-être que mes ablutions avaient été bâclées ?
Il rit.
— C’était très léger à peine perceptible, c’est une odeur de foin, proche de celle des cordes chanvre avec lesquelles j’attache mes modèles-sujets… Mais le plus important a été lorsque tu as découvert les dessins de ces sujets. Tu as changé de parfum et j’y ai reconnu celui de l’excitation sexuelle. Et là tu ne pouvais vraiment pas me le cacher. Sans compter ton attitude que j’observais tout en discutant avec tes parents. Ton regard  à la dérobé, magnétisé sur les esquisses érotiques et tout ton corps qui voulait fuir les pieds tournés vers la porte mais tout le reste qui girouettait pour en faire le tour. Tu étais clairement tiraillée entre fuir et rester. Et puis ce rouge qui te monte aux joues dès que tu es dans l’embarras. Mais ce qui te trahissait vraiment le plus c’est ton parfum d’excitation que j’ai perçu encore plus fort en m’approchant de toi… Tu comprends maintenant pourquoi je ne veux pas que tu en porte d’autre que le tien !
Je reste un moment dans l’expectative et finis par lancer.
— Vous m’avez percé à jour alors que je découvrais à peine ce monde et qu’il m’a fallu du temps pour accepter que c’est ce que je voulais, au plus profond de moi !
Et je rougis rétrospectivement en pensant à l’état d’excitation qui m’avait gagnée dans l’atelier. Je pensais que cela ne se verrais pas, j’avais mis tellement d’application à le dissimuler ! Si j’avais su que Marc à ce moment-là lisait en moi à livre ouvert  et que grâce à son étrange aptitude il savait que mon ventre se mouillait à mon corps défendant, j’en aurai été morte de honte.
Je sens le rouge qui me monte aux joues.
— Vous… Vous saviez que j’allais revenir vers vous ? Que j’allais vous proposer ma soumission ?
Marc dodeline de la tête
— Je ne savais pas… C’était une possibilité…Et… Je t’ai vu subtiliser une de mes cartes de visite posées sur une sellette et la glisser sans la regarder dans la poche de ton jean, l’air de rien !...
J’avais effectivement glissé une de ses cartes dans ma poche, machinalement comme dans un état second avec la certitude qu’il fallait que je le fasse.
—…Cela doublé par ton état d’excitation que tu tentais tant bien que mal à dissimuler,  j’ai tout de suite su que j’aurais un jour de tes nouvelles. Mais je dois avouer que me proposer ta soumission de but en blanc… Je ne m’y attendais pas.
Je souris à mon tour et évoque.
— Vous savez Monsieur, cette carte… Je l’ai perdue !… Impossible de la retrouver quand j’ai prise la décision de reprendre contact avec vous. J’étais catastrophée et désespérée… Heureusement, je vous ai retrouvé sur internet. Le soir même je vous envoyais ma première demande…
— Un acte manqué que tu as su contrarier !
— Ou bien ma sœur qui me l’a subtilisée…
Je laisse ma phrase en suspension sur un ton interrogatif. Marc feint de ne pas l’avoir entendu et se tourne vers Loreleï. Il lance sa main et lui empoigne le sein qu’elle ne caresse pas se saisissant du téton rose qu’il se met à pétrir entre ses doigts. Le visage de la jeune fille se renverse vers lui et lui lance un sourire désarmant de reconnaissance. Elle me fait l’effet d’une chatte contente de recevoir l’attention de son maître. Je le regarde caresser nonchalamment le sein de Loreleï et contemple la petite meringue rose qui le surplombe gonfler et durcir avec outrecuidance sous ses doigts.
— Et elle, Monsieur ! Quel parfum a-t-elle ?
Pour moi Loreleï a toujours un imperceptible parfum de savonnette, celui d’une jeune fille bien élevée et propre sur elle. Sans cesser ses caresses il m’explique en riant.
— Eh bien facile! Même toi tu devrais le sentir! Dans l’état ou elle est c’est une explosion de phérormones et d’arômes ! Elle est plus discrète d’habitude ! Les blondes sont moins expansives dans ce domaine… Mais là je dois dire qu’elle se lâche !
J’en profite et le coupe.
— C’est la dragée blanche ?
Marc éclate de rire.
— Possible ! Mais ce soir avec Loreleï un simple placebo aurait pu faire l’affaire !

 Chap. 72. Les ravissements de Virginie.

7 août 2020

Chap. 70. Black Mirror.

Je passe la porte entrainant Loreleï à ma suite, prenant ainsi congé d’une façon cavalière. Kristale semble contrariée de notre départ précipité. Elle fronce les sourcils et se pince les lèvres de dépit en me fusillant du regard. Elle m’avouera plus tard qu’en quittant la rotonde j’échappai ainsi au sombre dessein qu’elle avait de me proposer comme amante au géant noir. L’arrivée de Marc s’est faite à point nommé pour m’éviter son énième tentative d’humiliation.
Mon maitre, je devrais dire Notre Maître, nous entraîne  à sa suite aux travers du labyrinthe de la maison. Sans nous arrêter nous croisons les lieux des plus étranges aux plus convenus. Des boudoirs discrets où les couples, seuls ou en groupes, s’exercent à tous les degrés des jeux de la soumission, mais aussi de vastes salles presque désertes où les convives lient connaissance en toute urbanité aux pieds de piloris ou de croix de st-André ornés parfois de corps nus, offert à la vue et au sollicitation de tous. A mi-chemin, nous passons devant des escaliers de pierre qui mènent au sous-sol d’où pulse une musique lancinante… l’entrée d’une boite de nuit ! Les festivités ont vraiment commencées, et elles ne sont pas que de chair.

Au fur et à mesure de notre progression la maison devient silencieuse. Même les gémissements de la chambre des échos disparaissent peu à peu. Un dernier coude et nous pénétrons à pas feutrés dans une petite salle d’accueil où nous attend une hôtesse. Elle est très jolie, de petite taille, d’une beauté presque synthétique, sophistiqué, un visage ovale que barres des yeux noisette en amande parfaitement maquillés. Les cheveux blonds coupé en un bol irrégulier, manifestement l’œuvre d’un grand salon, lui dégage une oreille gracieusement ourlée, ornée d’un discret mais flamboyant diamant, et retombe sur l’autre la dissimulant totalement. Elle porte un bibi gris souris d’hôtesse de l’air accordé à un tailleur cintré sur des courbes sensuelles qui laissent deviner qu’elle est nue sous son uniforme. Elle est l’archétype même de l’image d’hôtesse de haute tenue. Une image que je devine savamment recherché et entretenue.
Elle sourit à Marc d’un air convenu et  s’avance vers nous.
— Je les équipe toutes les deux Monsieur ?
Il me désigne du doigt
—   Simplement Mademoiselle Isabelle, Virginie !
Sans attendre elle s’empare d’une petite mallette de cuir de sous son bureau où j’en devine une pile de semblable et nous enjoint de l’accompagner.
—   Veuillez me suivre s’il vous plait !
Virginie, puisque c’est son nom ici, s’engage dans un des deux couloirs et ouvre une des portes en nous invitant à y pénétrer d’une légère courbette.
La pièce est fortement éclairée, un magnifique lit a baldaquin de bois de rose aux draps de satin noir trône au centre de la chambre et des tentures de soierie blanche sont savamment disposées sur les murs deux immense miroirs se font face de par et d’autres de la salle nous reflétant en une suite d’images infinies. Je surprends Loreleï, toujours nue, à s’y contempler en se redressant et en cambrant les reins mettant sa croupe en valeur. Elle se veut belle et désirable ! Encore une attitude que je ne lui connaissais pas. Jusqu'à ce soir elle semblait tellement détachée de sa condition et de son corps. Elle semblait vivre sa soumission avec la désinvolture et la feinte indifférence que manifeste une adolescente confrontée à une obligation qui l’ennuie mais qu’elle veut toutefois vivre pleinement.
Virginie dépose la mallette sur une petite commode et l’entrouvre tout en expliquant.
— Vous trouverez des accessoires dans cette commode et …
—   Vous avez des menottes ? — Coupe Marc.
L’hôtesse sourit de toutes ses dents de porcelaine et ouvre le premier tiroir, nous dévoilant une série parfaitement rangées d’instruments de contrainte, de la simple corde à  des camisoles d’avant bras.
—   Bien sur Monsieur !
—   Parfait ! vous attacherez donc Mademoiselle Loreleï sur le lit entre les deux montants de tête… Et vous lui banderez les yeux !
—   Bien Monsieur !
Virginie laisse retomber le couvercle de la mallette et, sachant que l’ordre d’un maître n’attend pas, elle se dirige vers Loreleï après avoir choisi deux paires de menottes et un bandeau de velours noir dans le tiroir.
La jeune fille, qui n’a pas saisit un mot du dialogue, se voit soudain ravie d’être à nouveau le centre d’intérêt du moment. Elle répond au sourire de l’hôtesse qui lui saisit délicatement le poignet pour lui passer le bracelet de fer. Avec sur le visage une mine béate, hypnotisé par Virginie elle se laisse conduire docilement sur le lit et se retrouve rapidement agenouillée et crucifiée entre les montant du lit à baldaquin par la main douce mais assurée de l’hôtesse. Elle ne peut s’empêcher à nouveau de tourner la tête pour se contempler ainsi infiniment offerte dans les miroirs. Son sourire s’estompe vite lorsque tombe sur ses yeux le bandeau de velours noir.
Une fois la jeune fille immobilisée Virginie revient à sa mallette. Tout en lançant à Marc, en désignant Loreleï de la paume de la main tournée vers le ciel.
— Cela vous convient-il ainsi Monsieur ?
Marc hausse les sourcils et sur un ton enjoué.
—   Je n’aurais pas fait mieux !
Virginie a un sourire satisfait en se penchant de nouveau sur la mallette de cuir.
Elle en tire une sorte de couronne de métal sombre ornée de deux objets oblongs incrustés de lentilles aux reflets irisés.
—   Si Monsieur veux bien !
Marc se penche vers l’hôtesse et elle le ceint de l’étrange couronne. Quelques manipulations de serrage et d’ajustage et elle remercie mon Maître de sa patience.
Marc se redresse.
Virginie plonge à nouveau dans la boite et en sort cette fois ci un large bandeau doté de deux demi-sphères plus imposantes. Elle s’approche de moi et avec un sourire rassurant se met en devoir d’appliquer les deux sphères sur mes yeux et de les maintenir ferment en place grâce à une courroie de velcro qui me ceinture la tête ménageant toutefois mes oreilles. Ses mains fouillent mes cheveux et les coiffent de façon à dissimuler au mieux le large bandeau.
Les ténèbres m’envahissent et je ne me sens pas trop rassurée, ce n’est pas le bandeau de velours noir que porte Loreleï, que je connais, qui me conforte dans ma condition ! Je devine Virginie qui manipule d’une main experte les sphères qui prolonge mes yeux et, brusquement, deux cercles verts fluorescents m’apparaissent. Ils flottent devant mes yeux en une danse qui se stabilise peu à peu.
Virginie d’une voix douce me lance
—   Vous me dite « Ok » lorsque les deux mires se superposent parfaitement et que vous n’en voyez plus qu’une !
Les phosphènes virevoltent, se rapprochent, ralentissent leur vol improbable et s’accouplent enfin en un seule cercle brillant.
J’en avertis Virginie.
La mire unique clignote trois fois et je retrouve la vue.
Mais ce n’est pas la mienne !
Alors que je devrais voir le doux visage de Virginie face à moi je contemple deux silhouettes qui se font faces.
Virginie et … Moi !
Dans une étrange dé-corporation je me contemple moi même en un curieux décalage.
Virginie se tourne vers moi et s’approche.
—   Voilà Monsieur c’est prêt !
Avec un sourire de connivence elle poursuit.
—   Désirez vous que je reste Monsieur ? Je suis entièrement à votre disposition si vous l’exigez !
Et je perçois l’envie dans sa voix tandis qu’elle fait sauter prestement le premier bouton de son bustier dévoilant un peu plus à ma vue la promesse voluptueuse faite à Marc. Mon regard la parcourt de la tête aux pieds. Elle est magnifique de sensualité, une sensualité magnifiée par son uniforme strict. Virginie est une véritable poupée de plaisir, elle le sait, elle s’est apprêté pour et c’est le rôle qu’elle s’est choisi pour la soirée.
— Je vous remercie Virginie, ce sera certainement pour une autre fois ! Je veux rester seul avec ces deux Demoiselles.
Virginie à une petite moue contrite, contredit par un plissement d’yeux coquin.
— Bien sur Monsieur,… Comme il vous plaira et quand il vous plaira !
Je suis du regard l’aguicheuse hôtesse qui s’éloigne vers la porte à reculons et la referme sur nous précautionneusement.
Ma vision revient à moi.

Je suis prés du lit dans ma nuisette blanche, les mains grandes ouvertes, la paume dirigée vers le sol comme pour rétablir mon équilibre. Mon corps ne s’accorde pas à ma vision et le fait savoir par une sorte de vertige que je contiens difficilement. Je comprends maintenant que ma vision est celle de Marc et que par un subterfuge technologique il me convie ainsi à partager ses yeux.
Je me détends et me concentre sur mon équilibre. Je me vois ouvrir et fermer les mains plusieurs fois et finir par adopter la posture qui est pour moi un refuge et mon équilibre,  la posture qui marque ma soumission.
Derrière moi Loreleï, crucifiée, agite la tête et tend l’oreille vers nous pour tenter de percer le silence qui vient de se faire, à peine troublé par le tintement clair du grelot d’argent de son collier de novice.
Marc s’approche de moi m’entrainant à sa suite en un prolongement de moi-même, ses mains se tendent et viennent déboucler la fine ceinture de soie retenant ma nuisette qui s’entrouvre laissant apparaitre à mes yeux une poitrine haute qui se soulève rythmiquement et un ventre qui palpite et appelle à la caresse. Me voir ainsi me bouleverse, je déglutis et tente de parler mais l’émoi me submerge. Me voir au travers les yeux de mon Maitre me chavire d’émotion.
Marc repousse le tissu de mes épaules. La nuisette tombe le long de mes bras. Je libère mes mains pour la laisser se répandre au sol. Dans un même temps, d’un petit pas de danse, je déchausse mes escarpins. Je sais qu’il veut me voir entièrement nue et me faire partager son plaisir.
Il me saisit par les épaules, ses mains glissent jusqu'à la pointe de mes seins qui se raidissent sous la caresses. Je ferme les yeux un instant. C’est une chose fantastique que de sentir ses doigts rouler la pointe de mes seins et d’en être en même temps la spectatrice. Je suis à la fois l’objet et l’instrument du plaisir, le violon et l’archet. Je laisse échapper un soupir de contentement.
Marc se penche à mon oreille, ma vision se brouille de mes cheveux roux.
—   Tu vois comme tu es belle ?
Ma voix revient, balbutiante.
—   Ho Monsieur !… Merci ! … Merci pour çà !
Ses mains glissent sur mes hanches et me ceinturent la taille en une caresse lente et appuyée. Marc joue le jeu de la découverte, il me câline avec application comme si il me découvrait pour la première fois en suivant des yeux chacune de ses caresses me les faisant ainsi partager.
Tandis que sa main gauche reste appuyée sur ma hanche du plat de l’autre il vient jouer avec la peau tendue de mon ventre la caressant comme il le ferait d’un animal de compagnie, jouant avec mon nombril délicatement ourlé. Une chaleur pulse entre mes jambes et mon ventre papillonne lorsque sa main effleuré le mont de venus parfaitement épilé. A son frôlement, Instinctivement j’écarte un peu plus les jambes pour laisser libre passage à la main qui virevolte devant mes yeux. Je suis maintenant à genoux devant moi-même contemplant le fruit qui accapare bientôt toute l’attention de Mon Maître.
Ses doigts écartent délicatement les lèvres charnues encore mouillées d’émoi de la scène  du forçage de Jade. Je m’émerveille de ce jus qui coule entre ses doigts tandis qu’il s’empare du pistil gonflé de plaisir et le malaxe comme il l’a fait de la pointe de mes seins. A la caresse répond un arc électrique qui pulse à travers mon ventre et court le long de ma colonne vertébrale.
Je me cambre et ne peut retenir un gémissement.
Le grelot de Loreleï tinte doucement.
Je me retiens de fermer les yeux, fascinée par la caresse que je contemple devant mes yeux et ressent entre mes jambes au même moment. Puis soudain sans prévenir, les doigts qui s’amusaient du clitoris le délaissent et s’enfoncent d’un seul coup dans la chair humide et chaude de mon fruit offert. Leur progression est aisée et je les vois disparaitre entre mes lèvres suintantes de liqueur de plaisir.
Cette fois c’est un cri de surprise ravi, que je ne retiens pas.
Loreleï s’agite une fois de plus dans ses liens, cherchant certainement à deviner le doux tourment qui me fait ainsi chavirer.
Plusieurs fois les doigts jumelés lissent le conduit brulant en des va-et-vient vigoureux. Ma respiration s’emballe, et mon cœur s’accélère sous la caresse, mais Marc renonce malicieusement à la porter à son paroxysme.
Et sa main me quitte me laissant dépitée.
— Tourne toi !
Sa voix est douce, mais impérative. Je m’exécute en vacillant toujours peu sure de mon équilibre et dévoile à mes yeux ma croupe et mes reins encore zébrés des fines lignes roses de ma dernière flagellation. Ses mains parcourent mes fesses martyrisées en suivant parfois les lignes estompées du bout de ses doigts. Une dernière flatterie sur le haut de mon postérieur et il se redresse en se reculant d’un pas me dévoilant le plus étonnant des tableaux avec un en fond Loreleï qui s’agite, croise et décroise ses cuisses en tendant l’oreille pour, ne rien perdre de nos ébats qu’elle ne peut voir, mais ce qui, manifestement, l’excite au plus haut point. Devant elle je me vois de dos mes cheveux roux retombent sur  ma peau laiteuse, constellée de grain de beauté. Jamais je ne me suis vu ainsi, je me trouve belle et dans un reflexe puéril je cambre les reins et remonte mes mains dans le dos. J’ai l’étrange sensation indescriptible d’être ma propre poupée que je manipule par la pensée. Dans le miroir je peux embrasser la scène complète de notre trio. Marc a reculé d’encore un pas élargissant un peu plus mon champ de vision. Il a laissé tomber sa veste noire sur la commode seul meuble de la salle et commence à déboutonner sa chemise.
—   Je te veux en chienne… Sur le lit !
Il a demandé çà le plus naturellement du monde comme si il ne me viendrait pas à l’esprit de lui refuser mon humiliation. Sans me quitter des yeux il peut, je peux, me voir me pencher à tâton sur le lit et m’y avancer à quatre pattes. Grace à ma vision qui double celle de mon Maitre, il m’est facile de régler au mieux ma posture pour moi et donc pour sa satisfaction, de lui offrir le plus beau spectacle de ma soumission. Arrivée au milieu du lit tout prés de Loreleï, presque à la toucher, j’enfouie mon visage dans les draps en dressant ma croupe de la façon la plus outrancière dans ma direction. Je me cambre et j’écarte les jambes pour signifier à Mon Maitre ma parfaite disponibilité à son assaut, quel que soit le chemin qu’il prenne.
Marc se déshabille sans nous quitter des yeux, son reflet dans le miroir se superpose au notre. C’est une impression étrange d’avoir le visage enseveli sous mes cheveux, face contre terre, ce qui devrait me rendre aveugle et pourtant de pouvoir ainsi me contempler en même temps.
Marc s’approche de nouveau de mon derrière dressé. Ses deux mains se posent sur ma croupe offerte et, comme il baisse le regard sur l’objectif de son assaut, je me vois soudain dotée de l’attribu le plus fier que puisse exhiber un homme. Fascinée, je regarde le, mon, bélier de chair s’enchâsser dans ma fleur offerte et en écarter les premières pétales.
Mon esprit chavire tandis qu’il s’enfonce.  Je sens sa progression dans mon ventre et je me vois, de ses yeux, perpétrer la douce exaction. Quelle formidable expérience que de d’être à la fois l’objet et le sujet ! Mon Maitre, conscient de ce qu’il me montre reste le regard braqué sur l’effraction de façon à me montrer au mieux le spectacle que de nulle autre façon je ne pourrais voir et apprécier. Je comprends pourquoi il a choisi de m’honorer dans cette posture. Je devine que jamais je ne pourrais être au plus proche de sa sensation de me dominer.
Le bélier une fois parfaitement emmanché et disparaissant à ma vue entre mes cuisses, Marc se saisit de ma taille et s’applique à me marteler en rythme avec application. Le plaisir monte sous l’injonction combiné de la pénétration et de sa vue. Au comble de l’excitation je ne retiens plus mes râles étouffés contre les draps. La jouissance qui monte voudrait que je ferme les yeux pour me laisser submerger mais je me refuse à quitter le spectacle de mon dos et mes reins qui soubresautent sous l’assaut.
En bon cavalier Marc  ne cherche pas à épuiser sa monture. Apres plusieurs profonds va et vient il stoppe son assaut et sans se démancher me bascule d’une main autoritaire. Je roule sur le coté, arrêtée par les cuisses de Loreleï qui s’appuient sur mon flanc, un de ses genoux calé contre mon aine. Marc reprend son assaut mais cette fois, sur le dos, je me contemple de face. Je ramène mes mains sur mon visage, sur mes yeux aveuglés par les étranges lunettes. En croisant le bras sur mon visage Je me vois ainsi dégager ma poitrine pour en faire le plus doux des appels à Mon Maître qui ne se fait pas prier. Il se saisit à deux mains des hémisphères jumeaux fièrement dressés et les mains en coupe il les masse langoureusement en en saisissant les pointes saillantes entre ses pouces et index.  Je m’émerveille de me voir, par ses yeux, lutinée de la plus galante des façons.
Loreleï s’agite de plus en plus, elle veut savoir qui se passe sous ses yeux bandés juste contre ses cuisses, surtout lorsque Marc redouble d’effort à parfaire sa place dans mon ventre en se couchant sur moi et m’arracher, sous la combinaison de ses caresses, de ses baisers et de sa pénétration, des petit cris énamourés.
La chevauché s’accélère et ma vison se fait chaotique mon corps nu danse devant mes yeux et celui de Loreleï virevolte à l’unisson. Parfois  mon visage  parait se télescoper à moi lorsque mon Maitre pour me posséder au plus profond se penche sur mon épaule brouillant ma vision de l’enchevêtrement roux de mes cheveux qui s’étalent sur le lit en une auréole flamboyante sur le noir du satin.
Haletante sous les coups de boutoirs répétés je parviens à ahaner.
— Loo… Loreleï, Maître !
Marc arrête immédiatement son entreprise et sa tête se colle à mon épaule. Il tend l’oreille à l’étrange désir qui me vient.
Haletante je continue.
—   Loreleï Monsieur … Prenez là !... De… Dominez là ! s’il vous plait !
Marc reprend son souffle et se penche à mon oreille et lance laconique.
— Pourquoi ?
Je sais qu’il a compris l’envie qui vient de me traverser l’esprit mais qu’il veut me l’entendre lui dire.
—   Je… Je veux savoir !
—   Tu le veux comment ?
Troublée je me méprends sur sa question. Mais refugiée derrière mes bras et derrière sa vision je m’entends lancer au comble de l’excitation.
—   Fort ! Dominez là fort !… Faites-lui mal ! Punissez là ! Violez-la !
Marc garde le silence. Je redoute un instant d’avoir été trop féroce dans ma supplique. Je me mords les lèvres, je veux tempérer mes propos lorsqu’il reprend
—   Tu veux çà pour ton plaisir ou pour le mien ?
Je biaise pour adoucir ma demande
—   Je veux savoir ce que cela fait !...
Apres tout en dehors des limites que j’ai franchies dans ma requête, il m’a donné par cette expérience une opportunité de jouissance inconnue que je compte bien saisir.

Marc se désengage de mon fourreau brulant, lentement, comme à regret. Il se redresse et de nouveau je me contemple, vaincue, les jambes écartée comme prête à subir un nouvel assaut du pieu fièrement dressé qui oscille devant mes yeux  Son regard se porte sur Loreleï. Je sais qu’elle va maintenant être l’objet de toute son attention à cause de moi. Penaude je me redresse sur les coudes et me recroqueville sur le coté du lit pour laisser le champ libre à Mon Maitre mais aussi pour m’isoler et me concentrer sur sa vision. Je commence déjà à m’habituer à cette métempsycose électronique. Mon corps s’estompe pour que mon esprit s’intègre entièrement à la vision de Marc. Déjà, je ne ressens plus ce tangage, cette dualité entre ma vue et mon corps Je ne serais bientôt plus que ses yeux et c’est à travers lui que je vais humilier Loreleï.

