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Les Carnets d'Emilie
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Quadra H

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5 août 2008

Ma Soumission.

Vous vous demandez comment une jeune fille de 19 ans (Bientôt 21 maintenant…) peut ainsi s’offrir dans une soumission totale à un homme de plus de 45 ans ?
C’est simple, dans ma famille on m’a appris à aller au bout des choses. Mon père, ma sœur et dans une moindre mesure ma mère ont toujours été au bout de leurs idées, de leurs actes, de leur choix. Il en est de même pour moi. J’ai commencé par bravade "pour voir ce que cela ferait ! ", sans compter l’attirance étrange que j’ai pour l’art de Marc. Et je me suis laissée entraîner dans un tourbillon érotique éblouissant pour l’adolescente que j’étais alors.
Pour rien au monde je ne laisserai ma place. (En témoigne la jalousie maladive et inutile dont sait parfaitement jouer Marc). Quant à l’âge qui devrait suivant certains nous séparer, en fait nous rapproche d’une façon inattendue. J’ai toujours eu une attirance vers les hommes mures qui ont une histoire, des cicatrices, une expérience intense qui me manque et que j’envie. Les garçons de mon âge, même si j’aime les fréquenter, me paraisse un peu fade, coincés dans leurs certitudes et déjà pour certains dans leurs habitudes, tellement prévisibles (en fait paradoxalement… déjà vieux).
Oui, j’aime me mettre à genoux devant lui. J’aime qu’il fasse de moi ce qu’il veut, j’aime jouer à ses jeux les plus licencieux. Jeux qui m’ont parfois blessée, profondément. Oui j’aime être sa jeune chienne obéissante. Sa gamine lubrique timide et obscène. Sans état d’âme. Pour son plaisir et pour une très grande partie aussi… Pour le mien !

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4 août 2008

Fact or fiction.

C’est certainement le point le plus discuté. Nombre de mails me posent des questions sur la véracité de mon récit !
Marc m’avait prévenue et cela est même une discussion récurante entre nous. "  Peut importe que tu sois cru, l’important c’est d’écrire cette histoire, pour moi… Pour mon plaisir ". Avec ma timide prétention d’écrivaine en herbe, je brode et enjolive parfois! C’est peut être pour cela que certains passages peuvent paraître irréels. Parce qu’en fait, quelquefois, c’est bien plus difficile que je ne le laisse deviner.
Une chose est sûre. J’y mets tout mon cœur pour rendre au mieux l’extraordinaire aventure que Marc me fait vivre et ainsi vous la faire partager. Je lui dois! Je l’écris pour lui parce qu’il y a un contrat entre nous, (contrat que j’adore et signe des deux mains) pour mon plus grand plaisir… Et le vôtre...  J’espère !

4 août 2008

Mises au point

Certains courriels reçus m’ont incité à ouvrir cette rubrique.
Je tente de leur apporter ici une réponse. Une sorte FAC pour les questions les plus insistantes. J’essayerais de la mettre à jour régulièrement en fonction de mon courrier.
Sa lecture n’est pas indispensable à la compréhension de mon histoire… Quoique !

3 août 2008

Chap. 14. Tourisme.

Par la fenêtre entrebâillée la froide lumière solaire du matin coule sur notre lit. L’air de la chambre s’est rafraîchi pendant la nuit. Un air frisquet du matin qui annonce les chaleurs de la journée Nous nous éveillons dans les bras l’une de l’autre. Je contemple Stéphanie qui commence à ouvrir les yeux et s’étire comme le ferais un chat engourdi. Le drap découvre à demi nos corps nue. Sa tête glisse contre mon épaule. Elle me regarde à son tour en clignant des yeux et me lance un "  b’jour " comateux tout en me souriant. Je lui réponds en souriant à mon tour. Encouragée par ma réponse elle se rapproche en se pelotonnant contre moi et articule difficilement " … fait froid ". Je remonte le drap par dessus nos têtes et l’enlace par les épaules. Elle émet une sorte de miaulement étouffé de contentement. Je la sens frissonner contre ma peau. Sous les draps dans la clarté diffuse mon regard s’attarde sur les courbes de la jeune fille qui s’incrustent intimement avec les miennes. Une peau de miel clair qui appelle les baisers et les caresses. Je me pince les lèvres pour ne pas céder à la tentation de les poser sur cette chair vibrante. Je goutte un long instant le contact de son corps qui me semble devenir de plus en plus chaud... Brûlant. D’un imperceptible coup de rein la jeune fille se colle encore plus à moi.
Je pousse un profond soupir, repousse doucement Stéphanie qui émet un grognement de dépits. J’écarte le drap et me lève d’un bon. Elle se redresse sur un coude et, les cheveux ébouriffés, me regarde de ses grands yeux clairs avec une grimace de déception et de reproche au coin de la bouche. Je sais ce qu’elle tentait de réveiller en moi ! Toujours sans un mot, je lui rends son regard complice en lui lançant un clin d’œil et sans m’habiller, entièrement nue, traverse la chambre pour gagner la cuisine. Un café très fort et une douche froide me feront le plus grand bien.

Nous avons rendez-vous avec marc cette après-midi. Comme presque chaque jour je travaille avec lui dans son atelier. Enfin, "je travaille " ! C’est bien plus un plaisir de me retrouver sous son objectif que réellement une contrainte. Cette fois Stéphanie est invitée. Elle est invitée au même titre que moi comme "Sujets" de Marc. Je dois faire fi de ma jalousie, notre contact est maintenant trop intime.
Nous allons passer notre matinée à déambuler dans le bourg. Un gros village comme il en existe des milliers en France qui n’aurait aucun intérêt s’il n’y avait, tout près, l’antre de Mon Maître. On y trouve de tout et de rien. En ce milieu d’été les échoppes à touristes sont légions et nous nous y amusons un peu mais en faisons rapidement le tour. Je ne compte plus les attouchements fugaces et regards complices échangés avec Stéphanie. Et nos mains qui se rencontrent et se prennent en traversant le cloître pour aller sur la rue principale. Une main aussitôt lâchée lorsque nous croisons des badauds.
Nous passons un long moment à siroter sans un mot à la terrasse d’un café. Le soleil est un peu voilé mais on sent sa chaleur inonder la place du village à peine tempéré par l’imposante fontaine qui trône en son milieu. En fait toutes les deux nous attendons qu’une chose, que le temps passe rapidement pour se retrouver enfin dans le frais atelier de Marc. Stéphanie est mollement assise sur sa chaise comme quelqu’un qui s’ennuie ferme. Elle finit par baisser ses lunettes de soleil sur le nez et me regarde par dessus la monture.
- Tu crois qu’on va faire quoi cet après-midi... à l’atelier ?
Cela confirme ce qu’il me semblait, elle aussi, elle pense qu’à cet instant.
- Je ne sais pas c’est toujours un peu la surprise avec Marc ! Mais tu peux compter sur lui pour que cela ne soit pas banal.
Elle opine du chef.
- Çà oui je sais, je me doute… Mais en fait, je n’ai jamais poser nue… Enfin sauf hier mais c’était pas la même chose…
- En tout cas tu as l’air plus détendu ce matin. Ne t’inquiète pas Marc s’occupe de tout. Il… Il nous aura bien en main. Et puis après ce qu’il t’a demandé de faire hier soir je crois que cela te semblera facile !
Stéphanie pique un phare et regarde rapidement les tables autour de nous pour s’assurer que personnes nous écoutent. Elle se redresse et se penche sur la table pour me murmurer.
- Il t’a déjà fait le coup à toi… c’était bizarre non ?
Je prends un air interrogateur. Marc m’en a déjà fait tellement.
- Le coup ? … Quel coup ?
Stéphanie se recroqueville, de nouveau elle jette un œil autour d’elle.
- Bah ! Ben tu sais !… De … De le garder dans ta bouche. Comme avec toi à Lyon, comme hier soir !
Effectivement cette fois j’y suis. Je ne sais quoi répondre. Heureusement elle n’attend pas ma réponse Elle pouffe et sirote un peu de son fizz.
- Tu as remarqué comme ils ont un goût différent… Les hommes.
Je reste un peu consterné et doit certainement rougir comme une Madeleine. Je n’ai jamais connu d’autre "goût " que celui de mon Maître, le premier qui aie forcé ma bouche. Je hausse discrètement les épaules et lève les sourcils en signe d’ignorance. Je consulte ma montre et trouve le prétexte pour couper court cette conversation qui m’indispose un peu. Stéphanie me fait l’impression d’une gamine qui trépigne en se découvrant une sexualité insoupçonnée.
- On va y aller… Il ne faut pas faire attendre Marc !
Stéphanie ne peut s’empêcher de fanfaronner en se levant de table.
- Bof ! De toutes les façons il ne nous fera pas un autre trou !
Et elle part d’un éclat de rire cristallin mais qui tinte un peu faux.

Je ne relève pas son irrévérence. J’ai déjà remarqué chez Stéphanie cette propension à passer facilement de la soumission tremblante à la fanfaronnade dés que la main du Maître s’éloigne. Je renonce à expliquer à cette gamine présomptueuse qu’avec Marc tout se paye.
D’une façon ou d’une autre.

2 août 2008

Interludes. De terre et de crin.

Me voici de retour !
Oui je sais, je vous avais dit trois semaines !
Et en fait mon absence s’est un peu prolongée. Il faut absolument que je vous raconte, et je suis sûre que vous me pardonnerez.
Dans la dernière des semaines de mon escapade irlandaise j’ai reçue un appel de mon père. Un appel qui m’invite à le rejoindre. Un saut par Londres, direction New-York, à peine le temps d’entrevoir la grosse pomme et de nouveau l’avion pour le rejoindre à Denver. Là, sous un soleil de plomb, mon père m’attend! Mon dieu comme c’est bon de le retrouver ! De nouveau l’avion, un Piper Club bringuebalant qui fonce au plus profond des Grandes Plaines. Va suivre une trop courte semaine avec mon père que je n’oublierais jamais. Une semaine de découverte de cet élevage de mustangs aux marches des Grandes Plaines dont seule, à l’horizon, la ligne bleutée des Rocheuses rompt la monotonie.
Une semaine merveilleuse, inoubliable, en compagnie de mon père entourée des hommes et des femmes les plus dingues que je n’ai jamais rencontrés. Des garçons prêts à tout pour épater la petite Franchy, l’emmener en balade bien calée sur une selle profonde et confortable comme un fauteuil, et, avec fierté et gravité, lui faire découvrir le plus impressionnant paysage qu’il m’a été donné de voir. Une mer verte aux vagues d’herbes ondulantes sous les vents que rien n’entrave. Et, divine vision et suprême récompense, sur ces flots ondoyants, ces hordes de chevaux mythiques qui galopent comme si la gravité n’existait pas. Pégases indiens aux sabots légers venus du fond des âges
C’est au milieu de ces chevaux et de ces Hommes à la fois doux et rugueux que j’ai redécouvert mon père. Il s’entend avec eux comme larron en foire et il leur partage cet amour immodéré des chevaux. Un amour qui le porte aux quatre coins du monde, loin de moi, souvent, longtemps… trop longtemps. Je ne puis m’empêcher de faire l’évocation de ma propre histoire. Nous avons tous deux une vie secrète, il m’a fait toucher du doigt la sienne. Je frissonne de peur à l’idée qu’il puisse un jour apprendre quelque chose de la mienne.
Me voici de nouveau seule dans l’avion qui me ramène en France. La poitrine écrasée par le chagrin. La tête encore pleine du vent des grands espaces. Je porte la main à mon cou un pendentif de pierre et de crin de chevaux offert par cet Indien. Un peu de la terre et de la vie de ce pays " Pour que tu reviennes, Ginger " m’ont-ils dit. " Un grand chaman Cheyenne " ont cru bon de rajouter les garçons sur le ton de la plaisanterie en se gobergeant d’avance de ma crédulité. Le vieil homme à murmuré quelques mots à mon oreille que je n’ai pas compris, m’a prise par les épaules et sans que je puisse réagir colle ses lèvres contre les miennes et les retire aussitôt. " French Kiss " s'exclame-t-il avec un grand sourire pendant que toute l’assemblée se tord de rire et que mon père se tient les côtes pour essayer de garder un peu de son sérieux devant ma mine stupéfaite.

Ce collier de pierre et de crin qui se superpose à ma croix de baptême, je sais que je vais bientôt le quitter pour le remplacer par un autre. Un collier de cuir et de fer. A cette pensée le poids qui pèse sur mes épaules s’amenuise peu à peu, jusqu'à me quitter totalement. Je vais Le rejoindre à la fin du mois d’août.
Un autre voyage, une autre aventure… Merci Monsieur…Merci Maître !

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6 juillet 2008

Interludes. Je vous quitte !

Mon Cher Maître, Monsieur … Je vous quitte !
Chère lecteurs et lectrices, vous qui partagez avec moi ces moments si intenses, je vous quitte !
Posés dans un coin de ma chambre, mon sac à dos et quelques bagages de cuir m’attendent. Départ ce soir pour ma verte Erin. Comme tous les ans, je pars rejoindre ma famille gaélique. Je vais me saouler de ballades irlandaises et de balades équestres sur les falaises frappées d’embruns salés.
Trois semaines… Trois semaines loin de vous ! Et pourtant je pars le cœur léger. Car je sais qu’a mon retour je vous retrouverai. Dans mon sac de cabine un carnet de papier, un carnet qui contient tous mes secrets indécents que je vais continuer à griffonner, la fièvre au corps. A son côté, mon fidèle portable qui a vu nos étreintes et garde précieusement dans sa froide mémoire électronique la plus chaude de mes passions.
Mon Maître, vous m’avez fait vivre la plus incroyable des aventures. Vous m’avez révélé à moi-même au delà de ce qu’il est concevable. Et je sais que ce chemin je vais continuer à le suivre, les yeux baissés, guidée par votre main charitable.
A mon retour je vous rejoindrais, et pour ce deuxième été sous votre férule, je vous promets alors d’être la fille la plus soumise qui n’ai jamais été. Je veux être chienne parfaitement dressée à vos genoux. J’attendrais patiemment le moindre de vos désirs et les comblerais avec zèle et dévotion. Je vous promets le don de mon corps, de mon âme, et vous laisse le soin de les damner pour l’éternité si cela vous chante.
Je vous quitte donc pour mieux vous retrouver et mieux me perdre encore. Car je serai, pour toujours ou selon votre bon plaisir… Votre fervente et très dévouée, Isabelle.

1 juillet 2008

Chap. 13. …Terre des nuits chaudes et langoureuses…

Nos visages se rapprochent, nos lèvres se frôlent. Stéphanie a un mouvement de recul instinctif. Sa tête s’enfonce un peu plus dans le moelleux oreiller et tente ainsi de se soustraire à cette caresse immorale. Mais sa fuite est condamnée à l’échec. J’écrase mes lèvres sur les siennes. Elles sont fraîches presque froides et ont un goût de menthe. Ma langue force le passage, vient buter contre la barrière de ses dents. Je m’insinue entre l’imperceptible interstice de ses incisives et la force à ouvrir la bouche. Elle gémit une protestation étouffée. Je dois pourtant aller au bout de ce que m'a ordonné Marc. Ma langue investit sa bouche et cherche le contact de sa langue qu’elle garde obstinément plaquée contre sa mâchoire inférieure. Devant son manque de réaction je quitte le moelleux orifice, me redresse sur le coude et la détaille, un peu interdite. Dans la pénombre je distingue nettement sa peau claire et ses grands yeux ouvert. Il me semble voir une larme couler le long de sa tempe.
Elle tente de balbutier quelques mots noyés de sanglots. Elle est au bord de la crise de nerf. Sa journée a été des plus rude. Je retire vivement ma main de sur son ventre et vient poser un doigt sur sa bouche.
-
Chhhut… Chht… Çà ira !
Ce qu’elle veut me dire, je ne veux pas l’entendre !
Elle se détend, ses épaules crispées retombent lentement. Un long soupir retenu sort de sa poitrine et glisse sur mon doigt. Je me penche vers son visage et dépose un baiser sur son front, suivit d’un autre, sur le haut de sa joue. Le goût saler de sa pommette me confirme les pleurs silencieux versés par la jeune fille. Lentement je pose un chapelet de baiser délicat d’une commissure à l’autre de sa bouche. Surprise, je suis arrêtée par une petite langue qui en sort timidement et vient à la rencontre de mes baisers. A l’invite, je réponds et introduit de nouveau ma langue entre ses lèvres fraîches. Sa bouche s’ouvre largement.Elle m'accueille. J’ai gagné !
Je la prends par la taille et plaque mon visage contre le sien. Les chauds parfums poivré d’adrénaline de notre excitation prennent le pas sur la douce saveur de menthe de notre baiser. Nos langues se caressent en une sarabande effrénée. Stéphanie gémit doucement. Sa main quitte le dessous du drap pour venir caresser ma nuque et accroître la pression de nos lèvres. Je chavire et irrésistiblement mes doigts quittent son visage pour se poser sur sa poitrine. Je ne peux m’empêcher d’en saisir le délicat mamelon déjà durcit. Un "oui " étouffé m’encourage. Stéphanie se cambre et d’une ruade rabat le drap de coton brodé qui nous couvre au pied du lit alors que son autre main se pose sur ma fesse et m’attire vers elle. Son corps est brûlant de fièvre et sa peau d’une incroyable douceur. J’ai envie de me fondre en elle, de ne faire qu’un avec ce corps qui me ressemble et m’attire irrésistiblement. Je ne voudrais être qu’une bouche pour la goûter entièrement, Je suis en train de tomber dans un puits sans fond de plaisir interdit. J’en perds la raison et j’adore çà ! Pourtant un petit signal teinte au fond de mon esprit. Un signal lancinant qui, avec peine, se fraye un passage dans mon esprit enfiévré. Je quitte les lèvres de Stéphanie et résiste mollement à son appel. Elle force ma nuque et sa bouche se rapproche de mon oreille Elle murmure dans un halètement rauque.
-
Viens… Viens !
L’appel est si puissant, si vibrant, hypnotique! Ma respiration s’emballe, je tente de reprendre mon souffle tout en goûtant la sueur salée qui commence à perler sur son cou. Mon dieu, comme je suis bien ainsi ! Tendue comme un arc, le ventre en feu. Stéphanie profite de mon trouble pour glisser un genou entre mes jambes. Nos flans se collent l’un à l’autre Une vague de plaisir indicible me parcourt de la tête aux pieds, à mon tour je laisse échapper un gémissement de ravissement contenu. Oh Mon Maître ! Que m’avez vous demandé de faire là ! Savez vous à quel point cela peut me perdre ? J’ai presque envie de hurler ma passion pour ce corps que j’étreins, qui m’étreint. Et pourtant toujours ce petit signal d’avertissement qui clignote au fond de moi. Stéphanie tente de reprendre ma bouche. De ma nuque sa main glisse jusque sur mon dos, mes fesses et vient en écarter les globes pour se frayer un chemin jusqu'à l’orée de mon intimité. Une décharge électrique tétanise brutalement tous les muscles de mon corps. Je me raidis et me redresse sur les bras échappant à son baiser. Je hurle presque.
-
Attends ! … Attends !
Sa caresse s’interrompt.
Dans la pénombre elle m’interroge du regard.
-
Attends... Je… Je dois … Demander l’autorisation à …Marc !
Stéphanie incline la tête et reste bouche bée d’incompréhension.
Comment lui expliquer cette règle impérieuse passée avec Mon Maître ?
-
Je le dois c’est vraiment important. Je ne peux pas faire autrement !
La jeune femme referme la bouche et baisse les yeux.
-
C’est à ce point ? Tu ne peux vraiment pas passer outre ?
- Non... Vraiment, je ne peux pas ! Cela casserait tout entre nous, tous les engagements que j’ai prise… Je veux aller au bout de mon expérience avec Lui… Et j’y tiens vraiment…
Stéphanie semble s’enfoncer dans une profonde méditation puis d’une voix brisée.
-
Alors ne l’appelle pas… Ne lui demande pas... Ne le faisons pas !
Une corde se casse au fond de moi. J’aurais pourtant tellement…
Je me laisse retomber en roulant sur le coté.
Nous nous retrouvons toutes deux entièrement nues, couchées l’une à côté de l’autre, sagement, fixant obstinément le plafond dans la douce moiteur de cette nuit d’été. Le corps vibrant et le cœur explosé par l’émotion.
-
Dis-moi isabelle !
-
Oui ?
-
Marc…Tu l’aimes ?
Ma poitrine se sert. Stéphanie vient de poser une question qui fait mouche.
Je laisse un silence entre nous et prends le temps de réfléchir. Malgré l’indiscrétion de la question je décide de lui répondre, de tenter de lui expliquer.
-
Je ne sais pas si c’est de l’amour. De la fascination certainement ! Peut être un simple jeu commencé comme une bravade qui m’entraîne au delà de mes fantasmes… Un peu comme les joueurs compulsifs. Impossible de s’arrêter… Marc dit que l’amour entre nous est impossible. Mais pourtant parfois ce que je lis dans ses yeux, ses attitudes prévenantes… Par contre, je sais que je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi fort de ma vie et je sens que cela ne fait que commencer. Oui ! En fait, je crois que je l’aime, mais pas d’un amour comme celui dont je rêvais quand j’étais adolescente et dont rêves toutes les ados… C’est autre chose…Bien au delà !
Stéphanie qui semble fascinée par ce que je lui révèle lâche un commentaire laconique.
- Tu as de la chance !
Nos souffles se mêlent dans la nuit en suspension. Un petit courant d’air frais se glisse par la fenêtre entrouverte et vient rafraîchir nos peaux brûlantes.
- Isabelle !
-
Oui ?
-
Sinon... Tu l’aurais fait s’il n’y avait pas eu Marc ?
-
Quoi ?
-
L’a.. L’amour avec… Avec moi ?
Oh ! Stéphanie ! Si tu savais à quel point mon corps vibre à côté du tiens. Je lance dans un souffle à peine audible.
-
Oui.
Un très long silence s’en suit, seulement troublé par les bruits nocturnes du village qui nous parviennent au travers du fin voilage. Je suis sur le point de sombrer dans le sommeil lorsque Stéphanie reprends.
-
Isabelle ?
-
Oui !
-
Tu… Tu crois que nous sommes les… lesbiennes ?
Voilà bien une chose à laquelle je n’aurais pas penser ! Cela a été tellement naturel. Je revois mes étreintes avec Kristale et lorsque nous avons fait l’amour sous les yeux de mon Maître dans cette chambre moelleuse. Même alors, et à aucun moment je ne m’étais poser cette question. Il me revient de loin les chuchotements et les rires étouffés la nuit dans le dortoir de cet établissement prestigieux pour les filles de bonnes familles. Cette jolie première année qui un soir, juste avant Noël, m’a rejoint dans mon lit. Ce n’étaient que des caresses et des baisers furtifs. Nous découvrions nos corps et ses caprices… Je ne l’ai fait qu’une fois... Et je l’ai vite refoulé, certainement pour ne pas me poser la question que vient de poser Stéphanie.
Je tourne la tête vers Stéphanie, elle fait de même. Dans la pénombre nos regards se croisent et dans en cœur jubilatoire nous lançons un ;
-
Nooonnn !
Nous éclatons de rire. Un rire libérateur et incontrôlé impossible à réprimer. Mes abdominaux me font mal tellement nous rions. Quand enfin nous réussissons à reprendre notre sérieux nos soupirs sont encore entrecoupés de petits rires nerveux et peu à peu le calme retombe sur la chambre.
Je me saisis de la main de Stéphanie, elle se laisse entraîner. Je la pose délicatement sur mon ventre, la recouvre de mon autre main. A son contact une sérénité intense m’enveloppe et me porte. Je ferme les yeux et m’endors, le sourire aux lèvres.

22 juin 2008

Chap. 12. Un simple baiser.

Il faut bien que je paye le sursaut de refus et mes supplications puériles.
J’aurais du savoir que rien n’y ferait. Il n’y a qu’un mot radical qui peut briser ce lien. Trop radicale à mon goût ! Marc nous a laissé un instant partager son plaisir, puis dans un claquement de main a interrompu notre échange. Il a ordonné à Stéphanie de regagner le pied du lit. De se mettre face à moi, debout les mains dans le dos.
Quant à moi, c’était plus simple ! J’étais nue... Il m’a mise à quatre pattes, en chienne, sur le lit, face à Stéphanie. Il a simplement enlevé ses chaussures, ouvert son pantalon. Et il ma prise devant elle. Il s’est enfoncé en moi, sans caresse, les mains cramponnées sur mes hanches. Il m’a réduite à un objet pour bien montrer à Stéphanie que rien ne peut lui être refusé. Souvent la jeune fille baissait la tête ou détournait le regard pour échapper à la vision de ma déchéance. Toujours, mon Maître la rappelait à l’ordre d’un claquement de langue et il a finit par lui ordonner de me regarder dans les yeux tout en relevant mon visage en me tirant la tète en arrière par les cheveux. Nos regards apeurés se noyaient l’un dans l’autre. Pendant de longues minutes il m’a chevauché sans douceur devant Stéphanie. Je serrais les dents pour ne pas geindre sous l’assaut tout en fixant ses yeux stupéfaits. Lorsqu’il a joui en moi, ma bouche s’est ouverte sur un soupir. Stéphanie à compris ce qui se passait à mon gémissement incontrôlé. Ses joues se sont empourprées, mais moins que les miennes. Aussi rapidement qu’il m’avait prise, il se dégagea et se réajusta me laissant à quatre pattes, en sueur, au milieu du lit.
Et, désignant la jeune fille au pied du lit.
- Stéphanie reste avec toi ce soir… Soit une bonne hôtesse. Vous avez un lit… Vous n’avez pas besoin de vêtement pour dormir… Tu as compris Isabelle ?
Je reprends mon souffle. Bien sur que j’ai compris, je réponds d’une voix humble.
- Oui Monsieur… Très bien, Monsieur !
Sans un mot, sans un au revoir, il sort de la chambre et bientôt la lourde porte d’entrée se referme sur lui.