Marc s’approche de Loreleï et d’un geste sec lui arrache son bandeau. Ses longs cheveux blancs volent et lui barre le visage. Elle cligne des yeux sous la violence de la lumière retrouvée. Marc ne lui laisse pas le temps de retrouver ses esprits, de la main gauche il la saisit par le menton en lui appuyant de par et d’autre de la bouche du pouce et de l’index la forçant à l’entrouvrir. Ses grands yeux de lapis s’exorbitent lorsque d’un même mouvement il force les lèvres de  l’index et du majeur la contraignant  à les avaler jusqu’à la garde. Une grimace de dégout et un haut le cœur la secoue m’indiquant que les doigts fouillent au plus profond de sa gorge.
Je vois ses yeux s’écarquiller d’incompréhension devant la violence de l’assaut. N’a-t-elle pas été exemplaire dans sa soumission ? Elle ne peut deviner que  c’est à mon désir qu’elle doit d’être ainsi tyrannisée. Douillettement pelotonnée sur le lit je vais assister en spectatrice privilégiée à sa profanation au travers des yeux de son tourmenteur, persécutrice par procuration.
Apres trois va-et-vient de ses doigts dans sa bouche lui provocant autant de haut le cœur et lui tirant de grosses larmes qui roulent sur ses joues Marc la lâche soudainement pour aller déverrouiller les menottes qui la tenaient les bras en croix. Une fois fait, sans s’embarrasser de ses gémissements de protestation il la saisit par les cheveux, la traine au bord du lit opposé au mien et la force rudement à se mettre à genoux en lui appuyant fermement sur les épaules.
Lorelei est maintenant à mes genoux, larmoyante et pourtant je crois saisir une lueur de gratitude dans ses yeux et un aplomb narquois au travers d’un demi-sourire quand elle lève la tête vers moi en une posture d’acceptation. Sa bouche s’entrouvre devant le gland poli encore glacé de ma liqueur de cyprine et si colle en un baiser dévot. Mais Marc, tenant sa promesse à me envies, ne lui laisse pas la main et veut asseoir son, mon, autorité. Une fois encore il se précipite entre ses lèvres les forçant outrageusement et, sourd à ses protestations étouffées, s’enfonce sans à coup en un irrésistible glissement. Surprise de l’âpreté de l’assaut alors qu’elle tentait d’amadouer son agresseur, Loreleï cherche à se dégager mais son dos heurte le flanc du lit où elle est acculée et deux mains lui saisissent la tête par les oreilles. Marc ne veut pas lui laisser l’initiative et il s’enfonce d’un coup, comme il la fait avec ses doigts. La jeune fille se voit accepter l’intromission complète, au plus profond de sa gorge, et son front vient buter contre le bas ventre de son assaillant, la bouche bâillonnée aussi surement qu’avec une poire d’angoisse.  Une fois, puis deux, puis six fois le pieu de chair va se désengager presque totalement de sa bouche marquant un temps d’arrêt sur le bord de ses lèvres pour de nouveau se précipiter sans ménagement au fond de sa gorge lui arrachant à chaque passage une plainte étouffée qu’elle tente de maitriser en broyant de ses mains crispées les draps du bord du lit.
Le bélier n’interrompt son pilonnage que lorsque, vaincue, la jeune fille cesse de gémir et comprends qu’il lui faut subir sans regimber l’outrancière fellation.
Loreleï cesse de s’agiter. Ses mains se détendent, bientôt seules les larmes, qui jaillissent de ses yeux fermés et roulent sur ses joues gonflées, dénoncent sa contrition. Alors lentement le piston sort de son fourreau et achève sa course totalement à découvert, le gland appuyé contre ses lèvres à demi entrouvertes d’où s’exhale son souffle saccadé.
Profitant de l’accalmie pour reprendre sa respiration, elle entrouvre les yeux et me fixe dévotement. Vaincue et comprenant ce qu’on attend d’elle. Elle se saisit de la verge par la hampe d’une main délicate et entreprend un polissage consciencieux du gland tendu entre ses lèvres d’où pointe de temps autre une petite langue rose qui s’active avec zèle.
A mon grand plaisir Marc la laisse minauder de la plus belle des façons quelques instants. Toute à mon spectacle, je glisse ma main entre mes jambes à la recherche du bourgeon turgescent d’où pulse une urgente injonction à la caresse. Je me glisse en moi et entreprend de me polir à l’unisson de la langue de Loreleï sur la verge de mon Maître qui se synchronise à ma vision en une insolite superposition. Mes doigts sont sa langue et la voir s’activer me procure autant de plaisir que mes cajoleries intimes. Oubliant la rudesse de l’assaut et une fois le déchainement passé, Loreleï cherche obscurément à séduire et à tirer du plaisir de sa posture. Son regard brille d’excitation et, maintenant, sourit aux anges tandis qu’elle lape dévotement le gland qui l’a si rudement outragée.

C’est sans compter sur l’impatience de Marc qui lassé de son jeu ou désirant me montrer d’autre paysages, se saisit du poignet de la jeune fille et l’oblige abandonnant sa tâche, à se relever et à pivoter. D’une poussée, il la propulse sur le lit où elle bascule à quatre pattes, comme il l’avait fait pour moi. Contrariant mes envies de la voir soumise de mon fait et sous mes yeux, Loreleï comprend avec vivacité ce que désire son assaillant. La voici que, loin de se cabrer et de se dérober, elle plonge son visage contre mon flanc en écartant les jambes et avec une impudeur qui me stupéfie, porte ses deux mains fines dans son dos pour en écarter les fesses et dévoiler ainsi, outrancièrement, la rosette de ses reins seule passage que peut employer son Maître, l’autre étant clos par l’anneau d’or qui scelle sa virginité. Elle y met tant d’empressement que ses deux majeurs réunis distendent la porte à presque y pénétrer tandis que de sa bouche, cachée de ses longs cheveux de lin blond qui contrastes durement avec les draps de satin noir s’exhalent de petits jappements étouffés
—   Ho ja ! … Ja…  Meester…Zo !  Hier!… Snel, snel !…
L’invite est on ne peut plus claire !
Comme je l’ai été, Loreleï est préparée par les mains expertes de Laure à ce type d’assaut. Mais je ne peux que rester stupéfaite de l’empressement presque hystérique de la femme-fleur à se faire saillir de la sorte. Je ne reconnais plus la frêle jeune fille, réservée, qui suppliait et demandait de la clémence de la part de Marc alors qu’il s’apprêtait à la forcer de la même façon. Et la voilà maintenant qu’elle quémande son plaisir sous mes yeux avec une lubricité qui me fait douter de mon entreprise d’humiliation.
Il est difficile de résister à une telle sollicitation et Marc est bien décidé à y répondre sans tarder. Sa main disparait de ma vue en allant chercher de la salive qui lui sert immédiatement à lubrifier la porte qu’il va enfoncer. Loreleï gémit de plus belle lorsque les doigts mouillés qui ont forcé sa bouche s’introduisent et distendent la tendre rosette. Loin d’enlever ses mains elle s’écarte avec vigueur comme pour aider encore à la préparation de son propre outrage. Enfoncés à mi- longueur les doigts joints entament alors une série de rotations tout en continuant à s’enfoncer lentement pour en assouplir le passage. Les gémissements de la jeune fille se transforment en un long hululement étouffé, ponctué d’approbations néerlandaises.
Je pose la main sur sa nuque pour la cajoler, tenter de la calmer, quand je constate que son assaillant décide cette fois de consacrer de son bélier le passage qu’il vient de préparer. L’attaque est rapide et assurée. A peine le gland poli se pose contre la rosace qu’elle se distend et cède instantanément sous la pression  happant goulument, jusqu’à demi-garde, son pourfendeur. La réaction de Loreleï est foudroyante, échappant à mon emprise, elle relève la tête en hurlant et tente en se relevant sur ses bras de se soustraire à l’étreinte. Mais Marc prévenant la dérobade la saisit par les hanches et profitant de son mouvement de désarroi, qui a l’effet contraire voulu par sa victime, facilite son entreprise et s’enfonce totalement entre ses reins. Un nouveau hurlement de la jeune fille forcée ponctue sa victoire.
Je jubile intérieurement. Elle qui voulait que cela soit rapide ! Elle ne s’attendait visiblement pas à un assaut d’une telle violence. Violence qu’elle me doit en grande partie.
Ses hurlements n’émeuvent pas Marc qui entame sans tarder un profond mouvement de va-et-vient entre les fesses de l’impatiente. Sous mes yeux elle n’est plus qu’une croupe rebondie à la taille fine ceinturée par les mains lui imprimant le rythme du piston qui la fend par le milieu. Tendue sur ses bras Lorelei bat l’air de ses cheveux qui viennent fouetter mon flanc et ma poitrine et vaincue finie par se laisser retomber la bouche grande ouverte sur un dernier cri contre mon ventre qu’elle se met en devoir de suçoter en un baiser vibrant de ses gémissements. Je crains un instant que sous l’effet de douleur ou de la jouissance elle ne me morde  à pleine dent mais elle se contente, à chaque coup de boutoir, d’étouffer ses cris stridents contre ma peau. Vibrations qui vont crescendo au fur et à mesure que son cavalier augmente le rythme de ses coups de boutoir et que  ses cris finissent par un long mugissement de plaisir. Mugissement qui se termine par un gargouillement énamouré lorsque le couple se tétanise à l’unisson jouissant l’un dans l’autre, l’un par l’autre.

Ma vision chavire lorsque le couple bascule sur le côté.  En s’étalant les bras en croix, Mon Maître encore fiché en elle, Loreleï émet un râle de plaisir et d’épuisement suivi d’un profond soupir de contentement. L’orgasme qui vient de la balayer la laisse poupée de chiffon sans force. Marc la repousse doucement pour s’approcher de moi la laissant, la bouche et les yeux grands ouverts, extatique, à compter les anges au plafond.

Chap. 71. L’indiscrète.

31 mai 2020

Chap. 68. La Chambre des Échos.

Je porte mon verre aux lèvres en goûtant le singulier nectar tout en observant les contorsions jugulées de  l’hôtesse. Attiré par ses gémissements et intrigué par mes manipulations un petit groupe s’approche de la fontaine des délices et tout en commentant à haute voix ponctuée de rire chacun appuie à tour de rôle sur le buzzer faisant couler à flot le champagne sur le corps qui n’en finit plus de se tordre voluptueusement au rythme des demandes.
Je fais un pas en arrière pour laisser libre l’accès à l’obscène distributeur à d’autres groupes qui déjà se massent autour de l’attraction en me bousculant. Les rires entendus redoublent à chaque grésillement électrique couvrant les gémissements des deux hôtesses qui sont maintenant sollicitées au-delà de leurs désirs.
Un autre pas en arrière et je me heurte à Loreleï. J’accroche son regard bleu de lapis qui contraste violemment avec le pourpre de ses joues. Je m’étonne de son trouble, de la timidité ? L’embarras est évident certes ! Ou bien serait ce plutôt de l’excitation ? Je lui souris, lui prend la main qu’elle collait devant sont ventre nu en un geste instinctif de pudeur et je l'entraîne à la suite de Marc qui gagne d’un pas nonchalant l’autre bout du buffet, plus calme.

Marc avait raison lorsqu’il parlait d’une sorte de kermesse à propos de cette soirée. Et je ne peux m’empêcher de penser que ce n’est que le début, que je viens d’essayer le premier stand. Je reporte mon attention sur la table du buffet. Toutes sortes de victuailles y sont laissées au libre choix des convives. Mes doigts butinent sur les canapés de saumon et autres verrines de caviar pailleté d’or sur leur lit de glaces et plateaux d’argent, mais je n’ai pas très faim. Mes mains survolent les mets plus raffiné les un que les autres et s’arrêtent sur les coupes de porcelaines proposées par les hôtesses au cocktail d’accueil. Ce sont de véritables petites œuvres d’art , de petits cratères richement décorés de hauts reliefs de dragons pour celles qui gardent des pilules bleues et de nymphes d’albâtre lascives qui se caressent intimement pour celles qui accueillent des pilules blanches. Curieuse, je tends la main vers celle qui me semble destinée, Marc me saisie le poignet et a un petit claquement de langue.
— Ce ne sont pas des bonbons tu sais et…Tu n’auras pas besoin de çà !
Il me désigne Loreleï d’un coup de menton.
— Pour ta Loreleï si tu veux !
Il a un sourire de connivence.
— Ça la détendra et la rendra plus… Réceptive !
C’est vrai que Loreleï me semble de plus en plus crispée ! Surtout depuis qu’elle est nue et est devenue le point d’attraction des regards concupiscents de tous les hommes qui passent prés de nous. Je le serai a moins, si au début de ma soumission, j'avais été mise dans cette situation.
Je me saisis de l’occasion pour accomplir mon premier geste d’autorité sur celle qui sera bientôt ma soumise. Je pioche une dragée blanche et la présente devant les lèvres de la jeune fille. Apeurée mais sans oser bouger la tête elle lance un regard interrogateur à Marc comme si elle cherchait son consentement. Je n’attends pas sa réponse et de mon pouce gauche, que je pose sur sa lèvre inférieure, je lui intime d’ouvrir la bouche. Passivement elle s’exécute et, comprenant mon intention, sort même un petit bout de langue rose sur laquelle je dépose l’amande nacrée. Pour lui faciliter la déglutition de la dragée,  je lui propose mon verre de champagne épicé de la liqueur de l’hôtesse. Elle a un premier geste de recul vite jugulé et s’empare du verre qu’elle vide d’un trait en fermant les yeux. Son visage se détourne en fixant le sol obstinément comme une gamine prise en faute, comme si elle venait d’accomplir un acte défendu.
Je lui prends le verre de sa main et le repose sur la table, Marc me tend le sien encore à moitié plein. Je m’en empare poliment, sachant que je ne le boirais pas.

Autour de nous la salle du banquet se vide peu à peu. Par groupe ou en couple les convives s’éclipsent gagnant les portes du niveau et escaliers qui montent aux étages. Le silence se fait et laisse place à une musique de fond, du piano, je reconnais le Clair de Lune de Debussy, qui remplit discrètement l’espace. Marc s’attarde un peu autour du buffet, grignotant de-ci de-là, nonchalamment, puis finit par me lancer sans nous regarder.
— On va faire le tour du propriétaire ?
Et sans attendre de réponse il se dirige vers un imposant escalier de bois ciré qui flanque le mur le plus éloigné. Je pose le verre précipitamment et m’empare de la main de Loreleï l'entraînant à la suite de notre Maître, soulagée qu’il prenne l’initiative de la visite. En passant j’ai un dernier regard pour le distributeur dont les deux hôtesses sont totalement alanguies, épuisées d’avoir été trop sollicitées, sonnées de plaisir.

Franchit le seuil de l’étage, il ne nous faut pas aller très loin pour rencontrer à l’entrée d’un couloir une autre manifestation des intentions de la soirée.  Loreleï se fige devant une porte entrouverte comme un chien à l’arrêt qui vient de fixer un gibier.  Je fais un pas en arrière pour récupérer sa main que j’ai lâchée, surprise par son arrêt brusque. Je m’enquière des raisons de sa pétrification et jette un œil par la porte.
Au beau milieu de la pièce, qui semble avoir été aménagée pour cet unique usage, une femme nue est fermement enchâssée dans un  pilori de chêne noir patiné par l’usage.  Le carcan qui emprisonne sa tête et ses poignets prolonge, comme le ferai une tête de lit, un divan de cuir sur lequel elle est a genou, cambrée, présentant sa croupe au tout venant. Deux sortes d’antennes flexibles fixées sur le montant du carcan se courbent vers le visage de la prisonnières.
Une autre femme, entièrement vêtue de cuir noir et aux cheveux mauve à la coupe stricte et que j’identifie immédiatement comme une Maîtresse, est penchée amicalement sur son visage et lui caresse ses cheveux blonds cendrés  en lui murmurant à l’oreille des mots d’encouragement tandis qu’un homme, une main posé sur sa croupe et un verre dans l’autre, pénètre puissamment la pénitente, lui imposant un assaut lent mais vigoureux.
Autour  du trio en action, une autre femme nue également, une jolie petite poupée adorablement potelée au teint de porcelaine et aux cheveux bruns et soyeux, un mince collier de soumission noir, est maintenue,  les bras dans le dos, par deux hommes en costumes, observent la scène.
N’y tenant plus, l’un d’eux tombe la veste, s’approche du couple en action et commence à déboucler sa ceinture pour entrouvrir son pantalon. Il est facile de deviner qu’il sera le prochain à honorer la captive.
Le ton de la femme de cuir est des plus doux et pourtant les obscénités qu’elle profère maintenant à haute voix pour en faire profiter la cantonade créent un contraste des plus étranges.
— Elle aime bien çà ma petite salope !… N’est pas que tu aimes ? Tu aimes te faire enfiler comme la dernière des chiennes…Et  ce n’est que le début. Tout le monde va profiter de ton accueil ce soir…
Ce disant elle sourit aux deux hommes qui les contemplent, les prenant à témoins et continue.
— Tu aimes ? Dis-moi que tu aimes !
La captive se voit contrainte de relever la tête. Elle est rouge de honte, ou de plaisir, et balbutie en reniflant.
— Oui, Madame… Oui, j’aime çà !
Un coup de boutoir  plus appuyé que les autres lui fait glapir la fin de sa phrase. Et pour parfaire son humiliation sa maîtresse lui lance.
— Et te faire défoncer le cul tu aimerais ?
La soumise s’étrangle en baissant la tête.
—Oh, non !
Puis elle se ravise, devinant qu’elle n’est pas en position de refuser quoique ce soit à sa tourmenteuse
— Oui madame ! Mais… Doucement s’il vous plaît, Madame !
Madame s’esclaffe gentiment et lui flattant le coté du visage du dos de la main.
— Allons, allons,…Tu va aimer !
Et s’adressant au cavalier de sa soumise sur un ton impérieux.
— Tu y vas ? Je veux l’entendre gueuler de plaisir !
La femme de cuir se lève alors et se dirige vers une sorte de pupitre, une table de mixage digne d’un studio professionnel.
Je me tourne vers Loreleï qui semble comme hypnotisée par la scène. Je lui prends la main et il faut presque que je me fasse violence pour l’arracher à sa contemplation  et la tirer à ma suite vers le coude du couloir où a disparu Marc. Loreleï me suit comme à regret.

Tirant Loreleï derrière moi, je tente de rattraper Marc. Mais le couloir est désert. J’avise une porte entrouverte tout au fond du corridor. Je m’y dirige en pressant le pas. La musique d’ambiance est soudain couverte par un cri strident. Instinctivement, je me retourne vers la pièce que nous venons de passer, cherchant à deviner d’où vient la plainte effarouchée, lorsque je comprends que c’est la sono même qui en est la source. La complainte qui couvre la musique  est diffusée dans tout le bâtiment. Et je devine qu’ainsi ce sont tous les invités qui sont maintenant les témoins auditifs de l’assaut subit par la suppliciée que nous venons de quitter. Et il semble bien à l’écoute de la plainte déchirante que l’homme vient d’engager la promesse de la maîtresse.
La main de Loreleï se serre un peu plus fort dans la mienne. Je presse le pas et, arrivée au fond du couloir, je me précipite sur la porte entrebâillée  et l’ouvre en grand. Nous débouchons dans une autre salle en rotonde bardée de portes identiques.
Nous surgissons de l’une d’elle.
— Tiens ! Nous avons la visite de nos deux gourdes !

Chap. 69. La Terreur de Loreleï

 

 

23 avril 2020

Chap. 67. La Fontaine des Délices.

D’un regard circulaire je décompte les silhouettes nues qui viennent de se départir de leurs nuisettes. Toutes les soumise ne se déshabillent pas. Je reviens à Marc et l’interroge du regard attendant qu’il exige de moi de me mettre à nu également. Mais il a un petit non de la tête et s’approche de moi. Il me saisit par l’épaule, m’éloigne du groupe et de Loreleï statufiée. Tout en m’amenant, il se penche à mon oreille et murmure juste ce qu’il faut pour couvrir le brouhaha de la foule qui vient brusquement de s’animer.
— Isabelle, tu veilleras qu’elle reste ainsi toute la soirée !
— Oui, Monsieur !
Une fois nous avoir éloigné suffisamment il se place face à moi et comme si le monde n’existait plus autour de nous il colle son front contre le mien.
— Isabelle … Tu veux avoir Loreleï comme soumise ?
Je fronce les sourcils
— Mais je… Oui… Si c’est votre souhait !
Marc se pince les lèvres et prend un air agacé.
— Non, non… Si c’est TON souhait !
—Je ne sais pas si je saurai Monsieur !
— Bien sûr que tu sauras ! Et il faut commencer maintenant… Ce soir !
Il jette un œil par-dessus mon épaule en direction de Kristale.
— Kristale a commencé à placer ses pions pour le procès. Elle vient de marquer un point en proposant la virginité de Loreleï à Issa. Elle va tout faire pour mettre dans sa poche les protagonistes du tribunal…
Il me fixe droits dans les yeux.
—… J’ai bien dis tout !
Il marque un temps d’arrêt
—Et toi ?… Tu es prête à quoi pour garder Loreleï et me garder moi puisque c’est aussi ta soumission qui est en jeu ?
Je soutiens son regard et n’hésite pas un instant.
— A tout monsieur !… Moi aussi je suis prête à tout ! Pour rester avec vous.
Je n’ajoute pas que devenir la maitresse de Lorelei me titille de plus en plus.
— Bien, Alors c’est simple ! Pour commencer tu diras à qui veut l’entendre que si je gagne le procès je mettrais la virginité de Lorelei aux enchères  dans la soirée.
Je lève les yeux vers lui et interdite demande à voix aussi basse que je le peux.
— Vous … Vous ferez çà !
Il a une petite moue agacée et lève brièvement les yeux au ciel
— J’ai dit que tu feras courir le bruit… A qui veut bien l’entendre !... Je vais faire de même de mon côté.
Il écarquille les yeux en me regardant fixement, attendant que je manifeste ma compréhension du jeu qu’il entend me faire jouer.
— Oui, Monsieur… J’ai compris !... Mais Monsieur, ce procès… Il ne sera pas équitable dites moi ? Ce ne sera pas un vrai si on peut influencer les parties !
Marc a un large sourire de commisération.
— Isabelle… Tu es de l’autre côté du miroir ! Et ici plus qu’ailleurs, les règles que tu connais dans le monde vanille ne s’appliquent pas. Tout est faussé. A commencer par les lois et ceux qui les administrent… Et ceci dans un seul but d’ailleurs, pour ton…
Une clochette de bronze interrompt Marc et demande le silence de la salle. Le son strident vient d’un angle de la salle où est monté sur une estrade un homme en complet gris à la coupe impeccable, la mâchoire anguleuse le regard perçant et les cheveux argentés coupés en brosse, Il émane de lui une autorité à peine tempéré par un demi sourire.
Il commence par se présenter d’une voix posée au rythme calme.
C’est le maître des lieux et de la soirée, le commandeur de l’assemblée. Après nous avoir souhaité la bienvenue il se lance dans une description des lieux, des festivités et des salles mises à disposition des convives. Je me laisse bercer par sa voix suave et mon regard vagabonde sur les invités autour de moi.
Nous somme assez loin de l’orateur et presque tout le monde nous tourne le dos. Parmi les costumes, les robe de soirée et les tuniques des soumises, des silhouettes nues, des femmes mais aussi quelques garçons,  créent une étrange atmosphère de rigueur et de libertinage. Je cherche Laure qui a disparue depuis notre départ de La Galinière et que je sais dans l’assemblée, en vain. Stéphanie, reconnaissable à sa longue chevelure blonde qui lui tombe sur les reins est à trois rangs devant moi. Je souris, elle fait partie de celles et ceux qui sont nus, cela ne m’étonne pas vraiment.  Je cherche à deviner des maîtres à ses côtés sans y parvenir. Tout le monde semble disposé au hasard sans liens, seules quelques mains qui enlacent les tailles ou se promènent sur les croupes dénudées signalent les couples.
A la limite de mon champ visuel, je perçois un visage qui pivote brièvement vers moi. Instinctivement, je me tourne vers lui, mais il a déjà repris sa posture d’intérêt poli en regardant droit devant lui. Je reconnais la femme de la cave qui m’a fixé obstinément lors de mon départ. De longs cheveux noirs de jais qui contrastent durement avec la tunique ivoire qu’elle a gardée, le teint mat elle me présente un profil de médaille au nez droit, aux lèvres gourmandes légèrement entrouvertes. Je devine le collier de cuir autour de son cou, même si son port altier siérait mieux à une maîtresse. Comme moi, elle a dû se sentir observée car elle se tourne à demi et ses yeux verts émeraude me transpercent littéralement d’un regard hypnotique. Sciemment elle me lance un « Bonjour toi ! » d’un simple plissement du coin de l’œil. Mon cœur fait un bon et une onde brulante me parcours. Gênée je détourne le regard vers l’orateur tout en observant le visage de la belle inconnue à la dérobée. Sans attendre, Elle reprend son observation attentive du maitre de cérémonie.
Celui-ci continue à égrenés les règles de la soirée et je m’aperçois, qu’à la contemplation rêveuse de la belle inconnue, j’en ai manqué la plupart… Je retiens seulement l’avertissement renouvelé des périls qu’ils y auraient, soumises ou pas, à  sortir de la maison et de franchir le périmètre du parc où rodent la totalité des « maraudeurs ». Son discours se termine par un simple souhait de bonne soirée et une invitation à se restaurer pour ceux qui ont fait un long trajet.
Des applaudissements et le brouhaha reprend ses droits, déjà la foule commence à se disperser lentement. La plupart se dirigent vers la grande porte à double battants qui viennent de pivoter sous la pression de deux ravissantes hôtesses à demi-nues et mène au buffet.
Nous nous engageons vers la grande table qui accueille un impressionnant  buffet lorsque je tombe en arrêt devant un dispositif qui me laisse interdite.