Je reste un moment statufiée sur le lit. Stéphanie n’ose pas bouger.
Sortant de ma torpeur je commence à me déplier, étendre une jambe et me relever. Une fois debout à côté du lit je me frotte les mains d’embarras et me dirige vers la porte. Je ne regarde pas Stéphanie et lui lance le plus banalement du monde, comme si ne rien s’était passé.
- Tu as mangé ?
- Non... Mais j’ai pas faim.
Sa voix est douce et un peu éraillée par l’émotion.
- Je vais prendre une douche, je te laisse la salle d’eau après !
J’imagine qu’elle doit avoir autant que moi besoin de se rafraîchir.
- Tu peux visiter l’appart en attendant… Si tu veux ! Il y a des trucs dans le réfrigérateur !
Et sans attendre de réponse, je me dirige vivement vers la salle de bain en verrouillant la porte derrière moi. La douche est salvatrice. Sous le jet brûlant tout en me savonnant, je me demande quelle attitude je vais adopter avec Stéphanie. Je vais être obligée de la côtoyer toute la nuit. Et puis, je la connais à peine ! C’est bien Marc de m’imposer des situations de ce genre. A cette pensé, je souris. Au moins il n’est plus avec elle, et cela me réjouit un peu.
Je me sèche rapidement. La tension est retombée, je me sens bien. Je couvre mes reins d’un drap de bain et sort de la salle. Stéphanie est accoudée au balcon le regard perdu sur les lumières qui animent la nuit, les quais et les cafés d’où parviennent des éclats de voix, des rires nocturnes. La vie normale d’un petit village, tellement en décalage, tellement loin notre folle aventure. Elle semble plongée dans une profonde réflexion.
- La salle de bain est libre. Il y a des draps de bain sur l’étagère.
Elle sursaute et lentement, comme sortant d’un profond sommeil elle se retourne vers moi, tente un sourire de remerciement, et se dirige vers la salle d’eau. Je regagne la chambre et jetant la serviette sur le pied du lit me glisse entre les draps.
Je n’ai toujours pas sommeil. Machinalement je reprends la lecture du livre que je parcourais lorsque Marc est arrivé.
Apres de très longues minutes, Stéphanie finit par revenir dans la chambre. Sans m’occuper d’elle je continue ma lecture.
- Tu veux que j’aille dormir dans le séjour ?
Elle est mal à l’aise cela se perçoit dans sa voix. Sans quitter les yeux du livre je lui lance.
- Marc a dit que l’on devait dormir ensemble dans ce lit !
Par dessus le livre je lui jette un œil. Elle hoche la tête et reprend.
- Tu… Tu lui obéis toujours ?
- Oui.
Je me replonge dans le livre.
- … Mais il n’en saura rien personne ne lui dira !
Sa voix reprend de l’assurance.
- Moi, je lui dirais !
Je laisse enfin retomber le livre sur ma poitrine et interroge.
- Tu sais vraiment ce que c’est d’être soumise à un Maître ?
Il y a du reproche et de la moquerie dans ma voix. Elle le sent et répond timidement.
- Je... Et bien j’apprends !
J
e ferme le livre et me relève sur un coude.
- Mais, tu sais jusqu’où cela peut aller... Et ce que cela implique ?
- Oui… Oui, maintenant… çà oui alors !
Elle me sourit, elle va finir par m’attendrir cette frêle blonde ! Je tapote le lit à côté de moi.
- Alors déshabille toi et allonge toi. Il faut toujours obéir à Marc.
Elle dénoue le drap de bain qui lui couvre la poitrine et pudiquement se glisse rapidement dans le lit. Je continue à l’observer. Qu’est ce qui a bien pu passer par la tête de cette fille pour décider de se soumettre ? Elle se couvre du drap jusqu’au menton, se tourne vers moi, et son regard se déporte vers la pile de livres sur le chevet.
- Tu lis beaucoup !
- Oui, j’adore çà… Et puis pour mes études…
- Tu fais quoi ?
- Littérature, je vise un master de lettres
- Ah ! Oui c’est vrai, c’est ce que j’ai lu sur ton Blog… Tu écris drôlement bien aussi !
- Merci… Et toi ?
- Archi… Mais je voudrais faire de l’architecture d’intérieur.
Je souris, oui, çà lui va bien, un peu précieuse, délicate…
Elle reprend.
- Ton Blog est vraiment dingue, tout ce que tu écris est vrai ? Cela paraît tellement vivant et irréel en même temps.
Voilà bien le genre de question qui m’agace.
- D’après toi ? Tu connais Marc maintenant !
- Oui... Oui. Mais je pensais pas que cela pouvait être aussi… Intense !
- Tu vas vite t’en apercevoir… Tu es invitée à la soirée de Kristale non ?
Elle baisse la tête.
- Je... Je ne sais pas si je vais tenir le choc. C’est vraiment au delà de ce que je croyais. En te lisant cela parait tellement romantique, étonnant… Et tu as beaucoup de lecteur. ?
Je réfléchis un instant.
- Je ne sais pas trop, j’ai des fidèles. Sinon cela n’a pas trop d’importance la fréquentation ! Ce n’est pas pour cela que je l’écris.
Elle hoche vigoureusement la tête. Elle commence à se détendre et libère sa curiosité
- Et tu en as rencontré… Comme moi… Je veux dire, ils, ils… essayent de te voir.
- Certains essayent… Et toi tu es bien à coté de moi !
Elle a une petite moue comique qui trousse son nez et éclaire ses yeux. Je continue
- Mais tu es passée par Marc... C’est lui qui décide. Un bon Maître se doit de protéger sa soumise également… Non ?
- Oui, tu as raison …
En parlant de Maître je m’interroge.
- Et Nicolas… Il est où ? Il est parti ?
Elle rougit.
- Non, non. Il est avec... Kristale.
- Avec Kristale… Humm... C’est chaud !
Le regard de Stéphanie se perd dans le vague. Elle doit être, durant ce bref instant, en pensées avec lui. Son regard se reporte sur moi et elle rougit un peu plus.
Il va falloir que je renonce à comprendre les relations compliquées que tisse mon Maître autour de lui, autour de moi ! J’entrevois très bien ce que Nicolas peut faire chez Kristale. Kristale soumise ? Non ! Maîtresse ? Je ne sais plus ! C’est étonnant ce jeu de Janus entre ses différents rôles. Mais le plus simple est de penser qu’elle est un train de lui enseigner l’art de la domination.
Mes pensées sont interrompues par le vibreur de mon portable. Je tends le bras et oriente l’écran vers moi. Il indique "  Mon Maître ".
Je décroche vivement.
- Oui, Monsieur !
- Vous ne dormez pas ?
Sa voix est enjouée comme quelqu’un qui vient d’avoir une idée rigolote.
- Non Monsieur… Nous … Nous discutons.
- C’est bien… J’ai oublié de te dire. Avant de vous endormir, tu es priée d’embrasser Stéphanie pour lui souhaiter bonne nuit. Compris ?
Le portable collé à l’oreille je regarde Stéphanie qui a compris que je parle à Mon Maître.
- Oui, Monsieur !
- Un vrai baiser, pas une léchouille sur la joue…OK ?
- Oui, Monsieur !
Encore une fois il raccroche sans attendre, sans un au revoir.
Je repose le portable sur le chevet et souris tristement à Stéphanie.
- C’était Marc. Il veut... Hum… Il veut que l’on s’embrasse avant de s’endormir.
Stéphanie sourit à son tour elle fait mine de lever les yeux au ciel
- Waouff… Il a de ces idées ton Maître, il est pas un peu Ouf !
Je frissonne, la colère monte, je ne veux pas que l’on parle de Marc comme cela.
- Tu ne devrais pas parler de Marc comme çà. N’oublie pas que c’est également ton Maître… Provisoirement en tout cas.
Hors de sa présence cette petite mijaurée reprend de l’assurance, elle en menait moins large dans l’atelier. Elle me regarde, perçoit ma colère et tente de m’amadouer en prenant un ton de plaisanterie.
- Allons... Il n’en saura rien !
Je me radoucis à mon tour
- Je te rappelle que rien de ce qui me concerne n’échappe à Marc. Il le saura. Un jour ou l’autre... Il le saura.
Stéphanie s’enfonce dans une profonde réflexion et brutalement son visage s’éclaire.
Elle hurle presque.
- Ton blog... Tu vas raconter çà dans ton blog ?
Sa joie est presque infantile et communicative et je ne peux que confirmer sur un ton neutre ton.
- Oui... Bien sur !
D’excitation elle saute violemment hors des draps comme un diable surgit de sa boite. Envolée sa pudeur ! Nue, elle s’assoit sur le lit, juste à côté de moi.
- Wahh c’est génial ! Je vais être dans tes écrits !
Elle sourit aux anges en joignant les mains.
Elle a comblé le mètre qui nous sépare. Nos corps se touchent presque. Un drôle de sentiment me saisie, une sorte d’attirance-répulsion. Je peux presque sentir la chaleur que son corps nue irradie. Je déglutis péniblement et la regarde par en dessous à quelques centimètres de mon visage… De mes mains, ses seins se dressent, arrogant ornés de délicates aréoles rosées propres aux vraies blondes, sa peau au grain serré attire la caresse, mon bas ventre se met à pulser. Elle ne semble pas remarquer mon trouble et continue à sourire aux anges et a du mal à en redescendre.
- C’est trop super… J’adore… Waouff ! J’ai hâte de lire çà.
Toujours aussi excitée, elle se recouche avec des petits mouvements saccadés. Elle est restée tout près de moi et mon trouble ne fait qu’augmenter. Un peu exaspérée par sa réaction de gamine surexcitée je repose le livre qui a faillit basculer par terre sur la pile de volume. J’éteins la lampe. La pénombre nous enveloppe.
Je prends une profonde inspiration. Il va falloir maintenant obéir à Mon Maître. Le cœur battant, je me tourne vers Stéphanie et approche mon visage du sien. Elle se cale profondément dans le moelleux oreiller comme pour se préparer au baiser qui doit venir et elle reprend à voix basse.
- Tu... Tu sais... C’est…
Elle cherche ses mots.
- …C’est la première fois que je le fais avec une fille !
Dans l’obscurité je l’imagine rouge de confusion.
Pour me pencher sur elle, je prends appuie sur son ventre. Il est brûlant et tendu comme la peau d’un tambour. Elle sent le savon, le lait frais et les cheveux humides.
Je m’approche et murmure comme pour moi-même.
- C’est juste un baiser Stéphanie… Un simple baiser !

13 juin 2008

Chap. 11. Ego Transfert.

Je n’aime pas cette soirée !
Je me tourne et me retourne dans mon lit. Impossible de dormir. Je sais qu’il est avec Stéphanie. A cette pensé mes tempes se mettent à bourdonner de rage. D’un coup de rein, je me lève. Une deuxième douche serait peut être la solution ? Nue, je me dirige vers la salle de séjour fait deux fois le tour de la table sans m’en apercevoir. Ma fébrilité ne fait qu’augmenter. La jalousie me tord le ventre et me réduit à une poupée déboussolée. Je sers les poings, revient sur mes pas, regagne ma chambre et saute à pieds joins au beau milieu du lit. La pile de livre qui s’accumule sur mon chevet attire mon regard. Mes notes pour les carnets d’Emilie sont à jour et je n’ai pas envie de me pencher sur mon clavier. Je me saisis d’un volume au hasard… Peter Sotos ! Pas vraiment l’auteur idéal pour m’apaiser ! Je respire profondément en essayant de calmer ma frustration. Me glisse entre les draps et commence à parcourir les lignes sulfureuses. Je lis rapidement en diagonal et m’échappe peu à peu dans les écrits noirs. Oublié l’espace d’un instant Stéphanie entre les mains de Marc !

Je sursaute lorsque mon portable se mets à vibrer. Je pose le livre ouvert à côté de moi et regarde l’écran lumineux. Un numéro inconnu… Je reste un bref instant dans l’expectative. Je n’ai pas envie de répondre ! Je veux être tranquille, seule avec mon dépit. D’un geste vif j’appuie sur la touche verte et porte le téléphone à mon oreille, je ne suis pas d’humeur, je réponds rageusement.
- Quoaa ?
- Isabelle ?
Je ne l’ai pas entendue beaucoup mais il me semble reconnaître la petite voix fluette. Ma voix se radoucit mais reste sans chaleur.
- Oui !
- C’est Stéphanie ! Je... C’est… Je dois te demander... C’est…
Son ton est bizarre, étranglé et saccadé comme si elle voulait me demander quelque chose, mais ne savait pas comment le dire.
- C’est Marc... Il me demande... Ooh… Humm. Il…
Je réalise brusquement ce qui est en train de se passer à l’autre bout du fil. Mon sang se glace. Une brusque colère me gagne mais j’essaye de la contenir. Les exigences de mon Maître et son inventivité je les connais ! J’interroge vivement, mais j’entrevois déjà la réponse.
- Marc est où ?
Un silence pendant lequel je perçois le halètement saccadé de la jeune fille puis elle reprend.
- Il... Il… Ooh ! Il est... Est là … Derrière moi, je… Oohh !
Je le savais !
Je vois d’ici la scène que Marc est en train d’imposer à Stéphanie. Il l’a force à me téléphoner pendant qu’il la possède. Et je sais que c’est pour l’humilier et qu’il double cette humiliation par la mienne.
Stéphanie continue.
- Il veut … Je dois… Je dois te demander…
J’entends la voix assourdie de Marc. Apparemment il l’aide à trouver les mots.
- Où tu veux… Que… Qu’il jouisse ?
Le dernier mot elle l'a dit d’une façon presque inaudible, accablée par la honte.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je ressens comme un vide sidéral, quelque chose qui m’empêche presque de penser. Je secoue la tête pour revenir à la réalité. Ainsi Marc me donne la main. Il connaît ma jalousie maladive, il sait le mal que cela me fait. En même temps il me donne la possibilité d’humilier cette blonde de la plus obscène des façons. Une façon mesquine de me venger de celle qui me vole ma place, ne serais ce qu’un instant.
Ce que veut Marc je le sais, je le sais aussi explicitement que si nous étions en communication télépathique, cela m’apparaît claire, la réponse est évidente.
Je lance d’une traite.
- Je veux qu’il jouisse dans ta bouche !
Un silence.
Je reprends durement.
- Tu as compris Stéphanie ? Je veux que tu le fasses jouir avec ta bouche ! Tu as compris ? …
Une joie malsaine me parcourt, j’exulte de lui faire un aussi sale tour.
C’est une toute petite voix étouffée de timidité qui me réponds.
- Oui… Oui, j’ai compris.
Le téléphone s’éloigne de son visage et c’est dans le lointain que j’entends Stéphanie déclarer à haute voix éraillée.
- Dans ma bouche… Maître…
J’entends à peine Marc répondre.
- Bien, passe moi le téléphone.
Sa voix devient plus claire.
- Tu as laissé la porte d’entrée ouverte ?
- Oui, Monsieur.
-
Très bien ! Tu m’attends dans la chambre. Allongé sur ton lit, nue, les mains dans le dos, les jambes écartée. J’en finis avec Stéphanie et j’arrive dans un moment !
Il raccroche sans attendre de réponse.
De savoir qu’il me parlait tout en chevauchant Stéphanie me laisse toute chose. Sans que j’y prête attention durant toute cette étrange conversation mon ventre s’est échauffé. Je me masse compulsivement et je me glisse sous les draps. Je ne sais pas ou il est, mais je pense qu’il lui faudra de longues minutes avant d’arriver ici. "  J’en finis avec Stéphanie ". Mon imagination fonctionne à toute allure je sais bien ce qu’il est en train de faire ! Je vois Stéphanie à ses genoux les lèvres distendues autour du sexe de Marc, s’appliquant en une succion goulue dans l’attente de sa jouissance. Peut être même lui a-t-il posé une main sur la tête pour la forcer à aller le plus loin, le plus profond possible et accroître ainsi la vigueur de la caresse buccale. Je n’en peux plus. Comme vous qui lisez ces lignes en ce moment mon ventre me brûle et se contracte en spasmes électrisant, une envie irrépressible de me toucher, de m’abandonner…
J’inspire profondément pour ne plus penser à ce que doit endurer Stéphanie, c’est un peu de ma faute ! Une étrange sensation de honte et de délectation me parcourt. Je reprends mon livre et tente d’accrocher quelques lignes. Je le parcours depuis de longues minutes lorsque j’entends la lourde porte d’entrée s’ouvrir dans un claquement sec. Mon cœur s’emballe. Je pose rapidement le livre sur le chevet écarte les jambes largement et glisse mes mains entre le matelas et mon dos. Dans le silence de la chambre les battements de mon cœur résonnent à mes oreilles en un vacarme assourdissant.
A son tour la porte de la chambre s’entrouvre.
Marc apparaît dans la pièce. Il me lance un large sourire et fait un pas en avant. Dans son dos Stéphanie se faufile dans la chambre. Oh non ! Il a amené cette mijaurée, un profond désappointement me saisie. Malgré sa tête baissée, je note qu’elle est très pale, fragile, comme à la limite de l’évanouissement. Ses mains jointes devant elle lui donnent une apparence de vierge outragée. Son dressage accéléré doit être des plus rude ! Sans porter attention à elle, Mon Maître s’approche du lit, se penche, se saisit du léger drap qui me couvre et d’un geste violent, le faisant voler dans l’air, me découvre entièrement, ramenant la fine étoffe au pied du lit. Comme il l’a demandé, je suis nue les jambes écartées. Stéphanie a timidement relevé la tête et je sens son regard parcourir mon corps. Marc se tourne vers elle.
- Elle est belle ma soumise, N’est ce pas ?
Stéphanie hoche la tête. Il continu.
- Obéissante et ouverte avec çà ! Tu devrais en prendre de la graine !
Il s’assoie sur le bord du lit et sa main se pose sur ma poitrine. Délicatement, il en caresse les mamelons avec affection, comme il jouerait avec un bibelot. Dans un réflexe les cônes sombres se dressent et durcissent. Je reçois sa caresse avec délectation même si mon plaisir est un peu troublé par la présence de Stéphanie qui m’observe en catimini. La main de marc glisse sur mon ventre s’attarde un instant sur mon nombril, continu son chemin vers mon entrejambes. La chaleur qui me monte au visage s’accroît. Un doigt fureteur joue avec mon clitoris. Je me pince les lèvres entre les dents pour essayer de prévenir l’onde électrique qui parcourt mon corps. Et d’un seul coup, forçant le passage entrouvert, s’introduit dans mon ventre. Sa progression est facile, je suis trempée d’excitation. Même si Marc sait me mettre dans un embarras indescriptible en laissant cette fille témoin de mon abandon, j’en éprouve un veule plaisir, et mon corps, lui, sans retenu ni tabou, exprime toute sa gratitude à son tendre explorateur. Tout en maintenant ses doigts en moi et accroissant sa pression il se tourne vers Stéphanie.
- Je crois que Mademoiselle Isabelle nous attendait, elle est trempée !
Oui j’attendais, je L’attendais… Mais pas elle ! Qu’il la prenne ainsi à témoin m’horripile !
De son autre main il désigne le coté libre de mon lit.
- Vient là Stéphanie. Assied toi !
La blonde s’approche lentement et d’un geste gracieux s’assied sur le lit. Elle a toujours les mains jointes et son visage est flamboyant de honte. Honte, timidité ou plaisir ? Elle me lance des regards à la dérobé comme si elle ne voulait pas que je la dévisage que je lise en elle. Je reviens à mon Maître. Il me sourit.
- Il m’a paru important que nous partagions nos jeux avec toi Isabelle. Nous n’allions pas te laisser seule ce soir ! N’est ce pas ?
Je ne peux m’empêcher de répondre
- Mer... Merci Monsieur !
La banalité de la phrase qui sort de mes lèvres me consterne.
- Je savais que tu apprécierais… Et Stéphanie aime également partager ses plaisirs. En fait c’est une première pour elle…
Çà je veux bien le croire, elle me rappelle moi lors de nos premières séances. C’est peut-être pour cela ces sentiments mêlés de haine et d’amour que j’ai pour elle. Elle est trop proche de l’image que j’ai de moi, elle me ressemble trop.
Il se redresse. Ses doigts s’extraient de mon ventre et viennent se poser de nouveaux sur ma poitrine.
- Stéphanie… Embrasse donc Isabelle pour lui témoigner ta gratitude.
Je tourne ma tête vers Stéphanie. La jeune fille sépare enfin ses mains, rabat ses cheveux sur ses épaules et son visage se penche sur moi. Je cherche son regard mais elle me fuit. Timidement nos lèvres se joignent.