Au beau milieu de la longue table. Deux femmes entièrement nue, les yeux bandés de velours noirs sont sanglées sur des chevalets de chrome et de cuir. Au dessus de leur poitrine juste entre leurs seins dont les mamelons sont encapuchonné de petites demi-sphères de métal chromé, sont suspendus deux paniers qui maintiennent chacune, tête en bas, une énorme bouteille de champagne. Je m’approche d’un pas pour en voir un peu plus de l’étrange machinerie.
Entre les jambes largement écartées des suppliciées, surmonté d’une sorte d’entonnoirs qui s’appuie sur leur ventre juste sous le nombril s’enfoncent un large tube métal évidé qui semble être un robinet parfaitement enchâssée entre les lèvres de leurs vulves absolument glabre.
Marc s’approche et se saisit d’une coupe sur une des pyramides de verres installées de part et d’autre de l’étrange dispositif.
Il l’approche du robinet de métal et dans un même mouvement appuie sur une sorte de buzzer sur la table.
Immédiatement, à son geste, la jeune femme gémit et se contorsionne dans ses liens de cuir. Un petit bruit crépitant m’indique qu’un courant électrique lui parcours le corps de la pointe de ses mamelons pincés de fer juste au fond de son vagin enchâssé de métal. Une vanne électromécanique libère une mesure de liquide glacé de la bouteille qui s’écoule entre ses seins et dévale la pente de son ventre en tourbillonnant sur son nombril avant de s’engouffrer dans l’entonnoir de l’étrange olisbos qui après avoir en partie refluée au fond de son vagin maintenu ouvert s’écoule dans le verre que tend Mon maître et le remplie au trois-quarts.
Je reste confondue par l’ingéniosité de cette singulière fontaine. L’hôtesse reprends son souffle et malgré ses tressaillement contenus par les liens  seuls quelques suintements pétillants de champagne se sont échappés du chemin établi et ruissellent sur ses flanc .
Marc me propose le verre de champagne épicé de la liqueur de plaisir de l’insolite hôtesse de bar.
Je comprend soudain le discours de Marc sur cette soirée sans règle autres que celles du plaisir. Et il semble bien que ce soir, tout va être mis en œuvre pour satisfaire la fantasmagorie ambiante et qu’il ne tient qu’à moi de jouer le jeu et d’en profiter au mieux en en faisant profiter celles qui partagent ce jeu. Contemplant le corps offert qui vient juste de vibrer de plaisir à servir et dédaignant le verre que Marc me propose, je m’empare d’une coupe vide de l’étalage et la présentant à la fontaine des délices ma main se tend vers le buzzer.

Chap. 68. La Chambre des Echos.

 

 

2 juin 2019

Chap. 65. Le Roi des Ombres

Nous voici rendu à mi-chemin de ce carnet. Il est bon, je pense, au regard des commentaires et des courriers reçus que je mette certaines choses au clair. Ceux qui me suivent depuis  savent que les épisodes que je m’apprête à vous narrez ont pu, à l’époque, poser problème .Cette opposition, j’y ai fait allusion il y a six ans dans « Le Maître des Lieux ». Il a fallu montrer patte blanche et mes bonnes dispositions auprès des membres de l’Assemblée hostiles à mes écrits et il a fallu mener d’âpres négociations pour que je puisse raconter l’Assemblée de Fer (Ces négociations, un peu spéciales, ont duré cinq ans et ont été soigneusement consignées dans un des carnets. Ils feront peut-être un jour l’objet d’une parution).
Au fil du récit, d’intime, mes carnets sont devenus suffisamment fréquentés et lus pour que tout en restant discrets, ils ne le soient plus. 10200 lecteurs réguliers de tous les continents et mes pages parcouru plus de 740000 fois… On ne peut plus réellement parler d’intimité ! 
Quoiqu’il en soit je me suis tenue et promise, eu égard à la qualité des membres de l’Assemblée et de leur désir de discrétion, à la déformation et au vernis romanesque. Un contrat de discrétion qui me permet justement de faire paraître cette facette de mon histoire. Aussi cette suite pourra vous paraître irréelle, car effectivement elle l’est déjà dans la réalité. Il faut comprendre que les plus belles choses et les plus abouties dans l’univers où je navigue ne sont pas forcément étalées sur internet et les réseaux sociaux et que même un luxe inouï de précautions sont prises pour qu’elles n’y figurent pas. C’est ma façon de romancer ces faits et situations qui me permettent de vous les présenter ici. Je me suis évertuer à appliquer ce vernis romanesque de façon plus ou moins opaque, mais il reste transparent à certains endroits pour ne pas pervertir mon histoire. Il y a donc plusieurs niveaux de lectures et chaque niveau apportera  son lot de plaisir, du moins,  je l’espère !

 

Loreleï n’a pas repris son jeu électronique, comme moi elle scrute maintenant attentivement le chemin qui s’éclaircit devant nous A tâtons elle cherche ma main et quand elle l’a trouve la serre convulsivement. Le franchissement du portail a été comme un signal, elle sait que nous entrons sur des territoires inconnus et peut être redoutables.
A la sortie de la forêt notre berline s’engage lentement sur une large place gravillonnée. Au centre de ce qui me semble être une immense clairière, une imposante bâtisse se dresse devant nous. Toute en pierre de taille beige aux toits d’ardoises bleue. Les fenêtres à meneaux sont richement fleuries, pimpante  elle a l’air accueillante. De nombreuses voitures sont sagement garées de part et d’autre de l’entrée. Je remarque la Ducati de Laure qui ferme la file, la seule moto.
Deux hommes élégamment habillés de costumes sombres, aux visages aimables, s’avancent vers nous et nous désigne un emplacement libre. Marc si enchâsse et nous nous extrayons de la voiture  d’un seul et même élan. Loreleï, qui n’a pas voulu, me lâcher la main est descendue du même côté que moi.
Les deux hommes nous encadrent.
Le plus souriant qui semble nous reconnaître  a une légère révérence de bienvenue
— Bonsoir et bienvenu Maître Marc, Madame Kristale et… Mesdemoiselles ! Je vous prie de bien vouloir déposer vos affaires dans le coffre, … téléphone, appareil photo, et tout autre moyen d’enregistrement
Et se disant ouvre la malle arrière de la voiture. Marc se penche pour y déposer son messager et Kristale s’exécute également en agitant les mains paumes ouvertes, signalant qu’elle n’a que son portable et traduit à Loreleï la demande de l’homme. A contre cœur la jeune fille s’exécute à son tour et dépose son précieux doudou dans le coffre. L’homme me regarde en souriant, son regard est droit et amicale mais je sens l’impératif de sa demande. Bien malgré moi je pique un fard, et comme Kristale, lâchant la main de Loreleï j’agite les mains lui signifiant que je n’ai rien de tout cela sur moi.
Satisfait, l’homme tend la main vers Marc qui y dépose les clés de la voiture.
Une nouvelle courbette et il désigne l’entrée de la maison.
— On vous attend… Bonne soirée !
Nous longeons la file de voiture et gagnons le perron de trois marches qui mène a l’entrée centrale, un portail de fer semblable a celui de la forêt mais vitrée de verre teinté. Juste avant de le franchir je me retourne et aperçois le coupé blanc qui nous suivait s’engager dans la cour.
Les deux hommes en noir s’avancent vers elle.

L’entrée est somptueusement chapeautée par un grand lustre de cristal. Au fond de la salle  une lourde porte de chêne noire, entrouverte, encadré de deux escaliers de pierre qui montent à l’étage d’où diffusent des bruits d’une foule en conversation. Une table est disposée au pied d’un des escaliers. Elle est chargée de verres tulipes retournés et un large seau à champagne où rafraîchissent trois bouteilles. Une femme élégamment vêtue d’un tailleur strict  est penchée sur un registre qu’elle annote consciencieusement. Nous apercevant,  un homme au visage d’oiseau de proie s’avance vers nous, vite rejoins par la femme qui nous lance avec révérence.
— Bonsoir, Nous sommes les Gardiens ! Désolée du désagrément mais nous devons nous assurez que vous n’avez pas, par inadvertance,  omis de nous confier vos portable ou appareils photographiques !
Et sans même attendre de réponse la femme s’agenouille devant Marc et commence e lui palper les chevilles et remonte en frôlant les mollets, les jambes. L’homme fait de même avec Kristale.
Marc m’adresse un clin d’œil de connivence, il n’a pas vraiment l’air de trouver cela désagréable. Il m’avait prévenu qu’il faudrait montrer patte blanche  et que l’on redoublera de précaution pour s’assurer que de cette assemblée il ne restera que des souvenirs.
Une fois avoir fouillé Marc la femme en tailleur regagne la table ou elle rempli deux verres de champagne. L’homme quand à lui s’agenouille en face de moi et entreprend sa fouille, si méticuleuse que je m’interroge sur sa nécessité, ma jupe ne peut guère dissimuler grand chose. Pourtant ses mains froides s’attardent sur mes genoux et mes cuisses soulevant même ma petite jupe dévoilant mon ventre nu. Il s’y attarde un instant puis glisse rapidement sur mes hanches, ma poitrine, délaissant mes bras. Il fait un pas de côté et procède de même avec Loreleï pétrifiée.
Une fois fait il se relève rapidement et s’incline de nouveau vers nous deux.
— Mesdemoiselles, veuillez  me suivre s’il vous plaît !
Et sans vérifier s’il sera obéi se dirige vers la porte de chêne noir.  Je n’ai pas le temps d’expliquer à Loreleï. Je m’empare de la main de la jeune femme et l’oblige ainsi à m’accompagner. Elle a un regard interrogatif vers Kristale qui hoche son assentiment de la tête pour l’encourager.

Je ne peux m’empêcher en franchissant la porte de jeter un dernier regard à Mon Maître. Mais il ne s’occupe visiblement plus de moi. La charmante hôtesse s’avance vers nos Maîtres avec deux tulipes de champagne qu’elle leur présente comme une offrande de bienvenue. En pénétrant dans le couloir sombre et les laissant dans la lumière, je me dis que la soirée a bien débuté.

Une dizaine de mètre plus loin, de ce qui semble être un couloir de service au plafond bas, l’homme au visage d’oiseau de proie ouvre une autre lourde porte cintrée et la tenant ouverte, sans un mot, nous enjoint d’un geste de poursuivre. La main de Loreleï se crispe dans la mienne, je l'entraîne et nous entrons. La porte se referme derrière nous dans un bruit sourd.
 La pièce est petite, une sorte de remise ou de magasin aux murs défraîchis qui sent le renfermé, le contraste avec le luxe de l’entrée est saisissant, elle est chichement éclairée, une ampoule  pend du plafond et diffuse une pâle lumière jaunâtre sur les trois femmes qui si trouvent déjà. Deux d'entre elles  se resserrent dans un coin de la pièce comme pour nous laisser de la place. J’écarquille les yeux pour essayer de deviner leurs visages tournés vers nous. Mon cœur fait un bond et mes pensées se figent. Celle qui s’avance vers nous d’un pas à le sourire aux lèvres, un sourire qui éclaire un visage séraphin au grand yeux clair et aux lèvres pulpeuse irisées de gloss rose pale qui donne à sa bouche l’impression d’être toujours humide, comme l’est, je le sais pour l’avoir goûter, toujours humide la source de cette femme-fontaine . Une source dissimulée par un large sarouel qui lui sert la taille et lui donne l’apparence d’une courtisane de harem. Elle porte un étrange collier de cuir tressé noir qui suspend un médaillon de bronze bombé où luit une fleur stylisée en émail rouge.
— Stéphanie ?
Je n’ai pu m'empêcher de l’interpeller de vive voix, brisant ainsi le silence gêné qui accompagnait notre entrée.
Elle fait un pas vers moi le visage radieux. Je lâche la main de Loreleï et lui saute au cou. Impulsivement, nos bouches se joignent et nos langues échangent sur la joie de se retrouver.
Rassasiées et tout en restant enlacées nos visages  se contemplent un instant et nous nous lançons simultanément
— Tu es… Tu…  là aussi… aussi … c’est super !...Génial !
En même temps je m’interroge.
— Mais raconte moi, … Tu es venue avec qui ?
Stéphanie fronce des sourcilles.
— Ah ! Marc ne t’as pas dis ?
A mon tour je fronce les sourcils d’incompréhension. Elle a l’air gêné. Ce petit air que je lui connais qu’elle prend lorsqu’elle doit avouer une grosse bêtise qu’elle a adorée faire. Elle cherche à détourner la conversation.
— Ah ! Mais bon… Tu verras çà…
Et son regard se détourne sur Loreleï
— Et toi ?… Tu es avec elle ?
Je sens une pointe de jalousie dans sa voix et s’adressant directement a Loreleï avec aigreur
— Mais bon sang ! T’as quel âge toi ?
Et se reportant sur moi.
— Tu crois vraiment qu’elle devrait être ici ?… Avec un collier de soumise ?
Son regard accroche les bracelets de restriction.
— Et vierge en plus ?
Comprenant sa méprise sur la femme-enfant je souris et lui explique
— C’est Loreleï, elle est hollandaise et elle ne te comprend pas. Et ne t’inquiète pas, elle à l’âge pour être ici comme tu dis. Ne te fie pas à son apparence, elle pourrait t’en remontrer ! Et oui, elle m’accompagne, et.. et, c’est ma…
Je tique un peu et est du mal à me faire encore a cette situation.
— Ma … Soumise… Enfin presque !
Interloquée et sans me lâcher les bras Stéphanie me fusille du regard.
— Toi ? … Toi ?…  Maîtresse ?
Sa consternation se transforme en révélation
— Je l’ai toujours su !… Je savais que tu en serais une, un jour !
Je cherche à tempérer son excitation
—Attend ce n’es pas encore fait… Je ne suis pas…
Sans me lâcher et en sautillant sur place, elle me lance espiègle
— Alors tu vas pouvoir être la mienne aussi !
Je n’ai pas le temps de m’interroger sur ce qu’elle vient de dire. La porte par laquelle nous sommes entrées s’ouvre dans un bruit sec et tous les regards se tournent vers la nouvelle venue.
De longs cheveux noirs, brillants, un visage parfaitement maquillé aux pommettes saillantes et au teint mat des filles d’Extrême-Orient. Naturellement  hautaine, elle nous domine d’une demi-tête. C’est la silhouette que j’ai entr'aperçue se présentant au portail de fer. Les mains rassemblées devant son ventre trahissent son incertitude en contradiction avec son port altier. Elle porte un pantalon sous une tunique de satin vert profond, un Áo dài, et un  collier de soumission qui ressemble plus à un bijou d’apparat. Seul un lourd anneau d’acier dont la rudesse contraste avec les quatre rangs de perles noires de Tahiti qui ceinturent son cou nous signale sa condition.  Elle a une petite courbette accompagnée d’un sourire forcé. Une salutation silencieuse qu’elle rompt d’un bredouillement timide.
— Bonsoir, je m’appelle Jade !
Nous n’avons pas le temps de nous présenter, le Gardien qui l’a accompagnée entre dans la pièce, la pousse sur le côté et sans un mot se fraye un passage entre nous s’en allant frapper trois coups puissant sur la porte attenante. Sans attendre, et sans un regard, il rebrousse chemin et referme sur nous la porte qui nous a vues entrer.
 Toutes les six nous sommes maintenant les yeux rivées sur la porte que l’homme a heurtée. Nous devinons que c’est un signal, qu’il vient de prévenir de notre présence. Nous attendons en silence. Un silence que personnes n’ose rompre, à peine échangeons nous quelques coups d'œil furtifs, nous interrogeant mutuellement du regard.

On déverrouille la porte. Elle s’ouvre rapidement et une voix rauque et puissante, autoritaire retentit.
— Allez mes agneaux… Venez là et que çà saute !
Le ton est si impératif que sans se concerter nous nous précipitons vers le passage qui vient de s’ouvrir. Une à une, nous pénétrons dans une sorte de cave voutée, spacieuse par rapport au réduit où nous étions confinées, éclairée par des flambeaux électriques qui lui donne un air de cachot. Une impression renforcée par les chevalets et râtelier de bois noir aux formes étranges qui garnissent une partie de la pièce. J’y reconnais un pilori, une sorte de cheval d’arçon, du plafond pendent des chaines terminées par de lourdes menottes de fer la salle est garnie de toute une panoplie d’instruments de contrainte et de pénitence. Je frissonne lorsque je découvre  sur le mur opposé prés d’une autre porte, une femme. Elle est crucifiée, nue, sur une croix de St-André en bois épais. Elle a les yeux bandés de noir, la tête penchée, appuyée sur son bras gauche, résignée, elle semble dormir. Je ne peux m’empêcher d’y voir la croix que porte mon Maître à son revers. Je détourne les yeux, mais j’ai bien vu que la suppliciée avait attirée le regard de mes compagnes.
Au milieu de la salle deux hommes, le plus âgé est fermement campé sur ses deux pieds nous toise du regard. Rustique, mal rasé l’air revêche, le visage luisant de sueur,  il est en parfait accord avec les lieux. Torse nu à la pilosité noire et fournie, les bras croisés sur un ventre proéminent qui se soulève au rythme de sa respiration. Il est simplement vêtu d’un pantalon de cuir épais et cireux, un pantalon de ferronnier, patiné par l’usage, crasseux. A sa ceinture pend un fouet parfaitement lové. Ses petits yeux profondément enfoncés dans ses orbites et protégés par des sourcil épais brillent d’un feu inquiétant à la lueur des flambeaux. Sa main droite tient une fine cravache de cuir qu’il fait battre en rythme contre sa hanche. Une parfaite caricature d’un bourreau du moyen-âge.
Un pas derrière lui un jeune homme au teint blanc, le visage étroit des crins blonds pour cheveux, presque frêle à coté de celui que je devine être son mentor. Il nous détaille une à une de la tête aux pieds avec un sourire sournois de convoitise. Lui aussi est a habillé de cuir, mais sa tenu est plus soigné.
— Alignez-vous, là … Contre ce mur!
Et il désigne le mur qui lui fait face de sa badine.
Sagement nous nous exécutons, Stéphanie garde ma droite, Loreleï suit le mouvement et se colle à moi comme un petit animal craintif qui cherche protection à ma gauche.
Une fois sagement alignées, son acolyte se précipite et dépose à nos pieds des cartons vides
La voix du bourreau tonne, impérative
— Mettez vous à poil !... Et vos frusques dans ces cartons… Vos bijoux aussi, Vous gardez seulement vos colliers !
Et désignant de sa badine le bracelet de Loreleï
— Tu gardes çà aussi, toi !
 Un flottement. Nous nous regardons les unes les autres, personne n’ose commencer son effeuillage devant ces individus qui nous scrutent en  arborant un sourire goguenard. Devant notre réticence à nous exhiber, les sourcils de notre tourmenteur se froncent soudain et sa voix gronde en désignant la forme crucifiée au fond de la salle.
— Cette Demoiselle a joué les timides, elle ne voulait pas qu’on la voit à poil !
Un rire gras
— Total ! Je lui ai rappelé ce qu’elle était et pourquoi elle était ici !
Il pointe alors un autre coin de la salle de sa badine. Avec un bel accord nous nous tournons toutes vers l’endroit qu’il désigne. Une autre croix de St-Andrée fait face à la suppliciée.
—Et il y a encore de la place !
Stéphanie est la première à commencer de se déshabiller, immédiatement suivi par nous toutes. Loreleï sans comprendre suit le mouvement la dernière et  avec un temps d’hésitation.
 Je dépose le peu que je porte dans le carton qui me fait face par-dessus mes escarpins et suis avec Stéphanie la première à me redresser. Une fois nue, spontanément,  je prends la position de soumission. Les mains dans le dos les jambes légèrement écartées la tête à demi baissée mais, par en dessous, je ne quitte pas l’homme du regard comme on doit le faire lorsque l’on doute du rang de la personne qui nous fait face.
Il hoche la tête de satisfaction. Et commence à défiler devant nous comme le ferais un général passant ses troupes en revue.
— Nous avons là une belle brochette de petits culs… Des nouvelles aussi à ce que je vois !... Et même une pucelle !  Du jamais vu ici çà !
Il s’arrête devant Loreleï qui n’a pas pris la posture adéquate. Avec une vivacité qu’on n’attend pas du corpulent personnage, il se saisit de son poignet et le porte à ses yeux contemplant les bracelet rouge et blanc.
— Alors ?... C’est ce soir que tu vas te faire décapsuler ?
Sa grossièreté laisse de marbre Loreleï. Et pour cause.
J’interviens alors,  je toussote et passant outre les consignes de silence
— Désolée Mai.. Monsieur… Elle ne vous comprend pas, elle ne parle pas le français… Ni… Ni l’anglais d’ailleurs...
Son visage se tourne vers moi sans lâcher la main de Loreleï, et me fusille du regard.
— Tu es sa copine, la rouquine ?
— Je… On se connait oui… On est les soumises de Madame Kristale et de Maître Marc.
Il me détaille lentement de la tête aux pieds puis lâche la main de la jeune femme pour se camper devant moi.
— Ainsi, c’est toi Isabelle ?
Toutes les autres filles se tournent vers moi et je deviens le centre de toutes les attentions. Ce qui ne me rassure pas.
— Oui, Monsieur !
Il tend la main épaisse vers ma poitrine comme pour s’emparer d’un de mes tétons déjà tendu par la fraicheur de la cave, mais, à le frôler, il semble se raviser et ses doigts se regroupent sur son pouce et le caressent comme pour estimer la qualité d’une étoffe invisible. Il se contente de lancer, laconique.
— Humm ! Joli petit lot !
Il se détourne brusquement et se met à déambuler dans la salle en parlant au sol.
Pendant que son acolyte nous détaille, rouge d’excitation et de convoitise. Son regard sur nos corps nus est aussi insistant qu’une caresse imposée.
— Bien… Alors pour les nouvelles, je me présente ! Je suis Maître Caïn, Pour les anciennes vous me reconnaissez ! J’ai organisé la dernière assemblée et donc en tant que maître de cérémonie j’ai du respecter une certaine règle, disons… de chasteté, pendant mon assemblée, parce que les organisateur sont exclusivement occuper à ce qu’elle se déroule parfaitement… Ce qui a été le cas !
Il relève la tête et cette fois se met à parler au plafond.
— Cette contrainte fait que, pour cette assemblée dirigée par Monsieur Xavier, j’ai eu le choix de ma fonction… Privilège accordé pour rattraper le manque et la frustration de ma dernière assemblée. Vous avez déjà croisé les Gardiens… Moi, j’ai choisi celui de maître des basses-œuvres… Autrement dit c’est à moi que vous aurez affaire pour tout manquement à la règle ou suivant la fantaisie de vos maitres ou maitresses respectives si ils le désirent, vous soumettre à la punition... Je m’occupe aussi de la Chambre des Echos et du Parloir…
Quand vous évoluerez là-haut dans les étages, vous serez certainement les reines dans cette lumière. Mais ici, dans cette salle et dans tout le sous-sol, chez moi, vous ne serez que des ombres. Et celui qui règne sur les ombres… C’est moi !
Il semble satisfait de son petit discours son regard revient sur nous. Il s’humecte bruyamment les lèvres et continu.
— Autrement dis, vous me devez le même respect qu’à vos maitres et même plus…Compris ?
Il attend visiblement une réponse. En cœur, mais sur des tons désaccordés, nous ânonnons sans enthousiasme
— Oui, Monsieur … aître !
Il semble un peu dépité par notre passivité, mais n’en fait pas la remarque.
Il passe une main sur sa bedaine, en gratte une puce que j’espère imaginaire et reprend en toisant Stéphanie tout en  désignant son étrange collier de sa badine
—Et en particulier toi, l’aspirante Kajira ! Puisque c’est moi qui doit procéder à ton marquage. Tu te mettras à mon service. Dés la fin des présentations là-haut tu viendras me retrouver ici pour ta certification !
Du coin de l’œil je vois Stéphanie baisser la tête et commence à comprendre maintenant les allusions de Laure quand à son parcours en soumission.
Abandonnant son ton martial Caïn continu.
— Bien ! … Je vous fais quand même un topo des lieux ! Cette maison accueille cette année l’assemblée. Elle a été préparée pour cela depuis trois mois par Monsieur Xavier, le maitre de cérémonie. Vous avez accès libre à toute la maison sauf au sous-sol, qui m’est réservé et sauf si on vous y êtes amenées par moi, mon apprenti…
Il désigne nonchalamment  le jeune homme aux cheveux de crin de sa badine.
—… ou par les Gardiens qui sont un peu notre service d’ordre. Le parc qui ceinture la villa est le domaine des Maraudeurs, ils ne pénétreront pas dans la maison qui leur est interdite, mais je vous déconseille de vouloir aller prendre l’air dans les jardins…
Il a un petit clin d’œil vers ma droite en direction des deux femmes premières arrivées. Nous nous penchons toutes pour les regardez. L’une ferme les yeux et l’autre rougit violement en nous regardant à la dérobée.
— …Certaines ont déjà eu affaire à eux ! Elles en gardent un souvenir… Épique !…
Je serre les lèvres pour ne pas acquiescer, mon expérience avec les Maraudeurs étant des plus brulantes.
— Bien, je crois que j’ai fait le…
Trois coups violents sont frappés à la porte du cellier. Caïn fronce les sourcils et marmonne.
— Déjà !
Et à voix haute
— La prochaine fournée est là !... On va vous donner votre tenu et vous aller gagner les étages rejoindre vos maîtres… Mais avant vous allez saluer Mademoiselle Timide comme il se doit… Tom va y veiller !

Chap. 66. Le Bal des Débutantes.

 

21 avril 2019

Chap.64. Le Portail de Fer

Un éclair pourpre zèbre la vitre latérale. C’est Laure qui vient de nous dépasser au guidon de sa Ducati. Elle ralentit devant la voiture et se permet quelques zigzags de salutation avant de remettre les gaz et, dans un vrombissement sourd, disparaître de ma vue au virage suivant.  Elle sait où nous allons !
Nous sommes partis bien avant elle. Elle a du remettre un peu d’ordre dans la maison et la sécurité avant de nous rattraper.  Ce qui lui a été facile, son roadster avalant les kilomètres qui nous séparaient en se moquant bien des limitations. Laure n’a pas de loi autre que celle qu’elle vous accorde.
Je me tourne vers Loreleï.
Elle est de l’autre côté de la banquette de cuir beige. Nous ne sommes que toutes les deux sur le siège arrière et il y a beaucoup de place dans la berline, pourtant elle s’est recroquevillée en chien de fusil contre la portière et toute son attention est concentrée sur son Smart-phone. Elle joue, comme hypnotisée par les briques multicolores qui obéissent et se rangent sagement aux ordres de ses pouces qui s’agitent fébrilement sur le rectangle sombre dont l’écran émet une lueur blafarde sur son visage d’ange.
Une enfant qui joue. Je souris en repensant à notre soirée  et à ses déchaînements de passion qui nous ont conduites à dépasser la nuit. Marc a raison, je ne peux me fier à son attitude timide de gamine effarouchée qu’elle prend naturellement. Cette femme-fleur a la volupté d’une orchidée.
Marc est au volant. Il conduit sereinement comme à son habitude. Entre ses mains la voiture semble être un tapis volant et glisse sans à coup sur l’asphalte brûlant de midi. Machinalement il a fait un amicale signe de la main au bolide pourpre qui le saluait.
Tôt ce matin, à mes demandes pressantes, il a tenté de m’expliquer là ou nous nous rendons en chuchotant par-dessus la tête de Loreleï qui dormait encore du sommeil d’après l’amour, pelotonner entre nous deux, la bouche entrouverte sur un souffle régulier, la main paresseusement posée sur mon ventre.
—  …Mais… Moins tu en sauras plus tu apprécieras ! Tu aimes les surprises, non ?
En tous les cas cela m’a l’air terriblement  officiel. Mon Maître est habillé de noir avec un col mao cintré de blanc ce qui lui donne l’air d’un clergyman, une apparence démentie par la figurine féminine, nue, crucifiée sur une croix de St-André, qu’il porte  au revers de son col.
A ses coté Kristale est vêtue de la tête aux pieds d’un cuir sombre presque menaçant qui contraste violemment avec ses cheveux blond platine. Elle porte un simple lacet noir autour du coup, sans anneau.Un apparat choisi et distingué, contrairement à nous. Il nous a juste été donné d’arborer  nos colliers de soumission, notre tenue vestimentaire n’a pas semblé être d’une grand importance.
Loreleï porte un jean scarifié aux genoux comme les apprécient les ados et un sweet-shirt blanc barré d’un « Love »pailleté de rose et souligné d’un « Hard » noir. On devine sous le tissu ses seins libres d’entraves. A son poignet deux bracelets joints, entortillés l’un à l’autre ; un bracelet rouge qui, je le sais, est un avertissement, l’interdiction de la toucher sans autorisation, et un bracelet blanc dont je devine le signal. Signal renforcé par son collier de cuir, blanc lui aussi, collier auquel pend un grelot d’argent. Le collier des novices.
Pour ma part je n’ai pas de bracelet de limitation et Marc m’a choisi un épais collier de cuir noir à double verrouillage orné d’un lourd anneau de fer forgé, patiné par l’usage. Je porte mon ensemble d’étudiante très british, jupe écossaise, escarpins noir en accord avec mon collier, chaussette et chemisette blanche, sans rien dessous comme le veux l’étiquette de soumise.

Pas trop rassurée, j’ai insisté.
— Oui, Monsieur ! J’aime les surprises ! Mais Monsieur, sil vous plaît, à quoi je dois m’attendre ?
Il prend son temps pour répondre.
— Tu sais, je ne suis pas dans le cercle depuis très longtemps… Mais c’est organisé avec beaucoup de sérieux…
Et il s’arrête sur sa lancée.
Je me lève sur un coude, bousculant la nymphette endormie contre moi. Je fronce les sourcils et fait une moue boudeuse, suppliante. Je veux en savoir un peu plus que çà et lui fait savoir. Marc ne se fâche pas de mon attitude, il s’en amuse. Il souffle et regarde autour de lui comme si il vérifiait que personnes ne pouvait l’entendre.
— Alors… C’est… C’est un genre de kermesse, plutôt déluré, où tout le monde s’amuse beaucoup et où chacun montre son savoir faire… Et nous apparemment, notre stand, çà va être ton procès !... Voilà, çà te va !
Et sans attendre ma réaction il se lève d’un coup de rein et se dirige vers la salle d’eau.
Chahutée par le départ sans précaution de Mon Maître, Loreleï sort de son sommeil. Ses yeux embués d’aigue-marine s’éclairent et, m’apercevant, me sourit avec tendresse.

Depuis notre dernier arrêt sur une discrète aire d’autoroute, cela fait maintenant deux heures que nous roulons. Loreleï n’a pas quitté son écran des yeux, indifférente aux paysages qui défilent et changent peu à peu. Impossible de savoir où nous nous rendons exactement, mais je devine que nous roulons vers le nord. Nous quittons l’Occitanie par le viaduc et nous louvoyons bientôt sur les flancs d’un paysage de montagnes couvertes de forêts denses, j’y devine les contreforts des Puys.
Au fur et à mesure que nous nous éloignions des grands axes, les routes se rétrécissent et se réduisent bientôt à un chemin mal goudronné qui s’enfonce dans une sombre forêt de mélèzes. Marc roule presque au pas en évitant les nids de poule. La voûte des arbres est oppressante et nous cache le soleil qui commence à peine à décliner. Même Loreleï a senti le changement d’atmosphère. Abandonnant son écran, elle se redresse et scrute, inquiète, la forêt de troncs noirs, fantomatiques.  Nous stoppons bientôt devant un grand portail de fer forgé d’arabesques qui barre totalement la route. Je constate avec étonnement que ce portail qui s’appuie sur deux piliers de pierre imposant, ne garde rien. Sur un des piliers une plaque moussu par le temps et presque illisible « Propriété Privée ». Pourtant,  il n’y a pas de mur d’enceinte et, à pieds, on peut le contourner sans difficulté. Sa seule fonction est d’empêcher le passage des véhicules venant de la route. Il y a d’ailleurs devant ce portail une placette de terre battue qui permet aux aventureux butant devant lui, de faire demi-tour. Marc laisse tourner le moteur. Sur le tableau de bord Le GPS clignote avec insistance  son message  « Vous êtes arrivé ».
Je tends le cou et scrute les alentours. Rien qu’une forêt noire sans âme aux troncs d’arbres semblables aux colonnes d’une cathédrale à la voûte sombre. Mon attention se reporte sur le portail incongru. Au sommet du pilier gauche Je remarque une petite lumière bleue surmontant un œil noire. Une caméra !
 Kristale se saisie de son téléphone et tape rapidement quelque message. La lumière bleue se met à clignoter. Elle s’adresse ensuite à Loreleï d’une voix douce. Elle semble, dans sa langue, lui donner des instructions. Pendant l’explication, et sur l’indication de Kristale, Loreleï se penche vers l’avant entre les sièges et lève la tête vers la caméra puis, sans broncher, la jeune fille dépose son portable sur le siège et tire sur la poignée de la porte. Elle sort, contourne la voiture par l’avant et d’un geste ôte son tee-shirt qu’elle dépose sur le capot avant, elle rejette ses cheveux vers l’arrière et écartant les jambes, place ses mains dans le dos le visage, la poitrine pointée vers la caméra Je n’ai pas le temps de m’interroger sur cet étrange rituel que Marc me lance impératif.
— Isabelle… Même chose !
A mon tour je m’extirpe du douillet cocon climatisé.
Au dehors l’air est frais et humide. Une odeur d’humus et de décomposition de végétaux me piquent les narines. Les alentours sont sinistres. Le sous-bois, sombre comme la nuit, est nu, sans végétation, couvert d’un tapis uniforme d’aiguilles de pin brunâtres, seul le bas-côté du chemin, où le soleil a pu se frayer un chemin au travers des frondaisons opaques, est agrémenté de hautes fougères. Pas un bruit, pas un pépiement d’oiseaux ne viennent couvrir le ronronnement assourdi du moteur. J’ai la sensation oppressante d’être au beau milieu d’une cave monumentale.
Je m’avance rapidement toute en déboutonnant ma chemisette et, une fois ôtée, la lance sur le capot, sur le tee-shirt de Loreleï. Seins nus, je me présente à côté d’elle, copiant son attitude. A mon tour, je glisse mes mains dans mon dos et darde ma poitrine dont les tétons se durcissent sous les doigts glacials de l’air saturé d’humidité, vers la caméra. Je lance un rapide coup d’œil à Loreleï qui reste statufiée comme hypnotisée par l’œil froid qui, je le devine, nous scrute attentivement. Je comprends alors qu’elle est en train de montrer son collier. Immédiatement je relève la tête pour, moi aussi, exhiber le témoin de ma soumission.
Il ne faut que quelques instants pour qu’un déclic sec nous annonce le déverrouillage du portail qui commence à s’entrouvrir lentement, meut par quelque mécanisme caché. La vitre du conducteur se baisse et la voix de marc vient troubler le silence.
— Allez, Mesdemoiselles…Grimpez ! On y va !
Avec un bel ensemble, sans que Loreleï ait besoin de traduction, nous nous emparons de nos vêtements et sans prendre le temps de les remettre nous nous précipitons vers nos portières respectives comme si nous étions poursuivie par les esprits du lieu, pressées et soulagées de quitter cet endroit inhospitalier.

Le véhicule se remet en marche lentement comme si il pénétrait dans un sanctuaire. Pendant que nous nous rhabillons Kristale se retourne sur nous et lance en riant.
— Vos colliers sont nos mots de passe. Aujourd’hui les soumises sont a l’honneur !
Et elle me fait un clin d’œil malicieux. Ce qui ne me rassure pas vraiment. Je sais trop bien ce que vaut l’honneur d’une soumise pour Kristale.
Je reboutonne mon chemisier et machinalement pour me réajuster mon regard accroche le rétroviseur. Je me retourne, intriguée. Derrière nous, à vingt mêtres, un véhicule, un coupé de luxe blanc aux vitres teintées est engagé sur le chemin et se rapproche, mais il ne nous rattrape pas, le lourd portail s’est déjà refermé sur nous et lui interdit le passage, le forçant à stopper devant lui. En plaçant le dernier bouton je me dis que le rituel va une fois de plus se renouveler. Curieuse, je scille des yeux pour essayer de distinguer au travers des grilles épaisses la silhouette féminine qui vient de descendre de la voiture et s’approcher du pilier où s’active l’œil inquisiteur. Je ne peux en voir plus, nous nous éloignons et bientôt à la faveur d’un tournant, le portail de fer et sa suppliante disparaissent à ma vue.

Chap.65. Le Roi des Ombres

27 mars 2019

Chap. 63. A ma volonté

Comme elle est belle !
La pensée m’en vient comme une évidence.
Rêveuse, son regard de lapis furète au hasard sur le mur au dessus de ma tête, ses longs cheveux de lin blanc ramenés sur le dessus de sa tête en une parfaite queue de cheval retombent gracieusement sur le côté de son épaule en longeant comme une caresse un visage juvénile. Elle s’humecte rapidement les lèvres entrouvertes d’un petit coup de langue humide si rapide que j’ai à peine le temps de le saisir.
Loreleï  a gardé la posture au pied du lit tout le temps de nos ébats et pourtant la lassitude n’altère en rien son allure hiératique. Les jambes largement écartées, les mains dans le dos, cambrée à la limite de la rupture. Ses petits seins pareillement à deux demi sphères parfaites en équilibre sur un buste tendu vers le ciel, surmontés de mignonnes aréoles  nacrées de rose tendre, deux petites meringues gonflées de désir qui ne demandent qu’a être croquées.
Sa taille, haute, est ceinturée d’une fine chaine d’or qui se rassemble devant son nombril ourlé d’un imperceptible duvet d’électrum chatoyant pour retomber sur son ventre tendu et disparaitre entre ses jambes, entre les lèvres entrouvertes irisées par l’onctueuse liqueur de plaisir qui sourd de la fente du plus ravissant des fruits charnus que j’ai jamais vu. La chaine d’or, mouillée de liqueur de cyprine s’engage fermement entre ces lèvres pour, je le sais, aller rejoindre l’anneau d’or  qui entrave les pétales soyeuses et repliées de la rose ainsi captive, l’empêchant de s’éclore librement. L’anneau qui scelle sa virginité et actionne le plus diabolique des mécanismes commandant une jouissance imposée.
Les deux fines colonnes d’albâtre de ses cuisses s’appuient et disparaissent au pied du lit, mais je devine et me souviens de sa façon de se tenir sur la pointe des pieds, comme si elle marchait sur des tessons de verre, précieuse et délicate.
— Comme elle est belle !
Cette fois je m’exclame à haute voix tout en me tournant vers Mon Maître.
Nous somme nus au dessus des draps froissés. Marc n’a pas jugé bon de nous  glisser dessous. Il voulait que Loreleï assiste nos retrouvailles. Qu’elle constate ma docilité et ma disposition à jouir de mon statut de soumise. Je sais qu’elle  vu ma bouche s’arrondir sur le sexe tendu de Mon Maître sous ses yeux. Elle m’a vu écarter les jambes et gémir de plaisir sous les étreintes appuyées.  Elle m’a vu, la croupe tendue et la taille ceinturée par les mains de mon amant pour en parfaire la pénétration. Ainsi offerte,  la tête posée sur mes bras, du coin de l’œil, je l’ai surprise à la dérobé, les yeux écarquillées, la bouche entrouverte sur un souffle retenu, les joues empourprées, sous l’effet de la gêne… Ou du désir ? Marc a tout fait pour qu’elle ne perde pas une miette de mon humiliation voulue sous ses yeux.
Nous sommes nus, couchés côte à côte et face à nous, debout au pied du lit, Loreleï nous fait miroir. Marc glisse ses bras sous sa tête et observe posément la jeune fille comme si il l’a découvrait pour la première fois.
Il hoche du menton et se tourne vers moi.
 — Je suis content qu’elle te plaise… Parce qu’elle est à toi.
A moi ?
— A moi ?
— Oui !  Jusqu'à avis contraire en tout cas !
Je reste dubitative. Ma condition de soumise me convient parfaitement, je n’arrive pas a me glisser dans la peau d’une maîtresse.
— Je… Je ne sais pas si j’y arriverais… C’est si…
— Bien sur que oui, je t’ai vue avec Sonia…  Tu m’as impressionné, c’est à ce moment que j’ai pensé à t’offrir cette expérience… Je crois que Mademoiselle Loreleï fera parfaitement l’affaire. Elle est, de plus, très demandeuse.
Je lance un regard interrogateur à la jeune femme qui a sourcillé à l’énoncé de son nom.
Revenant à Marc.
— Mais je… Vous savez, je ne saurais pas faire de mal. Vous vous souvenez quand Kristale m’a obligée à donner le fouet à Laure… Je n’ai pas pu. Je crois que j’aurais préféré recevoir les coups à sa place.
Marc fronce les sourcils et me contemple comme si il découvrait une sotte à ses côtés.
— Ha donc ! Tu crois qu’être Maitre c’est se limiter à faire souffrir ?
Je me renfrogne sous la réprimande et d’une voie sourde.
— He bien, Oui… Quand même… Un peu…
Je minaude en lui souriant, l’air entendu. Je n’ose pas développer mon argumentation et, affubler de vive voix Mon Maître des qualificatifs de la perversion et du sadisme.
Une mimique interrogative de Marc m’y invite pourtant.
— … Eh bien Monsieur… C’est un peu le jeu, non ?  C’est aimer souffrir et faire souffrir et le Maître prend du plaisir à faire souffrir physiquement  et moralement…C’est un peu… Un peu…
Marc continu ma pensée
— … Pervers ?
— Oui… Maître !
— Humm ! Tu as en partie raison et un observateur extérieur,  dans la vision vanille, le voit certainement comme cela. En fait c’est un peu plus compliqué !
 Marc se redresse, roule sur le côté vers moi, se cale sur son coude gauche et sa main droite se pose sur sein. Son majeur, complice du pouce s’empare doucement du mamelon tandis que son index en agace la pointe qui se dresse aussitôt sous la caresse. Il me fixe droit dans les yeux.
— Donc tu penses que je prends un plaisir pervers à te faire souffrir ou à te voir souffrir ?
— Oui, Monsieur.
— Et donc,  tu souffre et… Tu n’y prends pas de plaisir ?
Je dois bien l’admettre en rougissant.
— Oui… Si ! Bien sur !
— Tu ne crois pas, plutôt, que je prends du plaisir à te faire plaisir ! Puisque tu accepte de souffrir par plaisir ?
Perplexe, je fronce les sourcils en me rendant compte de l’habile inversion de point de vue qu’il me propose.
— Je… Oui, Monsieur ! Excusez moi, je ne l’avais pas vu sous cet angle
Marc sourit et dépose un baiser mouillé  de sa langue sur la pointe de mon sein resté libre et qui répond aussitôt d’un frémissement érectile.
— En fait je suis plutôt un hédoniste !
J’ouvre de grands yeux interrogateurs et suspicieux.
— Oui… En fait j’éprouve beaucoup de plaisir et te voir jouir. Peux m’importe le moyen et peu importe que tu aies choisi la soumission et la pénitence pour y parvenir. C’est un devoir pour moi de t’amener à ce bonheur… Puisque tu m’as choisi pour.
Il penche la tête de côté et me contemple rêveusement, cligne plusieurs fois des yeux et redevenant sérieux, continu.
— Tu sais dans notre cas et tout ceux qui nous entourent le qualificatif de sadomasochisme  ne s’applique pas,  on devrait plutôt parler d’hédo-masochisme ! Le pervers impose la souffrance a une personne qui ne le désir pas et moins elle le veut et plus il y prend de jouissance. Tu penses que c’est mon cas ?
— Oh non, Monsieur… J’ai même remarqué que certaines fois vous n’étiez pas enchanté de me voir punie.
— Bien sûr, n’oublie pas notre credo : Aucune punition n’est administrée sans que…
Je continue sa phrase.
— … Celui qui la commande ne soit impliqué !
Marc se laisse retomber sur le dos.
— Il va falloir que tu t’y habitue maintenant… Tu as la charge de Loreleï et celui de lui rendre ce plaisir.
Le visage de la jeune fille s’illumine de ses grands yeux interrogateurs. Elle cherche à deviner ce qui est dit sur elle.
Je désigne celle qui est censé être maintenant ma soumise du menton.
— Et elle ?... Elle y prend du plaisir ?
Marc s’esclaffe.
— Oh que oui ! Ça je peux te le certifier ! Ne te fie pas à son joli minois de femme-fleur. Tu n’es pas là par hasard, et bien… Elle non plus !

D’un coup de rein il se relève vivement et contourne le lit pour se retrouver derrière Loreleï. La jeune fille ne bronche pas lorsqu’il se colle à elle et que leurs peaux nues se touchent,  Il s’empare de ses seins à pleines mains pour en caresser les délicats mamelons. Le regard de Loreleï se trouble à peine lorsque Marc contournant  la queue de cheval de lin blanc dépose un baiser sur son cou gracile. Elle se tourne même vers lui bouche bée pour chercher ses lèvres et demander son baiser.  Mais il n’y répond pas, et elle ne happe que le vide.
Marc la saisi par les épaules et, toujours derrière elle, la pousse au bord du lit.
— Fait-nous une place Isabelle !
D’un coup de rein je me déplace sur ma gauche et me retrouve presque dans la diagonale de la couche.  Mon Maître appuie sur les épaules de la jeune femme et elle s’agenouille sur le bord du lit face à moi.
— Ecarte donc les jambes ! Mademoiselle Loreleï, va faire ta connaissance.
Je comprends immédiatement où Marc veut en venir.
Autant profiter de l’offrande dans les meilleures conditions !  D’un nouveau sursaut je me cale face à Loreleï, cale mon oreiller sous ma nuque, et écarte les jambes lui présentant ma fleur encore poisseuse de l’hommage qu’il m’a rendu devant ses yeux. Elle fixe mon entrejambe comme hypnotisée. Une onde sourde prend naissance au creux de mon dos et pulse vers mon ventre qui déjà se prépare au plaisir. Je n’ai pas le temps de l’accueillir par un sourire que déjà Marc la force à se pencher sur moi. Surprise, et pour amortir sa descente sur mon ventre, Loreleï quitte sa pose de soumission et plaque ses deux mains sur mes cuisses les écartant encore un peu plus  Je tressaille lorsque ses lèvre fraiches touchent  ma peau juste au dessus de ma fente brulante et que ses cheveux noués glissent le long de mon flanc en une délicate caresse.
Je ne résiste pas a l’envie et lui saisis la tête à deux mains et, la repoussant en  projetant mon ventre vers son visage, l’oblige à embrasser à pleine bouche ma fleur offerte, vibrante de bonheur, en louant intérieurement Marc de me faire un si beau cadeau.
Loreleï n’est vraiment pas une mijaurée, et je constate immédiatement que l’enseignement de Kristale y est pour beaucoup. Passé l’instant de surprise, sa petite langue fraiche commence à entamer une sarabande désordonnée entre les lèvres de ma vulve tentant de se frayer un passage sous le pétale de chair qui coiffe le bourgeon  sensible où elle pourra s’attarder et démontrer sa fougue à me faire plaisir. Une turgescence coquine la guide et un crépitement électrique me fait me mordre les lèvres lorsqu’enfin elle touche au but et qu’elle s’en empare du bout des lèvres.
Je ferme les yeux et ne retiens pas un gémissement de contentement indiquant ainsi à mon Maître, resté debout au bord du lit, que Loreleï est à la tâche et que cette caresse est la bienvenue.