Il faut que j’accepte ce baiser sans sourciller. J’entrouvre timidement les lèvres. La langue de Stéphanie se glisse entre elles. Une langue brûlante, qui s’introduit doucement dans ma bouche. Mise en confiance, son visage s’applique contre le mien dans une ferme étreinte. J’écarte un peu plus les lèvres pour lui laisser le passage. Un liquide chaud s’écoule lorsqu’elle s’introduit plus profondément. Je fronce les sourcils d’étonnement et comprends brutalement ce qui se passe. Tout mon être se contracte, je referme violemment la bouche, tourne la tête et donne un coup de rein pour me dégager de l’étreinte de Stéphanie. Il semble que mon maître avait prévu ce sursaut car il contient ma fuite en appuyant fermement sur mes épaules.
- Allons, allons. Tout doux !
Il me parle comme on parlerait à une pouliche effrayée. Je tente de me calmer et retourne mon visage vers eux. Je voudrais tant qu’il renonce à cette idée abjecte. Je me fais implorante et murmure comme pour lui seul.
- S’il vous plaît monsieur… Pas çà s’il vous plaît ! Je ferais tout ce que vous voulez.
La fin de ma phrase se perd dans une supplique sanglotante. Marc me regarde fixement me sourit et claque de la langue et d’une voix ferme.
- C’est que justement… c’est ce que je veux… Et tu viens de le dire… Tu feras tout ce que je veux !
Il lance un rapide regard à Stéphanie qui attend passivement presque absente. J’imagine qu’elle doit être impatiente que la conversation se termine. Il reprend d’une voix douce.
- Je t’ai dit que nous venions partager notre plaisir avec toi. Et il me serait agréable que tu ne le refuses pas !
Je sens sa détermination à aller au bout de son idée. Mais que puis-je faire ? Refuser ? Casser le pacte ? Dans un murmure prononcer le save-word et irrémédiablement arrêter cette aventure ? Il n’en est pas question ! Après tout il m’a déjà fait vivre pire ! Mon esprit tourne à cent à l’heure. Je sens une larme perler au coin de mon œil, rouler et glisser jusqu'à ma nuque. Je lance une œillade à Stéphanie puis à mon maître. Je remets ma tête droite sur l’oreiller et lentement entrouvre ma bouche. Je signifie ainsi à Marc que c’est lui le Maître, et que je me plie à sa volonté. Il pose alors sa main sur la nuque de Stéphanie et abaisse son visage vers le mien. Lorsque ses lèvres touchent de nouveau les miennes je ferme les yeux, je veux ainsi m’éloigner de l’acte abject auquel il me contraint.

Par la bouche de Stéphanie j’accueille le plaisir que mon Maître a pris avec elle. Par cet étrange transfert, il jouit en moi. Et la salive de Stéphanie se mêle à notre étrange union. Sa langue s’enhardit et vient flirter avec la mienne mêlant intimement le chaud liquide à la saveur trouble. Sous l’œil bienveillant de mon Maître nous avons, toutes deux, avalé notre honte... Notre condition de soumises.

4 juin 2008

Chap. 10. Un goût de paradis.

Un dressage long ? Apparemment Mon Maître ne l’entend pas de cette oreille !
Nous restons un long moment à contempler Stéphanie en silence. Sa poitrine se soulève dans un rythme saccadé, elle tente de reprendre son calme. C’est une fille vraiment très jolie, son corps nue écartelé ne peut nous dissimuler aucun de ses charmes. Peu à peu sa respiration reprend une cadence régulière. Marc ne lui laisse pas le temps de recouvrer ses esprits.
- Pourriez-vous vous tourner Mademoiselle ?
Stéphanie prend un moment avant de comprendre que Marc s’adresse à elle. Lentement, avec précaution, en prenant appuie sur ses mains, elle bascule et pivote sur ses genoux. Elle nous tourne maintenant le dos.
-
Penchez-vous vers l’avant, posez votre visage sur le sol !
Elle retrouve ainsi la pose que je lui avais fait prendre pour explorer son intimité. Le feu me monte un peu au visage. Je ne peux me détacher de cette vision que nous offre Stéphanie et cette chaleur sourde qui m’envahit le ventre. Je croise nerveusement les jambes et les décroisse aussi rapidement. Je voudrais être ailleurs et en même temps je ne manquerais pour rien au monde cette humiliation que subit Stéphanie sans broncher.
-
Très bien… Pouvez-vous vous écarter un peu plus s’il vous plaît ?
Stéphanie écarte les jambes dévoilant un peu plus le fruit fendu de pourpre. Marc a son petit claquement de langue de contrariété.
-
Non... Non... Avec vos doigts Mademoiselle !
Un frisson me parcourt la nuque. Je baisse les yeux vers mes pieds et reviens peu à peu vers la forme nue, offerte. Marc me jette un regard rapide pour s’assurer que je ne me suis pas détournée. Je comprends alors que ce qu’il fait subir à Stéphanie, c’est pour moi. Par ricochet, il me met sciemment mal à l’aise, il joue avec ma timidité et a décidé d’aller le plus loin possible.
Stéphanie remonte une main le long de sa cuisse, glisse par dessus sa fesse droite. Elle se contorsionne et ses doigts viennent effleurer les lèvres humides de son ventre. Deux phalanges se glissent à l’intérieure et les écartent doucement comme le ferais une gamine timide avec sa bouche. Le rose pourpré et brillant d’un vernis liquoreux de son intimité se dévoile à mes yeux.
Marc se lève et rejoins la jeune fille en deux enjambés. Il pose un genou à terre et d’un doigt soulève la lèvre opposée de celle qu’écarte Stéphanie. Je distingue maintenant nettement l’orifice écumeux de l’étroit canal ou j’ai auparavant introduit mes doigts. Inconsciemment je masse mon index dans ma paume et me frotte le dessous du nez. L’odeur de musc qui si accroche encore, l’odeur de Stéphanie, me saute littéralement au visage. Catastrophé par la sensualité que ce parfum déclenche contre mon gré je replace vivement ma main sur mon genoux. Je ne sais plus comment me mettre. Marc pose une main en appui sur le haute de ses fesses, se penche, approchant ainsi son visage de la figue ouverte, et doucement se met à souffler vers l’intérieure de l’orifice. Cette subtile caresse je la connais ! Un curieux fourmillement pétille dans le bas de mon dos alors qu’un frisson me parcourt la colonne vertébrale. Impulsivement mon ventre s’ouvre en même temps que ma bouche, et je sais que mon sexe est entrain de s’inonder. Stéphanie réagi par un gémissement inaudible. Satisfait du résultat Marc se redresse puis se penche a l’oreille de Stéphanie lui murmurant quelques mots que je ne comprends pas. La belle soumise cesse sa caresse et s’affale sur le sol, basculant sur le dos. Sa main regagne son entre jambe en passant cette fois ci sur son ventre. Encore quelques mots à son oreille et Marc se redresse.

Stéphanie est maintenant allongée à ses pieds les jambes largement écartées et entame une caresse intime lente et profonde. Le plaisir qu'elle prend ainsi devant moi me met mal à l’aise. Je détourne souvent le regard, mais irrésistiblement comme attirés par un aimant mes yeux reviennent contempler l’étrange tableau de cette jeune fille impudique qui, aux pieds de mon Maître, lui offre le spectacle de sa masturbation. Marc recule d’un pas et me regarde, ou plutôt, il m’observe. Stéphanie continue son massage intime. Ses reins se cambrent et perdant toute pudeur, comme si elle était seule, se caresse avec de plus en plus de vigueur. De nouveau mon Maître s’accroupit et se penchant sur elle, lui murmure à l’oreille. Je ne peux toujours pas entendre ce qu’il lui dit et cela m’agace un peu. La conversation à voix basse se prolonge ainsi en aparté. Stéphanie se cambre de plus en plus sous l’effet de ses caresses. De temps en temps Marc lève les yeux vers moi et continue à lui susurrer à l’oreille. Stéphanie ne tient plus et fini par laisser s’échapper des "oui " languissants de plus en plus audibles. Je me demande ce que peut bien lui raconter Marc ! Stéphanie ponctue chacune de ses fins de phrase par un oui langoureux et finit par lancer un "oui, Monsieur ! " , dans un halètement indécent. Marc lève alors les yeux vers moi.
-
Viens là Isabelle.
Ma respiration se bloque. Craintivement je me lève et les rejoins.
-
A genoux !
Je m’agenouille en face d’eux. Stéphanie est entre nous. Marc pose une main sur le bras de la jeune femme et arrête son mouvement ramenant sa main sur son ventre. D’un geste lent il fait pivoter la grande sellette ronde et Stéphanie se retrouve face à moi les jambes largement écartées. Je ne peux m’empêcher de lorgner le magnifique fruit fendu qui s’offre, impudique, à mon regard. Marc me regarde en souriant. Je devine immédiatement ce qu’il va exiger de moi. Et je ne me trompe pas lorsqu’il me lance.
- Peux-tu me dire quel goût à cette jeune femme ?
Nos regards se croisent. Inutile de résister. Je respire profondément, ramène mes cheveux en arrière et me penche vers l’avant. Mes lèvres se rapprochent timidement du fruit charnu. Bizarrement je ne trouve pas ragoûtant ce que me demande mon Maître. En fait, je m’attendais un peu à ce qu’il me fasse participer… Mais pas de cette façon ! Je m’enhardis et pose ma langue sur le ventre de Stéphanie, elle frissonne. Je glisse sur la peau jusqu’au début de la fente de son sexe épilé. Il en émane un parfum indéfinissable capiteux un peu semblable a du vin chaud à la cannelle mêlé à une fraîche acidité saline. Ce parfum m’enivre et me rassure à la fois. Non ce que je vais faire n’est pas sale ! Au contraire ! Stéphanie est entièrement tendue vers moi et n’attend qu’une chose. Que je goûte sa saveur ! La tension est à son comble lorsque mes lèvres se posent sur la fente offerte. Elle se cabre, tente inconsciemment d’échapper au baiser sacrilège. Mais en fait, maladroitement, elle accentue la pression de ma bouche scellant ainsi notre union buccale. Je me lance alors dans un profond baiser avec ce fruit de paradis que m’offre Mon Maître. De la langue j’écarte le sillon humide et je m’y enfonce avec volupté. Stéphanie lance un petit cri de biche blesser et ses jambes se crispe sur le sol. Encouragé par sa réaction et je m’empare de son clitoris entre mes lèvres et entame une lente succion saccadée. J’agis d’instinct sans trop savoir si mes caresses sont celle qu’il faut prodiguer. Je m’évertue à faire ce qui, moi, me ferait plaisir. Et je suis sur la bonne voie, c’est plus qu’il n’en faut pour que Stéphanie se liquéfie littéralement sous mes caresses. Je suis bientôt barbouiller par sa liqueur de Cyprine qui sourd abondamment de la source à laquelle je bois. Je commence à m’échapper dans mes rêves lorsqu’une main me saisis par les cheveux et interrompant mon baiser me relève vivement la tète. Tout à mon émoi j’en avais oublié ce pourquoi je me trouve à genoux, la tête entre les jambes de Stéphanie.
-
Alors ? Quel goût !
Un peu éberluée, je tente de reprendre ma respiration, je reste un peu interloqué et ne sais quoi répondre.
-
Goûte mieux !
Et Mon Maître en m’appuyant sur la nuque me plaque violemment le visage sur l’entrejambes détrempé.
Plusieurs fois Marc soulève sans douceur ma tête et me pose la même question. Parfois il glisse un doigt sur la fente juteuse de Stéphanie pour en recueillir le précieux nectar, le porte à ses lèvres et prends des airs de sommelier qui goûte un grand vin. N’étant pas d’accord avec moi il me replonge dans les vapeurs délicates et enivrantes exhalées par le ventre de Stéphanie pétrifiée sur le sol.
Mais comment décrire cette saveur ? Une saveur d’interdit, de stupre, de plaisir, de honte et d’humiliation qui s’écoule de la fente angélique de la jeune fille sinon en la comparant au nectar des dieux… Un goût de paradis !