En levant les yeux je constate à l’érection de Mon Maitre que Loreleï n’aura pas seulement à me contenter. La croupe de la jeune fille  qui s’agite doucement et ses reins qui se creusent à chacun de ses coups de langue lascifs ne peux laisser insensible et sa posture cambrée aux jambes écartées, offerte, ne peut lui laisser de doute quant à sa mise à disposition. Il se hisse à son tour sur le lit et se cale posément entre les cuisses de Loreleï. Dans un même mouvement il a porté sa main à la bouche pour en recueillir la salive et enduire consciencieusement la tête d’ivoire poli qui s’apprête ainsi au plus doux des sacrilèges.
Je devine le chemin que Marc va emprunter pour l’honorer. L’autre voie, encore vierge de passage d’un homme, est celée par l’anneau d’or et sa bouche est déjà occupée à m’exprimer sa passion. Il ne reste que celui que Mon Maitre réservait chez moi à son plaisir personnel.
En un mouvement rapide le fier assaillant disparait derrière les deux collines ondulantes de Lorelei qui le cache à ma vue et je réalise a son piaillement étouffé qu’il vient de buter à la porte  si peu défendue de la jeune fille.  Comprenant l’assaut qui se prépare Loreleï cesse brusquement tout mouvement, à mon grand regret sa langue fige et je sens ses mains se crisper sur mes cuisses et s’y cramponner comme une naufragée à sa bouée.
Je la soupçonne d’être  déjà habituée à ce type d’assaut. Elle n’a toutefois pas le temps de s’y préparer et je comprends, au petit cri désespéré qu’elle pousse entres mes cuisses, que le bélier de chair après s’être rapidement positionné, ce qui l’a alerté, vient de distendre  la tendre rosette et s’y engager en en forçant l’entrée sans vergogne.  L’effraction est aisée et semble se faire sans effort, ce qui me confirme qu’elle a déjà été réalisée de nombreuses fois.
Un deuxième coup de rein le fait progresser un peu plus et Loreleï n’y tiens plus, m’abandonnant elle se redresse en prenant appuis sur mes cuisses  et se retournant tente de regarder son agresseur en lançant d’une voix fluette un appel à la clémence.
— Zacht !... Zacht !…  Alsjeblieft !
Ce à quoi Marc, ne comprenant pas plus le néerlandais que moi, répond par un troisième coup de rein qui lui fait pousser un jappement de douleur.
Elle se retourne alors vers moi et, comprenant que rien ne pourra tempérer l’assaut, m’offre alors en spectacle son doux visage crispé par l’appréhension et l’affliction d’être ainsi profanée. Je ne sais pas si elle me voit encore, mais ses yeux embués me fixent comme pour y quémander une grâce que je ne peux lui accorder.
La progression du bélier de chair en elle se lit sur son visage à livre ouvert.
Les lèvres pincées, les sourcils froncés d’appréhension, sa respiration s’accélère pour devenir saccadée. Quand l’assaillant progresse et se fraye un passage plus profondément, elle entrouvre la bouche sur un cri muet et lève les yeux au ciel en une victime sacrificielle qui accepte son supplice. Entre deux grimaces de douleur je parviens toutefois à y distinguer de faibles sourires vite réprimés. Sourires qui annoncent le renoncement de la résistance à la montée du plaisir, l’acceptation de la souffrance pour y trouver la jouissance.
Je connais ce passage de l’affliction au plaisir et dans un geste de sororité  bienveillante, je lui saisi les poignets. Je ne sais si mon geste d’affection la console quelque peu mais Loreleï semble se détendre elle baisse la tête, résignée, et la crinière de ses cheveux noués balayent mon ventre. Son visage disparait, mais je peux percevoir ses murmures de vaines supplications.
— Oh ! Mijn god! … Mijn god!...
Cela ne semble pas amadouer Marc qui, enserrant la taille de la frêle jeune fille, de ses mains puissantes parfait son assaut, lentement cette fois, mais puissamment et sans à-coup s’engage complètement dans les reins de Lorelei.
Une fois parfaitement emmanché, il marque une pause puis commence un léger roulis comme pour en élargir le passage ainsi conquis.
Un petit mugissement monte de la cascade de cheveux blonds qui me cache le visage de la jeune femme. Mugissement qui gagne en intensité au fur et à mesure que le mouvement de son cavalier s’amplifie. Ayant pris ses aises et facilité ainsi le passage l’assaillant se retire lentement puis reviens brusquement à l’assaut, sans sommation, plaquant d’un coup sourd les fesses de la belle contre le ventre de son  amant résolu à lui faire manifester son désarroi.
 Le mugissement  se coupe d’un glapissement de surprise. D’une ruade Loreleï relève la tête fouettant l’air de ses cheveux, la bouche grande ouverte, les yeux révulsés. Elle n’a pas le temps de protester qu’un deuxième coup de boutoir porté à pleine puissance la projette vers moi dans un grand cri.
Elle tente de se soustraire au troisième choc en s’avançant encore entre mes jambes et son joli visage grimaçant sous la douleur se retrouve au quatrième coup juste au dessus du mien. Pour ne pas qu’elle bascule, je lâche ses poignets et d’un geste rapide lui ceinture les épaules joignant mes mains sur sa nuque.
Les coups de boutoirs s’accélèrent alors et je peux presque sentir le piston qui pilonne les entrailles de la jeune fille qui a renoncé  à se dérober à l’odieuse étreinte.
Elle ahane ses petits cris de chaton blessé  à chaque intromission forcée mais le registre de ses plaintes change peu à peu et je devine aux — Ja !… Ja !… Oh !…Ja ! — étouffés qui scandent la chevauché que la jeune fille, lâchant prise, accompagne maintenant la montée du plaisir.
Loreleï se révèle alors. De gémissement de gamine apeurée ses cris se transforment peu à peu en une musique gutturale, rauque d’une femme prenant un plaisir évident à être ainsi chevauchée et ses cris deviennent un signal de consentement et d’encouragement à son assaillant, le rythme de l’abordage s’accélère encore. Ses yeux se révulsent et sa bouche grande ouverte émet une plainte ininterrompu qui se termine par une proclamation de jouissance atteinte, lorsqu’au paroxysme du plaisir, vaincue, ses bras tendus qui amortissaient les chocs cèdent, se plient. Elle s’écroule sur moi et vient nicher sa tête dans le creux de mon cou et mon épaule, haletante, cherchant l’air, tentant de reprendre son souffle syncopé par l’effort.

Loreleï se calme peu à peu. Marc se retire discrètement sans un bruit, gagnant la salle d’eau attenante. Je le regarde s’éloigner en caressant machinalement la nuque de la jeune fille qui se détend, et, libérée s’allonge sur moi de tout son long. Elle renifle plusieurs fois, un liquide chaud coule sur mon épaule, puis elle relève la tête. Son visage est inondé de larmes et pourtant elle me sourit timidement me regardant comme si elle venait de commettre une faute et cherchait à se faire pardonner. Pour la rassurer je calice son visage de mes mains et, lui souriant à mon tour, lui tend mes lèvres. Ses yeux d’aigue-marine retrouvent leur pureté et, accompagnant la sollicitation de mes mains qui entrainent son visage, sa bouche s’ajuste à la mienne.
Parce que, c’est ma volonté.

Chap.64. Le Portail de fer

6 mars 2019

Chap. 62. Le jugement de fer

Un coup de tonnerre viendrait d’exploser dans le salon que cela n’aurait pas fait plus d’effet !
Le corps et le visage de Kristale se figent, Ses yeux s’écarquillent d’incompréhension muette. Un temps de latence, de sidération, qui ne sied pas à Kristale, si fière de son self-control. Elle reste un moment coite, puis,  son esprit se remet en marche et déchiffrant peu à peu ce que Marc vient de dire et ce que cela impliquait, le sang reflue de son visage et ses lèvres se mettent à trembler imperceptiblement.
Une fureur difficilement maitrisée monte en elle.
Comme si elle risquait de le casser, elle repose avec délicatesse le verre encore plein qu’elle s’apprêtait à porter à ses lèvres. Ses sourcils se froncent  et sa bouche forme un O parfait de stupéfaction. La bouche ouverte,  ses yeux se portent alternativement sur Marc et moi.
Je n’ose pas imaginer le sourd complot qu’elle cherche à deviner, comme si nous nous étions concertés pour la défaire de sa victoire.
Comme sous l’attente d’un coup, je me recroqueville, tous mes muscles se tendent et je me mords les lèvres. Loreleï, elle, garde sa superbe et son impassibilité. Son incompréhension de ce qui se joue devant elle lui permet de garder son flegme.
Dans un hurlement contenu Kristale vocifère.
— Quoi ?... Co… Comment çà ???
Elle s’étrangle presque.
Marc se détend alors, son attitude change en un instant.  En réponse à Kristale il se saisit de son verre, se cale confortablement dans le sofa et s’adressant calmement à elle, lance posément.
— Ce n’est pas le mot de passe, Kristale… Pas du tout !
Kristale bondit comme un diable hors de sa boite et me dominant de toute sa stature.
— C’est vrai Isabelle ?
Et sans attendre ma réponse.
— Tu n’as pas le droit… Petite garce !
Sa main se lève. Cette fois Loreleï vient de comprendre la fureur de sa maitresse elle perd de sa superbe et s’avachie, tête baissée, comme si elle s’apprêtait à recevoir le coup qui pourtant m’est destiné. Je tourne la tête pour amortir le choc qui ne vient pas.
Marc vient d’émettre ce petit bruit qui m’est si coutumier, ce petit claquement de langue qui signale sa désapprobation suivi d’un « non » sec et impératif.
Cela a suffit pour que Kristale retienne sa main.
Marc porte le verre à ses lèvres, en déguste lentement une goulée et me regarde malicieusement tout en s’adressant à Kristale.
— Alors… Expliquez-moi ça ! Kristale comment as-tu obtenu ce soi disant mot de passe ? Et Isabelle, qu’est ce qui t’as conduit à mentir ?
Brusquement vidée de son énergie Kristale se rassoit lourdement sur le sofa, elle s’empare prestement du verre de champagne qu’elle avait délaissé et le bois d’une traite sans en gouter la saveur comme elle a l’habitude de la faire avec affectation.
Le verre vide toujours collé aux lèvres, elle lance froidement.
— Je l’ai donnée au chien !
Marc lève un sourcil contrarié.
— Le chien de Maud ?
— Oui !
La réponse est sèche. Je comprends au ton de Kristale qu’elle est prise en faute, qu’elle a dépassé ses prérogatives pour obtenir le safeword.
Elle relance pour se justifier, arrogante.
— Ce n’était pas exclu des règles du jeu.
Marc à l’air chagriné, il se racle la gorge.
— C’est vrai. Mais je ne pensais pas que tu irais jusque là !
— Il n’y avait pas de limites de fixées dans les règles… J’en avais le droit !
Marc se tourne alors vers moi et répond à ma place.
— Et donc Isabelle t’a menti et ta donné un faux mot de passe pour échapper à ton stratagème… C’est cela ?
Immédiatement Kristale comprend où mon Maître veut en venir.
— Oui, mais…
Marc la coupe et d’un ton goguenard.
— Cela non plus n’était pas interdit par les règles, donc Isabelle en avait la possibilité.
Kristale se raidit.
Marc continue en me lançant un regard d’admiration.
— Et elle l’a fait sans le savoir… Avoue qu’elle t’a bien eu !
Marc ne devrait pas jubiler en cherchant à humilier Kristale.
Comme sous un coup elle se tasse et son visage se ferme et elle murmure d’un ton rauque.
— Non ! Certainement pas !... Je ne l’accepte pas !
Kristale se sert vivement un autre verre toute en lançant.
— On règle çà comment ?
En un instant, elle a retrouvé sa maîtrise et sa froideur annonce une négociation serrée. Son verre plein elle s’en saisit et se lève.
— Vient Marc… On va en discuter… Mais pas devant ces deux gourdes !
Et dédaigneuse elle prend la direction du patio, à l’endroit même où elle m’a livré aux caresses libidineuses du  jardinier.
Marc dodeline de la tête, et me lance un clin d’œil complice. Ma poitrine se gonfle de bonheur
Il se penche vers moi et m’embrasse sur le front.
— Soyez sages toutes les deux, hein ?
Et se tournant vers Loreleï, mais continuant de s’adresser à moi.
— Pas de turpitudes… Comme la dernières fois !
Un nouveau clin d’œil ponctue son départ vers le bar pour y rejoindre la furiblonde.
Je fronce les sourcils et adresse à Loreleï un regard interrogateur. Elle y répond par un sourire attendrissant. Comment a-t-il fait pour savoir si elle ne lui a pas dit et surtout, comment lui a-t-elle raconté ?
Son genou touche le mien. Je lui envoi une ruade du mien tout en lui lançant une grimace de contrariété. Son sourire s’efface juste un instant, pour être remplacé par une moue amusée d’incompréhension. Sa frimousse ingénue et ses yeux d’aigue-marine qui révèlent avec grâce sa candeur me désarme… Je crois que j’aime bien cette gamine licencieuse.

Pour tromper l’ennui et notre inconfort, de tant à autre Loreleï appuie son genou contre le mien répondant à mon invite de mes petits à-coups. On se fait du genou, par jeu, pour passer le temps et adoucir la pression du sol de marbre sur nos articulations. Nous jetons à tour de rôle des regards vers nos Maîtres. La discussion semble véhémente et ils ne prêtent absolument pas attention à nous  mais nous n’osons pas quitter la pose. La lassitude n’a pas le temps de me gagner, la négociation achevée Marc et Kristale reviennent vers nous et ils reprennent place sur le sofa de cuir blanc.
Kristale repose le verre sur la table, elle ne l’a pas bu, et s’adresse à moi.
— Nous avons trouvé un accord ! Demain soir nous nous rendons à l’Assemblée de Fer. Marc a suggéré que nous portions ce petit différend devant ses plus hauts membres afin qu’ils tranchent.
Elle se passe la langue sur les lèvres. Elle a repris son calme, apparemment Marc a su trouver les mots pour. Elle me sourit comme si rien ne s’était passé. Elle est déjà dans un nouveau jeu.
—  Ils ont déjà formé ce genre de tribunal à maintes reprises. C’est une attraction très apprécié de ces soirées !
Elle reprend la coupe de champagne et avant de la porter à ses lèvres.
— Vous voyez Mademoiselle Isabelle, une fois de plus vous allez être le point de mire de toute une assemblée, et il faudra cette fois plus que vos charmes pour les satisfaire. La reprise du vouvoiement et son allusion à mon corps livré à la meute des maraudeurs me met mal à l’aise.
Elle sirote une goulée et se tourne vers Marc.
— Nous sommes bien d’accord que nous nous soumettrons à leur jugement, quel qu’il soit ?
Marc opine du chef en souriant.
— Tout à fait d’accord !… Mais en attendant, puisque c’est toi qui conteste, Isabelle et Loreleï restent sous ma coupe et tout ce qui était prévu au contrat reste valable… Jusqu’au jugement !
Kristale ne trésaille même pas sous l’exigence de mon Maître. Elle a même un œil malicieux.
— D’accord… Mais vous ne toucherez pas à la virginité de Loreleï et je ne serai pas la soumise d’Isabelle… Jusqu’au jugement !
Affaires faites, les deux compères se saisissent de leurs verres qu’ils entrechoquent en se regardant droit dans les yeux.

Chap. 63. A ma volonté

14 janvier 2019

Chap. 61. Mystification

Je n’en mène pas large.
Après l’annonce triomphante au téléphone de Kristale de ma réédition. Je n’ai pas réellement dormi. Un demi-sommeil peuplé du regard courroucé de mon Maître avant de se détourner dédaigneusement, attitude qui marque la fin de sa confiance en moi, la fin de son amour, peut-être même la fin de cette histoire.
Je n’en mène pas large.
Parce que Kristale a exigé que je reste nue pour recevoir Marc et Loreleï. Depuis l’entrée, la maîtresse de maison guide mon Maître vers nous en me désignant d’un doigt nonchalant.
— Tu vois, je ne te l’ai pas trop abîmée !
Sans desserrer les dents, Marc acquiesce d’un petit sourire de condescendance. Mais il n’a pas jeté un regard sur mon corps encore discrètement strié du fouet et des étreintes. Des marques, que Laure, malgré tous les soins apportés, n’a pas réussie à faire totalement disparaître,  cela ne l’intéresse pas. Dès qu’il a pénétré dans la salle ses yeux se sont accrochés aux miens. Visage fermé, il cherche une réponse du regard — Tu as failli ? — Le reproche non-dit me transperce le cœur et les larmes me montent aux yeux.
S’il savait !
Loreleï est là,  un pas en arrière. Kristale ne lui a prêté aucune attention, trop occupée à jubiler autour de Marc. La nymphette n’est vêtue que d’un minuscule short de jean élimé qui couronne le haut des ses cuisses élancées et d’un caraco court qui laisse apparaître son ventre tendu ceinturé de la chaînette dorée qui disparaît entre ses jambes où, je le sais, elle va rejoindre l’anneau d’or qui cèle sa virginité. Elle a pris immédiatement la pose adéquate, les mains derrières le dos qui fait saillir sa poitrine arrogante sous la pièce de tissus blanc,  les jambes à demi-écartées, parfaitement cambrée, disponible à la caresse. Je devine la soumise débutante qui veut bien faire et être au mieux de sa présentation à son maître. Pourtant, au lieu de baisser les yeux comme il serait de mise, elle me contemple de ses prunelles de lagon bleu, la tête légèrement penchée sur le coté, presque goguenarde, Je ne sais si elle savoure ou se gausse visiblement de ma nudité imposée.
Comme, pour renforcer ma honte Kristale lance.
— Isabelle, lève les bras  tourne sur toi-même, qu’on voit bien !
Je m’exécute docilement et pivote gauchement sur moi-même. Je résiste à l’envie de cacher mes fesses marquée par le fouet de Maud et m’arrange pour croiser mes jambes et dissimuler tant bien que mal les griffures du chien sur mes mollets.
Kristale raille
— Quelques petits coups de fouet permet de s’assurer de la bonne conduite de ta… de Ma petite chienne !
Kristale a bien insisté sur le « Ma ».
Je termine mon tour de corps et leur fait face de nouveau. Je reprends la posture de soumission, copie conforme à celle de Loreleï, Mais je baisse les yeux pour éviter ceux de Marc qui est resté de marbre à la plaisanterie de Kristale.
— Et vous Cher Maître, ma petite protégée, vous me la rendez dans quel état ? Toujours vierge j’espère ?
Marc ne répond pas et se contente de claquer des doigts.  Par en dessous, je perçois Loreleï qui immédiatement se concentre sur lui. Il a alors un geste étrange de la main, après l’avoir fermé en forme de tulipe il l’ouvre en déployant ses doigts. Le geste est gracieux et sans équivoque.
Loreleï quitte sa posture et soulève le caraco, dévoile sa poitrine aux oves  parfaits surmontés de tétons roses et miel. Sans s’en soucier elle laisse tomber le caraco au sol et entreprend d’abaisser son short en se tortillant voluptueusement. Comme pour le bustier elle ne porte pas de sous-vêtements  et après avoir déchaussé ses petits escarpins de toile, elle se retrouve aussi nue que moi.
Une fois son effeuillage fait, son attention se reporte sur Marc qui toujours devant elle fait pivoter plusieurs fois son index pointé vers le haut.
Loreleï lève alors les bras au dessous de sa tête et se met à pirouetter lentement avec grâce comme le ferai une danseuse. Tandis qu’elle pivote je ne peux m’empêcher de détailler son corps. Aucune marque, aucun signe de punition ou de violence, sa peau est même légèrement dorée,  comme si elle avait passé les  jours précédents au soleil, ce qui contraste avec bonheur avec le blond presque blanc de ses cheveux ramenés en un imposant chignon sur sa nuque fine. Son port et sa cambrure reste magnifique, peut-être par jeu ou pour parfaire son exhibition, elle s’est hissée sur la pointe des pieds et lui donne ainsi une attitude de fragilité émouvante.
En deux gestes, sans aucune parole, Marc nous offre le plus beau des spectacles. Je comprends alors que lui aussi a gagné son pari. En soumettant parfaitement la jeune fille à ses commandement il a jugé bon de porter à son paroxysme l’expression  « obéir au doigt et à l’œil » ce qui d'emblée  rejette toute objection à la réussite de son dressage.
Kristale aussi l’a compris comme çà et elle prend un air impressionné.
— Bien, bien cher Maître,  je vois que vous êtes aussi parvenu à vos fins… Allons dans le salon…
Kristale nous précède et désigne le divan où a commencé cet étrange pari. Nous voici revenu au point de départ de ce jeu insolite.
De l’index Marc désigne le sol devant le sofa, puis ferme le poing vigoureusement. Un nouveau commandement qui s’adresse à Loreleï qui ne se fait pas prier et s’agenouille sur le sol de marbre face à la table basse,  les jambes écartées et les mains dans le dos en une parfaite posture de servilité. Je ne peux rien faire de moins que la même chose et m’agenouille  à sa droite  copiant la posture et m’arrangeant pour que mon genou gauche touche le sien.
Nos maîtres respectifs prennent place sur le sofa de cuir blanc. Laure, qui s’était retirée sans un mot, revient avec un plateau de sur lequel est posé une bouteille de champagne dans son seau de glace et deux coupes. Kristale me fait face mais s’adresse d’emblée à sa protégée d’une voix douce. C’est une suite de questions en néerlandais que je ne comprends pas, auxquelles elle répond par de petits ja !... ja mevrouw !...
Sa voix est claire, musicale, douce, presque  minaude, la voix d’une enfant timide prise en faute mais qui sur joue sa gêne. Au fil des questions le visage de Loreleï s’empourpre et elle jette des regards désespérés autour d’elle comme un petit animal acculé qui cherche des yeux le chemin qui lui permettrait de s’enfuir.
Je commence à deviner le contenu de ces questions à l’embarras de la jeune fille et au demi-sourire concupiscent de Kristale.
Elle la questionne sur son séjour passé avec Marc.
Poursuivant son entretien Kristale se saisit d’une des deux coupes que Laure à rempli pendant l’entretien avant de s’éclipser discrètement. Elle la porte à ses lèvres et lance une dernière question.
—  nog maagd ?
Loreleï me jette un rapide coup d’œil en coin avant de répondre en s’étranglant.
— Ja meesteres !
Satisfaite, Kristale se cale au fond du sofa. Elle porte un doigt sur le bord de la coupe et le fait glisser lentement en petit cercle, comme pour en éprouver le tranchant.
— Je constate Cher Maître que vous avez goûté aux charmes de mon indécente protégée sauf au principal ?
Marc réponds tout de go, sans émotion.
— C’est ce qui était convenu !
Kristale hoche la tête.
— Oui, bien sûr… Et vous n’avez pas de questions à poser à Mademoiselle Isabelle ?
La réponse de Marc est cinglante.
— Non.
Le froid de sa voix me glace le cœur. Il n’a même pas envie de savoir. Il est juste là pour constater ma défaillance et sa froideur me dévoile comme sa déception doit être profonde. Il veut en finir et vite.
Une larme perle à ma paupière.
Monsieur … Marc, si tu savais comme je redoute ce moment, ce moment ou tu vas comprendre à quel point j’ai failli, à quel point je vous ai offensé en manquant mon devoir de soumise obéissante. Mais il n’y avait pas d’autre issue possible.
Pardonne-moi !
Kristale me jette un œil et, goguenarde.
— Vous faites pleurer ma soumise Cher Maître ! Ce n’est pas fair-play !
Elle se lisse les lèvres.
— Bien, clôturons ce petit jeu… Isabelle a bien voulu me donner le mot de passe qui verrouille votre enseignement et suivant nos accords dorénavant Isabelle m’appartient corps et âme… Ces mots sont…
Et Kristale égrène les trois mots qu’elle m’a arrachés sous la contrainte et le plus odieux des chantages.
Accablé, Marc baisse la tête, reste un moment comme abattu, puis, lentement, se tourne vers moi et me lance un regard perçant, brillant de stupéfaction, incrédule. Il fronce les sourcils et s’humecte les lèvres pour se braquer vers Kristale.
— Mais… Ce n’est pas du tout cela !… Ce n’est pas notre safeword !

 Chap. 62. Le jugement de fer

2 janvier 2019

Chap. 60. Le Triomphe de Kristale

Une chose est assurée… On peut faire confiance à Kristale quant à sa parole.
Nous avons passé toutes les trois un après-midi de farniente. Maud a pris congé en me lançant un dernier sourire en coin et caressant la tête de son dogue qui, me semblait-il, me dévorait des yeux. Nous nous retrouvons maintenant, toutes les trois, à lézarder, nues, qui dans le patio, qui sur la plage de la piscine en plein soleil. J’ai plongé plusieurs fois dans un demi-sommeil vite peuplé de visages menaçants, de cris de jouissance ou de souffrance, d’appels aux secours.
Il va me falloir un peu de temps pour accuser le choc de mes dernières heures sous la férule de Kristale. Kristale dont l’attitude une fois le mot de passe en poche a changé du tout au tout. J’entrouvre les yeux et la regarde jouant comme une enfant dans la piscine à s’asperger dans de grands éclats de rires avec Laure. Un jeu qui se fait lascif lorsque les deux têtes qui émergent de l’eau se rejoignent et s’embrassent à pleines bouches dans une étreinte langoureuse et disparaissent, espiègles, sous les eaux, comme pour se cacher à mon regard, ou m’inviter à venir les rejoindre.

Je n’ai vraiment lâché prise qu’après le dîner servi avec style dans un établissement renommé de la côte où notre trio la blonde la brune et la rousse, à fait se tourner bien des têtes. Mais j’en avais cure ! Toute concentrée que j’étais sur mon plateau de fruits de mer. Et quelques verres de Chablis ont achevés de m’étourdir.