11 mars 2008

Chap.1. Douce folie.

Suis-je folle ?
Me voici de nouveau sur la route, le cœur qui bat la chamade. Pour éviter de me poser trop de questions j'ai poussé le son de la radio mais le bruit de la soupe commerciale qui en sort n'arrive pas à couvrir les visions qui m'assaillent.
Suis-je folle ?
Pour la troisième fois je me précipite vers lui pour subir de mon plein gré les plus doux des tourments, la plus agréable des humiliations. Je ne peux m'empêcher de me remémorer ce week-end de folie à Lyon au début de l'été. Et plus loin notre premier entretien dans son atelier. Ma première humiliation nue, à genoux. J'en frissonne d'aise et je souris. Oui, certainement, d'aucune m'estimerais folle !
Et ces longs mois à patienter sans quasiment aucun contact avec lui ! Avec la certitude que, peut être, une autre est à genoux au milieu de son atelier. Et tout le cortège de fantasmes qui accompagne cette évocation. Elle est plus belle. Plus docile. Plus soumise. Plus experte que moi ! Je la vois danser autour de lui, s'incruster dans ses toiles, je le vois m'oublier ! A cette évocation je crispe mes mains sur le volant, mon ventre se tord de frustration. Encore une fois je me calme par une profonde inspiration et j'essaye de me concentrer sur le long ruban d'asphalte de l'autoroute qui me lie à lui. D'un basculement rapide je me regarde dans le rétroviseur pour me rassurer. Les yeux noisette de mes vingt ans encadrés de cheveux auburn se moquent de moi. J'ai encore un visage qui porte mon adolescence en étendard et pourtant j'ai mûri, terriblement mûris et je sais que cette maturité me rend encore plus désirable.
Oui !... Aujourd'hui c'est mon jour ! Et je cours vers Lui pour reprendre ma place.
Dans un souffle une puissante berline me double. Un éclair gris ! Je la regarde s'éloigner devant moi. Elle est déjà plus proche de Lui que moi ! Je veux rejoindre d'urgence l'odeur de la térébenthine de l'atelier et la saveur de l'adrénaline au fond de ma gorge. J'appuie d'un pied rageur sur l'accélérateur.
Oui… Je suis folle !

17 janvier 2008

Chap.2. 41 degrés.

Pour la première fois c'est moi qui dirige mon Maître. Cela me fait toute chose. Je passe mon temps a regarder derrière moi. Mais bien sur, il me suit pas à pas. Le parcourt va être rapidement fait et je me présente enfin devant le seuil de l'immeuble. Je tape sur le digicode, un claquement sourd de la serrure électrique, je pousse difficilement la lourde porte du porche. Sa main vient à mon secours. Nous traversons comme des ombres la cour intérieure aux pavés disjoints et gagnons les escaliers. Pas d'ascenseurs ici, l'immeuble est vétuste mais il a un charme Hausmannien que j'adore. La cage d'escalier est illuminée par des ampoules à incandescence qui diffusent une lueur jaune, blafarde. Nos pas font craquer les marche de bois. Nous ne proférons aucune parole. En moi l'excitation monte en même temps que nous. Un fourmillement irrépressible m'électrise l'entrejambe. Je sais pertinemment ce qui m'attend en haut des ces escaliers Et je suis sure que nous partageons la même excitation. J'en suis là de mes pensées lorsque dans un bruit sourd la minuterie coupe brutalement la lumière. Un peu désorientée, je cherche sur le palier le commutateur qui me permettra de relancer la minuterie.
-
Non !
Sa voix assourdit m'a stoppé net. Il s'est rapproché de moi et me pousse vers les marches les plus proches, m'éloignant ainsi de l'interrupteur. Il se penche à mon oreille et me murmure.
-
Ne te retourne pas… donne-moi ta sacoche et enlève ton manteau.
Mon sang ne fait qu'un tour. Oh non ! Pas ici ! Pas comme çà ! Un sentiment de panique et d'impuissance me saisie mais je n'en laisse rien paraître. Doucement je dépose la sacoche à mes pieds et enlève ma capeline que je pose sur mon bras. Dans la pénombre ses mains se posent sur mes hanches glisse vers mes genoux, s'insinuent sous ma jupe écossaise. Ma main droite se crispe sur la rambarde de chêne patinée. Ses mains remontent vers mes reins, soulèvent largement le tissu et découvrent mes fesses. Le froide de l'air humide glisse sur ma peau mise à nu.
- Ecartez donc un peu plus les jambes Mademoiselle !
Il a dit çà à voix basse mais j'ai l'impression qu'elle résonne en un vacarme assourdissant dans la cage d'escalier. Mon malaise se transforme alors en terreur. Et si quelqu'un sortant brutalement de chez lui et nous voyait ainsi ! La petite voisine du 5ème, si sage, si gentille, si bien élevée qui dit toujours bonjour avec le sourire la jupe troussée jusqu'à la taille en train se faire peloter par un homme deux fois plus âgé qu'elle et surtout qui se laisse faire ! J'imagine les conséquences si nous nous faisons surprendre. Le feu de mes joues redouble et je ne peux m'empêcher de m'exclamer d'une voix contenue.
-
S'... S'il vous plaît Monsieur... Pas ici…. S'il vous plaît… Je vous en supplie ! . Oh hhh !
Ma supplication est interrompue par le doigt qui vient de se frayer un passage entre mes cuisses, que sur son invite j'ai écartée, et de s'enfoncer dans mon ventre brûlant…
Mes protestations se noient dans une exclamation étouffée. Il s'est enfoncé brutalement à la va vite. Une introduction dans mon intimité chaude et moelleuse qui est bien trop facile pour ne pas trahir mon degré d'excitation. Une décharge électrique explose dans mon ventre et parcours la surface de ma peau. Sa main pousse entre mes jambes sur mes fesses me forçant à monter d'un degré.
-
S'il vous plaît …Mar... Monsieur.
Mais rien n'y fait. Je baisse la tête accablée et la relève vivement cherchant dans l'obscurité le signe d'une présence indiscrète. Je suis catastrophée à l'idée que l'on puisse nous surprendre. Un deuxième doigt s'insinue en moi, une deuxième secousse de son poignet et je monte encore d'une marche poussée par le coup de boutoir. Il me soulève presque du sol tellement sa poigne est puissante. Il se colle contre moi, son poignet s'enchâsse entre mes fesses, la manche de son cuir mouillé me glace les reins. D'un geste vif il m'arrache mon bonnet de laine se penche à mon oreille.
-
A genoux !
Mon dieu ! Mon cœur bat à tout rompre. Comme souvent dans ces cas là je voudrais m'enfuir dans une douce léthargie où mon esprit s'envole et mon corps subit ! Mais là impossible, le danger est trop grand, trop présent. Nombre de mes voisins connaissent ma condition et pour certains mes parents qui viennent régulièrement me rendre visite. Comment décrire l'innommable plaisir qui me secoue et la terreur qui s'y mêle ! Terreur sans nom qui me porte à la limite de la crise de nerf. Je veux que cela cesse vite. Mes jambes flageolent et mes genoux plient, ils touchent les marches devant moi. Mes mains se posent sur les deux degrés supérieurs au bois poisseux et moite. Me voici dans la plus indécente des positions, dans les escaliers de mon propre appartement, la jupe relevée deux doigts fureteurs de mon Maître introduit au plus profond de mon ventre. Plaisir veule, repoussé, refusé, réclamé. Je ne sais plus… Au diable ce que l'on pourrait penser ! Non ! , … Je voudrais être ailleurs ! Vite !
Sûr de sa prise, Marc s'attarde, imprimant un mouvement de va et vient à ses doigts. Mes cuisses se tétanisent et mon ventre brûle d'un feu ardent. Je gémis entre mes Dents serrées, mon visage penché vers les marches en respire l'odeur humide et fétide des vieux bois cirés et pourtant je suis prête à jouir tellement l'excitation de la situation est forte. Un coup plus fort que les autres, plus profond, je lâche un petit cri aigu. Comme un coup de feu, le cri résonne dans la cage d'escalier. Je me mords les lèvres et souffle par le nez. Comme obéissant à ce signal ses doigts me quittent me laissant pantois et essoufflée.
Il s'empare alors de ma jupe et l'insert dans ma ceinture de façon que je reste totalement offerte à son regard sans avoir a maintenir la pièce de tissu. Une claque sur mes fesses Et il souffle doucement.
- Allez… Monte !
Je tente de me redresser mais je suis arrêtée par un claquement de langue désapprobateur.
-
A quatre pattes, Mademoiselle ! En chienne !
Ma respiration se bloque. La honte me submerge, il va falloir que je gravisse le reste des escaliers à quatre pattes le postérieur dénudé. Autant faire vite il ne reste que deux étages. Je me dandine tant bien que mal, consciente de la position humiliante à mourir et de son regard sur moi, sur mon intimité largement dévoilée malgré la pénombre. Je traîne mon manteau sur le sol si bien qu'il finit par se pencher et s'en emparer. Nous traversons le palier du quatrième, mon cœur s'accélère, mes mains et mes genoux glissent rapidement sur le carrelage froid et sale. Un cours instant je m'imagine les locataires surgissant brutalement sur les seuils. Marc les saluant courtoisement avec un sourire que je lui connais bien, alors que je me cache le visage, à défaut de cacher mon corps offert et grimpant à genoux les escaliers devant mon Maître. Ne plus penser, ne plus réfléchir... Avancer.

Enfin je suis devant ma porte. Le souffle court, je m'aperçois que malgré le froid je suis en sueur. Une sueur malsaine, celle de la peur. Je reste à genoux et tends la main vers lui, réclamant les clés de mon refuge. Il fouille dans la poche de mon manteau prends son temps, et finit par me tendre la grosse clé de fer et celle plus petite du verrou. Je tâtonne dans l'obscurité pour introduire la clé dans la serrure. Je me presse, je m'énerve, je n'y arrive pas… Brusquement le palier s'illumine. Je pousse un cri de surprise et de peur. Marc vient d'appuyer sur le bouton de la minuterie. Maintenant je vois distinctement la serrure, mais ma peur est absolue. Mon voisin pourrait me voir à travers l'œilleton de son judas. Mon voisin qui me couve d'un œil plein de convoitise à chaque fois que je le croise. Gentil mais collant. Fébrilement je parviens enfin à ouvrir les deux serrures. J'ouvre violemment la porte et toujours à quatre pattes je me précipite à l'intérieur.
Un soulagement intense me gagne comme si je venais d'échapper à une meute de bêtes immondes et que la porte qui vient de se refermer derrière moi m'avait sauvé la vie. Je m'assois sur le sol froid. La tension a été si forte que je suis au bord des larmes. Mon Maître ne prête pas attention à mon émoi, passe à côté de moi et nonchalamment commence à explorer mon meublé.
En souriant aux murs, je laisse couler mes larmes de soulagement.

30 décembre 2007

Chap 14. Madame!

Aujourd'hui voici trois jours que s'est déroulée cette folle soirée pyjama. Je retrouve Carole chez elle,... Elle qui à la suite de cette soirée m'a déposé devant chez moi, sans un mot, un simple sourire en guise d'au revoir.
Nous partageons une tasse de café en silence. Elle n'a pas fait la moindre allusion cette étrange intronisation et semble plongée dans une profonde réflexion. J'ai presque l'impression de la déranger. N'y tenant plus je romps le silence et pour lancer la conversation lui demande des explications quant au mystérieux moment de la course de chevaux et l'étrange attitude de Virginie. Elle sort de ses pensées, me regarde comme si elle me découvrait, réfléchie un instant et me déclare qu'elle m'expliquerait en temps voulu et lorsque je serais définitivement acceptée au sein l'Assemblée. Je suis étonnée, je croyais que j'avais réussi le test de passage !
-
Cela n'est pas aussi facile. Me déclara-t-elle en plongeant son nez dans la tasse de café.
Elle semble chercher ses mots, prends une goulée du liquide odorant, inspire profondément et dit,
-
Et Bien, … En principe je dois te préparer pour ton entrée définitive…Tu le veux vraiment ? .
Je ne peux m'empêcher de balbutier...
-
Je... Je … Oui … Bien sur !
Elle me regarde droit dans les yeux
- Sache que si tu échoues, tu me perdras définitivement !
Cela me pétrifie, je n'imagine pas un seul instant perdre Carole. Ma voix se raffermie, devient grave.
- Je ferais tout ce que tu voudras !
-
Très bien. Dit-elle. On commence immédiatement !
Elle prend une deuxième gorgée de café et lance sans me regarder.
-
Déshabille-toi !
Nous sommes seules et cela ne me pose plus de problème de me présenter nue devant elle. Mes vêtements se sont vite étalés sur le sol. Je frissonne, pas de froid, vous vous doutez bien. Carole continue.
-
A genoux... Les jambes écartées !
Elle a repris le ton qu'elle avait eu devant la piscine. Ce ton qui m'avait à la fois angoissée et ravie.
Je m'exécute.
-
Les mains derrière le dos, et baisse la tête !
Encore une fois j'ai suivi ses ordres. Elle est restée un long moment sans rien dire, elle se lève et se ressert une tasse de moka qu'elle sirote en tournant lentement autour de moi.
Elle se penche sur moi.
-
Tu devras m'obéir. Me dit-elle d'un ton sentencieux
-
Oui. Me suis-je entendue répondre à voix basse.
- Tu devras être entièrement à moi.
-
Oui
-
Tu me seras soumise en tout…
-
Oui
-
…Corps et âmes…
-
Oui
-
Le moindre manquement à mes désirs sera puni….
-
Oui,... Oui, oui….
Et chaque "Oui" venait du plus profond de ma poitrine... De mon cœur. Comme dans un rêve je me lie au bon vouloir de carole !
Elle s'est assise en face de moi. Je suis toujours à genoux... Exhibée. La laine du tapis m'irrite maintenant les genoux.
Elle s'empare de son portable et compose un numéro.
-
Oui !… C'est Carole !...Emilie est en face de moi... Elle est nue et à genoux…
Que l'on décrive ainsi ma situation humiliante provoque un frisson glacé le long de mes reins.
-
Oui… Elle est d'accord… Mais je ne sais pas si elle a bien compris ce que j'attends d'elle... Je voudrais que tu lui fasses une démonstration avec Sandy… D'accord ! ,… 14h, chez toi… Bisous Claire.
D'un geste vif elle replie son portable et s'agenouille à côté de moi. Sans hésitation elle me prend par les cheveux, me ramène fermement la tête vers l'arrière et m'embrasse profondément pendant que dans le même temps elle glisse une main entre me jambes fouille ma douce toison d'astrakan et constate mon émoi en recueillant mon intime humidité entre ses doigts….
Le baiser est long et profond, la caresse experte extrait la sirupeuse liqueur trahissant mon excitation grandissante. Pourtant je n'ose répondre au baiser et ma bouche accepte sa langue sans frémir. Nos rapports ont changé et je viens de le comprendre. Je ne peux pas esquisser le moindre geste sans son accord préalable. Elle finit par relâcher son étreinte. Nos lèvres se séparent. Elle tire un peu plus sur mes cheveux me forçant à la fixer au fond des yeux.
-
Et j'ai oublié de te dire… A partir de maintenant… Tu m'appelles Madame !

 

5 décembre 2007

Chap 10. La Source.

Alors voilà…
Après l'épisode de la piscine. Carole m'ordonne de la suivre. La tête baissée, je m'exécute en trottinant. Nous passons la grande baie vitrée et entrons dans le salon. Elle me place délicatement au milieu de la pièce et, en appuyant sur mes épaules, elle me met genoux sur le tapis, en face du grand canapé de cuir blanc là où nous regardons en famille les films sur l'écran plasma du salon. Impudique, elle ôte son maillot de bains et elle se présente à moi entierement nue. Je ne peux m'empêcher de l'admirer. Je suis émerveillée par la sensualité de ses courbes et ses mouvements félins. Elle s'est assise et elle a largement écarté ses jambes découvrant son sexe parfaitement épilé. Une fleur rosée entrouverte comme une orchidée. Je suis encore à genoux sur le tapis lorsqu'elle me lance.
- Approche !
Trois mètres nous séparent, je m'apprête à me lever pour la rejoindre.
- NON !
Ce "non" tonitruant m'arrête net.
- A GENOUX,... A quatre pattes, … Approche !
Mon trouble est très fort mais je peux faire autrement.  Je me glisse à genoux jusqu'à elle. Mon visage se retrouve à quelques centimètres de son entrejambe. Il en exhale un parfum de miel chaud. Semblable à une perle de rosé, une goutte de liqueur translucide est délicatement posée à la commissure de la fente couleur de corail.
- Embrasse-moi !
L'ordre est plus doux, murmuré dans un souffle, venu du fond de son cœur. Comme hypnotisée, je me penche vers l'avant et pose mes lèvres sur son ventre près de son nombril. Timidement, de ma langue, je suçote la peau de pêche de son ventre poussant même jusqu'à m'insinuer dans le creux de son nombril. Carole me laisse un instant le bonheur de ce contact charnel et pourtant divin. Mon ventre s'enflamme. Mais cela ne lui suffit pas et ce que je redoute devient inévitable Elle me saisit la tête fermement et la force vers le bas, m'obligeant à coller ma bouche contre le sillon distillant le voluptueux nectar. Malgré ma répulsion instinctive et un faible résistance de principe, il ne me vient pas l'idée de me détourner. Timidement, je lape à la source de son ventre. Ma répulsion passe vite et je suis heureuse de boire à cette fontaine. Un liquide semblable à du miel et au goût de sirop d'orgeat me barbouille bientôt le tour de la bouche. Une sorte de frénésie partagée me saisie lorsque les reins de Carole s'agitent de soubresauts et qu'elle accentue la pression de ma tête contre son ventre. Délivrée de toute pudeur, sans retenue. Ma langue s'attarde maintenant sur son clitoris gonflé de plaisir. Intérieurement je suis comblée de procurer une telle jouissance à celle que j'aime. Encouragée, je redouble d'effort. Je l'embrasse comme j'embrasserais sa bouche, goulûment, furieusement. Je veux la pénétrer de ma langue, absorber son corps et son âme, surprise de constater que son plaisir déclenche le mien. Difficile de dissimuler les ondes voluptueuses qui parcourent mon dos et leur ressac qui gagne mon ventre incandescent. Dans un sursaut et un cri étouffé le corps de Carole se tétanise puis se détend. Elle se glisse sur le sol, près de moi. Son visage s'approche du mien. Elle sourit. Nos lèvres se joignent et nous roulons sur le tapis de laine…

21 novembre 2007

Chap 9. Reflexions.

Il faut vraiment que je fasse le point !
Le plaisir que j'ai éprouvé lorsque Carole a exigé de moi cette posture exhibitionniste me trouble. En fait, plus que la posture, c'est l'obéissance dont j'ai fait preuve qui me laisse perplexe. De me sentir ainsi à sa disposition m'a procuré un plaisir indicible. J'en avais eu les prémisses lorsque dans le bois de la Gausserie elle avait immobilisé mes mains pour me forcer à accepter ses caresses. Carole a ressenti le trouble qu'elle avait provoqué et semblait en être contente.
Je crois que je suis prête à tout pour elle. C'est nouveau pour moi, mais moins encore que ce qu'elle a exigé de moi par la suite. Il faut vraiment que je le confie à mon carnet….

22 septembre 2007

Interludes. Matinée d'automne.

Samedi 22 septembre. J'ai gagné les écuries très tôt dans la matinée. La campagne est encore endormie la lueur solaire effleure à peine l'horizon tout baigne dans une lumière bleutée rehaussée de mauve. L'air est froid et piquant. Dans les box les chevaux ont senti ma présence et curieux un à un sorte leur tête de leur stalle respective. J'ai choisi ce jeune alezan magnifique, nerveux et l'oeil vif. Je dépose le harnachement récupéré a la sellerie sur le sol et le rassure en le flattant. Je lui passe le filet et le sort de son box. Ses fers tintent haut et clair sur le sol pavé de granit. Un bruit qui secoue le silence figé de l'aube et résonne à travers la cour. Cérémonieusement, j'installe le tapis et la selle sur son dos. Il trépigne. Certainement l'impatience de s'élancer vers les étendues qui entourent le haras. Je le calme de la voix et d'un geste assuré, fluide, sans a coups, dans un crissement de cuir frotté me hisse sur son dos. Au pas nous passons le porche que j'ai pris soin de laissé ouvert et gagnons le Chemin de Perte. Passé la Pommeraie je quitte les chemins de terre d'exploitation et m'élance à travers champs en direction du bois des Plantis Toute la puissance de ma monture lancée au galop monte à travers mes mollets mes cuisses et gagne mon ventre libérant mon excitation et mon exaltation retenue. Le vent siffle à mes oreilles, les fers de mon centaure alezan tambourinent violemment la prairie lui arrachant de grosse motte de terre qui volent dans les airs. Je voudrais me redresser et hurler ma joie primale, ma joie de dominer la puissante musculature qui ondule entre mes jambes. Mais le rythme est trop rapide et manquerait de me désarçonner. Imprudemment j'ai oublié de prendre ma bombe. Je veux sentir mes cheveux roux voler au travers du ciel bleu. Je calme le jeu à l'approche de la lisière de la forêt. Un formidable sentiment d'être seule au monde me parcourt. Il est encore tôt et j'ai quitté les chemins les plus parcourus depuis longtemps. Aussi loin que porte mon regard, nulle présence humaine ou de construction. Encore lancé au trot je traverse la futaie de part en part me garant des branches basses en me couchant sur l'encolure de mon cheval. Je finis par déboucher sur une vaste prairie récemment fauchée à l'herbe rase. D'un geste vif je stoppe Gento et d'un même mouvement met pieds a terre. Mon cœur bat à grands coups encore à l'unisson avec celui de l'anglo-arabe qui souffle bruyamment lâchant des naseaux un jet de vapeur dans l'air glacé du matin.
Je ne suis pas venu là par hasard, une force au-dessus de moi m'y a poussé, m'y a contrainte. J'entreprends de desseller méticuleusement l'étalon. Je pose le lourd équipements sur le sol le tapis fumant le rejoint. Je dois faire vite je ne veux pas que ma monture en sueur se refroidisse. Comme hypnotisée La tête encore embrumée par la cavalcade, j'ôte ma veste et mon sweet. Mon pantalon mes bottes les suivent sur le sol. Je ne porte pas de sous-vêtement, comme toujours lorsque je suis sous son emprise. Me voici nue et frissonnante à côté de ma monture. Je fouille dans les poches de la veste et récupère mon téléphone portable et lorsque je le glisse en bandoulière autour de mon cou mes doigts rencontre mon collier de cuir. Je le lisse un instant des images fugaces dansent devant mes yeux des images de soumission. Le froid de l'air et le foin coupé qui égratigne mes chevilles me ramène à la réalité. Je frissonne de tout mon corps. Pas facile de monter sur la fière monture sans étriers. J'amène Gento près de la selle posée sur le sol et prend appuis sur elle. Un vif coup de rein et me voici juché sur mon cheval.
Mon dieu quelle impression ! J'avais déjà monté à cru par amusements et cela fait parti des exercices d'équilibres. Mais là ! Je suis nue. La bête exhale une odeur musquée qui m'envahit profondément. Je sens entre mes cuisses l'onctuosité de son pelage mouillée de sueur, mon ventre épilé de frais en contact étroit avec sa musculature puissante qui irradie une chaleur animale. Une émotion intense me parcourt mes yeux se révulse et ma bouche s'ouvre sur un soupir de béatitude. Je resserre les rennes entre mes mains et jette un dernier regard inquiet aux alentours… Personnes. C'est à ce moment que le soleil se décide à surgir au-dessus des futaies et percer la fine couche de brume matinale. J'accueille la fin de l'aurore par un large sourire. Ses rayons me réchauffent et m'incitent à talonner ma monture. Je m'élance sur la plaine m'éloignant de l'endroit ou s'empilent mes vêtements et la selle.
Ses désirs étaient clairement énoncés, me retrouver nue sur mon cheval préféré au beau milieu d'une vaste étendue et sans que je puisse me rhabiller si quelqu'un surgissait. Tout au plus pourrais-je me sauver et encore, pas au galop car cela m'aurait été difficile sans ma selle. Je parviens bientôt au beau milieu des champs moissonnés. Plus rien autour de moi. Seule, je ne distingue plus l'endroit d'où je viens.
Une angoisse monte en moi et si je ne retrouve pas mes vêtements ? Si je ne retrouve pas l'endroit ou je les ai laissé ! Je m'imagine revenir nue aux écuries sous la risée des palefreniers. Paniquée, je scrute l'horizon, je repère le bouquet d'arbres qui me servira d'amer pour revenir sur mes pas. Rassurée, je saisi mon portable. Pas facile de prendre une photo ainsi juchée, à bout de bras ! Je tends ma main au maximum, me penche en m'appuyant sur l'encolure et déclenche l'appareil photo du portable. Il me faut faire plusieurs essais pour obtenir une photo correcte. Une fois fait, je tape fébrilement Son numéro et mon image s'envole sur les ondes, vers Mon Maître…
Il ne faut pas longtemps pour que mon téléphone sonne. Je regarde l'écran il affiche "Mon Maître" c'est bien lui ! Mon cœur loupe un battement et fait un bond dans ma poitrine. Je décroche.
-
Oui, Monsieur !
-

Merci j'ai fait de mon mieux…
-

-
J'ai un peu froid…Oui Monsieur, sauf entre les cuisses … C'est chaud.
Il réussit à me faire rougir même à des centaines de kilomètre de là.
-

-
Oui, Monsieur !
Ma main glisse sur ma poitrine, mes seins sont déjà durcis par le froid, mes caresses les réchauffent et les tend encore un peu plus.
-

-
Oui Monsieur !
Je me penche vers l'arrière, ma main passe sur mon ventre et s'insinue entre mes cuisses. Je touche du dos de la main le pelage humide de l'animal tandis que mon doigt s'insinue en moi. Gento s'est mis à brouter, totalement indiffèrent à la scène qui se passe sur son dos. Je m'enfonce plus profondément et commence à frotter comme est en train de me l'indiquer Marc dans l'écouteur. Mon souffle s'accélère et je ne peux retenir un petit gémissement.
-

-
Oui, Monsieur j'aime…J'aime çà !
Je cherche désespérément à garder mon équilibre, mes jambes se resserre sur les flancs du cheval qui fait un pas en avant et se remet à brouter, mes abdominaux me font mal, mais le plaisir monte peu à peu en vague brûlante de mon ventre. Mes doigts s'enduisent de la chaude liqueur de Cyprine. Je jette de temps en temps des regards angoissé autour de moi. Mais cette impression d'être épiée d'être en danger, vulnérable, impudique, augmente encore mon plaisir. Et voilà que pour couronner le tout il me demande de lui décrire mes caresses à haute voix.
-
Je… j'ai entré mes doigts en moi, Monsieur… C'est chaud. Je voudrais que ce soit vos doigts… Oui... Je sais, je serais patiente. Je… Ohh... Je frotte fort en pensant à vous. J'aimerais que vous me preniez… Nue, sur le dos de ce cheval… Oh Oui ! Comme j'aimerais ! Je … Je Ohhh… Oh, je… Ohh Monsieur Ohhh….
Mes reins se tétanisent, mon souffle se raccourcis, je ne peux plus parler et ne peux offrir à mon Maître que les râles indécents de mon plaisir. Mais il a d'autres exigences et il me les dicte au téléphone. Je l'écoute attentivement et referme d'un geste vif le téléphone.
Je reprends mon souffle un instant. De nouveau j'observe l'horizon autour de moi. Le ciel est maintenant dégagé de ses brumes matinales quelque gros nuages traînent encore, et le soleil me gratifie de sa chaleur sur ma peau nue. Je prends une profonde inspiration et glisse l'objet oblong entre mes jambes. Je le pose sur le dos du cheval et l'introduis en moi à demi. Je le place sur la tranche de façon à ce qu'il appui fermement contre mon clitoris puis, je me couche sur l'encolure de ma monture. Etrange sensation que d'être à demi pénétrée par le froid métal qui se réchauffe rapidement. Sous moi le grand corps puissant émet une chaleur réconfortante. Je suis bien et je colle ma joue contre sa crinière respirant son odeur suave. Une onde vibrante éclate dans mon ventre me tirant de ma torpeur. Je pousse un petit cri de surprise et je me mords les lèvres. La série de vibration me secoue de bas en haut irradiant de mon ventre vers tout mon corps. Gento a senti aussi. Il relève la tête et avance de deux pas, inquiet. Un instant de répit tout de suite suivit d'une nouvelle série de vibrations. Je me mords les doigts pour ne pas crier de plaisir et ne pas effrayer ma fidèle monture. Il a voulu me caresser, il a voulu participer à mon plaisir. De très loin il me prodige ses faveurs. Je ferme les yeux et me laisse aller. La troisième série de vibration m'achève, j'écarte largement les jambes pour profiter au mieux du contact avec le curieux olisbos. Je perds pieds et un flot de chaleur humide s'écoule de mon ventre. Il me faut un long moment pour reprendre mon souffle. Les caresses ont cessé et je sais que cela signifie la fin de notre étrange dialogue. Exténuée, je me redresse péniblement et extirpe le téléphone de son doux nid. Il est gluant de liqueur de Cyprine. Je l'essuie rapidement sur le pelage de Gento et le raccroche à sa bandoulière. Je me saisis des rennes et d'un coup de talon lance ma monture vers le bosquet d'arbre ou je sais retrouver mes vêtements. Le trot enlevé qui me porte continue la caresse de mon Maître. A chaque foulée mon ventre cogne contre le garrot du cheval, m'ouvrant en peu plus a chaque fois et libérant les preuves liquide de mon désir. Je n'en peux plus de plaisir forcé lorsque j'arrive à l'orée du bois. Mes vêtements et la selle sont bien là. D'un coup de rein je me dégage et saute à terre. J'avais oublié que j'étais pieds nus et mes chevilles viennent se griffer cruellement contre les pailles acérées du foin fraîchement coupé. Peu importe, je vais retrouver un peu de dignité. Je me rhabille rapidement. Retrouvant la sécurité de ces fines couches de tissus et quittant cette étrange sensation d'irréalité.