La tête posée sur le ventre de Laure je contemple Kristale, allongée nue au travers du vaste lit de sa chambre qui nous accueille. Elle a finalement renoncé à nous amener au club pour danser elle semblait brutalement pressée de nous inviter dans son lit. Nous avons fait l’amour doucement, tendrement, sans contrainte, sans protocole et sans rappel de ce qui pouvait faire de moi une soumise.
Je cligne des yeux et me racle la gorge, profitant de l’ambiance apaisée, propice à la confidence, je lance a voix basse
— C’était comment pour vous Madame la première fois ?
Kristale roule vers moi sur le côté et se redresse sur un coude ramenant un genou sur son ventre. Elle est belle comme une odalisque aux cheveux d’électrum. Elle me fixe de ses yeux de glace bleue et fronce les sourcils, interrogatrice.
— Enfin !... Je veux dire, la première fois… Pour la …
Je ne trouve pas les mots, réfléchis un instant et me lance tout de go.
— Comment vous avez commencé à dominer… La domination quoi !?
Je me sens maladroite, et elle doit bien sentir mon malaise au pourpre de mes joues.
Elle sourit. Rampe lascivement jusqu'à moi, dépose un baiser sur ma cuisse et à l’endroit même de son baiser  y pose la joue, le visage tourné vers moi.
Sans détourner son regard hypnotique elle me lance
— Je n’ai pas commencée par dominer… J’ai commencé par être une dévouée soumise… Comme toi !
Ses paupières papillonnent un instant. Elle bascule sur le coté cale sa nuque confortablement sur ma cuisse et parle au plafond.
— Cela a commencé comme un jeu. Presque banalement. Avec mon premier amoureux un garçon de mon quartier, une vingtaine d’année bien tassée… J’avais 16 ans.  Nous avons vite fait l’amour, c’est lui qui m’a défloré, j’y prenais du plaisir, tu te doutes bien, mais il y a des choses que je me refusais à faire, par pruderie puérile.
Une après-midi nos escapades nous ont conduits dans le grenier d’une de ces maisons de villégiature abandonnées de la côte prés de Zandvoort. Bizarrement ce grenier semblait bien entretenu, un amoncellement d’objets bien rangés, un canapé de cuir pelé à demi éventré mais parfaitement lustré, un sol impeccablement brossé, agrémenté d’un tapis. J’ai su après coup, qu’en fait, les lieux avaient été préparés par mon amant.
A peine arrivé, il s’est emparé d’une cordelette de nylon que l’on utilise pour border les filets de pêche. En riant il m’a lié les poignets au dessus de la tête en les accrochant à une poutre. J’ai trouvé la posture incroyablement inconfortable  mais excitante. Je découvrais pour la première fois la sensation d’être totalement à la disposition d’un homme. Il a entrouvert mon chemisier et dégrafé ma jupe…
Kristale éclate de rire.
— Avant on faisait l’amour dans la pénombre presque à la sauvette. Là, j’étais brusquement dénudée en plein jour. Ce  n’est pas que je ne me trouvais pas jolie, c’était de la pudeur de gamine. J’ai fait mine de protester en me tortillant et lui demandant d’arrêter. Je crois que cela l’a excité encore plus.  Il m’a presque arraché ma petite culotte et m’a entreprise par derrière, debout, en levrette sans préambule, sans caresses préliminaires. Ce n’était plus des délicatesses d’amoureux… C’était un assaut animal, puissant, auquel je ne pouvais pas me soustraire…
 J’ai pris un pied formidable tandis qu’en me besognant il me susurrait à l’oreille qu’il voulait que je sois sa petite salope, sa petite chienne obéissante. Bizarrement ces mots qui auraient dû me choquer m’ont fait le rejoindre dans son délire de domination. J’ai tout de suite su que j’aimais çà, être dominée sans trop savoir ce que cela voulait vraiment dire.
L’assaut a été si violent que lorsqu’il m’a délié les poignets je me suis effondrée à quatre pattes sur le tapis du grenier, abasourdie par la découverte de cette nouvelle sensualité. Il ne m’a pas laissé reprendre mes esprits Il n’avait pas joui en moi, il s’était retenu. Il s’est agenouillé face à moi Il m’a saisi par les cheveux pour me relever la tête et a exigé en terme très crus que j’ouvre la bouche. Ce que je lui avais refusé jusqu’alors, je l’ai fait sans rechigner. J’étais dans une sorte d’état second. Cela a été très vite à peine a-t-il forcé mes lèvres qu’il a joui dans un grand cri de victoire…
Elle prend une grande inspiration et continu de regarder le plafond comme perdue dans le songe qu’elle nous commentait.
— … A partir de cet épisode, et pendant plusieurs mois, j’ai été son jouet pour mon plus grand plaisir. Il a fait découvrir à la gamine que j’étais les petits plaisirs de la soumission du plus simple, comme aller au lycée sans porter de culotte sous ma jupe jusqu’au plus licencieux comme me prêter à ses amis lors de ses soirées…
Elle se tourne vers moi, ses yeux perdus dans le vague, un demi sourire aux lèvres à l’évocation de ses premiers émois de soumise.
— Je sais… Cela ne répond pas à toute ta question. Mais savoir comment j’en suis venu à la domination, je pense que tu vas le découvrir par toi-même…
J’ai l’impression que tu en as déjà fait les premiers pas sur ce chemin… Non ?
Je ne réponds pas à son regard interrogateur.  Je me mouille les lèvres rapidement et me tourne vers Laure.
— Et toi Laure ?... T as commencé comment ?
La belle italienne ouvre ses yeux noirs qu’elle avait gardés clos en écoutant le récit de Kristale. Récit qu’elle devait certainement connaître dans ses moindres détails. Elle s’humecte les lèvres et lance froidement.
— Moi… Je l’ai toujours été !
Je me renfrogne, fronçant les sourcils de façon outrancière pour lui montrer que je ne me satisfais pas de sa réponse laconique.
Elle sourit, puis souffle comme sous l’effet d’un profond ennui.
— J’avais quatorze ans… En vacance chez mon oncle une grande villa  non loin de Portoferraio. Mes parents étaient partis visiter le parc national de l’île, j’étais resté à la villa refusant la balade, en adolescente rebelle que j’étais !... Mon oncle était resté lui aussi… Ce jour là, il m’a violée !
Je reste interdite et la contemple interloquée.
— Ne fais pas cette tête là !... J’ai adoré çà ! Faut dire que je l’avais bien cherché. Depuis le début des vacances je testais ingénument ma féminité naissante sur cet homme de quarante ans, que je trouvais très beau d’ailleurs. Profitant de l’absence fréquente de mes parents et même en leur présence, à l’abri de leurs regards,  je lui jouais le grand jeu de la séduction. Je me baignais presque nue dans la piscine. Je me déhanchais lascivement en marchant, je me collais à lui à la moindre occasion, … Bref, devant lui je jouais la starlette primesautière. Du haut de mes quatorze ans ce n’étais qu’un jeu de séduction. Je voulais simplement qu’éprouver mon charme naissant… Je pense aussi que mes hormones me travaillaient fiévreusement et cela m’excitait. Naïveté ou  inconscience, pas un instant je n’avais pensé que cela pouvait me mener jusque là !
Elle déglutit et sourit aux anges.
— Cet après-midi là, après la baignade, je suis allée me prendre une douche puis, passant devant lui simplement couverte d’un drap de bain noué à la taille, j’ai traversé la maison pour aller dans ma chambre y chercher des vêtements propres. Il m’a suivi sans que je m’en rende compte. Je cherchais dans la penderie mes vêtements lorsque j’ai entendu la porte claquer derrière moi. Je n’ai pas eu le temps de me retourner. Mon drap de bain m’a été arraché et j’ai été projetée entièrement nue sur le lit. Mon oncle m’examinait le regard enfiévré, le souffle court. J’étais tétanisée, comme si ce moment là je l’attendais et le redoutais à la fois. Saisie par ces deux sentiments contradictoires  je n’ai même pas cherché à m’enfuir. Je l’ai laissé faire. Il n’a eu qu’à enlever son slip de bain. Je n’ai pas résisté, j’étais brusquement sans volonté, comme un animal pris au piège qui sait qu’il n’y a plus d’issue et qu’il doit faire face ou céder.
Il a bloqué mes poignets au dessus de ma tête, pourtant il n’en avait pas besoin, je ne me débattais pas. Il a écarté mes jambes et  m’a prise violemment. C’était ma première fois, pourtant je n’ai pas souffert. Tandis qu’il me besognait voyant que je ne criais pas ni ne me débattait, il m’a lâché les poignets et s’est mis à me caresser… Me peloter fiévreusement plutôt !
Il me disait qu’il allait faire de moi sa chose, et que n’avais pas intérêt à protester et qu’il faudra ne rien dire à mes parents.
Laure souffle et sourit.
— Je n’en avais pas l’intention ! Je prenais même un trouble amusement à l'ambiguïté des regards qu’il me lançait, aux mains qui se baladaient sur mes hanches et entre mes cuisses alors que mes parents étaient là, tout près.
Pendant toute les vacances, dés que nous nous retrouvions seuls, j’ai accepté tous ses désirs et j’y ai pris un plaisir malicieux. Pour asseoir son emprise il me forçait à me caresser, me masturber devant lui et me prenait en photo, Il s’évertuait  à m’humilier en me faisant le tour de la maison a quatre pattes et me prenait dans chaque pièces traversées jusque dans le garage où il achevait sur le capot de sa voiture. De nombreuse fois il a forcé ma bouche en un simulacre de contrainte… Sans se restreindre Il a forcé mes reins. Il m’a fait mal, mais j’ai y pris du plaisir. Et de tout cela je n’ai pas eu honte, au contraire.
Ce n’était pas vraiment un maître, simplement d’un homme qui me soumettait à ses désirs, mais j’ai tout de suite su que c’est ce que je voulais au plus profond de moi.
Un silence puis Laure fait le geste de chasser une mouche imaginaire.
— Après les vacances on s’est revu régulièrement. Mais il manquait d’imagination et ne s’est jamais comporté en maître C’était un homme goûtant la chance d’avoir une gamine docile à sa disposition pour assouvir ses désirs pervers…
Quelque mois après, je n’avais pas encore quinze ans, j’ai rencontré celui qui allait m’apprendre les codes et protocoles de la soumission. C’était d’ailleurs un ami de mon oncle. Il faut croire que mon attitude me trahissait et que pour un maître a l’œil exercé il était facile de remarquer mon désir de soumission. Malgré mon jeune âge il a tout de suite deviné en moi la soumise potentielle. Il a fait sa déclaration tout de go, sans fioriture. Il voulait faire mon dressage…
J’ai accepté.

Laure referme ses yeux, elle n’a visiblement pas envie d’en dire plus. Un silence s’installe et je me laisse aller à méditer sur nos étranges débuts que beaucoup jugeraient violents. Nous avons toutes trois commencé nos chemins de soumission de façons bien différentes… Mais nous les avons choisi de notre plein gré, même Laure avoue, malgré le terrible assaut dont elle a été victime, que c’est ce qu’elle cherchait. Je revois mes débuts avec Marc bien différent et en quelque sorte plus directe que le chemin de mes deux sœurs de chaîne. Je souris… j’avais du temps à rattraper !
Comme si elle lisait dans mes pensés Kristale s’exclame.
— Au fait ! Et notre charmant Marc!… Il faut le prévenir de mon triomphe !
Tout son corps se déplie et se tend vers la table de chevet pour se saisir de son téléphone …

A suivre : Chap. 61. Mystification

 

1 juillet 2018

Chap.57. Elle

Peu à peu, au fur et à mesure qu’elle descend l’escalier les derniers éclats de voix se meurent. Le silence se fait, à peine troublé par le tintement métallique du grelot qui pend à son cou. Les visages se lèvent vers elle. Elle n’ose pas regarder le groupe qui s’est brusquement immobilisé. Elle garde la tête baissée, fixant les marches qu’elle doit franchir une à une. Le cœur battant à tout rompre, lentement, résistant à une force invisible qui l’entraine vers le bas, elle pose ses pieds nus sur les degrés comme pour s’assurer de leur solidité avant de progresser. A trois marches du sol elle se risque à relever la tête et glisse un rapide coup d’œil en contrebas.
Ils sont là !
Ils l’attendent. Presque cérémonieusement. D’ailleurs leur accoutrement est celui d’une cérémonie. Ils sont tous vêtus d’un même peignoir blanc immaculé. Elle se refuse à les compter, mais ils sont nombreux bien plus qu’elle ne pouvait le concevoir. C’était tellement abstrait jusqu'à maintenant. Ils sont tous debout dans l’attente sauf deux femmes assises sur un sofa devant une table basse chargée de verres et de bouteilles de champagne. La plus altière, magnifique,  assise avec sophistication sur le rebord du divan porte son verre à ses lèvres tout en la détaillant de ses yeux de glace bleue. Instinctivement la jeune fille cherche le visage rassurant de la belle italienne qui l’a conduite ici. Elle se retourne à demi et lève les yeux vers le haut de l’escalier.
Personne !
Se méprenant sur son geste de recul la femme blonde se relève d’un coup en posant son verre précipitamment, elle franchit en quelques enjambées l’espace qui la sépare d’elle et s’engage sur l’escalier lui saisissant le poignet  prévenant ainsi tout retour en arrière, tout refus. Cette main froide sur son poignet scelle son destin. Elle ne peut plus faire demi-tour. Une traction lente mais ferme sur son bras l’oblige à achever sa descente. La femme aux cheveux de lin l’entraine vers le groupe d’homme  et, dans un mouvement de danse fluide, lâche sa main,  passe derrière elle, la pousse par les épaules,  l’oblige à faire encore un pas puis un autre, mécaniquement, vers les visages qui la suivent dans sa progression.
La femme se penche à son oreille et lui murmure  doucereusement des mots qui lui offrent une porte ouverte qui l’éloignera de ces hommes et ce qu’ils attendent d’elle.
Elle ne répond pas, se contentant de baisser la tête.
Le visage aux yeux d’aigue-marine se durcit. Elle la pousse dédaigneusement vers la meute  et d’un même mouvement regagne sa place sur le sofa, reprenant son verre, se désintéressant de son sort.
Maintenant seule la supplique hurlée de la jeune fille la sortira de son indifférence.

Dans un silence, seulement troublé par le battement de son cœur et la saveur acre de la peur au fond de sa gorge, comme un automate, les mains jointent nerveusement devant son ventre,  elle fait un pas vers les hommes figés dans leur attente.
Encouragés, ils se rapprochent et font cercle autour d’elle. Des mains se tendent.
Leurs gestes sont interrompus par un glapissement bref venu de derrière leur ligne compact
On leur enjoint de patienter.
Celui qui a osé briser le silence, s’avance, fendant le cercle et se campe devant elle. Il a un sourire narquois, satisfait. Cet homme elle le connait ! C’est lui qui a fait que tous sont réunis autour d’elle. Et elle lit dans ses yeux brillants de fièvre l’immense satisfaction de leur retrouvaille. Sans se départir de son sourire il tend deux doigts vers la ceinture de satin. Elle sait ce qu’il veut et laisse retomber ses mains de chaque cotés de ses hanches lui signifiant son assentiment.  Il s’empare d’un des bouts du ruban et tire dessus sèchement. Dans un doux chuintement la ceinture se dénoue et le peignoir de satin s’entrouvre  comme un calice, dévoilant à demi la rondeur sensuelle de ses seins et son ventre tendu. Cela ne lui suffit pas. D’un geste rapide du plat de la main, comme pour épousseter ses épaules,  il repousse les épaulettes du peignoir.  Le voile glisse avec légèreté sur le sol à peine retenu par les mains de la jeune fille.
La voici nue, fragile, au milieu du cercle menaçant qui se referme sur elle.
Elle frissonne, et instinctivement dans un geste de pudeur resserre ses mains devant son pubis glabre. Des murmures d’approbation, des petits rires retenus de connivence saluent l’apparition de son corps dénudé. Ils saluent la beauté dévoilée et convoitée car elle est belle dans sa retenue naturelle et elle le sait. Elle sait aussi que ces hommes sont là pour çà ! Pour s’approprier et plier à leurs désirs les plus bestiaux la poupée à la peau de lait et à la chevelure rousse qu’on leur offre en pâture. Une myriade de regards court sur sa peau, cela en est presque physique. Des frôlements concupiscents qui précédent leurs caresses indécentes.
Elle se pince les lèvres et relève la tête vers l’homme qui vient de la dévêtir. Elle prend une profonde inspiration qui fait refluer le rose de ses joues et entrouvre ses lèvres qui appellent aux baisers.
Encouragé, l’homme se penche sur elle, cherchant sa bouche.
Elle détourne vivement la tête refusant le baiser, mais elle n’esquisse pas de fuite, elle ne veut pas se lier à cet homme, ne pas lui donner le moindre signe d’estime.
Un grondement parcours le groupe et des rires amusés fusent.
La petite à du caractère.
Vexé, l’homme fait un pas en arrière en faisant signe à ses sbires qui encadrent la frêle jeune fille. Dans une entente parfaite, sans qu’il n’aye à prononcer une parole, ils se saisissent d’elle par les poignets et la force à se mettre à genoux en pesant sur ses épaules. Elle ne résiste pas. Le marbre du sol lui fait mal, elle allonge ses pieds comme une ballerine sur ses pointes pour en diminuer la pression sur ses genoux.
A son tour l’homme qui lui fait face dénoue la ceinture de son peignoir en en faisant jaillir la hampe turgescente de son désir trop longtemps contenu. Il s’approche et en pose le gland roide sur ses lèvres. Bien que cette demande de baiser soit bien plus indécente que la précédente, elle ne détourne pas la tête.
D’une voix rauque sourde, il lui ordonne d’ouvrir la bouche.
Elle ferme les yeux et s’exécute.
Il se précipite avec un grognement de bête en rut. Il veut lui faire payer son premier refus et assoir son autorité. La jeune fille ne se débat pas, on dirait même qu’elle met un point d’honneur à ne pas faillir. Maintenue crucifiée à genoux par les deux hommes qui ne l’ont pas lâchée, elle sait qu’elle est la proie sacrificielle et que ceux qui l’entourent et assistent à sa déchéance vont bientôt y participer ! Sans vergogne, il s’enfonce entre ses lèvres forçant sa gorge au plus profond. Le visage crispé par le haut le coeur de la jeune fille disparait entre ses jambes plaqué contre son ventre. Encouragé par la passivité de sa victime et au comble de l’excitation il se saisit d’elle par les cheveux et lui imprime un puissant mouvement de va et vient en cambrant les reins pour bien montrer à tous qu’il la possède et la domine le premier.
Mais il lui avait promis qu’il ne se contenterait pas de l’humilier, il voulait lui faire mal, la faire crier de douleur ou de plaisir, peu lui importe, mais la faire crier. Il se retire brusquement laissant sa proie haletante et cherchant à récupérer son souffle coupé par la violence de l’abjecte intromission. Un échange d’ordre rapide avec ses deux sbires et la voici trainée vers une des tables basses la plus proches. Toujours maintenue elle y est couchée à plat ventre sans ménagement, la croupe projetée, offerte aux injonctions de son assaillant. Son esprit tente de s’échapper dans un étrange déphasage. Elle se dit qu’au moins elle n’a plus mal aux genoux que l’épais tapis sur lequel on l’a entrainée est doux et moelleux, qu’elle aimerait si réfugier entièrement. Mais c’est sans compter les désirs pervers de l’homme qui la ramène brutalement à la réalité. A son tour il s’agenouille et se plaque contre elle. Du genou il lui écarte les jambes et sa verge mouillée de salive s’incruste dans le sillon moelleux des fesses de la jeune fille.Il se penche à son oreille et lui murmure ses envies. Il lui rappelle sa promesse, celle de lui forcer les reins de la faire jouir de cette manière parce qu’elle aimait cela. Et il ponctue chacune de ses paroles par un petit coup de reins qui fait glisser sa verge dans le sillon maintenant humide comme pour y chercher le chemin à emprunter.
Elle se mord les lèvres. Elle sait qu’elle ne peut y échapper et s’y résigne.
Mais pourquoi donc la maintiennent-ils encore ?
Bien que fait avec soin, la préparation de la belle esclave qui avait lavé et parfumé son corps au plus intime et assoupli ses orifices en une caresse langoureuse de ses doigts fins ne l’avait pas disposée à un aussi rude assaut. L’humidité ramenée de sa bouche n’est pas suffisant pour en faciliter l’intromission. L’homme y ajoute la sienne. Copieusement enduit le bélier de chair trouve sa place et de la tête presse contre la délicate rosette qui cède sous la poussée lente mais puissante, irrésistible. Elle baisse la tête en serrant les dents. Une tristesse immense se saisit d’elle en pensant qu’on était en train de forcer le chemin que seul son maître avait pris jusqu'à maintenant.  Tristesse suivi de révolte, de rage contenu. Elle ne veut rien laisser paraitre, elle ne sera que pantin sans vie sous les odieux assauts de l’homme. Elle ne lui fera pas le plaisir de jouir sous lui.
Mais c’est sans compter l’âcreté de l’homme qui compte bien la ramener à sa condition d’objet de plaisir répondant au sien. Comme il avait fait pour sa bouche, l’homme sûr de sa puissance et pressé  de lui démontrer ses projets, à peine introduit, à peine la fragile porte entrouverte, d’un puissant coup de rein, s’enfonce au plus profond, sans avertissement, sans préparation.
Sous la douleur fulgurante la jeune fille perd toute contenance. Dans un reflexe animal elle tente de se soustraire à la douleur en cambrant les reins, et, rejetant la tête en arrière, poussant un cri guttural.
Son cri semble agir comme un appel.
De spectateurs les hommes deviennent soudain acteurs. N’y tenant plus, fascinés par la scène, tenté par la bouche qui vient  de s’ouvrir devant lui,  l’homme le plus proche laisse à son tour tomber au sol son peignoir et dans un même mouvement lui pressente sa verge turgescente, la bâillonne de la plus licencieuse des façons. Il se glisse entre ses lèvres avec précipitation prévenant ainsi les prochains cris de réprobation de la jeune fille que l’on force. Les mains se tendent vers sa peau, la caressent, la palpent, la soupèsent comme pour s’assurer de sa réalité et de la qualité de la marchandise à laquelle on veut la réduire. Les plus hardis s’emparent de ses seins, en pince les tétons qui s’épanouissent et s’hérissent sous les caresses rugueuses. Quelqu’un vient de lancer une musique de fond pour souligner son calvaire. Incrédule, elle se surprend à l’identifier, Agnus Dei de Samuel barber. Son maître aurait pu faire ce choix ! Elle sourit à cette évocation, mais on ne lui laissera pas le loisir de se perdre dans la douce complainte. Des murmures montent puis des commentaires gras fusent, des rires de contentement, on lui fait comprendre qu’elle est belle et désirable et qu’il est bon qu’elle partage sa fraîcheur sans regimber avec la multitude qui s’impatiente. Un tourbillon de chair virevolte alors autour d’elle, si rapide que sa vision se trouble et que ses oreilles se ferment sous les sollicitations graveleuses. Elle plonge dans un univers cotonneux où son esprit se réfugie tandis que son corps n’est plus que poupée de chair entre les mains des hommes.

Dans une sarabande où la chorégraphie est rythmée par une lubricité échevelée, tour à tour ils vont forcer les chemins de plaisir de la jeune fille, défilant un à un, sollicitant les baisers les plus immondes, s’encourageant, s’invitant à partager leurs étreintes. Refoulant toutes retenues, l’humiliant ou la vénérant, la portant comme on porte une idole ils vont l’empaler sur un sexe érigé dans son attente. Une fois solidement enchâssée sur cet un autel païens un autre officiant s’introduit, forçant ses reins et rejoignant son ami à se saluer à l’intérieur de son ventre. On ne lui laissera pas le loisir de manifester sa surprise ou sa désapprobation, un troisième congénère la bâillonne de son sexe, violant ses lèvres, la forçant à en avaler la hampe turgescente à s’en étouffer. Ils ont cure de ses tentative d’échappement désordonnés, d’ailleurs ils faiblissent, ce se sont plus maintenant que réflexes de sauvegarde, d’inconfort, pauvre tentative de préservation de son corps souple de la fureur sexuelle qui s’abat sur elle.

Depuis combien de temps subit-elle les assauts répétés des hommes ?
Des corps fatigués, repus, gisent autour d’elle sur l’épais tapis ou vautrés dans des poses impudiques sur les sofas qui encadrent l’arène de son supplice.
Agenouillée à quatre pattes sur le sol, abruti de caresses, elle tremble d’épuisement. Elle est en sueur, ses cheveux défaits maculés de sperme, son corps marbré de griffure d’étreintes trop appuyées par le spasme des hommes qui jouissaient en elle. Ils en est encore pour solliciter ses faveurs. Un visage frôle le sien la tirant de sa torpeur. Il est jeune, il est beau, il lui murmure des phrases d’amours insensés à l’oreille, il la veut, encore et encore. Elle en rirait presque, si elle en avait encore la force. Ont-ils oubliés pourquoi ils étaient là ? Pourquoi ils violentaient et humiliaient son corps offert ? Ils semblent avoir renoncé à faire tomber l’ultime barrière. Le cri qui la libérerait de ses tourmenteurs.
Elle sait qu’elle a gagné ! Elle n’appellera pas au secours !

Libérée, une étincelle se réveille au fond d’elle. De l’étincelle nait un sourd brasier qui couve et cherche à se répandre consumant ses défenses. La tourmente passée, elle ne luttera plus contre ce feu intérieur qui court comme un feu liquide dans ses veines. Les murmures énamourés du jeune homme à son oreille de cotonneux deviennent plus net.
Il veut du plaisir ?
Elle se, saisit de son membre tendu, sa bouche s’arrondi et se fait gourmande. Maintenant c’est elle qui prend les commandes de cet orchestre de chair.
Impérativement, elle pousse l’homme sur le sofa le plus proche entre deux autres corps repus de ses caresses et s’empale sur le membre qu’elle vient d’ériger à son plaisir. Le jeune homme tout à son étonnement, surpris par la métamorphose  de la belle se laisse monter passivement, à peine pose-t-il ses mains sur les hanches de sa cavalière pour accompagner ses mouvements de rein. De gourds et maladroits les déhanché de la jeune fille se font plus profonds plus lascifs. Elle se dresse de toute sa hauteur les reins cambrés pour facilité le mouvement de piston qu’elle accélère langoureusement.
De sa bouche, muette sous les assauts précédents, s’échappe à présent une musique qui annonce le plaisir qui monte en elle. Elle le veut et elle le veut furieusement.
Autour d’elle les visages se relèvent un à un, des sourcils se froncent d’étonnement et de frustration. Comment ?  Eux qui n’ont pas réussi à tirer le moindre râle de plaisir de la poupée de chair.  Voici que lorsque tout semble consommé, sous leurs yeux ébahies, la jeune fille semble les défier et dévoilant sa véritable nature reprend le contrôle de son corps et le porte vers une jouissance qu’ils n’ont pas éveillé en elle !
La chevauché s’accélère. Elle se laisse envahir et submerger par le plaisir jusqu'à ce qu’un arc électrique la foudroie, la tétanise en une somptueuse sculpture de chair figée par l’orgasme qui la traverse. Elle ne retient pas un cri monté du plus profond d’elle. Les yeux grands ouverts fixant au zénith un soleil qu’elle seule peut voir, elle hurle sa joie, son plaisir, sa victoire.