Le soleil est haut dans le ciel lorsque j'arrive au haras. Je passe le porche au pas. Les gens de ferme s'activent et déjà de nombreux cavaliers sont en selle. En nous croisant nous nous saluons de la main. Je mets pied à terre et confis Gento aux mains expertes du garçon qui s'est empressé de venir vers moi. Je suis encore sous les effets de cette étrange balade et bredouille un merci rapide, détourne les yeux et m'éloigne rapidement. Je sens son regard interrogateur qui me suis. Je suis plus bavarde d'habitude, mais là je n'ai vraiment pas envie de parler. D'autant plus qu'une dernière requête de mon Maître m'impose de filer devant mon ordinateur pour raconter le plus vite possible cette cavalcade, il l'attend pour ce soir toutes affaires cessantes. Et c'est la sage Isabelle un peu maladroite, un peu timide que tout le monde salut et apprécies qui traverse d'un pas rapide la cour pavée, l'entrejambes encore brûlant et trempé de sa secrète escapade…

Brutalement en tapant ces lignes une angoisse terrible me saisit. Revivant cet épisode je revois rapidement la tache humide que j'ai laissée sur le dos de Gento Dans ma précipitation je n'ai pas prise le temps de l'essuyer. Oh certes ce n'est pas grand chose et la couverture posée par dessus l'a certainement séché... Certainement ! Mais je m'imagine l'interrogation du lad qui a étrillé Gento. Et qui peut être perplexe a touché du doigt l'étrange dépôt gluant. Peut être même l'a t il porté à son nez pour en estimer l'odeur, craignant une blessure de l'animal. Mes jambes flageolent à cette idée. Je me lève et regarde par la fenêtre au loin, vers les bâtiments de l'écurie. Peu importe, il est trop tard maintenant et je souris intérieurement en regardant le soleil se coucher. Je vais aller dîner l'esprit encore troublé par cette chevauchée d'automne. Puis, je reviendrais, suivant ses désirs, corriger et poster ma brève histoire en pensant à Lui.

30 juin 2007

Chap.1 Rendez-Vous.

La matinée est un peu fébrile. J'ai eu du mal à dormir cette nuit. Des images qui m'ont hantées, Des images d'atelier, de soumission… Ma soumission à Marc, nos jeux, mon corps qui s'embrasse, ma honte… Plaisante honte cent fois renouvelée… Kristale.
Je viens de sortir de la douche. Je n'ai pas encore pris le temps de m'habiller. C'est nue que j'écris ces lignes pour soulager la tension. Je jette un coup d'œil à mon sac à dos et au billet de train posé dessus. Comme pour ne pas l'oublier ? Je souris intérieurement. Décidément je suis une vrai gamine. Je suis tendue comme une jeune rosière pour son premier rendez-vous ! Je glisse une main sur mon bas-ventre. J'en ai parfait l'épilation et me suis talquée de poudre aux senteurs de rose. Je glisse un doigt sur ce lisse abricot en suivant le sillon humide. Je sais que bientôt, dans quelques heures, c'est sous Ses doigts qu'il s'ouvrira. Et je sais que lorsque qu'il fouillera mon intimité, je serais à genoux les cuisses largement écartées, les reins cambrés les mains dans le dos la poitrine offerte la bouche entrouverte. Et surtout… Surtout, les yeux baissés, humble et soumise.

Je mets mon fin collier de cuir et d'acier, me lève et me contemple dans le miroir du dressing. J'écarte les jambes et cambre les reins. Un collier comme simple vêtement. Je suis belle… Parce que j'ai rendez-vous avec mon Maître !

26 juin 2007

Chap 4. Absence.

Aujourd'hui Carole n'était pas là. Lorsque je suis passée ses parents m'ont dit qu'elle était allée voir ses amies…
Ses amies ?
Ah oui ! Ces filles un peu snobs, une sorte de club.Bien que les maisons jouxtent le haras nous nous fréquentons à peine… Je suis trop jeune il paraît !
J'ai la gorge serrée… Un sentiment de vide... De la jalousie ?
Le baiser d'hier ? Etait-ce un jeu ? Etait-ce sérieux ? ,…
Je doute et je m'angoisse.
Je l'ai peut être mal interprété, c'était peut être simplement un baiser d'amie !
Non, non, c'était trop ardent…Trop intime.

**

17 juin 2007

Chap. 13 - L'aube de cristal.

Je parviens à l'étage et m'engage dans un couloir bordé d'une série de portes peintes dont une est entrouverte. Une lumière sourde en parvient. Je pousse la porte. Comme tout le reste de la maison la pièce est coquette, arrangée avec un goût certain. Des murs de pierres multicolores mettent en valeur un système de poutres de châtaignier. Un sol de parquet patiné par le temps et l'usage. Aucune armoire, une porte dérobée doit mener à un dressing une autre à un cabinet de toilette. Seul, adossé à un mur, un immense lit de bois sombre sculpté. Et sur ce lit un couple nu. Kristale nonchalamment étendue, largement écartelée, les bras ramenés au dessus de la tête, gémissante et cambrée au delà du possible sous l'étreinte de mon Maître qui la possède vigoureusement. L'image me tétanise. Une bouffée de jalousie me bouleverse. Mais je ne peux m'empêcher d'admirer Kristale ainsi abandonnée. Sa peau légèrement halée luit sous le faible éclairage, ses cheveux étalés comme un soleil sur les draps mauves. Un ventre plat qui se contracte en rythme sous les coups de boutoir. Une poitrine orgueilleuse qui commence à s'alourdir, la poitrine de la maturité, et surtout de longues jambes galbées qui prennent fermement appui sur le bord du lit. Elle n'a pas quitté son collier de cuir ce qui fait resurgir en moi l'incompréhension de cette situation. Maîtresse ou soumise ?
Le parquet craque un peu. Leurs visages se tournent vers moi. Durant un bref instant je me demande si je dois les laisser seuls. Je baisse la tête pudiquement et je m'apprête à faire un pas en arrière vers la porte. Comme une enfant trop curieuse prise en faute !
- Viens là. Dit Marc en tapotant les draps à côté d'eux.
Timidement je m'approche et monte sur le lit en bataille. Ils ont cessé leurs ébats. Mais mon maître est toujours solidement enfoncé en Kristale. Je ne peux m'empêcher de glisser un regard gêné sur sa vulve empalée.
- Alors tu manque à tes devoirs ! ... Continue-t-il d'un ton sévère.
Mon dieu ! Toute à ma réflexion et à ma fascination, je viens de m'apercevoir que je me suis assise paresseusement sur le lit les jambes repliées sous mes fesses. Immédiatement je me mets à genoux, les cuisses largement écartées, les mains dans le dos, je baisse la tête. Mes genoux touchent le flanc de Kristale qui pose une main sur ma cuisse et me sourit.
Il entame sous mes yeux quelques battements lents et profonds entre les cuisses de Kristale. Mon trouble est intense. Il me jette un regard de côté et sourit. Cela fait-il partie de mon humiliation ? Me réduire au simple état de voyeuse ?
Constatant mon émotion il tend la main vers moi, me saisit par les cheveux et me penche sur le ventre de Kristale.
- Il faut que tu vois de plus près ! Lâche-t-il.
Ma joue entre en contact avec le ventre brûlant de Kristale. Le visage tourné vers son entre jambes, effleurant sa vulve de mes lèvres, je me noie dans son odeur épicée. Une main onglée se pose sur ma nuque et l'autre court sur mon dos, mes fesses. Quelques va-et-vient juste sous mon visage et le piston de chair émerge, luisant de liqueur, du doux fourreau de la blonde pour se poser sur mes lèvres proches. J'avais deviné qu'en me plaçant ainsi il m'exposait à de tels excès. En hésitant j'entrouvre la bouche et ferme les yeux, passive. Il s'engouffre entre mes lèvres et je retrouve le goût acidulé du ventre de Kristale tout en absorbant le sexe de mon Maître. De nouveau quelques va-et-vient entre mes lèvres et il quitte ma bouche pour retourner pénétrer le ventre moelleux de Kristale. De nombreuses fois il va ainsi passer du sexe ruisselant à ma bouche. De nombreuse fois je vais subir cette extrême humiliation à n'être que le succédané buccal du sexe d'une femme. A cette étrange roulette russe c'est le ventre de Kristale qui a gagné arrosé par la jouissance de mon maître. Il jouit au plus profond d'elle, alors qu'elle s'arque et crispe ses mains sur ma nuque me plantant ses ongles dans la peau.
Un long moment se passe ou je n'ose bouger et pendant lequel nous reprenons notre souffle.
Il se retire de Kristale et se lève. Dans le même mouvement il me saisit par les cheveux m'obligeant à me relever avec lui. Il se colle contre mon dos. Je sens sa verge humide contre mes fesses. Il me tord un bras dans le dos tandis qu'il pèse sur mes épaules m'obligeant à me mettre à genoux face à Kristale. La pression s'accentue et mon visage se rapproche de l'entrejambes de la blonde, cet entrejambe qu'il vient d'honorer de sa semence. Je ne résiste pas, je n'ai pas envie. Je me laisse guider comme une poupée sans volonté. Je ferme les yeux lorsque mes lèvres touche la fente béante d'où s'écoule un liquide blanchâtre. Sa voix à mon oreille qui murmure.
- Lèche, … Nettoie avec ta bouche !
Il faut croire que tout ce que j'ai accepté a annihilé ma conscience. Il ne m'est même pas venu l'idée de protester. Pire je n'ai pas trouvé cette demande répugnante, comme je l'aurais fait certainement il y a quelques jours. Mais je l'ai fait comme une preuve de soumission absolue. Il faut croire que la journée que je viens de passer a aboli toute raison en moi. J'ai bu à cette source d'amour. Comme dans un rêve j'ai lapé l'hommage fait à Kristale mêlé de sa propre liqueur. Effaçant de ma langue et de mes lèvres le passage de mon Maître dans ce sexe qui n'est pas le mien.
Dois-je décrire la suite, et les extrémités auxquels ils m'ont livrée ce soir là… Avec mon plein consentement ? Peut être ! … Mais je ne le peux pour l'instant !
Toujours est-il que tard dans la nuit je me suis endormie entre leurs bras avec une sensation de sécurité et de plénitude que je ne me serais pas cru capable d'éprouver.

Le soleil se lève, la douce chaleur de ses rayons caresse mon corps endolori. J'entrouvre les yeux. Dans un brouillard lumineux je vois Kristale allongée à côté de moi appuyée sur un coude qui m'observe, un sourire en coin. Elle est totalement nue et ne porte plus son collier. Je m'étire et réponds au sourire. La porte de la chambre s'ouvre. Il entre avec un plateau à la main, … Du café. La chaude odeur achève de me réveiller. Il est habillé et s'affiche en serveur stylé une serviette sur le bras. Cela me fait sourire intérieurement. Encore son sens du contraste! Nous partageons en silence une tasse de café à la délicieuse saveur de tabac. Kristale entreprend d'enlever mes bracelets de cuir. Lorsqu'elle se penche pour ôter mon collier je jette un regard interrogateur à mon Maître. Il ne dit rien. Le collier tombe. Etrange comme je me sens encore plus nue ! Les mains de Kristale massent mes poignets et passent sur mon cou comme pour en effacer les traces. Elle me caresse la joue, se penche sur moi et, … Nos lèvres se joignent. Sa langue chaude au goût de moka s'insinue entre mes lèvres et s'enfonce à la recherche de la mienne. Je réponds au baiser timidement d'abord, puis je m'enhardis. De nouveau je me laisse aller à la douceur. Nos mains s'égarent deviennent fébrile. Un élan irrépressible, passionné, me colle contre sa peau, nos corps se joignent, nos jambes s'emmêlent. Je me noie dans sa douceur…
Libres et sans contraintes nous avons fait l'amour sous les yeux de mon Maître qui discrètement, comme pour ne pas nous déranger, s'est reculé dans l'ombre de la chambre…

 

8 juin 2007

Le Pilori.

Cette nuit j'ai fait un rêve...
J'étais nue, attachée, écartelée sur une croix de bois au beau milieu d'une place publique. Les gens vaquaient à leurs occupations, se
promenaient sans me voir. J'étais terrorisée, ils allaient bientôt se rendre compte de ma présence et se ruer vers moi. Il était là ! De l'autre coté de la place. Il m'observait, solidement campé sur ses jambes, les bras croisés sur la poitrine.
Le ciel s'est brusquement obscurci, des éclairs ont zébrés les nuages noirs. Quelques hommes se sont alors brusquement tournés vers moi interpellant les autres sur la présence de cette jeune fille nue, offerte, à leur disposition. Prise de panique je me suis débattue dans mes chaînes, je savais ce qu'ils voulaient de moi, ce qu'ils allaient me faire subir ! La foule menaçante se rapprochait inexorablement. J'ai hurlé son nom pour qu'il vienne à mon secours. Il n'a pas bougé et m'a regardé en souriant. Sortant lentement de l'ombre d'une ruelle une silhouette blonde aux yeux de glace l'a rejoint. Ils se sont enlacés et, me tournant le dos, se sont éloignés dans la tourmente, me laissant à mon sort. Je me suis réveillée en larme alors que les premières mains allaient m'atteindre.

3 juin 2007

d'Isabelle

Née en août 1987 à Dreux. D'une mère angevine qui m'a donné sa douceur et d'un père irlandais dont j'ai hérité la rousseur auburn et la peau blanche. Pas trop bête, j'ai eu mon bac avec mention à 16 ans et demi et après un court passage par les beaux-arts (presque une année sabbatique) je me destine à l'étude et l'enseignement de la littérature française et nord-américaine.
J'adore les chevaux, l'équitation et les longues balades à cheval dans le parc du Perche qui jouxte notre maison.
Je fais mes études à Paris ou j'ai un petit studio dans le quartier de ma fac. J'adore flâner avec mes amies dans l'Ile de la Cité et vous pourrez me croiser, avec un peu de chance au jardin du Luxembourg et même si j'ai déserté l'Ecole des Beaux Arts et le pont du Carrousel, je fréquente assidûment le Musée d'Orsay et le Musée Rodin.
Mais ce que j'aime par dessus tout c'est retrouver ma campagne et l'odeur des box.
J'ai rencontré Marc et son Art en septembre 2006 lors d'un des nombreux voyages que font mes parents. Je les accompagnais alors car je faisais un stage de perfectionnement d'équitation (peut-être deviendrais je un jour, éducatrice), non loin de son atelier.
Inutile de vous expliquer le choc et l'histoire qui s'en suit. Inutile aussi de vous expliquer pourquoi je me suis lancée dans la rédaction "des Carnets d'Emilie". Vous allez le découvrir dans le préambule.

2 juin 2007

La lionne.

Je dors nue sur la paille dans une cage entre les pattes d'une lionne à crinière blonde. Je sens son souffle profond, animal. Je sens sa puissance et sais qu'elle peut me tuer d'une chiquenaude à chaque instant. Je suis terrorisée et fascinée à la fois. Doucement j'essaye de me dégager de ses pattes massives qui m'enserrent fermement. La Lionne dors paisiblement comme repue mais je tremble à l'idée de son réveille et de son prochain repas. Ma tentative de lui échapper tire la bête de son sommeil. Ses yeux s'ouvrent lentement et en souriant me fixe de son regard de glace bleue…
Je me suis brusquement éveillée la main crispée sur ma cuisse les ongles plantés dans la peau.

10 janvier 2018

Chap. 54. Une biche aux abois

Une lumière intense vient me frapper le visage, un courant d’air frais monte le long de mes jambes me frôle le ventre et s’évente sur ma poitrine, la pointe de mes seins se dressent sous la caresse. Je cligne des yeux et me tourne sur le coté lançant un bras à la recherche de la belle odalisque qui a partagé ma nuit.
Le lit est vide.
Péniblement,  je me redresse sur la couche de nos ébats et je souris, le gros édredon gît sur le côté du lit, replié sur lui-même comme un bibendum dégonflé. Le drap est chiffonné au pied du lit, le traversin replié et tassé sur lui-même et il manque un oreiller. Je me tourne. Il est au sol à l’autre bout de la chambre. Je remets de l’ordre dans mes cheveux ébouriffés et fronce les sourcils. Comment a-t-il pu arriver là ?
Une des fenêtres est grande ouverte. Il est tôt. Le soleil pénètre à flot dans la chambre et inonde le lit, mais il n’a pas encore la chaleur promise de la journée.
Je me déplie et me lève gagnant la fenêtre. En contrebas Laure, en peignoir, est installée sur la terrasse de la piscine, attablée devant un copieux plateau de viennoiserie. Mon ventre lance une plainte de rappel. Je retiens une grimace de dépit. Elle a perçu ma présence et lève la tête vers moi. Un large sourire et un geste en ma direction —Viens !—

Je cherche un instant dans la chambre de quoi me vêtir, lorsque je réalise que cela ne fais certainement pas partie de mes prérogatives d’être habillée, aussi peu que cela soit. Je renonce donc et m’aventure nue hors de la chambre. Je descends à pas comptés le large escalier de chêne qui mène au séjour et de là gagne la terrasse.
Sans un mot je prends place en face de Laure pendant qu’elle pousse vers moi un mazagran.
— Thé ou café ?
Je lorgne vers la panière de viennoiseries
— Je peux avoir du chocolat et un croiss… ?
La réponse fuse.
— Non.

— Tu sais bien que non… N’essaye pas s’il te plait !
Je me résigne.
— Thé …avec du sucre ?
D’un geste las et en soufflant du nez, elle pousse vers moi la sucrière.
Tout en portant la tasse à mes lèvres je lance innocemment.
— Tu ne devais pas me fouetter ce matin ?
Laure croque à pleines dents dans un croissant.
— Humm, Non… C’est Kristale qui devait le faire… Mais elle n’est pas encore arrivée.
Elle a un geste évasif.
Ce n’est pas son problème et n’a pas à anticiper les désirs de sa maitresse du moment. Surtout si çà ne l’enchante pas. En çà elle agit en parfaite Kajira, libre dans les limites de sa soumission choisie. Mon ventre gargouille  et le fumet des viennoiseries encore chaudes n’arrange  rien à l’affaire. Je repousse la chaise et me lève. Je contemple les alentours et décide que quelque pas me feraient du bien et surtout m’éloigneraient des tourments du buffet.

Nonchalamment, sans but précis, je longe la piscine et gagne le fond du terrain. Le jardin est méticuleusement entretenu. C’est une garrigue policée aux buissons taillés en nuages comme dans un jardin japonais mais d’une facture toute méditerranéenne. De grands pins parasols en forment la voûte et au sol un petit chemin de dalle d’ardoise invite à s’y promener. Curieuse, je m’y engage. Les ardoises sont tièdes sous mes pieds nus je frôle des mains les buissons de sauge et d’estragon libérant des parfums épicés. Je m’enfonce dans le sous bois en goutant le plaisir ouaté d’être entièrement nue au milieu de la végétation qui s’éveille sous le soleil. Enjouée, j’esquisse un pas de danse et tournoie sur moi-même les bras écartés, les yeux mi-clos et au détour de l’allée bute sur une forme courbée sur un buisson qui se redresse lentement.
Je fais un pas en arrière en lâchant un petit cri de surprise.
— Ho… Excusez… moi ! Je...
l’homme se redresse mais reste à genou face au buisson.
Un vieil homme au visage buriné mais avenant,  à la barbe poivre et sel, aux cheveux blanc qui s’échappent d’un chapeau de paille élimé. Il porte un pantalon  de velours côtelé noir tenu par une large ceinture de cuir et une chemise de bucheron canadien à gros carreau rouge. Un tablier de serge bleu le protège  et un sécateur pend dans sa main droite ganté de cuir épais. Un personnage tout droit sorti d’un roman de la comtesse de Ségur.
 Je fais un nouveau pas en arrière et instinctivement cache mes seins de mon bras gauche  et mon ventre de ma main droite.
Je balbutie, consciente de l’incongruité de ma tenue.
— Je… Désolé je ne vous avais pas vue !
Les yeux bleus profonds de l’homme pétillent de malice en me détaillant de la tête aux pieds.
— Vous êtes bien jolie, mademoiselle !
Le compliment fait avec un accent du sud charpenté accroît encore mon trouble et une chaleur intense enflamme mes joues.
Je fais encore un pas en arrière.
— Je… Merci.
Je suis sur le point de me retourner et prendre mes jambes à mon cou lorsque je me rends compte qu’ainsi j’offrirais à sa vue mon dos et mes fesses striées du rose des coups de fouet. Je me refrène et lentement, à reculons, m’éloigne de l’homme qui reste, immobile,  à me dévorer des yeux.  Pas à pas je finis par prendre suffisamment de distance et au contournement d’un arbuste touffu me retourne et cours vers la piscine avec le sentiment d’un regard pesant sur ma croupe marquée.

Je surgis en trottinant prés de  Laure qui a pris place sur un des transats, elle lève les yeux de la revue qu’elle est en train de parcourir, interloquée par mon attitude de biche aux abois qui vient se réfugier près d’elle.
— Il y a un homme là bas… Dans le jardin !
Je garde un bras sur ma poitrine et une main sur mon sexe nu, tournant instinctivement le dos à la direction que j’indique du menton.
— Ha oui !... C’est Hector… Le jardinier !
Et elle se replonge dans sa lecture.
— Mais heu !... Je vais restée comme çà !
Je fais allusion à ma nudité.
Cette fois elle repose son magazine et prend un ton exaspéré.
—  T’inquiète pas ! C’est le jardinier de la maison… Il en a vu d’autres. Et puis tu ne risques pas grand-chose avec lui… A moins que tu y mettes vraiment du tiens… Si tu vois ce que je veux dire !
Elle a un clignement d’œil appuyé à mon attention.
Interloquée je m’assois sur le transat le plus proche.
— Mais, il fait partie de… du…
Laure sourit.
— Non, pas réellement. Mais on peut compter sur sa discrétion.
Intriguée par le « pas réellement » Je continue.
— Mais… s’il voulait… Il pourrait… Enfin tu vois ! Toi… Moi !
— Si il lui en venait l’envie, oui ! Et tu ne pourrais pas t’y soustraire.
Je frissonne
— Ha ? Et toi tu a déjà ! … Avec l…
Je ne termine pas ma phrase. Une exclamation vigoureuse aux intonations germaniques m’interrompt net.
— Ha ! Enfin mes chéries, vous voilà !

A suivre : Chap. 55. Crescendo.

 

31 mai 2021

Chap. 76. Fragments

Je tourne lentement les pages de mon carnet. Mon histoire y est alignée d’une écriture fébrile, couchée dans l’urgence. Marc m’avait dit vrai ! L’Assemblée de Fer a duré plusieurs jours.  A leur lecture, je m’aperçois qu’il serait fastidieux pour moi et mes lecteurs d’en retranscrire la totalité. Plus je me penche sur mes notes gribouillées en une journée au lendemain de notre retour de l’Assemblée, plus les détails me reviennent en mémoires.
Et pour mémorable cette soirée le fut de bout en bout  jusqu'à notre départ juste après mon « procès ». Si l’esprit est insatiable, le corps a ses exigences
La soirée a été émaillée de moments intenses, entrecoupés de nonchalance où, malgré la vigueur de mes 19 ans, le corps, écrasé de fatigue reprend ses droits.
Il n’y aurait pas, je pense, grand intérêt à décrire ces moments d’abandons bien qu’ils fussent le théâtre, certainement par contraste, de douceurs et de renoncements langoureux. Aussi en retiendrais-je les fragments les plus significatifs et vous les livrerais ainsi tout en en respectant la chronologie autant que faire ce peut. Les chapitres qui vont suivre sont à lire comme autant de petites nouvelles, des tableaux, de ce que fut cette semaine.
Nous sommes donc restés plusieurs jours. D’autres ont fait le choix de perler leur séjour et la maison, enfin puis-je réellement appeler maison ce qui se révélera être, je le découvre au premier matin, un manoir majestueux aux nombreuses pièces et dépendances. Le manoir donc,  a vu défiler pendant toute notre étrange villégiature des visites plus ou moins éphémères et même des retours successifs
Comme me l’avait décrit Marc cela ressemblait bien a une kermesse par ses allées et venues et son ambiance parfois grave, feutrée et sophistiqué et parfois exubérantes et festives de débauche libertines. Mais ne nous y trompons pas, cette kermesse était de haute tenue, les lecteurs habitués aux descriptions  ou  la fréquentation de parties fines et d’orgies débridées, voir violentes  ne s’y retrouveront peut être pas. Le tact, la déférence et la courtoisie y était pratiqué comme un art de vivre à part quelques exceptions tolérées aux « Maraudeurs » et au « Maitre des Ombres ». Mais n’était ce pas justement un contrepoint savamment orchestré pour ajouter encore au piment des plaisirs interdits .
Oh ! Bien sûr, depuis, j’ai assisté à d’autres congres du même ordre puisqu’elle a lieu tous les deux ans ! Mais là, c’était ma première, en tant que novice, accroc à la soumission certes, mais novice et curieuse d’expériences.
Je vais m’efforcer 14 ans après, comme je le fais depuis toujours sur ce blog, de retrouver la fraicheur de mes sentiments d’alors, de mes étonnements, stupéfactions,  de mes effarements et compassions. Tout cela je vais vous les livrer fragments par fragments, comme autant de petites scènes de mon chemin de servitude. Et pour m’accompagner sur ce chemin, une fois n’est pas coutume, je vous dévoile les titres des chapitres jusqu'à la veille du procès.

Chap. 77. Les traits d’Harmonie
Chap. 78. Dans les vapeurs d’Hécate
Chap. 79. Fille perdue
Chap. 80. Kajira Stéphanie
Chap. 81. Les Amours clandestins.
Chap. 82. La chambre des caresses
Chap. 83. Les faunes sont lâchés
Chap. 84. Le Maitre des lieux (bis repetitas)
Chap.85. Droit de cuissage
Chap. 86. L’Audience
Chap.87. Coupable
Chap.88. Vertige

24 décembre 2013

Le Dernier Chapitre.

Vous l’aurez deviné à la lecture du chapitre précédent (Le Maître des Lieux), tout à une fin.
Cela peut sembler étonnant que les protagonistes d’une histoire influent à ce point sur l’histoire elle-même et puissent en un dernier ressort décider de sa fin. Mais lorsque j’ai rencontré Marc j’ai tout de suite su que rien ne serai jamais dans la norme sur le chemin qu’il m’invitait à prendre. J’ai pu jusqu'à maintenant partager ce chemin avec vous mais une volonté bien supérieure à la mienne m’oblige à rompre ce lien.
La décision est tombée cette fin d’été alors que je m’apprêtais à relancer à un rythme soutenu le récit de l’expérience hors du commun que me fait vivre Marc.
J’ai eu en Marc, Kristale, Laure et même Stéphanie les meilleurs avocats pour défendre mes écrits mais cela ne suffit pas. Il y avait en face de moi des personnes dont la puissance est bien plus étendue et dont les décisions sont irrévocables. Et en tant que soumise et nouvelle membre de l’Assemblée je la respecte et m’y plie. J’ai compris qu’il y a des choses qui doivent rester dans l’ombre. Et cette ombre je vais la rejoindre, m’y glisser et m’y fondre car mon aventure, elle, ne s’arrête pas là !

Maintenant il faut penser à l’avenir. Nous réfléchissons avec Marc à la possibilité de continuer mon récit sous une forme plus confidentielle. On m’a parlé de Web Profond que mes écrits pourraient gagner peu à peu. C’est à l’étude. Pourtant je me sens redevable de ceux et celles, (donc vous), qui me lisent régulièrement et cette solution me laisse un goût amer.
Quoiqu’il en soit et quelle que soit la forme que prendra  la suite il me faudra l’aval des membres de l’Assemblée. Et Marc a déjà trouvé là son nouveau jeu a me faire vivre. " Il va falloir que vous vous montriez très persuasive, Mademoiselle Isabelle !… Auprès de chacun des membres de l’Assemblée !... Nous irons les visiter ensemble, l’un après l’autre… Il vous faudra faire que je sois fier de vous ! ". Mentalement je fais le compte de ceux acquis à ma cause, mais un frisson me court les reins a l’idée de ceux que je devrais persuader de ma bonne volonté.
Ce chemin de croix je suis prête à le prendre, pour mon Maître ! Mais aussi pour vous.

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