Essoufflée, le corps ruisselant et tremblant encore empalée sur le jeune homme qui n’a pas joui, dans un geste de défi elle rejette ses cheveux de feu sur sa nuque,. Elle se dresse fièrement au dessus de la mêlée de corps enchevêtrés les toisant tous comme une walkyrie constatant sa victoire au milieu d’un champ de bataille.
Bravement, elle cherche du regard sa tourmenteuse.
Elle est là ! A quelque pas.
Leurs regards se défient. Le visage de la femme aux cheveux d’or liquide la scrute de toute son arrogance. Son visage est fermé, ses lèvres pincées sur une fureur contenue, ses yeux de glace bleue, fixes, irradient un feu de violence qui la tuerait d’un regard si sa nouvelle détermination ne lui servait de bouclier.
Mécaniquement, elle repose son verre a côté d’une bouteille vide. Elle se lève raide et, dédaigneuse, lui tourne le dos en s’éloignant pour quitter le champ de sa défaite.

A suivre: Chap. 58. Deuxième souffle.

18 février 2018

Chap. 55. Crescendo.

Je sursaute et me retourne vivement. Mes yeux confirment ce que j’avais entendu.
C’est Kristale !
Elle n’est pas seule.
Elle est accompagnée d’une femme que je connais. Nous nous sommes brièvement croisées a la Colombière l’année dernière.*
Toute vêtue de noir, les cheveux aile de corbeau aux reflets métalliques et un maquillage charbonneux. Elle tranche étrangement avec la blondeur ivoirine et l’ensemble de lin blanc de Kristale. Elle a une trentaine d’année peut être plus et son accoutrement me semble parfaitement étudié pour s’accorder avec le pelage du dogue noir qu’elle traine au bout d’une imposante laisse de cuir patinée par l’usage qui, après examen détaillé, se révélera être un long fouet de cuir tressé transformé en laisse.
C’est Maud, accompagnée de son molosse !
Laure et moi nous levons d’un seul élan de nos transats et prenons une pose respectueuse. Kristale dépose sur la table la plus proche un sac de plage qu’elle portait en bandoulière, et lance sans nous regarder.
— Alors ? Cela s’est bien passé ?
Aucun salut, aucun geste de courtoisie, de retrouvailles, tout se passe comme si son absence avait été effacée.
Elle fait un pas en avant.
— Viens là Isabelle !
Sans hésiter je vais à sa rencontre. Arrivée à sa hauteur elle me saisit par le coude et me force à me retourner. Je comprends que c’est pour s’assurer que Laure a bien suivie ses directives. Par-dessus mon épaule elle lui lance.
— Hé bien ! C’est une petite fouettée pour jouvencelle que tu lui as donné…
Perspicace, elle continue.
— Vous avez joué, n’est ce pas ?
Elle s’adresse à Laure qui ne ment jamais.
— Oui, Madame !
Elle prend alors Maud à partie.
— Regarde-moi çà ! Qu’est-ce-que tu en penses ?
Elle me tourne de nouveau pour présenter ma croupe à son amie. Je me retiens de lever les yeux au ciel. Je suis la seule à être nue et il est des plus humiliant d’être ainsi montrée comme un bibelot. Je garde la tête baissée et les mains jointes sur mon ventre en une attitude marquant ma résignation, le poing gauche dans ma main droite. Maud s’approche. Le dogue la suit et se met à me flairer les mollets. Je serre les dents. J’ai peur des chiens. La truffe froide insiste et se balade jusque au dessus du genou, puis m’abandonne, soulagée.
— Quand a été donnée la punition ?
Laure répond immédiatement
— Hier soir, Madame !
« Madame ». Maud a donc bien le statut de maîtresse.
— Effectivement, ce n’est pas bien méchant… Tu as retenu ta main ?
Mon visage se décompose. On voit bien que ce n’est pas elle qui a reçu les coups.
Laure qui me fait face tente de se justifier, se tourne vers Kristale.
— J’ai pensé qu’il ne fallait pas trop la… défigurer… pour ce soir !
Kristale n’est pas convaincue par l’argumentation.
— Mouais ! Bien !  On va remédier à çà ! Laure, va me chercher la cravache… Et pas la badine hein !… Trop fine !
La Kajira s’éloigne avec empressement.
Kristale me saisit par le bras et me traine jusqu'à la table libre la plus proche.  Elle empoigne mes cheveux, les regroupe au dessus de ma tête et tirant dessus me force à me pencher sur la surface métallique. Mes seins entrent en contact avec la surface glacée, mais je ne proteste pas. D’un même geste elle s’empare de mes mains et me les ramène dans le dos. La bascule me fait poser la joue sur le métal froid  mes cheveux retombent sur mon visage et m’aveuglent. Je plonge dans une vapeur de lumière pourpre qui sourd entre mes mèches rousses. Je sais pourquoi je suis ainsi exposée. Je garde les jambes serrées.
—Cela te dit d’exercer tes talents sur ce joli cul, ma chérie ?
La réponse de Maud ne se fait pas attendre
— J’y pensais justement.
—  Viens, caresse-moi çà ! Comme elle est douce !
Une main froide se pose sur mes reins et parcourt les globes de mes fesses outrageusement projetés comme pour en jauger les possibilités.
— Cela va être un vrai plaisir. Elle donne vraiment envie.
Tout en continuant à me tenir les poignets fermement Kristale se place face à moi en s’asseyant sur une chaise libre. Son visage se rapproche, je sens son souffle sur ma nuque prés de mon oreille. Elle murmure.
— Maud va s’occuper de toi !
— Tu ne veux pas que j’utilise mon fouet ?
Et je sens la laisse du chien qui se promène sur mes cuisses tendues.
Kristale a un moment d’hésitation
— Non ! Çà va être un peu fort ! Laure a raison, il ne faut pas trop la défigurer  pour ce soir… D’autant plus que ces messieurs vont lui administrer une autre volée.
Je me pince les lèvres pour ne pas penser à cette échéance.
Je n’ai pas entendu les pas de Laure, Féline.
— Merci Laure !
— Une barre de cuir se pose sur le haut de mes fesses s’y appuyant fortement pour bien me faire comprendre que c’était là l’instrument de mon prochain tourment.
Maud s’exclame.
— Je veux qu’elle compte !
Le souffle de Kristale sur mon oreille.
— Tu as compris Isabelle ?
Bien sur que j’ai compris, Maud veut ajouter mon humiliation à son plaisir. Mais je ne réponds pas à Maud et murmure à l’intention de Kristale.
— Oui, Madame !
Maud a perçu mon acceptation du bout des lèvres et c’est une trainée de feu qui y répond. Je sursaute de tout mon corps, me cabre violement et  ne peux retenir une ruade et un cri de douleur tellement le coup est violent.  Sursaut jugulé par l’étreinte de Kristale sur mes poignets. Mon visage retombe sur la table. J’halète de souffrance tandis qu’un feu liquide sourd de la morsure de la cravache et se répand sur mes reins. Je fais une grimace et mon corps se tend comme un arc en attendant le deuxième choc.
Mais il ne vient pas.
—Alors ?
Kristale me rappelle à l’ordre. Je dois égrener les coups de mon tourment.
Je souffle
— Un !
— Plus fort !
— Un !
— Crie-le !
— UN !
A peine hurlé le début du décompte qu’un nouveau sillon de feu s’ouvre sur le haut de ma croupe. Encore une fois la douleur vibrante est si intense que je ne peux m’empêcher de hurler. Ma raison s’abolie. Croyant m’attirer les bonnes grâces de Maud mon cri se termine par un…
— DEUX !
Cela n’a pas attendrit mon bourreau, qui n’a cure des larmes qui jaillissent de mes yeux écarquillés par la souffrance.
—TROIS !
Le monde se recroqueville et se réduit au bas de mon dos et de l’incandescente douleur qui irradie a la surface de ma peau.
— QUATRE !

— CINQ !
Au fil des coups La douleur s’estompe laissant place à une sorte de vacuité de mon corps. Je ne serais bientôt plus qu’une plaie ouverte qui reçoit le stick de cuir à pleine volé sans sourciller, parce que la douleur accumulée est plus forte que celle reçue. Même mes hurlements s’estompent et finiront par mourir.
— Neuf !
Je n’arrive plus à crier et ma raison vacillante n’arrive même plus à souhaiter que cela s’arrête. Seul le fil de mon décompte me rattache encore à la réalité
— Qua..tor.. ze !
Je perçois à peine la voix de Kristale qu'estompent les brumes délétères de mon supplice.
—Attends ! Arrête !
Elle s’adresse à Maud.
Me laissant groggy, elle se lève, me lâche les mains qui retombent de chaque cotés de mes hanches, inertes, puis crie d’une voix forte.
— Bonjour, monsieur Hector !… Je vous ne vous avais pas vu… Vous allez bien ?...
Derrière moi une voix lointaine, inintelligible, lui répond.
Elle insiste.
— Approchez donc !
Mon sang se glace.
Comme par enchantement la brulure de mes reins reflue et la douleur résiduelle s’estompe en une sourde chaleur palpitante. Instinctivement je serre les genoux. Le jardinier que j’ai croisé dans le jardin, a qui j’ai servi mon image la plus prude, la plus timide et embarrassée. Celui a qui je m’évertuais de cacher au mieux ma féminité et surtout les marques de ma croupe, va me voir entièrement nue, renversée sur une table de jardin, les fesses striées, projetées, offertes à la contemplation de tout à chacun, impudique.  Je me pince les lèvres de frustration et plisse les yeux pour en expulser les dernières larmes qui s’écrasent sur la table.
Des pas lourds et trainants, se rapprochent derrières moi.
Kristale a le don, et le goût,  de me mettre dans les pires embarras.
— M. Hector ! Toujours aussi matinal !
Une voix bourrue mais respectueuse lui réponds.
— Il faut bien çà M’dame, après il fera trop chaud… Je viens de terminer la taille du cornouiller… Il a gelé ce printemps… Il ne fera pas de fleurs.
—C’est bien dommage ! C’est rare les gelées ici, pas de chance ! Peut-être faudra-t-il le changer de place !
— Oui M’dame, çà serait préférable, peut-être le mettre prés du…
Je m’échappe dans mes pensées tout en essayant de ne pas bouger, réduisant même ma respiration au minimum. Se faire invisible, du moins en esprit. Comme si mon immobilité pouvait détourner l’attention du jardinier de la jeune fille nue qui lui tourne le dos et lui offre le spectacle de son humiliation.
— Elle est jolie n’est ce pas ?
L’homme a un raclement de gorge.
Je l’imagine embarrassé par Kristale qui vient de surprendre un regard furtif sur ma croupe offerte, pendant leur conversation horticole.
— Oui M’dame… Je lui ai déjà dit… Tout à l’heure !
— Ha ! Vous vous êtes déjà rencontré ?
— Dans le jardin M’dame !
Un silence puis elle lance à brûle pourpoint.
— Elle vous fait envie ?
Je me pince les lèvres un peu plus fortement. Maud vient s’assoir à ma droite et s’accoude sur la table. Elle repousse mes cheveux sur ma nuque pour contempler mon visage en silence et me lance un clin d’œil, elle a deviné le jeu de Kristale.
Le jardinier a un silence embarrassé.
— Elle ne vous tente pas M. Hector ?
— Oh que oui, M’dame ! Mais je ne sais si...
Kristale pose une main sur mon épaule et ne lui laisse pas le temps de terminer.
— He bien, elle est à vous !
Elle semble se raviser, et s’adresse directement à moi.
— Enfin ! Si Mademoiselle Isabelle n’y voit pas d’inconvénient !... Si elle ne prononce pas les mots que j’attends d’elle !
Nous y voilà ! Je sais que Kristale utilisera tous moyens pour me faire révéler le mot de passe qui verrouille ma soumission. M’offrir en pâture au vieux jardinier de la maison et m’humilier un peu plus, en fait partie.
— Alors, Mademoiselle ?
Malgré la honte intense qui s’empare de moi, et consciente de ne pas faillir à mon Maître, je n’hésite pas.
— Oui, Madame !
Kristale est surprise.
— Oui… Quoi ?
Pense-t-elle que je vais lui donner ce qu’elle attend de moi ?
— Oui… Je n’y vois pas d’inconvénient, Madame !
Et intérieurement, résignée, je me prépare déjà à l’assaut qui ne va pas manquer de se produire.
Elle  réplique immédiatement, comme pour elle-même.
— Oui bien sur, je ne m’attendais pas à cela aussi facilement. Tu préfères faire ta chienne jusqu’au bout… On verra bien çà !
Puis elle s’adresse directement au jardinier.
— Elle est à vous Hector ! Elle est d’accord… Mais s’il vous plait, n’enlevez pas vos gants, cette jeune fille à du piquant !
Je sens un mouvement derrière moi. Un temps de latence, un grognement dépité d’Hector.
Amusée, Kristale s’exclame.
— Ha oui, je vois!…Comme la derniere fois ?... Laure tu aides Monsieur Hector ! Mets le en forme et introduit le !
Laure s’approche, ses longs cheveux frôlent mes cuisses et je devine qu’elle s’agenouille.
Je ferme les yeux et imagine la Kajira s’exécutant, ouvrant le pantalon de velours côtelé du jardinier et s’activant des lèvres de son mieux pour affermir la virilité déclinante du vieil homme. Et je sais qu’elle est maitresse en la matière.
Le silence se fait autour d’un discret bruit de succion et des grognements montant de l’homme. Parvenue à ses fins, Laure se relève rapidement, sa main glisse entre mes jambes. Pressée, elle me griffe peu mais ce n’est rien en comparaison du feu qui a envahi tout mon postérieur et pulse sourdement. Je sens ses doigts qui écartent sans ménagement mes lèvres humides et y présente le gland d’ivoire qu’elle a poli consciencieusement de la bouche. Ainsi guidé l’homme n’a plus qu’a forcer l’entrée moite qui lui est offert.
Ce qu’il fait avec précipitation. Sa progression est fulgurante. Peu sûr de la duré de ses capacités, il veut manifestement en profiter pleinement. Et c’est en un instant qu’il se loge à l’intérieur de mon fourreau, si fichant profondément. Sous l’âpreté de l’assaut, mes cuisses cognent contre la table de fer. Je serre les poings et me mords un peu plus les lèvres. Malgré son âge il a une taille suffisante pour me combler au plus profond et assez de vigueur pour me le faire sentir. Ses deux mains gantés de cuir râpeux s’emparent de mes hanches et tire violement dessus pour augmenter encore un peu plus sa pénétration. Parfaitement installé en moi il entame alors un pilonnage frénétique rythmé par un borborygme incompréhensible dans lequel je crois deviner les compliments qu’il me destine. — Hooo ! la salope… La pt’ite salooope, hmm, Hmm, la salope…
 Il n’a fallu qu’un instant pour que le jardinier affable, le courtois vieil homme, emporté par son désir libidineux, perde toute retenue et se transforme en satyre rustique à l’empressement grossier.
Mon esprit s’évade, et flotte au dessus de la scène du jardinier chapeau de paille élimé vissé sur la tête, la verge à peine sortie de son pantalon de velours plantée entre mes jambes, qui me pilonne consciencieusement dans des râles gutturaux. Laure s’est détournée, aussi indifférente à ma déchéance que le grand chien noir couché paresseusement  à ses pieds. Maud et Kristale le sourire triomphant, hautaines, affichant un feint écœurement, échangent des clins d’œil complices par-dessus mon corps offert au caresses rugueuses des gants de cuir, contentes de l’épreuve supplémentaires qu’elles m’imposent.
Tous cela je n’en ai cure…
Je m’échappe…
Comme à mon habitude !

* Une Saison d’Airain, Chap. 50. Canary Bay.

A suivre : Chap. 56. La Meute.

 

26 décembre 2017

Chap. 53. Les feux de la nuit

Distraitement j’observe la chambre qui m’a été désignée. Un peu désuète, des papiers peints fleuris et de lourds rideaux de velours mordorés qui bordent les deux fenêtres entrouvertes sur la nuit. Le jardin est encore illuminé. La piscine émet une lueur iridescente, hypnotique. Mon jeun commence à faire ses effets, je me sens légère, détachée du monde.
Le lien de chanvre me pince la peau du poignet gauche, surprise, je lance un petit cri de protestation. L’étreinte se relâche et le doigt de Laure se glisse entre le lien et ma peau pour en vérifier la tension. Nous échangeons un sourire de compassion et de compréhension. Tandis qu’elle s’affaire, mon attention se reporte devant moi. Je suis face à un lit à baldaquin lourd et massif garnie d’un volumineux édredon qui s’accorde parfaitement à la chambre, mes cuisses nues s’appuient sur le pied de lit sculpté et Laure entreprend de lier mon poignet droit à l’épaisse colonne qui soutient le ciel du lit.

— Tu veux que je t’attache ?
La question m'est posée à brûle pourpoint pendant qu’elle me faisait visiter ma chambre. Devant mon regard d’incompréhension, elle précise.
— Pour te fouetter. Tu veux que je t’attache ?
— Je… Je ne sais pas… Tu crois que c’est nécessaire ?
Elle a une petite moue rieuse en détournant le regard
— J’aimerais bien !
La candeur de la Kajira me désarçonne.
— Ha ? Alors d’accord ! Tu peux !
Et je me rends compte immédiatement que je viens de donner mon autorisation. Nous ne sommes pas ici dans un rapport de maître à soumise et cela me laisse dans l’expectative.

Il ne faut pas longtemps à Laure pour achever de me lier fermement les poignets aux colonnes du baldaquin. Crucifiée, je laisse tomber ma tête dans une attitude de totale résignation. Je joins fermement mes cuisses et me cambre pour tendre ma croupe comme se doit de le faire une soumise promise au fouet. Laure parfait ma posture en glissant ses mains sur mes cuisses pour en tendre les genoux et appuie sur mes reins pour en accentuer la cambrure. Je ferme les yeux et l’entends ouvrir un autre tiroir de la même commode où elle a trouvé les liens de chanvre. Elle revient vers moi et cette fois c’est une caresse de cuir glacé qui se met à courir sur mon dos. Une caresse, promesse de souffrance.
—  Combien ?
Sa voix est froide, impersonnelle. Comme si tout à coup elle prenait une distance avec moi. Elle a juste une tâche à accomplir dans le jeu de Kristale.
Je balbutie
— Que… Combien quoi ?
— He bien ! Combien de coups de fouet ? Six,  neuf, douze, quinze… ?
Une chape de chaleur me tombe sur les reins et mon esprit se met à tourner à toute vitesse. Quoi ! On me donne à choisir ?
Je devine immédiatement le piège et le supplice moral qu’il implique.
Trop peu et je risque le plus !
Je sais que cela va par trois. Ça, Mon Maître me l’a appris.  J’essaye de me souvenir ma dernière incartade qui a conduis à une flagellation. Je n’ai pas compté, mais je sais que cela a duré une éternité.
Je déglutis et me mord les lèvres d’indécision. Je relève la tête et cherche à voir ce que tient Laure entre ses mains. Elle a saisi mon regard et tend son bras en face de moi.
En fait de fouet il s’agit plutôt d’une badine de cuir tressé. Très mince mais nerveuse sur toute sa longueur et terminé par une fine boucle de cuir. La main de Laure en tiens fermement le manche  et l’agite doucement devant mes yeux.
— Alors ?
Je connais ce type de badine. Bien utilisée sa finesse permet des coups nombreux et terriblement cinglants sans que cela ne marque trop. Un peu comme les cordes de nylon d’une corde à sauter qui, gamine, me cinglaient les mollets et parfois les cuisses lorsque je n’étais pas assez rapide.
Je cherche à accrocher le regard de ma tortionnaire et lance avec une moue interrogative.
— Douze ?
Laure a un large sourire
— C’est ce que j’aurais choisi aussi !
 J’ai à peine le temps de voir la badine disparaître de mon champ de vision qu’un long trait de feu incendie le bas de mon dos. Le claquement de la deuxième  volée couvre mon cri de surprise et j’ai à peine le temps de me crisper de tout mon corps que déjà le troisième coup ouvre un sillon brulant au creux de mes reins.
Je suis sur le point de protester, de montrer ma désapprobation à cet assaut sans avertissement  que ma bouche s’ouvre sur un nouveau cri de douleur figé. Une nouvelle série de trois cinglées assenées sans retenue me coupe littéralement en deux.
Cette fois je cris de tout mon être et implore la Kajira de tempérer sa main.
Une sueur malsaine me couvre la peau et je tremble de tout mon corps et tente de reprendre mon souffle, haletante.
Une main fraîche se pose sur ma croupe endolorie.
— Allons Isabelle ! On en est déjà à la moitié. Tu voudrais que cela aille moins Vite ?
Je tire sur mes liens et tente de reprendre mon souffle profitant de l’accalmie. Je balbutie.
— Ho Oui !… Non ! … Non, mais …
Ma respiration saccadée parle pour moi.
La main de Laure de ma croupe glisse entre mes jambes. Les ongles de ses doigts curieux frôlent la rosette de mon anus et sans s’y attarder cherchent les lèvres sirupeuses de mon ventre offert. Tandis qu’elle tente de s’introduire  en moi, spontanément, j’écarte les jambes. Profitant de cette renonciation, elle s’enfonce sans vergogne dans le fourreau brûlant que je sais nappé de l’onctuosité du plaisir coupable, irrépressible, impossible à dissimuler à sa main
Elle a un petit rire de complicité et se penche sur mon oreille en murmurant.
— Cela te fait toujours cet effet là, le fouet ?
Honteuse d’exposer ainsi le plaisir que je prends sous sa main, je gémis dans un soupir de résignation coupable.
— Oui !
Gardant deux doigts profondément enfoncé en moi elle entame, de son auriculaire replié, un mouvement rapide, frictionnant le bourgeon turgescent de mon clitoris outrageusement gonflé. L’effet est immédiat. Une envolée de  papillons électriques  crépite dans mon ventre tourbillonnant jusque dans ma nuque. J’inspire profondément  pour masquer un soupir de plaisir.
— On continue ?
Je reprends un peu mes esprits, mais cherche à rester dans la vacuité doucereuse de ses caresses.
— Je… Oui… oui
je dernier oui meurt sur mes lèvres, comme à regrets. Ses doigts se retirent lentement pour aller enduire le manche de la badine de ma liqueur de cyprine. Je resserre les jambes pour protéger la tendre fleur des coups qui ne manqueront pas de la flétrir si je la laisse ainsi exposée.

— Sept !
J’ai à peine le temps de comprendre que Laure reprends le compte à haute voix qu’une traînée de feu cingle le bas de mon dos, juste à la limite de la taille.
— Huit !
Une lame rougie s’abat sur le haut de mes cuisses au pli le plus tendre. J’ai un rictus de douleur mais je retiens un cri en inspirant farouchement de l’air entre mes dents serrées. Je me hisse sur la pointe des pieds en attendant le coup  suivant qui je le sais ne vas pas se faire attendre.
— Neuf !
J’ai l’impression que la lanière de cuir me coupe en deux. Laure n’a pas retenu sa main et la badine a ouvert un nouveau sillon de feu juste au dessous du premier coup encore cuisant. Cette fois je ne retiens pas mon cri et je rue, me tortille sous la douleur. Mais les liens de chanvre me maintiennent fermement au baldaquin et mes  vaines confortions ne me feront pas échapper à la prochaine volée.
— Dix !
Courage ! Je serre les dents tandis que la lanière s’écrase au beau milieu de mes fesses
— Onze !
Un trait de feu grésillant manque de peu ma fleur exposée mais protégée entre les deux globes protecteurs qui encaissent les dommages du coup à sa place. Je ne retiens pas une larme qui roule et s’écrase sur le pied de lit de bois sculpté. Mais je ne crierais plus !
— Douze !
Je reçois avec soulagement la dernière morsure de braise qui me fait ployer les genoux sous le choc. Pour la dernière, cette fois encore, Laure ne s’est pas retenu.

C’est enfin fini !
Je me redresse et dégluti avec peine. Une feu intense court sur mon dos et incendie mon ventre et mon entrejambe. Je ferme les yeux pour goûter l’embrasement sourd d’un  plaisir trouble qui me laisse abasourdie.
Laure entreprend de me délier.
Mes bras retombent le long de mon corps. Instinctivement, je passe mes mains sur mes hanches et mes fesses à la recherche des scarifications que le fouet n’a pas manqué d’y laisser et me dirige vers le miroir qui orne un immense bahut de chêne cérusé en face du lit. Je me cambre lui offrant ma croupe et me contorsionne pour contempler par-dessus mon épaule l’étendue du ravage.
A mon grand étonnement je n’y contemple que de longues estafilades roses sur ma peau de lait qui s’estompent déjà. Bien plus vite que le feu intérieur qu’elles ont allumé. Je me retourne vers Laure ravie que son ouvrage n’ait pas défigurer mon dos.
Elle me répond d’une voix enjouée.
— Cela te va ? Tu es contente ?  Je ne t’ai pas trop abimée ?
— Je… Non ! Non… Merci !
Elle jette nonchalamment la badine dans un coin de la pièce.
— Du bon travail… Et tout travail mérite salaire !
Le plus naturellement du monde elle dénoue le peignoir qu’elle porte depuis sa sortie de la piscine. Il glisse à ses pieds la laissant nue. Sans se retourner, elle s’assoie sur le lit et d’un lascif mouvement de reptation sur les coudes s’enfonce dans l’édredon se calant au beau milieu du lit, offerte, comme le serait un bijou de chair  au milieu d’un écrin de satin. Impudique, elle écarte largement les cuisses dévoilant un fruit charnu parfaitement glabre fendu de pourpre qui laisse sourdre un filet de jus opalin. Elle aussi a pris son plaisir à me fouetter ! Et l’invite est clairement faite de le lui prolonger d’une manière la plus douce.
— Viens là !
Ses yeux sombres pétillent de malice et c’est comme hypnotisée par la sculpturale Kajira je m’approche lentement du lit. Je  butte contre le montant de satin et y pose un genou. Je me penche. Un parfum intense de cannelle et de musc me monte au visage. Je bascule au ralentie en montant mon deuxième genou sur le lit et m’y voici cul par-dessus tête à y happer à pleine bouche le fruit offert. Mon cœur chavire lorsque mon menton se mouille et que mes dents rencontre le clitoris turgescent déclenchant une ruade de Laure qui se cambre et enfonce ses doigts dans mes cheveux roux, me forçant à boire à la source qui, je le sais, loin de les éteindre, ne pourra qu’embraser un peu plus les feux de la nuit.

A suivre : Chap. 54. Une biche aux abois.

 

16 juillet 2017

Chap. 51. Les sphères célestes.

Sans un bruit, Laure s’approche. Elle se glisse entre le sofa et la table basse où je suis agenouillée. Elle nous touche presque et son ventre parfaitement épilé se tend vers mon visage exhalant  une bouffée de parfum d’épices et de fleurs précieuses. Restant debout, elle écarte les jambes autant que lui laisse possible l’espace entre les deux meubles et glisse ses mains dans le dos. Attentive.
Kristale ne résiste pas à l’envie, et d’une main nonchalante se saisit de la cuisse de la belle italienne, la caressant comme elle le ferait d’un animal de compagnie.
— Bien … Reprenons les choses sérieuses !
Elle glisse une langue gourmande sur ses lèvres.
— Laure va s’occuper de toi suivant une règle stricte. Comme je te l’ai dit tu seras fouettée deux fois. Une fois le matin et une fois le soir… Peut-être plus, si nécessaire, ou suivant mes envies.
Comme je ne proteste pas, elle continue.
— De plus, à partir de maintenant tu ne prononceras aucun mots à part « oui »  et bien sûr celui que j’attends de toi.
Elle a un sourire de connivence à mon endroit, enlace la cuisse tendue de la belle et y pose la joue.
— Laure va te préparer pour ces quatre jours. Elle s’occupera de ta toilette, aussi bien courante, qu’intime. Je te veux parfaitement préparée et disponible à toutes les envies des hommes que tu vas combler demain soir. Ce qui inclut tes reins qui devront être libre et dégagés… Laure sait ce qu’elle a faire. Et pour ne pas gâcher cela tu resteras à jeun tout ce temps. Tu ne seras nourrie que de café, de bouillon et du sperme de tes amants.
Mon estomac se contracte et je contiens un sursaut nauséeux.
Kristale a perçu mon trouble. Elle a un petit sourire machiavélique et sa caresse sur la cuisse de Laure se fait plus ample, plus pressante.
— Tu vois le programme est simple, mais ne t’y trompes pas ! Je te réserve quelques surprises… Pas forcement agréables. Je ne perds pas de vue mon objectif de te faire avouer ton mot de passe.
Mais tu peux échapper à cela dés à présent.
Elle me lance un clin d’œil interrogateur.
Je reste cloîtrée dans mon mutisme.
Froissée, elle relâche la cuisse de Laure et se rejette au fond du sofa. Son regard se porte au loin, à l’extérieur comme si, maintenant, elle se désintéressait de mon sort.
— Occupes-toi d’elle ! Nous partons dans deux heures !
Sans une hésitation Laure tend une main vers moi, paume vers le haut, pour m’inviter à la suivre. Je me redresse et me déplie, un peu flageolante. La perspective de m’éloigner de Kristale me soulage un peu.  La main fraiche de la belle italienne se pose sur mes reins pour m’accompagner et nos hanches nues se frôlent. Ce contact lénifiant me rassure.
Un ordre bref, presque aboyé, dans notre dos lorsque nous prenons la direction de la salle d’eau.
— Et, pas de caresses !
La main me quitte immédiatement.

Il n’est pas un endroit de mon corps qui n’a été le fruit d’un lavage méticuleux de la part de Laure. Sans un mot en me guidant uniquement de gestes doux mais fermes. J’ai renoncé à lui dire qu’Ignés avait déjà procédé ce matin à un lavage méticuleux. Mon entrejambes encore rose de l’épilation à la cire qu’elle avait prodiguée en témoignait. J’y ai renoncé surtout quand armée d’une canule elle a entrepris de débarrasser mes entrailles de la moindres des souillures qui pouvait y stagner.
Pourquoi n’ai-je pas eu honte lorsque je me débarrassais sous ses yeux imperturbables des derniers vestiges du précédent repas ? Peut-être parce que déjà j’endossais mon statut de chose, sans état d’âme.
La belle Kajira a poussé la méticulosité jusqu'à introduire un, puis deux doigts enduits d’un baume parfumé dans mon anus en les tournant dans tous les sens pour les ressortir absolumentt propre, justifiant le parfait de son acte.
Je n’ai pas protesté, je n’ai pas crié, juste serré les dents un peu plus fort.
Sans état d’âme. Elle a fait ce qu’elle avait à faire avec des gestes presque médicaux. Sans un mot, la belle esclave a procédé à ma purification.
Et c’est avec la même méticulosité qu’elle m’a habillé.
Une petite culotte blanche, ce qui me fait froncer les sourcils. Apparemment les règles à respecter ne seront pas les mêmes que celles de Mon Maître à qui je devais prouver ma disponibilité à chaque instant. Mon étonnement a grandis lorsqu’elle ma aidé à enfiler un jean épais et serré. Un chemisier blanc brodé, un peu désuet,  complète et finalise mon habillage. Mes cheveux ont été ramenés en arrière en une queue de cheval attachée haute sur mon crane. C’est une fois achevé ce rituel d’habillage que Laure a daigné ouvrir la bouche et lancer avec cet accent italien qui me charme.
— C’est bien ! Tu me suis, il faut que je te trouve un blouson à ta taille !
Je fronce à nouveau les sourcils en un signe d’incompréhension. La Kajira sourit.
— Je t’emmène sur ma moto… Ordre de Kristale !
Devant mon attitude circonspecte, elle continue.
— Tu es une championne d’équitation ?
— Oui !
Le seul mot que j’ai le droit de prononcer.
— La moto c’est pareil ! Comme la danse aussi, tu tiens mes hanches et tu suis mes mouvements sans les contrarier. Je hoche la tête, dubitative, cela n’a pas l’air bien compliqué.

Sous les semelles de mes mocassins le gravier de l’allée glisse comme des nuages. Je me sens légère, pure, débarrassée de tous ce qui me lie à la terre et ses souillures. Je suis dévotement la belle Kajira. Seul le poids du blouson de cuir épais et du casque de moto que je tiens au bout de mon bras m’empêche de m’envoler.
Nous nous approchons de l’entrée où se tiens Kristale, fermement campé devant le monstre mécanique de Laure. Elle tient nonchalamment un petit coffret sous le bras. Elle fait un pas vers moi.
— Baisse ton pantalon à mi-cuisse et écarte les jambes !
Sur mon nuage, je ne suis même pas étonnée de l’interpellation et vais pour déposer le casque par terre et m’exécuter. Laure se précipite et intercepte le casque avant qu’il ne touche le sol et me l’arrache presque rageusement évitant in extremis son contact avec le gravier et la probable rayure qui en aurait suivie.
Je me redresse et entreprends de déboutonner mon jean.
Kristale ouvre le coffret de bois d’acajou et en dévoile le contenu.
Deux sphères d’argent finement ciselées de motifs non répétitif que je n’arrive pas à décrypter tant le soleil accroche et difracte sur leurs surfaces brillantes. Elles ont la taille de gros abricots et sont reliées entre elles par une épaisse chaîne d’argent également. Chaîne qui se prolonge et se love sur le côté du lit de satin noir dans lequel elles sont précieusement couchées.
La boite ouverte, posée à plat dans sa main gauche, Kristale plie un genou pour se retrouver face à mon ventre dénudé. Elle se saisit d’une des boules et avec la dextérité d’une longue expérience la présente entre mes jambes. Une poussée précise et les lèvres de mon sexe s’écartent, gobant la sphère comme la bouche le ferait d’un raisin. Ses deux doigts la suivent et je sens progresser dans mon vagin la sphère froide qui se réchauffe rapidement. Posant la boite sur le sol, entre mes pieds, et gardant plaquée sa main droite sur mon ventre, deux doigts à demi introduit comme pour garantir l’éventuelle expulsion de la première sphère, elle glisse entre me jambes dans un mouvement compliqué de sa main gauche contournant et enlaçant  ma cuisses par dessus ma culotte baissée  et vient se  saisir  du deuxième globe posé sagement dans sa boite. La sphère coulisse le long de la chaîne qui pend entre mes jambes pour rejoindre sa jumelle. Mais elle n’en prend pas le même chemin et vient se présenter à l’orée de mon anus. Je me crispe, mais n’ai pas le temps de protester. L’onguent dont Laure a enduit le passage en facilite l’intromission. A peine ai-je le temps mesurer la dilatation de la porte étroite que déjà elle remonte en moi et se loge douillettement contre la paroi qui la sépare de sa sœur de chaine. Rapidement Kristale remonte la petite culotte blanche parfaitement serrée et ajustée, culotte dont je comprends maintenant la fonction, et libérant ainsi ses mains prend le temps d’ajuster la longue chaine  entre mes fesses en en ceignant ma taille.
Satisfaite de son ouvrage Kristale se relève  et sans même me regarder se détourne et s’éloigne lançant un dédaigneux « Bon voyage !», me laissant rajuster seule mon pantalon aussi serré que ma petite culotte et qui parfait ainsi l’emprisonnement des deux sphères dans mes entrailles.
Je me tourne vers La Kajira qui a déjà enfilé son casque et me fait signe de faire de même en me désignant le mien posé sur la moto. Mortifiée, mais soucieuse de le cacher, Je vais pour faire un pas décidé vers elle. Je suis stoppée net. Ce seul mouvement  a fait s’animer les globes en moi et c’est comme si un fantôme venais de me caresser, me posséder d’une manière des plus intime, des plus indécente. Je me fige et me cabre en écarquillant les yeux et les doigts de mes mains vers l’avant comme pour repousser cet amant imaginaire. A ma frimousse déconfite Laure éclate de rire et se saisit de mon casque qu’elle vient m’aider à ajuster.
Les deux pas qui me séparent de la moto sont plus facile, mais pas les moins surprenant de sensation. Enfourcher la Ducati en écartant les jambes et les resserrer sur les flancs de la machine en empoignant la hanche de Laure l’a été encore davantage. Mais c’est lorsque laure a mis le contact de son Monster que j’ai compris l’étendue de ce qui m’attendait. Les vibrations sourdes de la puissante mécanique ont fait prendre vie au deux sphères lubriques en faisant tressauter la grenaille qui s’agite en elle, me communiquant leur fébrile agitation. Mes yeux se révulsent de surprise. C’est une flamme de plaisir contenu qui nait entre mes jambes me pénètre si intimement que c’est tout mon corps qui vibre à l’unisson.
Je pose ma tête sur l’épaule de Laure. Nos casques se cognent doucement. Mes mains se crispent une peu plus sur ses hanches.
Le roadster franchit les grilles de la Colombière qui se referment lentement derriere nous et s’engage en accélérant sur le ruban d’asphalte qui fuit vers Montpellier.
Combien de temps cette chevauchée ?
Une heure ?
Une heure et demie ?
Deux…Peut-être !

A suivre : Chap. 52. La Galinière

24 mai 2017

Chap. 50. Jacquerie.

Kristale tend son bras vers mon visage, le téléphone posé à plat sur sa paume. L’écran luit doucement d’une lumière froide, menaçante. L’invite est suffisamment éloquente pour qu’elle n’ait rien à dire. Lentement, je déplie mes bras de derrière mon dos et me saisis de l’appareil. Une courte inspiration pour essayer de me détendre. Je le porte à mon oreille et lance d’une voix blanche.
— Oui.
Je ressens l’immense jubilation que porte la voix qui me répond.
— Isabelle ? Isabelle la rouquine !  C’est bien toi ?
— Oui.
Un rire gras me fait écho, un rire qui se meurt dans un hum de satisfaction.
Un court silence puis.
— On ne t’a pas appris à dire « Oui, Monsieur » ?
Je regarde Kristale qui vient de se recroqueviller sur le divan  entourant son genou replié de ses mains jointes, elle m’observe, un demi-sourire de connivence aux coins des lèvres.
— Oui. Monsieur.
Je ne mets aucune déférence dans le ton de ma voix que j’essaye de garder le plus froid possible espérant désamorcer l’excitation que je sens vibrer  au bout du fil.
— C’est mieux Isabelle !… Tu as entendu ce qu’a dit Madame Kristale, tu vas m’appartenir entièrement… Cela te fait plaisir ?
Comment donner mon assentiment alors que tout mon être rejette cette évidence. Oui, je vais lui appartenir. Il va pouvoir parachever ce qu’il a commencé dans le couloir sombre de ce même bâtiment.  Il me vient comme à l’évidence qu’il faut que je me courbe docilement aux moindres fantaisies, même les plus lubriques, du jeu de Kristale et des ses sbires. Et comment dire non alors que ses yeux de glace bleue  scrutent la moindre de mes réactions ?
Pour tenir quatre jours il faut absolument que j’évite les motifs de punition et même de simple réprimande.
Je baisse la tête et murmure sans chaleur.
— Oui. Monsieur.
— Et comme je suis quelqu’un qui aime bien partager… Pas comme ton maître ! Je vais te faire goûter les talents de mes copains...
Une onde glacée me court le long du dos. Ma nuque se raidit.
—… Combien en veux-tu ? … Suffisamment pour augmenter ton chiffre… Tu en es à combien ?
— Onze.
Je réponds sèchement et n’ajoute pas le Monsieur protocolaire. Mon interlocuteur ne relève pas, perdu qu’il est dans son délire.
— Seulement ? Et si on doublait ce chiffre  demain soir ? Une dizaine de beaux mâles rien que pour toi ? … Cela te ferait plaisir ?
Cette fois je ne réponds pas. D’ailleurs Jacques ne m’en laisse pas le temps.
— Tu vas adorer ! Je vais t’organiser une soirée dont tu vas te souvenir et je vais prendre un plaisir immense à te voir saillir par mes copains… Tu vas être notre chose… Mais rassure toi,  je te prendrai le premier… A ma façon, comme tu aimes !... Tu aimes comment ?
Mes yeux se voilent, et je me retiens de les fermer mais ne répond pas. Devant mon silence Jacques insiste. Il a déjà commencé à jouer et cette humiliation en est le préambule.
— Tu aimes comment Isabelle ?… je veux te l’entendre dire, devant Kristale !
Se couler dans son jeu, lisse et sans accrocs. Je prends une inspiration.
— Je… Par… Par derrière, Monsieur... J’aime par derrière !
Une flamme rougeoyante me monte au visage et j’observe Kristale par en dessous. Son sourire s’élargit.
Jacques éclate d’un rire moqueur.
— Tu sais ce qu’il y a de bien avec toi ?… C’est que tu restes toujours aussi prude, petite morue débutante. Je suis sûr qu’après que mes copains te seront passés dessus toute la nuit, au matin tu ne seras toujours pas dessalée...
Je frissonne d’indignation.
— … Oui ce que tu aimes c’est qu’on te bourre le cul c’est çà que tu aimes ! Et compte sur moi pour t’écarter la rondelle… Tu vas jouir comme une reine. Mais avant pour bien me mettre en forme, tu vas me sucer jusqu'à la garde et crois moi tu vas la sentir passer entre tes lèvres, ma queue… Jusqu’au fond de ta gorge…Je ne vais pas te ménager...
Je sens son excitation monter comme le ton de sa voix. Ce qu’il confirme immédiatement.
—… Rien qu’a cette idée je bande déjà comme un taureau…  Et toi Isabelle ?… Tu mouilles bien ? … Tu m’attends ?
J’avais espéré qu’il ne me prenne plus à témoin,  Espérance futile.
— Je sais que sous ton apparence d’aristocrate bien élevée tu es une petite dévergondée… Alors ?
— Je … Oui, Monsieur !
— Oui, quoi ?
— Oui, je mouille !
Jacques ne se laisse pas abuser par le ton neutre de ma voix.
— Alors, caresses toi !... Branles toi devant ta maîtresse !  Et  repasses la moi, qu’elle me raconte ! Sans répondre et soulagée de la fin de cette discussion outrageante je tends brusquement le téléphone à Kristale.
Lentement elle le porte à son oreille. Dans le même temps je glisse ma main entre mes jambes et mime mollement une caresse intime. Sans conviction. Les récentes étreintes de Kristale en ont épuisé l’envie.
Ses yeux de glace se lèvent sur moi et s’informe du lent mouvement de va et vient que j’imprime à mes doigts.
— Oui… Elle est en train !
—…
— Oui, nous descendons cet après-midi sur la côte… Nous serons à la Galiniere ce soir !
—  …
Elle ricane, moqueuse.
— Non pas ce soir… Tu es trop pressé !
C’est ce moment que choisit la longue silhouette de Laure pour se glisser en silence dans la pièce. La belle odalisque est nue, sa chevelure noire, encore humide, entortillée en une tresse improbable et ramenée sur son épaule, coule entre ses seins. Kristale s’aperçoit de sa présence et comme si elle se désintéressait brusquement de la conversation elle abrège.
— Oui ! Bien… Bon… Tu fais le nécessaire !... A demain !
Sans attendre de réponse elle referme d’un geste vif son portable et fait un geste vers Laure lui intimant d'approcher.

A suivre : Chap. 51. Les Sphères Célestes.

 

 

10 juillet 2016

Chap. 44. Sex Machina

Lentement je me relève du sol où j’étais agenouillée. Je m’étire et sans prêter attention à Loreleï me glisse sur le divan à ses cotés. En restant dissimulée, recroquevillée, je tends le cou par-dessus le dossier pour observer Marc et Kristale qui s’éloignent vers la piscine.  Je cherche Laure des yeux. J’entrevois juste un longs bras pendre mollement d’un des transats qui s’alignent le long du bassin. Arrivés à sa hauteur Marc et Kristale s’immobilisent se tournant face à face. Une conversation animée semble s’engager. Je retiens mon souffle et cille des yeux pour essayer de percevoir au mieux le dialogue que je ne peux entendre.
Marc est de dos, solidement campé sur ses deux jambes légèrement écartés comme prêt à livrer un combat. Je ne vois pas son visage mais la raideur de sa stature ne suggère pas la détente. Kristale est plus expressive, plusieurs fois elle fait non de la tête, elle parle vivement en faisant des gestes dans ma direction. Plusieurs fois elle ploie même un genou avec une mimique d’une personne qui n’arrive pas à se faire comprendre. Il est clair qu’ils parlent de moi… De nous !
Dépitée, je me laisse retomber sur le divan renonçant à saisir les tenants et aboutissants de l’étrange tractation.
Je me tourne vers la jeune nymphe, sa respiration s’est calmée. Raide, les genoux et les mains jointes le regard fixé droit devant elle, elle semble perdue dans ses pensées, détachée de son sort qui se joue à quelques pas.

Le silence pesant me gène et je ne sais pas trop comment engager la conversation. Je me racle la gorge d’un petit toussotement et commence.
— Alors ! Comme çà tu vas être la soumise de Marc ?
Son visage angélique se lève vers moi et ses grands yeux de lapis s’écarquillent d’interrogation.
Irritée, je continue.
— Ah oui, c’est vrai que tu comprends rien de rien !
Je souffle du nez et j’ai un petit sourire de complicité à son égard.
— Kristale a l’habitude de s’entourer de « gourdes », comme elle dit !
Lorelei réagit au nom de sa Maitresse, elle a une petite moue comique et ouvre les mains paumes vers le ciel en signe d’incompréhension.
Je lui souris en réponse et renonçant à un échange verbal, je me rapproche d’elle d’un déplacement de hanche. Je ne peux m’empêcher de la détailler une fois de plus. Elle est d’une beauté à couper le souffle et semble si fragile !  Mon cœur s’emballe et une chaleur sourde me monte au visage, mes oreilles se mettent à bourdonner. Mon univers se rétrécis autour de nous je ne vois plus qu’elle. Un élan impérieux  me donne envie de la prendre dans mes bras en un geste protecteur. Je reste un instant figée par la violence de ma réaction et tente de me ressaisir en secouant la tête. Je sors de mon trouble mais  attirée comme par un aimant, d’un autre coup de hanche,  je  m’approche d’elle un peu plus encore. Elle ne bouge pas et m’observe en silence, intriguée.
Je désigne  mon collier semblable à celui qu’elle porte, en blanc,  glissant un doigt sur l’anneau de fer.
– Marc est un très bon maître… J’ai de la chance… Tu as de la chance !
Je tente de la rassurer pourtant en prononçant ces derniers mots une vague de jalousie me submerge et je serre les dents sur un soupir.
Ses lèvres s’entrouvrent et me dispensent alors la plus jolie musique que je n’ai jamais entendue.
— Marc ? …dit is uw Meester ?
Ces quelques mots sont les premier sons que Lorelei émettent et le timbre cristallin de sa voix fluette et enfantine me fait frissonner jusqu'à la pointe des pieds. Le chant des anges nordiques ! Mon sourire s’élargit. Nul besoin de traduction, à la façon dont elle à prononcé le mot maitre. Et cette simple phrase me laisse deviner qu’elle semble bien au fait du monde dans lequel elle évolue.
Je pose ma main sur ma poitrine et réponds avec une pointe de fierté non dissimulée.
— Oui… C’est Mon Maitre !
Et dans un élan de complicité je pose ma main sur sa cuisse. Le satin le plus fin ne s’aurait être plus doux.
— Je … Je voudrais voir… çà… S’il te plait ?
Je tends un index de mes yeux vers son bas ventre. Mon geste est comme guidé par une volonté extérieure, ma curiosité me pousse à en voir un peu plus sur l’étrange dispositif qui barre l’accès de sa virginité tout en provocant les indécentes caresses qui l’ont secouée de la tête aux pieds.
Pour lui faire comprendre et appuyer ma requête, je tire doucement vers moi sa cuisse droite. Elle ne résiste pas. Ses jambes s’écartent passivement laissant entrevoir l'éclat fugitif de l’anneau d’or. Je me penche sur elle tout en repoussant encore un peu plus sa cuisse gauche de le paume de la main découvrant dans toute sa nudité le merveilleux spectacle de son fruit frais fendu de rose tendre vernissé de sirop voluptueux. Un parfum chaud, d’épices et de savon monte vers mon visage. L’effet en est immédiat. Mon ventre s’électrise et une bouffée de désir trouble enflamme mes reins.
Loreleï, dans un dernier geste de pudeur, porte les doigts à sa bouche en mordillant ses phalanges et détourne la tête semblant se désintéresser de mon entreprise et pourtant elle cambre les reins discrètement, facilitant ainsi mon examen.
Comme hypnotisée je contemple l’indécent bijou.
L’anneau perce et rassemble les deux lèvres épilées interdisant tout passage autre que les besoins naturels. Il est clair qu’il est là, ainsi que l’a dit Kristale, comme un cachet de cire de certification de sa virginité, mais le dispositif ne s’arrête pas là ! Pour en deviner plus il me faut écarter des doigts les deux lèvres et en faire apparaître le mécanisme. Enhardie par la passivité de la jeune fille, je m’exécute délicatement. Je repousse la chainette d’or de l’index et entrouvre du pouce qui se mouille de sa liqueur, les lèvres scellées. Un soupir et un petit gémissement contenu de Lorelei répondent à mon entreprise. Elle ferme les yeux et ses cuisses s’écartent encore un peu plus en une invite à continuer. Je me penche me rapprochant encore me laissant grisée par les parfums virginaux qui s’exhalent sur mon visage.
Une sorte de long levier pivotant autour de la partie intérieure  de l’anneau qui lui sert d’axe émerge d’entre les lèvres décloses et au bout de ce levier une sphère d’or à la surface irrégulière hérissé de picots émoussés vient s’appuyer exactement à l’entrée de la vulve, sur le clitoris gonflé de Loreleï.
La chainette est accrochée à l’autre extrémité du balancier. Je ne peux m’empêcher de la saisir et de tirer dessus mettant en branle le dispositif. Peut-être avec un peu trop de vigueur ! La réaction de l’ingénue est immédiate. Surprise par la caresse mécanique elle sursaute et émet un cri de désarroi. D’un spasme, son ventre se soulève vers moi pour diminuer la tension de la chainette ce qui n’a pour effet que de rendre encore plus impudique son attitude, projetant son ventre contre mon visage. Surprise par la violence de sa réaction, je me redresse.
Ainsi je comprends mieux le désarroi et les ondulations lascives de la nymphette lorsque Marc manipulait la chainette ! Chaque vibration se transmettait à la sphère  et lui agaçait le clitoris en une implacable caresse.
Je relâche la chaine d’or. Lorelei se détend. Son ventre retombe et elle me lance un sourire comme pour s’excuser.

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